Sur la question du principe du centralisme démocratique dans une organisation révolutionnaire

Comme nous savons à Reconstruction communiste que le « débat de ligne » à l’intérieure d’une organisation révolutionnaire est à la fois essentiel, vital et sain pour l’organisation, mais que cette pratique contient potentiellement des aspects divisif, démobilisateur et contre-révolutionnaire, nous partageons les questions soulevées par l’OCML VP ainsi que les solutions qu’ils ont apportées pour refléter et exécuter les décisions adoptées majoritairement par l’ensemble de l’organisation au cours d’un débat interne afin de permettre à d’autres organisations révolutionnaire de bénéficier de leur expérience.

"...La lutte intérieure donne au parti la force et la vitalité : la preuve la plus grande de la faiblesse du parti, c'est son amorphisme et l'absence de frontières nettement délimitées ; le parti se renforce en s'épurant..." 

(Extrait d'une lettre de Lassalle à Marx, 24 juin 1852.) 

Sur l’exclusion de plusieurs militants de l’OCML VP

Le 9ème Congrès de l’OCML VP s’est tenu durant l’été 2014. Il a été l’occasion d’une lutte de ligne avec l’adoption de la ligne majoritaire à plus de 75%. Dans la présentation de notre résolution générale nous expliquions :« L’OCML Voie Prolétarienne est une organisation matérialiste et dialectique. Elle défend depuis son origine une conception du débat interne, de la lutte de ligne, du rejet de la conception monolithique de l’organisation, une des raisons qui lui a permis de se maintenir et de se développer depuis plus de 35 ans. Elle défend une conception du centralisme démocratique où il y a des périodes de débats, qui sont tranchées par des votes majoritaires. Elle défend une conception matérialiste du processus de la connaissance, où aucun débat n’est jamais achevé, où l’unité est toujours relative, alors que la contradiction est permanente, et où il faut pourtant savoir trancher les débats, prendre des décisions pour pouvoir avancer, au risque de s’enliser dans des confrontations sans fin. Le débat a eu lieu, les positions ont été adoptées, il y a maintenant une majorité démocratiquement construite. »

 

Néanmoins, une partie des camarades minoritaires ont refusé d’appliquer le centralisme démocratique et de respecter les statuts de notre organisation. Ils voulaient remettre en cause et rediscuter la ligne majoritaire issue du congrès et refusaient de l’appliquer. En effet, Ils se sont réunis en fraction (regroupant des militants de l’OCML VP et d’autres militants extérieurs – dont une membre du MLPD / Parti Marxiste-Léniniste d’Allemagne) en produisant un texte interne, diffusé à l’ensemble de l’organisation à leur demande, remettant en cause les prises de décisions du précédent Congrès. Sur décision du Comité Central (CC) de l’organisation, ces camarades ont été suspendus de l’organisation au motif d’activité fractionnelle et de grave manquement aux règles du centralisme démocratique
Le CC a rejeté leur demande de débat d’urgence en argumentant qu’une bonne partie de leurs affirmations avaient déjà été débattues et rejetées majoritairement au dernier congrès (voir ICI), et d’autre part, qu’un débat général avait été décidées au dernier congrès faisant pour faire le point sur l’application de l’ensemble des mises en œuvre (bilan de l’activité politique et des décisions de structuration et de fonctionnement) allait se tenir et que enfin, le fonctionnement normal de l’organisation permettait d’aborder et de défendre les points de vue qu’ils expriment dans leur texte. En effet, nous reconnaissons dans nos statuts et dans notre plateforme politique les droits de la minorité ainsi que la nécessité de « l’expression large et permanente des idées et des critiques ». Il leur a été proposé demandé de faire leur autocritique sur ce fonctionnement scissionniste comme préalable pour poursuivre les débats de fond posés par leur texte. Ces militants ont refusé en bloc et ont poursuivi une activité de plus en plus fractionniste et hostile. Devant le refus de ces camarades d’accepter le centralisme démocratique tel que l’organisation le défend et le pratique, le dernier Comité Central a décidé unanimement de leur exclusion. Nous disons dans notre plateforme : « Des positions différentes doivent pouvoir se manifester, et être défendues. Et pour cela, elles doivent avoir la possibilité de s’organiser lors des débats importants, par exemple avant un congrès. Ne pas reconnaître cette possibilité, c’est donner un poids écrasant, décisif, aux instances en places, tout en poussant à la pratique de fractions. Une fois le débat clos, s’il y a une minorité, elle doit accepter et appliquer la position majoritaire. » Les questions politiques soulevées par ces militants, nous y avons déjà répondu avec la publication des dernières résolutions de Congrès de notre organisation, ainsi que dans l’introduction de ces textes.

