Mais qui sont donc les véritables « pilleurs » professionnels ?

En soutien au mouvement et à la lutte populaire des GJ, nous publions sur notre site web un article du groupe de La Révolution Permanente, de tendance trotskyste, mais dont nous appuyons l’idée de base qui soutient la colère des masses et le recours légitime à la violence par les GJ.

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« Le pays est à feu et à sang », les qualificatifs égrenés par les grands médias visent à dépeindre une vision de terreur. « Casseurs » n’est plus suffisant, pour le ministre de l’intérieur, il faut désormais parler d’« assassins ». Toute la rhétorique du « casseur » a été poussée à l’extrême, réchauffée en urgence. En effet, l’acte 18 n’était en rien le « baroud d’honneur » professé par le gouvernement. Premier symptôme de cet échec : Macron a acté son retour en urgence à l’Elysée après avoir été au ski.

Crédits photo : https://secoursrouge.org/

« Casseurs », « extrémistes », « antisémites », « racistes », on aura tout entendu depuis le début du soulèvement des Gilets jaunes. Pour l’acte 18, le gouvernement a renouvelé son vocabulaire. Pour Castaner, le mouvement des Gilets jaunes « n’existe plus ». Désormais, « ceux qui excusent, qui encouragent » les violences se rendent « complices » a avertit le Premier ministre. Le gouvernement et ses relais policiers ont lancé de multiples appels adressés aux Gilets jaunes visant à se désolidariser des « pyromanes », « assassins », « criminels » et des « pilleurs ». L’appel est resté vain.

Parallèlement à cette opération gouvernementale, les images de dégradations ou de début d’incendie de plusieurs boutiques et établissements emblématiques de l’avenue des Champs-Elysées, comme la brasserie Fouquet’s, ont été relayées en masses par les grands médias. Encore une fois, l’objectif est de retourner l’opinion publique qui, après 4 mois de mobilisation, tient toujours malgré un léger fléchissement. En effet, le « Grand débat » de Macron n’aura pas permis d’en finir avec les manifestations de rue. Pour retourner l’opinion publique, le gouvernement joue dans la surenchère.

On a aussi vu les multiples images de magasins vidés de leur stock. Sur tweeter, certains ont ironisés en parlant de « solde anticapitaliste ». Mais qui est donc le premier « pilleurs » dans l’histoire ? Qui donc a pillé les poches des plus précaires, et ce de manière systématique depuis le début du quinquennat ? Ne s’agit-il pas d’un pillage en bonne et due forme ? Avec la baisse des APL, la hausse de la CSG pour les retraités, puis la désindexation des retraites sur l’inflation, et la hausse des taxes sur le carburant, ce sont bien les poches des plus précaires qui ont été pillées de manière professionnelle.

Mais ce pillage n’en est qu’à ses débuts. S’il s’agit toujours de prendre aux plus précaires pour donner aux grands patrons et aux riches comme avec la suppression de l’ISF et le CICE, porté à 40 milliards d’euros, le pillage va continuer si nous ne l’arrêtons pas. En vue, la « réforme » de l’indemnisation chômage qui vise à amplifier le contrôle des chômeurs ou encore celle des retraites pour en définitive en finir avec la retraite par répartition. Enfin celle de la fonction publique qui vise à en finir comme avec les cheminots, avec le statut de fonctionnaire.

Retourner l’accusation ne fonctionnera pas. Ce ne sont pas les Gilets jaunes qui sont responsables des milliers de blessés et de mutilés mais bien le gouvernement et son bras armé. Ce ne sont pas les Gilets jaunes qui sont responsables de la crise climatique mais les grandes multinationales, les gouvernements à leur service, qui se permettent de polluer professionnellement. C’est en quelques sorte le message adressé par les plusieurs centaines de milliers de manifestants, ce samedi, pour la marche pour le climat. Non, c’est bien tout ce système qui est « criminel » et « assassin ».

A force d’alimenter le brasier, tels des pompiers pyromanes, c’est bien un retour de flamme que le gouvernement prend en pleine face.

 

Source: https://revolutionpermanente.fr/Mais-qui-sont-donc-les-veritables-pilleurs-professionnels

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Avec une profonde haine de classe, nous rejetons l’intervention directe et éhontée de l’impérialisme Yankee contre le peuple du Vénézuéla

Nous publions notre traduction de la déclaration des Partis et Organisations Marxistes-Léninistes-Maoïstes d’Amérique Latine sur le Venezuela, à laquelle nous souscrivons totalement.

Nous nous adressons à notre classe, le prolétariat international, et aux peuples du monde pour condamner, écraser, marquer par le feu et rejeter avec une profonde haine de classe l’intervention directe et éhontée de l’impérialisme yankee, seule superpuissance hégémonique, grand gendarme contre-révolutionnaire du monde et principal ennemi des peuples, contre la nation, contre le peuple du Venezuela.

Avec cette nouvelle agression directe, l’impérialisme yankee utilise un coup d’État pour imposer son gouvernement fantoche au Venezuela. Il s’agit d’un plan de l’impérialisme américain, il se déroule avec l’auto-proclamation comme président intérimaire de son pantin, le président de l’Assemblée Législative suspendue, Juan Guaidó, qui a été immédiatement reconnu comme le président « légitime » du pays par le gouvernement archi-réactionnaire et génocidaire de Trump-Pence et faisant un ultimatum au gouvernement en place de Nicolás Maduro pour qu’il lui cède le gouvernement intérimaire ; l’intimidant, dans le cas où l’exigence impérialiste ne serait pas suivie, qu’il utiliserait tout son pouvoir et sa puissance de superpuissance pour obtenir la capitulation du gouvernement actuel de Maduro en faveur du gouvernement temporaire comme « casus belli ». Ce qui signifie, soit la capitulation du pays opprimé, soit la guerre d’agression impérialiste, peu importe la forme que l’intervention militaire revêt.

Cette agression directe de l’impérialisme yankee, dirigé par Trump-Pence, pour changer le gouvernement du Venezuela par un pantin des yankee, impliquerait le changement de la situation semi-coloniale du Venezuela en une situation coloniale. Ces impérialistes, au nom de la lutte contre la « dictature » et pour la « démocratie et la liberté », ont pour intention de soumettre le peuple vénézuélien à l’esclavage colonial. Cela constitue la pire intimidation sans honte, l’interférence, le contrôle et l’agression par les Etats-Unis contre une nation opprimée du Tiers-Monde en violation de l’indépendance nationale, de la souveraineté nationale et de la dignité du pays et de l’ordre juridique international qui est une expression de son hégémonie mondiale, avec sa Charte de l’ONU, ou son OEA (Organisation des Etats Américains), etc.

L’impérialisme se permet d’agir de manière suffisante et sans-gêne contre un pays formellement indépendant grâce à sa condition de seule superpuissance hégémonique et de gendarme du monde auto-proclamé. Parce que c’est le principal impérialisme qui impose son règne semi-colonial sur le Venezuela tout comme sur les autres pays d’Amérique Latine, principale base de sa domination mondiale (son arrière-cour). Une situation qui s’est approfondie pendant les années du régime actuel de Chávez-Maduro qui, comme représentants de la grande bourgeoisie bureaucratique de ce pays, malgré leur discours et les contradictions secondaires avec les gouvernements successifs que les Etats-Unis, ont de plus en plus soumis le pays au règne économique de l’impérialisme yankee à travers son principal et pratiquement seul produit d’exportation, le pétrole, tout en s’associant avec ses investissements directs à l’étranger et augmentant sa dépendance financière de Wall Street. Cependant ils ont ouvert le pays de plus en plus à la pénétration d’autres puissances impérialistes, sans rompre avec l’impérialisme yankee, en essayant de jouer sur deux tableaux. Augmentant ainsi le conflit impérialiste pour l’exploitation du pays et transformant le Venezuela en une arène d’affrontement inter-impérialiste aiguë.

Aujourd’hui plus que jamais, la révolution de Nouvelle Démocratie, qui mettra fin à la domination impérialiste, à la semi-féodalité et au capitalisme bureaucratique qui sont les trois montagnes qui oppriment le peuple, demande à être concrétisée au moyen de la Guerre Populaire dirigée par le prolétariat grâce à son Parti Communiste marxiste-léniniste-maoïste militarisé.

Le régime actuel au Venezuela a été établi le 2 février 1992 en surfant sur la lutte des masses contre la tant décriée privatisation et les « packages » que les gouvernements précédents de la faction compradore ont essayé d’imposer. La colère des masses qui s’est exprimée dans le « Caracazo » (1989) a temporairement empêché les désires des compradores, principalement liés aux Etats-Unis, de prendre complètement tout ce que l’Etat bureaucratique et des propriétaires terriens a accumulé pendant des décennies.

Maintenant avec l’aggravation de la crise dans le pays, pour les impérialistes yankee et les laquais à leur service, le moment est venu pour s’approprier complètement les grandes richesses du pays à travers l’imposition d’un gouvernement fantoche : en visant le pétrole du Venezuela en première place, la plus grande réserve dans le monde, et en prenant avantage des conditions excellentes que ce pays offre pour l’exploitation par le capital financier impérialiste. En établissant son esclavage colonial grâce à un gouvernement fantoche, les impérialistes yankee n’auront pas à partager le monopole économique sur le Venezuela avec d’autres impérialistes (caractère semicolonial) mais pourront établir leur monopole économique impérialiste exclusif sur le pays (caractère colonial).

Comme cela a toujours été le cas, il appartient au peuple de défendre le pays. Le peuple vénézuélien doit se mobiliser largement dans le but d’empêcher le danger de capitulation qui est exprimé par les représentants du gouvernement de Maduro, comme la tendance au compromis, qui a été exprimé ouvertement ou secrètement par ceux qui ont peur de la puissance de l’impérialisme et en conséquence offre l’inévitable assujettissement de la nation parce qu’ils n’ont pas confiance dans la puissance du peuple et la solidarité des peuples du monde.

Pour les révolutionnaires, l’impérialisme est un colosse aux pieds d’argiles, un tigre en papier et les armes ne sont pas décisives mais au contraire les masses le sont. Les autres mettent leurs espoirs pour surpasser la menace de l’assujettissement colonial du pays principalement dans l’aide étrangère d’une autre superpuissance, la Russie (le chien maigre) ou les social-impérialistes chinois à travers l’aide économique, les armes etc, ou bien la médiation diplomatique. Cette dernière est liée au doute que ces personnes ont à savoir si l’ennemi attaquera : certains considèrent cela comme une probabilité et d’autres disent qu’il n’y a aucune chance.

Pour leur part, les impérialistes yankee, à travers leurs représentants, ont déclaré que la politique des Etats-Unis concernant le Venezuela est déjà établie. Quiconque imagine qu’il est possible de négocier avec les Etats-Unis, d’une manière qui n’implique pas la capitulation du gouvernement du pays et l’abandon de l’indépendance et de la souveraineté du Venezuela vit dans l’illusion. Le conseiller à la sécurité nationale de Trump, Bolton, a fourni un document où il est démontré qu’ils se mobilisent pour l’agression militaire directe, en atteste : « le déploiement de 5000 troupes en Colombie ». D’autant plus que tout comme dans les guerres au Moyen-Orient, les puissances impérialistes agissent en collusion et en lutte avec les yankee pour pousser Maduro à la capitulation. Le gouvernement allemand a exigé la tenue immédiate d’élections « libres et justes » et a indiqué sa volonté de reconnaître Guaidó temporairement comme le dirigeant de l’État fantoche du moment que ces élections primaires sont convoquées. De même avec l’Angleterre, la France, l’Espagne etc.

Il appartient au gouvernement du Venezuela de rejeter la capitulation et de mettre toute politique de compromis de côté, la situation politique est entrée dans l’étape de préparation à la résistance nationale contre l’agression impérialiste, et ils doivent assumer le défi et mobiliser et armer largement le peuple, de même que les forces armées dans le but de préserver l’indépendance nationale, la souveraineté nationale et l’intégrité territoriale pour les consacrer à une difficile guerre de résistance nationale contre l’agression étrangère.

Le gouvernement de Maduro, montrant sa myopie politique, a pris beaucoup de temps à reconnaître qu’il était en train de faire face à un coup d’État qui était appliqué par l’impérialisme à travers ses laqués, en considérant la responsabilité principale dans « l’opposition » comme si cela était une affaire interne, venue des agents et pas du commanditaire. Face à l’action du gouvernement de Trump d’imposer un gouvernement fantoche en reconnaissant Guaido comme le « président par intérim », ils ont annoncé la rupture des relations diplomatiques avec les Etats-Unis, etc. Ce qu’ils ont clarifié ne signifie par une rupture avec les Etats-Unis mais seulement avec son gouvernement ; ils n’ont pas ordonné la mobilisation de toutes les forces de la nation pour faire face à l’agression impérialiste comme cela aurait dû être fait avec la mobilisation militaire de leurs forces et des masses, ils n’ont pas non plus appliqué immédiatement les mesures punitives contre les laquais qui ont commis toutes sortes de crimes contre le peuple vénézuélien pour servir l’impérialisme yankee.

Malgré le changement de la situation interne et externe qui est déterminée par l’agression impérialiste directe, ils ont l’intention de continuer à manœuvrer sans l’énergie, la décision et l’entièreté, en parlant de « dialogue », de « paix ». Dans des situations similaires, même en ayant des limitations de classe que Maduro, d’autres ont osé et choisi le chemin de la résistance.

Il appartient au prolétariat et au peuple de mettre fin à toutes les discussions qui entravent un rejet plus fort de l’ultimatum impérialiste et la préparation adéquate pour la résistance, pour s’opposer à l’agression militaire par l’invincible Guerre de Résistance contre l’impérialisme yankee.

Le prolétariat et le peuple du Venezuela, combatifs comme toujours, se soulèvent avec un grand sentiment patriotique et une profonde haine de l’impérialiste et de tous ses laquais dans le pays et à l’étranger et exigent du gouvernement de Maduro de rejeter la capitulation, qu’il remplisse son devoir et abandonne tout espoir mettant au centre le dialogue avec les laquais ou des traités diplomatiques avec les impérialistes qui leur feraient abandonner leur plan en cours.

