Mais qui sont donc les véritables « pilleurs » professionnels ?

En soutien au mouvement et à la lutte populaire des GJ, nous publions sur notre site web un article du groupe de La Révolution Permanente, de tendance trotskyste, mais dont nous appuyons l’idée de base qui soutient la colère des masses et le recours légitime à la violence par les GJ.

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« Le pays est à feu et à sang », les qualificatifs égrenés par les grands médias visent à dépeindre une vision de terreur. « Casseurs » n’est plus suffisant, pour le ministre de l’intérieur, il faut désormais parler d’« assassins ». Toute la rhétorique du « casseur » a été poussée à l’extrême, réchauffée en urgence. En effet, l’acte 18 n’était en rien le « baroud d’honneur » professé par le gouvernement. Premier symptôme de cet échec : Macron a acté son retour en urgence à l’Elysée après avoir été au ski.

Crédits photo : https://secoursrouge.org/

« Casseurs », « extrémistes », « antisémites », « racistes », on aura tout entendu depuis le début du soulèvement des Gilets jaunes. Pour l’acte 18, le gouvernement a renouvelé son vocabulaire. Pour Castaner, le mouvement des Gilets jaunes « n’existe plus ». Désormais, « ceux qui excusent, qui encouragent » les violences se rendent « complices » a avertit le Premier ministre. Le gouvernement et ses relais policiers ont lancé de multiples appels adressés aux Gilets jaunes visant à se désolidariser des « pyromanes », « assassins », « criminels » et des « pilleurs ». L’appel est resté vain.

Parallèlement à cette opération gouvernementale, les images de dégradations ou de début d’incendie de plusieurs boutiques et établissements emblématiques de l’avenue des Champs-Elysées, comme la brasserie Fouquet’s, ont été relayées en masses par les grands médias. Encore une fois, l’objectif est de retourner l’opinion publique qui, après 4 mois de mobilisation, tient toujours malgré un léger fléchissement. En effet, le « Grand débat » de Macron n’aura pas permis d’en finir avec les manifestations de rue. Pour retourner l’opinion publique, le gouvernement joue dans la surenchère.

On a aussi vu les multiples images de magasins vidés de leur stock. Sur tweeter, certains ont ironisés en parlant de « solde anticapitaliste ». Mais qui est donc le premier « pilleurs » dans l’histoire ? Qui donc a pillé les poches des plus précaires, et ce de manière systématique depuis le début du quinquennat ? Ne s’agit-il pas d’un pillage en bonne et due forme ? Avec la baisse des APL, la hausse de la CSG pour les retraités, puis la désindexation des retraites sur l’inflation, et la hausse des taxes sur le carburant, ce sont bien les poches des plus précaires qui ont été pillées de manière professionnelle.

Mais ce pillage n’en est qu’à ses débuts. S’il s’agit toujours de prendre aux plus précaires pour donner aux grands patrons et aux riches comme avec la suppression de l’ISF et le CICE, porté à 40 milliards d’euros, le pillage va continuer si nous ne l’arrêtons pas. En vue, la « réforme » de l’indemnisation chômage qui vise à amplifier le contrôle des chômeurs ou encore celle des retraites pour en définitive en finir avec la retraite par répartition. Enfin celle de la fonction publique qui vise à en finir comme avec les cheminots, avec le statut de fonctionnaire.

Retourner l’accusation ne fonctionnera pas. Ce ne sont pas les Gilets jaunes qui sont responsables des milliers de blessés et de mutilés mais bien le gouvernement et son bras armé. Ce ne sont pas les Gilets jaunes qui sont responsables de la crise climatique mais les grandes multinationales, les gouvernements à leur service, qui se permettent de polluer professionnellement. C’est en quelques sorte le message adressé par les plusieurs centaines de milliers de manifestants, ce samedi, pour la marche pour le climat. Non, c’est bien tout ce système qui est « criminel » et « assassin ».

A force d’alimenter le brasier, tels des pompiers pyromanes, c’est bien un retour de flamme que le gouvernement prend en pleine face.

 

Source: https://revolutionpermanente.fr/Mais-qui-sont-donc-les-veritables-pilleurs-professionnels

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Impérialistes, ne touchez pas au Vénézuéla!

Ne touchez pas au Venezuela!

Tous à la défense de la souveraineté du Venezuela et de la paix sur le continent américain! Faites-vous entendre maintenant!


Grands rassemblements dans les rues du Venezuela le 23 février 2019 pour la paix, contre les plans d’invasion des impérialistes américains au nom de l’aide humanitaire

Le Parti communiste du Canada (marxiste-léniniste) dénonce de toutes ses forces les préparatifs de l’impérialisme américain pour envahir le Venezuela et les actions de tous les partisans de l’apaisement dans les États voisins qui ont ouvert leur territoire aux envahisseurs. Nous dénonçons également le rôle ignominieux du Canada qui prétend que la cause est humanitaire et qu’il s’agit de défendre la liberté et la démocratie.

Le PCC(M-L) appelle les Canadiens à agir tout de suite pour s’opposer aux provocations lancées pour justifier cette invasion américaine au nom de l’aide humanitaire, à la violence perpétrée à la frontière avec le Brésil et la Colombie et au rôle actif du Canada dans la fomentation de cette violence et dans les plans d’invasion.

Les médias monopolistes américains et canadiens font tout en leur pouvoir pour répandre des mensonges et attiser les passions à propos de la mort de deux Indiens Pemón à la frontière entre le Venezuela et le Brésil le vendredi 22 février, dont ils accusent l’armée vénézuélienne. Les rapports balistiques montrent qu’ils n’ont pas été tués par des soldats vénézuéliens. La violence a pour origine les forces de l’opposition qui font tout en leur pouvoir pour déclencher une guerre.

Les États-Unis ont annoncé leur intention de transporter de force leur « aide humanitaire » à travers la frontière vénézuélienne le 23 février. Ça ne doit pas passer ! Le président Maduro a rejeté l’aide et a suggéré de la distribuer au peuple colombien. Les dommages causés à l’économie du Venezuela et les souffrances endurées par la population résultent des sanctions américaines contre le Venezuela, de l’accumulation de stocks par les forces de l’opposition et du vol de comptes bancaires et d’actifs vénézuéliens à l’étranger.

Manifestation à Sidney, en Australie, début de la Journée internationale d’action « Ne touchez pas au Venezuela ! » le 23 février 2019

Assez de mensonges et de désinformation du gouvernement et des médias canadiens ! Il ne faut pas permettre une guerre contre le Venezuela ! Il ne faut pas permettre une guerre sur le continent américain !

Joignons les manifestations pour dénoncer la menace de guerre contre le Venezuela et l’ingérence impérialiste américaine dans les affaires du Venezuela.

Le Canada doit cesser son ingérence tout de suite !
Ne touchez pas au Venezuela !


Caracas, Venezuela, 23 février 2019

Source: http://cpcml.ca/francais/Lmlq2019/Q49006.HTM#1

Luttons pour un gouvernement antiguerre, une économie de paix et une démocratie où c’est nous qui décidons! – Voice of Revolution –

Nous saluons toutes les personnes qui participent à la marche des femmes sur le Pentagone les 20 et 21 octobre à Washington ainsi que les participantes aux manifestations soeurs dans des villes partout au pays. S’organiser pour mettre la question de la guerre et de la paix à l’ordre du jour et pour mettre en relief ce qui lie cette question aux nombreux fronts de lutte pour les droits est une contribution fondamentale à l’édification et à l’unité des mouvements prosociaux et antiguerre des peuples. Les revendications « Fermez toutes les bases américaines à l’étranger » et « Rapatriez immédiatement toutes les troupes américaines » sont des façons importantes de contribuer à la paix et de développer des relations de respect et d’avantage réciproques. C’est ce que les peuples d’ici et à l’étranger veulent et c’est ce pour quoi ils luttent de diverses façons. L’Organisation marxiste-léniniste des États-Unis (USMLO) se joint à tous ceux et celles qui oeuvrent au succès de cette action et pour que ces efforts se poursuivent dans l’avenir. Nous mettons de l’avant comme mot d’ordre et objectif d’unité : luttons pour un gouvernement antiguerre, une économie de paix et une démocratie où c’est nous qui décidons !

Le pouvoir politique, une question fondamentale

Nous sommes tous confrontés à des conditions de repli de la révolution où les forces les plus réactionnaires sont passées à l’offensive et imposent une contrerévolution des plus brutales aux peuples. Nous pouvons le constater par l’expansion des crimes d’agression et d’ingérence des États-Unis sans égard à la primauté du droit et par les attaques antisociales au pays. Défendre le soi-disant intérêt national est ce qui sert à justifier le terrorisme américain, que ce soit sous forme de guerres par drones, de sanctions, de changements de régime, d’attaques contre les immigrants et les réfugiés, de meurtres commis par la police, d’incarcérations de masse, de criminalisation de la dissidence et plus encore.