 

Nous regrettons d’en arriver là avec ces militants, dont certains ont été membres de l’OCML VP pendant plus de 30 ans. Néanmoins, leur glissement progressif depuis des années vers une ligne de plus en plus révisionniste couplée avec une activité fractionniste et hostile nous ont poussés à cette prise de décision.

 

OCML Voie Prolétarienne, le 10 juillet 2016

 

Source: http://www.vp-partisan.org/article1653.html

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Nous partageons ici la critique des Matérialistes.com afin de mettre en perspective les enjeux du débat soulevé par l’OCML VP. Nous osons ajouter que si le principe du centralisme démocratique reconnaît aux militantEs de la base le droit au « débat de ligne » à l’intérieure d’une organisation révolutionnaire, le parti doit permettre au débat de se dérouler en conformité au principe du centralisme démocratique que nous soutenons. Or, c’est précisément cette praxis révolutionnaire que l’OCML VP met de l’avant dans la résolution de ce conflit interne. Nous ne voyons donc pas au moment où nous nous parlons comment nous pourrions soutenir les prétentions des matérialistes.com à l’effet que l’organisation révolutionnaire OCML VP serait victime d’une dérive trotskyste et révisionniste.

L’OCML-Voie Prolétarienne ou l’incompréhension du centralisme démocratique

Les mots ont un sens, car l’histoire a un sens et seule une classe décadente comme la bourgeoisie peut s’imaginer se libérer de cela comme elle l’entend.

La nature bourgeoise du mode d’organisation de l’OCML-Voie Prolétarienne saute ainsi aux yeux à la lumière de son dernier communiqué.

On sait comment l’OCML-Voie Prolétarienne se revendique du maoïsme, tout en rejetant la quasi totalité des principes du maoïsme, rejetant même Staline alors qu’on sait que sa défense a été au cœur de l’affrontement entre révisionnisme et maoïsme, ce qui a été appelé par les historiens bourgeois le conflit sino-soviétique.

Cependant, cette fois, les choses sont dites tellement franchement et avec un tel aplomb, que cela en est surprenant.

Le communiqué de l’OCML-Voie Prolétarienne parle, en effet, de l’exclusion de ses militants, ce qui ne nous regarde pas, ni même personne d’ailleurs, cela relevant de la vie interne de l’organisation. Il est étrange de rendre public une telle chose.

Mais le communiqué de l’OCML-Voie Prolétarienne justifie également un mode d’organisation qui, comme on peut le voir, relève du trotskysme.

La distinction entre communistes et trotskystes est en effet très simple, en ce qui concerne l’organisation.

Pour les communistes, le Parti est une organisation de combat et ses structures sont strictement compartimentées, afin d’éviter toute infiltration. A chaque congrès, une ligne est définie, une direction élue, représentant la ligne rouge ; ceux qui ont proposé des choses erronées forment une ligne noire qui doit s’autocritiquer ou bien être exclue, le Parti fonctionnant sur le principe du centralisme démocratique, le Parti se présentant de manière monolithique.

Pour les trotskystes, il y a par contre une unité d’organisation avec un congrès décidant ce qui doit être fait, mais la minorité peut subsister et s’organiser de manière relativement indépendante. Selon les variantes, il s’agit alors d’une tendance, ou bien d’une fraction, avec plus ou moins de droits.

Or, l’OCML-Voie Prolétarienne suit ce modèle, reconnaissant en pratique le droit de tendance au sein de l’organisation, en contradiction historique avec ce qu’ont toujours fait les organisations communistes.

