Eleanore Marx, les Syndicats de femmes en Angleterre (1892)

Eleanor Marx est la dernière fille de Marx, sans doute la plus proche de son père dont elle est la secrétaire et dont à sa mort elle diffusera l’œuvre. C’est un personnage très attachant, une militante révolutionnaire, l’entente politique avec ses amoureux semble avoir primé sur beaucoup de choses sous l’influence de son père qui respecte sa vie mais a des exigences politiques, artiste, elle a pensé faire du théâtre, passionnée, libre elle choisira de vivre avec l’homme qu’elle aime et qui est marié, mais qui à la mort de sa femme en épousera une autre tout en vivant avec elle, elle se suicidera en apprenant cette trahison (note et traduction de Danielle Bleitrach pour histoire et société).
Une fois pour toutes, je voudrais présenter clairement mon point de vue et je pense que je parle pour de nombreuses femmes. En tant que femmes, nous avons certainement le souci de gagner pour les femmes les mêmes droits que les hommes, y compris les travailleurs, ont déjà aujourd’hui. Mais nous croyons que cette «question de la femme» est un élément essentiel de la question générale de l’émancipation du travail.
Il n’y a aucun doute qu’il y a une question des femmes. Mais pour nous, qui gagnons le droit d’être comptées dans la classe ouvrière, que ce soit par la naissance ou par notre travail pour la cause des ouvriers, cette affaire appartient au mouvement ouvrier en général. Nous pouvons comprendre, sympathiser et aussi aider, si nécessaire, lorsque les femmes de la classe moyenne ou supérieure luttent pour des droits justifiés qui, s’ils sont obtenus, bénéficieront également aux travailleuses. Je dis, nous pouvons même aider: le Manifeste Communiste ne nous a-t-il pas enseigné qu’il est de notre devoir de soutenir tout mouvement progressiste qui profite à la cause des travailleurs, même si ce mouvement n’est pas le nôtre? Si toutes les demandes faites par ces femmes avaient été réalisées aujourd’hui, nous, les travailleuses, nous serions exactement où nous étions avant. Les travailleuses travailleraient toujours de longues heures, à des salaires infâmes, dans des conditions infâmes malsaines ; elles n’auraient encore que le choix entre la prostitution et la faim. Il serait encore plus vrai que jamais que dans la lutte des classes, les travailleuses trouveraient de bonnes femmes parmi leurs ennemis acharnés; elles auraient à lutter contre ces femmes aussi amèrement que leurs frères de la classe ouvrière doivent lutter contre les capitalistes. Les hommes et les femmes de la classe moyenne ont besoin d’un champ «libre» pour exploiter le travail. La vedette du mouvement des droits des femmes, Mme [Millicent] Fawcett, n’a-t-elle pas été expressément opposée à toute réduction statutaire des heures de travail pour les travailleuses? …
Pour nous, il y a aussi peu de «question des femmes» du point de vue bourgeois que de la question des hommes. Là où les femmes bourgeoises réclament des droits qui nous aident aussi, nous nous battrons avec elles, tout comme les hommes de notre classe n’ont pas rejeté le droit de vote parce qu’il provenait de la classe bourgeoise. Nous ne rejetterons pas non plus les avantages obtenus par les femmes bourgeoises dans leur propre intérêt, que ce soit volontairement ou involontairement. Nous acceptons ces avantages comme des armes, des armes qui nous permettent de mieux lutter du côté de nos frères ouvriers. Nous ne sommes pas des femmes dans la lutte contre les hommes, mais des travailleurs qui luttent contre les exploiteurs. (Eleanor Marx-Aveling, Frauengewerkvereine en Angleterre, ArbeiterInnen-Zeitung, Wien, 1. Jg., Nr 17., 2.
http://www.literature.at/viewer.alo…

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Eleanor Marx, Sindicatos de mujeres en Inglaterra (1892)

 Eleanor Marx est la dernière fille de Marx, sans doute la plus proche de son père dont elle est la secrétaire et dont à sa mort elle diffusera l’œuvre. C’est un personnage très attachant, une militante révolutionnaire, l’entente politique avec ses amoureux semble avoir primé sur beaucoup de choses sous l’influence de son père qui respecte sa vie mais a des exigences politiques, artiste, elle a pensé faire du théâtre, passionnée, libre elle choisira de vivre avec l’homme qu’elle aime et qui est marié, mais qui à la mort de sa femme en épousera une autre tout en vivant avec elle, elle se suicidera en apprenant cette trahison (note et traduction de Danielle Bleitrach pour histoire et société).
Une fois pour toutes, je voudrais présenter clairement mon point de vue et je pense que je parle pour de nombreuses femmes. En tant que…

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Marx et la Russie, un éclairage sur les positions de Marx, leur évolution

Dans les brouillons de sa lettre à V. Zassoulitch, Marx insiste sur les idées de Maurer, et il cite L. Morgan à l’appui de la thèse selon laquelle la commune russe est viable. En effet, une des circonstances favorables à sa conservation est, selon Marx, que le système capitaliste occidental – auquel elle a eu la chance de pouvoir survivre, lorsqu’il était intact – se trouve désormais en état de crise permanente, crise qui ne pourra finir que par la disparition du régime capitaliste et par un retour des sociétés modernes au type « archaïque » de la propriété commune, forme où – comme le dit un auteur américain[16], point du tout suspect de tendances révolutionnaires… – « le système nouveau » auquel la société moderne tend « sera une renaissance (a revival) dans une forme supérieure (in a superior form), d’un type social archaïque » . Et Marx d’ajouter : « Donc, il ne faut pas trop se laisser effrayer par le mot “ archaïque ” ».

Ainsi la position théorique de Marx à l’égard des formes primitives du communisme agraire, marquée tout d’abord par l’appréciation négative de leur importance et de leurs virtualités, a évolué, grâce à une meilleure connaissance de la littérature traitant spécialement de cette matière, vers une conception nettement positive de leur rôle dans le développement historique des sociétés humaines. Cette évolution de la pensée de Marx s’exprime clairement dans une phrase d’un des brouillons où il est dit que « les peuples chez lesquels (la production capitaliste) a pris son plus grand essor en Europe et dans les Etats-Unis d’Amérique n’aspirent qu’à briser leurs chaînes en remplaçant la production capitaliste par la production coopérative et la propriété capitaliste par une forme supérieure du type archaïque de la propriété, c’est-à-dire la propriété communiste[17] ».

