Déclaration internationaliste à l’occasion du 1er Mai 2018!

Le 1er mai 2018 – le 200e anniversaire de la naissance de Karl Marx et le 170e anniversaire de la première édition du Manifeste du parti communiste, écrit par Marx et Engels – est une grande occasion de faire valoir leur actualité et leur puissance, comme des armes vivantes des communistes et des prolétaires d’hier, d’aujourd’hui et pour toujours.

«L’histoire de toute société jusqu’à nos jours est l’histoire de luttes de classes.»

«La société entière se scinde de plus en plus en deux vastes camps ennemis, en deux grandes classes qui s’affrontent directe¬ment: la bourgeoisie et le prolétariat.»

«Le pouvoir étatique moderne n’est qu’un comité chargé de gérer les affaires communes de la classe bourgeoise tout entière.»

Ce système produit des crises continues – écrit le Manifeste; ce sont des crises de surproduction qui traduisent le fait que «le système bourgeois est devenu trop étroit pour contenir les richesses qu’il crée».

Comment la bourgeoisie parvient-elle à surmonter les crises?

«D’un côté, en imposant la destruction massive de forces productives; de l’autre, en conquérant de nouveaux marchés et en exploitant plus à fond des anciens marchés.»

Mais cela ne fait que préparer de nouvelles et formidables crises.

La bourgeoisie n’a pas seulement fabriqué des armes qui produisent la mort, mais aussi les hommes qui peuvent utiliser ces armes pour mettre fin à son système.

Ces hommes sont «les ouvriers modernes, les prolétaires […] qui ne vivent qu’à la condition de trouver du travail et qui n’en trouvent que si leur travail accroît le capital».

«De toutes les classes qui, à l’heure actuelle, s’opposent à la bourgeoisie, seul le prolétariat est une classe vraiment révolutionnaire. Les autres classes périclitent et disparaissent avec la grande industrie; le prolétariat, au contraire, en est le produit le plus authentique.»

«Les prolétaires ne peuvent s’emparer des forces productives sociales qu’en abolissant le mode d’appropriation qui leur était particulier et, par suite, tout le mode d’appropriation en vigueur jusqu’à nos jours.»

L’histoire de la lutte de classe est «l’histoire de la guerre civile, plus ou moins larvée, qui travaille la société actuelle, jusqu’à l’heure où cette guerre éclate en révolution ouverte, et où le prolétariat fonde sa domination en renversant par la violence la bourgeoisie».

Le but des communistes est clair et précis: formation du prolétariat en classe, renversement de la domination bourgeoise, conquête du pouvoir politique par le prolétariat.

La tâche des communistes est dessinée en forme éternelle et essentielle dans le Manifeste, ils «combattent pour les intérêts et les buts immédiats de la classe ouvrière; mais dans le mouvement présent, ils défendent et représentent en même temps l’avenir du mouvement». Ils travaillent à «développer chez les ouvriers une conscience aussi claire que possible de l’antagonisme violent qui existe entre la bourgeoisie et le prolétariat, afin que, l’heure venue, les ouvriers […] sachent convertir les conditions politiques et sociales que la bourgeoisie doit nécessairement amener en venant au pouvoir, en autant d’armes contre la bourgeoisie.»

«Les communistes appuient en tous pays tout mouvement révolutionnaire contre l’ordre social et politique existant.»

«Les communistes – aujourd’hui plus que jamais, nous enseignent Marx et Engels – se refusent à masquer leurs opinions et leurs intentions. Ils proclament ouvertement que leurs buts ne peuvent être atteints que par le renversement violent de tout l’ordre social passé… les prolétaires n’ont rien à y perdre que leurs chaînes. Ils ont un monde à gagner.»

Le capitalisme, analysé par Marx, qui est devenu l’impérialisme comme l’a par la suite analysé Lénine, continue de traverser une crise économique profonde et de la décharger sur les prolétaires et les peuples du monde. Les capitalistes parlent de «reprise», mais la seule chose qui reprend est la course au profit, à la richesse et à l’armement. Pour les prolétaires et les masses populaires, nous avons le chômage, la précarité, l’exploitation et l’esclavage, la pauvreté, le vol de matières premières et de ressources énergétiques, la dévastation de l’environnement et des territoires.

