Avec l’échec de Le Pen, rien ne change pour l’antiracisme et l’antifascisme de classe

COMBATTRE LE FASCISME,

ABATTRE LE CAPITALISME!

 

Ouf, elle n’est pas passée… c’est le sentiment autour de nous. Mais en 2002, le père n’était pas passé non plus et cela n’a pas freiné le développement du FN.

Le racisme est toujours là, s’est même renforcé autour de nous.

Il y a le racisme d’Etat, qu’il s’agisse de la recherche d’emploi, des discours islamophobes dans les médias ou des violences policières dans les quartiers. Le poison patriotique et nationaliste se répand dans tous les partis, la préférence nationale devient une banalité, le contrôle de l’immigration se renforce toujours plus, et ce sont tous les immigrés, avec ou sans papiers, tous les jeunes (et maintenant moins jeunes…) nés en France avec une couleur, un nom, une religion minoritaires ou minorisés qui trinquent.

Il y a aussi le poison du racisme individuel, issu de l’histoire coloniale de la France (et son actualité comme aux Antilles, à Mayotte, en Guyane ou en Kanaky) cette mentalité abjecte de petit-blanc qui ne supporte pas de voir des anciens colonisés revendiquer l’égalité des droits. Sentiment des Pieds Noirs, des racistes avérés, entretenu et développé par le FN et cie, sentiment confus de la concurrence entre travailleurs dans la crise capitaliste, il se heurte heureusement aux solidarités du combat social mené en commun, dans les entreprises ou dans les quartiers…

Ces deux formes de racisme se sont renforcées et s’appuient l’une sur l’autre, et les attentats ont attisé la flamme. C’est la confusion qui règne, très rares ont été celles et ceux qui ont dénoncé les interventions à l’étranger (Mali, Libye, Syrie, Afghanistan…) et ont qualifié les auteurs de fascistes. Le racisme d’Etat, les intellectuels à la botte ont préféré renforcer les contradictions en critiquant les musulmans ou ceux supposés l’être…

Le combat antiraciste se mène dans le combat commun, sur des positions antiracistes et de classe, au service des ouvriers et des prolétaires. Pour le combat commun contre la sous-traitance, la pénibilité dans les entreprises. Pour l’égalité des droits et la régularisation des sans-papiers, contre les violences policières dans les quartiers, contre les interventions à l’étranger, contre toutes les lois et mesures racistes, quelles qu’en soient les cibles. Toujours en dénonçant notre propre gouvernement, son Etat et le capitalisme qui en est le socle. Tout ne se réglera pas du jour au lendemain, mais c’est la seule voie pour construire une unité de combat, de classe, qui permettra de surmonter les appréhensions et les différences sur lesquelles s’appuient les racistes pour répandre leur venin.

Il se mène aussi dans nos rangs, parmi nos collègues et voisins, en remettant en cause les préjugés, en luttant sans concession contre les attitudes et les paroles chauvines et xénophobes, en exposant la manière dont l’impérialisme place la fraction immigrée de la classe ouvrière, les habitants des quartiers, dans une position subordonnée et discriminée. La lutte se mène aussi dans les rangs de notre classe et de nos organisations !

C’est pareil pour le combat antifasciste. Dans le sillage du FN se développent des groupuscules et organisations fascistes, racistes, homophobes et sexistes. Dans certaines villes, comme à Lyon ou Lille, ils ont pignon sur rue et prétendent annexer des quartiers entiers. Ils ont tué Clément Méric à Paris, Hervé Rybarczyk à Lille, ils font la chasse aux migrants à Calais, ils veulent imposer la terreur.

Avec la complaisance de la police et de la justice, c’est le moins qu’on puisse dire, et ce sont surtout les militants qui refusent de leur laisser le terrain qui sont attaqués.
Alors, on ne les laisse pas faire, on ne fait pas confiance à la justice et à la police (rappelons que pour celle-ci, on dit que 50% des flics votent FN !), et on s’organise, on manifeste pour interdire par nous-mêmes l’expression de ces noyaux fascisants !

 

Source:  http://ocml-vp.org/article1808.html

Althusser et Lénine

Ni la nature ni l’histoire ne connaissent de miracles ; mais chaque tournant brusque de l’histoire, et notamment chaque révolution, offre une telle richesse de contenu, met en jeu des combinaisons si inattendues et si originales de formes de lutte et de rapports entre les forces en présence que, pour un esprit vulgaire, bien des choses doivent paraître miraculeuses.
Lénine, Lettres de loin

Lénine a bien une place fondatrice dans la trajectoire intellectuelle d’Althusser. Si les lecteurs du philosophe marxiste ont longtemps considéré que Lénine n’était rien d’autre qu’un prête-nom, Warren Montag tente ici au contraire de montrer le caractère inaugural des interventions d’Althusser sur Lénine. Par une lecture serrée de « Contradiction et surdétermination », Montag récapitule la dignité philosophique qu’Althusser est allé chercher dans la pensée politique de Lénine. Ces éléments de philosophie contenus dans des textes non philosophiques allaient s’inscrire au cœur de la lecture althussérienne de Spinoza, Machiavel, Rousseau : la rencontre de flux et de courants hétérogènes, la contradiction considérée comme multiple et complexe, le renouveau de la pensée dialectique des rapports de forces.

Le Lénine d’Althusser est un patchwork, un accolage de différents extraits, aussi bien de textes philosophiques (Matérialisme et empiriocriticisme, Cahiers philosophiques) que de textes politiques et pratiques (tout d’abord ses réflexions sur les révolutions de février et d’octobre 1917). On lui a prêté peu d’attention. Dans le monde anglophone (mais c’est à peine mieux dans le monde francophone) les essais où Althusser prend explicitement Lénine pour objet (non seulement Lénine devant Hegel, mais aussi Lénine et la philosophie) n’ont jamais été étudiés sérieusement, et ne sont que rarement cités, sous forme de notes ou de références, dans les traitements académiques d’Althusser. C’est plus frappant encore pour son utilisation plus extensive de Lénine, de celui de 1917-1921, dans Contradiction et surdétermination : la reprise des descriptions, par Lénine, de la situation conflictuelle qui a rendu la Révolution non seulement possible mais nécessaire, est parfois citée, mais comme matériau brut de théories ou réflexions philosophiques, et non comme exemple de cette réflexion elle-même. On prend souvent le Lénine de Contradiction et surdétermination comme le prête-nom ou le « tenant-lieu » de Mao, dont Althusser a légitimé le texte Sur la contradiction en le présentant non seulement comme la continuation des réflexions de Lénine sur les contradictions historiques, mais aussi comme une tentative de systématisation, mise en forme théorique de ce que Lénine aurait laissé à l’état pratique. Pour beaucoup de lecteurs d’Althusser, Lénine – ou plutôt l’un des nombreux Lénine utilisé à des fins aussi diverses qu’opposées –, demeurait toujours le prête-nom d’autres théoriciens ou philosophes politiques, de Machiavel et Spinoza jusqu’à Mao, comme si Lénine, pour des raisons qui restent à expliciter, ne pouvait faire à lui seul l’objet des réflexions d’Althusser.
Les significations de la figure de Lénine se compliquent avec la fascination d’Althusser pour ce qu’il appelle la stratégie philosophique – notion elle-même très léniniste. Très tôt dans sa carrière, Althusser a perçu tout à la fois les insuffisances du marxisme officiel et la difficulté de le transformer, ce qui l’a convaincu de l’inutilité d’un assaut frontal ou d’une confrontation directe. Au lieu d’un effort de transformation, il fallait une stratégie d’infiltration. Ainsi, lorsqu’Althusser a compris la façon dont Spinoza imitait ses ennemis pour les approcher, s’introduire dans la place et retourner leurs armes contre eux, il a indubitablement cherché à théoriser sa propre pratique de la philosophie pour faire comme Spinoza. Ainsi le Lénine d’Althusser n’apparaît pas seulement comme œuvre ou événement politique, mais comme une institution et une place infiltrée puis occupée, ses armes (concepts et méthodes d’analyse), étant retournées contre ses occupants « légitimes ». Il s’agit donc d’une analyse léniniste de la façon dont le mode d’analyse léniniste lui-même peut être investi, et mis au service d’institutions dont le rapport à l’ordre existant est difficilement perçu comme antagoniste. C’est à dire, un Lénine par-delà Lénine, pour reprendre une des figures de Negri.
En fait, le travail d’Althusser est marqué par une insistance sur la nécessité stratégique de l’imitation, de la dissimulation et de l’imposture qui est, avec la force, une vertu cardinale de la guerre selon Hobbes. Les critiques ont bien perçu cela lorsqu’il a été accusé de promouvoir un Spinoza déguisé en Marx, et, presque au même moment, de faire passer, dans la philosophie, un Marx déguisé en Spinoza. Mêmes les commentateurs favorables à Althusser ont fini par adopter un type de lecture qui a pris la forme de « en parlant d’X, il parle en fait d’Y », ce qui supposait qu’Althusser ne pouvait ou ne voulait pas parler directement d’Y, parce qu’il comprenait ce dernier comme faisant l’objet d’une sorte de répression ou d’exclusion, apportant une vérité que le monde n’était pas préparé à recevoir. Dans ces conditions, lire Althusser signifiait le traduire : X veut dire Y, et les théories X1, X2, X3 veulent dire Y1, Y2, Y3…
Cette lecture très straussienne d’Althusser n’est pas totalement fausse. Il est vrai, à propos de Lénine, que la correspondance d’Althusser – notamment dans les années cruciales 1962-1963, de « Contradiction et surdétermination » à « Sur le matérialisme dialectique » – paraît défendre l’idée qu’il cherchait à utiliser stratégiquement Lénine pour avancer des concepts et des notions face à un public peu disposé à les accepter, à moins que ces concepts et notions se réfèrent à l’autorité d’un Lénine. Comme si les idées les plus nouvelles, voire les plus subversives d’Althusser, avaient le plus besoin de se rattacher à une figure fondamentale. Mais c’est là ce qu’Althusser voulait faire, ou déclarait vouloir faire, et non ce qu’il a fait réellement. Si parler de Lénine n’était censé être qu’un prétexte, précédant voire occultant les débats qu’il devait simplement introduire, je dois dire que, dans ce cas au moins, le prétexte n’a pas atteint la fin pour laquelle il avait été introduit, et qu’il est devenu aussi important que ce qu’il était censé dissimuler. Si, comme il l’avouait lui-même et comme d’autres l’ont souligné, ses textes illustrent souvent, sinon obsessionnellement, une logique du prête-nom (Lénine pour Mao, Marx pour Spinoza, ou l’inverse), à des moments cruciaux cette logique se brise et cède la place à l’usurpation, à la confusion entre l’imité et l’imitateur, entre l’original et la copie. Ainsi, pour suivre Althusser dans ses constantes ruses et détours stratégiques et tactiques, dans son art de l’imposture philosophique et du déguisement, il faut entrer dans le cercle où chaque lieu-tenant tient lieu d’un autre tenant lieu, constituant une chaîne de substitution sans origine ni fin. Retenons ce point avant de nous embarquer dans le cercle infernal d’Althusser.
À la fin de 1962, et donc dans l’intervalle qui sépare Contradiction et surdétermination de Sur le matérialisme dialectique publié en 1963, Althusser écrivait à Franca Madonia qu’il avait lu Lénine pour répondre aux critiques de Contradiction et surdétermination : « Je lis, (ou relis) des textes théoriques de Lénine, sur la philosophie. Dieu, que c’est faible. Je vérifie une nouvelle fois que Lénine, incomparable clinicien politique, incomparable théoricien-pratique (au sens de la réflexion sur des situations concrètes, de la réflexion sur des problèmes historiques concrets) est un faible théoricien dès qu’il s’élève au-delà d’un certain degré d’abstraction » (Franca 22-XII-62). La faiblesse de Lénine ici, c’est qu’il demeure un « théoricien pratique » écrit Althusser, et que, si « incomparables » que puissent être ses « analyses concrètes », il ne peut s’élever au-delà du niveau pratique, vers le degré d’abstraction nécessaire à la théorie. Quelques phrases plus loin, Althusser ajoute que, lorsque Lénine fait ou pense faire de la théorie, « il ne fait que définir et énoncer des concepts pratiques, c’est-à-dire des concepts avec lesquels on mènera le combat au corps à corps, des concepts tactiques de défense immédiate, de combat rapproché, de “close-combat” comme on dit… alors que la vraie théorie suppose autre chose que ces concepts tactiques, mais des perspectives proprement et théoriques, et “stratégiques.” ». Il ne s’agit pas ici de la « pratique théorique », mais de son opposé, une théorie pratique, c’est-à-dire une pratique déguisée en théorie, et qui s’est subordonné ce qui est proprement théorique, ce dont l’abstraction philosophique a besoin, à des buts immédiats, tactiques, objectifs. Que Lénine soit pratiquement engagé aurait été nécessaire, mais ceci a maintenant des effets profondément négatifs sur « la tradition officielle de la philosophie marxiste ». La difficulté alors, à la fin de l’année 1962, n’était pas d’expliquer cela, « mais [de le] faire accepter ». Vouloir le faire risquait de provoquer des réactions défensives d’un « système qui n’est pas seulement d’ordre théorique, mais en même temps institutionnel, ou un stimulus déterminant une conduite. »

