Dix clefs pour comprendre et analyser la victoire du chavisme à la Constituante

En Occident il y a bien longtemps que la gauche n‘ose plus parler de démocratiser la propriété des médias. Les grands groupes privés imposent leur image du monde au service public et… balisent l’imaginaire de la gauche. Comme le Venezuela construit une démocratie participative et bat les records en nombre d’élections, les grands médias personnalisent le processus : «Chavez ceci», «Maduro cela», «populiste», «dictateur», «iranien». Ceci est le journal d’une révolution, aux antipodes de l’AFP ou de Reuters.

par Victor Hugo Majano

Le processus électoral qu’a vécu dimanche le Venezuela et les résultats quantitatifs du vote pour la constituante (plus de huit millions de suffrages exprimés) montrent clairement un triomphe du chavisme, avec une corrélation très forte sur les plans politique et symbolique.

La « bataille finale » ne s’est pas jouée comme le disent les boucliers des extrémistes de droite « autour du palais présidentiel de Miraflores » : elle ne s’est pas faite avec des balles mais avec des votes et n’en a que plus de force. Le chavisme dispose à présent d’une grande légitimité et de la base légale pour aller de l’avant et sans hésitations vers une transformation profonde dans le cadre constitutionnel pour assurer la paix, renforcer les institutions et rétablir l’équilibre de l’économie.

Une analyse préliminaire permet d’identifier un ensemble de points-clés:
1) On voit que l’opposition associée à la MUD (coordination des partis de droite) n’est pas majoritaire.

2) Elle n’exprime pas plus les attentes et les besoins de la majorité ou des principaux secteurs du pays. Pas même des secteurs dominants.

3) Elle ne sert pas les intérêts nationaux, mais des facteurs externes bien identifiés, qui ne tentent même pas de nuancer leurs positions ou de les dissimuler.

4) La droite a démontré un caractère violent et son irresponsabilité dans l’usage de la violence. Les dirigeants actuels sont encore ceux du coup d’État contre Chavez ou des « guarimbas » des années antérieures. Ils n’ont jamais condamné mais au contraire encouragé les actions meurtrières de 2017, appelant même à plusieurs reprises à un nouveau coup d’État des forces armées, sans autre projet politique que celui de renverse Maduro, comme ils voulaient renverser Chavez.

5) Pendant ce temps, le chavisme a montré qu’il est le seul mouvement politique actuellement porteur d’une vision, d’un projet national d’inclusion, qui intègre les principaux facteurs sociaux, institutionnels, économiques et politiques du pays et parmi lesquels ne sont pas exclus organiquement les facteurs liés à l’opposition regroupée dans le MUD.

6) La droite, en réponse, passera à la postérité pour sa conduite erratique, qui s’est transformée en menace pour l’indépendance, la paix, la stabilité institutionnelle et l’équilibre économique du Venezuela. Le bloc d’opposition n’a pas su surmonter son obsession de reprendre le pouvoir « par tous les moyens ». Au lieu d’élaborer une proposition politique d’envergue, elle s’est engluée dans une dynamique absolument destructrice.

7) L’origine et le développement des conflits qui vont s’aiguisant depuis 2012 sont d’ordre économique, déterminés par l’accès et la redistribution des revenus pétroliers. Par conséquent, le Venezuela ne peut éluder plus longtemps le débat sur le dépassement du modèle rentisme pétrolier, ainsi que sur tous les éléments symboliques dérivés. Ce qui veut dire profiter de l’avantage de pouvoir prendre des décisions radicales à travers une Constituante pour démanteler les structures productives hautement dépendantes du secteur extérieur.

8) Les conditions imposées par la violence de la rue et les menaces de la droite contre le vote ont forcé le chavisme à faire preuve d’un plus grand engagement. Paradoxalement ces conditions peuvent avoir fonctionné comme encouragement à la participation. Cela s’est produit en 2002-2003 lors de la réaction populaire au coup d’État contre Chavez ou après le sabotage pétrolier en 2004, avant le référendum révocatoire, entre autres dates. Aujourd’hui, le chavisme mécontent et certains des ni-ni (si tant est qu’existe cette catégorie), qui s’étaient abstenus lors de la victoire de la droite aux législatives de décembre 2015, sont allés voter. Alors que ce que pouvait espérer de mieux la droite, était leur indifférence.

9) Le chavisme devient le principal articulateur et promoteur du dialogue politique, mais cela l’oblige à être plus inclusif (en parlant des militants) et plus large thématiquement, tout en s’impliquant davantage dans l’aspect concret de chaque facteur social .

10) Une grande partie des obligations du chavisme implique la construction d’une cosmogonie et d’une téléologie du peuple vénézuélien qui puissent incarner une alternative aux valeurs culturelles du capital. Ce qui inclut des aspects liés à la culture populaire (dont la religiosité).

Source : http://www.albatv.org/En-claves-Que-significa-la.html
Traduction : Thierry Deronne

 

Autre source: https://venezuelainfos.wordpress.com/2017/07/31/dix-clefs-pour-comprendre-et-analyser-la-victoire-du-chavisme-a-la-constituante/

Démonstration de force de l’armée chinoise autour de Xi Jinping (VIDEO)

 

La Chine s’est livrée le 30 juillet à une démonstration de force avec un défilé militaire géant autour du président Xi Jinping, qui a appelé l’armée à servir le Parti communiste au pouvoir.

Devant la tribune où le président de la République populaire de Chine, Xi Jinping, se tenait debout revêtu d’un costume et d’une casquette en treillis, des centaines de véhicules, de blindés et de missiles, ainsi que des milliers de soldats, ont défilé loin du public dans l’immense base militaire de Zhurihe, en Mongolie intérieure (nord), à environ 500 km au nord-ouest de Pékin.

Les médias étrangers n’ont pas été conviés à couvrir l’événement qui était retransmis par la télévision nationale à l’occasion du 90e anniversaire de la fondation de l’Armée rouge.

Des hélicoptères ont survolé le défilé, formant le chiffre 90 dans le ciel, suivis par des avions de combat.

 

Dans un discours prononcé face aux troupes, Xi Jinping a appelé l’armée à suivre «la direction absolue» du Parti communiste chinois (PCC) et à se tenir prête à «vaincre tout envahisseur» potentiel.

«Le monde n’est pas entièrement en paix et la paix doit être sauvegardée», a-t-il déclaré. «Plus qu’à aucun autre moment dans l’histoire, nous devons bâtir une armée du peuple puissante», a-t-il ajouté.

A l’approche du XIXe congrès du Parti communiste chinois (PCC) qui doit lui conférer à l’automne un nouveau mandat de cinq ans à la tête du pays, le chef de l’Etat avait auparavant passé en revue les troupes sous un ciel clair au milieu de la steppe mongole.

 

Xi Jinping a lancé à plusieurs reprises aux soldats : «Camarades, vous avez travaillé dur!» «Nous sommes au service du peuple!», lui ont-ils répondu.

La Chine dispose de la première armée du monde en termes d’effectifs, avec 2 millions d’hommes sous les drapeaux.

En termes de budget, elle est la deuxième du monde, loin derrière celle des Etats-Unis, avec une enveloppe de 143 milliards d’euros prévue pour 2017, en hausse de 7% par rapport à l’an dernier. Pékin a mis à flot en avril un deuxième porte-avions et a ouvert sa première base militaire à l’étranger, à Djibouti.

Lire aussi : Après son «epic fail» photoshop, l’armée chinoise obligée de présenter des excuses publiques

Le défilé du 30 juillet commémorait la fondation de l’armée communiste chinoise en 1927 lors d’un premier engagement face aux troupes du gouvernement nationaliste au début de la guerre civile qui s’achèvera par l’arrivée au pouvoir du PCC en 1949.

L’armée chinoise, connue aujourd’hui sous le vocable «d’Armée populaire de libération» (APL), célèbre normalement son anniversaire chaque année le 1er août.

Les dirigeants chinois successifs ont traditionnellement présidé à d’imposants défilés militaires à diverses occasions, mais ceux-ci se déroulaient habituellement à Pékin.

Source: https://francais.rt.com/international/41515-demonstration-force-armee-chinoise-xi-jinnping

Il y a 50 ans, la «Révolution culturelle prolétarienne» en Chine

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Que devrait-on commémorer ?

 

« Il y a 50 ans s’amorçait la Grande révolution culturelle prolétarienne en République populaire de Chine. Pendant plus de 10 ans (1966-1976), des millions d’étudiants et d’étudiantes, de prolétaires, de femmes, de paysans et paysannes, dans tous les coins de la Chine, répondant à l’appel du quartier général révolutionnaire dirigé par Mao Tse Toung, se mettront en mouvement pour défendre et consolider les avancées du socialisme. » déclare le communiqué qui invite à commémorer cet évènement (1). Justement, se questionne-t-on, quelles ont été les avancées du socialisme en Chine depuis 1966 et même avant ?

 

« Les effets de la Révolution culturelle ne se sont pas limités à la Chine. En effet, tout comme la révolution d’Octobre en Russie a marqué le monde en son temps, la Révolution culturelle a marqué tout une période historique, notamment par la conjonction des luttes des peuples dans les pays dominés par l’impérialisme et la lutte de la jeunesse, du mouvement des femmes et du prolétariat dans les principaux pays occidentaux, conjonction de lutte qui viendra ébranler les principales citadelles du capitalisme. » poursuis le communiqué d’invitation à la manifestation. Il sera intéressant de connaitre comment ces militants apprécient « L’ébranlement des principales citadelles du capitalisme » que pour notre part nous n’avons pas observé ! La crise économique du capitalisme fait rage en effet, mais les citadelles tiennent bon, et il en sera ainsi tant que la classe prolétarienne ne se sera pas mise en ordre de marche insurrectionnelle.

 

Visite de Nixon et de Kissinger auprès du Grand Timonier

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Il nous semble qu’en 1976 le mode de production capitaliste – en phase ultime impérialiste – était toujours bien en scelle dans tout l’Occident, au sein du bloc de l’OTAN, en Chine, en URSS, dans le bloc du Comecon et dans le monde entier (2). En 1972, deux des plus grands criminels de guerre de l’histoire américaine, Richard Nixon et Henry Kissinger, ont rendu visite au Grand Timonier, le grand prêtre du « maoïsme », alors au cœur de la tempête « culturelle prolétarienne » (sic). Quelles furent les retombées « révolutionnaires » de ces courtoisies diplomatiques et de ces tractations politiques demande-t-on (3) ?