On lit dans son communiqué :

« nous reconnaissons dans nos statuts et dans notre plateforme politique les droits de la minorité »

La plateforme politique est mentionnée et on y lit justement :

« Toute idée nouvelle n’est pas forcément juste, mais il faut qu’elle puisse circuler, être débattue et qu’une position soit prise. C’est un processus qui exige l’ouverture au débat, et l’organisation collective de celui-ci : bulletins internes, prises de positions des diverses structures, etc.

Un tel fonctionnement, s’appuyant sur un débat sérieux, loin d’affaiblir et de diviser l’organisation, est le meilleur moyen de renforcer son unité et de traiter le plus tôt, et dans les meilleures conditions possibles, les éventuels désaccords. Cela permet d’éviter que ceux-ci ne s’aggravent et deviennent des oppositions plus profondes et systématiques.

Lorsqu’une position a été arrêtée, un point de vue juste peut être minoritaire. Autrement dit, la majorité peut se tromper. Aussi rejetons-nous le monolithisme, politique qui n’admet qu’une position dans une organisation communiste… et défendons-nous les droits de la minorité (…).

Des positions différentes doivent donc pouvoir se manifester, et être défendues. Et pour cela, elles doivent avoir la possibilité de s’organiser lors des débats importants, par exemple avant un congrès.

Ne pas reconnaître cette possibilité, c’est donner un poids écrasant, décisif, aux instances en places, tout en poussant à la pratique de fractions. Une fois le débat clos, s’il y a une minorité, elle doit accepter et appliquer la position majoritaire.

Par contre, on ne peut admettre l’organisation permanente de courants en tendances. »

La dernière phrase révèle le caractère fondamentalement erroné de l’approche de l’OCML-Voie Prolétarienne, qui n’a pas compris le matérialisme dialectique, n’en parlant d’ailleurs absolument jamais, et qui par conséquent n’a pas saisi ce qu’est une tendance, ce qui l’amène à la reconnaître dans les faits, tout en prétendant la dénoncer.

Le principe du Parti élaboré par Lénine et Staline accorde justement, à l’inverse de l’OCML-Voie Prolétarienne, « un poids écrasant, décisif, aux instances en places ». Est-ce bien ? Oui, car la direction représente la synthèse de la position des membres du Parti, l’appliquant selon les mesures prises au congrès.

Le congrès du Parti peut-il se tromper ? Non, il ne peut pas se tromper, car le Parti représente l’avant-garde. Il peut y avoir une rectification, mais le Parti a toujours raison : c’est la base du léninisme.

S’il s’est trompé et qu’il le comprend, alors c’est qu’il n’a pas été Parti et il doit se reconstituer au moyen de l’autocritique. Il n’y a, au sens strict, qu’une seule tentative de la pensée-guide dirigeant l’organisation.

C’est pour cela que ceux qui ont essayé de régénérer la Gauche Prolétarienne, au milieu des années 1970, ont échoué : si la base dynamique du Parti est erronée, alors il faut reconstituer, pas simplement « refonder ».

Dans le léninisme, la majorité a toujours raison dans le Parti, car elle représente le nouveau contre l’ancien. Si c’est l’ancien qui triomphe, comme en URSS après Staline ou en Chine populaire après Mao Zedong, le Parti n’est plus le Parti, il s’est transformé en son contraire.

Telle est la loi de la dialectique.

Lorsque l’OCML-Voie Prolétarienne affirme rejeter « le monolithisme, politique qui n’admet qu’une position dans une organisation communiste », c’est en réalité le principe matérialiste dialectique du Parti qui est rejeté.

Est-il d’ailleurs vrai, comme le fait l’OCML-Voie Prolétarienne, de dire que le monolithisme pousserait « à la pratique de fractions » ?

Absolument pas. C’est faux, car la dialectique dit qu’un divise se deux, pas en trois, quatre, cinq, etc. Le monolithisme du Parti pousse à la formation de deux blocs, la ligne rouge et la ligne noire, comme lutte entre deux lignes dans le Parti.