3. – Les perspectives de la commune rurale russe. Lorsqu’il s’apprêtait à répondre à Véra Zassoulitch, Marx possédait des connaissances étendues sur la situation économique et sociale de la Russie. N.-F. Danielson, un des principaux théoriciens populistes – il publiait ses articles et ouvrages sous le pseudonyme Nicolas-on – traducteur du Capital, était, en Russie, son correspondant le plus fidèle et lui envoyait régulièrement des documents – articles de presse, matériaux, statistiques, ouvrages, etc. – que Marx avait l’intention d’utiliser largement pour l’étude qu’il pensait consacrer à la théorie de la rente foncière, dans les volumes ultérieurs de son Capital[18]. Tous ces matériaux étaient en russe, et Marx s’était mis à apprendre cette langue dès 1869, avec un acharnement très préjudiciable à sa santé, déjà fortement compromise[19]. A partir de 1873, il suivait attentivement les discussions entre libéraux et narodniki au sujet de l’obchtchina et, à propos d’une polémique qui avait mis aux prises, en 1856, le philosophe libéral Tchitchérine et le juriste slavophile Bielïayev, Marx écrivit à Danielson : « La manière selon laquelle cette forme de propriété s’est créée (historiquement) en Russie est, naturellement, une question de second ordre et ne touche en rien à l’importance de cette institution… Par ailleurs, toute analogie parle contre Tchitchérine. Comment se pourrait-il qu’en Russie cette institution eut été introduite comme une mesure purement fiscale, comme un phénomène accessoire du servage, alors que partout ailleurs elle est née naturellement et a formé une phase nécessaire du développement de peuples libres ?[20] ».

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Karl Marx et le socialisme populiste russe

Voici un texte de Maximilien Rubel qui date de 1947. Je n’ai pas une particulière confiance dans le travail qu’il a fait sur le Capital pour la Pléiade, mais il est un excellent connaisseur de Marx, en particulier en ce qui concerne l’ensemble de l’œuvre et de la correspondance. J’ai eu ici-même et en particulier à propos du film « Le jeune Marx » et des propos de son auteur Raoul Peck, l’occasion de protester sur l’interprétation que ce cinéaste faisait de la Révolution russe comme étant étrangère au marxisme. J’ai souligné alors que l’on trouve chez Marx, en particulier dans la maturité de sa réflexion une vision beaucoup moins contrainte par l’idée de la nécessité de passer pour le développement de la phase capitaliste industrielle et un intérêt indéniable pour le mir (village russe). Raoul Peck pour critiquer la Révolution d’octobre, la…

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Catalogne – Espagne : jaune et rouge ou bien Rouge ou Jaune ???

TML présente une série de textes de différentes organisations de « gauche » portant sur la crise espagnole et le processus d’accession à l’indépendance de la Catalogne.

solydairinfo

Drapeau de l'Espagne

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2 COULEURS…

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Mais 1 seule est la bonne…!

Contrairement à une idée répandue

dans l' »extrême-gauche » française,

le mouvement ouvrier catalan n’est ni inféodé

ni à la remorque de la bourgeoisie nationaliste…

« Le refus du gouvernement central de négocier la possibilité d’un référendum et l’application disproportionnée et autoritaire de la loi a poussé de nombreux citoyens, qui étaient relativement indifférents, à réclamer maintenant ce référendum à cor et à cri. Indépendamment de leurs positons pour ou contre a l’indépendance. Les adhérents de la CGT sont le reflet de la société catalane. En ce sens, nous respectons l’opinion de chacun d’entre eux.

Mais nous ne soutenons pas le gouvernement catalan contre celui de Madrid. En tant qu’organisation syndicale, nos objectifs et préoccupations sont la défense des intérêts et des droits des travailleurs et des citoyens. »

Thomas Lanssens (Syndicaliste CGT)

Depuis plusieurs semaines, l’utilisation de la force par le gouvernement de…

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Hommage à Ernesto Che Guevara à l’occasion du 50e anniversaire de son assassinat

Nous savons que nous souffrons d’un décalage horaire en présentant ce riche document produit LML qui rend hommage au révolutionnaire et guérillero argentin Ernesto « Che » Guevara à l’occasion de son assassinat il y a 50 ans, ce 8 octobre 1967, mais nous pensons que nous ne faisons jamais erreur de rendre hommage à de grands révolutionnaires qui ont marqué leur époque, même s’il est présenté avec un peu de retard. 

 

 

Aujourd’hui, nous rendons un profond hommage à Ernesto Che Guevara, le combattant révolutionnaire indomptable et l’internationaliste prolétarien qui a inspiré et continue d’inspirer des millions de personnes dans le monde.

Originaire d’Argentine, ce médecin qui n’avait d’autre souhait que d’aider à mettre fin aux souffrances des peuples d’Amérique latine et du monde s’est joint sans hésiter au camarade Fidel et aux révolutionnaires cubains dans la Sierra Maestra dans la lutte pour libérer Cuba. Il s’est mérité le titre de Guerrier héroïque pour ses exploits, qui furent une contribution décisive à la défaite de la dictature cruelle de Batista en 1959 et au triomphe subséquent de la révolution. Le Che s’est par la suite consacré à l’établissement de la base économique qui allait garantir le bien-être du peuple et a joué un rôle central dans l’alphabétisation de tous les Cubains et à l’établissement de moyens de communication viables. Son nom est associé à la promotion du travail volontaire comme moyen de transformer la conscience des êtres humains afin que leur société assume toujours ses responsabilités sociales. Il a été un bel exemple de la personne humaine moderne, dont chaque action est guidée par les principes. Ses actions respiraient l’amour social et le souci pour l’être humain.

Leader exceptionnel, le Che mobilisait le peuple pour l’accomplissement des tâches nécessaires. Lorsque les États-Unis se sont engagés dans la subversion économique et ont lancé des attaques terroristes contre la révolution naissante, le Che n’a pas hésité et s’est joint aux rangs des combattants révolutionnaires pour mobiliser le peuple dans la riposte. Sa contribution à la lutte pour engager Cuba dans la voie socialiste et protéger la révolution a laissé une empreinte indélébile sur ce que Cuba représente aujourd’hui.

L’internationalisme du Che et l’internationalisme de Cuba ne font qu’un. Les deux reposent sur l’abnégation et sont exempts de l’arrogance et des sentiments étroits qui placent l’intérêt personnel en premier. Che Guevara était entièrement imprégné du désir d’engager les peuples du monde entier dans la lutte pour la liberté, portant haut levée la bannière de la lutte anti-impérialiste et anticoloniale en Asie, en Afrique, en Amérique latine et dans les Caraïbes.

Ernesto Che Guevara est mort héroïquement sur les champs de bataille de la Bolivie il y a cinquante ans et l’humanité pleure sa perte comme si c’était hier seulement qu’il avait rejoint les colonnes de martyrs communistes et révolutionnaires. Aujourd’hui, les peuples du Québec et du Canada, unis à l’héroïque peuple cubain et aux peuples révolutionnaires du monde, commémorent le cinquantième anniversaire de son assassinat par la méprisable CIA américaine en renouvelant leur engagement à défendre la Révolution cubaine dont Fidel, le Che, Raúl, Camilo, Vilma, Heida, Tania et leurs camarades ont été les architectes et tous les combattants guérilleros révolutionnaires cubains et les peuples qui ne font qu’un avec eux. Nous nous engageons une fois de plus à défendre le droit de toutes les nations à l’autodétermination dont fait intégralement partie, comme nous l’a enseigné le Che, le droit crucial de se défendre.

