Conférence Solidarité et Lutte : Renforcer la résistance à la guerre, au militarisme et au néofascisme

 

à Université de Toronto, Canada

du 5 au 7 août 2017

 

Informations : Courriel : antiwarconf.inquiriesto@gmail.com

 

#SOLIDARITYFIGHTBACK

#NO2USMILITARISM

 

Ligue internationale de lutte des peuples /    International League of Peoples’ Struggle     ILPS-LILP

Alliance international des femmes / International Women’s Alliance                                    AIF/IWA

Guerre, militarisme et néofascisme états-uniens

Guide de discussion

  1. TRUMP ESCALADE-T-IL LE MILITARISME ET LA GUERRE DES ÉTATS-UNIS?

 

Cent jours viennent à peine de s’écouler depuis l’accession de Trump à la présidence, et déjà le gouvernement des États-Unis poursuit violemment ses guerres impérialistes d’agression et d’intervention à l’étranger et intensifie la répression au pays. La superpuissance essaie ainsi, désespérément, de maintenir son hégémonie dans un monde multipolaire plongé dans une série de crises.

 

Seulement en mars, plus de 1 000 civils sont morts au cours de frappes aériennes effectuées par la soi-disant coalition que les États-Unis dirigent en Irak et en Syrie. Toujours en mars, Trump a donné l’ordre de lancer sur le Yémen, en seulement une semaine, plus de bombes que ne le faisait Obama dans toute une année.

 

Le 5 avril, Trump a donné l’ordre de lancer 59 missiles Tomahawk sur une base aérienne syrienne, sous un faux prétexte, tuant des dizaines de civils d’un village voisin. Un mois auparavant, les drones étatsuniens avaient lancé des missiles Hellfire et jeté une bombe sur une mosquée de la partie ouest d’Alep, dans laquelle 200 personnes priaient, en tuant 40 et en blessant 120 autres.

 

Le 13 avril, en Afghanistan, les États-Unis ont lancé la plus puissante bombe non nucléaire de leur arsenal sur un complexe de grottes et de tunnels, prétendument utilisés par les terroristes de l’ISIS. C’était la première fois que la bombe GBU-43 «Massive Ordnance Air Blast bomb» (MOAB), «Bombe à effet de souffle d’artillerie lourde», surnommée «la mère de toutes les bombes», était utilisée au combat. L’onde de souffle intense engendré par la bombe peut, dans un rayon d’un mille, anéantir toute personne et brûler tout l’oxygène se trouvant dans des espaces souterrains tels que des tunnels et des grottes.

 

En Somalie, Trump a affaibli les règles d’engagement de l’armée étatsunienne, ce qui entrainera l’augmentation du nombre pertes civiles. Depuis 2007, les États-Unis mènent une guerre très floue contre les soi-disant islamistes en action dans ce pays stratégique de la Corne de l’Afrique, et se servent de l’Éthiopie dans ce conflit mené par procuration. Obama avait régulièrement utilisé les drones des bases étatsuniennes situées à Djibouti, pays voisin, pour frapper les militants d’Al-Shabab.

 

Trump s’est vanté de déployer ce qu’il décrit comme une « armada » de cuirassés pour intimider la République populaire démocratique de Corée (RPDC) et a menacé de lancer une attaque nucléaire le premier, comme mesure préventive contre ce pays.

 

Toutes les actions agressives et belliqueuses entreprises par les États-Unis sont des signes, non pas de force ou d’assurance en leur capacités, mais bien ceux du déclin de cette puissance impérialiste. Étant en perte de vitesse, cette superpuissance devient toujours plus désespérée et agressive, et utilise la force brutale dans de vaines tentatives de conserver sa position hégémonique.

 

  1. QUELLES SONT LES CAUSES DE CETTE ESCALADE DES GUERRES ET DU MILITARISMES?

 

Comme conséquence de quatre décennies de restructuration néolibérale, l’économie mondiale transformée avait engendré d’énormes profits pour l’oligarchie financière par l’intensification de l’exploitation et la dépossession de familles de travailleurs dans le monde entier. Avant la crise, l’économie se maintenait grâce à la consommation stimulée par l’endettement et à l’activité forcenée des capitaux.  Mais avec l’éruption de la crise, ces facteurs s’étaient affaiblis et ne lui permettaient plus de juguler la crise de surproduction.  Les masses appauvries ne pouvaient plus acquérir les biens créés en quantité excessive par la production capitaliste. Ces facteurs ont même aggravé la suraccumulation de capital jusqu’à l’éclatement de la bulle lors de la crise des prêts hypothécaires à risque en 2007. L’économie mondiale s’est alors enlisée et se trouve depuis plongée dans une crise prolongée.

 

La crise économique prolongée du système capitaliste mondial est en train d’intensifier les luttes géopolitiques et les conflits sociaux dans le monde entier. Les États impérialistes dirigés par les États-Unis s’efforcent toujours plus agressivement de conquérir et de contrôler davantage de territoires qui constituent des sources de matières premières et de main-d’œuvre à bon marché, des marchés captifs, des routes d’approvisionnement et des zones pouvant servir de rampes de lancement de forces militaires à l’étranger. Alors que le néolibéralisme s’enlise dans la crise, le militarisme, c’est-à-dire le recours par les États aux moyens militaires pour atteindre leurs objectifs en matière de gouvernance intérieure et de relations extérieures, se développe et sévit aujourd’hui dans tous les continents.

 

L’impérialisme étatsunien est le principal fauteur de militarisme et de guerres et également la principale cause de déstabilisation dans le monde actuel. Les États-Unis sont préoccupés par l’apparition de nouvelles puissances telles que la Russie et que la Chine dans un monde multipolaire, qui, selon eux, menacent l’hégémonie qu’ils avaient établie sur le monde.  Ils se sentent menacés par la création et le développement de l’Organisation de coopération de Shanghai, qu’ils perçoivent comme étant une alliance opposée à l’alliance États-Unis-OTAN,  du bloc économique des pays désignés par l’acronyme BRICA, qui regroupe le Brésil, la Russie, l’Inde, la Chine et l’Afrique du Sud, de l’accord de commerce régional que développe la Chine, du Partenariat économique global régional (RCEP), qui exclue les États-Unis, des nouvelles institutions financières qui rivalisent avec la structure financière mondiale dominée par le capital financier étatsunien.

 

  1. COMMENT L’IMPÉRIALISME ÉTATSUNIEN MÈNE-IL UNE GUERRE DE TERREUR MONDIALE?

 

Afin de maintenir sa domination sur la planète, les États-Unis déclenchent des guerres de terreur dans le monde entier sous le prétexte de mener une «guerre contre le terrorisme» au niveau international. De connivence avec ses alliés de l’OTAN, l’État sioniste d’Israël et le Royaume d’Arabie Saoudite, les États-Unis ont délibérément fomenté des divisions sectaires en Asie occidentale et en Afrique du Nord, et cherchent à détruire ou à affaiblir tout régime qui défend la cause de l’indépendance nationale et de l’autodétermination des peuples arabes.

 

Le général Wesley Clark, ex-commandant suprême allié de l’OTAN pendant la guerre du Kosovo, a révélé que quelques semaines après les attentats du 11 septembre aux États-Unis, le Pentagone avait publié un mémorandum secret qui «décrivait comment nous allons envahir sept pays en cinq ans, d’abord l’Irak, puis la Syrie, le Liban, la Libye, la Somalie et le Soudan et enfin l’Iran.» Et, en effet, peu après, les États-Unis et leurs alliés ont bombardé, envahis ou occupés tous ces pays, à l’exception du Liban et de l’Iran, mais en attaquant en plus l’Afghanistan et le Yémen. Washington a également alloué 38 milliards de dollars afin d’appuyer les politiques israéliennes d’apartheid et d’occupation brutale de la Palestine au cours de la prochaine décennie.

 

Sur le continent africain, au cours des deux derniers mandats présidentiels d’Obama et celui de son prédécesseur, George W. Bush, Jr., les États-Unis ont intensifiée la militarisation qu’ils dirigent et continueront sans aucun doute à le faire sous la présidence de Trump. Au début de 2008 a eu lieu la fondation du Commandement des États-Unis pour l’Afrique (AFRICOM), qui a provoqué de l’instabilité et des déplacements de population dans le continent.

 

Comme le souligne Abayomi Azikiwe, rédacteur en chef de l’organisation «Pan-African News Wire» (novembre 2016), «le bombardement de la Libye sous de faux prétextes, la déstabilisation du pays et l’assassinat brutal du leader de longue date, le colonel Muammar Kadhafi, ont eu des conséquences qui sont encore ressenties (…). Aujourd’hui, la Libye est devenue un centre important de trafic ou de fuite d’êtres humains qui quittent le continent africain et traversent la Méditerranée en direction de l’Europe. Le Pentagone effectue chaque jour des bombardements dans cet État nord-africain. Washington et ses alliés ont subi de lamentables échecs lors de leurs multiples tentatives de créer à Tripoli un régime néocolonial stable qu’ils pourraient dominer (…).»

 

À Djibouti, le camp Lemonier, base militaire en plein essor, sert de lieu d’organisation et de lancement d’une campagne aérienne et terrestre sous le couvert de la lutte contre le «terrorisme islamique» dans la Corne de l’Afrique. La République du Soudan, qui était autrefois le plus grand État-nation d’Afrique en termes de superficie, a été divisée sous l’égide de Washington pour nuire à l’industrie pétrolière des pays émergents qui agissent en partenariat avec la République populaire de Chine.

 

Dans la région Asie-Pacifique, les États-Unis poursuivent leur politique de créer un «pivot vers l’Asie», qui consiste à y déployer jusqu’à 60 pour cent de leurs forces navales pour contenir la Chine et isoler la Corée du Nord. En 2015, le Commandement du Pacifique des États-Unis a effectué 175 exercices militaires bilatéraux et multilatéraux dans la région Asie-Pacifique.  Ceci constitue une hausse par rapport aux 160 exercices menés en 2014. Ces exercices conjoints font partie d’opérations de plus en plus fréquentes et de plus en plus diversifiées, qui incluant maintenant la guerre terrestre, la guerre aérienne, la guerre maritime, la guerre antimissile, les opérations spéciales, ainsi que la guerre électronique et cybernétique.

 

Tout en ciblant le programme nucléaire de la Corée du Nord, l’armée des États-Unis continue d’amasser des armes nucléaires en Corée du Sud. Les États-Unis se servent de la Corée du Sud comme plate-forme de lancement du Système de Défense aérienne de haute altitude (ou bouclier antimissile étatsunien) du Pentagone, connu sous le nom de THAAD (Terminal High Altitude Air Defense). Ils visent façon ostensive la Corée du Nord, mais également en Chine. En mars 2017, les États-Unis et la Corée du Sud ont entrepris le plus grand exercice militaire jamais réalisé dans la péninsule coréenne, mobilisant plus de 320 000 militaires, qui étaient appuyés par des forces aériennes et navales des États-Unis du niveau technologique le plus avancé. Ces exercices étatsuniens simulent des scénarios d’utilisation d’équipements anti-missiles et de forces de combat spéciales dans le but déclaré de «décapiter» la direction de la Corée du Nord et de détruire les armes nucléaires de ce pays.

 

Il n’est pas déraisonnable de croire que, face à cette grave menace, les dirigeants de la Corée du Nord pensent que les armes nucléaires du pays constituent le meilleur moyen de dissuader les États-Unis d’envahir ou d’attaquer leur pays, comme ils l’ont fait en Afghanistan, en Libye et en Syrie.

 

  1. L’IMPÉRIALISME ÉTATSUNIEN EST-IL COUPABLE DE CRIMES DE GUERRE?

 

Les États-Unis, l’OTAN et les forces alliées ont commis les crimes les plus atroces contre l’humanité tels que le massacre de civils, la torture et l’assassinat de prisonniers de guerre, ainsi que l’utilisation d’armes de destruction massive. Les forces étatsuniennes ont utilisé des bombes de phosphore blanc et des munitions d’uranium appauvri, que les conventions internationales interdisent parce qu’elles causent la mort au terme de douleurs atroces et le cancer d’habitants des populations touchées.

 

L’armée étatsunienne a entraîné et armé des troupes de substitution et des forces paramilitaires, y compris des groupes djihadistes comme Al-Qaïda et Daesh (ISIS / ISIL), dans le but d’attaquer ou de déstabiliser des pays qui ne sont pas alignés sur les conceptions impérialistes étatsuniennes et qui sont situés dans les régions riches en pétrole de l’Asie occidentale et centrale et de l’Afrique du Nord.

 

Ces guerres d’agression et par procuration, qui utilisent des groupes djihadistes, ont rasé des villes, des villages et des centres industriels, détruit des infrastructures civiles telles que des barrages, des ponts, des hôpitaux, des écoles, des installations énergétiques, des sites historiques, des églises et des mosquées, entre autres éléments. Environ 80% des morts de ces guerres ont été des civils, y compris des femmes, des enfants et des personnes âgées.

 

Selon un rapport publié en 2015 par les organisations «Médecins pour la responsabilité sociale», «Médecins pour la survie mondiale» et «Médecins internationaux pour la prévention de la guerre nucléaire», au moins un million d’Irakiens ont été tués entre 2003 et 2012 directement à cause de l’invasion et de l’occupation du pays par les États-Unis. Cette étude a révélé qu’au moins 1,3 million de personnes ont été tuées en Irak, en Afghanistan et au Pakistan à la suite de la soi-disant «Guerre contre la terreur» menée à la suite des événements du 11 septembre 2001. En 2015, les États-Unis ont officiellement lancé plus de 22 000 bombes et des attaques de drones en Irak et en Syrie, soit en moyenne plus de 60 bombes par jour.

 

Selon le Bureau de coordination des affaires humanitaires de l’ONU, les bombardements ininterrompus menés au Yémen par la coalition soutenue par les États-Unis ont détruit une partie importante de l’infrastructure sanitaire et aggravé la situation humanitaire qui était déjà effarante. Au moins 10 000 civils ont déjà été tués. D’autre part plus de 7,6 millions de Yéménites, dont 3 millions de femmes et d’enfants, sont au bord de la famine parce que les États-Unis et leurs alliés, l’Arabie saoudite et les Émirats arabes unis, bloquent toutes les routes terrestres, les aéroports et les régions côtières pour empêcher l’approvisionnement en aliments.

 

Selon le Bureau de l’Agence des Nations Unies pour les réfugiés, en 2015, le nombre de personnes «déplacées par la force dans le monde entier en raison de persécutions, de conflits, de violence généralisée ou de violations des droits de la personne» avait dépassé 60 millions, soit le nombre le plus élevé depuis la Seconde Guerre mondiale et ses conséquences immédiates. Plus des deux tiers de tous les réfugiés proviennent de seulement deux pays, qui ont été ciblés par des guerres dirigées par les États-Unis, la Syrie et l’Afghanistan. Plus de la moitié de ces réfugiés étaient des enfants.

 

Ces faits n’ont cependant pas causé d’émoi ou de tumulte au sein de l’ONU, de la « communauté internationale » et surtout pas dans les « pays civilisés » de l’Occident, eux qui, pour provoquer la guerre, accusent à tout bout de champ Bachar el-Assad et la Corée du Nord de commettre de prétendus « crimes de guerre ».

 

  1. DE QUELLE AUTRE FAÇON L’IMPÉRIALISME ÉTATSUNIEN MÈNE-IL LA GUERRE CONTRE LES CIVILS?

 

Les jeunes Étatsuniens, surtout ceux qui sont de couleur et les chômeurs, ont été sacrifiés dans le cadre de ces guerres d’agression menées à l’étranger. Le gouvernement des États-Unis a admis que 4 448 soldats étatsunien sont morts et que 32 221 ont été blessés lors de la guerre menée en Irak. Un grand nombre des soldats étatsuniens qui ont survécu à ces guerres souffrent de troubles mentaux et d’incapacités post-traumatiques.

 

Les guerres pour le pétrole menées par les États-Unis dans l’ensemble du Moyen-Orient ont causé la mort et l’invalidité de millions de personnes. Et, paradoxalement, les groupes terroristes qui étaient censés être les cibles de ces attaques menées par les États-Unis ont augmenté en nombre et se sont déployés sur une zone encore plus étendue. Après seize années de cette « guerre contre le terrorisme » menée par les États-Unis, les talibans contrôlent maintenant plus de territoire en Afghanistan qu’en 2001, tandis que le gouvernement afghan soutenu par les États-Unis ne contrôle pas plus de 60% du pays. Cela montre clairement que la « guerre contre le terrorisme » des États-Unis et de l’OTAN tue plus de civils et incite plus de personnes à devenir des militants opposés aux États-Unis et à leurs représentaux locaux.

 

Quant aux pays européens membres de l’OTAN et alliés de Washington, l’appui qu’ils ont donné aux guerres d’agression des États-Unis se retourne contre eux, comme en témoignent les attaques terroristes survenues à Paris, à Bruxelles et à Londres, qui ont causé de nombreuses victimes chez les civils et créé un climat de terreur au sein des populations.

 

Le terrorisme que les pays impérialistes exportent se retourne contre eux en les frappant. Face à cela, les États deviennent encore plus répressifs localement et adoptent plus de lois et de règlements, qui réduisent les libertés civiles, augmentent la surveillance des masses et militarisent la police et les contrôles aux frontières.

 

Aux États-Unis, par exemple, les citoyens font face à une escalade d’attaques néo-fascistes perpétrées par l’État, entre autres l’incarcération massive de personnes, la lutte contre les syndicats, la criminalisation, la militarisation de l’application de la loi, la brutalité policière, les raids et les déportations effectuées par l’Agence fédérale de contrôle de l’immigration et des douanes  [«U.S. Immigration and Customs Enforcement» (ICE)], et la surveillance des masses. Un exemple de cela est l’utilisation, partout aux États-Unis, des équipes SWAT («Special Weapons And Tactics» ou Armes et tactiques spéciales), lourdement armées, qui entrent de force dans des maisons de travailleurs en pleine nuit, souvent au moyen d’engins explosifs tels que les grenades «Flashbang», qui assourdissent et aveuglent temporairement, simplement pour appliquer un mandat de perquisition émis sur la base du soupçon que quelqu’un serait peut être en possession d’une petite quantité de drogue. Les États-Unis détiennent le quart de la population carcérale mondiale, qui se caractérise par un pourcentage disproportionné de Noirs et de membres d’autres minorités.

 

D’autre part la guerre et la militarisation détournent d’énormes ressources vers la guerre et la destruction alors qu’elles sont tellement nécessaires pour assurer les besoins sociaux de la population. Dans un rapport publié en 2015, l’Organisation des Nations Unies pour l’alimentation et l’agriculture estimait que pour éliminer l’extrême pauvreté et la faim d’ici à 2030 en améliorant l’agriculture et l’infrastructure rurale des communautés pauvres, il faudrait consacrer des dépenses additionnelles de 265 milliards de dollars par année, soit seulement 15 pour cent des dépenses militaires mondiales allouées en 2015. À l’échelle mondiale, on dédie beaucoup plus de scientifiques et de fonds de recherche et de développement aux recherches sur les armes qu’au développement de technologies sur de nouvelles sources d’énergie, l’amélioration de la santé humaine, l’augmentation de la productivité agricole et le contrôle de la pollution.

 

  1. COMMENT L’IMPÉRIALISME MÈNE-T-IL UNE GUERRE CONTRE LA PLANÈTE

 

En raison de l’élection de Trump et du contrôle continu de l’économie mondiale par les barons du pétrole, du gaz et du charbon et par les élus qui les défendent en appuyant l’utilisation de combustibles fossiles, le monde fait face à une catastrophe écologique du plus haut degré.

 

Comme l’a écrit le commentateur Tom Engelhardt, «On peut se demander si les États-Unis, fidèle à leur traditions d’organiser des coups d’États par la CIA et des changements de régime par l’armée, ne finiront pas par renverser également la planète. Si Trump, en tant que chef du pays qui est déjà le deuxième plus grand émetteur de gaz à effet de serre au monde, applique les politiques énergétiques qu’il a promises durant sa campagne électorale en mettant fin au financement des sciences climatiques, en dénonçant ou en ignorant les accords climatiques, en s’opposant au développement des formes alternatives d’énergie, en donnant le feu vert aux pipelines, à la fracturation hydraulique («fracking») et à d’autres formes d’extraction de combustibles fossiles et en ré-imaginant complètement les États-Unis en tant qu’Arabie saoudite de l’Amérique du Nord, il déclenchera effectivement un changement de régime, un coup d’État contre la planète Terre».

 

Trump n’est, bien sûr, pas le seul à suivre cette voie, mais il est celui qui le fait le plus ouvertement. Le gouvernement soi-disant « progressiste » du Canada du premier ministre Justin Trudeau avait été élu en promettant de promouvoir la justice climatique et un nouveau type de relations avec les peuples autochtones.  Il vient pourtant de donner le feu vert à deux grands projets de pipeline, les projets «Kinder Morgan Trans Mountain» et «Enbridge Line 3 Replacement», qui augmenteront massivement l’extraction du pétrole sale des sables bitumineux de l’Alberta.  Ces exploitations énergétiques mettront en danger les communautés surtout indigènes et les autres populations qui vivent sur son parcours en raison des risques de fuites de pipelines, d’explosions et de naufrages de navires.  Ainsi, le Canada ne respectera pas les promesses de changement climatique qu’il a faites en Paris.

 

À la suite des événements se déroulant dans le Dakota du Nord près de la réserve de Standing Rock de la tribu des Sioux, le ministre des Ressources naturelles du Canada, Jim Carr, a déclaré aux chefs d’entreprise que le Canada était prêt à déployer l’armée pour mettre fin aux manifestations anti-pipelines jugées «non pacifiques». Ceci soulève par conséquent la possibilité que le pays se retrouve dans la situation déjà connue lors de la crise d’Oka en 1990. Pour l’impérialisme canadien également, les affaires sont les affaires comme d’habitude.

 

«Alors que la demande de produits tels que les minerais, le bois et l’huile de palme se maintient, les gouvernements, les entreprises et les réseaux criminels saisissent les terres au mépris des personnes qui y vivent», a déclaré Billy Kyte, militant qui fait partie de la direction de l’organisation «Global Witness» et qui a documenté des attaques mortelles qui ont été menées en 2015 dans 16 pays contre les militants environnementalistes. «Les communautés qui résistent sont de plus en plus visées par les services de sécurité privés des entreprises, par les forces de l’État et par les organisations de tueurs à gages.  Ces dernières constituent une industrie en plein essor. Pour chaque assassinat que nous avons pu documenter, de nombreux autres ont été perpétrés sans être signalés».

 

En 2015 au moins 185 militants environnementaux ont été tués. Selon Global Witness, il s’agit du nombre le plus élevé de morts en un an. Le Brésil a été le pays le plus frappé, avec 50 morts, dont de nombreux homicides de militants qui essayaient de lutter contre l’exploitation forestière illégale en Amazonie. Les Philippines ont été le deuxième pays le plus frappé, avec 33, la Colombie avec 26, le Pérou avec 12, le Nicaragua avec 12 et la République démocratique du Congo avec 11.

 

L’industrie la plus meurtrière contre laquelle les protestations ont eu lieu a été celle des exploitations minières, avec 42 assassinats en 2015 liés aux activités d’opposition aux compagnies minières. Les intérêts de l’agro-industrie, des barrages hydroélectriques et de l’exploitation forestière sont également des facteurs principaux de violence. De nombreux meurtres ont eu lieu dans des villages situés très loin à l’intérieur de forêts tropicales.

 

Ajoutons à cela les déversements sur les terres et dans les océans de produits chimiques toxiques par les bases militaires et par les armes de destruction massive.

 

 

PAGE ENCADRÉE :

 

 

La militarisation et la guerre sous la conduite des États-Unis

 

 

639 milliards de dollars

sont actuellement acheminés vers le complexe militaro-industriel du gouvernement des États-Unis, ce qui confirme la continuation et le renforcement des politiques de guerre, de militarisme et de néofascisme en tant que piliers du capitalisme monopoliste dirigé par les États-Unis.

 

 

Le budget de la défense dépasse la somme des budgets des sept pays ayant les dépenses militaires les plus coûteuses.

 

 

+ 54 milliards de dollars

Sous la direction de Donald Trump, le gouvernement des États-Unis a augmenté de 54 milliards de dollars les dépenses militaires.

 

 

Liste des 7 pays bombardés, envahis et occupés par les États-Unis et du nombre de bombes lancées contre eux :

 

Irak                        12 095 bombes

Syrie                      12 195 bombes

Libye                     496 bombes

Afghanistan         1 337 bombes

Pakistan                3 bombes

Yémen                  34 bombes

Somalie                 14 bombes

 

 

2003                                                                     2017

|                                                                              |

Au cours des 15 dernières années,                 |

les États-Unis et ses alliés ont bombardé,     |

envahi et occupé au moins sept pays.              |

Selon les chiffres officiels, en 2015, les États-Unis ont mené plus de 22 000 largages de bombes et attaques de drones en Irak et en Syrie, ce qui constitue une moyenne de 60 bombes par jour.

 

 

38 milliards de dollars

 

Aide du gouvernement des États-Unis en appui des politiques d’apartheid d’Israël et d’occupation brutale de la Palestine.

 

 

Solidarité et lutte

Renforcer la résistance à la guerre, au militarisme et au néofascisme

Université de Toronto, Canada

du 5 au 7 août 2017

 

 

  1. COMMENT LES ÉTATS-UNIS ÉTENDENT TOUJOURS DAVANTAGE LEUR EMPREINTE MILITAIRE GLOBALE?

 

Le militarisme étatsunien se développe en prenant pour cibles d’autres puissances impérialistes, ce qui augmente les dangers que courre l’humanité.

 

Les États-Unis étendent toujours davantage leur empreinte militaire globale en établissant un nouveau réseau de bases dans des pays qui s’étendent de l’Afrique à l’Asie de l’Est. Le pays a actuellement plus de 800 bases militaires à l’étranger, situées dans plus de 80 pays, alors que les autres pays en ont, ensemble, un peu plus de 30, qui appartiennent principalement à des alliés des États-Unis tels que la France et le Royaume-Uni. Selon David Vine, «les États-Unis ont probablement plus de bases en terres étrangères que tout pays, puissance ou empire ayant existé au cours de toute l’histoire».

