L’EXPANSION DE LA CLASSE PROLÉTARIENNE / EXPANSION OF THE CLASS PROLETARIAN

 

par Robert Bibeau. Producteur  http://Http://www.les7duquebec.com

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Notre définition de prolétaire est concise : « Est prolétaire celui qui n’a que sa force de travail à mettre en marché et à monnayer. » C’est une définition large, elle inclut pratiquement tout le salariat (excluant les cadres), les chômeurs, les sans-travail non recensés en quête d’emplois. C’est une définition à la fois sociale et économique. Si tout travailleur productif est salarié, en revanche tout salarié n’est pas un travailleur productif. Certains salariés sont même des exploiteurs, dès lors qu’ils administrent le système d’exploitation de l’homme par l’homme, les cadres et leurs sous-fifres attachés à la gouvernance par exemples (1). Marx a écrit « Par rapport au capitaliste financier, le capitaliste industriel est un travailleur, travailleur en tant que capitaliste, c’est-à-dire un exploiteur du travail d’autrui » (2).

 

Qu’est-ce qu’un prolétaire productif, c’est-à-dire, qu’est-ce qu’un créateur de plus-value ? « Pour distinguer le travail productif du travail improductif, il suffit de déterminer si le travail s’échange contre de l’argent proprement dit ou contre de l’argent-capital (des moyens de production) ». À partir de cette définition, Marx donne l’exemple du littérateur prolétaire de Leipzig et de la cantatrice travaillant pour un patron, ils deviennent tous les deux des travailleurs productifs en ce qu’ils valorisent le capital ; il dira la même chose dans une note du tome I de son livre Das Kapital sur un enseignant qui travaille dans le secteur privé.

 

En effet, on a trop souvent cette idée que seul le prolétariat industriel est créateur de plus-value parce qu’il crée des marchandises commercialisables. Marx, et c’est tout l’objet du Capital, démontre que seul « est productif le travail qui valorise directement le capital et ainsi produit de la plus-value ». À contrario, un artisan qui confectionne un bout d’étoffe, qu’il troquera contre une hache, effectue un travail utile, mais, du point de vue du mode de production capitaliste il n’effectue pas un travail productif, c’est-à-dire un travail valorisant le capital générateur de plus-value (3). De même pour un enseignant, qui réalise un travail utile, former la prochaine génération de travailleurs salariés-exploités, mais ce travail n’est pas productif – il ne produit pas de plus-value. L’enseignant, l’infirmière, le secrétaire sont des travailleurs salariés socialement utiles mais non producteurs de plus-value. Leur salaire origine du surtravail spolié aux prolétaires productifs.

 

Ainsi, l’industrie de l’armement produit des biens qui ne sont pas des marchandises parce que ces produits ne contribuent en rien à la reproduction du capital. Ces biens – ces « valeurs » ne servent pas à valoriser le capital, d’où ce secteur industriel est considéré comme parasitaire, non productif, vivant au crochet du travail salarié productif. Au contraire, l’industrie militaire absorbe et détruit de la valeur marchande (valeur d’échange) et contribue à approfondir la crise économique systémique. Si la classe capitaliste mondiale maintient un important dispositif militaire parasitaire, ce n’est pas pour le plaisir de faire la guerre, ou pour se distraire, ou pour faire des profits, profits qu’elle spolie aux autres secteurs industriels. C’est que la classe capitaliste parasitaire n’a pas d’autres choix en prévision du jour où ses concurrents monopolistiques multinationaux tenteront de s’emparer de ses espaces d’extraction des ressources, de ses marchés, ou de ses zones d’exploitation de la plus-value. Elle devra alors les terroriser grâce à son infrastructure militaire. En prévision du jour également où la classe prolétarienne paupérisée tentera de secouer le joug de son aliénation en quête d’émancipation. Il faudra bien, ces jours pas si lointains, que le plein poids de la loi bourgeoise, de la mitraille et de la répression étatique capitaliste s’abattent sur le dos de cette classe en révolte.