Je voudrais faire deux remarques au sujet d’une évaluation première de la relation de Lénine à la philosophie – une évaluation qui demeure néanmoins intéressante, sinon surprenante. Des critiques qui viseront moins explicitement Lénine réapparaîtront dans Sur le matérialisme dialectique, quelques mois plus tard. La première définition althussérienne de la philosophie cherche à protéger la philosophie (et sa relation privilégiée aux sciences), de la contamination par le politique – c’est-à-dire non seulement par les tentatives du PCF d’imposer une philosophie officielle à ses adhérents, mais aussi par le combat constitutif du politique lui-même. Il apparaît maintenant que cette première définition est une première « distance prise » d’avec les positions de Lénine. Pour libérer la philosophie des impératifs imposés par l’immédiateté des luttes – c’est-à-dire les perpétuels ajustements tactiques dans une guerre qui reporte la théorie, même la théorie marxiste, à une époque de paix qui n’arrivera jamais – Althusser doit l’amener à un niveau d’abstraction élevé bien au-delà du combat rapproché que Lénine n’avait pas hésité à engager sur le terrain de la philosophie elle-même, mais il est vrai que Lénine utilisait toutes les armes à sa disposition, dans une lutte dont on ne pouvait fixer à l’avance les limites. De la sorte, Althusser a éloigné la philosophie des exigences de la pratique politique en introduisant la distinction entre Théorie, « théorie », et théorie (minuscules). Althusser définit la théorie comme « une forme spécifique de la pratique », « théorie » (entre guillemets) comme « le système théorique déterminé d’une science réelle » c’est-à-dire les concepts par lesquels ce système reflète les résultats de sa propre pratique, et « Théorie » (majuscule) comme « la théorie générale, c’est-à-dire, la Théorie de la pratique en général, elle-même élaborée à partir de la Théorie des pratiques théoriques existantes (des sciences), qui transforment en « connaissances » (vérités scientifiques), les produits idéologiques des pratiques « empiriques » (l’activité concrète des hommes) existantes ». La volonté d’Althusser de conserver le terme « théorie », en le modifiant de façon seulement typographique et imprononçable, a pour effet (entre autres) d’unifier les différentes formes de théories dans une pyramide dont le sommet serait la Théorie, élevée par la majuscule et par sa généralité au-dessus des pratiques théoriques des sciences, qui sont elles-mêmes élevées par leurs pratiques au-dessus des produits idéologiques des pratiques empiriques ou des activités concrètes des hommes. La lettre à Madonia nous permet de comprendre à quel point la première définition qu’Althusser donne de la philosophie n’est pas simplement une déviation « théoriciste » (ou rationaliste) comme il le dira plus tard, mais que c’est une définition qui tend à dénier, non pas simplement son caractère politique, mais plus fondamentalement l’étendue de la participation de la philosophie aux luttes sociales et politiques.
2. Même si l’on sait qu’Althusser renoncera assez rapidement à la définition de la philosophie donnée dans Sur le dialectique matérialiste, définition qui ne devrait donc représenter qu’un premier moment de sa pensée, il faut quand même souligner qu’Althusser reprendra, seulement quelques années plus tard, exactement les mêmes propositions attribuées à Lénine, non comme exemples péjoratifs de la philosophie captive du politique, mais précisément comme la seule description exacte de ce que fait la philosophie, notamment lorsqu’elle renie sa dimension politique. Peut-on comprendre cette évolution d’Althusser comme une succession linéaire et cohérente de moments théoriques, sans rupture ni contradictions ? Ce serait faire d’Althusser l’exception à la règle selon laquelle il n’y a que des exceptions (« la grande loi de l’inégalité ne souffre aucune exception »), règle qui est la vie de la philosophie, évoluant par ses conflits internes et les contradictions qui l’animent, contradictions elles-mêmes imposées par la situation de la philosophie dans les luttes qui traversent toute vie sociale. « Lénine » doit donc être compris comme le nom de la contradiction propre à la réflexion d’Althusser sur la contradiction, la structure inhérente à sa déviation perpétuelle et à son éloignement de la contradiction elle-même. La lutte pour ou contre Lénine est une lutte occultée par l’effort manifeste d’Althusser de ne pas critiquer ouvertement Lénine dans ses textes publiés, effort manifeste parce qu’on ne sait jamais si son Lénine est Lénine et non un prête-nom ou le substitut d’une autre figure (individuelle ou collective), ni si son analyse est positive ou non. Cette obscurité est intérieure à Althusser et à son projet, l’effet plutôt que la cause de sa conflictualité : elle peut donc être dite constitutive.
Pour expérimenter ces hypothèses, nous devons les saisir, ou saisir les phénomènes dont il s’agit, à « l’état pratique », qui est ici la forme discursive qu’ils prennent dans les textes d’Althusser. Commençons par le Lénine de Contradiction et surdétermination, pour voir s’il est vraiment ce simple praticien (ou « clinicien », dans l’expression cinglante d’Althusser), qui diagnostique et traite les contradictions de la situation courante et de la conjoncture, son propre présent donc, sans le connaître par ses causes ni produire une théorie générale de la contradiction historique. Il faut rappeler ici que les critiques adressées en 1962 à Althusser – notamment contre sa conception pluraliste, « hyperempirique » du tout social qui rendait son unité impensable et jetait par-dessus bord le moteur de l’histoire : la contradiction entre forces et rapports de production – ces critiques portaient en fait, bien qu’aucune des parties prenantes ne l’avouaient, moins sur ce qu’Althusser lui-même avait écrit que sur les citations de Lénine, au premier chef celles des Lettres de loin. C’était comme si, au travers des critiques que les communistes adressaient à Althusser, la philosophie communiste officielle, censée avoir été fondée par Lénine, se défendait contre les paroles de Lénine lui-même :
« Si la révolution a triomphé si vite et – en apparence, pour qui se contente d’un coup d’œil superficiel – d’une manière si radicale, c’est uniquement parce que, en raison d’une situation historique d’une extrême originalité, des courants absolument différents, des intérêts de classe absolument hétérogènes, des tendances politiques et sociales absolument opposées se sont fondus avec une « cohésion » remarquable. »
Il n’est guère surprenant que Lénine lui-même se soit efforcé de souligner auprès de ses camarades et alliés potentiels l’inadéquation totale de cette idée, centrale pour la théorie et la pratique de la Seconde internationale, que l’apparente diversité de ce moment historique pouvait être comprise comme diverses manifestations de la même contradiction centrale, non encore mûrie jusqu’à la révolution. Pour Althusser, si Lénine a souligné l’absolue hétérogénéité et la différence des courants dont la conjonction a été explosive, c’était en raison du besoin d’extraire les forces révolutionnaires d’un héritage philosophique sédimenté en dogme, et pour construire une théorie pouvant guider l’action en rendant intelligible l’équilibre des forces et la concaténation des antagonismes dans laquelle les bolchéviques devaient intervenir avec une précision chirurgicale. Les citations de Lénine servaient néanmoins en même temps à rejeter la culture théorique des institutions communistes officielles de l’Europe occidentale de 1962, avec leur penchant à imiter la social-démocratie à laquelle Lénine s’était opposé à l’aube du XXe siècle. Althusser, en reprenant ces passages clefs, habituellement oubliés par les philosophes officiels, voulait surtout utiliser son Lénine contre la figure mythique de l’hagiographie communiste, citant texte contre texte, pour mettre en question non seulement l’erreur théorique découlant de l’idée d’une « contradiction historique simple », mais aussi ses effets pratiques. L’attaque de la forteresse théorico-politique n’était pas sans risque, Althusser s’est retrouvé dans un abyme nommé le « concept marxiste de la contradiction », un abyme devant lequel « le développement philosophique du marxisme » avait dû s’arrêter.
Il n’y a pas cependant, comme il le disait lui-même, de « coin vide en philosophie », et dans une note Althusser présentait le texte de Mao, Sur la contradiction, comme une théorie de la contradiction historique qui s’opposait en son essence à la conception hégélienne tel qu’il la décrivait. Dans le texte de Mao, la loi du développement égal ou inégal trouble les catégories de la dialectique hégélienne, tout d’abord l’idée d’une contradiction simple, dont les termes opposés sont identiques, dont les aspects de la totalité historique seraient le phénomène, et qui seraient donc le centre dont tout jaillirait. Mao commençait son entreprise de décentration en important l’inégalité au cœur de la contradiction, déclarant ses termes inégaux, avec un aspect principal et un aspect secondaire, et donc une relation inégale de l’un à l’autre. Sa matérialisation de la contradiction – qui restait nécessairement chez Hegel spirituelle – comme une contradiction entre forces, entre bourgeoisie et prolétariat, pouvait paraître grossière par certains côtés, mais la contradiction ne pouvait plus être comprise comme identité des opposés fusionnant en un troisième terme. L’équilibre ou l’égalité entre eux pouvait être un effet momentané de leur inégalité, ou, plus précisément, de leur antagonisme effectif lorsqu’ils se rencontraient sur le champ de bataille.
Une contradiction ainsi comprise ne pouvait se produire ou se reproduire dans le phénomène dont elle était l’essence. La contradiction centrale n’était pas seulement troublée ou perturbée, mais déplacée, laissant le centre vide, et permettant ainsi le remplacement continu d’une contradiction par une autre. Un se divisait en deux. À chaque moment il y avait une contradiction principale et un ensemble de contradictions secondaires. De plus les relations déterminées entre les différents côtés de la contradiction principale elle-même changeaient constamment : déterminés par l’interaction entre les contradictions contenues dans une situation particulière, les opposés en conflits dans chaque contradiction n’étaient pas nécessairement antagoniques, c’est-à-dire engagés dans un conflit irréversible. Parce que tout est contradictoire, toute contradiction n’est pas antagonique ou explosive. Tout comme pour Lénine, l’objectif immédiat de Mao était d’éloigner le parti du dogmatisme pour le conduire vers une théorie capable de guider son action. Les dogmatiques de 1935-1937 ont violemment rejeté la position défendue par Mao, qui soutenait que leur lutte ne pouvait progresser qu’en s’unissant, en un front patriotique et anti-impérialiste, avec le Kuomintang, parti de la « bourgeoisie nationale », qui avait mené une guerre implacable contre le parti communiste et l’armée rouge. La réponse de Mao consistait en cette théorie de la contradiction, qui la déstabilisait, mettait en mouvement une multiplicité de contradictions, chacune pouvant devenir, selon la conjoncture, la contradiction principale, les autres restant alors secondaires. De même, seule une analyse concrète de la situation concrète pouvait apprendre au parti de quelles contradictions se composaient les forces installées dans un conflit et quelles étaient, de façon temporaire ou non, les contradictions non antagoniques susceptibles d’être momentanément unifiées.
La note d’Althusser, tout en reconnaissant que la contradiction de Mao « apparaît sous un jour étranger à la perspective hégélienne », concluait en exposant comme un paradoxe ses deux faiblesses : elle demeurait à la fois « descriptive » et « abstraite ». En fait, l’exposé de Mao sur la contradiction pouvait très bien être compris comme le parfait exemple de ce qu’Althusser condamnait en Lénine : la construction d’un concept tactique, ou l’élaboration de concepts dont l’apparition et la fonction demeuraient fondamentalement pratiques. En l’occurrence amener la direction du Parti communiste chinois à s’unir avec le Kuomintang contre l’impérialisme japonais. Ces distinctions entre contradictions primaires et secondaires, antagoniques et non antagoniques, étaient-elles séparables des luttes que Mao avait décrites grâce à elles ? Pouvaient-elles atteindre le niveau de généralité propre à la théorie dont parlait Althusser dans sa lettre à Madonia ?
Tout en ne s’élevant pas au-dessus de la description, la théorie de Mao, « à certains égards », et « en partie », est « abstraite », présentant la question de la contradiction en des termes qui semblaient prétendre atteindre une théorie générale de la dialectique de l’histoire et non rester une particularité de la théorie marxiste de la contradiction. Althusser souligne l’incompatibilité apparente parmi des éléments de sa critique de Mao, mais n’a jamais fait l’effort de la résoudre ni de l’expliquer. Son bref résumé de De la contradiction est cependant très éloquent. Dans une courte note, il réduit la théorie de l’ensemble de relations à trois oppositions binaires : « contradiction principale et contradiction secondaire : aspect principal et aspect secondaire de la contradiction ; contradictions antagonistes et non-antagoniste », commandés tous deux par « la loi de l’inégalité de développement des contradictions ». La reprise de Mao par Althusser devient ainsi une théorie structuraliste, voire formelle, de la contradiction, dans laquelle l’histoire est invariablement présente à elle-même sous la forme invariante de chaque aspect de la contradiction. Un moment historique donné ne peut être compris que comme l’actualisation de cet ensemble de formes possibles : primaire ou secondaire (qu’il s’agisse de la contradiction ou de ses aspects), antagonique ou non antagonique. Toute l’histoire peut être lue grâce à la grille de ces oppositions qui rendrait seule cohérente et intelligible une conjoncture particulière. Cette grille peut s’appliquer indifféremment à toute époque, mode de production ou formation sociale, et offre donc un type de théorie qu’on peut apprendre par cœur et aisément appliquer, malgré les déclarations de Mao. Un tel système n’est pas une théorie de la contradiction comme identité spirituelle d’opposés dont l’essence pénètre le monde matériel, identité qui n’est jamais que la forme de réconciliation précédant l’époque où nous verrons tout clairement. Mais il est un système constitué par l’assignation de rôles ou positions déterminés par son inégalité et sa dissymétrie.
Personne n’a mieux compris ce qu’impliquait la lecture d’Althusser qu’Alain Badiou, une dizaine d’années plus tard. Dans sa très anti-althussérienne Théorie de la contradiction (1975), il rapporte l’un à l’autre les silences de la brève note dans laquelle Althusser décrit précisément la théorie de Mao, puis son rejet immédiat dans le résumé que fait Althusser de Sur la contradiction. Comme s’il s’adressait à la cantonade, répondant à une objection jamais formulée, Badiou prend bien garde de prévenir son lecteur que la théorie de Mao n’a pas à être lue comme une répartition logiquement prédéterminée des parties concurrentes, comme si lire Mao en France dans les années 1960 était traduire une théorie de la contradiction en un ordre synchronique des places et des rôles, quelque chose comme une syntaxe de l’histoire. Elle devrait être plutôt lue comme une théorie des forces : « la pensée de la contradiction ne consiste pas à redoubler le système des places par une estimation structurale (combinatoire) des forces. Le processus est essentiellement dissymétrique, d’une dissymétrie non schématisable, parce qu’elle est qualitative » (93). Ce qui dans la théorie de Mao ne sert pas à développer la théorie marxiste de la contradiction, et risque même de la ramener en arrière par sa ressemblance apparente avec le structuralisme ou les sciences sociales, est en fait utile pour repousser les attaques (provenant tout d’abord du camp marxiste) contre le « pluralisme » ou « l’hyper empirisme » de la notion althussérienne de contradiction surdéterminée.
Althusser se sert donc de la théorie de Mao sur la contradiction d’une double manière : elle fournit une alternative « officielle » à – sinon une critique de – la simplicité de la notion hégélienne de contradiction, et elle permet de complexifier cette simplicité, d’insister sur l’irréductible complexité et l’hétérogénéité de la contradiction, sans sombrer immédiatement dans ce qu’Althusser lui-même appellera plus tard le règne de l’aléatoire. La brève note de Contradiction et surdétermination sert en un sens à présenter Lénine, bien que précédant Mao chronologiquement, comme s’il était son successeur dans le temps de la théorie, et plus particulièrement de la théorie de la contradiction. Ici se divise en deux la forme de la contradiction hégélienne, ce qu’Althusser appelle, avec une certaine audace, sa simplicité, simplicité qui survit à sa transposition matérialiste, comme contradiction entre forces et rapports de production, devenant le moteur et le centre de l’histoire, de sorte que toutes les autres contradictions n’en soient que le phénomène et puissent se réduire à cette contradiction centrale. Mao prend ses distances avec Hegel en montrant que la simplicité d’une seule et belle contradiction, comprise comme identité des opposés, n’est elle-même que l’effet conjoint d’un ensemble d’oppositions dont les termes ne peuvent être compris comme identiques mais comme inégaux et dissemblables : principales et secondaires, contradiction et antagonismes, antagoniques et non-antagoniques…
Lorsqu’Althusser se retourne vers Lénine, le fondateur principal de la tradition officielle à laquelle il espère échapper subrepticement, pour « tenter de réfléchir un instant sur le concept marxiste de la contradiction », il le fait dit-il à ses « risques et périls ». Quel risque y a-t-il à se (re)tourner ainsi vers Lénine, figure des plus importantes dans l’appareil du parti, pour reprendre une expression d’Althusser en 1967, considéré comme n’étant pas philosophe, ignoré, sinon méprisé par les philosophes, y compris les philosophes marxistes toutes tendances confondues, à commencer par Althusser lui-même selon son propre témoignage ? La suite du texte montre que le péril ne consiste pas dans le fait de critiquer Lénine, en lui reprochant de ne pas avoir été le philosophe qu’il n’a pas été mais aurait dû être, mais dans le fait de réfléchir sur les propres réflexions de Lénine concernant la nature exacte des contradictions qui ont produit ou déterminé la Révolution de 1917. C’est ce qu’Althusser appelle une « aventure philosophique » : laisser de côté les « morceaux choisis », et suivre le texte de Lénine à la lettre près, sans prétendre savoir à l’avance où il pourra nous conduire, comme un explorateur s’avance dans un monde inconnu. Le risque qu’il y a à lire Lénine est précisément d’entrer dans un monde inconnu, un monde que nous ne connaissons pas comme inconnu, que nous prétendions avoir connu sans avoir pu savoir que nous ne le connaissions pas avant d’en venir finalement à faire l’expérience d’une sorte d’étrangeté [unheimlichkeit] philosophique. Si nous nous mettons à suivre Althusser comme il suit Lénine, nous nous demanderons qui est celui qu’Althusser, tout au long du chemin, vise silencieusement comme un chasseur suit une piste, et il faudra bien nous demander si quelque chose dans les réflexions de Lénine ressemble ou non à ce que nous avons plus ou moins compris comme étant la contradiction.
La discussion par Althusser de la théorie marxiste de la contradiction ne commence pas par un rapide rappel des abstractions théoriques requises pour l’analyse, mais justement dans le royaume de la pratique, à ce niveau que Lénine a tant de mal à dépasser. Il ne s’agit pas en fait du domaine de la pratique, mais plus précisément du domaine du combat. Se référant à Machiavel (L’art de la guerre) et aux deux traités de Vauban (Traité de l’attaque des places et Traité de la défense des places), Althusser souligne que Lénine, qui n’a pas eu d’autre choix que de maîtriser les arts de l’attaque et de la défense, de l’avance et du retrait, a appris que la stratégie commençait avec la capacité de découvrir « le point faible, le maillon faible ou le défaut » de chaque système de défense ou d’attaque. Parce que cette théorie a été manifestement bénéfique à Lénine pour déterminer la tactique permettant de mener à bien et défendre la révolution, Althusser souligne que la théorie du maillon faible permet aussi d’expliquer le fait, l’événement révolutionnaire. Certes, la Russie était le maillon faible des États impérialistes, politiquement attardée et peu préparée à la guerre dans laquelle elle s’était engagée en confiance. La guerre imposa d’énormes souffrances aux combattants ainsi qu’aux autres, mais il a été démontré qu’elle n’était pas l’origine de la faiblesse du maillon faible. Cette faiblesse résultait d’un trait spécifique : « l’accumulation et l’exaspération de toutes les contradictions historiques alors possibles en un seul état » (PM 94). Comme pour souligner l’importance de cette proposition, Althusser répète une page plus loin : « l’ accumulation et l’exaspération de toutes les contradictions historiques ». Il paraît impossible d’énumérer l’ensemble de ces contradictions, comme si leur nombre excédait l’espace de l’argumentation et recouvrait l’ensemble des conditions de possibilités de la révolution russe. En fait le nombre seul de ces contradictions est moins important que leur addition ou agrégation (Althusser emploie le verbe « accumuler » ou « cumuler »), qu’Althusser relie à l’exaspération de ces contradictions comme si l’intensité des forces opposées croissait lorsqu’elles sont ajoutées les unes aux autres.
Althusser paraît à certains moments proposer une théorie purement quantitative de la contradiction, de sorte que chaque contradiction soit équivalente et commensurable à n’importe quelle autre, qu’elle puisse être ajoutée ou soustraite, multipliée et divisée. Mais il cite Lénine pour réintroduire un élément d’incommensurabilité propre à toute situation révolutionnaire. Lénine souligne qu’aux contradictions accumulées – qui prennent plutôt ici l’allure d’une addition que d’une conjonction ou d’une rencontre mêlant des choses dissemblables – il faut ajouter « des événements, d’autres circonstances “exceptionnelles,” inintelligibles en dehors de cet “enchevêtrement” des contradictions intérieure et extérieure de la Russie » (95). Ici « enchevêtrement » reprend et qualifie plus précisément et spécifiquement le sens de l’accumulation pour décrire comment un grand nombre de contradictions s’ajoutent et fusionnent ensemble, sans pour autant perdre leur singularité, et produisent un effet par leur proximité. Mais pour que l’effet soit une révolution, ou une rupture comme le dira Althusser, avec le système existant, à la fois interne et externe à la Russie, il faut qu’en plus des contradictions entre forces opposées se rencontrent « des événements et des circonstances exceptionnelles », exactement ce que Lénine considérait comme si rare, au point d’être miraculeux.
Le Lénine d’Althusser est donc bien loin de Hegel, bien loin de la notion d’une contradiction historique et de son phénomène, comme il est loin d’assigner des places hiérarchisées aux contradictions d’un moment historique donné. Seul un concept emprunté à Freud, un concept pratique, adapté comme une sorte d’arme à une lutte contre la théorie mais aussi nécessaire à la lutte à l’intérieur de la théorie, permet à Althusser, non pas de compléter la description de Lénine la théorie qui lui manque, mais de lire dans cette description la théorie qu’il a déjà. La théorie freudienne de la surdétermination ne fait ni plus ni moins que rendre visible les termes et concepts de la théorie de la contradiction de Lénine, mieux comprise comme enchevêtrement de fils, nœud par lequel seulement la contradiction centrale du capital et du travail peut être mise en mouvement, « activée ». L’enchevêtrement permet à « une accumulation de “circonstances” et de “courants” telle que, qu’elle qu’en soit l’origine et le sens (et nombre d’entre eux sont nécessairement, par leur origine et par leur sens, paradoxalement étrangers, voire “absolument opposés” à la révolution),” de se fondre “en une unité de rupture” »(PM 98). C’est la lecture althussérienne de ce remarquable passage des Lettres de loin :
Si la révolution a triomphé si vite et – en apparence, pour qui se contente d’un coup d’œil superficiel – d’ une manière si radicale, c’est uniquement parce que, en raison d’une situation historique d’une extrême originalité, des courants absolument différents, des intérêts de classe absolument hétérogènes, des tendances politiques et sociales absolument opposées se sont fondus avec une “cohésion” remarquable.
Dire que la contradiction centrale du capitalisme doit être « activée » comme contradiction signifie qu’elle n’existe pas avant ou en dehors de la conjonction de « courants » et « tendances » absolument différents, incommensurables et hétérogènes, qui ne sont ni « éléments » stables ni forces, mais mouvements, tendances et flux dont l’unité ou la fusion constitue l’unité de rupture qui est, in actu, comme la combinaison spécifique inconnue à l’avance pouvant seule produire une fission historique. Le fait qu’Althusser reviendra ultérieurement à ces thèmes sous la bannière du matérialisme aléatoire ne nous contraint pas à faire de ses réflexions de 1962 une prolepse ou anticipation, comme si les derniers devaient être supérieurs aux premiers. En défendant Lénine, plutôt contre les critiques qu’il prononcera lui-même dans sa correspondance, contre Mury et les autres, contre précisément le fait que les analyses de Lénine ne soient rien d’autre qu’une liste ou un inventaire de différents facteurs sans qu’ils puissent s’inscrire dans une logique décrivant leur fonction, Althusser prononce une phrase dont il n’était pas prêt à préciser pleinement le sens en 1963 et qu’il évitera plus tard : Lénine est le théoricien de « la structure de la conjoncture ».
Une dizaine d’années plus tard, le nom de Lénine cédera la place à celui de Machiavel, ou d’autres philosophes de la conjoncture, mais non sans que les concepts pratiques de Lénine fonctionnent dans la philosophie elle-même. Lorsqu’il invoque Lénine contre les prétentions des philosophes à théoriser la théorie ou administrer les conflits, Althusser semble confiner les philosophes à la non-existence du « rien philosophique », pure immanence d’une ligne « qui n’est même pas une ligne, pas même une trace, mais le simple fait de se démarquer, donc le vide d’une distance prise ». La conjoncture pense elle-même sa conflictualité et sa dispersion, comme si la philosophie n’était que la ligne délimitant les conflits et leur enchevêtrement, la rationalité réfléchissant sur ces conflits ou produisant des effets de réflexion seulement dans la mesure où elle réfléchit sur le nœud de la conjoncture, surface plane dont elle est l’autre versant. Dans les premiers textes d’Althusser et au début de son aventure philosophique, c’est Lénine qui lui a montré la route, Lénine connu comme dogmatique, qui s’est paradoxalement abandonné lui-même à l’enchevêtrement de la conjoncture, dans laquelle en un certain sens Lénine a disparu. Qu’Althusser n’ait pu le suivre qu’une partie du chemin n’était certainement qu’un effet de la conjoncture dans laquelle la force de sa pensée variait selon le pouvoir d’agir.
Traduit de l’anglais par Luc Vincenti. Ce texte a d’abord été prononcé au colloque annuel du séminaire « Penser la transformation » à l’Université Montpellier 3, le lundi 27 mai 2013 : « Pour Althusser ».

