Le président américain promet «le fer et le feu» à l’ONU pendant que Trudeau se pose en grand espoir blanc du monde

Des questions importantes de guerre et de paix

 

Le débat général de la 72e session de l’Assemblée générale des Nations unies à New York a débuté cette semaine, le 19 septembre, et se poursuit jusqu’au 25 septembre. Les chefs d’État et de gouvernement ou leurs représentants s’adressent aux Nations unies pour énoncer les priorités qu’ils se fixent pour eux-mêmes, pour le monde et pour l’ONU.

À la toute première journée, le monde a eu droit à une manifestation de la crise profonde dans laquelle s’enlisent les États-Unis avec la prestation du président Donald Trump. Son discours hargneux dans lequel il promet d’utiliser le fer et le feu contre tous les non-croyants en la démocratie américaine montre à quel point les États-Unis désespèrent de ne pouvoir ordonner au monde de régler leur crise économique et multilatérale. Plus ils proclament qu’ils sont la nation indispensable, plus le reste du monde prend conscience de la nécessité de ne pas être marginalisé.

Bien que les États-Unis et l’échec de leur démocratie soient coupables de l’anarchie et de la violence dans le monde aujourd’hui, Trump a dit que la menace à laquelle le monde fait face est que « les pouvoirs autoritaires cherchent à faire effondrer les valeurs, les systèmes et les alliances qui ont empêché les conflits et ont promu la liberté depuis la Deuxième Guerre mondiale. »

Faisant fi de l’échec des institutions américaines à résoudre les contradictions au sein des cercles dirigeants ou quelque problème que ce soit dans le monde, Trump cite la Constitution des États-Unis comme un document intemporel et universel qui s’étend au monde entier. « Nous célébrons le 230e anniversaire de notre constitution bien-aimée, la plus ancienne constitution encore utilisée dans le monde d’aujourd’hui, a dit Donald Trump. Ce document intemporel a été le fondement de la paix, de la prospérité et de la liberté pour les Américains et pour d’innombrables millions de personnes dans le monde dont les pays ont trouvé l’inspiration dans son respect de la nature humaine, de la dignité humaine et de la règle de droit. »

« En Amérique, affirme-t-il, le peuple gouverne, le peuple est au pouvoir et le peuple est souverain. J’ai été élu non pas pour prendre le pouvoir, mais pour donner le pouvoir au peuple américain à qui il appartient. »

Donald Trump propose une conception irrationnelle de la souveraineté dans laquelle les États-Unis ont le droit souverain de décider de ce qui est dans leur meilleur intérêt et dans le meilleur intérêt du monde :

« Nous devons remplir nos devoirs souverains envers les personnes que nous représentons fidèlement. Nous devons protéger nos nations, leurs intérêts et leur avenir. Nous devons rejeter les menaces à la souveraineté depuis l’Ukraine jusqu’à la mer du sud de la Chine. Nous devons respecter la loi, respecter les frontières et respecter la culture, et l’engagement pacifique que cela permet. »

Puis il a directement menacé le peuple coréen : « Les États-Unis ont une grande force et une grande patience, mais si nous sommes forcés de nous défendre ou de défendre nos alliés, nous n’aurons d’autre choix que de détruire totalement la Corée du Nord. […] Les États-Unis sont prêts, disposés et capables, mais j’espère que cela ne sera pas nécessaire. C’est la raison d’être de l’ONU. C’est à cela que les Nations unies servent. Voyons ce que l’ONU va faire. »

Puis il a attaqué l’Iran et menacé d’annuler l’accord négocié en 2015 entre l’Iran, tous les membres du Conseil de sécurité, l’Allemagne et l’Union européenne qui limite le programme d’énergie nucléaire de l’Iran à des fins pacifiques en échange de l’abandon des sanctions. « Nous ne pouvons pas laisser un régime meurtrier continuer ces activités déstabilisantes tout en construisant des missiles dangereux et nous ne pouvons pas respecter un accord s’il contribue à la construction éventuelle d’un programme nucléaire. L’accord de l’Iran est l’une des transactions les pires et les plus unilatérales auxquelles les États-Unis aient jamais participé. Franchement, cet accord est embarrassant pour les États-Unis, et je ne pense pas que vous ayez entendu le dernier mot à ce sujet. Croyez-moi. »

Donald Trump a ensuite menacé de soumettre le monde entier à la guerre de terreur des États-Unis : « Désormais, ce sont nos intérêts de sécurité qui dicteront la longueur et la portée de l’opération militaire, et non pas les repères arbitraires et échéances fixés par des politiciens. J’ai également changé complètement les règles d’engagement dans notre lutte contre les talibans et d’autres groupes terroristes. »

« L’Amérique se tient avec toutes les personnes vivant dans un régime brutal. Notre respect de la souveraineté est également un appel à l’action. Toutes les personnes méritent un gouvernement qui s’occupe de leur sécurité, de leurs intérêts et de leur bien-être, y compris de leur prospérité. »

 

Pour sa part, le gouvernement du Canada s’est servi de son intervention à l’Assemblée générale de l’ONU pour présenter une image d’un premier ministre Justin Trudeau comme le grand espoir blanc qui promet de réussir là où ceux qui promettent le fer et le feu échouent.

La peur, voire la terreur que cherche à provoquer le président américain avec ses propos sur le fer et le feu ne doit pas détourner l’attention du fait que la version plus douce et plus gentille offerte par le grand espoir blanc sert les mêmes intérêts privés que les deux pays représentent.

Le premier ministre Justin Trudeau est resté silencieux au sujet de la menace de Trump de « détruire totalement » la République populaire démocratique de Corée et s’est joint à lui pour blâmer la RPDC en disant en conférence de presse : « Je partage les préoccupations de tous sur le comportement imprudent du régime nord-coréen et je continue de croire que la meilleure façon de calmer la situation est de travailler avec nos partenaires et alliés dans la région et dans le monde. » Ainsi, pour lui il est préférable de menacer la RPDC avec les alliés et partenaires plutôt que de laisser les États-Unis le faire seuls.

Pour montrer le sens de ses propos, il a aussi ouvert la porte à l’adhésion officielle du Canada au bouclier antimissile des États-Unis, qui fait partie de l’arsenal américain de frappe préventive contre d’autres pays. « Nous continuons d’examiner la situation, a-t-il dit. Notre position n’a pas changé sur le bouclier pour l’instant, mais nous continuons d’examiner les choses et de nous assurer que nous faisons tout ce que nous pouvons et devons faire pour protéger la sécurité des Canadiens. »

Lors d’un gala qui a eu lieu avant le débat général sur un porte-avion désaffecté, durant lequel il a reçu le prix Global Citizen Awards 2017 du Conseil atlantique de l’OTAN, Justin Trudeau a livré un discours que le Conseil décrit comme « un cri de ralliement pour sauver l’ordre mondial ». En fait, il a tenu des propos presque identiques à ceux tenus par Donald Trump le même jour.

« Les alliances qui ont soutenu la sécurité et la prospérité mondiales depuis 1945 sont mises à l’épreuve et l’urgence des défis que nous avons en commun — changements climatiques et sécheresse, inégalité du revenu, extrémisme violent, guerre civile et migrations massives qui en résultent — continuent de grandir », a-t-il ajouté avant de poursuivre :

« Partout dans le monde, l’ordre international établi depuis longtemps est mis à l’épreuve. Avec l’annexion illégale de la Crimée par la Russie et l’empiètement en Ukraine, nous avons été témoins de la première prise de territoire en Europe depuis la Deuxième Guerre mondiale.

« Ce n’est pas le temps de se désister. C’est le temps où les démocraties atlantiques doivent renouveler notre engagement envers des standards universels de droits et libertés, imposés par un ordre multilatéral basé sur des règles qui ont favorisé la paix et la stabilité et qui ont passé l’épreuve du temps. »

Cet ordre multilatéral basé sur des règles et imposé par l’ONU, l’OTAN, NORAD et l’Organisation mondiale du commerce comprend « le pouvoir doux et le pouvoir dur » et c’est pourquoi, dit-il, le Canada augmente de façon significative ses dépenses pour la défense.

Tout en faisant écho aux menaces de Trump contre le peuple coréen, Trudeau lance un appel hypocrite à « combattre les fléaux du racisme, du sexisme, de l’homophobie, de la transphobie, du fanatisme ethnique et religieux, du néofascisme, du néonazisme et de l’extrémisme violent de Daesh auxquels nous sommes confrontés en 2017 ».

« Nous ne devons pas hésiter. Il serait inadmissible de faire un seul pas en arrière dans la défense des standards de décence de la sororité et de la fraternité de la famille humaine sortie victorieuse des luttes les plus douloureuses du derniersiècle », a dit Trudeau.

L’ONU est devenue une instance désuète qui n’est plus capable de défendre la primauté du droit international adoptée durant l’après-Deuxième Guerre mondiale. La domination du monde par les pouvoirs policiers aux mains d’oligopoles et d’intérêts privés qui ne s’arrêteront devant rien pour s’enrichir signifie qu’il faut un nouvel équilibre du pouvoir capable de mettre les forces destructives en échec. Il est illusoire de croire que cet équilibre est possible dans le contexte du système impérialiste d’États. Il doit être créé par une humanité unie dans l’action à la défense de ses propres intérêts.

 

Le temps d’agir est maintenant !
Faisons du Canada une zone pour la paix !
Défendons les droits qui appartiennent à tous du fait d’être humains !
Une humanité, une lutte !

 

Source: http://cpcml.ca/francais/Lmlq2017/Q47038.HTM#1

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Vive la juste cause du peuple du Venezuela à la défense de la Révolution bolivarienne!

 

Le Parti communiste du Canada (marxiste-léniniste) appuie de tout coeur le peuple vénézuélien qui lutte pour défendre la Révolution bolivarienne et la souveraineté de la République bolivarienne contre les forces violentes de l’opposition inspirées de l’étranger.

Nous lui souhaitons tout le succès possible dans la mise en place d’un processus tout à fait légitime visant à créer une constitution nouvelle qui va exprimer les véritables aspirations du peuple aujourd’hui et lui permettre de créer une société qui va poursuivre les progrès réalisés dans l’amélioration de la vie du peuple.

Nous condamnons le rôle antidémocratique criminel joué par le gouvernement canadien, par le biais de sa ministre des Affaires étrangères Chrystia Freeland, en appui à la campagne dirigée par les États-Unis pour arrêter le processus constitutionnel, renverser le gouvernement du président Nicolás Maduro et ramener les Vénézuéliens à une vie de pauvreté de masse et de répression.

Freeland agit sans fondement légal ou moral et sans mandat des Canadiens en menaçant à son tour les Vénézuéliens de représailles s’ils ne mettent pas fin au processus constitutionnel. Seul le peuple vénézuélien a le droit souverain de décider de la direction de la société et de comment il va choisir sa forme de gouvernement. Les demandes mises de l’avant par Freeland, à partir d’un script écrit à Washington, constituent une ingérence inacceptable dans les affaires d’un pays souverain. Il s’agit là d’une tentative de coup d’État constitutionnel au Venezuela, du genre qui a été manigancé au Honduras en 2009 et au Brésil l’année dernière, toujoursr au nom du soutien aux processus et aux principes démocratiques. C’est une supercherie.

À Toronto, le 29 juillet 2017. Sur les pancartes: « Notre revanche va être l’approfondissement de la révolution bolivarienne ! » et «L’Assemblée
constituante est proche ! »

Les représentants du Parti conservateur et du Nouveau Parti démocratique ont pris une position similaire. Leurs avertissements contre la mise en oeuvre d’un processus constitutionnel légal sont particulièrement hypocrites compte tenu que le gouvernement canadien célèbre les 150 ans d’une constitution imposée par la Prérogative royale d’un parlement impérial étranger. Doit-on rappeler à la ministre Freeland que son gouvernement a même mis de côté son propre processus de consultation et ses promesses de changements à la loi électorale du Canada ?

La demande de Freeland que le Venezuela « revienne » à la démocratie et « respecte le droit international » est non seulement hypocrite mais absurde dans le contexte de l’appui que donne le Canada aux néonazis et aux anciens collaborateurs nazis en Ukraine et de son appui aux guerres d’agression, d’occupation et de changement de régime que mènent les États-Unis en différentes parties du monde. C’est le gouvernement du Canada qui viole le droit international en s’ingérant dans les affaires internes de pays indépendants au nom de grands idéaux.

Freeland et ces partis politiques représentés au Parlement ne parlent pas au nom des Canadiens quand ils répètent les menaces des États-Unis contre le Venezuela. Les Canadiens veulent que le Canada soutienne le principe de la souveraineté de toutes les nations. Le PCC(M-L) souhaite aux Vénézuéliens le même avenir brillant de démocratie et d’indépendance que nous voulons pour nous-mêmes. Nous appuyons l’objectif de l’Assemblée constituante de consolider le projet des Vénézuéliens de se bâtir une vie meilleure dans la paix.

Source: http://cpcml.ca/francais/Lmlq2017/Q47034.HTM#1

Dix clefs pour comprendre et analyser la victoire du chavisme à la Constituante

En Occident il y a bien longtemps que la gauche n‘ose plus parler de démocratiser la propriété des médias. Les grands groupes privés imposent leur image du monde au service public et… balisent l’imaginaire de la gauche. Comme le Venezuela construit une démocratie participative et bat les records en nombre d’élections, les grands médias personnalisent le processus : «Chavez ceci», «Maduro cela», «populiste», «dictateur», «iranien». Ceci est le journal d’une révolution, aux antipodes de l’AFP ou de Reuters.

par Victor Hugo Majano

Le processus électoral qu’a vécu dimanche le Venezuela et les résultats quantitatifs du vote pour la constituante (plus de huit millions de suffrages exprimés) montrent clairement un triomphe du chavisme, avec une corrélation très forte sur les plans politique et symbolique.

La « bataille finale » ne s’est pas jouée comme le disent les boucliers des extrémistes de droite « autour du palais présidentiel de Miraflores » : elle ne s’est pas faite avec des balles mais avec des votes et n’en a que plus de force. Le chavisme dispose à présent d’une grande légitimité et de la base légale pour aller de l’avant et sans hésitations vers une transformation profonde dans le cadre constitutionnel pour assurer la paix, renforcer les institutions et rétablir l’équilibre de l’économie.

Une analyse préliminaire permet d’identifier un ensemble de points-clés:
1) On voit que l’opposition associée à la MUD (coordination des partis de droite) n’est pas majoritaire.

2) Elle n’exprime pas plus les attentes et les besoins de la majorité ou des principaux secteurs du pays. Pas même des secteurs dominants.

3) Elle ne sert pas les intérêts nationaux, mais des facteurs externes bien identifiés, qui ne tentent même pas de nuancer leurs positions ou de les dissimuler.

4) La droite a démontré un caractère violent et son irresponsabilité dans l’usage de la violence. Les dirigeants actuels sont encore ceux du coup d’État contre Chavez ou des « guarimbas » des années antérieures. Ils n’ont jamais condamné mais au contraire encouragé les actions meurtrières de 2017, appelant même à plusieurs reprises à un nouveau coup d’État des forces armées, sans autre projet politique que celui de renverse Maduro, comme ils voulaient renverser Chavez.

5) Pendant ce temps, le chavisme a montré qu’il est le seul mouvement politique actuellement porteur d’une vision, d’un projet national d’inclusion, qui intègre les principaux facteurs sociaux, institutionnels, économiques et politiques du pays et parmi lesquels ne sont pas exclus organiquement les facteurs liés à l’opposition regroupée dans le MUD.

6) La droite, en réponse, passera à la postérité pour sa conduite erratique, qui s’est transformée en menace pour l’indépendance, la paix, la stabilité institutionnelle et l’équilibre économique du Venezuela. Le bloc d’opposition n’a pas su surmonter son obsession de reprendre le pouvoir « par tous les moyens ». Au lieu d’élaborer une proposition politique d’envergue, elle s’est engluée dans une dynamique absolument destructrice.

7) L’origine et le développement des conflits qui vont s’aiguisant depuis 2012 sont d’ordre économique, déterminés par l’accès et la redistribution des revenus pétroliers. Par conséquent, le Venezuela ne peut éluder plus longtemps le débat sur le dépassement du modèle rentisme pétrolier, ainsi que sur tous les éléments symboliques dérivés. Ce qui veut dire profiter de l’avantage de pouvoir prendre des décisions radicales à travers une Constituante pour démanteler les structures productives hautement dépendantes du secteur extérieur.