 

Un évènement historique gigantesque

 

Au cours des années 1990, un phénomène capital s’est produit à l’échelle internationale avec l’entrée sur le marché mondial concurrentiel de la grande bourgeoisie chinoise, indienne, et de celle de l’ancien bloc soviétique, ce qui a conduit à doubler en quelques années la force de travail en concurrence sur le marché du travail salarié (4). En termes d’économie politique et en termes de lutte de la classe prolétarienne, cet évènement fut le plus important depuis la nuit des temps. Pourtant, peu d’analystes en ont apprécié l’incroyable portée. Par cette expansion des moyens de production, sans commune dimension dans l’histoire du mode de production du capital, l’impérialisme complétait l’aménagement de la totalité des territoires et des forces productives dans le monde et assurait leur incorporation aux rapports de production capitalistes hégémoniques. Par cet évènement incommensurable, l’impérialisme terminait sa phase d‘expansion (un siècle après le pronostique des bolchéviques) et l’impérialisme ne pouvait alors qu’amorcer sa phase déclinante n’ayant plus aucune « terre nouvelle » (sic), plus aucune nouvelle force de travail à spolier pour valoriser le capital déprécié (5). Le mode de production capitaliste n’a pas fini d’en ressentir les effets qui mèneront certainement à sa destruction.

 

Cet évènement est la raison fondamentale pour laquelle le début du XXIe siècle est une période marquée par le déclin économique et politique, et, conséquemment la décadence sociologique et idéologique du capitalisme. Marquer aussi par un grand pessimisme traumatique qui voit surgir en Occident des théories fumeuses telles : « La fin de la classe ouvrière ; la mort du Marxisme ; l’apogée des luttes de libération nationale et anti-impérialistes bourgeoises (sic) ; l’émergence d’une soi-disant classe moyenne ; l’embourgeoisement de l’aristocratie ouvrière stipendiée (sic) ; l’émergence d’une nouvelle gauche démocratique, citoyenne et républicaine (sic) ; les théories complotistes et mystiques de fin du monde civilisé ; la guerre des civilisations ; la fin de l’histoire » et autres fadaises idéalistes reflets du déclin de la classe bourgeoise occidentale devant la montée en puissance du capital monopoliste multinational venu d’Orient et la croissance du contingent oriental et du contingent africain du prolétariat international.

 

Cette croissance de la classe prolétarienne s’est produite en très peu de temps. Si la montée en puissance de l’impérialisme américano-atlantique a nécessité deux guerres mondiales et presque un siècle d’expansion (1890 – 1975), l’entrée en scène de la dernière phase de l’impérialisme corporatistes-capitaliste n’aura nécessité qu’une cinquantaine d’années (1975 – 2020) et une guerre mondiale (à venir !) À l’évidence, l’histoire du mode de production capitaliste s’accélère. On peut anticiper qu’en 2020 environ, la Chine aura remplacé la première puissance impérialiste mondiale (USA) et que son déclin sera déjà amorcé au milieu d’une crise économique, systémique et permanente, et parmi des guerres régionales en cascades, jusqu’à et y compris une possible troisième guerre mondiale catastrophique. Mais avant d’aborder ces questions, examinons les données en ce qui concerne les effectifs du prolétariat international.

 

L’expansion de la classe prolétarienne dans le monde

 

« Ces jalons posés nous pouvons maintenant voir ce que représente au niveau mondial le prolétariat dans son ensemble, le prolétariat salarié (en soustrayant les chômeurs) et le prolétariat créateur de valeur (ce qui est plus compliqué, les statistiques mondiales à ce sujet étant difficiles à obtenir). Par élimination nous allons essayer de donner une vision plus large que les statistiques du Bureau international du Travail (BIT) et de l’Organisation internationale du Travail (OIT), et pour la France du Tableau de l’économie française de l’INSEE qui est plus précis » atteste Gérard Bad (6). Mais attention, ces différents documents ne tiennent pas compte du fait que, selon l’OCDE, plus de la moitié de la population active mondiale travaille au noir (le travail au noir – clandestin – est source de plus-value absolue). Les États bourgeois complices de l’évasion fiscale de leurs patrons milliardaires et des multinationales monopolistes sont grandement préoccupés par l’évasion fiscale des petits salariés, les serveuses de restaurants et les journaliers. Prenez note toutefois, que nous retrouvons dans ces emplois sous-payés – non déclarés –  une importante contre-tendance à la baisse du taux de profit à laquelle il faut ajouter les 168 millions d’enfants asservis et comptabilisés dans le monde. Également, il ne faut pas oublier que l’agriculture est le premier pourvoyeur d’emplois, soit 40 % de la population active mondiale classés « travailleurs autonomes » (sic). Il y a forcément dans ces 40 % d’exploités du servage agraire une part importante de travailleurs agricoles qu’il faudrait normalement ajouter aux statistiques du prolétariat mondial.

