Karl Marx au banc d’essai de l’Histoire – De l’économie politique du Socialisme: Contre la «wertkritik» (3 articles)

 

Karl Marx

au banc d’essai de l’Histoire

Contre la « wertkritik » 3 articles parus au sujet

«De l’économie politique» du Socialisme

par le camarade Luniterre

SOMMAIRE

  1. Contre la schizophrénie néo-gauchiste de la wertkritik»
  2. Contre la maladie néo-gauchiste de la «wertkritik»
  3. Chine-URSS (1949-1960)  – Karl Marx au banc d’essai de l’Histoire: Contre la wertkritik

contre-la-wertkritik

I. Contre la schizophrénie néo-gauchiste de la « wertkritik » Lénine,  Marx et ça repart !!

 

1…, 2…, 3 Marx !? A chacun son Marx ?

A peine jeté aux oubliettes de la prétendue « fin de l’histoire » de 1989-90, voilà qu’il en ressort comme un diable de sa boite, avec la crise financière des années 2007-2008… ! Tant, il est vrai, la science économique semble ne pas pouvoir se passer, pour analyser ses propres « ratés », de l' »outil » théorique forgé par Marx …

En réalité, la plupart des économistes avisés ne l’avaient guère lâché, en sous-main, pour tenter d’y voir plus clair dans leurs propres affaires, et, sans l’avouer publiquement, espéraient ainsi pouvoir conjurer cette fatalité de la crise systémique rampante, déjà enracinée depuis longtemps.

« Marx contre Marx », déjà, en quelque sorte… !

Mais à ces économistes « marxiens », et non « marxistes », évidemment, selon leur propre terminologie, est venu s’ajouter tout un ensemble de courants « critiques » du capitalisme se déclarant également « marxiens », pour être sûr de ne pas être confondus avec les héritiers, même lointains par l’esprit, de l’URSS et des « marxistes » qui gravitaient autour …pourtant à une distance « respectable », et que le temps n’avait fait que rendre de plus en plus « élastique » à tous égards…

Il y eut bien, un temps, la thèse du « jeune Marx », contre le « vieux Marx », oubliant simplement que la théorie marxiste n’avait pu jaillir d’un trait de la cervelle du penseur, mais avait assez naturellement nécessité l’évolution de toute une vie, dans tous les domaines, philosophiques, politiques, économiques, etc…

Le côté « insécable » de cette pensée, pourtant foisonnante, c’est bien ce qui l’empêche de passer à la trappe de l’histoire. Encombrante, elle doit donc, pour les défenseurs du capitalisme, être détournée de son but, qui est la transformation concrète de la société…

En faire un dogme, c’était le plus sûr moyen d’en écarter les foules prolétariennes… Avec l’effondrement de l’URSS et l’aide bien involontaire de quelques intellectuels psycho-rigides qui tentaient encore de s’accrocher aux chimères de leur jeunesse, ce n’était pas bien difficile… Le travail semblait en bonne voie d’achèvement…

Mais la crise a fini par remettre en mouvement ces foules bousculées par la mondialisation, et en voie de précarisation et de paupérisation galopantes…

Ce n’était plus dans la perspective d’un hypothétique et lointain « lendemain qui chante » qu’il fallait désormais répondre à leur questionnement, mais à leur souci de survie immédiate, remise en cause par cette crise, pour une part croissante des couches populaires.

Tout de suite… ? Chut, allons, n’allez pas surtout pas déterrer ce vieux démon de la révolution qui gronde encore sous les ruines de la Russie à peine relevées…

« Jeune Marx », « Vieux Marx » ? Non, en fait il y avait un « Marx bas de gamme », fabriqué pour le commun des mortels, peu fiable et peu solide, avec obsolescence programmée, et qui est parti en fumée avec le mur de Berlin… N’en parlons plus… C’était un « Marx exotérique », qu’on vous dit… Non, pas un « Marx exotique », le pauvre vieux n’ a même pas eu de retraite aux iles… !

Mais, si vous tenez absolument à contester le système, on a maintenant en magasin un produit « haut de gamme », un truc récent et encore peu connu du grand public jusqu’ici, réservé aux clients d’exception, qui, comme vous, sont capables de rester la « nuit debout », simplement dans l’espoir d’un lendemain, qui déchante un peu moins…

Celui-là, c’est un « Marx ésotérique », qu’on vous dit… Oui, contre ce vieux « Marx exotérique » pas encore tout à fait mort sous les décombres de l’URSS, voici ce qu’il vous faut :

Un Marx ésotérique… !

Esotérique ?

Larousse…

« Esotérisme : Partie de certaines philosophies dont la pratique devait rester inconnue des profanes. (L’ésotérisme est surtout la caractéristique des philosophies pythagoricienne, kabbaliste et, de façon générale, des doctrines qui visent à créer une initiation et une hiérarchie sociale.) » http://www.larousse.fr/dictionnaires/francais/%C3%A9sot %C3%A9risme/31012

Une hiérarchie sociale… ? Ah, bon ?

Encore un de ces « marxisme » pour l’élite « intellectuelle », après tout ? Mais peut-être n’a-t-on pas bien compris…

« Lexique marxien progressif : »

« Marx exotérique/ Marx ésotérique : Par ces deux appellations, on entend distinguer deux interprétations différentes de l’œuvre du vieux barbu, l’une étant celle traditionnellement admise (exotérique), reposant principalement sur un point de vue qui se fait à partir du travail et dont l’objet d’étude est surtout la lutte des classes. Cette interprétation traditionnelle se focalise sur le mode de distribution. L’autre, et c’est celle qui nous intéresse ici, est bien moins connue (ésotérique). Elle se fait non plus cette fois du point de vue du travail mais plutôt de la possibilité de son abolition. Le Marx ésotérique est celui qui critique aussi bien le mode de distribution que le mode de production capitaliste en partant de l’analyse des catégories historiquement déterminées que sont la valeur, la marchandise, l’argent, le travail, le capital. »

http://www.palim-psao.fr/lexique-wertkritik-progressif.html

Tiens… Abolition du travail ? Encore une de ces utopies fumeuses pour élucubration de science-fiction… Rien d’original, donc, finalement. Et pour ce qui concerne les problèmes d’aujourd’hui, se demandent le chômeur, le précaire sur la sellette ?

« Au lieu du travail précaire, l’abolition du travail »…

Ah bon ? C’est donc pas une blague ?

« Le contraire des conditions de travail précaires et dérégulées, ce n’est pas des conditions de travail régulées, mais pas de travail du tout. » http://www.palim-psao.fr/article-au-lieu-du-travail-precaire-l-abolitiondu-travail-par-karl-heinz-lewed-103237679.html

« Le travail ne sert pas à produire ou à accomplir des choses utiles aux humains ni à satisfaire leurs besoins. C’est l’activité spécifique qui dans le capitalisme sert à créer de la valeur, cette abstraction sociale ne connaissant rien d’autre que le mouvement perpétuel de l’accumulation du capital. » http://www.palim-psao.fr/2016/06/pour-l-abolition-du-travail-causerie-amanosque-24-juin.html

Et donc il suffirait d’abolir le capitalisme pour abolir le travail… Et réciproquement… !

Finalement, le chômage de masse ne serait-il pas une bénédiction ? Quasiment l’antichambre de la Terre Promise… ?

L’idée que le travail puisse créer des valeurs socialement utiles, et non pas des valeurs capitalistes, voilà la grande idée que ces gens-là combattent, en réalité !

… Et au nom de Marx… Un Marx effectivement très « ésotérique », par conséquent… !

La subtilité « ésotérique » de cette prétendue « relecture » de Marx est donc d’associer la création de la « valeur » uniquement au système capitaliste, et non d’abord au travail lui-même.

Voyons comment s’opère ce tour de passe-passe « théorique » :

« C’est le double caractère du travail et non le marché, non le rapport social de domination d’une classe sur une autre et la propriété privée des moyens de production, qui constitue le noyau du capitalisme. Dans la société capitaliste seulement, le travail abstrait se représente dans la valeur, la valeur est l’objectivation d’un lien social aliéné, elle est donc historiquement spécifique qu’à la seule formation sociale capitaliste. » Qu’est-ce que la wertkritik (Critique de la valeur) ?

http://serpent-libertaire.over-blog.com/2014/12/qu-est-ce-que-lawertkritik-critique-de-la-valeur.html

Et voilà « nommé » ce courant « marxien » : « critique de la valeur », d’après son nom germanique « wertkritik »… Plus commode, en effet, que « critique du travail », et fleurant, par contre, un vague parfum d’anticapitalisme « radical »… !

Et de par le fait, ce courant, à travers ses multiples ramifications et dérivations groupusculaires « gauchistes », est en train d’envahir le champ de la sémantique « anticapitaliste », au point de s’y substituer, dans bien des cas…

Un « anticapitalisme radical », en apparence, mais surtout sans danger pour le système, car délibérément sans lendemain concret :

« Un mouvement d’émancipation du fétichisme de la valeur, ne peut plus critiquer ce monde à partir du point de vue du travail. Il ne s’agit donc plus de libérer le travail du capital, mais de se libérer du travail en tant que tel, non pas en faisant travailler les machines à la place car le mode industriel de production est intrinsèquement capitaliste (la technologie n’est pas neutre), mais en abolissant une activité posée au centre de la vie comme socialement médiatisante. Cependant la critique n’a pas à fournir en pièce jointe, un mode d’emploi pour une organisation alternative de l’emploi de la vie. » http://politproductions.com/sites/default/files/artle_travail_est_il_ou_n_est_il_pas_la_cle_du_capitalismequ_est_ce_que_la_vertkritik.doc

Marx n’avait-il pas, malgré tout, ébauché les linéaments d’une alternative ?