 

Les installations étatsuniennes à l’étranger comprennent au moins quatre nouvelles bases à grande échelle ou «hubs» (plaques tournantes), en plus d’un nombre encore plus grand de camps plus petits et de «lily pads» (nénuphars), qui servent de «rayons» aux drones, aux aéronefs de surveillance ou aux armes et aux équipements militaires préalablement installés pour les États-Unis et les autres militaires présents dans environ 160 pays et territoires étrangers.

 

Ce réseau de bases, qui encercle la planète, et les 11 groupes de porte-avions de la marine étatsunienne constituent l’épine dorsale de la machine de guerre impérialiste des États-Unis. Ils sont essentiels pour stocker des armes et du matériel militaire, héberger des troupes et surveiller la région. Ils servent de rampes de lancement pour les attaques de drones ou de plus grande envergure, les opérations secrètes, la cueillette d’information, la cyberguerre et d’autres formes d’intervention étrangère.

 

Même avant l’annonce, en 2011, de la création du Pivot stratégique de l’Asie, la marine étatsunienne avait commencé à intensifier les exercices militaires et les activités provocatrices de surveillance de l’air et de la mer et de patrouille à proximité des frontières chinoises. Ces mesures avaient augmenté le risque de confrontation directe et d’escalade de la guerre dans la région Asie-Pacifique. Les États-Unis avaient également imposé des embargos et entrepris des provocations militaires contre la République populaire démocratique de Corée.

 

Les États-Unis ont recours à la sous-traitance pour construire leurs bases afin de réduire les coûts et de détourner l’opposition des populations locales. La base navale de Jeju, par exemple, actuellement en cours de construction, porte un nom sud-coréen, mais desservira les porte-avions, les sous-marins d’attaque et les destroyers porteurs de missiles Aegis des États-Unis.

 

Sur la guerre prochaine contre la Chine, John Pilger a écrit ceci : «Située dans la mer de Chine orientale, l’île coréenne de Jeju est un sanctuaire semi-tropical et un site du patrimoine mondial que l’on comme étant «une île de la paix mondiale». Sur cette île de la paix mondiale, on a construit l’une des bases militaires les plus provocatrice au monde, à moins de 400 milles de Shanghai. Le village de pêcheurs de Gangjeong est dominé par une base navale sud-coréenne expressément construite pour les porte-avions, les sous-marins nucléaires et les destroyers équipés du système de missiles Aegis, armement que les États-Unis ont massé contre la Chine».

 

L’île japonaise d’Okinawa, située à proximité, dispose de 32 installations militaires, à partir desquelles les États-Unis ont attaqué la Corée, le Vietnam, le Cambodge, l’Afghanistan et l’Irak. Aujourd’hui l’objectif principal est la Chine.

 

Les États-Unis envisagent la possibilité d’installer des bases dans les quatre îles japonaises de Ryukyu aux frais du Japon.

 

  1. QUI PROFITE DIRECTEMENT DE LA GUERRE?

 

Bien que son budget de défense dépassait déjà la somme des budgets des 7 plus pays ayant les dépenses militaires les plus coûteuses, le gouvernement étatsunien, sous la direction de Donald Trump, a demandé une hausse de 10 pour cent de celui-ci, soit une augmentation de 54 milliards de dollars.

 

L’allocation de 639 milliards de dollars au complexe militaire et industriel par le gouvernement des États-Unis montre que la guerre enrichit directement les monopoles étatsuniens, qui exploitent la classe ouvrière et les peuples opprimés.

 

Une nouvelle course aux armements a commencé entre les États-Unis, la Russie et la Chine.  Elle comprend le développement des missiles hypersoniques, de nouveaux types de drones, des systèmes antisatellites et des armes nucléaires tactiques afin de renforcer la capacité des forces armées de lancer la première attaque. Seulement les États-Unis ont consacré en vue des trente prochaines années un trillion de dollars pour « moderniser » tous les aspects de leur arsenal nucléaire. Les États-Unis sont également au premier rang au monde en matière de vente d’armes.

 

La guerre est devenue un secteur d’affaires très lucratif pour les gouvernements et les entreprises privées. En menant des guerres, les États-Unis ont recueilli d’importants butins de guerre, entre autres des sources de pétrole, des bases et des stations militaires, des contrats de production militaire et des contrats de «reconstruction» des pays ravagés par les guerres étatsuniennes. Les superprofits des entreprises étatsuniennes telles que Lockheed Martin, Northrop Grumman, Raytheon, Boeing and General Dynamics ont connu des hausses astronomiques en même temps que la propagation de la mort et de la destruction dans le monde.

 

Confrontés à leurs propres difficultés économiques débilitantes, les États-Unis ont commencé à faire pression sur leurs alliés de l’OTAN pour que ceux-ci accroissent leurs dépenses militaires et leur contribution à l’OTAN. Trump a demandé aux alliés militaires des États-Unis de «payer leur propre défense». Les membres de l’OTAN se sont récemment engagés à augmenter leurs budgets militaires à 2% de leur PIB et à consacrer 20% de leurs budgets de défense à l’achat d’équipement militaire.

 

Alors qu’ils détruisent des quantités scandaleuses de ressources dans les guerres, les États-Unis et les membres de l’OTAN privent les populations des services nécessaires en matière de santé, d’éducation et de protection sociale et les réfugiés qui fuient les guerres et les politiques des États-Unis et de l’OTAN d’aide.

 

  1. COMMENT LES TRAVAILLEURS ET LES PEUPLES RÉSISTENT-ILS FACE À LA GUERRE, AU MILITARISME ET AU NÉOFASCISME?

 

Face à l’aggravation des atrocités commises par les États-Unis, par leurs alliés impérialistes et par leurs représentants, de plus en plus de personnes résistent à la machine de guerre et à l’agression de l’impérialisme étatsunien.

 

Le peuple palestinien continue de résister à l’occupation sioniste de la Palestine historique et aux politiques israéliennes de nettoyage ethnique et d’apartheid contre le peuple palestinien. La résistance du peuple kurde, ayant au sein de son avant-garde une armée de femmes kurdes, au cours de ses combats, a repris des territoires occupés par l’organisation Daesh, tout en luttant contre les attaques de l’armée fasciste turque.

 

En 2016, au Cachemire, le peuple s’est soulevé de nouveau et a dû faire face à de la répression militaire et à des arrestations civiles massives. À Manipur et au nord-est de l’Inde, se poursuit la résistance à la militarisation massive, aux forces policières, aux guerres par procuration, à la répression des forces démocratiques et à l’utilisation de la Loi sur les forces spéciales, de la Loi sur la sécurité nationale, de la Loi sur la prévention des activités illégales, de la Loi contre la sédition et à d’autres lois répressives.

 

Les mouvements des peuples, aux Philippines, en Inde, en Papouasie occidentale, en Colombie, au Mexique et dans d’autres pays opprimés continuent de mener des luttes militantes et courageuses pour la liberté nationale et la démocratie. Les Kurdes, les Palestiniens et les peuples arabes continuent d’affirmer leur souveraineté contre l’occupation et l’expansion étatsunienne-israélienne.

 

Partout dans le monde, les gens protestent également contre la présence de troupes et de bases étatsuniennes, au Japon, en Corée, aux Philippines, en Australie, en Nouvelle-Zélande, au Honduras, au Salvador et même en Italie, en Allemagne et en Turquie. L’opposition à l’imposition de bases militaires étatsuniennes est particulièrement marquée dans plusieurs endroits, entre autre l’île d’Okinawa au Japon, l’île de Jeju en Corée du Sud ainsi qu’aux Philippines.

 

La résistance se développe également en Afrique, en Amérique latine et ailleurs contre les sociétés transnationales qui se sont accaparées des terres agricoles et des ressources avec l’aide de forces militaires ou paramilitaires. Au Venezuela, en Bolivie, en Équateur, au Brésil et ailleurs, les travailleurs et les mouvements sociaux dénoncent et s’opposent aux tentatives d’intervention et de déstabilisation des États-Unis.

 

Même aux États-Unis et dans d’autres pays impérialistes, les gens s’opposent de plus en plus aux guerres que leurs gouvernements font en leur nom. Immédiatement après l’annonce de la victoire présidentielle de Donald Trump, aux États-Unis, des centaines de milliers de personnes ont protesté dans les rues. Comme l’a déclaré le chapitre des États-Unis de la Ligue internationale des luttes des peuples, «Ceci montre que les gens aux États-Unis ne sont pas paralysés par la peur, et que nous ne tolérons pas le fascisme et la répression de l’État. Nous devons nous organiser pour appuyer et développer ce mouvement de riposte».

 

«Les résultats électoraux dévoilent la gravité de la crise sociale et économique qui sévit aux États-Unis, la mentalité de maîtres d’esclaves qui règne encore au sein de classe dirigeante, l’utilisation de la tactique de «diviser pour régner» contre le peuple des États-Unis afin de brouiller et de nier la réalité de la lutte des classes afin de protéger les plus riches de ce pays.»

 

Au cours des derniers mois les organisations progressistes et révolutionnaires du peuple afro-étatsunien qui militent pour l’autodétermination des Noirs aux États-Unis ont refait surface. Signalons dans cette évolution, entre autres, le mouvement de masse «Black Lives Matter» («Les vies des Noirs comptent») et les événements marquant le 50ème anniversaire de la fondation du Parti des Panthères Noires («Black Panther Party»).

 

Des centaines de milliers ont protesté contre le fait qu’un Afro-étatsunien sur trois se trouve en prison et que ces personnes sont, par conséquent, utilisées comme principal victimes de l’exploitation et du travail esclave moderne du complexe industriel pénitentiaire de plus en plus privatisé.

 

Ils protestent également contre le fait que les policiers étatsuniens abordent des Afro-étatsuniens et tirent sur un grand nombre d’entre eux, tuant un Afro-étatsunien toutes les 28 heures

 

Au Dakota du Nord, la nation Sioux de Standing Rock et les 200 autres nations autochtones, ainsi que jusqu’à 7 000 personnes du monde entier, ont résisté pour bloquer la construction du pipeline d’accès du Dakota (DAPL), qui vise à transporter du pétrole obtenu par fracturation hydraulique des sables bitumineux de Bakrate dans le Dakota du Nord à travers plusieurs États et sous la rivière Missouri.

 

La police et la milice ont procédé à des dizaines d’arrestations, à l’utilisation de gaz lacrymogènes, à des attaques de chiens et à de violentes opérations de dispersion. La bataille est loin d’être terminée puisque Trump promet d’appuyer la construction du pipeline d’accès du Dakota (DAPL), mais les manifestants ont mis un terme à la construction du pipeline le long de son parcours actuel.

 

La lutte dirigée par les nations autochtones de Standing Rock fait partie d’une série de batailles menées dans le monde entier pour affronter et freiner les entreprises géantes des combustibles fossiles et d’autres monopoles extractivistes et pour faire face à la militarisation croissante des territoires indigènes.

 

  1. QUE POUVONS-NOUS FAIRE POUR ARRÊTER LES GUERRES, LE MILITARISME ET LE NÉOFASCISME DES ÉTATS-UNIS?

 

Face à l’escalade des guerres et de la militarisation, il est urgent de sensibiliser le public, de renforcer la solidarité et de multiplier les actions contre le militarisme, les guerres impérialistes d’agression et d’intervention.

 

Les militants de la paix et de la justice peuvent aider en menant des campagnes d’information et d’éducation de grande envergure pour sensibiliser le public et approfondir la compréhension des aspects majeurs et des tendances actuelles de la militarisation et du néofascisme.

 

Cette prise de conscience grandissante doit se traduire par des actions de plus en plus nombreuses, de niveaux toujours plus élevés, afin de dénoncer et de mettre fin aux guerres impérialistes et au militarisme. Il est nécessaire d’établir et de renforcer, d’une part, les liens entre les groupes progressistes anti-guerre et, d’autre part, les liens entre les groupes anti-guerre et les mouvements de résistance des pays attaqués. Il est nécessaire de bâtir un mouvement mondial contre la guerre et pour la justice sociale, qui s’oppose au militarisme et aux guerres d’agression, qui exige le respect du droit à l’autodétermination des peuples opprimés, et qui appuie les différentes formes de résistance à l’agression et à l’intervention impérialistes.

 

La tenue prochaine de la conférence intitulée «Solidarité et lutte contre les conflits: la résistance à la guerre, le militarisme et le néofascisme dirigés par les États-Unis», organisée par la Ligue internationale des luttes des peuples et par l’Alliance internationale des femmes, est une initiative importante à cet égard. Elle aura lieu à Toronto, au Canada, du 5 au 7 août 2017.

 

Il est également nécessaire d’appuyer et de se joindre à la campagne mondiale du Réseau pour l’élimination des bases militaires, afin de démanteler la chaîne mondiale des bases étatsuniennes et annuler les accords qui permettent aux États-Unis d’avoir accès aux installations militaires d’autres pays. Ces initiatives sont liées à l’appel pour un moratoire des exercices militaires menés par les États-Unis et leurs alliés.

 

It  is also necessary to  support and join the global campaign of the Ban the  Bases  Network to    dismantle the global chain of  U.S.  bases and rescind agreements  that allow U.S. forces access  to   military facilities of other  countries.  Linked to this is the call for a moratorium on military exercises conducted by  the U.S. together with its allies.

 

La Ligue internationale des luttes des peuples (ILPS) lance également un appel pour une journée mondiale d’action contre la guerre, le militarisme et le fascisme des États-Unis aux deux dates suivantes : 25 mai 2017 (Sommet de l’OTAN) et le 7 août 2017 (fin de la Conférence et la commémoration des bombardements d’Hiroshima et de Nagasaki par les États-Unis).

 

Nous devrons également exiger de nos gouvernements :

  • La démilitarisation des points chauds des conflits armés actuels (mer de Chine méridionale, péninsule coréenne, Cachemire, etc.)
  • Le démantèlement des armes de destruction massive
  • La réduction de la production, de l’exportation et de l’importation d’armes
  • La réorientation des dépenses publiques pour répondre aux besoins humains et environnementaux
  • La conversion des industries et des installations militaires pour répondre aux besoins civils
  • L’adoption et la promotion de solutions non-militaires pour s’opposer aux menaces militaires
  • La dissuasion de la glorification de la guerre, du militarisme et de la culture machiste dans les écoles, les médias et la culture populaire

Source: http://www.ilps.info/fr/category/conference-solidarite-et-lutte-toronto/

Contre le révisionnisme, pour la défense du marxisme par Lénine

Nous souhaitons d’abord nous excuser d’avance pour les coquilles qui auraient pu s’introduire dans la numérisation de cet article rédigé et publié en 1899 dans la revue n° 4-5 de Rabotchété Diélo. Il nous semblait quand même important de vous faire part de l’analyse léniniste quant à la lutte que menait le POSDR contre les visées «économiste» et «révisionniste» de tout acabit pour la raison fort simple qu’il présente d’une part, par son caractère concis et récapitulatif de ces questions longuement débattues à l’époque révolutionnaire de la Russie du début du XXe siècle, des pistes de solution pour relancer la lutte de classes et le mouvement révolutionnaire communiste du début du XXIe siècle, et d’autre part, résoudre des questions et problèmes théoriques dont les communistes contemporains n’ont pas encore résolues adéquatement puisque nous sommes encore victimes de ce genre de «lutte de ligne» presque un siècle après la Grande Révolution Bolchevique d’Octobre 1917.

 

« La réunion (les social-démocrates d’une localité (de Russie), groupant dix-sept personnes, a adopté à l’unanimité la résolution suivante et a décidé de la publier et de la soumettre à l’examen de tous les camarades.

 

On constate ces derniers temps que certains social-dé­mocrates russes s’écartent des principes fondamentaux de la social-démocratie russe proclamés tant par ses fonda­teurs et militants d’avant-garde – les membres du grou­pe « Libération du Travail »  – que par les publications social-démocrates des organisations ouvrières russes dans les années 90. Le « credo » cité ci-après, destiné à exprimer les vues essentielles de certains social-démocrates russes (les « jeunes »), est un essai d’exposé systématique et nettement défini de «conceptions nouvelles ». Le voici dans son texte intégral.

 

«La période corporative et manufacturière en Occident mat-qua d’une forte empreinte toute l’histoire ultérieure, notamment celle de la social-démocratie. La nécessité pour la bourgeoisie de conquérir des formes libres, ses efforts peur s’affranchir des réglementations corporatives qui ligotaient la production, en fi­rent un élément révolutionnaire partout en Occident, elle commença par proclamer la devise liberté, fraternité, égalité. », par conquérir des formes politiques libres. Mais, par cette conquête, elle tira, selon l’expression de Bismarck, une traite sur l’avenir au profit de son antipode, la classe ouvrière. Presque partout en Occident, cette dernière, on tant que classe, ne s’empara point (les institutions démocratiques, elle en fit usage. On pourrait objecter qu’elle prit part aux révolutions. La référence à l’histoire démen­tira cette opinion, car, précisément en 1848, lorsque les Constitu­tions se consolidèrent en Occident, la classe ouvrière était com­posée d’artisans des villes et représentait la démocratie petite-bourgeoise quant au prolétariat de fabrique, il n’existait Presque – En français dans le texte. – pas, et celui de la grande industrie (les tisserands d’Allemagne dépeints par Hauptmann*, les tisserands de Lyon) était une masse sauvage, uniquement capable de se révolter, mais non de formuler des revendications politiques quelconques. On peut dire murs ambages que les Constitutions de 1848 furent conquises par n bourgeoisie et la petite bourgeoisie, les artisans. D’autre part, la classe ouvrière (artisans et ouvriers des manufactures, typo­graphes, tisserands, horlogers, etc.) est habituée depuis le Moyen Age à faire partie d’organisations, de caisses de secours mutuels, d’associations religieuses, etc. Cet esprit d’organisation demeure vivace parmi les ouvriers éduqués d’Occident et les distingue net­tement du prolétariat de fabrique, qui se laisse organiser diffi­cilement et lentement, et est capable seulement de former des organisations lose-organisations temporaires), et non des orga­nisations solides avec statuts et règlements. Ce sont ces mômes ouvriers éduqués des manufactures qui constituèrent le noyau des partis social-démocrates. D’où le tableau suivant: facilité relative et entière possibilité de mener la lutte politique, d’une part, et, d’antre part, possibilité d’organiser systématiquement cette lutte avec le concours des ouvriers éduqués pendant la pé­riode manufacturière C’est sur ce terrain que grandit en Occident le marxisme théorique et pratique. Le point de départ fut la lutte politique parlementaire, avec la perspective – dont la ressemblance avec le blanquisme n’est qu’extérieure, son origine étant d’un caractère tout différent – de la conquête du pouvoir, d’une part, d’un Zusammenbruch (d’une catastrophe), d’autre part. Le marxisme fut l’expression théorique de la pratique dominante de la lutte politique prévalant sur la lutte économique. En Bel­gique comme en France, et particulièrement en Allemagne, les ouvriers organisèrent la lutte politique avec une facilité extraor­dinaire, et la lutte économique avec d’énormes difficultés, avec des tiraillements considérables. Comparées aux organisations poli­tiques, les organisations économiques (nous ne parlons pas de l’Angleterre) souffrent jusqu’à présent d’une faiblesse et d’une instabilité extrêmes et, partout, laissent à désirer quelque chose. Tant que l’énergie dans la lutte politique ne fut pas complètement épuisée, le Znsammenbruch était le Schlagwort (slogan), organisateur nécessaire, qui devait jouer un très grand rôle histo­rique. La loi fondamentale que l’on peut dégager de l’étude du mouvement ouvrier est celle de la voie du moindre effort, En Occident, cette voie fut l’activité politique, et le marxisme, tel qu’il est formulé dans le Manifeste Communiste, s’avéra une forme on ne peut plus heureuse que le mouvement devait revêtir. Mais lorsque, dans l’activité politique, toute l’énergie se fut épuisée, lorsque le mouvement politique en arriva à un tel degré d’intensité qu’il devint difficile ou presque impossible de le dé­passer (accroissement lent des suffrages dans ces dernières an­nées, apathie du public dans les réunions, ton découragé des publications) et lorsque, d’autre part, s’affirma l’impuissance de l’action parlementaire en même temps que pénétrait dans l’arène la plèbe, le prolétariat de fabrique non organisé et presque inor­ganisable, tous ces facteurs firent naitre en Occident ce qui porte aujourd’hui le nom de bernsteiniade, de crise du marxisme. Il était difficile d’imaginer une évolution du mouvement ouvrier plus logique que celle qui va du Manifeste Communiste à la bernsteiniade, et une étude attentive de tout ce processus peut permettre de déterminer l’issue de . cette e crise e avec une pré­cision mathématique. Naturellement, il ne s’agit pas ici de la dé­faite ou de la victoire de la bernstemniade, ce qui ne présente guère d’intérêt; il s’agit d’un changement radical de l’activité pratique, changement qui, depuis longtemps, s’opère peu à peu au sein du Parti.

 

Cette transformation se fera non seulement dans le sens d’une conduite plus énergique de la lutte économique, d’une consolidation clos organisations économiques, mais aussi, et c’est là l’essentiel, dans le sens d’une modification de l’attitude du Parti à l’égard des autres partis de l’opposition. Le marxisme intransigeant, le marxisme négateur, le marxisme primitif (qui se fait, une idée trop schématique dc la division do la société en classes) fera place è un marxisme démocratique, et la situation sociale du Parti dans la société moderne devra âtre radicalement. modifiée. Le Parti reconnaîtra, la société; ses objectifs étroite-mont corporatifs, sectaires dans la plupart clos cas, prendront l’ampleur do tâches sociales, et son aspiration à la conquête du pouvoir deviendra une aspiration à changer, à réformer la société contemporaine dans un sens démocratique, adapté à l’état actuel des choses, afin d’assurer la défense la meilleure, la plus com­plète, dos droits (de toutes sortes) des classes laborieuses. La notion de « politique e s’élargira et prendra un sens vraiment social, et les revendications pratiques de l’heure auront plus de poids, pourront compter sur une plus grande attention que jusqu’à présent.

 

De cette brève description de l’évolution du mouvement ouvrier on Occident il n’est pas difficile de tirer des conclusions Pour la Rassie. La voie du moindre effort ne sera jamais orien­tée chez nous dans le sons de l’activité politique, l’intolérable oppression politique fera beaucoup parler d’elle et retiendra spé­cialement l’attention, niais jamais elle ne poussera à agir prati­quement. Si, en Occident, les faibles effectifs des ouvriers, en­traînés dans l’action politique, se sont de ce fait affermis et cristallisés, chez nous, au contraire, ces faibles effectifs se heur­tent art mur de l’oppression politique et, loin d’avoir les moyens pratiques de lutter contre elle et, par conséquent, de se dévelop­pe1., sont même systématiquement étouffés par cette oppression et ne peuvent faire aucun progrès, si minima soit-il. Si l’on ajoute à cela quo notre classe ouvrière n’a pas hérité de cet esprit d’organisation qui distinguait les militants d’Occident, on se trouvera devant un sombre tableau, capable de décourager le marxiste le plus optimiste, convaincu que toute nouvelle che­minée d’usine, du seul fait de son existence, est la source d’un grand bien-être. La lutte économique, elle aussi, est difficile, extrêmement difficile, mais elle est possible, et enfin elle est pratiquée par les masses elles-mêmes. Apprenant par cette lutte à s’organiser, et s’y heurtant à tout instant au régime politique, l’ouvrier russe créera finalement ce qu’on peut appeler une forme du mouvement ouvrier-, créera l’organisation ou les organisations les plus conformes aux conditions russes.- A l’heure actuelle, on peut affirmer on toute certitude que le mouvement ouvrier russe se trouve encore dans un état amiboïde * et -n’a créé aucune for­me. Le mouvement gréviste, qui existe quelle que soit la- forme d’organisation, ne peut encore être considéré -comme une forme cristallisée du mouvement – russe; quant aux organisations illéga­les, elles ne méritent pas d’attention, ne serait-ce que du point de vue purement quantitatif (pour ne rien dire de – leur utilité dans les conditions actuelles).

 

Telle est la situation. Si l’on ajoute à cela les famines et la ruine des campagnes, qui favorisent le Streikbrecherisme ** et il devient – par conséquent encore plus difficile d’élever la culture des massas ouvrières à un niveau plus acceptable, alors … que reste-t-il à faire à un marxiste russe? T Les propos sur la création d’un parti politique ouvrier indépendant ne sont que l’effet de la transplantation Sur notre sol d’objectifs étrangers, de ré­sultats étrangers. Le marxiste russe – fait jusqu’à présent triste figure. Ses buts pratiques sont- actuellement dérisoires ; ses connaissances théoriques,- pour autant qu’il les utilise non comme un instrument de recherche mais comme un schéma d’activité, n’ont aucune valeur même- pour ce qui est d’atteindre ces objec­tifs pratiques dérisoires De plus, ces -schémas empruntés sont nuisibles au point de vue pratique. Oubliant que la classe ouvriè­re d’occident est entrée en lice sur un terrain politique déjà déblayé, -nos marxistes manifestent un dédain exagéré pour l’ac­tivité radicale ou d’opposition libérale de toutes les couches non ouvrières -de la société. Les moindres tentatives de concentrer l’attention sur les manifestations publiques relevant d’une politi­que libérale soulèvent- les protestations des marxistes orthodoxes, qui oublient que tout un ensemble de conditions historiques nous empêchent d’être des marxistes d’Occident et exigent de notre part un autre marxisme, approprié et nécessaire dans les condi­tions russes. L’absence, chez tout citoyen russe, de sens et de flair politiques ne peut évidemment être rachetée par des propos sur la politique ou des appels à une force inexistante. Ce flair politique ne peut être acquis que par l’éducation, c’est-à-dire par la participation à la vie (si peu marxiste soit-elle) que nous offre la réalité russe. Autant la « négation » était (provisoirement) opportune en Occident, autant elle est nuisible chez nous, car une négation émanant d’une force organisée et effective est une chose, alors qu’une négation émanant d’une masse informe d’in­dividus dispersés en est une autre.

Pour un marxiste russe il n’y a qu’une issue : participer, c’est-à-dire contribuer à 14 lutte économique du prolétariat et prendre part à l’activité de ‘l’opposition libérale. En tant que « négateur», le marxiste russe est arrivé trop tôt, et cette négation a affaibli en- lui la part d’énergie qui doit être orientée vers le radicalisme politique. Jusqu’ici, tout cela n’est pas terrible, mais si le schéma de classe empêche l’intellectuel russe de prendre une part active à la vie, et le rejette trop loin des milieux d’opposition, cela portera un grave préjudice à tous ceux qui sont obligés de lutter pour des formes juridiques autrement qu’au coude à coude avec une classe ouvrière qui ne s’est pas encore fixé d’objectifs politiques. La candeur politique de l’intellectuel marxiste russe, dissimulée par des raisonnements abstraits sut’ des sujets politiques, peut lui jouer un mauvais tour.»