Il appartient au prolétariat du Venezuela, et aux plus avancés parmi celui-ci, les maoïstes, de porter le mot d’ordre de formation d’un large front uni anti-impérialiste, de faire se joindre les travailleurs, les paysans, les petits-bourgeois, les bourgeois nationaux et les membres de toutes les autres classes qui sont volontaires pour faire face à l’agresseur impérialiste et ses laquais à l’exception d’une poignée de traîtres. Il lui appartient d’impulser la prise générale des armes par le peuple dans les campagnes et dans les villes pour préparer une vaste guerre de résistance, comme lutte armée, en s’efforçant de la diriger et de lutter pour reconstituer leur Parti Communiste pendant celle-ci, en tant que Parti Communiste marxiste-léniniste-maoïste militarisé, pour transformer la lutte armée de résistance en Guerre Populaire de libération nationale. Il appartient aux maoïstes de préparer l’application d’une vaste guerre de guérilla qui prendra la campagne comme base et les villes comme complément nécessaire.

Il lui appartient d’unir tous ceux qui ne veulent pas être les esclaves des Etats-Unis, tous ceux qui se battent pour une véritable indépendance, la souveraineté nationale et la dignité du pays, tous ceux qui refusent de se soumettre aux intimidations, à l’intervention, au contrôle et l’agression des impérialistes yankee. Avec tous ceux-là, il appartient de les unir et de les mobiliser tout en s’opposant aux appels à la conciliation, à la paix ou à privilégier les négociations mais au contraire agir résolument pour écraser l’agression impérialiste yankee qui a commencé à se développer sous la forme d’un coup d’État aujourd’hui.

En tant que représentants du prolétariat et de son avant-garde florissante, il appartient aux maoïstes, sur la base du principe d’indépendance et d’auto-détermination, d’appliquer l’unité et la lutte avec les autres forces qui ont commencé à former le peuple dans la situation politique actuelle, où la contradiction nation-impérialisme devient principale. Il est nécessaire d’exiger à procéder méticuleusement à réformer le système qui est imposé dans l’armée et le système politique en élargissant la démocratie, de développer un mouvement de masse indépendant, de mettre en mouvement l’éducation pour la défense nationale, de réprimer les laqués et autres collaborateurs, de développer l’industrie de guerre et d’améliorer les conditions de vie du peuple.

Il est de la plus grande importance d’établir le programme de résistance nationale, qui est de nature prolongé dans les conditions actuelles. La guerre de résistance du peuple doit viser à construire un véritable Pouvoir Révolutionnaire (le Nouveau Pouvoir) et non la falsification du “socialisme du 21ème siècle”, qui a tellement frustré le peuple, mais bien le Pouvoir d’une Nouvelle Démocratie sur chaque partie de la résistance, jusqu’à l’expulsion de l’ennemi envahisseur et l’écrasement de ses chiens et laquais, pour son établissement dans tous le pays.

Les peuples d’Amérique latine, dans le but de préserver l’indépendance nationale et la souveraineté nationale, ont le devoir de mener une lutte « coup pour coup » contre l’impérialisme yankee agressif et génocidaire, principal ennemi des peuples du monde.

L’intervention directe de l’impérialisme yankee a commencé avec une coup d’État suivi de tout un déploiement et un siège des forces pour faire capituler le gouvernement de Maduro et soumettre la nation, elle ne sera pas stoppée si les objectifs ne sont pas accomplis, cela s’intensifie sur tous les terrains jusqu’à ce que nous atteignons leurs objectifs et c’est pourquoi cela va éveiller une nouvelle vague contre l’impérialisme yankee parmi les peuples d’Amérique latine et du monde.

Il appartient aux Partis et Organisations signataires d’assumer leur rôle de donner une expression organisationnelle à cette nouvelle vague anti-impérialiste, de combattre l’impérialisme et ses servants et laqués dans chaque pays. Nous devons développer une large et énergique campagne mondiale pour soutenir le peuple vénézuélien contre l’agression impérialiste yankee.

Vous, peuple héroïque vénézuélien, il n’y a pas de place pour le doute, n’êtes pas seul dans votre lutte. Le prolétariat et les peuples opprimés du monde sont unis avec le peuple du Venezuela ; Vous avez le soutien du prolétariat des Etats-Unis et du Canada, du prolétariat des pays impérialistes d’Europe et d’Asie, de tous les peuples d’Amérique Latine, d’Asie, d’Afrique, le soutien des peuples du monde entier.

Face à l’agression directe de l’impérialisme Yankee contre le Venezuela et les peuples d’Amérique latine, il appartient à nos peuples de brandir la révolution et faire face à la guerre d’agression impérialiste avec plus de Guerres Populaires.

Le Venezuela et toute l’Amérique latine sera le tombeau des hordes impérialistes yankee !

Peuple vénézuélien, renonce aux illusions et prépare toi pour la résistance !

L’impérialisme et tous les réactionnaires sont des tigres en papier !

La lutte des peuples du monde contre l’impérialisme yankee triomphera !

 

Source : http://www.pcmaoiste.org/actuinter/avec-une-profonde-haine-de-classe-nous-rejetons-lintervention-directe-et-ehontee-de-limperialisme-yankee-contre-le-peuple-du-venezuela/

Quelques nouvelles de la guerre populaire en Inde

Né de la fusion du CPI (ML) PW et du MCCI en 2004, lors d’une rencontre conjointe d’une portée historique entre les comités centraux respectifs de ces deux organisations, le CPI (Maoïste) est le descendant direct des continuateurs de la révolte paysanne de Naxalbari de 1967. Le CPI (ML) PW et le MCCI, issus respectivement du CPI (ML) de Charu Mazumdar fondé en 1969 et du MCC de Kanai Chatterjee fondé en 1973, ont incarné, pendant de nombreuses années, les deux grands courants au sein du maoïsme indien. Trois ans après la fusion des deux comités centraux et des deux armées (la PLA et la PLGA), le parti unifié a tenu en 2007 son premier congrès (dit Congrès pour l’unité). Élisant un nouveau Comité central et renouvelant l’ensemble des instances centrales du parti (son bureau politique, sa commission militaire centrale, ses bureaux régionaux, etc.), le Congrès a adopté des mots d’ordre forts, tels que celui de transformer la guerre de guérilla menée par les révolutionnaires en guerre de mouvement.

Depuis lors, l’appel puissant lancé par l’avant-garde indienne à l’ensemble du peuple ouvriers et paysans, indigènes et nations opprimées – a retentit fortement. Les succès répétés et grandissants de la guerre populaire dans la première décennie de ce siècle, au sein du fameux «corridor rouge», ont vite obligé les ennemis du peuple à répliquer férocement pour tenter de freiner la révolution. Depuis 2009, l’État réactionnaire indien mène une guerre impitoyable contre les communistes et terrorise l’ensemble du peuple indien sous le couvert de l’opération Green Hunt. Création d’unités et de divisions de l’armée spécialement entraînées à la contre-insurrection, présence militaire de l’impérialisme américain à des fins de formation et pour participer à la répression, paysans torturés et exécutés pour l’exemple, assassinatscamouflés sous des fausses altercations avec les maoïstes : voilà un aperçu de ce qui a marqué le quotidien de la dernière décennie. Après une période difficile marquée par des reculs au sein danciens bastions communistes du territoire indien ainsi que par des arrestations de membres du Comité central et du Bureau politique, les camarades indiens affrontent la répression avec courage et sang-froid afin de conserver l’initiative. Malgré toutes les tentatives de l’ennemi pour l’écraser, l’héroïque guerre populaire en Inde se poursuit et se réorganise. En voici quelques nouvelles.

Lors de la dernière année, les rapports internes de l’État Indien ont témoigné à plusieurs reprises de l’inquiétude renouvelée des autorités devant l’immense travail déployé par les maoïstes pour se réorganiser dans l’Est du pays. Les rapports des renseignements indiens parlent même d’une reprise de l’activité des maoïstes dans l’État de Karnataka, au sud-ouest du pays.

Le 8 mai 2017, à la suite d’une rencontre chapeautée par le ministre de l’Intérieur et rassemblant des représentants des principaux États de l’Est, les forces réactionnaires indiennes ont adopté un plan conjoint visant à renouveler l’effort de répression. Surnommé SAMADHAN (solution), ce plan est une nouvelle tentative des classes dominantes d’en finir avec la présence persistante (ou d’empêcher le retour) des maoïstes au sein de plusieurs districts dans l’Est du pays. L’objectif de ce plan : améliorer la direction, la motivation et l’entraînement des troupes anti-naxalites, tout en permettant à la réaction de s’adapter encore plus à la lutte contre les communistes. De telles mesures doivent être mises en œuvre constamment par l’État indien pour se réadapter. La répression de la révolution en Inde démontre bien, une fois de plus, que dans toute guerre injuste, il faut sans arrêt réformer et chambarder les forces blanches : étant donné que celles-ci ne combattent pour aucun motif véritable, servent des intérêts contraires à ceux du peuple et ne sont animées par aucune conviction positive, elles sont facilement découragées.

Le plan de répression conjoint promettait d’être accompagné d’un renouvellement du matériel militaire à la fine pointe de la technologie. En plus des drones armés – déjà disponibles – dotés de détecteurs de chaleur corporelle pour repérer les soldats de la PLGA cachés dans la jungle, on devrait maintenant voir apparaître des fusils spéciaux fabriqués avec des gâchettes biométriques. De tels fusils sont censés être inutilisablespar quiconque sauf par leur possesseur initial. Cet investissement pour des fusils de cette nature provient du désir de l’armée indienne d’empêcher les communistes d’utiliser contre elle les armes qu’ils récupèrent après avoir vaincu les forces de l’État Indien.

Un peu plus d’un an après l’adoption de ce plan conjoint par les ennemis du peuple, les maoïstes ont riposté avec leur propre plan. L’ERB (le Bureau régional de l’Est) du CPI (Maoïste) a décentralisé au cours de l’été dernier un document de 11 pages présentant un plan de contre-offensive surnommé GHAMASAN (fierté). Selon la presse indienne, ce document contiendrait des éléments de bilan importants concernant la lutte entamée depuis le début de la décennie contre l’opération Green Hunt. Promettant de multiplier et de développer les actions armées ainsi que de renforcer la liaison du parti avec les masses, cette initiative des maoïstes est une excellente nouvelle pour la révolution indienne. Il faut rappeler que le Bureau régional de l’Est est l’une des instances centrales les plus importantes du CPI (Maoïste). Selon les informations offertes par la presse bourgeoise, huit membres du Comité central y siégeraient et elle serait sous la direction immédiate de Kishan. Le camarade Kishan est un vétéran de la révolution indienne; il a été le Secrétaire général du MCCI et fait partie aujourd’hui de la haute direction du CPI (Maoïste). Le Bureau régional de l’Est a entre autres sous sa direction les États du West Bengal, de Jharkhand, de Bihar et d’Assam.

L’Est du pays demeure encore aujourd’hui l’un des plus grands terreaux de la révolution indienne. La forêt de Jharkhand est l’endroit supposé où la direction centrale permanente du parti aurait établi son quartier général. La raison en est que la forêt de Jharkhand reste un secteur difficilement accessible et difficilement prenable pour les forces réactionnaires. L’État du West Bengal, quant à lui, est le foyer historique de la révolte paysanne de Naxalbari et a joué un rôle de premier plan dans la formation de plusieurs générations de communistes. Le travail dans cette partie du territoire avait subi un important revers après l’assassinat en 2011 de Kishenji, un membre hautement qualifié du Comité central, responsable de la région. Comme quoi de tels revers ne sont que temporaires, les rapports des renseignements indiens ont récemment commencé à faire état de l’inquiétude des autorités par rapport au retour en force des maoïstes dans le West Bengal et à la réorganisation du comité du parti en charge de cette région. De nouvelles escouades armées ont été formées et ont commencé à passer à l’action. Ces escouades seraient sous l’autorité directe du camarade Akash, le secrétaire du comité au cœur de cette réorganisation et supervisant l’ensemble de cette partie du territoire.

Le corridor rouge, comme le surnommait avec terreur l’État indien, se reconstruit, combat après combat. Ce corridor, longeant l’Est de l’Inde du centre au sud, a regroupé les principaux secteurs d’activité de la guerre populaire. Cette zone, composée de plusieurs États comprenant chacun plusieurs dizaines de districts, constituait la plus importante sphère d’influence des maoïstes suite à la puissante impulsion révolutionnaire provoquée par la fusion de 2004. En plus des États de l’Est déjà nommés, on y regroupait les États du Chhattisgarh et d’Andhra Pradesh, ainsi que quelques districts d’Orrisa et de Karnataka. La présence des maoïstes dans cette partie du pays découle aussi du long travail politique effectué par le mouvement naxalite pendant sa progression historique. Le processus d’expansion générale de la guérilla sur le territoire a progressivement pris la forme, après 1967, d’un déploiement vers le sud à partir du West Bengal.

Récemment, le CPI (Maoïste) a appelé au boycott des élections des prochaines assemblées législatives dans deux de ces États, soit celui de Chhattisgarh et celui du Telangana. Les communistes ont appelé les masses populaires à rejeter les illusions réformistes, poursuivant ainsi la longue tradition de boycott des élections et de contestation armée du parlementarisme s’étant forgée en Inde depuis les années 1960. Les élections devraient avoir lieu le 12 et le 20 novembre dans le Telangana et le 7 décembre dans le Chhattisgarh. Des élections d’assemblées législatives ont lieu chaque année en Inde, avec une rotation annuelle entre les différents États – ce qui signifie, dans chaque État, des élections aux quatre ans. Autant d’occasions pour la guerre populaire de combattre la réaction et de mettre de l’avant le nouveau pouvoir en construction.