Ce serait donc à n’y rien comprendre ? Et nos « nouveaux théoriciens » de se répandre à longueurs de pages en d’interminables paraphrase du « Maître » désormais « désacralisé », en quelque sorte, mais en le citant rarement in-extenso, et pour cause…

« …il nous faut reconnaître le caractère contradictoire d’une théorie marxienne qu’on a toujours tenue à tort pour une unité close. Il y a pour ainsi dire un « double Marx » : deux théoriciens sous le même crâne, qui suivent des voies d’argumentation complètement différentes. Le Marx n° 1, c’est le Marx « exotérique » et positif bien connu du public, …et mentor du mouvement ouvrier,… (…)Cela dit, il y a en même temps un tout autre Marx. Ce Marx n° 2, c’est le Marx « ésotérique » et négatif qui reste aujourd’hui encore obscur et méconnu… » http://www.palim-psao.fr/article-le-double-marx-par-robert-kurz120538666.html

Nous voilà donc avec un Marx schizophrène, désormais…

Pourtant, jusqu’à notre rencontre avec la « wertkritik », la lecture des textes de Marx sur la loi de la valeur nous avait toujours parue simple et évidente…

L’essentiel nous aurait-il donc échappé ?

Peut-être avait-il donc échappé également à Lénine, désormais considéré comme adepte d’un « Marx N°1 », vulgairement « exotérique », donc… ?

Voici un bref résumé, rédigé par lui pour les besoins d’un article encyclopédique :

(Il vaut d’être cité intégralement, pour deux raisons :

_1_Il résume au mieux la notion de valeur telle qu’élaborée par Marx…

_2_Il se termine par une citation de Marx, soulignée en gras par nous, et qui mérite particulièrement notre attention…)


« LENINE

La Doctrine Economique de Marx

Le but final de cet ouvrage, dit Marx dans sa préface au Capital, est de dévoiler la loi économique du mouvement de la société moderne », c’est-àdire de la société capitaliste, de la société bourgeoise.

L’étude des rapports de production d’une société donnée, historiquement déterminée dans leur naissance, leur développement et leur déclin, tel est le contenu de la doctrine économique de Marx. Ce qui domine dans la société capitaliste, c’est la production des marchandises ; aussi l’analyse de Marx commence-t-elle par l’analyse de la marchandise.

LA VALEUR

La marchandise est, en premier lieu, une chose qui satisfait un besoin quelconque de l’homme ; en second lieu, c’est une chose que l’on échange contre une autre. L’utilité d’une chose en fait une valeur d’usage.

La valeur d’échange (ou valeur tout court) est, tout d’abord, le rapport, la proportion, dans l’échange d’un certain nombre de valeurs d’usage d’une espèce contre un certain nombre de valeurs d’usage d’une autre espèce.

L’expérience quotidienne nous montre que des millions et des milliards de tels échanges établissent sans cesse des rapports d’équivalence entre les valeurs d’usage les plus diverses et les plus dissemblables. Qu’y a-t-il donc de commun entre ces choses différentes, continuellement ramenées les unes aux autres dans un système déterminé de rapports sociaux ?

Ce qu’elles ont de commun, c’est d’être des produits du travail. En échangeant des produits, les hommes établissent des rapports d’équivalence entre les genres de travail les plus différents.

La production des marchandises est un système de rapports sociaux dans lequel les divers producteurs créent des produits variés (division sociale du travail) et les rendent équivalents au moment de l’échange.

Par conséquent, ce qui est commun à toutes les marchandises, ce n’est pas le travail concret d’une branche de production déterminée, ce n’est pas un travail d’un genre particulier, mais le travail humain abstrait, le travail humain en général.

Dans la société étudiée, toute la force de travail représentée par la somme des valeurs de toutes les marchandises est une seule et même force de travail humain : des milliards d’échanges le démontrent. Chaque marchandise prise à part n’est donc représentée que par une certaine portion de temps de travail socialement nécessaire.

La grandeur de la valeur est déterminée par la quantité de travail socialement nécessaire ou par le temps de travail socialement nécessaire à la production d’une marchandise donnée, d’une valeur d’usage donnée.

« … en réputant égaux dans l’échange leurs produits différents, ils [les producteurs] établissent par le fait que leurs différents travaux sont égaux.

Ils le font sans le savoir. »

La valeur est un rapport entre deux personnes, a dit un vieil économiste ; il aurait dû simplement ajouter : un rapport caché sous l’enveloppe des choses. C’est seulement en considérant le système des rapports sociaux de production d’une formation historique déterminée de la société, rapports apparaissant dans le phénomène de masse de l’échange répété des milliards de fois, que l’on peut comprendre ce qu’est la valeur.

« En tant que valeurs, toutes les marchandises ne sont que du travail humain cristallisé. »

Après une analyse approfondie du double caractère du travail incorporé dans les marchandises, Marx passe à l’examen de la forme de la valeur et de l’argent. Ce faisant, la principale tâche qu’il s’assigne est de rechercher l’origine de la forme monétaire de la valeur, d’étudier le processus historique du développement de l’échange, en commençant par les actes d’échange particuliers et fortuits (« forme simple, particulière ou accidentelle de la valeur » : une quantité déterminée d’une marchandise est échangée contre une quantité déterminée d’une autre marchandise) pour passer à la forme générale de la valeur, lorsque plusieurs marchandises différentes sont échangées contre une seule et même marchandise, en terminant par la forme monétaire de la valeur, où l’or apparaît comme cette marchandise déterminée, comme l’équivalent général.

Produit suprême du développement de l’échange et de la production marchande, l’argent estompe, dissimule le caractère social du travail individuel, le lien social entre les divers producteurs reliés les uns aux autres par le marché. Marx soumet à une analyse extrêmement détaillée les diverses fonctions de l’argent, et il importe de souligner qu’ici aussi (comme dans les premiers chapitres du Capital) la forme abstraite de l’exposé, qui paraît parfois purement déductive, reproduit en réalité une documentation extrêmement riche sur l’histoire du développement de l’échange et de la production marchande.

« Si nous considérons l’argent, nous constatons qu’il suppose un certain développement de l’échange des marchandises. Les formes particulières de l’argent : simple équivalent de marchandises, moyen de circulation, moyen de payement, trésor ou monnaie universelle, indiquent, suivant l’étendue variable et la prépondérance relative de l’une ou de l’autre de ces fonctions, des degrés très divers de la production sociale » (Le Capital, livre I). https://www.marxists.org/francais/lenin/works/1914/karlmarx/km03.htm


Comme on le voit tout de suite, telle quelle, cette citation parait déjà évoquer une thèse diamétralement opposée à la « wertkritik »…

Mais peut-être avions-nous encore mal compris…

Une citation en dehors de son contexte, objecteront les esprits chagrins de la « wertkritik »…

Nous avons donc entrepris de l’y resituer…

« Le capital, Livre I »… c’est vaste…

Autant rechercher la trace d’une goutte d’eau particulière tombée dans l’océan…

Bon, mais avec les moyens modernes, et un bon moteur de recherche…

Et voilà que retournant ou non les mots en tous sens, le dit moteur nous renvoie inexorablement au texte de Lénine, tel que traduit en français…

Une citation apocryphe dans un texte de Lénine ?

Tout de même étrange, sinon improbable…

Nous référant finalement au texte russe d’origine de Lénine, nous y retrouvons donc, logiquement, la citation de Marx… en russe !

Et nous la recherchons donc dans l’œuvre de Marx traduite… en russe ! Et là, miracle : ça colle !

A quelques mots prêts en début de phrase, mais qui n’en changent pas le sens, la version russe actuelle de Marx semble être assez exactement celle où Lénine a puisé sa citation…

Comparaison :

Если мы остановим своё внимание на деньгах, то увидим, что они предполагают известный уровень товарного обмена. Различные формы денег — простой товарный эквивалент, или средство обращения, или средство платежа, сокровище и мировые деньги — указывают, смотря по различным размерам применения и сравнительному преобладанию той или другой функции, на весьма различные ступени общественного процесса производства. http://www.esperanto.mv.ru/Marksismo/Kapital1/kapital1-04.html#c4.3 Mais aussi :

https://www.marxists.org/russkij/marx/1867/capital_vol1/17.htm Chez Lénine :

« Деньги предполагают известную высоту товарного обмена. Различные формы денег — простой товарный эквивалент или средство обращения или средство платежа, сокровище и всемирные деньги — указывают, смотря по различным размерам применения той или другой функции, по сравнительному преобладанию одной из них, на весьма различные ступени общественного процесса производства » (« Капитал », I) » http://www.esperanto.mv.ru/Marksismo/Lenin_Marx/lenmarx.html mais aussi :

https://www.marxists.org/russkij/lenin/works/lenin008.htm Le texte de Marx en russe serait-il galvaudé ?

Tant qu’à faire, le voici dans sa langue d’origine, souligné en gras dans son contexte :

Die Darstellung des Produkts als Ware bedingt eine so weit entwickelte Teilung der Arbeit innerhalb der Gesellschaft, daß die Scheidung zwischen Gebrauchswert und Tauschwert, die im unmittelbaren Tauschhandel erst beginnt, bereits vollzogen ist. Eine solche Entwicklungsstufe ist aber den geschichtlich verschiedensten ökonomischen Gesellschaftsformationen gemein.

Oder betrachten wir das Geld, so setzt es eine gewisse Höhe des

Warenaustausches voraus. Die besondren Geldformen, bloßes

Warenäquivalent oder Zirkulationsmittel oder Zahlungsmittel, Schatz und Weltgeld, deuten, je nach dem verschiednen Umfang und dem relativen Vorwiegen einer oder der andren Funktion, auf sehr verschiedne Stufen des gesellschaftlichen

Produktionsprozesses. Dennoch genügt erfahrungsmäßig eine relativ schwach entwickelte Warenzirkulation zur Bildung aller dieser Formen. Anders mit dem Kapital. Seine historischen Existenzbedingungen sind durchaus nicht da mit der Waren- und Geldzirkulation. Es entsteht nur, wo der Besitzer von Produktions- und Lebensmitteln den freien Arbeiter als Verkäufer seiner Arbeitskraft auf dem Markt vorfindet, und diese eine historische Bedingung umschließt eine Weltgeschichte. Das Kapital kündigt daher von vornherein eine Epoche des gesellschaftlichen Produktionsprozesses an.

http://www.mlwerke.de/me/me23/me23_161.htm

Et finalement, le même passage, dans sa traduction française actuelle :

https://www.marxists.org/francais/marx/works/1867/Capital-I/kmcapI6.htm

« Le produit, pour devenir marchandise, exige dans la société une division du travail tellement développée que la séparation entre la valeur d’usage et la valeur d’échange, qui ne commence qu’à poindre dans le commerce en troc, soit déjà accomplie. Cependant un tel degré de développement est, comme l’histoire le prouve, compatible avec les formes économiques les plus diverses de la société.

