Le point de vue maoïste sur la GPP dans les pays impérialistes

Pour nous maoïstes, le processus révolutionnaire n’est pas spontané. C’est un aspect essentiel de la question de la révolution. Le mouvement de mai/juin 1968 a montré quelles sont les conséquences de l’absence d’une organisation maoïste dirigeant le mouvement de masses.

Les masses ont ébranlé le système, mais elles ne l’ont pas renversé. La contre-révolution a pu ainsi reprendre le dessus, au fur et à mesure et en profitant des idéologies social-démocrate et gaulliste.

Mais un autre aspect non moins essentiel est que la révolution communiste est la révolution des masses populaires. Les maoïstes sont une avant-garde au sens où leur objectif est que les masses suivent le chemin de la révolution.

Ce sont les masses qui font l’ histoire ; comme le dit Mao Zedong,  » le peuple, le peuple seul est la force motrice, le créateur de l’histoire universelle « .

Le concept de guerre populaire correspond à ce principe maoïste. La guerre populaire est la guerre des masses populaires ; elle seule fraie le chemin au socialisme, au communisme. Il n’y a de processus réellement révolutionnaire que s’il y a une guerre populaire.

Celle-ci peut prendre plusieurs formes ; cela dépend des pays, des conditions concrètes. Le concept de guerre populaire est un concept scientifique, valable universellement, dont l’application dépend de son champ d’application.

Le camarade Gonzalo a résumé cette position ainsi :  » Pour nous, le président Mao Zedong, en établissant les principes de la guerre populaire, a doté le prolétariat de sa ligne militaire, de sa théorie et de sa pratique militaire, de valeur universelle, donc applicable partout, selon les conditions concrètes « .

Cette position est la seule scientifique, elle seule permet aux révolutionnaires de trouver suffisamment de créativité pour avancer dans le processus révolutionnaire. Cette position permet de ne pas tomber dans l’erreur révisionniste opposant les révolutions russe et chinoise.

La révolution russe est le fruit du long travail d’agitation de propagande des Bolchéviks, de leur organisation de l’insurrection d’Octobre 1917, puis de l’armée rouge dans la lutte contre les troupes contre-révolutionnaires et ses soutiens impérialistes.

La révolution chinoise est le fruit du long développement de l’armée rouge et des conquêtes de zones libérées, jusqu’à la libération de tout le pays.

Lénine, Staline et la troisième Internationale ont eu raison d’affirmer le caractère universel de la révolution russe, c’est-à-dire de la dictature du prolétariat. Mais la troisième Internationale a souvent compris cela de manière mécanique, et donné à la révolution russe un caractère de modèle universel.

Après la révolution chinoise, d’autres dogmatiques considéreront qu’il s’agit là aussi d’un modèle universel.
Ces positions sont erronées, car elle nie le caractère particulier de la révolution dans chaque pays.

C’est pourquoi le Parti Communiste du Pérou a souligné la nécessité pour les communistes de chaque pays de développer une  » pensée  » spécifique. Au Pérou l’idéologie est ainsi le marxisme-léninisme-maoïsme pensée Gonzalo ; de même dans chaque pays les communistes doivent comprendre comment la guerre populaire peut et doit se développer.

Ceux et Celles qui raisonnent de manière schématique sont condamnés à échouer.

Rosa Luxembourg et Che Guevara ont tenté d’appliquer schématiquement un modèle de révolution, sans étudier les conditions concrètes. L’échec en a été la conséquence. Inversement, là où les communistes appliquent la guerre populaire prolongée aux conditions concrètes, celle-ci devient indestructible, comme c’est le cas au Pérou, ou encore au Népal.

La guerre populaire prolongée est la guerre des masses populaires ; la situation des masses populaires étant différente selon les pays, le mode d’action change. Dans le fameux interview du camarade Gonzalo, celui-ci dit ainsi : « L’Amérique latine, par exemple, compte des villes proportionnellement plus grandes que celles des autres continents.

C’est une réalité de l’Amérique Latine qu’on ne peut ignorer. Il suffit de voir la capitale du Pérou, qui a un taux de population élevé. Ainsi, pour nous, la ville ne pouvait être laissée de côté et la guerre devait s’y dérouler aussi, toutefois la lutte se livre principalement à la campagne, celle de la ville restant le complément nécessaire « .

La guerre populaire en Amérique latine possède donc des caractéristiques différentes de celles des autres continents. Pour pouvoir mener une guerre populaire correcte, il faut connaître dans tous les cas l’histoire du pays, l’histoire du développement économique, l’histoire des masses et de leurs luttes, la géographie, les tâches historiques des communistes.

En ce qui concerne la France par exemple, on voit bien que le schéma opposant  » révolution des villes  » et  » révolution des campagnes  » est absurde. Car dans les pays impérialistes, une grande partie de la population est rurbaine.

Elle n’habite pas dans une ville au sens classique du terme, et elle n’a pas de rapports avec la production agricole. En France, environ 20 millions de personnes vivent dans des zones rurbaines.

Cette population ne vit plus la grande concentration urbaine propre aux zones ouvrières. C’est pourtant dans cette zone que la classe ouvrière y est la plus nombreuse. La classe ouvrière fait ainsi 35% de la population active française, mais elle est beaucoup plus présente dans les zones rurbaines que dans les villes.

L’Etat impérialiste français a ainsi soutenu le développement culturel de la petite-bourgeoisie dans ces zones rurbaines, où les pavillons s’opposent ainsi aux HLM (qui comptent plus de 3,5 millions d’appartements).

Ce sont ainsi les classes dominantes et la petite-bourgeoisie qui dominent culturellement le prolétariat, jusque dans ses bastions. Le phénomène de la  » banlieue rouge « , apparue avec le développement du Parti Communiste en France, disparaît un peu plus à chaque élection municipale depuis que le révisionnisme prédomine dans ce parti.

Peut-on ainsi dire que la révolution russe est un  » modèle  » pour la révolution en France ? Non, on ne le peut pas. Ce que nous pouvons dire c’est que, au fond et comme Lénine l’a fait remarqué, la révolution consistera en la dictature du prolétariat, comme en Russie.

Nous pouvons par conséquent dire que cette révolution sera une guerre populaire, comme l’a fait remarqué le camarade Gonzalo, avec trois outils donc : le Parti, l’Armée, le Front.
Pas de révolution sans les  » trois épées magiques  » !

L’histoire de la révolution socialiste dans les pays impérialistes est justement un échec en raison de la non utilisation de ces trois outils, décrit par Mao Zedong comme les  » trois épées magiques « .

Les révolutionnaires d’Allemagne avaient, dans les années 1930, un très bon Parti Communiste, ainsi qu’un Front de grande dimension (allant des combattants antifascistes à l’organisation de courses de motos). Mais l’absence d’une armée en tant que telle leur fera subir une défaite totale.

Les révolutionnaires d’Italie avaient, dans les années 1970, organisé un grand embryon d’armée. Mais les Brigades Rouges repoussèrent la structuration d’un véritable Parti Communiste et nièrent l’importance du Front. La conséquence sera une déviation militariste accompagné d’un isolement croissant, formant une spirale infernale.

Si aujourd’hui nous pouvons avoir cette grille d’analyse, c’est grâce à l’expérience accumulée par le mouvement ouvrier et communiste en Europe occidentale. La réflexion sur la révolution dans les pays capitalistes ne s’est jamais arrêtée depuis la révolution russe.

Initialement, les communistes d’Europe occidentale pensaient qu’il fallait utiliser le modèle soviétique. Cette position a amené de nombreuses dérives gauchistes. Le Parti Communiste d’Autriche appelait ainsi chaque semaine à la Révolution socialiste, sans se soucier d’organiser les masses populaires. Il y a également et bien sûr eu la tentative des Spartakistes de Rosa Luxembourg de renverser la bourgeoisie, tentative écrasée dans le sang.

Par la suite s’est développée au sein de l’Internationale Communiste la thèse du front populaire. L’utilisation du front pour organiser les larges masses visait à rassembler contre le fascisme, mais également pour la révolution.

Tel ne fut pas le cas en Europe. Les communistes de France se soumirent, comme ceux/celles d’Espagne ou même d’Italie, à la social-démocratie. En 1936, le fascisme fut vaincu en France, mais le Parti Communiste devint  » Français  » et réhabilita le patriotisme, la Marseillaise, la révolution bourgeoise de 1789.

Cette attitude ne se modifia pas pendant la Résistance armée des années de guerre impérialiste (1939-1945).

Et les révisionnistes dominèrent même idéologiquement les révolutionnaires par l’intermédiaire de ce concept de  » front », qui devint la quête des  » 51%  » aux élections. Des années 1950 à aujourd’hui, tout l’histoire du  » Parti Communiste Français  » est ainsi la recherche d’un  » front  » des forces  » progressistes « ,  » démocratiques « , etc.

Le Front Populaire devait permettre l’organisation à la base, il devint un prétexte pour une recherche d’alliances électorales. Le trotskysme, liquidé, put renaître grâce à l’opportunisme de cette thèse, s’affirmant comme les seuls vrais  » révolutionnaires « .

Or, à l’opposé des trotskystes, nous communistes ne pensons pas que la thèse du Front Populaire soit fausse ; c’est son application en Europe qui a été erroné.

En Chine, les communistes ont très bien appliqué ce concept du front. Ils/Elles ne se sont pas soumisEs à la petite-bourgeoisie ni à la bourgeoisie nationale. Les communistes ont conservé leur indépendance, et ont dirigé le mouvement.

Ainsi, en Europe occidentale, l’opportunisme en ce qui concerne la question du Front a abouti à la cessation de l’analyse révolutionnaire conséquente. Il a fallu attendre les années 1970 pour que des tentatives de réponse à cette question révolutionnaire soit posée.

Apprendre des succès comme des échecs ! Le philosophe allemand Hegel a affirmé que  » Tout ce qui est réel est rationnel, tout ce qui est rationnel est réel « . Les communistes ne nient pas les phénomènes historiques , même si cela ne leur  » plaît  » pas ; au contraire ils/elles en étudient les aspects positifs comme négatifs.

Si nous relisons l’interview du camarade Gonzalo, nous pouvons ainsi y lire le paragraphe suivant :

 » Quant à l’Europe, nous voyons s’y développer de longues luttes armées ; elles sont l’expression d’une réalité objective. Par conséquent, il ne s’agit pas de condamner, mais de comprendre, d’étudier et d’analyser, et de voir comment elles expriment le fait qu’une situation révolutionnaire existe aussi dans la vieille Europe.

Plus encore, il y a des hommes [et des femmes] qui prennent les armes en comprenant que c’est la seule façon de conquérir le pouvoir ; c’est un coup dur pour le révisionnisme, parce qu’en Europe même, considérée comme un de ses bastions, le révisionnisme commence à être abandonné. Quels que soient le niveau atteint et les problèmes en suspens, c’est incontestablement une avancée importante.

Dans certains cas, il s’agit de questions nationales, comme en Irlande. Dans d’autres, ils se posent le problème de comment faire la révolution. Nous pensons que ces luttes doivent être sérieusement étudiées : la question est de voir quelle est leur idéologie, quelle politique les guide, quelles classes elles servent, comment elles font face au problème des superpuissances.

Nous pensons qu’elles méritent beaucoup d’attention de notre part, surtout quand il y a des organisations qui se posent la question du retour à Mao Zedong, ou qui commencent à se poser la question de la nécessité du Parti, ou de l’insuffisance de la seule lutte armée.

Alors, nous devons voir ceci comme un nouvel éveil, et comprendre que de nombreuses erreurs peuvent être commises ; finalement, qui n’en commet pas ?

Mais ce sont elles-mêmes qui tireront les leçons de leurs erreurs, comme elles sont déjà en train de le faire, et elles avanceront, s’empareront du marxisme-léninisme-maoïsme, construiront leurs Partis et feront leurs guerres populaires, selon le caractère socialiste de leur révolution et selon leurs conditions concrètes.

En synthèse, c’est un exemple, je le répète, qu’en Europe aussi il y a une situation révolutionnaire de développement inégal, qu’il y a des hommes dégoûtés du révisionnisme pourri qui, dans des conditions si difficiles, au sein des entrailles impérialistes où la lutte est complexe et dure, prennent les fusils pour changer le monde, comme c’est d’ailleurs la seule façon de le faire.

Ceci donne plus d’espoir et permet de voir que la tendance principale c’est la révolution, et que l’Europe, elle aussi, s’oriente vers la révolution.

Voyons même qu’après avoir été pionniers, ils sont en train d’ouvrir des brèches et en fin de compte d’offrir plus d’espoir ; ils méritent plus de compréhension de notre part, d’autant qu’on voit que quelques uns se préoccupent déjà du Parti et du retour à Mao Zedong, c’est-à-dire du retour au marxisme, pou s’en saisir dans son ensemble : le marxisme-léninisme-maoïsme.

En Europe aussi se mènent ces luttes, avec également des limites et des erreurs, comme dans toute lutte, mais nous devons les voir comme une expression de la marche irrépressible de la révolution, et de comment à chaque fois plus de pays et de peuples s’expriment en prenant les fusils pour renverser l’ordre existant.

Ils acquièrent de l’expérience et font route vers le Parti et l’idéologie du prolétariat, le marxisme-léninisme-maoïsme, principalement le maoïsme.

Pour moi c’est un motif de joie que de voir qu’en Europe la révolution commence à se frayer un chemin, et quels que soient les accrochages, les faux pas qui puissent avoir lieu, il faut avoir confiance dans les masses et les peuples, confiance dans le fait que, de la même façon qu’ailleurs, la révolution a lieu les armes à la main, en suivant le marxisme, en Europe elle se fera aussi, nous devons y penser.

J’insiste sur le fait que nous devrions voir une dimension historique, voir à plus longue échéance, étudier sérieusement ces mouvements et encourager tout ce qui conduit au marxisme-léninisme-maoïsme, à forger un Parti et à développer la guerre populaire « .

Pour résumer, nous pouvons dire que la situation des années 1970-1980, résumée par le camarade Gonzalo, est l’exacte inverse de celle des années 1920-1950.

Il y a des armées ou des armées en construction, mais ni le Parti, ni le Front. Puisque de plus pour, nous maoïstes, le Parti dirige l’armée, on peut s’attendre à des déviations militaristes, ainsi qu’au fait que le Front  » oublié  » permet une très forte mainmise des révisionnistes et des sociaux-démocrates sur les organisations des masses.

De fait, telle a été la situation.
Les années 1970, expériences complémentaires de celles des années 1920-1940
Lorsque dans les années 1950-1960 les révisionnistes prennent définitivement le pouvoir dans les Partis Communistes des pays capitalistes européens, la situation est très difficile pour les véritables communistes.

Les sources du révisionnisme sont profondes. Les chefs du révisionnisme français et italien, Thorez et Togliatti, sont depuis longtemps aux commandes des Parti de France et d’Italie ; de plus leurs positions ouvertement révisionnistes sont progressives. Thorez prétendra ainsi encore défendre Staline.

Deux positions vont ainsi se développer chez les communistes. La première considère que la source principale du révisionnisme est extérieure aux Partis Communistes des pays européens. Il s’agit par conséquent de refonder le plus vite possible un Parti Communiste défendant une ligne correcte.

La seconde affirme au contraire que les sources du révisionnisme sont principalement internes aux Partis Communistes. Il faut donc se fondre dans les masses, et à partir de là reconstruire le Parti Communiste.

La première position a produit une énorme vague de ce qu’on appelé les  » groupes ML « . Ces groupes, que l’on peut compter par centaines, se prétendaient chacun le véritable parti communiste.