 

Nous ne savons pas s’il se trouvera beaucoup de so­cial-démocrates russes pour partager ces vues. Mais il est incontestable qu’en général les idées de ce genre ont des adeptes, et c’est pourquoi nous estimons de notre devoir de protester catégoriquement contre elles, et de mettre eu garde tous les camarades contre la menace de faire dévier la social-démocratie russe du chemin qu’elle c’est déjà tracé la formation d’un parti. politique ouvrier indé­pendant, inséparable de la lutte de classe du prolétariat et s’assignant pour tâche immédiate la conquête de la liberté politique.

 

Le « credo » ci-dessus contient premièrement une « brè­ve description de l’évolution du mouvement ouvrier en Occident » et, deuxièmement, des « conclusions polir la Russie.

 

Tout d’abord, l’idée que les auteurs du « credo » se font du passé du mouvement ouvrier d’Europe occidentale est entièrement fausse. Il est faux que la classe ouvrière d’Occident n’ait pas participé à la lutte pour la liberté politique et aux révolutions politiques.

 

L’histoire du char­tisme et les révolutions de 1848 en France, en Allema­gne et en Autriche prouvent le contraire. Il est absolu­ment faux que le marxisme ait été l’expression théori­que de la pratique dominante : de la lutte politique qui prévalait sur la lutte économique ». Au contraire, le marxisme » est apparu lorsque prédominait le socialis­me non politique (owenisme, fouriérisme, « socialisme vrai») et le Manifeste Communiste s’est immédiatement opposé au socialisme non politique. Même lorsque le mar­xisme est intervenu armé théoriquement de pied en cap (Le Capital) et a organisé la célèbre « Association Inter­nationale des Travailleurs », la lutte politique n’était nullement la pratique prépondérante (trade-unionisme étroit en Angleterre, anarchisme et proudhonisme dans les pays de langues romanes). En Allemagne, le grand mérite historique de Lassalle est d’avoir fait de la classe ouvrière, d’appendice de la bourgeoisie libérale qu’elle était, un parti politique indépendant. Le marxisme a lié en un tout indissoluble la lutte économique et la lutte politique de la classe ouvrière, et les efforts que déploient les auteurs du « credo » pour séparer ces formes de lutte, sont des écarts des plus malencontreux et des plus funes­tes par rapport au marxisme.

 

Ensuite, les auteurs du « credo » se font une idée non moins fausse de la situation actuelle du mouvement ou­vrier en Europe occidentale et de la théorie du marxisme sous le drapeau duquel se poursuit ce mouvement. Parler d’une « crise du marxisme », c’est reprendre le bavardage absurde des écrivassiers bourgeois qui s’ingénient à at­tiser toute divergence entre socialistes afin d’organiser la scission dans les partis socialistes. La fameuse bernstei­niade, telle que la comprennent habituellement le grand public en général et les auteurs du « credo » en particu­lier, est une tentative de rétrécir la théorie du marxisme, de faire du parti ouvrier révolutionnaire un parti réfor­miste, et cette tentative a été résolument condamnée, comme il fallait s’y attendre, par la majorité des social-démocrates allemands. Des tendances opportunistes se sont manifestées plus d’une fois dans la social-démocra­tie allemande et, chaque fois, elles ont été repoussées par le Parti, qui veille fidèlement sur les principes de la so­cial-démocratie internationale révolutionnaire. Nous som­mes convaincus que tout essai de transplanter en Russie les conceptions opportunistes se heurtera à une résistance non moins énergique de la part de l’immense majorité des social-démocrates russes.

 

 

De même, il ne saurait être question d’un « change­ment radical quelconque de l’activité pratique » des par­tis ouvriers d’Europe occidentale, quoi qu’en disent les auteurs du « credo » l’énorme importance de la lutte économique du prolétariat et la nécessité de cette lutte ont été reconnues dès le début par le marxisme, et déjà dans les années 40 Marx et Engels polémisaient avec les socialistes utopistes qui en niaient l’importance.

Une vingtaine d’années plus tard, lorsque se constitua l’«Association Internationale des Travailleurs », la question de l’importance des syndicats ouvriers et de la lutte économique fut soulevée dès son premier congrès, à Ge­nève, en 1866. La résolution adoptée à ce congrès précisa la portée de la lutte économique, mettant les socialistes et les ouvriers en garde, d’une part, contre l’exagération de son rôle (ce qui s’observait à l’époque chez les ou­vriers anglais), et, d’autre part, contre sa sous-estimation de que l’on remarquait chez les Français et les Alle­mands, notamment chez les lassalliens ).

 

La résolution reconnut les syndicats ouvriers comme un phénomène non seulement légitime, mais nécessaire en régime capita­liste, et en souligna l’extrême importance pour l’organisation de la classe ouvrière dans sa lutte quotidienne contre le capital et pour la suppression du salariat. La ré­solution déclara que les syndicats ouvriers no devaient pas s’attacher exclusivement à « la lutte immédiate contre le Capital », qu’ils ne devaient pas se tenir à l’écart du mouvement politique et social d’ensemble de la classe ou­vrière que leurs buts ne devaient pas être  étroits, mais tendre à l’émancipation universelle des millions de travailleurs opprimés. Depuis lors, dans les partis ou­vriers des divers pays, on a soulevé maintes fois, et on soulèvera évidemment encore plus d’une fois, la question de savoir s’il faut, à un moment donné, accorder un peu plus ou un peu moins d’attention à la lutte économique ou à la lutte politique du prolétariat mais la question générale ou de principe se pose aujourd’hui encore com­me elle a été posée par le marxisme. La conviction que la lutte de classe du prolétariat doit nécessairement fu­sionner en un seul tout la lutte politique et la lutte éco­nomique s’est profondément ancrée dans la social-démo­cratie internationale. Par ailleurs, l’expérience historique atteste irréfutablement que l’absence de liberté politique ou la restriction des droits politiques du prolétariat abou­tit toujours à la nécessité de placer la lutte politique au premier plan.

 

Encore moins peut-il être question d’un changement tant soit peu notable dans l’attitude du parti ouvrier en­vers les autres partis d’opposition. Sous ce rapport aussi, le marxisme a indiqué la position juste, également éloi­gnée de l’exagération du rôle de la politique et de la cons­piration (blanquisme, etc.), que du dédain de la politi­que ou de sa réduction à un ravaudage social de caractère opportuniste, réformiste. (anarchisme, socialisme uto­pique et petit-bourgeois, socialisme d’Etat, socialisme de la chaire, etc.). Le prolétariat doit: s’efforcer de créer des partis ouvriers politiques indépendants dont le but es­sentiel  est la conquête du pouvoir politique par le prolétariat pour organiser la société socialiste Il ne doit nullement considérer les autres classes et partis comme e une seule masse réactionnaire » au contraire, il doit participer à toute la vie politique et sociale, appuyer les classes et les partis de . progrès contre les classes et les partis réactionnaires, soutenir tout mouvement révolu­tionnaire contre le régime actuel, se faire le défenseur de toute nationalité ou race opprimée, de toute religion per­sécutée, des femmes privées de droits,. etc. Les raisonne­ments des auteurs du «: credo » sur ce thème témoignent uniquement du désir d’estomper le caractère de classe de la lutte du prolétariat, d’affaiblir cette lutte par une ab­surde e reconnaissance* de la société », de rétrécir le mar­xisme révolutionnaire au point d’en faire un courant ré­formiste banal. Nous sommes convaincus que l’immense majorité des social-démocrates russe repoussera résolu­ment cette altération des principes fondamentaux de la social-démocratie. Les prémisses erronées des auteurs du « credo » sur le mouvement ouvrier d’Europe occidentale les conduisent à des e conclusions pour la Russie » encore plus erronées.

 

Affirmer que la classe ouvrière russe « ne s’est pas encore fixé d’objectifs politiques e, c’est tout simplement révéler son ignorance du mouvement révolutionnaire rus­se. Déjà l’«Union des ouvriers russes du Nord », fondée en 1878 et l’«Union des ouvriers de la Russie du Sud», fondée en 1875, avaient revendiqué dans leur programme la liberté politique.

 

Après la période réactionnaire des an­nées 80, la classe ouvrière a repris maintes fois la même revendication dans les années 90. Affirmer que « les pro­pos sur la création d’un parti politique ouvrier indépen­dant ne sont que l’effet de la transplantation sur notre sol d’objectifs étrangers, de résultats étrangers e, c’est tout simplement. faire preuve d’une incompréhension to­tale du rôle historique de la classe ouvrière russe et des tâches urgentes de la social-démocratie russe. Le pro­gramme des auteurs du « credo » tend évidemment à ce que la classe ouvrière, suivant la « voie du moindre ef­fort et, se limite à la lutte économique, tandis que les « mouve­ments de l’opposition libérale » combattraient avec la « participation » des marxistes pour des » formes juridi­ques ». La réalisation d’un tel programme équivaudrait à un suicide politique de la social-démocratie russe, à un freinage et un avilissement considérables du mouvement ouvrier russe et du mouvement révolutionnaire russe (ces deux notions se confondent à nos yeux). L’apparition d’un tel programme, à elle seule, montre combien étaient fon­dées les craintes d’un des militants d’avant-garde de la social-démocratie russe, P. Axelrod, lorsqu’il écrivait ce qui suit à la fin de 1897, à propos de l’éventualité d’une telle perspective:

 

«Le mouvement ouvrier ne dépasse pas le cadre étroit des collisions purement économiques entre ouvriers et entrepreneurs et, par lui-même, pris dans son ensemble, il n’a pas do caractère politique ; par contre, dans la lutte pour la liberté politique, les couches avancées du prolétariat suivent les cercles et frac­tions. révolutionnaires appartenant à ce qu’on appelle l’intelligentsia » (Axelrod : A propos des tâches et de ta tactique oc-tirettes des social-démocrates russes, Genève, 1898, p. 19)

 

Les social-démocrates russes doivent déclarer une guerre à outrance à tout l’ensemble d’idées exprimées dans le « credo », car elles conduisent directement à la réalisation de cette perspective. Les social-démocrates russses doivent déployer tous leurs efforts en vue de réaliser une autre perspective, exposée par P. Axelrod en ces ter­mes:

 

« Autre perspective: la social-démocratie organise le prolé­tariat russe en un parti politique indépendant, luttant pour la liberté, en partie aux côtés des fractions révolutionnaires bour­geoises (pour autant qu’il s’en trouvera) et en alliance avec elles, en partie en attirant ouvertement dans ses rangs ou en entraî­nant à sa suite les éléments intellectuels les plus attachés au peuple et les plus révolutionnaires » (ibid., p. 20).

 

A l’époque même où P. Axelrod écrivait ces lignes, les déclarations des social-démocrates de Russie mon­traient clairement que l’immense majorité d’entre eux partageaient ce point de vue. Il est vrai qu’un journal des ouvriers de Pétersbourg, la Rabotc/iaïa Mysi , sem­bla pencher vers les idées des auteurs du «credo», en exprimant malheureusement, dans un éditorial à caractère de programme (n° 1, octobre 1897), cette thèse absolu­ment erronée et contraire à la doctrine social-démocrate que la « base économique du mouvement » peut être s’est obscurcie par le désir constant de ne pas oublier l’idéal politique ». Mais en même temps un autre journal des ouvriers de Pétersbourg, le Sankt-Pétersbourgski 1?abotchi Listofc 12 (n° 2, septembre 1897), déclara résolument que « seul un parti ouvrier nombreux et fortement organisé pouvait… renverser l’autocratie », que les ouvriers « orga­nisés en un parti puissant » « se libéreraient eux-mêmes et libéreraient toute la Russie de toute oppression politi­que et économique ». Un troisième journal, la Rabotchaïa Gazéta 13 écrivit dans l’éditorial de son n° 2 (novembre 1897): « La lutte contre le gouvernement autocratique pour la liberté politique est l’objectif immédiat du mou­vement ouvrier russe. » – « Le mouvement ouvrier rus­se décuplera ses forces s’il intervient comme un seul bloc cohérent, sous le même nom et avec une organisation so­lide... » « Les cercles ouvriers isolés doivent se trans­former en un seul parti. » « Le parti ouvrier russe sera un parti social-démocrate. » Ce qui prouve que l’immense majorité des social-démocrates russes partageait entière­ment les vues de la Rabotchaïa Gazéta, c’est que le con­grès des social-démocrates russes, réuni au printemps 1898, forma le « Parti ouvrier social-démocrate de Rus­sie », publia un manifeste au nom de ce parti et recon­nut la Rabotchaïa Gazéta comme son organe officiel. Ain­si, les auteurs du «credo » font un pas énorme en arrière, par rapport au degré de développement déjà atteint parla social-démocratie russe et sanctionné dans le Manifeste du Parti ouvrier social-démocrate de Rassie.

 

Si, à la suite de la féroce répression déclenchée par le gouvernement russe, l’activité du Parti s’est, à l’heure actuelle, momen­tanément affaiblie et si son organe officiel a cessé de pa­raître, la tâche de tous les social-démocrates russes est de déployer tous les efforts en vue de consolider définitive­ment le Parti, élaborer son programme et faire revivre son organe officiel. Etant donné le flottement idéologique attesté par le fait que des programmes comme le « credo s analysé ci-dessus ont pu voir le jour, nous estimons par­ticulièrement nécessaire de souligner les principes fonda­mentaux exposés dans le Manifeste et qui sont d’une énorme importance pour la social-démocratie russe. Pre­mièrement la social-démocratie russe e veut être et res­ter un mouvement de classe des masses ouvrières organisées ».

 

Il en découle que la devise de la social-d4mocra­tie doit être : prêter concours aux ouvriers non seulement dans la lutte économique, mais aussi dans la lutte poli­tique ; l’agitation, non seulement sur le terrain des reven­dications économiques immédiates, mais aussi en liaison avec toutes les manifestations de l’oppression politique la propagande, non seulement des idées du socialisme scientifique, mais aussi des idées démocratiques. Seule la théorie du marxisme révolutionnaire peut être le drapeau du mouvement de classe des ouvriers, et la social-démo­cratie russe doit veiller à la développer et à la mettre en pratique, tout en la protégeant contre les déformations et les avilissements auxquels sont si souvent en butte les « théories à la mode » (or, les succès de la social-démo­cratie révolutionnaire en Russie ont déjà fait du marxis­me une théorie « à la mode s). En concentrant actuelle­ment toute son action parmi les ouvriers des usines, des fabriques et des mines, la social-démocratie ne doit pas oublier qu’avec l’extension du mouvement, les masses la­borieuses qu’elle organise doivent aussi englober dans leurs rangs les ouvriers à domicile, les artisans, les ou­vriers agricoles et les millions de paysans ruinés et mou­rant de faim.

 

 

Deuxièmement : « La classe ouvrière russe doit porter et portera jusqu’au bout sur ses fortes épaules la cause de la conquête de la liberté politique. s En s’assignant comme tâche immédiate le renversement de l’absolutisme, la social-démocratie doit intervenir comme un combattant d’avant-garde dans la lutte pour la démocratie, et est te­nue, ne serait-ce que pour cette seule raison, d’appuyer au maximum tous les éléments démocratiques de la po­pulation russe pour s’en faire des alliés. Seul un parti ou­vrier indépendant peut être un rempart solide dans la lut­te contre l’autocratie, et c’est uniquement en s’alliant à un tel parti, en le soutenant, que tous les autres combat­tants pour la liberté politique pourront déployer large­ment leur activité.

 

Enfin, troisièmement: « En tant que mouvement et tendance socialiste, le Parti social-démocrate de Russie poursuit l’oeuvre et les traditions de tout le mouvement révolutionnaire antérieur en Russie ; considérant que la conquête de la liberté politique est 1a principale tâche immédiate de l’ensemble du Parti, la social-démocratie marche vers le but qu’avaient déjà nettement tracé les glorieux militants de l’ancienne « Narodnaïa Volia » .

 

Les traditions de tout le mouvement révolutionnaire an­térieur en Russie exigent que la social-démocratie con­sacre actuellement toutes ses forces. à l’organisation du Parti, au renforcement de sa discipline intérieure et au perfectionnement de la technique de la lutte clandestine. Si les militants de l’ancienne « Narodnaïa Volia » ont su jouer un rôle immense dans l’histoire russe, bien que ses héros peu nombreux fussent soutenus par des couches sociales très minces, et bien que le drapeau de ce mou­vement fût une théorie nullement révolutionnaire, la so­cial-démocratie, qui s’appuie sur la lutte de classe du pro­létariat, saura devenir invincible. « Le prolétariat russe secouera le joug de l’autocratie pour continuer avec une énergie d’autant plus grande la lutte contre le capitalis­me et la bourgeoisie, jusqu’à la victoire totale du socia­lisme». »

 

Extrait d’un article tiré des Œuvres, Paris-Moscou, t. 4, pp.171-186
Rédigé avant le 22 août (3 septembre) 1899
Publié pour la première fois en décembre 1899 à l’étranger sous la forme d’un tiré à part du n° 4-5 de la revue Rabotchété Diélo

 

Après les élections législatives en France, quelle signification et quelles implications pour le prolétariat français et international

(30 juin 2017)

Le deuxième tour des élections législatives françaises vient marquer la fin d’une année entière de campagne électorale dont peu de personnes pouvait imaginer l’issue et le degré de transformation, de bouleversement pour dire le vrai, de l’appareil politique qui s’est produit. Cette “ révolution ”, titre du livre programme du nouveau président français, Emmanuel Macron, est la dernière surprise électorale en date que les principales puissances impérialistes aient connu depuis juin 2016 avec le référendum britannique pour le Brexit et l’élection de Trump en novembre. Sauf à croire au pur “ hasard ”, ces chocs politiques obligent à une réflexion afin d’en déterminer les causes et le lien qui les relient et d’en tirer les implications pour le prolétariat et son combat de classe. De toute évidence, la situation historique n’est plus la même avec la prolongation des effets de la crise économique de 2008 et l’aiguisement des rivalités et guerres impérialistes qui en ont découlé, en Syrie en particulier, et dont les attentats terroristes venant frapper au cœur de l’Europe, en France et à Paris en premier lieu dès janvier 2015, sont une composante et un marqueur essentiels.

La réflexion que nous soumettons ci-après s’inscrit dans le même cadre d’analyse de la situation que nous avions déjà mis en avant dans notre communiqué  Élection présidentielle française  : Mélenchon et la gauche radicale se préparent à paralyser les réactions ouvrières face aux attaques du futur gouvernement (http://igcl.org/Election-presidentielle-francaise). On peut aussi se référer à la prise de position du PCIProgramme communiste, Le Prolétaire #524, avec laquelle nous partageons le rejet de l’idée selon laquelle la bourgeoisie tendrait à perdre le contrôle de son jeu politique avec les votes soi-disant “ populistes ” d’extrême-droite[1]. Cette thèse que les médias bourgeois ont asséné durant la campagne électorale française a aussi servie, et continue à servir, pour expliquer le Brexit et l’élection de Trump. Elle est non seulement erronée mais dangereuse du point de vue du prolétariat en laissant croire à un affaiblissement politique de la bourgeoisie alors que les changements politiques en cours au sein des classes dominantes sont au contraire des expressions et des moments d’adaptation et de renforcement de son appareil politique étatique en particulier contre le prolétariat.

Mélenchon : une gauche radicale pour contrôler et saboter les réaction ouvrières à l’attaque massive annoncée par le gouvernement Macron

L’élection de 308 députés pro-Macron et l’éclatement de l’opposition en une multitude de groupes parlementaires à l’assemblée nationale française sont venus éteindre définitivement le dispositif politique traditionnel de la bourgeoisie française qui prévalait depuis… 1958. Cette organisation alternait au pouvoir le parti de droite classique issu du gaullisme (appelé aujourd’hui Les Républicains) et le parti socialiste. Mais surtout, c’est-à-dire du point de vue ouvrier de classe, l’important est l’intention du nouveau président et de son gouvernement d’aller encore plus loin dans les attaques contre le prolétariat en France en poursuivant la “ libéralisation du marché du travail ” que la loi “ El Khomri ” de 2016 a déjà entamée. Et cela dès cet été, au plus vite. Pour ce faire, la mise en place d’une majorité parlementaire s’accompagne de l’émergence d’une opposition de gauche radicale avec l’élection de 17 députés de La France Insoumise (LFI) de Mélenchon – plus dix du PCF – auxquels certains députés du PS risquent fort de s’allier. Dans les faits, une machine de guerre politique le prenant en tenaille se met en place pour attaquer frontalement encore plus le prolétariat dans ses conditions de vie et travail. D’un côté un gouvernement frappant fort et vite. Et de l’autre une opposition politique de gauche au langage radical qui vise à relayer et compléter, au niveau politique, l’encadrement et le sabotage syndicaux des inévitables réactions ouvrières. Les tractations entre gouvernement et syndicats ont déjà commencé. Dès le lendemain, 9 mai, de la victoire de Macron, mais aussi le 19 juin au lendemain du second tour des législatives, le Front Social nouvellement formé et regroupant principalement des sections syndicales radicales CGT, SUD-Solidaires et quelques autres, appelait déjà à des manifestations de rue. De son côté, Mélenchon n’a tardé qu’une heure et demi le soir des élections pour jouer sa partition de 1er opposant politique radical au pouvoir en s’appropriant les 61,5% du corps électoral[2] qui se sont soit abstenus, soit ont voté blancs ou nuls, au deuxième tour des élections législatives, pour “ offrir ” un débouché politique, le référendum, aux futures mobilisations :

« L’abstention écrasante qui s’est exprimée aujourd’hui a une signification politique offensive. Notre peuple est entré dans une forme de grève générale civique dans cette élection. Je vois dans cette abstention une énergie disponible pour peu que nous sachions l’appeler au combat avec les formes et les mots qui conviendront aux possibilités de chacun. C’est lui [le groupe de LFI à l’Assemblée, Ndlr] qui appellera le pays le moment venu à une résistance sociale, et j’informe le nouveau pouvoir que pas un mètre du terrain du droit social ne lui sera cédé sans lutte. La majorité boursouflée [du parti d’Emmanuel Macron] n’a pas la légitimité pour perpétrer le coup d’État social qui était en prévision, c’est-à-dire la destruction de tout l’ordre public social par l’abrogation du Code du travail. C’est au contraire la résistance la plus totale qui est légitime, et c’est pour ça que je dis que, le nouveau pouvoir, s’il juge que c’est vraiment la nécessité pour le pays et que cela est conforme à son intérêt, alors il faut qu’il procède par la voie la plus démocratique qui est en son pouvoir, c’est-à-dire que le peuple français soit consulté par référendum pour s’il veut oui ou non de ce que cette minorité prétend lui imposer. » (Déclaration de Mélenchon le soir des élections, La Tribune, 19 juin 20173).

S’appropriant le niveau inédit d’abstention et le retournant à son usage en le proclamant comme étant une “ grève civique ”, le mot d’ordre et la revendication d’un référendum lancés par Mélenchon annoncent déjà la volonté manifeste d’accompagner au plan politique la tactique syndicale de journées d’action impuissantes. Il s’agit ainsi de détourner la mobilisation de classe contre l’État et le capitalisme sur le terrain démocratique et étatique, via le mot d’ordre de référendum, véritable piège et assurance de défaite cuisante si les ouvriers y cédaient. En passant, il convient de relever qu’il réussit à reprendre à son compte, pour en dénaturer le sens de classe, les termes de “ grève ” et “ d’abstention ”. Inutile de préciser ici que seule la gauche radicale bourgeoise peut se permettre un tel détournement de langage alors que l’extrême-droite en est totalement incapable, ou du moins ne pourrait être crédible sur ce terrain. Voilà une autre raison pour laquelle, dans la période présente, le danger pour le prolétariat ne situe pas dans le soi-disant “ populisme ” d’extrême-droite (même si un certain nombre d’ouvriers parmi les moins conscients et les moins combatifs, mais parmi les plus racistes et chauvins, votent en partie pour lui) mais bel et bien dans la capacité de l’extrême gauche dite radicale à occuper le terrain et le langage des mobilisations ouvrières là où s’expriment les forces vives et les fractions les plus conscientes du prolétariat – celles-là même qui entraîneront les autres.

La bourgeoisie abat donc déjà ses cartes, sans attendre la rentrée, afin de baliser et cadenasser au plus vite, encore plus vite que l’adoption des ordonnances sur le code du travail, le terrain politique de l’affrontement de classe et de la probable future mobilisation ouvrière. Voilà le prolétariat et les révolutionnaires authentiques prévenus.

Adaptation et maîtrise de son système politique par la bourgeoisie française

Pour nous, les élections législatives sont donc venues confirmer et amplifier la signification politique de l’élection présidentielle. Le bouleversement de l’appareil politique de la bourgeoisie française répond aux nécessités de celle-ci face à un personnel et des partis politiques qui ne correspondaient plus aux nécessités de l’heure. C’est vrai face au prolétariat et à la nécessité de renouer avec une compétitivité et un renouveau de l’appareil productif du capital français qui passe essentiellement par une plus grande exploitation et une dévalorisation de la force de travail.

C’est aussi vrai au niveau international. En attendant les élections allemandes de septembre prochain, l’élection du plus pro-européen des candidats présidentiels ouvre de fait la possibilité d’une relance de l’alliance franco-allemande4 visant à entraîner l’Union Européenne dans son sillage. L’élection de Macron est donc une des premières réponses politiques de la part d’une des principales classes dominantes européennes, inscrits sur les listes électorales et, donc, ne faisant pas partie de ce “ corps électoral ”.