De l’autre côté, l’échange des produits doit déjà posséder la forme de la circulation des marchandises pour que la monnaie puisse entrer en scène. Ses fonctions diverses comme simple équivalent, moyen de circulation, moyen de payement, trésor, fonds de réserve, etc., indiquent à leur tour, par la prédominance comparative de l’une sur l’autre, des phases très diverses de la production sociale. Cependant l’expérience nous apprend qu’une circulation marchande relativement peu développée suffit pour faire éclore toutes ces formes. Il n’en est pas ainsi du capital. Les conditions historiques de son existence ne coïncident pas avec la circulation des marchandises et de la monnaie. Il ne se produit que là où le détenteur des moyens de production et de subsistance rencontre sur le marché le travailleur libre qui vient y vendre sa force de travail et cette unique condition historique recèle tout un monde nouveau. Le capital s’annonce dès l’abord comme une époque de la production sociale . »

Même avec les nuances de traductions, il est difficile de ne pas voir que ce texte constitue un démenti cinglant au propos basique de la « wertkritik »…

Les notions de marchandise, valeur et monnaie ne sont pas liées à la forme actuelle des rapports sociaux, au capitalisme moderne…

Même si leur abolition constitue l’un des buts du communisme dans sa phase supérieure, la fin du capitalisme n’entraine pas, à priori, leur fin immédiate…

Évidemment, si une résolution formelle pouvait décréter l' »abolition de la loi de la valeur », comme autrefois l’on avait aboli les privilèges de l’aristocratie lors de la nuit du 4 Août, ce serait plus simple…

Mais, c’est bien connu, on peut aussi décréter « l’extinction du paupérisme après 10 heures du soir » (*), il est encore inexorablement là au petit matin…

C’est bien pourquoi Marx en était arrivé à la conclusion qu’une période de transition entre capitalisme et communisme était nécessaire, et constituait une premère phase de la révolution communiste.

Il a essentiellement développé ses idées à ce sujet dans la célèbre « Critique du Programme de Gotha », devenue depuis, pour cette raison, l’objet de polémiques acharnées des uns et des autres…

Du point de vue de la « Wertkritik » la question peut se résumer ainsi : ce texte de Marx, historiquement essentiel, appartient-il au « Marx ésotérique  » ou au « Marx exotérique » ?

Implique-t-il l’abolition immédiate de la valeur ou bien une forme de transition de la valeur pour cette période, préalable à son abolition ultérieure, dans la phase supérieure du communisme ?

C’est ce que nous tenteront d’élucider dans un prochain article…

Luniterre


(* Formule popularisée par l’humoriste Ferdinand Lop, qui semble l’avoir empruntée à Rochefort, répondant au « Manifeste » politique du futur Napoléon III sur le sujet… Pour Rochefort, c’était dès 8 heures du soir, semble-t-il… La misère du peuple n’en était pas moins toujours là au réveil…

https://fr.wikipedia.org/wiki/Ferdinand_Lop http://www.napoleontrois.fr/dotclear/index.php?post/2006/09/04/161napoleon-le-grand-cest-napoleon-iii ************************************  Source de l’article :

https://tribunemlreypa.wordpress.com/2016/08/20/contre-laschizophrenie-neo-gauchiste-de-la-wertkritik-lenine-1-marx-et-carepart/

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II.  Contre la maladie néo-gauchiste de la «wertkritik», ( Deuxième partie)

 

…Un Marx contre le prolétariat ?

Sous la logorrhée « marxienne » de la « wertkritik », qui tente de refiler, sinon d’imposer, sa propre distorsion à tout ce qui ose contester la domination du capitalisme, c’est bien d’une négation, contre l’évidence, de la lutte des classes, qu’il s’agit. Derrière le jeu ubuesque de la « contradiction » « Marx ésotérique/Marx exotérique » le poisson, mal noyé, et pour cause, remonte à la surface :

 » La reconnaissance de l’impossibilité de l’affirmation du prolétariat comme solution de la crise capitaliste a pour corollaire une définition du communisme qui, passant par la négation du prolétariat et n’ayant donc aucune base actuelle, doit nécessairement rester beaucoup plus abstraite que les formulations reposant sur l’affirmation du prolétariat. Dans les conditions actuelles, toute recherche d’une définition du communisme doit résolument rompre avec toutes les catégories qui servent à analyser et critiquer le mode de production capitaliste.  »

http://serpent-libertaire.over-blog.com/2016/02/le-communisme-tentativede-definition-bruno-astarian.html

Peut-on être plus clair ?

En même temps, c’est la reconnaissance d’une dissimulation « nécessaire » de cette « théorie » fumeuse… On comprend aisément pourquoi !

Pour le prolétaire, échanger sa force de travail contre une somme d’argent, puis cet argent contre les marchandises et les services nécessaires à la survie en société, c’est la manifestation concrète de ce que la valeur est échange, comme nous l’explique si bien Lénine, résumant Marx.

Cité in-extenso dans :

https://tribunemlreypa.wordpress.com/2016/08/20/contre-laschizophrenie-neo-gauchiste-de-la-wertkritik-lenine-1-marx-et-carepart/

De sorte que « abolir la valeur », comme prétend pouvoir le faire, ici et maintenant, la wertkritik, c’est d’abord abolir la notion d’échange… Accordons leur un point, c’est bien ce que Marx avait en vue, pour la phase supérieure du communisme :

 » Dans une phase supérieure de la société communiste, quand auront disparu l’asservissante subordination des individus à la division du travail et, avec elle, l’opposition entre le travail intellectuel et le travail manuel ; quand le travail ne sera pas seulement un moyen de vivre, mais deviendra lui-même le premier besoin vital ; quand, avec le développement multiple des individus, les forces productives se seront accrues elles aussi et que toutes les sources de la richesse collective jailliront avec abondance, alors seulement l’horizon borné du droit bourgeois pourra être définitivement dépassé et la société pourra écrire sur ses drapeaux : « De chacun selon ses capacités, à chacun selon ses besoins ! »

Satisfaire ses besoins sans avoir nécessairement à échanger sa force de travail contre les biens et services, cela suppose donc une société d’abondance, un développement sans limites contraignantes des forces productives, sans limites de ressources…

Dans le monde actuel, on voit tout de suite ce qu’il en est… A l’époque de Marx, cette problématique des limites ne semblait pas primordiale, et en tous cas, pas incontournable.

Il n’en posait pas moins la nécessité d’une période de transition… Aujourd’hui, alors que la pauvreté est encore loin d’avoir totalement disparu, et tend même à regagner du terrain, avec l’approfondissement de la crise, la question des limites s’impose néanmoins à tous points de vue, tant pour des raisons écologiques que économiques, avec l’épuisement annoncé d’une grande partie des ressources naturelles.

Cette évidence est telle que, aussi bien parmi les tenants de la wertkritik que parmi les mouvances néo-gauchistes qu’ils ont réussi à influencer, un « troisième Marx » a surgi… Un « Marx écologiste »… ! http://www.contretemps.eu/lectures/bonnes-feuilles-marx-

%C3%A9cologiste-john-bellamy-foster

Il ne s’agit pas, pour nous, de nier l’approche écologique pionnière de Marx, bien au contraire, mais il faut bien admettre que, nécessairement, ce n’était pas, comme on l’a vu, dans le contexte de l’époque, sa préoccupation première…

Concilier leur « Marx ésotérique » avec un « Marx écologique », voilà le tour de force « théorique » entrepris par certains…

Une société qui irait vers l’abondance sans développer les forces productives…

Ou la quadrature d’un cercle vicieux, dont il importe, pourtant, de sortir. Comme on l’a vu, Marx, par ailleurs critique réaliste des utopistes, ébauche, dans la « Critique du Programme de Gotha », les principes économiques d’une sortie du capitalisme…

Dans quelle mesure ces principes ont été, ou non, mis en œuvre dans les pays qui se sont réclamés du socialisme, voilà ce qui sera l’objet d’un troisième article sur le sujet, à la suite, avec les conséquences et leçons utiles que l’on peut en tirer…

Mais dans l’immédiat, nous reprenons le fil de la partie 1, à savoir, comment les tenants de la wertkritik et autres néo-gauchistes traitent ces principes, et en quoi ces principes restent éventuellement d’actu…

Là aussi, la rhétorique « marxienne » de la wertkritik se perd dans le brouillard de sa propre schizophrénie, mais quelques uns, parmi les néogauchistes qui en dérivent, n’ont pas hésité à affronter le problème… L’attitude possible, pour y faire face, doit donc répondre à deux questions principales :

1 Le principe même d’une « étape de transition » est-il admissible ? _2_L’abolition de la valeur doit-elle être immédiate, ou bien peut-elle, elle même, faire l’objet d’une « transition » ?

Comme on s’en doute, la réponse à la deuxième question est unanime entre tout ces courants : « Non ! »

La réponse à la première question est plus mitigée, mais repose autrement la question :

L’ébauche proposée par Marx dans la Critique du Programme de Gotha implique-t-elle une transition sur la question de la valeur ?