 

Les données de l’OIT permettent d’estimée le salariat à l’échelle mondiale. Dans les zones « avancées » il a progressé d’environ 20 % entre 1992 et 2008, et il stagne depuis l’intensification de la crise systémique du capitalisme. Dans les zones « émergentes », il a augmenté de près de 80 % sur la même période (graphique 1).  On retrouve des données analogues, mais encore plus marquées, pour l’emploi dans l’industrie manufacturière. Entre 1980 et 2005, la main-d’œuvre industrielle (productrice de plus-value) a augmenté de 120 % dans les régions « émergentes » et diminuées de 19 % dans les régions dites « avancées » (7).

 

Le même constat ressort d’une étude récente du FMI qui calcule la force de travail dans les secteurs exportateurs de chaque pays. On obtient une estimation de la force de travail mondialisée, celle qui est intégrée à la chaine de production de valeurs (capital productif et non parasitaire de laquelle il faudrait exclure les travailleurs de l’industrie de l’armement ce qui pénaliseraient encore davantage les pays « avancés »). La divergence est encore plus marquante : entre 1990 et 2010, la force de travail globale, ainsi calculée, a augmenté de 190 % dans les zones « émergentes », mais de seulement 46 % dans les régions développées (graphique 2). Il faut toutefois convenir d’une différenciation qualitative entre ces salariés. Si dans les zones « émergentes » ces salariés s’ajoutent aux forces productives industrielles et manufacturières génératrices de plus-value (même si ce n’est que pour des tâches d’assemblage), dans les zones développées les salariés à haute productivité, produisant des marchandises de haute qualité, s’additionnent aux travailleurs tertiaires des services de proximité et ceux des services parasitaires (petits boulots précaires, temporaires et mal payés, dans la restauration, l’hôtellerie, le transport, l’alimentation, l’entretien et les services de sécurité). Présentement les multinationales du capital « émergent » déploient des efforts pour hausser la productivité du travail salarié et pour assurer la montée en gamme de leur production et de leur consommation. Elles refont en somme, en accéléré, le parcours qu’elles ont fait du temps de leur développement en régions capitalistes « avancées ».

 

proletaires3

 

La tendance inéluctable à la globalisation du mode de production (la phase impérialiste du mode de production capitaliste comme l’esclavagisme et le féodalisme en vécurent auparavant) conduit donc à la formation d’un capital mondial, d’où l’importance des circuits bancaires de transferts du capital financier appelés « paradis – Panamas – fiscaux » (8) –; à la consolidation d’un marché mondial, d’où la signature de multiples traités de libre-échange (9), et, conséquemment, à l’expansion d’un prolétariat précarisé et mondialisé dont la croissance se fait principalement dans les régions dites « émergentes ». Ce processus s’accompagne d’une tendance à la salarisation et à l’urbanisation de la force de travail dans le monde entier, ce qui comprend la paysannerie chinoise, indienne et africaine, peu à peu arrachée à leurs terres et à leurs villages et concentrée dans des bidons villes délabrés, contexte urbanisé de leur aliénation de salarié. Ce qu’atteste le taux de salarié (la proportion de salariés dans l’emploi) qui augmente de manière constante, passant de 33 % à 42 % mondialement au cours des 20 dernières années (graphique 3). L’impérialisme moderne, sous le mode de production capitaliste, est bien caractérisé par la mondialisation des rapports de production hégémoniques capitalistes.

 

Graphique 3: Taux de salarisation dans les pays « émergents »

 

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La dynamique de l’emploi dans le monde, illustré par le graphique 4, peut être résumée ainsi : Entre 1992 et 2012, quasi-stabilité ou faible progression de l’emploi dans les zones capitalistes « avancées » et augmentation dans les régions capitalistes dites « émergentes » : +40%, comprenant un salariat en croissance (salariat : +76 %, autres modes d’emploi : +23 %).