Aucun n’a connu de développement réel et durable, et tous ont disparu à la fin des années 1970.
La seconde position a produit peu de groupes, mais ceux-ci ont une influence très profonde dans leurs pays respectifs, ainsi qu’un fort ancrage dans les masses. Leur principale caractéristique est la mise en avant de la violence révolutionnaire, la défense de la guerre de guérilla pour prendre le pouvoir.

Il serait évidemment erroné de penser que les communistes refusant le schématisme formel de la construction fictive d’un  » Parti Communiste  » de papier, aient tous/toutes possédé la même position dans tous les domaines. Mais il existe de nombreux dénominateurs commun :

§ L’affirmation de la nécessité de partir des positions de Mao Zedong ;
§ La centralité de la classe ouvrière dans le processus révolutionnaire ;
§ L’internationalisme prolétarien comme identité ;
§ La nécessité de refuser la domination du révisionnisme sur les organisations de masse et d’organiser l’autonomie de celles-ci vis-à-vis de l’Etat impérialiste ;
§ Le primat de la pratique.

La Fraction Armée Rouge affirme ainsi dans son Manifeste que:  » Il n’y aura pas de rôle dirigeant des marxistes-léninistes dans les futurs luttes de classes si l’avant-garde ne tient pas elle-même la bannière rouge de l’internationalisme prolétarien et si l’avant-garde ne répond pas elle-même à la question de savoir comment sera érigé la dictature du prolétariat, comment le pouvoir politique du prolétariat doit être exigé, comment le pouvoir de la bourgeoisie doit être brisé, si elle n’est pas prête avec une pratique à y répondre.

L’analyse de classe dont nous avons besoin n’est pas à faire sans pratique révolutionnaire, sans initiative révolutionnaire »
.
Ce texte se termine d’ailleurs par le slogan  » Victoire dans la Guerre Populaire! ».

Cette position est commune aux partisanEs de la position authentiquement révolutionnaire. Les développements seront très différents selon les pays.

En France, la Gauche Prolétarienne (1969-1972), dont les militantEs se définissent comme  » maoïstes « , réussissent à avoir un écho retentissant dans les masses populaires. La  » GP  » mènera des luttes très dures dans beaucoup de domaines de lutte, organisant les masses sur le terrain de la violence révolutionnaire et principalement la classe ouvrière.

Les principales usines redeviennent les symboles de la révolution, et l’ensemble des intellectuels soutient le mouvement maoïste, notamment Jean-Paul Sartre.

Mais la GP n’a pas crée le Parti, et ses tentatives de construction d’un front ont échoué.

Par conséquent, les activités du bras armé de la GP, la Nouvelle Résistance Prolétarienne (NRP), prend le dessus. La direction prend peur et fait se dissoudre le mouvement, qui n’arrive pas à se relancer.

En Allemagne, les communistes n’arrivent pas réellement à s’implanter dans les masses populaires, à l’opposé d’en France. De plus, le poids du révisionnisme est très grand, et c’est la position de Che Guevara qui prédomine : l’URSS est comprise comme un soutien  » passif  » au processus révolutionnaire, principalement en raison de l’existence de la R.D.A..

Le mouvement se transforme donc très vite en mouvement  » anti « , principalement contre l’impérialisme US et la guerre impérialiste. Au début des années 1980 ce mouvement est de masse et a une grande résonance.

Il n’est pas un jour sans une action armée contre des établissements militaires ou des bâtiments étatiques. De grands mouvements de masse se développent, comme à Berlin où des centaines de maisons sont occupées par les révolutionnaires.

La référence principale est la Fraction Armée Rouge (1970-1998), qui a notamment fait sauter l’ordinateur central coordonnant les bombardements au Nord-Vietnam.

Mais l’ensemble de ses dirigeants se font  » suicider  » en prison. Les générations suivantes frapperont les cadres des organes étatiques, comme en 1991 le responsable de l’intégration économique de l’Allemagne de l’Est dans la RFA.

Au départ la RAF se revendiquait de Mao Zedong, mais très vite ce fut la position guévariste militariste qui domina, position se retrouvant même dans son autocritique finale, pourtant consciente de ses limites :  » Dans aucune phase de notre histoire, il n’y a eu de réalisation d’organisation politique partant de la lutte politico-militaire. Le concept de RAF ne connaissait en dernier lieu que la lutte armée, avec l’attaque politico-militaire dans le centre.

Dans les communiqués fondamentaux de la RAF jusqu’au milieu des année 1970, cette question importante n’était pas encore résolue, ce qui pouvait difficilement être autrement. Il n’y avait dans la métropole quasiment pas et en R.F.A. pas du tout d’expérience de guérilla urbaine.

Il était nécessaire de d’abord trouver beaucoup de choses et de les laisser se vérifier en pratique comme vraies ou fausses.

Malgré cela il y avait une direction pour la question décisive de savoir si le projet de libération pouvait être satisfait par une organisation illégale pour la lutte armée, ou si la construction de la guérilla allait main dans la main avec la construction de structures politiques qui grandiraient dans le processus à la base.

Nos camarades prisonnierEs écrivaient à ce sujet en janvier 1976 que la lutte armée à partir de l’illégalité était la seule possibilité d’activité pratique critique dans l’impérialisme « .
La dernière organisation principale partant de cette position a elle eu un écho fondamental dans son pays, l’Italie. Il s’agit des Brigades Rouges.

Les Brigades Rouges (BR) ont été un mouvement ouvrier. Les bases étaient les usines, les militantEs étaient ouvierEs, les sympathisants faisaient partie de la classe ouvrière.

Ce mouvement est d’ailleurs né dans les usines ; il s’est développé en même temps que les énormes luttes des masses italiennes.

Idéologiquement, les BR sont marxistes-léninistes. Elles se revendiquent des classiques (Marx, Engels, Lénine, Staline, Mao Zedong) et rejettent très clairement le social-impérialisme russe.

Dans ce cas également, ce mouvement n’a créé ni Parti ni Front, il rejette cette division attribuée à la Troisième Internationale et l’objectif était ainsi la formation d’un  » Parti Communiste Combattant « .

Cette position a eu une conséquence catastrophique puisque les BR possédaient une forte reconnaissance par les masses en Italie. En considérant que les communistes ne devaient travailler qu’à partir de l’illégalité, les BR se sont privées de tout champ d’action à ce niveau.

La conséquence en a été la continuation de la main mise organisationnelle du  » Parti Communiste Italien  » sur les masses populaires, et le développement très fort de courants petits-bourgeois dans la sphère révolutionnaire légale.

Les BR ont  » découvert  » que seule la guérilla pouvait désarticuler l’Etat impérialiste et briser les liens corporatiste entre les classes dirigeantes et les organisations de masse. Elles mirent ainsi en avant le concept d’attaque au cœur de l’Etat : les communistes doivent frapper de telle manière à faire avancer l’autonomie ouvrière vis-à-vis de l’Etat impérialiste et de ses appareils de domination.

Cette conception de l’attaque au cœur de l’Etat distingue les BR des très nombreuses autres organisations armées italiennes des années 1970 (en 1979 il y a par exemple 2366 actions armées révolutionnaires).

Les BR subiront leur principale défaite en 1982 ; depuis un groupe nommé Brigades Rouges pour la construction du Parti Communiste Combattant mène quelques actions, mais sans remettre en question le schéma original tout en adoptant des positions de plus en plus similaires à celles de la RAF .
[Note: Il a bien sûr existé et il existe d’autres organisations armées en Europe. Mais aucune de ces autres organisations n’a été aussi proche du maoïsme.

Par contre, force est de noter qu’elles ont à chaque fois représenté les éléments les plus avancés de l’époque.
Si l’on prend ainsi l’Espagne, on peut voir que le Parti Communiste d’Espagne (reconstitué), qui soutient la guérilla des GRAPO depuis une vingtaine d’années, a une ligne révisionniste armée.

Mais le PCE[r] a été le seul parti à comprendre que la « transition démocratique  » ayant lieu en Espagne ne servait qu’à masquer le fascisme, et c’est pour cela que les GRAPO ont réussi à s’implanter dans l’histoire des classes ouvrières d’Espagne.

Le groupe français Action Directe a été un rassemblement idéologiquement éclectique, allant d’anarchistes à des communistes plus ou moins léninistes. Mais il a consisté en la frange la plus radicale d’un mouvement plus large de solidarité internationaliste et de révolution sociale refusant le trotskysme et la social-démocratie.

Les Cellules Communistes Combattantes belges ont été un groupe encore plus petit se revendiquant ouvertement de groupes militaristes gauchistes de Turquie. Leur « marxisme-léninisme  » a des lacunes très profondes (par exemple sur la question de Staline, où leur positon est quasiment troskyste).

Mais dans ce pays c’est le  » Parti des Travailleurs de Belgique « , néo-révisionniste, qui prédomine totalement parmi les courants révolutionnaires. Les CCC, malgré tout leur gauchisme, ont été une expression avancée du refus de l’opportunisme.

Il est donc clair que c’est l’approche du camarade Gonzalo qui aurait dû être privilégiée dans les années 1970-1990.]

La révolution dans les pays impérialistes
L’organisation des masses populaires dans les pays impérialistes passe de fait par deux aspects majeurs : l’entreprise et le lieu d’habitation.

C’est à ces deux niveaux que le Parti doit agir et développer l’organisation.
Au niveau de l’habitation, on s’aperçoit que dans les « cités » la violence est grande, que tout ce qui se rapporte aux institutions est attaqué par la jeunesse masculine.

La tâche des communistes est de créer les organisations de masses capable de combattre les structures capitalistes, racistes, sexistes.

La violence révolutionnaire a ici un aspect essentiel pour la conquête des droits face aux forces de répression, et passe par une compréhension féministe du monde. Il s’agit de liquider l’appareil de coercition sur les lieux d’habitation populaires, de détruire les institutions culturelles perpétuant l’idéologie contre-révolutionnaire, de développer les droits des masses.

Dans les entreprises, il est erroné de concevoir les syndicats comme force principale. L’écrasante majorité des masses populaires n’est pas active au sein des syndicats, voire même syndiquée (pour un pays comme la France par exemple).

La révolte contre le capitalisme s’exprime de manière autre que syndicale : absentéisme, sabotage, refus des hiérarchies, « cassage » des cadences de travail… Cette violence révolutionnaire est une expression de la recherche de libération des oppriméEs. Elle doit être développée et généralisée.

Le point culminant de la guerre populaire dans les pays impérialistes est la prise du pouvoir dans tout le pays. Cela signifie en clair la destruction définitive du cœur de l’appareil d’Etat impérialiste et des forces de répression.

En pratique, cela consiste en la prise par la violence des différents bâtiments administratifs de l’Etat et le renversement de leur administration, au profit du pouvoir populaire.

Ce pouvoir populaire ne naît pas le jour de l’insurrection. Il s’est développé au fur et à mesure, dans l’agitation, la propagande, la lutte de classes passant par la violence révolutionnaire. La guerre populaire est le développement du pouvoir populaire, qui se fonde sur le Parti, l’Armée et le Front (compris comme alliance des masses populaires sous la direction de la classe ouvrière).

Sans armée le peuple n’a rien, et le pouvoir populaire ne peut pas se développer, se défendre. C’est parce que l’armée n’avait pas été organisée que le Parti Communiste d’Allemagne a vu les très importantes structures de pouvoir populaire qu’il avait construit anéanties par les nazis.

C’est en disposant ce que Mao Zedong avait appelé  » les trois épées magiques  » que les communistes des métropoles impérialistes pourront organiser les masses populaires pour vaincre l’Etat bourgeois et construire le socialisme, pour le communisme.

 

Source: http://www.lesmaterialistes.com/veritable-point-vue-maoiste-guerre-populaire-prolongee-pays-imperialistes

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Mais qui sont donc les véritables « pilleurs » professionnels ?

En soutien au mouvement et à la lutte populaire des GJ, nous publions sur notre site web un article du groupe de La Révolution Permanente, de tendance trotskyste, mais dont nous appuyons l’idée de base qui soutient la colère des masses et le recours légitime à la violence par les GJ.

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« Le pays est à feu et à sang », les qualificatifs égrenés par les grands médias visent à dépeindre une vision de terreur. « Casseurs » n’est plus suffisant, pour le ministre de l’intérieur, il faut désormais parler d’« assassins ». Toute la rhétorique du « casseur » a été poussée à l’extrême, réchauffée en urgence. En effet, l’acte 18 n’était en rien le « baroud d’honneur » professé par le gouvernement. Premier symptôme de cet échec : Macron a acté son retour en urgence à l’Elysée après avoir été au ski.

Crédits photo : https://secoursrouge.org/

« Casseurs », « extrémistes », « antisémites », « racistes », on aura tout entendu depuis le début du soulèvement des Gilets jaunes. Pour l’acte 18, le gouvernement a renouvelé son vocabulaire. Pour Castaner, le mouvement des Gilets jaunes « n’existe plus ». Désormais, « ceux qui excusent, qui encouragent » les violences se rendent « complices » a avertit le Premier ministre. Le gouvernement et ses relais policiers ont lancé de multiples appels adressés aux Gilets jaunes visant à se désolidariser des « pyromanes », « assassins », « criminels » et des « pilleurs ». L’appel est resté vain.

Parallèlement à cette opération gouvernementale, les images de dégradations ou de début d’incendie de plusieurs boutiques et établissements emblématiques de l’avenue des Champs-Elysées, comme la brasserie Fouquet’s, ont été relayées en masses par les grands médias. Encore une fois, l’objectif est de retourner l’opinion publique qui, après 4 mois de mobilisation, tient toujours malgré un léger fléchissement. En effet, le « Grand débat » de Macron n’aura pas permis d’en finir avec les manifestations de rue. Pour retourner l’opinion publique, le gouvernement joue dans la surenchère.

On a aussi vu les multiples images de magasins vidés de leur stock. Sur tweeter, certains ont ironisés en parlant de « solde anticapitaliste ». Mais qui est donc le premier « pilleurs » dans l’histoire ? Qui donc a pillé les poches des plus précaires, et ce de manière systématique depuis le début du quinquennat ? Ne s’agit-il pas d’un pillage en bonne et due forme ? Avec la baisse des APL, la hausse de la CSG pour les retraités, puis la désindexation des retraites sur l’inflation, et la hausse des taxes sur le carburant, ce sont bien les poches des plus précaires qui ont été pillées de manière professionnelle.

Mais ce pillage n’en est qu’à ses débuts. S’il s’agit toujours de prendre aux plus précaires pour donner aux grands patrons et aux riches comme avec la suppression de l’ISF et le CICE, porté à 40 milliards d’euros, le pillage va continuer si nous ne l’arrêtons pas. En vue, la « réforme » de l’indemnisation chômage qui vise à amplifier le contrôle des chômeurs ou encore celle des retraites pour en définitive en finir avec la retraite par répartition. Enfin celle de la fonction publique qui vise à en finir comme avec les cheminots, avec le statut de fonctionnaire.

Retourner l’accusation ne fonctionnera pas. Ce ne sont pas les Gilets jaunes qui sont responsables des milliers de blessés et de mutilés mais bien le gouvernement et son bras armé. Ce ne sont pas les Gilets jaunes qui sont responsables de la crise climatique mais les grandes multinationales, les gouvernements à leur service, qui se permettent de polluer professionnellement. C’est en quelques sorte le message adressé par les plusieurs centaines de milliers de manifestants, ce samedi, pour la marche pour le climat. Non, c’est bien tout ce système qui est « criminel » et « assassin ».

A force d’alimenter le brasier, tels des pompiers pyromanes, c’est bien un retour de flamme que le gouvernement prend en pleine face.

 

Source: https://revolutionpermanente.fr/Mais-qui-sont-donc-les-veritables-pilleurs-professionnels

Vive le socialisme et le pouvoir ouvrier!