La situation est telle que les institutions de gouvernance publiques comme le Congrès, les tribunaux et les élections sont dysfonctionnelles. Elles ne règlent aucun conflit entre ceux qui dominent, comme en témoignent les nombreux affrontements publics entre l’armée, la présidence et les agences de renseignement et au sein de ces instances. Ces institutions sont incapables de maintenir la notion que le consentement des gouvernés existe. Tout ce qui reste, c’est un gouvernement de pouvoirs policiers où les gouvernants agissent impunément et ont recours à la violence arbitraire contre le peuple et sa résistance organisée. Les cercles dirigeants ne se soucient pas de leur légitimité, ils se soucient uniquement de préserver leur pouvoir.

Si les cercles dirigeants américains sont passés à l’offensive, leur système par contre s’avère non viable et non propice à l’existence humaine. Les grandes forces productrices humaines massives PEUVENT résoudre les problèmes auxquels l’humanité est confrontée — la pauvreté, les inégalités, les changements climatiques et la guerre nucléaire. Les êtres humains qui ont collectivement engendré cette puissance sont parfaitement en mesure de la contrôler et de la libérer dans les intérêts de l’humanité. Mais le pouvoir politique doit être entre les mains du peuple pour qu’il décide des affaires de la société, y compris établir une nouvelle direction de l’économie et de la politique.

Consciente de la signification de ces relations et de la nécessité du pouvoir politique, l’Organisation marxiste-léniniste des États-Unis met de l’avant l’appel et l’objectif unificateurs : Luttons pour un gouvernement antiguerre, une économie de paix et une démocratie où c’est nous qui décidons ! Tous ceux et celles qui revendiquent la paix, la fermeture des bases, le désinvestissement de la machine de guerre et des combustibles fossiles, l’égalité et le droit au logement, à la santé, aux emplois et à l’éducation, qui défendent la Terre-Mère et qui s’opposent aux oligopoles de l’énergie et de la guerre, en un mot, tous ceux et celles qui défendent les droits ont un intérêt commun à faire leur l’objectif d’un gouvernement antiguerre. Nous avons besoin d’un gouvernement qui répond aux revendications du peuple, la vaste majorité des Américains, de mettre fin aux guerres des États-Unis et de contribuer à la défense des droits de TOUS ET TOUTES au pays et à l’étranger. Nous avons besoin d’une économie de paix qui offre une nouvelle direction qui est contre la guerre et pour les droits. Des pas dans cette direction peuvent être faits dès aujourd’hui. Par exemple, à New York, il y a une proposition de fermer la base aérienne Niagara qui sert aux drones et au ravitaillement des aéronefs qui larguent des bombes sur le Yémen, et de la transformer en ferme solaire. Des actions unies avec des objectifs proactifs tel un gouvernement antiguerre sont nécessaires. Les manifestations aujourd’hui visent principalement à unir les gens, à prendre une position publique pour le public, à développer la discussion politique sur les objectifs et à consolider le caractère organisé de la résistance. Dans une situation d’un gouvernement de pouvoirs policiers, la question n’est pas tant combien descendent dans la rue, mais plutôt comment les manifestations, les conférences, les forums publics et les médias indépendants ensemble contribuent à élaborer des objectifs communs et une pensée commune.

Une discussion politique à partir de notre point de vue

Nous avons besoin d’une discussion politique sur comment examiner les problèmes de notre propre point de vue indépendant et comment organiser pour créer un changement qui nous est favorable. Il faut rompre avec le point de vue des riches selon lequel notre rôle se résume à leur lancer des appels à faire ce qui est juste et correct. Notre rôle est d’organiser pour que nous soyons les preneurs de décisions, c’est de décider ce qui est nécessaire pour remporter le pouvoir politique et quelles étapes sont nécessaires pour y arriver.

Par exemple, dans les élections notre rôle n’est pas uniquement de voter ou de ne pas voter, mais de lutter pour être nous-mêmes les décideurs à chaque étape, qu’il s’agisse d’établir l’ordre du jour ou de choisir les candidats et, de façon plus générale, de développer un processus électoral qui investit le peuple du pouvoir de gouverner et de décider. Ce qui comprend dès maintenant exiger que tous les candidats se prononcent sur les questions de guerre et de paix et de démocratie.

Un gouvernement antiguerre requiert une nouvelle direction de la politique et de l’économie. Il requiert une démocratie moderne, où les droits de tous et toutes sont au centre et le droit du peuple de gouverner et de décider est mis de l’avant. Toute personne qui exige la paix et la justice a intérêt à exiger une démocratie moderne où c’est nous qui décidons !

Nous sommes ouverts à la discussion à ce sujet et nous appelons tous et toutes à lutter pour un gouvernement antiguerre, une économie de paix et une démocratie où c’est nous qui décidons !

Voice of Revolution est publié par l’Organisation marxiste-léniniste des États-Unis.

 

Source: http://www.cpcml.ca/francais/Lmlq2018/Q48036.HTM#5

Marches commémoratives en hommage aux femmes disparues et assassinées

Un article du Marxiste-Léniniste, tiré du Journal du Parti communiste du Canada (marxiste-léniniste)

« Leur esprit vit en nous»


Marche commémorative des femmes à Vancouver le 14 avril 2015

D’importantes marches commémoratives des femmes auront lieu partout au Canada le 14 février. La première marche commémorative des femmes du 14 février a eu lieu en 1992 en réponse à l’assassinat d’une femme salish du littoral à Vancouver. Une marche annuelle a lieu à Vancouver depuis et des marches se tiennent maintenant dans plusieurs villes. Les marches commémoratives en hommage aux femmes disparues et assassinées du 14 février sont une occasion de se rassembler pour pleurer les victimes et affirmer son engagement à la cause de la justice.

Il y a trois fois plus de caIl y a trois fois plus de cas de violence contre les femmes parmi les autochtones que parmi les non-autochtones. L’Association des femmes autochtones du Canada (AFAC) et Walk 4 Justice ont établi qu’il y a plus de 4 000 femmes et filles autochtones disparues et assassinées au Canada. Pour sa part, la GRC rapporte 1 181 cas de femmes autochtones disparues ou assassinées au Canada entre 1980 et 2012. Dans de nombreux cas les familles rapportent un refus de la police d’enquêter le cas de femmes disparues ou tuées et l’insuccès des enquêtes de la police. L’ex-ministre de la Condition féminine, Patty Hadju, a reconnu le problème de la sous-déclaration des cas d’homicides par la police et que des morts suspectes ne sont pas enquêtées. L’énormité du phénomène se voit dans l’écart entre le nombre de cas rapportés par la GRC et les informations recueillies par l’AFAC et Walk 4 Justice. Il arrive même souvent que des policiers soient impliqués dans les violences racistes contre les femmes et filles autochtones, et ce, en toute impunité.



Des robes rouges vides sont venues symboliser les femmes et les filles autochtones
assassinées ou disparues et la demande de réparation des peuples. en haut: les robes bordent les marches aux édifices du Parlement à Ottawa; en bas: à côté de l’autoroute des larmes dans le nord de la Colombie-Britannique.

Un rapport de l’Administratrice en chef de la santé publique du Canada, la Dre Theresa Tam, établit que la moitié des femmes au Canada ont subi au moins une fois dans leur vie une agression physique ou à caractère sexuel depuis l’âge de 16 ans. Selon l’Enquête sociale sur la victimisation de Statistique Canada, il y a eu 553 000 cas d’agression sexuelle déclarée par des victimes en 2014. Dans la vaste majorité des cas, il s’agit de femmes.

Tous les six jours, une femme meurt au Canada des suites de violence conjugale. Chaque année, le Réseau canadien des maisons d’hébergement pour femmes donne le portrait d’une journée dans la vie des femmes et enfants en besoin d’hébergement. Dans la journée-portrait de 2017, il rapportait que 44 % des maisons d’hébergement n’avaient plus de place. Ce jour-là, 356 femmes et 250 enfants ont demandé de l’aide des services d’hébergement de 105 maisons et abris. La majorité, soit 273 femmes et 182 enfants, ou 75 %, se sont fait dire qu’il n’y avait plus de place.

Dans sa Stratégie nationale sur le logement annoncée en 2017, le gouvernement libéral de Justin Trudeau reconnaissait l’existence de cette crise, mais il n’a pas pour autant rétabli le Programme d’amélioration des maisons d’hébergement aboli par le gouvernement Harper ni pris les mesures nécessaires pour assurer la disponibilité des places en hébergement. Le Fonds national de co-investissement annoncé avec cette stratégie va seulement « aider à réduire les listes d’attente et le nombre de femmes qui pourraient autrement retourner dans des relations violentes ou se retrouver à la rue ». On ne précise pas comment cela va se faire. Par contre, le gouvernement annonce combien d’argent il va consacrer à l’achat de nouvelles serrures pour mettre sur les portes des maisons d’hébergement.

De récentes données confirment que les agences et institutions gouvernementales elles-mêmes sont des milieux de travail non sécuritaires pour les femmes. Les accusations d’inconduite sexuelle abondent au parlement, dans les ministères et les échelons supérieurs des partis politiques qui siègent au parlement. Il y a plusieurs cas de recours collectifs de femmes contre la GRC et les Forces armées canadiennes après des années de promesse de lutte contre le harcèlement et les agressions. En 2017, le gouvernement a accepté de régler hors cour un recours collectif au nom d’officières de la GRC ayant subi le harcèlement et la discrimination sexuels. À ce jour, 2400 femmes s’y sont inscrites. L’ampleur de ces recours collectifs donne une idée du climat intrinsèquement sexiste qui encourage la violence et d’autres injustices contre les femmes dans ces institutions.