3         .  http://www.latribune.fr/economie/legislatives-2017/melenchon-elu-pour-la-premiere-fois-a-l-assemblee-se-pose-en-chef-de-laresistance-sociale-740648.html

4         . « Sur le Commerce comme sur la Défense, l’Union évolue. C’est aussi bien dû aux incertitudes internationales crées par Donald Trump, le Proche-Orient et Vladimir Poutine qu’à une volonté des dirigeants nationaux de combler le fossé qui s’est élargi entre les Européens et l’Europe. L’Union est, oui, sur une nouvelle ligne de départ et cela est si net que Mme Merkel vient de se dire ouverte aux idées françaises de renforcement de la zone euro avec instauration d’un ministère des Finances et d’un Budget communs permettant d’envisager ensemble des investissements structurels. Elle ne s’est pas montrée plus précise mais elle devrait l’être après les élections allemandes du mois de septembre. » (Bernard Guetta, radio France Inter, https://www.franceinter.fr/emissions/geopolitique/geopolitique-21-juin-2017). Même si cet éditorialiste éminent et reconnu des médias français, ancien trotskiste de la LCR au demeurant, est depuis longtemps un des plus fervents partisans de l’Union européenne, il n’en reste pas moins que ses analyses reflètent assez fidèlement les débats et réflexions au sein de la bourgeoisie.dans la foulée des résultats des dernières élections nationales aux Pays-Bas et en Autriche, au Brexit britannique et aux déclarations hostiles anti-européennes et anti-allemandes de Trump. L’exacerbation de l’impasse économique du capitalisme et de ses contradictions aiguisent la concurrence économique et commerciale et, par conséquent, les rivalités impérialistes : une polarisation croissante entre les deux rives de l’Atlantique appelée à devenir centrale sur la scène internationale est en cours. La récente adoption par l’UE d’un Fonds européen de défense doté de 500 millions d’euros permettant « à l’Union de s’équiper des armements les plus modernes sans plus avoir à dépendre des États-Unis ou de quiconque. A moyen terme, c’est vers une industrie d’armements commune, sur le modèle d’Airbus, que les Européens marchent ainsi et les retombées de cet effort seront multiples » (Bernard Guetta, radio France Inter[3]), n’en est que la dernière expression pratique.

Face à ces nécessités historiques objectives, la bourgeoisie française a réussi son coup faisant preuve d’une grande maîtrise politique (ce qui n’est pas toujours son cas), et a donné ainsi un exemple pour l’ensemble des classes dominantes, tout particulièrement européennes. Voilà ce qui explique l’impact international de la venue au pouvoir de Macron. Loin des discours précédant les élections sur le danger incontrôlé du soi-disant populisme d’extrême-droite – comme si le fait qu’un pourcentage important d’ouvriers “ cols bleus ” vote pour une droite autoritaire était quelque chose de nouveau et d’irrationnel[4] qui illustrerait une perte de contrôle de la bourgeoisie –, la classe capitaliste (surtout des pays centraux du capitalisme) sait très bien s’appuyer sur les expressions des contradictions de son système, crise économique en particulier, pour les utiliser et les retourner contre le prolétariat tant au plan économique que politique.

Il ne s’agit pas pour autant de croire à un état-major réuni dans les palais gouvernementaux ou appartenant à un ou des “ think-tank ” qui régirait et dicterait sa volonté à partir d’un plan machiavélique, voire d’un complot. La théorie marxiste, c’est-à-dire la théorie révolutionnaire du prolétariat, la méthode du matérialisme historique, permet de comprendre comment les nécessités objectives dues à l’aggravation des contradictions du capitalisme contraignent chaque capital national à prendre telle ou telle décision pour survivre sur la scène impérialiste et imposer au prolétariat révolutionnaire une exploitation du travail chaque fois plus dure. Encore lui faut-il trouver aussi un personnel politique qui soit en capacité de mettre en œuvre l’adaptation des politiques et des appareils étatiques aux nouvelles situations ; c’est-à-dire aux nouvelles contradictions de tout ordre et importance qui en découlent. Comme tout processus contradictoire, le choix des équipes politiques ou des décisions peut s’avérer ne pas être le meilleur possible – on peut en discuter dans le cas du choix de Trump et de la décision du Brexit – mais c’est justement le propre des bourgeoisies les plus expérimentées et les plus puissantes de “ faire avec ” et de retourner les effets de faiblesse que certains choix peuvent présenter en une nouvelle force.

Face à Trump, la relance de l’Union Européenne passe par l’affrontement avec le prolétariat en France

Pour défendre sa place comme puissance au niveau international, c’est-à-dire impérialiste, la France ne peut le faire qu’en alliance avec l’Allemagne dans le cadre de l’Union européenne – voire autour d’un “ noyau dur ” de celle-ci. La gravité de l’impasse économique depuis la crise de 2008 et les impératifs impérialistes qui en découlent (Trump, Brexit, etc.) l’y contraignent. Qu’elle en soit totalement consciente ou non ; que des fractions en sein en soient conscientes ou non. Les nécessités du capital dictent leur loi et s’imposent, directement ou bien plus souvent indirectement. Pour pouvoir assumer le développement d’une alliance solide et entreprenante avec l’Allemagne et l’Europe, la bourgeoisie française ne peut faire l’économie d’une confrontation et d’une “ mise à niveau ” des conditions d’exploitation de son prolétariat national à celui requis pour la concurrence commerciale internationale[5]. Aussi détériorées sont-elles déjà par rapport au passé, la réduction drastique des conditions de vie et de travail des prolétaires français – la soi-disant “ libéralisation du marché du travail ” –, au niveau du prolétariat européen, allemand en particulier, est aujourd’hui un impératif non seulement pour faire face à la crise économique mais aussi pour les nécessités impérialistes : c’est-à-dire pour l’émergence d’un pôle impérialiste européen autour de l’Allemagne en capacité de rivaliser sur la scène impérialiste, en particulier au plan militaire et diplomatique. De son côté, la bourgeoisie allemande sait très bien qu’une France affaiblie diminuerait d’autant l’expression de ses intérêts impérialistes, indépendamment du fait que le capital français puisse mieux rivaliser avec elle sur le plan commercial, en limitant l’émergence et le dynamisme d’un pôle européen autour d’elle. Voilà aussi pourquoi elle attache tant d’importance à ce que la classe dominante française accomplisse “ les réformes structurelles ” de son marché du travail. C’est le prolétariat européen qui paiera pour les premiers 500 millions d’euros pour le Fonds européen de défense et les centaines de millions d’autres qui suivront pour développer l’industrie d’armement prévue. Voilà pourquoi il convient que le prolétariat français paie à hauteur des autres prolétariats européens.

Aujourd’hui, crise économique et guerre impérialiste (en tant que perspective et dynamique vers la guerre impérialiste généralisée) viennent directement impacter les conditions de vie du prolétariat international dans tous les pays. La situation politique française issue des élections qui est un succès pour la bourgeoisie n’en est pas moins une illustration concrète, pratique, de la contradiction de classe historique entre capital et travail, entre bourgeoisie et prolétariat, telle qu’elle s’exprime dans la situation historique actuelle.

Trump et le Brexit n’expriment pas une crise des bourgeoisies américaine et britannique

S’il est aujourd’hui clair depuis l’élection de Macron que la bourgeoisie française ne passe pas par une crise de son système politique, il en va en apparence autrement pour les cas britannique et américain. Du moins à en croire les médias de tous pays : la bourgeoisie anglaise serait complètement perdue devant le Brexit et l’américaine ne saurait comment se débarrasser du dangereux clown Trump. Or quel que soit le degré de division de la classe dominante américaine face au choix de Trump, son langage guerrier et provoquant correspond sur le fond à la situation d’affaiblissement historique des États-Unis aux plans économique et impérialiste et qui les mènent tout droit à être le principal acteur de la marche à la guerre impérialiste généralisée.

« Certes, les personnalités et le background politique peuvent jouer un rôle dans le cadre politique stratégique d’un gouvernement. Ils peuvent prendre des décisions sur des questions de politique étrangère et économique diverses suivant les situations intérieure et extérieure, mais aussi selon les inclinaisons personnelles résultant de positionnements politiques antérieurs. Mais c’est la pression des conditions économiques de vie du capital qui dicte les choix de fond, les stratégies à suivre, les recettes les plus opportunes pour faire face à ses crises et soutenir à tout prix ses nécessités de valorisation, que ce soit sur le front intérieur (…) ou bien sur l’international (…). Il est tout aussi certain qu’on peut se tromper en interprétant les nécessités du capital et en mettant en place des politiques économiques erronées et des stratégies internationales contre-productives. Mais il n’en reste pas moins que personne, pas même un président ou un gouvernement dignes de ce nom (…) ne peut s’abstraire des lois de vie et de survie du capital. Et à bien y regarder, la différence entre le mandat d’Obama et la nouvelle administration Trump, audelà des différences évidentes de style et de capacité de communication, n’est pas si profonde : dans les deux cas, les deux administrations se sont mises au service de l’impérialisme américain en fonction des deux phases historiques que, pour simplifier le discours, nous définissons comme “ avant et après la crise des subprimes ” » (Guerra in Siria e riposizionamenti imperialistici, Prometeo #17, revue theorique du PCintBattaglia Comunista, le groupe italien de la Tendance Communiste Internationaliste8, traduit par nous)

puissions construire une force commune. Ma méthode pour le couple franco-allemand est celle d’une alliance de confiance. (…) Mais l’Allemagne est lucide sur les limites d’une action qui ne soit pas pleinement européenne, notamment en matière d’intervention militaire. Elle sait que notre destin est redevenu tragique. Elle a besoin de la France pour se protéger, pour protéger l’Europe et assurer notre sécurité commune. » (Interview d’Emmanuel Macron à plusieurs journaux européens du 21 juin, nous soulignons, https://www.letemps.ch/monde/2017/06/21/emmanuel-macron-leurope-nest-un-supermarche-leurope-undestin-commun).

8 . Nous invitons nos lecteurs à prendre connaissance de cet article, malheureusement seulement en italien à l’heure où nous écrivons, qui rejette l’idée que l’élection du clown Trump représenterait une perte de contrôle, voire une crise, de la bourgeoisie américaine, mais correspondrait plutôt à une adaptation à la situation ouverte “ avant et après la crise ” de 2008. Même si cet article n’utilise pas exactement les mêmes arguments que nous, en particulier il met plus d’insistance que nous sur le lien direct entre nécessité d’ordre “ “ économique ” et décisions politiques, la méthode d’analyse utilisée rejoint la nôtre ce qui n’est pas pour nous surprendre, chacun cherchant à appliquer le matérialisme historique pour l’analyse et le suivi des situations : http://www.leftcom.org/it/articles/2017-05-30/guerra-in-siria-e-riposizionamenti-imperialistici.

La décision du Brexit, sur lequel la bourgeoisie britannique pourrait facilement, par un nouveau référendum par exemple, revenir comme la France et les Pays-Bas l’avaient fait après la victoire du “ Non ” au référendum de 2005 sur le traité de Rome, est au contraire assumée par les principaux partis politiques malgré les difficultés immédiates de tout ordre. Sur le fond, du point de vue des intérêts impérialistes historiques du capitalisme britannique, il correspond à son opposition de toujours à une puissance européenne continentale et à son alliance de toujours depuis la 1er guerre mondiale, et encore plus depuis la 2e, à l’impérialisme nord-américain. À ce titre, le Brexit exprime l’exacerbation de la contradiction propre à la bourgeoisie britannique partagée aujourd’hui entre l’Europe continentale et les États-Unis, et maintenant le choix du “ grand large ”, du fait même de l’exacerbation actuelle de l’antagonisme impérialiste historique entre l’Europe et l’Amérique du Nord ré-ouvert depuis la disparition de l’URSS. Et, à son tour, processus contradictoire lui-aussi, il vient exacerber encore plus cet antagonisme entre les deux rives de l’Atlantique. En dernière analyse, c’est bien sûr l’incapacité du capitalisme à dépasser la crise de 2008 et ses conséquences, la “ stagnation ” qui prévaut toujours et l’endettement généralisé sans cesse croissant, expressions immédiates des contradictions économiques insurmontables du capitalisme, qui, de manière indirecte, impose sa loi et exacerbe les contradictions de classe et d’ordre impérialiste.

Loin d’être politiquement affaiblie face au prolétariat, les principales bourgeoisies mondiales se préparent toutes à affronter encore plus violemment leurs propres prolétaires afin, dans un premier temps, d’assurer leur rang économique, politique et militaire au plan international, c’est-à-dire au plan des rivalités impérialistes ; et dans un second temps d’engager un combat à mort, massif et frontal, contre le prolétariat afin de lui infliger des défaites sanglantes ce qui lui ouvrirait la porte à la guerre impérialiste généralisée. Pour ce faire, elles se dotent, plus ou moins facilement car cela remet en cause les intérêts particuliers de certaines fractions économiques et politiques, d’outils et dispositifs politiques adaptés au mieux.

Pour le prolétariat et les révolutionnaires, croire que les bourgeoisies les plus expérimentées et les plus puissantes au monde seraient en crise politique représenterait un certain danger : s’illusionner sur les potentialités du prolétariat et la facilité du combat de classe, voire l’inéluctabilité de sa victoire. L’expérience historique, en particulier en 1918-1919 en Allemagne, nous enseigne que cette illusion peut vite se transformer en tragédie et catastrophe. Le fil conducteur pour la compréhension de l’évolution des situations ne se trouve pas dans le suivi immédiat de la crise économique, dans ses hauts et ses bas, dans la récession ouverte ou la reprise par exemple, mais dans le processus guidant l’évolution du rapport de forces entre les classes qui, en dernière instance (et non pas de manière directe ou mécanique), est déterminée par la crise. Croire par exemple que l’incapacité de la bourgeoisie à sortir et à dépasser les effets de la crise de 2008 provoquerait mécaniquement une crise politique des systèmes politiques des principales bourgeoisies mondiales, en particulier avec l’émergence incontrôlée d’une extrême droite fascisante, nous semble une voie erronée et dangereuse.

Les enjeux sont clairs, du moins pour les prolétaires les plus combatifs et conscients et les révolutionnaires. Il leur revient d’assumer ces affrontements inévitables en s’y préparant dès aujourd’hui. Les premiers en se regroupant en comité de lutte ou de mobilisation, en particulier lors des luttes, pour pouvoir combattre de manière organisée et collective les sabotages syndicaux et les pièges politiques que les gauches radicales, tel Mélenchon, ne manqueront pas de leur opposer. Les seconds en cherchant à se regrouper, non pas formellement en soi, mais en assumant les débats et les confrontations politiques autour des groupes révolutionnaires en général, et communistes en particulier et en participant aux interventions de ces derniers dans les luttes ouvrières, y compris dans les luttes et le comités de lutte ou de mobilisation. Aux deux en se retrouvant dans les luttes pour pouvoir se rejoindre et unir leur efforts. Sans regroupement et organisation des différentes minorités – minorités constituant de fait une “ avant-garde politique ” – à la fois pour assumer les combats immédiats dans les luttes et à la fois pour assumer les combats politiques et même théoriques en vue de la préparation du parti politique de classe indispensable à la confrontation historique unie contre les États capitalistes, le prolétariat international se laissera entraîner et tromper par les Mélenchon et autres qui vont fleurir un peu partout avec le développement universel des confrontations massives entre les classes.

Telle est aussi la signification internationale du résultat des élections françaises.

Le GIGC, le 30 juin 2017

[1] . « La poussée électorale puis la victoire de Macron ne peuvent pas être mises sur le compte des médias, comme s’il s’agissait d’un effet de mode, d’une sorte d’engouement passager envers un jeune premier. Au-delà des contingences et des péripéties diverses, elles s’expliquent par l’usure, la perte d’efficacité, en un mot l’incapacité croissante de la «vieille politique», comme disent les Macronistes, à répondre aux besoins généraux du capitalisme français » (Bilan des élections présidentielles : recomposition du théâtre politique bourgeois pour mieux défendre le capitalisme, Le Prolétaire #524, http://www.pcint.org).

[2] . On peut relever en passant que la majorité parlementaire de Macron de 308 sièges sur 577, soit 53% des députés, a été élue avec 16,5% du corps électoral, c’est-à-dire sans compter les 10% estimés de “ citoyens ” français pouvant voter mais n’étant pas

[3]https://www.franceinter.fr/emissions/geopolitique/geopolitique-21-juin-2017

[4] . Dans les années 1960 et les décennies qui les ont suivi, il y avait déjà autour de 30% d’ouvriers qui votait pour De Gaulle et la droite nationaliste et autoritaire qu’il représentait. Le vote des “ cols bleus ” en faveur de Marine Le Pen est de ce point de vue moins important que celui pour De Gaulle dans les années 1960… juste avant et après la grève massive de mai 1968. Aux ÉtatsUnis, « dans les élections de 1980 et 1984, Reagan avait rassemblé 61% des votes de la classe ouvrière blanche comparé aux 35% pour ses opposants démocrates, Jimmy Carter and Walter Mondale » (The Decline of the White Working Class and the Rise of a Mass Upper Middle Class, Ruy Teixeira, Brookings Working Paper, April 2008, traduit par nous, https://www.brookings.edu/wp-content/uploads/2016/06/04_demographics_teixeira.pdf). Rien de nouveau donc, ni de qualitativement différent, dans le vote “ blue collar ” pro-Trump contrairement aux campagnes médiatiques sur le sujet.

[5] . « La France n’aura aucune capacité motrice si elle ne porte pas un discours clair et un regard lucide sur le monde. Mais elle ne l’aura pas non plus si elle ne renforce pas son économie et sa société. C’est pourquoi j’ai demandé au gouvernement d’enclencher les réformes fondamentales qui sont indispensables pour la France. Notre crédibilité, notre efficacité, notre force sont en jeu. Mais la force de quelques-uns ne peut pas se nourrir longtemps de la faiblesse des autres. L’Allemagne, qui s’est réformée il y a une quinzaine d’années, constate aujourd’hui que cette situation n’est pas viable. Mon souhait est donc que nousAprès les élections législatives en France, quelle signification et quelles implications pour le prolétariat français et international
(30 juin 2017)
Le deuxième tour des élections législatives françaises vient marquer la fin d’une année entière de campagne électorale dont peu de personnes pouvait imaginer l’issue et le degré de transformation, de bouleversement pour dire le vrai, de l’appareil politique qui s’est produit. Cette “ révolution ”, titre du livre programme du nouveau président français, Emmanuel Macron, est la dernière surprise électorale en date que les principales puissances impérialistes aient connu depuis juin 2016 avec le référendum britannique pour le Brexit et l’élection de Trump en novembre. Sauf à croire au pur “ hasard ”, ces chocs politiques obligent à une réflexion afin d’en déterminer les causes et le lien qui les relient et d’en tirer les implications pour le prolétariat et son combat de classe. De toute évidence, la situation historique n’est plus la même avec la prolongation des effets de la crise économique de 2008 et l’aiguisement des rivalités et guerres impérialistes qui en ont découlé, en Syrie en particulier, et dont les attentats terroristes venant frapper au cœur de l’Europe, en France et à Paris en premier lieu dès janvier 2015, sont une composante et un marqueur essentiels.
La réflexion que nous soumettons ci-après s’inscrit dans le même cadre d’analyse de la situation que nous avions déjà mis en avant dans notre communiqué Élection présidentielle française : Mélenchon et la gauche radicale se préparent à paralyser les réactions ouvrières face aux attaques du futur gouvernement (http://igcl.org/Election-presidentielle-francaise). On peut aussi se référer à la prise de position du PCIProgramme communiste, Le Prolétaire #524, avec laquelle nous partageons le rejet de l’idée selon laquelle la bourgeoisie tendrait à perdre le contrôle de son jeu politique avec les votes soi-disant “ populistes ” d’extrême-droite . Cette thèse que les médias bourgeois ont asséné durant la campagne électorale française a aussi servie, et continue à servir, pour expliquer le Brexit et l’élection de Trump. Elle est non seulement erronée mais dangereuse du point de vue du prolétariat en laissant croire à un affaiblissement politique de la bourgeoisie alors que les changements politiques en cours au sein des classes dominantes sont au contraire des expressions et des moments d’adaptation et de renforcement de son appareil politique étatique en particulier contre le prolétariat.
Mélenchon : une gauche radicale pour contrôler et saboter les réaction ouvrières à l’attaque massive annoncée par le gouvernement Macron
L’élection de 308 députés pro-Macron et l’éclatement de l’opposition en une multitude de groupes parlementaires à l’assemblée nationale française sont venus éteindre définitivement le dispositif politique traditionnel de la bourgeoisie française qui prévalait depuis… 1958. Cette organisation alternait au pouvoir le parti de droite classique issu du gaullisme (appelé aujourd’hui Les Républicains) et le parti socialiste. Mais surtout, c’est-à-dire du point de vue ouvrier de classe, l’important est l’intention du nouveau président et de son gouvernement d’aller encore plus loin dans les attaques contre le prolétariat en France en poursuivant la “ libéralisation du marché du travail ” que la loi “ El Khomri ” de 2016 a déjà entamée. Et cela dès cet été, au plus vite. Pour ce faire, la mise en place d’une majorité parlementaire s’accompagne de l’émergence d’une opposition de gauche radicale avec l’élection de 17 députés de La France Insoumise (LFI) de Mélenchon – plus dix du PCF – auxquels certains députés du PS risquent fort de s’allier. Dans les faits, une machine de guerre politique le prenant en tenaille se met en place pour attaquer frontalement encore plus le prolétariat dans ses conditions de vie et travail. D’un côté un gouvernement frappant fort et vite. Et de l’autre une opposition politique de gauche au langage radical qui vise à relayer et compléter, au niveau politique, l’encadrement et le sabotage syndicaux des inévitables réactions ouvrières. Les tractations entre gouvernement et syndicats ont déjà commencé. Dès le lendemain, 9 mai, de la victoire de Macron, mais aussi le 19 juin au lendemain du second tour des législatives, le Front Social nouvellement formé et regroupant principalement des sections syndicales radicales CGT, SUD-Solidaires et quelques autres, appelait déjà à des manifestations de rue. De son côté, Mélenchon n’a tardé qu’une heure et demi le soir des élections pour jouer sa partition de 1er opposant politique radical au pouvoir en s’appropriant les 61,5% du corps électoral qui se sont soit abstenus, soit ont voté blancs ou nuls, au deuxième tour des élections législatives, pour “ offrir ” un débouché politique, le référendum, aux futures mobilisations :
« L’abstention écrasante qui s’est exprimée aujourd’hui a une signification politique offensive. Notre peuple est entré dans une forme de grève générale civique dans cette élection. Je vois dans cette abstention une énergie disponible pour peu que nous sachions l’appeler au combat avec les formes et les mots qui conviendront aux possibilités de chacun. C’est lui [le groupe de LFI à l’Assemblée, Ndlr] qui appellera le pays le moment venu à une résistance sociale, et j’informe le nouveau pouvoir que pas un mètre du terrain du droit social ne lui sera cédé sans lutte. La majorité boursouflée [du parti d’Emmanuel Macron] n’a pas la légitimité pour perpétrer le coup d’État social qui était en prévision, c’est-à-dire la destruction de tout l’ordre public social par l’abrogation du Code du travail. C’est au contraire la résistance la plus totale qui est légitime, et c’est pour ça que je dis que, le nouveau pouvoir, s’il juge que c’est vraiment la nécessité pour le pays et que cela est conforme à son intérêt, alors il faut qu’il procède par la voie la plus démocratique qui est en son pouvoir, c’est-à-dire que le peuple français soit consulté par référendum pour s’il veut oui ou non de ce que cette minorité prétend lui imposer. » (Déclaration de Mélenchon le soir des élections, La Tribune, 19 juin 20173).
S’appropriant le niveau inédit d’abstention et le retournant à son usage en le proclamant comme étant une “ grève civique ”, le mot d’ordre et la revendication d’un référendum lancés par Mélenchon annoncent déjà la volonté manifeste d’accompagner au plan politique la tactique syndicale de journées d’action impuissantes. Il s’agit ainsi de détourner la mobilisation de classe contre l’État et le capitalisme sur le terrain démocratique et étatique, via le mot d’ordre de référendum, véritable piège et assurance de défaite cuisante si les ouvriers y cédaient. En passant, il convient de relever qu’il réussit à reprendre à son compte, pour en dénaturer le sens de classe, les termes de “ grève ” et “ d’abstention ”. Inutile de préciser ici que seule la gauche radicale bourgeoise peut se permettre un tel détournement de langage alors que l’extrême-droite en est totalement incapable, ou du moins ne pourrait être crédible sur ce terrain. Voilà une autre raison pour laquelle, dans la période présente, le danger pour le prolétariat ne situe pas dans le soi-disant “ populisme ” d’extrême-droite (même si un certain nombre d’ouvriers parmi les moins conscients et les moins combatifs, mais parmi les plus racistes et chauvins, votent en partie pour lui) mais bel et bien dans la capacité de l’extrême gauche dite radicale à occuper le terrain et le langage des mobilisations ouvrières là où s’expriment les forces vives et les fractions les plus conscientes du prolétariat – celles-là même qui entraîneront les autres.
La bourgeoisie abat donc déjà ses cartes, sans attendre la rentrée, afin de baliser et cadenasser au plus vite, encore plus vite que l’adoption des ordonnances sur le code du travail, le terrain politique de l’affrontement de classe et de la probable future mobilisation ouvrière. Voilà le prolétariat et les révolutionnaires authentiques prévenus.
Adaptation et maîtrise de son système politique par la bourgeoisie française
Pour nous, les élections législatives sont donc venues confirmer et amplifier la signification politique de l’élection présidentielle. Le bouleversement de l’appareil politique de la bourgeoisie française répond aux nécessités de celle-ci face à un personnel et des partis politiques qui ne correspondaient plus aux nécessités de l’heure. C’est vrai face au prolétariat et à la nécessité de renouer avec une compétitivité et un renouveau de l’appareil productif du capital français qui passe essentiellement par une plus grande exploitation et une dévalorisation de la force de travail.
C’est aussi vrai au niveau international. En attendant les élections allemandes de septembre prochain, l’élection du plus pro-européen des candidats présidentiels ouvre de fait la possibilité d’une relance de l’alliance franco-allemande4 visant à entraîner l’Union Européenne dans son sillage. L’élection de Macron est donc une des premières réponses politiques de la part d’une des principales classes dominantes européennes,

