Déclaration de la rédaction #2 – La reconstruction du parti

Il y a quelques semaines, le Parti communiste révolutionnaire (PCR) a célébré son douzième anniversaire. Cet événement est, à chaque année, l’occasion pour notre organisation de rassembler ses forces avant de les lancer à nouveau dans la lutte pour les prochains mois. Cette année, nous avons lancé le mot d’ordre de fracasser les plafonds du passé et de gravir les paliers historiques. Ce mot d’ordre est d’une importance capitale pour notre organisation : il fixe un objectif dont l’atteinte marquera la conclusion de la période d’activité intense, de réorganisation et de clarification politique dans laquelle le PCR s’est inévitablement engagé lorsqu’il a scissionné des opportunistes canadiensil y a deux ans.

En effet, depuis 2017, nous sommes engagés dans un processus que nous appelons la reconstructionde notre Parti. Nous parlons bien de reconstruction du PCR, car la scission avec les opportunistes canadiens a fait perdre au Parti des effectifs et du territoire. Sur bien des aspects, la scission que nous avons connue nous a forcé à faire un pas de côté Elle nous a obligés à accepter comme un fait objectif la lutte politique traversant désormais le mouvement maoïste canadien, lutte rendant possibles une multitude de transformations pouvant nous permettre de rebondir et de regagner le chemin perdu. Cette lutte politique a ouvert une voie qui autrement aurait été inaccessible. Aussi, le fait d’accepter de mener la lutte est venu avec l’obligation, à terme, de revenir plus forts que nous l’avons été dans le passé.

L’idée de reconstruction d’un parti communiste est liée à une conception véritable reposant sur des expériences concrètes et précieuses de l’histoire de notre mouvement. Récemment, ce terme a d’ailleurs pris une importance renouvelée dans le mouvement international. Cela est normal car le mot d’ordre de la reconstruction est inspirant : il représente l’objectif et l’espoir largement partagésde revoir un essaim de partis communistes bouleverser le monde comme nous l’avons vu au 20esiècle. Il s’agit d’une sorte de cri de ralliement convoquant tous ceux et toutes celles qui ont choisi de continuer la lutte malgré tous les dangers et tous les défis. Reconstruisons! Unissons-nous sous ce mot d’ordre en nous rappelant qu’il n’y a aucun obstacle infranchissable, peu importe l’état de destruction dans lequel le camp de la révolution peut momentanément se trouver! Rangeons-nous derrière cet appel pour traverser les périodes difficiles avec patience et assurance, qualités que seul le fait de lutter pour une cause juste peut conférer!

La reconstruction dans l’histoire : continuer ou abandonner la lutte lors des moments décisifs

La notion de reconstruction est un aspect de la théorie ayant des assises variées dans l’histoire du prolétariat révolutionnaire. L’expérience qui en a fourni les bases fondamentales est sans contredit celle de la lutte contre le révisionnisme moderne. Après la Seconde Guerre mondiale, de larges fractions des partis communistes, qui ont été mis sur pied dans la foulée de la Révolution bolchévique et de la création de l’Internationale communiste, dévient lentement de la voie révolutionnaire. La lutte contre cette déviation révisionniste ouvre une période complexe pendant laquelle ont lieu de nombreuses scissions et de nombreuses expulsions dans les différents partis. À ce moment, les communistes doivent faire le choix entre nier la lutte de lignes avec la droite de leur parti ou bien l’assumer et la mener à terme. Il n’est pas rare que ceux et celles qui font ce choix difficile sont largement minoritaires. Décider de mener le combat implique donc de perdre une quantité souvent considérable d’effectifs et de gains organisationnels pour préserver les forces révolutionnaires de la liquidation de la révolution. Il s’agit parfois d’une perte monumentale. Les révolutionnaires doivent alors reprendre l’initiative et rebâtir l’organisation. La période suivant ces moments de rupture est alors habituellement qualifiée de période de reconstruction ou encore de réorganisation.

Une des expériences les plus significatives – et dont nous nous inspirons grandement dans la reconstruction de notre propre parti – est le processus de reconstruction du Parti communiste au Pérou. Dans le cas des camarades péruviens, la rupture avec la direction révisionniste du parti a lieu en 1964 (le Parti a été fondé en 1927). Elle est suivie d’une longue période de reconstruction, de réorganisation, de transformation et de préparation politique. C’est cette période, avec la vitalité et la force politique qu’elle produit, qui amène le mouvement révolutionnaire péruvien jusqu’au déclenchement de la guerre populaire en 1980. Le fait de rompre avec le révisionnisme et de se reconstruire méthodiquement sur des bases révolutionnaires est ce qui permet au Parti communiste du Pérou d’être la seule organisation qui parvient, dans la période de reflux de la révolution mondiale à la fin des années 1970, à prendre l’initiative et à ouvrir par elle-même une nouvelle voie pour les exploités.

Ainsi, dans la conception que nous tirons de ces expériences, la reconstruction du parti implique une étape de difficultés et de défis. C’est une période dans laquelle on continue la lutte, malgré la perte de gains et d’effectifs, et qui permet un retour en force, avec la possibilité d’atteindre une conjoncture plus forte et plus importante qu’au départ si le combat est bien mené. La reconstruction est une sorte de conséquence des reflux, des difficultés, des échecs relatifs et des obstaclesrencontrés dans la lutte des classes. Pensons aux camarades qui essaient de réorganiser le camp de la révolution au Népal. Pensons aussi aux exemples historiques classiques où l’on n’a pas forcément employé le terme de reconstruction mais où c’est le même processus qui s’est opéré. Certains des moments politiques les plus forts dans l’histoire du mouvement communiste ont suivi les périodes les plus difficiles lors desquelles il a fallu rebâtir ce que l’on venait à peine de construire.

Par exemple, les Bolcheviks, après la grande montée révolutionnaire de 1905-1906 en Russie, doivent traverser une période de reflux très difficile alors que le mouvement de masse s’estompe et que s’abat sur eux la sanglante réaction stolypienne. Dans les années qui suivent, une lutte farouche se développe au sein de la direction des Bolcheviks. Lénine et ses partisans doivent entre autreslutter contre le groupe de Bogdanov et ses alliés qui rejette ouvertement le matérialisme dialectique au profit de conceptions idéalistes. Ils doivent aussi lutter contre la nouvelle position liquidatrice, dominante chez les Mencheviks, selon laquelle l’organisation en parti est devenue encombrante, dangereuse et inutile. Pour donner une idée des conséquences de cette lutte, il n’y a pas, dans les faits, de réunion de Comité central pendant presque deux ans au sein du Parti ouvrier social-démocrate de Russie (POSDR). La Conférence de Prague en 1912, qui marque pour de bon la rupture avec les Mencheviks et les courants idéalistes, rassemble de peine et de misère des délégués des organisations locales (comités de ville) de Russie. Sans adopter le terme de reconstruction, cette conférence lance un vaste travail de reconstruction du parti (relance de ses capacités de base, remplacement de sa structure organisationnelle, développement de nouveaux rayons, redéploiementdes cellules, lancement d’un nouveau journal quotidien – la Pravda –, reprise en charge d’une action révolutionnaire parmi les masses coordonnée) pour épouser le mouvement de masse qui se développe et le nouveau flux révolutionnaire. Cependant, les Bolcheviks ne sont pas au bout de leurs peines puisque deux ans plus tard, soit en 1914, a lieu le déclenchement de la Première Guerre mondiale. Le parti est alors encore grandement affaibli sur le plan organisationnel (conscription de membres du parti, intensification de la répression, contexte général difficile, destruction presque complète de certains comités, arrestations préventives de dirigeants locaux, etc.) Cette période est aussi celle de l’isolement politique des Bolcheviks, alors que la quasi-totalité des partis et organisations social-démocrates se rangent du côté de leur bourgeoisie nationale. Il n’en reste pas moins que c’est le travail de reconstruction pendant toutes ces années d’adversité qui constitue la précieuse école qui permettra aux Bolcheviks d’affronter la tempête de février à octobre 1917 et les premières années du pouvoir des Soviets.

Un autre exemple important est celui du Parti communiste chinois (PCC), qui, alors qu’il est en plein essor, subit la trahison du Kuomintang (KMT) et de la bourgeoisie nationale en 1927. Les deux organisations se sont, jusque-là, alliées dans le premier front uni afin de libérer la Chine de son état de semi-colonie et d’unifier le pays à travers l’expédition du Nord et le combat contre les seigneurs de guerre. Après la mort de son fondateur Sun Yat-Sen, le KMT, sous la nouvelle direction de Tchang Kai-chek, attaque le PCC alors que ce-dernier n’y est pas du tout préparé. Les communistes subissent alors un véritable massacre. Les choix de la direction du PCC, qui décide de tenter des insurrections perdues d’avance dans les villes, empirent la situation. Les communistes sous la direction de Mao se redéploient au Kiang-si avec l’Armée rouge. C’est ce qui leur permet d’accumuler quelques années d’expérience concrète de guerre populaire et de construction de bases d’appui, jusqu’à la cinquième campagne d’encerclement et d’anéantissement menée par le KMT en 1934. La droite oblige alors le PCC à déroger de ses pratiques militaires habituelles, ce qui entraîne une défaite monumentale. Les communistes sont obligés de faire une manœuvre excentrique (La Longue Marche) et d’abandonner leur position dans le Kiang-si, avec tous les gains qu’ils y avaient faits (les premiers pas de la république soviétique, l’expérience de transformation sociale dans la paysannerie et l’agriculture, etc.) pour se réfugier au Yenan. À ce moment, ils viennent de perdre plus de 60% de leurs forces. C’est ensuite à travers le Front uni antijaponais que les communisteslancent un habile et audacieux travail de reconstruction. Grâce à ce travail, ils parviennent à remonter la pente pour lancer ce qui deviendra le plus grand assaut que la bourgeoisie et les classes sociales exploiteuses ont eu à encaisser dans l’histoire.

Ce qu’il y a de commun dans ces deux exemples, c’est que face à des défis incroyables, les communistes ont eu le choix d’abandonner ou de continuer une expérience. Ce qui était en jeu, c’était la continuité ou la fin d’une expérience révolutionnaire. C’est cet enjeu qui constitue l’essence de la reconstruction. Des exemples comme ceux-là, il y en a partout dans l’histoire. Par exemple, l’unification des socialistes autour de la consolidation politique du marxisme après la défaite des révolutions de 1848-1850 en Europe, l’expérience combattante héroïque du KPD en Allemagne pendant la Seconde guerre mondiale après la destruction presque complète du parti par les nazis, ou encore le déclenchement de la Révolution culturelle en Chine alors que la droite du PCC tente d’arrêter la progression de l’expérience socialiste et d’isoler la gauche révolutionnaire. À chacun de ces moments, les révolutionnaires ont choisi de continuer la lutte. À une plus grande échelle, c’est le même type de processus qui s’opère après la mort de Mao et la restauration du capitalisme en Chine. Un rassemblement de petits groupes ML entame alors un travail de reconstruction du mouvement communiste international. Ces petits groupes s’unifient en adoptant le maoïsme, ouvrant un nouveau cycle de combats et d’affrontements.

L’essence de la reconstruction du parti : préserver le fil conducteur de l’expérience révolutionnaire

Pour bien comprendre l’enjeu de la reconstruction (continuer ou arrêter l’expérience révolutionnaire), il faut regarder dans l’histoire et se pencher sur les conséquences découlant du fait de s’arrêter, ne serait-ce que momentanément. L’un des exemples les plus proches du PCR est celui de la fin du mouvement ML au Québec. N’ayant pas de conception stratégique ferme et refusant d’initier une tentative de montée vers le pouvoir pendant une période de reflux de la révolution mondiale, les ML ont accepté de liquider leurs organisations. Lorsque les organisations communistes (En lutte, PCO) se sont dissoutes, il aurait été possible pour un groupe de se réorganiser. Il aurait certes fallu traverser une certaine période (1 ans, 2 ans, 3 ans, etc.) comportantun grand nombre de défis et sans garantie de succès, mais en jouant bien ses cartes, il aurait étépossible pour ce groupe de préserver une grande partie des gains politiques accumulés. Le début du travail politique d’Action socialiste (l’ancêtre politique du PCR), remonte à l’année 1986. La fin des organisations ML a lieu en 1982-1983. 1986, ce n’est quand même que 3-4 ans plus tard, mais pourtant, il y a un fossé entre les deux. Lorsque l’expérience s’arrête complètement, il n’est plus possible de revenir aussi facilement où on était.

D’ailleurs, ce qui fait la force dirigeante des avant-gardes, c’est la persistance de leur action et de leur expérience révolutionnaire et la transmission de cette expérience. Dans notre cas, il est possible d’imaginer un monde dans lequel les camarades plus jeunes de notre Parti auraient été coupés de l’expérience accumulée par les camarades plus âgés pendant la période d’Action socialiste et pendant celle de la mise sur pied du PCR : ils formeraient alors un simple comité ou encore des cercles épars sur le territoire! Ce serait une réalité politique complètement différente. Ce qui fait que nous sommes encore ce que nous sommes (un parti communiste en reconstruction), dans une période d’adversité, c’est que nous avons continué l’expérience révolutionnaire et en avons préservé le fil conducteur. C’est avec ce fil conducteur que se construit le mouvement révolutionnaire et c’est lui qui permet de ne pas revenir sans arrêt à la case départ.

La reconstruction doit d’abord servir à préserver ce fil conducteur. Il ne s’agit pas de tout recommencer à zéro, mais au contraire de préserver les gains politiques d’un parti et d’une expérience même s’ils ont été diminués quantitativement. Cette perte quantitative est d’ailleurs inévitable dans bien des situations. Dans le cas d’une scission, l’amputation d’une partie de l’organisation est plus souvent qu’autrement le seul moyen de préserver les forces révolutionnaires accumulées. Le pari que font alors les communistes est le suivant : s’ils réussissent l’opération, en misant sur la marge de manœuvre et la force politique qu’ils ont gagnées en rompant avec l’opportunisme, il est possible pour eux de revenir encore plus forts qu’au moment précédent la scission. À chaque fois que les révolutionnaires se butent à de grands obstacles et choisissent malgré tout de poursuivre la lutte, le même phénomène se produit et cela est historiquement démontré. Au début, il y a une période d’adversité à affronter et à la fin, on se retrouve avec un potentiel politiqueincroyable car on est parvenu à préserver et à propulser encore plus loin les éléments fondamentaux d’une expérience. On n’a qu’à se pencher sur l’exemple des Bolcheviks et sur celui des communistes chinois pour s’en convaincre : l’histoire parle d’elle-même.

Dans le cas de notre Parti, le PCR, nous avons scissionné avec les opportunistes canadiens pour préserver le fil conducteur de notre expérience révolutionnaire. C’est ce même genre de fil conducteur qui a été préservé par la conférence de Prague des Bolcheviks et par la Longue marche des communistes chinois. C’est également pour se saisir à nouveau de ce fil conducteur que les révolutionnaires péruviens ont lutté avec acharnement pour revenir au sentier lumineux de Mariategui, le fondateur de leur parti. Il s’agissait à chaque fois d’une question de vie ou de mort. Reconstruire le parti au Canada, c’est avant tout préserver le fil conducteur de l’expérience de ceux et celles qui ont refusé l’attentisme de la période de reflux de la révolution mondiale. Aujourd’hui, dans bien des endroits, c’est ce fil qui a été brisé. C’est ce qui rend si difficile le travail révolutionnaire. Reconstruire, pour beaucoup de camarades, c’est reconstruire des partis qui sont tombés il y a longtemps. Partout, il s’agit d’une lutte pour remplacer les chaînons historiques manquants : rebâtir le parti historique du pays et assimiler le fil conducteur de l’expérience internationale (le maoïsme). Dans le cas du Canada, il s’agissait de revenir aux conceptions fondamentales du parti (la Guerre populaire prolongée, le Parti communiste complet, la centralité ouvrière, les quatre formes objectives d’action révolutionnaire, l’initiative de l’avant-garde) et de laisser parler les actions découlant de l’application de ces conceptions.

Finalement, si nous parlons de la reconstruction du parti pour préserver ce fil conducteur, c’est parce que c’est le parti qui est le cadre de l’expérience révolutionnaire. C’est lui qui permet qu’il y ait suffisamment de continuité dans le temps et dans l’espace pour que l’on puisse parler de la même expérience. Même si plusieurs années s’écoulent ou si des centaines de kilomètres séparent lesdifférents combats, le parti permet de préserver l’expérience et de la transmettre. C’est ce qui s’est produit en Russie : dans ce cas, le fil conducteur reliant le moment de la prise du pouvoir à l’époque antérieure où les militants commençaient à apprendre l’ABC de l’agitation politique a été préservépar le Parti bolchévik. En assurant la continuité et la persistance de l’expérience, les bolchéviks ont réussi à faire progresser le mouvement révolutionnaire de la naissance des premiers cercles social-démocrates jusqu’à la fondation de la république soviétique!

L’objectif de la reconstruction : fracasser les plafonds du passé et gravir les paliers historiques

Vers quoi doit mener la reconstruction? Dans notre cas, nous considérons qu’elle doit amener notre Parti à devenir un véritable parti de révolutionnaires professionnels. Cette expression, il ne faut surtout pas la prendre à la légère. Son emploi exige au contraire que l’on en assume toutes les implications pratiques. L’objectif de la professionnalisation n’en est pas simplement un parmi d’autres, fixé sans grande réflexion. Il s’agit d’un objectif décisif pour les avant-gardes contemporaines. La conscience de la nécessité, plus grande que jamais, de réussir cette opération (la professionnalisation) est un précieux enseignement de la lutte des dernières années au Canada. Les chaînons historiques manquants, ici comme ailleurs, font en sorte que cet objectif est plus important encore que par le passé. C’est donc dans la lutte politique pour réaliser cet objectif que s’est engagé notre Parti.

Bien que nous venons de souligner à grands traits l’importance de se baser sur l’expérience historique du mouvement communiste, la conception que nous défendons est un enseignement de la pratique récente, plus encore qu’un enseignement du passé. En effet, la pratique révolutionnaire actuelle ne fait que confirmer avec plus de netteté tout ce que les victoires et les défaites du passé nous ont appris sur le centralisme, sur la discipline et sur la nécessité d’un parti de révolutionnairesprofessionnels. L’objectif de la professionnalisation est ce qu’exige la pratique actuelle, commune, des différentes avant-gardes révolutionnaires et de celles des pays impérialistes en particulier. La raison en est que depuis les années 1970, au sein des pays impérialistes, s’est développé un palier historique que les révolutionnaires ont du mal à gravir, un plafond objectif à abattre sous peine de ne plus jamais parvenir à relancer des tentatives de montée vers le pouvoir. Les communistes doivent prendre conscience du défi concret consistant à franchir ce palier et leurs réflexions doivent servir à surmonter cette difficulté. Cette prise de conscience est d’autant plus nécessaire que c’est cette difficulté à laquelle se butent toutes les vagues révolutionnaires récentes qui produit et encourage les conceptions opportunistes proposant des détours stratégiques liquidateurs, comme celles que nous avant rencontrées au Canada.