Le ministère de la Justice tente présentement de faire annuler un recours collectif contre les Forces armées canadiennes en soutenant que le gouvernement n’a pas la responsabilité d’assurer un milieu de travail libre de harcèlement ou de créer des politiques de lutte au harcèlement sexuel et à l’agression sexuelle. Lorsque l’affaire a été éventée, la ministre de la Justice et le ministre de la Défense ont choisi de ne pas commenter. Justin Trudeau a exprimé son indignation, mais des commentateurs ont observé que c’était un autre exemple de la stratégie de relations publiques consistant à « récupérer le problème » pour détourner le blâme.

Les femmes sont aux premiers rangs de ceux et celles qui luttent pour leurs droits dans le contexte de la défense des droits de tous et toutes. Joignons-nous aux marches du 14 février !


L’exposition « Walking with our Sisters », en l’honneur des femmes et filles autochtones disparues et assassinées a été créée par l’artiste métis Christi Belcourt. Elle comprend plus de 1 800 paires d’empeignes de mocassins décorés ou perlés à la main donnés par les membres de la famille des femmes et des filles autochtones disparues et assassinées.  Elle comprend également plus de 100 empeignes représentant les enfants qui ne sont jamais rentrés des pensionnats. L’exposition a été présentée dans des villes du Canada depuis sa création en 2013. La photo provient d’une exposition à Thunder Bay.

Source: http://cpcml.ca/francais/Lmlq2018/Q48005.HTM#1

Le président américain promet «le fer et le feu» à l’ONU pendant que Trudeau se pose en grand espoir blanc du monde

Des questions importantes de guerre et de paix

 

Le débat général de la 72e session de l’Assemblée générale des Nations unies à New York a débuté cette semaine, le 19 septembre, et se poursuit jusqu’au 25 septembre. Les chefs d’État et de gouvernement ou leurs représentants s’adressent aux Nations unies pour énoncer les priorités qu’ils se fixent pour eux-mêmes, pour le monde et pour l’ONU.

À la toute première journée, le monde a eu droit à une manifestation de la crise profonde dans laquelle s’enlisent les États-Unis avec la prestation du président Donald Trump. Son discours hargneux dans lequel il promet d’utiliser le fer et le feu contre tous les non-croyants en la démocratie américaine montre à quel point les États-Unis désespèrent de ne pouvoir ordonner au monde de régler leur crise économique et multilatérale. Plus ils proclament qu’ils sont la nation indispensable, plus le reste du monde prend conscience de la nécessité de ne pas être marginalisé.

Bien que les États-Unis et l’échec de leur démocratie soient coupables de l’anarchie et de la violence dans le monde aujourd’hui, Trump a dit que la menace à laquelle le monde fait face est que « les pouvoirs autoritaires cherchent à faire effondrer les valeurs, les systèmes et les alliances qui ont empêché les conflits et ont promu la liberté depuis la Deuxième Guerre mondiale. »

Faisant fi de l’échec des institutions américaines à résoudre les contradictions au sein des cercles dirigeants ou quelque problème que ce soit dans le monde, Trump cite la Constitution des États-Unis comme un document intemporel et universel qui s’étend au monde entier. « Nous célébrons le 230e anniversaire de notre constitution bien-aimée, la plus ancienne constitution encore utilisée dans le monde d’aujourd’hui, a dit Donald Trump. Ce document intemporel a été le fondement de la paix, de la prospérité et de la liberté pour les Américains et pour d’innombrables millions de personnes dans le monde dont les pays ont trouvé l’inspiration dans son respect de la nature humaine, de la dignité humaine et de la règle de droit. »

« En Amérique, affirme-t-il, le peuple gouverne, le peuple est au pouvoir et le peuple est souverain. J’ai été élu non pas pour prendre le pouvoir, mais pour donner le pouvoir au peuple américain à qui il appartient. »

Donald Trump propose une conception irrationnelle de la souveraineté dans laquelle les États-Unis ont le droit souverain de décider de ce qui est dans leur meilleur intérêt et dans le meilleur intérêt du monde :

« Nous devons remplir nos devoirs souverains envers les personnes que nous représentons fidèlement. Nous devons protéger nos nations, leurs intérêts et leur avenir. Nous devons rejeter les menaces à la souveraineté depuis l’Ukraine jusqu’à la mer du sud de la Chine. Nous devons respecter la loi, respecter les frontières et respecter la culture, et l’engagement pacifique que cela permet. »

Puis il a directement menacé le peuple coréen : « Les États-Unis ont une grande force et une grande patience, mais si nous sommes forcés de nous défendre ou de défendre nos alliés, nous n’aurons d’autre choix que de détruire totalement la Corée du Nord. […] Les États-Unis sont prêts, disposés et capables, mais j’espère que cela ne sera pas nécessaire. C’est la raison d’être de l’ONU. C’est à cela que les Nations unies servent. Voyons ce que l’ONU va faire. »

Puis il a attaqué l’Iran et menacé d’annuler l’accord négocié en 2015 entre l’Iran, tous les membres du Conseil de sécurité, l’Allemagne et l’Union européenne qui limite le programme d’énergie nucléaire de l’Iran à des fins pacifiques en échange de l’abandon des sanctions. « Nous ne pouvons pas laisser un régime meurtrier continuer ces activités déstabilisantes tout en construisant des missiles dangereux et nous ne pouvons pas respecter un accord s’il contribue à la construction éventuelle d’un programme nucléaire. L’accord de l’Iran est l’une des transactions les pires et les plus unilatérales auxquelles les États-Unis aient jamais participé. Franchement, cet accord est embarrassant pour les États-Unis, et je ne pense pas que vous ayez entendu le dernier mot à ce sujet. Croyez-moi. »

Donald Trump a ensuite menacé de soumettre le monde entier à la guerre de terreur des États-Unis : « Désormais, ce sont nos intérêts de sécurité qui dicteront la longueur et la portée de l’opération militaire, et non pas les repères arbitraires et échéances fixés par des politiciens. J’ai également changé complètement les règles d’engagement dans notre lutte contre les talibans et d’autres groupes terroristes. »

« L’Amérique se tient avec toutes les personnes vivant dans un régime brutal. Notre respect de la souveraineté est également un appel à l’action. Toutes les personnes méritent un gouvernement qui s’occupe de leur sécurité, de leurs intérêts et de leur bien-être, y compris de leur prospérité. »

 

Pour sa part, le gouvernement du Canada s’est servi de son intervention à l’Assemblée générale de l’ONU pour présenter une image d’un premier ministre Justin Trudeau comme le grand espoir blanc qui promet de réussir là où ceux qui promettent le fer et le feu échouent.

La peur, voire la terreur que cherche à provoquer le président américain avec ses propos sur le fer et le feu ne doit pas détourner l’attention du fait que la version plus douce et plus gentille offerte par le grand espoir blanc sert les mêmes intérêts privés que les deux pays représentent.

Le premier ministre Justin Trudeau est resté silencieux au sujet de la menace de Trump de « détruire totalement » la République populaire démocratique de Corée et s’est joint à lui pour blâmer la RPDC en disant en conférence de presse : « Je partage les préoccupations de tous sur le comportement imprudent du régime nord-coréen et je continue de croire que la meilleure façon de calmer la situation est de travailler avec nos partenaires et alliés dans la région et dans le monde. » Ainsi, pour lui il est préférable de menacer la RPDC avec les alliés et partenaires plutôt que de laisser les États-Unis le faire seuls.

Pour montrer le sens de ses propos, il a aussi ouvert la porte à l’adhésion officielle du Canada au bouclier antimissile des États-Unis, qui fait partie de l’arsenal américain de frappe préventive contre d’autres pays. « Nous continuons d’examiner la situation, a-t-il dit. Notre position n’a pas changé sur le bouclier pour l’instant, mais nous continuons d’examiner les choses et de nous assurer que nous faisons tout ce que nous pouvons et devons faire pour protéger la sécurité des Canadiens. »

Lors d’un gala qui a eu lieu avant le débat général sur un porte-avion désaffecté, durant lequel il a reçu le prix Global Citizen Awards 2017 du Conseil atlantique de l’OTAN, Justin Trudeau a livré un discours que le Conseil décrit comme « un cri de ralliement pour sauver l’ordre mondial ». En fait, il a tenu des propos presque identiques à ceux tenus par Donald Trump le même jour.

« Les alliances qui ont soutenu la sécurité et la prospérité mondiales depuis 1945 sont mises à l’épreuve et l’urgence des défis que nous avons en commun — changements climatiques et sécheresse, inégalité du revenu, extrémisme violent, guerre civile et migrations massives qui en résultent — continuent de grandir », a-t-il ajouté avant de poursuivre :

« Partout dans le monde, l’ordre international établi depuis longtemps est mis à l’épreuve. Avec l’annexion illégale de la Crimée par la Russie et l’empiètement en Ukraine, nous avons été témoins de la première prise de territoire en Europe depuis la Deuxième Guerre mondiale.