L’État du Telangana a été créé en 2014 à partir d’une ancienne section de l’État d’Andhra Pradesh. Andhra Pradesh a été, durant les années 1980 et 1990, l’un des bastions du CPI (ML) PW et du mouvement naxalite. La contre-insurrection se faisait une fierté d’avoir réussi à réduire considérablement l’action des maoïstes dans cette zone décisive. L’organisation du boycott des élections dans le Telangana est donc une excellente nouvelle. Quant à l’État de Chhattisgarh, il a été, dans les récentes années, l’un des piliers de la guerre populaire et constitue encore l’un des États avec le plus grand nombre de districts soumis à l’influence et à l’action des communistes.

Pour donner un exemple du type d’actions menées par les maoïstes dans cet État, une attaque explosive ayant éliminé quatre policiers y a eu lieu il y a quelques jours. Une telle attaque s’inscrit dans le combat que la guerre populaire mène contre les élections réactionnaires. Cette forme de lutte a été grandement développée en Inde par la guérilla maoïste, forçant l’armée indienne à développer son propre jargon pour s’y référer – les fameux IED (improvised explosive device) – et à former son corps de spécialistes pour tenter de s’en défendre, sans grand succès. L’impérialisme américain, terrifié, avait dû réagir de manière similaire devant la créativité militaire et politique du peuple vietnamien.

La guerre populaire en Inde est un combat héroïque de portée internationale! Les communistes et les peuples du monde entier ont les yeux rivés sur les progrès de cette révolution et suivent les événements avec un immense intérêt.

Appuyons la guerre populaire en Inde!

Vive le CPI (Maoïste)!

 

Source: https://www.iskra-pcr-rcp.ca/2018/11/11/quelques-nouvelles-de-la-guerre-populaire-en-inde/

Impérialistes, ne touchez pas au Vénézuéla!

Ne touchez pas au Venezuela!

Tous à la défense de la souveraineté du Venezuela et de la paix sur le continent américain! Faites-vous entendre maintenant!


Grands rassemblements dans les rues du Venezuela le 23 février 2019 pour la paix, contre les plans d’invasion des impérialistes américains au nom de l’aide humanitaire

Le Parti communiste du Canada (marxiste-léniniste) dénonce de toutes ses forces les préparatifs de l’impérialisme américain pour envahir le Venezuela et les actions de tous les partisans de l’apaisement dans les États voisins qui ont ouvert leur territoire aux envahisseurs. Nous dénonçons également le rôle ignominieux du Canada qui prétend que la cause est humanitaire et qu’il s’agit de défendre la liberté et la démocratie.

Le PCC(M-L) appelle les Canadiens à agir tout de suite pour s’opposer aux provocations lancées pour justifier cette invasion américaine au nom de l’aide humanitaire, à la violence perpétrée à la frontière avec le Brésil et la Colombie et au rôle actif du Canada dans la fomentation de cette violence et dans les plans d’invasion.

Les médias monopolistes américains et canadiens font tout en leur pouvoir pour répandre des mensonges et attiser les passions à propos de la mort de deux Indiens Pemón à la frontière entre le Venezuela et le Brésil le vendredi 22 février, dont ils accusent l’armée vénézuélienne. Les rapports balistiques montrent qu’ils n’ont pas été tués par des soldats vénézuéliens. La violence a pour origine les forces de l’opposition qui font tout en leur pouvoir pour déclencher une guerre.

Les États-Unis ont annoncé leur intention de transporter de force leur « aide humanitaire » à travers la frontière vénézuélienne le 23 février. Ça ne doit pas passer ! Le président Maduro a rejeté l’aide et a suggéré de la distribuer au peuple colombien. Les dommages causés à l’économie du Venezuela et les souffrances endurées par la population résultent des sanctions américaines contre le Venezuela, de l’accumulation de stocks par les forces de l’opposition et du vol de comptes bancaires et d’actifs vénézuéliens à l’étranger.

Manifestation à Sidney, en Australie, début de la Journée internationale d’action « Ne touchez pas au Venezuela ! » le 23 février 2019

Assez de mensonges et de désinformation du gouvernement et des médias canadiens ! Il ne faut pas permettre une guerre contre le Venezuela ! Il ne faut pas permettre une guerre sur le continent américain !

Joignons les manifestations pour dénoncer la menace de guerre contre le Venezuela et l’ingérence impérialiste américaine dans les affaires du Venezuela.

Le Canada doit cesser son ingérence tout de suite !
Ne touchez pas au Venezuela !


Caracas, Venezuela, 23 février 2019

Source: http://cpcml.ca/francais/Lmlq2019/Q49006.HTM#1

The Communist Party of Venezuela (M-L) Regarding the Complex Scenario in Venezuela

From the Political Bureau of the Marxist-Leninist Party of Venezuela,
Caracas, January 2019

As the leadership of our party has been stating in various national and international documents and places, the fundamental contradictions are becoming sharper. This has been seen with greater impudence in recent days by the actions of the US government and its lackeys. Every moment the imperialist policy becomes clearer, which makes it possible to remove any possible doubt about the effects of the interventionist, aggressive and anti-popular action against the peoples of the world, of the region, and now against the Venezuelan people. These politics have caused serious damage to the economy and the population, relying for its implementation on the native bourgeoisie, the local and regional instrument that affects, more than any other, the working majorities.

The administration of the ultra-reactionary Trump has counted on the support of some sell-out governments that act against the right to self-determination, endorse the condemnable action of the puppet Almagro in the OAS, as well as of all the instruments at the service of the monopolies. Meanwhile they apply anti-people measures designed by the IMF to increase the exploitation and repression against the majorities in their countries. This makes it clearer every day to all revolutionaries on which side we should be at this moment.

The main contradiction in this regional situation is, in general, between imperialist oppression and the struggle for liberation from this dependence. In particular this becomes a struggle between imperialism, mainly US imperialism, which has traditionally maintained its domination, and the interests of the exploited majorities. They sometimes support reformist, revisionist projects and other times support the revolutionary line. This depends in large part on the application of the correct tactics, which for true communists is the line of the Third International. At 100 years since its foundation, this remains in full force, with the tactic that promotes the unity of forces to confront the great imperialist capital and the embryos of fascism, unifying the proletarians in the march towards the total liberation of the oppressed of the world.

In Venezuela, the struggle against the US-EU imperialist bloc is progressing well, with ever increasing direct struggles involving different social classes. Mainly this is expressed in the major media in the struggle between the traditional pro-Yankee bourgeoisie, which intends to retake control of the government at all costs, and a many-sided tendency, with manifestations of national demands. This has shown itself close to the China-Russia bloc, leaving the objective of the proletariat and the popular masses in second place. But we must state that we are on the street, in the main struggles, in the debate and mobilization. This opens up great possibilities to strengthen the popular line of struggle for national liberation and socialism. It poses an immense challenge to the forces revolutionary; we are working continuously to consolidate higher levels of organization and mobilization of the revolutionary popular movement.

We Marxist-Leninists have a duty to continue gaining the confidence of the people for the consolidation of the political current of class independence. This demands the accumulation of its own forces and in alliances to organize resistance against the US-EU imperialist bloc, as well as in the struggle to improve the living conditions of the popular majorities. This helps them to identify their enemies, capitalism and imperialism as its higher phase, as the cause of their hardship, as well as internal and foreign accomplices. The Venezuelan proletariat is advancing under various difficulties, being clear on the achievement of the strategic objectives of the working class, the peasants and the people, with a position of critical support together with demands on a government under attack by imperialism.

We are adjusting our tactics with the most objective view of the circumstances, and our party, from the very terrain of the struggle, has understood that we are not only living through a complex political situation, marked by the consequences of the economic crisis, an increasing imperialist aggression, but also by errors of past and present government policy, by weaknesses of the revolutionary movement. Despite this the revolutionary movement has grown over the past 20 years, but in addition to the present situation, there is a structural problem of the bourgeois state. This state has shown a process of decomposition, which can be seen in the inability of the contestants to subdue their opponent and emerge as a parallel power. This shows us that this conflict of the structural base will not be solved in the short term and that it opens the possibility for fundamental changes. That is why we must also work on the strategic perspective.

The events of these last days affirm our thesis on the decomposition of the State, as well as the role of the US-EU imperialist bloc and its lackeys. Even with contradictions, as a result of their internal struggles, they maintain a line of conduct to take advantage of the economic, political and social disturbances that Venezuela is experiencing, contributing to the process of decomposition of the State. This process is deepening every day, leading to a negotiation to distribute the country’s wealth among the imperialist powers, to foreign aggression, a coup d’état or even a revolutionary situation. This is a consequence of the struggle among the different tendencies in conflict and the emergence of popular actors, as happened at other periods in the history of the country.

Faced with these scenarios, which are leading to situations of violence, we call on all revolutionaries, patriots and democrats, on the workers of the world, on the peasants and worthy people, to prepare the conditions of concrete solidarity, being certain that the Venezuelan people are resisting and struggling. They will continue resisting and fighting under any scenario; the working class, we Marxist-Leninists and especially our party are working to organize the defense, based on the legitimacy of the actions that the proletariat will take to safeguard their interests and those of the majorities, convinced that the contradictions present in the region are creating the conditions for a struggle that is expanding, and to work for the unity of the working class and peoples on the basis of tactics of a regional character in order to confront the main and common enemy of our peoples without dispersing the forces by attacking scarecrows.

Socialism Is Only Built with the Worker-Peasant Alliance in Power and the People in Arms!

 

Source: http://cpaml.org/posting1.php?id=824

La guerre populaire dans les pays impérialistes

Par le 

Parti Communiste Maoïste de France (PCmF)  

Plusieurs éléments ont composé le cocktail idéologique explosif qui allait déclencher le mouvement de 1968 : le début de la révolution sexuelle qui s’est opposée à la séparation des filles et garçons dans deux résidences séparées à Nanterre d’où la lutte est partie, la contestation de la société de consommation (Marcuse), le situationnisme (le livre  d’Hockeingeim – misère en milieu étudiant), la guerre au Vietnam (comités Vietnam de base), le mouvement d’opposition à Berkeley, Rudy Dutschke en Allemagne et le mouvement anti-impérialiste, la lutte contre le révisionnisme moderne khrouchtchévien, la Grande Révolution Culturelle Prolétarienne en Chine, le mouvement maoïste, la tricontinentale, etc.. Sur le plan économique, de grandes grèves comme celle de la Rhodiaceta avaient jalonné l’année 67. Les évènements du Quartier Latin après la fermeture de Nanterre, allaient provoquer la nuit des barricades le 10 Mai 1968. Le 13 Mai à l’appel des syndicats contre la répression du mouvement étudiant, une manifestation rassemblait 1 million de manifestants à Paris. Jour après jour, des usines étaient occupées par les grévistes. Au bout d’une dizaine de jours, 10 millions de travailleurs étaient en grève, des paysans apportaient leur soutien, les commerçants recevaient des bons d’achat émis par les syndicats à Nantes.

   Bref la situation était quasi insurrectionnelle, mais le PCF ne pouvait que se comporter comme un parti légaliste, réformiste et révisionniste et développer sa thèse d’Union de la Gauche pour la conquête du pouvoir pacifique par la voie parlementaire. Certes la bourgeoisie a été contrainte de faire d’importantes concessions, entre autre le droit des immigrés à être syndiqués et élus, de fortes augmentations de salaires, etc. De Gaulle avait eu le temps de se ressaisir et la bourgeoisie désemparée, revigorée défilait sur les Champs-Elysées (1 million de personnes). La gauche était battue aux élections, une chambre gaulliste était élue.

   Mais le mouvement allait se poursuivre encore plusieurs années. Les trotskystes avançaient la thèse du reflux, alors que les maoïstes de la Gauche Prolétarienne, qui s’était formée en Août par la fusion d’une partie du mouvement du 22 mars et d’une partie de l’UJCML, refusait la théorie du reflux et posait le problème de la guerre populaire prolongée. Un plan d’implantation était élaboré vers les usines : la lutte contre l’exploitation, l’oppression et la conciliation réformiste et révisionniste était engagée. A Renault, c’était l’affrontement entre le comité de lutte et la direction CGT. De nombreuses victoires étaient obtenues par le comité de lutte, des actions contre les mouchards étaient organisées (GOAF, groupes ouvriers anti-flics), la rotation sur les chaînes étaient mises en place (division peinture notamment). Finalement la GP était interdite, les directeurs de la Cause du Peuple arrêtés et les vendeurs de la Cause du Peuple (maoïstes ou militants solidaires d’autres organisations) étaient jetés en prison. Ce qui n’empêchait pas le mouvement de se développer, bien au contraire. L’Union Nationale des Comités de Lutte d’Ateliers (UNCLA) était créée, mais aussi les Comités Vérité et Justice ainsi que le Secours Rouge. Ces organisations regroupaient des militants de diverses organisations. La GP était très activiste.

   La transformation de la GP en Parti était annoncée mais ne vit jamais le jour. La ligne empruntait divers aspects du maoïsme « on a raison de se révolter », lutte intransigeante contre le patron, lutte en dehors des cadres réformistes et révisionnistes, création d’une branche semi-armée, la NRP (Nouvelle Résistance Populaire), dans l’idée de détachements de nouveaux partisans. Mais la théorie de la construction du Parti par le bas persistait, alors que la GP avait été créée, elle, par le haut. L’UNCLA défendait une ligne économiste (la défense du beefsteak, le rejet du politique). La course derrière les Lip qui faisaient la révolution sans le savoir comme le prétendait le chef de la GP, Pierre Victor (Béni-Lévi), amena la direction à déclarer caduques les thèses marxistes-léninistes et à dissoudre la GP.

   Le mouvement autonome sur une ligne encore plus anarchisante va tenter d’appliquer la thèse des maisons pour tous qui était la thèse de la dissolution dans les masses proposée par la direction de la GP. Les NAPAP vont former un noyau armé, qui exécutera Tramoni, assassin de Pierre Overney. Va leur succéder le groupe Action Directe, qui va multiplier les actions armées et attentats contre des cibles impérialistes et capitalistes.

   La GP a été le seul mouvement se réclamant du maoïsme qui a eu une pratique importante dans les masses, ce qui fait sa différence avec Action Directe qui n’a eu pratiquement aucune influence politique et organisationnelle dans la classe ouvrière. La GP a pratiqué l’action symbolique semi-armée et avait comme objectif de mener la lutte armée, la guerre prolongée contre la bourgeoisie, mais n’a pas franchit le pas.