Sur cette question, un seul de ces « théoriciens », Tom Thomas, a le courage de répondre « Oui », et en conséquence, de rejeter franchement cette proposition fondamentale de Marx, tout en s’affirmant, en quelque sorte, et à l’instar de la wertkritik, plus « marxiste » que Marx lui-même… ! Ce qui ne l’empêche pas de chercher, de manière pathétique, ce que pourrait être, selon lui, une « autre » phase de transition, basée sur l’abolition immédiate de la valeur… ! http://frontkick.over-blog.com/article-deuxieme-partie-une-critique-de-lacritique-du-programme-de-gotha-57231912.html

Pour le reste, les avis se partagent sur la possibilité d’une « phase de transition », mais les efforts sont donc unanimes, et tout aussi pathétiques, pour faire coller à tout prix, si l’on ose dire, le texte de Marx avec leur fantasme néo-gauchiste d' »abolition immédiate de la valeur »…

Pour comprendre les enjeux essentiels de cette phase de transition, le mieux est de revenir au texte de Marx, là où il en pose directement le principe :

 » Ce à quoi nous avons affaire ici, c’est à une société communiste non pas telle qu’elle s’est développée sur les bases qui lui sont propres, mais au contraire, telle qu’elle vient de sortir de la société capitaliste ; une société par conséquent, qui, sous tous les rapports, économique, moral, intellectuel, porte encore les stigmates de l’ancienne société des flancs de laquelle elle est issue . Le producteur reçoit donc individuellement – les défalcations une fois faites – l’équivalent exact de ce qu’il a donné à la société. Ce qu’il lui a donné, c’est son quantum individuel de travail. Par exemple, la journée sociale de travail représente la somme des heures de travail individuel ; le temps de travail individuel de chaque producteur est la portion qu’il a fournie de la journée sociale de travail, la part qu’il y a prise. Il reçoit de la société un bon constatant qu’il a fourni tant de travail (défalcation faite du travail effectué pour les fonds collectifs) et, avec ce bon, il retire des stocks sociaux d’objets de consommation autant que coûte une quantité égale de son travail. Le même quantum de travail qu’il a fourni à la société sous une forme, il le reçoit d’elle, en retour, sous une autre forme .

C’est manifestement ici le même principe que celui qui règle l’échange des marchandises pour autant qu’il est échange de valeurs égales. Le fond et la forme diffèrent parce que, les conditions étant différentes, nul ne peut rien fournir d’autre que son travail et que, par ailleurs, rien ne peut entrer dans la propriété de l’individu que des objets de consommation individuelle. Mais pour ce qui est du partage de ces objets entre producteurs pris individuellement, le principe directeur est le même que pour l’échange de marchandises équivalentes : une même quantité de travail sous une forme s’échange contre une même quantité de travail sous une autre forme. Le droit égal est donc toujours ici, dans son principe… le droit bourgeois, bien que principe et pratique ne s’y prennent plus aux cheveux, tandis que l’échange d’équivalents n’existe pour les marchandises qu’en moyenne et non dans le cas individuel.

En dépit de ce progrès, le droit égal reste toujours grevé d’une limite bourgeoise. Le droit du producteur est proportionnel au travail qu’il a fourni ; l’égalité consiste ici dans l’emploi du travail comme unité de mesure commune. »

Pour Marx la notion de valeur est essentiellement liée au Quantum de travail, c’est à dire au temps de travail socialement nécessaire à la fabrication d’une marchandise.

Or c’est précisément à cette notion qu’il fait appel pour nous expliquer le principe d’une économie de transition :

 » Le même quantum de travail qu’il (le producteur) a fourni à la société sous une forme, il le reçoit d’elle, en retour, sous une autre forme . C’est manifestement ici le même principe que celui qui règle l’échange des marchandises pour autant qu’il est échange de valeurs égales. Le fond et la forme diffèrent parce que, les conditions étant différentes, nul ne peut rien fournir d’autre que son travail et que, par ailleurs, rien ne peut entrer dans la propriété de l’individu que des objets de consommation individuelle. Mais pour ce qui est du partage de ces objets entre producteurs pris individuellement, le principe directeur est le même que pour l’échange de marchandises équivalentes : une même quantité de travail sous une forme s’échange contre une même quantité de travail sous une autre forme. » On ne peut encore revenir, dans un article relativement bref, sur la définition complète de la valeur, dont on a déjà vu le résumé fort bien synthétisé par Lénine dans l’article précédent :

https://tribunemlreypa.wordpress.com/2016/08/20/contre-laschizophrenie-neo-gauchiste-de-la-wertkritik-lenine-1-marx-et-carepart/

Naturellement, le lecteur peut se reporter au Livre I du Capital de Marx, qui commence précisément par ce thème. https://www.marxists.org/francais/marx/works/1867/Capital-I/ http://inventin.lautre.net/livres/MARX-Le-Capital-Livre-1.pdf

Il est néanmoins évident que Marx n’abolit pas, ici, la notion de valeur, et d’autant moins qu’il y décrit précisément un échange de quantités de travail, l’échange étant, avec le Quantum de travail, à la base même de sa définition de la valeur.

Il ne fait donc aucun doute que toute interprétation de ce passage tendant à en faire une « abolition de la valeur » est, par essence, disqualifiée. Pour autant, si cette notion d’échange persiste, elle y est maintenant sortie de son contexte capitaliste, car le travail y est, à la base, la mesure de répartition des biens :

« Le droit égal est donc toujours ici, dans son principe… le droit bourgeois, bien que principe et pratique ne s’y prennent plus aux cheveux,  tandis que l’échange d’équivalents n’existe pour les marchandises qu’en  moyenne  et non dans le cas individuel.

En dépit de ce progrès, le droit égal reste toujours grevé d’une limite bourgeoise. Le droit du producteur est proportionnel au travail qu’il a fourni ;  l’égalité consiste ici dans l’emploi du travail comme unité de mesure commune. »

Ce qui fait une différence fondamentale avec le capitalisme, c’est que désormais :

« l’échange d’équivalents n’existe pour les marchandises qu’en moyenne et non dans le cas individuel. »

Le travailleur ne se trouve plus dans la situation, pour la satisfaction de ses besoins vitaux, d’être face au capital, comme vendeur de sa force de travail.

Dans ce nouveau type d’échange, la valeur moyenne de ce dont il a besoin pour vivre échappe désormais aux lois du marché et se trouve aussi précisément rapportée au Quantum de travail qu’il est possible de l’être,  » les défalcations une fois faites  »

Cette précision nous renvoie au compte assez détaillé que Marx fait, plus haut dans ce texte, des fonds sociaux destinés aux personnes qui ne sont pas en situation de travailler, retraites, handicap, etc, ou pas encore, et incluant évidemment l’éducation, la santé, etc… Il évoque évidemment, également, le renouvellement du matériel, des moyens de production, des bâtiments, etc…

http://classiques.uqac.ca/classiques/Engels_Marx/critique_progr_gotha/ programme_gotha.pdf https://www.marxists.org/francais/marx/works/1875/05/18750500a.htm Il est clair que ces besoins sociaux et ces nécessités pour la production doivent être quantifiés de manière prévisionnelle, et que cette quantification ne peut pas être établie de manière arbitraire. C’est évidemment une partie essentielle de la signification du projet socialiste. C’est même, matériellement, sa partie vitale. C’est celle qui est concrétisée par la planification collective de l’économie.

Sur la manière de quantifier ces fonds, il reste imprécis, au moment de leur énumération en tant que postes prévisionnels, mais il nous dit clairement ce qu’il en est, au final, dans le passage déjà cité, comme conséquence pour le producteur :

« Il reçoit de la société un bon constatant qu’il a fourni tant de travail (défalcation faite du travail effectué pour les fonds collectifs) et, avec ce bon, il retire des stocks sociaux d’objets de consommation autant que coûte une quantité égale de son travail. Le même quantum de travail qu’il a fourni à la société sous une forme, il le reçoit d’elle, en retour, sous une autre forme. »

Marx établit ainsi clairement une relation entre le calcul de l’estimation des fonds collectifs et la valeur définie par le Quantum de travail.

Dans cette relation, le « bon de travail » qui reste au producteur pour l’acquisition de ses biens personnels représente une fraction de la valeur globale qui est créée dans ce nouveau type d’échange social. D’où il ressort que l’équilibre global d’une économie socialiste repose sur l’adéquation entre la somme des quantums de travail fournis par l’ensemble des travailleurs et l’évaluation des besoins collectifs, incluant la part des biens restant la propriété individuelle des travailleurs.

On comprend bien que le principe des bons est destiné à régler la répartition de ces biens individuels. On comprend également, dans une société dont les ressources naturelles ne sont pas illimitées, qu’il peut s’étendre à des « consommables », comme l’eau, l’électricité, le gaz, afin d’éviter le gaspillage, tant pour des raisons économiques que écologiques. Pour le reste, sur la base d’une planification correspondant à l’adéquation qui ressort de ce principe, le domaine de la « gratuité » peut être extensif, dans la mesure où elle rentre dans le cadre de ce nouveau système d’échange social.

Dans quel mesure ce système de bons est assimilable ou bien se distingue d’un système monétaire ?

Cela reste une question fondamentale, pour cette économie de transition, et surtout pour sa période de mise en place.

En effet, compte tenu de la masse des petites entreprises individuelles et artisanales qui subsistent encore dans l’économie actuelle, on voit mal qu’elles puissent se fondre rapidement dans un système collectif. La question de l’équivalence entre les valeurs créées par cette survivance et les valeurs crées par l’économie socialiste nouvelle se posera inévitablement. Tout aussi inévitablement que celui des échanges économiques et sociaux entre ces deux secteurs. Aussi bien parce que les travailleurs concernés par ce secteur privé doivent avoir accès aux services publics, que par le fait que les biens et services produits dans ce secteur resteront accessibles aux travailleurs du secteur économique socialiste. Quelle que soit l’échelle d’équivalence, elle doit évidemment être fixée de manière annexe par apport à la planification socialiste, mais ne peut nullement être laissée au « marché libre ».