Publié sur le site de Période est une revue en ligne de théorie marxiste.

 

Source:  https://www.cahiersdusocialisme.org/16683-2/

Paul Mattick et la validation de la loi de Marx – une critique de « La Longue Dépression »

En raison de la pertinence scientifique pour le professeur marxiste Michael Roberts et ses travaux sur le Loi de La baisse tendancielle du taux de profit, cet article a été tout simplement traduit par un logiciel de traduction.

Le week-end dernier, lors d’une session du Forum de gauche à New York, j’ai présenté les thèses de base dans mon livre The Long Depression. Mes arguments ont ensuite été soumis à une analyse critique par mes collègues invités, Paul Mattick Jnr et Jose Tapia. Toute la session a été enregistrée par vidéo et apparaîtra sur You Tube – Left Forum dans quelques semaines.

Maintenant, nous sommes tous d’accord pour dire que la loi de Marx sur la tendance du taux de profit à tomber est le fondement et la cause principale des crises sous le capitalisme. Cette opinion reste une minorité parmi les économistes marxistes, et encore moins d’autres économies hétérodoxes. Mais même si nous sommes d’accord sur cela, il reste beaucoup à débattre de la façon d’expliquer et de valider la loi de Marx. Dans cette publication, je répondrai à la profonde critique de mon livre que Paul Mattick a présenté le week-end. Dans la prochaine publication, je vais regarder la critique de Jose Tapia.

Paul Mattick est un professeur émérite de philosophie à l’Université Adelphi de New York et fils de cet éminent collaborateur de l’analyse économique marxienne, Paul Mattick snr, qui a expliqué si bien la théorie de la crise de Marx en période d’après-guerre et exposé où l’économie dominante, en particulier Théorie et politique keynésienne. Paul Mattick jnr a continué le travail de son père avec autant de succès. Son livre, Business as Usual, est, à mon avis, la meilleure analyse du crash financier mondial et de la Great Recession facilement accessible aux non économistes – lecture essentielle.

La critique de Paul de mon livre se résume à la manière de valider la loi de la rentabilité de Marx en tant que théorie des crises. Comme il l’a dit dans son article de commentaire (Roberts Panel), il est d’accord pour dire que l’économie mondiale est dans ce qui pourrait être décrit comme une longue dépression et j’ai raison que les politiques keynésiennes et monétaires du courant dominant n’ont pas réussi à sortir le capitalisme de cet état déprimé .

Cependant, il considère ma tentative de validation de la théorie des crises de Marx en essayant de mesurer le taux de profit de manière marxiste comme impossible et inutile. « Ce n’est pas possible, fondamentalement parce que la valeur n’est représentée que par les prix, qui se déplacent indépendamment des valeurs ». Le taux de profit marxien ne peut être mesuré qu’en termes de valeur (temps de travail moyen) et pourtant toutes les statistiques officielles sont en prix; Et pire, dans les prix du marché d’une monnaie en général. De telles mesures de prix peuvent et varieront bien en fonction des valeurs modifiées de Marx (prix de la production), encore moins valeur. En tant que tel, toutes mes mesures de rentabilité « marxiennes » (et d’autres personnes) sont une perte de temps.

En outre, la plupart des mesures de rentabilité faites par moi et d’autres chercheurs sont des taux de profit nationaux et habituellement juste pour les États-Unis. De telles mesures, dit Paul, ne nous racontent rien sur le mouvement de la rentabilité dans le capitalisme mondial. Et la loi de Marx est basée sur une économie mondiale. Mais un taux mondial de profit avec un bon calcul de la plus-value totale au niveau mondial est impossible à mesurer.

En fait, Paul soutient que nous n’avons pas besoin de « tester » la loi de Marx et sa théorie des crises avec de telles mesures statistiques. Nous pouvons valider la théorie de Marx par le fait même que les économies capitalistes entrent dans des retombées récurrentes; Qu’il y a des périodes de prospérité et de croissance qui donnent lieu à des périodes de dépression, comme maintenant. L’accumulation capitaliste ne peut pas permettre une expansion harmonieuse et soutenue de la production et, plus particulièrement, l’accumulation de capitaux; Et il ne peut pas fournir plein emploi, etc. Paul dit: « Ce sont toutes les caractéristiques reconnaissables sans un appareil statistique significatif; Dans le travail de Marx, les données historiques pour la plupart fonctionnent pour illustrer, non pour tester, des idées théoriques. « Il n’est pas nécessaire d’entrer dans tous les détails de la mesure des taux de profit; C’est un exercice de futilité.

Eh bien, je ne suis pas d’accord. L’utilisation d’événements ou de tendances générales pour «illustrer» la validité d’une loi peut aider. Mais ce n’est pas assez. Les retombées dans le capitalisme s’expliquent par d’autres théories comme le «manque de demande» keynésien, ou de la «sousconsommation» par des bas salaires et des inégalités croissantes, etc. (post-keynésien); Ou par l’échec des secteurs de consommation à croître en fonction des secteurs des biens d’équipement (théorie de la disproportion); Ou par une dette excessive (Minsky) ou «trop de profits» qui ne peuvent être absorbés (Revue mensuelle). Les «caractéristiques» des crises capitalistes peuvent également être utilisées pour «illustrer» ces théories alternatives. En effet, ce sont les explications les plus dominantes dans le mouvement ouvrier et les mêmes événements illustratifs sont utilisés pour les valider.

Pour justifier la loi de la rentabilité de Marx, je crois que nous devons approfondir nos connaissances scientifiques. Cela implique de mesurer la rentabilité et de la relier à l’investissement commercial et à la croissance et aux chutes. Ensuite, nous pouvons même faire des prédictions ou des prévisions de crises futures. Et seulement alors, d’autres théories peuvent être rejetées en utilisant un ensemble de preuves empiriques qui soutiennent la loi de Marx.

Une telle approche peut être ambitieuse, mais ce n’est pas impossible. Tout d’abord, la loi de Marx peut être fondée sur les valeurs du travail, mais elle est exprimée dans les prix. Les capitalistes commencent par le capital monétaire et finissent avec plus de capitaux monétaires dans le mode de production capitaliste à but lucratif. L’argent est le lien entre la valeur et le prix. Oui, les prix du marché peuvent et varieront nécessairement selon les prix de la production et les valeurs des produits. Mais ils sont encore attachés comme une ancre ou un yo-yo à l’évaluation au fil du temps, même si la valeur change sans cesse en raison des changements dans la productivité du travail. La valeur totale est toujours égale aux prix totaux.

Plusieurs chercheurs ont montré empiriquement la relation étroite entre les prix du marché et la valeur de la production. Et les prix monétaires peuvent être vérifiés empiriquement par rapport à la valeur du temps de travail. Par exemple, Cockshott et Cottrell ont brisé l’économie dans un grand nombre de secteurs pour montrer que la valeur monétaire de la production brute de ces secteurs est en corrélation étroite avec le travail simultanément dépensé pour produire cette production brute: Anwar Shaikh a fait quelque chose de similaire. Il a comparé les prix du marché, les valeurs de main-d’œuvre et les prix de production standard calculés à partir des tableaux d’entrées-sorties américains et ont constaté qu’en moyenne, les valeurs du travail s’écarent des prix du marché de seulement 9,2 pour cent et que les prix de la production (calculés selon les taux de profit observés) S’écarter des prix du marché de seulement 8,2 pour cent.

Et G Carchedi dans un article récent a montré que la validité de la loi de la valeur de Marx peut être testée à l’aide des données officielles des États-Unis, qui sont des prix dévalorisés en monnaie étrangère des valeurs d’utilisation. Il a constaté que l’argent et les taux de profit de valeur se sont déplacés dans la même direction (tendennement à la baisse) et se sont suivis très étroitement. Carchedi et moi avons utilisé cela dans un document commun pour montrer comment le taux de profit dans les secteurs qui créent de la valeur et de la plus-value dans l’économie américaine n’est pas si loin de la rentabilité globale de l’ensemble de l’économie.

Cela m’amène à une autre critique de mon approche par Paul. Il dit que le taux de profit marxien est l’excédent total produit par le travail productif dans une économie et le travail improductif doit être mesuré dans le cadre de la plus-value totale. Mais, dit Paul, de nombreuses mesures du taux de profit des chercheurs ne tiennent pas compte des intérêts, des loyers et des bénéfices financiers qui font également partie de la plus-value totale. En termes marxistes, le taux de profit devrait être une mesure de la plus-value totale par rapport au capital avancé, et non au profit, tel que défini dans les statistiques capitalistes.

Paul a raison. En effet, c’est pourquoi j’utilise ce que j’appelle une mesure de «toute l’économie». Cela définit la plus-value (pour une économie nationale) en tant que revenu national brut annuel (moins la dépréciation annuelle des moyens de production) moins le coût des salaires et des avantages. Ensuite, pour obtenir le taux de profit, cette plus-value est divisée par le capital total avancé pour les moyens de production (immobilisations) et le capital circulant (matières premières ou stocks) dans les secteurs productifs et le capital variable (travail) dans les secteurs productifs . Cela englobe ensuite la critique de Paul de certaines mesures qui excluent les loyers, les intérêts et les bénéfices financiers. À mon avis, toutes ces pièces mobiles peuvent être mesurées pour offrir un taux de profit significatif à l’aide de statistiques officielles. Nous pouvons mesurer le capital «productif» et nous pouvons intégrer toutes les formes de plus-value. Et plusieurs chercheurs l’ont fait pour différents pays. Si vous lisez ce blog régulièrement, vous savez qui ils sont.

Ce qui appuie ces tentatives de faire l’impossible (de l’avis de Paul) sont les résultats. Cependant, le taux de profit est mesuré, la tendance générale est la même. Prenez la période d’après-guerre, en utilisant des statistiques officielles pour les États-Unis, vous pouvez mesurer le taux de profit de l’économie entière pour le secteur des entreprises uniquement pour le secteur des sociétés non financières ou même pour une définition plus précise «Secteur» et la tendance générale est la même. Il y a eu un taux de profit élevé après 1945, qui dure jusqu’au milieu des années 1960. Ensuite, il y a une crise de rentabilité qui dure jusqu’au début des années 1980. Ensuite, il y a une reprise «néo-libérale» de la rentabilité qui se termine à la fin des années 1990 ou d’ici 2001. Après cela, le taux de profit ne revient pas au niveau des années 1990 et certainement pas à cela dans les années 1960. Je pense que ces mesures sont robustes (parce qu’elles sont similaires) et fournissent ainsi des validations puissantes de la loi de rentabilité de Marx. Ils ne doivent donc pas être renvoyés, car ils contribuent à réfuter les théories alternatives des crises.

Oui, ces mesures ne sont que nationales et ne montrent pas le «taux de profit mondial», ce qui serait nécessaire pour soutenir pleinement la loi de Marx. Comme le dit Paul: « Une augmentation de la rentabilité du capital américain ne nous dit rien déterminé sur le taux de profit marxien ». Mais des tentatives sont faites pour mesurer un tel «taux mondial» par divers érudits, y compris moi. Ils sont en moyenne les taux nationaux, pas une solution idéale théoriquement, mais néanmoins, ils donnent des résultats similaires aux mesures américaines comme décrit ci-dessus.

Paul dit que vous ne pouvez pas avoir un lien direct entre la rentabilité et l’investissement dans une économie capitaliste, car les retours d’investissement sur le marché boursier sont vraiment des réflexions de capitaux fictifs et non le taux de profit sur le capital productif. Comme Paul cite un analyste des valeurs mobilières: «le prix de la sécurité n’a pas de relation directe avec la plus-value actuellement exploitée par la main-d’œuvre productive».

De toute évidence, les rendements du marché boursier peuvent varier considérablement du rendement du capital productif. Dans The Long Depression, et dans mon précédent livre, The Great Recession, je fais également ce point. Les dividendes et les gains en capital découlant des achats sur le marché boursier ne sont pas la mesure marxiste du bénéfice car ils sont faussés par le caractère fictif du capital financier. La plupart des bénéfices accumulés dans le secteur financier sont fictifs, en particulier les gains provenant des achats d’obligations d’État. L’emprunt du gouvernement et l’impression de l’argent fournissent un flux continu de bénéfices fictifs.

Mais cela peut être pris en compte et plusieurs chercheurs l’ont fait. Nous pouvons approfondir les données et commencer à montrer le lien de causalité clair entre le mouvement dans la rentabilité du capital dans les secteurs productifs, l’investissement dans le capital productif et la croissance économique – en effet, le mouvement dans la masse du profit dans une économie est un très Un bon guide sur la probabilité d’une modification de l’investissement des entreprises et d’un ralentissement de la production capitaliste (The juros d’investissement GM Roberts HMNY avril 2017). L’autre interlocuteur du Forum de gauche, Jose Tapia, a montré exactement cela pour l’économie américaine (le_investissement_call_the_tune_may_2012__forthcoming_rpe_), ainsi qu’un document récent et complet de G Carchedi sur la loi et les crises de Marx.

Je pense donc que nous pouvons aller plus loin que simplement utiliser des preuves anecdotiques pour «illustrer» la loi de Marx sur les crises. Nous pouvons fournir des preuves solides basées sur des données empiriques robustes pour soutenir la loi de la rentabilité de Marx et sa relation avec les crises récurrentes sous le capitalisme. Oui, la tâche consistant à définir nos catégories et à masser les données afin de mesurer les choses avec précision est formidable. Mais personne ne prétend que la science est facile (et on se trompe souvent), mais je suis d’avis que ce n’est pas impossible.

De plus, il est nécessaire. Sinon, les théories alternatives à la théorie de Marx continueront à revendiquer la validité et à dominer. Et ce sont de mauvaises nouvelles parce que ces théories alternatives fournissent des politiques qui visent à «gérer» ou à «corriger» le capitalisme plutôt que de le remplacer. Et ces politiques ne fonctionnent pas et ne fonctionneront pas dans l’intérêt de la majorité (la classe ouvrière) et perpétueront les iniquités et les horreurs du capitalisme.

Paul est également sceptique de ma proposition selon laquelle il existe des cycles ou des régularités discernables dans l’accumulation capitaliste, bien qu’il reconnaisse qu’il y ait ou non «peu importe d’un point de vue marxiste». Dans le prochain post, je traiterai La critique de mon point de vue sur les cycles dans le capitalisme tel que présenté par Jose Tapia, l’autre intervenant dans le panneau du Forum de gauche sur mon livre.

