Les mesures antiterroristes et la répression n’arrêteront pas la marche de l’histoire

Les mesures antiterroristes n'arrêteront pas la marche de l'Histoire

9 février 2015

Le projet de loi C-51 déposé le 30 janvier par le gouvernement Harper représente un pas de plus dans le long processus d’abandon du corpus hypocrite des «droits et libertés» qui ont jadis été la marque de commerce de l’État canadien – un processus enclenché au lendemain des attentats du 11 septembre 2001 et du déclenchement de la «guerre mondiale contre la terreur» par l’impérialisme US et les grandes puissances impérialistes qui lui sont alliées.

La Loi antiterroriste de 2015 (c’est son titre) accorde des pouvoirs spéciaux aux agents du Service canadien du renseignement de sécurité (SCRS), qui pourront désormais intervenir de manière active et en toute impunité pour déstabiliser les organisations et réseaux jugés dangereux, jusqu’à créer de toutes pièces des provocations, comme la Gendarmerie royale du Canada le faisait allègrement dans les années 1960 et 1970.

Elle crée également un nouveau délit d’opinion en criminalisant «quiconque, sciemment, par la communication de déclarations, préconise ou fomente la perpétration d’infractions de terrorisme en général». Les forces de l’ordre pourront saisir toute publication et faire fermer tout site Web contenant ce qui, à leurs yeux, constitue de la «propagande terroriste».

En outre, la nouvelle loi facilitera les arrestations préventives lorsque cela aura «vraisemblablement pour effet», toujours selon la police, de prévenir la commission d’un acte terroriste; la personne ainsi visée pourra être gardée en détention pendant sept jours, sans même qu’une accusation ait été portée contre elle.

Ce ne sont là que quelques-unes des nombreuses mesures que contient le projet de loi, qui ne définit pas ce que l’on entend par «terrorisme» ou «propagande terroriste», mais vise explicitement toute activité «qui porte atteinte à la souveraineté, à la sécurité ou à l’intégrité territoriale du Canada».

Cette nouvelle attaque du gouvernement Harper s’inscrit évidemment dans le contexte national et international actuel marqué par la guerre contre tout ce que les puissances impérialistes peuvent associer, de près ou de loin, à «l’intégrisme musulman». Elle participe de la montée en puissance de l’islamophobie, qui est la promotion de la haine contre les personnes et communautés de confession musulmane et qui s’impose de plus en plus comme l’antisémitisme du 21e siècle. En créant de toutes pièces un ennemi présenté comme une «menace à la civilisation occidentale» et à «nos valeurs», la classe dominante n’espère rien de mieux que de diviser la classe ouvrière et d’en rallier une partie derrière elle.

Mais le projet de loi C-51 est plus que ça. C’est désormais toute forme de «radicalisation» et tout «fomenteur de tensions sociales» qui sont ciblés. Comme ses homologues aux États-Unis et en Europe, le gouvernement Harper renforce l’arsenal répressif de l’État canadien pour écraser toute résistance et étouffer toute menace au pouvoir de la bourgeoisie. Parmi les menaces que le SCRS a déjà identifiées, outre «l’intégrisme musulman», on retrouve aussi les partisans de la lutte de libération nationale autochtone, les environnementalistes radicaux et les réseaux anticapitalistes. Leur définition ratisse large et englobe tout mouvement de libération authentique, comme celui mené par le Parti des travailleurs du Kurdistan, toujours sur la liste des «entités terroristes interdites» au Canada.

On aurait tort, toutefois, de n’y voir que l’œuvre du gouvernement Harper. Le processus de durcissement de l’appareil répressif de l’État canadien a commencé bien avant lui et il se poursuivra après lui, car il s’inscrit dans une tendance lourde de tous les États capitalistes malmenés par la crise et la montée des résistances. La réaction parfaitement minable des partis d’opposition à la Chambre des communes – libéraux, néo-démocrates et les restants du «Bloc québécois», qui ont tous affirmé appuyer l’objectif du projet de loi – en dit long sur l’époque historique dans laquelle on se trouve.

Il est bien fini, le temps où «l’État-providence» et les «droits et libertés pour tous» pouvaient faire miroiter un avenir meilleur aux exploitéEs et oppriméEs. Le monde d’aujourd’hui, c’est celui d’un état de guerre permanent et d’attaques systématiques contre les masses travailleuses et les peuples opprimés. Au nom de la lutte contre les «ennemis de l’Occident», on fait la guerre à tous ceux et toutes celles qui s’opposent à l’ordre impérialiste injuste. Il est plus évident que jamais qu’il n’y a pas d’autre option que le socialisme, le renversement des vieux États réactionnaires et la construction du pouvoir ouvrier et populaire dans tous les pays si l’on veut mettre fin à toutes les formes d’oppression et d’exploitation et faire régner les droits et libertés de la majorité laborieuse.

Le Parti communiste révolutionnaire est résolu à poursuivre le combat, en solidarité avec toutes les organisations révolutionnaires, progressistes, anti-impérialistes et anticoloniales et avec tous les militants et toutes les militantes qui luttent pour la justice sociale et la fin du système capitaliste pourri. Les mesures antiterroristes et la répression n’arrêteront pas la marche de l’histoire! Il faut multiplier les initiatives pour faire échec aux plans de la bourgeoisie – rien n’est plus fort que la solidarité et l’organisation autonome du prolétariat et des oppriméEs!

Non à l’islamophobie – solidarité avec nos frères et sœurs de classe de confession musulmane!
Une attaque contre unE est une attaque contre tous et toutes!
Prolétaires de toutes origines, unissons-nous contre les capitalistes et leur État!
Vive la résistance anti-impérialiste des peuples opprimés de tous les pays! Vive la lutte contre l’impérialisme canadien!
Et vive la lutte révolutionnaire pour le pouvoir ouvrier et le socialisme!

Bureau d’information politique,
Parti communiste révolutionnaire (PCR-RCP Canada)
Le 4 février 2015
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