 

« Aujourd’hui, loin de nous l’idée d’être des nostalgiques du passé. En effet, nous profitons de cet anniversaire non pas pour refaire l’histoire, mais plutôt pour faire l’histoire en mettant en relief les avancées de la révolution culturelle, en particulier les principales innovations amenées par les masses et synthétisées dans le maoïsme. Comme en fait foi la charge de certains médias bourgeois cherchant à faire de Mao le plus grand dictateur de tous les temps, la bourgeoisie impérialiste a eu peur de la Révolution culturelle. De même, le système capitaliste mondial reposant sur l’économie chinoise, on comprendra que les révisionnistes en Chine craignent que les masses se réveillent de nouveau et se souviennent d’une des idées phares de la révolution culturelle, à savoir que : ce sont les masses prolétariennes qui doivent diriger la société, toute la société et exercer une dictature intégrale sur la bourgeoisie ! » (4)

 

On aura remarqué que les laudateurs du « maoïsme » –  l’appellation qu’ils attribuent au courant idéologique capitaliste nationaliste en Chine –  se glorifient des conquêtes économiques de la Chine en phase impérialiste. En effet, même si en difficulté, les capitalistes chinois représentent aujourd’hui le fer-de-lance de l’économie politique capitaliste globalisée. C’est l’ensemble du monde impérialiste mondialisé qui est en crise et la Chine capitaliste ne fait pas exception, mais elle semble résister mieux que ses comparses. C’est là un héritage de la Grande révolution culturelle (5).

 

Comment passer d’une «révolution prolétarienne» au révisionnisme bourgeois ?

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Pour avoir assisté à nombre de discussions sur la question de la « Grande révolution culturelle prolétarienne », je sais par expérience, que les exégètes maoïstes escamotent la question du passage de la « Révolution prolétarienne communiste » aux « révisionnistes au pouvoir », ces malfrats, soi-disant sans origine de classe, qui auraient usurpé le pouvoir des masses (sic) et qui aujourd’hui craindraient que les « masses se réveillent à nouveau ! » Difficile d’expliquer quand, comment et pourquoi des « masses populaires » en pleine « Révolution culturelle prolétarienne » s’endorment brusquement, et comment après dix années « d’effervescence révolutionnaire », alors que « les masses prolétariennes dirigent toute la société et exerce une dictature intégrale sur la bourgeoisie ! », émerge soudainement une puissance capitaliste à nul autre pareil ! En effet, peu de gens parmi les maoïstes et les économistes d’Occident réalisent que la Chine contemporaine avec ses 350 millions de prolétaires déjà aliénés et sa réserve de 350 millions de paysans à prolétariser, est déjà la première puissance industrielle du monde capitaliste et en voie de devenir la première puissance économique du monde impérialiste (6). C’est probablement le plus grand héritage légué par la Grande révolution culturelle prolétarienne. Ce qui en définitive amène la question de la vraie nature de la Révolution de démocratie nouvelle en Chine. La Révolution chinoise de 1949 fut-elle une révolution prolétarienne – sans prolétariat (?) – ou fut-ce une révolution antiféodale des masses paysannes analphabètes et affamées, dirigées par la bourgeoisie nationaliste chauvine et que le Parti communiste chinois avait la prétention de transformer en révolution socialiste ? (7)

 

La vraie nature de la Révolution culturelle

 

Les fondements de la Révolution culturelle n’étaient pas culturels, politiques ou idéologiques. La Grande révolution culturelle prolétarienne fut d’abord une guerre économique entre quelques factions de la bourgeoisie au pouvoir à travers le Parti communiste de Chine et à travers l’immense appareil étatique capitaliste chinois. La clique nationaliste (dirigée par Mao Zedong), tenante du « socialisme à la chinoise et du Grand bond en avant » (8), eut l’idée de lancer une offensive désespérée contre les cliques adverses, tenantes d’un développement économique mondialisé. Une faction bourgeoise fut rapidement disqualifiée par l’éviction de Liu Shaoqi, et l’assassinat de Lin Biao, tenant du développement capitaliste à la bolchévique, de concert avec l’Union soviétique et le bloc du Comecon (9). Restait la clique entourant Deng Xiao Ping, l’homme aux devises opportunistes « Peu importe que le chat soit noir ou qu’il soit gris – pourvu qu’il attrape les souris et Enrichissez-vous » (10). Deng Xiao Ping était Premier secrétaire du Parti, exactement comme Staline en son temps. Deng croyait fermement que la voie chinoise vers le développement économique n’était pas du côté de la Russie et du Comecon, ni du côté des « non-alignés », comme le préconisait Chou Enlai, ces « non-alignés » bien alignés d’un côté ou de l’autre des alliances impérialistes, États-Unis-Atlantique-Otan ou URSS-Comecon-Pacte de Varsovie (11). Sous le mode de production capitaliste qui domine la planète toute entière pas de place pour une troisième voie politique – une bourgeoisie nationale adhère à une alliance capitaliste ou à une autre. C’est ce que Mao admettra finalement, en 1972, en recevant les criminels de guerre occidentaux Kissinger et Nixon à Pékin. La clique de Deng venait de remporter une victoire définitive sur les nationalistes chauvins de la Bande des quatre, abandonnée par leur Grand Timonier (12). Le développement économique de la Chine allait désormais se concerter avec l’alliance impérialiste occidentale. Ce fut un choix judicieux de la part de Deng et de ses acolytes puisqu’en 1989 l’alliance impérialiste soviétique s’effondrait avec ses « Murs » et ses « ours en papier » comme aimait les qualifier Mao, le père du national-socialisme à la chinoise, qui préféra transiger avec les « tigres en papier » occidentaux (13).

 

La voie bourgeoise chinoise vers l’impérialisme mondialisé

 

Deng et sa faction capitaliste prendront encore six années (1972-1978) avant de revenir aux affaires et terminer la conquête du pouvoir économique et politique, d’abord au sein du parti, puis à l’intérieur de l’immense État bourgeois chinois et de compléter le virage économico-politique en attirant le capital occidental pour qu’il vienne exploiter la force de travail chinoise à bon marché (délocalisation-relocalisation). Deng – le Staline de l’empire du Milieu – avait compris que le capital chinois se développerait plus rapidement en fusionnant avec le capital d’Occident, beaucoup plus abondant ; sans compter les marchés occidentaux en plein développement alors que ceux de l’alliance soviétique allaient déclinant. De plus, il apparaissait déjà évident que l’alliance impérialiste russe avait déjà perdu la bataille de la mécanisation-robotisation-informatisation de la production, et donc de la productivité, source actualisée de la plus-value sous l’impérialisme mondialisé (14). Ce n’est pas sous les coups de l’affrontement politique, diplomatique ou militaire, ou sous les coups de la « Guerre des étoiles », et autre fadaise reaganienne que l’empire soviétique s’écroula, mais dans la guerre à la productivité du travail salarié que la Russie perdit son pari. Avec Deng aux commandes tout allait changer après la défaite des maoïstes nationalistes et la fin de la Grande Révolution culturelle prolétarienne, en rien une révolution (une révolte de palais tout au plus), aucunement culturelle, et encore moins prolétarienne.

 

Les capitalistes en Chine depuis la mal nommée GRCP

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C’est ainsi que la Grande révolution culturelle prolétarienne – sur laquelle le prolétariat chinois n’eut aucune emprise, jouant simplement les faire valoir – s’éteignit peu à peu, retournant les enfants, les étudiants, la petite bourgeoisie intellectuelle, politique et bureaucratique à leur servage de classe où elles pourrissent encore aujourd’hui. Depuis 1989, et les évènements de la Place Tian’anmen, il est peu probable que la clique bourgeoise au pouvoir à Pékin, où le nombre de millionnaires et de milliardaires s’accroit régulièrement, craigne qu’une nouvelle clique capitaliste nationaliste parvienne à relancer enfants, étudiants et intellectuels à la conquête du pouvoir de l’appareil d’État, complètement occupé que sont ces gens à travailler, à consommer et à se concurrencer pour obtenir une sinécure parmi la hiérarchie du Parti (15).

 

Les maoïstes occidentaux devraient savoir qu’une révolution sociale ne provient jamais de la superstructure – de l’idéologie – de la culture ou des rapports sociaux de production, pour s’étendre ensuite à l’infrastructure et aux forces productives sociales. C’est toujours l’inverse qui se produit. Ce sont les transformations subies dans l’infrastructure économique qui engendre des bouleversements dans les rapports de production, la culture et la politique notamment, qui provoquent des tensions sociales que l’État bourgeois est censé endiguer, canaliser ou réprimer, ce que l’Armée Populaire de Chine a assuré (16). Les tenants du maoïsme, tout comme ceux qui spéculent à propos de la trahison « révisionniste » khrouchtchévienne des années cinquante en Union soviétique devraient se rappeler que des bouleversements importants dans la superstructure sociale ont toujours une origine de classe et que les classes sociales ont leurs sources dans l’infrastructure de production (17). Écartons les explications antimatérialistes alambiquées du type : « coup d’État orchestré par une bourgeoise spontanée ». Une clique de dirigeants révisionnistes n’apparait jamais spontanément – elle mature longuement à la faveur du développement du mode de production, d’échanges et de communication. Si ce mode de production est capitaliste alors tôt ou tard, comme en Russie et en Chine, et dans les autres pays dits « socialistes », les rapports de production et la direction de classe de l’État s’ajusteront aux nécessités du mode de production.

 

In memoriam à la Grande révolution culturelle prolétarienne des Gardes rouges et du petit Livre rouge des mantras, des sourates et des versets de la gauche populiste écarlate. La Grande révolution culturelle prolétarienne a marqué l’émergence victorieuse du capitalisme d’État et la défaite totale et définitive des reliquats de féodalisme qui entravaient le développement économique de la Chine impérialiste dont on observe maintenant les résultats.

 

Il est indéniable qu’aujourd’hui, en Chine capitaliste, la classe prolétarienne se développe rapidement, ce qui n’était pas le cas en 1949, et pas beaucoup plus en 1966. Les contradictions du développement économique impérialiste font murir, là-bas comme ici, les conditions de la révolution prolétarienne mondiale à laquelle – il ne fait aucun doute – le prolétariat chinois contribuera vaillamment.