L’objectif premier que nous, prolétaires, poursuivons, c’est de renverser la bourgeoisie canadienne et de conquérir le pouvoir d’État. À partir de là commencera une nouvelle étape : la construction d’une nouvelle société, une société socialiste, qui sera elle-même le prélude au communisme qui se caractérise notamment par la disparition de l’État (qui n’est jamais autre chose que l’instrument de la domination d’une classe sur une autre), du parti, du droit bourgeois, des classes sociales, des rapports marchands et de l’argent pour faire place à la libre coopération entre tous les individus. La société sera alors administrée collectivement par tous ceux et celles qui en font partie.

L’étape du socialisme, il faut la voir comme étant une période de transition qui servira à la fois à détruire tous les vestiges du vieux mode de production capitaliste – vestiges qui ne manqueront pas de subsister – et à prévenir la restauration du capitalisme ; mais aussi à préparer l’avènement du communisme. Le passage à la société communiste impliquera en effet une préparation matérielle considérable, c.-à-d. qu’il faudra développer et transformer les forces productives et établir les conditions qui permettront de satisfaire pleinement les besoins de tous et de toutes. Plus encore, ce passage impliquera surtout une préparation politique et idéologique : les rapports sociaux devront avoir été complètement transformés, l’idéologie prolétarienne devra avoir triomphé de l’idéologie bourgeoise, les êtres humains devront avoir appris à gérer leur vie et à inscrire leur propre épanouissement dans le cadre de l’épanouissement général de toute la collectivité.

Lénine a bien résumé la conception qui doit nous guider dans l’établissement et la consolidation du nouveau pouvoir :

«Notre but est de faire participer tous les pauvres sans exception au gouvernement du pays ; et toutes les mesures prises dans ce sens – plus elles seront variées, mieux cela vaudra – doivent être soigneusement enregistrées, étudiées, systématisées, mises à l’épreuve d’une expérience plus vaste, et recevoir force de loi. Notre but est de faire remplir gratuitement les fonctions d’État par tous les travailleurs […] : il est particulièrement difficile d’y arriver, mais là seulement est la garantie de la consolidation définitive du socialisme.»

Dès l’effondrement du régime bourgeois, le prolétariat révolutionnaire établira un nouvel État, qui sera l’instrument de sa dictature sur la bourgeoisie et de la consolidation de son nouveau pouvoir. Cet État sera basé sur les conseils révolutionnaires, dont certains auront déjà été mis sur pied à travers le développement de la révolution, dans la grande tradition communiste des Soviets établie en Russie. Cette forme d’expression et d’organisation par excellence du pouvoir prolétarien devra conséquemment être étendue et généralisée d’un bout à l’autre du pays, à l’échelle locale comme à l’échelle nationale. Les conseils révolutionnaires détermineront et implanteront toutes les mesures nécessaires à l’établissement et au développement du socialisme ; ils deviendront ainsi les principaux organes de pouvoir autour desquels s’exercera la dictature du prolétariat. De plus en plus, ce sont véritablement les masses prolétariennes à la base qui dirigeront la société. Il s’agira de permettre à chacun et à chacune de développer sa capacité à diriger, et pas seulement au niveau d’une usine ou d’un quartier, mais surtout au niveau de la société tout entière, de la planification et la direction générale qu’elle prendra.

Pour qu’une telle participation soit possible, et surtout pour qu’elle soit autre chose que toutes les consultations fantoches que les capitalistes et leurs gouvernements organisent uniquement pour nous donner l’impression que nous avons notre mot à dire sur l’administration de la société (alors qu’en fait, ce sont eux et eux seuls qui prennent toutes les décisions, et ils le font uniquement dans leurs propres intérêts), l’État doit se transformer lui-même, et surtout développer de nouveaux organes dirigeants basés sur la participation des masses.

Voici certaines des mesures et des tâches que le prolétariat révolutionnaire devra mettre en place et réaliser après avoir conquis le pouvoir politique. Il ne s’agit pas, ici, de «promesses électorales» bidon comme en font les partis politiques bourgeois en période électorale, mais d’une liste, ni complète ni exclusive, de mesures qui indiquent quel type de transformations devront être entreprises pour que la période historique du socialisme se déroule avec succès.

La justesse des mesures qui seront mises en place aux différentes étapes de la construction du socialisme sera jugée ainsi : selon qu’elles contribueront ou pas à éliminer les vestiges du capitalisme, à empêcher sa restauration, à faire naître et à consolider de nouveaux rapports sociaux. Il y aura nécessairement des avancées et des reculs. Parfois, le prolétariat révolutionnaire sera contraint d’opérer quelquesreplis tactiques. Mais toujours, il faudra s’assurer que la direction générale de la société aille dans le sens du communisme. Sinon, ce sera inévitablement le retour en arrière et la restauration du capitalisme, comme on l’a vu en URSS et en Chine. Bref, ce sera une bataille constante pour réellement renverser la pyramide sociale, et faire en sorte qu’ultimement, «ceux d’en bas» (c.-à-d. le prolétariat et ses alliéEs) deviennent les véritables maîtres de la société.

Mesures d’ordre économique :

  • Expropriation sans indemnisation de la grande bourgeoisie, notamment des banques, des grandes industries et des réseaux de communication ; nationalisation des richesses immobilières et mobilières, de la terre, du sous-sol et des eaux ; développement de la propriété sociale et collective des principaux moyens de production ; constitution, dans toutes les unités de production, d’une direction qui agira dans l’intérêt général du prolétariat, c.-à-d. dans le but de satisfaire les besoins collectifs et de servir la révolution mondiale ; gestion des entreprises selon un plan national et des plans locaux qui assignent les tâches à accomplir, allouent les ressources et déterminent la destination des produits.

  • Annulation des prêts, des hypothèques et de toutes les dettes envers les banques, l’État et la bourgeoisie impérialiste. Annulation des dettes et crédits contractés auprès d’autres pays. Transformation du patrimoine financier des travailleurs et travailleuses ainsi que de la petite et moyenne bourgeoisie en épargne ne produisant pas d’intérêts, que les titulaires pourront utiliser comme revenu complémentaire ou différé, à pouvoir d’achat constant ; dissolution immédiate des fonds d’investissement et de capital de risque, y compris les anciens fonds gérés par des syndicats ; protection de l’épargne, des pensions et de tout autre moyen de subsistance acquis par les travailleurs et travailleuses.

  • Réalisation du devoir pour tous et toutes d’effectuer un travail socialement utile, sauf ceux et celles reconnuEs inaptes en raison de l’âge, de la maladie ou de l’invalidité ; reconnaissance, collectivisation du travail domestique (cantines, buanderies, entretien domestique, etc.) ; détermination du revenu individuel par le collectif de travailleurs et de travailleuses, en fonction de la quantité et la qualité du travail effectué ; octroi d’une allocation universelle suffisante pour tous ceux et celles qui ne peuvent effectuer un travail socialement utile (enfants, étudiantEs, personnes âgées, inaptes), qui permet notamment aux femmes de s’émanciper des hommes et aux jeunes de ne plus dépendre de leurs parents.

  • Réduction constante et progressive des écarts salariaux jusqu’à leur complète élimination, entre travailleurs et travailleuses manuelLEs et intellectuelLEs, hommes et femmes, dirigeantEs et dirigéEs, entre ceux et celles qui possèdent plus de connaissances ou de qualifications et les autres qui en ont moins, entre villes et campagnes.

  • Rétribution des directeurs, des directrices et de toute personne chargée d’une fonction publique à qui telle responsabilité a été déléguée sur la base du salaire ouvrier moyen, que nous appelons aussi le «maximum communiste» – les locaux, moyens de transport et autres fournitures nécessaires à l’accomplissement des tâches qui ont été confiées demeurant propriété collective.

  • Protection de la propriété individuelle des travailleurs et travailleuses autonomes tout en gardant la propriété collective comme objectif ; soutien à l’application des technologies les plus avancées, les plus sûres, les plus propres et les plus productives ; commandes et fournitures planifiées et assurance des débouchés ; transformation graduelle et volontaire des entreprises individuelles et familiales en coopératives de production et de distribution, puis transformation de ces coopératives en propriété collective.

Mesures d’ordre politique :

  • Participation de tous les dirigeantEs, y compris les dirigeantEs à l’intérieur du parti, aux tâches de base.

  • Formation à la gestion des différents milieux de travail des travailleuses et des travailleurs afin d’assurer le remplacement périodique des dirigeantEs et retour obligatoire de ces dernières et derniers aux tâches de base afin d’éviter le renouvellement de la bourgeoisie via la formation d’expertEs.

  • Formation à la vie politique des éléments les plus avancés parmi les masses afin d’assurer le remplacement périodique des dirigeantEs du parti et retour obligatoire de ces dernières et derniers aux tâches de base afin d’éviter le renouvellement de la bourgeoisie à l’intérieur même du parti.

  • Développement d’échanges économiques avec les autres pays sur la base de l’intérêt réciproque et du respect de l’indépendance mutuelle ; fin immédiate de l’occupation des territoires autochtones ; développement de relations fraternelles avec les autres pays socialistes.

  • Dissolution de l’armée, de la police et de tous les organes répressifs du vieil État bourgeois ; expulsion du territoire canadien des forces armées étrangères, de la police et des espions ; armement général des masses et constitution de milices prolétariennes qui verront à développer leur capacité à assurer elles-mêmes la défense du nouveau pouvoir ; maintien d’une armée rouge permanente chargée d’empêcher la contre-révolution et de défendre le pays contre toute menace étrangère.

  • Annulation de tous les traités militaires, politiques et commerciaux signés par l’ancien régime, y compris ceux qui maintiennent l’oppression des nations autochtones ; expulsion des diplomates, représentantEs officielLEs et agentEs d’autres États qui ne respectent pas les dispositions prises par les autorités révolutionnaires, qui cherchent à influencer les masses et/ou dont la présence n’est plus nécessaire ; soutien actif, politique et matériel, aux organisations révolutionnaires du prolétariat et aux mouvements de libération qui luttent contre la domination impérialiste.

  • Dissolution des organes de l’administration publique de la bourgeoisie (gouvernements fédéral et provinciaux, conseils de bande autochtones, conseils municipaux, organismes chargés de gérer les écoles et le système de santé, etc.).

  • À tous les niveaux (central, national, provincial, régional, local…), remise du pouvoir aux mains d’un conseil révolutionnaire unique composé de déléguéEs éluEs et révocables en tout temps par ceux et celles qui les ont éluEs et assurant une représentation équitable entre hommes et femmes, jeunes et moins jeunes, militantEs avec et sans parti, etc ; ont le droit de vote les prolétaires ainsi que tous ceux et celles qui participent à la construction du socialisme.

  • Dissolution des associations professionnelles et des organisations de la bourgeoisie (chambres de commerce, Conseil du patronat, etc.) ; abolition des droits politiques et civils des membres de la grande bourgeoisie impérialiste ; obligation pour tous les autres bourgeois de se soumettre au collectif des travailleurs et des travailleuses sous peine de se voir retirer tels droits ; répression de toute tentative de la bourgeoisie de restaurer son pouvoir et ses privilèges, d’user de son autorité morale et de ses moyens pour influencer les masses et la vie sociale.

  • Élection et révocabilité des officières et officiers de justice, des fonctionnaires de l’administration publique, des dirigeantEs des forces armées et des milices.

  • Égalité absolue des langues et des nations ; reconnaissance du droit à l’autodétermination pour les nations opprimées ; interdiction de toute discrimination basée sur la langue parlée, la connaissance d’une langue, l’appartenance nationale ou l’origine ethnique ; respect des droits des minorités nationales et des groupes minoritaires, y compris le droit à l’éducation et la préservation de leur culture.

Mesures d’ordre social :

  • Réduction et limitation de la durée de la journée de travail ; interdiction du temps supplémentaire obligatoire et du travail de nuit contraint, sauf dans les cas où cela est absolument indispensable ; limitation de la période pendant laquelle une personne pourra être employée à des travaux nocifs et difficiles, et rotation des tâches planifiée en conséquence.

  • Valorisation du travail volontaire, au-delà du travail obligatoire ; au fur et à mesure que la production croît et que la situation le permet, implantation et généralisation, autant que possible, de la répartition «à chacunE selon ses besoins» plutôt que selon son travail ; transformation progressive de toute activité sociale en travail volontaire permettant la libre expression de la créativité et l’émancipation de chaque individuE ; réduction du travail obligatoire jusqu’à sa complète élimination.

  • Reconnaissance du droit de grève et de s’organiser, de la liberté de manifester pour les couches prolétariennes, comme moyen privilégié d’affirmer leur dissidence.

  • Nationalisation du patrimoine immobilier urbain appartenant aux capitalistes ; attribution collective du logement pour répondre aux besoins des masses prolétariennes ; amélioration collective de la salubrité et de la qualité du logement ; utilisation sécuritaire et gratuite des réseaux domestiques (électricité, gaz, aqueducs) ; mise à la disposition de l’espace et du patrimoine immobilier pour les activités sociales et communautaires.

  • Organisation générale des masses et prise en charge directe par leurs organisations des tâches de gestion d’un nombre croissant d’aspects de la vie : économie, culture, santé, éducation, administration de la justice, ordre public, défense du territoire, lutte contre la contre-révolution, organisation des milices prolétariennes, etc.

  • Généralisation des congés parentaux et des congés payés pour le soin des enfants ; protection physique et morale des femmes enceintes pendant toute la durée de la grossesse et la période qui suit l’accouchement ; droit à l’avortement et à la contraception libres et gratuits ; mise en place de garderies gratuites dans toutes les entreprises et les quartiers.

  • Reconnaissance et éducation quant au fait que le soin et l’éducation des enfants sont la responsabilité de toute la collectivité et qu’ils concernent donc également les unités de travail, l’administration publique et les organisations de masse ; mise en place de mesures qui aideront les jeunes à rompre leur dépendance par rapport à leur famille immédiate et qui favoriseront leur plein épanouissement ainsi que leur sécurité affective ; participation des jeunes au travail productif, dans la mesure de leurs capacités, afin de les aider à acquérir l’expérience, la connaissance et les relations sociales qui leur permettront de s’émanciper.

  • Mobilisation de masse pour lutter contre l’exploitation et la violence faites aux femmes et aux enfants et contre la soumission des femmes envers les hommes ; lancement de campagnes politiques fréquentes et généralisées contre les valeurs sexistes traditionnelles et pour valoriser la participation des femmes à tous les aspects de la vie sociale ; neutralisation des éléments réactionnaires qui agissent à l’encontre de la pleine émancipation des femmes ; rééducation et punition des violeurs, des incestueux, des pédophiles, des exploiteurs sexuels et des récidivistes.

  • Abolition et interdiction de toute forme de discrimination raciale : au travail, dans le logement, dans l’accès aux services publics, etc. ; octroi de droits égaux à tousTES les travailleursSES ; dissolution des organisations racistes et suprémacistes ; valorisation des échanges culturels entre prolétaires de différentes nationalités ; ouverture des frontières aux travailleurs et travailleuses venuEs de l’étranger.

  • Lutte conséquente contre l’homophobie et contre toute forme de discrimination à l’endroit des gais et lesbiennes.

  • Reconnaissance du droit pour tous et toutes à la santé et aux services sociaux ; accès gratuit aux hôpitaux, aux centres de santé et aux soins reconnus ; instruction sanitaire universelle et développement de la lutte contre la propriété privée de la médecine.

  • Nomination d’inspecteurs et inspectrices du travail éluEs et révocables ayant l’autorité d’intervenir et de prendre toute mesure nécessaire à la protection de l’hygiène, de la sécurité du travail et de l’environnement.