Venceremos ! Hasta la Victoria Siempre !

 

Source: http://cpcml.ca/francais/Lmlq2017/Q47040.HTM#1

1917-2017 Octobre est là !! …Et si le bolchévisme était encore une idée neuve ?

La Révolution d’Octobre s’est réclamée du Marxisme, dans un premier temps, puis du Marxisme-Léninisme, par la suite, assez logiquement, compte tenu à la fois du rôle décisif de Lénine et de son œuvre dans cette période historique, et évidemment, de sa disparition prématurée.

Pourtant, dans cette commémoration, il ne s’agit pas de dépoussiérer les vieux livres, mais au contraire, de chercher à comprendre de quelle façon et dans quelles conditions concrètes les théories ont été mises à l’épreuve de la pratique.

C’est un regard critique sur l’histoire, simplement nécessaire pour déterminer quels sont nos critères d’évaluation.

Ce sont ces critères d’évaluation qui donneront le sens et la portée politique de notre célébration militante éventuelle.

C’est Marx lui-même, dans l’exposé de sa méthode, qui nous invite à considérer qu’on ne peut pas essentiellement juger d’une époque par ce qu’en disent les protagonistes eux-même…

« De même qu’on ne juge pas un individu sur l’idée qu’il se fait de lui, de même on ne peut juger une telle époque de bouleversement sur sa conscience de soi ; il faut, au contraire, expliquer cette conscience par les contradictions de la vie matérielle, par le conflit qui existe entre les forces productives sociales et les rapports de production. »

Karl Marx Préface à la Contribution à la critique de l’économie politique, 1859.

tribune marxiste-léniniste

NDLR: Cet article étant naturellement appelé à rester à la Une au moins pour toute la durée d’Octobre et Novembre, d’autres articles d’actu et études plus récentes se trouveront donc publiées à la suite…!!

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1917-2017

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Octobre

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est là !!

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Et si le bolchévisme

était encore

une idée neuve ?

Célébrer Octobre, ce n’est pas célébrer n’importe quelle révolution…

C’est célébrer la première alternative au capitalisme enfin réalisée et construite durablement, sur une période et une étendue suffisamment vaste, à l’échelle d’un continent, et largement influente au delà, pour avoir marqué profondément l’histoire de l’humanité.

La question est donc de savoir si l’on veut se contenter de célébrer les « 10 jours qui ébranlèrent le monde », comme un événement folklorique sur lequel on peut broder n’importe quelle légende de circonstance, au gré des obsessions politiciennes intéressées des uns ou des autres, ou bien…

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Pour le jeune Marx j’en resterai donc aux « impressions ».

Une critique du tout dernier film sur la vie de Karl Marx.

histoireetsociete

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je corrige les épreuves du livre, je prépare une conférence pour vendredi à Bézier, je n’aurai pas le temps de revoir le « jeune Marx » et donc d’en faire une critique cinématographique, j’en reste donc aux impressions d’une première vision pour exprimer deux sentiments contradictoires.

Premièrement il s’agit de l’oeuvre maîtrisée d’un cinéaste, c’est-à-dire que dans le propos rien n’y est anecdotique, complaisant, comme chez Guediguian. Le propos est de trouver une écriture matérialiste pour analyse la rencontre entre une vision philosophique matérialiste en train de se construire, celle du jeune Marx dans sa rencontre avec Engels et sa passion juvénile pour son épouse Jenny. L’approfondissement de ce positionnement philosophique qui intègre Sinoza, Hegel et bien d’autres non matérialistes, passe par la dénonciation de  l’abstraction de la dialectique des jeunes hégéliens au profit de l’analyse concrète de la situation concrète de l’exploitation prolétarienne. Sur le plan philosophique c’est un positionnement plus…

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Le président américain promet «le fer et le feu» à l’ONU pendant que Trudeau se pose en grand espoir blanc du monde

Des questions importantes de guerre et de paix

 

Le débat général de la 72e session de l’Assemblée générale des Nations unies à New York a débuté cette semaine, le 19 septembre, et se poursuit jusqu’au 25 septembre. Les chefs d’État et de gouvernement ou leurs représentants s’adressent aux Nations unies pour énoncer les priorités qu’ils se fixent pour eux-mêmes, pour le monde et pour l’ONU.

À la toute première journée, le monde a eu droit à une manifestation de la crise profonde dans laquelle s’enlisent les États-Unis avec la prestation du président Donald Trump. Son discours hargneux dans lequel il promet d’utiliser le fer et le feu contre tous les non-croyants en la démocratie américaine montre à quel point les États-Unis désespèrent de ne pouvoir ordonner au monde de régler leur crise économique et multilatérale. Plus ils proclament qu’ils sont la nation indispensable, plus le reste du monde prend conscience de la nécessité de ne pas être marginalisé.

Bien que les États-Unis et l’échec de leur démocratie soient coupables de l’anarchie et de la violence dans le monde aujourd’hui, Trump a dit que la menace à laquelle le monde fait face est que « les pouvoirs autoritaires cherchent à faire effondrer les valeurs, les systèmes et les alliances qui ont empêché les conflits et ont promu la liberté depuis la Deuxième Guerre mondiale. »

Faisant fi de l’échec des institutions américaines à résoudre les contradictions au sein des cercles dirigeants ou quelque problème que ce soit dans le monde, Trump cite la Constitution des États-Unis comme un document intemporel et universel qui s’étend au monde entier. « Nous célébrons le 230e anniversaire de notre constitution bien-aimée, la plus ancienne constitution encore utilisée dans le monde d’aujourd’hui, a dit Donald Trump. Ce document intemporel a été le fondement de la paix, de la prospérité et de la liberté pour les Américains et pour d’innombrables millions de personnes dans le monde dont les pays ont trouvé l’inspiration dans son respect de la nature humaine, de la dignité humaine et de la règle de droit. »

« En Amérique, affirme-t-il, le peuple gouverne, le peuple est au pouvoir et le peuple est souverain. J’ai été élu non pas pour prendre le pouvoir, mais pour donner le pouvoir au peuple américain à qui il appartient. »

Donald Trump propose une conception irrationnelle de la souveraineté dans laquelle les États-Unis ont le droit souverain de décider de ce qui est dans leur meilleur intérêt et dans le meilleur intérêt du monde :

