Le discours sur le parlementarisme, selon le marxisme-léninisme

Camarades,

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J’aimerais attiré votre attention sur un très court texte écrit de la main de Lénine lui-même lors du IIe Congrès de l’Internationale communiste, le 2 août 1920, sur la question du parlementarisme. Bien sûr que l’analyse date du début du XXe siècle, mais lisez-le bien quand même, et essayer de répondre rationnellement avec des arguments qui tiennent la route et appuyer par des preuves de ce que vous avancez, si vous n’êtes pas d’accord.

Je vous soumets donc les quelque pistes de réflexion auxquels vous êtes conviéEs d’y répondre ou y réfléchir.

En outre Lénine avance que le prolétariat et les masses sont encore si arriéréEs qu’ils ne comprennent pas que la démocratie parlementaire bourgeoise ne représentent pas leurs intérêts, ceux du prolétariat révolutionnaire et des masses, bref du peuple.

« Tenant compte de ces éléments arriérés, nous dûmes faire les élections et montrer aux masses, par l’exemple et dans les faits, que cette Assemblée constituante, élue au moment de la plus grande misère générale, n’exprimait pas les aspirations et les revendications des classes exploitées. Par là même, le conflit entre le pouvoir des Soviets et le pouvoir bourgeois apparut très clairement, pour nous, avant‑garde de la classe ouvrière, mais aussi pour l’immense majorité de la paysannerie, pour les petits employés, pour la petite bourgeoisie, etc. Dans tous les pays capitalistes, il y a des éléments arriérés de la classe ouvrière, qui sont convaincus que le Parlement est la véritable représentation du peuple et qui ne voient pas les procédés malpropres auxquels on y a recours. On dit que le Parlement est l’instrument à l’aide duquel la bourgeoisie trompe les masses. Mais cet argument doit être retourné contre vous et il se retourne contre vos thèses. Comment révélerez‑vous aux masses vraiment arriérées et trompées par la bourgeoisie le véritable caractère du Parlement ? Si vous n’en faites pas partie, comment dévoilerez‑vous telle ou telle manœuvre parlementaire, la position de tel ou tel parti ? Si vous êtes marxistes, vous devez reconnaître qu’au sein de la société capitaliste les rapports des classes et les rapports des partis sont étroitement liés. Comment, je le répète, montrerez‑vous tout cela si vous n’êtes pas membres du Parlement, si vous répudiez l’action parlementaire ? L’histoire de la révolution russe a montré clairement qu’aucun argument n’aurait pu convaincre les larges masses de la classe ouvrière, la paysannerie, les petits employés s’ils ne l’ avaient pas appris par leur propre expérience.

On a dit ici que nous perdons beaucoup de temps en participant à la lutte parlementaire. Peut‑on concevoir une autre institution intéressant autant toutes les classes que le Parlement ? On ne peut pas créer cela artificiellement. Si toutes les classes sont amenées à participer à la lutte parlementaire, c’est que les intérêts et les conflits de classe se reflètent au Parlement. S’il était possible d’organiser d’emblée partout, mettons, une grève générale décisive capable d’abattre d’un seul coup le capitalisme, la révolution se serait déjà faite dans les différents pays. Mais il faut, compter avec les faits, et le Parlement est toujours l’arène de la lutte des classes. Le camarade Bordiga et ceux qui partagent son point de vue doivent dire la vérité aux masses. L’Allemagne est le meilleur exemple du fait qu’une fraction communiste au Parlement est possible, et c’est, pourquoi vous devriez dire ouvertement aux masses : nous sommes trop faibles pour créer un parti solidement constitué. Telle serait la vérité qu’il faudrait dire. Mais si vous reconnaissiez votre faiblesse devant les masses, elles deviendraient non pas vos amies, mais bien vos adversaires, et elles se rallieraient au parlementarisme.