8) Les conditions imposées par la violence de la rue et les menaces de la droite contre le vote ont forcé le chavisme à faire preuve d’un plus grand engagement. Paradoxalement ces conditions peuvent avoir fonctionné comme encouragement à la participation. Cela s’est produit en 2002-2003 lors de la réaction populaire au coup d’État contre Chavez ou après le sabotage pétrolier en 2004, avant le référendum révocatoire, entre autres dates. Aujourd’hui, le chavisme mécontent et certains des ni-ni (si tant est qu’existe cette catégorie), qui s’étaient abstenus lors de la victoire de la droite aux législatives de décembre 2015, sont allés voter. Alors que ce que pouvait espérer de mieux la droite, était leur indifférence.

9) Le chavisme devient le principal articulateur et promoteur du dialogue politique, mais cela l’oblige à être plus inclusif (en parlant des militants) et plus large thématiquement, tout en s’impliquant davantage dans l’aspect concret de chaque facteur social .

10) Une grande partie des obligations du chavisme implique la construction d’une cosmogonie et d’une téléologie du peuple vénézuélien qui puissent incarner une alternative aux valeurs culturelles du capital. Ce qui inclut des aspects liés à la culture populaire (dont la religiosité).

Source : http://www.albatv.org/En-claves-Que-significa-la.html
Traduction : Thierry Deronne

 

Autre source: https://venezuelainfos.wordpress.com/2017/07/31/dix-clefs-pour-comprendre-et-analyser-la-victoire-du-chavisme-a-la-constituante/

Démonstration de force de l’armée chinoise autour de Xi Jinping (VIDEO)

 

La Chine s’est livrée le 30 juillet à une démonstration de force avec un défilé militaire géant autour du président Xi Jinping, qui a appelé l’armée à servir le Parti communiste au pouvoir.

Devant la tribune où le président de la République populaire de Chine, Xi Jinping, se tenait debout revêtu d’un costume et d’une casquette en treillis, des centaines de véhicules, de blindés et de missiles, ainsi que des milliers de soldats, ont défilé loin du public dans l’immense base militaire de Zhurihe, en Mongolie intérieure (nord), à environ 500 km au nord-ouest de Pékin.

Les médias étrangers n’ont pas été conviés à couvrir l’événement qui était retransmis par la télévision nationale à l’occasion du 90e anniversaire de la fondation de l’Armée rouge.

Des hélicoptères ont survolé le défilé, formant le chiffre 90 dans le ciel, suivis par des avions de combat.

 

Dans un discours prononcé face aux troupes, Xi Jinping a appelé l’armée à suivre «la direction absolue» du Parti communiste chinois (PCC) et à se tenir prête à «vaincre tout envahisseur» potentiel.

«Le monde n’est pas entièrement en paix et la paix doit être sauvegardée», a-t-il déclaré. «Plus qu’à aucun autre moment dans l’histoire, nous devons bâtir une armée du peuple puissante», a-t-il ajouté.

A l’approche du XIXe congrès du Parti communiste chinois (PCC) qui doit lui conférer à l’automne un nouveau mandat de cinq ans à la tête du pays, le chef de l’Etat avait auparavant passé en revue les troupes sous un ciel clair au milieu de la steppe mongole.

 

Xi Jinping a lancé à plusieurs reprises aux soldats : «Camarades, vous avez travaillé dur!» «Nous sommes au service du peuple!», lui ont-ils répondu.

La Chine dispose de la première armée du monde en termes d’effectifs, avec 2 millions d’hommes sous les drapeaux.

En termes de budget, elle est la deuxième du monde, loin derrière celle des Etats-Unis, avec une enveloppe de 143 milliards d’euros prévue pour 2017, en hausse de 7% par rapport à l’an dernier. Pékin a mis à flot en avril un deuxième porte-avions et a ouvert sa première base militaire à l’étranger, à Djibouti.

Lire aussi : Après son «epic fail» photoshop, l’armée chinoise obligée de présenter des excuses publiques

Le défilé du 30 juillet commémorait la fondation de l’armée communiste chinoise en 1927 lors d’un premier engagement face aux troupes du gouvernement nationaliste au début de la guerre civile qui s’achèvera par l’arrivée au pouvoir du PCC en 1949.

L’armée chinoise, connue aujourd’hui sous le vocable «d’Armée populaire de libération» (APL), célèbre normalement son anniversaire chaque année le 1er août.

Les dirigeants chinois successifs ont traditionnellement présidé à d’imposants défilés militaires à diverses occasions, mais ceux-ci se déroulaient habituellement à Pékin.

Source: https://francais.rt.com/international/41515-demonstration-force-armee-chinoise-xi-jinnping

Conférence Solidarité et Lutte : Renforcer la résistance à la guerre, au militarisme et au néofascisme

 

à Université de Toronto, Canada

du 5 au 7 août 2017

 

Informations : Courriel : antiwarconf.inquiriesto@gmail.com

 

#SOLIDARITYFIGHTBACK

#NO2USMILITARISM

 

Ligue internationale de lutte des peuples /    International League of Peoples’ Struggle     ILPS-LILP

Alliance international des femmes / International Women’s Alliance                                    AIF/IWA

Guerre, militarisme et néofascisme états-uniens

Guide de discussion

  1. TRUMP ESCALADE-T-IL LE MILITARISME ET LA GUERRE DES ÉTATS-UNIS?

 

Cent jours viennent à peine de s’écouler depuis l’accession de Trump à la présidence, et déjà le gouvernement des États-Unis poursuit violemment ses guerres impérialistes d’agression et d’intervention à l’étranger et intensifie la répression au pays. La superpuissance essaie ainsi, désespérément, de maintenir son hégémonie dans un monde multipolaire plongé dans une série de crises.

 

Seulement en mars, plus de 1 000 civils sont morts au cours de frappes aériennes effectuées par la soi-disant coalition que les États-Unis dirigent en Irak et en Syrie. Toujours en mars, Trump a donné l’ordre de lancer sur le Yémen, en seulement une semaine, plus de bombes que ne le faisait Obama dans toute une année.

 

Le 5 avril, Trump a donné l’ordre de lancer 59 missiles Tomahawk sur une base aérienne syrienne, sous un faux prétexte, tuant des dizaines de civils d’un village voisin. Un mois auparavant, les drones étatsuniens avaient lancé des missiles Hellfire et jeté une bombe sur une mosquée de la partie ouest d’Alep, dans laquelle 200 personnes priaient, en tuant 40 et en blessant 120 autres.

 

Le 13 avril, en Afghanistan, les États-Unis ont lancé la plus puissante bombe non nucléaire de leur arsenal sur un complexe de grottes et de tunnels, prétendument utilisés par les terroristes de l’ISIS. C’était la première fois que la bombe GBU-43 «Massive Ordnance Air Blast bomb» (MOAB), «Bombe à effet de souffle d’artillerie lourde», surnommée «la mère de toutes les bombes», était utilisée au combat. L’onde de souffle intense engendré par la bombe peut, dans un rayon d’un mille, anéantir toute personne et brûler tout l’oxygène se trouvant dans des espaces souterrains tels que des tunnels et des grottes.

 

En Somalie, Trump a affaibli les règles d’engagement de l’armée étatsunienne, ce qui entrainera l’augmentation du nombre pertes civiles. Depuis 2007, les États-Unis mènent une guerre très floue contre les soi-disant islamistes en action dans ce pays stratégique de la Corne de l’Afrique, et se servent de l’Éthiopie dans ce conflit mené par procuration. Obama avait régulièrement utilisé les drones des bases étatsuniennes situées à Djibouti, pays voisin, pour frapper les militants d’Al-Shabab.

 

Trump s’est vanté de déployer ce qu’il décrit comme une « armada » de cuirassés pour intimider la République populaire démocratique de Corée (RPDC) et a menacé de lancer une attaque nucléaire le premier, comme mesure préventive contre ce pays.

 

Toutes les actions agressives et belliqueuses entreprises par les États-Unis sont des signes, non pas de force ou d’assurance en leur capacités, mais bien ceux du déclin de cette puissance impérialiste. Étant en perte de vitesse, cette superpuissance devient toujours plus désespérée et agressive, et utilise la force brutale dans de vaines tentatives de conserver sa position hégémonique.

 

  1. QUELLES SONT LES CAUSES DE CETTE ESCALADE DES GUERRES ET DU MILITARISMES?

 

Comme conséquence de quatre décennies de restructuration néolibérale, l’économie mondiale transformée avait engendré d’énormes profits pour l’oligarchie financière par l’intensification de l’exploitation et la dépossession de familles de travailleurs dans le monde entier. Avant la crise, l’économie se maintenait grâce à la consommation stimulée par l’endettement et à l’activité forcenée des capitaux.  Mais avec l’éruption de la crise, ces facteurs s’étaient affaiblis et ne lui permettaient plus de juguler la crise de surproduction.  Les masses appauvries ne pouvaient plus acquérir les biens créés en quantité excessive par la production capitaliste. Ces facteurs ont même aggravé la suraccumulation de capital jusqu’à l’éclatement de la bulle lors de la crise des prêts hypothécaires à risque en 2007. L’économie mondiale s’est alors enlisée et se trouve depuis plongée dans une crise prolongée.

 

La crise économique prolongée du système capitaliste mondial est en train d’intensifier les luttes géopolitiques et les conflits sociaux dans le monde entier. Les États impérialistes dirigés par les États-Unis s’efforcent toujours plus agressivement de conquérir et de contrôler davantage de territoires qui constituent des sources de matières premières et de main-d’œuvre à bon marché, des marchés captifs, des routes d’approvisionnement et des zones pouvant servir de rampes de lancement de forces militaires à l’étranger. Alors que le néolibéralisme s’enlise dans la crise, le militarisme, c’est-à-dire le recours par les États aux moyens militaires pour atteindre leurs objectifs en matière de gouvernance intérieure et de relations extérieures, se développe et sévit aujourd’hui dans tous les continents.

 

L’impérialisme étatsunien est le principal fauteur de militarisme et de guerres et également la principale cause de déstabilisation dans le monde actuel. Les États-Unis sont préoccupés par l’apparition de nouvelles puissances telles que la Russie et que la Chine dans un monde multipolaire, qui, selon eux, menacent l’hégémonie qu’ils avaient établie sur le monde.  Ils se sentent menacés par la création et le développement de l’Organisation de coopération de Shanghai, qu’ils perçoivent comme étant une alliance opposée à l’alliance États-Unis-OTAN,  du bloc économique des pays désignés par l’acronyme BRICA, qui regroupe le Brésil, la Russie, l’Inde, la Chine et l’Afrique du Sud, de l’accord de commerce régional que développe la Chine, du Partenariat économique global régional (RCEP), qui exclue les États-Unis, des nouvelles institutions financières qui rivalisent avec la structure financière mondiale dominée par le capital financier étatsunien.

 

  1. COMMENT L’IMPÉRIALISME ÉTATSUNIEN MÈNE-IL UNE GUERRE DE TERREUR MONDIALE?

 

Afin de maintenir sa domination sur la planète, les États-Unis déclenchent des guerres de terreur dans le monde entier sous le prétexte de mener une «guerre contre le terrorisme» au niveau international. De connivence avec ses alliés de l’OTAN, l’État sioniste d’Israël et le Royaume d’Arabie Saoudite, les États-Unis ont délibérément fomenté des divisions sectaires en Asie occidentale et en Afrique du Nord, et cherchent à détruire ou à affaiblir tout régime qui défend la cause de l’indépendance nationale et de l’autodétermination des peuples arabes.

 

Le général Wesley Clark, ex-commandant suprême allié de l’OTAN pendant la guerre du Kosovo, a révélé que quelques semaines après les attentats du 11 septembre aux États-Unis, le Pentagone avait publié un mémorandum secret qui «décrivait comment nous allons envahir sept pays en cinq ans, d’abord l’Irak, puis la Syrie, le Liban, la Libye, la Somalie et le Soudan et enfin l’Iran.» Et, en effet, peu après, les États-Unis et leurs alliés ont bombardé, envahis ou occupés tous ces pays, à l’exception du Liban et de l’Iran, mais en attaquant en plus l’Afghanistan et le Yémen. Washington a également alloué 38 milliards de dollars afin d’appuyer les politiques israéliennes d’apartheid et d’occupation brutale de la Palestine au cours de la prochaine décennie.

 

Sur le continent africain, au cours des deux derniers mandats présidentiels d’Obama et celui de son prédécesseur, George W. Bush, Jr., les États-Unis ont intensifiée la militarisation qu’ils dirigent et continueront sans aucun doute à le faire sous la présidence de Trump. Au début de 2008 a eu lieu la fondation du Commandement des États-Unis pour l’Afrique (AFRICOM), qui a provoqué de l’instabilité et des déplacements de population dans le continent.

 

Comme le souligne Abayomi Azikiwe, rédacteur en chef de l’organisation «Pan-African News Wire» (novembre 2016), «le bombardement de la Libye sous de faux prétextes, la déstabilisation du pays et l’assassinat brutal du leader de longue date, le colonel Muammar Kadhafi, ont eu des conséquences qui sont encore ressenties (…). Aujourd’hui, la Libye est devenue un centre important de trafic ou de fuite d’êtres humains qui quittent le continent africain et traversent la Méditerranée en direction de l’Europe. Le Pentagone effectue chaque jour des bombardements dans cet État nord-africain. Washington et ses alliés ont subi de lamentables échecs lors de leurs multiples tentatives de créer à Tripoli un régime néocolonial stable qu’ils pourraient dominer (…).»

 

À Djibouti, le camp Lemonier, base militaire en plein essor, sert de lieu d’organisation et de lancement d’une campagne aérienne et terrestre sous le couvert de la lutte contre le «terrorisme islamique» dans la Corne de l’Afrique. La République du Soudan, qui était autrefois le plus grand État-nation d’Afrique en termes de superficie, a été divisée sous l’égide de Washington pour nuire à l’industrie pétrolière des pays émergents qui agissent en partenariat avec la République populaire de Chine.

 

Dans la région Asie-Pacifique, les États-Unis poursuivent leur politique de créer un «pivot vers l’Asie», qui consiste à y déployer jusqu’à 60 pour cent de leurs forces navales pour contenir la Chine et isoler la Corée du Nord. En 2015, le Commandement du Pacifique des États-Unis a effectué 175 exercices militaires bilatéraux et multilatéraux dans la région Asie-Pacifique.  Ceci constitue une hausse par rapport aux 160 exercices menés en 2014. Ces exercices conjoints font partie d’opérations de plus en plus fréquentes et de plus en plus diversifiées, qui incluant maintenant la guerre terrestre, la guerre aérienne, la guerre maritime, la guerre antimissile, les opérations spéciales, ainsi que la guerre électronique et cybernétique.

 

Tout en ciblant le programme nucléaire de la Corée du Nord, l’armée des États-Unis continue d’amasser des armes nucléaires en Corée du Sud. Les États-Unis se servent de la Corée du Sud comme plate-forme de lancement du Système de Défense aérienne de haute altitude (ou bouclier antimissile étatsunien) du Pentagone, connu sous le nom de THAAD (Terminal High Altitude Air Defense). Ils visent façon ostensive la Corée du Nord, mais également en Chine. En mars 2017, les États-Unis et la Corée du Sud ont entrepris le plus grand exercice militaire jamais réalisé dans la péninsule coréenne, mobilisant plus de 320 000 militaires, qui étaient appuyés par des forces aériennes et navales des États-Unis du niveau technologique le plus avancé. Ces exercices étatsuniens simulent des scénarios d’utilisation d’équipements anti-missiles et de forces de combat spéciales dans le but déclaré de «décapiter» la direction de la Corée du Nord et de détruire les armes nucléaires de ce pays.

 

Il n’est pas déraisonnable de croire que, face à cette grave menace, les dirigeants de la Corée du Nord pensent que les armes nucléaires du pays constituent le meilleur moyen de dissuader les États-Unis d’envahir ou d’attaquer leur pays, comme ils l’ont fait en Afghanistan, en Libye et en Syrie.

 

  1. L’IMPÉRIALISME ÉTATSUNIEN EST-IL COUPABLE DE CRIMES DE GUERRE?

 

Les États-Unis, l’OTAN et les forces alliées ont commis les crimes les plus atroces contre l’humanité tels que le massacre de civils, la torture et l’assassinat de prisonniers de guerre, ainsi que l’utilisation d’armes de destruction massive. Les forces étatsuniennes ont utilisé des bombes de phosphore blanc et des munitions d’uranium appauvri, que les conventions internationales interdisent parce qu’elles causent la mort au terme de douleurs atroces et le cancer d’habitants des populations touchées.