   Les manques de ces deux organisations (GP et AD) ne sauraient faire oublier les aspects positifs de l’une et l’autre, pas plus que le révisionnisme ouvert du PCF depuis les années soixante ne saurait faire oublier, la juste création de la section française de la IIIème Internationale, les luttes menées, et particulièrement la période de la Résistance. Ces expériences, ces luttes, font partie de notre patrimoine idéologique, politique et organisationnel comme la Commune de Paris et sur le plan international, la Révolution d’Octobre, la Révolution Chinoise, et les guerres populaires menées aujourd’hui au Pérou, au Népal, en Inde, en Turquie, aux Philippines,…

   En 1981, la gauche arrive au pouvoir, sociaux-démocrates en tête, alliés au PCF. Mitterrand a défini son objectif : réduire l’influence du PCF, lui faire perdre son électorat qui se réduira comme une peau de chagrin. Les ministres « communistes » vont  gérer le capitalisme. On connaît la suite. Les partis de gauche dont le P« c »F vont perdre les élections présidentielles en 2002, non pas parce qu’ils étaient divisés au 1er tour, mais parce que les promesses électorales n’avaient pas été tenues, que le chômage avait considérablement augmenté, etc.

   Devant la montée du Front national et bien que l’extrême droite ne totalisa que 6 millions de voix contre 10 pour la droite, ils ont appelé à voter Chirac qui a été élu à 82% des voix sur 70% de votants. Bien qu’élu grâce aux voix de la gauche et de l’extrême gauche,Chirac a accéléré la restructuration capitaliste prenant des mesures en conséquence : attaque contre les retraites, augmentation de la CSG, diminution des remboursements de santé avec l’aval de la CFDT, mise en place d’un nouveau contrat social (loi Borloo) et ses maisons de l’emploi.

   Lors du référendum sur la Constitution Européenne en 2005, malgré l’appui de la majorité du PS et de la CFDT qui appelaient à voter OUI, malgré la bienveillante « neutralité » « syndicale » que tenta de faire passer la direction CGT (position renversée par le CCN (Comité Confédéral National) qui fit adopter le NON), le mouvement ouvrier et populaire a voté massivement pour le NON. C’était la 1ère victoire du prolétariat et du mouvement populaire.

   Malgré cela, comme nous l’avions prévu et écrit dans notre presse, la bourgeoisie et le gouvernement de droite ont poursuivi leur offensive et Sarkozy a même fait passer la constitution européenne. De nouvelles mesures étaient prises soi-disant pour enrayer le chômage. Des nouveaux contrats ont succédés aux précédents. Le premier le CNE (Contrat Nouvelle Embauche) était avalisé par la CFDT. Il concernait les jeunes de moins de 26 ans embauchés dans les entreprises de moins de 20 salariés, lesquelles pouvaient s’en séparer sans préavis. La CGT et FO, bien qu’ils n’aient pas signé ce contrat, étaient impuissantes à s’y opposer. Il y avait eu pourtant d’importants mouvements, comme celui de l’Education Nationale, contre les Retraites etc. Au lieu d’appeler au blocage de l’économie capitaliste, en appelant à la « grève générale », ils appelaient dans la légalité avec préavis à des journées d’actions, secteur après secteur, empêchant ainsi tout mouvement généralisé. Les travailleurs perdaient des journées de salaires sans rien obtenir ou presque. Le découragement, l’amertume gagnait du terrain. Les partis de gauche n’avaient aucune perspective à offrir, si ce n’est que d’attendre 2007, pour mettre à la tête de l’Etat capitaliste un gouvernement de gauche en place de celui de droite. C’est cequ’on appelle l’alternance, que nous avons déjà vue à l’œuvre.  

   La misère, le chômage des jeunes considérable (40%) dans les quartiers populaires s’accompagne d’une répression de plus en plus forte. En novembre 2005, la mort de 2 jeunes électrocutés et un autre grièvement brûlé à Clichy sous Bois, suite à une poursuite de police sans fondement ont provoqué la révolte des banlieues. Cette révolte a soulevé la chape de plomb qui écrasait le prolétariat.

   Les partis ont dû se positionner par rapport à cette révolte. La majorité a mis l’accent sur les « excès » des révoltés, appelé au calme car ils sont sur le fond contre la violence utilisée par les masses pour s’opposer à l’oppression, à la répression. Lors de la révolte des banlieues, la bourgeoisie a arrêté plus de 3000 jeunes dont 600 ont été condamnés à des peines allant d’1 mois avec sursis à 8 mois ferme.  

   Une étincelle peut mettre le feu à toute la plaine, cela a été de nouveau démontré. Cette révolte a été suivie par celle de la jeunesse étudiante, lycéenne qui s’est soulevée contre le CPE au printemps 2006. L’occupation de la Sorbonne a conduit l’Etat à envoyer les CRS et gardes mobiles pour déloger les occupants. Le quartier était toujours bloqué un mois après. Cela n’a pas arrêté la détermination des étudiants et des lycéens. Le mouvement qui était parti de la fac de Rennes II, s’était étendu à Toulouse et Nanterre, puis a atteint 70 universités ; plus de 700 lycées furent bloqués. La jeunesse dans toute la France était dans la rue. 70% de la population s’est déclarée contre le CPE, car chacun se sentaitconcerné non seulement pour l’avenir de ses enfants, mais aussi par la démolition systématique du Code du Travail, la suppression de tous les acquis obtenus par la lutte sans interruption du prolétariat. Les manifestations s’amplifièrent de jour en jour pour atteindre 3 millions de personnes dans la rue le 28 mars. La provocation de Chirac à la télé en remettra autant dans la rue le 4 Avril.

   Pouvons nous dire que la révolte des banlieues, le mouvement contre le CPE soient des éléments de la guerre populaire, font partis du processus qui y conduit ? Oui, ce sont les prémisses de la guerre populaire ! Les jeunes des banlieues ont osé se révolter sans organisation, car les organisations ont abandonné un véritable travail politique révolutionnaire dans ces quartiers pour la simple raison qu’ils sont opposés à la rage qui se transforme en violence. Elles appellent au renforcement de la police, de la justice, demandent plus de moyens pour neutraliser cette colère, cette rage, pour pacifier la jeunesse désespérée. Ceci explique pourquoi les pacifistes, les conciliateurs sont rejetés par les jeunes des banlieues. Ils mettent l’accent sur les « excès », pas sur la révolte qui à leurs yeux n’est pas assez politique, alors que la révolte est dirigée contre tous les vrais excès de la bourgeoisie. La violence en est encore à une phase inférieure : il n’y a d’armes que du côté des forces de police. Elle revêt aussi un caractère symbolique et est reprise durant le CPE par des masses de plus en importante. Une partie des « casseurs » prend conscience au contact des radicaux du mouvement étudiant et lycéen et utilise la violence en ciblant mieux.

   Le mouvement lui-même emploie une violence limitée. C’est une violence défensivecontre l’appareil d’État. La direction du mouvement contre le CPE a échappée en partie aux forces organisées, qui y exercent néanmoins leur influence par syndicats interposés. Ils sont obligés de suivre car ils y ont intérêt. L’exemple le plus visible est celui de la CFDT, qui redore son blason en prenant la tête du soutien. Elle fait ainsi oublier sa prise de position pour le CNE. Le CPE a aidé la direction de la CGT dans sa préparation du 49èmeCongrès car il y a une forte opposition à son orientation conciliatrice, accompagnatrice de la restructuration. Aujourd’hui la direction CGT adhère à une « nouvelle » internationale syndicale, dont le programme est la gouvernance du monde en collaboration avec les instances internationales ONU, FMI, OMC… Le mouvement lui-même est traversé par la lutte idéologique, sur le problème de la violence, sur le problème d’attaquer le système lui-même et pas seulement le gouvernement en place.

   Le gouvernement a reculé d’un demi-pas sur le CPE et a abandonné ce projet en proposant des cadeaux supplémentaires pour les patrons qui, paraîtrait-il, les inciterait à embaucher. On a déjà entendu cette chansonnette, sous la gauche ou sous la droite, mais la jeunesse et les travailleurs qui les ont soutenus ont pris conscience de leur force. La jeunesse a secoué les vieux appareils réformistes et révisionnistes et les a contraints à remettre en cause le CNE, auquel certains avaient souscrit comme la CFDT. D’autres avaient refusé de déclencher le blocage du système économique comme moyen de lutte, blocage qu’il ne faut pas confondre avec la grève générale insurrectionnelle, aboutissement de la guerre populaire prolongée.

   Depuis le CPE, il n’y a pas eu de mouvement d’ensemble aussi massif et étendu dans la durée. Cependant, il y a eu des luttes dures qui prennent des formes nouvelles, qui marquent un certain virage. Ainsi, il est à noter les luttes dans les facultés contre la LRU puis contre l’application de la LRU (où les profs se sont solidarisé des étudiants). Ces deux luttes ont été caractérisées par de longs mois de blocage des universités ainsi que des tentatives de mettre en place des « facs libres », « universités populaires », bref des tentatives de renverser les schémas culturels des cours magistraux, des profs que l’on ne remet pas en question, des tentatives de reprendre ses affaires en main et d’ouvrir les universités vers l’extérieur. De même, dans certaines villes, des commissions externes se sont mises en place pour faire le lien avec les autres secteurs de la société et notamment la classe ouvrière.

   De même, la crise générale du capitalisme, crise de surproduction, a mené à la réorganisation du Capital qui se traduit par une augmentation de la concentration de capitaux et au redéploiement du Capital pour garantir à la classe capitaliste-impérialiste un meilleur taux de plus value. Cela s’est manifesté par de nombreux licenciements, des fermetures d’usines et d’entreprises. C’est ainsi que les travailleurs de ces usines et entreprises ont mis en pratique des formes radicales de lutte (séquestrations de cadres, occupations de lieux de travail et d’institutions de l’Etat, menaces de destruction des outils de travail, etc.). Dans le cadre de ces luttes, les travailleurs se sont opposés aux directions syndicales collaboratrices, véritables partenaires sociaux dociles des représentants du Capital (le gouvernement), et ont réalisé l’unité à la base dans des comités de lutte regroupant syndiqués et non-syndiqués. Certes ces luttes ont des limites et elles ne se sont pas généralisées mais les premiers pas ont été franchis vers l’autonomie de la classe ouvrière vis-à-vis des organes réformistes (syndicats et organisations politiques).

   La guerre populaire prolongée a commencé par la révolte des banlieues, elle s’est poursuivie par la lutte de la jeunesse contre le CPE, qui n’est qu’un pas supplémentaire dans cette guerre. Elle continue maintenant au travers des luttes dans les usines et entreprises. Le mouvement le plus avancé a tenté de s’organiser en comité de lutte, d’action. Ces luttes accumulées (révolte des banlieues, lutte  des étudiants et lycéens contre le CPE, contre la LRU, lutte des ouvriers contre les fermetures de boîtes et licenciements), ont eu l’appui et la sympathie de la majorité de la population. Cette contre-offensive contre la bourgeoisie montre que la phase d’initiation de la « guerre populaire » est amorcée. Ce ne sont que les prémisses de la défense stratégique. Ce ne sont que quelques ingrédients. Il manque certes beaucoup de choses. En particulier l’élément subjectif, en tout premier, un Parti Communiste maoïste plus puissant que celui qui mène en ce moment la lutte pour éclairer le chemin. Il manque des organisations de masses authentiquement révolutionnaires, guidées par le Parti, et liées aux masses ouvrières et populaires. Les jeunes des banlieues sauront sous la direction d’un tel Parti et d’un authentique mouvement de la jeunesse révolutionnaire emprunter la voie de la guerre populaire.

   Malgré la quasi absence de Parti, pas d’organisation de jeunesse révolutionnaire, encore moins d’unités combattantes, les jeunes des banlieues ont montré que les fils de prolétaires étaient capables sans organisation, de généraliser leur mouvement de révolte contre l’appareil répressif de l’Etat, contre le système d’exploitation. Depuis, il semble que les jeunes aient appris par leur propre pratique, après la répression massive. Ils sont passés de l’affrontement frontal contre des forces supérieures  à des méthodes encore défensives de « frapper avec des forces supérieures ». Pourtant ils n’ont pas lu les écrits militaires de Mao Zedong. Les jeunes révolutionnaires, les jeunes maoïstes doivent aller aux masses pour apprendre d’elles dans la pratique, mais aussi apporter leurs analyses car les communistes ne partent pas de zéro, « l’ancien doit servir le nouveau », et non le contraire car « le nouveau ne doit pas revenir à l’ancien », mais « seulement utiliser ce qui est utile pour le nouveau ».

Où il y  oppression, il y a résistance !

   La lutte va se poursuivre car les problèmes inhérents au système capitalistes ne peuvent être résolus par des réformes, quelque soit la couleur politique du gouvernement chargé de gérer ce système, mais par la destruction totale du système capitaliste et l’instauration du socialisme. Seul un processus conduisant à la guerre populaire dans notre pays en tenant compte des conditions concrètes de son développement, mais aussi dans tous les pays, peut permettre de prendre le pouvoir dans tout le pays et alors d’engager la construction du socialisme.

   Le parti en formation que doivent rejoindre tous les communistes de ce pays tire les leçons de la Commune de Paris, de la Révolution d’Octobre et de la Révolution chinoise, celles des avancées formidables de la guerre populaire au Pérou, au Népal (bien qu’il faille être vigilant au vu des derniers développements), en Inde, en Turquie, au Bengladesh, aux Philippines et, en ce qui nous concerne et en partant de nos conditions spécifiques, les leçons plus récentes de la révolte des banlieues, de celle des étudiants et lycéens, des luttes des travailleurs et des multiples formes de résistance et de révolte, de la prise de conscience que la gauche et l’extrême gauche légaliste, la droite et l’extrême-droite ne peuvent conduire le prolétariat et le peuple sur le chemin de la victoire.