D’ailleurs, c’est pour faire face à ce grand défi que les différentes organisations s’influencent, s’émulent et espèrent voir un parti frère avancer. Une fois le plafond brisé, tous devront s’engouffrer dans la brèche qui viendra d’être ouverte. Chaque organisation devra, à sa façon, trouver le moyen de développer, dans le combat, la force politique et l’expérience nécessaires pour se transformer en une authentique organisation de révolutionnaires professionnels, à la hauteur des tâches qui sont devant elle. Face à la difficulté de notre époque et à l’état de faiblesse relative du mouvement communiste, nous n’avons surtout pas besoin de davantage de laisser-aller et de mollesse; nous avons au contraire besoin du plus haut niveau politique et organisationnel. La lutte politique pour la professionnalisation, c’est la lutte contre tous les courants opportunistes, contre toute la confusion et contre toutes les conceptions erronées qui engendrent et renforcent le relâchement, l’indiscipline et l’absence de méthode. Cette lutte politique ne fait que commencer!

Vive la reconstruction du Parti communiste révolutionnaire!

Luttons partout pour continuer, préserver et renforcer l’expérience révolutionnaire!

Le marxisme-léninisme-maoïsme et la guerre populaire prolongée sont le fil conducteur de notre mouvement!

Fracassons les plafonds du passés et gravissons les paliers historiques!

Les défis de l’époque exigent des révolutionnaires professionnels!

Source:

https://www.iskra-pcr-rcp.ca/2019/03/26/declaration-de-la-redaction-2-la-reconstruction-du-parti/

Publicités

Avec une profonde haine de classe, nous rejetons l’intervention directe et éhontée de l’impérialisme Yankee contre le peuple du Vénézuéla

Nous publions notre traduction de la déclaration des Partis et Organisations Marxistes-Léninistes-Maoïstes d’Amérique Latine sur le Venezuela, à laquelle nous souscrivons totalement.

Nous nous adressons à notre classe, le prolétariat international, et aux peuples du monde pour condamner, écraser, marquer par le feu et rejeter avec une profonde haine de classe l’intervention directe et éhontée de l’impérialisme yankee, seule superpuissance hégémonique, grand gendarme contre-révolutionnaire du monde et principal ennemi des peuples, contre la nation, contre le peuple du Venezuela.

Avec cette nouvelle agression directe, l’impérialisme yankee utilise un coup d’État pour imposer son gouvernement fantoche au Venezuela. Il s’agit d’un plan de l’impérialisme américain, il se déroule avec l’auto-proclamation comme président intérimaire de son pantin, le président de l’Assemblée Législative suspendue, Juan Guaidó, qui a été immédiatement reconnu comme le président « légitime » du pays par le gouvernement archi-réactionnaire et génocidaire de Trump-Pence et faisant un ultimatum au gouvernement en place de Nicolás Maduro pour qu’il lui cède le gouvernement intérimaire ; l’intimidant, dans le cas où l’exigence impérialiste ne serait pas suivie, qu’il utiliserait tout son pouvoir et sa puissance de superpuissance pour obtenir la capitulation du gouvernement actuel de Maduro en faveur du gouvernement temporaire comme « casus belli ». Ce qui signifie, soit la capitulation du pays opprimé, soit la guerre d’agression impérialiste, peu importe la forme que l’intervention militaire revêt.

Cette agression directe de l’impérialisme yankee, dirigé par Trump-Pence, pour changer le gouvernement du Venezuela par un pantin des yankee, impliquerait le changement de la situation semi-coloniale du Venezuela en une situation coloniale. Ces impérialistes, au nom de la lutte contre la « dictature » et pour la « démocratie et la liberté », ont pour intention de soumettre le peuple vénézuélien à l’esclavage colonial. Cela constitue la pire intimidation sans honte, l’interférence, le contrôle et l’agression par les Etats-Unis contre une nation opprimée du Tiers-Monde en violation de l’indépendance nationale, de la souveraineté nationale et de la dignité du pays et de l’ordre juridique international qui est une expression de son hégémonie mondiale, avec sa Charte de l’ONU, ou son OEA (Organisation des Etats Américains), etc.

L’impérialisme se permet d’agir de manière suffisante et sans-gêne contre un pays formellement indépendant grâce à sa condition de seule superpuissance hégémonique et de gendarme du monde auto-proclamé. Parce que c’est le principal impérialisme qui impose son règne semi-colonial sur le Venezuela tout comme sur les autres pays d’Amérique Latine, principale base de sa domination mondiale (son arrière-cour). Une situation qui s’est approfondie pendant les années du régime actuel de Chávez-Maduro qui, comme représentants de la grande bourgeoisie bureaucratique de ce pays, malgré leur discours et les contradictions secondaires avec les gouvernements successifs que les Etats-Unis, ont de plus en plus soumis le pays au règne économique de l’impérialisme yankee à travers son principal et pratiquement seul produit d’exportation, le pétrole, tout en s’associant avec ses investissements directs à l’étranger et augmentant sa dépendance financière de Wall Street. Cependant ils ont ouvert le pays de plus en plus à la pénétration d’autres puissances impérialistes, sans rompre avec l’impérialisme yankee, en essayant de jouer sur deux tableaux. Augmentant ainsi le conflit impérialiste pour l’exploitation du pays et transformant le Venezuela en une arène d’affrontement inter-impérialiste aiguë.

Aujourd’hui plus que jamais, la révolution de Nouvelle Démocratie, qui mettra fin à la domination impérialiste, à la semi-féodalité et au capitalisme bureaucratique qui sont les trois montagnes qui oppriment le peuple, demande à être concrétisée au moyen de la Guerre Populaire dirigée par le prolétariat grâce à son Parti Communiste marxiste-léniniste-maoïste militarisé.

Le régime actuel au Venezuela a été établi le 2 février 1992 en surfant sur la lutte des masses contre la tant décriée privatisation et les « packages » que les gouvernements précédents de la faction compradore ont essayé d’imposer. La colère des masses qui s’est exprimée dans le « Caracazo » (1989) a temporairement empêché les désires des compradores, principalement liés aux Etats-Unis, de prendre complètement tout ce que l’Etat bureaucratique et des propriétaires terriens a accumulé pendant des décennies.

Maintenant avec l’aggravation de la crise dans le pays, pour les impérialistes yankee et les laquais à leur service, le moment est venu pour s’approprier complètement les grandes richesses du pays à travers l’imposition d’un gouvernement fantoche : en visant le pétrole du Venezuela en première place, la plus grande réserve dans le monde, et en prenant avantage des conditions excellentes que ce pays offre pour l’exploitation par le capital financier impérialiste. En établissant son esclavage colonial grâce à un gouvernement fantoche, les impérialistes yankee n’auront pas à partager le monopole économique sur le Venezuela avec d’autres impérialistes (caractère semicolonial) mais pourront établir leur monopole économique impérialiste exclusif sur le pays (caractère colonial).

Comme cela a toujours été le cas, il appartient au peuple de défendre le pays. Le peuple vénézuélien doit se mobiliser largement dans le but d’empêcher le danger de capitulation qui est exprimé par les représentants du gouvernement de Maduro, comme la tendance au compromis, qui a été exprimé ouvertement ou secrètement par ceux qui ont peur de la puissance de l’impérialisme et en conséquence offre l’inévitable assujettissement de la nation parce qu’ils n’ont pas confiance dans la puissance du peuple et la solidarité des peuples du monde.

Pour les révolutionnaires, l’impérialisme est un colosse aux pieds d’argiles, un tigre en papier et les armes ne sont pas décisives mais au contraire les masses le sont. Les autres mettent leurs espoirs pour surpasser la menace de l’assujettissement colonial du pays principalement dans l’aide étrangère d’une autre superpuissance, la Russie (le chien maigre) ou les social-impérialistes chinois à travers l’aide économique, les armes etc, ou bien la médiation diplomatique. Cette dernière est liée au doute que ces personnes ont à savoir si l’ennemi attaquera : certains considèrent cela comme une probabilité et d’autres disent qu’il n’y a aucune chance.

Pour leur part, les impérialistes yankee, à travers leurs représentants, ont déclaré que la politique des Etats-Unis concernant le Venezuela est déjà établie. Quiconque imagine qu’il est possible de négocier avec les Etats-Unis, d’une manière qui n’implique pas la capitulation du gouvernement du pays et l’abandon de l’indépendance et de la souveraineté du Venezuela vit dans l’illusion. Le conseiller à la sécurité nationale de Trump, Bolton, a fourni un document où il est démontré qu’ils se mobilisent pour l’agression militaire directe, en atteste : « le déploiement de 5000 troupes en Colombie ». D’autant plus que tout comme dans les guerres au Moyen-Orient, les puissances impérialistes agissent en collusion et en lutte avec les yankee pour pousser Maduro à la capitulation. Le gouvernement allemand a exigé la tenue immédiate d’élections « libres et justes » et a indiqué sa volonté de reconnaître Guaidó temporairement comme le dirigeant de l’État fantoche du moment que ces élections primaires sont convoquées. De même avec l’Angleterre, la France, l’Espagne etc.

Il appartient au gouvernement du Venezuela de rejeter la capitulation et de mettre toute politique de compromis de côté, la situation politique est entrée dans l’étape de préparation à la résistance nationale contre l’agression impérialiste, et ils doivent assumer le défi et mobiliser et armer largement le peuple, de même que les forces armées dans le but de préserver l’indépendance nationale, la souveraineté nationale et l’intégrité territoriale pour les consacrer à une difficile guerre de résistance nationale contre l’agression étrangère.

Le gouvernement de Maduro, montrant sa myopie politique, a pris beaucoup de temps à reconnaître qu’il était en train de faire face à un coup d’État qui était appliqué par l’impérialisme à travers ses laqués, en considérant la responsabilité principale dans « l’opposition » comme si cela était une affaire interne, venue des agents et pas du commanditaire. Face à l’action du gouvernement de Trump d’imposer un gouvernement fantoche en reconnaissant Guaido comme le « président par intérim », ils ont annoncé la rupture des relations diplomatiques avec les Etats-Unis, etc. Ce qu’ils ont clarifié ne signifie par une rupture avec les Etats-Unis mais seulement avec son gouvernement ; ils n’ont pas ordonné la mobilisation de toutes les forces de la nation pour faire face à l’agression impérialiste comme cela aurait dû être fait avec la mobilisation militaire de leurs forces et des masses, ils n’ont pas non plus appliqué immédiatement les mesures punitives contre les laquais qui ont commis toutes sortes de crimes contre le peuple vénézuélien pour servir l’impérialisme yankee.

Malgré le changement de la situation interne et externe qui est déterminée par l’agression impérialiste directe, ils ont l’intention de continuer à manœuvrer sans l’énergie, la décision et l’entièreté, en parlant de « dialogue », de « paix ». Dans des situations similaires, même en ayant des limitations de classe que Maduro, d’autres ont osé et choisi le chemin de la résistance.

Il appartient au prolétariat et au peuple de mettre fin à toutes les discussions qui entravent un rejet plus fort de l’ultimatum impérialiste et la préparation adéquate pour la résistance, pour s’opposer à l’agression militaire par l’invincible Guerre de Résistance contre l’impérialisme yankee.

Le prolétariat et le peuple du Venezuela, combatifs comme toujours, se soulèvent avec un grand sentiment patriotique et une profonde haine de l’impérialiste et de tous ses laquais dans le pays et à l’étranger et exigent du gouvernement de Maduro de rejeter la capitulation, qu’il remplisse son devoir et abandonne tout espoir mettant au centre le dialogue avec les laquais ou des traités diplomatiques avec les impérialistes qui leur feraient abandonner leur plan en cours.

Il appartient au prolétariat du Venezuela, et aux plus avancés parmi celui-ci, les maoïstes, de porter le mot d’ordre de formation d’un large front uni anti-impérialiste, de faire se joindre les travailleurs, les paysans, les petits-bourgeois, les bourgeois nationaux et les membres de toutes les autres classes qui sont volontaires pour faire face à l’agresseur impérialiste et ses laquais à l’exception d’une poignée de traîtres. Il lui appartient d’impulser la prise générale des armes par le peuple dans les campagnes et dans les villes pour préparer une vaste guerre de résistance, comme lutte armée, en s’efforçant de la diriger et de lutter pour reconstituer leur Parti Communiste pendant celle-ci, en tant que Parti Communiste marxiste-léniniste-maoïste militarisé, pour transformer la lutte armée de résistance en Guerre Populaire de libération nationale. Il appartient aux maoïstes de préparer l’application d’une vaste guerre de guérilla qui prendra la campagne comme base et les villes comme complément nécessaire.

Il lui appartient d’unir tous ceux qui ne veulent pas être les esclaves des Etats-Unis, tous ceux qui se battent pour une véritable indépendance, la souveraineté nationale et la dignité du pays, tous ceux qui refusent de se soumettre aux intimidations, à l’intervention, au contrôle et l’agression des impérialistes yankee. Avec tous ceux-là, il appartient de les unir et de les mobiliser tout en s’opposant aux appels à la conciliation, à la paix ou à privilégier les négociations mais au contraire agir résolument pour écraser l’agression impérialiste yankee qui a commencé à se développer sous la forme d’un coup d’État aujourd’hui.

En tant que représentants du prolétariat et de son avant-garde florissante, il appartient aux maoïstes, sur la base du principe d’indépendance et d’auto-détermination, d’appliquer l’unité et la lutte avec les autres forces qui ont commencé à former le peuple dans la situation politique actuelle, où la contradiction nation-impérialisme devient principale. Il est nécessaire d’exiger à procéder méticuleusement à réformer le système qui est imposé dans l’armée et le système politique en élargissant la démocratie, de développer un mouvement de masse indépendant, de mettre en mouvement l’éducation pour la défense nationale, de réprimer les laqués et autres collaborateurs, de développer l’industrie de guerre et d’améliorer les conditions de vie du peuple.

Il est de la plus grande importance d’établir le programme de résistance nationale, qui est de nature prolongé dans les conditions actuelles. La guerre de résistance du peuple doit viser à construire un véritable Pouvoir Révolutionnaire (le Nouveau Pouvoir) et non la falsification du “socialisme du 21ème siècle”, qui a tellement frustré le peuple, mais bien le Pouvoir d’une Nouvelle Démocratie sur chaque partie de la résistance, jusqu’à l’expulsion de l’ennemi envahisseur et l’écrasement de ses chiens et laquais, pour son établissement dans tous le pays.

Les peuples d’Amérique latine, dans le but de préserver l’indépendance nationale et la souveraineté nationale, ont le devoir de mener une lutte « coup pour coup » contre l’impérialisme yankee agressif et génocidaire, principal ennemi des peuples du monde.

L’intervention directe de l’impérialisme yankee a commencé avec une coup d’État suivi de tout un déploiement et un siège des forces pour faire capituler le gouvernement de Maduro et soumettre la nation, elle ne sera pas stoppée si les objectifs ne sont pas accomplis, cela s’intensifie sur tous les terrains jusqu’à ce que nous atteignons leurs objectifs et c’est pourquoi cela va éveiller une nouvelle vague contre l’impérialisme yankee parmi les peuples d’Amérique latine et du monde.

Il appartient aux Partis et Organisations signataires d’assumer leur rôle de donner une expression organisationnelle à cette nouvelle vague anti-impérialiste, de combattre l’impérialisme et ses servants et laqués dans chaque pays. Nous devons développer une large et énergique campagne mondiale pour soutenir le peuple vénézuélien contre l’agression impérialiste yankee.

Vous, peuple héroïque vénézuélien, il n’y a pas de place pour le doute, n’êtes pas seul dans votre lutte. Le prolétariat et les peuples opprimés du monde sont unis avec le peuple du Venezuela ; Vous avez le soutien du prolétariat des Etats-Unis et du Canada, du prolétariat des pays impérialistes d’Europe et d’Asie, de tous les peuples d’Amérique Latine, d’Asie, d’Afrique, le soutien des peuples du monde entier.

Face à l’agression directe de l’impérialisme Yankee contre le Venezuela et les peuples d’Amérique latine, il appartient à nos peuples de brandir la révolution et faire face à la guerre d’agression impérialiste avec plus de Guerres Populaires.

Le Venezuela et toute l’Amérique latine sera le tombeau des hordes impérialistes yankee !

Peuple vénézuélien, renonce aux illusions et prépare toi pour la résistance !

L’impérialisme et tous les réactionnaires sont des tigres en papier !

La lutte des peuples du monde contre l’impérialisme yankee triomphera !

 

Source : http://www.pcmaoiste.org/actuinter/avec-une-profonde-haine-de-classe-nous-rejetons-lintervention-directe-et-ehontee-de-limperialisme-yankee-contre-le-peuple-du-venezuela/

Vive le socialisme et le pouvoir ouvrier!

L’objectif premier que nous, prolétaires, poursuivons, c’est de renverser la bourgeoisie canadienne et de conquérir le pouvoir d’État. À partir de là commencera une nouvelle étape : la construction d’une nouvelle société, une société socialiste, qui sera elle-même le prélude au communisme qui se caractérise notamment par la disparition de l’État (qui n’est jamais autre chose que l’instrument de la domination d’une classe sur une autre), du parti, du droit bourgeois, des classes sociales, des rapports marchands et de l’argent pour faire place à la libre coopération entre tous les individus. La société sera alors administrée collectivement par tous ceux et celles qui en font partie.

L’étape du socialisme, il faut la voir comme étant une période de transition qui servira à la fois à détruire tous les vestiges du vieux mode de production capitaliste – vestiges qui ne manqueront pas de subsister – et à prévenir la restauration du capitalisme ; mais aussi à préparer l’avènement du communisme. Le passage à la société communiste impliquera en effet une préparation matérielle considérable, c.-à-d. qu’il faudra développer et transformer les forces productives et établir les conditions qui permettront de satisfaire pleinement les besoins de tous et de toutes. Plus encore, ce passage impliquera surtout une préparation politique et idéologique : les rapports sociaux devront avoir été complètement transformés, l’idéologie prolétarienne devra avoir triomphé de l’idéologie bourgeoise, les êtres humains devront avoir appris à gérer leur vie et à inscrire leur propre épanouissement dans le cadre de l’épanouissement général de toute la collectivité.

Lénine a bien résumé la conception qui doit nous guider dans l’établissement et la consolidation du nouveau pouvoir :

«Notre but est de faire participer tous les pauvres sans exception au gouvernement du pays ; et toutes les mesures prises dans ce sens – plus elles seront variées, mieux cela vaudra – doivent être soigneusement enregistrées, étudiées, systématisées, mises à l’épreuve d’une expérience plus vaste, et recevoir force de loi. Notre but est de faire remplir gratuitement les fonctions d’État par tous les travailleurs […] : il est particulièrement difficile d’y arriver, mais là seulement est la garantie de la consolidation définitive du socialisme.»

Dès l’effondrement du régime bourgeois, le prolétariat révolutionnaire établira un nouvel État, qui sera l’instrument de sa dictature sur la bourgeoisie et de la consolidation de son nouveau pouvoir. Cet État sera basé sur les conseils révolutionnaires, dont certains auront déjà été mis sur pied à travers le développement de la révolution, dans la grande tradition communiste des Soviets établie en Russie. Cette forme d’expression et d’organisation par excellence du pouvoir prolétarien devra conséquemment être étendue et généralisée d’un bout à l’autre du pays, à l’échelle locale comme à l’échelle nationale. Les conseils révolutionnaires détermineront et implanteront toutes les mesures nécessaires à l’établissement et au développement du socialisme ; ils deviendront ainsi les principaux organes de pouvoir autour desquels s’exercera la dictature du prolétariat. De plus en plus, ce sont véritablement les masses prolétariennes à la base qui dirigeront la société. Il s’agira de permettre à chacun et à chacune de développer sa capacité à diriger, et pas seulement au niveau d’une usine ou d’un quartier, mais surtout au niveau de la société tout entière, de la planification et la direction générale qu’elle prendra.