 

Graphique 4

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Pour l’année 2012, les données de l’OIT conduisent à la répartition suivante de l’emploi mondial en milliards d’individus :

 

Emplois dans les zones «avancées» 0,47
Emplois salariés dans les zones «émergentes» 1,11
Autres emplois dans les zones «émergentes» 1,55
Emploi mondial total 3,13

La classe ouvrière mondiale est très segmentée par catégories, par revenus et par régions géographiques, en raison d’écarts de salaires considérables, et d’une mobilité restreinte, malgré les multiples efforts que déploie le capital pour la poussée sur les sentiers des réfugiés et sur les chemins de l’exil forcé afin de la soumettre aux nouvelles conditions d’exploitation international du capital. Les capitaux quant à eux ont obtenu une liberté de circulation à peu près totale grâce d’une part aux multiples traités et accords de libre-échange, et d’autre part, grâce à une vague sans précédent de fusions, d’OPA et d’agrégation monopolistique des entreprises capitalistes que nous avons illustrées dans les chapitres précédents (10). C’est le propre des fusions-acquisitions qui concentrent et centralisent le capital de restaurer pour un temps le taux de profit moyen en éliminant une pléthore de capitaux non performants (les concurrents les plus faibles). C’est ce qui s’est passé en 2008, quand les fusions-acquisitions, OPA et autres malversations du capital atteignirent 1 600 milliards de dollars US en Europe et 1 800 milliards dollars aux États-Unis. Il en résulta une baisse relative du nombre de travailleurs, les salariés n’étant après tout que la forme variable du capital (Cv). Selon une étude du Bureau international du Travail (BIT), la croissance économique mondiale en 2007 a été de 5,2 %, tandis que celle du nombre de travailleurs n’a été que de 1,6 %, la différence s’expliquant par l’inflation monétaire et par les progrès en matière de productivité (étude citée dans Le Figaro du 24 janvier 2008). Depuis le début de 2014, il y a une nouvelle frénésie de fusions-acquisitions dans le monde, c’est-à-dire une nouvelle vague de liquidation d’une masse de capitaux constants (Cc) – morts – et de travailleurs vivants – capital variable – (Cv) en excès dans le système de production et d’échanges.

 

Dans ces conditions, la mondialisation-globalisation de l’économie requiert de mettre virtuellement en concurrence internationale les travailleurs de tous les pays, mondialisant de ce fait la lutte de résistance du mouvement prolétarien. Cette pression concurrentielle s’exerce autant sur les salariés des pays « avancés » que sur ceux des pays « émergents » concurrents et se traduit par une baisse tendancielle de la part des salaires dans le revenu mondial global (Graphiques 5 et 6). Cette figure démontre que le capital variable – le capital vivant, unique source de plus-value –  prend encore moins d’importance dans la composition du capital par rapport au capital constant – mort – non générateur de plus-value. Preuve s’il en était besoin que le mode de production capitaliste creuse sa propre tombe. Pire, la prochaine étape dans la négociation des accords de libre-échange internationaux visera à obtenir une plus grande mobilité – continentale d’abord, et internationale ensuite – du prolétariat (du capital variable) afin d’accroitre la concurrence salariale et de réduire encore plus son importance relative, ce que l’Union européenne a déjà accompli sur le continent européen, prenant ainsi une longueur d’avance sur les anciennes puissances impérialistes concurrentes (USA, Japon, Canada, Australie, Russie) mais déjà en retard sur les nouvelles puissances émergentes qui constituent des marchés unifiés de grandes importances (Chine 1,3 milliard de consommateurs et 800 millions de salariés éventuels et l’Inde, 1,4 milliard de consommateurs et 850 millions de salariés virtuels). Tout ceci donne une idée du manque de vision des bobos altermondialistes, des réformistes et des gauchistes petits-bourgeois qui s’offusquent de la tombée des barrières tarifaires et législatives (droit du commerce, droit du travail, droit social, droit fiscal, judiciarisation de la répression, militarisation de l’économie, etc.) plaçant tous les moyens de production et toutes les forces productives « nationales » en concurrence internationale. Pas plus qu’il n’est opportun de dénoncer les ouragans et les typhons, il n’est pertinent de quémander des allègements aux conséquences de l’internationalisation de l’impérialisme globalisé qui ne peut qu’avancer, pousser par ses propres contradictions inexorables. Il y a longtemps que le prolétariat affirme que les forces productives ne peuvent s’épanouir à l’intérieur des rapports de production bourgeois trop étroits. Il faudra simplement mettre fin à ce mode de production moribond qui ne peut et ne pourra jamais fonctionner de manière différente qu’il ne fonctionne présentement.