« Ce n’est pas le temps de se désister. C’est le temps où les démocraties atlantiques doivent renouveler notre engagement envers des standards universels de droits et libertés, imposés par un ordre multilatéral basé sur des règles qui ont favorisé la paix et la stabilité et qui ont passé l’épreuve du temps. »

Cet ordre multilatéral basé sur des règles et imposé par l’ONU, l’OTAN, NORAD et l’Organisation mondiale du commerce comprend « le pouvoir doux et le pouvoir dur » et c’est pourquoi, dit-il, le Canada augmente de façon significative ses dépenses pour la défense.

Tout en faisant écho aux menaces de Trump contre le peuple coréen, Trudeau lance un appel hypocrite à « combattre les fléaux du racisme, du sexisme, de l’homophobie, de la transphobie, du fanatisme ethnique et religieux, du néofascisme, du néonazisme et de l’extrémisme violent de Daesh auxquels nous sommes confrontés en 2017 ».

« Nous ne devons pas hésiter. Il serait inadmissible de faire un seul pas en arrière dans la défense des standards de décence de la sororité et de la fraternité de la famille humaine sortie victorieuse des luttes les plus douloureuses du derniersiècle », a dit Trudeau.

L’ONU est devenue une instance désuète qui n’est plus capable de défendre la primauté du droit international adoptée durant l’après-Deuxième Guerre mondiale. La domination du monde par les pouvoirs policiers aux mains d’oligopoles et d’intérêts privés qui ne s’arrêteront devant rien pour s’enrichir signifie qu’il faut un nouvel équilibre du pouvoir capable de mettre les forces destructives en échec. Il est illusoire de croire que cet équilibre est possible dans le contexte du système impérialiste d’États. Il doit être créé par une humanité unie dans l’action à la défense de ses propres intérêts.

 

Le temps d’agir est maintenant !
Faisons du Canada une zone pour la paix !
Défendons les droits qui appartiennent à tous du fait d’être humains !
Une humanité, une lutte !

 

Source: http://cpcml.ca/francais/Lmlq2017/Q47038.HTM#1

THE TPP AND ITS IMPACT ON LABOUR IN CANADA

By Nino Pagliccia

 

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            Recently the leader of the Communist Party of Canada, Liz Rowley, spoke at a public forum in Vancouver on the Trans-Pacific Partnership (TPP). She summarized it very succinctly: “there is nothing acceptable about the TPP.”

            The TPP is a proposed agreement drawn in secrecy involving 12 Pacific-Rim countries: Australia, Brunei, Canada, Chile, Japan, Malaysia, Mexico, New Zealand, Peru, Singapore, U.S. and Vietnam. Each country will have to ratify the agreement, or not, in less than 2 years before it becomes binding law. No changes or amendments are allowed at this stage. Considering that this is the largest agreement ever (it covers nearly 800 million people with a combined GDP of $28.5 trillion), and nearly 6,000 pages long, mostly in dense legalese, only two years for consultations makes the issue very urgent. [1]

            On its website, the Canadian government promises to be “transparent, open and consultative with Canadians on the TPP.” [2] But what is the point of “consultations” when the agreement cannot be amended and the only outcome is ‘ratify’ or ‘not ratify’? In fact so far, the consultations have consisted mostly of presentations by Parliamentary Secretary David Lametti or Minister Chrystia Freeland, to groups of entrepreneurs, business people, politicians and other interest groups.

            The TPP has been discussed in total secrecy representing the interests of corporations to the exclusion of labour representatives. Liz Rowley called this agreement a “global corporate constitution”, and outlined ten reasons why the TPP should not be ratified. [3] There is no doubt that corporations will have great profits for their shareholders and speculators since the deal will force more neoliberal policies and evermore reduced government regulations. While the selling point is trade, Canada’s trade deficits with past agreements are growing faster with free-trade partners than other countries. So this begs the questions, “How good is this deal for Canadian workers?” “Does this ‘constitution’ also guarantee workers rights?”

            Is the deal good for workers?

            It is not encouraging that the standard practice in all trade agreements is to leave workers out of the discussion table. In addition, in spite of all the agreements that Canada has signed, the unemployment rate is still above 7%. Considering this figure, Canada cannot afford to take away more jobs from Canadians. The government optimism that the proposed TPP agreement will create more jobs for Canadians is unfounded and it relies on the old mantra that if investors are doing well, jobs are created. The reality is that when investors do well there is more concentration of wealth for the rich and more hardship for the working class.

            According to a recent Angus Reid Institute poll, Canadians expressed “fears that the TPP will result in Canada shedding of tens of thousands of manufacturing jobs.” The same poll reports that 47% of Canadians believe that the TPP will have a negative or no impact on employment, versus 21% who think the impact will be positive. A large 32% still don’t know what the TPP is about. [4]

            Another analysis concludes “accepting the TPP will have long-term detrimental impacts on the prospects for full employment, economic prosperity, and the ability of Canadians to sustainably manage their economy.” [5] The rationale is that the TPP will force Canada to divert its trade from the manufacturing sector to the extractives sector.

            As a response to other trade deals, Canada’s exports of manufactured goods has steadily declined since 2000 while increasing exports of raw materials. However, “an estimated 580 direct jobs can be attached to each $1 billion in exports from the extractives sector whereas the same amount of trade in manufactured goods produces 2,300 jobs – four times the jobs creating power of extractive industries.” [5] Canadians’ legitimate demands for a $15 minimum wage will further push for job losses to countries with low-paying jobs.

            The claimed relative advantage that Canada may have in the service sector (finance, business service, etc.) is not a sufficient reason to accept the TPP since this sector usually demands very high salaries but for fewer jobs, not precisely favouring most workers. [6]

            Canada’s autoworkers must be concerned. In the auto sector alone economist Jim Stanford predicts a possible loss of 20,000 jobs. [7] It should also serve us as a strong hint that in the U.S. the Ford Motor Company is urging U.S. Congress to oppose the TPP.

            What about workers’ rights?

            There seems to be more information on labour “rights” than labour gains in the TPP agreement. Fifteen articles in 15 pages (out of 6000 pages) of chapter 19 (out of 30 chapters) of the full text of the TPP deal with labour. But that’s all, more information but not more rights.

            Article 19.3 and its subsections basically states that the TPP members will “follow[ing] rights as stated in the ILO Declaration” of 1998. That may not be a problem in general, except for the limitation that establishes “that labour standards should not be used for protectionist trade purposes”, which leaves the door open to corporate interpretations of “protectionist” actions in regards to labour.

            Similarly, what seems disturbing is the statement about what constitutes a violation of those rights. Textually, “To establish a violation of an obligation under Article 19.3.1 (Labour Rights)…, a Party must demonstrate that the other Party has failed to adopt or maintain a statute, regulation or practice in a manner affecting trade or investment between the Parties.” I emphasize, “in a manner affecting trade or investment”; never mind workers. This seems to be a nice self-serving use of the ILO Declaration.

            One ridiculous sounding article establishes the extent of “Corporate Social Responsibility.” Article 19.7 says, “Each Party shall endeavour to encourage enterprises to voluntarily adopt corporate social responsibility initiatives on labour issues that have been endorsed or are supported by that Party.” This amounts to saying, “we will shoot ourselves in the foot if we feel like.”

            The remaining articles of this chapter deal with how to enforce corporate cooperation (with a token mention of job creation), labour regulations, and procedures for reclamations strictly “on matters related to this chapter”. Interestingly, the TPP proposes so-called “Labour Councils composed of senior governmental representatives at the ministerial” with no workers’ participation whatsoever!

            Canadians should be suspicious of a deal made behind their backs and should reject the TPP, which seeks to control resources and cheap labour, and to curtail working class power. For workers, Canada’s free trade experience is one of job insecurity, stagnating wages, increasing income inequality, and relatively higher levels of unemployment. The TPP does not promise anything different.

            It is possible to defeat the TPP, starting with spreading the information and prompting our City Councils and MPs. There is already a success story from Nanaimo, BC: “Nanaimo Mayor and Council express its opposition to the Trans-Pacific Partnership Trade Agreement and communicate this to Prime Minister Trudeau, Cabinet Ministers and every Member of Parliament. »[8]

            The Canadian government website on the TPP invites comments via email: TPP-PTP.consultations@international.gc.ca. [9]

            A campaign endorsed by concerned organizations also allows people to send an online message to decision-makers from the website http://letstalktpp.ca, hosted by OpenMedia, SumOfUs, Council of Canadians, and Stand.