Pour qu’une telle participation soit possible, et surtout pour qu’elle soit autre chose que toutes les consultations fantoches que les capitalistes et leurs gouvernements organisent uniquement pour nous donner l’impression que nous avons notre mot à dire sur l’administration de la société (alors qu’en fait, ce sont eux et eux seuls qui prennent toutes les décisions, et ils le font uniquement dans leurs propres intérêts), l’État doit se transformer lui-même, et surtout développer de nouveaux organes dirigeants basés sur la participation des masses.

Voici certaines des mesures et des tâches que le prolétariat révolutionnaire devra mettre en place et réaliser après avoir conquis le pouvoir politique. Il ne s’agit pas, ici, de «promesses électorales» bidon comme en font les partis politiques bourgeois en période électorale, mais d’une liste, ni complète ni exclusive, de mesures qui indiquent quel type de transformations devront être entreprises pour que la période historique du socialisme se déroule avec succès.

La justesse des mesures qui seront mises en place aux différentes étapes de la construction du socialisme sera jugée ainsi : selon qu’elles contribueront ou pas à éliminer les vestiges du capitalisme, à empêcher sa restauration, à faire naître et à consolider de nouveaux rapports sociaux. Il y aura nécessairement des avancées et des reculs. Parfois, le prolétariat révolutionnaire sera contraint d’opérer quelquesreplis tactiques. Mais toujours, il faudra s’assurer que la direction générale de la société aille dans le sens du communisme. Sinon, ce sera inévitablement le retour en arrière et la restauration du capitalisme, comme on l’a vu en URSS et en Chine. Bref, ce sera une bataille constante pour réellement renverser la pyramide sociale, et faire en sorte qu’ultimement, «ceux d’en bas» (c.-à-d. le prolétariat et ses alliéEs) deviennent les véritables maîtres de la société.

Mesures d’ordre économique :

  • Expropriation sans indemnisation de la grande bourgeoisie, notamment des banques, des grandes industries et des réseaux de communication ; nationalisation des richesses immobilières et mobilières, de la terre, du sous-sol et des eaux ; développement de la propriété sociale et collective des principaux moyens de production ; constitution, dans toutes les unités de production, d’une direction qui agira dans l’intérêt général du prolétariat, c.-à-d. dans le but de satisfaire les besoins collectifs et de servir la révolution mondiale ; gestion des entreprises selon un plan national et des plans locaux qui assignent les tâches à accomplir, allouent les ressources et déterminent la destination des produits.

  • Annulation des prêts, des hypothèques et de toutes les dettes envers les banques, l’État et la bourgeoisie impérialiste. Annulation des dettes et crédits contractés auprès d’autres pays. Transformation du patrimoine financier des travailleurs et travailleuses ainsi que de la petite et moyenne bourgeoisie en épargne ne produisant pas d’intérêts, que les titulaires pourront utiliser comme revenu complémentaire ou différé, à pouvoir d’achat constant ; dissolution immédiate des fonds d’investissement et de capital de risque, y compris les anciens fonds gérés par des syndicats ; protection de l’épargne, des pensions et de tout autre moyen de subsistance acquis par les travailleurs et travailleuses.

  • Réalisation du devoir pour tous et toutes d’effectuer un travail socialement utile, sauf ceux et celles reconnuEs inaptes en raison de l’âge, de la maladie ou de l’invalidité ; reconnaissance, collectivisation du travail domestique (cantines, buanderies, entretien domestique, etc.) ; détermination du revenu individuel par le collectif de travailleurs et de travailleuses, en fonction de la quantité et la qualité du travail effectué ; octroi d’une allocation universelle suffisante pour tous ceux et celles qui ne peuvent effectuer un travail socialement utile (enfants, étudiantEs, personnes âgées, inaptes), qui permet notamment aux femmes de s’émanciper des hommes et aux jeunes de ne plus dépendre de leurs parents.

  • Réduction constante et progressive des écarts salariaux jusqu’à leur complète élimination, entre travailleurs et travailleuses manuelLEs et intellectuelLEs, hommes et femmes, dirigeantEs et dirigéEs, entre ceux et celles qui possèdent plus de connaissances ou de qualifications et les autres qui en ont moins, entre villes et campagnes.

  • Rétribution des directeurs, des directrices et de toute personne chargée d’une fonction publique à qui telle responsabilité a été déléguée sur la base du salaire ouvrier moyen, que nous appelons aussi le «maximum communiste» – les locaux, moyens de transport et autres fournitures nécessaires à l’accomplissement des tâches qui ont été confiées demeurant propriété collective.

  • Protection de la propriété individuelle des travailleurs et travailleuses autonomes tout en gardant la propriété collective comme objectif ; soutien à l’application des technologies les plus avancées, les plus sûres, les plus propres et les plus productives ; commandes et fournitures planifiées et assurance des débouchés ; transformation graduelle et volontaire des entreprises individuelles et familiales en coopératives de production et de distribution, puis transformation de ces coopératives en propriété collective.

Mesures d’ordre politique :

  • Participation de tous les dirigeantEs, y compris les dirigeantEs à l’intérieur du parti, aux tâches de base.

  • Formation à la gestion des différents milieux de travail des travailleuses et des travailleurs afin d’assurer le remplacement périodique des dirigeantEs et retour obligatoire de ces dernières et derniers aux tâches de base afin d’éviter le renouvellement de la bourgeoisie via la formation d’expertEs.

  • Formation à la vie politique des éléments les plus avancés parmi les masses afin d’assurer le remplacement périodique des dirigeantEs du parti et retour obligatoire de ces dernières et derniers aux tâches de base afin d’éviter le renouvellement de la bourgeoisie à l’intérieur même du parti.

  • Développement d’échanges économiques avec les autres pays sur la base de l’intérêt réciproque et du respect de l’indépendance mutuelle ; fin immédiate de l’occupation des territoires autochtones ; développement de relations fraternelles avec les autres pays socialistes.

  • Dissolution de l’armée, de la police et de tous les organes répressifs du vieil État bourgeois ; expulsion du territoire canadien des forces armées étrangères, de la police et des espions ; armement général des masses et constitution de milices prolétariennes qui verront à développer leur capacité à assurer elles-mêmes la défense du nouveau pouvoir ; maintien d’une armée rouge permanente chargée d’empêcher la contre-révolution et de défendre le pays contre toute menace étrangère.

  • Annulation de tous les traités militaires, politiques et commerciaux signés par l’ancien régime, y compris ceux qui maintiennent l’oppression des nations autochtones ; expulsion des diplomates, représentantEs officielLEs et agentEs d’autres États qui ne respectent pas les dispositions prises par les autorités révolutionnaires, qui cherchent à influencer les masses et/ou dont la présence n’est plus nécessaire ; soutien actif, politique et matériel, aux organisations révolutionnaires du prolétariat et aux mouvements de libération qui luttent contre la domination impérialiste.

  • Dissolution des organes de l’administration publique de la bourgeoisie (gouvernements fédéral et provinciaux, conseils de bande autochtones, conseils municipaux, organismes chargés de gérer les écoles et le système de santé, etc.).

  • À tous les niveaux (central, national, provincial, régional, local…), remise du pouvoir aux mains d’un conseil révolutionnaire unique composé de déléguéEs éluEs et révocables en tout temps par ceux et celles qui les ont éluEs et assurant une représentation équitable entre hommes et femmes, jeunes et moins jeunes, militantEs avec et sans parti, etc ; ont le droit de vote les prolétaires ainsi que tous ceux et celles qui participent à la construction du socialisme.

  • Dissolution des associations professionnelles et des organisations de la bourgeoisie (chambres de commerce, Conseil du patronat, etc.) ; abolition des droits politiques et civils des membres de la grande bourgeoisie impérialiste ; obligation pour tous les autres bourgeois de se soumettre au collectif des travailleurs et des travailleuses sous peine de se voir retirer tels droits ; répression de toute tentative de la bourgeoisie de restaurer son pouvoir et ses privilèges, d’user de son autorité morale et de ses moyens pour influencer les masses et la vie sociale.

  • Élection et révocabilité des officières et officiers de justice, des fonctionnaires de l’administration publique, des dirigeantEs des forces armées et des milices.

  • Égalité absolue des langues et des nations ; reconnaissance du droit à l’autodétermination pour les nations opprimées ; interdiction de toute discrimination basée sur la langue parlée, la connaissance d’une langue, l’appartenance nationale ou l’origine ethnique ; respect des droits des minorités nationales et des groupes minoritaires, y compris le droit à l’éducation et la préservation de leur culture.

Mesures d’ordre social :

  • Réduction et limitation de la durée de la journée de travail ; interdiction du temps supplémentaire obligatoire et du travail de nuit contraint, sauf dans les cas où cela est absolument indispensable ; limitation de la période pendant laquelle une personne pourra être employée à des travaux nocifs et difficiles, et rotation des tâches planifiée en conséquence.

  • Valorisation du travail volontaire, au-delà du travail obligatoire ; au fur et à mesure que la production croît et que la situation le permet, implantation et généralisation, autant que possible, de la répartition «à chacunE selon ses besoins» plutôt que selon son travail ; transformation progressive de toute activité sociale en travail volontaire permettant la libre expression de la créativité et l’émancipation de chaque individuE ; réduction du travail obligatoire jusqu’à sa complète élimination.

  • Reconnaissance du droit de grève et de s’organiser, de la liberté de manifester pour les couches prolétariennes, comme moyen privilégié d’affirmer leur dissidence.

  • Nationalisation du patrimoine immobilier urbain appartenant aux capitalistes ; attribution collective du logement pour répondre aux besoins des masses prolétariennes ; amélioration collective de la salubrité et de la qualité du logement ; utilisation sécuritaire et gratuite des réseaux domestiques (électricité, gaz, aqueducs) ; mise à la disposition de l’espace et du patrimoine immobilier pour les activités sociales et communautaires.

  • Organisation générale des masses et prise en charge directe par leurs organisations des tâches de gestion d’un nombre croissant d’aspects de la vie : économie, culture, santé, éducation, administration de la justice, ordre public, défense du territoire, lutte contre la contre-révolution, organisation des milices prolétariennes, etc.

  • Généralisation des congés parentaux et des congés payés pour le soin des enfants ; protection physique et morale des femmes enceintes pendant toute la durée de la grossesse et la période qui suit l’accouchement ; droit à l’avortement et à la contraception libres et gratuits ; mise en place de garderies gratuites dans toutes les entreprises et les quartiers.

  • Reconnaissance et éducation quant au fait que le soin et l’éducation des enfants sont la responsabilité de toute la collectivité et qu’ils concernent donc également les unités de travail, l’administration publique et les organisations de masse ; mise en place de mesures qui aideront les jeunes à rompre leur dépendance par rapport à leur famille immédiate et qui favoriseront leur plein épanouissement ainsi que leur sécurité affective ; participation des jeunes au travail productif, dans la mesure de leurs capacités, afin de les aider à acquérir l’expérience, la connaissance et les relations sociales qui leur permettront de s’émanciper.

  • Mobilisation de masse pour lutter contre l’exploitation et la violence faites aux femmes et aux enfants et contre la soumission des femmes envers les hommes ; lancement de campagnes politiques fréquentes et généralisées contre les valeurs sexistes traditionnelles et pour valoriser la participation des femmes à tous les aspects de la vie sociale ; neutralisation des éléments réactionnaires qui agissent à l’encontre de la pleine émancipation des femmes ; rééducation et punition des violeurs, des incestueux, des pédophiles, des exploiteurs sexuels et des récidivistes.

  • Abolition et interdiction de toute forme de discrimination raciale : au travail, dans le logement, dans l’accès aux services publics, etc. ; octroi de droits égaux à tousTES les travailleursSES ; dissolution des organisations racistes et suprémacistes ; valorisation des échanges culturels entre prolétaires de différentes nationalités ; ouverture des frontières aux travailleurs et travailleuses venuEs de l’étranger.

  • Lutte conséquente contre l’homophobie et contre toute forme de discrimination à l’endroit des gais et lesbiennes.

  • Reconnaissance du droit pour tous et toutes à la santé et aux services sociaux ; accès gratuit aux hôpitaux, aux centres de santé et aux soins reconnus ; instruction sanitaire universelle et développement de la lutte contre la propriété privée de la médecine.

  • Nomination d’inspecteurs et inspectrices du travail éluEs et révocables ayant l’autorité d’intervenir et de prendre toute mesure nécessaire à la protection de l’hygiène, de la sécurité du travail et de l’environnement.

  • Création de bureaux de placement chargés de distribuer la main-d’œuvre de manière rationnelle ; développement de la formation professionnelle dans l’optique de réduire les divisions entre travail manuel et travail intellectuel, entre direction et exécution ; généralisation d’échanges d’expériences inter-entreprises.

  • Répartition équilibrée du développement industriel sur l’ensemble du territoire pour combattre la tendance du capitalisme à la création de mégapoles ; protection du patrimoine naturel ; développement de rapports politiques et économiques égalitaires entre villes et campagnes.

  • Reconnaissance du droit à une vie digne aux personnes âgées, incluant la possibilité de mettre leur expérience au service de la révolution et de la société en général, notamment auprès des jeunes générations.

  • Séparation totale et complète de l’Église et de l’État ; liberté de pratiquer une religion, et propagation par l’État révolutionnaire de la science et de l’athéisme.

  • Disponibilité et liberté d’accès aux services publics, incluant le téléphone, la poste, la radio, l’Internet, les transports publics (y compris les transports interurbains), les musées, etc.

  • Développement du contrôle collectif sur l’environnement et les ressources ; préservation et protection de tout ce qui est nécessaire à la satisfaction des besoins collectifs et à l’avancement vers une société sans classes et la réalisation du communisme sur toute la planète.

  • Mise en place de banques d’outils et de biens collectifs pouvant être utilisés de façon communautaire.

Mesures d’ordre culturel :

  • Instruction générale polytechnique et scientifique gratuite, obligatoire et de base pour touTEs les jeunes ; développement d’un lien étroit entre l’éducation et le travail productif ; démantèlement des universités bourgeoises qui seront transformées en centres de recherche et de développement au service de la révolution, dont l’accès sera gratuit et se fera sur la base de l’origine de classe et de la disposition à servir le peuple et la révolution ; obligation pour les étudiantEs de niveau supérieur de participer au travail productif ; ouverture des écoles aux jeunes en provenance des pays opprimés par l’impérialisme et aux représentantEs des mouvements de libération ; direction des écoles par les conseils révolutionnaires, qui nomment les administrateurs et administratrices et qui peuvent les révoquer.

  • Développement d’une vie culturelle complète et variée qui aide les masses populaires et prolétariennes à comprendre leurs problèmes et le monde dans lequel elles vivent, à trouver des solutions appropriées et à aller de l’avant dans la lutte pour le transformer ; établissement d’un climat qui permette la liberté d’expression et la lutte contre les idées réactionnaires et pour la consolidation du pouvoir prolétarien : «que Cent fleurs s’épanouissent, que Cent écoles rivalisent» ; libre accès à la presse, à la radio, à la télé, aux réseaux informatiques, aux locaux et à tous les moyens nécessaires au développement de la démocratie ouvrière.

  • Valorisation du travail intellectuel au service des masses et de la révolution ; utilisation des connaissances et du patrimoine scientifiques pour améliorer les conditions matérielles, morales et culturelles de chacunE ; abolition de la propriété intellectuelle, des brevets, des droits d’auteur et de la propriété artistique.

Le Parti communiste révolutionnaire mène présentement une large initiative politique de propagande et d’action révolutionnaire parmi les masses appelée «Luttons pour le socialisme et nos revendications». L’objectif est d’introduire massivement dans le prolétariat la conception selon laquelle le socialisme est ce qui totalise l’ensemble des revendications du peuple et que c’est la lutte révolutionnaire pour le pouvoir politique qui permettra ultimement de répondre aux besoins de tous et toutes. La présente série d’articles met en lumière divers aspects du socialisme tel qu’il a existé dans l’histoire et tel qu’il existera au Canada et vise à donner un aperçu de la façon dont le pouvoir des gens ordinairestransformera le monde.

Nous appelons touTEs les révolutionnaires et touTEs les prolétaires en accord avec nos perspectives à entreprendre un processus d’unification avec nous et à se déployer dans l’action afin de mener une grande offensive politique le 1er mai 2019. Cette date doit marquer la commémoration politique du 100e anniversaire de la grève générale de Winnipeg et l’ouverture d’une nouvelle séquence de combats et d’affrontements pour la classe ouvrière !

Source: https://www.iskra-pcr-rcp.ca/2018/08/09/socialisme-et-pouvoir-ouvrier/

Non, il n’y a pas de pénurie de main-d’œuvre au Québec!

Au Québec, les capitalistes sont engagés depuis un certain temps dans une nouvelle campagne idéologique contre le prolétariat. Cette offensive consiste à propager l’idée qu’il existerait unepénurie de main-d’œuvre dans la province. Les capitalistes se servent de ce mensonge pour mener leur lutte économique contre les travailleurs et les travailleuses. À les entendre, il manquerait plusieurs dizaines de milliers de travailleurs et de travailleuses dans la province, un manque de main-d’œuvre qui menacerait à terme de nuire à la production et au procès de travail. Il s’agirait d’un véritable désastre économique dont on n’aurait vu poindre que le commencement. Pour la bourgeoisie, la seule façon d’éviter la catastrophe, c’est de faire payer les travailleurs et les travailleuses et donc de les préparer à un durcissement des conditions de travail (stagnation des salaires, flexibilité des horaires, cédules fractionnées et plus éprouvantes, disponibilitéspermanentes, disparition des avantages sociaux, etc.).

Cette offensive est menée de front par des appareils propagandistes de divers regroupements capitalistes qui ont ouvert le bal à ce sujet il y a un peu plus d’un an (Association des détaillants en Alimentation du Québec, Fédération canadienne de l’entreprise indépendante, Banque de développement du Canada, la firme d’experts-comptables PWC, etc.). Leurs études bidon ont depuis fait leur bout de chemin jusqu’aux oreilles des politiciens bourgeois qui, avides de parler le même langage que le Capital, se sont empressés d’en adopter l’analyse et la terminologie. Le sujet a d’ailleurs été au centre de la récente campagne électorale, entremêlé à la question de l’immigration, et ce, avec la décadence impérialiste habituelle. Les journalistes bourgeois se sont à leur tour récemment joint à cette campagne en assumant sans complexe leur rôle utile de courroie de transmission de l’idéologie capitaliste. En effet, il ne passe à peu près plus de jours sans que l’on n’aborde la question de la pénurie de main-d’œuvre dans la presse, à la radio ou encore dans les téléjournaux bourgeois.

Les divers lobbies bourgeois ont produit une vaste série d’analyses selon lesquelles l’offre de travail se serait dangereusement tarie et qu’il serait de plus en plus difficile d’embaucher des travailleurs et des travailleuses. Selon eux, il n’y aurait pas suffisamment de maind’œuvre disponible pour tous les postes à combler sur le marché, ce qui permettrait aux travailleurs et aux travailleuses d’être dangereusement sélectifs et éhontément exigeants. Ce tarissement de l’offre de travail mettrait ainsi en danger la viabilité d’un grand nombre de PME (désignant ici les entreprises embauchant 50 employés ou moins). L’un des dangers principaux pour ces entreprises capitalistes se trouverait, entre autres, dans l’impossibilité de conserver leur marge de profit, se voyant dans l’obligation d’augmenter les salaires afin de parvenir à attirer de nouveaux employés.