inscrits sur les listes électorales et, donc, ne faisant pas partie de ce “ corps électoral ”.
3 . http://www.latribune.fr/economie/legislatives-2017/melenchon-elu-pour-la-premiere-fois-a-l-assemblee-se-pose-en-chef-de-laresistance-sociale-740648.html
4 . « Sur le Commerce comme sur la Défense, l’Union évolue. C’est aussi bien dû aux incertitudes internationales crées par Donald Trump, le Proche-Orient et Vladimir Poutine qu’à une volonté des dirigeants nationaux de combler le fossé qui s’est élargi entre les Européens et l’Europe. L’Union est, oui, sur une nouvelle ligne de départ et cela est si net que Mme Merkel vient de se dire ouverte aux idées françaises de renforcement de la zone euro avec instauration d’un ministère des Finances et d’un Budget communs permettant d’envisager ensemble des investissements structurels. Elle ne s’est pas montrée plus précise mais elle devrait l’être après les élections allemandes du mois de septembre. » (Bernard Guetta, radio France Inter, https://www.franceinter.fr/emissions/geopolitique/geopolitique-21-juin-2017). Même si cet éditorialiste éminent et reconnu des médias français, ancien trotskiste de la LCR au demeurant, est depuis longtemps un des plus fervents partisans de l’Union européenne, il n’en reste pas moins que ses analyses reflètent assez fidèlement les débats et réflexions au sein de la bourgeoisie.
dans la foulée des résultats des dernières élections nationales aux Pays-Bas et en Autriche, au Brexit britannique et aux déclarations hostiles anti-européennes et anti-allemandes de Trump. L’exacerbation de l’impasse économique du capitalisme et de ses contradictions aiguisent la concurrence économique et commerciale et, par conséquent, les rivalités impérialistes : une polarisation croissante entre les deux rives de l’Atlantique appelée à devenir centrale sur la scène internationale est en cours. La récente adoption par l’UE d’un Fonds européen de défense doté de 500 millions d’euros permettant « à l’Union de s’équiper des armements les plus modernes sans plus avoir à dépendre des États-Unis ou de quiconque. A moyen terme, c’est vers une industrie d’armements commune, sur le modèle d’Airbus, que les Européens marchent ainsi et les retombées de cet effort seront multiples » (Bernard Guetta, radio France Inter ), n’en est que la dernière expression pratique.
Face à ces nécessités historiques objectives, la bourgeoisie française a réussi son coup faisant preuve d’une grande maîtrise politique (ce qui n’est pas toujours son cas), et a donné ainsi un exemple pour l’ensemble des classes dominantes, tout particulièrement européennes. Voilà ce qui explique l’impact international de la venue au pouvoir de Macron. Loin des discours précédant les élections sur le danger incontrôlé du soi-disant populisme d’extrême-droite – comme si le fait qu’un pourcentage important d’ouvriers “ cols bleus ” vote pour une droite autoritaire était quelque chose de nouveau et d’irrationnel qui illustrerait une perte de contrôle de la bourgeoisie –, la classe capitaliste (surtout des pays centraux du capitalisme) sait très bien s’appuyer sur les expressions des contradictions de son système, crise économique en particulier, pour les utiliser et les retourner contre le prolétariat tant au plan économique que politique.
Il ne s’agit pas pour autant de croire à un état-major réuni dans les palais gouvernementaux ou appartenant à un ou des “ think-tank ” qui régirait et dicterait sa volonté à partir d’un plan machiavélique, voire d’un complot. La théorie marxiste, c’est-à-dire la théorie révolutionnaire du prolétariat, la méthode du matérialisme historique, permet de comprendre comment les nécessités objectives dues à l’aggravation des contradictions du capitalisme contraignent chaque capital national à prendre telle ou telle décision pour survivre sur la scène impérialiste et imposer au prolétariat révolutionnaire une exploitation du travail chaque fois plus dure. Encore lui faut-il trouver aussi un personnel politique qui soit en capacité de mettre en œuvre l’adaptation des politiques et des appareils étatiques aux nouvelles situations ; c’est-à-dire aux nouvelles contradictions de tout ordre et importance qui en découlent. Comme tout processus contradictoire, le choix des équipes politiques ou des décisions peut s’avérer ne pas être le meilleur possible – on peut en discuter dans le cas du choix de Trump et de la décision du Brexit – mais c’est justement le propre des bourgeoisies les plus expérimentées et les plus puissantes de “ faire avec ” et de retourner les effets de faiblesse que certains choix peuvent présenter en une nouvelle force.
Face à Trump, la relance de l’Union Européenne passe par l’affrontement avec le prolétariat en France
Pour défendre sa place comme puissance au niveau international, c’est-à-dire impérialiste, la France ne peut le faire qu’en alliance avec l’Allemagne dans le cadre de l’Union européenne – voire autour d’un “ noyau dur ” de celle-ci. La gravité de l’impasse économique depuis la crise de 2008 et les impératifs impérialistes qui en découlent (Trump, Brexit, etc.) l’y contraignent. Qu’elle en soit totalement consciente ou non ; que des fractions en sein en soient conscientes ou non. Les nécessités du capital dictent leur loi et s’imposent, directement ou bien plus souvent indirectement. Pour pouvoir assumer le développement d’une alliance solide et entreprenante avec l’Allemagne et l’Europe, la bourgeoisie française ne peut faire l’économie d’une confrontation et d’une “ mise à niveau ” des conditions d’exploitation de son prolétariat national à celui requis pour la concurrence commerciale internationale . Aussi détériorées sont-elles déjà par rapport au passé, la réduction drastique des conditions de vie et de travail des prolétaires français – la soi-disant “ libéralisation du marché du travail ” –, au niveau du prolétariat européen, allemand en particulier, est aujourd’hui un impératif non seulement pour faire face à la crise économique mais aussi pour les nécessités impérialistes : c’est-à-dire pour l’émergence d’un pôle impérialiste européen autour de l’Allemagne en capacité de rivaliser sur la scène impérialiste, en particulier au plan militaire et diplomatique. De son côté, la bourgeoisie allemande sait très bien qu’une France affaiblie diminuerait d’autant l’expression de ses intérêts impérialistes, indépendamment du fait que le capital français puisse mieux rivaliser avec elle sur le plan commercial, en limitant l’émergence et le dynamisme d’un pôle européen autour d’elle. Voilà aussi pourquoi elle attache tant d’importance à ce que la classe dominante française accomplisse “ les réformes structurelles ” de son marché du travail. C’est le prolétariat européen qui paiera pour les premiers 500 millions d’euros pour le Fonds européen de défense et les centaines de millions d’autres qui suivront pour développer l’industrie d’armement prévue. Voilà pourquoi il convient que le prolétariat français paie à hauteur des autres prolétariats européens.
Aujourd’hui, crise économique et guerre impérialiste (en tant que perspective et dynamique vers la guerre impérialiste généralisée) viennent directement impacter les conditions de vie du prolétariat international dans tous les pays. La situation politique française issue des élections qui est un succès pour la bourgeoisie n’en est pas moins une illustration concrète, pratique, de la contradiction de classe historique entre capital et travail, entre bourgeoisie et prolétariat, telle qu’elle s’exprime dans la situation historique actuelle.
Trump et le Brexit n’expriment pas une crise des bourgeoisies américaine et britannique
S’il est aujourd’hui clair depuis l’élection de Macron que la bourgeoisie française ne passe pas par une crise de son système politique, il en va en apparence autrement pour les cas britannique et américain. Du moins à en croire les médias de tous pays : la bourgeoisie anglaise serait complètement perdue devant le Brexit et l’américaine ne saurait comment se débarrasser du dangereux clown Trump. Or quel que soit le degré de division de la classe dominante américaine face au choix de Trump, son langage guerrier et provoquant correspond sur le fond à la situation d’affaiblissement historique des États-Unis aux plans économique et impérialiste et qui les mènent tout droit à être le principal acteur de la marche à la guerre impérialiste généralisée.
« Certes, les personnalités et le background politique peuvent jouer un rôle dans le cadre politique stratégique d’un gouvernement. Ils peuvent prendre des décisions sur des questions de politique étrangère et économique diverses suivant les situations intérieure et extérieure, mais aussi selon les inclinaisons personnelles résultant de positionnements politiques antérieurs. Mais c’est la pression des conditions économiques de vie du capital qui dicte les choix de fond, les stratégies à suivre, les recettes les plus opportunes pour faire face à ses crises et soutenir à tout prix ses nécessités de valorisation, que ce soit sur le front intérieur (…) ou bien sur l’international (…). Il est tout aussi certain qu’on peut se tromper en interprétant les nécessités du capital et en mettant en place des politiques économiques erronées et des stratégies internationales contre-productives. Mais il n’en reste pas moins que personne, pas même un président ou un gouvernement dignes de ce nom (…) ne peut s’abstraire des lois de vie et de survie du capital. Et à bien y regarder, la différence entre le mandat d’Obama et la nouvelle administration Trump, audelà des différences évidentes de style et de capacité de communication, n’est pas si profonde : dans les deux cas, les deux administrations se sont mises au service de l’impérialisme américain en fonction des deux phases historiques que, pour simplifier le discours, nous définissons comme “ avant et après la crise des subprimes ” » (Guerra in Siria e riposizionamenti imperialistici, Prometeo #17, revue theorique du PCintBattaglia Comunista, le groupe italien de la Tendance Communiste Internationaliste8, traduit par nous)

puissions construire une force commune. Ma méthode pour le couple franco-allemand est celle d’une alliance de confiance. (…) Mais l’Allemagne est lucide sur les limites d’une action qui ne soit pas pleinement européenne, notamment en matière d’intervention militaire. Elle sait que notre destin est redevenu tragique. Elle a besoin de la France pour se protéger, pour protéger l’Europe et assurer notre sécurité commune. » (Interview d’Emmanuel Macron à plusieurs journaux européens du 21 juin, nous soulignons, https://www.letemps.ch/monde/2017/06/21/emmanuel-macron-leurope-nest-un-supermarche-leurope-undestin-commun).
8 . Nous invitons nos lecteurs à prendre connaissance de cet article, malheureusement seulement en italien à l’heure où nous écrivons, qui rejette l’idée que l’élection du clown Trump représenterait une perte de contrôle, voire une crise, de la bourgeoisie américaine, mais correspondrait plutôt à une adaptation à la situation ouverte “ avant et après la crise ” de 2008. Même si cet article n’utilise pas exactement les mêmes arguments que nous, en particulier il met plus d’insistance que nous sur le lien direct entre nécessité d’ordre “ “ économique ” et décisions politiques, la méthode d’analyse utilisée rejoint la nôtre ce qui n’est pas pour nous surprendre, chacun cherchant à appliquer le matérialisme historique pour l’analyse et le suivi des situations : http://www.leftcom.org/it/articles/2017-05-30/guerra-in-siria-e-riposizionamenti-imperialistici.
La décision du Brexit, sur lequel la bourgeoisie britannique pourrait facilement, par un nouveau référendum par exemple, revenir comme la France et les Pays-Bas l’avaient fait après la victoire du “ Non ” au référendum de 2005 sur le traité de Rome, est au contraire assumée par les principaux partis politiques malgré les difficultés immédiates de tout ordre. Sur le fond, du point de vue des intérêts impérialistes historiques du capitalisme britannique, il correspond à son opposition de toujours à une puissance européenne continentale et à son alliance de toujours depuis la 1er guerre mondiale, et encore plus depuis la 2e, à l’impérialisme nord-américain. À ce titre, le Brexit exprime l’exacerbation de la contradiction propre à la bourgeoisie britannique partagée aujourd’hui entre l’Europe continentale et les États-Unis, et maintenant le choix du “ grand large ”, du fait même de l’exacerbation actuelle de l’antagonisme impérialiste historique entre l’Europe et l’Amérique du Nord ré-ouvert depuis la disparition de l’URSS. Et, à son tour, processus contradictoire lui-aussi, il vient exacerber encore plus cet antagonisme entre les deux rives de l’Atlantique. En dernière analyse, c’est bien sûr l’incapacité du capitalisme à dépasser la crise de 2008 et ses conséquences, la “ stagnation ” qui prévaut toujours et l’endettement généralisé sans cesse croissant, expressions immédiates des contradictions économiques insurmontables du capitalisme, qui, de manière indirecte, impose sa loi et exacerbe les contradictions de classe et d’ordre impérialiste.
Loin d’être politiquement affaiblie face au prolétariat, les principales bourgeoisies mondiales se préparent toutes à affronter encore plus violemment leurs propres prolétaires afin, dans un premier temps, d’assurer leur rang économique, politique et militaire au plan international, c’est-à-dire au plan des rivalités impérialistes ; et dans un second temps d’engager un combat à mort, massif et frontal, contre le prolétariat afin de lui infliger des défaites sanglantes ce qui lui ouvrirait la porte à la guerre impérialiste généralisée. Pour ce faire, elles se dotent, plus ou moins facilement car cela remet en cause les intérêts particuliers de certaines fractions économiques et politiques, d’outils et dispositifs politiques adaptés au mieux.
Pour le prolétariat et les révolutionnaires, croire que les bourgeoisies les plus expérimentées et les plus puissantes au monde seraient en crise politique représenterait un certain danger : s’illusionner sur les
potentialités du prolétariat et la facilité du combat de classe, voire l’inéluctabilité de sa victoire. L’expérience historique, en particulier en 1918-1919 en Allemagne, nous enseigne que cette illusion peut vite se transformer en tragédie et catastrophe. Le fil conducteur pour la compréhension de l’évolution des situations ne se trouve pas dans le suivi immédiat de la crise économique, dans ses hauts et ses bas, dans la récession ouverte ou la reprise par exemple, mais dans le processus guidant l’évolution du rapport de forces entre les classes qui, en dernière instance (et non pas de manière directe ou mécanique), est déterminée par la crise. Croire par exemple que l’incapacité de la bourgeoisie à sortir et à dépasser les effets de la crise de 2008 provoquerait mécaniquement une crise politique des systèmes politiques des principales bourgeoisies mondiales, en particulier avec l’émergence incontrôlée d’une extrême droite fascisante, nous semble une voie erronée et dangereuse.
Les enjeux sont clairs, du moins pour les prolétaires les plus combatifs et conscients et les révolutionnaires. Il leur revient d’assumer ces affrontements inévitables en s’y préparant dès aujourd’hui. Les premiers en se regroupant en comité de lutte ou de mobilisation, en particulier lors des luttes, pour pouvoir combattre de manière organisée et collective les sabotages syndicaux et les pièges politiques que les gauches radicales, tel Mélenchon, ne manqueront pas de leur opposer. Les seconds en cherchant à se regrouper, non pas formellement en soi, mais en assumant les débats et les confrontations politiques autour des groupes révolutionnaires en général, et communistes en particulier et en participant aux interventions de ces derniers dans les luttes ouvrières, y compris dans les luttes et le comités de lutte ou de mobilisation. Aux deux en se retrouvant dans les luttes pour pouvoir se rejoindre et unir leur efforts. Sans regroupement et organisation des différentes minorités – minorités constituant de fait une “ avant-garde politique ” – à la fois pour assumer les combats immédiats dans les luttes et à la fois pour assumer les combats politiques et même théoriques en vue de la préparation du parti politique de classe indispensable à la confrontation historique unie contre les États capitalistes, le prolétariat international se laissera entraîner et tromper par les Mélenchon et autres qui vont fleurir un peu partout avec le développement universel des confrontations massives entre les classes.
Telle est aussi la signification internationale du résultat des élections françaises.
Le GIGC, le 30 juin 2017

Crise et colonialisme à Porto Rico

– Olga Sanabria Davila –

Manifestation du Premier Mai à San Juan à Porto Rico. Le slogan est en opposition au

Conseil fédéral de contrôle des finances.
Au cours des années 60, l’État associé libre du Porto Rico était promu comme un modèle de progrès et de démocratie dans les Caraïbes en raison de son industrialisation accélérée, du développement de son infrastructure, de ses systèmes d’éducation et de santé et de son système constitutionnel de gouvernement.
Cependant, depuis quelque temps maintenant, plusieurs réseaux médiatiques des États-Unis et internationaux et des rapports économiques parlent de la dette publique astronomique de Porto Rico, de ses obligations qui ne valent plus rien, du Conseil fédéral de contrôle des finances qui a été imposé par les États-Unis au gouvernement élu de Porto Rico et qui est chargé de mettre de l’ordre dans les finances publiques du pays. Ce Conseil a été établi par la loi PROMESA du Congrès des États-Unis.

Présentement, la dette de Porto Rico est évaluée à 69 milliards $ US, (elle était de 32 milliards $ en 2006), un an après le début de la récession à Porto Rico qui devrait se poursuivre pendant des années.

Au-delà des obligations de Porto Rico qui n’ont plus de valeur, son taux de chômage est évalué à entre 13 et 14 %, le pays est affligé par un taux de pauvreté de 44,9 % et son économie dépend depuis des décennies des investissements américains, des bas salaires, des exemptions d’impôts pour les sociétés étrangères et des fonds fédéraux des États-Unis.

Des données sur la population et sur la démographie montrent que le modèle portoricain est en plein dérapage. La nouvelle vague de migration portoricaine vers les États-Unis est ininterrompue et a surpassé le nombre record de 500 000 atteint lors de la migration des années 40 et 50. Avec la migration actuelle, la population portoricaine aux États-Unis a atteint 5,1 millions dont 30 % sont des professionnels — en particulier des médecins et des médecins spécialistes — alors que la population à Porto Rico est une population vieillissante de moins de 3,5 millions de personnes.

Le système constitutionnel de gouvernement établi à Porto Rico en 1952 avec la mise sur pied de l’État associé libre s’est avéré une fraude et un échec parce qu’il a gardé intact tout le fondement de la crise actuelle qui est le statut colonial de Porto Rico. En fait, les déclarations récentes des branches exécutives, judiciaires et législatives des États-Unis montrent clairement que la souveraineté portoricaine est soumise aux pouvoirs pléniers du congrès des États-Unis, tandis que la loi PROMESA et l’établissement du Conseil fédéral de contrôle des finances ont rendu caduque l’autonomie fiscale de l’île.

Ce sont les législations du Congrès américain qui gouvernent Porto Rico en ce qui trait aux relations internationales, au commerce, aux questions monétaires, à la migration et l’immigration, au trafic maritime (ce sont les lois maritimes des États-Unis qui s’appliquent à Porto Rico), aux douanes, aux relations de travail et à l’organisation syndicale, aux patrouilles frontalières, à l’espace aérien et au transport, aux communications, à la défense et maintenant au domaine fiscal et à de nombreux autres domaines.

Il faut aussi préciser que le Conseil fédéral de contrôle des finances a comme mission de veiller à ce que le Porto Rico rembourse sa dette et équilibre son budget. Son plan est de forcer le gouvernement de Porto Rico à :
– faire des compressions de 450 millions $ dans le budget des 11 campus de l’Université de Porto Rico ; – couper deux milliards cinq cent mille dollars dans le budget de la santé ;

  • couper entre 17 et 20 milliards $ dans le budget général du gouvernement ;
  • réduire de 20 % la semaine de travail des fonctionnaires si le Trésor n’a pas en main 500 millions $ d’ici le 30 juin 2017 ;

  • éliminer la prime de Noël des fonctionnaires ;

  • réduire leurs payes de vacances ;

  • réduire le nombre d’agences gouvernementales de 131 à 35 ;

  • privatiser l’indemnisation des accidentés du travail, les parcs nationaux et les centres de vacances ainsi qu’un grand nombre d’autoroutes, de ports et d’aéroports ;

  • accroître de 1 milliard $ les coûts de certains services et de l’immatriculation automobile, des taxes foncières et d’autres taxes, des contraventions, des postes de contrôle, des péages, des permis, du transport urbain ;

  • réduire la journée de travail des enseignants et des travailleurs des cafétérias d’école si le Trésor n’a pas en main 200 millions $ d’ici le 30 avril 2017 ;

  • privatiser des avoirs publics.

Récemment, le lauréat du prix Nobel Steven Steiglitz a dit que les mesures prévues sont plus draconiennes que celles qui ont été imposées à la Grèce pendant sa crise de la dette, et qu’elle vont juste exacerber la crise actuelle. Plusieurs économistes portoricains ont prédit que ces mesures vont causer une contraction de l’économie d’entre 8 et 10 %. Les sacrifices imposés par ces mesures, loin d’améliorer l’économie et la vie des Portoricains, ne vont qu’aggraver la situation. Les appels à un audit indépendant de la dette de Porto Rico n’ont pas été entendus.

Pour ce qui est de sa politique de protection de l’environnement, de son équilibre écologique, des changements climatiques et du réchauffement de la planète, le Porto Rico est là encore subordonné à des agences, des intérêts, des politiques et au pouvoir des États-Unis. Il s’agit d’une situation extrêmement dangereuse pour la population portoricaine car Porto Rico est un petit pays insulaire des Caraïbes. Parmi les autres mesures de stimulation du développement économique à Porto Rico il y a l’accès accéléré aux permis pour les projets d’infrastructure et pour divers autres projets de construction. Cela comprend aussi des études d’impact environnemental accélérées qui vont miner la protection de l’environnement.

Dans le contexte actuel de crise fiscale et économique, la législature portoricaine a adopté une loi de la faillite en vertu de laquelle les entreprises publiques de l’île pourraient déclarer faillite et être ainsi en mesure de restructurer leur dette. (La dette d’une seule société publique portoricaine — la Société hydroélectrique — est évaluée à 9 milliards $ US). Suite à une poursuite judiciaire entreprise par des créanciers, cette loi a été renversée par la Cour fédérale extraterritoriale des États-Unis qui opère à Porto Rico. L’ancien commissaire résident de Porto Rico à Washington, Pedro Pierluisi, a cherché à faire adopter une loi qui ferait en sorte que la loi de la faillite fédérale soit applicable à Porto Rico mais il a échoué. Le vaste mouvement à Porto Rico pour faire exempter l’île de l’application de la législation maritime des États-Unis a été ignoré.

Face à cette situation, le peuple portoricain a déjà commencé à se mobiliser. Les étudiants de l’Université de Porto Rico dans huit des campus ont déclaré une grève indéfinie et on s’attend à ce que les étudiants des autres campus les rejoignent. Pendant ce temps, le personnel non-enseignant de l’université a aussi déclenché la grève. Les syndicats se sont récemment unis pour organiser une marche massive sous la bannière d’une coalition multisectorielle contre les plans du Conseil fédéral de contrôle des dépenses.

Les étudiants organisent des grèves sur plusieurs campus de l’Université de Porto Rico du 28 mars au 7 juin 2017 pour dénoncer une coupe néolibérale massive de 450 millions $US dans le budget de l’université pour faire payer au peuple une dette qu’il n’a pas contractée. La bannière dit : «Pourquoi les coupables ne paient-ils pas ?»

Le président et le congrès des États-Unis ont refusé de toucher à la question de la dette portoricaine. Cette approche a pour effet de priver le Porto Rico d’un plan de sauvetage et d’outils qui lui permettraient de faire face à la crise. Pour que le problème soit résolu, il faut que les États-Unis reconnaissent leur responsabilité pour la crise à Porto Rico et mettent fin à la relation colonialiste du Porto Rico avec les États-Unis.

Cependant, comme le soulèvent les nombreux éditoriaux des principaux quotidiens de Porto Rico, El Nuevo Dia et El Vocero, les trois branches gouvernementales des États-Unis ont refusé de se commettre et font même preuve d’indifférence(sauf pour ce qui est de l’établissement du Conseil fédéral de contrôle des finances pour forcer le Porto Rico à rembourser sa dette).
Plusieurs porte-parole du Porto Rico ont dit que la communauté portoricaine aux États-Unis peut jouer un rôle déterminant à l’heure actuelle puisque plus de la moitié de la population portoricaine vit présentement aux États-Unis où elle participe à la vie politique et détient un pouvoir d’influence sur l’opinion publique sur la question de Porto Rico et sur d’autres questions. Lorsque le Porto Rico n’était pas perçu comme un problème, il était simplement « balayé sous le tapis ». Mais maintenant que le Porto Rico est perçu comme un problème, la diaspora portoricaine aux États-Unis peut exercer et exerce déjà une pression en faveur de justes solutions à la crise actuelle.

La relation de pouvoir et la subordination politique de Porto Rico aux États-Unis montrent la nécessité de la solidarité, surtout sur la question de mettre fin au statut colonial que les États-Unis ont imposé à Porto Rico depuis leur invasion de l’île en 1898, il y presque cent dix-neuf ans.

Le colonialisme est un anachronisme historique qui a depuis longtemps été déclaré contraire au droit international et aux droits humains. Les Nations unies ont souvent réitéré le droit du peuple portoricain à l’autodétermination et à l’indépendance conformément aux lois internationales, en particulier la résolution 1514 (XV) de l’Assemblée générale des Nations unies (1960) qui selon plusieurs est la Grande Charte de la décolonisation.

L’engagement envers la démocratie à la base est totalement conforme à l’appui à la décolonisation de Porto Rico car le colonialisme est entièrement contraire à la démocratie. Un pays qui est gouverné par un autre pays ne connaît pas la démocratie, même s’il y a des élections à tous les quatre ans comme à Porto Rico, où même les élus locaux actuels ont perdu leur maigre pouvoir au Conseil fédéral de contrôle des dépenses créé par les États-Unis.

Le contrôle des États-Unis des domaines essentiels de la vie portoricaine et la présence du Conseil fédéral de contrôle des dépenses montrent la nécessité d’appuyer la décolonisation. C’est une question de principe parce que le colonialisme est contraire aux droits humains, à l’autodétermination et à la démocratie.

Les Portoricains sont un peuple distinct du peuple des États-Unis. Avant l’invasion de Porto Rico par les États-Unis en 1898, la nation portoricaine avait été forgée par plus de quatre cent ans pendant lesquels notre culture et notre identité nationales se sont développées de façon claire et distincte de tous les autres peuples du monde.
Les plébiscites, les référendums et les autres mesures du genre prises à Porto Rico n’ont rien réglé parce qu’ils n’ont pas été de libres exercices d’expression de la volonté du peuple portoricain. Ils se sont tenus dans un contexte de domination coloniale, d’occupation militaire, de répression et de persécution des forces de l’indépendance, un contexte de dépendance économique et de législations coloniales et de législations adoptées par le Congrès des États-Unis. On ne peut donc pas dire que leurs résultats ont été le reflet de la volonté véritable du peuple de Porto Rico. Le peuple n’y a pas exercé son autodétermination.
Alors que les États-Unis ont toujours maintenu qu’ils accepteraient la volonté et la décision du peuple portoricain en ce qui a trait à son statut, ils ont toujours fait obstacle au processus en disant que la question est de nature intérieure et n’a rien à voir avec les Nations unies.