 

L’armée étatsunienne a entraîné et armé des troupes de substitution et des forces paramilitaires, y compris des groupes djihadistes comme Al-Qaïda et Daesh (ISIS / ISIL), dans le but d’attaquer ou de déstabiliser des pays qui ne sont pas alignés sur les conceptions impérialistes étatsuniennes et qui sont situés dans les régions riches en pétrole de l’Asie occidentale et centrale et de l’Afrique du Nord.

 

Ces guerres d’agression et par procuration, qui utilisent des groupes djihadistes, ont rasé des villes, des villages et des centres industriels, détruit des infrastructures civiles telles que des barrages, des ponts, des hôpitaux, des écoles, des installations énergétiques, des sites historiques, des églises et des mosquées, entre autres éléments. Environ 80% des morts de ces guerres ont été des civils, y compris des femmes, des enfants et des personnes âgées.

 

Selon un rapport publié en 2015 par les organisations «Médecins pour la responsabilité sociale», «Médecins pour la survie mondiale» et «Médecins internationaux pour la prévention de la guerre nucléaire», au moins un million d’Irakiens ont été tués entre 2003 et 2012 directement à cause de l’invasion et de l’occupation du pays par les États-Unis. Cette étude a révélé qu’au moins 1,3 million de personnes ont été tuées en Irak, en Afghanistan et au Pakistan à la suite de la soi-disant «Guerre contre la terreur» menée à la suite des événements du 11 septembre 2001. En 2015, les États-Unis ont officiellement lancé plus de 22 000 bombes et des attaques de drones en Irak et en Syrie, soit en moyenne plus de 60 bombes par jour.

 

Selon le Bureau de coordination des affaires humanitaires de l’ONU, les bombardements ininterrompus menés au Yémen par la coalition soutenue par les États-Unis ont détruit une partie importante de l’infrastructure sanitaire et aggravé la situation humanitaire qui était déjà effarante. Au moins 10 000 civils ont déjà été tués. D’autre part plus de 7,6 millions de Yéménites, dont 3 millions de femmes et d’enfants, sont au bord de la famine parce que les États-Unis et leurs alliés, l’Arabie saoudite et les Émirats arabes unis, bloquent toutes les routes terrestres, les aéroports et les régions côtières pour empêcher l’approvisionnement en aliments.

 

Selon le Bureau de l’Agence des Nations Unies pour les réfugiés, en 2015, le nombre de personnes «déplacées par la force dans le monde entier en raison de persécutions, de conflits, de violence généralisée ou de violations des droits de la personne» avait dépassé 60 millions, soit le nombre le plus élevé depuis la Seconde Guerre mondiale et ses conséquences immédiates. Plus des deux tiers de tous les réfugiés proviennent de seulement deux pays, qui ont été ciblés par des guerres dirigées par les États-Unis, la Syrie et l’Afghanistan. Plus de la moitié de ces réfugiés étaient des enfants.

 

Ces faits n’ont cependant pas causé d’émoi ou de tumulte au sein de l’ONU, de la « communauté internationale » et surtout pas dans les « pays civilisés » de l’Occident, eux qui, pour provoquer la guerre, accusent à tout bout de champ Bachar el-Assad et la Corée du Nord de commettre de prétendus « crimes de guerre ».

 

  1. DE QUELLE AUTRE FAÇON L’IMPÉRIALISME ÉTATSUNIEN MÈNE-IL LA GUERRE CONTRE LES CIVILS?

 

Les jeunes Étatsuniens, surtout ceux qui sont de couleur et les chômeurs, ont été sacrifiés dans le cadre de ces guerres d’agression menées à l’étranger. Le gouvernement des États-Unis a admis que 4 448 soldats étatsunien sont morts et que 32 221 ont été blessés lors de la guerre menée en Irak. Un grand nombre des soldats étatsuniens qui ont survécu à ces guerres souffrent de troubles mentaux et d’incapacités post-traumatiques.

 

Les guerres pour le pétrole menées par les États-Unis dans l’ensemble du Moyen-Orient ont causé la mort et l’invalidité de millions de personnes. Et, paradoxalement, les groupes terroristes qui étaient censés être les cibles de ces attaques menées par les États-Unis ont augmenté en nombre et se sont déployés sur une zone encore plus étendue. Après seize années de cette « guerre contre le terrorisme » menée par les États-Unis, les talibans contrôlent maintenant plus de territoire en Afghanistan qu’en 2001, tandis que le gouvernement afghan soutenu par les États-Unis ne contrôle pas plus de 60% du pays. Cela montre clairement que la « guerre contre le terrorisme » des États-Unis et de l’OTAN tue plus de civils et incite plus de personnes à devenir des militants opposés aux États-Unis et à leurs représentaux locaux.

 

Quant aux pays européens membres de l’OTAN et alliés de Washington, l’appui qu’ils ont donné aux guerres d’agression des États-Unis se retourne contre eux, comme en témoignent les attaques terroristes survenues à Paris, à Bruxelles et à Londres, qui ont causé de nombreuses victimes chez les civils et créé un climat de terreur au sein des populations.

 

Le terrorisme que les pays impérialistes exportent se retourne contre eux en les frappant. Face à cela, les États deviennent encore plus répressifs localement et adoptent plus de lois et de règlements, qui réduisent les libertés civiles, augmentent la surveillance des masses et militarisent la police et les contrôles aux frontières.

 

Aux États-Unis, par exemple, les citoyens font face à une escalade d’attaques néo-fascistes perpétrées par l’État, entre autres l’incarcération massive de personnes, la lutte contre les syndicats, la criminalisation, la militarisation de l’application de la loi, la brutalité policière, les raids et les déportations effectuées par l’Agence fédérale de contrôle de l’immigration et des douanes  [«U.S. Immigration and Customs Enforcement» (ICE)], et la surveillance des masses. Un exemple de cela est l’utilisation, partout aux États-Unis, des équipes SWAT («Special Weapons And Tactics» ou Armes et tactiques spéciales), lourdement armées, qui entrent de force dans des maisons de travailleurs en pleine nuit, souvent au moyen d’engins explosifs tels que les grenades «Flashbang», qui assourdissent et aveuglent temporairement, simplement pour appliquer un mandat de perquisition émis sur la base du soupçon que quelqu’un serait peut être en possession d’une petite quantité de drogue. Les États-Unis détiennent le quart de la population carcérale mondiale, qui se caractérise par un pourcentage disproportionné de Noirs et de membres d’autres minorités.

 

D’autre part la guerre et la militarisation détournent d’énormes ressources vers la guerre et la destruction alors qu’elles sont tellement nécessaires pour assurer les besoins sociaux de la population. Dans un rapport publié en 2015, l’Organisation des Nations Unies pour l’alimentation et l’agriculture estimait que pour éliminer l’extrême pauvreté et la faim d’ici à 2030 en améliorant l’agriculture et l’infrastructure rurale des communautés pauvres, il faudrait consacrer des dépenses additionnelles de 265 milliards de dollars par année, soit seulement 15 pour cent des dépenses militaires mondiales allouées en 2015. À l’échelle mondiale, on dédie beaucoup plus de scientifiques et de fonds de recherche et de développement aux recherches sur les armes qu’au développement de technologies sur de nouvelles sources d’énergie, l’amélioration de la santé humaine, l’augmentation de la productivité agricole et le contrôle de la pollution.

 

  1. COMMENT L’IMPÉRIALISME MÈNE-T-IL UNE GUERRE CONTRE LA PLANÈTE

 

En raison de l’élection de Trump et du contrôle continu de l’économie mondiale par les barons du pétrole, du gaz et du charbon et par les élus qui les défendent en appuyant l’utilisation de combustibles fossiles, le monde fait face à une catastrophe écologique du plus haut degré.

 

Comme l’a écrit le commentateur Tom Engelhardt, «On peut se demander si les États-Unis, fidèle à leur traditions d’organiser des coups d’États par la CIA et des changements de régime par l’armée, ne finiront pas par renverser également la planète. Si Trump, en tant que chef du pays qui est déjà le deuxième plus grand émetteur de gaz à effet de serre au monde, applique les politiques énergétiques qu’il a promises durant sa campagne électorale en mettant fin au financement des sciences climatiques, en dénonçant ou en ignorant les accords climatiques, en s’opposant au développement des formes alternatives d’énergie, en donnant le feu vert aux pipelines, à la fracturation hydraulique («fracking») et à d’autres formes d’extraction de combustibles fossiles et en ré-imaginant complètement les États-Unis en tant qu’Arabie saoudite de l’Amérique du Nord, il déclenchera effectivement un changement de régime, un coup d’État contre la planète Terre».

 

Trump n’est, bien sûr, pas le seul à suivre cette voie, mais il est celui qui le fait le plus ouvertement. Le gouvernement soi-disant « progressiste » du Canada du premier ministre Justin Trudeau avait été élu en promettant de promouvoir la justice climatique et un nouveau type de relations avec les peuples autochtones.  Il vient pourtant de donner le feu vert à deux grands projets de pipeline, les projets «Kinder Morgan Trans Mountain» et «Enbridge Line 3 Replacement», qui augmenteront massivement l’extraction du pétrole sale des sables bitumineux de l’Alberta.  Ces exploitations énergétiques mettront en danger les communautés surtout indigènes et les autres populations qui vivent sur son parcours en raison des risques de fuites de pipelines, d’explosions et de naufrages de navires.  Ainsi, le Canada ne respectera pas les promesses de changement climatique qu’il a faites en Paris.

 

À la suite des événements se déroulant dans le Dakota du Nord près de la réserve de Standing Rock de la tribu des Sioux, le ministre des Ressources naturelles du Canada, Jim Carr, a déclaré aux chefs d’entreprise que le Canada était prêt à déployer l’armée pour mettre fin aux manifestations anti-pipelines jugées «non pacifiques». Ceci soulève par conséquent la possibilité que le pays se retrouve dans la situation déjà connue lors de la crise d’Oka en 1990. Pour l’impérialisme canadien également, les affaires sont les affaires comme d’habitude.

 

«Alors que la demande de produits tels que les minerais, le bois et l’huile de palme se maintient, les gouvernements, les entreprises et les réseaux criminels saisissent les terres au mépris des personnes qui y vivent», a déclaré Billy Kyte, militant qui fait partie de la direction de l’organisation «Global Witness» et qui a documenté des attaques mortelles qui ont été menées en 2015 dans 16 pays contre les militants environnementalistes. «Les communautés qui résistent sont de plus en plus visées par les services de sécurité privés des entreprises, par les forces de l’État et par les organisations de tueurs à gages.  Ces dernières constituent une industrie en plein essor. Pour chaque assassinat que nous avons pu documenter, de nombreux autres ont été perpétrés sans être signalés».

 

En 2015 au moins 185 militants environnementaux ont été tués. Selon Global Witness, il s’agit du nombre le plus élevé de morts en un an. Le Brésil a été le pays le plus frappé, avec 50 morts, dont de nombreux homicides de militants qui essayaient de lutter contre l’exploitation forestière illégale en Amazonie. Les Philippines ont été le deuxième pays le plus frappé, avec 33, la Colombie avec 26, le Pérou avec 12, le Nicaragua avec 12 et la République démocratique du Congo avec 11.

 

L’industrie la plus meurtrière contre laquelle les protestations ont eu lieu a été celle des exploitations minières, avec 42 assassinats en 2015 liés aux activités d’opposition aux compagnies minières. Les intérêts de l’agro-industrie, des barrages hydroélectriques et de l’exploitation forestière sont également des facteurs principaux de violence. De nombreux meurtres ont eu lieu dans des villages situés très loin à l’intérieur de forêts tropicales.

 

Ajoutons à cela les déversements sur les terres et dans les océans de produits chimiques toxiques par les bases militaires et par les armes de destruction massive.

 

 

PAGE ENCADRÉE :

 

 

La militarisation et la guerre sous la conduite des États-Unis

 

 

639 milliards de dollars

sont actuellement acheminés vers le complexe militaro-industriel du gouvernement des États-Unis, ce qui confirme la continuation et le renforcement des politiques de guerre, de militarisme et de néofascisme en tant que piliers du capitalisme monopoliste dirigé par les États-Unis.

 

 

Le budget de la défense dépasse la somme des budgets des sept pays ayant les dépenses militaires les plus coûteuses.

 

 

+ 54 milliards de dollars

Sous la direction de Donald Trump, le gouvernement des États-Unis a augmenté de 54 milliards de dollars les dépenses militaires.

 

 

Liste des 7 pays bombardés, envahis et occupés par les États-Unis et du nombre de bombes lancées contre eux :

 

Irak                        12 095 bombes

Syrie                      12 195 bombes

Libye                     496 bombes

Afghanistan         1 337 bombes

Pakistan                3 bombes

Yémen                  34 bombes

Somalie                 14 bombes

 

 

2003                                                                     2017

|                                                                              |

Au cours des 15 dernières années,                 |

les États-Unis et ses alliés ont bombardé,     |

envahi et occupé au moins sept pays.              |

Selon les chiffres officiels, en 2015, les États-Unis ont mené plus de 22 000 largages de bombes et attaques de drones en Irak et en Syrie, ce qui constitue une moyenne de 60 bombes par jour.

 

 

38 milliards de dollars

 

Aide du gouvernement des États-Unis en appui des politiques d’apartheid d’Israël et d’occupation brutale de la Palestine.

 

 

Solidarité et lutte

Renforcer la résistance à la guerre, au militarisme et au néofascisme

Université de Toronto, Canada

du 5 au 7 août 2017

 

 

  1. COMMENT LES ÉTATS-UNIS ÉTENDENT TOUJOURS DAVANTAGE LEUR EMPREINTE MILITAIRE GLOBALE?

 

Le militarisme étatsunien se développe en prenant pour cibles d’autres puissances impérialistes, ce qui augmente les dangers que courre l’humanité.

 

Les États-Unis étendent toujours davantage leur empreinte militaire globale en établissant un nouveau réseau de bases dans des pays qui s’étendent de l’Afrique à l’Asie de l’Est. Le pays a actuellement plus de 800 bases militaires à l’étranger, situées dans plus de 80 pays, alors que les autres pays en ont, ensemble, un peu plus de 30, qui appartiennent principalement à des alliés des États-Unis tels que la France et le Royaume-Uni. Selon David Vine, «les États-Unis ont probablement plus de bases en terres étrangères que tout pays, puissance ou empire ayant existé au cours de toute l’histoire».

 

Les installations étatsuniennes à l’étranger comprennent au moins quatre nouvelles bases à grande échelle ou «hubs» (plaques tournantes), en plus d’un nombre encore plus grand de camps plus petits et de «lily pads» (nénuphars), qui servent de «rayons» aux drones, aux aéronefs de surveillance ou aux armes et aux équipements militaires préalablement installés pour les États-Unis et les autres militaires présents dans environ 160 pays et territoires étrangers.

 

Ce réseau de bases, qui encercle la planète, et les 11 groupes de porte-avions de la marine étatsunienne constituent l’épine dorsale de la machine de guerre impérialiste des États-Unis. Ils sont essentiels pour stocker des armes et du matériel militaire, héberger des troupes et surveiller la région. Ils servent de rampes de lancement pour les attaques de drones ou de plus grande envergure, les opérations secrètes, la cueillette d’information, la cyberguerre et d’autres formes d’intervention étrangère.

 

Même avant l’annonce, en 2011, de la création du Pivot stratégique de l’Asie, la marine étatsunienne avait commencé à intensifier les exercices militaires et les activités provocatrices de surveillance de l’air et de la mer et de patrouille à proximité des frontières chinoises. Ces mesures avaient augmenté le risque de confrontation directe et d’escalade de la guerre dans la région Asie-Pacifique. Les États-Unis avaient également imposé des embargos et entrepris des provocations militaires contre la République populaire démocratique de Corée.

 

Les États-Unis ont recours à la sous-traitance pour construire leurs bases afin de réduire les coûts et de détourner l’opposition des populations locales. La base navale de Jeju, par exemple, actuellement en cours de construction, porte un nom sud-coréen, mais desservira les porte-avions, les sous-marins d’attaque et les destroyers porteurs de missiles Aegis des États-Unis.

 

Sur la guerre prochaine contre la Chine, John Pilger a écrit ceci : «Située dans la mer de Chine orientale, l’île coréenne de Jeju est un sanctuaire semi-tropical et un site du patrimoine mondial que l’on comme étant «une île de la paix mondiale». Sur cette île de la paix mondiale, on a construit l’une des bases militaires les plus provocatrice au monde, à moins de 400 milles de Shanghai. Le village de pêcheurs de Gangjeong est dominé par une base navale sud-coréenne expressément construite pour les porte-avions, les sous-marins nucléaires et les destroyers équipés du système de missiles Aegis, armement que les États-Unis ont massé contre la Chine».