 

Source:   https://thenextrecession.wordpress.com/2017/06/05/paul-mattick-and-validating-marxs-law-a-critique-of-the-long-depression/

 

La Révolution d’Octobre est une percée vers une ère nouvelle

Le 13 mai à Moscou s’est tenue l’assemblée plénière du Comité central de l’organisation panrusse « scientifiques russes d’orientation socialiste » (RUSO, selon l’acronyme russe), consacré au 100e anniversaire de la Grande Révolution socialiste d’Octobre.

https://kprf.ru/ruso/165286.html

Service de presse du Comité central du Parti communiste. AlekseyBragin.
14/05/2017

La séance est présidée par le Président du CA RUSOIvan Nikitchuk. Sont présents égalementle vice-président du Comité central du KPRF, DmitriNovikov et le secrétaire du Comité central du KPRF Mikhaïl Kostrikov. Le Plénum RUSO a réuni plus de 100 personnes, y compris des invités étrangers en provenance du Venezuela, du Vietnam et d’Argentine.
Au début de la réunion, les membres de RUSO ont reçu des médailles commémoratives du Comité central du Parti communiste, « 100 ans de la Grande Révolution socialiste d’Octobre. » .
DmitriNovikov: « RUSO – est l’un des plus importants centres de recherche du Parti  »
La séance a été ouverte par le vice-président du Comité central du KPRF, DmitriNovikov. Il a transmis les salutations au Plénum du chef des forces patriotiques du peuple de Russie, Président du Comité central du Parti communiste, Guénnady Ziouganov.
« Toute force politique a besoin de capacités intellectuelles, de centres de recherche et d’analyse. Le Parti communiste n’est pas seulement une force politique. C’est un parti qui vise à transformer le système socio-politique et socio-économique actuel. Notre parti a une vision de l’avenir. Cet avenir c’est le socialisme », – dit Novikov.
« Une telle approche exige une étude scientifique des processus qui se déroulent dans la société: économiques, social, politiques, spirituels et culturels. Comme a dit Staline : « Sans théorie, nous somme morts. » Lorsqu’il ne s’agit pas d’un parti populiste, opportuniste, mais d’un parti avec une idéologie solide, on ne peut pas négliger l’importance des travaux théoriques et de recherche », – a déclaré DmitryGeorgievich.
« Maintenant, nous préparons activement le XVIIe Congrès du Parti communiste. Le Comité central du Parti communiste est le principal centre de recherche et d’analyse de notre Parti dans la période considérée. Un grand travail a été accompli. Le plénum du Comité central a étudié un certain nombre de questions importantes », – a déclaré Novikov.
« Ainsi, en octobre 2013 a été examinée la question nationale et les tâchesdu partie pour renforcer l’amitié entre les peuples. Un Plénum important a été celui d’octobre 2014, qui a examiné l’état de la classe ouvrière en Russie et les tâches du Parti pour travailler en milieu ouvrier. Le Parti communiste a donné sa définition du prolétariat russe moderne, nous avons souligné que la dictature du prolétariat est la dictature de la majorité, dirigée contre la dictature bourgeoise de la minorité ».
« En mars 2015, nous avons abordé la question de« L’héritage révolutionnaire de la Grande Révolution d’Octobre et les tâches du Parti communiste ». Quelques mois plus tard un plénum a examiné le problème de la politique de jeunesse du Parti. « Sur les tâches du Parti pour combattre l’antisoviétisme et la russophobie » – a été le thème de la dernière réunion plénière. Nous avons montré le contenu social et de classe de la russophobie et ses relations avec l’anti-soviétisme. Toutes ces sessions plénières ont joué un rôle majeur dans la lutte concernant d’importantes questions scientifiques, politiques, économiques et sociales du point de vue de l’analyse marxiste-léniniste ».
« Le Comité central du XV Congrès a donné dans son rapport politique une analyse des problèmes socio-économiques dans le monde d’aujourd’hui, il a introduit la caractéristique de la mondialisation, qui avait déjà été abordée dans les travaux de Ziouganov. Le parti considère le globalisme comme une forme moderne de l’impérialisme ».
« Tous ces thèmes examinés au Comité central du Parti communiste ont également fait l’objet d’une étude des scientifiques d’orientation socialiste. RUSO est l’un des plus importants centres d’analyse et de recherche, proche du Parti. Cette organisation ne comprend pas seulement des membres du Parti communiste. RUSO a parcouru un long chemin avec le parti et a contribué à l’étude d’un certain nombre de questions importantes », – a déclaré le vice-président du Comité central, faisant l’éloge de cette organisation.
« Il est important qu’entre le Comité central du Parti communiste et le Conseil de RUSOexiste une relation stable, et cette interaction est assurée par Ivan IgnatevichNikitchuk avec sûreté, intelligence et constance, » – a déclaré DmitryGeorgievich.
« A l’occasion du 100e anniversaire de la Grande Révolution socialiste d’Octobre nous organisons des conférences scientifiques, des tables rondes, il y a un grand travail éditorial. En novembre 2017 nos travaux seront clôturés solennellement au cours d’événements internationaux. La dix-neuvième Réunion internationale des Partis des travailleurs se tiendra début novembre à Saint-Pétersbourg. Ensuite, les participants viendront à Moscou pour y poursuivre le travail et tenir une table ronde consacrée au 100e anniversaire de la Grande Révolution socialiste d’Octobre. Nous avons déjà eu une réunion du groupe de travail sur les préparatifs de la réunion internationale », – a déclaré Novikov.
Dans la suite de son intervention il a également parlé du travail du Centre d’études politiques du Comité central du Parti communiste, de la chaîne de télévision « ligne rouge » et du journal « Pravda ».
« Nous nous heurtons à des forces politiques qui mènent leur propagande. Des moyens considérables sont engagés afin de fausser l’histoire de la Grande Révolution socialiste d’Octobre en Russie, de fausser l’histoire de l’édification soviétique », – a-t-il dit amèrement.
« Nous souhaitons sincèrement un plein succès aux activités de RUSO. C’est un centre intellectuel très important du parti, qui est amené à jouer un rôle particulier dans la promotion des réalisations du socialisme, défendre la vérité sur l’histoire soviétique, dans la lutte contre la falsification de notre passé. Nous avons beaucoup à faire. Et nous devons poursuivre dans cette voie avec honneur », – a dit en conclusion le vice-président du Comité central du Parti communiste.
IvanNikitchuk: « La Révolutiond’Octobreest une percée vers une ère nouvelle »
Puis le Président du CC deRUSONikitchuka présenté son exposé: « La Révolution d’Octobre est une percée vers une ère nouvelle»
– Camarades!
Le XX siècle a été marqué par plusieurs événements d’importance historique. C’est la victoire sur le fascisme dans la Seconde Guerre mondiale, la maîtrise de l’énergie atomique, et la percée humaine dans l’espace. Mais le plus remarquable est l’accomplissement de la Grande Révolution socialiste d’Octobre.
Nous, les scientifiques, fidèles aux principes des grandes idées du socialisme et du communisme, nous inclinons aujourd’hui avec respect et admiration devant l’héroïsme de nos ancêtres qui ont réalisé il y a cent ans une percée historique dans la lutte des travailleurs pour leur libération de l’oppression et de l’humiliation millénaires.
La victoire de la Grande Révolution socialiste d’Octobre est, en effet, un exploit sans précédent du prolétariat héroïque de la Russie pour briser la chaîne séculaire de l’exploitation de l’homme par l’homme. C’est à la fois l’hymne du parti bolchevique – le parti de Lénine et de Staline – qui a réussi à guider le vaisseau de la révolution versles grands espaces de la transformation socialiste. C’est aussi la symphonie majestueuse des bâtisseurs du socialisme en URSS, qui ont sauvé le monde du fascisme et créé dans une période historiquement courteune superpuissance, la première à s’élancer dans le cosmos. Enfin, c’est un clairon qui durant toutes les années du pouvoir soviétique a appelé les peuples opprimés à la lutte pour leur libération.
Le prolétariat de Russie, dirigé par le Parti bolchevique a pu non seulement renverser le pouvoir des capitalistes et des propriétaires, mais aussi conserver le pouvoir dans une lutte difficile contre l’intervention de l’encerclement capitaliste, qui avait déchaîné la guerre civile dans le pays.
Dans le creuset de la révolution est né un nouveau type d’état – l’état de la dictature du prolétariat et le pouvoir soviétique – lepouvoir des travailleurs et de la paysannerie laborieuse.
Les libéraux et antisoviétiques d’aujourd’hui présentent souvent la Russie tsariste comme un quasi paradis sur terre, que les bolcheviks ont détruit en prenant le pouvoir. Qu’en était-il de ce paradis?
Dans la production mondiale de 1913, la part de la Russie était d’environ 2%, tandis que la part des pays avancés (Etats-Unis, Allemagne, Angleterre, France) était de 20 à 7%. Pour le montant du produit national brut par habitant la Russie était inférieure aux Etats-Unis de 9,5 fois, la Grande-Bretagne – 4,5, l’Allemagne – 3,5.
La productivité du travail dans l’industrie en Russie était inférieure à celle des États-Unis de 9 fois; Angleterre – 5 fois; Allemagne – 4 fois.
Tout aussi décevant était l’état de l’agriculture. Au XIXe siècle, la Russie a connu 40 disettes. En 1911-1912, la famine a balayé 60 provinces. 30 millions de personnes étaient entre la vie et la mort. Selon diverses estimations, en 1901-1912, la famine a tué près de 8 millions de gens.
Plus de 52% des fermes d’élevage cultivaient la terre avec des araires. En 1913, il n’y avait que 152 tracteurs en Russie (aux Etats-Unis, Allemagne, France, Belgique, Pays-Bas, Danemark les tracteurs se comptaient par dizaines de milliers). 80% du travail agricole était fait à la main.
Dans la lutte contre les maladies l’homme russe était livré à lui-même. Pour 10.000 habitants en Russie il y avait 1,6 médecins, 1,7auxiliaires de santé, 1,7 obstétricien et sage-femme. A la campagne, 1 médecin pour 26.000 ha.
En 1913, un but chez les patients russes souffrant de maladies infectieuses chroniques, il y avait près de 22 millions. Les gens (13% de la population).
Sur 1.000 nouveau-nés, 263 mourraient en Russie avant l’âge de 1 an. En Suède, 70, au Royaume-Uni, 108 et aux États-Unis et en France – 112-115.
Plus de 70% de la population était analphabète. En 1913, le nombre d’étudiants dans tous les types d’écoles (y compris religieuse et militaire) était seulement d’environ 10 millions. Man. Pour 1000 habitants il y avait 1,7 enseignants, aux États-Unis – 3 fois plus.
Aux États-Unis il y avait plusieurs dizaines d’universités de niveau universitaire, en Angleterre, 18 universités, en Allemagne, 22, en France, 14, en Russie – 8.
La corruption frappait même les plus hautes sphères du pouvoir. Le Grand-Duc AlexeiAlexandrovicha pillé les fonds alloués pour la construction de cuirassés de type « Borodino », suite à quoila Russie en 1904 au lieu de 10 cuirassés de ce type en avait seulement 5.Sur les destroyers russes, croiseurs et cuirassés il y avait des turbines allemandes, des gyrocompas et télémètres suédois et anglais. Le petit nombre d’avions et de véhicules militaires étaient presque exclusivement de production étrangère.
Voici l’héritage reçu parles bolcheviks enoctobre 1917. Mais la situation a été rendue encore plus compliquée après une guerre civile dévastatrice.
Le Grand Octobre a sauvé la Russie de la ruine et malgré la dévastation et les victimes de la guerre civile, a donné une forte impulsion à son développement.
Déjà en mars 1921, le dixième Congrès du RCP (b) décidé la transition vers la NEP. Avant cela, en 1920, le gouvernement de RSFSR sous la direction de Lénine a élaboré un plan prometteur pour l’électrification du pays (GOERLO). Le résultat n’a pas tardé à venir. Le chiffre de la production industrielle brute en 1925 a atteint 75%du niveau de 1913, et en 1926 il l’a dépassé de 8%. Les produits de l’industrie de l’ingénierie en 1925 ont dépassé le niveau d’avant-guerre de 13%. Le pétrole et le charbon ont retrouvé à peu près leur niveau d’avant-guerre. Les industries légère et alimentaire ont été restaurées pour l’essentiel. En 1925, l’agriculture a été remise en état.
En 1926, l’Union soviétique est entrée dans une période de lutte pour l’industrialisation et la collectivisation de l’agriculture.
Le premier plan de développement économique quinquennal (1928-1933)avait pour principal objectifs de transformation l’URSS d’un pays agraire et arriéré à un pays industriel, créant ainsi une économie capable de rénover tous les secteurs de l’économie, renforcer la capacité de défense de l’URSS, élever le niveau de vie matériel et culturel du peuple soviétique.
Les objectifs du premier plan quinquennal ont été respectés. Sont apparus les premiers géants de l’industrie,combinats de fer et acier à Magnitogorsk et Kouznetsk, les usines de tracteurs à Kharkov et Tcheliabinsk, les usines d’automobiles à Moscou et Nijni-Novgorod.
Le Deuxième plan de développement quinquennal (1933-1937) a été réalisé en 4 ans et 3 mois. En 1937, l’industrie a atteint 2,2 fois le niveau de 1932, l’industrie lourde 3,4 fois. Les produits d’ingénierie ont augmenté de près de 1,5 fois.
Le troisième plan quinquennal (1937 -1941) prévoyait la poursuite du développement du fer et de l’acier, des industries du charbon et du pétrole, en particulier la mise en place dans la zone située entre la Volga et l’Oural d’une nouvelle base oléifère,le Deuxième Bakou. L’objectif était de rattraper et dépasser le niveau de la production par habitant des pays capitalistes développés.
La mise en œuvre du plan quinquennal allait bon train. Elle a été interrompue par la guerre, déclenchée par l’Allemagne nazie.
Au début de la guerre, l’Union soviétique possédait une puissante industrie, une agriculture socialiste développée et une main-d’œuvre qualifiée. Le 1er janvier 1941 le nombre de spécialistes de l’économie nationale a atteint 2,4 millions de personnes, dont 909 000 avaient une éducation supérieure et 1,5 million de personnes une éducation secondairespécialisée. Dans la dernière année d’avant-guerre, le nombre de diplômés en génie était de 295.000, aux États-Unis 170.000.
L’Etat soviétique au cours des années des plans quinquennaux d’avant-guerre a fait des progrès considérables dans le développement de l’industrie. En 1940, la production d’électricité par rapport à 1913 avait augmenté de 25 fois. La production de charbon multipliée par rapport à 1913 par plus de 6. La production brute de l’industrie chimique, y compris les mines et les produits chimiques, a augmenté de 25 fois.
La production brute de la construction mécanique, en 1940, a dépassé le niveau de 1913 de 30 fois. De nombreuses branches de l’ingénierie ont été créées à partir de zéro dans l’ère soviétique: les tracteurs, l’automobile, l’industrie de l’aviation et d’autres.
En 1940, l’URSS possédait d’une agriculturedéveloppée. Dans le pays, il y avait 237.000kolkhozes et 4.000 sovkhozes, sept mille MTS. L’agriculture disposait de 531.000 tracteurs, 182.000 moissonneuses-batteuses, 228.000 camions et autres véhicules.
Les années de guerre ont démontré une fois de plus les avantages de l’économie soviétique, qui lui ont permis de tenir, de se regrouper, de fournirau front tout le nécessaire dans les conditions les plus difficiles.
Pendant la guerre, le pays a perdu environ 27 millions de citoyens et subi d’énormes pertes matérielles, qui se montent à une somme astronomique – environ 3 billions de roubles soviétiques. Ont été entièrement ou partiellement détruites 1.710 villes et agglomérations urbaines, plus de 70 000 villages, environ 32 000 entreprises industrielles, 65.000 km de voies ferrées, 75 millions personnes se sont retrouvées sans toit. Les envahisseurs ont détruit 98.000 fermes collectives et 1.876 fermes d’État, ils ont emporté et égorgé plusieurs millions de bovins.
Au cours des cinq premières années après la guerre ont été restaurées ou reconstruites plus de 6.000 entreprises industrielles. Au cours de ces années, les fondations ont été posées de l’énergie nucléaire et de l’électronique. En 1948, près de Tcheliabinsk a eu lieu le lancement du premier réacteur nucléaire et mise en service une usine de séparation du plutonium radiochimique. Cela nous a permis de commencer à tester des armes nucléaires. Le 29 août 1949 sur le site d’essais nucléaires de Semipalatinsk a été testée la première bombe atomique soviétique RDS-1, mettant un terme au monopole américain sur les armes nucléaires.
Dans les années d’après-guerre, le pays s’est développé rapidement avec une augmentation d’environ 10% annuel. Un symbole du progrès technologique URSS a étéla conquête du cosmos. En octobre 1957 a été lancé le premier satellite artificiel. Et en avril 1961, est entré dans l’espace le premier homme dans le monde, le soviétique, le communiste Youri Gagarine.
Au milieu des années 80, l’Union soviétique était devenue une grande puissance qui de nombreux points occupaitla première place au monde. L’autorité de l’URSS sur la scène internationale était incontestée. De nouvelles branches de la science et de la technologie apparurent, liées à l’espace, au développement de l’énergie nucléaire.
L’enseignement secondaire et supérieurétaient complètement gratuits. Au début des années 80 l’Union soviétique avait 856 établissements supérieurs (dont 65 universités), avec un effectif de près de 5 millions d’étudiants. Pour le nombre d’étudiants par 10.000ha l’Union soviétique devançait significativement des pays tels que le Royaume-Uni, la République fédérale Allemande, la France, le Japon et d’autres. Il y avait environ sept mille établissements d’enseignement professionnel, avec un effectif de 3,5 millions d’étudiants. Près de 200000 écoles secondaires, avec un effectif de 55 millions d’élèves.
Au début des années 80, la science en URSS est devenue l’un des secteurs les plus développés de l’économie. Les organisations scientifiques occupaient 1 million de chercheurs.
Après la victoire dans la Seconde Guerre mondiale la position de l’Union soviétique s’est considérablement renforcée. De nombreux pays d’Europe de l’Est, d’Asie et d’Amérique ont opté pour la voie socialiste du développement. Une organisation pour l’intégration économique de ces pays (CAEM) s’est constituée, ainsi qu’une alliance militaire – le Pacte de Varsovie, pour résister au bloc agressif de l’OTAN. Des troupes soviétiques étaient stationnées sur le territoire des démocraties populaires en Europe, ainsi qu’au Vietnam et à Cuba, garantissant à la population de ces pays une construction socialiste pacifique. Au début des années 80 du XX siècle, le socialisme était en position de vaincre dans unecompétition pacifique le capitalisme. Cependant, cela ne s’est pasproduit.
À un moment donné ce grand pays s’est retrouvé aux mains de bandits et d’escrocs. Le coup d’Etat contrerévolutionnaire, bien sûr, se préparaitdepuis de longues années. Le point dedépartse situe presque immédiatement après la mort de Staline.
Les causes ce qui s’est passé peuvent être divisées en internes et externes.
Le renforcement de l’Union soviétique a porté à sa limite extrême la lutte tant ouverte que cachée du capital contre le travail. Le capitalisme avait peur de la montée en puissance de l’Union soviétique, la croissance de son prestige international. Le camp capitaliste, déchiré lui-même par des contradictions internes, en prévision de la prochaine crise qui pourrait être la dernière, avait besoin de « sang frais » – de nouveaux marchés pour leurs produits, de nouvelles sources de matières premières, de main-d’œuvre bon marché. Et une telle source pouvait devenir et est effectivement devenue l’URSS et les pays socialistes. Les principaux pays capitalistes, en particulier les États-Unis, n’ont pas lésiné sur la dépense de plusieurs milliards de dollars pour la propagande antisoviétique, la formation dans les pays soviétiques d’une « cinquième colonne » de traîtres et renégats. L’un des points clés de cette propagande était la thèse de l’absence en URSS de « vraie démocratie. » C’est cette démagogie de la démocratie qui a été le principal pilon compresseur utilisé contre le socialisme soviétique. Il y a eu aussi l’introduction des relations de marché dans la production, lorsque le profit est devenu la mesure du succès. Cela a créé une âpreté au gain, et a changé la psychologie des travailleurs. Nous avons eu ensuite la devise hypocrite de Gorbatchev: « Plus de démocratie – plus de socialisme ». Sous cette couverture démagogique la classe ouvrière n’a pas vu venirle harnais de l’exploitation qui devait à nouveau l’asservir. Elle n’a pas remarqué qu’elle devenait une nouvelle fois le vendeur de sa force de travail. Le soutien social de Gorbatchev,c’était l’économie del’ombre (criminelle) et le mouvement prétendument coopératif. Désorienté par le bruit médiatique, l’homme de la rue s’est laissé rouler dans la farine par les « valeurs universelles » de la perestroïka de Gorbatchev, tandis que des escrocs stipendiés et des « extralucides » invitaient le public à placer devantla télévision et la radio des récipients avec de l’eau pour la charger de leur énergie vivifiante, capable de soigner toutes sortes de maux. Résultat, les maladiessont restées, mais le pays s’est dissout.
Mais le fait que le travailleur soviétique, devenu un petit bourgeois, ait avalé avec plaisir ce brouet toxique est de notre responsabilité, tout d’abord, à nous, les communistes, le Parti communiste dans son ensemble. Les raisons en sont le renoncement aux normes léninistes de la vie du parti, la promotion à l’intérieur du parti de démagogues et d’ignorants, d’intrigants et de traîtres, le manque d’attention au développement de la doctrine marxiste-léniniste, la fuite en avant, l’abolition de la dictature du prolétariat, l’introduction dans l’économie socialiste d’éléments de gestion incompatibles, le formalisme dans l’éducation de l’homme nouveau – constructeur du futur socialiste.
Le formalisme dans l’éducation de l’homme nouveau a été, peut-être, l’un des principaux facteurs de la défaite du socialisme. Le Parti a sous-estimé la présence dans l’état d’esprit de propriétés et aspirations qui sont étrangères à l’homme de l’avenir socialiste et communiste, formées dans la longue histoire de l’humanité. Ce désir de vivre dans le luxe, la richesse, au détriment des autres, de vivre en profiteur, de voler, d’arracher, etc. Ces propriétés ont largement déterminé le comportement des gens sous le système esclavagiste, le féodalisme et le capitalisme. Ces propriétés sont dans bien des cas, la cause de nombreuses conquêtes militaires. Ce sont ces qualités viles de l’homme sur lesquelles se sont appuyés ceux en 1991 et les années suivantes ont écrasé l’Union soviétique. Nous nous souvenons tous de fausses promesses de devenir le propriétaire de deux « Volga » pour un voucher, ou le slogan publicitaire de Golubkov « Nous restons assis ne rien faire et l’argent goutte à goutte» -, etc. Il suffisait d’ouvrir la boîte de Pandore, et les gens ont massivement oublié les idéaux de la justice, la fraternité, l’amitié, l’altruisme, et les serments, trahissant en même temps non seulement le gouvernement soviétique, le parti, mais aussi leurs pères et grands-pères qui ont sacrifié leur vie pour défendre le pouvoirdes Soviets, et ils se sont précipités dans le tourbillon du marché dans l’espoir de s’enrichir. Mais sous ce beau papier d’emballage, pour la grande majorité,ce furent la ruine et la pauvreté.
La prise en compte insuffisante de l’influence de ces mauvais traits de la nature humaine, alliée au populisme primitif, sont visibles également dans la tentation de brûler les étapes, quand on a commencé à faire la promesse que « la génération actuelle de peuple soviétique vivra sous le communisme. » La promesse Khrouchtchévienne de construire le communisme en 20 ans a compromis l’idée socialiste. De plus, ellea, bien qu’indirectement, fait pencher très dangereusementle peuple en faveur de la « société de consommation » à l’occidentale.
Après la mort de Staline, il y a eu une épuration des cadres idéologiques. En conséquence, c’est l’intelligence du parti et du peuple soviétiquequi ont souffert, ses buts ont été dénaturés. A cette époque, ont été adoptées non seulement des décisions idéologiquement peu judicieuses, mais simplement hostiles au Parti et à tout le peuple soviétique.
Une de ces décisions est l’abolition de la dictature du prolétariat. Ce problème est l’un des plus importants et fondamentaux du marxisme. Dans le programme du parti adopté au XXII Congrès, l’état de la dictature du prolétariat s’est transformé en Etat du peuple tout entier, un organe exprimant les intérêts et la volonté de tout le peuple. Cette thèse est dans son essence profondément non scientifique et contraire au marxisme-léninisme. Dans son célèbre ouvrage « L’économie et la politique à l’époque de la dictature du prolétariat » (octobre 1919), Lénine souligne en particulier: « Le socialisme signifie l’abolition des classes. La dictature du prolétariat a fait pour cette destruction tout ce qu’elle pouvait. Mais on ne peut pas détruire les classes immédiatement. Les classes restent et resteront à l’époque de la dictature du prolétariat. La dictature ne sera plus nécessaire lorsque les classes disparaitront. Elles ne disparaitront pas sans la dictature du prolétariat ». La société soviétique restait une société de classe, et soulèver la question de l’abolition de la dictature du prolétariat était une grosse erreur, ce qui a également contribué à l’effondrement de l’URSS.
Une autre décision qui a porté un coup irréparable à la conscience sociale du peuple soviétique, ce fut la soi-disant démystification du « culte de la personnalité », qui n’a pas été dictée par les circonstances objectives des activités de Staline, mais basée sur l’animosité personnelle de Khrouchtchev envers Staline. Soit dit en passant, les positions du rapport secret de Khrouchtchev, adoptées par le XXe Congrès du PCUS « pour information », sont toujours en vigueur. Nous pensons que le Comité central du Parti communiste devrait discuter de cette question et prendre sa décision lors du prochain congrès du parti et dans un communiqué désavouer la position du rapport Khrouchtchev. Il est nécessaire de mettre un point final à cette question, formuler exactement l’attitude du parti face aux insinuations sur les activités de Staline.
Toutes ces erreurs ont finalement conduit au coup d’Etat contre-révolutionnaire avec chars pointés sur le pouvoir soviétique, un tournant tragique dans l’histoire de notre Etat et la nation, la communauté socialiste, qui a influencé tout le cours de l’histoire mondiale. Les échos de cet événement se poursuivent aujourd’hui, en prenant parfois la forme d’affrontements ethniques sanglants et de tragédies humaines. L’une d’elles sont les massacres du Donbass.
Depuis plus d’un quart de siècle, le pays se débat dans le marais du capitalisme sauvage. Le peuple a été pillé et jeté dans la misère par les prédicateurs de la « démocratie ». Au lieu de la démocratie, on a l’arbitraire bureaucratique généralisé, la violation cynique de la constitution, la prise illégale du pouvoir par la manipulation des résultats des campagnes électorales, toutes sortes de restrictions et le « filtre » à travers lequelsont nommés des candidats commodes pour la fonction publique à différents niveaux. Toutes les sphères de la société ont subi d’énormes dégâts. Ont été détruit des secteurs entiers de l’économie, la campagne est dévastée. Les citoyens ont été privés des principales réalisations du socialisme – le droit au travail, aux loisirs, au logement, à l’éducation et aux soins de santégratuits. Le marché intérieur a été inondé de marchandises étrangères. Le pays a, en effet, cessé de produire quoi que ce soit d’autre que l’énergie et d’autres matières premières, devenant un appendice de l’économie de l’Ouest. Le pays est plongé dans une crise permanente, dont on ne voit pas la fin. Les autorités n’ont pas de plans ou de stratégies, ou bienleurs plans et stratégies, consciemment ou inconsciemment, conduisent à la destruction du pays.
L’éducation, la santé et la science ont été victimes d’une réforme sauvage. La part de la Russie dans l’économie mondiale en 2014 était d’environ 5%, en 2016 de 3,3%, en 2020, elle sera de 2,6%, près des indicateurs de la Russie tsariste en 1913. En 2016, en termes de PIB, la Russie est classée 6e dans le monde, mais le PIB par habitant est 44ème.
Le pays est livré à une vente aux enchères, qui se poursuit encore aujourd’hui. Le nombre total de sociétés entièrement détenues par l’État ne représente aujourd’hui que 9%. Le gouvernement, le 2 février de cette année, a examiné, et maintenant envisage sérieusement la privatisation de VTB, des chemins de fer russes, de la poste russe et d’autres avoirs majeurs. Il est prévu de transférer dans des mains privées, y compris étrangères, environ 500 sociétés anonymes, 300 FSUE. La privatisation guette plus d’un millier d’autres objets de propriété de l’Etat. Toute cette machine sera vendue en trois ans pour une somme ridicule, le budget chaque année recevra 56 milliards deroubles.
Aujourd’hui, l’économie appartient à la Russieseulement pour moitié. Au début de 2015, dans le secteur de l’extraction des minéraux, la part des capitaux étrangers était égale à 56%, dans l’industrie manufacturière, 40%, dans la production d’électricité – 30%, dans le secteur du commerce de gros et de détail – 90%. De plus, au cours des 3 dernières années la part de capitaux étrangers a augmenté d’un tiers. Un jour, nous pouvons nous réveiller dans un pays qui ne nous appartient pas.
/…/
En ce qui concerne la forme de la restauration du pouvoir soviétique, elle peut être relativement paisible, si la bourgeoisie russe pour son auto-préservation renonce à la violence contre les masses laborieuses, quand elles voudront se débarrasser de son omnipotence. Mais le meilleur exemple de libération nous est montré par l’héroïque prolétariat russe, qui sous la direction des bolcheviks aobtenu la victoire dans la Grande Révolution socialiste d’Octobre. Et cet exemple devrait nous inspirer à de nouvelles victoires.
Je vous remercie pour votre attention!