« Nous devons remplir nos devoirs souverains envers les personnes que nous représentons fidèlement. Nous devons protéger nos nations, leurs intérêts et leur avenir. Nous devons rejeter les menaces à la souveraineté depuis l’Ukraine jusqu’à la mer du sud de la Chine. Nous devons respecter la loi, respecter les frontières et respecter la culture, et l’engagement pacifique que cela permet. »

Puis il a directement menacé le peuple coréen : « Les États-Unis ont une grande force et une grande patience, mais si nous sommes forcés de nous défendre ou de défendre nos alliés, nous n’aurons d’autre choix que de détruire totalement la Corée du Nord. […] Les États-Unis sont prêts, disposés et capables, mais j’espère que cela ne sera pas nécessaire. C’est la raison d’être de l’ONU. C’est à cela que les Nations unies servent. Voyons ce que l’ONU va faire. »

Puis il a attaqué l’Iran et menacé d’annuler l’accord négocié en 2015 entre l’Iran, tous les membres du Conseil de sécurité, l’Allemagne et l’Union européenne qui limite le programme d’énergie nucléaire de l’Iran à des fins pacifiques en échange de l’abandon des sanctions. « Nous ne pouvons pas laisser un régime meurtrier continuer ces activités déstabilisantes tout en construisant des missiles dangereux et nous ne pouvons pas respecter un accord s’il contribue à la construction éventuelle d’un programme nucléaire. L’accord de l’Iran est l’une des transactions les pires et les plus unilatérales auxquelles les États-Unis aient jamais participé. Franchement, cet accord est embarrassant pour les États-Unis, et je ne pense pas que vous ayez entendu le dernier mot à ce sujet. Croyez-moi. »

Donald Trump a ensuite menacé de soumettre le monde entier à la guerre de terreur des États-Unis : « Désormais, ce sont nos intérêts de sécurité qui dicteront la longueur et la portée de l’opération militaire, et non pas les repères arbitraires et échéances fixés par des politiciens. J’ai également changé complètement les règles d’engagement dans notre lutte contre les talibans et d’autres groupes terroristes. »

« L’Amérique se tient avec toutes les personnes vivant dans un régime brutal. Notre respect de la souveraineté est également un appel à l’action. Toutes les personnes méritent un gouvernement qui s’occupe de leur sécurité, de leurs intérêts et de leur bien-être, y compris de leur prospérité. »

 

Pour sa part, le gouvernement du Canada s’est servi de son intervention à l’Assemblée générale de l’ONU pour présenter une image d’un premier ministre Justin Trudeau comme le grand espoir blanc qui promet de réussir là où ceux qui promettent le fer et le feu échouent.

La peur, voire la terreur que cherche à provoquer le président américain avec ses propos sur le fer et le feu ne doit pas détourner l’attention du fait que la version plus douce et plus gentille offerte par le grand espoir blanc sert les mêmes intérêts privés que les deux pays représentent.

Le premier ministre Justin Trudeau est resté silencieux au sujet de la menace de Trump de « détruire totalement » la République populaire démocratique de Corée et s’est joint à lui pour blâmer la RPDC en disant en conférence de presse : « Je partage les préoccupations de tous sur le comportement imprudent du régime nord-coréen et je continue de croire que la meilleure façon de calmer la situation est de travailler avec nos partenaires et alliés dans la région et dans le monde. » Ainsi, pour lui il est préférable de menacer la RPDC avec les alliés et partenaires plutôt que de laisser les États-Unis le faire seuls.

Pour montrer le sens de ses propos, il a aussi ouvert la porte à l’adhésion officielle du Canada au bouclier antimissile des États-Unis, qui fait partie de l’arsenal américain de frappe préventive contre d’autres pays. « Nous continuons d’examiner la situation, a-t-il dit. Notre position n’a pas changé sur le bouclier pour l’instant, mais nous continuons d’examiner les choses et de nous assurer que nous faisons tout ce que nous pouvons et devons faire pour protéger la sécurité des Canadiens. »

Lors d’un gala qui a eu lieu avant le débat général sur un porte-avion désaffecté, durant lequel il a reçu le prix Global Citizen Awards 2017 du Conseil atlantique de l’OTAN, Justin Trudeau a livré un discours que le Conseil décrit comme « un cri de ralliement pour sauver l’ordre mondial ». En fait, il a tenu des propos presque identiques à ceux tenus par Donald Trump le même jour.

« Les alliances qui ont soutenu la sécurité et la prospérité mondiales depuis 1945 sont mises à l’épreuve et l’urgence des défis que nous avons en commun — changements climatiques et sécheresse, inégalité du revenu, extrémisme violent, guerre civile et migrations massives qui en résultent — continuent de grandir », a-t-il ajouté avant de poursuivre :

« Partout dans le monde, l’ordre international établi depuis longtemps est mis à l’épreuve. Avec l’annexion illégale de la Crimée par la Russie et l’empiètement en Ukraine, nous avons été témoins de la première prise de territoire en Europe depuis la Deuxième Guerre mondiale.

« Ce n’est pas le temps de se désister. C’est le temps où les démocraties atlantiques doivent renouveler notre engagement envers des standards universels de droits et libertés, imposés par un ordre multilatéral basé sur des règles qui ont favorisé la paix et la stabilité et qui ont passé l’épreuve du temps. »

Cet ordre multilatéral basé sur des règles et imposé par l’ONU, l’OTAN, NORAD et l’Organisation mondiale du commerce comprend « le pouvoir doux et le pouvoir dur » et c’est pourquoi, dit-il, le Canada augmente de façon significative ses dépenses pour la défense.

Tout en faisant écho aux menaces de Trump contre le peuple coréen, Trudeau lance un appel hypocrite à « combattre les fléaux du racisme, du sexisme, de l’homophobie, de la transphobie, du fanatisme ethnique et religieux, du néofascisme, du néonazisme et de l’extrémisme violent de Daesh auxquels nous sommes confrontés en 2017 ».

« Nous ne devons pas hésiter. Il serait inadmissible de faire un seul pas en arrière dans la défense des standards de décence de la sororité et de la fraternité de la famille humaine sortie victorieuse des luttes les plus douloureuses du derniersiècle », a dit Trudeau.

L’ONU est devenue une instance désuète qui n’est plus capable de défendre la primauté du droit international adoptée durant l’après-Deuxième Guerre mondiale. La domination du monde par les pouvoirs policiers aux mains d’oligopoles et d’intérêts privés qui ne s’arrêteront devant rien pour s’enrichir signifie qu’il faut un nouvel équilibre du pouvoir capable de mettre les forces destructives en échec. Il est illusoire de croire que cet équilibre est possible dans le contexte du système impérialiste d’États. Il doit être créé par une humanité unie dans l’action à la défense de ses propres intérêts.