La ligne noire est rejetée, ses partisans doivent s’autocritiquer ou être exclus. La cause est entendue, il n’y a plus de débat possible à ce sujet, la question est close.

C’est la raison pour laquelle Lénine, au début de Que faire ?, place cette citation en exergue :

« …La lutte intérieure donne au parti la force et la vitalité : la preuve la plus grande de la faiblesse du parti, c’est son amorphisme et l’absence de frontières nettement délimitées; le parti se renforce en s’épurant… »
(Extrait d’une lettre de Lassalle à Marx, 24 juin 1852.)

L’OCML-Voie Prolétarienne n’a donc rien à voir avec le léninisme, raisonnant en termes abstraits de démocratie, une approche critiquée de manière virulente par Lénine dans le fameux ouvrage intitulé Le gauchisme, maladie infantile du communisme.

Pourtant, elle prétend ne pas reconnaître non seulement les fractions, mais également les tendances, qu’en est-il alors ?

C’est que, dans l’esprit de la bourgeoisie décadente, les mots n’ont plus de sens pour elle. Elle dit de manière explicite qu’une minorité peut s’organiser avant un congrès, afin d’exprimer son point de vue dans l’organisation.

L’OCML-Voie Prolétarienne parle des « droits de la minorité » et mentionne également « la possibilité de s’organiser lors des débats importants ». Qu’est-ce donc alors si ce n’est, justement, le droit de tendance, voire même le droit de fraction ?

Prenons un exemple avec les statuts de 2003 de la Ligue Communiste Révolutionnaire, l’organisation trotskyste bien connue :

« 4.9. La LCR reconnaît à ses membres le droit de se regrouper, de se constituer en tendance ou en fraction sur la base d’une plate-forme écrite, y compris en dehors des périodes de préparation de congrès. »

N’est-ce pas la même chose que ce que dit l’OCML-Voie Prolétarienne ? Modifier les variantes des droits de tendance et de fraction ne change rien au problème.

D’ailleurs, auparavant, la Ligue Communiste Révolutionnaire n’autorisait le droit de tendance qu’au moment des congrès.

Mais pour qu’une minorité puisse s’organiser, ses membres doivent se connaître : c’est donc bien qu’elle existait au préalable comme courant d’idées, voire comme tendance organisée, voire comme fraction désireuse de prendre la direction ou de quitter l’organisation sinon…

Ce qui est précisément du trotskysme et le contraire du centralisme démocratique.

Source: http://lesmaterialistes.com/ocml-voie-proletarienne-ou-incomprehension-centralisme-democratique

 

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Lénine

Xe CONGRÈS DU P.C. (b)R.

(8-16 MARS 1921)

CONCLUSION DU RAPPORT SUR L’UNITÉ DU PARTI ET LA DÉVIATION ANARCHO-SYNDICALISTE
LE 16 MARS

Camarades, nous avons entendu ici des expressions d’une violence inouïe dont la plus violente a été, semble-t-il, de traiter notre résolution de calomnieuse. Mais il y a de ces écarts de langage qui se trahissent eux-mêmes. Vous avez la résolution. Vous savez que nous avons admis au Comité central deux représentants de l’«opposition ouvrière», que nous nous sommes servis du terme de «déviation». J’en souligne le sens. Ni Chliapnikov ni Medvédev n’en avaient proposé d’autre. Nous avons critiqué ici les thèses qui avaient été critiquées aussi par les représentants de toutes nuances. Comment peut-on ensuite parler de calomnie? Si nous avions attribué à certains des propos qui auraient été démentis par les faits, ce terme violent aurait eu un sens. Il n’est à présent que l’expression d’une certaine irritation. Ce n’est pas une objection sérieuse !