 

Source: http://wp.me/p1EACY-eox

Журавли et autres chansons du Régiment Immortel, à Lyon-Vénissieux, ce 8 Mai 2017

Ce 8 Mai 2017, le Régiment Immortel a fait sa première apparition en région Rhône-Alpes, à Lyon-Vénissieux. Quelques unes des chansons reprises en chœur par les participants.

Ян Абрамович Френкел est le compositeur de la musique de Журавли, dont les paroles sont dues au poète du Daghestan, Расул Гамзатов.Tout d’abord, plusieurs interprétations par Yan Frenkel lui-même, dont une avec des chœurs, dédiée à l’auteur du poème.

tribune marxiste-léniniste

Ce 8 Mai 2017, le Régiment Immortel a fait sa première apparition en région Rhône-Alpes, à Lyon-Vénissieux. Quelques unes des chansons reprises en chœur par les participants.

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Журавли

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Paroles : Rassoul Gamzatov

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Musique : Yan Abramovich Frenkel

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Мне кажется порою, что солдаты

Il me semble parfois que les soldats

С кровавых не пришедшие полей,

Ne revenant pas des champs ensanglantés,

Не в землю нашу полегли когда-то,

Ne sont jamais tombés sur notre terre,

А превратились в белых журавлей.

Mais se sont mués en de blancs échassiers.

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Они до сей поры с времен тех дальних

Jusqu’à nous depuis ces temps lointains

Летят и подают нам голоса.

Ils volent et nous encouragent de leurs voix.

Не потому ль так часто и печально

N’est-ce point pourquoi si souvent et sombrement

Мы замолкаем глядя в небеса?

Nous faisons…

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Face à « L’Aurora », la gauche et les libéraux Par Adam Isaac Shamir

Nouvel article sur les 7 du quebec

Face à « L’Aurora », la gauche et les libéraux

Par Adam Isaac Shamir

Pour les Russes, « Aurora » n’est pas la déesse de l’aube, c’est avant tout le vaisseau de guerre Aurora, le croiseur légendaire dont les salves sur le Palais d’Hiver avaient été le coup de tonnerre scandant l’entrée en scène de la révolution russe de novembre 1917. J’ai récemment participé à un colloque commémorant le centième anniversaire de la révolution russe dans le miroir de la gauche mondiale, à St-Pétersbourg, la cité de la révolution, à laquelle étaient conviés les représentants des partis socialistes européens. Nous avions, face à notre salle de conférences, le croiseur Aurora, et cela nous aidait à nous concentrer sur les seules choses importantes, la victoire et la défaite.

La gauche avait gagné il y a un siècle, et la gauche a perdu il y a un quart de siècle. Quand le système soviétique est tombé il y avait une espérance largement partagée que la gauche refleurisse, parce que le mouvement de la jeunesse éternelle s’était débarrassé de la vieille Russie poussiéreuse et ringarde. C’était l’idée des eurocommunistes. Or, à la surprise générale, la gauche est entrée en agonie, pour mourir après 1991. Les partis eurocommunistes se sont évanouis. Nous ne le savions pas, ou nous ne voulions pas le savoir, mais apparemment, la gauche mondiale était indissociable de la révolution russe.

Il y a cent ans, Lénine et Staline avaient réglé tous leurs problèmes et tranchant le nœud gordien de la cupidité. Ils avaient modernisé leur pays, donné de l’espoir au peuple, offert un choix aux travailleurs. Ils n’avaient pas fait de la Russie un paradis, même si la Russie soviétique des années 1960 était aussi développée et prospère que les pays constituant le noyau de l’Europe occidentale.

Paradoxalement, les travailleurs occidentaux avaient été les plus grands bénéficiaires de la révolution russe. La classe possédante occidentale avait été fort effrayée par les communistes russes, et cela les avait amenés à devenir plus attentionnés. Elle partageait ses profits avec ses ouvriers. Vous avez eu la belle vie parce que les canons de l’Aurora tenaient en joue votre Un pour cent, dans chaque pays. En 1991, les communistes ont été vaincus, parce que leurs dirigeants ont trahi.

Et depuis lors, les propriétaires de l’Occident victorieux ont entrepris une Reconquista à l’échelle mondiale. Ils ont repris aux travailleurs chacune de leurs conquêtes, et créé ce nouveau monde d’immense richesse pour une poignée de gens, et de misère croissante pour tous les autres.

Mais ce qui a été perdu, nous pouvons le regagner. Les capitalistes n’ont pas cédé au désespoir en 1917.Aucune raison de désespérer pour les communistes en 2017. Il semble qu’il n’y ait pas d’autre voie, pas de raccourci possible : le monde a besoin de nouveaux Lénine et Staline. La cupidité doit être terrassée à nouveau, les médias et les usines doivent être arrachés à leurs propriétaires. Il ne faut pas seulement légiférer sur le minimum vital, mais aussi sur les revenus maximum.

Le populisme est devenu un gros mot, mais je vais vous dire : il en faudrait encore bien plus, du populisme. Le travail dans la dignité pour les travailleurs, c’est ce slogan populiste qui a donné à Trump son ticket pour la Maison blanche. Il faudrait donner aux gens tout ce qu’ils veulent. Lénine avait promis de donner la terre aux paysans, les usines aux ouvriers, la paix aux nations, et son gouvernement avait fait tout ce qu’il avait pu en ce sens. Maintenant les gens veulent être sûrs du lendemain, ils veulent que leurs enfants fassent des études, ils veulent les soins médicaux de leur choix et abordables, de bons logements ; ils veulent la liberté et la sécurité. Ils veulent regagner tout ce qui a été perdu après 1991. Et pour y arriver il va falloir plaquer un certain nombre de banquiers dos au mur, à l’aube, c’est tout. On ne veut plus de gentil beau gosse à la tête du pays, voilà le premier commandement pour le retour de la gauche.

La gauche doit rompre avec les libéraux.

C’est le bon moment pour divorcer. A moins qu’il soit déjà trop tard ? Ciel, mais pourquoi donc ? La gauche et les libéraux ont l’air de vivre des jours heureux ensemble. Au départ, c’était un mariage d’intérêt commun, mais c’est devenu un mariage d’amour. Jusqu’ici, en tout cas ; seulement l’espérance de vie de la gauche est devenue très courte, comme celle de l’amant d’une pieuvre. Ces créatures (Octopus cyanea, pour être précis) étranglent et mangent leurs partenaires dès qu’ils ont fini leur affaire. La gauche a fait son boulot, et elle est mûre pour être déglutie. Et qui va s’apercevoir que la gauche a disparu ?

Il m’arrive d’avoir honte d’appartenir à la gauche. Demandez aux gens dans la rue, pour quoi est-ce que la gauche se bat, et ils vous diront : ce sont des bons petits gars qui défendent de bonnes causes. Les toilettes transgenre, le mariage gay, la parité, les réfugiés syriens, le changement climatique, les accès pour handicapés, les primes pour les chômeurs, parfois. Ils sont contre la discrimination des immigrants, les insultes, ils sont pour la correction en politique, et les droits des minorités. La gauche déteste Poutine et Trump, et adore Israël, à part son premier ministre actuel.

Ou pire encore. Je l’ai relu trois fois, ça m’a fait un choc, à l’estomac, et je ne pouvais pas en croire mes yeux : vous avez entendu parler de Paul Gottfried, l’honorable contributeur du site unz.com ? Il a qualifié l’ex patron de l’AntiDefamation League, Abe Foxman le rougeaud, d’ « un homme de gauche ». C’est une véritable insulte. Un juif nationaliste comme M. Foxman ne peut pas être de gauche. Staline l’aurait envoyé au fin fond de la Sibérie, où le dur labeur et le climat encore plus dur l’auraient guéri à jamais de son indignation et de sa constipation permanentes. La gauche n’est nullement « contre la majorité blanche et chrétienne », comme le prétend Gottfried. Les gens de gauche, les vrais, sont pour la majorité, pour la classe ouvrière.

Il n’y a pas de désaccord entre les agendas des gens de gauche et des libéraux, direz-vous. Et maintenant, surprise: : jusqu’en 1990, la gauche et les libéraux étaient des ennemis acharnés. La gauche était pour les ouvriers ; son icône, Staline, était la terreur des libéraux ; il conseillait aux communistes allemands de faire alliance avec l’extrême droite allemande et non avec les libéraux ; son marxisme n’était pas une abomination culturelle, mais un vrai problème pour les gens riches. Mais après 1990, la gauche a rejoint les libéraux victorieux, pour des raisons pratiques. Comme cela se produit dans les mariages de raison, leurs rapports ont viré à l’amour vrai, et il se peut qu’ils soient devenus un couple indissociable.

En politique, le rasoir d’Ockam est impitoyable. La gauche a perdu son identité, et sa raison d’être. Aussi elle disparaît, dévorée par les libéraux. D’habitude, le chemin vers l’oubli passe par une coalition pour gouverner. Chaque fois que la gauche a rejoint le gouvernement des libéraux (qu’ils l’appellent unité nationale, front populaire, ou front contre la bête immonde), la gauche a fondu, digérée par la chaude étreinte des libéraux.

Je suis vraiment malheureux de voir que Counterpunch, une publication que j’aimais et pour laquelle j’ai écrit pendant des années et des années, a succombé à cette maladie. Ils peuvent toujours se qualifier eux-mêmes de voix de la gauche américaine, mais ils publient John Feffer. Cette bête nauséeuse, Feffer, est un « gauchiste » partisan de la libre circulation pour les migrants, de la guerre contre la Russie et contre Trump, et il a lancé un appel : « Tous ceux qui se situent à gauche d’Anne Coulter devraient être de notre bord. Plus que jamais, c’est le moment d’être unis ». Oh que non, moi je veux rester aux côtés d’Anne Coulter qui a écrit presque le même jour où Feffer pondait ses ordures : laissons la Russie devenir notre nation sœur. Et la dernière chose que je souhaite, c’est l’unité avec Feffer.

C’est l’unité pour tous de Feffer qui nous a amenés où nous en sommes : la gauche mourante, et les libéraux qui vont hériter du pactole. Et la droite antilibérale n’est pas une alternative viable, hélas. Les élections récentes en Hollande, le 15 mars dernier, en ont donné la preuve.