 

Le temps d’agir est maintenant !
Faisons du Canada une zone pour la paix !
Défendons les droits qui appartiennent à tous du fait d’être humains !
Une humanité, une lutte !

 

Source: http://cpcml.ca/francais/Lmlq2017/Q47038.HTM#1

12 SEPTEMBRE: UNE ALTERNATIVE NÉCESSAIRE CONTRE LE CHÔMAGE ET LA PRÉCARITÉ !!!

8 points du débat de fond :
___1_Refonte complète des institutions politiques et de l’état, en donnant tout le pouvoir aux travailleurs, qui doivent être représentés par eux-mêmes et avoir le droit de révoquer leurs élus. Donner à la démocratie prolétarienne la direction de l’économie.
Électivité et révocabilité du personnel de l’appareil d’état (police, armée, justice, responsables administratifs).
Élus politiques, cadres et officiers, dont le salaire est ramené au salaire des ouvriers et ouvriers qualifiés, selon grade et responsabilités. (Fourchette de 1 à 3)
__2_Créer un nouvel équilibre économique où les forces productives sont employées pour répondre aux besoins sociaux réels, et non à l’accumulation du capital. Cela seulement rendra possible le partage du travail entre tous, éliminant ainsi le chômage et la précarité.
L’avenir du mouvement social n’existe donc concrètement qu’autour des revendications pour un tel partage véritablement socialiste prolétarien du travail, impliquant la socialisation des moyens de production et des services essentiels.
__3_Recensement des besoins sociaux urgents actuellement non satisfaits, notamment en matière de logement et de santé.
__4_Recensement des forces productives disponibles et nécessaires à développer pour satisfaire ces besoins réels.
__5_Redéfinition d’un budget en équilibre, en base valeur-travail, entre ces forces productives et ces besoins.
__6_Redéfinition, dans cet équilibre, de la durée moyenne hebdomadaire de travail, nécessaire pour atteindre cet objectif.
__7_Réajustement, dans le cadre de cet équilibre, du SMIC à un niveau permettant d’accéder au moins à la satisfaction pour tous des besoins sociaux essentiels, notamment en matière de logement, éducation, culture, sport, etc…
__8_Prise en compte, dans cet équilibre, de l’effort collectif nécessaire aux objectifs de sécurité, de développement social et de solidarité.

tribune marxiste-léniniste

 

 

12 SEPTEMBRE:

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FACE A LA PRÉCARITÉ ET AU CHÔMAGE,

UNE SEULE ALTERNATIVE:

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LE PARTAGE DU TRAVAIL

EN FONCTION DES BESOINS SOCIAUX

DES TRAVAILLEURS

ET DE LEURS FAMILLES !!!

Pour une alternative

anticapitaliste

prolétarienne !!!

« NOUS NE SOMMES RIEN ? SOYONS TOUT ! »

Eugène POTTIER – « L’Internationale »

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POUR DÉBATTRE D’UNE ALTERNATIVE POLITIQUE

ET ÉCONOMIQUE A LA CRISE!

Toutes les richesses créées, en biens et services socialement utiles, sont le fruit du travail, devenu précaire et de plus en plus mal payé, des forces vives productives qui sont la force essentielle de la société.

Leur fonction naturelle est de répondre aux besoins sociaux des travailleurs et de leurs familles.

Avec la crise, le fait qu’elles soient détournées au profit de l’accumulation du capital apparait de plus en plus flagrant.

Les besoins sociaux les plus élémentaires d’une part croissante de la population ne sont plus satisfaits…

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LYON 12 SEPTEMBRE 2017 : UNITÉ ET RÉSISTANCE POPULAIRE !!!

La première étant la nécessité d’une véritable organisation de résistance populaire de masse, ce qui suppose d’en définir les objectifs politiques stratégiques, et c’est incontestablement là qu’il y a un décalage énorme entre la capacité de résistance « spontanée » du mouvement de masse contre l’obscurantisme social « en marche » et la nécessité de construire une alternative politique et sociale anticapitaliste.
Luniterre.

tribune marxiste-léniniste

LYON 12 SEPTEMBRE

L’ « incident » de la Rue Pierre Robin

UNITÉ ET RÉSISTANCE POPULAIRE!!!

http://s-www.leprogres.fr/images/6bf06a13-a057-4595-b51a-95efb6351eb5/LPR_v1_02/photo-philippe-juste-1505210918.jpg

Manifestation contre la loi travail : des incidents à Lyon

Contrairement à ce qu’affirment les médias au service du système, la mobilisation, au départ de la manifestation, était l’une des plus grandes de ces derniers mois, même y incluant les plus grandes manifs de la lutte contre la Loi El Khomri.

Pour un premier engagement de lutte sociale et de lutte de classe sous l’ère de Macron-Président, on peut d’ores et déjà constater que ce nouveau président, tant par son action antisociale que par ses propos ouvertement méprisants, reflets très nets de son mépris de classe, de l’aveu même de certains journalistes « mainstream » un tant soit peu « objectifs », cette action, donc, n’est pas sans susciter une résistance réelle d’une grande partie du corps social populaire.

De plus, ayant réussi à monopoliser pratiquement le champ de la « représentativité » parlementaire du système, il ne peut se défausser derrière…

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A propos de la Guerre Populaire au Pérou, la trahison de la direction du PCP et la capitulation de Gonzalo

Un autre article que nous partageons avec OCML VP en raison de la justesse de l’analyse

 

Il y a vingt-cinq ans (le 12 septembre 1992) était arrêté Abimaël Guzman (le « président Gonzalo »), principal dirigeant du Parti Communiste du Pérou qui conduisait depuis plus de dix ans la Guerre Populaire dans ce pays.
Pour ce qui est de l’histoire de la Guerre Populaire, nous renvoyons aux documents publiés dans les années 80 : plusieurs articles dans notre journal « Partisan », un article paru dans la revue « La Cause du Communisme » N°9, fin 1985, « Sentier Lumineux, quelle perspective pour la Révolution au Pérou ? », et surtout la brochure réalisée par Voie Prolétarienne en mai 1990, « 10 ans de Guerre Populaire au Pérou », qui comporte en outre la position de l’OCML VP à l’égard du PCP, en forme de soutien critique (« L’OCML VP soutient le Parti Communiste du Pérou », résolution du Comité Directeur de VP, disponible en ligne). Cette résolution politique apportait un soutien principal au PCP (la référence au maoïsme et à la Révolution Culturelle, l’étape démocratique de la révolution, l’importance du Parti prolétarien et le soutien à la lutte armée), tout en critiquant des points secondaires importants (la conception du réformisme, la faiblesse de la réflexion sur le socialisme, l’importance donnée à Gonzalo – voir plus loin, l’internationalisme et une analyse erronée de la situation en Europe). Une dernière brochure, « Questions sur le Sentier Lumineux » publiée fin 1992 répondait aux torrents de boue déversés sur la Guerre Populaire juste après l’arrestation de Guzman.
A l’époque, nous étions bien seuls et à contre-courant dans ce soutien…

Les années 1993 et 1994 furent des années confuses (voir plus loin) et celles du déclin de la Guerre Populaire, jusqu’au début des années 2000. Et l’OCML VP n’a pas pris le temps de faire le point et de repréciser alors ses positions. C’est l’objectif de ce document aujourd’hui.