  • Création de bureaux de placement chargés de distribuer la main-d’œuvre de manière rationnelle ; développement de la formation professionnelle dans l’optique de réduire les divisions entre travail manuel et travail intellectuel, entre direction et exécution ; généralisation d’échanges d’expériences inter-entreprises.

  • Répartition équilibrée du développement industriel sur l’ensemble du territoire pour combattre la tendance du capitalisme à la création de mégapoles ; protection du patrimoine naturel ; développement de rapports politiques et économiques égalitaires entre villes et campagnes.

  • Reconnaissance du droit à une vie digne aux personnes âgées, incluant la possibilité de mettre leur expérience au service de la révolution et de la société en général, notamment auprès des jeunes générations.

  • Séparation totale et complète de l’Église et de l’État ; liberté de pratiquer une religion, et propagation par l’État révolutionnaire de la science et de l’athéisme.

  • Disponibilité et liberté d’accès aux services publics, incluant le téléphone, la poste, la radio, l’Internet, les transports publics (y compris les transports interurbains), les musées, etc.

  • Développement du contrôle collectif sur l’environnement et les ressources ; préservation et protection de tout ce qui est nécessaire à la satisfaction des besoins collectifs et à l’avancement vers une société sans classes et la réalisation du communisme sur toute la planète.

  • Mise en place de banques d’outils et de biens collectifs pouvant être utilisés de façon communautaire.

Mesures d’ordre culturel :

  • Instruction générale polytechnique et scientifique gratuite, obligatoire et de base pour touTEs les jeunes ; développement d’un lien étroit entre l’éducation et le travail productif ; démantèlement des universités bourgeoises qui seront transformées en centres de recherche et de développement au service de la révolution, dont l’accès sera gratuit et se fera sur la base de l’origine de classe et de la disposition à servir le peuple et la révolution ; obligation pour les étudiantEs de niveau supérieur de participer au travail productif ; ouverture des écoles aux jeunes en provenance des pays opprimés par l’impérialisme et aux représentantEs des mouvements de libération ; direction des écoles par les conseils révolutionnaires, qui nomment les administrateurs et administratrices et qui peuvent les révoquer.

  • Développement d’une vie culturelle complète et variée qui aide les masses populaires et prolétariennes à comprendre leurs problèmes et le monde dans lequel elles vivent, à trouver des solutions appropriées et à aller de l’avant dans la lutte pour le transformer ; établissement d’un climat qui permette la liberté d’expression et la lutte contre les idées réactionnaires et pour la consolidation du pouvoir prolétarien : «que Cent fleurs s’épanouissent, que Cent écoles rivalisent» ; libre accès à la presse, à la radio, à la télé, aux réseaux informatiques, aux locaux et à tous les moyens nécessaires au développement de la démocratie ouvrière.

  • Valorisation du travail intellectuel au service des masses et de la révolution ; utilisation des connaissances et du patrimoine scientifiques pour améliorer les conditions matérielles, morales et culturelles de chacunE ; abolition de la propriété intellectuelle, des brevets, des droits d’auteur et de la propriété artistique.

Le Parti communiste révolutionnaire mène présentement une large initiative politique de propagande et d’action révolutionnaire parmi les masses appelée «Luttons pour le socialisme et nos revendications». L’objectif est d’introduire massivement dans le prolétariat la conception selon laquelle le socialisme est ce qui totalise l’ensemble des revendications du peuple et que c’est la lutte révolutionnaire pour le pouvoir politique qui permettra ultimement de répondre aux besoins de tous et toutes. La présente série d’articles met en lumière divers aspects du socialisme tel qu’il a existé dans l’histoire et tel qu’il existera au Canada et vise à donner un aperçu de la façon dont le pouvoir des gens ordinairestransformera le monde.

Nous appelons touTEs les révolutionnaires et touTEs les prolétaires en accord avec nos perspectives à entreprendre un processus d’unification avec nous et à se déployer dans l’action afin de mener une grande offensive politique le 1er mai 2019. Cette date doit marquer la commémoration politique du 100e anniversaire de la grève générale de Winnipeg et l’ouverture d’une nouvelle séquence de combats et d’affrontements pour la classe ouvrière !

Source: https://www.iskra-pcr-rcp.ca/2018/08/09/socialisme-et-pouvoir-ouvrier/

À propos de l’importance du secteur pétrolier pour le capitalisme canadien

Le 31 août 2018, l’État canadien est devenu propriétaire du pipeline Trans Mountain, qu’il a acheté à l’entreprise spécialisée Kinder Morgan pour la somme de 4,5 milliards de dollars. À terme, ce projet d’oléoduc ira de l’Alberta (Edmonton) à la côte de la Colombie-Britannique. Il permettra ainsi de développer une infrastructure s’ajoutant à celle déjà en place, pour ainsi plus que doubler le nombre de barils de pétrole transportés par jours (300k à 890k). Sur le coup, une bonne partie des commentateurs dans la presse bourgeoise ont manifesté une grande incompréhension face à cette acquisition. Pourtant, la chose est en parfaite continuité avec les actions des capitalistes au Canada depuis le début du millénaire. En fait, aujourd’hui, le secteur pétrolier est un pilier du capitalisme canadien. Néanmoins, cette activité économique n’est pas sans entrave pour les capitalistes. Elle pousse des fractions de la bourgeoisie à s’affronter, elle accentue les contradictions entre l’État capitaliste et les nations autochtones, et elle met en lumière l’état de pourrissement du parlementarisme bourgeois.

L’importance que revêt le pétrole pour le capitalisme canadien ne date pas d’hier. Elle a commencé à l’aube des années 1950 avec la découverte d’un important potentiel pétrolier sur le territoire de l’Alberta. Cette découverte a amené les États-Unis à investir massivement dans le secteur pétrolier de l’Ouest du pays (production, raffinerie, distribution). C’est entre autres ce qui a poussé par la suite les capitalistes canadiens à s’organiser conjointement avec le gouvernement dans les années 1980 pour rapatrier vers eux la part des américains. Cela s’est fait, entre autres, avec la NEP (Politique énergétique nationale) mise en place sous le gouvernement de Pierre Elliott Trudeau. En fait, l’action récente du gouvernement bourgeois pour venir en aide aux capitalistes pétroliers n’a rien de nouveau. Le dernier épisode semblable, au début des années 1990, s’est d’ailleurs conclu avec la vente, à un prix dérisoire, de Petro-Canada, qui était alors une société d’État, aux capitalistes canadiens, bien heureux de la bonne affaire qu’ils venaient de faire et du bon fonctionnement de leur instrument politique, l’État capitaliste… Ce genre de manœuvre, c’est encore la tactique officielle du gouvernement canadien et c’est celle qui est préconisée avec le pipeline Trans Mountain, soit de le revendre au moment où le projet de nouveau pipeline sera suffisamment abouti. D’ailleurs, une récente analyse du directeur parlementaire du budget évalue le coût du pipeline Trans Mountain à plusieurs centaines de millions, voire un milliard au–dessus d’un prix acceptable. Ce qui sera encore plus apprécié lors de sa revente à bas prix aux capitalistes canadiens qui n’auront pas eu à assumer eux-mêmes l‘acquisation au prix fort au moment où le projet était menacé d’être abandonné si Kinder Morgan ne trouvait pas un nouvel acheteur pour en prendre le relais.

Ensuite, pour comprendre l’importance stratégique qu’a la production de pétrole au Canada, il faut se rappeler comment le reflux économique du capitalisme mondial en 2008 est venu nourrir davantage l’intérêt de la bourgeoisie canadienne pour le secteur pétrolier. La conjoncture d’alors aencouragé la réorganisation de l’économie canadienne avec le développement pétrolier qui est venu remplacer d’autres secteurs de l’économie canadienne en moins bonne santé. La production pétrolière a alors pris une plus grande importance dans l’économie canadienne. La bourgeoisie y a vu une façon de garder la tête hors de l’eau. Aujourd’hui, le secteur des mines et de l’extraction représente autour de 9 pourcents du PIB. Le Canada possède d’ailleurs la 4e plus grande réserve mondiale de pétrole. On estime à 4,3 billions le nombre de barils de pétrole conventionnel disponibles et à 163,4 billions le nombre de barils de pétrole bitumineux disponibles.

Pendant une période prolongée, la production de ce pétrole bitumineux coûtait très cher et était doncpeu rentable. On laissait ainsi dormir la plus grande partie du pétrole sur le territoire. Les avancées techniques réduisant désormais le coût de production, jumelées au prix élevé de vente à l’échellemondiale, ont incité la bourgeoisie à y investir son capital et à développer les forces productives nécessaires pour l’extraire et le transformer. Cela a donné lieu à une sorte de ruée économique vers l’Alberta, province qui a connu un boom de développement durant plusieurs années. Par contre, entre 2014 et 2017, la concurrence internationale, avec notamment les pressions de l’OPEP (Organisation des pays exportateurs de pétrole) pour baisser les prix mondiaux, est venue reconfigurer les paramètres de la production de pétrole au Canada. En effet, si le prix de vente est trop bas à l’échelle mondiale, il n’est pas possible pour les capitalistes canadiens de soutenir cette activité à long terme, car elle coûte trop cher à opérer, ce qui les oblige à vendre le pétrole produit à perte. C’est le résultat de la concurrence internationale où chacun lutte pour enlever à ses adversaires les parts du marché qu’ils accaparent, concurrence dans laquelle s’affrontent les différentes façons de produire, obligeant ainsi chacun à perfectionner son procès de production. La conséquence immédiate, c’est qu’au Canada, comme partout ailleurs, nombreux sont les ouvriers qui perdent leur travail, les emplois suivant les flux et les reflux de la production et des dynamiques dans l’accumulation de capital.

Face à la concurrence internationale, la bourgeoisie canadienne a développé un plan. Ce plan de développement économique prend en compte le fait que sur les 163,4 billions de barils de pétrole bitumineux disponibles, seulement 31,7 billions peuvent être obtenus à travers un procédé d’extraction minière – le procès de travail utilise alors des grues qui cassent en morceaux le bitume, lequel est ensuite acheminé à bon port par camion sous forme solide. Les 131,7 billions restant, pour leur part, ne peuvent être obtenus que par une extraction en profondeur et doivent être acheminés en pipeline jusqu’aux raffineries ou aux prochains points de distribution. Avec le développement de la technique, il est beaucoup plus rentable de procéder avec cette méthode, d’autant plus que le bassin disponible de pétrole bitumineux en profondeur est de quatre fois supérieur à celui en surface,offrant ainsi une incroyable opportunité d’extraction aux capitalistes canadiens. Par contre, à long terme, il faudrait un grand nombre de raffineries supplémentaires pour renforcer la position des capitalistes du pays et pour consolider leur indépendance. En effet, en ce moment, le Canada est surtout un exportateur net de pétrole non raffiné. Il se produit 4,2 millions de barils par jour au pays.Sur ce nombre, 3,3 millions de barils sont exportés et seulement 1,8 millions de barils sont envoyés à des raffineries domestiques. Aussi, il n’y a pas si longtemps, les États-Unis achetaient 98 pourcents du pétrole produit au Canada. La production était configurée presque uniquement en fonction de ce qui était vendu à nos voisins. Mais désormais, avec leur Programme d’autonomie énergétique, les États-Unis achètent moins de pétrole aux capitalistes canadiens, ou encore ils ne veulent pas leur payer un prix leur permettant de rentabiliser le capital investi dans la production de pétrole au Canada. Il s’en suit que les capitalistes canadiens cherchent maintenant à vendre leur pétrole outremer pour se sortir de l’impasse. Pour ce faire, le capitalisme doit impérativement acheminer le pétrole sur la côte ouest canadienne, ce qui vient nécessairement renforcer le développement des pipelines requis pour déplacer des centaines de milliers de barils par jour jusqu’en Colombie-Britannique.

Tout est réuni pour faire sauter la marmite

C’est ainsi que s’explique l’insistance avec laquelle l’État bourgeois canadien protège le secteur pétrolier et appuie la réalisation du pipeline Trans Mountain. Il s’agit d’une question fondamentale pour la production capitaliste et l’accumulation de capital au pays. Cette insistance n’est d’ailleurs pas passée inaperçue : elle a été vivement contestée. L’achat du pipeline a renforcé les conflits entre les différentes fractions de la bourgeoisie regroupées autour de frontières géographiques et industrielles. Ce n’est pas la bourgeoisie en entier qui possède ou qui a des parts dans des entreprises liées à la production pétrolière. Avec l’intervention de l’État bourgeois pour aider les capitalistes engagés dans le secteur pétrolier, ceux qui sont laissés sur le banc des joueurs regardent avidement l’industrie et cherchent une façon de rapatrier une partie de la plus-value vers eux. Récemment, ce phénomène a pris la forme d’escarmouches entre la bourgeoisie de la Colombie-Britannique et celle de l’Alberta. La bourgeoisie de la Colombie-Britannique a l’impression de se faire tordre le bras et tente de négocier sa part de profits dans l’opération en menaçant de faire du sabotage. C’est d’ailleurs cet appel au sabotage, doublé d’une menace de résistance autochtone, qui a contribué à la volonté de Kinder Morgan d’abandonner le projet Trans Mountain. On peut voir une dynamique semblable à l’œuvre au Québec avec l’opposition de François Legault à la relance du défunt projet d’oléoduc Énergie Est – un projet qui devait permettre d’acheminer le pétrole canadien d’Ouest en Est. Cette opposition, François Legault l’a par ailleurs justifiée trompeusement en répétant qu’ici, on n’en veut pas, de l’énergie sale, surfant ainsi sur la popularité médiatique des positions écologistes.

Aussi, la lutte des nations autochtones au Canada en lien avec les projets d’oléoducs a ouvert la porte à beaucoup de confusion au sein de la gauche, celle-ci renforcée dans ses convictions par les récentes escarmouches violentes entre les nations autochtones et l’État capitaliste canadien. En fait, lorsqu’il est question de l’auto-détermination et de la libération des nations autochtones, il existe une position postmoderne par défaut qui est régurgitée sans arrêt et sans aucun discernement. Cetteposition fait disparaître toute explication scientifique de l’asservissement des nations autochtones. On conçoit celui-ci comme un processus oppressif intangible – sans base matérielle pour le développer et l’entretenir – reposant sur une sorte d’essence coloniale omniprésente et transcendante. Selon cette conception, la domination et l’exploitation des nations autochtones et de leurs territoires constituent un phénomène immuable, séparé de toute réalité économique, comme si le colonialisme européen n’avait pas été complètement transformé par le développement du capitalisme au Canada.

Ce n’est pas le système « white-settler » ou « settler-colonial », « l’oppression systémique », ou tout autre écran de fumée postmoderne qui est à l’origine de l’oppression nationale des autochtones, mais bel et bien le développement économique réel du capitalisme. La base matérielle des contradictions entre les autochtones et l’État capitaliste canadien se situe dans le développement on ne peut plus normal de la production capitaliste au Canada, avec les nécessités objectives qui en découlent. Dans ce casci, l’accumulation de capital provoque le développement matériel de la production pétrolière, lequel pose inévitablement la question du contrôle concret et physique des territoires autochtones (et non pas du contrôle symbolique des milieux de vie ou autres concepts flous). Ce contrôle du territoire autochtone correspond à la nécessité pour le capitalisme de pouvoir passer sur le territoire, d’y avoir accès en permanence, d’y mettre physiquement ses forces productives, d’y prendre la matière première ou encore, tout simplement, d’y enlever ses occupants lui faisant obstacle. C’est, entre autres, cette nécessité économique de contrôler le territoire autochtone, découlant elle-même de la nécessité de rentabiliser le capital investi dans la production, qui rend impossible pour l’État capitaliste de considérer les peuples autochtones comme autre chose qu’un obstacle bien dangereux à son activité économique. Cette nécessité de rentabiliser le capital se traduit alors en contradiction violente lorsque la moindre résistance s’organise contre elle. Cette contradiction prend d’ailleurs des formes variées selon les endroits au Canada. Si, dans ce cas-ci, c’est la production du pétrole qui est le moteur du conflit, ailleurs au pays, ce sont autour d’enjeux liés à l’hydro-électricité, à la foresterie ou encore à la pêcherie que la résistance prendra forme. Dans le cas de la production et du transport du pétrole, ces affrontements ne vont d’ailleurs aller qu’en augmentant, car la pression va devenir de plus en plus forte pour que les projets se réalisent sans plus attendre.