Je ne sais pas si vous avez suivi ces élections, l’évènement le plus intéressant et le plus important qui se soit produit aux Pays Bas depuis la glorieuse révolution. Il était impossible de prédire comment les Hollandais allaient voter. L’effet Trump arrive, disaient les gens sombrement, et ils envisageaient que les Hollandais voteraient pour leur Trump à eux, qui s’appelle Geert Wilders.

Le pari était assez raisonnable. Les Pays Bas ont été gouvernés par une coalition morose de droite et gauche. Aucune différence si vous préférez la gauche ou la droite, puisque de toutes façons, la gauche et la droite gouvernent ensemble. C’est l’establishment qui gouverne, et la démocratie lui fournit un écran de fumée bien pratique.

Avec un pareil gouvernement, on s’attendait à ce que le peuple vote pour un outsider. Mais pour qui? Les Pays Bas, comme le reste de l’Europe occidentale et l’Amérique du nord, ont un vaste électorat insatisfait, en tant que victimes du néolibéralisme, qui les qualifie de « déplorables ». Ils souffrent de se voir déplacés par des vagues d’immigrants, chassés de leurs emplois et logements, ils atterrissent quelque part comme intérimaires dans des macdo, et ne rêvent plus d’un emploi stable dans une aciérie.

Les “déplorables” pouvaient voter pour la gauche ancienne manière, parce qu’ils sont devenus chômeurs ou précaires, et ont été dépouillés par les riches et puissants ; mais la gauche d’aujourd’hui ne se souciait pas d’eux. La gauche vivait bien son alliance avec l’élite libérale, avec les financiers juifs et juifistes, et leurs médias ; la tolérance (ce qui veut dire la priorité aux immigrants), le marxisme culturel (qui n’a même pas une vague parenté avec le marxisme de classe au couteau entre les dents), l’élitisme, c’était le plus important.

La parti de droite au pouvoir (le VVD du Premier ministre Mark Rutte) est un parti de l’establishment fortuné. Ils mènent des politiques néolibérales, ils importent des immigrants, ils s’accrochent à l’OTAN, ils sont antirusses. Ils sont comme les Républicains d’avant Trump, pas très affriolants pour les gens dépossédés.

Le parti de la liberté de Geert Wilders était chez lui parmi les déplorables. Wilders c’est un gay qui déteste l’islam et les immigrants, il adore Israël parce qu’il considère que c’est un bastion européen dans la marée islamique. Il est tout à fait antirusse, mais aussi anti-establishment. Vraiment…?

Les partis au pouvoir aimaient le parti de Wilders et ils s’en servaient pour faire peur aux électeurs, pour les ramener au bercail. Si vous ne votez pas pour nous, Wilders le nazi-fasciste va gagner, en pousser la Hollande droit vers l’enfer.

C’est une manœuvre habituelle en Europe. En Suède aussi, la droite mainstream et les partis de gauche se sont unis dans un gouvernement en convoquant les effroyables démocrates de la Suède. En France, « tout sauf Le Pen » est le slogan du gang de Macron.

Même en Ukraine, l’ancien président Yanoukovitch avait nourri, financé et promu le Parti de la liberté (fasciste), en espérant que tous les autres le soutiendraient comme la seule alternative. Mais le plan a échoué, comme chacun des plans élaborés par Viktor Yanoukovitch.

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Le parti de Wilders est pratiquement un parti qui n’a qu’un seul objectif : il est contre les immigrants musulmans. Cette année, à cause de l’afflux de Syriens, le PVV avait une chance de devenir un parti mainstream. On s’attendait à ce qu’il gagne avec 30% des votes dans des élections fragmentées au plus haut point. Les dépossédés étaient suffisamment désespérés pour voter pour le diable en personne à condition qu’il ne soit pas membre de la coalition gouvernementale. Et la résistance à l’immigration de masse après l’appel de Merkel (« Venez tous, nous vous en prions ») devenait percutante.

La vraie gauche communiste est généralement contre l’immigration : les communistes cubains sont un bon exemple de cela. Il y a beaucoup de Latinos qui aimeraient s’installer à Cuba, l’un des pays les plus prospères et agréables de l’hémisphère occidental, mais Cuba ne prend pas d’immigrants, en règle générale. L’immigration n’est pas bonne pour les locaux, et les communistes sont avant tout en faveur des autochtones.

La gauche libérale hollandaise était en faveur de l’immigration massive du tiers monde. Ils pensaient que les immigrants voteraient pour eux, et ils n’avaient guère d’empathie pour les travailleurs autochtones, contrairement à la droite de jadis. Ils appartiennent à une classe confortablement installée dans l’aisance, d’universitaires et de fonctionnaires, et les immigrants ne les dérangent pas, parce que les immigrants pauvres avec leurs coutumes étranges ne peuvent pas louer d’appartements dans les zones protégées où résident les gens de gauche, et ne peuvent pas les chasser de leurs emplois non plus.

Les immigrants causent des désagréments aux gens d’en bas, tandis que les riches et prospères tirent des bénéfices de l’immigration. Ils peuvent trouver des femmes de ménage plus économiques. Si les riches et puissants n’en voulaient pas, il n’y aurait pas d’immigrants pour traverser la mer. Je déteste l’immigration de masse, mais je le reconnais : ce ne sont pas les immigrants qu’il faut accuser, mais ceux qui les importent, au gouvernement et dans le monde des affaires.

En Israël, c’est pareil : les Africains s’installent à Tel Aviv sud, où habitaient les juifs pauvres. Les juifs pauvres se sont plaints et se font traiter de racistes, tandis que les juifs fortunés des quartiers nord de Tel Aviv, ceux-là mêmes qui ont fait venir les Africains, peuvent condamner le racisme des juifs pauvres à distance, en toute sécurité.

L’immigration (comme le terrorisme ou les armes à feu) c’est un concept qui sert à nous égarer. Ce ne sont pas les armes à feu qui tuent. Les immigrants ne viendront que si les gens au pouvoir les font venir, dans leur intérêt à eux. Ce sont des outils entre les mains des néo-libéraux. Les gens qui en veulent aux immigrants ne voient pas très loin, et sont très faciles à rouler dans la farine. C’est exactement ce qui s’est passé avec les « déplorables » de Hollande. Le parti de droite VVD a confisqué son électorat à Geert Wilders aussi prestement que Tim le voyou s’empare du gâteau que Minnie tient dans sa petite main.

A ce moment-là, les Turcs des Pays Bas (les Turcs qui ont gardé leur nationalité turque, une grosse communauté de 400 000 personnes) devaient voter pour des changements dans la constitution turque. Un ministre turc a pris l’avion pour dire à ses concitoyens de voter dans un sens donné, et les mobiliser en ce sens. Dans des circonstances habituelles, personne n’y aurait fait attention. Tous les jours il y a une communauté de migrants qui discute de ses histoires de migrants. Les Kurdes demandent leur Etat kurde, les Marocains discutent du Sahara occidental ; et les Syriens pour l’islam s’en prennent aux Syriens pour Assad. Il y aurait donc eu un débat de plus, pour savoir si Erdogan devait être autorisé à déclarer l’état d’urgence ou pas.

Mais le parti de droite (VVD) devait montrer aux « déplorables » qu’ils étaient aussi méchants pour les Turcs et les musulmans que Gert Wilders, ou pires (meilleurs, vus de l’autre côté), dans la mesure où ils ont le pouvoir, tandis que Wilders ne l’a pas. Ils ont refusé que le jet turc atterrisse, et renvoyé un autre ministre turc hors de la Hollande. Les Turcs ont manifesté, et la police hollandaise a chargé contre la manif turque avec des bergers allemands féroces.

Les électeurs potentiels de Wilders étaient en extase.

Ils n’en avaient que faire, d’Erdogan, mais ils étaient contents que des ministres musulmans aient reçu un coup de pied au derrière et que l’on ait lâché les chiens contre les Turcs. L’extrême droite appelle à chasser les musulmans, nous, on le fait : il était là, le message subliminal du VVD. Et ça a marché ! Contre toute attente, le VVD a gagné, le parti d’extrême droite de Geert Wilders a gagné quelques points, mais le parti travailliste (le PvdA) a perdu les élections, laminé. Ce parti s’est désintégré. Une partie de son électorat est parti vers un parti de gauche plus radical, mais la majorité les a juste lâchés, dégoûtés.

L’establishment hollandais s’était débrouillé pour tromper la révolution trumpiste. Wilders s’est retrouvé dans un désert politique, les travaillistes se sont effondrés, les forces de centre droit vont rester au pouvoir. Les électeurs voulaient clairement un changement ; ils refusaient le néolibéralisme et la globalisation, mais ils l’auront de toute façon, et vlan, comme récompense pour avoir été vilains avec les Turcs.

Les élections hollandaises.

La conclusion correcte des élections hollandaises, c’est que la gauche devrait aller plus franchement à gauche, et fausser compagnie à la droite libérale, si elle veut toujours être une force indépendante.

Les élections françaises ont commencé là où ont fini les élections hollandaises : avec la désintégration du parti socialiste. Rien à regretter : ce parti était devenu le jumeau de la droite libérale et poursuivait le même genre de politique. Les socialistes avaient rendu furieux les travailleurs avec leurs lois anti-travail rédigées par Macron, et ils avaient rendu furieux les catholiques en forçant le passage de leurs lois pour le mariage gay. Le candidat socialiste faisait 6% à l’issue du premier tour.

C’est Mélenchon qui a sauvé la cause de la gauche. Non seulement il s’est bien tiré du premier tour, mais il a même refusé de soutenir Macron au deuxième. Il aurait mieux valu qu’il soutienne ouvertement Marine le Pen, mais c’était probablement trop dur pour un gauchiste français.

Dans l’état actuel des choses, un Français de gauche n’a pas d’autre choix que de voter Le Pen. Le Pen, ce n’est pas Geert Wilders, elle n’est pas aveuglée par une question unique. Elle a un soutien communiste solide. Ce n’est pas la candidate idéale pour la gauche, mais quand on est mendiant, on n’a pas le choix.

Si c’est elle qui gagne, la révolution mise en route par l’élection de Trump va se poursuivre. Si elle échoue, nous allons reculer jusqu’à la case départ. Trump aura remporté sa victoire surprise pour rien. Les gens au pouvoir ont appris la leçon.

Peut-être que désormais la division droite-gauche n’a plus de raison d’être ; ce qui compte c’est l’attitude à avoir face au mondialisme et au néolibéralisme. Peut-être, je dis bien, en théorie, et je suis d’accord à ce niveau. Nous pourrions dire que peut-être Bannon aurait mieux fait que Trotski. Mais nous constatons que la droite antimondialiste ne tient pas sa promesse. Bannon a été chassé, et Trump n’est pas sûr d’être décidé à renvoyer Janet Yellen de la Réserve fédérale faire ses valises. C’est précisément le moment où la gauche est attendue au tournant pour attaquer le bastion des banquiers et de leurs pairs.

Les antimondialistes de droite ne vont pas disparaître, de toute façon ; la gauche rajeunie des fils de Lénine devrait les considérer comme des alliés possibles. Cependant, les révolutions triomphent quand elles sont conduites par des hommes d’une carrure hors du commun, et ce genre de personnages peut surgir des deux côtés du spectre politique.

Israel Shamir peut être joint sur adam@israelshamir.net

Traduction: Maria Poumier

Source:
http://www.les7duquebec.com/actualites-des-7/face-a-laurora-la-gauche-et-les-liberaux/

Pourquoi le nazisme ? Remarques contemporaines sur la face non idéologique du fascisme par Annie Lacroix Riz

Le fascisme est souvent présenté comme une « contre-révolution préventive » des classes dirigeantes en vue d’interdire le renouvellement de l’agitation sociale et
politique qui avait suivi la Première Guerre mondiale (cas allemand, novembre 1918-janvier 1919, et italien, 1919-1920)1
. Il fut surtout une réplique féroce à la crise
de surproduction menaçant d’effondrement les profits. Je me bornerai ici à l’exemple du fascisme allemand, au succès plus tardif qu’en Italie (octobre 1922), mais
jugé plus « parfait » : l’alignement des classes dirigeantes d’Europe continentale sur ce modèle et l’attirance considérable qu’il exerça sur celles des États-Unis et
du Royaume-Uni eurent les mêmes motivations socio-économiques

histoireetsociete

Cet article est paru dans la presse nouvelle. Il montre le rôle joué par une social démocratie inféodée au patronat dans l’arrivée au pouvoir du nazisme. Pour mon travail sur Brecht et Lang, j’ai été conduite à consulter de nombreux ouvrages sur cette période en particulier l’excellent livre de Badia sur l’Histoire de l’Allemagne, mais aussi bien des textes littéraires, en particulier les livres que Doblin consacre à Rosa et à karl, au spartakistes et à leur assassinat. La manière dont cette histoire de la tragédie allemande a été systématiquement tronquée et l’est encore aujourd’hui, sans doute parce qu’elle est riche d’enseignement sur les trahisqons actuelles, celle de hier d’aujourd’hui et de demain (note de danielle Bleitrach)
Crise, dette, casse des salaires et « politique du moindre mal » en Allemagne, 1918-1933
par Annie Lacroix-Riz*

Le fascisme est souvent présenté comme une « contre-révolution préventive » des classes dirigeantes en…

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LE DÉSESPOIR DE LA GAUCHE FRANÇAISE TRAHIE PAR SES AMIS

 
LE DÉSESPOIR DE LA GAUCHE FRANÇAISE TRAHIE PAR SES AMIS
30 avril 2017
Par Coordination Communiste Nord-Pas-de-Calais. Le 25.04.2017.

Sur http://cercles.communistes.free.fr/cc5962/publi.php?idArticle=2017_04_27_macronmlp

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(Parmi la panoplie des recommandations de « gauche » adressée à l’électorat français en vu du deuxième tour de la mascarade électorale bourgeoise nous avons retenu le tract de la Coordination Communiste Nord-Pas-de-Calais. Une véritable caricature des contorsions subliminales que s’inflige la go-gauche réformiste qui ne comprend toujours pas pourquoi la classe prolétarienne rejette toute la go-gauche du PCF, à LO en passant par NPA et toutes les autres sectes gauchistes. Depuis quand Mélenchon est-il LE CANDIDAT DU PEUPLE ? Ridicule de vouloir expulsé Le Pen la fasciste par les urnes – elle que le Grand capital français propose par les urnes. Ou alors choisissez le fasciste Macron – le banquier – c’est aussi bon pour les patrons (les deux sont leurs préférés-à vous de choisir). Enfin, comment préparer les luttes sociales contre Macron après l’avoir plébiscité par les urnes du grand capital ? Après avoir lu une telle littérature alambiquée vous comprenez que la classe ouvrière qui souffre et qui lutte ait rejeté toute la go-gauche et se trouve aujourd’hui désemparée. Les réformistes-communistes (et autres sectes) s’accrochent désespérément à leurs emplois dans les ONG stipendiés, les syndicats et dans les organisations de la politique capitaliste, appellent à préparer leur prochaine défaite électorale-parlementaire collaborationniste pour les « législatives »… Exactement ce que demande le Grand capital à ses thuriféraires sectaires. CONTESTER MAIS VOTER. D’instinct la classe prolétarienne comprend que ce sont ces mascarades électorales bourgeoises qu’il faut boycotter, de la commune jusqu’au présidentielle en passant par les législatives. FAISONS BARRAGE AU CAPITAL. ON NE COLLABORE PAS AU POUVOIR POLITIQUE BOURGEOIS. Robert Bibeau http://www.les7duquebec.com)


L’oligarchie a écarté Mélenchon le candidat du peuple !

Évitons le coup de massue fasciste
en expulsant Le Pen par les urnes !

et préparons-nous aux luttes sociales
contre Macron dès le lendemain du 7 mai !

Le piège mis en place depuis des mois par Hollande s’est refermé, réussissant à imposer son poulain centriste libéral – Macron – pour donner un nouvel élan à une social-démocratie libérale eurocrate. Propulsé par les médias, Macron était d’abord une carte possible parmi d’autres pour les capitalistes et les tenants du système, mais quand Fillon est apparu complètement carbonisé par le scandale de l’emploi fictif de son épouse, Macron était devenu LE candidat, avec en face la fasciste Le Pen dans le rôle de l’épouvantail utile.

Confrontées à la crise de son système d’alternance « droite-gauche », les classes dirigeantes savent que parfois, « il faut que tout change pour que rien ne change ». Macron et son mouvement « En Marche ! » en est le prototype.

A gauche, Hamon et le PS ont joué leur rôle visant d’abord à briser la dynamique populaire autour de la candidature de Jean-Luc Mélenchon puis, face à l’impossibilité de briser cet élan, à l’amoindrir en bloquant des voix de gauche qui ont manqué à Mélenchon pour atteindre le second tour.

Le très beau score de Jean-Luc Mélenchon

Malgré toutes ces embûches, le score de Jean-Luc Mélenchon est inédit pour un candidat exprimant la résistance sociale et politique au libéralisme eurocrate. 19,6% ! Plus de 7 millions de voix ! C’est-à-dire plus de 3 millions de voix supplémentaires par rapport à 2012 ! A moins de 2 points de la qualification pour le 2ème tour ! Dans nombre de villes populaires, le score est même bien supérieur et Mélenchon est en tête, ainsi que dans 67 circonscriptions législatives du pays, ce qui ouvre des possibilités inédites lors des élections des députés à venir pour faire entrer les voix de la Résistance au Parlement (pour peu qu’il y ait l’unité entre tous les partisans de Mélenchon, c’est-à-dire notamment entre FdG/PCF et FI). Notre camp antilibéral, antifasciste et antiguerre a manifestement nettement percé dans les couches populaires, ce qui constitue une avancée précieuse pour la politisation de nos luttes. Jean-Luc Mélenchon est objectivement le candidat du peuple dans ce scrutin, et inscrit enfin un espoir des exploités qu’il faut maintenant consolider.

Bien sûr, il y a la déception de beaucoup de se retrouver face à un duel Macron-Le Pen dans lequel nous sommes et serons perdants-perdants, comme nous l’avons dit dans un tract diffusé avant le premier tour.

Mais il faut distinguer la victoire de Macron, qui est en fait la continuité de l’ordre capitaliste existant, sous une de ses formes « démocratique », et la victoire de Le Pen, qui signifierait une seconde défaite en nous précipitant vers le fascisme, c’est-à-dire l’ordre capitaliste sous sa forme ouvertement et légalement anti-démocratique (quand bien même ce fascisme se présenterait, dans un premier temps, sous un visage « respectable » et procéderait par étape en implantant durablement ses pions dans l’appareil d’Etat).

Macron / Le Pen : même danger ?