 


 

(1)   Communiqué du Parti communiste Révolutionnaire (PCR) 2016. https://www.facebook.com/events/551278555061498/ et https://www.facebook.com/maison.normanbethune/ et http://www.vp-partisan.org/article1619.html

(2)   OTAN. https://fr.wikipedia.org/wiki/Organisation_du_trait%C3%A9_de_l%27Atlantique_nord Comecon. https://fr.wikipedia.org/wiki/Conseil_d%27assistance_%C3%A9conomique_mutuelle

(3)   https://fr.wikipedia.org/wiki/Visite_de_Richard_Nixon_en_Chine_en_1972

http://sites.arte.tv/mysteresdarchives/fr/1972-richard-nixon-en-chine-mysteresdarchives

(4)   Communiqué du Parti communiste Révolutionnaire (PCR) 2016. https://www.facebook.com/events/551278555061498/ et https://www.facebook.com/maison.normanbethune/ et http://www.vp-partisan.org/article1619.html

(5)   La crise économique en Chine (2016) http://www.les7duquebec.com/actualites-des-7/chine-un-systeme-qui-se-fissure/

(6)   L’économie chinoise (2016) http://www.les7duquebec.com/actualites-des-7/chine-premiere-puissance-industrielle-mondiale/

(7)   http://french.china.org.cn/archives/chine2007/2007-12/23/content_9419879.htm   et https://fr.wikipedia.org/wiki/Mao_Zedong

(8)   Grand bond en avant (1958-1960) https://fr.wikipedia.org/wiki/Grand_Bond_en_avant

(9)   Lin Biao. https://fr.wikipedia.org/wiki/Lin_Biao Liu shaoqi https://fr.wikipedia.org/wiki/Liu_Shaoqi

(10)                      https://fr.wikipedia.org/wiki/Deng_Xiaoping

(11)                      Le mouvement des pays non-alignés https://fr.wikipedia.org/wiki/Mouvement_des_non-align%C3%A9s

(12)                      La Bande des quatre https://fr.wikipedia.org/wiki/Bande_des_Quatre

(13)                      Dislocation de l’URSS https://fr.wikipedia.org/wiki/Dislocation_de_l%27URSS

(14)                      La productivité du travail http://www.les7duquebec.com/7-dailleurs/aujourdhui-la-productivite-du-travail-double-tous-les-dix-ans/ et http://www.les7duquebec.com/7-au-front/profits-trop-eleves-comment-dilapider-ces-deniers-mal-acquis/

(15)                      Place Tian’anmen (1989) https://fr.wikipedia.org/wiki/Place_Tian%27anmen

(16)                      https://fr.sputniknews.com/presse/201604281024589755-chine-reforme-armee/

(17)                      https://fr.wikipedia.org/wiki/Nikita_Khrouchtchev

 

 

Source: http://www.les7duquebec.com/7-au-front/il-y-a-50-ans-la-revolution-culturelle-proletarienne-en-chine/

Face à la montée du fascisme, préparons la guerre populaire !

Dans le but de d’unir les forces du progrès dans une perspective de Front Uni contre le fascisme et la guerre, nous relayons simplement ce communiqué du Parti Communiste Maoïste

Anti-fascist flag

L’assassinat de Clément Méric par un groupuscule d’extrême-droite, les démantèlements des camps de migrants, la montée de l’islamophobie, de la haine anti-rroms et de l’antisémitisme, les partis de droite et gauche s’alignant de plus en plus sur l’extrême-droite qui, elle-même, s’est ancrée comme force montante dans le jeu des élections… Tous ces éléments font qu’aujourd’hui la majorité des militants et militantes sont obligés d’admettre qu’il y a bel et bien une montée du fascisme en France. Il n’est pas dur de voir non plus que cette montée du fascisme est loin de ne concerner que la France. Si ces éléments permettent justement de sentir cette montée du fascisme, à partir du moment où l’on veut combattre le fascisme, il faut plus que des bons sentiments : il faut une définition claire et précise de ce qu’est le fascisme pour pouvoir lui opposer une stratégie adaptée qui, elle seule, pourra nous mener à la victoire.

Qu’est-ce que le fascisme ?

Georgi_Dimitrov« Les milieux impérialistes tentent de faire retomber tout le poids de la crise sur les épaules des travailleurs. C’est pour ça qu’ils ont besoin du fascisme. » Georges Dimitrov, 1935.

Le fascisme a surgit historiquement pour la première fois à partir des années 1920 et 1930. Celui-ci a été analysé pour la première fois clairement lors du 7e Congrès de l’Internationale Communiste à partir de l’analyse de Georges Dimitrov. Le fascisme y est défini de manière précise, voilà son caractère de classe : le fascisme est la dictature terroriste ouverte du capital financier. Le capital ne pouvant plus gouverner par la méthode traditionnelle de la démocratie libérale, la frange la plus réactionnaire du capital prend le pouvoir et s’impose brutalement à l’ensemble de la société. Cette nécessité pour le capital financier de prendre l’aspect d’une dictature terroriste était aussi caractérisée par la présence d’un fort mouvement ouvrier, notamment avec la présence de l’URSS. Une des caractéristiques des formes de fascisme que l’on retrouve aujourd’hui est justement l’absence de ce mouvement prolétarien révolutionnaire mettant en péril le capitalisme, ainsi le fascisme se développe d’une façon originale aujourd’hui.

Comment combattre le fascisme ?

Avec cette définition matérialiste du fascisme, on comprend donc que le fascisme est lié de manière indissociable au capitalisme. Il est là pour maintenir le capitalisme en place brutalement lorsque celui-ci entre dans des crises importantes où l’ordre social se voit nécessairement perturbé. De cela nous devons tirer une leçon très nette : on ne combat pas le fascisme en s’appuyant sur une frange de la bourgeoisie contre une autre, la bourgeoisie ne constitue pas un allié dans la lutte contre le fascisme. La lutte antifasciste est par essence révolutionnaire car le seul moyen de mettre fin à la menace fasciste, c’est de renverser la bourgeoisie pour mettre fin définitivement au capitalisme.

De là, nous comprenons bien que lutter contre le fascisme ne consiste pas à voter massivement contre le Front National lors des élections en constituant un « front républicain ». Pour s’opposer au fascisme, il y a pourtant besoin d’unir largement mais aucune union n’est possible sans principe, d’où la nécessité d’un antifascisme révolutionnaire, c’est-à-dire un antifascisme qui assume que l’on ne peut lutter contre le fascisme qu’en luttant contre le capitalisme. Ce front antifasciste révolutionnaire ne s’exprime ainsi pas à travers les élections de la bourgeoisie mais dans les luttes concrètes. Il doit unir les masses dans tous les secteurs de la vie, il doit mobiliser le plus largement possible autour d’une stratégie révolutionnaire que ce soit la mobilisation contre la répression et les violences policières, la mobilisation des femmes pour leur émancipation à travers un front féministe prolétarien, la mobilisation pour le logement, la mobilisation de la jeunesse prolétarienne etc.

L’antifascisme ne peut se résumer à l’affrontement entre antifascistes qui se comprennent comme tels et groupuscules d’extrême-droite. L’antifascisme doit avant tout être une unité de classe forte avec un objectif révolutionnaire. Pour réaliser cette unité de classe forte, les antifascistes authentiques ont la responsabilité de mobiliser et d’organiser le prolétariat là où il se trouve : c’est-à-dire principalement dans les quartiers populaires. Depuis la fin des années 80, avec la fin formelle de l’URSS, la confirmation du triomphe du révisionnisme en Chine et l’effondrement des « démocraties populaires », on a assisté parallèlement au repli des idées progressistes et révolutionnaires en France notamment avec la fin des organisations de masse du P« C »F révisionniste dans les quartiers et dans les usines. Cette situation a provoqué un grand vide organisationnel et culturel qui a permis à la bourgeoisie de mener de nombreuses attaques contre le prolétariat. C’est sur cette absence idéologique que les idées réactionnaires ont pu petit à petit progresser et que les fascistes ont pu récemment commencer à lancer des mobilisations de masse réactionnaires telles que la manif pour tous.

C’est donc uniquement à travers un projet révolutionnaire en renforçant l’unité de classe du prolétariat que l’on luttera efficacement contre la montée du fascisme.

Quelle stratégie révolutionnaire ?

Si l’on parle de révolution prolétarienne, il faut savoir comment y parvenir. Il est impossible de créer un front révolutionnaire antifasciste sans stratégie révolutionnaire. Beaucoup se disent révolutionnaires aujourd’hui mais conçoivent la révolution comme un horizon lointain, comme un grand soir que l’on atteindrait après une longue accumulation pacifique de force. Cette stratégie dite insurrectionnelle a depuis longtemps montré son inconséquence, en renvoyant la révolution aux calendes grecques, on ouvre à chaque fois la porte à la dérive réformiste et aux illusions qui vont avec.

La révolution se prépare, elle se déclenche et prend forcément un caractère prolongé. La révolution ne peut se réaliser sans les outils pour la mener, ces outils sont le Parti communiste qui regroupe les éléments du prolétariat les plus avancés idéologiquement et dans la pratique, le Front révolutionnaire qui organise les masses dans tous les domaines de la vie, c’est l’organisation des masses par les masses constituée derrière l’objectif révolutionnaire et enfin il faut une Force combattante pour assurer l’affrontement violent avec la bourgeoisie qui ne laissera jamais le pouvoir d’elle-même. Ces trois instruments se développent de manière simultanée mais inégale. Ainsi un des rôles de la Force combattante dans un premier temps est principalement d’assurer la protection de nos manifestations (non pas comme un SO contraignant les actions dites illégales mais en protégeant l’ensemble de la manifestation contre les attaques des flics ou des fascistes) et l’attaque de cibles symboliques.

Cette stratégie-là c’est celle qu’on appelle la stratégie de la guerre populaire prolongée. La guerre populaire s’oppose à la guerre impérialiste, elle a pour objectif d’accomplir la révolution en mobilisant les masses largement avec la classe ouvrière en tête et en combinant toutes les tactiques nécessaires (violentes ou non violentes, légales ou illégales…) pour franchir les différentes étapes (de la défensive à l’offensive en passant par l’équilibre) menant au renversement de l’Etat bourgeois.