Pour toutes ces raisons, le secteur pétrolier est hautement important pour le capitalisme canadien. Et c’est cette importance qui doit attirer l’attention du prolétariat révolutionnaire, pour lequel il est nécessaire de connaître toujours mieux les points sensibles de son adversaire. La révolution doit impérativement organiser les ouvriers du pétrole, car l’industrie pétrolière, secteur où une quantité incroyable de plus-value est produite, est une pierre d’assise du Capital au pays. De même, chaque jour, l’exploitation capitaliste renforce l’importance de l’unité du prolétariat canadien et des nations autochtones dans leur lutte commune contre la bourgeoisie et son État réactionnaire.

Dans le secteur pétrolier et partout où il y a une forte production de plus-value, la révolution doit apporter aux prolétaires la plus grande conscience et la plus grande organisation possible!

Faisons tomber l’État capitaliste, instrument de répression politique d’une classe sociale parasitaire agissant contre l’ensemble du peuple!

Source:

https://www.iskra-pcr-rcp.ca/2019/02/05/a-propos-de-limportance-du-secteur-petrolier-pour-le-capitalisme-canadien/

AMÉRIQUE LATINE: Il appartient au peuple patriotique vénézuélien de mener une lutte héroïque contre l’agresseur impérialiste yanke et ses laquais

 

AMÉRIQUE LATINE : Au Peuple vénézuélien patriote, il appartient de livrer un combat héroïque contre l’agresseur impérialiste yankee et ses valets.

L’agression de l’impérialisme yankee contre la République bolivarienne du Venezuela est en marche, sous la forme du coup d’État de sa marionnette Juan Guaidó.

Ce coup d’État annoncé depuis septembre 2018, pour préparer l’opinion publique interne comme internationale, par les propres représentants de Trump et le New York Times sans en préciser la forme, a donc fini par avoir lieu de la manière la plus cynique et sinistre.

Le fantoche Guaidó, subitement jailli de nulle part comme leader de l' »opposition », a été proclamé président de l’Assemblée législative actuellement suspendue. Ensuite de quoi, suivant la feuille de route établie par le gouvernement archi-réactionnaire et génocidaire Trump-Pence, il s’est autoproclamé devant un rassemblement public de ses partisans « président par intérim » du pays, en violation de l’ordre constitutionnel et légal, contre soi-disant « le gouvernement illégitime de Maduro », « contre la dictature » et « pour la liberté ».

Dans la foulée, en une parodie ridicule et violant ses propres normes internationales (Chartes des Nations Unies et de l’OEA), le gouvernement impérialiste US a reconnu cette mise en scène comme acte valide d’investiture en tant que président du pays et gouvernement légitime ; ordonnant aux forces armées et de sécurité de se mettre au service de sa marionnette, autrement dit, disposant comme une autorité impériale des forces armées d’un pays souverain comme de simples troupes coloniales à ses ordres…

Il a ensuite ignoré l’acte souverain du président Maduro de rompre ses relations avec les États-Unis et affirmé que les forces armées et de sécurité devaient répondre de la sécurité de son personnel diplomatique ; ne reconnaissant plus comme gouvernement vénézuélien souverain que le « gouvernement intérimaire » à sa botte.

Comme il fallait s’y attendre, les impérialistes russes et sociaux-impérialistes chinois ont condamné l’agression yankee qui se présente pour le moment comme coup d’État, et appelé au respect du « droit international » ; cette agression allant à l’encontre de leurs intérêts dans le pays et la région.

Les autres puissances impérialistes, toujours en collusion et lutte avec la superpuissance hégémonique unique US, ont pris leur temps pour négocier et s’assurer leur part de butin.

Ainsi l’Espagne, qui a d’importants intérêts économiques au Venezuela, a annoncé qu’elle « reconnaîtra dans les prochains jours Juan Guaidó comme président en exercice du pays si Maduro ne convoquer pas immédiatement des élections avec toutes les garanties démocratiques et sous contrôle international », selon des sources diplomatiques. Les mêmes sources ont indiqué que la durée de ce délai, qui dans tous les cas sera bref, sera discutée ce vendredi entre les représentants politiques des 28, afin d’assurer une position commune de l’Union européenne.

Le chef du gouvernement Pedro Sánchez a tenu des conversations avec la chancelière allemande Angela Merkel, le président français Emmanuel Macron et d’autres dirigeants européens pour parvenir à cette position commune. Sánchez a rencontré jeudi à Davos, en Suisse, le président équatorien Lenin Moreno, le colombien Iván Duque et le costaricain Carlos Alvarado, qui lui ont demandé de plaider auprès de l’Union pour la reconnaissance du fantoche autoproclamé (les États-Unis envoyant encore ainsi des messages et faisant pression par le biais de leurs valets).

En ce sens, le gouvernement allemand a exigé ce vendredi la tenue immédiate d’élections « libres et transparentes » au Venezuela, et fait savoir qu’il était disposé à reconnaître provisoirement Guaidó comme chef de l’État en attendant ce scrutin (El País, 25/01/19).

L’agression impérialiste contre le Venezuela, qui se déroule pour le moment sous forme de coup d’État, place le Peuple vénézuélien devant la nécessité de se lever en un gigantesque et puissant mouvement de résistance nationale contre elle, et de mettre en échec ce coup en marche. Il lui faut désormais s’armer mentalement de la décision d’affronter cette intervention impérialiste les armes à la main ; et ensuite armer son bras pour combattre et résister à l’agression dans une lutte héroïque contre l’agresseur yankee et ses valets.

Les peuples d’Amérique latine, afin de préserver leur indépendance nationale et leur souveraineté, doivent absolument livrer une lutte « coup pour coup » contre l’agressif et génocidaire impérialisme yankee, ennemi principal des peuples du monde entier.

Au gouvernement vénézuélien, appartient le devoir de relever le défi et mobiliser ses forces armées pour défendre l’indépendance nationale et la souveraineté dans une dure guerre de résistance. C’est un bon signe, de voir qu’enfin il semble avoir cessé de prétendre rester assis entre deux chaises ; en décidant de rompre ses relations avec Washington et d’expulser son personnel diplomatique.

Mais ceci n’est pas encore suffisant ; les choses ne sont pas comme les fois précédentes où l’opposition fantoche après quelques rodomontades battait en retraite ; cette fois-ci il est bien question d’une attaque directe, sans masque de l’impérialisme :

« La différence est qu’aujourd’hui l’opposition assure avoir un plan bien défini et un soutien international qui va bien au-delà des simples déclarations de solidarité (…) En quoi consiste ce soutien ? Comme l’a assuré Guaidó sur son compte Twitter, il s’agit d’ores et déjà de “résultats concrets”. En premier lieu, un envoi de quelques 20 millions de dollars pour soi-disant aide humanitaire annoncé par le Secrétaire d’État américain. En second lieu, avoir reçu le soutien d’une autre institution qui dans les Amériques garantit l’accès à des fonds :  la Banque intéraméricaine de développement (BID) a manifesté sa volonté de travailler avec le président intérimaire vénézuélien pour assurer la continuité du soutien au développement du pays, a fait savoir son directeur Luis Alberto Moreno. À ceci s’ajoute la reconnaissance par l’administration de Donald Trump, le Canada, le Brésil, la Colombie, l’Argentine, le Pérou, l’Équateur et le Chili. » (El País, 25/01/19)

Et que fait le gouvernement de Maduro, selon le même quotidien : « le 10 janvier, il a appelé la population, les communautés, les familles à se faire les “défenseurs actifs de la paix”. Il a ordonné à tous les diplomates états-uniens de quitter le pays avant dimanche et annoncé le rapatriement du personnel vénézuélien. (…) “Je dis aux gouvernements du Mexique et de l’Uruguay que je suis d’accord avec une initiative diplomatique de dialogue”, a-t-il ajouté à l’occasion de l’inauguration de l’année judiciaire ; tout en laissant entendre clairement qu’il restera au pouvoir au moins jusqu’en 2025. “Ils prétendent imposer un gouvernement parallèle, un gouvernement de clowns”, “le gouvernement que je préside continuera à gouverner (…) nous continuerons à gouverner, en appliquant la loi”, a-t-il tenu à souligner ».

Comme on peut le voir dans ses propres déclarations, Maduro, de par ses limites de classe en tant que représentant d’un secteur de la grande bourgeoisie bureaucratique, n’évalue pas correctement la situation et hésite quant à ce qu’il a à faire ; croyant qu’il peut négocier alors qu’il s’agit d’agir avec détermination, alors qu’a sonné l’heure des armes, et que la situation ne laisse d’autre alternative que lutter ou capituler.

S’il capitule, il cède aux exigences du maître yankee qui l’a appelé à quitter le pouvoir et convoquer des élections pour que soit « légitimée » par une farce électorale sous contrôle impérialiste sa marionnette ou une autre du même acabit. S’il n’obtempère pas et choisit la lutte, Trump a déjà menacé d’employer la plus grande violence ; il se retrouvera alors obligé de défendre l’indépendance et la souveraineté du pays et ce faisant, qu’il le veuille ou non, de servir la révolution démocratique anti-impérialiste au Venezuela, qui commencera alors à se développer armée avec pour contradiction principale, dans cette première étape, la contradiction nation-impérialisme ; les deux autres [des masses populaires avec la grande propriété terrienne et le capitalisme bureaucratique-comprador, NDLR] étant pour le moment secondaires.

Au prolétariat vénézuélien et à la fraction la plus avancée en son sein, les maoïstes, il appartient désormais de se fondre dans le peuple des ouvriers et des paysans, des petits bourgeois, des bourgeois nationaux patriotes et de tous ceux qui sont décidés à faire face à l’agresseur impérialiste et à ses laquais, à l’exclusion d’une poignée de traîtres ; et de participer activement à l’armement général du peuple à la campagne comme à la ville pour le préparer à une vaste guerre de résistance comme lutte armée, s’efforçant d’en prendre la direction et dans le feu de l’action militaire, de reconstruire le Parti communiste pour transformer cette lutte armée de résistance en Guerre populaire de libération nationale.

Il leur appartient d’unir tous ceux qui ne veulent pas être les esclaves des États-Unis, tous ceux qui veulent défendre l’indépendance, la souveraineté et la dignité nationale du pays, tous ceux qui refusent de se soumettre aux intimidations, à l’ingérence, au contrôle et à l’agression des impérialistes yankees. Il leur faut s’unir à tous ceux-là et les mobiliser en s’opposant aux appels à la conciliation, à la paix ou à privilégier les négociations plutôt que d’agir résolument pour écraser l’agression impérialiste qui a pris pour le moment la forme du coup d’État.

Les forces patriotiques doivent appliquer le centralisme démocratique et défendre les conditions de vie du peuple ; tandis que les maoïstes comme représentants du prolétariat et de son avant-garde ont pour tâche de critiquer toutes les expressions de capitulationnisme parmi les représentants des autres classes et tous ceux qui montrent peu de décision dans l’accomplissement des devoirs qui sont les leurs.

L’intervention militaire de l’impérialisme US, qui a commencé sous forme de coup d’État accompagné de tout un déploiement et encerclement de forces pour pousser le gouvernement de Maduro à capituler et asservir la nation, ne s’arrêtera pas avant d’avoir atteint ses objectifs ; elle ira crescendo sur tous les plans jusqu’à les atteindre, et de ce fait suscite et suscitera encore une nouvelle gigantesque vague de résistance contre l’impérialisme parmi les peuples d’Amérique latine et du monde entier.

Toi, héroïque Peuple vénézuélien, sois assuré que tu n’es pas seul dans ta lutte !

Tu peux compter sur l’appui de tous les peuples d’Amérique latine, d’Asie, d’Afrique et de toute la planète.

La lutte des peuples du monde contre l’impérialisme yankee triomphera !

Source: http://vnd-peru.blogspot.com/2019/01/america-latina-al-pueblo-patriotico.html

Traduction de Servir Le Peuple: http://servirlepeupleservirlepeuple.eklablog.com/venezuela-encore-un-texte-peruvien-vraiment-tres-proche-pour-le-coup-d-a158483532

The Communist Party of Venezuela (M-L) Regarding the Complex Scenario in Venezuela

From the Political Bureau of the Marxist-Leninist Party of Venezuela,
Caracas, January 2019

As the leadership of our party has been stating in various national and international documents and places, the fundamental contradictions are becoming sharper. This has been seen with greater impudence in recent days by the actions of the US government and its lackeys. Every moment the imperialist policy becomes clearer, which makes it possible to remove any possible doubt about the effects of the interventionist, aggressive and anti-popular action against the peoples of the world, of the region, and now against the Venezuelan people. These politics have caused serious damage to the economy and the population, relying for its implementation on the native bourgeoisie, the local and regional instrument that affects, more than any other, the working majorities.

The administration of the ultra-reactionary Trump has counted on the support of some sell-out governments that act against the right to self-determination, endorse the condemnable action of the puppet Almagro in the OAS, as well as of all the instruments at the service of the monopolies. Meanwhile they apply anti-people measures designed by the IMF to increase the exploitation and repression against the majorities in their countries. This makes it clearer every day to all revolutionaries on which side we should be at this moment.

The main contradiction in this regional situation is, in general, between imperialist oppression and the struggle for liberation from this dependence. In particular this becomes a struggle between imperialism, mainly US imperialism, which has traditionally maintained its domination, and the interests of the exploited majorities. They sometimes support reformist, revisionist projects and other times support the revolutionary line. This depends in large part on the application of the correct tactics, which for true communists is the line of the Third International. At 100 years since its foundation, this remains in full force, with the tactic that promotes the unity of forces to confront the great imperialist capital and the embryos of fascism, unifying the proletarians in the march towards the total liberation of the oppressed of the world.

In Venezuela, the struggle against the US-EU imperialist bloc is progressing well, with ever increasing direct struggles involving different social classes. Mainly this is expressed in the major media in the struggle between the traditional pro-Yankee bourgeoisie, which intends to retake control of the government at all costs, and a many-sided tendency, with manifestations of national demands. This has shown itself close to the China-Russia bloc, leaving the objective of the proletariat and the popular masses in second place. But we must state that we are on the street, in the main struggles, in the debate and mobilization. This opens up great possibilities to strengthen the popular line of struggle for national liberation and socialism. It poses an immense challenge to the forces revolutionary; we are working continuously to consolidate higher levels of organization and mobilization of the revolutionary popular movement.

We Marxist-Leninists have a duty to continue gaining the confidence of the people for the consolidation of the political current of class independence. This demands the accumulation of its own forces and in alliances to organize resistance against the US-EU imperialist bloc, as well as in the struggle to improve the living conditions of the popular majorities. This helps them to identify their enemies, capitalism and imperialism as its higher phase, as the cause of their hardship, as well as internal and foreign accomplices. The Venezuelan proletariat is advancing under various difficulties, being clear on the achievement of the strategic objectives of the working class, the peasants and the people, with a position of critical support together with demands on a government under attack by imperialism.