[1] Full text of agreement: www.mfat.govt.nz/en/about-us/who-we-are/treaty-making-process/trans-pacific-partnership-tpp/text-of-the-trans-pacific-partnership/

[2]  www.international.gc.ca/trade-agreements-accords-commerciaux/agr-acc/tpp-ptp/index.aspx?lang=eng

[3]  http://communist-party.ca/statement/2084

[4] http://ipolitics.ca/2016/01/29/the-angus-reid-poll-canadians-anxious-about-tpps-effect-on-jobs/

[5] http://behindthenumbers.ca/2015/10/09/the-trans-pacific-partnership-agreement-a-dead-end-for-jobs/

[6] www.canadianbusiness.com/lists-and-rankings/best-jobs/2015-highest-paid-jobs/

[7] www.progressive-economics.ca/2015/09/22/tpp-renegotiating-nafta-by-the-back-door/

[8] www.manlymedia.com/news/investor-state-and-tpp/

[9] http://international.gc.ca/trade-commerce/trade-agreements-accords-commerciaux/agr-acc/tpp-ptp/consultations.aspx?lang=eng&utm_source=tpp&utm_campaign=tpp-consult

 

Source: http://www.peoplesvoice.ca/Pv16ma16.html#BTHETPP

WORKERS RALLY ON MAY DAY ACROSS THE WORLD

PV Vancouver Bureau

People's Voice

More than 90 countries across the globe saw mass rallies and other activities on Sunday, May 1, International Workers’ Day. The events celebrated gains for workers’ rights achieved over the past century, and demanded fair working conditions and wages today.

            In Cuba, hundreds of thousands marched through Havana to a rally in Revolution Square, led by veterans of the 1961 literacy campaign.

            Cuban Workers Confederation general secretary Ulises Guilarte said that an end to the 55-year US economic blockade of Cuba was a key condition of detente with Washington.

            Flanked by President Raul Castro, Guilarte said Cuba would never waive its revolutionary and anti-imperialist ideals, a foreign policy committed to just causes, the defence of the country’s self-determination or its unconditional support for sister nations.

            Demonstrators in Brazil rallied against that country’s right-wing forces, which are trying to undermine democracy, roll back wage increases and expand privatization.

            “They want to privatize everything possible,” President Dilma Rousseff told a crowd of thousands at a rally in Sao Paulo. She emphasized that a legislative coup would be a huge step back for social justice and workers rights.

            « They (the opposition) want to end social housing movements and grants that the government gives to families, » she added. « This is a blow against democracy and against the worker. The right-wing will deepen the crisis and to stain the Constitution. »

            Rousseff announced a nine percent increase in spending for the family social welfare program, to help ensure wider access to education, food and health. She also spoke about plans to reduce the impact of income taxes on middle-income earners, and to build another 25,000 new low-price homes.      

            « This goes against what the opposition proposes, » she said. « They want to end this public spending that guarantees health care in the poorest sectors. »

            In France, where worker protections are under threat, trade unions, students, pensioners and other activists held nearly 300 marches in Paris and cities around the country. The traditional May Day rallies took on greater weight this year as parliament debates a bill that would allow longer working hours and let companies lay workers off more easily. The bill has prompted the most militant labour-related protests in a decade, with marches and sit-ins frequently attacked by police.

            French marchers carried banners calling President Francois Hollande a « traitor. » His “Socialist” government claims that allowing companies more flexibility will reduce chronically high unemployment and make France more globally competitive. Opponents call this policy a gift to corporate interests which will erode hard-fought worker protections.

            Denmark’s three communist parties — DKP, KP and KPiD — united for May Day under the banner of opposing Danish involvement in the wars in Syria and Iraq. KP president Jorgen Petersen said the united action reflected a number of recent initiatives to bring the parties closer together, especially against the country’s support for imperialist wars.

            Thousands of Turkish demonstrators rallied for May Day in an authorized area of Istanbul while police cracked down on other protests. Tear gas and water cannons were used against demonstrators trying to reach Taksim Square. One man died after being hit by a water cannon vehicle.

            Taksim has symbolic meaning as the center of protests in which 34 people were killed on May Day in 1977. The governor of Istanbul said 24,500 security officers were on duty, and that 207 people were detained. Tensions are running high in Turkey after a string of deadly suicide bombings, mostly linked to Islamic State. In the capital, Ankara, police rounded up four suspected IS members who were allegedly planning to attack May Day demonstrators.

            May Day marches were held elsewhere in Turkey, but were cancelled in the southern city of Gaziantep after a car bombing.

            Tens of thousands of people marched across Moscow’s Red Square, carrying the Russian tricolor and balloons in the official government rally organized by President Vladimir Putin’s United Russia party. The rally avoided any criticism of the government for falling living standards. Communists and other left-wing Russian groups held their own May Day rallies.

            In South Africa, President Jacob Zuma and South African Communist Party general secretary Blade Nzimande joined Congress of South African Trade Unions president Sdumo Dlamini on stage at Moretele Park in the capital Pretoria.

            Addressing unions’ grievances over his government’s policies, Zuma vowed: “The ANC will never act against workers’ interests.”

            Nzimande said the working class should close ranks behind the ANC to “defeat the strategic agenda of imperialism and monopoly capital” led by the liberal opposition and the corporate media.

            May Day rallies were held across the Philippines, where political campaigning was entering the final week ahead of the May 9 presidential election. In Manila, riot police using shields and a water cannon tried to block about 2,000 left-wing protesters from getting near the U.S. Embassy. Union leaders said 20 demonstrators were injured, but some managed to break through the cordon, fighting back against police and using wooden poles to fend off fire trucks.     Labour Party leader Jeremy Corbyn joined thousands of people at a May Day rally in central London, using the occasion to condemn the hate tactics of far-right groups throughout Europe.

            Standing atop a red London bus, Corbyn said the Labour Party is united against the far-right and against racism.

            « We stand in solidarity now against the growth of the far right in Europe, » said Corbyn, the first Labour leader to address a May Day crowd in decades.

            In Taipei, Taiwan’s capital, labour unions took to the streets with a march to call on the government of outgoing President Ma Ying-jeou to reduce working hours and increase wages. Young Taiwanese have seen their wages stagnate, and good full-time jobs are harder to find as the island’s export-led economy slows down.        

            Chen Li-jen, a protester with the Taiwan Petroleum Workers Union, said that while companies were seeing their earnings per share grow every year, workers’ salaries were not rising in tandem.

            « Hardworking laborers are being exploited by consortiums, » Chen said. « For the past decade, our basic salary has not made any progress. Laborers’ rights have always been neglected. This is why I hope to take advantage of the May Day protest and tell the government that we are determined to fight for our rights. »

            In the U.S., hundreds of marchers in Los Angeles chanted slogans and carried signs on May Day, along with a piñata of racist Republican presidential candidate Donald Trump. The marchers took to the streets calling for immigrant and worker rights and decrying hateful presidential campaign rhetoric.

            Rallies in cities across the country called for better wages for workers, an end to deportations, and support for President Obama’s plan to give work permits to immigrants whose children are American citizens.

            In San Francisco, hundreds of marchers rallied at Fisherman’s Wharf for immigrant and workers’ rights and to demand justice for several men fatally shot by city police. Across the bay in Oakland, close to 1,000 people marched in the Fruitvale district to raise awareness for workers, housing and immigrant rights and denounce Trump.

            Meanwhile social justice advocates in Durham, New Hampshire, made the rejection of racism, xenophobia and anti-Muslim sentiment the themes of their annual rally.

            May Day demonstrations were held in at least a dozen Canadian cities.

            The largest was in Montreal, where thousands marched through the streets of the Plateau Mont-Royal from Parc Lafontaine to Parc Jeanne Mance. Union members, students and health-care workers were among those who demonstrated to demand better pay and working conditions, and to oppose the Couillard government’s attacks on social programs and the public service. As in many other cities, the Montreal rally called on governments to increase the minimum wage to $15 an hour.

            The Fédération des travailleurs et travailleuses du Québec (Quebec Federation of Labour) used the May Day demonstration to launch its $15-an-hour campaign, saying too many working Quebecers are having trouble paying their bills and buying enough food for their families.

            “The buying power of low-wage workers is going down or stagnating every year,” said QFL President Daniel Boyer. “We need a minimum wage that will allow people to keep their heads above water. It doesn’t make sense that people who work full time have so little income.”

            Québec Solidaire MNA Manon Massé said her party supports the campaign for a $15-per-hour minimum wage, saying too many workers have to rely on food banks to feed their families.

            About 500 people joined the annual May Day march organized by the Vancouver and District Labour Council along Commercial Drive. The rally heard from BC Federation of Labour President Irene Lanzinger, and activists from indigenous and immigrant groups. Dozens of progressive groups, including the Communist Party, set up displays at the second annual May Day information fair initiated by Spartacus Books.

            A May Day demonstration at Toronto’s Pearson International Airport drew attention to the rise of precarious employment. The protest closed down the Terminal 1 departures drop-off lane as workers presented the Greater Toronto Airports Authority with a list of demands, including a $15 minimum wage and an end to the practice of awarding contracts to different service providers every few years, which forces workers to re-apply for their jobs, often starting at the bottom of the pay scale.

            “Precarious work is a growing cancer across this province that we have to stop,” Chris Buckley, head of the Ontario Federation of Labour, told the Toronto Star. “How do people survive when they’re sitting at home waiting for the phone to ring, wondering if they’re going to get any hours to work that week?”