Il comporte trois parties :
– La chronologie politique entre 1992 et aujourd’hui. Tous les faits et documents que nous rapportons sont en notre possession (certains vérifiables sur Internet, les liens sont disponibles sur la version en ligne), nous ne travestissons pas l’histoire.
– La dénonciation de la trahison de la direction du PCP derrière la démarche des « Accords de Paix »
– L’attitude spécifique à avoir à l’égard d’Abimaël Guzman

1) Chronologie politique

  • 12 septembre 1992 : Arrestation d’Abimaël Guzman et d’une grande partie du Comité Central du PCP dans une maison de Lima, suite à une investigation de plus de deux ans sous l’égide du SIN (Service d’Investigation National) aidé par la CIA. Une large part des archives du PCP est saisie au même endroit.
  • 24 septembre 1992 : présentation à la télévision d’Abimaël Guzman, dans une cage, en costume rayé de prisonnier. Extrêmement combatif et en rage, il tient devant les caméras un discours de combat, appelant à la poursuite de la Guerre Populaire. Un discours respectable qui impressionne jusqu’à la presse bourgeoise, un discours communiste, applaudi dans le monde entier. [1]
  • Durant toute l’année qui suivra il n’y aura aucune nouvelle, à tel point qu’au PCP comme au niveau mondial, on craint pour la vie du Président Gonzalo, avec une exécution sommaire en prison, comme lors du massacre des prisonniers politiques de Lurigancho, El Fronton et Callao le 19 juin 1986.
  • Énorme coup de théâtre en octobre 1993. Fujimori rend public à la tribune des Nations Unies deux lettres attribuées à Abimaël Guzman et adressées à lui-même, appelant à une négociation politique pour arriver à des Accords de Paix. La première lettre, brève, date du 2 juin 1993, la deuxième plus complète du 15 septembre 1993. Une troisième, datée du 6 octobre ne sera pas rendue publique. [2]
    Il ne s’agit pas là d’une reddition pure et simple, mais d’une demande de négociation au prétexte de l’analyse d’un changement majeur dans la période politique (on ne rentrera pas dans l’analyse, ça n’a aucun intérêt), et qui débouche sur un appel à la réconciliation nationale. C’est beaucoup plus subtil, d’autant que cette demande n’aura bien entendu aucune suite. Quand on sait que peu de temps auparavant (1991 « ¡Que el equilibrio estratégico remezca más el país » – Que l’équilibre stratégique secoue encore plus le pays ! [3]), le CC du PCP avait décrété qu’on était arrivé à l’étape de « l’équilibre stratégique » face au régime et que la question de la prise du pouvoir était désormais en jeu, on est en droit de chercher l’erreur.
  • Ces lettres attribuées à Abimaël Guzman sont suivies très vite d’un document d’une centaine de pages signé « Président Gonzalo » et diffusé par le PCP sous le titre « Asumir y combatir por la Nueva gran Decision y Definicion » (Assumer et Combattre pour la nouvelle grande décision et définition) qui développe sur le supposé changement qualitatif de période politique qui justifierait cette démarche. Ce texte est daté d’octobre 1993. Un résumé est disponible en ligne. [4]
  • De son côté le CC du PCP suivra en novembre 1993 par un texte « Sobre la nueva gran estrategia politica » (Sur la nouvelle grande stratégie politique) qui renvoie au texte précédent, mais sans référence explicite à Gonzalo : il s’agit de « Lutter pour un accord de Paix et renforcer les bases, préparer le 2ème Congrès ». [5]
  • Le 3 décembre, Guzman apparait à la télévision avec autour de lui la totalité des membres du CC emprisonnés pour renouveler sa demande d’accords de paix auprès de Fujimori [6], en lisant un texte signé par tous. Pour celles et ceux qui comprennent l’espagnol, c’est édifiant – bien entendu c’est orchestré par le SIN et la CIA, mais les prisonniers se prêtent à la manipulation.
  • L’année 1994 sera celle de la fracture et du recul considérable du PCP sous le coup de ces annonces. Nous y reviendrons plus loin, mais une des critiques que nous portions dès 1990 au PCP était le culte du chef porté à l’extrême, qui aboutissait à la dépolitisation de fait des masses, voire des dirigeants, dans une confiance aveugle au grand dirigeant supposé infaillible (théorisée derrière la formule de la « pensée Gonzalo », étape supérieure du marxisme). L’annonce de cette démarche des Accords de Paix va entraîner la capitulation de nombreux combattants, la confusion, le désarroi et le découragement parmi les autres et dans les masses… Car dans cette optique, si le chef suprême ordonne d’arrêter la Guerre Populaire, il faut alors le suivre même si on n’en comprend pas toutes les motivations.
  • En février 1994 a lieu une session du CC du PCP, reconstitué dans la clandestinité sous la direction de Oscar Ramirez, le camarade « Feliciano », qui rejette la démarche des Accords de Paix, conteste la direction du Parti par des militants en prison (c’est bien le moins), sans pour autant critiquer ouvertement Gonzalo.
  • 17 Mai 1994, arrestation de Felipe Tenoro Barbaran, le camarade « Albino », membre du nouveau CC. Les arrestations se poursuivent sur la base des documents retrouvés dans la planque de Guzman à Lima, dont une vidéo où se trouvent nombre de membres du CC autour de Guzman.
  • 22 mars 1995 arrestation de Margie Clavo Peralta, la camarade « Nancy », membre du CC de longue date, farouchement opposée aux Accords de Paix et pour la poursuite de la lutte armée. Elle considérait les « lettres de paix » comme un montage et une mystification du SIN et de la CIA américaine, ce en quoi elle avait raison. En effet, il est aujourd’hui établi que ces fameuses lettres ont bien été élaborées sous contrôle du SIN dirigé par Vladimiro Montesinos, avec l’aide de la CIA, dans une stratégie politique très subtile qui s’appuyait précisément sur la principale faiblesse du PCP, le culte du chef exacerbé. Le problème, c’est que Guzman s’est rallié à cette stratégie…
  • 17 septembre 1995, la camarade « Nancy » apparaît dans le programme de télévision « Contrapunto » (« Memoria de una guerra » Luis Arce Borja, 2009, p207) pour faire une autocritique [7]. Après quelques mois de détention, et une rencontre avec Abimaël Guzman en prison, rencontre organisée par le SIN, elle appelle à « abandonner la lutte armée » et à accepter « la soumission » à la démarche des Accords de Paix de Guzman, en traitant les autres dirigeants de scissionnistes, d’opportunistes et d’anarchistes.
  • 20 avril 1998, arrestation de Pedro Quinteros Ayllón, le camarade « Luis », bras droit de « Feliciano » depuis l’arrestation de « Nancy » et un des piliers historiques du PCP. Il décède en prison le 16 octobre 2008, sans avoir rien renié de la lutte armée, en ayant clairement rejeté la ligne capitulationniste des Accords de Paix. C’est à notre connaissance un des très rares dirigeants du PCP resté communiste jusqu’à sa mort. [8]
  • 14 juillet 1999, Oscar Ramirez, le camarade « Feliciano », est arrêté. C’était un des plus proches collaborateurs de Gonzalo depuis l’origine, responsable des actions militaires du PCP, rompu à la clandestinité, pilier du Comité Central. Quelques mois après son arrestation, il est « retourné » par les services spéciaux, dénonce la lutte armée, devient collaborateur de la police et de l’armée et insulte publiquement Guzman, en le traitant de psychopathe. [9]
  • En 2009 est publié un livre « De puño y letra » de quelques 400 pages, une autobiographie rédigée par Abimaël Guzman lui-même [10]. En fait, il s’agit d’une compilation de documents pour sa défense politique, validée par son avocat Alfredo Crespo, vieux militant légal du PCP qui assure sa défense depuis son arrestation. Ce livre contient en particulier les divers courriers envoyés par Guzman au gouvernement Fujimori (les fameuses « lettres de paix ») ainsi qu’à son successeur le président du gouvernement de transition Valentín Paniagua, pour solliciter le début de conversations de Paix. Alfredo Crespo n’a jamais été désavoué par Guzman qu’il est le seul à voir régulièrement, et a toujours défendu publiquement la démarche des « Accords de Paix », comme par exemple lors de la présentation de ce livre.
  • Publiée début 2010, une déclaration attribuée au CC du PCP clandestin [11] dénonce « la ligne opportuniste et révisionniste d’Abimaël Guzman », en critiquant une ligne opportuniste de gauche dans le PCP depuis le milieu des années 80 qui a débouché sur la notion « d’équilibre stratégique » en 1991. Nous ne sommes pas capables de porter sur un avis ni sur l’authenticité, ni sur l’origine de ce texte, ni sur la réalité de ses auteurs, et c’est bien dommage…
  • 8 février 2012, arrestation [12] sous forme de mise en scène grotesque de Florindo Flores, le camarade « Artemio », qui, tout en défendant la démarche des « Accords de Paix », poursuivait une action militaire sporadique dans les zones amazoniennes du Haut Huallaga. Dans une interview [13] donnée peu de temps avant, le 18 décembre 2011, il reconnaissait l’échec de la Guerre Populaire, la justesse des positions de Guzman, et en appelait à une trêve pour organiser le désarmement de la guérilla. Manifestement l’arrestation a été « arrangée » avec le gouvernement.
  • 5 septembre 2012 mort de Victor Castro Ramirez, le camarade « William » tué par la police dans le VRAEM (Vallée des Fleuves Apurimac, Ene et Montayo), sud-est du Pérou.
  • 11 août 2013, mort d’Alejandro Borda, le camarade « Alipio » et Martin Quispe Palomino, le camarade « Gabriel », tués par la police dans le VRAEM.
    Décembre 2014, parution d’un livre d’Abimaël Guzman et de sa compagne Elena Yparraguirre, « Memorias desde Némesis », dont la rédaction est datée d’octobre 1996 à la prison de Callao [14]. Ce livre (près de 400 pages) retrace l’histoire du PCP avant le déclenchement de la lutte armée. La question qui se pose est de comprendre comment un tel livre a-t-il pu sortir de la prison si Guzman n’avait rien renié de la Guerre Populaire, s’il ne partageait pas la « démarche des Accords de Paix », s’il n’y avait pas une sorte de pacte avec le gouvernement… Les tenants d’un complot contre Gonzalo fidèle à la guerre populaire et maintenu au secret n’ont plus grand-chose sur quoi s’appuyer.
    28 février 2017, Guzman réapparait en public à l’occasion d’un nouveau procès… Plus de poing levé ni de slogans, mais la demande d’un examen médical compte tenu de son état de santé. [15]