De plus en plus, la présentation de la situation par la bourgeoisie gagne en ridicule en déformant encore plus la réalité et en sur-amplifiant, sans retenue, des phénomènes isolés. Les capitalistes prétendent maintenant que l’on voit poindre une pénurie sans précédent, c’est-à-dire un manque complet et généralisé qui touchera à la quasimajorité des secteurs industriels et économiques.Ventes en diminution, instabilités dans l’offre des services, travailleurs et travailleuses ingratsfaisant la pluie et le beau temps, grand nombre d’entreprises capitalistes bientôt obligées de fermerou encore de baisser drastiquement leurs activités économiques. À les écouter, l’économie serait sur le point de chuter si un plan d’ensemble n’est pas bientôt adopté par l’État bourgeois et si des mesures draconiennes pour rééquilibrer le marché du travail actuellement hostile aux entreprises ne sont pas prises.

Pourtant, la vérité, c’est qu’il n’y a absolument pas de pénurie de main-d’œuvre au Québec. Une telle affirmation est un mensonge bourgeois éhonté permettant aux capitalistes de masquer les véritables phénomènes économiques qui se manifestent actuellement, tout comme elle permet de s’armer politiquement contre le prolétariat. Au contraire, il y a présentement tous les travailleurs et les travailleuses dont la société a besoin pour faire fonctionner l’ensemble de ses industries et de ses secteurs économiques. En vérité, ce qu’il y a de problématique, c’est l’organisation capitaliste de la production et de l’économie, et surtout, la volonté de faire payer aux travailleurs et aux travailleuses le prix de la concurrence entre les capitalistes.

En effet, la prétendue pénurie actuelle de main-d’œuvre est avant tout une notion fondamentalement bourgeoise pour décrire la conséquence de l’aggravation de la concurrence entre les capitalistes.Cette aggravation de la concurrence entre les capitalistes se produit alors que les conditions économiques plus favorables qu’on avait connues lors de la courte période de reprise économique (post 2008) tendent à disparaître complètement. À terme, un certain nombre d’entreprisescapitalistes devront fermer leurs portes. Les entreprises capitalistes qui ont émergé faiblement de ce cycle de reprise, et ce, avec une marge de profit trop petite, se retrouvent aujourd’hui dans une situation difficile caractérisée par la hausse générale des prix des locaux, du matériel, etc. Les capitalistes ayant émergé avec une situation économique plus solide sont encore capables d’offrir des conditions de travail plus favorables et d’être en position avantageuse devant la concurrence. C’est la tendance générale de la crise de longue durée du mode de production capitaliste qui se réaffirme. Elle se traduit au sein de la lutte économique entre les classes sociales. La concurrence aggravée entre les capitalistes vient renforcer la lutte entre le travail et le capital.

Le cas des épiciers, des commerçants en alimentation et des restaurateurs est particulièrement significatif. La marge de profits dans ces secteurs commerciaux est très faible et chaque commerçant doit se réorganiser pour être compétitif. Les études bourgeoises expliquent que ces secteurs économiques ont déjà épuisé la marge de manœuvre qu’ils avaient, celle d’augmenter les prix de vente au détail. Un propriétaire franchisé d’un IGA se plaignait, il n’y a pas si longtemps à Radio-Canada, qu’il peinait à embaucher des employés. Pourtant il ne proposait que du temps partiel, étalé sur six jours par semaine, de jour et de soir, au salaire minimum, et sans quelconque avantage! Avec l’aggravation de la concurrence, il est difficile de conserver un taux de profit suffisant tout en payant ses employés à des salaires croissants. Incapables d’améliorer les salaires et les conditions de travail, certains capitalistes appellent déjà au gel du salaire minimum. En réalité, ils voudraient payer moins cher leurs employés, les faire travailler plus fort et plus longtemps, et ce, au même prix.

Le taux de postes vacants

Il faut comprendre que pour quantifier la prétendue pénurie de main-d’œuvre, la bourgeoisie utilise un indicateur économique bien précis intitulé le taux de postes vacants. Les postes vacants sont des postes devant être comblés et qui ne l’ont pas été depuis au moins quatre mois. Le taux actuel au Québec est de 3,9%, représentant 109 600 postes vacants, alors qu’il est de 3,1% pour le Canada en entier, représentant 397 400 postes vacants.

En parcourant les études des groupes économiques bourgeois, on se rend compte que l’on parle avant tout d’emplois à bas salaire ou avec des conditions de travail particulièrement difficiles(comme c’est le cas en restauration, par exemple). Et cet aveu est fait à demi-mot par la bourgeoisie. Pour s’en sortir, lorsqu’une qualification économique des postes vacants est demandée par les journalistes aux regroupements bourgeois, ils répondent que la dimension salariale n’est pasdéterminante, car elle n’est pas… affichée dans les offres d’emploi sur internet – uniquement en entrevue! Sans se rendre compte de leurs propres incohérences, les mêmes représentants ajoutent que l’immigration, contrairement à l’idée reçue, ne réglera pas le problème, car nous avons, selon eux, une immigration trop qualifiée pour les emplois à combler, et que nous éprouvons encore trop de difficultés à recruter des travailleurs et des travailleuses sans diplôme et non qualifiés. Voilà qui donne une idée des conditions et des salaires minables qui sont offerts dans les fameuses offres pour combler les postes vacants! En fait, une bonne partie de la bourgeoisie espère solutionner le problème au moyen de l’immigration, en autant qu’elle serve à introduire au pays des quantités massives de cheaplabor.

Un correspondant de l’ISKRA de Lanaudières nous racontait que dans le restaurant où il travaille, les responsables de la gestion sont continuellement en train d’embaucher un nouveau plongeur et que cette fois-ci, leurs tentatives sont vaines depuis trois mois. Ce qui se produit, c’est que les anciennes heures de travail de plonge qui nécessitaient deux postes à temps plein ont été fractionnées en trois quarts de travail de plonge, et donc trois postes à temps partiel, transformant ainsi les journées de travail de huit heures en journées de travail de quatre heures. L’avantage d’une telle modification, c’est qu’au lieu de devoir verser un salaire à des employés même durant le temps mort de l’après-midi, on fait maintenant venir uniquement les plongeurs lorsque le travail s’intensifie, période qui concorde avec le dîner et le souper. Cela donne lieu à une concentration du travail sur un quart de travail beaucoup plus court et beaucoup plus intense, contribuant ainsi à donner du lousse économique aux propriétaires capitalistes. Durant les heures du matin et de l’après-midi, les assiettes, les verres, les chaudrons et les autres ustensiles à laver s’accumulent, permettant ainsi de rentabiliser le plus possible le salaire horaire versé plus tard dans la journée. Le travail est alors effectué sur quatre heures pour éviter que l’employé soit payé pendant deux ou trois heures de plus pour effectuer une quantité de travail similaire. Le problème, c’est que pour les employés, le poste proposé n’offre plus 40 heures de travail par semaine! Mal situé, sans transport en commun, les postulants ne sont pas nombreux à convoiter cet emploi et lorsque nouvellement employés, ils comprennent la situation dans laquelle ils sont plongés, ils finissent par quitter rapidement cet emploi pour un un autre, parfois même un autre emploi de plonge, mais dans de meilleures conditions de travail, un autre fameux poste vacant, ce qui démontre bien la fumisterie bourgeoise de la prétendue pénurie de main-d’œuvre.

Il y a aussi une multitude d’autres phénomènes disparates et isolés qui se rajoutent à ce premier scénario. Ils sont pris en exemple par la bourgeoisie pour dresser un portrait disproportionné et pourrelier ensemble tous les exemples permettant de faire croire à leur mensonge. Avec le développement inégal du capitalisme, il est fréquent qu’en région, certains emplois prennent plus de temps à combler que dans les secteurs métropolitains. C’est la même chose dans certains secteurs économiques où l’État bourgeois fait compétition à l’entreprise privée et où il est plus difficile d’embaucher au final. Par exemple, des résidence privées offrant à des préposés aux bénéficiaires des salaires de douze ou de treize dollars de l’heure ne parviennent pas à embaucher durablement des employés parce que l’État les embauche à vingt dollars de l’heure pour effectuer le même travail. Rappelonsle, il n’y a pas de pénurie de main d’œuvre; il y a une pénurie d’emplois à debons salaires; il y a des capitalistes qui sont pris de panique, car ils savent qu’ils ne seront pas capables de passer au travers de l’aggravation actuelle de la concurrence économique sans une main-d’œuvre à plus bas prix.

Les postes vacants sont le produit du capitalisme

Il faut aussi clarifier que le taux de postes vacants n’est pas un indicateur économique reflétant la réalité objective de la production économique comme l’est le taux de chômage dans la société. Lorsque nous parlons du chômage, nous désignons des travailleurs, des ouvriers, des membres du prolétariat existant objectivement dans la réalité et ne pouvant pas se trouver un emploi dans la production capitaliste. C’est une tâche historique du socialisme et du progrès général de la société de donner un travail socialement utile à tous et à toutes, tout comme de s’assurer que la planification économique permet de ne délaisser aucun secteur. Ces tâches ne pourront jamais être accomplies dans les limites du capitalisme.

Au contraire, c’est le profit privé et non la planification d’ensemble qui organise le travail et la production dans le capitalisme. Les postes vacants, dont nous parlent les capitalistes, n’ont pas le même rapport au processus d’ensemble de la production et aux nécessités fondamentales qui assurent l’équilibre et le progrès de la société. Les postes actuellement vacants sont en grande partie des emplois superflus qui, sous le socialisme, grâce à une réorganisation du travail, migreraient vers d’autres secteurs. Les postes actuellement vacants sont aussi, dans certains cas, comme expliqué plus haut, des anciens postes à temps plein fractionnés en deux ou en trois postes pour condenser le travail. Enfin, ces postes non comblés réfèrent aussi parfois à des tâches liées à l’administration et à l’expansion d’entreprises capitalistes. Par exemple, si demain matin un capitaliste décide de démarrer une nouvelle entreprise et ne parvient pas à embaucher 10 employés, ces 10 employés ne sont pas nécessairement un manque objectif à combler dans la production et dans le procès de travail de la société. Par contre, 10 prolétaires au chômage, ce sont 10 travailleurs et travailleusesexistant dans la réalité; ce sont 10 prolétaires que le capitalisme a objectivement condamnés au chômage alors que pourtant, il n’y a aucune raison valable de les empêcher de participer à la production dans la société!

La vérité, c’est qu’il ne manque pas de travailleurs et de travailleuses au Québec. Des travailleurs et des travailleuses, il y a en suffisamment actuellement pour organiser durablement la société et pour faire fonctionner l’ensemble des industries et des secteurs économiques, au Québec comme au Canada. L’ensemble des prolétaires, ici comme dans le reste du pays, a déjà tout le nécessaire à portée de main pour faire augmenter la production et régler la majorité des problèmes sociaux. Le vrai problème, c’est le contrôle de la classe capitaliste sur la production et sur la société. Le socialisme permettrait d’abolir tous les postes parasitaires et socialement inutiles, tout comme il permettrait d’intégrer dans la production tous les chômeurs et chômeuses et tous ceux et celles que le capitalisme a désignés comme étant improductifs. La planification politique et économique de la production permettrait de subvenir aux besoins de tous et de toutes. Et surtout, le socialisme ferait disparaître tous les requins actuels qui, en essayant de préserver leurs profits, sont en train d’organiser la campagne actuelle contre le prolétariat.

Il n’y a pas de pénurie de main-d’œuvre! Rejetons les mensonges capitalistes!

Les travailleurs et les travailleuses ne paieront pas le prix de la concurrence capitaliste et de la crise de la production capitaliste!

Le véritable problème, c’est la mainmise des capitalistes sur la production et sur la société!

Luttons pour le socialisme et pour le contrôle ouvrier de la production!

 

Source: https://www.iskra-pcr-rcp.ca/2018/11/13/non-il-ny-a-pas-de-penurie-de-main-doeuvre-au-quebec/

À propos de l’importance du secteur pétrolier pour le capitalisme canadien

Le 31 août 2018, l’État canadien est devenu propriétaire du pipeline Trans Mountain, qu’il a acheté à l’entreprise spécialisée Kinder Morgan pour la somme de 4,5 milliards de dollars. À terme, ce projet d’oléoduc ira de l’Alberta (Edmonton) à la côte de la Colombie-Britannique. Il permettra ainsi de développer une infrastructure s’ajoutant à celle déjà en place, pour ainsi plus que doubler le nombre de barils de pétrole transportés par jours (300k à 890k). Sur le coup, une bonne partie des commentateurs dans la presse bourgeoise ont manifesté une grande incompréhension face à cette acquisition. Pourtant, la chose est en parfaite continuité avec les actions des capitalistes au Canada depuis le début du millénaire. En fait, aujourd’hui, le secteur pétrolier est un pilier du capitalisme canadien. Néanmoins, cette activité économique n’est pas sans entrave pour les capitalistes. Elle pousse des fractions de la bourgeoisie à s’affronter, elle accentue les contradictions entre l’État capitaliste et les nations autochtones, et elle met en lumière l’état de pourrissement du parlementarisme bourgeois.

L’importance que revêt le pétrole pour le capitalisme canadien ne date pas d’hier. Elle a commencé à l’aube des années 1950 avec la découverte d’un important potentiel pétrolier sur le territoire de l’Alberta. Cette découverte a amené les États-Unis à investir massivement dans le secteur pétrolier de l’Ouest du pays (production, raffinerie, distribution). C’est entre autres ce qui a poussé par la suite les capitalistes canadiens à s’organiser conjointement avec le gouvernement dans les années 1980 pour rapatrier vers eux la part des américains. Cela s’est fait, entre autres, avec la NEP (Politique énergétique nationale) mise en place sous le gouvernement de Pierre Elliott Trudeau. En fait, l’action récente du gouvernement bourgeois pour venir en aide aux capitalistes pétroliers n’a rien de nouveau. Le dernier épisode semblable, au début des années 1990, s’est d’ailleurs conclu avec la vente, à un prix dérisoire, de Petro-Canada, qui était alors une société d’État, aux capitalistes canadiens, bien heureux de la bonne affaire qu’ils venaient de faire et du bon fonctionnement de leur instrument politique, l’État capitaliste… Ce genre de manœuvre, c’est encore la tactique officielle du gouvernement canadien et c’est celle qui est préconisée avec le pipeline Trans Mountain, soit de le revendre au moment où le projet de nouveau pipeline sera suffisamment abouti. D’ailleurs, une récente analyse du directeur parlementaire du budget évalue le coût du pipeline Trans Mountain à plusieurs centaines de millions, voire un milliard au–dessus d’un prix acceptable. Ce qui sera encore plus apprécié lors de sa revente à bas prix aux capitalistes canadiens qui n’auront pas eu à assumer eux-mêmes l‘acquisation au prix fort au moment où le projet était menacé d’être abandonné si Kinder Morgan ne trouvait pas un nouvel acheteur pour en prendre le relais.

Ensuite, pour comprendre l’importance stratégique qu’a la production de pétrole au Canada, il faut se rappeler comment le reflux économique du capitalisme mondial en 2008 est venu nourrir davantage l’intérêt de la bourgeoisie canadienne pour le secteur pétrolier. La conjoncture d’alors aencouragé la réorganisation de l’économie canadienne avec le développement pétrolier qui est venu remplacer d’autres secteurs de l’économie canadienne en moins bonne santé. La production pétrolière a alors pris une plus grande importance dans l’économie canadienne. La bourgeoisie y a vu une façon de garder la tête hors de l’eau. Aujourd’hui, le secteur des mines et de l’extraction représente autour de 9 pourcents du PIB. Le Canada possède d’ailleurs la 4e plus grande réserve mondiale de pétrole. On estime à 4,3 billions le nombre de barils de pétrole conventionnel disponibles et à 163,4 billions le nombre de barils de pétrole bitumineux disponibles.

Pendant une période prolongée, la production de ce pétrole bitumineux coûtait très cher et était doncpeu rentable. On laissait ainsi dormir la plus grande partie du pétrole sur le territoire. Les avancées techniques réduisant désormais le coût de production, jumelées au prix élevé de vente à l’échellemondiale, ont incité la bourgeoisie à y investir son capital et à développer les forces productives nécessaires pour l’extraire et le transformer. Cela a donné lieu à une sorte de ruée économique vers l’Alberta, province qui a connu un boom de développement durant plusieurs années. Par contre, entre 2014 et 2017, la concurrence internationale, avec notamment les pressions de l’OPEP (Organisation des pays exportateurs de pétrole) pour baisser les prix mondiaux, est venue reconfigurer les paramètres de la production de pétrole au Canada. En effet, si le prix de vente est trop bas à l’échelle mondiale, il n’est pas possible pour les capitalistes canadiens de soutenir cette activité à long terme, car elle coûte trop cher à opérer, ce qui les oblige à vendre le pétrole produit à perte. C’est le résultat de la concurrence internationale où chacun lutte pour enlever à ses adversaires les parts du marché qu’ils accaparent, concurrence dans laquelle s’affrontent les différentes façons de produire, obligeant ainsi chacun à perfectionner son procès de production. La conséquence immédiate, c’est qu’au Canada, comme partout ailleurs, nombreux sont les ouvriers qui perdent leur travail, les emplois suivant les flux et les reflux de la production et des dynamiques dans l’accumulation de capital.

Face à la concurrence internationale, la bourgeoisie canadienne a développé un plan. Ce plan de développement économique prend en compte le fait que sur les 163,4 billions de barils de pétrole bitumineux disponibles, seulement 31,7 billions peuvent être obtenus à travers un procédé d’extraction minière – le procès de travail utilise alors des grues qui cassent en morceaux le bitume, lequel est ensuite acheminé à bon port par camion sous forme solide. Les 131,7 billions restant, pour leur part, ne peuvent être obtenus que par une extraction en profondeur et doivent être acheminés en pipeline jusqu’aux raffineries ou aux prochains points de distribution. Avec le développement de la technique, il est beaucoup plus rentable de procéder avec cette méthode, d’autant plus que le bassin disponible de pétrole bitumineux en profondeur est de quatre fois supérieur à celui en surface,offrant ainsi une incroyable opportunité d’extraction aux capitalistes canadiens. Par contre, à long terme, il faudrait un grand nombre de raffineries supplémentaires pour renforcer la position des capitalistes du pays et pour consolider leur indépendance. En effet, en ce moment, le Canada est surtout un exportateur net de pétrole non raffiné. Il se produit 4,2 millions de barils par jour au pays.Sur ce nombre, 3,3 millions de barils sont exportés et seulement 1,8 millions de barils sont envoyés à des raffineries domestiques. Aussi, il n’y a pas si longtemps, les États-Unis achetaient 98 pourcents du pétrole produit au Canada. La production était configurée presque uniquement en fonction de ce qui était vendu à nos voisins. Mais désormais, avec leur Programme d’autonomie énergétique, les États-Unis achètent moins de pétrole aux capitalistes canadiens, ou encore ils ne veulent pas leur payer un prix leur permettant de rentabiliser le capital investi dans la production de pétrole au Canada. Il s’en suit que les capitalistes canadiens cherchent maintenant à vendre leur pétrole outremer pour se sortir de l’impasse. Pour ce faire, le capitalisme doit impérativement acheminer le pétrole sur la côte ouest canadienne, ce qui vient nécessairement renforcer le développement des pipelines requis pour déplacer des centaines de milliers de barils par jour jusqu’en Colombie-Britannique.