            Other May First events were organized in Victoria, Edmonton, Regina, Winnipeg, Halifax, Brampton, Hamilton and Ottawa.

 

Source: http://www.peoplesvoice.ca/Pv16ma16.html#CWORKERS

BÂTISSONS DES COALITIONS, LUTTONS POUR CRÉER UN FRONT COMMUN

Nous présentons ici la Déclaration que le Parti communiste du Canada section Québec (PCQ) a produit à l’occasion du 1er Mai 2016 avec un peu de retard, mais avec solidarité envers le parti communiste historique dont les Canadiens-ennes se sont serviEs au cours de leur lutte contre le Capital depuis sa fondation, le 29 Mai 1921 où une délégation du Komintern rencontre un groupe de marxiste canadiens dans une grange en Ontario pour créer le « Communist Party of Canada » .Déclaré immédiatement illégal par le Gouvernement du Canada avec la Loi des mesures de guerre, le PCC fût contraint d’adopter le nom de Worker’s Party of Canada avant de reprendre le nom original de parti communiste en 1922.  Le seul membre du Parti communiste du Canada qui fut élu député à la Chambre des Communes en 1943 et ensuite réélu en 1945 fut accusé d’espionnage avant d’être contraint à l’exil. Les accusations qui furent portées contre Fred Rose et la chasse aux sorcières contre les communistes qui a suivi a déstabilisé la lutte de classes et le mouvement ouvrier fut discrédité, ce dont le Parti communiste ne s’est pas encore remis.  La plupart de ces premiers membres, principalement des syndicalistes et des militants contre la guerre proviennent de groupes tel que le Parti socialiste du Canada, la One Big Union, le Parti ouvrier socialiste d’Amérique, la Industrial Workers of the World (IWW) et autres groupes, organisations et partis socialistes, marxistes et travaillistes. Ces premiers membres sont influencés par la révolution d’octobre en Russie et sont radicalisés par les conséquences de la Première Guerre mondiale et la lutte pour améliorer les conditions de travail et de vie. Le Komintern en Russie accepte la création du parti le 28 décembre 1921 ; le parti adopte la structure dicté par la IIIe Internationale communiste.

UN APPEL POUR UN FRONT UNI!

Bannière

Le 1er mai 2016 survient dans un environnement où l’impérialisme stagnant cherche à prolonger son existence par la guerre, le nationalisme, le militarisme, le fondamentalisme religieux et le racisme, pour poursuivre son exploitation de la planète et de ses peuples. Les rivalités inter-impérialistes pour la domination du monde aggravent les dangers de guerre et de destruction écologique, au point où la survie de notre espèce est une question concrète et immédiate. L’alternative socialiste, d’abord réalisée dans un État par la victoire de la grande révolution prolétarienne de 1917, n’est plus une question de choix, mais l’essence de la lutte pour l’existence. Les États socialistes qui existent, ou là où se développent des formes de transition vers le socialisme, sont annonciateurs de l’avenir, les ingrédients du salut. Ce sont les paramètres de la lutte mondiale pour la vie, pour la continuité de notre espèce. Au Canada, notre lutte contre un programme d’extrême droite a récemment donné lieu à une défaite électorale des Conservateurs d’Harper. Les Libéraux, un parti capitaliste de droite, ont pu bénéficier de la colère populaire en faisant campagne à gauche contre les Conservateurs qui s’étaient positionnés en tant que le parti d’extrême droite de la guerre, de la destruction de l’environnement, des politiques anti-ouvrières, de l’espionnage de la police, et du sectarisme. Le NPD a aidé les Libéraux en se déplaçant vers la droite et s’aliénant beaucoup d’électrices-eurs qui voulaient du changement.

Qu’est ce qui motive cette volonté de changement? En dépit des rapports presque quotidiens de la création d’emplois, le taux de chômage officiel est à près de 8%. Quatre-vingt pour cent des emplois créés sont à temps partiel et précaires, et le cinquième de l’ensemble des travailleuses-eurs sont dans des emplois précaires temporaires. Soixante pour cent des chômeuses-eurs ne sont pas admissibles aux prestations d’assurance-emploi qu’ils ont payées, et les femmes gagnent encore environ 30% de moins que les hommes. Pour les travailleuses-eurs, la possibilité d’éducation post-secondaire pour leurs enfants est en train de disparaître. Les salaires ont stagné depuis les années 1970, la tarification est en expansion, et les normes du travail sont largement inappliquées. Sur les 100 communautés les plus pauvres du Canada, 96 sont autochtones. Le désespoir, la faim, l’isolement social et l’inhumanité qui sont actuellement exposés à Attawapiskat ont fait partie de l’existence quotidienne de la majorité des populations autochtones depuis la colonisation. Est-il étonnant que, pour certaines et certains, le suicide semble préférable à être contraint à une vie sans espoir?

Des sections de la classe dirigeante se sont convaincues qu’elles devaient modérer la répression, en raison de leur peur de voir se développer la radicalisation, surtout à gauche, au fur et à mesure que grandit le mécontentement. La baisse du niveau de vie, le racisme institutionnalisé, l’homophobie, la répression de l’État, l’extraction destructrice des ressources sur les territoires autochtones, et une dégradation générale de la démocratie, alimentent le mécontentement et la résistance politique. Ces sections de la classe dirigeante cherchent à contrer et à neutraliser ce mécontentement à travers le nouveau programme libéral, pour créer une nouvelle hégémonie en répondant au désir de changement, du moins en paroles. Elles offrent quelques concessions pour tenter de gagner la coopération des mouvements syndicaux et de justice sociale en faveur de leurs accords commerciaux comme le PTP et l’AECG, pour leurs ventes d’armes, en faveur de leur agenda militaire en conformité avec l’OTAN, et leur soutien secret pour les crimes des sociétés minières canadiennes commis à l’étranger. Cette situation est dangereuse, car elle pourrait entraîner le mouvement ouvrier dans sa propre chute en tant qu’agent du programme de la bourgeoisie.

Cette volonté de conquérir une nouvelle hégémonie explique les actions du gouvernement libéral telles que nommer plus de femmes au Cabinet fédéral, tenir une enquête sur les milliers de femmes autochtones disparues et assassinées, et engager des négociations de nation à nation. Il y a aussi la promesse d’investissements massifs dans des projets d’infrastructures pour créer des emplois, le retrait de certaines lois anti-syndicales au niveau fédéral, et un assouplissement général des tactiques de répression. Ces décisions sont motivées par la campagne et la pression du public, et en tant que telles, elles devraient être considérées comme des victoires et non des cadeaux. Mais gardez à l’esprit que l’engagement de négocier n’est pas un engagement à résoudre, et la reconnaissance de situation n’est pas un engagement à la corriger. Le poing d’acier de l’État bourgeois peut être couvert d’un gant de velours, mais il est toujours là.

Afin de consolider les gains, les mouvements syndicaux et populaires doivent prendre note de l’exemple du mouvement ouvrier au Québec et déplacer la lutte vers les lieux de travail et dans la rue. Le Front commun du Québec et ses alliés avaient gagné le soutien de la majorité de la population, et faisaient pression sur le gouvernement libéral Couillard avec des protestations massives. Une mobilisation du même ordre est nécessaire partout au Canada, organisée dans une alliance démocratique en front commun des mouvements de justice sociale et autochtones, avec le mouvement ouvrier comme catalyseur. Ces mobilisations permettraient à la classe ouvrière et à ses alliés d’aller au-delà des limites de la social-démocratie et de construire des mouvements de masse pour un changement réel. L’exemple donné par les travailleuses-eurs et les mouvements nationaux démocratiques en Amérique latine, bien qu’attaqués par l’impérialisme, montrent comment les masses populaires unies peuvent résister et faire des gains. Partout dans le monde, en Europe, en Afrique et en Asie, des millions de personnes résistent.

Les travailleuses-eurs canadiens, et celles et ceux autour de la classe ouvrière (toutes celles et ceux qui ne possèdent pas de richesse et n’exploitent les autres pour leur existence), leurs organisations démocratiques et sociales, leurs syndicats, leurs mouvements de justice sociale et autochtones, les organisations de femmes, d’étudiantes et d’étudiants, et LGBTIQ, doivent se tourner vers la création de coalitions et lutter pour créer un front commun. Les mouvements populaires vont gagner en substance et en direction une fois saisis de la possibilité d’une alternative réelle, réalisable et nécessaire. L’objectif ultime de cette alternative est le socialisme, dédié aux besoins de la population et façonné selon les intérêts de classe qui le crée. Un parti du socialisme est également nécessaire, et c’est le Parti communiste du Canada. Le PCC est dédié à travailler avec toutes les personnes et tous les mouvements qui veulent se battre pour des réformes et construire la riposte, nous menant toujours plus près de l’émancipation complète.

En cette journée du 1er mai, nous honorons les luttes de la classe ouvrière de tous les pays, et nous nous engageons pour un avenir socialiste d’émancipation, de paix, de prospérité et de justice environnementale.

 

Source: http://particommunisteduquebec.ca/2016/04/27/front-commun/#more-214

Interview de Staline accordée à la Pravda

– 14 mars 1946 –

À la mi-mars 1946, un correspondant de la Pravda a demandé à Staline de clarifier certaines questions soulevées dans le discours prononcé par Winston Churchill à Fulton, États-Unis. Voici les réponses aux questions.