Quant aux modalités pratiques, cela repose la question de la fonction, monétaire ou non, des bons.

Les partisans de la thèse selon laquelle Marx entendait par ce système « abolir la valeur », indépendamment de l’absurdité de leur argumentation quant au fond, que l’on a déjà examiné, ont voulu faire de ces bons un substitut de principe à la monnaie, en prétendant qu’ils ne circuleraient pas… (*) Voire même, qu’ils auraient une durée d’utilisation limitée… ! Imaginons un instant ce qu’il en serait, même à supposer que tout secteur privé ait disparu.

Il est clair que cela n’empêchera pas l’échange des biens des particuliers entre eux, et même si c’est sous forme de troc, l’échelle des valeurs relative des objets en sera nécessairement ramenée à la valeur des bons qui auront permis leur acquisition initiale. Et qui jouera donc, en pratique, le rôle d’une monnaie virtuelle pour, précisément, régler ces échanges à leur « juste valeur »… !

Et ce type d’échange, du reste, serait certainement encore davantage développé si les bons ont une durée limité, car on imagine assez mal que le travailleur abandonnera facilement une partie de ce qu’il pourrait acquérir, même s’il n’en a pas un besoin immédiat…

C’est clairement la porte ouverte au marché noir, qui a déjà fait tant de ravages, notamment en URSS, dans ses dernière décennies.

Et donc, le problème n’est pas tant la forme, bon ou monétaire, qui importe, que le type d’échange qu’elle détermine.

Le propos d’une économie politique socialiste est de créer la base pour un type d’échange nouveau. Sur cette base, la conduite souhaitable d’une politique économique socialiste doit être de faire prédominer le nouveau type d’échange sur l’ancien. Elle est donc inséparable de l’idéologie politique et de la lutte idéologique pour développer le socialisme prolétarien.

Luniterre


(* Un des arguments couramment employé par les néo-gauchistes pour tenter de se justifier est cette « citation », qu’ils imputent à Marx…

Exemple :

« Quant à l’argent, Marx affirme bien que dans cette phase l’argent disparaît. Ou plutôt, il dit, entre autres dans le livre II du Capital : « Le cas échéant, les producteurs pourraient recevoir des bons leur permettant de prélever sur les réserves de consommation de la société des quantités correspondant à leur temps de travail. Ces bons ne sont pas de l’argent. Ils ne circulent pas. » (4)

4_Le Capital, livre II, Chapitre XIII, V. L’abolition du capital-argent. Ed. La Pléiade, 1968, p.863. »

Or si l’on retrouve bien cette citation dans cette édition, où elle constitue quasiment les dernières lignes du Livre II, selon son traducteur,

Maximilien Rubel, voici ce qu’en pense pourtant un autre chaud partisan de l’abolition immédiate de la valeur : http://www.palim-psao.fr/article-traduire-c-est-trahir-sur-les-traductionsa-utiliser-pour-lire-marx-118473952.html

« L’INUTILISABLE TRADUCTION DE MAXIMILIEN RUBEL PARUE

DANS « LA PLEIADE  » / « FOLIO ESSAIS  »

« Pour des exigences éditoriales, Rubel a coupé de nombreux passages dans le texte allemand qui n’apparaissent plus dans sa traduction, il a même interverti l’ordre des chapitres par rapport à l’original,… » « C’est donc une traduction très littéraire, faite au fil de la plume comme Rubel l’a dit luimême et sans recul,… »

A la suite, l’avis d’un autre traducteur « Guillaume Fondu, remarque aussi que « l’édition de Maximilien Rubel, ….propose quasiment une réécriture de Marx… »

En fin de compte, si l’on se reporte à l’édition allemande, on constate tout simplement que le Livre II se termine bien avec le chapitre sur  »

L’accumulation et la reproduction élargie », mais c’est bien le paragraphe

IV, intitulé « Nachträgliches »,

http://www.mlwerke.de/me/me24/me24_485.htm#Kap_21_IV qui peut effectivement se comprendre comme « Remarques complémentaires », qui est le dernier passage du Livre II, et c’est donc l’ensemble du paragraphe français :  » V. L’abolition du capital-argent » qui est manifestement un ajout totalement apocryphe, de la main de Rubel. Ce Rubel, « grand théoricien » du gauchisme, était en son temps au marxisme ce que la « wertkritik » lui est aujourd’hui… )


Source de l’article :

https://tribunemlreypa.wordpress.com/2016/08/24/contre-laschizophrenie-neo-gauchiste-de-la-wertkritik-deuxieme-partie/

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III ème partie

(1949-1960)

CHINE-URSS

Marx au banc d’essai de l’Histoire

Contre la «wertkritik»

3e partie

 

Il fut donc un temps où les intellectuels au service du système capitaliste avaient décrété la fin de l’histoire, au motif de l’effondrement de l’URSS…

L’horizon idyllique de ce mythe s’étant révélé être un approfondissement de la crise, après quelques « bonnes affaires » d’une opportunité éphémère, il leur faut maintenant tenter d’inventer un autre mythe, pour rendormir les consciences réveillées par la violence du réel, décuplée par les maîtres de ces charlatans.

Et pourquoi pas la fin de l’économie ? Selon Goebbels, « Plus un mensonge est gros, plus il a de chance d’être cru ». Leur ancêtre en manipulations peut être fier de sa descendance, fut-elle à priori très indirecte.

 

L’économie politique est en panne d’inspiration pour résoudre la crise du capitalisme ? La lutte de classe risque-t’ellà nouveau de le remettre en cause ? N’y pensez surtout pas… ! Pour abolir le capitalisme ?

Allons, allons… Plus simple : abolissons l’économie politique, et le capitalisme ne sera plus un problème, il sera simplement dépassé, si… si…, puisqu’on vous le dit ! De plus « on » a lu Marx, et même relu, et re-relu, à tel point qu’ »on » en est devenu « marxiens », comme les experts stipendiés du système qui ont déjà organisé la comédie de la « fin de l’histoire » pour relancer un temps les affaires… C’est vous dire…

A quel point cette « relecture » de Marx est « sélective », c’est ce que nous avons déjà constaté dans les deux premiers volets de cette étude. A tel point, même, que lorsqu’ils n’y trouvent pas leur content, ils en réécrivent le texte… https://tribunemlreypa.wordpress.com/2016/08/20/contre-laschizophrenie-neo-gauchiste-de-la-wertkritik-lenine-1-marx-et-carepart/ https://tribunemlreypa.wordpress.com/2016/08/24/contre-laschizophrenie-neo-gauchiste-de-la-wertkritik-deuxieme-partie/

Pourtant, dans une de ces désormais célèbres « Lettres à Kugelmann », Marx écrivait ceci, qui, au delà du temps, semble leur être destiné :

« N’importe quel enfant sait que toute nation crèverait qui cesserait le travail, je ne veux pas dire pour un an, mais ne fût-ce que pour quelques semaines. De même un enfant sait que les masses de produits correspondant aux diverses masses de besoins exigent des masses différentes et quantitativement déterminées de la totalité du travail social. Il va de soi que la forme déterminée de la production sociale ne supprime nullement cette nécessité de la répartition du travail social en proportions déterminées : c’est la façon dont elle se manifeste qui peut seule être modifiée. Des lois naturelles ne peuvent pas être supprimées absolument. Ce qui peut être transformé, dans des situations historiques différentes, c’est uniquement la forme sous laquelle ces lois s’appliquent. Et la forme sous laquelle cette répartition proportionnelle du travail se réalise, dans un état social où la connexité du travail social se manifeste sous la forme d’un échange privé de produits individuels du travail, cette forme, c’est précisément la valeur d’échange de ces produits.

Le rôle de la science c’est précisément d’expliquer comment agit cette  » loi de la valeur. » https://www.marxists.org/francais/marx/works/1868/07/km18680711.htm

Ainsi pourrait-on résumer l’histoire de nos « brillants intellectuels » médiatisés depuis quelques décennies : après avoir tenté de sortir le marxisme du cours de l’Histoire pour se l’approprier comme outil de science économique, voilà qu’ils veulent maintenant tenter d’en empêcher la réappropriation par le prolétariat en en le présentant comme une « négation » de l’économie politique…

La réalité est simplement que la désagrégation et la faillite de leur système se produisent inexorablement selon les analyses de cette science marxiste, quoiqu’ils fassent pour en retarder un tant soit peu l’échéance…

Le brouillard fumeux de la « wertkritik » et de la nuée de « théoriciens » qu’elle a « inspiré » est une de leurs dernières parades pour prolonger cette mascarade et obscurcir les consciences, alors que le réveil social a sonné, en dépit de leurs clairons guerriers impérialistes.

Mais si nous refusons de céder aux bruits de bottes, il y a pourtant un moyen simple de trancher le débat sans détours ni propos dilatoires. On a vu, dans le deuxième volet de notre étude, que Marx avait été amené à préciser concrètement ses idées sur l’économie politique de transition, entre capitalisme et communisme, dans sa « Critique du Programme de Gotha », en réponse aux errements du parti ouvrier allemand en voie de constitution.

Près d’un siècle et demi plus tard, le marxisme est donc passé au banc d’essai de l’histoire…

Si les « experts » qui se penchent au chevet du capitalisme malade sont bien obligés de reconnaitre la puissance des lois économiques méthodiquement dévoilées et expliquées par Marx, on serait donc tenté de penser, en les suivant, que le marxisme a un fort pouvoir d’analyse des crises du capitalisme et des lois qui les régissent…

Mais pourquoi n’en serait-il pas de même pour comprendre les difficultés auxquelles se sont heurtées les première tentatives d’établir une économie socialiste ?

Autrement dit, que peut-on apprendre en confrontant les principes d’économie politique ébauchés par Marx dans la « Critique du Programme de Gotha » et la réalité de ce qui a été tenté sur le terrain, pour faire vivre une économie socialiste ?

C’est la démarche que nous nous proposons d’expérimenter dans ce volet de notre étude.