Tout est réuni pour faire sauter la marmite

C’est ainsi que s’explique l’insistance avec laquelle l’État bourgeois canadien protège le secteur pétrolier et appuie la réalisation du pipeline Trans Mountain. Il s’agit d’une question fondamentale pour la production capitaliste et l’accumulation de capital au pays. Cette insistance n’est d’ailleurs pas passée inaperçue : elle a été vivement contestée. L’achat du pipeline a renforcé les conflits entre les différentes fractions de la bourgeoisie regroupées autour de frontières géographiques et industrielles. Ce n’est pas la bourgeoisie en entier qui possède ou qui a des parts dans des entreprises liées à la production pétrolière. Avec l’intervention de l’État bourgeois pour aider les capitalistes engagés dans le secteur pétrolier, ceux qui sont laissés sur le banc des joueurs regardent avidement l’industrie et cherchent une façon de rapatrier une partie de la plus-value vers eux. Récemment, ce phénomène a pris la forme d’escarmouches entre la bourgeoisie de la Colombie-Britannique et celle de l’Alberta. La bourgeoisie de la Colombie-Britannique a l’impression de se faire tordre le bras et tente de négocier sa part de profits dans l’opération en menaçant de faire du sabotage. C’est d’ailleurs cet appel au sabotage, doublé d’une menace de résistance autochtone, qui a contribué à la volonté de Kinder Morgan d’abandonner le projet Trans Mountain. On peut voir une dynamique semblable à l’œuvre au Québec avec l’opposition de François Legault à la relance du défunt projet d’oléoduc Énergie Est – un projet qui devait permettre d’acheminer le pétrole canadien d’Ouest en Est. Cette opposition, François Legault l’a par ailleurs justifiée trompeusement en répétant qu’ici, on n’en veut pas, de l’énergie sale, surfant ainsi sur la popularité médiatique des positions écologistes.

Aussi, la lutte des nations autochtones au Canada en lien avec les projets d’oléoducs a ouvert la porte à beaucoup de confusion au sein de la gauche, celle-ci renforcée dans ses convictions par les récentes escarmouches violentes entre les nations autochtones et l’État capitaliste canadien. En fait, lorsqu’il est question de l’auto-détermination et de la libération des nations autochtones, il existe une position postmoderne par défaut qui est régurgitée sans arrêt et sans aucun discernement. Cetteposition fait disparaître toute explication scientifique de l’asservissement des nations autochtones. On conçoit celui-ci comme un processus oppressif intangible – sans base matérielle pour le développer et l’entretenir – reposant sur une sorte d’essence coloniale omniprésente et transcendante. Selon cette conception, la domination et l’exploitation des nations autochtones et de leurs territoires constituent un phénomène immuable, séparé de toute réalité économique, comme si le colonialisme européen n’avait pas été complètement transformé par le développement du capitalisme au Canada.

Ce n’est pas le système « white-settler » ou « settler-colonial », « l’oppression systémique », ou tout autre écran de fumée postmoderne qui est à l’origine de l’oppression nationale des autochtones, mais bel et bien le développement économique réel du capitalisme. La base matérielle des contradictions entre les autochtones et l’État capitaliste canadien se situe dans le développement on ne peut plus normal de la production capitaliste au Canada, avec les nécessités objectives qui en découlent. Dans ce casci, l’accumulation de capital provoque le développement matériel de la production pétrolière, lequel pose inévitablement la question du contrôle concret et physique des territoires autochtones (et non pas du contrôle symbolique des milieux de vie ou autres concepts flous). Ce contrôle du territoire autochtone correspond à la nécessité pour le capitalisme de pouvoir passer sur le territoire, d’y avoir accès en permanence, d’y mettre physiquement ses forces productives, d’y prendre la matière première ou encore, tout simplement, d’y enlever ses occupants lui faisant obstacle. C’est, entre autres, cette nécessité économique de contrôler le territoire autochtone, découlant elle-même de la nécessité de rentabiliser le capital investi dans la production, qui rend impossible pour l’État capitaliste de considérer les peuples autochtones comme autre chose qu’un obstacle bien dangereux à son activité économique. Cette nécessité de rentabiliser le capital se traduit alors en contradiction violente lorsque la moindre résistance s’organise contre elle. Cette contradiction prend d’ailleurs des formes variées selon les endroits au Canada. Si, dans ce cas-ci, c’est la production du pétrole qui est le moteur du conflit, ailleurs au pays, ce sont autour d’enjeux liés à l’hydro-électricité, à la foresterie ou encore à la pêcherie que la résistance prendra forme. Dans le cas de la production et du transport du pétrole, ces affrontements ne vont d’ailleurs aller qu’en augmentant, car la pression va devenir de plus en plus forte pour que les projets se réalisent sans plus attendre.

Pour toutes ces raisons, le secteur pétrolier est hautement important pour le capitalisme canadien. Et c’est cette importance qui doit attirer l’attention du prolétariat révolutionnaire, pour lequel il est nécessaire de connaître toujours mieux les points sensibles de son adversaire. La révolution doit impérativement organiser les ouvriers du pétrole, car l’industrie pétrolière, secteur où une quantité incroyable de plus-value est produite, est une pierre d’assise du Capital au pays. De même, chaque jour, l’exploitation capitaliste renforce l’importance de l’unité du prolétariat canadien et des nations autochtones dans leur lutte commune contre la bourgeoisie et son État réactionnaire.

Dans le secteur pétrolier et partout où il y a une forte production de plus-value, la révolution doit apporter aux prolétaires la plus grande conscience et la plus grande organisation possible!

Faisons tomber l’État capitaliste, instrument de répression politique d’une classe sociale parasitaire agissant contre l’ensemble du peuple!

Source:

https://www.iskra-pcr-rcp.ca/2019/02/05/a-propos-de-limportance-du-secteur-petrolier-pour-le-capitalisme-canadien/

L’ALENA UN « DEAL » ENTRE CAPITALISTES

L’accord de libre-échange nord-américain (ALENA) qui est entré en vigueur officiellement le 1er janvier 1994 constituait lors de sa mise en œuvre d’une extension au Mexique de l’accord économique qui liait déjà les États-Unis et le Canada depuis 1989. Comme chacun le sait maintenant, l’administration Trump à titre de représentante des intérêts capitalistes américains a imposé à ses partenaires économiques une renégociation de l’entente afin de mieux satisfaire les intérêts impérialistes des États-Unis. De fait, lors de la dernière campagne électorale américaine, Trump a fortement insisté sur l’idée selon laquelle l’entente de libre échange était la principale cause du déficit commercial américain et du déclin du secteur manufacturier des États-Unis au cours des trente dernières années.

RETOUR SUR L’ALENA

Ce qui s’est formé avec l’ALENA est une importante zone de marché de plus de 400 millions de personnes et partageant un produit intérieur brut (PIB) de plusieurs milliers de milliards de dollars. L’intégration des économies des États-Unis, du Canada et du Mexique a ainsi favorisé l’émergence et le développement d’un puissant bloc capitaliste capable de rivaliser avec d’autres importants blocs économiques, notamment le bloc composé par les États membres de l’Union Européenne (ÉU).

Grâce à l’ALENA, les États-Unis sont devenus la plaque tournante des échanges régionaux en Amérique. De fait, les membres de l’ALENA entretiennent entre eux des liens étroits. Plus particulièrement, le Canada et le Mexique occupent une place privilégiée auprès des États-Unis (représentant les deux premiers marchés à l’exportation des États-Unis), si on tient compte de leur poids respectif réel dans l’économie mondiale (i.e. PIB équivalant à 1,3% et 1,9% du PIB mondial en 2016 pour le Canada et le Mexique respectivement). Par ailleurs, les États-Unis, dont le poids dans le PIB mondial atteignait 15,5% en 2016, sont le principal partenaire commercial du Mexique et du Canada. Ces derniers ayant respectivement exporté, en 2016, 81,3% et 76,4% de leurs marchandises aux États-Unis tandis que 46% et 52,2% de leurs importations provenaient respectivement des États-Unis.

Étant donné un tel rapport étroit entre les différentes économies capitalistes, il apparaissait normal que ces dernières cherchent à pérenniser les rapports qu’elles entretiennent les unes avec les autres afin d’assurer le fonctionnement de l’ensemble économique nord américain. Toutefois, il ne faudrait pas oublier que derrière toute entente entre capitalistes se cache toujours et nécessairement l’organisation régionale de la division du travail entre États qui permet de faire perdurer les rapports d’exploitation les plus favorables pour le capitalisme au détriment des prolétaires (et de la paysannerie si on considère le Mexique).

LE RÔLE DES ACCORDS ÉCONOMIQUES SOUS LE CAPITALISME

L’apparition et le développement d’ententes économiques entre États ( mais ayant sans contredit des ramifications au niveau politique, social et au niveau culturel) qui par ailleurs compétitionnent férocement les uns avec les autres sur les marchés s’explique par les exigences d’extension du marché capitaliste et découle principalement de la crise généralisée du capitalisme qui a imposé à l’ensemble des capitalistes l’obligation de mettre en œuvre une politique générale visant à étendre, notamment pour les pays capitalistes les plus puissants (les pays regroupés autour du G20), les diktats du commerce international à l’ensemble de la planète.

Présentées comme des ententes économiques, les ententes comme celle de l’ALENA permettent aux pays impérialistes les plus puissants d’accroître leur rôle hégémonique dans des zones géographiques déterminées qui vont en s’élargissant de plus en plus, notamment en procédant à l’intégration des économies les plus faibles par le biais de la restructuration de ces économies afin de les rendre aptes à servir les intérêts des capitalistes dominants. De fait, profitant de la chute des pays de l’Est, le capitaliste mondiale a pu se perpétuer en ouvrant et en s’accaparant de nouveaux marchés et c’est ainsi qu’on a assisté à une longue période de développement du commerce international qui a permis de solutionner temporairement les graves problèmes qui entravaient alors les économies capitalistes (en particulier la surproduction de capitaux).

Cela dit, loin d’améliorer la situation des travailleurs et travailleuses, l’élargissement du marché capitaliste et les entente qui ont accompagné celui-ci ont surtout profité aux seuls capitalistes. En effet, partout où les ententes sont signées les économies des pays dominés ont été de plus en plus inféodées aux puissances régionales et internationales. Loin d’avoir bénéficier de l’effet de « ruissellement » ( trickle down), les pays les plus pauvres sont demeurés pour l’essentiel au même stade qu’auparavant. Loin de ruisseler vers les masses exploitées, les richesses produites ont de plus en plus été accaparées par les capitalistes les plus puissants.

POURQUOI DONC RENÉGOCIER L’ALENA?

Répondant aux souhaits des capitalistes de faire croître le commerce, le volume des échanges a dans les faits globalement augmenté avec l’ALENA. Toutefois, il en a résulté un déficit croissant des États-Unis vis-à-vis de ses « partenaires » économiques. En effet, il s’est avéré que les faibles les coûts de production, en particulier aux Mexique, ont poussé les capitalistes américains à déplacer une partie de leur production . Si on ajoute la faiblesse des devises de ces pays face à la devise américaine il en a résulté un débalancement dans les échanges.

Cela dit, d’autres raisons peuvent permettre d’expliquer l’insistance de l’administration américaine à renégocier l’ALENA. En effet, bien qu’il demeure vrai que l’impérialisme américain soit la principale puissance impérialiste dans le monde, il n’en demeure pas moins que cette puissance traverse une longue période de déclin manifeste. Or, avec la crise de longue durée qui s’est installée dans le monde capitaliste, l’impérialisme américain est placé devant l’obligation de devoir à tout prix à reconquérir le terrain perdu au niveau de l’économie mondiale (en particulier vis-à-vis la Chine) s’il veut éviter que les contradictions internes aux États-Unis continuent de ce développer. En effet, ce qui menace à terme l’intégrité du capitalisme américain, s’il ne réussit pas à redevenir une puissance hégémonique, c’est la menace que fait peser sur lui le développement de la lutte des classes aux États-Unis. De fait, les écarts entre riches et pauvres aux États-Unis accroissent et accélèrent le développement des contradictions qui traversent la société américaine. La stratégie américaine est donc de chercher à récupérer une partie de la production qui avait été délocalisée pour la rapatrier vers les États-Unis. C’est donc dans ce cadre que ce sont déroulées négociations pour mettre à jour l’entente de l’ALENA. De fait, le Bureau du représentant américain au commerce publiait en juillet 2017 les objectifs généraux de l’administration américaine en la matière. Dans ce rapport, les États-Unis réaffirmaient notamment leur volonté de réduire leur déficit à l’intérieur de l’entente.

Étant donné la forte intégration économique du Canada aux États-Unis et de la dépendance de son économie aux exportations vers le voisin du sud, il était prévisible que le gouvernement libéral de Justin Trudeau cherche à tout prix à maintenir l’entente de l’ALENA. Par ailleurs, considérant le poids que représentent les exportations vers les États-Unis pour le capitalisme canadien cela explique pourquoi Trudeau et ses principaux ministres se font les chantres du libre-échange partout dans le monde. En effet, il s’agit pour le capitalisme canadien de déborder les limites imposées par le capitalisme américain en affirmant les intérêts des capitalistes canadiens partout dans le monde.

Considérant que l’économie du Canada est tributaire du commerce international pour un pourcentage non négligeable de son PIB, il est jusqu’à un certain point normal que pour maintenir son statut de puissance impérialiste le Canada doive réussir à maintenir et développer ce secteur. Or, pendant la renégociation de l’ALENA le gouvernement libéral, à titre de conseil d’administration des capitalistes au Canada, a été placé devant l’obligation d’arbitrer entre les revendications de deux puissant lobbies que sont le lobby de l’industrie de l’auto (principalement situé en Ontario) et celui des produits laitiers (principalement situé au Québec). Or, étant donné l’importance du secteur de l’automobile au niveau des exportations dans l’économie canadienne et étant donné que sans entente, la production dans ce secteur diminuerait et que le Canada serait particulièrement affecté (diminution de 24%) en raison de sa position privilégiée dans la chaîne de production automobile, il était prévisible que le gouvernement libéral cherche avant tout à préserver ce secteur au détriment de celui de l’industrie laitière. De fait, le Canada n’est pas un grand exportateur de produits laitiers. En effet, sa production de lait et de produits laitiers est destinée principalement aux marchés intérieurs.Par ailleurs, il ne faudrait surtout pas perdre de vue que derrière l’image des petites fermes familiales que cherche à promouvoir l’industrie laitière se cachent de puissants monopoles (Saputo, Agropur, Parmalat, etc.) qui organisent et contrôlent l’industrie en son entier (environ 6 000 fermes laitières au Québec — près de 55 % de la production de lait au pays — la transformation des produits laitiers emploie près de 42 000 personnes dans la province). Soulignons tout de même que bien que la nouvelle mouture de l’ALENA porte atteinte à la gestion de l’offre, il n’en demeure pas moins qu’Ottawa a déjà annoncé qu’il y aura des compensations financières importantes pour les producteurs laitiers.

ENTENTES ENTRE CAPITALISTES CONTRE LES PEUPLES

Souvent présentées comme des instruments de progrès pour les États et les peuples, les ententes capitalistes débouchent rarement sur des améliorations substantielles pour la majorité des travailleurs et travailleuses. La raison pour laquelle l’ALENA et autres ententes économiques produisent toujours des résultats décevants pour les prolétaires et paysanEs est simple: ces ententes visent toujours à consolider avant tout les entreprises et monopoles capitalistes. Autrement dit, ces ententes visent avant tout à faire fructifier le capital et non pas améliorer les conditions de vies des personnes et par conséquent toute consolidation du capitalisme se fera toujours au détriment des travailleurs et travailleuses qui produisent les richesses.

Par exemple, selon une étude de l’Institut de politique économique, l’ALENA a fait disparaître près de 700 000 emplois américains, dont beaucoup dans les manufactures de « la ceinture de la rouille » où sont situés les trois États clés — Wisconsin, Michigan et Pennsylvanie qui ont favorisé l’élection de Donald Trump à la présidence des États-Unis.(Le Devoir, novembre 2017).

Au Mexique l’entente de libre-échange a surtout signifié la destruction de l’agriculture traditionnelle et l’augmentation de la pauvreté. De plus, l’orientation de la production agricole vers l’exportation plutôt que vers la satisfaction des besoins alimentaires de la population locale dans les trois pays membres de l’ALENA a favorisé la concentration de la production entre les mains des multinationales, ce qui a en retour favorisé la transformation de la structure agricole, notamment par l’augmentation de la monoculture et de la culture à haute intensité (par exemple le maïs au Québec) amenant ultimement à une baisse constante du revenu des petits et moyens producteurs. L’ALENA a aussi découragé la diversification de l’économie mexicaine dans d’autres secteurs, dans la mesure où il n’y a quasiment aucune valeur ajoutée dans l’assemblage en usine de pièces détachées largement fabriquées aux États-Unis et au Canada et rarement au Mexique.

Comme l’indiquait un article de la presse bourgeoise, « La chute des barrières commerciales a placé les agriculteurs mexicains en situation de faiblesse face aux grands producteurs américains, qui bénéficient d’importantes subventions. Les petits cultivateurs de maïs, la base de l’alimentation, sont marginalisés. Le pays en importe 10 millions de tonnes par an, 50 fois plus qu’en 1993 » (La Presse Édition du 21 décembre 2013).

De fait, bien qu’ayant multiplié par cinq son commerce avec les États-Unis et le Canada, il n’en demeure pas moins que la situation socio-économique du Mexique ne s’est pas améliorée. En effet, le taux de chômage est demeuré; les salaires ont stagné au plus bas tandis que 52 % de la population vit dans la pauvreté, ce qui explique que perdure le phénomène de l’émigration vers le nord.

Au Canada le secteur manufacturier a été grandement touché par la délocalisation de la production forçant le Canada à s’installer dans le rôle de fournisseur de ressources naturelles. Cela dit, au Canada comme ailleurs, les effets les plus négatifs de l’ALENA sur les travailleurs et travailleuses découlent des avantages octroyés aux entreprises multinationales, plus particulièrement les protections accordées aux entreprises capitalistes. Cette protection augmente la mobilité des capitaux en réduisant les risques pour les investisseurs. Ainsi à l’échelle tri-nationale (Canada-États-Unis-Mexique) on a assisté à un fléchissement des salaires et accroissement des écarts de revenus.

POUR L’UNITÉ PROLÉTARIENNE ET PAYSANNE

Le prolétariat ne peut se permettre de demeurer passif et laisser les capitalistes se partager librement le monde. Combattre le capitalisme s’est aussi s’opposer aux accords entre capitalistes qui permettent à ces derniers d’exploiter de plus en plus le prolétariat mondial. Toutefois, cette opposition doit être vivante et par conséquent ne pas se cantonner dans le seul débat des idées mais être accompagnée par des actions qui mettent en lumière le caractère international du prolétariat et des ses aspirations à un monde plus juste.