Si vous dites : « Camarades ouvriers, nous sommes si faibles que nous ne pouvons pas créer un parti suffisamment discipliné pour obliger ses députés à se soumettre à sa volonté », les ouvriers vous abandonneront, car ils se diront : « Comment pourrions‑nous instaurer la dictature prolétarienne avec des gens aussi faibles ? »

Vous êtes bien naïfs, si vous vous imaginez que le jour de la victoire du prolétariat, les intellectuels, la classe moyenne, la petite bourgeoisie deviendront communistes.

Mais si vous ne vous faites pas cette illusion, vous devez dès maintenant préparer le prolétariat à s’engager dans la voie qui est la nôtre. Vous ne trouverez aucune exception à cette règle dans aucun domaine du travail d’Etat. Le lendemain de la révolution, vous verrez partout des avocats opportunistes, qui se diront communistes, des petits bourgeois qui n’admettront ni la discipline du parti communiste, ni celle de l’Etat prolétarien. Si vous ne préparez pas les ouvriers à fonder un parti vraiment discipliné, qui impose sa discipline à tous ses membres, vous ne préparerez jamais la dictature du prolétariat. Je pense que vous ne voulez pas admettre que précisément la faiblesse d’un très grand nombre de nouveaux partis communistes les amène à contester la nécessité du travail parlementaire. Et je suis convaincu que l’immense majorité des ouvriers vraiment révolutionnaires nous suivra et se prononcera contre vos thèses antiparlementaires. »

Donc, même s’il est exact de dire que Lénine ne revendiquait surtout pas la démocratie bourgeoise, il avait tout de même très bien compris le niveau politique du prolétariat et des masses russe. Partant de ce constat, il en avait donc déduit qu’il ne pouvait à lui seul entrer la théorie politique révolutionnaire et le matérialisme dialectique dans le crâne du prolétariat et des masses arriérées sans passer par l’expérience pratique avec ceux-ci pour leur démontrer les raisons pour lesquelles il faut abattre le parlementarisme bourgeois et la démocratie bourgeoise afin d’instaurer la dictature du prolétariat.

À moins que vous voulez admettre que précisément la faiblesse d’un très grand nombre de nouveaux partis communistes (gauchistes) les amène à contester la nécessité du travail parlementaire, et que, partant, nous devons encore aujourd’hui utiliser le parlementarisme bourgeois pour éduquer la classe ouvrière et les masses québécoises et canadiennes, et que parmi ceux-ci, j’en suis convaincu, l’immense majorité des ouvriers vraiment révolutionnaires suivrait la voie léniniste et se prononcerait contre les thèses antiparlementaires, je proposerais donc que l’on se penche plus à fond sur cet enjeu crucial de la question du parlementarisme bourgeois comme moyen d’éducation populaire et politique afin de bien faire comprendre au prolétariat et aux masses la nécessité d’instaurer la dictature du prolétariat.

 

En revanche, si le travail d’éducation populaire et politique auprès du prolétariat et des masses peut se faire sans utiliser ou promouvoir, en un sens, le parlementarisme bourgeois et sa démocratie, sans même comme expérience pratique donc pour démontrer au prolétariat la nécessité d’instaurer la dictature du prolétariat [au lieu de devoir se servir du mode de représentation bourgeois où l’argent peut se mettre en valeur au détriment de la démocratie populaire] c’est-à-dire que si le mot d’ordre « du boycott des élections » peut être assimilé de manière suffisamment concrète et articulée par les couches populaires qu’elles comprennent bien les raisons de la dictature du prolétariat, que ce ne soit pas juste un « vote d’abstention », mais bien un « vote de protestation et de revendication », en pareil cas, les camarades gauchistes avec leur thèse antiparlementaire auraient peut-être raison.

Donc, si et seulement si, les conditions ci-haut mentionnées, à l’effet que le non-vote signifie, pour le prolétariat et les masses, un vote de protestation et de revendication sur les bases du programme du parti communiste, je me plierais bien volontiers aux thèses de Rosa Luxembourg et autres gauchistes. Cela voudrait dire cependant que Lénine aurait eu tort ! Or, Lénine a tout de même réussi et matérialisé la première révolution socialiste, outre la Commune, dans toute l’Histoire de l’Humanité. Si Lénine s’est trompé, il faut non seulement le dire mais il faut le prouver! On ne peut pas se revendiquer de Lénine tout en faisant exactement le contraire de son enseignement. Il y a tout de même des limites qu’il ne faut pas franchir sinon on pourra faire dire ce que l’on veut à celui qui définit encore aujourd’hui le marxisme-léninisme.