Pour ce volet, nous nous concentrerons sur la période qui va du tournant des années 50, à partir essentiellement de la fondation de la Chine Populaire, en 1949, jusqu’au début des années 60. En effet, au début des années 50, l’URSS est à l’apogée de sa puissance et de son développement économique, malgré les ravages de la guerre, et la Chine, ne tarde pas à vouloir affirmer sa propre « voie au socialisme ».

Comprenons nous bien : il ne s’agit pas de faire une étude détaillée des vices et mérites comparés des uns et des autres, mais de comparer précisément les principes essentiels d’économie politique qui ont été mis en œuvre, et de voir si de cette pratique il se dégage effectivement des lois économiques, et en quoi elles sont ou non le prolongement de celles ébauchées par Marx dans la Critique du Programme de Gotha.

Il ne s’agit donc pas de refaire le débat entre les prétendues formes de « marxisme-léninisme » des uns et des autres, tel qu’il s’est institué par la suite, mais de remonter à ses racines sous le terrain du développement économique et social.

Lorsque nous parlons de l’amorce de rupture entre la Chine et l’URSS, il faut nécessairement rappeler que ce n’est pas d’avec le modèle « khrouchtchévien », alors seulement en gestation, que la Chine s’est écartée, mais bien du modèle originel fondé du temps de Lénine et renouvelé sous la période dite « stalinienne ».

C’est ce que la plupart des « maoïstes » d’aujourd’hui ont encore du mal à assumer, quand il s’agit d’en tirer toutes les conséquences.

Dans un premier temps, non seulement Mao et le PC Chinois ont entièrement soutenu le coup d’état khrouchtchévien du 20e congrès du PC de l’Union Soviétique, mais ils ont remis profondément en cause les principes d’économie politique qui étaient mis en œuvre en URSS depuis la fin de la NEP.

http://chinepop.chez-alice.fr/chinepop/dictprol.pdf – http://chinepop.chez-alice.fr/chinepop/dictprol2.pdf

Il ne s’agit pas non plus ici de centrer le débat sur les problèmes du culte de la personnalité et des abus d’autorité dans l’exercice du pouvoir, car les erreurs sur ces plans ont été malheureusement et manifestement nombreuses dans les deux cas, et ce n’est pas notre sujet.

Par contre, il est donc possible de voir qu’un débat réel a existé sur les options fondamentales d’économie politique, et qu’il s’est cristallisé autour des nouvelles options prises par Mao, d’une part, à l’occasion du 2e plan quinquennal chinois, baptisé « grand bond en avant », et les premières

« réformes » significatives de l’ère Khrouchtchev, à l’issue du 20e congrès du PCUS, d’autre part.

Le débat sur les options économiques a donc connu une intensité particulière à partir de 1957.

Mais il faut bien partir du fait que ces deux nouvelles voies, empruntées par la Chine et l’URSS, avaient au moins un premier point essentiel en commun : s’opposer au modèle de développement de l’ère stalinienne.

Formellement, le débat est en partie faussé, au départ, par le fait que Mao n’a pas tout de suite perçu la rupture de ligne du PC de l’Union Soviétique. Il s’en est pris à Khrouchtchev d’abord comme continuateur de cette politique, et donc en ne l’approuvant, assez logiquement, que lorsque précisément, il était en rupture avec la ligne « stalinienne ».

Par la suite, on a surtout retenu, en occident, les apparences d’une contradiction essentielle entre Mao et Khrouchtchev, peu avant la chute de ce dernier, à travers les querelles dogmatiques prétendument « de principe », sur l’interprétation des classiques du marxisme-léninisme, alors qu’il ne s’agissait déjà plus que d’une querelle purement scolastique, destinée à forger une idéologie de façade, servant à justifier toutes les manipulations utiles aux luttes de clans bureaucratiques, mais n’ayant plus qu’un rapport lointain avec la réalité des enjeux économiques et sociaux, sur le terrain.

Ceux-ci se révéleront davantage, plus tard, à nouveau, avec le retournement définitif de Mao et de la Chine dans le camp impérialiste au tout début des années 70, mais cette période n’est pas le sujet de ce voletci.(*)

Pour ce qui concerne une approche véritablement marxiste, et non

scolastique, il faut donc se concentrer d’abord sur une confrontation/correspondance entre les faits avérés de choix économiques sur le terrain et les arguments avancés par les uns et les autres, en rapport avec l’approche que Marx proposait sur la manière dont la loi de la valeur agit dans la période de transition au communisme.

C’est cette approche qui était le sujet du précédent volet de cette étude, et on s’y référera donc, à l’occasion, pour éviter d’en faire la répétition.

https://tribunemlreypa.wordpress.com/2016/08/24/contre-laschizophrenie-neo-gauchiste-de-la-wertkritik-deuxieme-partie/

En ce qui concerne la Chine, Mao ne s’est clairement exprimé sur le sujet, la loi de la valeur en régime socialiste, que pendant, précisément, cette courte période des début du 2e plan, dit « Grand Bond en Avant ». Mais l’intérêt majeur de ces réflexions de Mao est qu’elles portent comparaison entre les principes qui animent la pensée maoïste et les fondamentaux de l’économie politique soviétique, aboutissement de l’expérience déjà longue de la construction du socialisme en URSS, tels qu’ils ont été développés collectivement par l’Académie des sciences de l’URSS, en 1954, et retranscrits dans cet ouvrage :


MANUEL D’ÉCONOMIE POLITIQUE

ACADÉMIE DES SCIENCES DE L’U.R.S.S. INSTITUT D’ÉCONOMIE http://www.communisme-

bolchevisme.net/download/Manuel_d_economie_politique_Moscou_195 5.pdf

ПОЛИТИЧЕСКАЯ ЭКОНОМИЯ.

_УЧЕБНИК _Август 1954 г. г.

АКАДЕМИЯ НАУК СССР

ИНСТИТУТ ЭКОНОМИКИ

http://bolshevick.org/books/politekonomiya.pdf


Les textes de Mao sur le sujet ont été regroupés, en 1975, en Français, par un chercheur officiant au CNRS, M. Hu Chi-hsi, et publiés aux éditions du Seuil, sous le titre :

Mao Tsé-Toung et La construction du socialisme

  • Modèle soviétique ou voie chinoise

Dans cet ouvrage, les tout premiers textes critiques de Mao, abordant les questions économiques, portent essentiellement leurs critiques sur cet ouvrage de Staline :

Les problèmes économiques du socialisme en URSS où Staline répond lui-même directement, en 1952, à quelques propositions faites au cours du débat pour la rédaction du Manuel. Ses réponses portent précisément et essentiellement sur cette question de la loi de la valeur.

Mao, dans ses textes sur le sujet, lui répond également, en quelque sorte, par delà les années, en une sorte de dialogue devenu intemporel, si l’on considère le caractère trans-historique des lois de l’économie…

Et donc, si l’on rapporte, par contre, les propos de chacun au contexte historique dans lequel ils ont été écrits, ce ne sont pas les matériaux qui manquent pour notre propos :

La pensée de Marx sur la période du communisme de transition au banc d’essai de l’histoire… !


On a déjà vu, dans la deuxième partie de notre étude, https://tribunemlreypa.wordpress.com/2016/08/24/contre-laschizophrenie-neo-gauchiste-de-la-wertkritik-deuxieme-partie/ que l’équilibre économique d’une société socialiste repose sur l’adéquation entre la définition des besoins collectifs, comprenant à la fois la réalisation des infrastructures, des services publics, la satisfaction des besoins sociaux à travers ces services et infrastructures, et aussi la part des biens restant la propriété individuelle des travailleurs, d’un même côté de la balance, pourrait-on dire, et de l’autre, la somme des Quantums de travail nécessaires à leur réalisation.

Comme on l’a également vu, cette notion de Quantum de travail est telle que nous l’empruntons directement à la théorie de Marx sur la loi de la valeur. Elle signifie la quantité de travail humain socialement nécessaire à la réalisation de ces objectifs.

Elle est basée sur le temps de travail moyen nécessaire à la production envisagée, en fonction des moyens techniques disponibles. Elle n’est donc pas arbitraire, même si elle repose sur une étude de nature statistique. Elle doit évidemment évoluer en fonction de l’évolution des moyens techniques disponibles.

Comme on le voit à nouveau, il s’agit donc bien d’un échange, mais d’un échange collectif entre travailleurs, avec une correspondance entre les besoins sociaux exprimés et les forces productives disponibles.

C’est pourquoi on ne peut pas dire, en régime socialiste, que la loi de la valeur est abolie.

Néanmoins, dans ce type d’échange, la notion de profit, au sens capitaliste du terme, doit être totalement exclue, ainsi que la notion d’accumulation de capitaux qui lui est liée.

Évidemment, cet équilibre doit aussi tenir compte de la nécessité de développer les forces productives en fonction des besoins non encore satisfaits par les moyens existants, et tout aussi évidemment, de renouveler, en fonction de leur vétusté, ceux existants déjà.

Ce qui est important, c’est que cette règle d’équilibre exclut la loi du marché.

De sorte que la notion de valeur, la loi de la valeur, telle qu’elle s’applique à cette étape du socialisme, ne joue plus le rôle essentiel qu’elle a dans la société capitaliste comme régulation de la production, et qui s’exerce uniquement en fonction des besoins solvables, engendrant ainsi cet état de crise que nous subissons actuellement.

C’est la règle de l’équilibre entre besoins sociaux et quantums de travail nécessaires qui règle la production en régime socialiste.

Évidemment, cela implique des choix politiques, des choix de politique économique. Les objectifs à atteindre , politiques et économiques, doivent tenir compte de la limite des moyens disponibles, dans tous les domaines.

Que ce soit faute de tenir compte de l’équilibre et/ou des limites, l’échec est, assez rapidement, inévitable.