We are adjusting our tactics with the most objective view of the circumstances, and our party, from the very terrain of the struggle, has understood that we are not only living through a complex political situation, marked by the consequences of the economic crisis, an increasing imperialist aggression, but also by errors of past and present government policy, by weaknesses of the revolutionary movement. Despite this the revolutionary movement has grown over the past 20 years, but in addition to the present situation, there is a structural problem of the bourgeois state. This state has shown a process of decomposition, which can be seen in the inability of the contestants to subdue their opponent and emerge as a parallel power. This shows us that this conflict of the structural base will not be solved in the short term and that it opens the possibility for fundamental changes. That is why we must also work on the strategic perspective.

The events of these last days affirm our thesis on the decomposition of the State, as well as the role of the US-EU imperialist bloc and its lackeys. Even with contradictions, as a result of their internal struggles, they maintain a line of conduct to take advantage of the economic, political and social disturbances that Venezuela is experiencing, contributing to the process of decomposition of the State. This process is deepening every day, leading to a negotiation to distribute the country’s wealth among the imperialist powers, to foreign aggression, a coup d’état or even a revolutionary situation. This is a consequence of the struggle among the different tendencies in conflict and the emergence of popular actors, as happened at other periods in the history of the country.

Faced with these scenarios, which are leading to situations of violence, we call on all revolutionaries, patriots and democrats, on the workers of the world, on the peasants and worthy people, to prepare the conditions of concrete solidarity, being certain that the Venezuelan people are resisting and struggling. They will continue resisting and fighting under any scenario; the working class, we Marxist-Leninists and especially our party are working to organize the defense, based on the legitimacy of the actions that the proletariat will take to safeguard their interests and those of the majorities, convinced that the contradictions present in the region are creating the conditions for a struggle that is expanding, and to work for the unity of the working class and peoples on the basis of tactics of a regional character in order to confront the main and common enemy of our peoples without dispersing the forces by attacking scarecrows.

Socialism Is Only Built with the Worker-Peasant Alliance in Power and the People in Arms!

 

Source: http://cpaml.org/posting1.php?id=824

Executive order no. 70 is in furtherance of fascist dictatorship: Statement by Prof. Jose Maria Sison

Statement by Prof. Jose Maria Sison
NDFP Chief Political Consultant
December 10, 2018

Executive Order No. 70 is the latest of presidential issuances in furtherance of the already ongoing de facto martial law nationwide and is in preparation for the formal declaration of martial law nationwide sometime next year. Duterte is truly hell-bent on imposing a fascist dictatorship on the Filipino people.

Under the pretext of ending the revolutionary movement, the national task force is aimed at militarizing all civilian departments and agencies of the reactionary government and concentrating powers and the opportunities for corruption in the hands of Duterte and his ruling clique.

EO 70 will not result in the end of the revolutionary movement led by the CPP. It will only inflame the revolutionary resistance of the broad masses of the people because more noncommunists and even more anti-commmunists than communists will be victimized by the military and police acts of suppression.

I said before that Duterte will have to kill, kill, kill a hundred or even a thousand noncommunists before he can kill one communist. Most of the victims of the national task force shall be the critics of and opposition to the tyrannical, brutal and corrupt Duterte regime.

The military and their civilian agents will also invent a big number of fake surrenderers and fake NPA casualties in fake encounters in order to pocket privately the money for fake surrenders and fake NPA casualties.

As Duterte himself said sometime ago, General Esperon can be his successor. Given more time for Duterte to further discredit himself, Esperon can be actually his succcessor as in so many cases abroad when the dictator becomes too discredited the man on the horse (a general) takes over. Duterte is practically sitting on a throne made of bayonets.###

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Duterte forms nat’l task force to end local communism
By: Nestor Corrales – Reporter / @NCorralesINQ
INQUIRER.net / 01:31 PM December 10, 2018
https://newsinfo.inquirer.net/1061679/duterte-forms-natl-task-force-to-end-local-communism?fbclid=IwAR0yyF3y5yXfQZKgsL7kcwPJP3OD2XEat8vdEDJpeKYIK7c_uYWb4Nf6hoU

MANILA, Philippines – President Rodrigo Duterte has created a national task force to end local communist armed conflict in the Philippines.

Duterte signed on December 4 Executive Order No. 70, which copy was only made available to the media on Monday.

Under the EO, Duterte directed the adoption of a national peace framework and institutionalizing the whole-of-nation approach in attaining to attain “inclusive and sustainable peace” in the country.

Duterte said “there is a need to create a national task force that will provide an efficient mechanism and structure for the implementation of the whole-of-nation approach to aid in the realization of the collective aspiration of the Filipino people to attain inclusive and sustainable peace.”

“The government shall prioritize and harmonize the delivery of basic services and social development packages in conflict-affected areas and vulnerable communities, facilitate societal inclusivity, and ensure active participation of all sectors of society in the pursuit of the country’s peace agenda,” Duterte said.

Duterte will be the chair of the task force while the national security adviser will be his vice-chair.

Members of the task force included secretaries of interior, justice, defense, public works, budget, finance, agrarian reform, social welfare, education, communications operations office; the director generals of National Economic and Development Authority and Technical Education and Skills Development Authority.

Other members are the presidential adviser on peace process, presidential adviser for the indigenous peoples’ concerns, chief of staff of the Armed Forces of the Philippines, director general of the Philippine National Police, chairperson of the National Commission on Indigenous People, and two representatives from the private sector.

Duterte ordered the task force “to formulate and start to implement in coordination with relevant national government agencies, local government units, civil society groups and other stakeholders.”

The President said “the framework shall contain principles, policies, plans and programs that will bring inclusive and sustainable peace, and address the root causes of insurgencies, internal disturbances and tensions as well as other armed conflicts and threats in identified areas.”

“Framework shall be responsive to local needs and sensitive to realities on the ground,” he said.

“The framework shall include a mechanism for localized peace engagements or negotiations and interventions that is nationally orchestrated, directed and supervised, while being locally implemented,” he added.

The initial funding requirements for the implementation of the order, Duterte said, should be charged against existing appropriations of member-agencies of the Task Force and such other appropriate funding sources as the Department of Budget and Management may identify. /kga

 

Source: https://josemariasison.org/executive-order-no-70-is-in-furtherance-of-fascist-dictatorship/

L’ALENA UN « DEAL » ENTRE CAPITALISTES

L’accord de libre-échange nord-américain (ALENA) qui est entré en vigueur officiellement le 1er janvier 1994 constituait lors de sa mise en œuvre d’une extension au Mexique de l’accord économique qui liait déjà les États-Unis et le Canada depuis 1989. Comme chacun le sait maintenant, l’administration Trump à titre de représentante des intérêts capitalistes américains a imposé à ses partenaires économiques une renégociation de l’entente afin de mieux satisfaire les intérêts impérialistes des États-Unis. De fait, lors de la dernière campagne électorale américaine, Trump a fortement insisté sur l’idée selon laquelle l’entente de libre échange était la principale cause du déficit commercial américain et du déclin du secteur manufacturier des États-Unis au cours des trente dernières années.

RETOUR SUR L’ALENA

Ce qui s’est formé avec l’ALENA est une importante zone de marché de plus de 400 millions de personnes et partageant un produit intérieur brut (PIB) de plusieurs milliers de milliards de dollars. L’intégration des économies des États-Unis, du Canada et du Mexique a ainsi favorisé l’émergence et le développement d’un puissant bloc capitaliste capable de rivaliser avec d’autres importants blocs économiques, notamment le bloc composé par les États membres de l’Union Européenne (ÉU).

Grâce à l’ALENA, les États-Unis sont devenus la plaque tournante des échanges régionaux en Amérique. De fait, les membres de l’ALENA entretiennent entre eux des liens étroits. Plus particulièrement, le Canada et le Mexique occupent une place privilégiée auprès des États-Unis (représentant les deux premiers marchés à l’exportation des États-Unis), si on tient compte de leur poids respectif réel dans l’économie mondiale (i.e. PIB équivalant à 1,3% et 1,9% du PIB mondial en 2016 pour le Canada et le Mexique respectivement). Par ailleurs, les États-Unis, dont le poids dans le PIB mondial atteignait 15,5% en 2016, sont le principal partenaire commercial du Mexique et du Canada. Ces derniers ayant respectivement exporté, en 2016, 81,3% et 76,4% de leurs marchandises aux États-Unis tandis que 46% et 52,2% de leurs importations provenaient respectivement des États-Unis.

Étant donné un tel rapport étroit entre les différentes économies capitalistes, il apparaissait normal que ces dernières cherchent à pérenniser les rapports qu’elles entretiennent les unes avec les autres afin d’assurer le fonctionnement de l’ensemble économique nord américain. Toutefois, il ne faudrait pas oublier que derrière toute entente entre capitalistes se cache toujours et nécessairement l’organisation régionale de la division du travail entre États qui permet de faire perdurer les rapports d’exploitation les plus favorables pour le capitalisme au détriment des prolétaires (et de la paysannerie si on considère le Mexique).

LE RÔLE DES ACCORDS ÉCONOMIQUES SOUS LE CAPITALISME

L’apparition et le développement d’ententes économiques entre États ( mais ayant sans contredit des ramifications au niveau politique, social et au niveau culturel) qui par ailleurs compétitionnent férocement les uns avec les autres sur les marchés s’explique par les exigences d’extension du marché capitaliste et découle principalement de la crise généralisée du capitalisme qui a imposé à l’ensemble des capitalistes l’obligation de mettre en œuvre une politique générale visant à étendre, notamment pour les pays capitalistes les plus puissants (les pays regroupés autour du G20), les diktats du commerce international à l’ensemble de la planète.

Présentées comme des ententes économiques, les ententes comme celle de l’ALENA permettent aux pays impérialistes les plus puissants d’accroître leur rôle hégémonique dans des zones géographiques déterminées qui vont en s’élargissant de plus en plus, notamment en procédant à l’intégration des économies les plus faibles par le biais de la restructuration de ces économies afin de les rendre aptes à servir les intérêts des capitalistes dominants. De fait, profitant de la chute des pays de l’Est, le capitaliste mondiale a pu se perpétuer en ouvrant et en s’accaparant de nouveaux marchés et c’est ainsi qu’on a assisté à une longue période de développement du commerce international qui a permis de solutionner temporairement les graves problèmes qui entravaient alors les économies capitalistes (en particulier la surproduction de capitaux).

Cela dit, loin d’améliorer la situation des travailleurs et travailleuses, l’élargissement du marché capitaliste et les entente qui ont accompagné celui-ci ont surtout profité aux seuls capitalistes. En effet, partout où les ententes sont signées les économies des pays dominés ont été de plus en plus inféodées aux puissances régionales et internationales. Loin d’avoir bénéficier de l’effet de « ruissellement » ( trickle down), les pays les plus pauvres sont demeurés pour l’essentiel au même stade qu’auparavant. Loin de ruisseler vers les masses exploitées, les richesses produites ont de plus en plus été accaparées par les capitalistes les plus puissants.

POURQUOI DONC RENÉGOCIER L’ALENA?

Répondant aux souhaits des capitalistes de faire croître le commerce, le volume des échanges a dans les faits globalement augmenté avec l’ALENA. Toutefois, il en a résulté un déficit croissant des États-Unis vis-à-vis de ses « partenaires » économiques. En effet, il s’est avéré que les faibles les coûts de production, en particulier aux Mexique, ont poussé les capitalistes américains à déplacer une partie de leur production . Si on ajoute la faiblesse des devises de ces pays face à la devise américaine il en a résulté un débalancement dans les échanges.

Cela dit, d’autres raisons peuvent permettre d’expliquer l’insistance de l’administration américaine à renégocier l’ALENA. En effet, bien qu’il demeure vrai que l’impérialisme américain soit la principale puissance impérialiste dans le monde, il n’en demeure pas moins que cette puissance traverse une longue période de déclin manifeste. Or, avec la crise de longue durée qui s’est installée dans le monde capitaliste, l’impérialisme américain est placé devant l’obligation de devoir à tout prix à reconquérir le terrain perdu au niveau de l’économie mondiale (en particulier vis-à-vis la Chine) s’il veut éviter que les contradictions internes aux États-Unis continuent de ce développer. En effet, ce qui menace à terme l’intégrité du capitalisme américain, s’il ne réussit pas à redevenir une puissance hégémonique, c’est la menace que fait peser sur lui le développement de la lutte des classes aux États-Unis. De fait, les écarts entre riches et pauvres aux États-Unis accroissent et accélèrent le développement des contradictions qui traversent la société américaine. La stratégie américaine est donc de chercher à récupérer une partie de la production qui avait été délocalisée pour la rapatrier vers les États-Unis. C’est donc dans ce cadre que ce sont déroulées négociations pour mettre à jour l’entente de l’ALENA. De fait, le Bureau du représentant américain au commerce publiait en juillet 2017 les objectifs généraux de l’administration américaine en la matière. Dans ce rapport, les États-Unis réaffirmaient notamment leur volonté de réduire leur déficit à l’intérieur de l’entente.

Étant donné la forte intégration économique du Canada aux États-Unis et de la dépendance de son économie aux exportations vers le voisin du sud, il était prévisible que le gouvernement libéral de Justin Trudeau cherche à tout prix à maintenir l’entente de l’ALENA. Par ailleurs, considérant le poids que représentent les exportations vers les États-Unis pour le capitalisme canadien cela explique pourquoi Trudeau et ses principaux ministres se font les chantres du libre-échange partout dans le monde. En effet, il s’agit pour le capitalisme canadien de déborder les limites imposées par le capitalisme américain en affirmant les intérêts des capitalistes canadiens partout dans le monde.

Considérant que l’économie du Canada est tributaire du commerce international pour un pourcentage non négligeable de son PIB, il est jusqu’à un certain point normal que pour maintenir son statut de puissance impérialiste le Canada doive réussir à maintenir et développer ce secteur. Or, pendant la renégociation de l’ALENA le gouvernement libéral, à titre de conseil d’administration des capitalistes au Canada, a été placé devant l’obligation d’arbitrer entre les revendications de deux puissant lobbies que sont le lobby de l’industrie de l’auto (principalement situé en Ontario) et celui des produits laitiers (principalement situé au Québec). Or, étant donné l’importance du secteur de l’automobile au niveau des exportations dans l’économie canadienne et étant donné que sans entente, la production dans ce secteur diminuerait et que le Canada serait particulièrement affecté (diminution de 24%) en raison de sa position privilégiée dans la chaîne de production automobile, il était prévisible que le gouvernement libéral cherche avant tout à préserver ce secteur au détriment de celui de l’industrie laitière. De fait, le Canada n’est pas un grand exportateur de produits laitiers. En effet, sa production de lait et de produits laitiers est destinée principalement aux marchés intérieurs.Par ailleurs, il ne faudrait surtout pas perdre de vue que derrière l’image des petites fermes familiales que cherche à promouvoir l’industrie laitière se cachent de puissants monopoles (Saputo, Agropur, Parmalat, etc.) qui organisent et contrôlent l’industrie en son entier (environ 6 000 fermes laitières au Québec — près de 55 % de la production de lait au pays — la transformation des produits laitiers emploie près de 42 000 personnes dans la province). Soulignons tout de même que bien que la nouvelle mouture de l’ALENA porte atteinte à la gestion de l’offre, il n’en demeure pas moins qu’Ottawa a déjà annoncé qu’il y aura des compensations financières importantes pour les producteurs laitiers.

ENTENTES ENTRE CAPITALISTES CONTRE LES PEUPLES

Souvent présentées comme des instruments de progrès pour les États et les peuples, les ententes capitalistes débouchent rarement sur des améliorations substantielles pour la majorité des travailleurs et travailleuses. La raison pour laquelle l’ALENA et autres ententes économiques produisent toujours des résultats décevants pour les prolétaires et paysanEs est simple: ces ententes visent toujours à consolider avant tout les entreprises et monopoles capitalistes. Autrement dit, ces ententes visent avant tout à faire fructifier le capital et non pas améliorer les conditions de vies des personnes et par conséquent toute consolidation du capitalisme se fera toujours au détriment des travailleurs et travailleuses qui produisent les richesses.