Contre cette situation, les prolétaires et les masses populaires se rebellent dans les pays impérialistes comme dans les pays opprimés par l’impérialisme. Aux rébellions des prolétaires et des peuples opprimés, les bourgeoisies impérialistes et les classes dominantes qui leurs sont asservies dans les pays opprimés par l’impérialisme, opposent la répression et les massacres. Les États deviennent toujours plus réactionnaires et fascistes. Les prolétaires et les peuples résistent et développent leurs luttes et leurs guerres populaires pour affirmer que la révolution est la tendance principale.

Les bourgeoisies impérialistes et les États réactionnaires qui leur sont asservis intensifient les contentions inter-impérialistes, déclenchent des guerres commerciales et des guerres interposées, ravivent la tendance à une nouvelle guerre mondiale de partage. À la guerre impérialiste ne peut être opposée que la transformation de la guerre impérialiste en guerre civile révolutionnaire et le développement à l’échelle internationale des guerres populaires.

Sur la route de la révolution s’oppose au sein du mouvement ouvrier et populaire la voie du réformisme, la voie suivie par les révisionnistes et les sociaux-démocrates pour favoriser la réconciliation avec les gouvernements et les États impérialistes et faciliter la réalisation de leurs plans. Devant la crise du réformisme, de la social-démocratie et du révisionnisme, de nouvelles forces électorales populistes s’avancent dans l’intérêt de la bourgeoisie et des États impérialistes, utilisant la démagogie réactionnaire pour diviser les masses et les attacher au wagon de la classe dominante. Le populisme nourrit le fascisme et le néo nazisme.

Les communistes et les prolétaires avancés travaillent à ce que la rébellion des masses puisse se transformer en révolution gagnante – la démocratie nouvelle dans les pays opprimés par l’impérialisme en marche vers le socialisme et la révolution prolétarienne et socialiste dans les pays impérialistes en marche vers le communisme.

Les communistes, sur la base des idées de Marx, Lénine et Mao appliquées à la réalité concrète de chaque pays, construisent et développent de nouveaux partis communistes révolutionnaires authentiques, des fronts unis dirigés par le prolétariat de toutes les masses exploitées et opprimées, les forces de combat et les armées révolutionnaires et populaires. Seulement là où les masses ont ces instruments, leurs luttes héroïques et généreuses peuvent gagner. À l’échelle mondiale, les guerres populaires menées par les partis marxistes-léninistes-maoïstes constituent l’indication stratégique décisive et essentielle.

La guerre populaire en Inde, qui touche directement l’un des principaux bastions de l’impérialisme et de la réaction dans le monde, est un puissant point de référence, avec les guerres populaires aux Philippines, au Pérou et en Turquie. Elles montrent en pratique aujourd’hui la façon de renverser le système d’exploitation et d’oppression de l’impérialisme et toutes les forces réactionnaires qui lui sont inféodées, pour la construction d’un nouveau pouvoir et une nouvelle société.

Les communistes doivent s’unir et renforcer leur unité, libérant ainsi les rangs du mouvement communiste international des tendances révisionnistes et de la capitulation, sans en même temps tomber dans la stérilité du révolutionnarisme petit-bourgeois, du dogmatisme. La construction des partis communistes est possible seulement dans le feu de la lutte des classes en relation étroite avec les masses, en fonction de la vraie lutte révolutionnaire pour le pouvoir.

À l’occasion du 200e anniversaire de la naissance de Marx, nous déclarons avec force: le marxisme-léninisme-maoïsme est le marxisme de notre époque! Il est la base essentielle à l’unité des communistes à travers le monde.

«Prolétaires de tous les pays, unissez-vous!» Le grand mot d’ordre indiqué par Marx est le drapeau rouge de l’internationalisme prolétarien, l’arme pour la construction d’une nouvelle Internationale communiste.

L’avenir du communisme est entre nos mains.

1er Mai 2018
Source: http://www.pcr-rcp.ca/fr/4658
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Discours de Raoul Castro à la clôture de la session constitutive de la 9e législature de l’Assemblée nationale du pouvoir populaire

Le Marxiste-Léniniste

Numéro 16 – 28 avril 2018

Supplément
Cuba

Le Parti communiste appuiera et soutiendra résolument le
nouveau président


Raúl réaffirme le rôle dirigeant du Parti et de sa direction dans le développement du pays.

LML reproduit le discours prononcé par le général d’armée Raúl Castro Ruz, premier secrétaire du Comité central du Parti communiste de Cuba à la clôture de la session constitutive de la 9e législature de l’Assemblée nationale du pouvoir populaire, au Centre international de conférences de La Havane, le 19 avril 2018. Voir aussi LML no 15, 21 avril 2018  pour un rapport de la session législative.