Dans notre recherche d’évaluation des tentatives passées d’établir le socialisme, c’est par rapport à cette recherche d’équilibre que les situations concrètes et les débats qui s’y rattachent doivent être considérés.

Comme on l’a également vu, dans la première phase du socialisme, un secteur de petite production privée risque de devoir subsister un certain temps. Il peut se présenter sous plusieurs formes, soit artisanales, soit de petite production agricole.

Il peut également se présenter sous forme coopérative.

Dans les expériences passées, le mouvement coopératif a régulièrement joué un rôle important.

Dans les deux cas, privé ou coopératif, il s’agit donc de survivances de production marchande.

Dans le premier cas, au sens strict du terme.

Dans un état socialiste, c’est évidemment le secteur socialiste qui doit être dominant, et même, très largement dominant.

De la façon de traiter les rapports entre les deux secteurs peut dépendre l’évolution globale du système.

Cette coexistence suppose la persistance d’un échange de type monétaire.

Du rôle qu’on lui assigne et des limites qu’on lui met peut également dépendre l’évolution globale du système.

Selon la façon de gérer cette coexistence, la nature socialiste du système peut éventuellement être remise en cause.

C’est donc, possiblement, un des facteurs d’échec et de remise en cause, mais, comme on le verra, ce n’est pas le seul.

 

En URSS la survivance de la production marchande provenait essentiellement du double système de production agricole, avec, à côté des fermes d’État, les sovkhozes, l’existence d’un système coopératif important, les kolkhozes.

Le budget de fonctionnement du kolkhoze et les revenus des kolkhoziens dépendaient de la vente des produits du kolkhoze.

Les sovkhozes, fermes d’État, étaient donc moins soumis à des contraintes

d’efficacité à court terme, mais ils avaient plus de facilités pour expérimenter de nouveaux matériels, de nouvelles techniques, transposables aux kolkhozes par la suite, et aussi plus de disponibilité pour la mise en culture de terres vierges, pour la remise en état de terres abandonnées.

C’est cette dualité de fonctions qui a permis le développement intense de l’agriculture jusqu’à la guerre, http://www.persee.fr/docAsPDF/geo_00034010_1941_num_50_282_11692.pdf  et qui a largement contribué à la reconstruction du pays, au fur et à mesure de la libération des zones rurales, dès 1943.

http://www.persee.fr/docAsPDF/geo_00034010_1946_num_55_300_12551.pdf

http://www.persee.fr/docAsPDF/estat_11493755_1950_num_5_1_9457.pdf

 

Mais cette complémentarité ne pouvait être fonctionnelle qu’en lien avec l’industrie d’État, qui produisait les tracteurs et les machines agricoles.

L’État restait propriétaire des tracteurs et matériels lourds, qui étaient mis à disposition, dans le cas des kolkhozes, via des Stations de Machines et Tracteurs, avec du personnel technique spécialisé, dans une sorte de partenariat fondé sur un échange direct, réglé en nature sur une part des récoltes, ce qui évitait aux kolkhozes de s’endetter.

Cet échange direct permettait à la fois de réduire la sphère d’influence de la production marchande et de l’économie monétaire en URSS et d’assurer le développement d’une partie essentielle de l’industrie des moyens de production, tout en contribuant à l’approvisionnement des villes.

C’est ce système économique, ainsi brièvement résumé, qui est au cœur des débats économiques des années 50, aussi bien en URSS qu’entre la Chine et l’URSS, avec l’intervention critique de Mao Zedong, voulant affirmer la « voie chinoise au socialisme ».

Concrètement, le débat s’est cristallisé autour du sort qui devait être fait aux Stations de Machines et Tracteurs.

En effet, par bien des côtés il s’agissait, pour les kolkhozes, d’un système d’ »économie mixte », pourrait-on dire aujourd’hui…

D’un côté une dépendance à l’égard de la production marchande, et de l’autre un échange direct d’équivalents en valeurs de travail.

Ne valait-il pas mieux transformer globalement les kolkhozes en sovkhozes, fermes entièrement étatisées, et liquider ainsi la production agricole marchande ?

Ou bien au contraire, vendre les tracteurs et les machines aux kolkhozes, en toute propriété, leur laissant la responsabilité économique et technique de leur entretien et de leur renouvellement ?

Ou bien encore, prolonger le statu quo d’un système qui avait déjà fait ses preuves, dans des conditions particulièrement difficiles, tant à l’issue de la NEP, dans les années 30, qu’à la libération du joug nazi ?

C’est à travers ces questions que s’est manifesté le débat sur le maintien et le rôle de la production marchande en système socialiste.

Et, assez logiquement, sur le rôle et l’influence de la loi de la valeur, sur sa persistance ou non, et sous quelle forme.

La notion de « mixité » entre production marchande et production socialisée est du reste plus une image moderne , commode pour parler de l’économie de l’URSS au début des années 50, qu’une réalité sur le terrain. Car en effet :

 » (…)notre production marchande n’est pas une production marchande ordinaire, elle est d’un genre spécial, une production marchande sans capitalistes, qui se préoccupe pour l’essentiel des marchandises appartenant à des producteurs socialistes associés (État, kolkhozes, coopératives), et dont la sphère d’action est limitée à des articles de consommation personnelle, qui ne peut évidemment pas se développer pour devenir une production capitaliste et doit aider, avec son « économie monétaire », au développement et à l’affermissement de la production socialiste  »

(Les problèmes économiques du socialisme en URSS_J. Staline_1952 )

On a déjà vu, dans le volet précédent de notre étude https://tribunemlreypa.wordpress.com/2016/08/24/contre-laschizophrenie-neo-gauchiste-de-la-wertkritik-deuxieme-partie/ comment pouvait se définir économiquement, d’après le texte de Marx sur la Critique du Programme de Gotha, la part revenant au producteur pour sa consommation et ses biens personnels.

C’est cette part que Marx définissait comme un « bon de travail », pour :

qu’ »il retire des stocks sociaux d’objets de consommation autant que coûte une quantité égale de son travail. Le même quantum de travail qu’il a fourni à la société sous une forme, il le reçoit d’elle, en retour, sous une autre forme. »

De sorte que dans un système socialiste où subsiste une part réduite de production marchande, mais où aucun des acteurs économiques n’intervient en tant que capitaliste, c’est ce nouveau type d’ »économie monétaire » qui joue essentiellement le rôle de « bon de travail ».

Dans la mesure où le secteur économique socialiste est très largement dominant, cela peut encore être partiellement vrai pour une économie mixte au sens propre du terme, telle qu’elle a existé au début de la NEP, avant de dégénérer sous la pression des « NEPmen » et des koulaks. Bien que dans ce cas, la situation soit plus complexe, on y voit bien aussi la nécessité d’unifier le système de valeurs d’échange, sauf à risquer d’en perdre le contrôle.

En tout état de causes, tant que subsiste une production marchande, il y a nécessité d’évaluer les échanges en termes monétaires, pour arriver à une échelle commune permettant d’établir le plan.

 

C’est donc en partie par la correspondance proportionnelle, pour l’évaluation, entre termes monétaires et quantums de travail, que se détermine l’équilibre du plan, et selon sa réalisation, le développement ou non du socialisme. Discutons en un exemple concret, dans l’URSS de ce temps, que nous transposerons dans le nôtre, ensuite :

 » Il y a quelque temps on avait décidé de régler, dans l’intérêt de la culture cotonnière, le rapport des prix du coton et des céréales, de préciser le prix des céréales vendues aux cultivateurs de coton et de relever les prix du coton livré à l’État. Dès lors, nos dirigeants de l’industrie et nos spécialistes de la planification apportèrent une proposition qui ne pouvait que surprendre les membres du Comité central, puisque cette proposition fixait le prix d’une tonne de céréales à peu près au même niveau que celui d’une tonne de coton ; au surplus, le prix d’une tonne de céréales était le même que celui d’une tonne de pain cuit. Les membres du Comité central ayant fait remarquer que le prix d’une tonne de pain cuit devait être supérieur à celui d’une tonne de céréales, en raison des frais supplémentaires nécessités par la mouture et la cuisson ; que le coton en général coûtait bien plus cher que les céréales, témoin les prix mondiaux du coton et des céréales, les auteurs de la proposition ne purent rien dire d’explicite. Force fut au Comité central de prendre la chose en mains propres, de diminuer les prix des céréales et de relever ceux du coton. Que serait-il advenu si la proposition de ces camarades avait reçu force légale ? Nous aurions ruiné les cultivateurs et serions restés sans coton  »

(Les problèmes économiques du socialisme en URSS_J. Staline_1952 )

Dans cet exemple, bien qu’il n’y soit question que de prix, on voit bien en quoi l’échelle des valeurs y parait décalée. La différence entre une tonne de blé et une tonne de pain réside évidemment dans le travail supplémentaire qui y est incorporé, sous diverses formes, directes, par le travail des meuniers, des boulangers, et indirectes, par une part du travail de ceux qui ont fabriqué le moulin et le matériel de boulangerie.

Et cela n’a évidemment pas changé depuis, ni ne peut changer.

Pareillement, l’écart entre une tonne de coton et une tonne de blé réside essentiellement dans la différence des quantums de travail nécessaires pour les obtenir, en fonction des moyens de production engagés.

Aujourd’hui comme hier, même si les techniques ont considérablement évolué, obtenir une tonne de coton livrable à la filature est différent d’obtenir une tonne de blé livrable au moulin.

Au jour de la rédaction de cet article, la différence sur le cours mondial s’établissait ainsi :

COTON : 1344 EUROS/TONNE (0.68 DOLL/POUND )

BLÉ : 155 EUROS/TONNE

Bien évidemment, cela tient en partie à la conjoncture des marchés, à des tendances particulièrement contraires, ce jour là, mais même en supposant une tendance plutôt haussière sur le blé et baissière sur le coton, il reste impossible que ces valeurs viennent à s’égaliser.

Un rapide aperçu du travail nécessaire à l’obtention d’une balle de coton nous en fournit tout de suite la raison.