2) La démarche des Accords de Paix, c’est une trahison de la Guerre Populaire, du combat des masses populaires, du communisme, c’est la liquidation du PCP

Dès les années 1993 et 1994, l’OCML VP a mené la polémique contre cette démarche liquidatrice, qui a finalement emporté, année après année, le PCP, qu’il faut désormais une nouvelle fois reconstituer.
Que l’on se comprenne bien : l’action politique a des hauts et des bas, des avancées et des reculs. On comprend que l’arrestation de plus de la moitié du Comité Central impose un recul stratégique pour permettre une reconstitution sans être sous le feu de l’ennemi. On peut même comprendre que dans un tel contexte, un parti communiste suspende la lutte armée, en période de fragilité.
Seuls les doctrinaires et les jusqu’auboutistes romantiques pourraient critiquer ces choix, dans un contexte politique extrêmement difficile.

Ce qui est inacceptable, c’est la conciliation avec l’ennemi. L’appel à trouver un accord avec le régime que l’on a combattu les armes à la main pendant une décennie.
Oui, un recul est envisageable. Il se fait alors de manière unilatérale, suivant un plan politique, idéologique et militaire adapté à la période, en fonction des objectifs que le Parti se fixe pour l’avenir, son avenir et celui de la lutte des classes, sur le chemin de la révolution et du communisme. Mais inventer un changement de contexte politique pour négocier avec l’ennemi ce n’est rien d’autre qu’une trahison, et de ce point de vue, la manipulation élaborée par le SIN et la CIA a été particulièrement réussie, malheureusement.
La direction du PCP a trahi collectivement. La plupart de ses dirigeant(e)s, l’un(e) après l’autre, ont capitulé, se sont alignés sur la démarche des « Accords de Paix », avec des variantes individuelles.

Aujourd’hui, où en est-on ?