Par ailleurs, je ne pense pas qu’au moment où on se parle, l’on puisse donner la signification que la masse des « non-vote » s’appuie sur les revendications du programme du parti communiste pour justifier leur action. Même si le vote électoral bourgeois ne représente pas plus que 40 % des inscrits aux élections bourgeoise, cela n’indique aucunement que le prolétariat et les masses en majorité adhèrent aux thèses révolutionnaires et souhaiteraient instaurer la dictature du prolétariat. Si c’était le cas, nous serions à l’aube de la révolution et les conditions objectives ainsi que subjectives seraient mûres pour l’offensive finale.

Ce qui équivaudrait à dire que, par une quelconque mais, invraisemblable insurrection spontanée, si les communistes prendraient le pouvoir politique en s’emparant des institutions démocratiques de la bourgeoisie ce soir, le prolétariat et les masses comprendraient parfaitement bien la nécessité d’instaurer la dictature du prolétariat. J’en doute. L’action des masses auquel nous assistons est tout au plus un vote de protestation et d’abstention comme il y en a eu plusieurs dans l’histoire de la lutte de classes entre le prolétariat et la bourgeoisie, mais la partie est encore très loin d’être gagnée.

Je pense que si c’était le cas, c’est-à-dire que même si nous serions à l’aube de la révolution et que nous tenterions d’instaurer la dictature du prolétariat aujourd’hui même, nous ne tarderions pas à voir la contre-révolution se former en engageant le prolétariat et les masses contre la nouvelle société socialiste et sa dictature d’État en revendiquant la démocratie, la liberté et le pouvoir au peuple, qui ne serait pas capable, encore aujourd’hui, de faire la différence entre le pouvoir bourgeois et le pouvoir ouvrier, et de comprendre la mission historique auquel est conviée le prolétariat révolutionnaire, seule couche sociale inférieure formant l’immense majorité de la population et qui peut prendre le pouvoir politique en constituant par le fait même une véritable démocratie, c’est-à-dire en organisant sa dictature, celle du prolétariat, celle du peuple, celle de l’immense majorité par l’immense majorité et pour l’immense majorité, c’est-à-dire que la dictature du prolétariat est une mesure transitoire pour mener définitivement la société socialiste vers une société communiste au cours duquel nous devrions assister au dépérissement de l’État.

 

(…)

 

« Tous les mouvements historiques ont été, jusqu’ici, accomplis par des minorités ou au profit des minorités. Le mouvement prolétarien est le mouvement spontané de l’immense majorité au profit de l’immense majorité. Le prolétariat, couche inférieure de la société actuelle, ne peut se soulever, se redresser, sans faire sauter toute la superstructure des couches qui constituent la société officielle. »

(K. Marx & F. Engels, Manifeste communiste)

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Le texte en entier de V.I.Lénine suit :

II° congrès de l’Internationale Communiste

Discours sur le parlementarisme

2 août 1920

 

« Le camarade Bordiga a visiblement voulu défendre ici le point de vue des marxistes italiens, mais il n’a néan­moins répondu à aucun des arguments avancés par d’autres marxistes en faveur de l’action parlementaire.