 

L’île japonaise d’Okinawa, située à proximité, dispose de 32 installations militaires, à partir desquelles les États-Unis ont attaqué la Corée, le Vietnam, le Cambodge, l’Afghanistan et l’Irak. Aujourd’hui l’objectif principal est la Chine.

 

Les États-Unis envisagent la possibilité d’installer des bases dans les quatre îles japonaises de Ryukyu aux frais du Japon.

 

  1. QUI PROFITE DIRECTEMENT DE LA GUERRE?

 

Bien que son budget de défense dépassait déjà la somme des budgets des 7 plus pays ayant les dépenses militaires les plus coûteuses, le gouvernement étatsunien, sous la direction de Donald Trump, a demandé une hausse de 10 pour cent de celui-ci, soit une augmentation de 54 milliards de dollars.

 

L’allocation de 639 milliards de dollars au complexe militaire et industriel par le gouvernement des États-Unis montre que la guerre enrichit directement les monopoles étatsuniens, qui exploitent la classe ouvrière et les peuples opprimés.

 

Une nouvelle course aux armements a commencé entre les États-Unis, la Russie et la Chine.  Elle comprend le développement des missiles hypersoniques, de nouveaux types de drones, des systèmes antisatellites et des armes nucléaires tactiques afin de renforcer la capacité des forces armées de lancer la première attaque. Seulement les États-Unis ont consacré en vue des trente prochaines années un trillion de dollars pour « moderniser » tous les aspects de leur arsenal nucléaire. Les États-Unis sont également au premier rang au monde en matière de vente d’armes.

 

La guerre est devenue un secteur d’affaires très lucratif pour les gouvernements et les entreprises privées. En menant des guerres, les États-Unis ont recueilli d’importants butins de guerre, entre autres des sources de pétrole, des bases et des stations militaires, des contrats de production militaire et des contrats de «reconstruction» des pays ravagés par les guerres étatsuniennes. Les superprofits des entreprises étatsuniennes telles que Lockheed Martin, Northrop Grumman, Raytheon, Boeing and General Dynamics ont connu des hausses astronomiques en même temps que la propagation de la mort et de la destruction dans le monde.

 

Confrontés à leurs propres difficultés économiques débilitantes, les États-Unis ont commencé à faire pression sur leurs alliés de l’OTAN pour que ceux-ci accroissent leurs dépenses militaires et leur contribution à l’OTAN. Trump a demandé aux alliés militaires des États-Unis de «payer leur propre défense». Les membres de l’OTAN se sont récemment engagés à augmenter leurs budgets militaires à 2% de leur PIB et à consacrer 20% de leurs budgets de défense à l’achat d’équipement militaire.

 

Alors qu’ils détruisent des quantités scandaleuses de ressources dans les guerres, les États-Unis et les membres de l’OTAN privent les populations des services nécessaires en matière de santé, d’éducation et de protection sociale et les réfugiés qui fuient les guerres et les politiques des États-Unis et de l’OTAN d’aide.

 

  1. COMMENT LES TRAVAILLEURS ET LES PEUPLES RÉSISTENT-ILS FACE À LA GUERRE, AU MILITARISME ET AU NÉOFASCISME?

 

Face à l’aggravation des atrocités commises par les États-Unis, par leurs alliés impérialistes et par leurs représentants, de plus en plus de personnes résistent à la machine de guerre et à l’agression de l’impérialisme étatsunien.

 

Le peuple palestinien continue de résister à l’occupation sioniste de la Palestine historique et aux politiques israéliennes de nettoyage ethnique et d’apartheid contre le peuple palestinien. La résistance du peuple kurde, ayant au sein de son avant-garde une armée de femmes kurdes, au cours de ses combats, a repris des territoires occupés par l’organisation Daesh, tout en luttant contre les attaques de l’armée fasciste turque.

 

En 2016, au Cachemire, le peuple s’est soulevé de nouveau et a dû faire face à de la répression militaire et à des arrestations civiles massives. À Manipur et au nord-est de l’Inde, se poursuit la résistance à la militarisation massive, aux forces policières, aux guerres par procuration, à la répression des forces démocratiques et à l’utilisation de la Loi sur les forces spéciales, de la Loi sur la sécurité nationale, de la Loi sur la prévention des activités illégales, de la Loi contre la sédition et à d’autres lois répressives.

 

Les mouvements des peuples, aux Philippines, en Inde, en Papouasie occidentale, en Colombie, au Mexique et dans d’autres pays opprimés continuent de mener des luttes militantes et courageuses pour la liberté nationale et la démocratie. Les Kurdes, les Palestiniens et les peuples arabes continuent d’affirmer leur souveraineté contre l’occupation et l’expansion étatsunienne-israélienne.

 

Partout dans le monde, les gens protestent également contre la présence de troupes et de bases étatsuniennes, au Japon, en Corée, aux Philippines, en Australie, en Nouvelle-Zélande, au Honduras, au Salvador et même en Italie, en Allemagne et en Turquie. L’opposition à l’imposition de bases militaires étatsuniennes est particulièrement marquée dans plusieurs endroits, entre autre l’île d’Okinawa au Japon, l’île de Jeju en Corée du Sud ainsi qu’aux Philippines.

 

La résistance se développe également en Afrique, en Amérique latine et ailleurs contre les sociétés transnationales qui se sont accaparées des terres agricoles et des ressources avec l’aide de forces militaires ou paramilitaires. Au Venezuela, en Bolivie, en Équateur, au Brésil et ailleurs, les travailleurs et les mouvements sociaux dénoncent et s’opposent aux tentatives d’intervention et de déstabilisation des États-Unis.

 

Même aux États-Unis et dans d’autres pays impérialistes, les gens s’opposent de plus en plus aux guerres que leurs gouvernements font en leur nom. Immédiatement après l’annonce de la victoire présidentielle de Donald Trump, aux États-Unis, des centaines de milliers de personnes ont protesté dans les rues. Comme l’a déclaré le chapitre des États-Unis de la Ligue internationale des luttes des peuples, «Ceci montre que les gens aux États-Unis ne sont pas paralysés par la peur, et que nous ne tolérons pas le fascisme et la répression de l’État. Nous devons nous organiser pour appuyer et développer ce mouvement de riposte».

 

«Les résultats électoraux dévoilent la gravité de la crise sociale et économique qui sévit aux États-Unis, la mentalité de maîtres d’esclaves qui règne encore au sein de classe dirigeante, l’utilisation de la tactique de «diviser pour régner» contre le peuple des États-Unis afin de brouiller et de nier la réalité de la lutte des classes afin de protéger les plus riches de ce pays.»

 

Au cours des derniers mois les organisations progressistes et révolutionnaires du peuple afro-étatsunien qui militent pour l’autodétermination des Noirs aux États-Unis ont refait surface. Signalons dans cette évolution, entre autres, le mouvement de masse «Black Lives Matter» («Les vies des Noirs comptent») et les événements marquant le 50ème anniversaire de la fondation du Parti des Panthères Noires («Black Panther Party»).

 

Des centaines de milliers ont protesté contre le fait qu’un Afro-étatsunien sur trois se trouve en prison et que ces personnes sont, par conséquent, utilisées comme principal victimes de l’exploitation et du travail esclave moderne du complexe industriel pénitentiaire de plus en plus privatisé.

 

Ils protestent également contre le fait que les policiers étatsuniens abordent des Afro-étatsuniens et tirent sur un grand nombre d’entre eux, tuant un Afro-étatsunien toutes les 28 heures

 

Au Dakota du Nord, la nation Sioux de Standing Rock et les 200 autres nations autochtones, ainsi que jusqu’à 7 000 personnes du monde entier, ont résisté pour bloquer la construction du pipeline d’accès du Dakota (DAPL), qui vise à transporter du pétrole obtenu par fracturation hydraulique des sables bitumineux de Bakrate dans le Dakota du Nord à travers plusieurs États et sous la rivière Missouri.

 

La police et la milice ont procédé à des dizaines d’arrestations, à l’utilisation de gaz lacrymogènes, à des attaques de chiens et à de violentes opérations de dispersion. La bataille est loin d’être terminée puisque Trump promet d’appuyer la construction du pipeline d’accès du Dakota (DAPL), mais les manifestants ont mis un terme à la construction du pipeline le long de son parcours actuel.

 

La lutte dirigée par les nations autochtones de Standing Rock fait partie d’une série de batailles menées dans le monde entier pour affronter et freiner les entreprises géantes des combustibles fossiles et d’autres monopoles extractivistes et pour faire face à la militarisation croissante des territoires indigènes.

 

  1. QUE POUVONS-NOUS FAIRE POUR ARRÊTER LES GUERRES, LE MILITARISME ET LE NÉOFASCISME DES ÉTATS-UNIS?

 

Face à l’escalade des guerres et de la militarisation, il est urgent de sensibiliser le public, de renforcer la solidarité et de multiplier les actions contre le militarisme, les guerres impérialistes d’agression et d’intervention.

 

Les militants de la paix et de la justice peuvent aider en menant des campagnes d’information et d’éducation de grande envergure pour sensibiliser le public et approfondir la compréhension des aspects majeurs et des tendances actuelles de la militarisation et du néofascisme.

 

Cette prise de conscience grandissante doit se traduire par des actions de plus en plus nombreuses, de niveaux toujours plus élevés, afin de dénoncer et de mettre fin aux guerres impérialistes et au militarisme. Il est nécessaire d’établir et de renforcer, d’une part, les liens entre les groupes progressistes anti-guerre et, d’autre part, les liens entre les groupes anti-guerre et les mouvements de résistance des pays attaqués. Il est nécessaire de bâtir un mouvement mondial contre la guerre et pour la justice sociale, qui s’oppose au militarisme et aux guerres d’agression, qui exige le respect du droit à l’autodétermination des peuples opprimés, et qui appuie les différentes formes de résistance à l’agression et à l’intervention impérialistes.

 

La tenue prochaine de la conférence intitulée «Solidarité et lutte contre les conflits: la résistance à la guerre, le militarisme et le néofascisme dirigés par les États-Unis», organisée par la Ligue internationale des luttes des peuples et par l’Alliance internationale des femmes, est une initiative importante à cet égard. Elle aura lieu à Toronto, au Canada, du 5 au 7 août 2017.

 

Il est également nécessaire d’appuyer et de se joindre à la campagne mondiale du Réseau pour l’élimination des bases militaires, afin de démanteler la chaîne mondiale des bases étatsuniennes et annuler les accords qui permettent aux États-Unis d’avoir accès aux installations militaires d’autres pays. Ces initiatives sont liées à l’appel pour un moratoire des exercices militaires menés par les États-Unis et leurs alliés.

 

It  is also necessary to  support and join the global campaign of the Ban the  Bases  Network to    dismantle the global chain of  U.S.  bases and rescind agreements  that allow U.S. forces access  to   military facilities of other  countries.  Linked to this is the call for a moratorium on military exercises conducted by  the U.S. together with its allies.

 

La Ligue internationale des luttes des peuples (ILPS) lance également un appel pour une journée mondiale d’action contre la guerre, le militarisme et le fascisme des États-Unis aux deux dates suivantes : 25 mai 2017 (Sommet de l’OTAN) et le 7 août 2017 (fin de la Conférence et la commémoration des bombardements d’Hiroshima et de Nagasaki par les États-Unis).

 

Nous devrons également exiger de nos gouvernements :

  • La démilitarisation des points chauds des conflits armés actuels (mer de Chine méridionale, péninsule coréenne, Cachemire, etc.)
  • Le démantèlement des armes de destruction massive
  • La réduction de la production, de l’exportation et de l’importation d’armes
  • La réorientation des dépenses publiques pour répondre aux besoins humains et environnementaux
  • La conversion des industries et des installations militaires pour répondre aux besoins civils
  • L’adoption et la promotion de solutions non-militaires pour s’opposer aux menaces militaires
  • La dissuasion de la glorification de la guerre, du militarisme et de la culture machiste dans les écoles, les médias et la culture populaire

Source: http://www.ilps.info/fr/category/conference-solidarite-et-lutte-toronto/

Crise et colonialisme à Porto Rico

– Olga Sanabria Davila –

Manifestation du Premier Mai à San Juan à Porto Rico. Le slogan est en opposition au

Conseil fédéral de contrôle des finances.
Au cours des années 60, l’État associé libre du Porto Rico était promu comme un modèle de progrès et de démocratie dans les Caraïbes en raison de son industrialisation accélérée, du développement de son infrastructure, de ses systèmes d’éducation et de santé et de son système constitutionnel de gouvernement.
Cependant, depuis quelque temps maintenant, plusieurs réseaux médiatiques des États-Unis et internationaux et des rapports économiques parlent de la dette publique astronomique de Porto Rico, de ses obligations qui ne valent plus rien, du Conseil fédéral de contrôle des finances qui a été imposé par les États-Unis au gouvernement élu de Porto Rico et qui est chargé de mettre de l’ordre dans les finances publiques du pays. Ce Conseil a été établi par la loi PROMESA du Congrès des États-Unis.

Présentement, la dette de Porto Rico est évaluée à 69 milliards $ US, (elle était de 32 milliards $ en 2006), un an après le début de la récession à Porto Rico qui devrait se poursuivre pendant des années.

Au-delà des obligations de Porto Rico qui n’ont plus de valeur, son taux de chômage est évalué à entre 13 et 14 %, le pays est affligé par un taux de pauvreté de 44,9 % et son économie dépend depuis des décennies des investissements américains, des bas salaires, des exemptions d’impôts pour les sociétés étrangères et des fonds fédéraux des États-Unis.

Des données sur la population et sur la démographie montrent que le modèle portoricain est en plein dérapage. La nouvelle vague de migration portoricaine vers les États-Unis est ininterrompue et a surpassé le nombre record de 500 000 atteint lors de la migration des années 40 et 50. Avec la migration actuelle, la population portoricaine aux États-Unis a atteint 5,1 millions dont 30 % sont des professionnels — en particulier des médecins et des médecins spécialistes — alors que la population à Porto Rico est une population vieillissante de moins de 3,5 millions de personnes.

Le système constitutionnel de gouvernement établi à Porto Rico en 1952 avec la mise sur pied de l’État associé libre s’est avéré une fraude et un échec parce qu’il a gardé intact tout le fondement de la crise actuelle qui est le statut colonial de Porto Rico. En fait, les déclarations récentes des branches exécutives, judiciaires et législatives des États-Unis montrent clairement que la souveraineté portoricaine est soumise aux pouvoirs pléniers du congrès des États-Unis, tandis que la loi PROMESA et l’établissement du Conseil fédéral de contrôle des finances ont rendu caduque l’autonomie fiscale de l’île.

Ce sont les législations du Congrès américain qui gouvernent Porto Rico en ce qui trait aux relations internationales, au commerce, aux questions monétaires, à la migration et l’immigration, au trafic maritime (ce sont les lois maritimes des États-Unis qui s’appliquent à Porto Rico), aux douanes, aux relations de travail et à l’organisation syndicale, aux patrouilles frontalières, à l’espace aérien et au transport, aux communications, à la défense et maintenant au domaine fiscal et à de nombreux autres domaines.

Il faut aussi préciser que le Conseil fédéral de contrôle des finances a comme mission de veiller à ce que le Porto Rico rembourse sa dette et équilibre son budget. Son plan est de forcer le gouvernement de Porto Rico à :
– faire des compressions de 450 millions $ dans le budget des 11 campus de l’Université de Porto Rico ; – couper deux milliards cinq cent mille dollars dans le budget de la santé ;

  • couper entre 17 et 20 milliards $ dans le budget général du gouvernement ;
  • réduire de 20 % la semaine de travail des fonctionnaires si le Trésor n’a pas en main 500 millions $ d’ici le 30 juin 2017 ;

  • éliminer la prime de Noël des fonctionnaires ;

  • réduire leurs payes de vacances ;

  • réduire le nombre d’agences gouvernementales de 131 à 35 ;

  • privatiser l’indemnisation des accidentés du travail, les parcs nationaux et les centres de vacances ainsi qu’un grand nombre d’autoroutes, de ports et d’aéroports ;

  • accroître de 1 milliard $ les coûts de certains services et de l’immatriculation automobile, des taxes foncières et d’autres taxes, des contraventions, des postes de contrôle, des péages, des permis, du transport urbain ;

  • réduire la journée de travail des enseignants et des travailleurs des cafétérias d’école si le Trésor n’a pas en main 200 millions $ d’ici le 30 avril 2017 ;

  • privatiser des avoirs publics.