* * *

Camarades,

Avant toute chose, je tiens à vous remercier de m’avoir confié la tâche de prononcer le discours de conclusion de cette émouvante session constitutive de la 9e Législature de l’Assemblée nationale du Pouvoir populaire, qui a lieu précisément aujourd’hui, à l’occasion du 57e anniversaire de la victoire remportée à Playa Giron, sous la conduite du commandant en chef Fidel Castro Ruz, sur l’invasion mercenaire organisée, financée et débarquée par le gouvernement des États-Unis.

Cet événement historique est d’autant plus important que c’était la première fois que les combattants de l’Armée rebelle, les policiers et les miliciens combattaient pour défendre les drapeaux du socialisme, proclamé par Fidel le 16 avril 1961 à l’issue des obsèques des victimes des bombardements des bases aériennes.

Comme chacun sait, lors de la dernière session ordinaire de la 8e Législature, l’Assemblée nationale a adopté la prorogation du mandat des députés du Parlement cubain et des délégués des assemblées provinciales, en raison des graves dommages occasionnés par l’ouragan Irma, dont l’impact direct sur la quasi-totalité du territoire national a déterminé la nécessité de réajuster le calendrier du processus électoral, que nous concluons aujourd’hui et qui a bénéficié d’une participation citoyenne massive, dans une nouvelle démonstration de soutien à la Révolution et à notre démocratie socialiste.

Il convient de reconnaître le travail accompli par les commissions électorales et de candidature à tous les niveaux, ainsi que par l’ensemble des institutions qui ont contribué au bon déroulement des élections.

Le 6e Congrès du Parti, qui s’est déroulé en avril 2011, a adopté une proposition visant à limiter la durée des fonctions des principaux responsables politiques et de l’État à un maximum de deux mandats consécutifs de cinq ans. Le 7e Congrès s’est prononcé dans le même sens il y a deux ans, et bien que cette limitation n’ait pas encore été introduite dans la Constitution, une question qui, nous l’espérons, sera établie dans le cadre de sa réforme, depuis que j’ai assumé mon deuxième mandat de président du Conseil d’État et du Conseil des ministres le 24 février 2013, j’ai annoncé que ce serait le dernier, ce que j’ai ratifié en décembre dernier lorsque, à cette même tribune, j’ai déclaré qu’à partir d’aujourd’hui, Cuba aurait un nouveau président.

Il n’était pas nécessaire d’attendre une réforme constitutionnelle pour tenir parole et agir en conséquence, le plus important étant de donner l’exemple.

L’Assemblée nationale du Pouvoir populaire a élu le camarade Miguel Diaz-Canel Bermudez à la présidence du Conseil d’État et du Conseil des ministres. Dans le même temps, le camarade Salvador Valdés Mesa a également été élu premier vice-président du Conseil d’État, et l’Assemblée nationale a ensuite approuvé sa nomination au poste de premier vice-président du Conseil des ministres.

Le camarade Diaz-Canel présente un parcours professionnel de près de 35 ans. Après avoir obtenu un diplôme en ingénierie électronique à l’Université centrale de Las Villas, il a exercé dans cette profession. Il a effectué son service militaire dans les unités de fusées antiaériennes des Forces armées révolutionnaires (FAR), avant d’exercer les fonctions de professeur à la Faculté de génie électrique de cette même université, où il a été proposé comme cadre professionnel de l’Union des jeunes communistes, passant progressivement à des postes de direction de cette organisation, jusqu’à sa promotion au travail professionnel au sein du Parti.


Raúl rappelle la carrière politique de Diaz-Canel, le nouveau président du Conseil de l’État et des ministres (troisième à partir de la droite)

En juillet 1994, au cours de la troisième ou quatrième année de la Période spéciale, lorsque la phase la plus aiguë de la Période spéciale était à son apogée, il a été élu premier secrétaire du Comité provincial de Villa Clara pendant neuf ans, puis il a assumé cette même responsabilité dans la province d’Holguín pendant six autres années, dans les deux cas avec des résultats satisfaisants.