Il a reconnu que l’expérience historique ne se, crée pas artificiellement. Il vient de nous dire qu’il faut reporter lutte dans un autre domaine. Ignorerait‑il que toute crise révolutionnaire s’accompagne d’une crise parlementaire ? Il a dit, c’est vrai, qu’il faut reporter la lutte dans un autre domaine, dans les Soviets. Mais il a reconnu lui-même qu’il n’est pas possible de créer artificiellement des Soviets. L’exemple de la Russie prouve qu’on ne peut les organiser que pendant la révolution ou bien juste à la veille de la révolution. Du temps de Kérenski, les Soviets (les Soviets menchéviks) étaient organisés d’une telle manière qu’ils ne pouvaient en aucune façon constituer le pouvoir prolétarien. Le parlement est un produit du développement historique, que nous ne pouvons éliminer tant que nous ne sommes pas suffisamment forts pour dissoudre cette institution bourgeoise. Ce n’est qu’en en faisant partie que l’on peut, partant des conditions historiques données, lutter contre la société bourgeoise et le parlementarisme. Le moyen dont la bourgeoisie se sert dans la lutte doit être aussi utilisé par le prolétariat, dans des buts tout autres évidem­ment. Vous ne pouvez pas affirmer qu’il n’en est pas ainsi,et, si vous voulez le contester, vous devez effacer l’expérience de tous les événements révolutionnaires du monde.

Vous avez dit que les syndicats aussi étaient opportunistes et qu’ils constituaient un danger ; mais, d’un autre côté, vous avez dit qu’il fallait faire une exception en leur faveur, étant donné qu’ils sont des organisations ouvrières. Mais cela n’est juste que jusqu’à un certain point. Il existe aussi dans les syndicats des éléments très arriérés. Une partie de la petite bourgeoisie prolétarisée, les ouvriers arriérés et les petits paysans, tous ces éléments croient réellement que leurs intérêts sont représentés au Parlement ; il faut lutter contre cela par l’action parlementaire et montrer aux masses la vérité dans les faits. Les théories n’ont pas prise sur les masses arriérées ; elles ont besoin de l’expérience.

Nous l’avons bien vu en Russie. Nous avons été obligés de convoquer l’Assemblée constituante, après la victoire du prolétariat, pour montrer à l’ouvrier arriéré qu’il ne pouvait rien obtenir d’elle. Afin qu’il puisse comparer les deux expériences, nous avons dû opposer concrètement les Soviets à l’Assemblée constituante, et lui montrer ainsi que les Soviets étaient la seule issue.

Le camarade Souchy, syndicaliste révolutionnaire, a défendu les mêmes théories, mais la logique n’est pas de son côté. Il a dit qu’il n’était pas marxiste, alors cela va de soi. Mais lorsque vous, camarade Bordiga, affirmez que vous êtes marxiste, il est permis d’exiger de vous plus de logique. Il faut savoir de quelle manière on peut briser le Parlement. Si vous pouvez le faire par la voie de l’insurrection armée dans tous les pays, c’est très bien. Vous savez qu ‘ en Russie nous avons montré notre volonté, non seulement en théorie mais également en pratique, d’abolir le Parlement bourgeois. Mais vous avez perdu de vue que cela est impossible sans une préparation relativement longue et que, dans la plupart des pays, il est encore impossible d’abolir le Parlement d’un seul coup. Nous devons donc poursuivre la lutte au soin même du Parlement pour détruire le Parlement. Aux conditions qui déterminent la ligne politique de toutes les classes de la société contemporaine vous substituez votre propre volonté révolutionnaire, et c’est pourquoi vous oubliez que, pour détruire le Parlement bourgeois de Russie, nous avons dû d’abord convoquer l’Assemblée constituante, même après notre victoire. Vous avez dit : « La vérité est que la révolution russe est un exemple qui ne correspond pas aux conditions de l’Europe occidentale. » Mais vous n’avez produit aucun argument de poids pour nous le prouver. Nous sommes passés par une période de démocratie bourgeoise. Nous l’avons traversée rapidement, à l’époque où nous étions obligés de faire de l’agitation en faveur des élections à l’Assemblée constituante. Et par la suite, lorsque la classe ouvrière a pu s’emparer du pouvoir, la paysannerie croyait encore à la nécessité d’un Parlement bourgeois.