Ils font leurs plans, faisons les nôtres

   Organisons partout la résistance !

   Créons nos organisations ouvrières, populaires contre la politique des dirigeants conciliateurs, réformistes et/ou collaborateurs. Démasquons les traîtres à la cause du prolétariat et du peuple.

   Formons des conseils dans les usines et les entreprises, regroupant syndiqués ou non syndiqués pour reconstruire le syndicalisme de lutte de classe. Formons des conseils de quartiers dans les quartiers populaires devant répondre aux besoins des plus larges masses d’opprimés et d’exploités, organes embryonnaires du nouveau pouvoir.

   Regroupons dans le Parti Communiste maoïste les communistes et tous ceux qui veulent renverser la dictature de la bourgeoisie et construire le socialisme.

   Contre la montée du fascisme moderne soutenons tous les mouvements ou actions de résistance, aidons à sa structuration, en vue de franchir les divers degrés de résistance, d’atteindre un équilibre suffisant avec les forces adverses pour passer à l’offensive dans tout le pays. C’est la voie de la guerre populaire prolongée jusqu’à la victoire définitive du prolétariat dans chaque pays et à l’échelle mondiale contre la réaction capitaliste et leurs alliés et complices.

 

Source: http://www.bibliomarxiste.net/documents/france/parti-communiste-maoiste-de-france/la-guerre-populaire-dans-les-pays-imperialistes/

Executive order no. 70 is in furtherance of fascist dictatorship: Statement by Prof. Jose Maria Sison

Statement by Prof. Jose Maria Sison
NDFP Chief Political Consultant
December 10, 2018

Executive Order No. 70 is the latest of presidential issuances in furtherance of the already ongoing de facto martial law nationwide and is in preparation for the formal declaration of martial law nationwide sometime next year. Duterte is truly hell-bent on imposing a fascist dictatorship on the Filipino people.

Under the pretext of ending the revolutionary movement, the national task force is aimed at militarizing all civilian departments and agencies of the reactionary government and concentrating powers and the opportunities for corruption in the hands of Duterte and his ruling clique.

EO 70 will not result in the end of the revolutionary movement led by the CPP. It will only inflame the revolutionary resistance of the broad masses of the people because more noncommunists and even more anti-commmunists than communists will be victimized by the military and police acts of suppression.

I said before that Duterte will have to kill, kill, kill a hundred or even a thousand noncommunists before he can kill one communist. Most of the victims of the national task force shall be the critics of and opposition to the tyrannical, brutal and corrupt Duterte regime.

The military and their civilian agents will also invent a big number of fake surrenderers and fake NPA casualties in fake encounters in order to pocket privately the money for fake surrenders and fake NPA casualties.

As Duterte himself said sometime ago, General Esperon can be his successor. Given more time for Duterte to further discredit himself, Esperon can be actually his succcessor as in so many cases abroad when the dictator becomes too discredited the man on the horse (a general) takes over. Duterte is practically sitting on a throne made of bayonets.###

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Duterte forms nat’l task force to end local communism
By: Nestor Corrales – Reporter / @NCorralesINQ
INQUIRER.net / 01:31 PM December 10, 2018
https://newsinfo.inquirer.net/1061679/duterte-forms-natl-task-force-to-end-local-communism?fbclid=IwAR0yyF3y5yXfQZKgsL7kcwPJP3OD2XEat8vdEDJpeKYIK7c_uYWb4Nf6hoU

MANILA, Philippines – President Rodrigo Duterte has created a national task force to end local communist armed conflict in the Philippines.

Duterte signed on December 4 Executive Order No. 70, which copy was only made available to the media on Monday.

Under the EO, Duterte directed the adoption of a national peace framework and institutionalizing the whole-of-nation approach in attaining to attain “inclusive and sustainable peace” in the country.

Duterte said “there is a need to create a national task force that will provide an efficient mechanism and structure for the implementation of the whole-of-nation approach to aid in the realization of the collective aspiration of the Filipino people to attain inclusive and sustainable peace.”

“The government shall prioritize and harmonize the delivery of basic services and social development packages in conflict-affected areas and vulnerable communities, facilitate societal inclusivity, and ensure active participation of all sectors of society in the pursuit of the country’s peace agenda,” Duterte said.

Duterte will be the chair of the task force while the national security adviser will be his vice-chair.

Members of the task force included secretaries of interior, justice, defense, public works, budget, finance, agrarian reform, social welfare, education, communications operations office; the director generals of National Economic and Development Authority and Technical Education and Skills Development Authority.

Other members are the presidential adviser on peace process, presidential adviser for the indigenous peoples’ concerns, chief of staff of the Armed Forces of the Philippines, director general of the Philippine National Police, chairperson of the National Commission on Indigenous People, and two representatives from the private sector.

Duterte ordered the task force “to formulate and start to implement in coordination with relevant national government agencies, local government units, civil society groups and other stakeholders.”

The President said “the framework shall contain principles, policies, plans and programs that will bring inclusive and sustainable peace, and address the root causes of insurgencies, internal disturbances and tensions as well as other armed conflicts and threats in identified areas.”

“Framework shall be responsive to local needs and sensitive to realities on the ground,” he said.

“The framework shall include a mechanism for localized peace engagements or negotiations and interventions that is nationally orchestrated, directed and supervised, while being locally implemented,” he added.

The initial funding requirements for the implementation of the order, Duterte said, should be charged against existing appropriations of member-agencies of the Task Force and such other appropriate funding sources as the Department of Budget and Management may identify. /kga

 

Source: https://josemariasison.org/executive-order-no-70-is-in-furtherance-of-fascist-dictatorship/

34 ans de prison, toute une vie de résistance !

Communiste arabe, Georges Abdallah s’engage très jeune dans la résistance palestinienne et libanaise contre les bourgeoisies confessionnalistes libanaises et ses alliés impérialistes et sionistes.

Communiste arabe, Georges Abdallah sera condamné à la réclusion criminelle à perpétuité en France en 1984 pour des actes revendiqués par les Fractions Armées Révolutionnaires Libanaises alors en lutte contre l’occupation sioniste du Liban.

Communiste arabe, Georges Abdallah poursuit son engagement depuis sa prison. Par exemple, il affirme son soutien au combat contre les crimes policiers racistes tout comme sa solidarité avec les différentes mobilisations du prolétariat en France.

Communiste arabe, Georges Abdallah défend encore et toujours le programme historique contre la colonisation sioniste : une Palestine libre et démocratique de la mer au Jourdain. En ce sens, il affirme la nécessité de la Résistance, y compris armée, en Palestine occupée mais également dans les camps de réfugiés palestiniens et dans les régimes réactionnaires arabes de la région qui sont des ennemis de la Palestine.

Communiste arabe, l’impérialisme français refuse de le libérer allant même jusqu’à bafouer ses propres lois. Ce refus témoigne de la volonté des gouvernements français successifs de tenter d’isoler et étouffer une voix, un symbole résolument anti-impérialiste et antisioniste au Moyen-Orient.

Communiste arabe, Georges Abdallah est notre camarade et nous exigeons sa libération immédiate. Alors que celui ci entrera le 24 octobre prochain dans sa 35e année d’incarcération, l’OCML VP appelle à participer largement à la Semaine Internationale d’Actions pour sa libération et en particulier à la manifestation du samedi 20 octobre dès 14 de la gare à sa prison à Lannemezan (65).

Il est de nos luttes, nous sommes de son combat : libérez Georges Abdallah !

OCML Voie Prolétarienne, 14 octobre 2018

 

Source: http://ocml-vp.org/article1957.html

75e anniversaire de la victoire de la bataille de Stalingrad

Gloire à ceux dont l’héroïsme a défendu Stalingrad et changé le cours de la Deuxième Guerre mondiale

À l’occasion du 75e anniversaire de la victoire de la bataille de Stalingrad le 2 février 1943, le Parti communiste du Canada (marxiste-léniniste) adresse ses félicitations les plus chaleureuses à tous les descendants de ceux qui ont combattu et vaincu les envahisseurs nazis qui ont attaqué Stalingrad le 23 août 1942. La bataille s’est terminée par l’encerclement et la capitulation d’une armée allemande de 300 000 soldats. Cela a porté un coup mortel à la Wehrmacht nazie. La victoire de la bataille de Stalingrad, suivie d’une victoire décisive à Koursk, a été le début d’une puissante contre-offensive qui a repoussé les hitlériens progressivement jusqu’à leur point de départ, jusqu’à l’effondrement final du Troisième Reich à Berlin en 1945. La bataille a changé le cours de la Deuxième Guerre mondiale en faveur des peuples soviétiques et des peuples d’Europe et du monde.

Dans son discours du 6 novembre 1943 à la célébration du 26e anniversaire de la Grande Révolution d’Octobre, Joseph Staline a évalué la bataille de Stalingrad comme suit :

La bataille de Stalingrad a abouti à l’encerclement d’une armée allemande de 300 000 hommes, à sa débâcle et à la capture d’un tiers environ des troupes enveloppées. Pour se faire une idée de l’étendue de la bataille, sans précédent dans l’histoire, qui s’est déroulée sur les champs de Stalingrad, il faut savoir qu’à l’issue de cette mêlée on a recueilli et enterré 147 200 soldats et officiers allemands tués et 46 700 soldats et officiers soviétiques tués. Stalingrad a marqué le déclin de l’armée fasciste allemande. On sait qu’après la bataille de Stalingrad, les Allemands n’ont pu se relever. […]

Tous les peuples de l’Union soviétique se sont unanimement levés pour la défense de leur Patrie ; ils regardent à juste titre la guerre pour le salut de la Patrie comme la cause commune de tous les travailleurs, sans distinction de nationalité ni de confession. Les politiciens hitlériens eux-mêmes voient maintenant qu’ils se sont montrés désespérément absurdes à vouloir spéculer sur la division et les conflits entre les peuples de l’Union soviétique. L’amitié des peuples de notre pays a résisté à toutes les difficultés et à toutes les épreuves de la guerre ; elle s’est retrempée encore plus dans la lutte commune de tous les citoyens soviétiques contre les envahisseurs fascistes. Là est l’origine de la force de l’Union soviétique. (Vifs applaudissements prolongés)

Aussi bien dans le cours de la guerre qu’aux années de construction pacifique, le Parti de Lénine, le Parti bolchevik, est apparu comme une force qui guide et dirige le peuple soviétique. Aucun parti n’a bénéficié ni ne bénéficie, auprès des masses populaires, d’un aussi grand prestige que notre Parti bolchevik. Et cela se conçoit. Sous la direction du Parti bolchevik, les ouvriers, les paysans et les intellectuels de notre pays ont conquis la liberté et édifié la société socialiste. Aux jours de la guerre pour le salut de la Patrie, le Parti nous est apparu comme l’inspirateur et l’organisateur de la lutte du peuple contre les envahisseurs fascistes. Le travail organisateur du Parti a réuni en un tout et dirigé vers un but commun tous les efforts des citoyens soviétiques, en subordonnant toutes nos forces et tous nos moyens à la mise en déroute de l’ennemi.

Au cours de la guerre le Parti a resserré encore davantage ses liens avec le peuple, il s’est associé encore plus étroitement aux grandes masses de travailleurs. Là est l’origine de la force de notre État. (Vifs applaudissements prolongés)

Tableau de la bataille de Stalingrad (G. Marchenko)

Cette victoire révèle plusieurs contrastes, des profondeurs de la brutalité et de la barbarie des nazis, de leur arrogance et vanité, aux sommets de la bravoure, de l’héroïsme et de l’innovation des Soviétiques. Mais elle a sans doute par-dessus tout montré que l’affirmation du droit d’être de Stalingrad face à l’agression nazie exigeait l’organisation d’un type nouveau, qui avait été créée en Union soviétique sous la forme du parti communiste de type nouveau et du pouvoir soviétique. La bataille a révélé la qualité nouvelle de l’organisation et de la résistance produite par le pouvoir des Soviets dans lequel le peuple et sa direction ne font qu’un pour faire triompher la justesse de leur cause. Leur but, leur détermination et l’expression de leur volonté se sont exprimés dans leurs actions, lorsqu’ils se sont dressés pour défendre leur ville, leur patrie soviétique et leur État ouvrier soviétique.

Aujourd’hui aussi, l’établissement d’un but et de l’organisation capables de réaliser ce but est crucial pour qu’on puisse renverser la situation en faveur des peuples. Pour écarter les dangers auxquels elle fait face, l’humanité exige aujourd’hui de nouvelles formes d’organisation, des gouvernements antiguerre dans lesquels c’est le peuple qui prend les décisions en son propre nom. Plus jamais les peuples ne vont-ils remettre leur pouvoir décisionnel à d’autres qui sont alors autorisés à agir en leur nom mais ne le font pas. Au contraire, les soi-disant représentants souverains des peuples représentent la personne fictive de l’État qui gouverne le peuple au profit d’intérêts privés et non des intérêts que les peuples établissent eux-mêmes.

La forme du pouvoir et la forme de la direction doivent correspondre à ce que requièrent les conditions historiques qui sont apparues ces trente dernières années depuis la chute de l’Union soviétique.

Les formes du passé, celles de la période d’essor de la révolution, convenaient aux conditions qui appelaient à l’endiguement du fascisme nazi coûte que coûte pour l’humanité. Il s’agissait d’une période dans laquelle les peuples avaient de leur côté la grande Union soviétique comme fer de lance de la lutte pour la victoire et pour inspirer les peuples du monde à agir de même.

Aujourd’hui cependant, la révolution connaît une période de repli. Ce sont les forces impérialistes et réactionnaires qui ont l’initiative et non les peuples du monde. Ces forces contre-révolutionnaires ont formé des cartels et des coalitions internationaux qui regroupent de puissants intérêts privés, lesquels collaborent et rivalisent pour le contrôle des ressources et des sphères d’influence du monde et pour le pouvoir d’être les seuls décideurs, sur une base supranationale. Ce qu’elles ne peuvent contrôler, elles cherchent à le détruire, comme on le voit dans les invasions de pays souverains et dans les crimes innommables qui sont commis contre l’humanité et qui surpassent en étendue et en brutalité les crimes hitlériens. Elles font tout cela en prétendant agir pour la cause de la liberté, de la démocratie et de la paix, cette cause pour laquelle les peuples du monde ont combattu pendant la Deuxième Guerre mondiale et consenti le sacrifice suprême.