  • Un petit parti légal, le MOVADEF (Mouvement pour l’Amnistie et les Droits Fondamentaux [16]), fervent admirateur de Guzman et défenseur des Accords de Paix, qui ne cesse de supplier le gouvernement de bien vouloir discuter avec lui dans l’optique d’une réconciliation nationale (évidemment sans aucun succès). Un parti opportuniste, qui se présente comme la nouvelle vitrine d’un PCP légal, qui cherche à participer aux élections et à s’insérer à tout prix dans la démocratie bourgeoise. Ce Mouvement est pour l’Amnistie, y compris vis-à-vis des paramilitaires responsables des massacres durant les années de la Guerre Populaire, y compris à l’égard de Fujimori [17] ! Un de ses dirigeants est Alfredo Crespo, l’avocat de Guzman.
  • Quelques foyers de guérilla dans la zone VRAEM (Vallée des Fleuves Apurimac, Ene et Montayo) sous la direction de Víctor Quispe Palomino, le camarade « José » et de son frère Jorge, le camarade « Raul », qui n’ont plus grand chose à voir de fait avec le PCP. Ils n’ont plus aucune référence ou projet politique et idéologique au-delà d’un discours proclamatoire, aucune ambition politique nationale, et ne sont plus qu’un groupe armé local dans une démarche similaire à celle des FARC colombiennes.
    S’il semble que ces groupes glissent de plus en plus vers le narcotrafic dans une région dominée par la culture de la coca, il est possible qu’il reste des noyaux politisés actifs dans les mouvements sociaux de la région (la vallée El Tambo par exemple, voir ci-dessous).
  • Et enfin, le plus intéressant, des apparitions politiques complètement clandestines (mots d’ordre sur les murs) lors des grands conflits sociaux qui se développent au Pérou (par exemple contre le projet minier Tia Maria dans la vallée El Tambo, ou contre la multinationale laitière péruvienne Laive). Où l’on peut supposer qu’il y a encore des militants, sans doute éparpillés ou en petits collectifs. Par ailleurs, il existe toujours des positions classistes au sein des organisations syndicales, ce qui suppose l’existence de militants qui n’ont rien renié. A savoir si tous ces militants isolés auront les capacités politiques, idéologiques et organisationnelles pour se réunir et reconstituer le PCP sur une base de classe – c’est la question.

3) Concernant Abimaël Guzman

  • La lecture de la chronologie ci-dessus est sans appel. Même s’il n’y a pas LA preuve formelle et définitive, il est absolument invraisemblable d’imaginer que Guzman soit opposé à la démarche des accords de paix. Il en est partie prenante, il a capitulé.
  • Le chaînon manquant, c’est de savoir quel est son argumentaire et sa position personnelle exacte. S’agit-il effectivement de celui du texte de 1993 « Asumir y resistir pour la nueva gran Decision y Definicion » ? S’agit-il d’un calcul tordu d’un dirigeant menacé de mort et qui voulait sauver sa peau ? S’agit-il d’une manœuvre réussie des services d’intelligence qui ont réussi à le manipuler en s’appuyant sur son ego démesuré ? Quoiqu’il en soit, cela est de peu d’importance au final.

  • Le fond de l’affaire est le culte du chef que nous dénoncions déjà dans la résolution de l’OCML VP en 1990 (et qui se trouve en fin de la brochure « 10 ans de Guerre Populaire au Pérou »).Cette résolution est disponible en ligne sur notre site :

« (…) Dans une société de classe, il est inévitable que le mûrissement de la conscience soit inégal. C’est d’ailleurs pour cela que seule une minorité du prolétariat s’organise en un parti d’avant-garde, et que même au sein du Parti se dégagent des dirigeants qui expriment le plus clairement les grandes tendances de la société et précisent les buts et orientations du Parti. En ce sens nous concevons que le Président Gonzalo a pu jouer un rôle essentiel dans l’élaboration de la ligne politique du Parti.

Pour les mêmes raisons, il est inévitable que les masses dans le mouvement même de leur lutte cristallisent leurs aspirations dans la personne d’un chef, d’un leader. Mais cette adhésion n’est qu’une marque de leur aliénation.

Le rôle du Parti n’est pas alors de développer avec insistance cette personnalisation ; mais au contraire de montrer que ce sont les masses qui font l’histoire, par leur mouvement et révoltes spontanées, et surtout par l’élévation de leur conscience et de leur capacité de direction.

Les dirigeants communistes doivent pleinement jouer leur rôle de dirigeant, mais dans ce sens : pour réduire la contradiction entre dirigeants et dirigés. Pour une prise en charge croissante du pouvoir par les masses elles-mêmes, dans la lutte politique entre l’ancien et le nouveau. Pour leur disparition future.

Personnifier de manière exagérée la ligne politique dans un individu revient à dépolitiser les masses. Au Pérou, plus de la moitié des mots d’ordre du PCP portent sur le président Gonzalo. A l’étranger les documents du PCP sont réunis en livre sous le titre « la pensée Gonzalo », ce qui masque le fait qu’il s’agit de textes collectifs du Parti, quel qu’en soit le rédacteur. Nous ne pouvons pas être d’accord avec cette conception de la politique et de la place des hommes dans l’histoire ».

Le bilan est là, vingt-cinq ans plus tard. A construire le PCP autour de la « pensée Gonzalo », à personnaliser l’orientation autour d’un dirigeant « génial », on dépolitise le Parti et les masses, on fragilise le Parti et on mène la révolution à l’échec. C’est une conception idéaliste et bourgeoise de l’histoire autour des « grands hommes » qui explique l’effondrement du PCP après l’arrestation de Guzman. Et c’est bien sûr une remise en cause du centralisme démocratique, par le biais de la soumission au chef – pour information il existait au PCP un « Comité Permanent Historique », composé de Guzman et de sa compagne, hors de tout processus de contrôle démocratique…

  • Guzman (qui a 83 ans) est en prison depuis 25 ans, c’est un prisonnier politique, il n’y a pas l’ombre d’un doute. Et donc à ce titre, nous le défendons et exigeons sa libération immédiate, l’arrêt de l’acharnement contre lui (un nouveau procès a démarré récemment), au même titre qu’Oçalan en Turquie ou que tous les prisonniers politiques du monde.

Mais Guzman n’est plus communiste. Après avoir contribué à la reconstitution du PCP, au déclenchement et aux succès de la Guerre Populaire, il a dérivé pour contribuer lourdement à l’échec d’une révolution pourtant bien partie. C’est la responsabilité collective du PCP, mais en plus, sa responsabilité individuelle est considérable.

A tous ceux qui aujourd’hui veulent réhabiliter Guzman, nous disons : l’Histoire est passée et a tranché. Prenez le temps de consulter, de lire, de comprendre et de vous faire un point de vue.
C’est ce que nous avons fait depuis les premières années de la Guerre Populaire dans les années 80, toujours avec le recul critique nécessaire. C’est le matérialisme historique qui guide notre compréhension du monde, pas le romantisme idéaliste !

« Il n’est pas de sauveur suprême, ni dieu, ni césar, ni tribun ! Producteurs sauvons-nous nous-mêmes, décrétons le salut commun ! »

Comité Central de l’OCML Voie Prolétarienne, 12 septembre 2017

 

Source: http://ocml-vp.org/article1826.html