Récemment, le lauréat du prix Nobel Steven Steiglitz a dit que les mesures prévues sont plus draconiennes que celles qui ont été imposées à la Grèce pendant sa crise de la dette, et qu’elle vont juste exacerber la crise actuelle. Plusieurs économistes portoricains ont prédit que ces mesures vont causer une contraction de l’économie d’entre 8 et 10 %. Les sacrifices imposés par ces mesures, loin d’améliorer l’économie et la vie des Portoricains, ne vont qu’aggraver la situation. Les appels à un audit indépendant de la dette de Porto Rico n’ont pas été entendus.

Pour ce qui est de sa politique de protection de l’environnement, de son équilibre écologique, des changements climatiques et du réchauffement de la planète, le Porto Rico est là encore subordonné à des agences, des intérêts, des politiques et au pouvoir des États-Unis. Il s’agit d’une situation extrêmement dangereuse pour la population portoricaine car Porto Rico est un petit pays insulaire des Caraïbes. Parmi les autres mesures de stimulation du développement économique à Porto Rico il y a l’accès accéléré aux permis pour les projets d’infrastructure et pour divers autres projets de construction. Cela comprend aussi des études d’impact environnemental accélérées qui vont miner la protection de l’environnement.

Dans le contexte actuel de crise fiscale et économique, la législature portoricaine a adopté une loi de la faillite en vertu de laquelle les entreprises publiques de l’île pourraient déclarer faillite et être ainsi en mesure de restructurer leur dette. (La dette d’une seule société publique portoricaine — la Société hydroélectrique — est évaluée à 9 milliards $ US). Suite à une poursuite judiciaire entreprise par des créanciers, cette loi a été renversée par la Cour fédérale extraterritoriale des États-Unis qui opère à Porto Rico. L’ancien commissaire résident de Porto Rico à Washington, Pedro Pierluisi, a cherché à faire adopter une loi qui ferait en sorte que la loi de la faillite fédérale soit applicable à Porto Rico mais il a échoué. Le vaste mouvement à Porto Rico pour faire exempter l’île de l’application de la législation maritime des États-Unis a été ignoré.

Face à cette situation, le peuple portoricain a déjà commencé à se mobiliser. Les étudiants de l’Université de Porto Rico dans huit des campus ont déclaré une grève indéfinie et on s’attend à ce que les étudiants des autres campus les rejoignent. Pendant ce temps, le personnel non-enseignant de l’université a aussi déclenché la grève. Les syndicats se sont récemment unis pour organiser une marche massive sous la bannière d’une coalition multisectorielle contre les plans du Conseil fédéral de contrôle des dépenses.

Les étudiants organisent des grèves sur plusieurs campus de l’Université de Porto Rico du 28 mars au 7 juin 2017 pour dénoncer une coupe néolibérale massive de 450 millions $US dans le budget de l’université pour faire payer au peuple une dette qu’il n’a pas contractée. La bannière dit : «Pourquoi les coupables ne paient-ils pas ?»

Le président et le congrès des États-Unis ont refusé de toucher à la question de la dette portoricaine. Cette approche a pour effet de priver le Porto Rico d’un plan de sauvetage et d’outils qui lui permettraient de faire face à la crise. Pour que le problème soit résolu, il faut que les États-Unis reconnaissent leur responsabilité pour la crise à Porto Rico et mettent fin à la relation colonialiste du Porto Rico avec les États-Unis.

Cependant, comme le soulèvent les nombreux éditoriaux des principaux quotidiens de Porto Rico, El Nuevo Dia et El Vocero, les trois branches gouvernementales des États-Unis ont refusé de se commettre et font même preuve d’indifférence(sauf pour ce qui est de l’établissement du Conseil fédéral de contrôle des finances pour forcer le Porto Rico à rembourser sa dette).
Plusieurs porte-parole du Porto Rico ont dit que la communauté portoricaine aux États-Unis peut jouer un rôle déterminant à l’heure actuelle puisque plus de la moitié de la population portoricaine vit présentement aux États-Unis où elle participe à la vie politique et détient un pouvoir d’influence sur l’opinion publique sur la question de Porto Rico et sur d’autres questions. Lorsque le Porto Rico n’était pas perçu comme un problème, il était simplement « balayé sous le tapis ». Mais maintenant que le Porto Rico est perçu comme un problème, la diaspora portoricaine aux États-Unis peut exercer et exerce déjà une pression en faveur de justes solutions à la crise actuelle.

La relation de pouvoir et la subordination politique de Porto Rico aux États-Unis montrent la nécessité de la solidarité, surtout sur la question de mettre fin au statut colonial que les États-Unis ont imposé à Porto Rico depuis leur invasion de l’île en 1898, il y presque cent dix-neuf ans.

Le colonialisme est un anachronisme historique qui a depuis longtemps été déclaré contraire au droit international et aux droits humains. Les Nations unies ont souvent réitéré le droit du peuple portoricain à l’autodétermination et à l’indépendance conformément aux lois internationales, en particulier la résolution 1514 (XV) de l’Assemblée générale des Nations unies (1960) qui selon plusieurs est la Grande Charte de la décolonisation.

L’engagement envers la démocratie à la base est totalement conforme à l’appui à la décolonisation de Porto Rico car le colonialisme est entièrement contraire à la démocratie. Un pays qui est gouverné par un autre pays ne connaît pas la démocratie, même s’il y a des élections à tous les quatre ans comme à Porto Rico, où même les élus locaux actuels ont perdu leur maigre pouvoir au Conseil fédéral de contrôle des dépenses créé par les États-Unis.

Le contrôle des États-Unis des domaines essentiels de la vie portoricaine et la présence du Conseil fédéral de contrôle des dépenses montrent la nécessité d’appuyer la décolonisation. C’est une question de principe parce que le colonialisme est contraire aux droits humains, à l’autodétermination et à la démocratie.

Les Portoricains sont un peuple distinct du peuple des États-Unis. Avant l’invasion de Porto Rico par les États-Unis en 1898, la nation portoricaine avait été forgée par plus de quatre cent ans pendant lesquels notre culture et notre identité nationales se sont développées de façon claire et distincte de tous les autres peuples du monde.
Les plébiscites, les référendums et les autres mesures du genre prises à Porto Rico n’ont rien réglé parce qu’ils n’ont pas été de libres exercices d’expression de la volonté du peuple portoricain. Ils se sont tenus dans un contexte de domination coloniale, d’occupation militaire, de répression et de persécution des forces de l’indépendance, un contexte de dépendance économique et de législations coloniales et de législations adoptées par le Congrès des États-Unis. On ne peut donc pas dire que leurs résultats ont été le reflet de la volonté véritable du peuple de Porto Rico. Le peuple n’y a pas exercé son autodétermination.
Alors que les États-Unis ont toujours maintenu qu’ils accepteraient la volonté et la décision du peuple portoricain en ce qui a trait à son statut, ils ont toujours fait obstacle au processus en disant que la question est de nature intérieure et n’a rien à voir avec les Nations unies.

En même temps, les forces portoricaines favorables à l’indépendance et même d’autres forces qui recherchent d’autres alternatives reconnaissent le rôle que les Nations unies doivent jouer et ont toujours invoqué la résolution 1514 (XV) de l’ONU. Ces forces reconnaissent que l’expression de la volonté du peuple portoricain en ce qui concerne sa future relation avec les États-Unis doit être un exercice libre, lequel est possible uniquement dans le cadre du droit international sans quoi le facteur déterminant dans tout exercice du genre va être la relation de pouvoir de domination des États-Unis sur le Porto Rico.

Manifestation à New York, le 30 septembre 2016

On dit de plus en plus de la situation actuelle de crise fiscale et économique qu’il s’agit d’une crise politique qui met en lumière le statut colonial de Porto Rico et la nécessité de résoudre d’abord cette question sans quoi les questions fiscales et économiques ne pourront pas être résolues. Peu importe les préférences en termes d’options sur le statut de Porto Rico, il existe présentement au pays un sentiment général à l’effet que la situation actuelle et le statut colonial doivent être résolus. S’il existe des différends au sein des principaux partis politiques portoricains sur les options à adopter, il reste que selon ce que préconisent les dirigeants des partis favorables à un État portoricain et la plupart des dirigeants du parti de l’État associé libre, le pays doit se défaire de son statut colonial.

Les mouvements sociaux actifs aujourd’huim à Porto Rico sur les droits des femmes, les droits civils, l’habilitation communautaire, l’environnement, la jeunesse, les sports, la culture, le travail, les initiatives économiques coopératrices et locales et sur un grand nombre de questions, se heurtent inévitablement au mur du statut colonial qui les empêche d’atteindre leurs objectifs.
Ces mouvements et le mouvement pour l’indépendance s’entrecoupent dans bien des cas. Conjugués aux efforts des Portoricains aux États-Unis et à la solidarité du peuple des États-Unis et de notre région latino-américaine et caraïbe et d’autres pays, ils forment une base qui rend possibles l’indépendance et la démocratie futures de Porto Rico.

Un véritable exercice d’autodétermination à chances égales pour toutes les options devra être mené sous l’égide du droit international de la décolonisation. Malgré cela, d’importants secteurs favorables à l’indépendance et à la souveraineté ont uni leurs forces et décidé de participer au plébiscite légiféré par le gouvernement pro-annexionniste actuel du Porto Rico. Si les nombreuses embûches qui jalonnent le processus sont surmontées, les deux options présentées seront : 1) le statut d’État et 2) l’indépendance/libre association. La tenue d’un tel plébiscite, fixé pour le 11 juin 2017, pourrait réserver des surprises surtout si l’appui à la deuxième option d’indépendance/libre association est fort.
D’une façon ou d’une autre, la lutte contre le Conseil fédéral de contrôle des dépenses des États-Unis qui gouverne maintenant le Porto Rico et contre le colonialisme et pour l’indépendance doit aller de l’avant et la solidarité avec le Porto Rico doit s’intensifier.

Olga Sanabria Davila est la présidente du Comité pour le Porto Rico aux Nations unies.

(Cet article a été d’abord publié le 19 avril 2017 sur le site de Movimiento Independentista Nacional Hostosiano. Photos : Univision, El Nueva Dia, K.N. Gonzalez.)

 

Source: http://cpcml.ca/francais/Lmlq2017/Q47029.HTM#3

Bâtir et approfondir la solidarité Canada-Cuba

 

Bâtir et approfondir la solidarité Canada-Cuba
Le Réseau canadien pour Cuba tient son
8e Congrès biennal

 

Les 3 et 4 juin 2017, des organisations de solidarité et d’amitié Canada-Cuba se sont réunies à l’Hôtel de ville de Toronto dans le cadre du 8e Congrès biennal du Réseau canadien pour Cuba. Signalant d’abord que les délégués et invités se réunissaient sur un territoire autochtone traditionnel non cédé, le chef Stacey Laforme des Mississaugas de la première nation New Credit a ouvert le congrès avec un puissant message d’unité et de fraternité des peuples du monde.

Le Congrès, qui fut un franc succès, a rendu hommage au regretté Fidel Castro, leader historique de la Révolution cubaine. L’hommage a pris la forme d’un émouvant montage-vidéo suivi de la tenue d’une minute de silence par les délégués et invités.

Parmi les invités il y avait Deborah Ojeda (ministre conseillère, Ambassade de Cuba), Tania López Larroque (Consul général cubain de Toronto), Sandra Ramirez (directrice, bureau de l’Amérique du Nord de l’Institut cubain pour l’amitié avec les peuples) et d’autres diplomates et invités cubains. Des messages de salutations ont été reçus entre autres de la sénatrice canadienne Pierrette Ringuette, coprésidente du Groupe interparlementaire Canada Cuba, du National Network on Cuba des États-Unis et de Vancouver Communities in Solidarity with Cuba, qui n’ont pas pu être présents.

Luis Morlote Rivas, vice-président de l’Union des écrivains et artistes de Cuba et député à l’Assemblée nationale de Cuba, s’adresse aux participants à l’événement du 3 juin sous le thème: « Cuba: aller de l’avant en 2017 ».

Le Congrès a également eu l’insigne honneur et le privilège d’accueillir Luis Moriote Revas, vice-président de l’Union nationale des écrivains et artistes cubains et député de l’Assemblée nationale cubaine, le parlement de Cuba. Lors d’une soirée publique le samedi 3 juin sous le thème « Cuba : aller de l’avant en 2017 », il a pris la parole devant une salle remplie au pavillon Friends House. Il a parlé de sa participation aux discussions en profondeur des parlementaires cubains cette année sur le développement social et économique de l’île. Il a souligné la détermination de Cuba à renouveler son projet d’édification nationale révolutionnaire tout en préservant son indépendance et sa souveraineté. Il a également souligné que Cuba continuera d’avancer sur la voie de l’édification d’une société où règnent une égalité et une justice toujours plus grandes. Roberto Chile, le photographe de renommée internationale, a également parlé de son exposition sur Fidel Castro qui a reçu des acclamations de par le monde. L’exposition se trouve présentement à l’Ambassade de Cuba à Ottawa et entreprendra prochainement une tournée du Canada.

 

L’événement du 2 juin qui a précédé le congrès tenu sous le thème : « Fidel ! Cuba ! Afrique ! Les enfants de l’Afrique reviennent ! »

Le congrès comme tel a été précédé d’une conférence publique et de discussions avec panélistes. Le vendredi 2 juin, il y a eu une discussion sur le thème : « Fidel ! Cuba ! Afrique ! Les enfants d’Afrique reviennent ! » avec salle pleine à la librairie A Different Booklist où l’historien et spécialiste de Cuba Isaac Saney a exploré l’histoire et les dimensions impressionnantes de la solidarité qui lie la Révolution cubaine à l’Afrique.

La première discussion du Congrès, sous le thème « Mise à jour de l’économie cubaine », avec la participation de Deborah Ojeda et Isaac Saney, a porté sur l’ample participation démocratique du peuple cubain à la mise à jour et au renouvellement de son économie. À la deuxième session, « Défendre Cuba et la souveraineté et l’indépendance de l’Amérique latine », Sandra Ramirez et Filipe Stuart (Réseau de solidarité Amérique latine et Caraïbes) ont parlé de la victoire historique de la démocratie, de la souveraineté et de la paix qu’incarne la Révolution cubaine. À la troisième session, « Bâtir la solidarité avec Cuba au Canada », les panélistes Nino Pagliccia (Association d’Amitié Canada-Cuba-Vancouver), Don Foreman (Syndicat des travailleurs et travailleuses des postes) et Yamil Martinez (ICAP) ont expliqué que malgré le rétablissement des relations diplomatiques entre La Havane et Washington, la guerre économique des États-Unis contre Cuba se poursuit sans relâche. Ils ont parlé des perspectives pour l’expansion et le renforcement de la solidarité avec Cuba dans tous les secteurs de la société canadienne, surtout parmi les travailleurs.

 

Le panel (dans l’ordre habituel) : Isaac Saney, Deborah Ojeda, Sandra Ramirez, Filipe Stuart, Nino Pagriccia, Yamil Martinez et Don Foreman

Dans les sessions plénières et les discussions, les délégués ont réaffirmé l’engagement du Réseau canadien pour Cuba à continuer d’approfondir les liens d’amitié et de solidarité entre les peuples du Canada et de Cuba et résolu de faire tout ce qui peut être fait pour vaincre le blocus économique des États-Unis contre Cuba, mettre fin à la campagne actuelle de subversion de Washington et voir au retour à Cuba du territoire occupé illégalement par la base navale américaine à la baie de Guantanamo. Des délégués ont souligné à quel point il est important que le mouvement de solidarité Canada-Cuba voit à ce que les relations entre le Canada et Cuba demeurent basées sur les normes internationales de respect et d’égalité entre les nations.

À ces fins, des mesures ont été prises pour renforcer le travail du Réseau. Plusieurs résolutions et initiatives ont été adoptées fixant les priorités pour les deux prochaines années, notamment la mobilisation de l’opinion publique et politique canadienne contre la politique américaine et les actes d’agression des États-Unis contre Cuba, l’organisation et les activités de soutien à la commémoration du 50e anniversaire de la mort d’Ernesto « Che » Guevera et le renforcement du travail auprès des députés au parlement et aux assemblées législatives du Canada. Pour réaliser ce mandat, un nouvel exécutif de sept personnes a été élu : Iris Cogger, Julio Fonseca, Don Foreman, Elizabeth Hill, Michael Oneill, Isaac Saney et Saleh Waziruddin. Elizabeth Hill et Isaac Saney ont été réélus aux postes de coprésidents de l’exécutif. Puis l’exécutif a nommé à nouveau Isaac Saney au poste de porte-parole national, Elizabeth Hill au poste de trésorière et Saleh Waziruddin au poste de secrétaire.