Aujourd’hui, alors que nous célébrons les victoires du passé, il est nécessaire de discuter de la signification de la victoire de la bataille de Stalingrad afin de rendre les peuples capables de renverser la vague de la contre-révolution qui frappe les peuples du monde en ce moment. Les peuples doivent saisir l’initiative et renverser la situation en leur faveur. Il faut renforcer l’opposition des peuples du monde à la contre-révolution néolibérale et aux guerres, aux agressions et aux crimes qui l’accompagnent afin qu’une force puissante émerge des actes de résistance qui est capable de mettre fin au pouvoir barbare des dirigeants d’aujourd’hui.

Ce numéro du LML rend hommage à l’héroïsme des défenseurs de Stalingrad et à leur dirigeants à l’occasion de la glorieuse victoire à Stalingrad. Cliquer ici pour voir la liste des événements qui ont lieu à cette occasion.

Source: http://cpcml.ca/francais/Lmlq2018/Q48003.HTM#1

Conférence Solidarité et Lutte : Renforcer la résistance à la guerre, au militarisme et au néofascisme

 

à Université de Toronto, Canada

du 5 au 7 août 2017

 

Informations : Courriel : antiwarconf.inquiriesto@gmail.com

 

#SOLIDARITYFIGHTBACK

#NO2USMILITARISM

 

Ligue internationale de lutte des peuples /    International League of Peoples’ Struggle     ILPS-LILP

Alliance international des femmes / International Women’s Alliance                                    AIF/IWA

Guerre, militarisme et néofascisme états-uniens

Guide de discussion

  1. TRUMP ESCALADE-T-IL LE MILITARISME ET LA GUERRE DES ÉTATS-UNIS?

 

Cent jours viennent à peine de s’écouler depuis l’accession de Trump à la présidence, et déjà le gouvernement des États-Unis poursuit violemment ses guerres impérialistes d’agression et d’intervention à l’étranger et intensifie la répression au pays. La superpuissance essaie ainsi, désespérément, de maintenir son hégémonie dans un monde multipolaire plongé dans une série de crises.

 

Seulement en mars, plus de 1 000 civils sont morts au cours de frappes aériennes effectuées par la soi-disant coalition que les États-Unis dirigent en Irak et en Syrie. Toujours en mars, Trump a donné l’ordre de lancer sur le Yémen, en seulement une semaine, plus de bombes que ne le faisait Obama dans toute une année.

 

Le 5 avril, Trump a donné l’ordre de lancer 59 missiles Tomahawk sur une base aérienne syrienne, sous un faux prétexte, tuant des dizaines de civils d’un village voisin. Un mois auparavant, les drones étatsuniens avaient lancé des missiles Hellfire et jeté une bombe sur une mosquée de la partie ouest d’Alep, dans laquelle 200 personnes priaient, en tuant 40 et en blessant 120 autres.

 

Le 13 avril, en Afghanistan, les États-Unis ont lancé la plus puissante bombe non nucléaire de leur arsenal sur un complexe de grottes et de tunnels, prétendument utilisés par les terroristes de l’ISIS. C’était la première fois que la bombe GBU-43 «Massive Ordnance Air Blast bomb» (MOAB), «Bombe à effet de souffle d’artillerie lourde», surnommée «la mère de toutes les bombes», était utilisée au combat. L’onde de souffle intense engendré par la bombe peut, dans un rayon d’un mille, anéantir toute personne et brûler tout l’oxygène se trouvant dans des espaces souterrains tels que des tunnels et des grottes.

 

En Somalie, Trump a affaibli les règles d’engagement de l’armée étatsunienne, ce qui entrainera l’augmentation du nombre pertes civiles. Depuis 2007, les États-Unis mènent une guerre très floue contre les soi-disant islamistes en action dans ce pays stratégique de la Corne de l’Afrique, et se servent de l’Éthiopie dans ce conflit mené par procuration. Obama avait régulièrement utilisé les drones des bases étatsuniennes situées à Djibouti, pays voisin, pour frapper les militants d’Al-Shabab.

 

Trump s’est vanté de déployer ce qu’il décrit comme une « armada » de cuirassés pour intimider la République populaire démocratique de Corée (RPDC) et a menacé de lancer une attaque nucléaire le premier, comme mesure préventive contre ce pays.

 

Toutes les actions agressives et belliqueuses entreprises par les États-Unis sont des signes, non pas de force ou d’assurance en leur capacités, mais bien ceux du déclin de cette puissance impérialiste. Étant en perte de vitesse, cette superpuissance devient toujours plus désespérée et agressive, et utilise la force brutale dans de vaines tentatives de conserver sa position hégémonique.

 

  1. QUELLES SONT LES CAUSES DE CETTE ESCALADE DES GUERRES ET DU MILITARISMES?

 

Comme conséquence de quatre décennies de restructuration néolibérale, l’économie mondiale transformée avait engendré d’énormes profits pour l’oligarchie financière par l’intensification de l’exploitation et la dépossession de familles de travailleurs dans le monde entier. Avant la crise, l’économie se maintenait grâce à la consommation stimulée par l’endettement et à l’activité forcenée des capitaux.  Mais avec l’éruption de la crise, ces facteurs s’étaient affaiblis et ne lui permettaient plus de juguler la crise de surproduction.  Les masses appauvries ne pouvaient plus acquérir les biens créés en quantité excessive par la production capitaliste. Ces facteurs ont même aggravé la suraccumulation de capital jusqu’à l’éclatement de la bulle lors de la crise des prêts hypothécaires à risque en 2007. L’économie mondiale s’est alors enlisée et se trouve depuis plongée dans une crise prolongée.

 

La crise économique prolongée du système capitaliste mondial est en train d’intensifier les luttes géopolitiques et les conflits sociaux dans le monde entier. Les États impérialistes dirigés par les États-Unis s’efforcent toujours plus agressivement de conquérir et de contrôler davantage de territoires qui constituent des sources de matières premières et de main-d’œuvre à bon marché, des marchés captifs, des routes d’approvisionnement et des zones pouvant servir de rampes de lancement de forces militaires à l’étranger. Alors que le néolibéralisme s’enlise dans la crise, le militarisme, c’est-à-dire le recours par les États aux moyens militaires pour atteindre leurs objectifs en matière de gouvernance intérieure et de relations extérieures, se développe et sévit aujourd’hui dans tous les continents.

 

L’impérialisme étatsunien est le principal fauteur de militarisme et de guerres et également la principale cause de déstabilisation dans le monde actuel. Les États-Unis sont préoccupés par l’apparition de nouvelles puissances telles que la Russie et que la Chine dans un monde multipolaire, qui, selon eux, menacent l’hégémonie qu’ils avaient établie sur le monde.  Ils se sentent menacés par la création et le développement de l’Organisation de coopération de Shanghai, qu’ils perçoivent comme étant une alliance opposée à l’alliance États-Unis-OTAN,  du bloc économique des pays désignés par l’acronyme BRICA, qui regroupe le Brésil, la Russie, l’Inde, la Chine et l’Afrique du Sud, de l’accord de commerce régional que développe la Chine, du Partenariat économique global régional (RCEP), qui exclue les États-Unis, des nouvelles institutions financières qui rivalisent avec la structure financière mondiale dominée par le capital financier étatsunien.

 

  1. COMMENT L’IMPÉRIALISME ÉTATSUNIEN MÈNE-IL UNE GUERRE DE TERREUR MONDIALE?

 

Afin de maintenir sa domination sur la planète, les États-Unis déclenchent des guerres de terreur dans le monde entier sous le prétexte de mener une «guerre contre le terrorisme» au niveau international. De connivence avec ses alliés de l’OTAN, l’État sioniste d’Israël et le Royaume d’Arabie Saoudite, les États-Unis ont délibérément fomenté des divisions sectaires en Asie occidentale et en Afrique du Nord, et cherchent à détruire ou à affaiblir tout régime qui défend la cause de l’indépendance nationale et de l’autodétermination des peuples arabes.

 

Le général Wesley Clark, ex-commandant suprême allié de l’OTAN pendant la guerre du Kosovo, a révélé que quelques semaines après les attentats du 11 septembre aux États-Unis, le Pentagone avait publié un mémorandum secret qui «décrivait comment nous allons envahir sept pays en cinq ans, d’abord l’Irak, puis la Syrie, le Liban, la Libye, la Somalie et le Soudan et enfin l’Iran.» Et, en effet, peu après, les États-Unis et leurs alliés ont bombardé, envahis ou occupés tous ces pays, à l’exception du Liban et de l’Iran, mais en attaquant en plus l’Afghanistan et le Yémen. Washington a également alloué 38 milliards de dollars afin d’appuyer les politiques israéliennes d’apartheid et d’occupation brutale de la Palestine au cours de la prochaine décennie.

 

Sur le continent africain, au cours des deux derniers mandats présidentiels d’Obama et celui de son prédécesseur, George W. Bush, Jr., les États-Unis ont intensifiée la militarisation qu’ils dirigent et continueront sans aucun doute à le faire sous la présidence de Trump. Au début de 2008 a eu lieu la fondation du Commandement des États-Unis pour l’Afrique (AFRICOM), qui a provoqué de l’instabilité et des déplacements de population dans le continent.

 

Comme le souligne Abayomi Azikiwe, rédacteur en chef de l’organisation «Pan-African News Wire» (novembre 2016), «le bombardement de la Libye sous de faux prétextes, la déstabilisation du pays et l’assassinat brutal du leader de longue date, le colonel Muammar Kadhafi, ont eu des conséquences qui sont encore ressenties (…). Aujourd’hui, la Libye est devenue un centre important de trafic ou de fuite d’êtres humains qui quittent le continent africain et traversent la Méditerranée en direction de l’Europe. Le Pentagone effectue chaque jour des bombardements dans cet État nord-africain. Washington et ses alliés ont subi de lamentables échecs lors de leurs multiples tentatives de créer à Tripoli un régime néocolonial stable qu’ils pourraient dominer (…).»

 

À Djibouti, le camp Lemonier, base militaire en plein essor, sert de lieu d’organisation et de lancement d’une campagne aérienne et terrestre sous le couvert de la lutte contre le «terrorisme islamique» dans la Corne de l’Afrique. La République du Soudan, qui était autrefois le plus grand État-nation d’Afrique en termes de superficie, a été divisée sous l’égide de Washington pour nuire à l’industrie pétrolière des pays émergents qui agissent en partenariat avec la République populaire de Chine.

 

Dans la région Asie-Pacifique, les États-Unis poursuivent leur politique de créer un «pivot vers l’Asie», qui consiste à y déployer jusqu’à 60 pour cent de leurs forces navales pour contenir la Chine et isoler la Corée du Nord. En 2015, le Commandement du Pacifique des États-Unis a effectué 175 exercices militaires bilatéraux et multilatéraux dans la région Asie-Pacifique.  Ceci constitue une hausse par rapport aux 160 exercices menés en 2014. Ces exercices conjoints font partie d’opérations de plus en plus fréquentes et de plus en plus diversifiées, qui incluant maintenant la guerre terrestre, la guerre aérienne, la guerre maritime, la guerre antimissile, les opérations spéciales, ainsi que la guerre électronique et cybernétique.

 

Tout en ciblant le programme nucléaire de la Corée du Nord, l’armée des États-Unis continue d’amasser des armes nucléaires en Corée du Sud. Les États-Unis se servent de la Corée du Sud comme plate-forme de lancement du Système de Défense aérienne de haute altitude (ou bouclier antimissile étatsunien) du Pentagone, connu sous le nom de THAAD (Terminal High Altitude Air Defense). Ils visent façon ostensive la Corée du Nord, mais également en Chine. En mars 2017, les États-Unis et la Corée du Sud ont entrepris le plus grand exercice militaire jamais réalisé dans la péninsule coréenne, mobilisant plus de 320 000 militaires, qui étaient appuyés par des forces aériennes et navales des États-Unis du niveau technologique le plus avancé. Ces exercices étatsuniens simulent des scénarios d’utilisation d’équipements anti-missiles et de forces de combat spéciales dans le but déclaré de «décapiter» la direction de la Corée du Nord et de détruire les armes nucléaires de ce pays.

 

Il n’est pas déraisonnable de croire que, face à cette grave menace, les dirigeants de la Corée du Nord pensent que les armes nucléaires du pays constituent le meilleur moyen de dissuader les États-Unis d’envahir ou d’attaquer leur pays, comme ils l’ont fait en Afghanistan, en Libye et en Syrie.

 

  1. L’IMPÉRIALISME ÉTATSUNIEN EST-IL COUPABLE DE CRIMES DE GUERRE?

 

Les États-Unis, l’OTAN et les forces alliées ont commis les crimes les plus atroces contre l’humanité tels que le massacre de civils, la torture et l’assassinat de prisonniers de guerre, ainsi que l’utilisation d’armes de destruction massive. Les forces étatsuniennes ont utilisé des bombes de phosphore blanc et des munitions d’uranium appauvri, que les conventions internationales interdisent parce qu’elles causent la mort au terme de douleurs atroces et le cancer d’habitants des populations touchées.

 

L’armée étatsunienne a entraîné et armé des troupes de substitution et des forces paramilitaires, y compris des groupes djihadistes comme Al-Qaïda et Daesh (ISIS / ISIL), dans le but d’attaquer ou de déstabiliser des pays qui ne sont pas alignés sur les conceptions impérialistes étatsuniennes et qui sont situés dans les régions riches en pétrole de l’Asie occidentale et centrale et de l’Afrique du Nord.

 

Ces guerres d’agression et par procuration, qui utilisent des groupes djihadistes, ont rasé des villes, des villages et des centres industriels, détruit des infrastructures civiles telles que des barrages, des ponts, des hôpitaux, des écoles, des installations énergétiques, des sites historiques, des églises et des mosquées, entre autres éléments. Environ 80% des morts de ces guerres ont été des civils, y compris des femmes, des enfants et des personnes âgées.