Et ce ne fut pas un hasard, après les neuf années passées à Villa Clara, un temps assez long, parce qu’il y était né et qu’il connaissait son ancienne province, y compris, en l’occurrence, Cienfuegos et Sancti Spiritus. Il faut dire que nous avions prévu de l’envoyer à Holguin, l’une des provinces à forte population et superficie, dans le cadre de sa préparation, comme nous avons essayé de le faire avec près d’une douzaine de jeunes, dont la plupart sont arrivés au Bureau politique, mais dont nous n’avons pas réussi à matérialiser la préparation, et ce fut le seul survivant — je dirais en exagérant un peu — de ce groupe (applaudissements), dont je ne critique pas les insuffisances, mais en parlant avec le camarade Machado, je lui disais que c’est à nous de nous critiquer pour ne pas avoir mieux organisé la préparation et la maturation de ces autres camarades afin qu’ils puissent occuper de hautes responsabilités au sein du Parti et du gouvernement.

Si en 15 ans il n’a travaillé que dans deux provinces comme principal dirigeant du Parti, sans compter les années où il avait dirigé la jeunesse, dans sa propre province, j’ai aussi fait remarquer au camarade Machado qu’en 15 ans il aurait pu passer, à raison d’environ trois ans, par cinq provinces du pays, au moins, afin de les connaître plus profondément. Je ne critique pas Machado, je le critique déjà trop (qpplaudissements). Et à présent que je suis son supérieur direct, gare à lui ! (Rires). Mais je veux dire par là que nous devons accorder encore plus d’attention à la préparation des cadres, de sorte que lorsqu’ils occuperont d’autres postes plus élevés, ils auront acquis une plus grande maîtrise. Mais son élection aujourd’hui n’est pas le fruit du hasard, elle a été prévue, au sein d’un groupe, et le meilleur, selon notre modeste opinion et celle du Parti, a été le camarade Diaz-Canel (applaudissements), et nous n’avons aucun doute qu’au vu de ses qualités, de son expérience et de son dévouement au travail qu’il a accompli, il aura un succès absolu dans la mission qui lui a été confiée par notre organe suprême du pouvoir de l’État (applaudissements).

Il est membre du Comité central du Parti depuis 1991 et il a été promu au Bureau politique il y a 15 ans. Il s’est acquitté d’une mission internationaliste en République du Nicaragua et il est diplômé du Collège de la Défense nationale.

En 2009, il a été nommé ministre de l’Enseignement supérieur et, en 2012, vice-président du Conseil des ministres responsable de l’éducation, de la science, du sport et de la culture.

Il y a cinq ans, il a été élu premier vice-président du Conseil d’État et du Conseil des ministres – et depuis lors, un groupe de camarades du Bureau politique, nous étions absolument certains d’avoir touché dans le mille, et que c’était la solution, qui se concrétise aujourd’hui à cette réunion très importante -, ces dernières responsabilités, que j’ai mentionnées et, surtout, celle de premier vice-président du Conseil d’État et du Conseil des ministres, qu’il a alterné avec la prise en charge de la sphère idéologique du Comité central du Parti.

Ce n’est pas non plus une coïncidence, une question aussi importante que celle-ci devait forcément passer entre les mains de celui qui est aujourd’hui président du Conseil d’État et du Conseil des ministres, et lorsque je ne serai plus là – ce à quoi je ferai référence plus tard, le fait que je reste au poste de premier secrétaire jusqu’en 2021 – il pourra assumer ce statut de président du Conseil d’État et du Conseil des ministres et de premier secrétaire du Parti communiste (applaudissements). Et c’est ainsi que cela a été planifié, et est consigné dans la prochaine proposition de l’Assemblée, qui sera également examinée avec le Conseil des ministres, lors de la session de juillet, où sera également proposée la Commission des députés, qui sera chargée de rédiger et de présenter à cette assemblée le projet de nouvelle constitution, qui devra ensuite être discuté avec la population et soumis à un référendum.

Je signale que dans la prochaine Constitution, dans laquelle il n’y a pas de changement de notre objectif stratégique, dans le travail du Parti, cet aspect sera maintenu et notre peuple l’appuiera sans aucun doute, comme il l’a fait il y a des dizaines d’années, en 1976, avec un énorme nombre de voix, 98 %. Et à cette occasion, ces deux fonctions comme je l’ai dit, qui sont fondamentales, pourront à nouveau être cumulées. Le premier secrétaire du Parti et le président du Conseil d’État et du Conseil des ministres puisse concentrer entre ses mains tout le pouvoir et l’influence pour exercer, même s’il existe, c’est possible, un premier ministre en charge du gouvernement. Ceci dit je démontre que nous avons beaucoup discuté de la formulation qui sera présentée par l’intermédiaire de cette commission dont je vous ai parlé et qui vous sera proposée au mois de juillet.