Il ne suffit pas de dire que « la violence est légitime contre l’Etat bourgeois » pour lutter contre celui-ci, il faut que cette violence s’organise dans le cadre d’une stratégie claire et se réalise avec la mobilisation des masses si les révolutionnaires ne veulent pas être coupés des masses, isolés puis écrasés par la répression. Il faut saluer, encourager et systématiser les expériences de rupture avec la légalité bourgeoise du prolétariat en lutte comme l’ont fait les travailleurs de Goodyear et d’Air France. Ces épisodes violents de la lutte des classes dans notre pays, dont fait partie la révolte des banlieues de 2005, constituent justement les prémices sur lesquelles pourra se développer la guerre populaire, ils ne sont pas à surestimer ni à négliger : ils sont à développer toujours plus en avant !

Développons l’unité populaire et révolutionnaire contre le fascisme !

Préparons la guerre populaire, seule solution face à la montée du fascisme !

Rejoignez les rangs des maoïstes !

Source : http://www.pcmaoiste.org/communique/face-a-la-montee-du-fascisme-preparons-la-guerre-populaire/

L’INDE, SOUS RÉGIME CAPITALISTE «NON-ALIGNÉ»!

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par Robert Bibeau

Le principe d’économie politique

Sous le mode de production capitaliste, particulièrement dans sa phase impérialiste ascendante, les moyens de production – comprenant les forces productives ouvrières – se développent sans cesse, entrainant dans leur sillage la transformation des rapports sociaux de production, qui en retour renforcent le développement des moyens de production. C’est ce que les marxistes appellent la dialectique du développement. Voyons une application de ce mouvement à travers un fait divers que la chaine de télé ARTE présentait récemment à propos des inondations et de la sècheresse dans le sous-continent indien.

La dramatique

Il y a quelque temps la chaine de télé Arte a diffusé un documentaire sur la mousson en Inde. Au cours de cette émission, nous avons vu deux situations climatiques aux dramatiques contradictoires et complémentaires. Dans la région du Kerala, au sud du pays, les habitants sont victimes d’inondations, des maisons sont emportées par la crue des eaux, les champs sont inondés, impropres à l’agriculture de subsistance.

À l’inverse, dans la région du Maharashtra, plus au nord, depuis plus de quatre ans il ne pleut pas. En raison de cette sècheresse, les paysans n’arrivent plus à nourrir leurs animaux ni leur famille, et ils se suicident par désespoir.

People gather to get water from a huge well in the village of Natwarghad in the western Indian state of Gujarat

La distance qui sépare ces deux régions est d’environ 600 km. Il suffirait de construire un canal, pour régler les problèmes des deux régions, le trop-plein d’eau de l’une deviendrait le juste assez d’eau pour l’autre.

Mais en Inde, comme ailleurs dans le Monde, c’est la connerie qui gouverne disait le commentateur du reportage et la go-gauche propage ce mantra opportuniste. Par ailleurs, il y a quelques jours, sur cette même chaine télé Arte, on pouvait voir et entendre un ministre du gouvernement fédéral à New Delhi passer commande de quelques milliards de dollars d’armement à un conglomérat russe de l’industrie de guerre. Un peu avant, le gouvernement français avait fourgué ses avions de chasse Rafales pour 8 milliards d’euros à ce gouvernement indigent, incapable de nourrir ses habitants.

Un gauchiste questionnait donc « C’est pour quand la décroissance des budgets militaires ?  La décroissance de la connerie permettrait une croissance de l’humanisme ! » commentait un autre militant altermondialiste « objecteur de croissance », pacifiste en dormance (!?)

Analyse marxiste de cette dramatique

INDIA DROUGHT 

C’est faire la partie belle au mode de production capitaliste et aux adjudants politiques qui administre ce système économico-politique décadent que de les taxer de « connards et de sans-cœurs incapables ». Ces politiciens indiens, ces ministres, ces députés, et leurs patrons capitalistes de l’industrie de l’armement, de l’agriculture, des trusts de semences OGM, des engrais chimiques et de l’industrie de l’alimentation, sont tous des assassins, des criminels, parfaitement conscients de leurs crimes intentionnels.

Exposons quelques vérités élémentaires sur le système économique et politique en Inde, un pays capitaliste industriel « émergent ». La société indienne moderne est divisée en classes sociales dont la classe capitaliste-bourgeoise est dominante et dirigeante.  Cette classe, monopolisant tous les pouvoirs, décide seule des investissements privés et publics en fonction de ses intérêts de classe.

Face à cette classe dirigeante, les classes laborieuses (prolétariats urbains, paysannerie rurale, travailleurs ruraux, artisans ruraux et urbains) n’ont aucun pouvoir, sont aliénés, surexploités, désorganisés et méprisés. Certains des paysans les plus pauvres, par désespoir, ne voyant aucun avenir devant eux se suicident. D’autres se révoltent spontanément, l’armée indienne, entrainée aux techniques de « containment », se charge de ces récalcitrants et en tuent souvent, même si jamais on ne vous en parle au journal télévisé.

Il serait techniquement et matériellement possible de régler le problème des uns et des autres – inondation et sècheresse – comme le suggérait le documentaire d’ARTE, mais rien n’est fait !  Pourquoi ? Pas par connerie des administrateurs gouvernementaux et des investisseurs capitalistes, mais parce qu’il n’est pas dans l’intérêt de la classe dirigeante indienne de régler ces deux problèmes agricoles. Pour eux, l’avenir de l’Inde n’est pas dans l’agriculture de subsistance et les petites exploitations familiales, mais dans la concentration, la mécanisation et l’industrialisation capitaliste de l’agriculture. Au lieu d’avoir à mobiliser l’armée pour expulser des millions de paysans et de travailleurs agricoles de leurs terres, ils laissent les forces de la nature chasser, affamer, tuer ces millions de « récalcitrants ». La nature fera innocemment ce qu’ils souhaitaient faire violemment. Tous ces ex-paysans et ex-travailleurs agricoles iront s’agglutiner dans les bidonvilles des grandes métropoles pour éventuellement servir de cheap labour dans les usines de textiles, dans l’industrie de l’alimentation ou dans l’industrie du recyclage des ordures, l’industrie des OGM et la construction des canaux d’irrigation…

Bientôt, la classe capitaliste indienne expropriera à vil prix ces terres en jachère, désertiques ou inondées, et ensuite, elle exigera de son État bourgeois la construction des canaux d’irrigation entre le Kerala inondé et le Maharashtra desséché, aux frais de l’État, pour irriguer leurs plantations et produire de l’éthanol pour manufacturer du carburant nationalisé et nationaliste « Made in India » sur les cadavres de millions de paysans et d’artisans indiens.

Dans ce contexte, les dépenses d’armement visent à équiper adéquatement l’armée indienne pour qu’elle puisse écraser dans le sang tout soulèvement populaire subséquent à ce plan machiavélique. L’État indien indique ainsi que le pays est entré de plain-pied dans le mode de production capitaliste et que l’intégration des anciens moyens de production et des anciennes forces productives, et la destruction impitoyable des anciens rapports de production féodaux (tenure des terres et micro- exploitations agricoles) sont à son programme économique et politique quoiqu’il en coute aux travailleurs indiens.

Rien de connard dans ce plan, mais beaucoup de cynisme. La gauche ne devrait pas colporter de mièvreries à propos de ces évènements tragiques – les inondations, la sècheresse, la famine et les suicides qui se poursuivent à l’encontre de millions de paysans déconfits –.  Finalement, notre devoir est de proclamer que seul le renversement violent de ce mode de production décadent pourra apporter la paix, le désarmement, l’irrigation, et le soutien de l’État prolétarien aux populations prolétariennes dans le besoin, non pas pour maintenir l’ancien mode de production féodal et ses anciens rapports de production délétères, mais pour assurer le passage de cette époque ancestrale vers le nouveau mode de production communiste mécanisé, robotisé, irrigué, modernisé, dans le respect de la Terre mère et des sociétés qui en vivent.

Robert Bibeau    Directeur.  Les7duQuébec.com   À lire sur l’Afrique : http://www.les7duquebec.com/7-au-front/afrique-le-dernier-eldorado/

Robert Bibeau (2014) Manifeste du parti ouvrier. http://www.publibook.com/librairie/livre.php?isbn=9782924312520

 

Source: http://www.les7duquebec.com/7-au-front/linde-sous-regime-capitaliste-non-aligne/

Un million de communistes et sympathisants rassemblés à Calcutta en Inde. Etat des lieux et réflexions par Vijay Prashad

1 million de communistes en Inde

Article du journaliste et historien marxiste indien, Vijay Prashad, paru sur le site CounterPunch le 27 décembre 2015, traduit par MlN pour Solidarité internationale PCF

Le titre original de l’article est « La brigade rouge : rassemblement et réflexion des communistes indiens ». Ici, « brigade rouge » fait référence au lieu où s’est déroulé le rassemblement de masse du Parti communiste indien à Calcutta parfois appelé « terrain de parade des brigades » en référence aux défilés militaires qui y sont organisés.

Autour d’un million de communistes et de sympathisants se sont rassemblés au centre de Calcutta lors d’un rassemblement de masse le 27 décembre 2015. Le rassemblement s’est déroulé dans un lieu [vaste espace vert au centre de Calcutta] appelé tantôt « le Maïdan » ou « Brigade Ground », terrain de parade [sorte de Champ de Mars]. Des drapeaux rouges étaient déployés d’un bout à l’autre du Maïdan. Deux événements distincts, mais liés, ont motivé cette démonstration de force. Le premier, d’importance : les élections à l’Assemblée du Bengale Occidental auront lieu en 2016. Le second est la tenue d’un plenum organisationnel par le Parti communiste d’Inde (Marxiste) [CPI-M], la première rencontre de ce type depuis 37 ans. Le plenum va durer quatre jours. Il va non seulement préparer le CPI-M aux défis électoraux à court terme mais aussi réfléchir à questions politiques à plus long terme. Le CPI-M demeure le plus important parti de gauche en Inde. Il travaille en partenariat étroit avec d’autres partis de gauche dans des alliances électorales et politiques.

Au Bengale Occidental.