Le prolétariat doit d’abord chercher à développer de plus en plus l’internationalisme prolétarien notamment en favorisant l’émergence et le développement tant théorique que pratique d’initiatives et d’actions à l’échelle internationale contre les capitalistes. De fait, la lutte généralisée contre le capitalisme, ici comme ailleurs, peut importe que cette lutte soit encore au niveau embryonnaire où qu’elle ait pris une forme plus achevée (par exemple les guerres populaires menées en Inde et aux Philippines) contribue objectivement à renforcer la solidarité internationale entre travailleurs et travailleuses tandis que les avancés accomplies par la révolution permet d’envisager la possibilité de dépasser le système capitaliste exploiteur et envisager la mise en place d’un monde juste, débarrassé de l’exploitation, ayant adopté le communisme comme seul horizon politique en mesure d’assurer le plein développement harmonieux des individus, des sociétés et de l’environnement. Ce que doivent opposer les prolétaires aux ententes capitalistes ce sont 1) l’internationalisme prolétarien; 2) le partage des expériences révolutionnaires des prolétaires et peuples exploités et 3) l’adoption de mots d’ordre d’action révolutionnaires englobant de plus en plus de travailleurs et travailleuses!

Ébranlons l’unité du monde capitaliste!

Développons l’unité prolétarienne!

Abolissons le capitalisme !

Source: https://www.iskra-pcr-rcp.ca/2018/10/21/lalena-un-deal-entre-capitalistes/

Le résultat des élections 2018 au Québec : le nouveau conseil d’administration du capitalisme et le renouvellement du parlementarisme bourgeois

Avec le résultat des récentes élections générales au Québec, la classe capitaliste vient de se doter d’un nouveau conseil d’administration qui lui sera fort utile pour les prochaines années. Le 1er octobre dernier, la Coalition Avenir Québec (CAQ) a été portée au pouvoir. Elle forme désormais un gouvernement majoritaire avec 74 sièges sur les 125 du parlement. La CAQ vient ainsi remplacer le Parti libéral du Québec (PLQ) qui, après avoir contrôlé le gouvernement pendant la quasi-totalité des 15 dernières années, a complètement usé son capital politique et sa légitimité.

La CAQ, qui a été formée en 2011, est une espèce de version renouvelée, dans des conditions complètement différentes, de l’ancienne Union nationale de Daniel Johnson. Projet politique sorti du musée des horreurs, c’est par un énorme travail propagandiste pour attester de sa crédibilité qu’il a gagné la reconnaissance que n’a jamais réussi à gagner son ancêtre récent, l’Action démocratique du Québec (ADQ). En effet, l’élection de la CAQ a fait suite au déploiement d’un véritable effort pour que François Legault paraisse, aux yeux du grand capital, comme un politicien sérieux, notamment parce qu’il s’est entouré d’un groupe d’anciens hommes d’affaires et d’anciens vice-présidents de banque. C’est le trio économique composé d’Éric Girard, de Christian Dubé et de Pierre Fitzgibbon – tous des anciens haut placés de la Banque Nationale – qui assumera les responsabilités respectives de ministre des Finances, de président du Conseil du trésor et de ministre de l’Économie. François Legault s’est d’ailleurs amplement vanté d’être le chef du parti de l’économie : un groupe de businessmen dans la lignée des Lucides de Lucien Bouchard. Prêt à n’importe quoi pour gagner ses élections, c’est en répandant des mensonges impérialistes et en lançant des attaques contre le prolétariat immigrant qu’il s’est présenté comme l’homme de la situation, allant ainsi dans le même sens que le mouvement vers la droite de l’offre électorale.

De fait, ce parti a déjà entamé le premier mandat que lui a confié la bourgeoisie : faire du ménage à l’Assemblée nationale pour relancer un prochain cycle de légitimité du système parlementaire bourgeois.D’ailleurs, la panoplie de commentateurs politiques de la société bourgeoise se sont empressés, en constatant la victoire écrasante de la CAQ, de clamer qu’une page de l’histoire du Québec était enfin tournée. Cette page tournée, dont nous parlent les journalistes bourgeois, est essentiellement celle de la sérieuse débandade des anciens partis politiques bourgeois classiques (PQ et PLQ). En effet, les résultats du scrutin plus favorables pour Québec solidaire (QS) et pour la CAQ que par le passé, ont permis de renouveler le personnel usé de l’État bourgeois. La victoire de la CAQ, si elle témoigne de la reconfiguration des partis politiques bourgeois, est avant tout la victoire du parlementarisme bourgeois.Elle ouvre une période de relative stabilité politique qui durera jusqu’à ce qu’à peu près le même phénomène d’usure qui s’est produit avec le PLQ se produise à nouveau, mais cette fois, avec la CAQ.

En effet, le monstre libéral a été dépassé par une formation sensiblement nouvelle qui représentait, il n’y a encore que deux ans, une sorte de blague vivante, un melting pot d’illuminés et de restants de l’ADQ, avec à leur tête un ancien ministre péquiste sans grand charisme. La victoire de la CAQ est en grande partie dueà l’incapacité des libéraux à se présenter dans l’opinion publique de la société bourgeoise sous un meilleurjour. Le PLQ n’a pas réussi à faire oublier qu’il n’est autre chose que l’instrument du capital. Son dernier chef, Philippe Couillard, n’a pas su défendre habilement son propre mandat. Il s’est naïvement félicitéd’avoir atteint l’équilibre budgétaire grâce à des coupures draconiennes dans les dépenses de l’État durant les quatre dernières années. La transparence de Phillippe Couillard a déplu à la bourgeoisie. Alors que celle-ci, insatisfaite, était sur le point de lui tourner le dos, Couillard, dans ses derniers retranchements, a même affirmé avec étonnement : « mais voyons, j’ai fait ce que les banques et les agences de crédit m’ont demandé. » D’ailleurs, depuis le départ de Jean Charest, le PLQ a de la difficulté à recruter dans ses rangs de nouveaux carriéristes bourgeois, habiles et ambitieux, et devient, de plus en plus, même aux yeux des capitalistes, une organisation d’incompétents et d’hommes de main de seconde classe. Il ne fait aucun doute que c’est pour éviter d’être éclaboussés par l’échec annoncé de leur parti qu’un grand nombre de députés libéraux ont pris leur retraite dans les mois qui ont précédé la campagne électorale. Cela a d’ailleurs laissé présager avec quasi-certitude la défaite récente du PLQ. Quand le bateau coule, les rats sont les premiers à prendre la fuite.

Pour sa part, Québec solidaire a amplement joué son rôle de réformiste visant à légitimer le parlementarisme. L’appel à l’urgence d’un vote pour contrer le danger de porter la CAQ au pouvoir a contribué à présenter les élections bourgeoises comme un processus légitime où toutes sortes de points de vue sont représentés, et donc comme l’endroit où s’organise fondamentalement la transformation de la société. QS, pour la suite, va inévitablement entreprendre le même type de processus qu’a entrepris le NPD avec Thomas Mulcair afin de renforcer son image de gauche crédible ayant son rôle à jouer durablement à l’Assemblée nationale. Le Parti québécois (PQ), quant à lui, a obtenu les pires résultats électoraux de sa crapuleuse histoire et devra entreprendre, comme le PLQ, un processus de réorganisation sous peine de disparaître complètement. En réalité, peu importe les partis qui seront renforcés ou affaiblis par le passage des prochaines années, ce qui importe pour le capitalisme, c’est que la démocratie bourgeoise et son système parlementaire s’en sortent intacts.

Un tel travail déployé par la bourgeoisie pour préserver le plus possible sa fausse démocratie est non-négligeable, car cela fait très longtemps que le capital n’a pas obtenu des taux très élevés de participation aux élections, comme c’était le cas dans le passé au Québec, avec des taux avoisinant les 80%, voire parfois même les 90-100%. Lorsqu’on analyse le taux d’abstention à la dernière farce électorale (seulement 66,45% des citoyens et citoyennes de la province inscrits sur les listes électorales y ont pris part), on réaliseque même si la CAQ a été élue gouvernement majoritaire avec 37,4% des voix, en réalité, elle a obtenu l’aval de moins de 25% des gens en droit de voter – sans compter qu’une partie de la population québécoise est privée de l’opportunité de se prononcer (p. ex. : les résidents permanents). Bref, il y a certainement plus de prolétaires qui ont refusé la mascarade de la démocratie bourgeoise que de gens qui ont voté pour le présent gouvernement, élu par la minorité. Il n’en reste pas moins que le système parlementaire au Canada conserve plus facilement son masque de crédibilité que celui d’autres pays comme les États-Unis où le président actuel a remporté les élections tout en ayant enregistré un nombre de votes total plus bas que son adversaire. La question de la réforme du mode de scrutin a d’ailleurs encore été amplement abordée lors de la récente campagne. Il n’y a pas de doute que la proportionnelle est la roue de secours du système parlementaire, advenant une crise politique et économique prolongée.

Les résultats des élections sont à prendre en considération pour s’orienter dans la lutte des classes. Les révolutionnaires doivent continuer de révéler et de dénoncer les ennemis du peuple cachés derrière le manège électoral. Rappelons aux masses travailleuses qu’en dépit des platitudes bourgeoises sur la prétendue page tournée dans l’histoire du Québec et que malgré la reconfiguration des partis politiques de la bourgeoisie, c’est encore le même capitalisme et le même parlementarisme réactionnaire qui sont en place, drapés dans un manteau de fausse démocratie!

Organisons la révolution prolétarienne!

À bas la démocratie bourgeoise et le système parlementaire!

Source:https://www.iskra-pcr-rcp.ca/2018/10/21/le-resultat-des-elections-2018-au-quebec-le-nouveau-conseil-dadministration-du-capitalisme-et-le-renouvellement-du-parlementarisme-bourgeois/

LA CORÉE DU NORD : DICTATURE TOTALITAIRE OU ELDORADO SOCIALISTE ?

L’objectif de la série d’articles que nous allons publier dans les temps à venir n’est pas de retracer toute l’histoire de la Corée du Nord. Il ne s’agit pas non plus de défaire un à un tous les mensonges propagandistes ou toutes les bêtises naïves à l’encontre de ce pays. L’enjeu n’est pas non plus de montrer un « bon visage » de la Corée, et encore moins de prouver qu’il s’agit du socialisme accompli.

Il s’agit davantage de poser une question : quel regard portons nous sur la République populaire démocratique de Corée ? Ce questionnement est particulièrement pertinent lorsque l’on aborde des sujets brûlants tels que le socialisme ou la lutte anti-impérialiste (deux sujets intimement liés à la Corée).

Souvent, ce regard dépend davantage du fantasme, du conditionnement, et osons le dire, de la propagande, que de l’analyse concrète d’une situation concrète. Le cas coréen est caricatural de ce biais idéologique que subissent les expériences socialistes et les pays victimes de l’impérialisme. Si le discours que les communistes tiennent en défense de ces pays peut parfois paraître brut, c’est qu’il répond, avec une volonté de « tordre le bâton dans l’autre sens », à une vision dominante malhonnête, naïve et souvent fausse.

En plus d’être un adversaire stratégique et idéologique du mode de production capitaliste, ce pays est géographiquement, culturellement et historiquement éloigné de nous. La Corée du Nord avait tout pour être le « rogue state » parfait. Il s’agirait un pays étrange, replié sur lui même et dirigé par un dictateur fou et manipulateur. Sa folie sanguinaire pourrait nous plonger dans la guerre nucléaire à tout moment. Même si ils ne le savent pas, les Coréens sont dans l’attente d’un sauveur, car personne ne pourrait rationnellement aimer vivre dans ce pays, ou pire : en être fier !

Nous allons essayer de poser un regard différent sur la République populaire démocratique de Corée. Notre but va être de savoir ce qu’est la RPDC, de comprendre pourquoi est-elle ainsi, et de proposer quelques pistes quant à la posture pratique et théorique à adopter.

Nous souhaitons commencer cette série d’articles en abordant l’une des périodes historiques les plus décisives pour comprendre la situation actuelle. Celle-ci commence avec la libération de la péninsule et aboutit à la division coréenne. Sa connaissance est essentielle pour comprendre les différents développements politique, économique, idéologique et militaire vers lesquels vont s’orienter les deux Corée.

 

L’élan populaire de la libération.

En 1905, le Japon concrétise ses ambitions impériales sur la Corée en y établissant un protectorat. La sujétion coloniale est impitoyable, et la résistance à l’envahisseur cristallise la thématique de l’indépendance nationale comme étant la préoccupation majeure des Coréens durant les décennies à venir.

À la libération, le contexte national et international est très tendu. La question du sort réservé aux Japonais, aux élites collaboratrices et aux grands propriétaires terriens occupe l’esprit des masses laborieuses coréennes. À l’inverse, les élites engraissées durant l’occupation cherchent à maintenir leur domination malgré l’élan populaire qui suit l’indépendance de la Corée.

Pour des raisons géographiques et politiques, la Corée est également confrontée aux ambitions de grandes puissances. Il s’agit notamment d’un enjeu crucial pour la puissance étasunienne, mise en difficulté par une Asie s’orientant massivement (autant pour l’ampleur du phénomène que pour son caractère de masse) vers le socialisme.

Lorsque débute l’invasion soviétique de la Mandchourie, le 9 août 1945, l’administration coloniale japonaise délaisse la Corée. Les Coréens s’organisent dans des comités populaires et locaux. Ceux-ci, principalement composés de paysans (qui représentent la grande majorité du pays), ont été le théâtre d’une ébullition émancipatrice pour les masses, les femmes et les jeunes comme la Corée n’en avait jamais connu. Les comités avaient pour points communs de vouloir épurer l’administration des Japonais et des collaborateurs. La réforme agraire et la redistribution des terres des grands propriétaires terriens comptaient parmi les préoccupations essentielles. Les comités sont aussi largement en faveur d’une politique de nationalisation de l’industrie (celle-ci s’était développée durant le protectorat japonais).

La Corée des comités populaires demeurait cependant une Corée sous occupation. Au nord, l’Armée rouge avait pulvérisé les forces japonaises et forcé la capitulation prononcée par l’empereur Hirohito le 15 août 1945. Les armées soviétiques ne descendent cependant pas au-delà du 38e parallèle, limite fixée au préalable pour définir les zones d’influence soviétique et américaine. Cette limite n’avait alors pas vocation à devenir une frontière imperméable, et encore moins une ligne de front. Décidée par les Américains et acceptée par les Soviétiques sans consultation des Coréens, cette ligne est une construction fictive et arbitraire sans aucun rapport avec la réalité coréenne.

 

L’occupation soviétique de la Corée du Nord
L’Union soviétique et la Révolution d’Octobre ont été et demeurent d’immenses sources d’inspiration pour les luttes de libération nationale. Que cela soit au Burkina Faso, en Chine, au Vietnam, en Indonésie, à Cuba, ou ailleurs, socialisme et lutte anticoloniale ont été intimement liés au XXe siècle. Les résistants voulaient l’indépendance nationale contre les intérêts impériaux, ils voulaient la terre et le grain contre les intérêts des exploiteurs. Ces aspirations populaires ont été guidées par une dévotion et une organisation communistes. Le socialisme révolutionnaire s’est présenté comme la seule voie répondant aux aspirations des masses laborieuses face à un pouvoir illégitime et failli.

Les Coréens voulaient libérer leur nation opprimée depuis des centaines d’années par le jeu des grandes puissances et des seigneurs. Différents groupes de résistants coréens nationalistes ou communistes agissent dès les années 1920 en Chine. C’est après l’invasion japonaise de la Mandchourie en 1931, à laquelle s’opposeront plus de 200.000 guérilleros, que le jeune Kim Il-sung, membre du Parti communiste chinois, émerge en tant que grande figure. Dès les années 1930, il était un leader affirmé, considéré par les Japonais comme le résistant coréen le plus efficace et le plus dangereux. Sa figure est celle qui symbolise le mieux, aujourd’hui comme hier, la résistance coréenne.

Kim Il-sung et les résistants communistes coréens jouissaient d’une immense popularité pour leur contribution à la lutte. Grâce à leur sacrifice pour la Corée et à leur dévotion pour les masses, ils avaient réussi à implanter un esprit communiste au sein des ouvriers, des paysans, des jeunes, des étudiants, et parfois des intellectuels et écrivains coréens. Ils avaient beaucoup plus d’influence que les nationalistes conservateurs dont la base sociale était bien plus maigre. De plus, les ambitions des socialistes répondaient aux attentes des masses paysannes fatiguées de la domination des propriétaires terriens (nous parlerons dans un autre article de la réforme agraire en Corée du Nord). Le projet des socialistes avait toutes les chances d’être embrassé par le peuple coréen, et Kim Il-sung avait toutes les chances d’être élu lors d’éventuelles élections.

Kim Il-sung

 

Les Soviétiques connaissaient bien Kim Il-sung et ses camarades de l’Armée de guérilla populaire. Ils avaient soutenu, approuvé et observé la guérilla en Mandchourie. Ils le considéraient comme un homme fiable. La popularité du Parti du travail de Corée de Kim Il-sung a permis à l’occupant soviétique de laisser une importante marge de manœuvre à l’administration nord-coréenne épurée des collaborateurs pro-japonais. Révolutionnaires et patriotes, les communistes coréens ont coopéré avec les Chinois et les Soviétiques sans jamais abandonner la souveraineté coréenne. Ils ont tissé des alliances stratégiques mais ne se sont jamais inféodés. Kim Il-sung n’a pas été hissé comme figure la plus influente de la RPDC par la volonté soviétique. Les commandants de la guérilla en Mandchourie (comme Kim Chaek, Choe Hyon, Kim il, Choe Yong-gon) étaient parvenus à un accord pour qu’il soit au sommet de la hiérarchie en raison de ses qualités personnelles et de sa réputation. Les comités populaires et les institutions centralisées qui suivront ont pu s’administrer librement. Les troupes soviétiques ont quitté le territoire en décembre 1948, soit trois mois après la fondation de la République populaire démocratique de Corée. L’occupant soviétique n’a pas eu besoin d’imposer son modèle social. L’orientation socialiste fut l’œuvre des masses et du Parti du travail de Corée, à un moment où seuls les communistes proposaient l’indépendance, la terre, et le pain.

Ce prestige militaire et patriotique est essentiel pour comprendre la RPDC actuelle. Aujourd’hui encore, les nord-Coréens légitiment leur doctrine et leur commandement militaire par la résistance contre les Japonais et la revendication de la souveraineté coréenne. Certains membres du commandement nord-coréen actuel sont même directement issus de la résistance en Mandchourie.

 

L’occupation américaine de la Corée du Sud

Au sud du 38e parallèle, la situation est très différente. Pendant un temps, les comités populaires organisent la vie politique et doivent gérer les soldats et policiers japonais ayant fui et ravagé le nord après l’invasion soviétique. Là aussi, les communistes exercent une influence très importante. Mais ils ne faut pas croire que l’élan qui emportait les comités fut l’œuvre d’un parti autoritaire et totalitaire (ce qui servira pourtant de légitimation à l’autoritarisme américain et pro-américain). Par exemple, le Comité pour la préparation de l’indépendance populaire de la Corée, crée par Yo Un-hyung, planifiait la création d’un gouvernement de toute la Péninsule coréenne. Le 12 septembre 1945 est alors proclamée la République populaire de Corée (qui n’a dans les faits jamais eu de réelle autorité). Yo ne pouvait cependant pas être suspecté de communisme. Il a fait partie du Gouvernement provisoire de Corée (gouvernement en exil crée en 1919) des nationalistes anticommunistes Syngman Rhee et Kim Ku. Il a aussi travaillé avec Kim Kyu-sik, qui n’était pas moins à droite que les deux autres. Chrétien, il ne croyait absolument pas dans le marxisme et dans la dialectique matérialiste. Il était surtout un populiste de gauche, un très grand orateur, un tribun favori du peuple. Il avait même été contacté par les Japonais pour organiser une transition administrative qui éviterait un destin désastreux aux soldats, policiers et collaborateurs japonais émigrés au sud. Yo Un-hyung était donc très loin du communisme. Cela n’empêchera pas les forces américaines de nier totalement la souveraineté de l’éphémère République populaire de Corée.