Macron, c’est le ministre de Hollande qui a ouvert la porte à la loi El Khomri, qui a cassé un grand nombre de règles protectrices de professions règlementées pour plus de libéralisme, c’est le pacte de responsabilité et le CICE pour enrichir encore plus les patrons et les actionnaires sans exiger aucune contre-partie en termes d’emplois. Les années Macron appelleront des luttes pour la protection de nos conquis, de ce qui n’a pas encore été détruits : sécurité sociale, retraites, services publics, … Macron, c’est clairement l’enfant du social-libéralisme au service de l’oligarchie qui se repaît des diktats que nous impose l’Union Européenne ! C’est l’ancrage dans l’OTAN et la poursuite d’une politique impérialiste essaimant la guerre pour les intérêts des vautours aux 4 coins du monde !

Mais Le Pen, c’est un saut qualitatif dans la répression, dans l’oppression et l’exploitation du peuple : c’est la soumission brutale des travailleurs et du peuple au capital, mais aussi l’ethnisation de la nation. C’est la casse brutale de nos conquis, la sécurité sociale, les retraites, les services publics bradés aux patrons et autres actionnaires, avec la terreur systématisée comme outil de gouvernance. Ce sont le racisme et l’islamophobie décomplexés, qui va accélérer la scission et donc l’affaiblissement de la classe ouvrière multicolore, multiculturelle et multireligieuse. C’est en même temps la chasse à l’arabe, aux noirs, aux roms, aux juifs, aux musulmans, aux communistes, aux démocrates, aux anti-racistes, et la menace sur l’existence des syndicats et autres organisations progressistes et démocratiques. Le FN au pouvoir, ça pourrait demain transformer la provocation de l’hôpital Necker (qui fit disparaître des écrans une manif de 1 million de travailleurs contre la loi El Khomri le 14 juin 2016) en une sorte « d’incendie du Reichstag » pouvant mener à la dissolution de la CGT, vous savez ce syndicat « terroriste » qui « bloque le pays » …

La stratégie de Le Pen pour accéder au pouvoir : respectabilité de façade et désarmement idéologique de ses adversaires

Aucun travailleur ne doit se laisser duper par les sirènes du FN et baisser la garde. Macron est le candidat des médias et de l’oligarchie, mais Le Pen est le choix camouflé de l’oligarchie pour duper ceux « qui n’aiment pas les médias et l’oligarchie ».

D’un côté Le Pen se présente dans les vêtements d’une bourgeoise ayant rejeté les outrances du père. De l’autre, tous les jours sous ce système capitaliste des travailleurs sont brisés, écrasés par la politique des Fillon-Hollande-Macron qui vantent l’esprit « républicain » et la « démocratie » (la leur, celle des puissants), la répression antisyndicale est réelle. C’est la base matérielle du désarmement idéologique face au danger Le Pen.

La bourgeoisie a réussi son pari quand Marine Le Pen a comme seul « adversaire » un Macron ! Car elle espère que ce duel entre l’ex-banquier de Rothschild et le fascisme démoralisera et désarmera encore plus la lutte de classe des travailleurs et les forces alternatives de la gauche anti-libérale, anti-fasciste et anti-guerre. De fait, l’abstentionnisme de gauche, sur lequel compte le FN, est le seul moyen pour Le Pen de dégonfler le score de son adversaire et espérer ainsi accéder à la victoire.

Il est faux de voir du « fascisme » partout dans le moindre acte de répression de l’Etat bourgeois, cela ne conduit qu’à banaliser le danger fasciste réel.

Le fascisme constitue, dans des conditions déterminées, un besoin réel de sauvetage, de préservation, de pérennisation du capitalisme. En général, les partis fascistes se développent dans une lutte contre les partis « traditionnels » (de droite et de « gauche ») du capital, même si à un certain stade de leur développement, les éléments bourgeois de ces partis (de droite comme de « gauche ») rejoignent le parti fasciste. C’est lorsque le mécanisme de duperie sociale, de contrôle social du mouvement ouvrier devient inefficace, c’est lorsque l’autorité des partis bourgeois « traditionnels » s’effondre, que le capital met en selle le fascisme. La fonction sociale et politique du réformisme s’épuisant, le besoin se fait sentir pour le capital de détruire le mouvement ouvrier organisé par la force. C’est cela le vrai projet politique du FN, c’est cela que précipiterait son arrivée au pouvoir.

Quelles conditions veut-on pour lutter demain ?

Ceux qui pensent qu’il sera « plus facile » de lutter demain avec le FN au pouvoir, sous prétexte que l’adversaire sera plus facilement cernable, et que cela « réveillera » les masses, se font de lourdes illusions : peut-être qu’eux seront déterminés ? Mais ils seront seuls, coupés des masses et isolés. Ce scénario catastrophe ne peut être que la conséquence d’une défaite du mouvement ouvrier syndical et politique organisé. C’est donc l’amplification de l’actuel recul de la conscience de classe, la division, le désarroi et la peur qui s’installeront et seront décuplés par rapport à ce qui existent déjà dans de larges secteurs de la masse de la classe ouvrière encore insuffisamment mobilisée. C’est là un pari dangereux qui traduit là encore une sous-estimation et une méconnaissance de ce qu’est le fascisme.

Les syndicalistes sont certes aujourd’hui réprimés et condamnés en nombre, mais on n’assiste pas à une répression de masse légalisée qui conduirait en prison les principaux dirigeants et disloqueraient les organisations des travailleurs. Aujourd’hui une condamnation à de la prison comme dans le procès des Goodyear (peine avec sursis, grâce à la mobilisation) reste l’exception, demain ça pourrait être la règle.

De plus la consolidation nécessaire de notre camp antilibéral, antifasciste et antiguerre ces prochaines années est cruciale, et cette consolidation passe par le développement des luttes, qui déterminent le reste, et la confirmation des prises de conscience actuelles, pas le confusionnisme idéologique, qui est l’art des fascistes, qui veut nous réduire au silence par tous les moyens. La présence structurelle (et donc durable) du FN dans le pouvoir d’Etat ne peut être à prendre à la légère.

Le fascisme, un « risque immédiat » ?

D’aucuns affirment que Marine Le Pen n’a aucune chance de gagner. Cette année peut-être en effet ; encore qu’à force de compter sur les autres et se dire qu’il y aura bien assez de gens qui vont se mobiliser pour l’écarter…. on joue avec le feu et on rend de plus en plus possible sa victoire.

Mais il ne suffit pas d’écarter Le Pen, il faut qu’elle ait le plus petit score possible. Marine Le Pen à 25%, ce n’est pas pareil qu’à 45% en terme de dynamique politique : à 45%, ça sera une pression d’extrême-droite encore plus forte sur toute la société, c’est encore plus de MLP invitée sur les plateaux télé pour déverser sa haine, c’est encore plus de banalisation, de « respectabilité » pour ce parti et une sortie de la clandestinité qui reste encore réelle pour ce parti : combien de permanences FN dans les villes aujourd’hui ? Combien demain ? Le FN à 45%, ce seront des milliers de jeunes recrues, des cadres, c’est la haine décomplexée, la montée en flèche des actes racistes, bref c’est la fascisation accélérée de la société, etc… C’est aussi cela le « risque immédiat » fasciste, pas seulement la possibilité d’arrivée de Le Pen au pouvoir (la bourgeoisie ayant encore d’autres cartes à jouer).

Marine Le Pen sous les 25%, cela freine cette montée du fascisme, à condition que nous soyons en capacité de traduire le bon score de Jean-Luc Mélenchon en luttes sociales et politiques massives pour changer l’actuel rapport des forces entre capital et travail dans le pays !

Rien n’est inexorable ! Pas même l’arrivée au pouvoir de Marine Le Pen en 2022 si Macron arrive au pouvoir en 2017. Rien n’est inéluctable, pour peu que les travailleurs se mobilisent. Les 5 ans de Hollande ont illustré qu’un gouvernement de « gauche » n’empêchait pas une formidable mobilisation sociale (la lutte contre le Loi El Khomri) et pouvait se conclure par un Jean-Luc Mélenchon à 20%.

Tirons les bons enseignements de 2002 !

Souvenons-nous de 2002 : du fait du puissant vote anti-Le Pen, celui-ci n’a que 17% au second tour. Cela a freiné temporairement l’ascension du FN, puisque ce n’est que 15 ans plus tard qu’on le retrouve dans cette situation. Bien sûr, ces 15 ans n’ont pas été suffisamment mis à profit pour construire l’alternative populaire antilibéral, antifasciste, antiguerre et anticapitaliste qui permettra d’en finir avec ce « ventre immonde » capitaliste qui féconde le fascisme. Et nous restons au pied du mur. Mais gagner ce temps encore aujourd’hui est précieux, car nous avons besoin de temps pour construire le front de résistance populaire antilibéral, antifasciste et antiguerre et reconstruire le parti communiste révolutionnaire dont nous avons besoin pour mener jusqu’au bout la transformation de la société.

Il n’y a pas, il n’y aura pas de « front républicain » avec Macron. Cette expression est depuis plus de 20 ans une arme idéologique des tenants du système PS / LR et des médias qui les soutiennent, expression reprise par le FN qui a en besoin.

Il s’agit simplement de préserver l’existant, de préserver un terrain de lutte. Pas de renoncer à nos luttes : il n’y pas d’extinction de la lutte des classes au nom de la République » !

Macron élu, préparons le 3ème tour social !

Macron ne sera pas élu pour son programme, et il aura face à lui des opposants déterminés. D’autant plus que les forces de la résistance sociale, notamment celles galvanisées par la campagne et les scores de Jean-Luc Mélenchon sont sur le pied de guerre, prêtes à réagir dès le 7 mai au soir.

Par la grève et les mobilisations de rue, nous construirons le rapport de force pour la satisfaction des principales revendications des travailleurs, des quartiers populaires, de la ruralité et les revendications posées dans la campagne de l’Avenir en commun !

Pour combattre et faire reculer sur le long terme le fascisme, il faut construire le front de résistance populaire autour d’un programme d’actions en capacité de mobiliser le peuple travailleur :

Sortie de l’Euro et de l’Union Européenne : on ne peut résoudre les aspirations du peuple sans indépendance nationale et souveraineté populaire, le plan B doit devenir notre plan A !

Stop aux guerres impérialistes, sortie de l’OTAN : Les impérialistes états-uniens et européens doivent stopper leurs menées guerrières à l’Est de l’Europe, au Proche et au Moyen Orient, comme en Afrique et en Asie ! Leur stratégie maquillée en « choc des civilisations » doit cesser car les peuples n’ont plus à subir les coûts humains et matériels exorbitants de leurs guerres de rapine ! Cela permettra d’en finir avec le terrorisme qui frappe sur notre sol ici, comme conséquence des guerres et du terrorisme là-bas.

Unité aux législatives !

Il faudra aussi un prolongement législatif, dans l’optique de constituer un fort groupe de députés France Insoumise / Front de Gauche. Cela nécessite l’unité : dans chaque circonscription, il ne doit y avoir qu’une seule candidature du camp qui a soutenu JLM.

Opposer des candidats de la France Insoumise à des candidats du Front de Gauche/PCF dans les mêmes circonscriptions serait en effet totalement illisible pour le peuple autant que durablement et extrêmement préjudiciable pour les idées convergentes que nous défendons.

Fait le 25/04/2017

Coordination Communiste Nord-Pas-de-Calais
pour la reconstruction d’un parti communiste révolutionnaire
http://www.rassemblementcommuniste.fr

 

Source : http://www.les7duquebec.com/7-dailleurs-invites/le-desespoir-de-la-gauche-francaise-trahie-par-ses-amis/

Labour’s share

This is not new in Marxist economic theory. Marx put it differently to the mainstream. Investment under capitalism takes place for profit only, not to raise output or productivity as such. If profit cannot be sufficiently raised through more labour hours (ie.e more workers and longer hours) or by intensifying efforts (speed and efficiency – time and motion), then the productivity of labour can only be increased by better technology. So, in Marxist terms, the organic composition of capital (the amount of machinery and plant relative to the number of workers) will rise secularly. Workers can fight to keep as much of the new value that they have created as part of their ‘compensation’ but capitalism will only invest for growth if that share does not rise so much that it causes profitability to decline. So capitalist accumulation implies a falling share to labour over time or what Marx would call a rising rate of exploitation (or surplus value).

Michael Roberts Blog

The leading Keynesian bloggers have been discussing the causes of inequality again.  In particular, they have highlighted the apparent decline in labour’s share of national income in most advanced capitalist economies since the early 1980s.

According to an ILO report, in 16 developed economies, labour took a 75% share of national income in the mid-1970s, but this dropped to 65% in the years just before the economic crisis. It rose in 2008 and 2009 – but only because national income itself shrank in those years – before resuming its downward course. Even in China, where wages have tripled over the past decade, workers’ share of the national income has gone down.

And the very latest IMF World Economic Report finds that “After being largely stable in many countries for decades, the share of national income paid to workers has been falling since the 1980s.” 

The IMF goes on “Labor’s share…

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Le président al-Assad : Nous ne possédons pas d’armes chimiques et nous avons renoncé à tout notre arsenal

http://sana.sy/fr/?p=87849

14/04/2017

Damas / Le président Bachar al-Assad a affirmé que la Syrie ne possède pas d’armes chimiques et qu’elle a renoncé à tout son arsenal.

Dans une interview qu’il a accordée à l’AFP, le président al-Assad a fait savoir que l’OIAC (Organisation pour l’Interdiction des Armes Chimiques) a déclaré la Syrie vide de toute matière chimique.

Le président al-Assad a considéré que les allégations sur une attaque chimique menée par l’armée arabe syrienne contre Khan Cheikhoun sont fabriquées, assurant que cette zone n’est pas stratégique du point de vue militaire et que l’armée n’avait visé aucun objectif dans cette zone.

Et voici le texte intégral de l’interview :

AFP (1) : Monsieur le président, je voudrais d’abord vous remercier de nous avoir reçus pour nous accorder cette entrevue. Monsieur le président, avez-vous donné l’ordre d’attaquer Khan Cheikhoun aux armes chimiques ?

Le président Al-Assad : En fait, personne jusqu’à maintenant n’a enquêté sur ce qui s’était passé ce jour-là à Khan Cheikhoun. Comme vous le savez, Khan Cheikhoun est sous le contrôle du « Front al Nosra » qui est une branche d’Al-Qaïda. Les seules informations dont dispose le monde jusqu’à présent sont donc celles publiées par la branche d’Al-Qaïda. Personne n’a d’autres informations. Nous ne savons pas si toutes les photos ou les images vidéos que nous avons vues sont vraies ou truquées. C’est la raison pour laquelle nous avons demandé qu’une enquête soit menée à Khan Cheikhoun.

Ensuite, selon les sources d’Al-Qaïda, l’attaque a eu lieu entre 6h et 6h30, alors que l’attaque syrienne a été déclenchée sur la même région entre 11h30 et midi. Ils parlent donc de deux événements différents. Aucun ordre n’a été donné de déclencher une attaque ; et, d’ailleurs, nous ne possédons pas d’armes chimiques, car nous avons renoncé à notre arsenal depuis plusieurs années. Et même si nous possédions de telles armes, nous ne les aurions jamais utilisées. Tout au long de notre histoire, nous n’avons jamais utilisé notre arsenal chimique.

AFP (2) : Alors, qu’est- ce qui s’est passé ce jour-là ?

Le président Al-Assad : Comme je viens de le dire, l’unique source de ces informations c’est Al-Qaïda, chose que nous ne pouvons pas prendre au sérieux. Notre impression est cependant que l’Occident, notamment les États-Unis, sont les complices des terroristes, et qu’ils ont monté toute cette histoire pour s’en servir de prétexte à l’attaque. L’attaque n’a pas eu lieu à cause de ce qui s’est passé à Khan Cheikhoun. Nous sommes devant un seul et même événement : la première étape en était le spectacle auquel nous avons assisté sur les réseaux sociaux et les chaînes de télévision, et la campagne médiatique déclenchée. La seconde étape était l’agression militaire. C’est bien ce qui s’est produit à notre sens. Car, quelques jours seulement, voire 48 heures, ont séparé la campagne médiatique de l’attaque américaine, qui a eu lieu sans la moindre enquête, sans les moindres preuves tangibles de quoi que ce soit. Rien que des allégations et des campagnes médiatiques, puis l’attaque a eu lieu.

AFP (3) : Donc, d’après vous, qui serait responsable de cette attaque chimique présumée ?

Le président Al-Assad : Les allégations en soient viennent d’Al-Qaïda. Nous n’avons donc pas besoin de mener une enquête pour en savoir l’origine. Ils l’ont eux-mêmes déclaré : la région est sous leur contrôle, et il n’y a personne d’autre. Quant à l’attaque, je viens de le dire, il n’est pas encore clair si elle a eu lieu ou non. Car, comment peut-on vérifier une vidéo ? Il y a tellement de vidéos truquées en ce moment, et il y a des preuves qu’elles étaient fausses, comme celles des casques blancs par exemple. Ce sont des membres d’al-Qaïda, des membres du « Front Al-Nosra ». Ils ont rasé leurs barbes, porté des casques blancs, et sont apparus comme des héros de l’humanité. Ce qui n’est pas vrai, car ces mêmes personnes tuaient les soldats syriens. Les preuves se trouvent d’ailleurs sur Internet. La même chose s’applique à cette attaque chimique : Nous ne savons pas si ces enfants ont été tués à Khan Cheikhoun. Nous ne savons même pas d’ailleurs s’ils étaient vraiment morts. Et s’il y a eu une attaque, qui l’a lancée ? Et avec quels matériels ? Aucune information, rien du tout, et personne n’a enquêté.

AFP (4) : Vous pensez donc que c’est une fabrication ?

Le président Al-Assad : Bien sûr, il s’agit pour nous d’une fabrication à cent pour cent. Nous ne possédons aucun arsenal chimique. Et, même si en avions, nous ne l’utiliserions jamais. Il existe plusieurs indices, même en l’absence de preuve, car personne ne possède d’informations certaines ni de preuves tangibles. Par exemple, dix ou 15 jours avant l’attaque, les terroristes avançaient sur plusieurs fronts, y compris dans la banlieue de Damas, et dans la campagne de Hama non loin de Khan Cheikhoun. Supposons que nous disposons d’un tel arsenal, supposons que nous voulions l’utiliser, pourquoi n’y avons-nous pas eu recours au moment où nos troupes reculaient et les terroristes gagnaient du terrain ? En fait, cette prétendue attaque coïncide avec la période durant laquelle l’armée syrienne progressait rapidement, et où on assistait à la débâcle des terroristes en train de s’effondrer. Dans ces conditions, pourquoi utiliser de telles armes, à supposer qu’on en possède vraiment, et qu’on accepte de s’en servir ? Logiquement parlant, pourquoi les utiliser en ce moment précis où l’on gagne rapidement du terrain, et non au moment où on traverse une situation difficile ?

Par ailleurs, et à supposer encore une fois que vous possédez de telles armes, et que vous voulez les utiliser, pourquoi les utiliser contre les civils et non contre les terroristes que vous combattez ?