Le « Front de gauche » était au pouvoir au Bengale Occidental depuis 34 ans jusqu’à ce que le parti populiste, qui penche à droite, « Trinamool Congress » (TMC) évince la gauche en 2011. Depuis lors, le TMC et son leader Mamata Banerjee ont ouvert les vannes de la violence contre la gauche. L’assassinat de ses leaders locaux est allé de pair avec la destruction de ses locaux. La presse bourgeoise a alimenté la violence avec un langage incendiaire (« La gauche continue à saigner », The Telegraph, 4 novembre 2014). Le secrétaire du CPI-M pour le Bengale, Surjya Kanta Mishra, a défini quatre axes de la répression: c’est une attaque contre la démocratie et les institutions démocratiques, une attaque contre les moyens d’existence des populations, une attaque contre la laïcité et une attaque contre la gauche. Au rassemblement, il a lancé le slogan : « Sortir Trinamool, sauver le Bengale ».

Il y a quelques mois, le moral était au plus bas chez les cadres de la gauche. Les agressions avaient produit leurs effets. Pour construire la dynamique de mobilisation pour le grand rassemblement (et en vue des élections), le CPI-M a organisé une campagne de masse avec des marches (« Jathas ») partant de chacun des 77.240 bureaux de vote de l’Etat du Bengale. Des groupes de communistes et de sympathisants, plus ou moins fournis, ont défilé là-même où c’était encore interdit il y a peu.

La violence a été au rendez-vous. Des militants du TMC ont bloqué une « jatha » alors qu’elle défilait dans la circonscription de Mishra à Narayangarh dans le sud-ouest du Bengale Occidental. Les agressions sur Mishra, qui est aussi le leader de l’opposition à l’assemblée de l’Etat du Bengale Occidental, et sur d’autres, n’ont pas empêché le mouvement des jathas d’avancer. Cela n’a pas été la seule attaque contre des jathas du CPI-M. A chaque fois qu’une jatha était bloquée, les cadres du CPI-M ont fait en sorte qu’elle puisse revenir sur le lieu de l’attaque et que la marche reprenne. Cela a constitué un symbole de confiance et de force. Il n’est pas étonnant qu’un million de personnes se soient rassemblées sur le champ de parade le 27 décembre.

Les élections qui arrivent dans l’Etat se présentent comme une épreuve complexe. Arithmétiquement, suivant les résultats des élections législatives nationales de 2015, le TMC peut perdre. Malgré une vaque en sa faveur, le TMC n’a atteint que 39% des voix et est minoritaire. Le reste des voix s’est partagé entre le Front de gauche (23%), le BJP de droite (17%) et le Parti du Congrès (10%). Mamata Banerjee a senti le danger. C’est pourquoi elle courtise, tour à tour, le BJP et le Parti du Congrès. Si l’un d’eux s’associe à elle, alors il est probable qu’elle sera imbattable. Mais les élections à venir ne se gagneront pas avec des totalisations de résultats d’élections passées.

Suite aux scandales de corruption qui ont touché le gouvernement TMC et à la dégradation des conditions de vie, on a assisté à un décrochage parmi les partisans du TMC. Où vont-ils aller ? La gauche aura à se battre pour regagner la confiance des ouvriers et des paysans qui sont allés vers le TMC depuis la fin des années 2000. C’est la seule voie. Mais la gauche sera-t-elle en mesure de tirer vers elle suffisamment de personnes d’ici les élections de cette année ?

L’arithmétique des alliances est une sirène qui peut aussi se révéler trompeuse. Tout accord avec le BJP est impossible. Ce parti est engagé dans une politique ethno-nationaliste, économiquement néolibérale. Le Congrès est théoriquement attaché à la laïcité mais les problèmes les plus importants avec lui sont d’ordre économique et politique. Une des préoccupations du « Front de gauche » est d’appeler les électeurs du Congrès à abandonner leur parti au nom de la démocratie. Mais cet appel à rejoindre les communistes est transcrit dans la presse comme un appel à une alliance électorale avec le Congrès. Le Congrès n’est pas un allié valable. C’est aussi un allié non viable. En 2016, la gauche se présentera aussi aux élections à l’assemblée de l’Etat du Kerala où le principal adversaire sera le parti du Congrès. Ce sera difficile pour la gauche de travailler avec le Congrès dans un Etat et de le combattre dans un autre.

Le temps est compté à la gauche pour régler ces questions au Bengale Occidental. Une gauche forte peut-elle émerger non seulement sur le Maïdan mais aussi dans les urnes ? Ce n’est pas une question théorique. L’épreuve se jouera dans les villages et les faubourgs du Bengale Occidental. Il faudra une bonne dose de courage aux militants de gauche pour donner confiance à leurs partisans. Comme le secrétaire général du CPI-M Sitaram Yechury l’a dit récemment, la Gauche ne pourra gagner que « si les liens de notre parti avec notre peuple s’approfondissent – avec des communistes dans le peuple comme des poissons dans l’eau ».

Le Plenum

Le CPI-M tient son plenum à ce moment pour discuter de la capacité de la classe ouvrière et de la paysannerie à constituer leurs propres organisations. Les syndicats dans les usines et les champs sont en recul devant les mécanismes créés par le capital pour saper leurs possibilités de s’organiser. Les unités de production sont éparpillées dans le monde à une telle échelle que les ouvriers sont contraints de se concurrencer entre eux au bénéfice du capital. La mécanisation de la production déplace les travailleurs réduisant des centaines de millions de personnes à accepter n’importe quel emploi. Près de 90% des travailleurs indiens sont ainsi employés dans le secteur informel.

Au cours de la dernière année, le CPI-M a étudié les changements des conditions socio-économiques en Inde et l’impact des politiques néolibérales sur les différentes classes. Après avoir tenté de comprendre ces évolutions, la direction du CPI-M a maintenant à déterminer comment organiser au mieux les ouvriers et les paysans. Comme Prakash Karat du CPI-M l’a expliqué, les nouvelles conditions exigent l’adoption de « nouveaux slogans, de nouvelles tactiques et de nouvelles formes d’organisation du travail pour développer le mouvement de classe et de masse ». Voilà ce qui sera au cœur des débats du plenum. Une part importante de la discussion portera sur les formes à adopter pour construire l’unité des travailleurs informels, des habitants des bidonvilles, des paysans itinérants sans terre : ce sont des travailleurs aussi et, même, ils constituent la masse de la classe ouvrière et de la paysannerie. Il n’existe pas de modèles tout faits pour indiquer la voie mais il y a des pistes, des idées nouvelles, comme d’organiser les travailleurs là où ils habitent plutôt que là où ils travaillent. Mais elles devront faire leur preuve dans les luttes.

Le CPI-M à lui seul compte plus d’un million de membres ayant la carte du parti. Des dizaines de millions de personnes appartiennent aux organisations de masse liées au CPI-M. Les partis avec lesquels il est allié – le CPI, le Parti socialiste révolutionnaire, le bloc « En Avant », le CPI-ML (Libération) et le SUCI (communiste) – apportent de leur côté leurs millions d’adhérents et de partisans. La gauche indienne vibre toujours. Mais elle a grandement souffert de défaites électorales (tout particulièrement au Bengale Occidental) et d’une lente défection de ses membres.

La Gauche doit non seulement créer des tactiques tenant compte du présent mais elle devra aussi tourner ses revendications vers le futur. Il ne coule pas de source pour tous que la gauche représente l’avenir, que la gauche peut réellement prendre le pouvoir et que, seule la gauche, peut trouver des solutions aux problèmes pressants d’aujourd’hui. La croyance que le futur appartient à la gauche n’existe plus. Elle doit être recréée, pas simplement par les luttes dans le présent, mais par une affirmation plus solide et confiante pour le futur. L’horizon de la gauche reste cantonné aux luttes actuelles. Il aura besoin d’être projeté dans le futur pour écarter la vision prédominante que l’avenir appartient à la droite. C’est ainsi que le marxiste péruvien, José Carlos Mariategui, voyait la situation en 1925.

« Ce qui différencie le plus clairement et le plus évidemment [la bourgeoisie et le prolétariat] dans cette ère, c’est le mythe. La bourgeoisie n’a plus de mythes. Elle est devenue incrédule, sceptique, nihiliste. Le mythe libéral ressuscité a lui aussi vieilli. Le prolétariat a un mythe : la révolution sociale. Il se dirige vers ce mythe avec une foi passionnée et active. La bourgeoisie nie ; le prolétariat affirme. Les intellectuels bourgeois s’occupent avec une critique rationaliste de la méthode, de la théorie, avec la technique révolutionnaire. Quel malentendu ! La force des révolutionnaires n’est pas dans leur science ; elle est dans leur foi, leur passion, dans leur volonté. C’est un pouvoir religieux, mystique, spirituel. C’est la force du mythe ».

Précisément ce que les communistes doivent invoquer, c’est le mythe de la révolution. La révolution est le sort que jette le sorcier du monde des morts et qu’il ne peut plus contrôler. Elle affirme la vie et apporte une alternative complète au présent. A défaut de ce mythe, restent les prétentions plus petites à gouverner – les communistes sont incorruptibles et dignes, capables de gouverner selon les besoins des gens plutôt que d’être simplement un frein à la corruption et à un système indigne. Les horizons plus larges qui étaient autrefois la marque de la gauche ont besoin ont besoin d’être ravivés à nouveau.

Le dernier livre de Vijay Prashad s’intitule « No Free Left : The futures of Indian Communism » (New Dehli LeftWord Books, 2015).

Source : http://solidarite-internationale-pcf.over-blog.net/2015/12/un-million-de-communistes-et-sympathisants-rassembles-a-calcutta-en-inde-etat-des-lieux-et-reflexions-par-vijay-prashad.html?utm_source=flux&utm_medium=flux-rss&utm_campaign=politics

Ny organisasjon i Nederland

Vive l'Unité Révolutionnaire - dutchland

Tjen Folket hilser den nye nederlandske organisasjonen Revolusjonær Enhet og legger her fram erklæringer fra dem.

 

Vi er stolte av å offentliggjøre stiftelsen av en ny antikapitalistisk, antiimperialistisk, proletær feministisk organisasjon i Nederland: “Revolusjonær Enhet” (Revolutionaire Eenheid).

Organisasjonen ble lansert i en festmarkering etter nedtellingen til det nye året. Medlemmer holdt taler, leste opp skriftlige støtteerklæriger fra Filippinene, Palestina og Libanon, og så på videomeldinger fra India og USA.