 

Enfin, les graphiques 5 et 6 marquent le Te Deum de ce mode de production basé sur la valorisation de la plus-value et la reproduction élargie du capital. Alors que la masse totale des salariés prolétarisés augmente constamment, la part des salaires dans le revenu mondial diminue radicalement (11). Gardant en tête le principe qu’une marchandise se vend à son cout de production (ou de reproduction élargie dans le cas de la marchandise force de travail) cette donnée statistique signifie que depuis les années 1970 environ, le moment de l’inversion de la courbe ascendante du mode de production capitaliste globalisé, la force de travail se vend et s’achète en moyenne en dessous de son cout de reproduction social. Voilà le post mortem des théories opportunistes à propos de l’aristocratie ouvrière embourgeoisée et stipendiée ; des classes moyennes lénifiantes ; de la mort de la classe prolétarienne et de la théorie du dépassement du capitalisme (sic). Voici l’acte final de la tragédie capitaliste mondialisée. Quand un mode de production ne permet plus aux forces productives qu’il renferme de se déployer et de faire fructifier les moyens de production, mais qu’au contraire il les entraine vers leur dévalorisation et leur autodestruction, alors, ce mode de production doit disparaitre, sublimer par un nouveau mode de production plus performant. Ce graphique résume à lui seul les forces en jeux dans la révolution prolétarienne à venir.

 

Graphique 5 :  Part des salaires dans le revenu mondial 1970-2010

graphique2

 

En % du PIB. Calculs à partir de Stockhammer, 2013 (12).

 

Graphique 6

Salaire-pib

 

Références

 

Source: http://www.les7duquebec.com/7-au-front/lexpansion-de-la-classe-proletarienne/

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(version anglaise)

EXPANSION OF THE CLASS PROLETARIAN

Our definition of proletarian is concise: « Proletarian is the one who has only his work force to be marketed and monetized ». This is a broad definition, it includes almost all the salaried staff (excluding the managers), the unemployed, the unregistered unemployed looking for a job. It is at the same time a social and economic definition. If any productive worker is employee, on the other hand any employee is not a productive worker. Some employees are even exploiters, since they administer the system of exploitation of man by man, the executives and their underlings attached to governance are good examples (1). Marx wrote « Compared to the capitalist financier, the industrial capitalist is a worker, workers as capitalist, that is to say an exploiter of the work of others » (2).

What is a productive proletariat, that is to say, what is a creator of surplus value? « To distinguish the productive labor from the unproductive labor, it is enough to determine if the work is exchanged for money in the strict sense or for money-capital ».  Starting from this definition, Marx gives the example of the proletarian literary man of Leipzig and the singer working for a boss, they become both productive workers because they value the capital; he will say the same thing in a note of the Volume I of his book ‘Das Kapital’ on a teacher who is working in the private sector.

Indeed, we have seen too often this idea that only the industrial proletariat is creator of surplus value because he creates marketable material products / goods. Marx, and this is the object of Capital, shows that only « is productive the work that values directly the capital and thus produces surplus-value ». On the contrary, a craftsman who makes a product Y, which he will trade for a product Z, performs an useful work, but, from the point of view of the capitalist mode of production he does not perform a productive work, that is to say, generative of surplus-value (3).

Thus, the arms industry produces property that are not goods because these products don’t contribute absolutely to the valuation-reproduction of capital. These assets – these « values » are not used for highlighting the capital, from hence this industrial sector is considered parasitic, unproductive. On the contrary, the military industry absorbs and destroys the market value (exchange value). If the world capitalist class maintains an important parasitic military device, it is not for the pleasure of making war, of amusing, or of making profits, as claimed by the bobos of the bourgeois left, but because it has no other choice in anticipation of the day when its competitors will try to seize its areas of extraction of resources, its markets, or its exploitation areas of the surplus-value. In anticipation of the day equally when the impoverished proletarian class will attempt to shake off the yoke of its alienation in search of emancipation. We will have, in these days not so distant, that the full weight of bourgeois law, the grapeshot – and the State repression – fall on the back of this revolting class.