À la clôture du Congrès, le Réseau canadien pour Cuba a exprimé sa conviction profonde que le peuple cubain saura relever tous les défis auxquels il est confronté. Le Réseau a réaffirmé que le peuple cubain peut compter sur la solidarité et l’amitié constantes des Canadiens dans l’affirmation de son droit à l’indépendance et à l’autodétermination et exprimé sa grande admiration pour les étonnantes réalisations du peuple cubain devant l’agression sans relâche des États-Unis. Ce respect et cette admiration ont forgé des liens incassables d’amitié et de solidarité entre les peuples du Canada et de Cuba.

 

 

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Source: http://cpcml.ca/francais/Lmlq2017/Q47028.HTM#1

Plaidoyer pour le boycott des élections!

Le fond ou la forme ?

La cinquième république se meurt. Minée par les scandales, la corruption de ses serviteurs, le vieux régime républicain imaginée par De Gaulle en 1958 pour instaurer un régime politique stable (profitable aux affaires du Capital) s’effrite sous nos yeux. « L’Homme Providentiel », cher à ceux qui y croient, n’émerge décidemment pas.

Que faire ? Si nous sommes à 5 républiques, pourquoi pas 6 ! ​

L’essentiel c’est que, de la première à l’actuelle, les banquiers puissent continuer à spéculer, les industriels à exploiter, que des politicards ramassent les miettes, que les médias continuent à servir docilement qui les paye et que le « bon » peuple continue, comme d’habitude, à courber l’échine tout en votant quand il faut, tout en servant de chair à canon quand il le fallut.
Qu’est-ce qu’une république ? C’est la forme que revêt un état à une époque donné, dans le cadre d’un système donné. Rien de plus. Ce mot ne signifie en aucun cas que la société sera au service du peuple, que la laïcité protégera des idées religieuses, que l’armée et la police seront là pour protéger les gens du crime et de la guerre.
Aujourd’hui dans le monde il y a beaucoup de républiques. Environ 150 : Centrafrique, Iran, Congo, Tchéquie, etc …..
Et dans tous ces pays le mot « république » n’est, comme en France, qu’un slogan publicitaire. Autant de républiques, autant de système de pouvoirs différents. Ici deux ​assemblées, là une ; ici le président a tous les pouvoirs, là aucun, etc….
Mais partout et toujours : une petite poignée de possédants et une ribambelle de parasites qu’on appelle l’Etat, chargés de faire tourner la machine, en réprimant s’il le faut, en endormant la population avec la religion et les médias si c’est possible.
La décomposition de l’état républicain français pose un problème à la bourgeoisie. La corruption et la stupidité de la caste politique – et elle saute tellement aux yeux de tous – est telle qu’il va falloir procéder à un grand replâtrage Replâtrage bien sûr ; car en « démocratie » bourgeoise on ne change JAMAIS le fond du problème. On change juste les apparences. Le business doit continuer !
Cela fait quelques années que, de cette gauche qui pue le « cadavre à la renverse » comme disait J.P. Sartre, des petits besogneux sont prêts à voler au secours du capital en danger. Hier Montebourg et Hamon et puis maintenant Valls, Peillon, Macron et …Mélenchon. Ils veulent tous changer la constitution.
Pas de révolution ! Juste une évolution.
Ah bon, vraiment ? L’un veut plus de proportionnelle, l’autre un 49.3 …. « Citoyen », un autre un Sénat rénové, un quatrième ne veut plus de la cour de justice.…​
Mélenchon est le meilleur dans l’esprit : « catalogue pour tout faire en douceur sans faire peur à votre patron et votre banquier, ni à l’agent de police ». D’abord la France est le « pays des droits de l’homme » (et du « vin de Bordeaux » soit dit en passant !). Les français ont donc un sens inné du bon, du juste, du vrai. Ça aide !. Ensuite si vous lisez les propositions mélenchoniennes tous les poncifs sont là : non à l’homophobie, cumul des mandats, éthique de la justice, déontologie des médias (il faudra expliquer ça à Bolloré, Dassault et Bouygues !!!)….
Et puis il y a chez Mélenchon cette obsession de « l’assemblée constituante ». Avant de trouver la forme républicaine de leur Etat les révolutionnaires de 1789 ont créé une constituante. Assemblée qui devait fonder le socle juridique de leur futur pouvoir. Mr Mélenchon ne veut pas dépasser ce stade. Mr Mélenchon, ne l’oublions jamais, sort de l’école politique du trotskysme ou l’on apprend – c’est le dogme de toute secte trotskyste – que si on veut faire la révolution il faut une « période de transition » qui passe par une « assemblée constituante » devenant, d’après Trotsky un « double pouvoir » devant lequel la bourgeoisie devra s’incliner tôt ou tard …… mais cela ne s’est jamais produit dans l’histoire des révolutions ! Le beau schéma, ne colle pas à la réalité de la violence de la bourgeoisie.
La mystification de Mélenchon est sympathique car elle retire la violence de l’image des révolutions (elle plait donc a toute une frange de petits bourgeois assouplis idéologiquement par leur position sociale et leur facilité à avaler toutes les couleuvres sur la « démocratie », le vote, la « non-violence », la dictature…. Mais elle masque le fait que la violence de l’Etat bourgeois est l’éternelle épée de Damoclès sur la tête des peuples tant que l’on laisse une once de pouvoir à la bourgeoisie.
« Nulle part au monde il n’y a et il ne saurait y avoir de milieu. Ou bien la dictature de la bourgeoisie (dissimulée sous la pompeuse phraséologie socialiste-révolutionnaire et menchévique sur la souveraineté du peuple, la Constituante, les libertés, etc.), ou bien la dictature du prolétariat. Celui à qui toute l’histoire du XIXe siècle n’a pas appris cela est un imbécile fini. »
Lénine, « Lettre aux ouvriers et aux paysans au sujet de la défaite de Koltchak » (août 1919). On pourrait ajouter au propos de Lénine : toute l’histoire du XXième siècle aussi !​
La sixième république est une expression qui en soit ne veut rien dire. Ou plutôt TOUT DIRE.
• Rien dire, parce que pour les habitués, ceux qui bouffent à la gamelle et qui se satisfont de leur sort en songeant avec une pensée émue à ceux « d’en bas » qu’il faut aider, elle opère comme une sorte de religion du moindre mal teintée de bons sentiments.
• TOUT DIRE, car c’est le recours ultime de la bourgeoisie pour tenter de refaire la façade de son édifice politique entrain de pourrir. Et les Mélenchon et compagnie ne sont, au fond, que des artisans de ce camouflage, de ce trompe l’œil : faire passer l’Etat bourgeois comme un simple appareil qu’il suffirait de bien nettoyer pour l’utiliser à nouveau. Un « capitalisme à visage humain » !
Alors, cinquième ou sixième république, peu nous importe si les banquiers, les industriels, l’appareil d’état, la police et l’armée, les médias sont toujours là : les mêmes sous de nouveaux habits. ​
On peut bien avoir la proportionnelle (on l’a déjà eu !), on peut tirer au sort au lieu de voter et autres gadgets pour petits bourgeois. Le premier prolétaire venu sait bien que voter ou pas, tous les ans ou les 5 ans, son sort n’a jamais changé. Précarité, souci du lendemain, pas d’avenir pour ses enfants, cherté de la vie …. Les républiques sont passées et le prolétaire est resté prolétaire.
On a fait appel à lui pour se faire tuer à la guerre, et il y est allé. On lui a conseillé de voter sagement car c’était « démocratique » et il l’a fait. Il a protesté contre son licenciement, on l’a licencié et on a fermé son usine. Il s’est révolté, on l’a mis en prison, condamné, on lui a tiré dessus. Et il est resté un prolétaire.​
Plus fort encore, on lui a dit qu’il fallait voter car c’était un droit et que « des gens se sont battus pour ça ». Pour ça ! Mais quoi exactement ? Certainement pas pour le vote. Mais l’essentiel c’est de matraquer cette légende (et les gens de « gauche » en sont les principaux adeptes !). Prolétaires n’oubliez jamais ce qu’écrivait en 1885 le communard Elisée Reclus.
N’avez-vous pas, vous-mêmes, constaté et éprouvé dans vos vies ce que disait cet homme qui fut condamné par un tribunal de guerre et banni de France : ​

« … Voter c’est évoquer la trahison. Sans doute, les votants croient à l’honnêteté de ceux auxquels ils accordent leurs suffrages – et peut-être ont-il raison le premier jour, quand les candidats sont encore dans la ferveur du premier amour. Mais chaque jour a son lendemain. Dès que le milieu change, l’homme change avec lui. Aujourd’hui, le candidat s’incline devant vous, et peut-être trop bas ; demain, il se redressera et peut-être trop haut. Il mendiait les votes, il vous donnera des ordres. L’ouvrier, devenu contremaître, peut-il rester ce qu’il était avant d’avoir obtenu la faveur du patron ? Le fougueux démocrate n’apprend-il pas à courber l’échine quand le banquier daigne l’inviter à son bureau, quand les valets des rois lui font l’honneur de l’entretenir dans les antichambres ? L’atmosphère de ces corps législatifs est malsain à respirer, vous envoyez vos mandataires dans un milieu de corruption ; ne vous étonnez pas s’ils en sortent corrompus.

»N’abdiquez donc pas, ne remettez donc pas vos destinées à des hommes forcément incapables et à des traîtres futurs. Ne votez pas ! » ​
Elisée Reclus – 1885 – Voter, c’est abdiquer.

La chose ne se présente pas du tout pareil pour une poignée d’autres. Ceux-là ont « fait » Mai 68. Ils sortent des universités ou des « grandes écoles » : les Cohn Bendit (qui appelle à voter Macron), les Mélenchon, les July, les Jospin, les Cambacérés …..; ils ont fait des petits eux aussi. Ils sont députés, sénateurs, pantouflent aux conseils départementaux, dans les mairies, se votent leurs salaires. Que savent-ils des prolétaires ?

Qu’éventuellement ils votent. C’est vrai il arrive que les prolétaires votent car on peut tromper les gens quand on a les moyens de les « discipliner », de les distraire.​

Mais il y a des moments dans l’histoire ou la conscience des gens se rapproche de leurs ventres, de leur vie réelle et pas de celle qu’on leur vend au travers de l’univers factice des publicités de la télé et des mensonges politiciens. ​

La décomposition actuelle de l’apparence du système politique dans lequel la France se trouve plongée est une excellente chose.
Elle met à nu ce que nos maîtres et leurs valets cachaient depuis des décennies. Elle dévoile aux yeux de tous et de manière massive, évidente, la vraie nature des serviteurs de l’Etat, que ce soient ceux qui y siègent aussi bien que ceux qui souhaiteraient y être.​
Marionnettes interchangeables, voilà ce qu’ils sont tous : de Fillon à Le Pen, de Hamon à Mélenchon et leurs sous-fifres.
Alors, dans un premier temps :
Ni cinquième république, ni sixième république.

Abstention massive.

OCF – 07 Mars 2017 – France

« L’Économie socialiste » :  Marx, Lénine, Staline… et le Vietnam

Nous publions le texte d'un entretien réalisé par Hồ Thị Hoà dans le cadre d'un rapport sur « les pays socialistes après 1991 » (Université Libre de Bruxelles). Trần Hải Hạc (Université Paris 13) est l'auteur de Relire Le Capital - Marx, critique de l'économie politique et objet de la critique de l'économie politique (éditions Page Deux, 2003). Concernant la politique économique du Parti Communiste Vietnamien, les lecteurs vietnamophones peuvent lire également son étude : Học thuyết Marx, Đảng cộng sản Việt Nam và vấn đề bóc lột (Le marxisme, le PCV et la question de l'exploitation) publiée dans le numéro 3 de la revue Thời Đại.

Lire la version vietnamienne de ce texte : BẢN TIÊNG VIỆT 

Giap

A partir de la Révolution d’Octobre 1917 et surtout après la Seconde Guerre mondiale, l’Union soviétique et de nombreux pays socialistes ont choisi le marxisme-léninisme comme fondement pour l’édification de leur économie planifiée. Peut-on alors dire qu’il existe, du point de vue théorique, un modèle achevé de l’économie chez Marx et Lénine ? Quelles sont les principales thèses constitutives du caractère général de ce modèle ?

Au préalable, il me semble nécessaire de distinguer, sur le plan de la terminologie, la théorie de Marx, la théorie de Lénine et le marxisme-léninisme, terme créé par Staline pour qualifier sa propre théorie.

1. Tout d’abord – faut-il le rappeler –, la totalité des travaux économiques de Marx est consacrée au mode capitaliste de production, à ce que par euphémisme aujourd’hui on appelle l’économie de marché. Sur le socialisme, Marx n’a fait qu’ébaucher quelques perspectives (notamment par sa critique de l’étatisme dans la Critique du programme de Gotha), mais il n’en a aucunement donné une analyse systématique, c’est-à-dire une théorie. Marx n’a pas fait la théorie du socialisme pour la simple raison que, le socialisme n’existant pas, il ne pouvait le théoriser. Aussi, est-ce une confusion, une erreur que d’identifier la théorie de Marx à un modèle de socialisme ou d’une quelconque économie planifiée. Certes, Marx se réclame du communisme par quoi il désigne non pas un idéal auquel la réalité doit se conformer, mais le mouvement réel qui abolit l’état actuel des choses. Parce que Marx prétend faire oeuvre de science, ses travaux étudient ce qui est – le capitalisme, sa reproduction et sa négation –, et non pas ce qui devrait être, un idéal de société conçu indépendamment du mouvement réel de l’histoire. De là, son refus constant de formuler ce que seraient les lois nécessaires de la société future (« les recettes pour les marmites de l’avenir » de la Postface à la 2e édition allemande du Capital).

2. Ce que la Révolution de 1917 met à l’ordre du jour, ce n’est pas non plus la question de la construction du socialisme, mais celle de la transition du capitalisme au socialisme. Les écrits de Lénine ne contiennent pas de théorie de l’économie socialiste – qui n’apparaîtra que dans les années 1930 –, mais seulement une « théorie de l’économie soviétique » qu’il qualifie d’étatisée et non de socialiste. Dans les controverses qu’il mène au sein du parti communiste, Lénine dénonce l’illusion du « communisme de guerre » qui fait croire que l’organisation de la production et de la répartition par l’Etat établit un nouveau système économique de caractère socialiste (Rapport à la VIIe conférence du parti de la province de Moscou). Il soutient que le capitalisme d’Etat est une forme sociale de production supérieure à l’économie étatisée existante et que son développement représente un pas en avant vers le socialisme (Sur l’infantilisme de gauche et les idées petites-bourgeoises). De là également sa conception de la NEP comme politique d’alliance ouvrière – paysanne, la classe ouvrière devant avancer vers le socialisme avec la paysannerie et pas autrement (Discours de clôture du XI e congrès du parti).

3. Les débats économiques perdureront jusqu’au « Grand tournant » de 1930 où Staline, éliminant toute divergence de position au sein de la direction du parti communiste, impose par la terreur la collectivisation intégrale des campagnes, le développement prioritaire de l’industrie lourde et la planification centralisée de la production et de la répartition (Les questions du léninisme). La nature socialiste des rapports de production étatisés devient un dogme et la Constitution de 1936 proclame la suppression du régime d’exploitation en Union soviétique. En même temps, est lancé le projet d’un manuel d’économie politique qui codifierait les lois du « mode de production socialiste » – Staline intervenant dans sa rédaction chaque fois qu’il le fallait (Les problèmes économiques du socialisme en URSS). Ce fameux ouvrage, paru en 1954 sous le titre de Manuel d’économie politique de l’Académie des sciences de l’URSS, fixe l’orthodoxie en matière de théorie économique. Il constitue, aujourd’hui encore, la référence – par son esprit et sa méthode – des divers manuels d’économie politique « marxistes-léninistes » en usage en Chine et au Vietnam.

Comment s’explique l’écroulement de l’Union soviétique et des pays de l’Europe de l’Est ?

Je reprendrai ici la distinction posée précédemment.