J’aborderai maintenant les questions qui ont été soulevées ici. On a dit que le groupe du «centralisme démocratique» avait été victime d’une injustice. Vous avez suivi l’évolution de l’accord entre les groupes et l’échange d’opinions pour les élections au Comité central, évoqué ici par les représentants du «centralisme démocratique [1]». Vous savez que depuis la conférence privée où le groupe de l’«opposition ouvrière» assistait au grand complet avec plusieurs camarades de premier plan, représentant toutes les nuances, je suis moi-même, par exemple, intervenu en disant que les membres de l’«opposition ouvrière» et du «centralisme démocratique » étaient désirables au Comité central. Nul ne l’a nié à la conférence où étaient présents tous les camarades de l’«opposition ouvrière» et les représentants de toutes nuances. Il est donc tout à fait évident que si, finalement, le groupe du «centralisme démocratique» nous a donné un suppléant au Comité central au lieu d’un membre, cela a été le résultat d’un long échange d’opinions, de l’accord des groupes entre eux. Voir là de la méfiance ou une injustice à l’égard du «centralisme démocratique », c’est tout simplement nous chercher noise. Nous avons fait au Comité central tout notre possible pour souligner notre désir de justice. C’est là un fait qu’on ne saurait effacer. Et conclure à l’injustice, c’est nous chercher noise! Ou bien, par exemple, un camarade du «centralisme démocratique» prétendait que le § 7 de la résolution était inutile : le C.C. en aurait le droit sans cela. Nous proposons de ne pas publier le § 7 car nous espérons ne pas en avoir besoin: c’est une mesure extrême. Mais lorsque le camarade du «centralisme démocratique» dit : «Les statuts vous en confèrent le droit », il ignore les statuts, il ignore les principes du centralisme démocratique, il ignore les principes du centralisme tout court. Que le C.C., élu au congrès, ait le droit de prononcer une exclusion du C.C., aucune démocratie, aucun centralisme ne l’admettra jamais. (Une voix: « Par l’intermédiaire du parti.») Surtout par l’intermédiaire du parti. Le C.C. est élu par le congrès qui lui exprime ainsi sa plus haute confiance, lui confie la direction. Et que le C.C. ait un tel droit vis-à-vis d’un de ses membres, jamais et nulle part notre parti n’a rien toléré de pareil. C’est une mesure extrême qui est adoptée exceptionnellement quand on a conscience d’une situation dangereuse. On réunit une assemblée exceptionnelle du C.C. avec les suppléants et la Commission de contrôle, avec un droit de vote égal. Jamais n’ont figuré dans nos statuts une telle institution, une telle assemblée plénière de 47 membres, jamais nous n’y avons eu recours. C’est pourquoi je répète que les camarades du «centralisme démocratique» ne connaissent ni les statuts, ni les principes du centralisme démocratique, ni le centralisme tout court. C’est une mesure extrême. J’espère que nous ne l’appliquerons pas. Elle montre seulement que le parti a recours à ce dont vous avez entendu parler en cas de divergences susceptibles, par un de leurs aspects, de provoquer la scission. Nous ne sommes pas des enfants, nous avons connu des temps difficiles, nous avons connu et subi des scissions, nous savons combien elles sont dures et nous ne craignons pas d’appeler le danger par son nom.

Y a-t-il eu aux congrès passés, même au plus fort des divergences, des situations proches par un de leurs aspects de la scission ? Non. Y en a-t-il à présent ? Oui. Tout cela a été maintes fois indiqué. Ce sont ces divergences, je pense, que l’on peut combattre.