 

Kim Ku
Yo Un-hyong

L’armée américaine, qui n’avait pas versé une goûte du sang pour la libération de la Corée, arrive le 8 septembre, trois semaines après la capitulation japonaise, là où les forces soviétiques étaient présentes depuis 1 mois. Les Américains ne reconnaissent pas la légitimité de la République populaire de Corée de Yo Un-hyung (pourtant loin d’être une incarnation du bolchévisme), des comités populaires suspectés de communisme, ou encore du gouvernement provisoire de la République de Corée (à ne pas confondre avec l’éphémère République populaire de Corée vue précédemment) dirigé le nationaliste anticommuniste Kim Ku.

Yo Un-hyung sera assassiné par un exilé anticommuniste nord-coréen, et Kim Ku sera assassiné par la police secrète sud-coréenne pour son engagement en faveur de la réunification. L’impossible unité entre les deux Corée n’est donc pas une affaire de gauche ou de droite. Les patriotes coréens ont toujours été la cible des impérialistes. Le fait est que l’union coréenne ne pouvait être réalisée que par les masses. À l’inverse, les élites ne pouvaient se maintenir au pouvoir qu’en bénéficiant du soutien américain. Mais comme dans toute l’Asie, l’intérêt et la volonté des masses étaient absolument contradictoires avec les intérêts américains. Les États-Unis, contrairement aux Soviétiques, vont alors devoir imposer leur ordre économique et social par la force.

Le 8 septembre 1945, les Américains installent un régime d’occupation militaire similaire à celui qu’ils projetaient d’installer en France : l’United States Armed Military Government in Korea (USAMGIK). Leur dessein, résumé très brièvement, était de pardonner les Japonais pour faciliter la réintégration du capitalisme dans un Japon dévasté sous occupation américaine et susceptible de s’orienter vers le socialisme. La Corée devait alors servir d’appui pour influencer et industrialiser le Japon. Ils désiraient aussi s’assurer une voie d’accès vers la Chine, la Russie et la Corée du Nord pour contenir la propagation du socialisme et « protéger » le Pacifique. Le sud de la Corée avait donc un rôle stratégique très important.

Soldats américains dans Séoul en 1945

Les 4 grandes priorités américaines étaient de créer une armée pour « défendre » le 38e parallèle ; de faire de la police nationale coréenne la première arme pour « pacifier le sud » ; de solidifier les alliances avec les partis conservateurs ; et de supprimer les contestations politiques. Ainsi, les Américains ont choisi d’accorder les hautes fonctions administratives, policières et militaires aux collaborateurs pro-japonais.

Ce gouvernement n’avait aucune légitimité aux yeux des masses coréennes et suscita un vent de révolte durement réprimé. Les Coréens n’avaient jamais eu de sympathie particulière pour les Américains et les valeurs des « démocraties » libérales occidentales. La plupart des villageois coréens n’avaient jamais vu un Américain, qui n’avaient de liens qu’avec les élites. Très attachés à leurs traditions, les Coréens ont, plus que d’autres peuples asiatiques, souvent fait preuve d’une grande résistance face aux armées et aux éléments culturels impérialistes. Ils ne supportaient pas d’être à nouveau sous occupation et de voir les élites les opprimer encore, alors que 70 % des Coréens du Sud se prononçaient pour le socialisme.

Les Américains et les conservateurs coréens ne pouvaient pas imiter les Soviétiques et les communistes coréens dont l’autorité reposait sur la légitimité et les faveurs populaires. Ils ont dû faire preuve d’un autoritarisme sanglant, menant à la chasse systématique des suspectés de communisme et au massacre de centaines de milliers de Coréens (nous aborderons les questions de répression dans un autre épisode). Toute résistance ou critique du gouvernement militaire pouvait être considérée comme une tendance pro-soviétique. Ainsi, vouloir expulser les propriétaires terriens ou expulser les collaborateurs constituait une marque de bolchévisme. Le principal problème des Américains n’était cependant pas les bolchéviques, mais bien les Coréens eux mêmes… Dans toute l’Asie, le rapport de force populaire leur était très défavorable. Si ni les Russes et ni les Américains n’avaient été en Corée, le régime aurait très sûrement été un régime révolutionnaire et patriotique qui aurait pu avoir un destin d’intégration internationale comme la Chine ou le Vietnam. La seule issue possible pour les intérêts américains était l’instauration d’un gouvernement autoritaire et le maintien d’une présence militaire qui dure encore aujourd’hui. Quitter la péninsule aurait signifié laisser un pays de plus se faire aspirer par la vague socialiste.

 

La division de la Corée : une œuvre impérialiste

En décembre 1945, les Alliés s’étaient accordés pour que la Chine, l’URSS, la Grande-Bretagne et les États-Unis administrent la Corée pendant cinq années jusqu’à l’indépendance. Mais face à l’impossibilité d’obtenir une union gouvernementale conforme à leurs intérêts, les États-Unis ont demandé en 1947 à ce que la question de l’indépendance coréenne soit portée devant l’Organisation des Nations unies. L’ONU est à cette époque dominée par des puissances pro-américaines et défavorables à l’URSS. Elle autorisera par la suite l’intervention américaine dans la Guerre de Corée qui mènera au massacre de millions de Coréens. Sans demander l’avis des Coréens, l’ONU vote une résolution pour organiser des élections sous sa supervision dans toute la Corée. Les Soviétiques, qui comprennent bien qu’un organe de l’ONU ne pourra que leur être défavorable, boycottent le vote de la résolution (la fameuse politique de la chaise vide). L’ONU vote alors pour l’organisation d’élections dans la seule Corée du Sud, provoquant l’indignation des patriotes coréens de gauche comme de droite qui désiraient l’unification de la Corée et qui refusent de participer à ces élections.

L’organe en charge de surveiller les élections, la Commission Temporaire des Nations-unies pour la Corée, n’est pas reconnu par les Soviétiques et les Coréens du Nord. Elle est majoritairement composée d’alliés américains. Malgré tout, les délégués d’Australie, du Canada, d’Inde et de Syrie font entendre une voie dissidente. Ils constatent que les organisateurs des élections sont en majorité du Parti démocratique de Corée (parti conservateur anticommuniste proche des occupants américains et des élites) ou de proches associés de son leader Kim Song-su. Ils se plaignent de l’intimidation et du lobbying que le brigadier général John Weckerling infligeait aux délégués de l’ONU. Ils font alors part de leurs doutes concernant la possibilité d’organiser des élections en Corée du Sud dans un tel climat. Malgré les avertissements, les élections auront lieu dans un contexte de fraude, de répression, de boycott de l’opposition, et d’insatiable soif d’indépendance des Coréens.

Ces élections suscitent l’indignation en Corée du Nord et en Corée du Sud. Des personnalités conservatrice du sud comme Kim Ku ou Kim Kyu-sik protestent contre leur tenue, et se réunissent à Pyongyang sur invitation de Kim Il-sung. Les contestations populaires sont vives. Les habitants de l’île de Jeju, au sud, se soulèvent et subissent la répression de l’armée sud-coréenne qui fera plusieurs dizaines de milliers de morts, soit plus d’un dixième de la population sur cette île de 300.000 habitants, détruisant de nombreux villages et suscitant de nombreuses mutineries.

Répression du soulèvement de Jeju

 

Pour préserver leurs intérêts et leur emprise après « l’indépendance », les Américains ont trouvé l’homme parfait : Syngman Rhee.

Anticommuniste convaincu, chrétien, imprégné d’idéologie américaine, il a émigré aux États-Unis en 1904, avant que la Corée ne devienne un protectorat japonais. Rhee n’avait pas remis un pied en Corée avant d’y revenir à bord d’un avion militaire américain en octobre 1945. Il faisait partie de ces résistants gentlemen qui tentaient d’obtenir un soutien diplomatique auprès de grandes puissances. Pendant que Kim Il-sung prenait les armes, Rhee arpentait les rues de Washington pour tenter de monter les puissances impérialistes les unes contre les autres. Si les revendications d’indépendance coréenne n’intéressaient pas vraiment les Américains avant 1945, Rhee devient soudainement l’homme de la situation. Par rapport aux autres anticommunistes, il présente plusieurs avantages : il n’est pas véritablement un traître car il n’a jamais collaboré avec les Japonais, il maîtrise parfaitement le coréen et l’anglais, et surtout, il réclame l’indépendance sans cesse et sous n’importe quelle condition. Syngman Rhee, qui était contre toute union avec les communistes et contre toute discussion avec les Soviétiques, était la façade coréenne indépendantiste parfaite pour servir les intérêt américains, à l’inverse d’anticommunistes conservateurs un peu trop attachés à l’union nationale comme Kim Ku ou Kim Kyu-sik.

 

Discours de Syngman Rhee avec le général Hodge
Syngman Rhee

 

À l’issue des frauduleuses élections pour l’Assemblée constitutionnelle de Corée du sud qui ont lieu le 10 mai 1948, le parti de Syngman Rhee obtient 55 des 200 sièges. Il est soutenu par Kim Song-su et le Parti démocratique de Corée qui obtient 29 sièges. 85 indépendants dont la majeure partie sont affiliés à Syngman Rhee sont également élus. La quasi totalité des opposants avaient boycotté ces élections. Par la suite, l’élection présidentielle indirecte aboutit à la victoire de Syngman Rhee le 20 juin 1948.

La première République de Corée est proclamée le 15 août 1948. Elle se prétend souveraine sur l’ensemble de la péninsule coréenne. Trois semaines plus tard, au nord du 38e parallèle, la République populaire démocratique de Corée est proclamée. La voie vers la catastrophique Guerre de Corée était ouverte.

Syngman Rhee va rapidement montrer son vrai visage. Son gouvernement autoritaire et impopulaire causera la mort de centaines de milliers d’opposants. Rhee récupère le système politique établi dès les premiers mois de l’occupation américaine et offre les hautes fonctions à des collaborateurs pro-japonais. Dans les forces de polices, 85 % des policiers ayant servi durant l’occupation japonaise ont été réintégrées dans la nouvelle police nationale. Plus de 50 % des policiers sud-coréens ont alors collaboré avec l’envahisseur japonais. C’est cette police qui matera dans le sang les nombreux mouvements de résistance populaire que va connaître le pays.

L’histoire de la Corée du Sud est marquée par une caste dirigeante traîtresse. On peut citer le cas de Kim Suk-won, haut-gradé de l’armée impériale japonaise. Il a servi dans l’invasion de la Mandchourie par le Japon et dans la seconde guerre sino-japonaise. Sous la première république de Corée, il devient général de brigade, et Rhee souhaitait le nommer commandant de l’armée sud-coréenne. Un buste de bronze lui a été dressé en 1978 dans l’académie militaire de Seongnam.

Yi Un, « empereur » coréen, qui avait servi dans l’armée japonaise en tant que lieutenant-général, retournera en Corée du sud en 1963 pour y terminer sa vie dans un palace. Le dictateur Park Chong-hee, amateur de l’idéologie guerrière des fascistes japonais (le bushido), a rejoint l’armée impériale sous un nom japonais. Il a été officier dans l’armée sud-coréenne à partir de 1946. Il renverse le gouvernement en 1961 pour rester au pouvoir jusqu’en 1979. Sa fille Park Geun-hye fut présidente de 2013 à 2017 avant d’être chassée du pouvoir pour avoir confié des informations confidentielles à son influente confidente, la chamane Choi Soon-sil (dont le père conseillait le dictateur Park Chung-hee!). Kang Young-Hoon, vétéran de l’armée japonaise et du gouvernement militaire américain, a été le premier ministre de Roh Tae-woo…

 

Rivalité et rigidification.

Les figures politiques coréennes se détestaient au moins autant qu’elles détestaient les japonais, et cela a eu un effet certain sur l’impossibilité d’unifier la Corée. Mais la division est avant tout la conséquence de l’intervention logique d’un impérialisme protégeant ses intérêts dans la région. De cette séparation découlent deux états aux cultures politiques très différentes. L’idéologie nord-coréenne met en avant une immense légitimité historique et le sentiment de porter les intérêts  d’un peuple divisé par l’intervention militaire étrangère. Les guerres, les menaces diplomatiques et les difficultés économiques n’ont fait qu’accentuer ce phénomène.

Ainsi, l’État nord-coréen et ses ressortissants font preuve d’un intense patriotisme. Ils sont extrêmement attachés à leur histoire, à leur culture, à leurs héros et à leurs symboles. Leur système politique est directement hérité de cette période, l’armée et ses valeurs y trouvent une place essentielle. Ce sentiment patriotique est encore plus exacerbé qu’il se construit contre les valeurs portées par l’Empire américain et la « soumission traîtresse » de l’État du sud. L’idéologie officielle du parti, le Juche, fait la synthèse entre un patriotisme exacerbé, une obsession de la souveraineté et de l’autonomie, un immense respect des ancêtres hérité du confucianisme et un héritage révolutionnaire socialiste. C’est l’idéologie d’une nation née dans la guerre et qui s’est considérée en guerre totale durant toute son existence. La nation coréenne se considère comme un tout uni par la résistance passée et présente, et chaque Coréen se doit de participer à l’effort de guerre.

Il n’est pas absurde de penser que cette idéologie, qui se manifeste concrètement dans la structure politique et organisationnelle du pays, fut l’une des raisons pour lesquelles le système nord-coréen, malgré sa marginalité et son isolement, a survécu et ne semble pas près de s’effondrer. L’État nord-coréen et son idéologie sont la réponse logique à un contexte menaçant. De là découle un développement autoritaire et liberticide (mais parfois nécessaire) dont les contradictions ne sont pas sans générer de graves dérives…

(Les cérémonies officielles devant les statues de Kim Il-sung et de son fils Kim Jong-il représentent bien le culte de la personnalité et des ancêtres, l’attachement à l’histoire, le patriotisme exacerbé, et la place centrale de l’armée dans la RPDC)

Source: http://jrcf.over-blog.org/2018/10/la-coree-du-nord-dictature-totalitaire-ou-eldorado-socialiste.html 

34 ans de prison, toute une vie de résistance !

Communiste arabe, Georges Abdallah s’engage très jeune dans la résistance palestinienne et libanaise contre les bourgeoisies confessionnalistes libanaises et ses alliés impérialistes et sionistes.

Communiste arabe, Georges Abdallah sera condamné à la réclusion criminelle à perpétuité en France en 1984 pour des actes revendiqués par les Fractions Armées Révolutionnaires Libanaises alors en lutte contre l’occupation sioniste du Liban.

Communiste arabe, Georges Abdallah poursuit son engagement depuis sa prison. Par exemple, il affirme son soutien au combat contre les crimes policiers racistes tout comme sa solidarité avec les différentes mobilisations du prolétariat en France.

Communiste arabe, Georges Abdallah défend encore et toujours le programme historique contre la colonisation sioniste : une Palestine libre et démocratique de la mer au Jourdain. En ce sens, il affirme la nécessité de la Résistance, y compris armée, en Palestine occupée mais également dans les camps de réfugiés palestiniens et dans les régimes réactionnaires arabes de la région qui sont des ennemis de la Palestine.

Communiste arabe, l’impérialisme français refuse de le libérer allant même jusqu’à bafouer ses propres lois. Ce refus témoigne de la volonté des gouvernements français successifs de tenter d’isoler et étouffer une voix, un symbole résolument anti-impérialiste et antisioniste au Moyen-Orient.

Communiste arabe, Georges Abdallah est notre camarade et nous exigeons sa libération immédiate. Alors que celui ci entrera le 24 octobre prochain dans sa 35e année d’incarcération, l’OCML VP appelle à participer largement à la Semaine Internationale d’Actions pour sa libération et en particulier à la manifestation du samedi 20 octobre dès 14 de la gare à sa prison à Lannemezan (65).

Il est de nos luttes, nous sommes de son combat : libérez Georges Abdallah !

OCML Voie Prolétarienne, 14 octobre 2018

 

Source: http://ocml-vp.org/article1957.html

Palestinian Workers Continue to Die for a Capitalist State

They no longer hit the headlines but the Palestinian “Great Return Marches” along the Gaza border with Israel continue. Since March 22 the world has been witnessing yet more horrific scenes in the long conflict between the Israeli state and the dispossessed Palestinians on whose land that state was built. By June 2 the continual shooting of Palestinian demonstrators in Gaza by an Israeli Defence Force (IDF), safely bunkered inside its own border, had produced 124 dead and at least 13,000 wounded. In all that time only one Israeli soldier has been injured.

The Palestinians continue to lament May 15 1948 as the Nakba, or Catastrophe, when they were ethnically cleansed from their villages by Jewish terrorist groups: the Haganah (one of the forerunners of the IDF), the Irgun and Lehi (also known as the Stern gang). Some may say that the latest clashes in Gaza are just part of the same old scenario which has been going on for exactly 70 years. Not quite.

The seventieth anniversary of the Naqba or Catastrophe “coincided” with a glitzy ceremony to open the US Embassy in Jerusalem. This was not mere symbolism. The US was not always so one-sidedly pro-Israel but, as the embassy move shows, it has dropped all pretence of looking for the chimera of a “fair” solution to the Palestine-Israel conflict. Instead the US has identified even more closely with Israel as part of its policy of thwarting the imperialist ambitions of Iran in the area. The Palestinians are once again on the wrong end of imperialist policy – a factor which explains their predicament ever since the foundation of the state of Israel exactly 70 years ago.

Imperialist Policy in Palestine

Brutal though the massacres of Palestinians were in 1948, it was not terrorism alone which brought about the state of Israel. It was a unique conjunctural moment in the history of imperialism. After 6 years of the most brutal war in human history – the kind of war of annihilation that only a capitalist system in its imperialist phase could bring – the victors could look around at a half-destroyed Europe and a devastated Japan to impose whatever order on the world they liked. However by 1947 the Cold War between the two super-powers had begun. The USSR and the United States both supported the creation of the state of Israel because they both thought it might be useful for their strategic interests and they both did not want the other to be its sole sponsor.

Although nominally amongst those victorious powers, the United Kingdom of Great Britain and Ireland, as it was known from 1947, was actually one of the losers of the two great imperialist wars of the Twentieth Century. Churchill had not championed the fight against Hitler because he was “a monster” who murdered an estimated 13 million people (including 6 million Jews) in the death camps. Rather, he was leading the fight to defend “the British Empire and its Commonwealth” which, in his view, and not unlike the Third Reich, also had aspirations to “last for 1000 years”. Unfortunately for an almost bankrupt British imperialism the Second World War just finished off what the First World War had started. Both wars destroyed much of Britain’s previous financial control of places like Latin America and it simply did not have the strength to hang on in much of its Empire. A partitioned India (the former “Jewel in the Crown”) was quickly abandoned to ethnic cleansing and massacres whilst the USA had to be called in to stop the Greek Communists (the Stalinist KKE) winning victory in the civil war against the pro-British monarchists there.

In Palestine though, the weakness of British imperialism was compounded by its earlier imperialist policies. In the First World War the British had promised the Arabs that they would enjoy independence if they helped in the fight against the Ottomans. The Arabs were not to know (at least not until the Bolsheviks published all the secret treaties of the Entente powers after October 1917) that the French and British had already planned (1915) to partition the Middle East in their own favour. In the Peace of Paris the British received Palestine, Iraq and Jordan as “mandates” from the League of Nations.