« These posed milestones, we can now see what represents, at world level, the proletariat (working population), the employed proletariat (by deducting the unemployed) and the proletariat creator of  productive- value (which is more complicated, the world statistics on it are difficult to be obtained. By elimination we will try to give a broader view than the statistics of the International Labor Office (ILO) and the International Labor Organization (ILO), and for France the Board of the French economy of INSEE (National Institute For Statistics and Economic Studies), which is more accurate », confirms Gérard Bad (4). But be careful, these different documents do not take into account that, according to the OECD, more than half of the world working population moonlights (the undeclared work –clandestine – is a source of absolute surplus-value, in particular, using often a rudimentary machinery). We have there an important countertrend to the decline of the profit rate to which we must add the 168 million children « officially » slave-recognized in the world. Equally, do not forget that the agriculture is the leading provider of jobs, namely the 40% of the world working population classified as « self-employed » (sic).
There must be in this 40% a significant part of agricultural workers that it would be normally necessary to add to the data of the listed world proletariat.

A gigantic historical event

In the 1990s, a major phenomenon has occurred internationally with the entrance on the world market of the great Chinese, Indian bourgeoisie and that of the former Soviet bloc, which led to double the competing labor force in the salaried labor market (5). In terms of political economy and of proletarian class struggle, this event was the most important from time immemorial. Yet, few analysts appreciated the incredible impact. From this expansion of the means of production without common dimension in the history of the mode of production, the imperialism completed the development of all lands and productive forces in the world and ensured their incorporation with the hegemonic capitalist relations of production. From this immeasurable event  the imperialism ended its expansion phase (a century after the Bolshevik forecasting) and the MPC* could then only start its declining phase, having no more « new earth » (sic), no more new labor force to be despoiled for enhancing the depreciated capital (6).

This event is the fundamental reason why the beginning of the 21st century is a period marked by the economic and political decline, and consequently the social and ideological decadence; marked also by a big traumatic pessimism that we see materialized in the West shirker theories as: « The end of the working class; the death of Marxism; the emergence of a so-called middle class; the betrayal of the hired labor aristocracy (sic); the emergence of a new democratic, Republican and citizen Left (sic); the conspiracy and mystical theories; the war of civilizations; the end of history »(sic) and other nonsense idealistic reflections of the decline of Western bourgeoisie before the increase in power of Eastern world capital and the growth of Eastern and African contingent of the international proletariat.

This class growth has occurred in a very short time. If the increase in power of the US-Atlantic imperialism has required two world wars and nearly a century of expansion (1890-1975), the debut of the last phase of capitalist imperialism will have required only thirty years (1990–2020) and probably a world war (!). Clearly, the history of the capitalist mode of production is accelerating. We can anticipate that around in 2020, China will have replaced the first world imperialist power and that its decline will be already started in the middle of an economic, systemic and permanent crisis, and among cascading regional wars including a possible catastrophic third world war. But before addressing these questions, let us examine the data regarding the staffing of the international proletariat.

The expansion of the proletarian class in the world

The ILO data allow to estimate the wage worldwide. In the « advanced » areas, it increased approximately 20% between 1992 and 2008 and stagnates since the intensification of the systemic crisis of capitalism.
In the « emerging » zones, it increased by nearly 80% over the same period (chart 1). We find similar data, but even more pronounced, for the employment in the manufacturing industry: between 1980 and 2005, the industrial labor (producing surplus value) increased by 120% in the « emerging” zones and decreased by 19% in the so called « advanced » regions (7).

The same conclusion comes from a recent IMF study that calculates the workforce in the export sectors of each country. We obtain a valuation of the globalized labor force, which is integrated in the chain of production of values (productive and not parasitic capital from which should be excluded the workers of arms industry which would disadvantage much more the « advanced » countries). The difference is much more significant: between 1990 and 2010, the global labor force, so calculated, increased by 190% in the « emerging » areas, but only 46% in the developed regions (chart 2). However, it must agree to a qualitative differentiation between these employees. If in the « emerging » areas these employees are in addition to industrial and manufacturing productive forces, generating surplus-value (even if it is only for assembly tasks), in the developed zones the employees with high productivity, producing sometimes high-quality goods, are in addition to tertiary outreach workers and those of parasitic services (casual, precarious, temporary and poorly paid jobs, in restaurants, hotels, transportation, food, maintenance and security services).Currently the multinationals of « emerging » capital are making efforts to improve the productivity of wage labor and to ensure the upgrading of their production and consumption. They repeat in short, accelerated, the course that they have done from their development in « advanced » capitalist regions.