Question : Comment jugez-vous le dernier discours prononcé par M. Churchill aux Etats-Unis ?

Réponse : J’estime que ce discours est un acte dangereux, qui vise à semer des germes de discorde entre les Etats alliés et à rendre plus difficile leur collaboration.

Question : Peut-on estimer que le discours de M. Churchill compromet la paix et la sécurité mondiale ?

Réponse : Sans contredit, oui. En fait, M. Churchill se trouve actuellement dans la position d’un fauteur de guerre. Et il ne s’y trouve pas seul. Il a des amis, non seulement en Angleterre, mais également aux Etats-Unis. Il est à remarquer que, sous ce rapport, M. Churchill et ses amis rappellent d’une façon étonnante Hitler et ses amis. Hitler a commencé la préparation à la guerre par sa proclamation d’une théorie raciale, où il déclarait que seules les personnes de langue allemande représentaient une nation « véritable » au sens complet du mot.

M. Churchill, également, commence la préparation à la guerre par une théorie raciale, en affirmant que seules les nations de langue anglaise sont des nations dans toute l’acceptation du mot appelées à diriger les destinées du monde entier.

La théorie raciale allemande amena Hitler et ses amis à conclure que les Allemands, en tant qu’unique nation « véritable », devaient commander aux autres nations. La théorie raciale anglaise amène M. Churchill et ses amis à cette conclusion que les nations de langue anglaise, en tant que seules « véritables », doivent régner sur les autres nations du monde.

En fait, M. Churchill et ses amis, en Angleterre et aux Etats-Unis, présentent aux nations ne parlant pas anglais quelque chose comme un ultimatum : « Reconnaissez de bon gré notre domination, et tout alors ira bien ; dans le cas contraire, la guerre est inévitable. »

Mais si les nations ont versé leur sang au cours de cinq années d’une terrible guerre, c’est pour la liberté et l’indépendance de leur pays et non pas pour remplacer la domination des Hitler par celle des Churchill.

Il est donc tout à fait probable que les nations qui ne parlent pas l’anglais, et qui représentent l’énorme majorité de la population du globe, n’accepteront pas de retourner à un nouvel esclavage. La tragédie de M. Churchill consiste dans le fait qu’il ne comprend pas, en « tory » endurci, cette vérité simple et évidente.

Il n’y a aucun doute que la position prise par M. Churchill est une position qui mène à la guerre, un appel à la guerre contre l’URSS. Il est clair aussi que cette position de M. Churchill est incompatible avec le traité d’alliance qui existe actuellement entre l’Angleterre et l’URSS. Il est vrai que, pour embrouiller ses auditeurs, il déclare en passant que le traité anglo-soviétique d’aide mutuelle et de coopération pourrait être facilement prolongé pour une période de cinquante ans. Mais comment peut-on concilier une telle déclaration de M. Churchill avec sa position qui mène à la guerre contre l’URSS, avec son prêche en faveur de la guerre contre l’URSS ? Il est clair que ces faits sont absolument inconciliables. Et si M. Churchill, invitant à la guerre contre l’URSS, estime cependant que le traité anglo-soviétique peut être prolongé et voir sa durée portée jusqu’à cinquante ans, cela montre qu’il considère ce traité comme un papier sans importance, qui ne lui sert qu’à couvrir et masquer sa position antisoviétique. C’est pourquoi l’on ne peut pas considérer sérieusement les fausses déclarations des amis de M. Churchill en Grande-Bretagne relatives à une prolongation du traité anglosoviétique jusqu’à cinquante ans et plus. La prolongation du traité ne répond à rien si l’une des parties viole le traité et le transforme en un papier vide de sens.

Question : Que pensez-vous de la partie du discours dans laquelle M. Churchill attaque le régime démocratique des Etats européens voisins de l’Union Soviétique, et où il critique les relations de bon voisinage établies entre ces Etats et l’URSS ?

Réponse : Cette partie du discours de M. Churchill présente un mélange d’éléments de calomnie avec des éléments de grossièreté et de manque de tact. M. Churchill affirme que « Varsovie, Berlin, Prague, Vienne, Budapest, Belgrade, Bucarest, Sofia, toutes ces villes célèbres, avec la population d’alentour, se trouvent dans la sphère soviétique et subissent toutes, sous une forme ou une autre, non seulement l’influence soviétique, mais encore le contrôle toujours grandissant de Moscou ». M. Churchill qualifie tout cela de « tendances expansionnistes » sans limites de l’URSS.

Il n’est pas nécessaire de faire un gros effort pour démontrer que M. Churchill calomnie grossièrement et sans pudeur, aussi bien Moscou que les États voisins de l’URSS dont il est question plus haut.

Premièrement, il est tout à fait absurde de parler de contrôle exclusif de l’URSS à Vienne et à Berlin, où se trouvent également des Conseils de contrôle alliés composés de représentants des quatre puissances, et où l’URSS n’a qu’un quart des voix. Il arrive que certaines gens ne puissent pas faire autrement que de calomnier, mais il faut cependant garder la mesure.

Deuxièmement, il ne faut pas oublier les circonstances suivantes : les Allemands ont envahi l’URSS à travers la Finlande, la Pologne, la Roumanie, la Bulgarie, la Hongrie. Ils ont pu exécuter leur agression à travers ces pays parce que, dans ces derniers, existaient alors des gouvernements hostiles à l’Union soviétique.

Par suite de l’invasion allemande, l’Union soviétique a perdu sans retour, dans les combats avec les Allemands, pendant l’occupation et par l’envoi d’hommes soviétiques dans les bagnes allemands, près de dix-sept millions de personnes. Autrement dit, les pertes de l’Union soviétique dépassent de plusieurs fois celles de la Grande-Bretagne et des Etats-Unis pris ensemble.

Il est possible qu’en certains lieux on soit enclin à oublier ces pertes colossales du peuple soviétique, qui ont rendu possible la libération de l’Europe du joug hitlérien. Mais l’Union soviétique ne peut oublier ces pertes. On se demande ce qu’il peut bien y avoir d’étonnant dans le fait que l’Union soviétique, voulant garantir sa sécurité dans l’avenir, s’efforce d’obtenir que ces pays aient des gouvernements qui observent une attitude loyale envers l’URSS. Comment peut-on, si l’on a tout son bon sens, qualifier ces intentions pacifiques de l’Union soviétique de tendances expansionnistes de notre État ?

M. Churchill affirme, plus loin, que « le gouvernement polonais, se trouvant sous la domination des Russes, a été encouragé à formuler, vis-à-vis de l’Allemagne, des exigences énormes et injustifiées ». Chacun de ses mots est une calomnie grossière et insultante.

La Pologne démocratique actuelle est dirigée par des hommes éminents. Ils ont montré par leurs actes qu’ils savent défendre les intérêts et la dignité de leur patrie mieux que n’ont pu le faire leurs prédécesseurs. Quelles raisons peut invoquer M. Churchill pour affirmer que les dirigeants de la Pologne contemporaine peuvent tolérer dans leur pays la « domination » de représentants de quelque État étranger que ce soit ? Les calomnies de M. Churchill contre les « Russes » ne sont-elles pas dictées par l’intention de semer des germes de discorde dans les relations entre la Pologne et l’Union Soviétique ?

M. Churchill n’est pas content que la Pologne ait effectué un tournant dans sa politique en faveur de l’amitié et de l’alliance avec l’URSS. Il fut un temps où, dans les relations entre la Pologne et l’URSS, prédominaient des éléments de discorde et de contradictions. Cela donnait la possibilité, à des hommes d’État du genre de M. Churchill, de jouer de ces contradictions, de chercher à mettre la main sur la Pologne sous prétexte de la protéger des Russes, d’agiter le spectre de la guerre entre l’URSS et la Pologne et de conserver la position d’arbitre.

Mais cette époque est révolue, car l’hostilité entre la Pologne et la Russie a fait place à l’amitié polonosoviétique. La Pologne actuelle, démocratique, ne veut plus être un « ballon de jeu » aux mains d’étrangers. Il me semble que c’est précisément cette circonstance qui irrite M. Churchill et le pousse à des sorties grossières, dépourvues de tact, contre la Pologne. Pensez donc : on ne le laisse pas jouer aux dépens d’autrui…

En ce qui concerne les attaques de M. Churchill contre l’Union soviétique, à propos de l’extension des frontières occidentales de la Pologne, grâce à la reprise de territoires anciennement pris par l’Allemagne à la Pologne, il me semble que M. Churchill pipe ouvertement les dés.

Comme on le sait, la décision relative aux frontières occidentales de la Pologne a été adoptée à la conférence de Berlin des trois puissances sur la base des demandes polonaises. L’Union soviétique a déclaré à plusieurs reprises qu’elle considérait ces demandes comme justes et équitables. Il est tout à fait probable que M. Churchill n’est pas content de cette décision. Mais pourquoi M. Churchill, sans ménager ses flèches contre la position des Russes dans cette question, cache-t-il à ses auditeurs le fait que cette décision a été prise à l’unanimité à la conférence de Berlin et qu’elle a été votée non seulement par les Russes, mais également par les Britanniques et les Américains ? Pourquoi M. Churchill a-t-il eu besoin d’induire en erreur ses auditeurs ?