Vi går med sikkerhet inn i det nye året på en militant måte.

Lenge leve Revolusjonær Enhet!

Engelsk:

“We are proud to make public the construction of a new anti-capitalist, anti-imperialist, proletarian feminist organization in the Netherlands: “Revolutionary Unity”. This organization was launched in a festive event after the countdown to the new year. Members held speeches, read the written solidarity statements from the Philippines, Palestine and Lebanon, and watched the video messages from India and the United States. We will be sure to enter the new year in a militant fashion. Long live the Revolutionary Unity! »

Points of Revolutionary Unity:

Anti-Capitalism:

Build revolutionary organizations and base areas for the total overthrow of capitalism and all its institutions!

The capitalist system is the main instigator of exploitation and oppression in the world. The fundamental contradiction in capitalism is that between the social character of production and the private character of appropriation. This contradiction is expressed mainly in the struggle between the proletariat and the bourgeoisie, and can only be solved through socialist revolution.

Capitalist class-society is defended primarily by repressive state-apparatuses (police, prisons, army) and reproduced by ideological state-apparatuses (schools, media, family, culture). For capitalism the constant reproduction of a disciplined and productive capitalist work-discipline is essential and people deemed ‘nonproductive’ (for example because of physical or mental conditions) are dehumanized and stripped of their rights. The plunder, pollution and destruction of the environment is also an inherent attribute of capitalism. To challenge the influence and power of capitalist institutions, it is essential to build political power amongst the oppressed and exploited masses. For this we need organization.

Anti-Imperialism:

Fight for the liberation of all peoples from national oppression, white supremacy and racism!

Imperialism is the social, economic and political system of domination of human life. It dominates all nations and peoples. Our era is one of imperialism, the contemporary and highest stage of the development of capitalism. National oppression, the oppression of nations and nationalities, has its roots in imperialism and is aided ideologically by racism. Migrants are victimized twice by both imperialism and colonial violence.

Imperialism has integrated the world into one global system. Solidarity with all oppressed peoples and nations for their right to self-determination are inseparably bound to the liberation of every nation. This is why we are active members of the Dutch branch of the international anti-imperialist united front ILPS – the International League of Peoples’ Struggle.

Proletarian Feminism:

Struggle against patriarchy and the oppression of women, queers, trans people and all gender-oppressed people!

Patriarchy oppresses the overwhelming majority of women, queers, trans people and all gender-oppressed people, especially those who are also nationally oppressed, and places them amongst the most oppressed and exploited sections of the working class. They are submitted to structural violence in the workplace, within the family, by the state and in their neighborhoods. The struggle against patriarchy, just like the struggle against capitalism and national oppression, will have to be waged and led primarily by those suffering the most from it.

In the fight against patriarchy, a form of class oppression with its roots in class-society, it is necessary that the class struggle has a central role. The interests of the majority of women, queers, trans people and other gender-oppressed people who are nationally oppressed or belong to the working class aren’t represented by bourgeois and petty bourgeois feminism. The theoretical and practical development of the struggle against patriarchy from the perspective of the proletariat and revolutionary politics is proletarian feminism.

Tjen Folket

02.01.2016

(Court résumé en français)

«Servir le peuple salue la nouvelle organisation néerlandaise appareil révolutionnaire et mis ici en avant les dépositions de leur part.


Nous sommes fiers d’annoncer la création d’une nouvelle, antikapitalistisk antiimperialistisk proletær organisation féministe, aux pays-bas : « révolutionnaire » (dispositif eenheid révolutionnaire).


L’organisation a été lancé lors d’une festmarkering après le compte à rebours pour la nouvelle année. Membres ont fait des discours, lire les écrits de støtteerklæriger jusqu’aux Philippines, en Palestine et au Liban, et ainsi de suite videomeldinger en provenance de l’Inde et les États-Unis.


Nous partons la nouvelle année d’une manière militante et avec assurance.»


Vive l’unité révolutionnaire !

Source: http://tjen-folket.no/start/view/12045

Mao Zedong : A la mémoire de Norman Béthune – 1939

Yenan, 21 décembre 1939

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Le camarade Norman Béthune [1] était membre du Parti communiste du Canada. Il avait une cinquantaine d’années lorsqu’il fut envoyé en Chine par le Parti communiste du Canada et le Parti communiste des Etats-Unis ; il n’hésita pas à faire des milliers de kilomètres pour venir nous aider dans la Guerre de Résistance contre le Japon.

Il arriva à Yenan au printemps de l’année dernière, puis alla travailler dans le Woutaichan où, à notre plus grand regret, il est mort à son poste. Voilà donc un étranger qui, sans être poussé par aucun intérêt personnel, a fait sienne la cause de la libération du peuple chinois : Quel est l’esprit qui l’a inspiré ? C’est l’esprit de l’internationalisme, du communisme, celui que tout communiste chinois doit s’assimiler.

Le léninisme enseigne que la révolution mondiale ne peut triompher que si le prolétariat des pays capitalistes soutient la lutte libératrice des peuples coloniaux et semi-coloniaux et si le prolétariat des colonies et semi-colonies soutient la lutte libératrice du prolétariat des pays capitalistes [2].

Le camarade Béthune a mis en pratique cette ligne léniniste. Nous, membres du Parti communiste chinois, devons faire de même. Il nous faut nous unir au prolétariat de tous les pays capitalistes, au prolétariat du Japon, de la Grande-Bretagne, des Etats-Unis, de l’Allemagne, de l’Italie et de tout autre pays capitaliste, pour qu’il soit possible d’abattre l’impérialisme, de parvenir à la libération de notre nation et de notre peuple, des nations et des peuples du monde entier. Tel est notre internationalisme, celui que nous opposons au nationalisme et au patriotisme étroit.

L’esprit du camarade Béthune, oubli total de soi et entier dévouement aux autres, apparaissait dans son profond sens des responsabilités à l’égard du travail et dans son affection sans bornes pour les camarades, pour le peuple.

Tout communiste doit le prendre pour exemple. Ils ne sont pas rares ceux à qui manque le sens des responsabilités dans leur travail, qui choisissent les tâches faciles et se dérobent aux besognes pénibles, laissant aux autres le fardeau le plus lourd et prenant la charge la plus légère. En toute chose, ils pensent d’abord à eux-mêmes, aux autres après.

A peine ont-ils accompli quelque effort, craignant qu’on ne s’en soit pas aperçu, ils s’en vantent et s’enflent d’orgueil. Ils n’éprouvent point de sentiments chaleureux pour les camarades et pour le peuple, ils n’ont à leur endroit que froideur, indifférence, insensibilité.

En vérité, ces gens-là ne sont pas des communistes ou, du moins, ne peuvent être considérés comme de vrais communistes. Parmi ceux qui revenaient du front, il n’y avait personne qui, parlant de Béthune, ne manifestât son admiration pour lui, et qui fût resté insensible à l’esprit qui l’animait. Il n’est pas un soldat, pas un civil de la région frontière du Chansi-Tchahar-Hopei qui, ayant reçu les soins du docteur Béthune ou l’ayant vu à l’oeuvre, ne garde de lui un souvenir ému.

Tout membre de notre Parti doit apprendre du camarade Béthune cet esprit authentiquement communiste.

Le camarade Béthune était médecin. L’art de guérir était sa profession, il s’y perfectionnait sans cesse et se distinguait par son habileté dans tout le service médical de la VIIIe Armée de Route. Son cas exemplaire devrait faire réfléchir tous ceux qui ne pensent qu’à changer de métier sitôt qu’ils en entrevoient un autre, ou qui dédaignent le travail technique, le considérant comme insignifiant, sans avenir.

Je n’ai rencontré qu’une seule fois le camarade Béthune. Il m’a souvent écrit depuis. Mais, pris par mes occupations, je ne lui ai répondu qu’une fois, et je ne sais même pas s’il a reçu ma lettre. Sa mort m’a beaucoup affligé.

Maintenant, nous honorons tous sa mémoire, c’est dire la profondeur des sentiments que son exemple nous inspire. Nous devons apprendre de lui ce parfait esprit d’abnégation. Ainsi, chacun pourra devenir très utile au peuple.

Qu’on soit plus ou moins capable, il suffit de posséder cet esprit pour être un homme aux sentiments nobles, intègre, un homme d’une haute moralité, détaché des intérêts mesquins, un homme utile au peuple.


[1Membre du Parti communiste du Canada et célèbre chirurgien. En 1936, lorsque les hordes fascistes allemandes et italiennes attaquèrent l’Espagne, il se rendit sur le front et se mit au service du peuple espagnol qui luttait contre le fascisme. Au début de 1938, après qu’eut éclaté la Guerre de Résistance, il arriva en Chine à la tête d’une équipe médicale. Il atteignit Yenan vers mars-avril et alla peu après dans la région frontière du Chansi-Tchahar-Hopei. Animé d’un fervent esprit internationaliste et faisant preuve du plus grand dévouement et d’une totale abnégation, le camarade Béthune soigna, pendant près de deux ans, les malades et les blessés de la VIIIe Armée de Route. Il contracta une septicémie en faisant une opération d’urgence et mourut à Tanghsien, dans le Hopei, le 12 novembre 1939, malgré tous les soins qui lui furent prodigués.

[2Voir J. Staline : « Des principes du léninisme », partie VI : « La question nationale ».

Source : http://centremlm.be/Mao-Zedong-A-la-memoire-de-Norman

Situation insurrectionnelle qui fait rage dans l’État turc

Situation insurrectionnelle en Turquie et au Kurdistan

Nous rebloguons le texte de Servir Le Peuple dans son intégralité.

 

 

Nous revenons encore une fois sur la situation insurrectionnelle qui fait actuellement rage dans l’État turc et en particulier dans ses « provinces » kurdes.

Le « sultan » et nouveau Jeune-Turc Erdoğan est bel et bien pris à son propre piège, puisque sa volonté hégémoniste régionale de renverser le régime syrien de Bachar el-Assad a transformé la légitime révolte populaire de ce pays en guerre fratricide et que de cette guerre fratricide a jailli l’expérience révolutionnaire lumineuse des Kurdes de Rojava, qui « déborde » désormais sur son territoire alors que des centaines de révolutionnaires turcs ont rejoint la lutte contre les hordes takfiristes là-bas et sont prêts à leur retour à en finir avec le régime sanguinaire d’Ankara, en place depuis près d’un siècle.