En même temps, les forces portoricaines favorables à l’indépendance et même d’autres forces qui recherchent d’autres alternatives reconnaissent le rôle que les Nations unies doivent jouer et ont toujours invoqué la résolution 1514 (XV) de l’ONU. Ces forces reconnaissent que l’expression de la volonté du peuple portoricain en ce qui concerne sa future relation avec les États-Unis doit être un exercice libre, lequel est possible uniquement dans le cadre du droit international sans quoi le facteur déterminant dans tout exercice du genre va être la relation de pouvoir de domination des États-Unis sur le Porto Rico.

Manifestation à New York, le 30 septembre 2016

On dit de plus en plus de la situation actuelle de crise fiscale et économique qu’il s’agit d’une crise politique qui met en lumière le statut colonial de Porto Rico et la nécessité de résoudre d’abord cette question sans quoi les questions fiscales et économiques ne pourront pas être résolues. Peu importe les préférences en termes d’options sur le statut de Porto Rico, il existe présentement au pays un sentiment général à l’effet que la situation actuelle et le statut colonial doivent être résolus. S’il existe des différends au sein des principaux partis politiques portoricains sur les options à adopter, il reste que selon ce que préconisent les dirigeants des partis favorables à un État portoricain et la plupart des dirigeants du parti de l’État associé libre, le pays doit se défaire de son statut colonial.

Les mouvements sociaux actifs aujourd’huim à Porto Rico sur les droits des femmes, les droits civils, l’habilitation communautaire, l’environnement, la jeunesse, les sports, la culture, le travail, les initiatives économiques coopératrices et locales et sur un grand nombre de questions, se heurtent inévitablement au mur du statut colonial qui les empêche d’atteindre leurs objectifs.
Ces mouvements et le mouvement pour l’indépendance s’entrecoupent dans bien des cas. Conjugués aux efforts des Portoricains aux États-Unis et à la solidarité du peuple des États-Unis et de notre région latino-américaine et caraïbe et d’autres pays, ils forment une base qui rend possibles l’indépendance et la démocratie futures de Porto Rico.

Un véritable exercice d’autodétermination à chances égales pour toutes les options devra être mené sous l’égide du droit international de la décolonisation. Malgré cela, d’importants secteurs favorables à l’indépendance et à la souveraineté ont uni leurs forces et décidé de participer au plébiscite légiféré par le gouvernement pro-annexionniste actuel du Porto Rico. Si les nombreuses embûches qui jalonnent le processus sont surmontées, les deux options présentées seront : 1) le statut d’État et 2) l’indépendance/libre association. La tenue d’un tel plébiscite, fixé pour le 11 juin 2017, pourrait réserver des surprises surtout si l’appui à la deuxième option d’indépendance/libre association est fort.
D’une façon ou d’une autre, la lutte contre le Conseil fédéral de contrôle des dépenses des États-Unis qui gouverne maintenant le Porto Rico et contre le colonialisme et pour l’indépendance doit aller de l’avant et la solidarité avec le Porto Rico doit s’intensifier.

Olga Sanabria Davila est la présidente du Comité pour le Porto Rico aux Nations unies.

(Cet article a été d’abord publié le 19 avril 2017 sur le site de Movimiento Independentista Nacional Hostosiano. Photos : Univision, El Nueva Dia, K.N. Gonzalez.)

 

Source: http://cpcml.ca/francais/Lmlq2017/Q47029.HTM#3

Bâtir et approfondir la solidarité Canada-Cuba

 

Bâtir et approfondir la solidarité Canada-Cuba
Le Réseau canadien pour Cuba tient son
8e Congrès biennal

 

Les 3 et 4 juin 2017, des organisations de solidarité et d’amitié Canada-Cuba se sont réunies à l’Hôtel de ville de Toronto dans le cadre du 8e Congrès biennal du Réseau canadien pour Cuba. Signalant d’abord que les délégués et invités se réunissaient sur un territoire autochtone traditionnel non cédé, le chef Stacey Laforme des Mississaugas de la première nation New Credit a ouvert le congrès avec un puissant message d’unité et de fraternité des peuples du monde.

Le Congrès, qui fut un franc succès, a rendu hommage au regretté Fidel Castro, leader historique de la Révolution cubaine. L’hommage a pris la forme d’un émouvant montage-vidéo suivi de la tenue d’une minute de silence par les délégués et invités.

Parmi les invités il y avait Deborah Ojeda (ministre conseillère, Ambassade de Cuba), Tania López Larroque (Consul général cubain de Toronto), Sandra Ramirez (directrice, bureau de l’Amérique du Nord de l’Institut cubain pour l’amitié avec les peuples) et d’autres diplomates et invités cubains. Des messages de salutations ont été reçus entre autres de la sénatrice canadienne Pierrette Ringuette, coprésidente du Groupe interparlementaire Canada Cuba, du National Network on Cuba des États-Unis et de Vancouver Communities in Solidarity with Cuba, qui n’ont pas pu être présents.

Luis Morlote Rivas, vice-président de l’Union des écrivains et artistes de Cuba et député à l’Assemblée nationale de Cuba, s’adresse aux participants à l’événement du 3 juin sous le thème: « Cuba: aller de l’avant en 2017 ».

Le Congrès a également eu l’insigne honneur et le privilège d’accueillir Luis Moriote Revas, vice-président de l’Union nationale des écrivains et artistes cubains et député de l’Assemblée nationale cubaine, le parlement de Cuba. Lors d’une soirée publique le samedi 3 juin sous le thème « Cuba : aller de l’avant en 2017 », il a pris la parole devant une salle remplie au pavillon Friends House. Il a parlé de sa participation aux discussions en profondeur des parlementaires cubains cette année sur le développement social et économique de l’île. Il a souligné la détermination de Cuba à renouveler son projet d’édification nationale révolutionnaire tout en préservant son indépendance et sa souveraineté. Il a également souligné que Cuba continuera d’avancer sur la voie de l’édification d’une société où règnent une égalité et une justice toujours plus grandes. Roberto Chile, le photographe de renommée internationale, a également parlé de son exposition sur Fidel Castro qui a reçu des acclamations de par le monde. L’exposition se trouve présentement à l’Ambassade de Cuba à Ottawa et entreprendra prochainement une tournée du Canada.

 

L’événement du 2 juin qui a précédé le congrès tenu sous le thème : « Fidel ! Cuba ! Afrique ! Les enfants de l’Afrique reviennent ! »

Le congrès comme tel a été précédé d’une conférence publique et de discussions avec panélistes. Le vendredi 2 juin, il y a eu une discussion sur le thème : « Fidel ! Cuba ! Afrique ! Les enfants d’Afrique reviennent ! » avec salle pleine à la librairie A Different Booklist où l’historien et spécialiste de Cuba Isaac Saney a exploré l’histoire et les dimensions impressionnantes de la solidarité qui lie la Révolution cubaine à l’Afrique.

La première discussion du Congrès, sous le thème « Mise à jour de l’économie cubaine », avec la participation de Deborah Ojeda et Isaac Saney, a porté sur l’ample participation démocratique du peuple cubain à la mise à jour et au renouvellement de son économie. À la deuxième session, « Défendre Cuba et la souveraineté et l’indépendance de l’Amérique latine », Sandra Ramirez et Filipe Stuart (Réseau de solidarité Amérique latine et Caraïbes) ont parlé de la victoire historique de la démocratie, de la souveraineté et de la paix qu’incarne la Révolution cubaine. À la troisième session, « Bâtir la solidarité avec Cuba au Canada », les panélistes Nino Pagliccia (Association d’Amitié Canada-Cuba-Vancouver), Don Foreman (Syndicat des travailleurs et travailleuses des postes) et Yamil Martinez (ICAP) ont expliqué que malgré le rétablissement des relations diplomatiques entre La Havane et Washington, la guerre économique des États-Unis contre Cuba se poursuit sans relâche. Ils ont parlé des perspectives pour l’expansion et le renforcement de la solidarité avec Cuba dans tous les secteurs de la société canadienne, surtout parmi les travailleurs.

 

Le panel (dans l’ordre habituel) : Isaac Saney, Deborah Ojeda, Sandra Ramirez, Filipe Stuart, Nino Pagriccia, Yamil Martinez et Don Foreman

Dans les sessions plénières et les discussions, les délégués ont réaffirmé l’engagement du Réseau canadien pour Cuba à continuer d’approfondir les liens d’amitié et de solidarité entre les peuples du Canada et de Cuba et résolu de faire tout ce qui peut être fait pour vaincre le blocus économique des États-Unis contre Cuba, mettre fin à la campagne actuelle de subversion de Washington et voir au retour à Cuba du territoire occupé illégalement par la base navale américaine à la baie de Guantanamo. Des délégués ont souligné à quel point il est important que le mouvement de solidarité Canada-Cuba voit à ce que les relations entre le Canada et Cuba demeurent basées sur les normes internationales de respect et d’égalité entre les nations.

À ces fins, des mesures ont été prises pour renforcer le travail du Réseau. Plusieurs résolutions et initiatives ont été adoptées fixant les priorités pour les deux prochaines années, notamment la mobilisation de l’opinion publique et politique canadienne contre la politique américaine et les actes d’agression des États-Unis contre Cuba, l’organisation et les activités de soutien à la commémoration du 50e anniversaire de la mort d’Ernesto « Che » Guevera et le renforcement du travail auprès des députés au parlement et aux assemblées législatives du Canada. Pour réaliser ce mandat, un nouvel exécutif de sept personnes a été élu : Iris Cogger, Julio Fonseca, Don Foreman, Elizabeth Hill, Michael Oneill, Isaac Saney et Saleh Waziruddin. Elizabeth Hill et Isaac Saney ont été réélus aux postes de coprésidents de l’exécutif. Puis l’exécutif a nommé à nouveau Isaac Saney au poste de porte-parole national, Elizabeth Hill au poste de trésorière et Saleh Waziruddin au poste de secrétaire.

À la clôture du Congrès, le Réseau canadien pour Cuba a exprimé sa conviction profonde que le peuple cubain saura relever tous les défis auxquels il est confronté. Le Réseau a réaffirmé que le peuple cubain peut compter sur la solidarité et l’amitié constantes des Canadiens dans l’affirmation de son droit à l’indépendance et à l’autodétermination et exprimé sa grande admiration pour les étonnantes réalisations du peuple cubain devant l’agression sans relâche des États-Unis. Ce respect et cette admiration ont forgé des liens incassables d’amitié et de solidarité entre les peuples du Canada et de Cuba.

 

 

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Source: http://cpcml.ca/francais/Lmlq2017/Q47028.HTM#1

Complément d’enquête sur les traces de l’Union soviétique, patrie et communisme…

(…)

« Le terme choisi par Staline était tout simplement « patriotisme soviétique », ce qui faisait référenc à la double loyauté des citoyens au systèe socialiste soviétique et à un Etat soviétique qui représentait et protégeait les diverses traditions et cultures nationales de l’URSS. L’Etat multinational soviétique était « prolétaire dans son conten, national dans sa forme » déclarait Staline: c’était unEtat fondé sur une base de classe qui défendait autantles cultures et traditios ationales que celes du prolétariat. l’organsation qui intégrait et organsait cette double identité et cette double loyauté était le parti comunistedirigé par Stalne.

Stalne incarnait parfaitement ces multiples identités et loyautés attendues du côté du citoyen soviétique. Géorgien qui mettait ostensiblement en avant ses traditios maternelles, il avait également épousé la culture, la langue et l’identité russes. Ses origines modestes de fils de coordonier lui donnaient une identité plébéienne. Comme des millions d’autres, il avait bénéficié de la Révolution bolchevique et de la mobilité sociale rendue possible par la construction socialiste de la Russie. Staline était un homme des régions frontières qui défendait l’idée d’un Etat soviétique fort, centralisé, en mesure de défendre tous les peuples de l’URSS. Bref Staline était un géorgien, un ouvrier, un communiste et un patriote soviétique.

Un des premiers signes de ce changement de ligne au sein du parti communiste , et chez Staline même fut ce discours si souvent cité de Staline en février 1931 sur l’urgence de la nécessité d’industrialiser et de moderniser le pays, discours qui illustre son maniement habile et son mlange ds thèmes patriotiques et de classe.

(…)

Avec Lénine, Staline avait été l’architecte de la politique des nationalités. Avant 1917, Staline avait rédigé la principale analyse théorique de la question nationale et après la Révolution, ilavait été nommé commissaire du peuple aux Nationalités.En tant que révolutionnaire internationalistes, Lénine et Staline croyaient en l’unité des travaillers par delà les frontières nationales et s’opposaient par principe au séparatisme nationaliste. Cependant, ils reconnaissaint tous deux l’attraction exercée par e sentiment national dns la lutte politique contre le tsarisme et dans la constructiond’un Etat socialiste. L’idéolgie bolchevique était prête à accepter l’idée d’encourager le natinalisme culturel et lnguistique parmi les groupesethniques et nationaux de l’URSS tut en luttant dans le même temps pour l’unité pltique,sur unebsede classe,de tous les peuples soviétiques. La première constution de l’uRSS,adoptée en 1922,était extrêmement centralistemais aussi théoriquement fédéraliste et ostentibleent fondée sur une unionvolontire de républiques nationale.  » (1)

histoireetsociete

Ce qui frappe au Tatarstan au titre de l’empreinte laissée par l’Union Soviétique est d’abord une réussite indéniable, la manière dont a été traitée et presque résolue la question des nationalités, presque parce qu’avec le gouffre des inégalités qui se creuse, il y a des chances que ce tissu de paix et d’amitié entre les peuples se fissure. Pour le moment, parce que le Tatarstan est relativement prospère et parce que chacun est engagé dans une course au bien-être ou à la survie, qui lui laisse peu de temps,  les mentalités demeurent celles d’une mixité tolérante. Pourtant  déjà les nouveaux venus des anciennes républiques d’Asie centrale sont suspects de toutes les radicalités et on note que les Tatars forment une »mafia » qui s’arroge les meilleurs postes partout. L’essentiel demeure néanmoins les mariages mixtes, le refus des clivages religieux, le tout attribué consciement à l’héritage soviétique.  Qu’est-ce donc que cet art d’accommoder…

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Des banquiers anglo-saxons ont organisé la Seconde Guerre mondiale

À la veille du 72e Anniversaire de la victoire des forces Alliés et du Front uni contre le fascisme et la guerre sous la direction de l’armée rouge de Staline et des soviétiques sur les forces fascistes et nazies du IIIe Reich, il nous fait plaisir de re-publier un texte qui est peut-être passée inaperçu lors de sa première sortie il y a deux ans et dont nous venons tout juste de retrouver le lien hypertexte sur le site web
par Valentin Katasonov
À l’occasion du 70e anniversaire de la Victoire contre le nazisme, nous publions une étude de Valentin Katasonov sur le financement du NSDAP et le réarmement du Troisième Reich. L’auteur s’appuie sur des documents publiés en 2012 qui confirment l’organisation de la Seconde Guerre mondiale par des banquiers états-uniens et britanniques, couverts par le président Franklin Roosevelt et le Premier ministre Neville Chamberlain, dans l’espoir de détruire l’URSS. Cette étude soulève de nouvelles questions qui seront abordées dans un prochain article.
Réseau Voltaire International | Moscou (Russie) | 11 mai 2015

Hjalmar Schacht (à gauche), le ministre des Finances de Hitler, avec son bon ami Montagu Norman, gouverneur de la Banque d’Angleterre de 1920 à 1944. Selon les documents révélés par la Banque d’Angleterre en 2012, l’or tchécoslovaque avait été déposé à Londres dans un sous-compte au nom de la Banque des règlements internationaux (BRI). Lorsque les nazis entrèrent à Prague, en mars 1939, ils envoyèrent immédiatement des soldats à la Banque nationale. Les administrateurs tchèques reçurent ordre, sous peine de mort, d’envoyer deux demandes de transfert. La première ordonnait à la BRI de transférer 23,1 tonnes d’or de son sous-compte tchécoslovaque de la Banque d’Angleterre, au sous-compte de la Reichsbank, également tenu à Threadneedle Street. Le deuxième ordre chargeait la Banque d’Angleterre de transférer près de 27 tonnes de l’or détenu en nom propre par la Banque nationale de Tchécoslovaquie au sous-compte de la BRI à la Banque d’Angleterre.
La guerre n’a pas été déclenchée par un Führer enragé qui se trouvait à diriger l’Allemagne à cette époque. La Seconde Guerre mondiale est l’œuvre d’une oligarchie mondiale, ou plus précisément des ploutocrates anglo-américains.

Utilisant des instruments tels que la Réserve fédérale US et la Banque d’Angleterre, ils ont commencé à se préparer pour le prochain conflit d’ampleur mondiale immédiatement après la Première Guerre mondiale. Leur cible était l’URSS.

Les plans Dawes et Young, la création de la Banque des règlements internationaux (BRI), la suspension du paiement des réparations par l’Allemagne prévues par le Traité de Versailles et l’acquiescement des anciens alliés de la Russie à cette décision, les investissements étrangers massifs dans l’économie du Troisième Reich, la militarisation de l’économie allemande et les violations du Traité de Versailles sont autant de jalons sur le chemin conduisant à la guerre.
Derrière ce complot se tenaient des personnages-clefs : les Rockefeller, les Morgan, Lord Montagu Norman (gouverneur de la Banque d’Angleterre) et Hjalmar Schacht (président de la Reichsbank et ministre de l’Économie du gouvernement de Hitler). Le programme stratégique des Rockefeller et des Morgan était de subjuguer l’Europe économiquement, de saturer l’Allemagne d’investissements et de crédits étrangers, et de l’amener à délivrer un coup mortel à la Russie soviétique, afin que celle-ci revienne au capitalisme en tant que colonie.
Montagu Norman (1871-1950) a joué un rôle important d’intermédiaire dans le dialogue entre les milieux financiers américains et les chefs d’entreprise allemands. Hjalmar Schacht a organisé la reconstitution du secteur défense de l’économie allemande. L’opération menée par les ploutocrates était dissimulée par des politiciens tels que Franklin Roosevelt, Neville Chamberlain et Winston Churchill. En Allemagne, ces projets étaient exécutés par Hitler et Hjalmar Schacht. Selon certains historiens, Hjalmar Schacht a joué un rôle plus important que Hitler. Seulement, il restait dans l’ombre.
À l’issue de la Première guerre mondiale, le Plan Dawes visait à compromettre la Triple Entente et à collecter les réparations de guerre auprès de l’Allemagne. Le Plan Dawes (proposé par le Comité Dawes, présidé par Charles G. Dawes) désignait une tentative faite en 1924 de résoudre le problème des réparations, qui avait miné la politique internationale après la Première guerre mondiale et le Traité de Versailles (la France, réticente, a perçu plus de 50 % du montant des réparations). Entre 1924 et 1929, l’Allemagne a reçu 2,5 milliards de dollars des États-Unis et 1,5 milliards de la Grande-Bretagne dans le cadre du Plan Dawes. Il s’agit de sommes considérables, qui correspondent à 1 trillion (mille milliards) de dollars d’aujourd’hui. Hjalmar Schacht a joué un rôle actif dans la mise en œuvre du Plan Dawes. En 1929, il a résumé les résultats en déclarant qu’en 5 ans, l’Allemagne avait reçu davantage de prêts étrangers que les États-Unis au cours des 40 années ayant précédé la Première guerre mondiale. En conséquence, en 1929, l’Allemagne était devenue la deuxième puissance industrielle mondiale, devant la Grande-Bretagne.
Dans les années 1930, l’Allemagne a continué de bénéficier d’investissements et de prêts. Rédigé en 1929 et adopté officiellement en 1930, le Plan Dawes désignait un programme visant à régler les dettes de guerre allemandes à l’issue de la Première guerre mondiale. Il a été présenté par le comité présidé (1929-30) par l’industriel américain Owen D. Young, fondateur et ex-premier président de Radio Corporation of America (RCA). À l’époque, Young siégeait également au conseil d’administration de la Fondation Rockefeller, et il avait en outre été l’un des représentants impliqués dans un dispositif de réaménagement des réparations de guerre, le Plan Dawes de 1924. Selon le plan, la Banque des Règlements Internationaux (BRI) a été créée en 1930 pour permettre à l’Allemagne de payer les réparations aux vainqueurs. En réalité, l’argent a pris une toute autre direction, à savoir qu’il est parti des États-Unis et de la Grande-Bretagne pour arriver en Allemagne. Le capital de la majorité des sociétés allemandes ayant une importance stratégique était, intégralement ou partiellement, américain. Une partie était détenue par des investisseurs britanniques. Les secteurs du raffinage du pétrole et de la liquéfaction du charbon de l’économie allemande étaient dans les mains de Standard Oil (les Rockefeller). Le géant de l’industrie chimique Farbenindustrie AG est passé sous le contrôle du groupe Morgan. Quarante pourcent du réseau téléphonique et 30 % des actions de Focke Wulf étaient sous le contrôle de la société américaine ITT. La radio et les géants de l’industrie électrique AEG, Siemens et Osram sont passés sous le contrôle d’American General Electric. ITT et General Electric faisaient partie de l’empire de Morgan. Cent pourcent des actions Volkswagen appartenaient à l’Américain Ford. Au moment où Hitler a accédé au pouvoir, le capital financier US contrôlait quasiment tous les secteurs d’importance stratégique de l’industrie allemande : raffinage du pétrole, production de carburant de synthèse, chimie, construction automobile, aviation, ingénierie électrique, radio, ainsi qu’une grande partie de l’industrie de la construction mécanique (278 sociétés au total). Les grandes banques allemandes, telles que la Deutsche Bank, la Dresdner Bank, la Donat Bank et quelques autres, étaient sous contrôle US.
Le 30 janvier 1933, Hitler devenait chancelier d’Allemagne. Auparavant, sa candidature avait été étudiée à la loupe par les banquiers américains. Hjalmar Schacht s’est rendu aux ÉtatsUnis à l’automne 1930 pour parler de cette nomination avec des collègues américains. La désignation de Hitler a finalement été approuvée lors d’une réunion secrète de financiers aux États-Unis. Schacht a passé toute l’année 1932 à convaincre les banquiers allemands que Hitler était le meilleur candidat au poste. Il a atteint son objectif. À la mi-novembre 1932, 17 des plus grands banquiers et industriels allemands ont adressé une lettre au Président Hindenburg, dans laquelle ils exigeaient qu’il nomme Hitler chancelier. La dernière réunion de travail des financiers allemands avant l’élection s’est tenue le 4 janvier 1933 à Cologne, au domicile du banquier Kurt von Schröder. Ensuite, le parti national-socialiste est arrivé au pouvoir. Les relations financières et économiques de l’Allemagne avec les Anglo-saxons se sont alors resserrées d’un cran.
Hitler a immédiatement annoncé qu’il refusait de payer les réparations de guerre. Il a mis en doute la capacité de l’Angleterre et de la France à rembourser leurs propres dettes de la Première guerre mondiale aux États-Unis. Washington n’a émis aucune objection à l’annonce de Hitler. En mai 1933, Hjalmar Schacht s’est rendu une nouvelle fois aux ÉtatsUnis. Il y a rencontré le président Franklin Roosevelt et les grands banquiers en vue de demander une ligne de crédit de 1 milliard de dollars. En juin de la même année, Hjalmar Schacht s’est rendu à Londres pour s’entretenir avec Montagu Norman. Tout est passé comme une lettre à la poste. Les Britanniques ont consenti un prêt de 2 milliards de dollars. Ils n’ont soulevé aucune objection quant à la décision de l’Allemagne de suspendre le remboursement de sa dette.
Selon certains historiens, les Américains et les Britanniques étaient accommodants parce que, dès 1932, l’Union soviétique avait réalisé le plan quinquennal de développement économique en vue d’atteindre de nouveaux sommets en tant que puissance industrielle. Quelques milliers d’entreprises avaient vu le jour, en particulier dans l’industrie lourde. La dépendance de l’URSS à l’importation de produits industriels avait ainsi considérablement diminué. Les chances d’étrangler l’Union soviétique économiquement s’en trouvaient
quasiment réduites à zéro. Il a alors été décidé de recourir à la guerre et de lancer la militarisation accélérée de l’Allemagne.
Pour celle-ci, l’obtention de crédits américains ne posait aucun problème. Hitler est arrivé au pouvoir dans son pays à peu près en même temps que Franklin Roosevelt aux États-Unis. Les banquiers qui ont soutenu Hitler en 1931 sont précisément ceux qui ont soutenu l’élection de Roosevelt. Une fois en poste, le nouveau président ne pouvait guère faire moins qu’accorder de généreux crédits à l’Allemagne. D’ailleurs, beaucoup ont remarqué la grande similitude entre le New Deal de Roosevelt et la politique économique du Troisième Reich. Rien d’étonnant. Ce sont en effet les mêmes qui assuraient le sauvetage des deux gouvernements tout en les conseillant. Ils représentaient principalement les milieux financiers US.
Le New Deal de Roosevelt n’a pas tardé à capoter. En 1937, les États-Unis étaient embourbés dans la crise économique. En 1939, l’économie US tournait à 33 % de sa capacité industrielle (19 % aux pires moments de la crise de 1929-1933).
Rexford G. Tugwell, un économiste du premier Brain Trust, équipe d’universitaires de l’Université de Columbia mise en place par Franklin Roosevelt et ayant contribué aux recommandations politiques qui ont conduit au New Deal de Roosevelt, écrivait qu’en 1939 le gouvernement avait échoué. La situation est restée figée jusqu’à l’invasion de la Pologne par Hitler. Seuls les puissants vents de la guerre pouvaient dissiper la brume. Quoi que Roosevelt puisse tenter, ses initiatives étaient condamnées à l’échec. [1] Seule une guerre mondiale pouvait sauver le capitalisme US. En 1939, les ploutocrates ont mis en œuvre tous les moyens à leur disposition pour faire pression sur Hitler et l’inciter à lancer une guerre à grande échelle à l’Est.
La Banque des règlements internationaux (BRI) a joué un rôle important pendant la Seconde Guerre mondiale. Tête de pont des intérêts états-uniens en Europe, elle assurait la liaison entre les entreprises anglo-américaines et allemandes. C’était en quelque sorte une zone offshore abritant le capital cosmopolite contre les initiatives politiques, les guerres, les sanctions, etc.
Cette banque a été créée sous la forme d’une entité commerciale publique. Son immunité face aux interférences gouvernementales et, par exemple, à l’imposition, était garantie par l’accord international signé à La Haye en 1930. Les banquiers de la Réserve fédérale de New York, proches des Morgan, de Montagu Norman, gouverneur de la Banque d’Angleterre, ainsi que des financiers allemands tels que Hjalmar Schacht (président de la Reichsbank et ministre de l’économie du gouvernement de Hitler), Walther Funk (qui a remplacé Hjalmar Schacht au poste de président de la Reichsbank) et Emil Puhl, tous ont joué un rôle important dans la fondation de la Banque. Parmi les fondateurs figuraient les banques centrales de Grande-Bretagne, de France, d’Italie, d’Allemagne, de Belgique et quelques banques privées.
La Banque fédérale de New York a fait de son mieux, mais n’a pas fait partie des établissements fondateurs de la BRI. Les États-Unis étaient représentés par la banque privée First National Bank of New York, J.P. Morgan and Company, la First National Bank of Chicago, qui faisaient toutes partie de l’empire Morgan. Le Japon était également représenté par des banques privées. En 1931-1932, 19 banques centrales européennes rejoignaient la Banque des règlements internationaux. Gates W. McGarrah, banquier du clan des Rockefeller, était le premier président du conseil d’administration de la BRI. Il a été remplacé par Leon Fraser,
 qui représentait le clan des Morgan. Pendant la guerre, la banque était présidée par un citoyen américain, Thomas H. McKittrick.
Beaucoup d’encre a coulé au sujet des activités de la BRI au service des intérêts du Troisième Reich. La Banque était impliquée dans des transactions avec différents pays, y compris ceux avec lesquels l’Allemagne était en guerre.
Depuis Pearl Harbor, la Banque des règlements internationaux jouait le rôle de correspondant de la Federal Reserve Bank de New York. Elle était sous contrôle nazi pendant la guerre, même si c’est l’Américain Thomas Huntington McKittrick qui la présidait. Les soldats mouraient sur les champs de bataille pendant que la direction de la BRI se réunissait à Bâle avec les banquiers d’Allemagne, du Japon, d’Italie, de Belgique, de Grande-Bretagne et des États-Unis.
Dans ce havre de paix que constituait la zone offshore suisse, les représentants des belligérants travaillaient tranquillement dans un climat de compréhension mutuelle.
C’est en Suisse que l’Allemagne a mis en lieu sûr l’or saisi aux quatre coins de l’Europe. En mars 1938, lorsque Hitler s’est emparé de Vienne, une partie de l’or autrichien a été transférée dans les coffres-forts de la BRI. La même chose a été faite avec l’or de la Banque nationale tchèque (48 millions de dollars). Lorsque la guerre a éclaté, l’or entrait à pleines portes à la Banque des règlements internationaux. L’Allemagne le récupérait dans les camps de concentration et par le pillage des pays occupés (y compris de tout ce qui appartenait à des civils : bijoux, dents en or, étuis à cigarettes, ustensiles divers, etc.). C’est ce que l’on a appelé l’or nazi. Il était fondu en lingots afin d’être entreposé à la Banque des règlements internationaux, en Suisse ou hors d’Europe.
Dans son livre Trading With The Enemy : An Expose of The Nazi-American Money Plot 19331949, Charles Higham écrit que, pendant la guerre, les nazis ont transféré 378 millions de dollars sur les comptes de la Banque des règlements internationaux.
Quelques mots au sujet de l’or tchèque. Certaines informations ont fait surface après l’ouverture des archives de la Banque d’Angleterre en 2012 [2]. En mars 1939, l’Allemagne s’emparait de Prague. Les Nazis ont exigé 48 millions de dollars des réserves d’or nationales. Il leur a été répondu que cette somme avait déjà été transférée à la Banque des règlements internationaux. Par la suite, on a su que cet or avait été transféré de Bâle dans les coffresforts de la Banque d’Angleterre. Sur l’ordre de Berlin, l’or a été transféré sur le compte de la Reichsbank à la BRI. Ensuite, la Banque d’Angleterre a été impliquée dans les transactions effectuées sur les ordres donnés par la Reichsbank à la Banque des règlements internationaux. Ces ordres étaient retransmis à Londres. Il y a donc eu collusion entre la Reichsbank allemande, la Banque des règlements internationaux et la Banque d’Angleterre. En 1939, un scandale a éclaté en Grande-Bretagne lorsqu’on a su que la Banque d’Angleterre exécutait les transactions portant sur l’or tchèque sur les ordres de Berlin et de Bâle, et non du gouvernement tchèque. Par exemple, en juin 1939, trois mois avant le début de la guerre entre la Grande-Bretagne et l’Allemagne, la Banque d’Angleterre a aidé les Allemands à transférer sur leur compte l’équivalent en or de 440 000 livres sterling, et à acheminer une partie de l’or à New York (l’Allemagne s’assurait ainsi de la neutralité des États-Unis en cas d’intervention allemande en Pologne).
Ces transactions illégales sur l’or tchèque ont été effectuées avec l’accord tacite du gouvernement de Grande-Bretagne, qui savait parfaitement ce qui était en train de se passer. Le Premier ministre Neville Chamberlain, le Chancelier de l’Échiquier sir John Simon et les autres responsables de haut rang ont tout fait pour dissimuler la vérité, y compris en mentant éhontément (en affirmant que l’or avait été restitué à son propriétaire légitime ou qu’il n’avait jamais été transféré à la Reichsbank). Les documents de la Banque d’Angleterre rendus publics dernièrement révèlent les faits et montrent que les responsables gouvernementaux ont menti, afin de se couvrir eux-mêmes et de couvrir les activités de la Banque d’Angleterre et de la Banque des règlements internationaux. La coordination de ces activités criminelles conjointes était un jeu d’enfant lorsqu’on sait que Montagu Norman, directeur de la Banque d’Angleterre, présidait également le conseil d’administration de la Banque des règlements internationaux. Il n’a d’ailleurs jamais caché ses sympathies pour les fascistes.
La Conférence de Bretton Woods, officiellement Conférence monétaire et financières des Nations unies, a réuni les 730 délégués des 44 pays alliés au Mount Washington Hotel, à Bretton Woods (New Hampshire), aux États-Unis, en vue de réguler la vie monétaire et financière internationale à l’issue de la Seconde Guerre mondiale. Cette conférence s’est tenue du 1er au 22 juillet 1944. La Banque des règlements internationaux se retrouvait soudain sous le feu des projecteurs. On rapportait qu’elle avait collaboré avec l’Allemagne fasciste. Sans entrer dans les détails, je me limiterai à dire qu’après bien des aléas (certains délégués états-uniens s’étant opposés à la motion), les délégués sont tombés d’accord pour fermer la BRI. Cette décision de la conférence internationale n’a jamais été appliquée. Toutes les informations susceptibles de jeter le discrédit sur les activités de la BRI pendant la guerre ont été classées. Aujourd’hui, cela contribue à falsifier l’histoire de la Seconde Guerre mondiale.
Pour finir, quelques mots sur Hjalmar Schacht (1877-1970), ancien président de la Reichsbank et ministre de l’Économie du gouvernement fasciste de l’Allemagne. Il a joué un rôle de premier plan dans le contrôle de la machine économique du Troisième Reich en agissant comme ambassadeur extraordinaire et plénipotentiaire du capital anglo-américain en Allemagne. En 1945, Schacht a été jugé à Nuremberg et acquitté le 1er octobre 1946. Il échappait aux accusations de meurtre. Tout comme Hitler. Pour des raisons qui demeurent inexpliquées, il ne figurait pas sur la liste des principaux criminels de guerre de 1945. Mieux, Schacht a repris sa vie professionnelle comme si de rien n’était et fondé la société Schacht GmbH à Düsseldorf. Ce détail peut sembler insignifiant, mais il confirme une fois de plus que les ploutocrates anglo-américains et leurs représentants plénipotentiaires en Allemagne avaient préparé et, dans une certaine mesure, influencé l’issue de la Seconde Guerre mondiale. Les ploutocrates veulent réécrire l’histoire de la guerre et changer ses résultats.
Valentin Katasonov
Traduction : Gilles Chertier
Source : Strategic Culture Foundation (Russie)
[1] P. Tugwell, The Democratic Roosevelt, A Biography of Franklin D. Roosevelt, New York, 1957, p 477.
Valentin Katasonov est professeur au Département de Moscou de l’Institut d’Etat de Finance internationale, docteur en sciences économiques, membre correspondant de l’Académie des sciences économiques et commerciales. Il fut consultant des Nations Unies (1991-93), membre du Conseil consultatif auprès du Président de la Banque européenne pour la reconstruction et le développement (BERD) (1993-96), chef du Département des relations monétaires internationales du ministère des Affaires étrangères de la Russie (200111)

