Le socialisme soviétique: socialisme scientifique ou capitalisme d’État

À la veille du 99e Anniversaire de la Grande Révolution Bolchevique d’Octobre 1917, nous publions une partie des travaux du camarade Luniterre qui peuvent susciter, nous le souhaitons, un débat constructif pour le mouvement communiste international

Vers la fondation d'un nouveau PC de type bolchevique

 

Pour en revenir aux difficultés que nous avons à parler le même langage supposé marxiste, sans guillemets, et donc sans préjuger de la bonne ou mauvaise fois des uns et des autres, voici une petite réflexion que m’inspire une relecture de Lénine:

https://www.marxists.org/francais/lenin/works/1922/04/d11c/vil19220400-03c11.htm

Il s’agit du passage sur le concept de capitalisme d’état.

Tel que dans la NEP, il me semblait avoir compris qu’il s’agissait des différentes formes de capitalisme légalement tolérées, et même encouragées jusqu’ à un certain point, dans le cas des sociétés mixtes, par l’état prolétarien. La relecture de ce texte ne me semble pas dire autre chose.

Néanmoins une précision utile, citée ci-dessous, à attiré particulièrement mon attention, et suscite ma réflexion. Le mieux est de tout relire, et sinon, au moins l’extrait en PJ, mais la phrase autour de laquelle mon raisonnement s’articule est la suivante: Le capitalisme d’État, dans toute la littérature économique, c’est celui qui existe en régime capitaliste, quand le pouvoir d’État se soumet directement telles ou telles entreprises capitalistes. Ce qui me parait signifier assez clairement que ce « capitalisme d’état » est un aspect du capitalisme par lequel l’état devient directement patron d’entreprise, dans un système capitaliste déjà existant, et fonctionnant selon un modèle plus classique. C’est donc un aspect possible du capitalisme, une forme que prend le capitalisme parmi d’autres coexistantes, mais ce n’est pas en soi, un système capitaliste en tant qu’étape du développement capitaliste.

Il se trouve en outre que c’est une forme qui peut également provisoirement exister, selon Lénine, sous la domination d’un état prolétarien, ce que la suite du texte confirme amplement.

Tandis que le capitalisme monopoliste, lui, suppose l’existence du capitalisme financier.

Et le capitalisme monopoliste d’état, lui, suppose non seulement l’existence du capitalisme financier, mais la domination des monopoles capitalistes sur l’état, et donc éventuellement sur le secteur « capitalisme d’état », s’il existe, mais les deux notions sont donc bien distinctes, et n’ont pas, ni à priori, ni nécessairement, de rapport entre elles.

Capitalisme d’état suppose un mode de fonctionnement capitaliste, non seulement avec extraction de plus-value, mais aussi avec élargissement et accumulation de capital, au profit d’un bénéficiaire qui ne saurait être le prolétariat ou le peuple, sous aucune forme réellement signifiante, sauf à revenir à la notion d’économie mixte, sinon de socialisme, fut-il rudimentaire.

On voit bien des traces d’un tel capitalisme, en URSS, sous la NEP, évidemment attestées par Lénine lui-même, on en voit bien, sous d’autres formes, mais en cherchant à peine, à la suite des « réformes » khrouchtchéviennes, et on sait l’importance qu’elles ont prises par la suite, mais de trace de capitalisme financier, de capitalisme monopoliste, point! Et à fortiori, de capitalisme monopoliste d’état!

Il faut donc éviter ce genre d’abus de langage puéril, même s’il a eu cours dans le passé, à l’échelle internationale, pour tenter de justifier tels ou tels règlements de comptes, qui étaient plutôt des questions nationales, en réalité.

Il en va de même pour le qualificatif d' »impérialiste », ou de « social-impérialiste », qui, en langage léniniste n’ont pas de distinction de nature. Ils ont en commun de reposer sur le capitalisme monopoliste d’état en tant que domination du capital financier sur le productif.

Le problème de la bureaucratie est encore autre. Il y a incontestablement des formes de capitalisme bureaucratique qui ont survécu, à des degrés divers, à toutes les époques, et si on peut parler de formes de capitalisme bureaucratique d’état, il s’agit essentiellement de formes parasitaires, sauf  évidemment dans le secteur « capitaliste d’état », où elle est presque à sa place légitime, en quelque sorte. Ailleurs, elle ne saurait pas davantage constituer, par elle même, un système économique, une étape du développement capitaliste.

En URSS, du reste, elle a trouvé davantage son expansion dans le capitalisme maffieux, le marché noir et l’économie parallèle, que dans son parasitage de l’état, resté modeste, en comparaison de ce qui se pratiquait en Occident…

Mais là encore, pas de capitalisme monopoliste d’état, sauf à jouer sur les mots, à la manière des intellos bourgeois !

Concernant la mutation de la bureaucratie en capitalisme d’état, le texte de Vincent Gouysse me parait essentiellement correct, comme je l’ai déjà mentionné, sauf, toujours à mon sens, pour sa chute « sociale-impérialiste »!

En tous cas, bon à relire pour nourrir intelligemment notre débat.

http://www.communisme-bolchevisme.net/introduction_au_marxisme.htm#partie_4

Luniterre

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