The inevitable trend towards the globalization of every mode of production (the imperialist phase of capitalist mode of production) leads thus to the formation of a world capital – from hence the importance of the banking cycles of transfers of financial capital called « tax havens « (8) – to the consolidation of a global market, from hence the signing of multiple free trade treaties (9), and consequently,  the extension of a precarious and global proletariat whose growth is done mainly in the so-called « emerging » regions. This process is accompanied by a trend to wage employment and urbanization of the workforce worldwide, the peasantry of China, India and Africa gradually torn from their lands and villages and concentrated in dilapidated slums, urbanized context of their employee alienation. This is attested by the employee rate (the proportion of employees in employment) that increases steadily from 33% to 42% globally during the last 20 years (Chart 3). The Imperialism under the capitalist mode of production is just the globalization of capitalist hegemonic relations of production.

Chart 3: Employee rate in the « emerging » countries

The employment dynamics in the world, illustrated by the Chart 4, can be summarized as follows: Between 1992 and 2012, quasi-stability or weak progress of employment in the « advanced » capitalist areas, increase in the so called « emerging » capitalist regions: + 40%, including an increased wage (wage: 76%, other modes of employment: 23%).

Chart 4

For the year 2012, the ILO data lead to the following distribution of world employment in billions people:

Jobs in the « advanced » areas 0.47
Wage employment in the « emerging » areas 1.11
Other jobs in the « emerging » areas 1.55
Total world employment 3.13

The world working class is highly segmented, due to significant wage differences, and its mobility is impaired despite multiple efforts that unfold the capital for the push on the trails of refugees and the paths of exile forced in order to submit it to new conditions of exploitation of capital. The capitals meanwhile achieved a freedom of movement almost complete for one hand with multiple treaties and free trade agreements, and secondly, through an unprecedented wave of mergers, takeover bids and monopolistic aggregation of capitalist enterprises that we have shown in previous chapters (10). It is the characteristic of the mergers and acquisitions that concentrate and centralize the capital to restore for a time the average profit rate by eliminating a plethora of non-performing capitals (the weakest competitors). This is what happened in 2008, when the mergers and acquisitions, IPOs and other embezzlement of capital reached 1600 billion US dollars in Europe and 1800 billion dollars in the United States. It actually will result effectively a relative decrease of the number of workers, the employees being after all only forms of capital (Cv). According to a study of the International Labor Office (ILO), the world economic growth in 2007 was 5.2%, while that of the number of workers was only 1.6%, the difference is explained by monetary inflation and by increase of productivity (study cited in Le Figaro of 24 January 2008). Since the beginning of 2014, there is a new frenzy of mergers and acquisitions in the world, that is to say a new wave of liquidation of a mass of constant – dead – capitals and of living workers – variable capital – in excess in the system of production and exchange.