Expulsion of the Montreal and Valleyfield Cells of the Revolutionary Communist Party/Expulsion des cellules de Montréal et de Valleyfield du Parti communiste révolutionnaire

(English follows)

Note : Dans le document qui suit, l’on fait référence aux branches montréalaises d’organisations de masses aux côtés de la cellule montréalaise du PCR. Jusqu’à présent, comme la clique des vieilles idées rejette la ligne de masse et le rôle indépendant des organisations de masses, il devrait être entendu que ce sont plus ou moins les mêmes personnes dans le MER-Montréal, le MRO-Montréal, le FFPR-Montréal, le Front rouge des jeunes, la cellule de Montréal et le leadership du District du Québec. Ainsi, bien qu’il serait insensé, par exemple, d’agglomérer les actions du MER-Ottawa alors que l’on critique le PCR à Ottawa, à Montréal lesdites « organisations de masses » (petits mouvements) et la cellule sont beaucoup plus directement liées qu’ailleurs.

C’est d’une immense tristesse que le Comité Central du Parti communiste révolutionnaire (PCR-RCP) annonce l’expulsion des cellules de Montréal et de Valleyfield du Parti. Alors que nous reconnaissons que ceci est une mesure très sévère, elle l’a été forcée de notre main. Le leadership de Montréal a saisi le contrôle du site internet du Parti et est activement en train de prévenir les communications entre le Comité Central et les cellules de Montréal et Valleyfield. Ainsi nous sommes incapables de discerner quelle est l’étendue des membres qui soutiennent les gestes de la clique des vieilles idées. Par conséquent, dans la mesure où ces deux cellules ne reconnaissent apparemment pas la légitimité de la direction du Parti, nous ne sommes laissés qu’avec aucun autre choix que d’expulser les cellules dans leur ensemble. Nous reconnaissons que ce ne sont pas tous les membres de ces cellules qui soutiennent le comportement obstructionniste de la clique des vieilles idées ; comme nous le délimiterons ci-dessous, nous invitons tous les membres de ces cellules qui reconnaissent le leadership légitime du Parti d’entrer en contact avec nous pour une réadmission dans les rangs du Parti.

Nous désirons rendre explicite que ces expulsions ne sont pas le résultat de la lutte de ligne en cours dans le Parti (sur la question de la ligne de masse avec des questions subsidiaires, dont le féminisme prolétarien et le rôle des syndicats). Ces expulsions sont le résultat d’infractions organisationnelles et procédurales – des infractions qui porteront gravement atteinte au Parti si laissées intraitées. Les raisons pour les expulsions vont comme suit :

–Défaut d’initier une campagne de rectification mandatée

Le 5 mars, le Comité Central a mandaté la cellule de Montréal de se conformer à une campagne de rectification ayant pour but de rectifier le travail de la cellule. Une copie de cette résolution du CC a été inclue ci-joint en annexe. Peu de temps après que cela n’ait été décidé, le leadership de Montréal a déclaré le CC illégitime et a rompu les communications. Dans ce contexte, il a été impossible de lancer cette cruciale campagne de rectification.

-Usage de la violence afin de résoudre des désaccords politiques

Récemment, un schéma d’utilisation de la violence s’est développé envers autrui parmi la gauche comme moyen de résoudre les désaccords politiques. Le premier incident a eu lieu le 4 mars à la Maison Norman Bethune, où quatre sympathisants du PCR-RCP ont attaqué trois autres sympathisants du PCR-RCP sur la base de la lutte de ligne en cours. Le 5 mars, un membre du Comité central a été menacé de ne pas se rendre à la Maison Norman Bethune par l’un des dirigeants montréalais. Plus récemment, il y a eu l’incident au Café Aquin, où deux membres du PCR-RCP (qui avaient déjà été expulsés!) ont agressé un barista parce qu’on leur avait dit de ne pas faire d’affichage. Dans chacun de ces cas, les assaillants n’ont absolument pas affiché quelque regret que ce soit quant à leurs actions. Nous trouvons que c’est une conduite totalement répréhensible, et non une manière maoïste de résoudre les contradictions entre au sein du Peuple.

-Schéma de désintérêt à lutter politiquement

De pair avec l’usage de la violence pour traiter de désaccords politiques, nous observons un désintérêt de la clique des vieilles idées à s’engager dans toute lutte politique. Notons ici le soudain départ du MER-Montréal du MER-RSM sans lutter au préalable avec le reste de l’organisation, la manifestation soudaine du déplaisir des dirigeants précédents avec le travail du Parti dans les dernières années sans rendre explicites leurs critiques en temps opportun, et un schéma répété au dernier Congrès où des membres de la clique des vieilles idées votaient continuellement contre toute possibilité de débat interne ou de discussion sur les questions litigieuses. La clique des vieilles idées a également préféré l’intrigue à la lutte politique quand la question des politiques trans sont survenues dans le FFPR.

–Interférence dans une investigation à propos d’allégations d’abus sexuels

Nous avons récemment reçu des informations selon lesquelles quelqu’un de la clique des vieilles idées aurait agressé sexuellement un ancien membre du Parti. Avant tout, nous désirons rendre abondamment clair que ces accusations n’ont pas été faites par la survivante, mais plutôt par une tierce personne et pas à la demande de la survivante. Le Comité Central avait entamé une investigation dès que cette question nous avait été soulevée. Récemment, un membre de la clique des vieilles idées a déclaré avoir reçu une lettre de la survivante niant ces accusations. Cependant, la clique des vieilles idées a refusé de transmettre la lettre au Comité Central, rendant ainsi l’investigation considérablement plus difficile. En conséquence, l’enquête est toujours en cours.

–Transphobie

La clique des vieilles idées défend la transphobie sous le couvert du féminisme prolétarien. Plus précisément ici, nous faisons référence à un certain nombre d’éléments. Un document intitulé « Sur le FFP et l’Oppression des femmes » avait été soumis par des membres du FFPR-Montréal et subséquemment rejeté par le Congrès. Ce document rejette l’idée qu’il existerait les « cisgenres » et réfèrent aux femmes trans comme simplement des hommes, qui sous le malaise du patriarcat, ont décidé de s’assujettir à l’oppression de genre. Mise à part de ce document, une supporter trans du Parti à Montréal a été mise du côté dans le FFPR et ultimement de la cellule elle-même dû à son identité et son apparence. Une camarade du FFPR qui a questionné la décision fut également ostracisée. Nous avons également relevé un schéma de constante mauvaise utilisation des pronoms appropriés par les membres de la clique des vieilles idées.

–Vol

Lorsque la clique des vieilles idées a déclaré que le Comité Central comme étant supposément illégitime, elle ne s’est pas seulement saisie du site internet du Parti, mais aussi de la majorité de ses ressources. Ils étaient capables de faire ainsi étant donné que plusieurs de la clique des vieilles idées constituaient le « leadership historique du groupe » – ceux qui menaient autrefois le Parti, mais qui ne siègent présentement pas sur le Comité Central. Le Comité Central ne s’attendait pas à ce qu’il y aurait des problèmes de cette magnitude et ne voyait aucun problème à ce que les ressources soient tenues aux mêmes endroits que dans le passé. En conséquence, la clique des vieilles idées s’est défilée avec la majorité des économies du Parti – un montant substantiel après 10 ans – ainsi que ses ressources physiques (incluant plus de 1000 copies-papier de la dernière parution de notre journal théorique) tout en laissant le Comité Central avec la responsabilité de rembourser les dépenses faites en notre nom.

-Rejet du centralisme démocratique

Depuis un bon moment, nous avons de sérieux problèmes avec la centralisation de l’information, ainsi que la décentralisation des décisions, entre le Comité central et la cellule de Montréal. D’une part, ceci était en conséquence du refus de la clique des vieilles idées de reconnaître l’autorité du Comité central. Au contraire, cette clique a pris la décision de constituer un « deuxième centre » qui se chargeait de prendre de décision pour le Québec sans impliquer le Comité central. Des problèmes sont donc survenus lorsque la cellule de Montréal et le District du Québec (effectivement les mêmes personnes) ont voté pour « non-intégré » un membre transféré d’une autre ville, malgré le fait que la constitution du parti dit très clairement que seul le Comité central a l’autorité d’expulser des membres. Ceci est devenu encore plus problématique lorsque la clique des vieilles idées, qui ne représentait plus la majorité du parti avec uniquement 15% de l’effectif, a déclaré le comité central comme non légitime et a annulé sa décision d’expulser les 4 membres responsables de l’assaut du 4 mars 2017. Depuis, cette clique a voyagé partout au Québec en tentant de faire signer au membre un document qui déclare la clique des vieilles idées comme la direction légitime du parti. Même ici, dans leur comportement factionnel flagrant, ils refusent de suivre les procédures du centralisme démocratique de l’organisation, contournant la direction locale pour discuter avec des « camarades à qui on fait confiance » dans le but d’avoir un support de la région. La clique des vieilles idées nous a démontré qu’ils rejettent le centralisme démocratique du PCR-RCP pour favoriser leur propre vision orgueilleuse et subjective.

Bien que plusieurs des problèmes discutés ci-haut ne sont pas nouveaux, le comité central espérait les résoudre par un processus de rectification. Cela étant dit, avec les actions récentes nous croyons maintenant que ces problèmes soient assez importants pour justifier l’expulsion totale de la clique de vieilles idées, et par conséquent, les cellules de Montréal et Valleyfield.

Comme nous avons mentionné plus tôt, nous sommes certains que ces actions et positions ne reflètent pas la totalité des camarades à Montréal et Valleyfield. Malheureusement, en conséquence du fait que la clique des vieilles idées nous a rendu la communication avec eux impossible, nous n’avons pas le choix d’expulser les cellules de façon entière. Au camarade dans ses cellules nous voulons rendre de quoi très clair; peu importe votre opinion dans la lutte de ligne présentement, si vous reconnaissez la direction officielle du parti, contactez le comité central à : pcr.rcp.canada@gmail.com et vous serez réintégré.

Le comité central du PCR-RCP aimerait aussi prendre cette opportunité pour s’excuser aux masses montréalaises pour les erreurs sérieuses que nous avons commises dans le passé. Nous nous excusons auprès des travailleurs du Cafée Aquin pour l’assaut physique qui s’est déroulé dans leur lieu de travail sous le nom de notre parti. Nous nous excusons pour les camarades queer et trans pour la transphobie commise de la part de la cellule montréalaise, le MER, et le FFPR. Nous nous excusons pour le sectarisme de l’ancienne cellule de Montréal, en particulier à l’IWW. Et nous nous excusons aussi aux masses en général, celles et ceux impliqués dans les initiatives de la cellule de Montréal pour les manières bureaucratiques de leur direction ainsi que pour leur non-respect des organisations de masses automne. Finalement nous aimerons aussi nous excuser à tout le monde affecté par ces comportements antagonistes et sans principes pour notre inhabilité d’arrêter ces tendances destructives de la part de la clique des vieilles idées ainsi que pour le mal qu’ils ont commis à la gauche et aux masses montréalaises.

Dans le but de consolider l’expulsion de ces deux cellules problématique, le Comité central du PCR-RCP demande aux gens et aux organisations de considérer les demandes suivantes : tant que ces individus s’organisent sous le titre du « Parti communiste révolutionnaire », nous demandons qu’ils ne soient pas inclus dans des coalition ou autre initiative de gauche. Tant que les comportements problématiques perdurent, c’est l’opinion du Comité centrale que la clique des vieilles idées devrait être complètement isolée au niveau politique.

Nous voulons aussi prendre cette opportunité pour annoncer le lancement d’un nouveau comité d’organisation à Montréal. En termes clairs, le PCR(CO)-Montréal est la seule représentation légitime du PCR-RCP à Montréal. Illes ont commencé du travail de masses avec le lancement de ROAR, une organisation révolutionaire queer. Nous applaudissons leur ténacité et leur engagement à la politique révolutionnaire dans ce qui est sans doute une situation volatile et difficile. Nous invitons tous les autres individus et organisations à Montréal qui sont intéressés par le PCR-RCP de contacter le PRC(CO)-Montréal.

En conclusion, il est décevant que nous devions expulser les cellules de Montréal et Valleyfield. Nous reconnaissons que plusieurs membres de la clique des vieilles idées étaient instrumentales dans l’établissement d’une politique MLM en Amérique du Nord et dans la construction du PCR-RCP. Ceci est sans doute un pas vers l’arrière pour notre organisation, même si ce n’est que temporaire. Nous espérions qu’avec le temps nous pourrions regagner la confiance des masses montréalaises. Et qu’avec nos méthodes correctes de travail nous pourrons rebâtir le PCR à Montréal.

– Le Comité central du PCR-RCP

Source:  https://pcrrcp.wordpress.com/2017/05/02/expulsion-des-cellules-de-montreal-et-de-valleyfield-du-parti-communiste-revolutionnaire/

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Expulsion of the Montreal and Valleyfield Cells of the Revolutionary Communist Party

Note: In the following document, reference is made to Montreal branches of mass organizations alongside the RCP cell in Montreal. Insofar as the old-ideas clique rejects the mass line and the role of independent mass organizations, it should be understood that it is more-or-less the same people in the MER Montreal, MRO Montreal, FFPR Montreal, Red Youth Front, the Montreal RCP cell, and the Quebec District leadership. Thus, while it would not make sense to, for instance, criticize the actions of the RSM in Ottawa when criticizing the RCP in Ottawa, in Montreal the “mass organizations” (small movements) and cell are much more directly linked than elsewhere.

It is with great sadness that the Central Committee of the Revolutionary Communist Party (PCR-RCP) announces the expulsion of the Montreal and Valleyfield cells of the PCR-RCP. While we recognize that this is a heavy-handed measure, our hand has been forced. The leadership of the Montreal cell has seized control of the Party’s website and is actively preventing communications between the Central Committee and the cells in Montreal and Valleyfield. Thus we are unable to discern to what extent the members of these cells agree support the actions of the old-ideas clique. As a result, insofar as these two cells ostensibly do not recognize the legitimacy of the Party leadership, we are left with no other choice than to expel the cells as a whole. We recognize that not all members of these cells support the obstructionist behaviour of the old-ideas clique; as we will outline below, we therefore invite any members of these cells who recognize the legitimate leadership of the Party to get in contact with us for re-admission into the Party.

We want to make clear that these expulsions are not a result of the ongoing line struggle (over the question of the mass line with subsidiary questions including proletarian feminism and the role of unions) in the Party. These expulsions are a result of organizational and procedural infractions: infractions which, if not addressed, undermine the entire party. The reason for the expulsions is as follows:

–Failure to Initiate a Mandated Rectification Campaign

On March 5, the Central Committee mandated that the Montreal cell comply with a rectification campaign, intended to rectify the cell’s work. A copy of the Central Committee resolution has been included below as an addendum. Shortly after this was passed, the Montreal leadership declared the Central Committee illegitimate and has broken off communications. In this context, it has been impossible to launch the badly needed rectification campaign.

–Use of Violence to Solve Political Disagreements

There has been a recent pattern of using violence towards others on the left as a means of solving political disagreements. The first incident occurred on March 4 at Maison Norman Bethune, where four supporters of the PCR-RCP attacked 3 other supporters of the PCR-RCP over the ongoing line struggle. On March 5, a member of the Central Committee was threateningly told to not go to the Maison Norman Bethune by one of the Montreal leadership. And more recently, there was the incident at Café Aquin, where two supporters of the PCR-RCP (who had already been expelled!) assaulted a barista because they were told not to poster. In each of these cases, the assailants have been totally unapologetic about their actions. We find this to be totally reprehensible conduct, and not a Maoist way of solving contradictions among the people.

-Pattern of Unwillingness to Struggle Politically

In line with the use of violence to solve political disagreements, there is an unwillingness on the part of the old-ideas clique to engage in any political struggle. We point here to the sudden departure of the MER Montreal from the MER-RSM without first struggling with the rest of the organization, sudden accounts of past leaders having been unhappy with the work of the Party for years despite not voicing criticisms at the time, and a repeated pattern at the last Congress whereby members of the old-ideas clique continually voted against having any sort of internal debate or discussion on contentious issues. The old-ideas clique also preferred intrigue to political struggle when the question of trans politics arose in the FFPR.

–Interference with an Investigation into Sexual Assault Allegations

We recently received information that someone from the old-ideas clique allegedly sexually assaulted a former member of the Party. We want to make absolutely clear that these allegations were not made by the survivor, but rather by a third person, and not at the request of the survivor. The Central Committee has been investigating this issue since we first learned of it. Recently, some members of the old-ideas clique alleged to have received a letter from the survivor denying the allegations. However, the old-ideas clique has refused to turn over this letter to the Central Committee, making the investigation considerably more difficult. As a result, the investigation is still ongoing.

–Transphobia

The old-ideas clique upholds transphobia under the guise of proletarian feminism. Specifically here we point to a number of events. A document titled “On the PFF and the Oppression of Women” was submitted to the last Congress by members of the Montreal FFPR and subsequently rejected by the Congress. This document rejects the idea that there is such a thing as “cis-sex”, and refers to trans women as simply men who, under the malaise of patriarchy, have decided to subject themselves to gender-based oppression. Aside from this document, a trans supporter of the Party in Montreal was pushed out of the FFPR and then ultimately the cell itself due to their gender identity and appearance. A member of the FFPR who questioned that decision was also ostracized. There was also a pattern of consistent misgendering of trans comrades by members of the old-ideas clique.

–Theft

When the old-ideas clique declared the Central Committee to be illegitimate, they not only seized control of the Party website but also the majority of the Party’s resources. They were able to do so because many of the old-ideas clique constitute members of the “historical leadership group”; those that formally led the Party, but who are currently not on the Central Committee. The current Central Committee did not expect that there would be issues of this magnitude, and so saw no issue with the Party’s resources being held in the same locations they had been previously. As a result, the old-ideas clique has absconded with the majority of the party’s savings –a substantial amount after 10 years – and physical resources (including 1000 printed copies of the latest edition of our theoretical journal) while also leaving the Central Committee with the responsibility to repay previously incurred expenses.