Troisièmement, l’armée syrienne n’est pas présente dans cette zone. Nous n’y menons pas de batailles, et nous ne visons aucun objectif à Khan Cheikhoun, parce que ce n’est pas une zone stratégique. Je parle d’un point de vue militaire : pourquoi l’attaquer ?! Pour quelle raison ?

Évidemment, il s’agit essentiellement pour nous d’une question d’éthique, c’est-à-dire que nous n’aurions pas utilisé l’arme chimique même si nous la possédions. Nous n’avons aucune volonté de l’utiliser, car ce serait intolérable et immoral, et on perdrait le cas échéant notre soutien populaire. Tous les indices vont donc à l’encontre de toute cette histoire. Vous pouvez en conclure que c’est une pièce qu’ils ont montée. L’histoire n’est nullement convaincante.

AFP (5) : Avec la frappe aérienne américaine, Trump semble avoir changé dramatiquement de position à votre égard et à l’égard de la Syrie. Avez-vous le sentiment d’avoir perdu celui que vous avez auparavant qualifié d’éventuel ami ?

Le président Al-Assad : J’avais bien dit « si », je parlais au conditionnel : « s’ils sont combattent sérieusement les terroristes, nous deviendront des partenaires ». J’ai dit aussi que cela ne concernait pas seulement les États-Unis, car nous sommes les partenaires de tous ceux qui veulent combattre les terroristes. C’est là pour nous un principe fondamental. Mais il s’est avéré dernièrement, comme je l’ai dit tout à l’heure, qu’ils sont les complices de ces terroristes, je veux dire les États-Unis et l’Occident. Ils ne sont pas sérieux dans leur combat contre les terroristes. Hier encore certains de leurs responsables défendaient « Daech »… en disant que « Daech » ne possédait pas d’armes chimiques. C’est bien défendre « Daech » contre le gouvernement syrien et contre l’armée syrienne. En fait, vous ne pouvez pas parler de partenariat entre nous deux, nous qui luttons contre le terrorisme et combattons les terroristes, et eux qui les soutiennent ouvertement.

AFP (6) : Pouvez-vous donc dire que la frappe américaine vous a fait changer d’avis au sujet de Trump ?

Le président Al-Assad : De toute manière, j’étais très prudent en exprimant une quelconque opinion à son sujet, avant ou après qu’il ne devienne président. Je disais toujours : « Attendons voir ce qu’il va faire. Nous ne commenterons pas les déclarations ». En effet, cette attaque est la première preuve qu’il ne s’agit pas du président des États-Unis, mais du système, du fond même du régime des USA. Ce système reste le même ! Il ne change pas ! Le président y est seulement l’un des acteurs sur la scène américaine. S’il veut devenir un leader, et c’est vrai pour tout président là-bas qui veut devenir un leader, il ne le pourra pas. Certains disent que Trump a voulu être un leader. Tout président là-bas qui veut devenir un vrai leader doit ultérieurement ravaler ses paroles, passer outre son orgueil, au cas où il en a, et doit tourner 180 degré, sinon il le payera en politique.

AFP (7) : Mais pensez-vous qu’il y aura une deuxième attaque ?

Le président Al-Assad : Tant que les USA seront dirigés par le complexe militaro-industriel, les sociétés financières et les banques, et donc par ce qu’on peut appeler l’État profond qui œuvre dans l’intérêt de ces groupes, bien sûr que cela peut se reproduire n’importe quand et n’importe où… et pas seulement en Syrie !

AFP (8) : Qu’exerceront en représailles votre armée et les Russes si cela se reproduit ?

Le président Al-Assad : Si vous voulez parler de représailles en pensant à des missiles qui parcourent des centaines de kilomètres… c’est une distance que nous ne pouvons pas atteindre. Cependant, la vraie guerre en Syrie ne dépend pas de ces missiles, mais du soutien apporté aux terroristes. C’est l’aspect le plus dangereux de cette guerre. Notre riposte sera la même qu’au premier jour : écraser les terroristes partout en Syrie. Lorsque nous en seront débarrassés, rien ne nous inquiètera plus jamais. Telle est donc notre riposte, et ce n’est pas une réaction à un événement précis.

AFP (9) : Vous dites donc que la riposte par l’armée syrienne ou par les Russes sera très difficiles car les navires sont très éloignés.

Le président Al-Assad : C’est tout à fait vrai pour nous qui sommes un petit pays, tout le monde le sait d’ailleurs. Nous ne pouvons pas atteindre ces navires. C’est-à-dire qu’ils peuvent lancer des missiles à partir d’un autre continent, tout le monde le sait. C’est une grande puissance, nous ne le sommes pas. Quant aux Russes, c’est une autre affaire.

AFP (10) : Allez-vous accepter les résultats d’une enquête menée par l’OPCW (acronyme anglais pour OIAC – Organisation pour l’Interdiction des Armes Chimiques) ?

Le président Al-Assad : Dès 2013, lorsque les terroristes ont lancé leurs premières attaques contre l’armée syrienne en utilisant des missiles chimiques, nous avons réclamé une enquête. C’était nous qui avions demandé à ce que des enquêtes soient menées. Cette fois-ci, nous en avons discuté avec les Russes, hier et durant les quelques derniers jours qui suivirent l’attaque, et nous allons œuvrer ensemble pour que soit menée une enquête internationale. Mais cette enquête doit être impartiale. Nous pouvons permettre toute enquête si et seulement si elle est impartiale, et en s’assurant que des pays impartiaux y prendront part, pour être sûrs qu’elle ne sera pas biaisée afin de pouvoir être utilisée à des fins politiques.

AFP (11) : Et s’ils accusent le gouvernement, renoncerez-vous au pouvoir ?

Le président Al-Assad : S’ils accusent ou s’ils prouvent ? Car il y a une grande différence ! en effet, ils accusent déjà le gouvernement ! Et si, par « ils », vous voulez dire « l’Occident », NON, car l’Occident ne nous intéresse pas ! Si vous parlez de l’OIAC, s’ils arrivent à prouver qu’une attaque a eu lieu, il faudra enquêter pour savoir qui a donné l’ordre de lancer une telle attaque. Mais, pour ce qui est de l’armée syrienne, une chose est à cent pour cent certaine : nous ne possédons pas de telles armes ! et nous ne pourrions pas, même si nous le voulions, lancer une telle attaque ; car nous n’en avons ni les moyens, ni d’ailleurs la volonté.

AFP (12) : Vous voulez dire que vous ne possédez pas d’armes chimiques ?

Le président Al-Assad : Non, absolument aucune ! Il y a plusieurs années, en 2013, nous avons renoncé à tout notre arsenal chimique. Et l’OIAC (Organisation pour l’Interdiction des Armes Chimiques) a déclaré la Syrie vide de tout matériel de guerre chimique.

AFP (13) : Je pose la question parce que les Américains ont dit qu’il y avait des armes chimiques dans la base aérienne, le niez-vous ?

Le président Al-Assad : Ils ont attaqué la base et détruit les dépôts qui contenaient divers matériels, mais il n’y avait pas de gaz sarin. Comment donc ? S’ils disent que nous avons lancé notre attaque au sarin à partir de cette même base aérienne, qu’est-il arrivé au sarin quand ils ont attaqué les dépôts ? A-t-on entendu parler du sarin ? Notre chef d’état-major est arrivé dans la base quelques heures seulement après l’attaque. Comment a-t-il pu y aller s’il y avait du sarin ? Pourquoi le nombre de martyres était seulement de six, alors qu’il y avait des centaines de soldats et d’officiers présents sur les lieux ? S’il y avait du sarin dans la base, comment se fait-il que tous n’en sont pas mort ? Sur les mêmes images vidéos truquées sur Khan Cheikhoun, lorsque les secouristes essayaient de venir en aide aux victimes ou aux personnes supposées affectées, ils ne portaient ni masques ni gants de protection. Comment donc ? Où donc est le sarin ? Ils auraient dû en être directement affectés ! Tout cela n’est qu’allégations ! Je veux dire que cette attaque américaine et ces allégations constituent une preuve supplémentaire qu’il s’agit d’un montage, et qu’il n’y avait de sarin nulle part.

AFP (14) : Vous dites ne pas avoir donné un tel ordre ; mais, est-il possible que des éléments dévoyés aient lancé cette attaque chimique ?

Le président Al-Assad : Même s’il y avait un élément incontrôlé, l’armée ne possède pas de matières chimiques. Ensuite, un élément dévoyé ne peut pas envoyer un avion de son propre chef, même s’il le veut. C’est un avion et non pas un petit véhicule, ni une mitrailleuse. Ce serait possible si on parlait d’un pistolet que quelqu’un manipule à sa guise et utilise pour violer la loi, chose qui peut arriver partout dans le monde, mais c’est impossible lorsqu’il s’agit d’un avion. Et troisièmement, l’armée syrienne est une armée régulière, et non pas constituée de diverses milices. Elle est structurée et hiérarchisée, avec des mécanismes très clairs pour donner des ordres. C’est pourquoi il n’est jamais arrivé, durant les six dernières années de guerre en Syrie, qu’un élément rebelle ait tenté d’agir contre la volonté de ses supérieurs.

AFP (15) : Les Russes vous ont-ils mis en garde avant la frappe américaine ? Etaient-ils présents à la base aérienne ?

Le président Al-Assad : Non, ils ne nous ont pas avertis parce qu’ils n’en ont pas eu le temps. Les Américains les avaient avertis seulement quelques minutes avant l’attaque ; ou, comme certains le disent, « après l’attaque ». Les missiles prennent quelque temps pour arriver jusqu’à la base. Mais en fait, nous disposions de quelques indices, et nous avons pris certaines mesures.

AFP (16) : Est-ce que vous confirmez que 20% de votre force aérienne a été détruite dans cette attaque, comme le disent les Américains ?

Le président Al-Assad : Je ne connais pas le cadre référentiel de ces 20%. C’est quoi les 100% pour eux ? Est-ce que ça correspond au nombre des appareils ? Ou à la qualité ? Ce taux renvoie-t-il aux appareils opérationnels ou stockés ? Je ne sais pas ce qu’ils veulent dire par là. Non, en fait, comme les Russes l’ont déclaré, quelques vieux appareils ont été détruits, dont certains n’étaient pas opérationnels de toute manière. C’est la vérité, la preuve est que depuis cette attaque, nous n’avons pas arrêté d’attaquer les terroristes partout en Syrie. Nous n’avons pas eu l’impression d’avoir été réellement affectés par cette frappe.

AFP (17) : Votre gouvernement a déclaré au début que vous aviez bombardé un dépôt d’armes chimiques. Est-ce vrai ?

Le président Al-Assad : C’est une possibilité parmi d’autres, car lorsque vous attaquez une cible des terroristes, vous ignorez ce qu’il y a. Vous savez que c’est une cible, ça peut être un dépôt, ou un camp, ou un siège, vous n’en savez rien. Mais vous savez que les terroristes l’utilisent, alors vous l’attaquez, comme toute autre cible. C’est ce que nous faisons quotidiennement, et parfois au fil des heures, depuis le début de la guerre. Mais vous ne pouvez pas savoir ce qu’il y a dedans. Que des frappes aériennes aient visé un dépôt d’armes chimiques était donc une possibilité parmi d’autres. Mais encore une fois, cela ne correspond pas au timing de l’annonce, non seulement parce que seuls les terroristes l’ont annoncé le matin, mais aussi parce que leurs organes d’informations, et leurs pages sur Twitter et sur Internet ont annoncé l’attaque quelques heures avant l’attaque présumée, c’est-à-dire à 4 heures du matin. A 4 heures du matin, ils ont annoncé qu’il y aurait une attaque chimique, et qu’il fallait s’y préparer. Comment l’ont-ils su ?

AFP (18) : Ne pensez-vous pas que Khan Cheikhoun représente un revers pour vous ? Pour la première fois depuis six ans, les États-Unis attaquent votre armée. Hier, après une courte lune de miel, Tillerson a dit que le règne de la famille Al-Assad allait bientôt prendre fin. Ne pensez-vous pas que Khan Cheikhoun constitue pour vous un grand revers ?

Le président Al-Assad : Il n’y a en aucun cas en Syrie un règne de la famille Al-Assad. Il rêve. Ou disons qu’il divague. Nous ne perdons pas notre temps sur sa déclaration. En fait, les États-Unis étaient durant ces six dernières années profondément impliqués dans le soutien aux terroristes partout en Syrie, y compris « Daech » et « Al-Nosra », ainsi que toutes les factions qui partagent la même mentalité. C’est une chose claire et prouvée. Mais si vous voulez parler d’attaques directes, il y a quelques mois une attaque plus grave que cette dernière avait eu lieu, et ce avant qu’Obama ait quitté ses fonctions. Cela a eu lieu à Deir Ezzor à l’Est de la Syrie, lorsqu’ils ont attaqué une montagne qui revêt une grande importance stratégique. Ils ont attaqué une base de l’armée syrienne régulière. Si l’armée syrienne n’avait pas alors été assez forte pour repousser l’attaque de « Daech », la ville de Deir Ezzor serait tombée, et Deir Ezzor aurait alors été liée avec Mossoul en Irak. Cela aurait constitué une victoire très stratégique pour « Daech ». Le gouvernement américain y était donc directement impliqué. Mais, cette fois-ci, pourquoi ont-ils eu recours à l’attaque directe ? Parce que, comme je viens de le dire, les terroristes dans cette région étaient en pleine débâcle. Les États-Unis n’avaient donc aucun autre choix, sauf celui de soutenir leurs agents, à savoir les terroristes, et ce, en attaquant directement l’armée syrienne. Ils leur avaient fourni toutes sortes d’armes, mais ça n’avait pas réussi.

AFP (19) : Vous ne pensez donc pas que ce soit un revers pour vous ?

Le président Al-Assad : Non. Cela fait partie du même contexte qui dure depuis six ans, et qui a pris de multiples formes, alors que la politique américaine et occidentale vis-à-vis de la Syrie n’a au fond nullement changé. Laissons de côté les déclarations, certaines sont faites avec un ton élevé, d’autres sont moins fortes, mais la politique reste la même.

AFP (20) : Vous avez envoyé la plupart des rebelles à Idleb. Entendez-vous les attaquer la prochaine fois ?

Le président Al-Assad : Nous attaquerons les groupes armés n’importe où en Syrie, à Idleb, ou partout ailleurs. Quant à l’heure et à la priorité, c’est une question militaire qui se discute au niveau militaire.

AFP (21) : Vous avez dit auparavant que Raqqa était pour votre gouvernement une priorité ; cependant, les forces qui avancent vers la ville sont constitués dans leur majorité de Kurdes appuyés par les États-Unis. Ne craignez-vous pas qu’on vous écarte de la libération de Raqqa ?

Le président Al-Assad : Non, car nous soutenons quiconque veut libérer n’importe quelle ville des terroristes. Cela ne veut pas dire, cependant, la libérer des terroristes pour qu’elle soit occupée par les forces américaines, par exemple, ou par un autre agent, ou un autre groupe terroriste. Qui va libérer Raqqa ? ce n’est pas clair : des forces syriennes qui la remettront ensuite à l’armée syrienne ? Est-ce que ce sera en collaboration avec l’armée syrienne ? Ce n’est pas encore clair. C’est ce que nous entendons dire depuis un an environ, ou un peu moins, mais rien ne s’est produit sur le terrain. Tout reste virtuel, car rien n’est tangible sur le terrain.

AFP (22) : Les États-Unis et la Russie sont les parrains du processus de Genève. Étant donné la tension existant entre les deux pays, pensez-vous que ce processus se poursuivra ?

Le président Al-Assad :

Il y a une grande différence entre le fait que le processus soit actif, ce qui pourrait se produire à tout moment, et le fait qu’il soit efficace. Jusqu’à présent, le processus n’est pas efficace. La raison en est que les USA ne veulent pas sérieusement parvenir à une quelconque solution politique. Ils veulent utiliser le processus politique comme un parapluie pour les terroristes, et ils cherchent à obtenir grâce cette tribune ce qu’ils n’ont pas pu obtenir sur le champ de bataille. Raison pour laquelle le processus n’est pas du tout efficace. Nous nous retrouvons maintenant dans la même situation, et nous n’estimons pas que cette administration soit sérieuse sur ce plan, car ils continuent à soutenir les terroristes. Nous pouvons donc dire : oui, nous pouvons réactiver le processus, mais nous ne pouvons pas dire que nous nous attendons à ce qu’il soit efficace ou fructueux.

AFP (23) : Après six ans, Monsieur le président, n’êtes-vous pas fatigué ?

Le président Al-Assad :

A vrai dire, la seule chose qui peut faire pression sur moi, ce n’est ni la situation militaire, ni la conjoncture politique ; mais c’est la situation humanitaire en Syrie, l’effusion quotidienne du sang, ce qu’endurent les syriens, les souffrances ressenties dans chaque foyer. C’est la seule chose pénible et fatigante, si on peut parler de « fatigue ». Mais, si vous voulez parler de la guerre, de la politique, des rapports avec l’occident ; non, je ne suis pas du tout fatigué, car nous défendons notre pays, et on ne se lassera jamais de le défendre.

AFP (24) : Qu’est-ce qui vous empêche de dormir ?

Le président Al-Assad :

Encore une fois, la souffrance du peuple syrien que je constate au contact de chaque famille syrienne, directement ou indirectement. C’est la seule chose qui peut m’empêcher de dormir de temps en temps ; mais, pas les déclarations, ni les menaces occidentales de soutenir les terroristes.

AFP (25) : Aujourd’hui, il y a des gens de Foua et de Kafraya qui seront déplacés vers Damas et Alep. Ne craignez-vous pas que cela puisse représenter un déplacement de la population, et que la Syrie d’après la guerre ne sera plus comme celle qui existait aupavant ?

Le président Al-Assad : Le déplacement qui se fait dans ce contexte est nécessaire. Nous ne l’avons pas choisi, et nous souhaitons que toute personne puisse rester dans son village et sa ville. Mais ces gens-là, comme beaucoup d’autres civils dans diverses régions, étaient entourés et assiégés par les terroristes. Ils se faisaient tuer tous les jours. Ils devaient donc s’en aller. Ils rentreront bien sûr chez eux après la libération. C’est ce qui s’est produit dans plusieurs autres régions, et les gens sont rentrés chez eux. C’est une situation provisoire. Des changements démographiques ne sont certainement pas dans l’intérêt de la société syrienne si c’est permanent ; mais, puisque c’est temporaire, ça ne nous inquiète pas.

AFP : Monsieur le président, merci infiniment de nous avoir accordé cette interview.

Le président Al-Assad : Merci à vous

Source: http://mai68.org/spip2/spip.php?article178