 

Selon un rapport publié en 2015 par les organisations «Médecins pour la responsabilité sociale», «Médecins pour la survie mondiale» et «Médecins internationaux pour la prévention de la guerre nucléaire», au moins un million d’Irakiens ont été tués entre 2003 et 2012 directement à cause de l’invasion et de l’occupation du pays par les États-Unis. Cette étude a révélé qu’au moins 1,3 million de personnes ont été tuées en Irak, en Afghanistan et au Pakistan à la suite de la soi-disant «Guerre contre la terreur» menée à la suite des événements du 11 septembre 2001. En 2015, les États-Unis ont officiellement lancé plus de 22 000 bombes et des attaques de drones en Irak et en Syrie, soit en moyenne plus de 60 bombes par jour.

 

Selon le Bureau de coordination des affaires humanitaires de l’ONU, les bombardements ininterrompus menés au Yémen par la coalition soutenue par les États-Unis ont détruit une partie importante de l’infrastructure sanitaire et aggravé la situation humanitaire qui était déjà effarante. Au moins 10 000 civils ont déjà été tués. D’autre part plus de 7,6 millions de Yéménites, dont 3 millions de femmes et d’enfants, sont au bord de la famine parce que les États-Unis et leurs alliés, l’Arabie saoudite et les Émirats arabes unis, bloquent toutes les routes terrestres, les aéroports et les régions côtières pour empêcher l’approvisionnement en aliments.

 

Selon le Bureau de l’Agence des Nations Unies pour les réfugiés, en 2015, le nombre de personnes «déplacées par la force dans le monde entier en raison de persécutions, de conflits, de violence généralisée ou de violations des droits de la personne» avait dépassé 60 millions, soit le nombre le plus élevé depuis la Seconde Guerre mondiale et ses conséquences immédiates. Plus des deux tiers de tous les réfugiés proviennent de seulement deux pays, qui ont été ciblés par des guerres dirigées par les États-Unis, la Syrie et l’Afghanistan. Plus de la moitié de ces réfugiés étaient des enfants.

 

Ces faits n’ont cependant pas causé d’émoi ou de tumulte au sein de l’ONU, de la « communauté internationale » et surtout pas dans les « pays civilisés » de l’Occident, eux qui, pour provoquer la guerre, accusent à tout bout de champ Bachar el-Assad et la Corée du Nord de commettre de prétendus « crimes de guerre ».

 

  1. DE QUELLE AUTRE FAÇON L’IMPÉRIALISME ÉTATSUNIEN MÈNE-IL LA GUERRE CONTRE LES CIVILS?

 

Les jeunes Étatsuniens, surtout ceux qui sont de couleur et les chômeurs, ont été sacrifiés dans le cadre de ces guerres d’agression menées à l’étranger. Le gouvernement des États-Unis a admis que 4 448 soldats étatsunien sont morts et que 32 221 ont été blessés lors de la guerre menée en Irak. Un grand nombre des soldats étatsuniens qui ont survécu à ces guerres souffrent de troubles mentaux et d’incapacités post-traumatiques.

 

Les guerres pour le pétrole menées par les États-Unis dans l’ensemble du Moyen-Orient ont causé la mort et l’invalidité de millions de personnes. Et, paradoxalement, les groupes terroristes qui étaient censés être les cibles de ces attaques menées par les États-Unis ont augmenté en nombre et se sont déployés sur une zone encore plus étendue. Après seize années de cette « guerre contre le terrorisme » menée par les États-Unis, les talibans contrôlent maintenant plus de territoire en Afghanistan qu’en 2001, tandis que le gouvernement afghan soutenu par les États-Unis ne contrôle pas plus de 60% du pays. Cela montre clairement que la « guerre contre le terrorisme » des États-Unis et de l’OTAN tue plus de civils et incite plus de personnes à devenir des militants opposés aux États-Unis et à leurs représentaux locaux.

 

Quant aux pays européens membres de l’OTAN et alliés de Washington, l’appui qu’ils ont donné aux guerres d’agression des États-Unis se retourne contre eux, comme en témoignent les attaques terroristes survenues à Paris, à Bruxelles et à Londres, qui ont causé de nombreuses victimes chez les civils et créé un climat de terreur au sein des populations.

 

Le terrorisme que les pays impérialistes exportent se retourne contre eux en les frappant. Face à cela, les États deviennent encore plus répressifs localement et adoptent plus de lois et de règlements, qui réduisent les libertés civiles, augmentent la surveillance des masses et militarisent la police et les contrôles aux frontières.

 

Aux États-Unis, par exemple, les citoyens font face à une escalade d’attaques néo-fascistes perpétrées par l’État, entre autres l’incarcération massive de personnes, la lutte contre les syndicats, la criminalisation, la militarisation de l’application de la loi, la brutalité policière, les raids et les déportations effectuées par l’Agence fédérale de contrôle de l’immigration et des douanes  [«U.S. Immigration and Customs Enforcement» (ICE)], et la surveillance des masses. Un exemple de cela est l’utilisation, partout aux États-Unis, des équipes SWAT («Special Weapons And Tactics» ou Armes et tactiques spéciales), lourdement armées, qui entrent de force dans des maisons de travailleurs en pleine nuit, souvent au moyen d’engins explosifs tels que les grenades «Flashbang», qui assourdissent et aveuglent temporairement, simplement pour appliquer un mandat de perquisition émis sur la base du soupçon que quelqu’un serait peut être en possession d’une petite quantité de drogue. Les États-Unis détiennent le quart de la population carcérale mondiale, qui se caractérise par un pourcentage disproportionné de Noirs et de membres d’autres minorités.

 

D’autre part la guerre et la militarisation détournent d’énormes ressources vers la guerre et la destruction alors qu’elles sont tellement nécessaires pour assurer les besoins sociaux de la population. Dans un rapport publié en 2015, l’Organisation des Nations Unies pour l’alimentation et l’agriculture estimait que pour éliminer l’extrême pauvreté et la faim d’ici à 2030 en améliorant l’agriculture et l’infrastructure rurale des communautés pauvres, il faudrait consacrer des dépenses additionnelles de 265 milliards de dollars par année, soit seulement 15 pour cent des dépenses militaires mondiales allouées en 2015. À l’échelle mondiale, on dédie beaucoup plus de scientifiques et de fonds de recherche et de développement aux recherches sur les armes qu’au développement de technologies sur de nouvelles sources d’énergie, l’amélioration de la santé humaine, l’augmentation de la productivité agricole et le contrôle de la pollution.

 

  1. COMMENT L’IMPÉRIALISME MÈNE-T-IL UNE GUERRE CONTRE LA PLANÈTE

 

En raison de l’élection de Trump et du contrôle continu de l’économie mondiale par les barons du pétrole, du gaz et du charbon et par les élus qui les défendent en appuyant l’utilisation de combustibles fossiles, le monde fait face à une catastrophe écologique du plus haut degré.

 

Comme l’a écrit le commentateur Tom Engelhardt, «On peut se demander si les États-Unis, fidèle à leur traditions d’organiser des coups d’États par la CIA et des changements de régime par l’armée, ne finiront pas par renverser également la planète. Si Trump, en tant que chef du pays qui est déjà le deuxième plus grand émetteur de gaz à effet de serre au monde, applique les politiques énergétiques qu’il a promises durant sa campagne électorale en mettant fin au financement des sciences climatiques, en dénonçant ou en ignorant les accords climatiques, en s’opposant au développement des formes alternatives d’énergie, en donnant le feu vert aux pipelines, à la fracturation hydraulique («fracking») et à d’autres formes d’extraction de combustibles fossiles et en ré-imaginant complètement les États-Unis en tant qu’Arabie saoudite de l’Amérique du Nord, il déclenchera effectivement un changement de régime, un coup d’État contre la planète Terre».

 

Trump n’est, bien sûr, pas le seul à suivre cette voie, mais il est celui qui le fait le plus ouvertement. Le gouvernement soi-disant « progressiste » du Canada du premier ministre Justin Trudeau avait été élu en promettant de promouvoir la justice climatique et un nouveau type de relations avec les peuples autochtones.  Il vient pourtant de donner le feu vert à deux grands projets de pipeline, les projets «Kinder Morgan Trans Mountain» et «Enbridge Line 3 Replacement», qui augmenteront massivement l’extraction du pétrole sale des sables bitumineux de l’Alberta.  Ces exploitations énergétiques mettront en danger les communautés surtout indigènes et les autres populations qui vivent sur son parcours en raison des risques de fuites de pipelines, d’explosions et de naufrages de navires.  Ainsi, le Canada ne respectera pas les promesses de changement climatique qu’il a faites en Paris.

 

À la suite des événements se déroulant dans le Dakota du Nord près de la réserve de Standing Rock de la tribu des Sioux, le ministre des Ressources naturelles du Canada, Jim Carr, a déclaré aux chefs d’entreprise que le Canada était prêt à déployer l’armée pour mettre fin aux manifestations anti-pipelines jugées «non pacifiques». Ceci soulève par conséquent la possibilité que le pays se retrouve dans la situation déjà connue lors de la crise d’Oka en 1990. Pour l’impérialisme canadien également, les affaires sont les affaires comme d’habitude.

 

«Alors que la demande de produits tels que les minerais, le bois et l’huile de palme se maintient, les gouvernements, les entreprises et les réseaux criminels saisissent les terres au mépris des personnes qui y vivent», a déclaré Billy Kyte, militant qui fait partie de la direction de l’organisation «Global Witness» et qui a documenté des attaques mortelles qui ont été menées en 2015 dans 16 pays contre les militants environnementalistes. «Les communautés qui résistent sont de plus en plus visées par les services de sécurité privés des entreprises, par les forces de l’État et par les organisations de tueurs à gages.  Ces dernières constituent une industrie en plein essor. Pour chaque assassinat que nous avons pu documenter, de nombreux autres ont été perpétrés sans être signalés».

 

En 2015 au moins 185 militants environnementaux ont été tués. Selon Global Witness, il s’agit du nombre le plus élevé de morts en un an. Le Brésil a été le pays le plus frappé, avec 50 morts, dont de nombreux homicides de militants qui essayaient de lutter contre l’exploitation forestière illégale en Amazonie. Les Philippines ont été le deuxième pays le plus frappé, avec 33, la Colombie avec 26, le Pérou avec 12, le Nicaragua avec 12 et la République démocratique du Congo avec 11.

 

L’industrie la plus meurtrière contre laquelle les protestations ont eu lieu a été celle des exploitations minières, avec 42 assassinats en 2015 liés aux activités d’opposition aux compagnies minières. Les intérêts de l’agro-industrie, des barrages hydroélectriques et de l’exploitation forestière sont également des facteurs principaux de violence. De nombreux meurtres ont eu lieu dans des villages situés très loin à l’intérieur de forêts tropicales.

 

Ajoutons à cela les déversements sur les terres et dans les océans de produits chimiques toxiques par les bases militaires et par les armes de destruction massive.

 

 

PAGE ENCADRÉE :

 

 

La militarisation et la guerre sous la conduite des États-Unis

 

 

639 milliards de dollars

sont actuellement acheminés vers le complexe militaro-industriel du gouvernement des États-Unis, ce qui confirme la continuation et le renforcement des politiques de guerre, de militarisme et de néofascisme en tant que piliers du capitalisme monopoliste dirigé par les États-Unis.

 

 

Le budget de la défense dépasse la somme des budgets des sept pays ayant les dépenses militaires les plus coûteuses.

 

 

+ 54 milliards de dollars

Sous la direction de Donald Trump, le gouvernement des États-Unis a augmenté de 54 milliards de dollars les dépenses militaires.

 

 

Liste des 7 pays bombardés, envahis et occupés par les États-Unis et du nombre de bombes lancées contre eux :

 

Irak                        12 095 bombes

Syrie                      12 195 bombes

Libye                     496 bombes

Afghanistan         1 337 bombes

Pakistan                3 bombes

Yémen                  34 bombes

Somalie                 14 bombes

 

 

2003                                                                     2017

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Au cours des 15 dernières années,                 |

les États-Unis et ses alliés ont bombardé,     |

envahi et occupé au moins sept pays.              |

Selon les chiffres officiels, en 2015, les États-Unis ont mené plus de 22 000 largages de bombes et attaques de drones en Irak et en Syrie, ce qui constitue une moyenne de 60 bombes par jour.

 

 

38 milliards de dollars

 

Aide du gouvernement des États-Unis en appui des politiques d’apartheid d’Israël et d’occupation brutale de la Palestine.

 

 

Solidarité et lutte

Renforcer la résistance à la guerre, au militarisme et au néofascisme

Université de Toronto, Canada

du 5 au 7 août 2017

 

 

  1. COMMENT LES ÉTATS-UNIS ÉTENDENT TOUJOURS DAVANTAGE LEUR EMPREINTE MILITAIRE GLOBALE?

 

Le militarisme étatsunien se développe en prenant pour cibles d’autres puissances impérialistes, ce qui augmente les dangers que courre l’humanité.

 

Les États-Unis étendent toujours davantage leur empreinte militaire globale en établissant un nouveau réseau de bases dans des pays qui s’étendent de l’Afrique à l’Asie de l’Est. Le pays a actuellement plus de 800 bases militaires à l’étranger, situées dans plus de 80 pays, alors que les autres pays en ont, ensemble, un peu plus de 30, qui appartiennent principalement à des alliés des États-Unis tels que la France et le Royaume-Uni. Selon David Vine, «les États-Unis ont probablement plus de bases en terres étrangères que tout pays, puissance ou empire ayant existé au cours de toute l’histoire».

 

Les installations étatsuniennes à l’étranger comprennent au moins quatre nouvelles bases à grande échelle ou «hubs» (plaques tournantes), en plus d’un nombre encore plus grand de camps plus petits et de «lily pads» (nénuphars), qui servent de «rayons» aux drones, aux aéronefs de surveillance ou aux armes et aux équipements militaires préalablement installés pour les États-Unis et les autres militaires présents dans environ 160 pays et territoires étrangers.

