L’analyse du Parti communiste (KPRF) sur la crise en Russie : « 2015 ne doit pas être l’année du pillage du peuple russe par son gouvernement »

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« La crise nécessite des mesures extraordinaires »

L’analyse du Parti communiste (KPRF) sur la crise en Russie : « 2015 ne doit pas être l’année du pillage du peuple russe par son gouvernement » – Solidarité Internationale PCF // // //

Déclaration du Présidium du Comité central du Parti communiste de la Fédération de Russie

Traduction LM pour http://www.solidarite-internationale-pcf.fr/

Légende : affiche du KPRF pour expliquer pourquoi le gouvernement russe doit démissionner

Avoir suivi les recettes libérales de nos amis, les conseillers occidentaux, a conduit le pays à une crise systémique.

Aucune réforme parmi celle menée dans l’industrie, l’agriculture, l’énergie, le social, la science, l’éducation, les forces armées, la justice n’ont conduit à des améliorations. Bien au contraire, les réformes libérales ont tout détruit.

L’économie du pays, la vie de nos concitoyens sont de plus en plus subordonnés aux intérêts des multinationales.

Le renforcement de la position de la Fédération de Russie sur la scène internationale est en contradiction avec l’orientation suivie en Russie, qui conduit à une perte d’indépendance et de souveraineté nationale, à la consolidation de notre statut de fournisseur de matières premières dans le système productif mondial.

60 % des recettes budgétaires proviennent du pétrole et du gaz. En outre, si le pays vend chaque année à l’étranger des matières premières pour près de 20 milliards de roubles, le budget de l’État ne voit la couleur que du tiers de cette somme. Le reste est capté par les oligarques russes et leurs amis étrangers.

La poursuite de la politique économique actuelle va inexorablement saper le développement de notre industrie, contribuer à étrangler nos petites et moyennes entreprises.

La Russie perd ses travailleurs qualifiés. Un demi-million de scientifiques, d’experts sont déjà partis à l’étranger.

Dans le même temps, le groupe « Russie unie » à la Douma a adopté une loi « sur l’éducation » qui va continuer à détruire l’école classique russe, elle qui a donné des fruits inestimables à la science.

La loi sur la réforme de l’Académie de sciences de Russie détruira la système actuel de la science académique, elle livrera les bâtiments prestigieux à des bureaucrates voyous. Ce coup menace de pertes irréparables pour le pays.

Le pays est embourbé dans la dette. Cette année, la dette extérieure a été creusée, 15 % de plus, à 730 milliards de $. C’est nettement plus que les réserves internationales de la Russie, qui ont diminué à 420 milliards de $. Dont 118 milliards de $ de titres du Trésor américain.

La poursuite de ces politiques financières peut conduire la Russie à un défaut avec toutes ses conséquences. L’effondrement du taux de change va inévitablement conduire à une augmentation des prix, si on n’adopte pas rapidement des mesures de stabilisation des prix.

Le gouvernement russe est incapable d’arrêter l’exportation des capitaux. Cette année, les sorties de capitaux s’élèvent à 130 milliards de $.

La politique monétaire libérale des Gaidar, Koudrino est toujours dominante en Russie, elle est devenue le pivot de la destruction du potentiel économique du pays. L’impuissance de la Banque centrale, son incapacité à s’adapter aux conditions difficiles de la situation internationale ont conduit à l’effondrement du système monétaire, une nette dépréciation du rouble.

La situation a empiré suite à la décision du Conseil d’administration de la Banque centrale de relever ses taux directeurs à 17 %. Cette mesure signifie un sacrifice pour l’économie réelle, les PME du pays.

Le Présidium du Comité central du Parti communiste est très préoccupé, il craint que 2015 ne soit une année de pillage de masse de la population russe. Les conditions de vie de dizaines de millions de personnes sont aujourd’hui proches de la pauvreté absolue.

Le salaire minimum est de 12 700 roubles, si on y ajoute l’impact des lois nouvellement adoptées, c’est 15 600 roubles. Dans le même temps, le minimum de subsistance est fixé à 8 192 roubles, 6 717 pour les retraités, soit trois fois moins que la consommation minimale

D’après les statistiques, 52 % de la population ont des revenus inférieurs de 15 000 roubles par mois (300 €), donc sont en-dessous du minimum vital. C’est la moitié du pays !

Le prix des médicaments et de l’alimentation ne cessent d’augmenter. L’inflation du coût des produits alimentaires s’élève à 12 %. Avec la flambée du dollar, tous les produits importés vont assurément voir leur prix augmenter. La masse salariale globale risque d’être réduite en 2015 de 442 milliards de $.

L’expérience nous montre clairement l’échec de cette politique économique et sociale libérale en Russie. Cette politique plonge chaque jour passant l’économie, les finances russes vers la catastrophe. Cette situation appelle des mesures drastiques urgentes. En premier lieu :

1 – Le Président de la Russie doit tenir des consultations avec les principaux partis politiques afin de former un gouvernement de rassemblement national. Le gouvernement libéral a épuisé toutes ses possibilités et a conduit le pays dans une impasse. La période difficile actuelle rend nécessaire la formation d’un gouvernement de coalition ouvert à toutes les capacités, à tous les partis et citoyens non inscrits de Russie ;

2 – Reconnaître que la direction de la Banque de Russie ne peut assumer ses responsabilités, et ses missions de financement de l’économie ;

3 – Prendre les mesures les plus sévères pour lutter contre la spéculation sur le marché financier et le marché interbancaire de devises ;

4 – Fixer un taux de refinancement de la Banque centrale, qui promeuve le développement de la production nationale et la réponse à la question sociale ;

5 – Imposer le devoir pour les exportateurs de matières premières de déposer au moins 50 % de leurs recettes en devises à la Banque centrale ;

6 – Mettre en œuvre un ensemble de mesures visant à freiner les transferts internationaux de devises depuis la Russie ;

7 – Fixer une interdiction aux entreprises publiques d’être cotées sur le marché des devises ;

8 – Exiger de la Banque centrale qu’elle introduise des prêts aux banques commerciales avec un contrôle sur leur utilisation dans l’économie réelle, avec des comptes à rendre à la Douma ;

9 – Lutter contre l’inflation en stimulant la production nationale, en lien avec une planification gouvernementale pour le développement industriel ;

10 – Acter un moratoire sur l’augmentation des tarifs pour les produits issus des monopoles naturels, en mettant l’accès sur le contrôle des prix dans l’énergie et l’agriculture ;

11 – Établir d’urgence un contrôle sur les prix des biens essentiels inclus dans la liste du minimum de subsistance ;

Le Présidium du Comité central du Parti communiste déclare que la sortie de la crise pour la Russie est impossible dans un renforcement du rôle de l’État dans la régulation de l’économie, l’intervention dans la société.

Sans nationalisation du système bancaire, de l’énergie, des chemins de fer, il sera très difficile d’empêcher l’effondrement de l’économie.

Dans le cas contraire, les prédateurs, les spéculateurs continueront à parasiter le potentiel du pays, détruisant les secteurs de base de l’économie par le travail de plusieurs générations de Russes.

Source: http://www.solidarite-internationale-pcf.fr/article-l-analyse-du-parti-communiste-kprf-sur-la-crise-en-russie-2015-ne-doit-pas-etre-l-annee-du-pil-125280724.html

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