Par exemple, selon une étude de l’Institut de politique économique, l’ALENA a fait disparaître près de 700 000 emplois américains, dont beaucoup dans les manufactures de « la ceinture de la rouille » où sont situés les trois États clés — Wisconsin, Michigan et Pennsylvanie qui ont favorisé l’élection de Donald Trump à la présidence des États-Unis.(Le Devoir, novembre 2017).

Au Mexique l’entente de libre-échange a surtout signifié la destruction de l’agriculture traditionnelle et l’augmentation de la pauvreté. De plus, l’orientation de la production agricole vers l’exportation plutôt que vers la satisfaction des besoins alimentaires de la population locale dans les trois pays membres de l’ALENA a favorisé la concentration de la production entre les mains des multinationales, ce qui a en retour favorisé la transformation de la structure agricole, notamment par l’augmentation de la monoculture et de la culture à haute intensité (par exemple le maïs au Québec) amenant ultimement à une baisse constante du revenu des petits et moyens producteurs. L’ALENA a aussi découragé la diversification de l’économie mexicaine dans d’autres secteurs, dans la mesure où il n’y a quasiment aucune valeur ajoutée dans l’assemblage en usine de pièces détachées largement fabriquées aux États-Unis et au Canada et rarement au Mexique.

Comme l’indiquait un article de la presse bourgeoise, « La chute des barrières commerciales a placé les agriculteurs mexicains en situation de faiblesse face aux grands producteurs américains, qui bénéficient d’importantes subventions. Les petits cultivateurs de maïs, la base de l’alimentation, sont marginalisés. Le pays en importe 10 millions de tonnes par an, 50 fois plus qu’en 1993 » (La Presse Édition du 21 décembre 2013).

De fait, bien qu’ayant multiplié par cinq son commerce avec les États-Unis et le Canada, il n’en demeure pas moins que la situation socio-économique du Mexique ne s’est pas améliorée. En effet, le taux de chômage est demeuré; les salaires ont stagné au plus bas tandis que 52 % de la population vit dans la pauvreté, ce qui explique que perdure le phénomène de l’émigration vers le nord.

Au Canada le secteur manufacturier a été grandement touché par la délocalisation de la production forçant le Canada à s’installer dans le rôle de fournisseur de ressources naturelles. Cela dit, au Canada comme ailleurs, les effets les plus négatifs de l’ALENA sur les travailleurs et travailleuses découlent des avantages octroyés aux entreprises multinationales, plus particulièrement les protections accordées aux entreprises capitalistes. Cette protection augmente la mobilité des capitaux en réduisant les risques pour les investisseurs. Ainsi à l’échelle tri-nationale (Canada-États-Unis-Mexique) on a assisté à un fléchissement des salaires et accroissement des écarts de revenus.

POUR L’UNITÉ PROLÉTARIENNE ET PAYSANNE

Le prolétariat ne peut se permettre de demeurer passif et laisser les capitalistes se partager librement le monde. Combattre le capitalisme s’est aussi s’opposer aux accords entre capitalistes qui permettent à ces derniers d’exploiter de plus en plus le prolétariat mondial. Toutefois, cette opposition doit être vivante et par conséquent ne pas se cantonner dans le seul débat des idées mais être accompagnée par des actions qui mettent en lumière le caractère international du prolétariat et des ses aspirations à un monde plus juste.

Le prolétariat doit d’abord chercher à développer de plus en plus l’internationalisme prolétarien notamment en favorisant l’émergence et le développement tant théorique que pratique d’initiatives et d’actions à l’échelle internationale contre les capitalistes. De fait, la lutte généralisée contre le capitalisme, ici comme ailleurs, peut importe que cette lutte soit encore au niveau embryonnaire où qu’elle ait pris une forme plus achevée (par exemple les guerres populaires menées en Inde et aux Philippines) contribue objectivement à renforcer la solidarité internationale entre travailleurs et travailleuses tandis que les avancés accomplies par la révolution permet d’envisager la possibilité de dépasser le système capitaliste exploiteur et envisager la mise en place d’un monde juste, débarrassé de l’exploitation, ayant adopté le communisme comme seul horizon politique en mesure d’assurer le plein développement harmonieux des individus, des sociétés et de l’environnement. Ce que doivent opposer les prolétaires aux ententes capitalistes ce sont 1) l’internationalisme prolétarien; 2) le partage des expériences révolutionnaires des prolétaires et peuples exploités et 3) l’adoption de mots d’ordre d’action révolutionnaires englobant de plus en plus de travailleurs et travailleuses!

Ébranlons l’unité du monde capitaliste!

Développons l’unité prolétarienne!

Abolissons le capitalisme !

Source: https://www.iskra-pcr-rcp.ca/2018/10/21/lalena-un-deal-entre-capitalistes/

LA CORÉE DU NORD : DICTATURE TOTALITAIRE OU ELDORADO SOCIALISTE ?

L’objectif de la série d’articles que nous allons publier dans les temps à venir n’est pas de retracer toute l’histoire de la Corée du Nord. Il ne s’agit pas non plus de défaire un à un tous les mensonges propagandistes ou toutes les bêtises naïves à l’encontre de ce pays. L’enjeu n’est pas non plus de montrer un « bon visage » de la Corée, et encore moins de prouver qu’il s’agit du socialisme accompli.

Il s’agit davantage de poser une question : quel regard portons nous sur la République populaire démocratique de Corée ? Ce questionnement est particulièrement pertinent lorsque l’on aborde des sujets brûlants tels que le socialisme ou la lutte anti-impérialiste (deux sujets intimement liés à la Corée).

Souvent, ce regard dépend davantage du fantasme, du conditionnement, et osons le dire, de la propagande, que de l’analyse concrète d’une situation concrète. Le cas coréen est caricatural de ce biais idéologique que subissent les expériences socialistes et les pays victimes de l’impérialisme. Si le discours que les communistes tiennent en défense de ces pays peut parfois paraître brut, c’est qu’il répond, avec une volonté de « tordre le bâton dans l’autre sens », à une vision dominante malhonnête, naïve et souvent fausse.

En plus d’être un adversaire stratégique et idéologique du mode de production capitaliste, ce pays est géographiquement, culturellement et historiquement éloigné de nous. La Corée du Nord avait tout pour être le « rogue state » parfait. Il s’agirait un pays étrange, replié sur lui même et dirigé par un dictateur fou et manipulateur. Sa folie sanguinaire pourrait nous plonger dans la guerre nucléaire à tout moment. Même si ils ne le savent pas, les Coréens sont dans l’attente d’un sauveur, car personne ne pourrait rationnellement aimer vivre dans ce pays, ou pire : en être fier !

Nous allons essayer de poser un regard différent sur la République populaire démocratique de Corée. Notre but va être de savoir ce qu’est la RPDC, de comprendre pourquoi est-elle ainsi, et de proposer quelques pistes quant à la posture pratique et théorique à adopter.

Nous souhaitons commencer cette série d’articles en abordant l’une des périodes historiques les plus décisives pour comprendre la situation actuelle. Celle-ci commence avec la libération de la péninsule et aboutit à la division coréenne. Sa connaissance est essentielle pour comprendre les différents développements politique, économique, idéologique et militaire vers lesquels vont s’orienter les deux Corée.

 

L’élan populaire de la libération.

En 1905, le Japon concrétise ses ambitions impériales sur la Corée en y établissant un protectorat. La sujétion coloniale est impitoyable, et la résistance à l’envahisseur cristallise la thématique de l’indépendance nationale comme étant la préoccupation majeure des Coréens durant les décennies à venir.

À la libération, le contexte national et international est très tendu. La question du sort réservé aux Japonais, aux élites collaboratrices et aux grands propriétaires terriens occupe l’esprit des masses laborieuses coréennes. À l’inverse, les élites engraissées durant l’occupation cherchent à maintenir leur domination malgré l’élan populaire qui suit l’indépendance de la Corée.

Pour des raisons géographiques et politiques, la Corée est également confrontée aux ambitions de grandes puissances. Il s’agit notamment d’un enjeu crucial pour la puissance étasunienne, mise en difficulté par une Asie s’orientant massivement (autant pour l’ampleur du phénomène que pour son caractère de masse) vers le socialisme.

Lorsque débute l’invasion soviétique de la Mandchourie, le 9 août 1945, l’administration coloniale japonaise délaisse la Corée. Les Coréens s’organisent dans des comités populaires et locaux. Ceux-ci, principalement composés de paysans (qui représentent la grande majorité du pays), ont été le théâtre d’une ébullition émancipatrice pour les masses, les femmes et les jeunes comme la Corée n’en avait jamais connu. Les comités avaient pour points communs de vouloir épurer l’administration des Japonais et des collaborateurs. La réforme agraire et la redistribution des terres des grands propriétaires terriens comptaient parmi les préoccupations essentielles. Les comités sont aussi largement en faveur d’une politique de nationalisation de l’industrie (celle-ci s’était développée durant le protectorat japonais).

La Corée des comités populaires demeurait cependant une Corée sous occupation. Au nord, l’Armée rouge avait pulvérisé les forces japonaises et forcé la capitulation prononcée par l’empereur Hirohito le 15 août 1945. Les armées soviétiques ne descendent cependant pas au-delà du 38e parallèle, limite fixée au préalable pour définir les zones d’influence soviétique et américaine. Cette limite n’avait alors pas vocation à devenir une frontière imperméable, et encore moins une ligne de front. Décidée par les Américains et acceptée par les Soviétiques sans consultation des Coréens, cette ligne est une construction fictive et arbitraire sans aucun rapport avec la réalité coréenne.

 

L’occupation soviétique de la Corée du Nord
L’Union soviétique et la Révolution d’Octobre ont été et demeurent d’immenses sources d’inspiration pour les luttes de libération nationale. Que cela soit au Burkina Faso, en Chine, au Vietnam, en Indonésie, à Cuba, ou ailleurs, socialisme et lutte anticoloniale ont été intimement liés au XXe siècle. Les résistants voulaient l’indépendance nationale contre les intérêts impériaux, ils voulaient la terre et le grain contre les intérêts des exploiteurs. Ces aspirations populaires ont été guidées par une dévotion et une organisation communistes. Le socialisme révolutionnaire s’est présenté comme la seule voie répondant aux aspirations des masses laborieuses face à un pouvoir illégitime et failli.

Les Coréens voulaient libérer leur nation opprimée depuis des centaines d’années par le jeu des grandes puissances et des seigneurs. Différents groupes de résistants coréens nationalistes ou communistes agissent dès les années 1920 en Chine. C’est après l’invasion japonaise de la Mandchourie en 1931, à laquelle s’opposeront plus de 200.000 guérilleros, que le jeune Kim Il-sung, membre du Parti communiste chinois, émerge en tant que grande figure. Dès les années 1930, il était un leader affirmé, considéré par les Japonais comme le résistant coréen le plus efficace et le plus dangereux. Sa figure est celle qui symbolise le mieux, aujourd’hui comme hier, la résistance coréenne.

Kim Il-sung et les résistants communistes coréens jouissaient d’une immense popularité pour leur contribution à la lutte. Grâce à leur sacrifice pour la Corée et à leur dévotion pour les masses, ils avaient réussi à implanter un esprit communiste au sein des ouvriers, des paysans, des jeunes, des étudiants, et parfois des intellectuels et écrivains coréens. Ils avaient beaucoup plus d’influence que les nationalistes conservateurs dont la base sociale était bien plus maigre. De plus, les ambitions des socialistes répondaient aux attentes des masses paysannes fatiguées de la domination des propriétaires terriens (nous parlerons dans un autre article de la réforme agraire en Corée du Nord). Le projet des socialistes avait toutes les chances d’être embrassé par le peuple coréen, et Kim Il-sung avait toutes les chances d’être élu lors d’éventuelles élections.

Kim Il-sung

 

Les Soviétiques connaissaient bien Kim Il-sung et ses camarades de l’Armée de guérilla populaire. Ils avaient soutenu, approuvé et observé la guérilla en Mandchourie. Ils le considéraient comme un homme fiable. La popularité du Parti du travail de Corée de Kim Il-sung a permis à l’occupant soviétique de laisser une importante marge de manœuvre à l’administration nord-coréenne épurée des collaborateurs pro-japonais. Révolutionnaires et patriotes, les communistes coréens ont coopéré avec les Chinois et les Soviétiques sans jamais abandonner la souveraineté coréenne. Ils ont tissé des alliances stratégiques mais ne se sont jamais inféodés. Kim Il-sung n’a pas été hissé comme figure la plus influente de la RPDC par la volonté soviétique. Les commandants de la guérilla en Mandchourie (comme Kim Chaek, Choe Hyon, Kim il, Choe Yong-gon) étaient parvenus à un accord pour qu’il soit au sommet de la hiérarchie en raison de ses qualités personnelles et de sa réputation. Les comités populaires et les institutions centralisées qui suivront ont pu s’administrer librement. Les troupes soviétiques ont quitté le territoire en décembre 1948, soit trois mois après la fondation de la République populaire démocratique de Corée. L’occupant soviétique n’a pas eu besoin d’imposer son modèle social. L’orientation socialiste fut l’œuvre des masses et du Parti du travail de Corée, à un moment où seuls les communistes proposaient l’indépendance, la terre, et le pain.

Ce prestige militaire et patriotique est essentiel pour comprendre la RPDC actuelle. Aujourd’hui encore, les nord-Coréens légitiment leur doctrine et leur commandement militaire par la résistance contre les Japonais et la revendication de la souveraineté coréenne. Certains membres du commandement nord-coréen actuel sont même directement issus de la résistance en Mandchourie.

 

L’occupation américaine de la Corée du Sud

Au sud du 38e parallèle, la situation est très différente. Pendant un temps, les comités populaires organisent la vie politique et doivent gérer les soldats et policiers japonais ayant fui et ravagé le nord après l’invasion soviétique. Là aussi, les communistes exercent une influence très importante. Mais ils ne faut pas croire que l’élan qui emportait les comités fut l’œuvre d’un parti autoritaire et totalitaire (ce qui servira pourtant de légitimation à l’autoritarisme américain et pro-américain). Par exemple, le Comité pour la préparation de l’indépendance populaire de la Corée, crée par Yo Un-hyung, planifiait la création d’un gouvernement de toute la Péninsule coréenne. Le 12 septembre 1945 est alors proclamée la République populaire de Corée (qui n’a dans les faits jamais eu de réelle autorité). Yo ne pouvait cependant pas être suspecté de communisme. Il a fait partie du Gouvernement provisoire de Corée (gouvernement en exil crée en 1919) des nationalistes anticommunistes Syngman Rhee et Kim Ku. Il a aussi travaillé avec Kim Kyu-sik, qui n’était pas moins à droite que les deux autres. Chrétien, il ne croyait absolument pas dans le marxisme et dans la dialectique matérialiste. Il était surtout un populiste de gauche, un très grand orateur, un tribun favori du peuple. Il avait même été contacté par les Japonais pour organiser une transition administrative qui éviterait un destin désastreux aux soldats, policiers et collaborateurs japonais émigrés au sud. Yo Un-hyung était donc très loin du communisme. Cela n’empêchera pas les forces américaines de nier totalement la souveraineté de l’éphémère République populaire de Corée.