(Voir les nombreuses illustrations de cet article sur TML https://tribunemlreypa.wordpress.com/2016/09/08/1949-1960-chine urss-marx-au-banc-dessai-de-lhistoire-contre-la-wertkritik-3   e-partie/ )

En régime socialiste, l’établissement des prix ne se fait pas en tenant compte des fluctuations anarchiques du marché mondial, mais en tenant le compte le plus exact possible du travail socialement nécessaire.

Cette application utile de la loi de la valeur permet d’équilibrer le plan et de rendre possibles les échanges entre tous les secteurs de la vie économique sur une base équitable.

Mais la circulation marchande, en régime socialiste, se limite aux biens de consommation personnels, aux biens personnels.

Elle n’intervient pas dans les autres types d’échange, notamment et surtout concernant les moyens de production.

Même si ces échanges sont formellement exprimés en termes de valeur, le contenu en est radicalement différent, du fait de leur socialisation, à travers la propriété collective des moyens de production, à travers le plan.

C’était encore le cas, en URSS, en 1955, à la sortie de la deuxième édition du Manuel :

 » Les moyens de production fabriqués dans le secteur d’État : machines, métaux, charbon, pétrole, etc., sont répartis pour la plupart entre les entreprises d’État. Les plans de l’économie nationale prévoient l’attribution à chaque entreprise de fonds matériels dont le montant est déterminé par son programme de production. Ces fonds sont fournis par les entreprises productrices aux entreprises consommatrices en vertu de contrats passés entre elles. Quand des moyens de production sont livrés à telle ou telle entreprise, l’État socialiste en conserve l’entière propriété. Lorsque des directeurs d’entreprise ont reçu de l’État socialiste des moyens de production, ils n’en deviennent pas pour autant les propriétaires ; ils sont les représentants de l’État, chargés par lui de les utiliser conformément aux plans qu’il a établis. Les machines agricoles essentielles :

tracteurs, moissonneuses-batteuses, etc., ne sont pas vendues aux kolkhoz mais concentrées dans des entreprises d’État : les stations de machines et de tracteurs, qui les utilisent pour desservir les kolkhoz.

(…) les moyens de production fabriqués par des entreprises d’État et répartis à l’intérieur du secteur d’État ne sont pas, en fait, des marchandises. Mais étant donné que les objets de consommation, les matières premières agricoles et une partie des moyens de production (outillage, petite machinerie. NDLR) sont des marchandises et que l’économie socialiste forme un tout dont les parties constituantes sont étroitement liées, les moyens de production circulant à l’intérieur du secteur d’État conservent, eux aussi, la forme marchandise. Ils sont donc exprimés en valeur et évalués en termes monétaires, ce qui est indispensable pour la réalisation de la gestion équilibrée, pour le recensement et la comptabilité.  »

 

http://www.d-meeus.be/marxisme/manuel/chap32sect01.html

 

En lisant ce passage, où nous avons souligné ce qui concerne l’histoire des Stations de Machines et Tracteurs, on comprend tout de suite l’importance du débat les concernant.

Vendre les moyens de production aux kolkhozes, c’est faire basculer l’ensemble de leur économie dans la sphère marchande, et non plus seulement le commerce des biens consommables et personnels.

C’est recréer une économie « coopérative » en apparence, mais de type capitaliste, et pratiquement, à l’identique de ce que sont les coopératives agricoles en système capitaliste.

C’est réintroduire, à grande échelle, une économie de marché, portant notamment sur une partie essentielle des moyens de production, à l’origine fabriqués par l’État socialiste.

C’est pourtant cette « réforme » que va introduire Khrouchtchev, à la suite du XXe Congrès du PCUS.

Elle sera effective en 1958, l’année où Mao Zedong formule ses critiques concernant la loi de la valeur, telle qu’utilisée en URSS.

Cette « réforme » avait déjà été proposée, en URSS, à l’occasion des débats autour de la rédaction du Manuel, par deux économistes, Sanina et Venger, qui, sur ce point, n’en avaient pas compris la logique intrinsèque.

Staline leur avait répondu en détail, en 1952, dans une lettre placée en dernière partie de son ouvrage :

Les problèmes économiques du socialisme en URSS Voici ce qu’en pensait Mao Zedong :

 » Staline divise la production en deux grandes catégories et affirme que les moyens de production ne sont pas des marchandises. Cela mérite d’être étudié. En Chine, dans le secteur de l’agriculture, bon nombre de moyens de production doivent encore être considérés comme des marchandises. A mon avis, la dernière des trois lettres de Staline, placées en annexes de son livre, exprime un point de vue presque totalement erroné. » (A propos des problèmes économiques du socialisme en URSS_Mao Zedong_Novembre 1958_P33 )

 » La sphère d’action de la production marchande n’est pas limitée aux articles de consommation personnels. Certains moyens de production appartiennent aussi à la sphère des marchandises. Si l’on considère les produits agricoles, comme des marchandises, mais non les produits industriels, alors, comment peut-on échanger les uns contre les autres ? (…) En Chine nous devons fournir non seulement les produits de consommation, mais aussi les moyens de production destinés à l’agriculture. Staline, lui, ne voulait pas vendre les moyens de production aux paysans. C’est Khrouchtchev qui a modifié cette politique. » (Annotations des Principes économiques du socialisme en URSS_ Mao Zedong,_1959_P56)

Comme on le voit, la pensée maoïste procédait déjà, quant au fond, de la logique du prétendu « socialisme de marché », pratiquement initiée, à mots à peine couverts, par Khrouchtchev.

1958-1959, en Chine, c’est la pleine période de lancement du IIe Plan, baptisé « Grand Bond en Avant ». Les ambitions n’étaient pas minces :

« Si l’on en juge par la situation actuelle, il semble que, dans le domaine de la production de produits industriels essentiels, nous pourrions rattraper l’Angleterre dans trois ans. » ( Notes de lecture sur le Manuel d’Économie Politique de l’URSS »_Mao Zedong_1960_P173)

A priori, ce IIe Plan paraissait plutôt basé sur une dérive volontariste

« gauchiste », avec la formation, dans les campagnes, des « Communes

Populaires », considérées comme des unités économiques autarciques, de 20 à 30 000 personnes, supposées tout produire par elles-mêmes, y compris l’acier et le matériel agricole.

Évidemment, elles étaient donc propriétaires de leurs moyens de production et fonctionnaient plutôt, surtout au début, comme les phalanstères des utopies « socialistes » du XIXe siècle.

Évidemment, les rapports économiques entre elles et avec l’État étaient de type marchand, et appelés à se développer comme tels, dans le droit fil de la pensée maoïste, en fait.

Dans la pratique, comment était-il possible d’établir un plan sur cette base et de s’y tenir ? A cette question, l’Histoire a tragiquement répondu. Pour ce qui est du tristement fameux « Grand Bond en Avant », on sait la catastrophe terrible qui en a résulté à brève échéance.

Mieux en comprendre les causes et les conséquences à long terme, c’est ce que nous verrons dans le prochain volet de notre étude.

En URSS, les « réformes » de Khrouchtchev, si elles n’ont pas eu tout de suite des conséquences aussi catastrophiques, elle n’en n’ont pas moins inauguré le déclin de l’URSS, avec des conséquences sérieuses pour les prolétaires, y compris et en premier lieu, dans les kolkhozes.

Nous essayerons, pour finir, de mieux comprendre, également, ce qu’est devenue la nature de classe de ces deux grands pays.

Par antithèse, on voit déjà en quoi l’URSS du début des années cinquante, en dépit de ses défauts, que les responsables du PCUS ne minimisaient nullement, du reste, tendait à évoluer, dans ses fondamentaux économiques, vers un modèle représentatif, dans les conditions concrètes de l’époque, des idées de Marx sur la période de transition.

Rappelons encore, en guise de conclusion provisoire, que le but de notre étude n’est toujours pas de justifier telle ou telle idéologie sectaire, mais de tenter de mieux comprendre les lois éventuelles qui se dégagent de ces pratiques de l’économie politique, et les leçons encore utilisables que l’on peut en tirer.

.

Luniterre

.


( * L’évolution de l’économie chinoise à cette époque est déjà en partie abordée dans: https://tribunemlreypa.wordpress.com/2015/09/01/de-la-structurationmaoiste-de-la-bulle-chinoise/ )

Source de l’article :

https://tribunemlreypa.wordpress.com/2016/09/08/1949-1960-chine urss-marx-au-banc-dessai-de-lhistoire-contre-la-wertkritik-3   e-partie/

louis-aragon-contre-la-wertkritik

 

 

 

Texte original: https://tribunemlreypa.files.wordpress.com/2016/09/marx-au-banc-dessai-de-lhistoire_vf.pdf

Blogue: https://tribunemlreypa.wordpress.com/

Sources de l’article, notes :   

https://tribunemlreypa.wordpress.com/2016/09/19/revolutionnaires-en-septembre-sociaux-chauvins-en-octobre/

( * https://frontdeslaics.wordpress.com/2016/07/11/un-parti-revolutionnaire-en-septembre/   )

(** En matière de capitalisation boursière, les USA restent largement devant, avec 25 935 Milliards de Dollars (NYSE + Nasdaq, Nov 2015), c’est désormais la Chine qui arrive nettement en second, avec 11 050 MD, ( Shanghai + Shenzhen + Hong Kong, Nov 2015 ), loin devant la première place européenne, Londres, qui, peu avant le « Brexit » et la dévaluation de fait de la Livre, pesait encore 6187 MD, incluant Milan, rachetée en 2007. (A noter que le rachat prévu de Francfort ( 1738 MD en Nov 2015) se trouve désormais remis en cause.).

Derrière, Tokyo, avec 4910 MD (Nov 2015), devance encore Euronext (Paris + Amsterdam + Bruxelles + Lisbonne, 3379 MD, Nov 2015)

(Pour mémoire, depuis les sanctions, la Russie tourne autour de 300 MD… !)

 

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