M. Churchill affirme plus loin que « les Partis communistes étaient très faibles dans tous ces États d’Europe orientale, qu’ils ont acquis une force extraordinaire dépassant de beaucoup leur importance en effectifs et qu’ils s’efforcent d’instaurer partout un contrôle totalitaire », que « des gouvernements policiers dominent dans presque tous ces pays et que, à l’heure actuelle, il n’y existe aucune démocratie véritable, exception faite pour la Tchécoslovaquie ».

Comme on le sait, en Angleterre, un seul parti dirige maintenant l’État : le Parti travailliste, alors que les partis d’opposition sont privés du droit de participer au gouvernement anglais. Chez M. Churchill, cela s’appelle le véritable esprit démocratique. En Pologne, en Roumanie, en Yougoslavie, en Bulgarie, en Hongrie, c’est un bloc de plusieurs partis qui gouverne, un bloc de quatre à six partis, et l’opposition, si elle est à peu près loyale, se voit assurer le droit de participer au gouvernement. Chez M. Churchill, cela s’appelle du totalitarisme, de la tyrannie, de la dictature policière. Pourquoi ? Pour quel motif ? N’attendez pas de réponse de la part de M. Churchill. M. Churchill ne comprend pas dans quelle position comique il se met avec ses discours criards sur le totalitarisme, la tyrannie et la dictature policière.

M. Churchill voudrait que la Pologne soit gouvernée par Sosnkowski et Anders, la Yougoslavie par Mikhaïlovitch et Pavélitch, la Roumanie par le prince Stirbey et Radescu, la Hongrie et l’Autriche par n’importe quel roi de la maison des Habsbourg, et ainsi de suite. Il voudrait nous convaincre que ces messieurs de la fourrière fasciste peuvent garantir « un ordre vraiment démocratique ». Tel est l’« esprit démocratique » de M. Churchill.

M. Churchill n’est pas loin de la vérité quand il parle de l’influence accrue des Partis communistes en Europe orientale. Il convient cependant de noter qu’il n’est pas tout à fait précis. L’influence des Partis communistes a augmenté non seulement en Europe orientale, mais aussi dans tous les pays où avait auparavant dominé le fascisme (Italie, Allemagne, Hongrie, Bulgarie, Roumanie, Finlande), ou bien où avait eu lieu l’occupation allemande, italienne ou hongroise (France, Belgique, Hollande, Norvège, Danemark, Pologne, Tchécoslovaquie, Yougoslavie, Grèce, Union soviétique, etc.).

L’accroissement de l’influence des communistes ne peut pas être considéré comme un fait du hasard, mais comme un phénomène entièrement légitime. L’influence des communistes s’est accrue parce que, pendant les dures années de la domination fasciste en Europe, les communistes se sont montrés des combattants sûrs, audacieux, pleins d’abnégation, contre le régime fasciste et pour la liberté des peuples.

M. Churchill rappelle quelquefois, dans ses discours, « les petites gens qui vivent dans des maisons modestes ». Il leur donne, en grand seigneur, des tapes amicales sur l’épaule et se dit leur ami. Mais ces hommes ne sont pas aussi simples qu’on pourrait le croire à première vue. Ce « petites gens » ont leur point de vue, leur politique, et ils savent se défendre.

Ce sont eux, les millions de ces « petites gens », qui ont battu M. Churchill et son parti en Angleterre, donnant leurs voix aux travaillistes.

Ce sont eux, les millions de ces « petites gens », qui ont isolé en Europe les réactionnaires et les partisans de la collaboration avec le fascisme, et ont donné leur préférence aux partis démocratiques de gauche.

Ce sont eux, les millions de ces « petites gens », qui, après avoir éprouvé les communistes dans le feu de la lutte et de la résistance au fascisme, ont décidé que les communistes méritaient pleinement la confiance du peuple.

C’est ainsi que l’influence des communistes a augmenté en Europe. Telle est la loi du développement historique.

Naturellement, M. Churchill n’est pas satisfait par un tel développement des événements, et il sonne l’alarme, faisant appel à la force. Mais M. Churchill n’était pas non plus satisfait de l’apparition du régime soviétique en Russie, après la première guerre mondiale. À cette époque, il sonnait également l’alarme et organisa la campagne militaire « des quatorze États » contre la Russie, se proposant de faire tourner en arrière la roue de l’Histoire.

Mais l’Histoire s’est avérée plus forte que l’intervention churchilienne et le don-quichottisme de M. Churchill l’a amené à subir à l’époque une défaite complète.

Je ne sais si M. Churchill et ses amis réussiront à organiser, après la Seconde Guerre mondiale, une nouvelle campagne militaire contre « l’Europe orientale ». Mais s’ils y réussissent, ce qui est peu probable, car des millions de « petites gens » montent la garde pour défendre la cause de la paix, on peut dire avec assurance qu’ils seront battus, de même qu’ils ont été battus autrefois, il y a de cela vingt-six ans.

(Nouvelles Soviétiques, no 86, 16 mars 1946, Paris.)

Source: http://cpcml.ca/francais/Lmlq2016/Q46035.HTM#2

Modeste manifestation de l’ASSÉ

Nous reproduisons ici un compte-rendu critique d’une manifestation estudiantine contestant les politiques d’austérité des capitalistes, mais qui exprime en même temps un certain désarroi dans les rangs de la « gauche québécoise » quant aux tactiques et à la stratégie de conquête du pouvoir politique par la classe ouvrière

Article de Marc Bonhomme sur Modeste manif de l'ASSÉ

Environ 1 500 étudiantes1 et une poignée de professeures ont pris part à la manifestation de l’ASSÉ sur la base d’une grève d’une journée :

Environ 50 000 étudiants sont en grève aujourd’hui pour dénoncer les mesures d’austérité du gouvernement Couillard. Ils joignent ainsi leurs voix à celles des employés du secteur public, des groupes communautaires et des parents d’élèves, qui multiplient les actions du genre depuis le début de l’automne.

Plusieurs cégeps et universités sont touchés, comme le Cégep du Vieux-Montréal, le Cégep Marie-Victorin, le Cégep Saint-Laurent et le Cégep de Sherbrooke, ainsi que des facultés de l’Université de Montréal, de l’Université Laval et de l’Université de Sherbrooke. Les cours ont été levés dans plusieurs de ces établissements.

Cinq autres jours de grève étudiante sont prévus les 12 et 13 novembre, de même que les 1er, 2 et 3 décembre. Ces journées s’arrimeront avec celles prévues par les professeurs.2

On ne retrouvait ni le nombre habituel ni l’ambiance combative d’une manifestation typique de l’ASSÉ. Peu de carrés rouges étaient épinglés, peu d’étudiantes s’étaient maquillées et peu de pancartes étaient arborées. Faut-il faire un parallèle avec le demi-échec de la ligne de piquetage de « Je protège mon école » de lundi passé à l’école du quartier Maisonneuve dont ma compagne et moi sommes solidaires ?

Y a-t-il un flottement ? Les « offres » du ministre Coiteux, si minables soient-elles, provoquent-elles un attentisme sur fond de menace de loi spéciale contre laquelle les directions syndicales n’ont rien prévu sans que la gauche syndicale n’ait su ou voulu les contester à temps ?

Les grèves tournantes des deux prochaines semaines donneront l’heure juste. Seront-elles ce tremplin vers la grève générale de trois jours, au début décembre, du demi million de travailleuses du secteur public ? Cette grève générale sera-t-elle cette grève sociale faite de grève pro-active de tracage, affichage, blocage et occupation faite conjointement avec les mouvements étudiant et populaire ?

Le message de l’ASSÉ garde à cet égard toute sa pertinence :

L’austérité est un choix politique et nous savons que des alternatives existent. Plus de 10 milliards de dollars pourraient être réinvestis dans les services publics si le gouvernement mettait en place les alternatives fiscales que revendiquent l’ASSÉ ainsi que plusieurs de ses groupes alliés. Pour que le gouvernement nous écoute, il est nécessaire de s’allier dans cette lutte.3

Pour donner un nouvel essor à la mobilisation, un appel des porte-parole et députés de Québec solidaire pour la nécessité de la grève sociale pourrait en être le point de basculement. Pourquoi ne pas avoir mis cet appel au centre des élections partielles du 9 novembre ? Pourquoi opposer les urnes et la rue au lieu de profiter des premières pour mettre en évidence la seconde ?

 

Marc Bonhomme, 5 novembre 2015

www.marcbonhomme.com ; bonmarc@videotron.ca

1 La manifestation a défilé en quatre minutes à bon pas. On peut compter de 300 à 400 personnes à la minute.

2 Radio-Canada, Les étudiants de l’ASSE se joignent au mouvement de grève contre l’austérité, 5/11/15

3 ASSÉ, Manifestation nationale pour un réinvestissement massif dans les services publics, sans date