L’affrontement se concentre en ce moment tout particulièrement sur la ville de Cizre, dans la province kurde de Şırnak :

Turquie: la ville de Cizre croule sous un déluge de feu (site Solidarité Ouvrière)

Chape de plomb répressive et militariste en Turquie

Cizre ne se rendra pas ! (Nouvelle Turquie)

À Cizre le peuple est abandonné face à la mort !

Kurdistan : Des milliers de manifestants affluent à Cizre pour secourir la population (Secours Rouge APAPC)

Kurdistan : Le couvre-feu contre Cizré est levé, la grève de la faim des prisonniers se poursuit

La situation révolutionnaire en développement atteint un niveau jamais vu depuis (au moins) la lutte armée du PKK dans les années 1980-90 :

La Guerre, la Jeunesse et l’Autogestion

Mais la lutte touche aussi le reste de l’État, et en particulier la capitale économique Istanbul :

Affrontements à Istanbul, guérilla au Kurdistan et rassemblement à Bruxelles

Pour se tenir informé-e-s en temps réel, les meilleures sources sont le site Nouvelle Turquie, le site du Secours Rouge section « Turquie-Kurdistan » et le site de Solidarité Ouvrière tag « Kurdistan ».

Par ailleurs, les maoïstes hexagonaux du Bloc Rouge ont réalisé une interview de l’organisation révolutionnaire DHF (Demokratik Haklar Federasyonu, Fédération démocratique du Peuple), qui sera publiée prochainement dans leur journal et probablement sur leurs médias en ligne. Cette interview reviendra avec un point de vue maoïste sur la situation dans ce pays.

 

Source: Encore des nouvelles de Turquie & Kurdistan du Nord

In Defense of Mao Tsetung’s Contributions to Materialist Dialectics

Dans le but de favoriser l’unité prolétarienne et du mouvement communiste au travers la discussion et les débats, nous publions sous nos pages une excellente réponse maoïste aux multiples critiques M-L qui sont faites à l’endroit de la pensée de Mao Zedong.

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Former Members of the Committee for a Proletarian Party

In Defense of Mao Tsetung’s Contributions to Materialist Dialectics

Position Papers Prepared for the National Joint Study

 

VI. ON PRINCIPLES AND COMPROMISES

Consistently applying the method of materialist dialectics, Mao Tsetung has provided valuable insight into the relation between principles and flexibility: “The integration of principle with flexibility is a Marxist-Leninist principle, and it is a unity of opposites.” (SW, Vol. V, pg. 516) In other words, Mao is claiming that there is an internal identity between principles and flexibility which dictates that although the two are mutually exclusive as opposites, they are also interdependent.

Principles cannot be applied without being in unity with flexibility. In the process of putting Marxist-Leninist principles into practice, it is inevitable that they will not be fully realized all at once, without difficulties and setbacks for the eventual realization of principles, whereas unprincipled compromises undercut or sabotage realization.

Marxist-Leninist principles are forms or modes of revolutionary activity which have been scientifically summed up as having universal validity on the basis of the historical experience of the proletariat. As Lenin explains, “Principles are not an aim, a programme, a tactic or a theory. Tactics and theory are not principles. How do we differ from the anarchists on principles? The principles of communism consist in the establishment of the dictatorship of the proletariat and in the use of state coercion in the transition period.” (LCW, Vol. 32, pg. 469)

Principles like the dictatorship of the proletariat have a universal applicability within certain historical limits. This universal applicability is established by the scientific generalization of past revolutionary practice and is verified by future practice. This practice need not be direct practice in the application of these principles. When Marx, for example, first put forward the necessity of the dictatorship of the proletariat, he had no direct historical model upon which to base this principle. He was primarily summing up the laws of motion of capitalist society that would inevitably lead to its revolutionary overthrow and assessing what would be necessary to thoroughly defeat the bourgeoisie once it was overthrown.

This idea of universal applicability, however, should be clearly understood in terms of the viewpoint and method of materialist dialectics. When we are speaking of principles, we are not referring to static, ahistorical, immutable forms which are applied uniformly under all concrete circumstances. Lenin understood well the Marxist-Leninist axiom, described by Mao, of the necessary integration of principle with flexibility:

As long as national and state distinctions exist among peoples and countries … the unity of the international tactics of the communist working-class movements in all countries demands, not the elimination of variety or the suppression of national distinctions (which is a pipedream at present), but an application of the fundamental principles of communism (Soviet power and the dictatorship of the proletariat), which will correctly modify these principles in certain particulars, correctly adapt and apply them to national and national-state distinctions. (LCW, Vol. 31, pg. 92)

As an example of this modification of the principle of the dictatorship of the proletariat which adapted this general form to nationally specific conditions, the people’s democratic dictatorship in China was a particular application of the dictatorship of the proletariat to a semi-feudal, semi-colonial country. In opposition to this view, Trotskyites have historically relied on a dogmatic, ahistorical interpretation of principles which pits them against flexibility. For them, the general form of the dictatorship of the proletariat remains essentially unchanged, whether it be applied to an advanced imperialist country like the USA, a backward military-feudal imperialist country like Russia, or a semi-colonial, semi-feudal country like China. In denying the integration of the principle of the dictatorship of the proletariat with flexibility, the Trotskyites, in effect, distort the principle itself by regarding it as a pure and monolithic dictatorship of one class and not a historically specific form of class alliance under the leadership of the working class.

It is essential that we apply the Marxist theory of knowledge in order to understand the relation between principles and flexibility. Principles do not reside and become fully real in some Platonic realm of pure forms. Principles are universal forms which become real in the course of historical development. What often happens among dogmatists is that they ignore, liquidate, or mechanically distort the integration of principles with flexibility. Relying on an a priori methodology, they treat the development of principles as an end in itself, instead of seeing that the goal of developing principles is to struggle to achieve principled revolutionary action. The application of principles is always a struggle which demands the use of flexible tactics and the willingness to compromise if necessary.

The Marxist theory of knowledge recognizes that human cognition always moves in cycles — from the particular to the general, and from the general back to the particular again. Before we can know the common essence of things, we have to know the particular essence of individual things. And after having summed up the general essence of things, we must proceed to apply this knowledge to the further investigation of concrete particular things. Only in this cyclical process are we able to supplement, enrich, and develop our knowledge. Dogmatists short-circuit this process of knowledge at this point of summing up the general essence of things. As Mao argues,

Our dogmatists are lazy-bones. They refuse to undertake any painstaking study of concrete things, they regard general truths as emerging out of the void, they turn them into purely abstract unfathomable formulas, and thereby completely deny and reverse the normal sequence by which man comes to know truth. (Four Essays, pp. 37-38)

Marxist-Leninist principles represent the common essences of general truths summed up from many particular revolutionary actions or activities. However, treated as ends in themselves, they wither, petrify, and degenerate into “abstract unfathomable formulas.” Principles become constantly enriched and deepened in the process of being applied by human beings who are engaged in revolutionary action. The modification and adaptation of principles to concrete, specific historical conditions do not dilute and compromise them, but strengthen them and make them more intricate and conformable to the complexity of material reality.

Principles become strengthened in unity with flexibility; divorced from flexibility, they stagnate and can become counter-revolutionary in their objective impact. Such a divorce of principle from flexibility is a form of opportunism, a violation of Marxist-Leninist principle itself. Such a rupture is not necessarily politically innocuous, but can lead to costly mistakes for the revolutionary movement. As the Chinese Communist Party explained in its 1963 polemic against Soviet revisionism, More on the Differences Between Comrade Togliatti and Us:

Flexibility based on principle is not opportunism. On the contrary, one can make opportunist mistakes if one does not know how to exercise the necessary flexibility and to suit the action to the moment, in the light of the specific conditions and on the basis of persevering in principle, and one will thus bring unwarranted losses to the revolutionary struggle. (Whence the Differences?, pg. 346)

There are numerous Marxist-Leninist principles, some of which are subordinate to others within given historical circumstances. In a complex situation in which Marxist-Leninists are struggling to advance the cause of the revolutionary movement, they will be guided by a number of principles, major or minor in nature. It is often necessary to seek a compromise on some of these principles in order the better to prepare the conditions for the realization of a principle more vital to the advance of the proletariat’s interest.

The ultimate Marxist-Leninist principle, simply stated, is to do that which most advances the revolutionary interests of the proletariat. As Lenin says, “the good of the revolution, the good of the working class, is the highest law.” (LCW, Vol. 42, pg. 48) That is why the question of principles and compromises is inextricably interwoven with the question of political strategy and tactics. In the context of what most advances the interests of the working class, no principle can be considered inviolate.

To juxtapose principles and compromises as abstract categories is to approach them from an inherently bourgeois metaphysical perspective. The question of principles and compromises is not an ahistorical, “moral” question, but a political-historical question which is inseparably linked with the correct elaboration of concrete strategy and tactics. As the earlier quote from Lenin made clear, “tactics and theory are not principles,” but still the question of applying principles cannot be separated in practice from the development of strategy and tactics. The reason is that strategy and tactics always have to be developed as the key to advance the revolutionary interests of the proletariat in a concrete historical context.

To clarify the differences between Mao Tsetung and Enver Hoxha on the nature of principles and compromises, it is most helpful to take just such a relevant concrete historical context in order to judge, not just what the two of them say on paper, but how they put their understanding on these questions into practice. The context we have chosen is the struggle against Khrushchev revisionism in the vital period of 1962 to 1964.

Before we proceed to discuss, in particular, Hoxha’s criticisms of the struggle of Mao and the CPC against Soviet revisionism, we think it would be useful as background to explain certain “principles” of struggle which Mao has developed out of summing up the rich history of successes and failures of the Chinese revolution. In reviewing these principles, we think that it is possible to gain a better understanding of how the CPC under Mao’s leadership views struggle and unity, principles and compromises. Such a review will begin to provide a basis for answering Hoxha’s charge that “during the entire period that Mao was alive, the Chinese policy, in general, was a vacillating one, a policy changing with the circumstances, lacking a Marxist-Leninist spinal cord.” (IATR, COUSML Ed., pg. 105)

In the essay Current Problems of Tactics in the Anti-Japanese United Front, written in 1940, Mao explained that there were certain principles that comrades in the CPC should follow in carrying out struggle against the die-hards in the period of the anti-Japanese united front. Although Mao is referring to the struggle against die-hards, and not specifically to the struggle against revisionists, and the historical context is the anti-Japanese united front and not the international united front against the world’s main enemy in 1962-1964, U.S. imperialism; we still believe that these principles of struggle have a certain broader applicability.