In these conditions, the economic globalization requires to put virtually in international competition the workers (variable capital) of all countries, thereby globalizing the resistance struggle of the proletarian movement. This competitive pressure is applied as much on the workers of developed countries than on those of competing emerging countries and results in a downward trend of the part of wages in the total world income (Chart 5).The variable capital – the living capital, only source of surplus value – becomes even less important in the organic composition of capital in relation to constant – dead – capital not generative of surplus-value. Proof if need were that the capitalist mode of production digs its own grave. Worse, the next step in the negotiation of international free trade agreements will aim at achieving a greater mobility – continental and then international – of the proletariat (variable capital) in order to increase the competition and to reduce further its relative importance, what the European Union has already done on the European continent, thus taking a step ahead of the old competing imperialist powers, but being delayed on the new emerging powers that are already unified markets of great importance (China 1.3 billion consumers and 800 million potential employees, and India, 1.4 billion consumers and 850 million virtual employees). All this gives an idea of the lack of vision of anti-globalist bobos and petty-bourgeois leftists who are offended by the fall of tariff and legal barriers (trade law, labor law, employment law, tax law, prosecution of repression, etc.) placing all means of production and all the national productive forces in international competition. More than it is appropriate to withdraw hurricanes and typhoons, it is relevant to beg for relief the consequences of the internationalization of the globalized imperialism that can only move forward, pushing through its own unavoidable contradictions. It has been a long time since the proletariat affirms that the productive forces can’t flourish within too narrow bourgeois relations of production. It will be necessary simply to put an end to this dying mode of production that can’t and will not be able to operate in a different way of how it already operates.
Finally, the chart 5 marks the Te Deum of this mode of production based on the production of surplus- value and the expanded reproduction of capital. While the total mass of proletarianized employees constantly increases, the part of wages in the global income decreases radically (11). Keeping in mind the principle that a commodity is sold to its cost of production (or of reproduction, in the case of the commodity labor power) this statistical data means that since around the 1970s, the time of inversion of the ascending curve of the globalized capitalist mode of production, the work force is bought and sold on average below its cost of reproduction. This is the post mortem of the opportunistic theories about the gentrified labor aristocracy, the assuaging middle class, the death of the proletarian class and the theory of the exceeded capitalism. Here is the final act of the globalized capitalist tragedy. When a mode of production no longer allows the productive forces that contains it to spread and grow the means of production but instead it leads them to their worthlessness and self-destruction, then, this mode of production must disappear, sublimate by a new, more efficient mode of production. This chart sums up lonely the forces at play in the coming proletarian revolution.

Chart 5: Part of wages in the world income from 1970 to 2010

By % of GDP. Calculations starting from Stockhammer, 2013 (12).

References

  (1) Gérard Bad. « What other possible world? ». Claude Bitot (lecture note). December 2008. http://www.mondialisme.org/spip.php?article1467

  (2) The Capital. Chapter 23 Volume 3.

  (3) An unpublished chapter of « Capital ». 10/18 Edition.  P. 224-233-238.

  (4) Gérard Bad. The productive class of surplus value on a global scale (I)
http://www.mondialisme.org/spip.php?article2057. 10.2014. Text published in Exchanges No. 146 (Winter 2013-2014). The following in Exchanges No. 148.

  (5) We have written this part of the text starting from the paper entitled: The formation of a global working class. Note hussonet, No. 64, 18/12/2013.
URL: http://hussonet.free.fr/chronik.htm

  (6) Richard Freeman. « China, India and the Doubling of the Global Labor Force: Who Pays the price of Globalization?”. The Globalist. June 2005. ILO, Key Indicators of the Labor Market (KILM).

  (7) John Smith. « Imperialism and the Law of Value ».  Global Discourse [Online], 2: I, 2011. IMF.  Jobs and growth: analytical and operational considerations for the Fund . March 2013. URL:https://globaldiscourse.files.wordpress.com/2011/05/john-smith.pdf

  (8) http://www.les7duquebec.com/7-au-front/les-panama-papers-la-fraude-frauduleuse/ and http://www.les7duquebec.com/7-au-front/levasion-fiscale-et-les-paradis-fiscaux/

  (9) http://www.les7duquebec.com/actualites-des-7/traite-transatlantique-letat-dune-resistance and http://www.les7duquebec.com/actualites-des-7/traite-transpacifique-ou-le-regne-des-multinationales/  and  http://www.les7duquebec.com/7-dailleurs-2-2/a-nouveau-sur-les-accords-de-libre-echange/

  (10) http://www.les7duquebec.com/?p=215790&preview=true and http://www.les7duquebec.com/7-au-front/deflation-le-dernier-tourment-avant-la-grande-depression/

  (11) Engelbert Stockhammer. « Why have wage shares fallen? ». ILO. Conditions of Work and Employment Series. No. 35, 2013. URL: http://www.ilo.org/travail/whatwedo/publications/WCMS_202352/lang-en/index.htm

  (12) Engelbert Stockhammer. « Why wage shares-have fallen? ». ILO. Conditions of Work and Employment Series. No. 35, 2013. URL: http://www.ilo.org/travail/whatwedo/publications/WCMS_202352/lang-en/index.htm

Average of the following countries: Australia, Austria, Belgium, Canada, Denmark, United States, Finland, France, Ireland, Italy, Japan, Netherlands, United Kingdom, Sweden. Argentina, Brazil, Chile, China, Costa Rica, Kenya, Mexico, Namibia, Oman, Panama, Peru, Russia, South Africa, South Korea, Thailand, Turkey.

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