1. Pour la théorie stalinienne, cette implosion de l’Union soviétique n’est pas pensable. Le marxisme-léninisme ne peut l’expliquer, sauf à invoquer un complot de l’étranger, c’est-à-dire une cause extérieure au système socialiste. Or, si on admet cette argumentation, cela voudrait dire que le socialisme n’est pas un système stable et, qu’en ce sens, il ne constitue pas un nouveau mode de production.

Si le modèle de l’économie socialiste ne peut rendre compte de ce qui s’est passé en Union soviétique et dans les pays de l’Est, c’est parce que sa construction escamote l’analyse des rapports réels de production, leur reproduction et leur négation, c’est-à-dire l’étude du « socialisme réellement existant ». Il est, pour l’essentiel, construit sur le formalisme juridique et des tautologies du type : Il n’y a pas d’exploitation en Union soviétique car les moyens de production y sont la propriété de la société toute entière ; cette propriété est de nature socialiste car elle résulte d’une collectivisation des moyens de production par un Etat socialiste ; cet Etat est de nature socialiste car le pouvoir politique y est détenu par un parti communiste ; ce parti a une nature communiste car il préconise l’abolition de la propriété privée des moyens de production… C’est ainsi que, dès le départ, la question de l’exploitation (les travailleurs contrôlent-ils réellement la production et la répartition du produit social ?) se trouve évacuée de l’économie politique du socialisme.

J’ajouterai que le modèle d’une économie centralement planifiée, fonctionnant sur la base de relations sociales seulement verticales, est aussi irréel que le modèle d’une économie de marché décentralisé, structuré uniquement par des relations sociales horizontales. De fait, les économies de marché réellement existantes ne se reproduisent que par une instance de régulation centralisée – l’Etat – qui leur permet de surmonter leur instabilité. De même, les économies centralement planifiées réellement existantes se sont reproduites en recourant à des marchés informels et souterrains qui seuls leur ont permis de surmonter leurs déséquilibres.

2. On trouve dans les travaux de Marx sur la critique du fétichisme du capital et du fétichisme de l’Etat les éléments nécessaires à une déconstruction de l’économie politique du socialisme par laquelle doit débuter toute étude du socialisme réellement existant. Je ne retiendrai ici que deux éléments.

* Dans le Capital, Marx ne cesse de critiquer l’identification du rapport social de production à sa forme de manifestation juridique – le rapport de propriété –, forme qui cache le contenu du rapport de production et l’inverse même : l’exploitation capitaliste y apparaissant comme non-exploitation. Le Capital montre encore que la propriété publique des moyens de production est une forme juridique qui peut dissimuler des rapports de classes : tel est le cas de la propriété foncière communautaire dans le « despotisme oriental », de l’étatisation de la propriété foncière dans le capitalisme, voire du mot d’ordre de nationalisation des terres et de la rente foncière – inscrit dans le Manifeste du parti communiste – qui est « un leurre » (Lettre à Sorge 3.6.1881) s’il laisse subsister le travail salarié ou ne l’abolit que formellement (la constitution soviétique de 1936).

* Marx amorce la critique de l’Etat dès ses premiers textes de 1843-1846 (Critique du droit politique hégélien ; A propos de la question juive ; L’idéologie allemande) et la poursuit jusque dans ces derniers écrits (La guerre civile en France ; Critique du programme de Gotha). On y lit que dans une société gouvernée par les intérêts privés, la catégorie de l’intérêt général s’exprime sous la forme de l’Etat moderne, apparaissant comme indépendant de la société civile et supérieure à elle ; en même temps, parce que la société civile est une société divisée en classes sociales, l’Etat moderne constitue la forme sociale par laquelle la classe dominante fait valoir ses intérêts privés comme intérêt général, lequel devient illusoire. La même contradiction traverse le fonctionnement de l’Etat moderne : que ce soit le système représentatif où la séparation entre les citoyens (réduits au statut d’électeurs) et leurs élus (qui forment la classe dirigeante) dépossède le citoyen de son pouvoir politique; ou encore la bureaucratie dont les membres ont tendance à faire passer leurs intérêts propres pour l’intérêt de l’Etat dont ils ne sont que les fonctionnaires. C’est dans cette critique de l’Etat moderne et son fétichisme que Marx inscrit la perspective du dépérissement de l’Etat (et en voit une ébauche dans les nouvelles pratiques politiques de la Commune de 1871) – tout à l’opposé du bureaucratisme et de l’hypertrophie de l’appareil d’Etat auxquels a donné lieu le socialisme réellement existant.

3. Les écrits de Lénine – qui s’inscrivent dans l’histoire de l’Union soviétique des années 1917-1923 – manifestent un soucis constant d’analyser les rapports réels de production, c’est-à-dire d’apporter des réponses aux questions : qui, dans la société, décide réellement de l’allocation des moyens de production ? de l’organisation du travail ? de la répartition du produit social ? Ainsi dès 1918, Lénine indique que l’expropriation des capitalistes, en tant qu’acte juridique ou politique, ne résout pas la question du socialisme, puisqu’il faut encore établir un mode de gestion autre que capitaliste – une gestion ouvrière – des rapports sociaux dans l’économie (La révolution prolétarienne et le renégat Kautsky). Puis, lorsque, menacé par un effondrement, le pouvoir soviétique doit faire une série de pas en arrière – notamment remplacer le contrôle ouvrier des usines par un système administratif de direction centralisée de l’économie, nommer les dirigeants d’entreprises jusque là élus, ouvrir l’échelle des salaires 5 fois au-delà du minimum… –, Lénine précise qu’il s’agit de mesures de circonstances de nature capitaliste (en soulignant que par capital, il entend non pas une somme d’argent mais bien des rapports sociaux déterminés – Les tâches immédiates du pouvoir des soviets). Or, ces mesures provisoires, non-socialistes vont perdurer au-delà de la mort de Lénine, et se consolider jusqu’à devenir, après le Grand tournant de 1930, le contenu normal des rapports socialistes dans la gestion de la production, l’organisation du travail et la répartition du produit.

Je retiendrai aussi de Lénine sa remise en question de la définition de l’Etat soviétique comme « Etat ouvrier » : cette caractérisation oublie tout d’abord que ce ne sont pas les ouvriers, mais les paysans qui sont majoritaires ; d’autre part, elle perd de vue qu’il s’agit d’un Etat ouvrier à déformation bureaucratique (La crise du parti). L’opposition d’intérêts entre ouvriers et appareil d’Etat ne pouvant être écartée, l’indépendance des syndicats vis-à-vis de l’Etat devient une nécessité afin de défendre les ouvriers contre leur propre Etat (Les syndicats, la situation actuelle et les erreurs de Trotsky). Dans ses derniers textes, Lénine met en garde les communistes contre l’illusion qu’ils possèderaient les capacités nécessaires à l’édification d’un appareil d’Etat méritant véritablement le nom de soviétique ou de socialiste (Mieux vaut moins, mais mieux). Pour Lénine, les communistes sont devenus des bureaucrates, et si le pouvoir communiste devait périr, ce serait par son bureaucratisme (« Notre pire ennemi intérieur : c’est le communiste bureaucrate » – La situation internationale et intérieure de la République des soviets).

4. Certes, faire la critique de l’économie politique marxiste-léniniste du point de vue de Marx ou de Lénine ne signifie pas qu’il n’y a rien à redire aux analyses de Marx ou de Lénine, et que celles-ci échapperaient à la critique. Mais cette critique est d’un autre ordre ou du moins elle se situe à un autre niveau. Je ne peux la traitée dans le cadre de cet entretien et me limiterai ici à deux brèves remarques :

* Ce que Marx a dit du socialisme se ramène à un certain nombre de perspectives qu’il esquisse à partir de l’analyse du capitalisme et de ses contradictions de classes : un mode de production de travailleurs librement associés (qui n’oppose plus travail intellectuel et travail manuel, tâches de direction et tâches d’exécution) ; un mode de répartition du produit social selon le travail, puis selon les besoins. Rien n’est dit cependant des contradictions sociales dans l’après-capitalisme : la possibilité et la nature des conflits sociaux, leurs formes et leurs modes de résolution. Certes, on pourrait dire, comme Marx dans la Critique du programme de Gotha, qu’il s’agit là de questions auxquelles seule la science peut répondre – c’est-à-dire, qui n’ont de réponse que sur la base d’une analyse de l’expérience historique du socialisme. Il n’empêche que c’est bien sur cette question centrale – qui concerne l’existence des rapports de pouvoir et de la démocratie, le rôle de l’Etat et des organisations politiques – qu’est venu s’échouer le socialisme réellement existant.

* Construites sur l’expérience des premières années de la Révolution russe, les analyses de Lénine portent, elles, sur les problèmes de la période de transition, qualifiée de « dictature du prolétariat ». Par ce terme, Marx désigne simplement la domination politique de la classe des travailleurs qui se substitue à celle de la bourgeoisie : il s’agit là d’une domination de classe et non pas celle d’un groupe révolutionnaire ; elle implique aucunement un parti unique et encore moins un pouvoir personnel. Or c’est l’abandon des principes démocratiques dans la vie politique, à l’extérieur du parti communiste d’abord (interdiction des partis et de la presse d’opposition ; dessaisissement du pouvoir effectif des soviets) puis au sein du parti (interdiction des tendances organisées, emploi de mesures policières à l’encontre des contestataires) qui vont ouvrir – du vivant de Lénine – la voie au stalinisme.

Pourquoi l’effondrement qui s’est produit en Union soviétique et en Europe de l’Est n’a-t-il pas eu lieu dans d’autres sociétés telles que la Chine et le Vietnam ?

Bien que faisant partie d’un même ensemble, ces sociétés peuvent avoir des trajectoires différentes dues à des caractéristiques historiques spécifiques, notamment les conditions politiques dans lesquelles le parti communiste a accédé au pouvoir, l’a exercé et s’y est ou non maintenu. De ce point de vue, on peut distinguer les cas de la Chine et du Vietnam – qui sont relativement proches – de celui de l’Union soviétique, lui-même distinct du cas des pays de l’Europe de l’Est .

Ceci dit, il existe bien des caractéristiques structurelles, des tendances lourdes communes à ces sociétés. Pour prendre le cas du Vietnam, on sait que l’économie socialiste n’y a jamais été une réalité. Le système économique centralement planifié est entré en crise dès le premier plan quinquennal de 1961-1965 : incapacité à approvisionner en vivres la population non-agricole, chute du pouvoir d’achat des ouvriers et employés d’Etat de 25%. Aussi, dès le début, le maintien du système impliquait-il que le parti communiste vietnamien (PCV) renonce au monopole étatique de l’allocation des ressources et tolère l’existence du marché libre (15% du commerce en 1965, 25 % en 1975). Avant même la réunification du pays, le système ne peut d’enrayer la montée en son sein d’une économie parallèle et doit fermer les yeux sur toutes sortes de pratiques « clandestines » dans les coopératives agricoles comme dans entreprises étatiques. A la fin des années 1970, face à la menace d’un effondrement économique et d’une explosion sociale, le PCV (9e plenum de 1979) amorce un premier tournant dans sa ligne officielle : il légalise la « transgression des barrières » (forfait de production dans l’agriculture, plan n° 3 de production dans les entreprises étatiques) et institutionnalise une économie hybride combinant planification centralisée et relations de marché avec le système des deux prix (prix planifié et prix de marché). A la fin des années 1980, la crise du système hybride oblige le PCV (6e congrès de 1986) à s’engager dans le « Doi moi » : dénonçant l’erreur du modèle centralisé et bureaucratique d’allocation des ressources, il reconnaît en même temps l’échec du projet visant à mettre les relations de marché au service de la poursuite d’un socialisme d’Etat. Décollectivisation des campagnes, autonomisation des entreprises étatiques, abolition du mécanisme des deux prix marquent la rupture de l’économie vietnamienne avec l’ancien système et sa transition à l’économie de marché – selon un processus de réformes économiques assez proche de celui que Chine a amorcé une décennie plus tôt.

Le Doi moi vietnamien est lancé dans un contexte international marqué par la Perestroika soviétique. Mais très vite, la direction du PCV (menée par Nguyen Van Linh) referme le volet politique des réformes : elle met un terme aux débats sur le système politique (exclusion du responsable des études théoriques Tran Xuan Bach) et reprend en main la presse et les intellectuels (mise à l’écart du responsable de la culture et de l’idéologie Tran Do). La victoire électorale de Solidarnosc en Pologne, le Printemps des étudiants de Pékin, la chute du Mur de Berlin puis la disparition de l’Union soviétique confortent les dirigeants du PCV dans leur refus de toute mise en question du parti unique, aussi bien que de toute démocratisation interne du parti. On peut analyser la société vietnamienne actuelle – de même que la société chinoise voisine – comme fonctionnant sur un compromis implicite entre la population et le parti communiste, un pacte entre libéralisme économique et despotisme politique : le parti laisse aux individus la plus grande latitude dans les moyens de s’enrichir (moyens illégaux compris), en revanche, aucune contestation du monopole politique du parti n’est tolérée. En fait, un tel pacte se trouve suspendu à la capacité du pouvoir en place à garantir une croissance économique élevée. Ayant dilapidé sa légitimité conquise dans la lutte pour l’indépendance nationale, le PCV tente de la rebâtir partiellement sur le maintien d’un taux de croissance économique moyen de 6-7% depuis deux décennies. Cette nouvelle légitimité semble aujourd’hui très fragilisée.

La Chine prétend édifier une économie « socialiste aux couleurs de la Chine ». Le Vietnam déclare aussi construire « une économie de marché à orientation socialiste » prenant « le marxisme-léninisme comme fondement ». Quel rapport voyez-vous entre ces choix et la théorie économique du marxisme-léninisme ? Celui-ci fonde-t-il réellement ou non les politiques économiques actuelles du Vietnam ? Si oui, quels en sont les aspects ?

Je ne vois pas ce qu’il y a de « socialiste » ou d’ « orientation socialiste » dans le développement économique actuel de la Chine et du Vietnam. Je dirais plutôt qu’il s’agit d’un développement du capitalisme que les partis communistes chinois et vietnamien font semblant de dissimuler derrière le concept faussement neutre d’ « économie de marché ». Si on se réfère à la théorie de Marx, il s’agit très précisément d’accumulation primitive du capital, qui conjugue le pouvoir d’Etat et la violence la plus brutale. Si on se réfère aux analyses de Lénine, il s’agit plus particulièrement de capitalisme d’Etat, dans lequel la propriété étatique des moyens de production recouvre des rapports de production typiquement capitalistes. Par rapport aux pays ex-socialistes, la spécificité de la Chine et du Vietnam est que cette instauration du capitalisme s’effectue sous la direction d’un parti communiste, devenu celui d’une nouvelle bourgeoisie à laquelle la bureaucratie s’est alliée. La référence au « socialisme » n’est invoquée ici que pour justifier le monopole politique de ce parti dit communiste.

Quant au marxisme-léninisme en vigueur au Vietnam et en Chine, il s’agit – on peut le dire – d’un travestissement de la réalité en même temps qu’une falsification des concepts de Marx et des analyses de Lénine. J’évoquerai ici le récent débat sur l’exploitation qui a eu lieu au Vietnam : le PCV a soumis à la discussion la question de savoir si les membres du parti pouvaient avoir une activité privée capitaliste. Du point de vue du marxisme-léninisme, cette question ne se pose que pour le secteur privé capitaliste, puisqu’en ce qui concerne le secteur « socialiste » (entreprises d’Etat et coopératives), l’exploitation y est déclarée abolie. Pourtant, c’est sur ce secteur étatique qu’aurait du porter prioritairement la question de l’exploitation, car les pratiques y sont dissimulées, illégales, travesties sous les habits du socialisme. Alors que dans le secteur capitaliste, quoiqu’il en soit, les rapports d’exploitation correspondent à des pratiques reconnues, légales et légitimées par le PCV dans le cadre de l’ « économie de marché à orientation socialiste ». D’autre part, le débat a soulevé la question du seuil de salariés (5 ou 10) au-delà duquel un patron serait considéré comme « exploiteur » : cela revient à réduire le concept de plus-value à sa forme de manifestation la plus immédiate, celle le profit d’entreprise. Autrement dit, sont laissées de côté toutes les autres formes de la plus-value, celles qui semblent déconnectées de tout rapport au travail salarié – intérêts, dividendes et plus-values boursières, rentes et plus-values immobilières – dont on sait qu’elles constituent aujourd’hui pour la plupart des membres du parti l’essentiel de leurs revenus (le Parti, quant à lui, est à l’heure actuelle le plus grand capitalisten du pays). C’est faire semblant d’oublier que l’exploitation capitaliste n’est pas une relation microéconomique entre tel patron et les travailleurs salariés de son entreprise, mais qu’elle désigne une relation macroéconomique entre deux classes sociales.