The struggle against revisionism has its own particular laws, distinct from those which govern the battle against die-hards in general. But what is valuable to understand in drawing this close analogy is that the ideological struggle against revisionism which can in no way compromise on principle must at the same time be conditioned by the broader context of the all-around revolutionary battle with imperialism. We do not necessarily agree with Mao’s principles in their entirety, nor do we endorse a mechanical application of them to the struggle against revisionism in particular; but what discussing them in this context helps to highlight is the sharp contrast between the mature tactical sophistication of Mao and the CPC and the self-defeating sectarianism and dogmatism of Hoxha and the PLA.

In speaking of the struggle against the die-hards, Mao refers to three main principles that should be followed. These are that Marxist-Leninists should fight 1) “on just grounds,” 2) “to their advantage,” and 3) “with restraint.” (Cf. SW, pp. 426-427) What these three principles mean is that 1) Marxist-Leninists should never attack without provocation, but once they are attacked they should never fail to counter-attack, 2) Marxist-Leninists should never fight without a plan and the certainty of success in achieving their goals, and they should never take on all the die-hards at once but should direct their blows at the most reactionary and dangerous of them first, and 3) they should know when to bring a particular struggle to a close before another attack is launched on them and should never fight on ceaselessly day after day.

As Enver Hoxha’s “diary”, Reflections on China, makes evident, he must disagree with all three of Mao’s principles in struggling against revisionists because he puts none of them into practice. What becomes most obvious after reading this diary is that Hoxha does not have a good handle on tactical flexibility because, fundamentally and most seriously, he does not have a good handle on objective reality. His estimate of the balance of forces between Marxist-Leninists and revisionists in the early 1960s and the chances of winning over the majority of communists and defeating Khrushchev were heavily weighted with empty phrase-mongering and bravado. For example, Hoxha attacks China’s more sober and flexible tactical policy in this period as “an opportunist road of vacillation and concessions to the Khrushchev traitor group which finds itself in grave difficulties, and is intriguing in order to escape defeat.”(ROC, COUSML Ed., pg. 7, reprinted in Proletarian Internationalism, Vol. 1, No. 4)

And later Hoxha claims that “Khrushchev wants to hold the meeting of the 81 parties and expel us. In acting in this way he is committing suicide.” (pg. 35)

The tactically flexible policies of the Chinese Communist Party were based precisely on the estimate that they were a small minority both in the international communist movement and the socialist camp. The overwhelming majority of parties and socialist countries backed Khrushchev and regarded the CPC and PLA as splitters and wreckers. These two Marxist-Leninist parties had very few reliable allies. Possible allies like the Vietnam Workers Party, the Korean Workers Party, the Communist Party of Indonesia, and the Communist Party of New Zealand had strong centrist tendencies and wavered between the two camps.

This unfavorable objective situation did not call for the abandonment of the resolute struggle on principle, but it did necessitate a flexible tactical policy which took the weaknesses of the Marxist-Leninists into account and did not exacerbate them. Mao’s first principle of struggle that Marxist-Leninists should fight “on just grounds” was especially relevant since the revisionists banked a great deal of their tactics on isolating the Marxist-Leninists by labelling them dogmatists and splitters. What must be remembered is that the Marxist-Leninists had an awesome responsibility in standing up for principle and facing the likelihood of splitting the powerful socialist camp and the large international communist movement.

In such circumstances, when Marxism-Leninism was under attack, communists could not compromise on principles; but to effectively counter the effort to isolate them, they also had to demonstrate a genuine interest in trying to reach principled unity. Laying down inflexible pre-conditions for meetings of the 81 parties, for example, would have only tended to isolate the Marxist-Leninists further and prevented them from gaining a valuable forum for carrying out the struggle from within the international communist movement while that was still possible. Marxist-Leninists had to take advantage of every opportunity to carry out struggle which would prepare the best possible conditions for a split.

The PLA, however, insisted on laying down just such inflexible pre-conditions and pursued a sectarian and self-isolating tactical line. When it came to withdrawing its pre-conditions for a meeting with the CPSU and other parties, pre-conditions which would have required the revisionists to admit beforehand that they were revisionists, the PLA replied that ”we are not budging a hair’s breadth from our correct positions of principle.” (ROC, pg. 10)

When the CPC advocated taking part in such a multi-lateral meeting, the PLA accused it of seeking some sort of unprincipled compromise. There can be no doubt that it would be a compromise to agree to minimal conditions for such a meeting to ensure that it take place, but such a compromise would not be unprincipled if such a meeting provided an opportunity for Marxist-Leninists to better carry out the struggle and extend and deepen their influence.

Marxist-Leninists were not dealing merely with a battle between ideas and ideologies, but were confronted with parties and countries that represented real material forces in the world. Under such conditions, to attempt to establish some form of tactical unity with centrist forces like the Rumanians, in order to increase their contradictions with the Soviet revisionists, would not represent an abandonment of principles. In attempting to build some ties with the Rumanians, the CPC was following through, in effect, on the second principle of struggle developed by Mao, namely, that Marxist-Leninists should wage struggle “to their advantage.” In waging struggle “to their advantage” communists must differentiate between their greater and lesser enemies and seek to direct their main blows at their greatest enemies. In line with creating contradictions in the enemy camp and attempting to isolate the main enemy as much as possible by tactically uniting all who can be united, communists can seek temporary tactical compromises with middle, vacillating, or even centrist forces. This policy does not at all mean that struggle is not carried on with centrist forces to eventually force them to clearly take sides, but such struggle on questions of principle is conducted simultaneously with the view in mind of maintaining some form of tactical unity with them and preventing them from going over to the side of the revisionists.

The PLA rejected such tactical flexibility as a form of unprincipled compromise. In effect, they lumped all the revisionists and centrists, like Khrushchev, Tito and the Rumanians, into one solid camp of reaction. They defined all these different forces as being equal members of one common front of international revisionism which should be regarded as the main enemy of Marxist-Leninists and fought “consistently, unwaveringly, to the end, in any form, at any time, and under any circumstances that it presents itself.” (ROC, pg. 28) This stance represented a form of ultra-leftism which flew in the face of Lenin’s well-known advice that “to refuse beforehand to maneuver, to utilize the conflict of interests (even temporary, unstable, vacillating and conditional) allies — is not this ridiculous in the extreme?” (Left-wing Communism, An Infantile Disorder, FLP, 1965, pg. 66 or LCW, Vol. 31, pg. 70)

In rejecting such advice, Hoxha and the PLA exposed themselves as idealists who objectively separated the ideological struggle from the political, economic, and military struggle. Communists cannot compromise on the ideological struggle, but they have to be flexible to some extent in how they have to carry it out and aware of what impact it will have on successfully carrying out the other forms of struggle.

The idealist deviations of the PLA in treating the ideological struggle as a separate, sealed-off realm became apparent in how they viewed the proposal of Mao and the CPC to create a broad front against U.S. imperialism which would even have included the revisionists like Khrushchev. In 1964 when the Chinese advanced such a proposal, U.S. imperialism was the main enemy of the world’s people, and the Soviet Union was still considered part of the socialist camp despite its new revisionist leadership. Such a proposal was a correct tactical policy given the concrete political alignment of class and national forces in the world. The focal point of such a policy was the need to supply all possible aid to the Vietnamese in their growing war with the U.S. imperialists.

In such an historical context, the response of Hoxha to the Chinese proposal was: “Is it possible for us Marxist-Leninists to create a common front with the modern revisionists? Apparently, to the Chinese and Japanese it is possible. To us no, this can never be!” (ROC, pg. 35) Such a short-sighted and idealist attitude opposes itself to the third principle of struggle developed by Mao that Marxist-Leninists should exercise some restraint in carrying out struggle against reactionary forces, such as die-hards or revisionists. Such restraint relates mainly to the timing and tempo of the struggle and its integration with the effort to achieve unity in the front against imperialism. In the context of the united front against U.S imperialism which was vital for strengthening the hand of revolutionaries in direct military combat with the U.S.A., like the Vietnamese, the ideological struggle with Khrushchev revisionism, which could recognize no bounds as regards principles, needed to be integrated with some degree of tactical restraint.

What Hoxha and the PLA did not understand is that it is in the course of waging the revolutionary class struggle that revisionists are best exposed for their conciliation and collaboration with imperialism. To be effectively exposed by revolutionaries, revisionists need to be drawn and dragged into common fronts of struggle where their words can be tested in the crucible of deeds. In their dogmatism and sectarianism, the PLA objectively weakened the struggle against U.S. imperialism, and concomitantly, weakened the struggle against modern revisionism itself. Historically, the PLA put itself in the same ultra-left camp with the forces in the Third International who opposed Lenin’s policy of seeking a united front with the social democrats in the 1920s. It also put itself in the same camp with the Trotskyites in the 1930s who opposed the popular front against fascism.

In conclusion, we can see that Hoxha and the PLA oppose all three of the principles of struggle developed by Mao (fighting “on just grounds,” “to our advantage,” and “with restraint”) because of a consistent and longstanding tendency to dogmatism, sectarianism, and idealism. Although the PLA tries to pay their respects to orthodoxy and spin many fine words about principles and compromise in such articles as “On Alliances and Compromises and the Criticism of the Theory of Three Worlds” (Albania Today, No. 3 [46], 1979) , its practice in the revolutionary class struggle belies these fine words and exposes the PLA for opportunist and self-serving phrase-mongering.

When it comes to the real test of applying Marxist-Leninist principles in their practice, the PLA fails miserably. Attempting to hide under the mantle of orthodoxy, Hoxha and the PLA only reveals their own ultra-left and costly opportunism on questions of principles and flexibility. The basic reason is that they fail to understand the fundamental Marxist-Leninist axiom that principles and flexibility are a unity of opposites, that principles must be integrated with flexibility or they can eventually end up as a counterrevolutionary dogma.

Source: https://www.marxists.org/history/erol/ncm-5/cpp-mao/section-6.htm