Allocution dans le cadre de la Journée des prisonnieres/ères politiques tenue à Montréal

Allocution dans le cadre de la Journée des prisonnieres/ères politiques tenue à Montréal

par le SECOURS ROUGE du Canada

 

Tout d’abord, nous tenons à remercier les organisateurs/trices de l’événement pour nous permettre de prendre la parole et nous tenons à les féliciter pour la tenue même de l’événement. Cette journée initialement était là pour nous rappeler la grande vague d’emprisonnement qui avait eu lieu en juin 2010 lors du sommet du G20 à Toronto. Plusieurs personnes, souvent des militantEs de base avaient connu l’emprisonnement.

À partir du G20, les forces répressives canadiennes ont ciblé la gauche radicale montréalaise comme une des menaces à la sécurité nationale, tout comme le serait les radicaux autochtones et certains islamistes politiques.  Rappelons que, un an après soit le 29 juin2011, la section antigang de la Division du crime organisé du Service de police de la Ville de Montréal (SPVM) avait procédé à l’arrestation de quatre militantes et militants procédant du même coup à des perquisitions à leur domicile respectif en rapport avec la dernière manifestation du 1er Mai, organisée par la Convergence des luttes anticapitalistes de Montréal (CLAC). Parmi, les personnes arrêtées, on retrouvait Patrice Legendre, un supporter connu du Parti Communiste Révolutionnaire(PCR), une organisation maoïste qui appelle à la révolution par la voie de la guerre populaire prolongée[5]. Quelques jours après, quatre militantEs de l’Association pour une solidarité syndicale étudiante se retrouvent aussi dans la même situation. C’est dans la foulée de ces événements qu’on apprend que le milieu « marginal et anarchiste » montréalais est surveillé étroitement par la police. Il existe même une escouade qui lui est dédiée (GAMMA) et une équipe (Équipe intégrée sur la sécurité nationale) qui regroupe des policiers de Montréal, de la GRC et de la SQ qui utilisent, entre autres, les renseignements colligés par le SCRS.

Luc Renaud, de la police de Montréal, révèle que les forces policières lient le PCR à l’événement de Trois-Rivières et les précédents signés Résistance internationaliste. Pour la police, le PCR présente le niveau d’organisation pour effectuer de telles actions, prône la lutte armée et existait au moment des différents actes. Le prétexte des arrestations (de supposées « agressions armées » sur la police lors d’une manifestation du 1er mai) ne sont donc qu’un prétexte pour intimider le PCR et le lier à quelque chose de plus important.

La répression contre l’ASSÉ vise aussi à intimider les membres de cette association nationale qui se prépare à combattre une énorme hausse annoncée des frais de scolarité. Personne à ce moment-là, ne peut prévoir l’ampleur du mouvement de contestation qui commencera en février 2012. Si cela se trouve les premiers surpris de la force du mouvement seront les dirigeantEs de l’ASSÉ.

Depuis le début du printemps étudiant contestataire de 2012, nous constatons une vague de répression sans précédent qui touche les manifestations. Du 16 février 2012 au 3 septembre 2012, on totalise 3509 arrestations dont 471 qui ont mené à des accusations criminelles.[1] Depuis le début 2013, nous avons déjà 1500 arrestations à Montréal souvent en utilisant le règlement P-6[2].  Ce règlement est une vraie attaque contre les droits démocratique. Il oblige non seulement une divulgation du trajet par les manifestantEs mais donne le droit aux autorités policières de refuser arbitrairement la tenue de la manifestation. De plus, le règlement force les gens à manifester le visage découvert alors que, aujourd’hui, sa photo peut se retrouver facilement sur internet (sur les cellulaires, il y a des appareils-photos) et que, par exemple, un employeur mal intentionné et harcelant peut voir son employéE manifester. Aussi, les manifestantEs n’ont pas le droit d’avoir des petits bâtons de bois pour tenir facilement leurs pancartes. Voilà une manière sournoise d’empêcher la liberté d’expression.

Les forces répressives voient dans la gauche radicale montréalaise une sorte d’avant-garde potentielle qui doit être éradiquée avant qu’elle joue un rôle significatif dans la lutte des classes au Canada. Toute cette répression a un but : empêcher les plus opprimés et exploités de la société de s’organiser politiquement de manière indépendante des grands partis politiques liés à l’appareil d’État bourgeois.

Dans l’histoire, les organisations du Secours Rouge des années 20 et 30 ou encore à l’époque de la Gauche Prolétarienne au début des années 70 ou maintenant en Belgique, nous montrent que la lutte pour la défense des droits des prisonniers révolutionnaires peut être une manière différente de faire de la politique. Au Canada, il y a eu la défense des militantEs de la Ligue d’unité ouvrière responsable de 90 % des grèves au début des années 30 au Canada et de Tim Buck, dirigeant communiste par la Ligue de défense ouvrière, section canadienne du Secours Rouge International. Au début, des années 70, Jean-Paul Sartre et Michel Foucault, entre autres, avait joint le Secours Rouge pour assurer la défense des dirigeantEs arrêtéEs de la gauche prolétarienne. En Belgique, le Secours Rouge a agi pour défendre les droits des prisonniers révolutionnaires des Cellules Communistes Combattantes.

En montrant que ces prisonniers/ères se sont battus pour l’amélioration des droits des masses populaires, on parle aussi de la cause qui les animait. Dans une situation où la répression est intense, on ne peut pas en rester à la seule défense judiciaire ; on doit faire de la politique autrement, faire apparaître l’État bourgeois pour ce qu’il est – un outil qui assure la domination d’une classe sur les autres – rappeler la cause des victimes de la répression politique et mobiliser les masses politiquement.

L’an passé, le Secours Rouge avait lancé l’appel à l’Amnistie des victimes de la répression du mouvement du printemps érable. Cet appel a été repris mais pas à large échelle. La classe dominante monopolise plusieurs outils dont les mass media qui ont pour fonction de marginaliser la parole populaire. La tâche  politique qu’on doit se donner est de sortir de la marginalité et affirmer que c’est nous le camp du peuple qui lutte pour la libération de l’humanité. Le mouvement des casseroles, malgré toutes ses faiblesses, était un bon pas dans cette voie. Dans ce mouvement, des sans-voix réalisaient qu’ils et elles pouvaient avoir du pouvoir. On doit se le rappeler constamment qu’on a du pouvoir et qu’on est légitime. Notre cause est celle du peuple, des travailleurs, des exploités et opprimés et c’est le peuple qui représente la majorité de la population. Si on ne se convainc pas qu’on a raison, nous donnons le pouvoir à nos ennemis.

Défendons nos libertés fondamentales!. Amnistie pour touTEs les arrêtéEs! Nous vaincrons!

Advertisements

Laisser un commentaire

Pour oublier votre commentaire, ouvrez une session par l’un des moyens suivants :

Logo WordPress.com

Vous commentez à l’aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l’aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l’aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l’aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s