Ensuite, on dit qu’on n’obtient pas l’unité au moyen de résolutions de ce genre, que, conformément à la résolution, la critique devrait obligatoirement se faire par l’intermédiaire des Comités de province du parti, qu’une certaine suspicion frapperait les camarades de l’«opposition ouvrière», ce qui rendrait difficile leur présence au Comité central. Tout cela est absolument faux ! Dès le début, j’ai indiqué pourquoi le terme de «déviation» avait été choisi. Si ce terme ne vous plaît pas, retournez cette résolution, après l’avoir adoptée comme base, au présidium où elle sera éventuellement atténuée. Si nous trouvons un mot moins fort, je proposerais de le mettre à la place de «déviation» et d’atténuer certains autres passages. Nous n’aurons rien à objecter. Certes, ce n’est pas le moment ici de s’absorber dans ces détails. Retournez la résolution au présidium pour qu’il la remanie, l’atténue. Il n’est pas question de l’accentuer, je n’objecterai rien sur ce point. Mais dire que cette résolution dresse une fraction du parti contre l’autre est encore un coup inexact. Je ne connais pas les camarades de l’«opposition ouvrière» de Samara, je n’y ai pas été, mais je suis sûr que si un membre du Comité central, quelle que soit sa nuance, ou un membre du congrès, de n’importe quelle tendance, excepté l’«opposition ouvrière», entreprenait de démontrer à la réunion de l’organisation de Samara que la résolution n’incite pas à la discorde, mais invite à s’unir et gagner à ses côtés la majorité de l’«opposition ouvrière», il saurait y parvenir. Ceux qui emploient une expression comme «inciter à la discorde» oublient le point n°5 de la résolution sur l’unité qui reconnaît les mérites de l’«opposition ouvrière». N’est-ce pas côte à côte? D’une part, «présentent une déviation», et d’autre part, lisez le paragraphe 5: «Le congrès déclare en même temps que sur les points qui ont particulièrement retenu l’attention, par exemple du groupe dit de l’«opposition ouvrière», l’épuration du parti des éléments non prolétariens et peu sûrs, la lutte contre la bureaucratie, le progrès de la démocratie et de l’initiative ouvrière, etc… toutes les propositions constructives, quelles qu’elles soient, doivent être examinées avec le plus grand soin [2]», etc. Est-ce là inciter à la discorde? C’est reconnaître des mérites. Nous disons : d’une part, vous avez révélé, au cours de la discussion, une déviation qui présente un danger politique ; même la résolution du camarade Medvédev [3] le reconnaît en d’autres termes ; ensuite, on dit : quant à la lutte contre la bureaucratie, nous sommes d’accord, nous ne faisons pas encore tout ce qui est possible. C’est là reconnaître les mérites et nullement inciter à la discorde !

Lorsque le Comité central admet un camarade de l’«opposition ouvrière», il lui marque sa confiance fraternelle. Après cela, lorsqu’un militant se rendra à une réunion, non attisée par la lutte fractionnelle, l’assemblée déclarera qu’on n’incite pas à la discorde, mais que c’est une marque de confiance fraternelle. Quant à la mesure extrême, elle ne concerne que l’avenir, nous ne l’appliquons pas pour le moment, nous faisons preuve d’une confiance fraternelle. Si vous trouvez que nous avons tort du point de vue théorique, il est possible de publier des dizaines de recueils, et s’il y a des jeunes camarades, par exemple de l’organisation de Samara, qui ont à dire quelque chose de nouveau à ce sujet, parlez, je vous en prie, camarades de Samara. Nous publierons plusieurs de vos articles. Il n’est pas un seul être qui ne saisisse la différence entre ce qui se dit à un congrès, et ce qui se lance au dehors. En examinant le texte authentique de la résolution, vous vous rendrez compte qu’elle contient une indication théorique de principe, qu’elle n’a rien d’offensant, qu’en plus elle reconnaît les mérites dans la lutte contre la bureaucratie, exprime le désir d’être secondé. En outre, des représentants de ce groupe sont admis au Comité central, ce qui constitue une marque d’insigne confiance, la plus grande que le parti puisse témoigner. Aussi, camarades, je vous propose d’adopter les deux résolutions, de les adopter par un vote nominal, de les retourner ensuite au présidium qui les mettra au point et atténuera la formulation, et puisque le camarade Chliapnikov est au présidium, il trouvera peut-être une expression plus appropriée que le mot de «déviation».

Quant à la demande de démission, je propose d’adopter la résolution suivante : «Le congrès engage tous les membres du groupe dissous de l’«opposition ouvrière» à se soumettre à la discipline du parti, à rester aux postes qui leur sont confiés ; il n’accepte pas la démission du camarade Chliapnikov ni aucune autre démission.» (Applaudissements.)

 

Source:  https://www.marxists.org/francais/lenin/works/1921/03/d10c/vil19210300-09c10.htm

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