Tenant compte de ces éléments arriérés, nous dûmes faire les élections et montrer aux masses, par l’exemple et dans les faits, que cette Assemblée constituante, élue au moment de la plus grande misère générale, n’exprimait pas les aspirations et les revendications des classes exploitées. Par là même, le conflit entre le pouvoir des Soviets et le pouvoir bourgeois apparut très clairement, pour nous, avant‑garde de la classe ouvrière, mais aussi pour l’immense majorité de la paysannerie, pour les petits employés, pour la petite bourgeoisie, etc. Dans tous les pays capitalistes, il y a des éléments arriérés de la classe ouvrière, qui sont convaincus que le Parlement est la véritable représentation du peuple et qui ne voient pas les procédés malpropres auxquels on y a recours. On dit que le Parlement est l’instrument à l’aide duquel la bourgeoisie trompe les masses. Mais cet argument doit être retourné contre vous et il se retourne contre vos thèses. Comment révélerez‑vous aux masses vraiment arriérées et trompées par la bourgeoisie le véritable caractère du Parlement ? Si vous n’en faites pas partie, comment dévoilerez‑vous telle ou telle manœuvre parlementaire, la position de tel ou tel parti ? Si vous êtes marxistes, vous devez reconnaître qu’au sein de la société capitaliste les rapports des classes et les rapports des partis sont étroitement liés. Comment, je le répète, montrerez‑vous tout cela si vous n’êtes pas membres du Parlement, si vous répudiez l’action parlementaire ? L’histoire de la révolution russe a montré clairement qu’aucun argument n’aurait pu convaincre les larges masses de la classe ouvrière, la paysannerie, les petits employés s’ils ne l’ avaient pas appris par leur propre expérience.

On a dit ici que nous perdons beaucoup de temps en participant à la lutte parlementaire. Peut‑on concevoir une autre institution intéressant autant toutes les classes que le Parlement ? On ne peut pas créer cela artificiellement. Si toutes les classes sont amenées à participer à la lutte parlementaire, c’est que les intérêts et les conflits de classe se reflètent au Parlement. S’il était possible d’organiser d’emblée partout, mettons, une grève générale décisive capable d’abattre d’un seul coup le capitalisme, la révolution se serait déjà faite dans les différents pays. Mais il faut, compter avec les faits, et le Parlement est toujours l’arène de la lutte des classes. Le camarade Bordiga et ceux qui partagent son point de vue doivent dire la vérité aux masses. L’Allemagne est le meilleur exemple du fait qu’une fraction communiste au Parlement est possible, et c’est, pourquoi vous devriez dire ouvertement aux masses : nous sommes trop faibles pour créer un parti solidement constitué. Telle serait la vérité qu’il faudrait dire. Mais si vous reconnaissiez votre faiblesse devant les masses, elles deviendraient non pas vos amies, mais bien vos adversaires, et elles se rallieraient au parlementarisme.

Si vous dites : « Camarades ouvriers, nous sommes si faibles que nous ne pouvons pas créer un parti suffisamment discipliné pour obliger ses députés à se soumettre à sa volonté », les ouvriers vous abandonneront, car ils se diront : « Comment pourrions‑nous instaurer la dictature prolétarienne avec des gens aussi faibles ? »

Vous êtes bien naïfs, si vous vous imaginez que le jour de la victoire du prolétariat, les intellectuels, la classe moyenne, la petite bourgeoisie deviendront communistes.

Mais si vous ne vous faites pas cette illusion, vous devez dès maintenant préparer le prolétariat à s’engager dans la voie qui est la nôtre. Vous ne trouverez aucune exception à cette règle dans aucun domaine du travail d’Etat. Le lendemain de la révolution, vous verrez partout des avocats opportunistes, qui se diront communistes, des petits bourgeois qui n’admettront ni la discipline du parti communiste, ni celle de l’Etat prolétarien. Si vous ne préparez pas less ouvriers à fonder un parti vraiment discipliné, qui impose sa discipline à tous ses membres, vous ne préparerez jamais la dictature du prolétariat. Je pense que vous ne voulez pas admettre que précisément la faiblesse d’un très grand nombre de nouveaux partis communistes les amène à contester la nécessité du travail parlementaire. Et je suis convaincu que l’immense majorité des ouvriers vraiment révolutionnaires nous suivra et se prononcera contre vos thèses antiparlementaires. »

Source : https://www.marxists.org/francais/lenin/works/1920/08/vil19200802.htm

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