-Rejection of Democratic Centralism

For some time now there have been issues with centralization of information to, and decentralization of decisions from the Central Committee to the Montreal cell. In part, this was due to the tacit rejection, on the part of the old-ideas clique, of the authority of the Central Committee. Instead, the old-ideas clique constituted a “second centre” which in essence made decisions for Quebec without involving the Central Committee. Issues arose previous to the recent events when the Montreal cell and the Quebec District (effectively the same people) both voted to “not-integrate” a transferred member, despite our Constitution being very clear that only the Central Committee has the authority to expel anyone. This issue came to a head when the old-ideas clique was no longer the majority of the Party’s leadership; the old-ideas clique unilaterally, representing only 15% of the Party’s membership at most, declared the Central Committee to be illegitimate and overturned the decision to expel the four supporters involved in the March 4 assault. Since declaring the Central Committee to be illegitimate, the old-ideas clique have travelled around Quebec attempting to get the Quebec branches to sign a document declaring the members of the old-ideas clique the legitimate leadership of the Party. Even in this blatant factional behaviour they refuse to abide by the democratic centralism of the Party, bypassing local leadership and instead going to “trusted” comrades for the endorsement. The old-ideas clique, insofar as they do not abide by the authority of the legitimate democratically elected Central Committee, has shown that they reject the democratic centralism of the PCR-RCP and instead give pride-of-place to their own subjective opinions.

While many of these issues are not new, the Central Committee had hoped that they could be solved through rectification. However, due to recent events we feel they are now serious enough to warrant the expulsion of the old-ideas clique, and by extension, the Montreal and Valleyfield cells.

As mentioned earlier, we are sure that these actions and positions are not reflective of all comrades in the Montreal and Valleyfield cells of the Party. However, because the old-ideas clique has made it impossible for us to contact members of these cells, we have been forced to expel the entire cells. To the comrades in these cells we want to make it clear: regardless of your position in the line struggle, if you recognize the current leadership as legitimate, please contact the Central Committee at: pcr.rcp.canada@gmail.com and you will be reinstated.

The Central Committee of the PCR-RCP would also like to take this time to apologize to the masses of Montreal for the very serious mistakes we have committed in the past. We apologize to the workers of Café Aquin for the recent assaults committed under the name of the Party. We apologize to queer and trans comrades for the transphobia of the Montreal cell and the FFPR. We apologize for the sectarianism of the former Montreal cell, specifically to the IWW. And we also apologize to the masses more broadly and those involved with the initiatives of the Montreal cell for the bureaucratic manner in which the cell oversaw its work, and the lack of importance it gave to independent mass initiatives. Further, we want to apologize to everyone affected by this unprincipled and antagonistic behaviour for our inability to reign in these destructive tendencies on the part of the old-ideas clique and prevent them from doing harm to others on the left and the masses more broadly.

Insofar as the Montreal and Valleyfield cells of the RCP have been expelled, the Central Committee requests that other people and organizations consider these facts. Until these individuals stop using the “Revolutionary Communist Party” name, we ask that they not be included in coalitions or other joint initiatives. Until many of these problems are rectified, it is the opinion of the Central Committee that the old-ideas clique should be politically isolated.

We would also like to take this opportunity to announce the launch of a new Organizing Committee in Montreal. In no uncertain terms, the Montreal RCP (OC) is the only legitimate representative of the RCP in Montreal. In turn they have begun mass work in earnest, with the launch of ROAR: a mass organization of queer revolutionaries. We applaud their tenacity and commitment to revolutionary politics in what is surely a volatile and difficult situation. We invite all other individuals and organizations in Montreal who are interested in working with the RCP to contact the RCP (OC) in Montreal.

In closing, it is unfortunate that we have been forced to expel the Montreal and Valleyfield cells. We recognize that many of the old-ideas clique were instrumental in bringing MLM to North America, and in the construction of the PCR-RCP. This is undoubtedly a step backwards for our organization, if only a short-term one. We hope that in time we can regain the trust of the masses of Montreal, and we know that with correct methods our work will recover in the Montreal region.

-The Central Committee of the PCR-RCP

 

Source: https://pcrrcp.wordpress.com/2017/05/02/expulsion-of-the-montreal-and-valleyfield-cells-of-the-revolutionary-communist-party/

DÉCLARATION INTERNATIONALISTE À L’OCCASION DU 1ER MAI 2017

Un 1er Mai rouge, révolutionnaire et internationaliste!

«Le drapeau de la révolution d’Octobre est invincible»
– Mao Zedong

Cette année marque le centenaire de la révolution d’Octobre. Les impérialistes, les réactionnaires, les réformistes et les opportunistes de toutes sortes s’affairent à effacer, assombrir, dénigrer et souiller cet événement, comme ils l’ont fait l’an dernier à l’occasion du 50e anniversaire de la Grande Révolution culturelle prolétarienne. Ils agissent ainsi parce qu’ils savent que le puissant message que ces événements communiquent aux prolétaires et aux masses populaires est de plus en plus actuel. Pour nous débarrasser de l’impérialisme, du capitalisme, des guerres, de l’exploitation du prolétariat et de l’oppression des peuples, nous devons faire la révolution prolétarienne! La classe ouvrière doit arracher le pouvoir politique des mains des classes dominantes, établir son pouvoir, son État – la dictature du prolétariat – et construire le socialisme; elle doit développer et poursuivre la révolution dans chaque pays et dans le monde entier pour se débarrasser des chaînes de l’impérialisme et marcher vers le communisme mondial.
Le système impérialiste apparaît tel que Lénine l’avait analysé et décrit dans son important ouvrage, L’impérialisme, stade suprême du capitalisme: savoir un système pourri et décadent. Sous toutes les latitudes, l’impérialisme et ses gouvernements continuent à faire face à une crise économique, financière, politique et sociale profonde et en font porter le fardeau sur les épaules des prolétaires et des masses à l’intérieur de leurs frontières, et sur celles des peuples et des nations opprimées à l’échelle internationale. L’impérialisme, ce sont les guerres économiques, les guerres d’agression et le pillage pour la redivision du monde. L’impérialisme, c’est la réaction et le fascisme. L’impérialisme est le stade suprême du capitalisme et nous rappelle chaque jour la nécessité de le renverser. C’est pourquoi le message de Lénine et de la révolution d’Octobre est plus vivant que jamais!
Aux États-Unis, qui constituent la puissance impérialiste la plus forte, la victoire de Donald Trump reflète la crise de l’impérialisme yankee et ses tentatives de s’en sortir par la guerre économique, la domination militaire, le contrôle des régions stratégiques sur le plan géopolitique et la redéfinition des alliances sur les divers théâtres de guerre. La victoire de Trump démontre la barbarie de la supposée «démocratie états-unienne», avec un milliardaire fasciste au pouvoir qui mène la guerre contre les masses paupérisées à l’intérieur et les peuples opprimés à l’étranger. La victoire de Trump alimente dans l’ensemble des pays impérialistes la réaction, l’État policier, la militarisation, l’état d’urgence permanent et la guerre interne contre les prolétaires, les droits des femmes, le peuple afro-américain, les immigrantes et immigrants qui font face aux murs et aux expulsions, les musulmanes et les arabes, et les idées progressistes dans les écoles, les universités, les médias, l’art et la culture.
Cette nouvelle phase agressive de l’impérialisme US aiguise les contradictions inter-impérialistes, notamment avec la superpuissance atomique qu’est l’impérialisme russe, la nouvelle puissance social-impérialiste que constitue la Chine, et les pays membres de l’Europe impérialiste sous hégémonie allemande. La compétition mondiale pour la division des marchés entre les pays impérialistes et la lutte pour le contrôle des ressources énergétiques sont à l’origine et alimentent les guerres d’agression et les guerres réactionnaires qui sèment la mort, les massacres et la destruction partout dans le monde.
Ce sont les guerres d’agression impérialistes dans chaque recoin de la planète qui donnent naissance aux grandes vagues migratoires! C’est la barbarie des guerres impérialistes et leur effet boomerang à l’intérieur même des citadelles impérialistes qui font couler le sang dans leurs rues!
Dans les pays impérialistes, les États et les gouvernements des maîtres du monde poursuivent une guerre interne contre les prolétaires et les masses populaires, que la crise, l’oppression et la répression poussent à lutter et à se révolter de plus en plus.
Dans les pays opprimés par l’impérialisme, les prolétaires et les peuples intensifient leurs luttes de libération nationale; il faut appuyer en particulier la lutte des peuples palestinien et arabe contre l’État sioniste et l’impérialisme, et les guerres populaires. De l’Inde aux Philippines en passant par la Turquie et le Pérou, la guerre populaire dirigée par les partis marxistes-léninistes-maoïstes montre la voie pour se libérer de l’impérialisme et des régimes réactionnaires et construire des États de démocratie nouvelle en marche vers le socialisme. La guerre populaire en Inde, qui célèbre aujourd’hui le 50e anniversaire du «soulèvement de Naxalbari» qui lui a ouvert la voie, résiste aux massacres, à l’opération «Green Hunt», à la répression contre les maoïstes, les Adivasis, les étudiantes, étudiants et les intellectuelLEs démocratiques et révolutionnaires, les ouvriers, les paysannes, les femmes en lutte et les minorités nationales; elle démontre que rien ne peut arrêter la guerre et la lutte populaires pour la libération, tout comme rien ne peut empêcher le soutien international qu’elle génère.
La révolution d’Octobre et le grand Lénine ont montré qu’on ne peut lutter et gagner contre l’impérialisme et ses États sans lutter contre le révisionnisme et l’opportunisme.
Les conditions objectives sont favorables à la révolution, qui constitue la tendance principale à l’échelle du globe. Les sociaux-démocrates, les ex-partis «communistes» devenus révisionnistes et réformistes ont perdu tout crédit aux yeux des masses et démontré qu’ils ne sont plus d’aucune utilité pour défendre les conditions de vie et de travail des masses ou s’opposer à l’impérialisme, aux guerres, au fascisme et à l’État policier. En même temps qu’on assiste à la crise de ces courants, on voit monter les tendances populistes réactionnaires et les mouvements fondamentalistes réactionnaires qui divisent les masses et les attachent au chariot de telle ou telle puissance impérialiste et en fin de compte, aux fractions les plus réactionnaires de l’impérialisme, de la bourgeoisie et des régimes qui les servent. Les prolétaires et les masses populaires doivent rejeter avec fermeté les illusions de la voie parlementaire et pacifique, qui vise à les désarmer, et adopter avec hardiesse la voie révolutionnaire.
La guerre populaire est la forme de lutte révolutionnaire la plus avancée; c’est pourquoi nous devons l’appuyer dans tous les pays où elle a déjà été déclenchée et la préparer dans tous les autres en fonction des conditions concrètes de chaque pays. Il faut construire des partis communistes authentiques qui seront l’avant-garde de la classe ouvrière et constitueront le noyau dirigeant des masses populaires. Les partis communistes basés sur la science révolutionnaire du marxisme-léninisme-maoïsme se construisent dans le feu de la lutte de classes, en lien étroit avec les masses, en vue du déclenchement et du développement de la guerre populaire, ancrés dans la réalité. Les partis communistes doivent construire le front uni des masses exploitées et de toutes les sections opprimées par l’impérialisme; ils doivent adopter les tactiques appropriées en fonction de la forme que prend la domination politique et militaire dans leur pays.
Dans les pays impérialistes, les partis communistes doivent intégrer dans leurs rangs les nouveaux prolétaires issus de l’immigration, en jouant un rôle d’avant-garde dans leur lutte contre la surexploitation, l’esclavage et le racisme. Ils doivent rassembler et organiser la révolte de la jeunesse et la lutte des femmes afin d’en faire une puissante force pour la révolution. Les partis communistes doivent lutter contre leur propre impérialisme et le considérer comme l’ennemi principal du prolétariat et des peuples opprimés, en se tenant fermement du côté des masses des nations opprimées. Aujourd’hui en particulier, nous devons lutter contre l’occupation impérialiste de l’Afghanistan, l’agression impérialiste en Syrie et les menaces nucléaires contre la Corée du Nord. La guerre impérialiste et la dictature réactionnaire de la bourgeoisie soulèvent la nécessité pour les partis communistes de s’équiper pour être capables de leur opposer la guerre populaire et de construire leur force combattante comme noyau de l’armée rouge.
En plus des politiques de génocide, les guerres populaires font également face aux pièges des négociations de paix qui, loin de leur permettre de grossir leurs forces et de se consolider en vue de l’offensive stratégique, n’ont d’autre objectif que de les dérouter, les étouffer et les diviser, afin de les amener à se rendre.
L’internationalisme, c’est l’unité entre le prolétariat et les peuples opprimés du monde entier contre l’ennemi commun.
L’internationalisme «consiste à travailler avec abnégation au développement du mouvement révolutionnaire et de la lutte révolutionnaire dans son propre pays, à soutenir (par la propagande, la sympathie, une aide matérielle) cette même lutte, cette même ligne, et elle seule, dans tous les pays sans exception». – Lénine
L’internationalisme, c’est la construction d’une nouvelle organisation internationale, qui, en abordant les problèmes actuels auxquels les communistes sont confrontés, sera capable de générer une ligne générale pour le mouvement communiste international et une nouvelle Internationale communiste.
Vive le 100e anniversaire de la grande révolution d’Octobre!
Mort à l’impérialisme! En avant vers la guerre populaire prolongée partout dans le monde!
Vive les luttes des prolétaires et des peuples opprimés!
Vive l’internationalisme prolétarien!
Pour un avenir rouge et socialiste, marchons vers le communisme!
Liste des signataires:
Collectif maoïste iranien
Comité pour la construction du Parti communiste maoïste, Galice, État espagnol
Democracy and Class Struggle, État britannique
Klassenstandpunkt («Point de vue de classe»), équipe éditoriale, Allemagne
La voix ouvrière – Malaisie
Ligue révolutionnaire maoïste – Sri Lanka
Mouvement communiste de Serbie
Mouvement communiste maoïste, Tunisie
Noyau communiste du Népal
Organisation de travail communiste – Tunisie
Parti communiste (maoïste) d’Afghanistan
Parti communiste de l’Inde (maoïste)*
Parti communiste du Brésil (Fraction rouge) – PCB (FR)
Parti communiste du Népal (maoïste révolutionnaire)
Parti communiste maoïste – France
Parti communiste maoïste – Italie
Parti communiste maoïste du Manipur
Parti communiste révolutionnaire (District du Québec)
Parti des khadéhines – Tunisie
Revolutionary Praxis – Grande-Bretagne
Union communiste ouvrière (MLM) – Colombie

 

Source: http://www.pcr-rcp.ca/fr/4475

Déclaration du PCR à l’occasion du 1er mai 2017/RCP May Day 2017 Statement

(English follows)

À l’occasion de la Journée Internationale des travailleurs et travailleuses du 1er Mai,  nous rebloguons simplement la déclaration du PCR-RCP

 

Déclaration du PCR à l’occasion du 1er mai 2017
par pcrrcp

Ce 1er mai 2017 marque le centième anniversaire de la révolution bolchevique en Russie. Après avoir passé des décennies à se faire dire que le capitalisme était la fin de l’histoire, voici que le communisme est de nouveau à l’ordre du jour, enfin! Près de trois décennies après la chute du Bloc de l’Est, période où les capitalistes nous ont soumis à toutes les formes de brutalité tout en claironnant que la révolution socialiste était une erreur colossale, l’étiquette attachée au communisme ne colle plus autant. Face à cela, les capitalistes réagissent en augmentant d’un cran leur campagne idéologique contre le communisme. Les capitalistes ne manquent plus une occasion pour rappeler à la classe ouvrière qu’il n’y a pas d’espoir, comme quand ils construisent un monument aux «victimes» du communisme ou quand ils réprimandent les «milléniaux» de s’intéresser à cette idée. La révolution communiste continue d’effrayer ceux qui ont pour préoccupation de défendre le capitalisme.

Depuis le début des années 90, le cri de ralliement à la révolution communiste pouvait tout de même se faire entendre depuis les coins les plus marginalisés du monde, à travers des insurrections de masse et des guerres populaires, et dorénavant elle commence à se faire entendre au cœur des pays impérialistes. De multiples guerres impérialistes, et un accroissement exponentiel de l’oppression et de l’exploitation mondialement n’ont pas réussi à faire taire la résistance ni la volonté pour une révolution communiste. Bien que ce soit devenu une habitude pour nos classes dirigeantes de se moquer de leurs victimes comme étant «naïves» de simplement oser se battre pour une vie meilleure, ça a aussi toujours été une habitude pour les victimes de lutter pour exister et pour envisager un monde meilleur; un monde décrié comme étant impossible par ceux qui sont prêts à annihiler presque tout ce qui vit juste pour que le flux de production capitaliste et de profits puisse perdurer.

Sur le champ de bataille mondial, la contradiction entre l’impérialisme et les masses opprimées devient plus apparente alors que les nations les plus puissantes défendent leurs intérêts en bombardant et en envahissant de plus en plus de régions. L’impérialisme se fait plus parasite et prédateur à mesure qu’il s’enfonce dans une guerre d’attrition: depuis l’invasion de l’Afghanistan il y a quinze ans, la guerre contre le terrorisme s’est révélée être une guerre sans fin. L’impérialisme est un système qui est déchiré par des contradictions internes, celle entre les capitalistes qui se font concurrence, et le monde unilatéral conçu par les États-Unis comme un «nouvel ordre mondial» est en train de s’écrouler. Les contradictions entre les États-Unis et la Russie, entre le Royaume-Uni et l’Union européenne, même entre les États-Unis et le Canada à certains endroits, amènent la possibilité d’une troisième guerre mondiale, mais aussi une résistance impérialiste accrue.

Au sein des nations impérialistes, la contradiction entre les capitalistes et la classe ouvrière s’intensifie, et fait beaucoup plus de bruit qu’il y a une décennie seulement. Les mesures d’austérité, le refus anti-scientifique de s’attaquer au changement climatique, la guerre sans pitié menée contre plusieurs communautés opprimées, l’assaut répété contre l’organisation et les conditions de vie de la guerre ouvrière, et même le spectre du fascisme, font sauter le mythe d’une utopie capitaliste. La longue crise qui a commencé en 2008 n’est toujours pas terminée pour la grande majorité des gens, même si les profits des capitaliste sont revenus; ce sont les plus opprimé.es et exploité.es qui ont dû payer les pots cassés de la mauvaise gestion capitaliste. Tout cela contribue à ce que la classe ouvrière redécouvre sa mission historique qui est de renverser le capitalisme. Le conflit entre les classes revient au goût du jour.

Pour emprunter une vieille maxime, «le grand chaos qui règne sous les cieux» signifie que la situation est excellente. Toutes ces ouvertures, et tous ces rejets de la vision capitaliste de la réalité, sont autant de feux de broussailles que la classe dirigeante doit éteindre. Malheureusement, même si les circonstances objectives sont effectivement «excellentes», les circonstances subjectives traînent la patte. Le mouvementisme continue d’être la norme. Le révisionnisme et la social-démocratie continuent de dominer la gauche politique. Les faux espoirs dans le social-réformisme et le cirque électoral sont encore là malgré toutes les défaites consécutives. Les politiques identitaires ont réussi à diviser les mouvements et à transformer les luttes anti-capitalistes en tremplins pour le carriérisme d’ONG et l’opportunisme. De même, ces vieux chauvinismes que sont le racisme et le sexisme continuent d’infecter la compréhension de la classe ouvrière au sein de la vieille garde socialiste. Des chauvinismes comme la trans-phobie et le cis-sexisme s’infiltrent dans le mouvement élargi. Dans des sociétés de colonisation de peuplement comme le Canada, le besoin d’auto-détermination autochtone continue d’être le déterminant de toute lutte anti-système. Plus inquiétant encore, le fascisme refait surface en tant qu’obstacle sérieux parce que la gauche élargie n’a pas su créer un mouvement capable d’empêcher son retour.

Maintenant plus que jamais, le cuisant échec de la gauche établie devrait être évident. Contre le mouvementisme, le révisionnisme et les tendances réformistes, nous persistons à dire que le retour contemporain à un parti communiste révolutionnaire est nécessaire. Face à la destruction environnementale, aux mesures d’austérité, à l’émergence de la soi-disant droite alternative, face aux guerres impérialistes et à un mouvement ouvrier désarmé, il n’y aucun sens à aller de l’avant avec un mouvementisme non-redevable et indiscipliné, ou avec une sorte de «communisme» révisionniste qui s’apparente à des sociétés de reconstitution historique. Les menaces lourdes que sont le fascisme et la catastrophe environnementale, si nous sommes pour les prendre au sérieux, nous forcent à remettre la maison en ordre.

Nous avons passé une décennie déjà à s’organiser avec ce cadre révolutionnaire. Nous soutenons encore ce besoin: construire un parti pour mener la guerre au capitalisme, organiser le noyau du prolétariat pour la révolution, et prendre ces tâches au sérieux. Depuis notre fondation en 2007 nous nous sommes étendus à travers le Canada, et ce en mettant nos idées politiques à l’avant-plan de toutes nos initiatives. Nous encourageons les autres à se joindre à nous pour travailler ensemble vers la révolution. Le renversement du capitalisme, de l’impérialisme et du colonialisme ne sera pas une chose facile, mais c’est tout aussi possible que nécessaire.

Il y a 100 ans, la classe ouvrière de Russie renversait ses maîtres et commençait à construire le socialisme, un processus qui a allumé tout le 20e siècle au complet. Cent ans plus tard, malgré les détours et les embûches, les réussites et les défaites, nous poursuivons notre chemin avec ce bagage, en promettant de refaire le coup pour le 21e siècle.

En solidarité:

PCR-RCP

Source; https://pcrrcp.wordpress.com/2017/04/30/declaration-du-pcr-a-loccasion-du-1er-mai-2017/

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RCP May Day 2017 Statement
par pcrrcp

May Day 2017 marks the 100 year anniversary of the Bolshevik Revolution in Russia. Finally, after decades of being told that capitalism is the end of history, communism is again on the agenda. Nearly three decades since the collapse of the Eastern Bloc, a time during which the capitalists triumphantly pursued every form of brutality and told us that socialist revolution was a colossal mistake, communism is losing its stigma. Capitalists have reacted by increasing their ideological campaign against communism. They go out of their way to remind the working class that there is no hope, by constructing monuments to the « victims » of communism and chiding « millennials » for daring to speak this word anew. Communist revolution remains the great fear for those invested in defending capitalism.

Since the early 1990s the rallying cry for communist revolution could be heard from the global margins, through massive insurrections and people’s wars, and now it is beginning to be heard even at the heart of the imperialist countries. Multiple imperialist wars, an exponential increase in worldwide oppression and exploitation has not silenced resistance or the demand for communist revolution. While it is the habit for the ruling classes to call their victims « naïve » for daring to struggle for a better reality, it is also the habit of these victims to struggle to exist and demand a world deemed impossible by those who would seek to annihilate the majority of life just so capitalist production and profit can persist.

On the global battlefield the contradiction between imperialism and the oppressed masses is becoming more apparent as the most powerful nations seek to secure their interests by bombing and invading more and more regions. Imperialism becomes more parasitic and predatory as it sinks into patterns of attrition: since the invasion of Afghanistan fifteen years ago, the War on Terror has truly shown itself to be a war without end. Imperialism as a system is also reaching its own internal contradiction, the contradiction between competing imperialists, as the unilateral world conceived by the US as a « new world order » crumbles. The contradictions between the US and Russia, between the UK and the EU, between even the US and Canada in certain regions, both produce the possibility of a third world war, but also for increased anti-imperialist resistance.

Within the imperialist nations the contradiction between the capitalists and the working class is increasing, no longer as muted as it was even a decade ago. Austerity measures, anti-scientific refusals to deal with climate change, a pitiless war upon multiple oppressed communities, the continued attack on working-class organization and living standards, and even the specter of fascism undermines the myth of capitalist utopia. The long crisis that began in 2008 is still not over for the vast majority, even if profits for capitalists have “recovered”; the most exploited and oppressed have been made to pay for the sins of capitalist mismanagement. All of this increases the possibility of the working-class rediscovering its destiny to overthrow capitalism. Class conflict is increasingly the order of the day.

To borrow an old phrase, the ‘great storm under heaven’ means that the situation is excellent. So many openings, so many rejections of the capitalist vision of reality, innumerable brush-fires that the ruling class attempts to snuff out. Unfortunately, although the objective circumstances are indeed « excellent » the subjective circumstances are still lagging behind. Movementism is still the norm. Revisionism and social-democracy continue to dominate the political left. False hope in social reformism and the electoral circus remains despite failure after failure. Identity politics have succeeded in splintering movements and transforming anti-capitalist struggles into sites for opportunism and NGO careerism. Conversely, old chauvinisms such as racism and sexism continue to infect understandings of the working-class within the socialist old guard. Chauvinisms such as transphobia and cissexism infiltrate the broad movement. In settler-colonial contexts such as Canada the necessity of Indigenous self-determination continues to determine every anti-systemic struggle. Most alarmingly, fascism has reemerged as a serious obstacle because the broad left has failed to create a movement capable of stamping out its return.

Now, more than ever, the failure of the establishment left should be clear. Against the movementist, revisionist, and reformist tendencies we continue to maintain that a contemporary return to the revolutionary communist party is necessary. It is in fact egregious in the face of environmental destruction, austerity measures, the rise of the so-called « alt-right », imperialist wars, and a disarmed worker’s movement to persist with unaccountable and undisciplined movementism or the kind of revisionist « communism » that appeals to historical recreation societies. The very real dangers of fascism and environmental catastrophe, if we take them seriously, demand that we get our house in order.

We have spent a decade organizing according to this revolutionary ethos. We continue to uphold the necessity of: building a party to wage war upon capitalist reality, organizing the hard-core of the working class for revolution, and taking these tasks seriously. Since our foundation in 2007 we have spread across Canada, and have put these politics in command in all of our efforts. We encourage others to join us in building towards revolution. The overthrow of capitalism, imperialism, and colonialism will not be easy, but it is both possible and necessary.

100 years ago, the working class in Russia overthrew their masters and began to build socialism, a process which set the entire 20th century on fire. 100 years later, despite twists and turns, successes and failures, we carry that legacy forward, and promise to do the same to the 21st century.

In solidarity:

PCR-RCP

 

Source : https://pcrrcp.wordpress.com/2017/04/30/rcp-may-day-2017-statement/