The Arabs also did not know that in the British Foreign Secretary, Arthur Balfour’s Declaration a future Palestine would accommodate “a national home” for the Jews. There was a caveat in the Balfour Declaration which stated that “it being clearly understood that nothing shall be done which may prejudice the civil and religious rights of existing non-Jewish communities in Palestine”. “A national home” was a vague term unknown to international jurists and it only specified “in Palestine”. It did not mean the takeover of all Palestine but its ominous labelling of 90% of the population there as “non-Jewish” rather than “Arab” demonstrated that the existing population (1 million by 1920) was to be ignored. Balfour admitted as much. For him

… Zionism, be it right or be it wrong, good or bad, is rooted in age-long tradition, in present needs, in future hopes, of far profounder import than the desires and prejudices of the 700,000 Arabs who now inhabit that ancient land.

[Quoted in Peter Mansfield, A History of the Middle East p.165]

He was uninterested in the fact that these same Arab people had been there for roughly the same length of time as the Anglo-Saxons had been in England! Even Chaim Weizmann (the Zionist leader and future first President of Israel), who went to Palestine to establish a Zionist mission, left after a short while, convinced that the place was too Arab to become the basis for a future Jewish state.

In fact, only 3% of the population of Palestine was then Jewish but the Balfour Declaration gave an enormous boost to Zionism (which had been opposed by many, perhaps a majority, of Jews until then). The British appointed the leading Zionist Herbert Samuel to run Palestine after the war. Samuel had proposed to the British Cabinet as early as 1914 that a Jewish state in Palestine would be in British interests and he lost no time in promoting Jewish immigration. By 1935 Jews accounted for 16% of the population.

Whilst Zionism had grown alongside (and in some ways as a response to) the rise of nationalism in Europe, [1] Arab (and indeed Middle Eastern) nationalism was not well developed. Cash-strapped absentee Arab landlords were only too glad to sell parcels of land to Jewish settlers who received substantial financial support from the Jewish Agency and its world-wide backers.

Between 1922 and 1939 Jewish colonies had increased from 47 to 200 and Jewish landholdings had more than doubled. [Mansfield p.208]

On the other side there was no unity amongst the various traditional leaders of the Arabs. Local dynasties like the Hashemites were more concerned about controlling their own territory and some, like Amir Abdullah, became a British stooge in the supposedly independent state of Transjordan set up in 1923. It was only in 1935 that the Arab leaders were united enough to demand an end to Jewish immigration and when they learned that the Zionist settlers were smuggling in arms the Arab Revolt broke out. It began with a six months general strike and lasted 3 years but it failed utterly.

Not only did it give some Zionists the experience of fighting the Arabs (in concert with the British Army) it also provoked the British Government to come up with a plan for partition of Palestine for the first time. The Peel Commission not only proposed this but also the expulsion of some Arabs from their land to make way for a Zionist state.

The imminence of the Second World War, however, led to a change in British policy. Counting on the loyalty of the Jewish community against the Nazis they sought to placate the Arabs by limiting Jewish immigration and offering an independent Palestinian state within ten years. Since Arabs would still be in a majority, the Zionists regarded it as a betrayal of the Balfour Declaration. The Arabs, led by the party of the Mufti of Jerusalem, also rejected it because they (understandably) no longer believed in the promises made by British imperialism. This led the Mufti to throw his support behind Nazi Germany – a fatal step which ensured that the Arabs of Palestine were totally isolated in the post-war imperialist carve-up.

Born in Blood – the Establishment of Israel

In rejecting the British plan the Zionist movement turned to outright terrorism, being the first to introduce the bombing of innocent civilians in Arab markets which has been much imitated since by all kinds of terrorist organisations. It peaked with the blowing up of the King David Hotel in July 1946, killing 91 British soldiers and civilians. A few months later an enfeebled British imperialism handed the problem it had largely created over to the United Nations.

After World War One the League of Nations had held plebiscites to determine the future status of many areas. Some of these were rigged (such as that in Silesia where Poland was given a chunk of this industrial area which had voted to remain German) but the United Nations had no such intentions. It decided on partition without consulting the local inhabitants. The partition plan gave the Zionists 55% of the territory of Palestine (when in fact it held only 8%). What pushed the plan through was that both the USA and USSR brought enormous pressure to bear on the UN members to vote for the scheme.

Ironically, in view of later developments, it was the USSR which was most enthusiastic about the formation of the state of Israel. They not only thought it an “anti-imperialist movement” which would doom the British Empire but also saw it as the shape of things to come. Stalin even relaxed his usual anti-Semitic policies as he sought to win over the Zionists.

The USA was more ambivalent as its ruling elite were divided between those who saw it as a provocation of the Arab oil-producing states and those who saw it as more reliable future ally than the Arabs. Truman, though, had exerted enormous pressure on the British to allow mass Jew migration and in the end the US wanted also to be seen as a friend of Israel to deprive the USSR of sole sponsorship of the new state. This was made all the easier because Roosevelt had already secured an oil deal with Saudi Arabia in 1945. [2]

However, in March 1948 the US came out against forcible partition of Palestine. By this time the British were in full retreat and communal fighting had broken out between Jews and Arabs. An Arab Liberation Army of some 3000 volunteers tried to defend the local Arab community but they were outnumbered and outgunned by various Zionist terrorist organisations. Worried about the US’ position, the Irgun and Stern gang were collaborating with the Haganah to implement Plan Dalet which aimed to seize most of Palestine. The strategy was consciously based on the massacre of enough Palestinians to force the rest to flee. The Irgun massacred 250 Palestinians in the village of Deir Yassin, whilst there were many other such massacres in Lydda and elsewhere. As Yitzhak Rabin [later Prime Minister and Nobel Peace prize winner before his assassination by a Zionist extremist in 1995 for signing the Oslo Accords] noted in his memoirs, this ethnic cleansing produced the not entirely miraculous outcome of hundreds of thousands fleeing in advance of the Zionist forces so that half of the population ended up in neighbouring Arab lands.

The British had already left on 14 May and the state of Israel was proclaimed the next day, receiving de facto recognition from both the competing imperialisms of the USSR and USA within hours. A year later, Israel was rewarded for its ethnic cleansing by being admitted to the United Nations. Thus the Palestinian Catastrophe (Naqba), and the formation of the State of Israel were products of all the machinations of the world imperialist order of the twentieth century. The Israeli state could also count on the financial support of world Jewry, the United States and West Germany (the latter in the form of guilt money for the Holocaust termed “war reparations” after a treaty signed in 1953). This enabled the Israeli state to develop its economy and its armed forces. Within a few years 700,000 Jews from across the world had migrated to Israel to begin redressing the population balance in their favour.

The Cold War in the Middle East

The establishment of Israel, however, also gave a boost to the transformation of Arab nationalism from the cult of a few intellectuals or the manipulations of “traditional leaders” like the Hashemite monarchs in Jordan and Iraq who had sold themselves to Western imperialism. When army officers headed by Neguib and Nasser overthrew King Farouk, the British puppet in Egypt in 1952, it was to rid the state of his incompetence and corruption. The US at first was sympathetic to their movement and was very conscious of the possibility that the USSR might muscle its way into the Arab world. Thus, when Nasser nationalised the Suez Canal the British, French and Israeli governments agreed on the invasion of Egypt. This infuriated the Eisenhower government which saw this as something that would drive the Arabs into Russian arms. In a clear sign of who ran the so-called “free world” the US forced the three allies to halt their operation in Egypt and back down in November 1956.

The US was right to be fearful of the gains of the Soviet Union. Within a few years they were supplying arms to Egypt, Syria and Iraq and only an invasion of Lebanon (up until then known as the “Switzerland of the East”) in 1958 prevented the US losing control there. The Egyptians reneged on plans for the US to build the Aswan High Dam and the Soviet Union stepped in to take on the project (thus turning Egypt into its client state for the next 15 years).

Yet these developments also turned out to be beneficial to Israel, especially after the Six Day War of 1967, since it was now a confirmed US ally in the Cold War. This stood it in good stead in the Yom Kippur War in 1973. Initially the Egyptian Army (which had been rearmed by the USSR) caught the Israeli Defence Force off guard and recaptured great swathes of territory lost in 1967. However, the US not only poured in weapons to bolster Israel but prevented the UN from calling a ceasefire until it had recaptured much of the lost ground. Arab states pretended to launch an oil embargo against the US in support of the Palestinians but in fact, like so much supposed Arab support for the Palestinians, it was really a token affair and did not last. [3]

In the 45 years since the Yom Kippur War and despite Camp David Agreements and Oslo Accords it is clear that the Israeli ruling class has no intention of ever handing back the territory it occupied in 1967. The repeated settlement programmes and the wall in the West Bank testify to its intention to prevent the establishment of a Palestinian state. In this they have been encouraged by one US administration after another, which – despite occasional mild criticisms of Israel – has always used the veto to block any UN Security Council resolution which would have made Israeli control of the occupied territories just a little more uncomfortable.

The Anti-Iranian Policy

In the latest Gaza shootings of unarmed civilians the new US secretary of state Mike Pompeo opined that “the United States is with Israel in this fight, and we strongly support Israel’s sovereign right to defend itself”. At the same time, his UN Ambassador, Nikki Haley vetoed a Security Council resolution that would have simply investigated the Gaza shootings arguing that “no-one has shown more restraint than the Israeli Government”. In the past US administrations would have been more measured, calling for restraint rather than encouraging violence. At the same time though, they continued to pump $3 billion a year into Israel (three quarters of which must be spent on US military supplies). With this US administration the mask is off. There will be no “solution” to the Palestinian question other than the complete subjugation of the Palestinians.

In the US itself the pro-Israel lobby, which is bigger than the large and influential Jewish community, has been joined by the even larger Christian evangelical movement. And according to Henry Siegman

“More recently alt-right and neo-Nazi elements that form the most loyal members of the Trump base have joined this circle of supporters: they now see Israel’s embrace of a religiously defined national Jewish identity (replacing its previous status as “the only democracy in the Middle East”) as a validation of their own Christian, racist, fascist and white supremacist ideology. White supremacists can now join with Netanyahu in castigating Jewish critics of Israel’s xenophobic and far-right nationalist policies as self-hating Jews” [4]

This racist appeal is not that far from what Theodore Herzl, the founder of Zionism, thought too. In 1896 he wrote in The Jewish State an argument to win European support for a Jewish colony in the Middle East that

“We should there form a portion of the rampart of Europe against Asia, an outpost of civilisation as opposed to barbarism” [5]

Today the biggest threat to the existence of that “rampart” comes from Iran which, largely thanks to a series of US miscalculations born of hubris (like the invasion of Iraq), has increased Iranian power in Syria and Iraq, thus creating a corridor to reach their staunch supporters, Hezbollah, in Lebanon. It is no casual whim that has led to the US pulling out of the Iran nuclear agreement. The real issue is the advance of Iranian power in the Middle East.[6] The nuclear deal did not deal with that, which is why most US sanctions against Iran still stand. Ironically if anyone could call it a “bad deal” it was not the US but the Iranian ruling elite who got little economic benefit for ending their nuclear programme. The signs were that the working class in Iran had not only had enough of the dire economic conditions (wages not paid for months etc), but also the waste of money in imperialist adventures around the Middle East which could have been spent on the economy at home.[7] It seems that Trump abandoned Obama’s policy just when it was beginning to work!

European powers may have been more inclined to trade with Iran than the US, but European companies such as Total, who prepared to invest in Iran, were less sure since they could be fined in the US if they broke US sanctions. Netanyahu, in his recent tour of Europe to push the case against Iran, was thus able to tell Macron, with a smug smile on his face, that the Europeans could try to keep the nuclear deal alive but it will die due to “the weight of economic forces”. This is not quite true since US sanctions are not mere “economic forces” but a political interference using American economic muscle. The picture is clear. The US is in a position to use its legal system to retaliate against any except the smallest of European companies doing business with Tehran.

Even more clearly, the anti-Iranian alliance also incorporates Iran’s long term rival in the Middle East: Saudi Arabia. Saudi Crown Prince Mohammed bin Salman met Jewish leaders in New York in late March. At this meeting he accused the Palestinian leadership of repeatedly missing all the opportunities presented to it for the past 40 years and rejecting all the proposals it had received. With regard to the Palestinians, he made it clear that the issue was not a priority for his government and for the Saudi public. Palestinians “should accept the deal on offer” and “stop complaining”. He concluded that “there are far more pressing and more important issues to deal with, such as Iran…”.

So once again the Palestinians have become collateral damage in inter-imperialist conflict. The increasing intransigence of the Israeli state, which now has a cabinet dominated by ministers like Lieberman and Bennett who have no intention of evacuating a shred of Eretz Israel and are prepared to kill every Palestinian who opposes the occupations, [8] now has unequivocal international backing from the US. It is the final confirmation that the Israeli state has no real independent national existence but exists only thanks to a world imperialist order dominated by the United States in which, in the latest twist in US foreign policy, it is destined to play a major role.

Palestinian Workers are Dying for a Capitalist State

Given this appalling history and the manifest suffering of the Palestinian masses there are many who conclude that support for the Palestinian cause is support for “the anti-imperialist struggle”. What they fail to ask is what “support for the Palestinians” means. The first error here is to not see the question in class terms. Palestinian society is a class society like everywhere else in the world. Palestinian nationalism is led and defined by its capitalist class or bourgeoisie. This bourgeoisie is divided. As we wrote in 2000

For the most part the “big” Palestinian bourgeoisie lives abroad, in Lebanon, Syria, Egypt and the other Middle Eastern countries. Socially it is mainly composed of merchants and bankers who gain advantage from their refugee status in the diaspora. They live on non-productive economic activities, i.e., not linked to the compelling necessity to have a “fatherland” in which to geographically exist…

Their interests are linked to the financial management of the Arab Bank which has its offices in every Middle Eastern country, in Europe and in the USA. It doesn’t have a large amount of business but it is sufficiently developed to allow Palestinian speculators to operate in the world of Arab finance close to oil and all types of speculation. They have offices in Cairo, Amman and Damascus but also in

Paris, New York and London. Transnational financial business as imposed by globalisation is the route any bourgeoisie worthy of the name has to take.”[9]

This bourgeoisie, which dominates the PLO (and the Palestinian National Authority), was quite ready to do a deal with Israel which would have left them a mini-state of Gaza and some of the West Bank. However, its moderation towards Israel and its self-evident corruption gave birth to Islamist movements like Hamas (who originally received some support from the Israeli secret services to undermine the Fatah wing of the PLO). This is based on

“… an interclass hybrid which represents the interests of the middle and petty bourgeoisie, followed by a proletarian fringe. This is the indigenous bourgeoisie which have never moved from the territories where they were born and brought up since the birth of the Israeli state. Economically they are the small entrepreneurs, skilled craftsmen and peasants … They have suffered the full weight of the Zionist settlement. They feel it daily breathing down their necks in every economic initiative they take. They suffer the humiliation of discrimination in every aspect of life under the iron repression of the settlers and Israeli army. A thousand frustrations and the impossibility of developing their own economic activity have driven them to violence. Craftsmen and small entrepreneurs are boycotted in both production and consumption by the provocative nationalism of the Jewish community. Their market is reduced to their own community which doesn’t seem to represent a big enough demand in terms of sales and profits. Agricultural enterprises, besides being pushed onto the most geographically marginal and unproductive land, don’t have access to water. 90% of water resources are in the monopoly control of the Israeli settlers. When they do allow them access they make them pay the equivalent of the price of oil or gas. This adds enormously to the costs of production of foodstuffs and thus to the price which ends up being uncompetitive with those charged by the settlers themselves. In this situation, such is the anger, the desire for revenge, the hatred towards those responsible for their economic condition and living standards that political radicalisation and nationalist revanchism pours out of every segment of the Palestinian petty bourgeoisie, flooding in streams out of the Gaza Strip and West Bank until it has become an uncontrollable tide …

… A hypothetical Palestinian state, either in the PLO or Hamas version, would only strengthen the bourgeoisie. It would breathe life into the corrupt tertiarisation of the state administration, already scandalously begun in the autonomous zone. For the

Palestinian proletariat, however, unemployment would continue as usual.” [10]

The Palestinian case is a classic example of what we described in our basic document:

The bourgeoisie of the peripheral countries may sometimes find themselves in a weaker position in the imperialist pecking order. They may rely on all sorts of “anti-imperialist” rhetoric and social demagogy. But all of this does not alter the fact they are an integral component part of the global capitalist domination over the working class. For this reason so-called “national liberation movements” represent the interests of bourgeois fractions and currents and act as part of an inter-imperialist line-up against the working class. All theories and slogans of “national liberation” or of the “right of peoples to self-determination” are aimed at encouraging nationalist fault lines in the class and subjecting the proletariat to bourgeois control.” [11]

The second error of the supporters of the Palestinian national cause is in the phrase “the anti-imperialist struggle”. There is only one “anti-imperialist struggle” today and that is the struggle of the world working class to throw off the shackles of the system that has produced imperialism – capitalism. The question is not nations but classes. As Marx wrote in the Communist Manifesto “Workers have no country. You cannot take from them what they have not got”. The people who want workers to fight or die for this or that “country” are the bourgeoisie who own it. And this applies everywhere.

There is a fake argument amongst the so-called left that fighting for this or that national cause that yes, it may bring the bourgeoisie of that nation to power, but then the class struggle can really start. Apart from the question of why workers would spill their blood for a cause which favoured the bourgeoisie, such national struggles hand over the political programme to the propertied owning classes. They are the nation incarnate and they will use the very liberation struggle to justify their power.

A glance at what happened in South Africa, Zimbabwe and every other “post-liberation society” is enough to confirm that. A working class struggle of a sort exists there but it is difficult for it to develop independently given the wave of nationalism which brought the bourgeoisie there to power. Today Cyril Ramaphosa, once the anti-apartheid leader, the founder of the National Union of Mineworkers (NUM) and leader of the 1987 miners’ strike, after so-called “liberation” quit the NUM and became a board member of LONMIN the platinum mining house. During the strike at LONMIN’s Marikana mine in 2012 he was instrumental in getting the strike classed as “criminal” rather than economic which led to the police massacring 34 striking miners. [12] Today he is a multi-millionaire and, of course, President of South Africa whilst nothing has changed for the majority in South Africa.

The question everywhere is nation versus class and revolutionaries know which side they are on:

“Today, anti-imperialism means proceeding against the system as a whole. The exploited and oppressed can only struggle for their liberation on the basis of class autonomy. As internationalists we therefore recognise no solidarity with “peoples”, “states” or “nations”, but only with real and specific human beings and their struggles and social confrontations. Our aim is the struggle of the workers of all countries as this is the sole perspective for the overthrow of all oppression and discrimination.” [13]

Today in Palestine neither a one-state nor a two-state solution to the national aspirations are possible (without the destruction of Israel which is not likely to happen). The only solution for the Palestinian proletariat is the no-state solution – the abolition of all capitalist states and their brutal imperialist rule. The Palestinian workers, hemmed in by Hamas (who would kill any worker advocating what we are advocating here), have little chance of developing that autonomous struggle alone – they can only do so as part of the world proletariat in the only real anti-imperialist struggle – the destruction of the capitalist world order.

 

Source: http://www.leftcom.org/en/articles/2018-06-24/palestinian-workers-continue-to-die-for-a-capitalist-state