 

Ce réseau de bases, qui encercle la planète, et les 11 groupes de porte-avions de la marine étatsunienne constituent l’épine dorsale de la machine de guerre impérialiste des États-Unis. Ils sont essentiels pour stocker des armes et du matériel militaire, héberger des troupes et surveiller la région. Ils servent de rampes de lancement pour les attaques de drones ou de plus grande envergure, les opérations secrètes, la cueillette d’information, la cyberguerre et d’autres formes d’intervention étrangère.

 

Même avant l’annonce, en 2011, de la création du Pivot stratégique de l’Asie, la marine étatsunienne avait commencé à intensifier les exercices militaires et les activités provocatrices de surveillance de l’air et de la mer et de patrouille à proximité des frontières chinoises. Ces mesures avaient augmenté le risque de confrontation directe et d’escalade de la guerre dans la région Asie-Pacifique. Les États-Unis avaient également imposé des embargos et entrepris des provocations militaires contre la République populaire démocratique de Corée.

 

Les États-Unis ont recours à la sous-traitance pour construire leurs bases afin de réduire les coûts et de détourner l’opposition des populations locales. La base navale de Jeju, par exemple, actuellement en cours de construction, porte un nom sud-coréen, mais desservira les porte-avions, les sous-marins d’attaque et les destroyers porteurs de missiles Aegis des États-Unis.

 

Sur la guerre prochaine contre la Chine, John Pilger a écrit ceci : «Située dans la mer de Chine orientale, l’île coréenne de Jeju est un sanctuaire semi-tropical et un site du patrimoine mondial que l’on comme étant «une île de la paix mondiale». Sur cette île de la paix mondiale, on a construit l’une des bases militaires les plus provocatrice au monde, à moins de 400 milles de Shanghai. Le village de pêcheurs de Gangjeong est dominé par une base navale sud-coréenne expressément construite pour les porte-avions, les sous-marins nucléaires et les destroyers équipés du système de missiles Aegis, armement que les États-Unis ont massé contre la Chine».

 

L’île japonaise d’Okinawa, située à proximité, dispose de 32 installations militaires, à partir desquelles les États-Unis ont attaqué la Corée, le Vietnam, le Cambodge, l’Afghanistan et l’Irak. Aujourd’hui l’objectif principal est la Chine.

 

Les États-Unis envisagent la possibilité d’installer des bases dans les quatre îles japonaises de Ryukyu aux frais du Japon.

 

  1. QUI PROFITE DIRECTEMENT DE LA GUERRE?

 

Bien que son budget de défense dépassait déjà la somme des budgets des 7 plus pays ayant les dépenses militaires les plus coûteuses, le gouvernement étatsunien, sous la direction de Donald Trump, a demandé une hausse de 10 pour cent de celui-ci, soit une augmentation de 54 milliards de dollars.

 

L’allocation de 639 milliards de dollars au complexe militaire et industriel par le gouvernement des États-Unis montre que la guerre enrichit directement les monopoles étatsuniens, qui exploitent la classe ouvrière et les peuples opprimés.

 

Une nouvelle course aux armements a commencé entre les États-Unis, la Russie et la Chine.  Elle comprend le développement des missiles hypersoniques, de nouveaux types de drones, des systèmes antisatellites et des armes nucléaires tactiques afin de renforcer la capacité des forces armées de lancer la première attaque. Seulement les États-Unis ont consacré en vue des trente prochaines années un trillion de dollars pour « moderniser » tous les aspects de leur arsenal nucléaire. Les États-Unis sont également au premier rang au monde en matière de vente d’armes.

 

La guerre est devenue un secteur d’affaires très lucratif pour les gouvernements et les entreprises privées. En menant des guerres, les États-Unis ont recueilli d’importants butins de guerre, entre autres des sources de pétrole, des bases et des stations militaires, des contrats de production militaire et des contrats de «reconstruction» des pays ravagés par les guerres étatsuniennes. Les superprofits des entreprises étatsuniennes telles que Lockheed Martin, Northrop Grumman, Raytheon, Boeing and General Dynamics ont connu des hausses astronomiques en même temps que la propagation de la mort et de la destruction dans le monde.

 

Confrontés à leurs propres difficultés économiques débilitantes, les États-Unis ont commencé à faire pression sur leurs alliés de l’OTAN pour que ceux-ci accroissent leurs dépenses militaires et leur contribution à l’OTAN. Trump a demandé aux alliés militaires des États-Unis de «payer leur propre défense». Les membres de l’OTAN se sont récemment engagés à augmenter leurs budgets militaires à 2% de leur PIB et à consacrer 20% de leurs budgets de défense à l’achat d’équipement militaire.

 

Alors qu’ils détruisent des quantités scandaleuses de ressources dans les guerres, les États-Unis et les membres de l’OTAN privent les populations des services nécessaires en matière de santé, d’éducation et de protection sociale et les réfugiés qui fuient les guerres et les politiques des États-Unis et de l’OTAN d’aide.

 

  1. COMMENT LES TRAVAILLEURS ET LES PEUPLES RÉSISTENT-ILS FACE À LA GUERRE, AU MILITARISME ET AU NÉOFASCISME?

 

Face à l’aggravation des atrocités commises par les États-Unis, par leurs alliés impérialistes et par leurs représentants, de plus en plus de personnes résistent à la machine de guerre et à l’agression de l’impérialisme étatsunien.

 

Le peuple palestinien continue de résister à l’occupation sioniste de la Palestine historique et aux politiques israéliennes de nettoyage ethnique et d’apartheid contre le peuple palestinien. La résistance du peuple kurde, ayant au sein de son avant-garde une armée de femmes kurdes, au cours de ses combats, a repris des territoires occupés par l’organisation Daesh, tout en luttant contre les attaques de l’armée fasciste turque.

 

En 2016, au Cachemire, le peuple s’est soulevé de nouveau et a dû faire face à de la répression militaire et à des arrestations civiles massives. À Manipur et au nord-est de l’Inde, se poursuit la résistance à la militarisation massive, aux forces policières, aux guerres par procuration, à la répression des forces démocratiques et à l’utilisation de la Loi sur les forces spéciales, de la Loi sur la sécurité nationale, de la Loi sur la prévention des activités illégales, de la Loi contre la sédition et à d’autres lois répressives.

 

Les mouvements des peuples, aux Philippines, en Inde, en Papouasie occidentale, en Colombie, au Mexique et dans d’autres pays opprimés continuent de mener des luttes militantes et courageuses pour la liberté nationale et la démocratie. Les Kurdes, les Palestiniens et les peuples arabes continuent d’affirmer leur souveraineté contre l’occupation et l’expansion étatsunienne-israélienne.

 

Partout dans le monde, les gens protestent également contre la présence de troupes et de bases étatsuniennes, au Japon, en Corée, aux Philippines, en Australie, en Nouvelle-Zélande, au Honduras, au Salvador et même en Italie, en Allemagne et en Turquie. L’opposition à l’imposition de bases militaires étatsuniennes est particulièrement marquée dans plusieurs endroits, entre autre l’île d’Okinawa au Japon, l’île de Jeju en Corée du Sud ainsi qu’aux Philippines.

 

La résistance se développe également en Afrique, en Amérique latine et ailleurs contre les sociétés transnationales qui se sont accaparées des terres agricoles et des ressources avec l’aide de forces militaires ou paramilitaires. Au Venezuela, en Bolivie, en Équateur, au Brésil et ailleurs, les travailleurs et les mouvements sociaux dénoncent et s’opposent aux tentatives d’intervention et de déstabilisation des États-Unis.

 

Même aux États-Unis et dans d’autres pays impérialistes, les gens s’opposent de plus en plus aux guerres que leurs gouvernements font en leur nom. Immédiatement après l’annonce de la victoire présidentielle de Donald Trump, aux États-Unis, des centaines de milliers de personnes ont protesté dans les rues. Comme l’a déclaré le chapitre des États-Unis de la Ligue internationale des luttes des peuples, «Ceci montre que les gens aux États-Unis ne sont pas paralysés par la peur, et que nous ne tolérons pas le fascisme et la répression de l’État. Nous devons nous organiser pour appuyer et développer ce mouvement de riposte».

 

«Les résultats électoraux dévoilent la gravité de la crise sociale et économique qui sévit aux États-Unis, la mentalité de maîtres d’esclaves qui règne encore au sein de classe dirigeante, l’utilisation de la tactique de «diviser pour régner» contre le peuple des États-Unis afin de brouiller et de nier la réalité de la lutte des classes afin de protéger les plus riches de ce pays.»

 

Au cours des derniers mois les organisations progressistes et révolutionnaires du peuple afro-étatsunien qui militent pour l’autodétermination des Noirs aux États-Unis ont refait surface. Signalons dans cette évolution, entre autres, le mouvement de masse «Black Lives Matter» («Les vies des Noirs comptent») et les événements marquant le 50ème anniversaire de la fondation du Parti des Panthères Noires («Black Panther Party»).

 

Des centaines de milliers ont protesté contre le fait qu’un Afro-étatsunien sur trois se trouve en prison et que ces personnes sont, par conséquent, utilisées comme principal victimes de l’exploitation et du travail esclave moderne du complexe industriel pénitentiaire de plus en plus privatisé.

 

Ils protestent également contre le fait que les policiers étatsuniens abordent des Afro-étatsuniens et tirent sur un grand nombre d’entre eux, tuant un Afro-étatsunien toutes les 28 heures

 

Au Dakota du Nord, la nation Sioux de Standing Rock et les 200 autres nations autochtones, ainsi que jusqu’à 7 000 personnes du monde entier, ont résisté pour bloquer la construction du pipeline d’accès du Dakota (DAPL), qui vise à transporter du pétrole obtenu par fracturation hydraulique des sables bitumineux de Bakrate dans le Dakota du Nord à travers plusieurs États et sous la rivière Missouri.

 

La police et la milice ont procédé à des dizaines d’arrestations, à l’utilisation de gaz lacrymogènes, à des attaques de chiens et à de violentes opérations de dispersion. La bataille est loin d’être terminée puisque Trump promet d’appuyer la construction du pipeline d’accès du Dakota (DAPL), mais les manifestants ont mis un terme à la construction du pipeline le long de son parcours actuel.

 

La lutte dirigée par les nations autochtones de Standing Rock fait partie d’une série de batailles menées dans le monde entier pour affronter et freiner les entreprises géantes des combustibles fossiles et d’autres monopoles extractivistes et pour faire face à la militarisation croissante des territoires indigènes.

 

  1. QUE POUVONS-NOUS FAIRE POUR ARRÊTER LES GUERRES, LE MILITARISME ET LE NÉOFASCISME DES ÉTATS-UNIS?

 

Face à l’escalade des guerres et de la militarisation, il est urgent de sensibiliser le public, de renforcer la solidarité et de multiplier les actions contre le militarisme, les guerres impérialistes d’agression et d’intervention.

 

Les militants de la paix et de la justice peuvent aider en menant des campagnes d’information et d’éducation de grande envergure pour sensibiliser le public et approfondir la compréhension des aspects majeurs et des tendances actuelles de la militarisation et du néofascisme.

 

Cette prise de conscience grandissante doit se traduire par des actions de plus en plus nombreuses, de niveaux toujours plus élevés, afin de dénoncer et de mettre fin aux guerres impérialistes et au militarisme. Il est nécessaire d’établir et de renforcer, d’une part, les liens entre les groupes progressistes anti-guerre et, d’autre part, les liens entre les groupes anti-guerre et les mouvements de résistance des pays attaqués. Il est nécessaire de bâtir un mouvement mondial contre la guerre et pour la justice sociale, qui s’oppose au militarisme et aux guerres d’agression, qui exige le respect du droit à l’autodétermination des peuples opprimés, et qui appuie les différentes formes de résistance à l’agression et à l’intervention impérialistes.

 

La tenue prochaine de la conférence intitulée «Solidarité et lutte contre les conflits: la résistance à la guerre, le militarisme et le néofascisme dirigés par les États-Unis», organisée par la Ligue internationale des luttes des peuples et par l’Alliance internationale des femmes, est une initiative importante à cet égard. Elle aura lieu à Toronto, au Canada, du 5 au 7 août 2017.

 

Il est également nécessaire d’appuyer et de se joindre à la campagne mondiale du Réseau pour l’élimination des bases militaires, afin de démanteler la chaîne mondiale des bases étatsuniennes et annuler les accords qui permettent aux États-Unis d’avoir accès aux installations militaires d’autres pays. Ces initiatives sont liées à l’appel pour un moratoire des exercices militaires menés par les États-Unis et leurs alliés.

 

It  is also necessary to  support and join the global campaign of the Ban the  Bases  Network to    dismantle the global chain of  U.S.  bases and rescind agreements  that allow U.S. forces access  to   military facilities of other  countries.  Linked to this is the call for a moratorium on military exercises conducted by  the U.S. together with its allies.

 

La Ligue internationale des luttes des peuples (ILPS) lance également un appel pour une journée mondiale d’action contre la guerre, le militarisme et le fascisme des États-Unis aux deux dates suivantes : 25 mai 2017 (Sommet de l’OTAN) et le 7 août 2017 (fin de la Conférence et la commémoration des bombardements d’Hiroshima et de Nagasaki par les États-Unis).

 

Nous devrons également exiger de nos gouvernements :

  • La démilitarisation des points chauds des conflits armés actuels (mer de Chine méridionale, péninsule coréenne, Cachemire, etc.)
  • Le démantèlement des armes de destruction massive
  • La réduction de la production, de l’exportation et de l’importation d’armes
  • La réorientation des dépenses publiques pour répondre aux besoins humains et environnementaux
  • La conversion des industries et des installations militaires pour répondre aux besoins civils
  • L’adoption et la promotion de solutions non-militaires pour s’opposer aux menaces militaires
  • La dissuasion de la glorification de la guerre, du militarisme et de la culture machiste dans les écoles, les médias et la culture populaire

Source: http://www.ilps.info/fr/category/conference-solidarite-et-lutte-toronto/