A votre avis, le Vietnam a-t-il besoin ou non d’une théorie ou d’une combinaison de théories autres que le marxisme-léninisme pour se développer ? Si oui, quelles seraient ces théories ?

Je ne pense pas que le Vietnam ait besoin pour se développer d’une théorie ou d’une combinaison de théories, que ce soit le marxisme-léninisme ou tout autre chose. Ce dont il a besoin, c’est d’une approche critique des théories, de la théorie de Marx évidemment mais aussi de la théorie économique dominante dans ses différentes versions néo-classique, néo-keynésienne ou autrichienne. Plus, je dirais que le danger qui guette la réflexion économique aujourd’hui n’est pas tant le marxisme-léninisme, qui est totalement discrédité, que le néo-libéralisme qui tend à s’imposer comme la nouvelle orthodoxie au Vietnam. D’autant plus que l’expérience a montré que le néo-libéralisme fait plutôt bon ménage avec le despotisme politique.

Il y a 50 ans, la «Révolution culturelle prolétarienne» en Chine

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Que devrait-on commémorer ?

 

« Il y a 50 ans s’amorçait la Grande révolution culturelle prolétarienne en République populaire de Chine. Pendant plus de 10 ans (1966-1976), des millions d’étudiants et d’étudiantes, de prolétaires, de femmes, de paysans et paysannes, dans tous les coins de la Chine, répondant à l’appel du quartier général révolutionnaire dirigé par Mao Tse Toung, se mettront en mouvement pour défendre et consolider les avancées du socialisme. » déclare le communiqué qui invite à commémorer cet évènement (1). Justement, se questionne-t-on, quelles ont été les avancées du socialisme en Chine depuis 1966 et même avant ?

 

« Les effets de la Révolution culturelle ne se sont pas limités à la Chine. En effet, tout comme la révolution d’Octobre en Russie a marqué le monde en son temps, la Révolution culturelle a marqué tout une période historique, notamment par la conjonction des luttes des peuples dans les pays dominés par l’impérialisme et la lutte de la jeunesse, du mouvement des femmes et du prolétariat dans les principaux pays occidentaux, conjonction de lutte qui viendra ébranler les principales citadelles du capitalisme. » poursuis le communiqué d’invitation à la manifestation. Il sera intéressant de connaitre comment ces militants apprécient « L’ébranlement des principales citadelles du capitalisme » que pour notre part nous n’avons pas observé ! La crise économique du capitalisme fait rage en effet, mais les citadelles tiennent bon, et il en sera ainsi tant que la classe prolétarienne ne se sera pas mise en ordre de marche insurrectionnelle.

 

Visite de Nixon et de Kissinger auprès du Grand Timonier

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Il nous semble qu’en 1976 le mode de production capitaliste – en phase ultime impérialiste – était toujours bien en scelle dans tout l’Occident, au sein du bloc de l’OTAN, en Chine, en URSS, dans le bloc du Comecon et dans le monde entier (2). En 1972, deux des plus grands criminels de guerre de l’histoire américaine, Richard Nixon et Henry Kissinger, ont rendu visite au Grand Timonier, le grand prêtre du « maoïsme », alors au cœur de la tempête « culturelle prolétarienne » (sic). Quelles furent les retombées « révolutionnaires » de ces courtoisies diplomatiques et de ces tractations politiques demande-t-on (3) ?

 

« Aujourd’hui, loin de nous l’idée d’être des nostalgiques du passé. En effet, nous profitons de cet anniversaire non pas pour refaire l’histoire, mais plutôt pour faire l’histoire en mettant en relief les avancées de la révolution culturelle, en particulier les principales innovations amenées par les masses et synthétisées dans le maoïsme. Comme en fait foi la charge de certains médias bourgeois cherchant à faire de Mao le plus grand dictateur de tous les temps, la bourgeoisie impérialiste a eu peur de la Révolution culturelle. De même, le système capitaliste mondial reposant sur l’économie chinoise, on comprendra que les révisionnistes en Chine craignent que les masses se réveillent de nouveau et se souviennent d’une des idées phares de la révolution culturelle, à savoir que : ce sont les masses prolétariennes qui doivent diriger la société, toute la société et exercer une dictature intégrale sur la bourgeoisie ! » (4)

 

On aura remarqué que les laudateurs du « maoïsme » –  l’appellation qu’ils attribuent au courant idéologique capitaliste nationaliste en Chine –  se glorifient des conquêtes économiques de la Chine en phase impérialiste. En effet, même si en difficulté, les capitalistes chinois représentent aujourd’hui le fer-de-lance de l’économie politique capitaliste globalisée. C’est l’ensemble du monde impérialiste mondialisé qui est en crise et la Chine capitaliste ne fait pas exception, mais elle semble résister mieux que ses comparses. C’est là un héritage de la Grande révolution culturelle (5).

 

Comment passer d’une «révolution prolétarienne» au révisionnisme bourgeois ?

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Pour avoir assisté à nombre de discussions sur la question de la « Grande révolution culturelle prolétarienne », je sais par expérience, que les exégètes maoïstes escamotent la question du passage de la « Révolution prolétarienne communiste » aux « révisionnistes au pouvoir », ces malfrats, soi-disant sans origine de classe, qui auraient usurpé le pouvoir des masses (sic) et qui aujourd’hui craindraient que les « masses se réveillent à nouveau ! » Difficile d’expliquer quand, comment et pourquoi des « masses populaires » en pleine « Révolution culturelle prolétarienne » s’endorment brusquement, et comment après dix années « d’effervescence révolutionnaire », alors que « les masses prolétariennes dirigent toute la société et exerce une dictature intégrale sur la bourgeoisie ! », émerge soudainement une puissance capitaliste à nul autre pareil ! En effet, peu de gens parmi les maoïstes et les économistes d’Occident réalisent que la Chine contemporaine avec ses 350 millions de prolétaires déjà aliénés et sa réserve de 350 millions de paysans à prolétariser, est déjà la première puissance industrielle du monde capitaliste et en voie de devenir la première puissance économique du monde impérialiste (6). C’est probablement le plus grand héritage légué par la Grande révolution culturelle prolétarienne. Ce qui en définitive amène la question de la vraie nature de la Révolution de démocratie nouvelle en Chine. La Révolution chinoise de 1949 fut-elle une révolution prolétarienne – sans prolétariat (?) – ou fut-ce une révolution antiféodale des masses paysannes analphabètes et affamées, dirigées par la bourgeoisie nationaliste chauvine et que le Parti communiste chinois avait la prétention de transformer en révolution socialiste ? (7)

 

La vraie nature de la Révolution culturelle

 

Les fondements de la Révolution culturelle n’étaient pas culturels, politiques ou idéologiques. La Grande révolution culturelle prolétarienne fut d’abord une guerre économique entre quelques factions de la bourgeoisie au pouvoir à travers le Parti communiste de Chine et à travers l’immense appareil étatique capitaliste chinois. La clique nationaliste (dirigée par Mao Zedong), tenante du « socialisme à la chinoise et du Grand bond en avant » (8), eut l’idée de lancer une offensive désespérée contre les cliques adverses, tenantes d’un développement économique mondialisé. Une faction bourgeoise fut rapidement disqualifiée par l’éviction de Liu Shaoqi, et l’assassinat de Lin Biao, tenant du développement capitaliste à la bolchévique, de concert avec l’Union soviétique et le bloc du Comecon (9). Restait la clique entourant Deng Xiao Ping, l’homme aux devises opportunistes « Peu importe que le chat soit noir ou qu’il soit gris – pourvu qu’il attrape les souris et Enrichissez-vous » (10). Deng Xiao Ping était Premier secrétaire du Parti, exactement comme Staline en son temps. Deng croyait fermement que la voie chinoise vers le développement économique n’était pas du côté de la Russie et du Comecon, ni du côté des « non-alignés », comme le préconisait Chou Enlai, ces « non-alignés » bien alignés d’un côté ou de l’autre des alliances impérialistes, États-Unis-Atlantique-Otan ou URSS-Comecon-Pacte de Varsovie (11). Sous le mode de production capitaliste qui domine la planète toute entière pas de place pour une troisième voie politique – une bourgeoisie nationale adhère à une alliance capitaliste ou à une autre. C’est ce que Mao admettra finalement, en 1972, en recevant les criminels de guerre occidentaux Kissinger et Nixon à Pékin. La clique de Deng venait de remporter une victoire définitive sur les nationalistes chauvins de la Bande des quatre, abandonnée par leur Grand Timonier (12). Le développement économique de la Chine allait désormais se concerter avec l’alliance impérialiste occidentale. Ce fut un choix judicieux de la part de Deng et de ses acolytes puisqu’en 1989 l’alliance impérialiste soviétique s’effondrait avec ses « Murs » et ses « ours en papier » comme aimait les qualifier Mao, le père du national-socialisme à la chinoise, qui préféra transiger avec les « tigres en papier » occidentaux (13).

 

La voie bourgeoise chinoise vers l’impérialisme mondialisé

 

Deng et sa faction capitaliste prendront encore six années (1972-1978) avant de revenir aux affaires et terminer la conquête du pouvoir économique et politique, d’abord au sein du parti, puis à l’intérieur de l’immense État bourgeois chinois et de compléter le virage économico-politique en attirant le capital occidental pour qu’il vienne exploiter la force de travail chinoise à bon marché (délocalisation-relocalisation). Deng – le Staline de l’empire du Milieu – avait compris que le capital chinois se développerait plus rapidement en fusionnant avec le capital d’Occident, beaucoup plus abondant ; sans compter les marchés occidentaux en plein développement alors que ceux de l’alliance soviétique allaient déclinant. De plus, il apparaissait déjà évident que l’alliance impérialiste russe avait déjà perdu la bataille de la mécanisation-robotisation-informatisation de la production, et donc de la productivité, source actualisée de la plus-value sous l’impérialisme mondialisé (14). Ce n’est pas sous les coups de l’affrontement politique, diplomatique ou militaire, ou sous les coups de la « Guerre des étoiles », et autre fadaise reaganienne que l’empire soviétique s’écroula, mais dans la guerre à la productivité du travail salarié que la Russie perdit son pari. Avec Deng aux commandes tout allait changer après la défaite des maoïstes nationalistes et la fin de la Grande Révolution culturelle prolétarienne, en rien une révolution (une révolte de palais tout au plus), aucunement culturelle, et encore moins prolétarienne.

 

Les capitalistes en Chine depuis la mal nommée GRCP

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C’est ainsi que la Grande révolution culturelle prolétarienne – sur laquelle le prolétariat chinois n’eut aucune emprise, jouant simplement les faire valoir – s’éteignit peu à peu, retournant les enfants, les étudiants, la petite bourgeoisie intellectuelle, politique et bureaucratique à leur servage de classe où elles pourrissent encore aujourd’hui. Depuis 1989, et les évènements de la Place Tian’anmen, il est peu probable que la clique bourgeoise au pouvoir à Pékin, où le nombre de millionnaires et de milliardaires s’accroit régulièrement, craigne qu’une nouvelle clique capitaliste nationaliste parvienne à relancer enfants, étudiants et intellectuels à la conquête du pouvoir de l’appareil d’État, complètement occupé que sont ces gens à travailler, à consommer et à se concurrencer pour obtenir une sinécure parmi la hiérarchie du Parti (15).

 

Les maoïstes occidentaux devraient savoir qu’une révolution sociale ne provient jamais de la superstructure – de l’idéologie – de la culture ou des rapports sociaux de production, pour s’étendre ensuite à l’infrastructure et aux forces productives sociales. C’est toujours l’inverse qui se produit. Ce sont les transformations subies dans l’infrastructure économique qui engendre des bouleversements dans les rapports de production, la culture et la politique notamment, qui provoquent des tensions sociales que l’État bourgeois est censé endiguer, canaliser ou réprimer, ce que l’Armée Populaire de Chine a assuré (16). Les tenants du maoïsme, tout comme ceux qui spéculent à propos de la trahison « révisionniste » khrouchtchévienne des années cinquante en Union soviétique devraient se rappeler que des bouleversements importants dans la superstructure sociale ont toujours une origine de classe et que les classes sociales ont leurs sources dans l’infrastructure de production (17). Écartons les explications antimatérialistes alambiquées du type : « coup d’État orchestré par une bourgeoise spontanée ». Une clique de dirigeants révisionnistes n’apparait jamais spontanément – elle mature longuement à la faveur du développement du mode de production, d’échanges et de communication. Si ce mode de production est capitaliste alors tôt ou tard, comme en Russie et en Chine, et dans les autres pays dits « socialistes », les rapports de production et la direction de classe de l’État s’ajusteront aux nécessités du mode de production.

 

In memoriam à la Grande révolution culturelle prolétarienne des Gardes rouges et du petit Livre rouge des mantras, des sourates et des versets de la gauche populiste écarlate. La Grande révolution culturelle prolétarienne a marqué l’émergence victorieuse du capitalisme d’État et la défaite totale et définitive des reliquats de féodalisme qui entravaient le développement économique de la Chine impérialiste dont on observe maintenant les résultats.

 

Il est indéniable qu’aujourd’hui, en Chine capitaliste, la classe prolétarienne se développe rapidement, ce qui n’était pas le cas en 1949, et pas beaucoup plus en 1966. Les contradictions du développement économique impérialiste font murir, là-bas comme ici, les conditions de la révolution prolétarienne mondiale à laquelle – il ne fait aucun doute – le prolétariat chinois contribuera vaillamment.

 


 

(1)   Communiqué du Parti communiste Révolutionnaire (PCR) 2016. https://www.facebook.com/events/551278555061498/ et https://www.facebook.com/maison.normanbethune/ et http://www.vp-partisan.org/article1619.html

(2)   OTAN. https://fr.wikipedia.org/wiki/Organisation_du_trait%C3%A9_de_l%27Atlantique_nord Comecon. https://fr.wikipedia.org/wiki/Conseil_d%27assistance_%C3%A9conomique_mutuelle

(3)   https://fr.wikipedia.org/wiki/Visite_de_Richard_Nixon_en_Chine_en_1972

http://sites.arte.tv/mysteresdarchives/fr/1972-richard-nixon-en-chine-mysteresdarchives

(4)   Communiqué du Parti communiste Révolutionnaire (PCR) 2016. https://www.facebook.com/events/551278555061498/ et https://www.facebook.com/maison.normanbethune/ et http://www.vp-partisan.org/article1619.html

(5)   La crise économique en Chine (2016) http://www.les7duquebec.com/actualites-des-7/chine-un-systeme-qui-se-fissure/

(6)   L’économie chinoise (2016) http://www.les7duquebec.com/actualites-des-7/chine-premiere-puissance-industrielle-mondiale/

(7)   http://french.china.org.cn/archives/chine2007/2007-12/23/content_9419879.htm   et https://fr.wikipedia.org/wiki/Mao_Zedong

(8)   Grand bond en avant (1958-1960) https://fr.wikipedia.org/wiki/Grand_Bond_en_avant

(9)   Lin Biao. https://fr.wikipedia.org/wiki/Lin_Biao Liu shaoqi https://fr.wikipedia.org/wiki/Liu_Shaoqi

(10)                      https://fr.wikipedia.org/wiki/Deng_Xiaoping

(11)                      Le mouvement des pays non-alignés https://fr.wikipedia.org/wiki/Mouvement_des_non-align%C3%A9s

(12)                      La Bande des quatre https://fr.wikipedia.org/wiki/Bande_des_Quatre

(13)                      Dislocation de l’URSS https://fr.wikipedia.org/wiki/Dislocation_de_l%27URSS

(14)                      La productivité du travail http://www.les7duquebec.com/7-dailleurs/aujourdhui-la-productivite-du-travail-double-tous-les-dix-ans/ et http://www.les7duquebec.com/7-au-front/profits-trop-eleves-comment-dilapider-ces-deniers-mal-acquis/

(15)                      Place Tian’anmen (1989) https://fr.wikipedia.org/wiki/Place_Tian%27anmen

(16)                      https://fr.sputniknews.com/presse/201604281024589755-chine-reforme-armee/

(17)                      https://fr.wikipedia.org/wiki/Nikita_Khrouchtchev

 

 

Source: http://www.les7duquebec.com/7-au-front/il-y-a-50-ans-la-revolution-culturelle-proletarienne-en-chine/