 

Kim Ku
Yo Un-hyong

L’armée américaine, qui n’avait pas versé une goûte du sang pour la libération de la Corée, arrive le 8 septembre, trois semaines après la capitulation japonaise, là où les forces soviétiques étaient présentes depuis 1 mois. Les Américains ne reconnaissent pas la légitimité de la République populaire de Corée de Yo Un-hyung (pourtant loin d’être une incarnation du bolchévisme), des comités populaires suspectés de communisme, ou encore du gouvernement provisoire de la République de Corée (à ne pas confondre avec l’éphémère République populaire de Corée vue précédemment) dirigé le nationaliste anticommuniste Kim Ku.

Yo Un-hyung sera assassiné par un exilé anticommuniste nord-coréen, et Kim Ku sera assassiné par la police secrète sud-coréenne pour son engagement en faveur de la réunification. L’impossible unité entre les deux Corée n’est donc pas une affaire de gauche ou de droite. Les patriotes coréens ont toujours été la cible des impérialistes. Le fait est que l’union coréenne ne pouvait être réalisée que par les masses. À l’inverse, les élites ne pouvaient se maintenir au pouvoir qu’en bénéficiant du soutien américain. Mais comme dans toute l’Asie, l’intérêt et la volonté des masses étaient absolument contradictoires avec les intérêts américains. Les États-Unis, contrairement aux Soviétiques, vont alors devoir imposer leur ordre économique et social par la force.

Le 8 septembre 1945, les Américains installent un régime d’occupation militaire similaire à celui qu’ils projetaient d’installer en France : l’United States Armed Military Government in Korea (USAMGIK). Leur dessein, résumé très brièvement, était de pardonner les Japonais pour faciliter la réintégration du capitalisme dans un Japon dévasté sous occupation américaine et susceptible de s’orienter vers le socialisme. La Corée devait alors servir d’appui pour influencer et industrialiser le Japon. Ils désiraient aussi s’assurer une voie d’accès vers la Chine, la Russie et la Corée du Nord pour contenir la propagation du socialisme et « protéger » le Pacifique. Le sud de la Corée avait donc un rôle stratégique très important.

Soldats américains dans Séoul en 1945

Les 4 grandes priorités américaines étaient de créer une armée pour « défendre » le 38e parallèle ; de faire de la police nationale coréenne la première arme pour « pacifier le sud » ; de solidifier les alliances avec les partis conservateurs ; et de supprimer les contestations politiques. Ainsi, les Américains ont choisi d’accorder les hautes fonctions administratives, policières et militaires aux collaborateurs pro-japonais.

Ce gouvernement n’avait aucune légitimité aux yeux des masses coréennes et suscita un vent de révolte durement réprimé. Les Coréens n’avaient jamais eu de sympathie particulière pour les Américains et les valeurs des « démocraties » libérales occidentales. La plupart des villageois coréens n’avaient jamais vu un Américain, qui n’avaient de liens qu’avec les élites. Très attachés à leurs traditions, les Coréens ont, plus que d’autres peuples asiatiques, souvent fait preuve d’une grande résistance face aux armées et aux éléments culturels impérialistes. Ils ne supportaient pas d’être à nouveau sous occupation et de voir les élites les opprimer encore, alors que 70 % des Coréens du Sud se prononçaient pour le socialisme.

Les Américains et les conservateurs coréens ne pouvaient pas imiter les Soviétiques et les communistes coréens dont l’autorité reposait sur la légitimité et les faveurs populaires. Ils ont dû faire preuve d’un autoritarisme sanglant, menant à la chasse systématique des suspectés de communisme et au massacre de centaines de milliers de Coréens (nous aborderons les questions de répression dans un autre épisode). Toute résistance ou critique du gouvernement militaire pouvait être considérée comme une tendance pro-soviétique. Ainsi, vouloir expulser les propriétaires terriens ou expulser les collaborateurs constituait une marque de bolchévisme. Le principal problème des Américains n’était cependant pas les bolchéviques, mais bien les Coréens eux mêmes… Dans toute l’Asie, le rapport de force populaire leur était très défavorable. Si ni les Russes et ni les Américains n’avaient été en Corée, le régime aurait très sûrement été un régime révolutionnaire et patriotique qui aurait pu avoir un destin d’intégration internationale comme la Chine ou le Vietnam. La seule issue possible pour les intérêts américains était l’instauration d’un gouvernement autoritaire et le maintien d’une présence militaire qui dure encore aujourd’hui. Quitter la péninsule aurait signifié laisser un pays de plus se faire aspirer par la vague socialiste.

 

La division de la Corée : une œuvre impérialiste

En décembre 1945, les Alliés s’étaient accordés pour que la Chine, l’URSS, la Grande-Bretagne et les États-Unis administrent la Corée pendant cinq années jusqu’à l’indépendance. Mais face à l’impossibilité d’obtenir une union gouvernementale conforme à leurs intérêts, les États-Unis ont demandé en 1947 à ce que la question de l’indépendance coréenne soit portée devant l’Organisation des Nations unies. L’ONU est à cette époque dominée par des puissances pro-américaines et défavorables à l’URSS. Elle autorisera par la suite l’intervention américaine dans la Guerre de Corée qui mènera au massacre de millions de Coréens. Sans demander l’avis des Coréens, l’ONU vote une résolution pour organiser des élections sous sa supervision dans toute la Corée. Les Soviétiques, qui comprennent bien qu’un organe de l’ONU ne pourra que leur être défavorable, boycottent le vote de la résolution (la fameuse politique de la chaise vide). L’ONU vote alors pour l’organisation d’élections dans la seule Corée du Sud, provoquant l’indignation des patriotes coréens de gauche comme de droite qui désiraient l’unification de la Corée et qui refusent de participer à ces élections.

L’organe en charge de surveiller les élections, la Commission Temporaire des Nations-unies pour la Corée, n’est pas reconnu par les Soviétiques et les Coréens du Nord. Elle est majoritairement composée d’alliés américains. Malgré tout, les délégués d’Australie, du Canada, d’Inde et de Syrie font entendre une voie dissidente. Ils constatent que les organisateurs des élections sont en majorité du Parti démocratique de Corée (parti conservateur anticommuniste proche des occupants américains et des élites) ou de proches associés de son leader Kim Song-su. Ils se plaignent de l’intimidation et du lobbying que le brigadier général John Weckerling infligeait aux délégués de l’ONU. Ils font alors part de leurs doutes concernant la possibilité d’organiser des élections en Corée du Sud dans un tel climat. Malgré les avertissements, les élections auront lieu dans un contexte de fraude, de répression, de boycott de l’opposition, et d’insatiable soif d’indépendance des Coréens.

Ces élections suscitent l’indignation en Corée du Nord et en Corée du Sud. Des personnalités conservatrice du sud comme Kim Ku ou Kim Kyu-sik protestent contre leur tenue, et se réunissent à Pyongyang sur invitation de Kim Il-sung. Les contestations populaires sont vives. Les habitants de l’île de Jeju, au sud, se soulèvent et subissent la répression de l’armée sud-coréenne qui fera plusieurs dizaines de milliers de morts, soit plus d’un dixième de la population sur cette île de 300.000 habitants, détruisant de nombreux villages et suscitant de nombreuses mutineries.

Répression du soulèvement de Jeju

 

Pour préserver leurs intérêts et leur emprise après « l’indépendance », les Américains ont trouvé l’homme parfait : Syngman Rhee.

Anticommuniste convaincu, chrétien, imprégné d’idéologie américaine, il a émigré aux États-Unis en 1904, avant que la Corée ne devienne un protectorat japonais. Rhee n’avait pas remis un pied en Corée avant d’y revenir à bord d’un avion militaire américain en octobre 1945. Il faisait partie de ces résistants gentlemen qui tentaient d’obtenir un soutien diplomatique auprès de grandes puissances. Pendant que Kim Il-sung prenait les armes, Rhee arpentait les rues de Washington pour tenter de monter les puissances impérialistes les unes contre les autres. Si les revendications d’indépendance coréenne n’intéressaient pas vraiment les Américains avant 1945, Rhee devient soudainement l’homme de la situation. Par rapport aux autres anticommunistes, il présente plusieurs avantages : il n’est pas véritablement un traître car il n’a jamais collaboré avec les Japonais, il maîtrise parfaitement le coréen et l’anglais, et surtout, il réclame l’indépendance sans cesse et sous n’importe quelle condition. Syngman Rhee, qui était contre toute union avec les communistes et contre toute discussion avec les Soviétiques, était la façade coréenne indépendantiste parfaite pour servir les intérêt américains, à l’inverse d’anticommunistes conservateurs un peu trop attachés à l’union nationale comme Kim Ku ou Kim Kyu-sik.

 

Discours de Syngman Rhee avec le général Hodge
Syngman Rhee

 

À l’issue des frauduleuses élections pour l’Assemblée constitutionnelle de Corée du sud qui ont lieu le 10 mai 1948, le parti de Syngman Rhee obtient 55 des 200 sièges. Il est soutenu par Kim Song-su et le Parti démocratique de Corée qui obtient 29 sièges. 85 indépendants dont la majeure partie sont affiliés à Syngman Rhee sont également élus. La quasi totalité des opposants avaient boycotté ces élections. Par la suite, l’élection présidentielle indirecte aboutit à la victoire de Syngman Rhee le 20 juin 1948.

La première République de Corée est proclamée le 15 août 1948. Elle se prétend souveraine sur l’ensemble de la péninsule coréenne. Trois semaines plus tard, au nord du 38e parallèle, la République populaire démocratique de Corée est proclamée. La voie vers la catastrophique Guerre de Corée était ouverte.

Syngman Rhee va rapidement montrer son vrai visage. Son gouvernement autoritaire et impopulaire causera la mort de centaines de milliers d’opposants. Rhee récupère le système politique établi dès les premiers mois de l’occupation américaine et offre les hautes fonctions à des collaborateurs pro-japonais. Dans les forces de polices, 85 % des policiers ayant servi durant l’occupation japonaise ont été réintégrées dans la nouvelle police nationale. Plus de 50 % des policiers sud-coréens ont alors collaboré avec l’envahisseur japonais. C’est cette police qui matera dans le sang les nombreux mouvements de résistance populaire que va connaître le pays.

L’histoire de la Corée du Sud est marquée par une caste dirigeante traîtresse. On peut citer le cas de Kim Suk-won, haut-gradé de l’armée impériale japonaise. Il a servi dans l’invasion de la Mandchourie par le Japon et dans la seconde guerre sino-japonaise. Sous la première république de Corée, il devient général de brigade, et Rhee souhaitait le nommer commandant de l’armée sud-coréenne. Un buste de bronze lui a été dressé en 1978 dans l’académie militaire de Seongnam.

Yi Un, « empereur » coréen, qui avait servi dans l’armée japonaise en tant que lieutenant-général, retournera en Corée du sud en 1963 pour y terminer sa vie dans un palace. Le dictateur Park Chong-hee, amateur de l’idéologie guerrière des fascistes japonais (le bushido), a rejoint l’armée impériale sous un nom japonais. Il a été officier dans l’armée sud-coréenne à partir de 1946. Il renverse le gouvernement en 1961 pour rester au pouvoir jusqu’en 1979. Sa fille Park Geun-hye fut présidente de 2013 à 2017 avant d’être chassée du pouvoir pour avoir confié des informations confidentielles à son influente confidente, la chamane Choi Soon-sil (dont le père conseillait le dictateur Park Chung-hee!). Kang Young-Hoon, vétéran de l’armée japonaise et du gouvernement militaire américain, a été le premier ministre de Roh Tae-woo…

 

Rivalité et rigidification.

Les figures politiques coréennes se détestaient au moins autant qu’elles détestaient les japonais, et cela a eu un effet certain sur l’impossibilité d’unifier la Corée. Mais la division est avant tout la conséquence de l’intervention logique d’un impérialisme protégeant ses intérêts dans la région. De cette séparation découlent deux états aux cultures politiques très différentes. L’idéologie nord-coréenne met en avant une immense légitimité historique et le sentiment de porter les intérêts  d’un peuple divisé par l’intervention militaire étrangère. Les guerres, les menaces diplomatiques et les difficultés économiques n’ont fait qu’accentuer ce phénomène.

Ainsi, l’État nord-coréen et ses ressortissants font preuve d’un intense patriotisme. Ils sont extrêmement attachés à leur histoire, à leur culture, à leurs héros et à leurs symboles. Leur système politique est directement hérité de cette période, l’armée et ses valeurs y trouvent une place essentielle. Ce sentiment patriotique est encore plus exacerbé qu’il se construit contre les valeurs portées par l’Empire américain et la « soumission traîtresse » de l’État du sud. L’idéologie officielle du parti, le Juche, fait la synthèse entre un patriotisme exacerbé, une obsession de la souveraineté et de l’autonomie, un immense respect des ancêtres hérité du confucianisme et un héritage révolutionnaire socialiste. C’est l’idéologie d’une nation née dans la guerre et qui s’est considérée en guerre totale durant toute son existence. La nation coréenne se considère comme un tout uni par la résistance passée et présente, et chaque Coréen se doit de participer à l’effort de guerre.

Il n’est pas absurde de penser que cette idéologie, qui se manifeste concrètement dans la structure politique et organisationnelle du pays, fut l’une des raisons pour lesquelles le système nord-coréen, malgré sa marginalité et son isolement, a survécu et ne semble pas près de s’effondrer. L’État nord-coréen et son idéologie sont la réponse logique à un contexte menaçant. De là découle un développement autoritaire et liberticide (mais parfois nécessaire) dont les contradictions ne sont pas sans générer de graves dérives…

(Les cérémonies officielles devant les statues de Kim Il-sung et de son fils Kim Jong-il représentent bien le culte de la personnalité et des ancêtres, l’attachement à l’histoire, le patriotisme exacerbé, et la place centrale de l’armée dans la RPDC)

Source: http://jrcf.over-blog.org/2018/10/la-coree-du-nord-dictature-totalitaire-ou-eldorado-socialiste.html 

34 ans de prison, toute une vie de résistance !

Communiste arabe, Georges Abdallah s’engage très jeune dans la résistance palestinienne et libanaise contre les bourgeoisies confessionnalistes libanaises et ses alliés impérialistes et sionistes.

Communiste arabe, Georges Abdallah sera condamné à la réclusion criminelle à perpétuité en France en 1984 pour des actes revendiqués par les Fractions Armées Révolutionnaires Libanaises alors en lutte contre l’occupation sioniste du Liban.

Communiste arabe, Georges Abdallah poursuit son engagement depuis sa prison. Par exemple, il affirme son soutien au combat contre les crimes policiers racistes tout comme sa solidarité avec les différentes mobilisations du prolétariat en France.

Communiste arabe, Georges Abdallah défend encore et toujours le programme historique contre la colonisation sioniste : une Palestine libre et démocratique de la mer au Jourdain. En ce sens, il affirme la nécessité de la Résistance, y compris armée, en Palestine occupée mais également dans les camps de réfugiés palestiniens et dans les régimes réactionnaires arabes de la région qui sont des ennemis de la Palestine.

Communiste arabe, l’impérialisme français refuse de le libérer allant même jusqu’à bafouer ses propres lois. Ce refus témoigne de la volonté des gouvernements français successifs de tenter d’isoler et étouffer une voix, un symbole résolument anti-impérialiste et antisioniste au Moyen-Orient.

Communiste arabe, Georges Abdallah est notre camarade et nous exigeons sa libération immédiate. Alors que celui ci entrera le 24 octobre prochain dans sa 35e année d’incarcération, l’OCML VP appelle à participer largement à la Semaine Internationale d’Actions pour sa libération et en particulier à la manifestation du samedi 20 octobre dès 14 de la gare à sa prison à Lannemezan (65).

Il est de nos luttes, nous sommes de son combat : libérez Georges Abdallah !

OCML Voie Prolétarienne, 14 octobre 2018

 

Source: http://ocml-vp.org/article1957.html