Il doit accomplir ses deux mandats, ce que nous allons établir dans la Constitution, chacun d’une durée de cinq ans. Le Congrès du Parti maintiendra ses dates. J’ai été élu au 7e Congrès du Parti jusqu’en 2021. J’ai 87 ans, je les aurai le 3 juin – je ne dis pas cela pour recevoir un cadeau, je sais qu’il est difficile de trouver un cadeau ici, aussi modeste soit-il (applaudissements).

Trouver un cadeau ici, aussi modeste soit-il, est plus difficile que de trouver du pétrole (rires), autrement dit, ne m’envoyez rien.

Lorsqu’il aura accompli ses deux mandats, s’il travaille bien, et si ceci est approuvé par le Comité central de notre Parti et par l’organe suprême du pouvoir de l’État, qui est cette assemblée dont nous faisons partie, il doit être maintenu. Tout comme nous le faisons aujourd’hui, il doit faire la même chose avec son remplaçant. Au terme de ses 10 années en tant que président du Conseil d’État et du Conseil des ministres, les trois années qu’il lui reste, jusqu’au Congrès, il reste au poste de premier secrétaire pour faciliter une transition sûre sans avoir à préparer le terrain à son successeur, jusqu’à ce qu’il prenne sa retraite pour s’occuper de ses petits-enfants – il en a peut-être déjà…-, es-tu déjà grand-père ? Bon, eh bien, des arrière-petits-enfants, comme moi, qui en ai trois, et il y en a un quatrième en route (rires).

C’est la façon dont nous voyons les choses.

Bien entendu, il appartiendra aux organes supérieurs du Parti et de l’État de décider, ils prendront la décision finale pour ces questions dont je vous ai parlé.

Nous vivons dans un lieu et à une époque où nous ne pouvons pas commettre d’erreurs. Je suis de ceux qui lisent et étudient, quand le temps me le permet, tout ce qui me tombe entre les mains sur des événements historiques très funestes qui se sont produits dans l’histoire récente, au niveau international, dans certains pays, et nous ne pouvons pas commettre d’erreurs, non seulement en raison de la situation géographique où nous sommes, ni pour aucune autre raison. Il y a des erreurs que nous ne pouvons pas commettre, comme celles qui ont ruiné des processus extrêmement importants pour l’humanité et dont les conséquences ont été payées par de nombreux pays. Les conséquences du déséquilibre international qui s’est créé, qui ont été payé par de nombreux pays, y compris le nôtre, et que nous continuons à payer. Vous me comprenez bien ? (On lui répond : « Oui ! »).

Le camarade Díaz-Canel n’est pas un candidat improvisé ; au fil des années, il a fait preuve de maturité, de capacité de travail, de solidité idéologique, de sensibilité politique, d’engagement et de loyauté envers la Révolution.

Son accession à la plus haute responsabilité de l’État et du gouvernement de la nation n’est ni le fruit du hasard ni de la précipitation. Dans sa promotion progressive à des postes supérieurs, contrairement à d’autres cas de jeunes dirigeants, comme je l’ai signalé auparavant, nous n’avons pas commis l’erreur d’accélérer le processus, mais nous avons plutôt assuré de manière intentionnelle et en le prévoyant son passage à travers différentes responsabilités du Parti et du gouvernement, de sorte qu’il acquière un niveau de préparation intégrale qui, ajouté à ses qualités personnelles, lui permettront d’assumer avec succès la direction de notre État et de notre gouvernement et, par la suite, la plus haute responsabilité au sein du Parti.

Pour sa part, le camarade Valdés Mesa accumule un long parcours au service de la Révolution, dont le triomphe l’a surpris alors qu’il était ouvrier agricole dans une ferme située dans la région d’Amancio Rodriguez, appartenant à l’époque à la province de Camagüey. En 1961, il a rejoint les Milices nationales révolutionnaires, participé à la campagne d’alphabétisation et il a été membre de l’Association des jeunes rebelles, dont il est devenu le secrétaire général dans la région. À la création de l’Union des jeunes communistes, il a été élu secrétaire général et a assisté au 1er Congrès de cette organisation en tant que délégué.


Le général des armées a aussi souligné le travail du premier vice-président Salvador Valdés Mesa (à l’avant, au centre) en tant que dirigeant syndical.

Plus tard, il a participé à la construction du Parti uni de la Révolution socialiste de Cuba dans plusieurs régions de Camagüey, occupant des postes de direction au niveau municipal et au Comité provincial du Parti, d’où il est passé en tant que cadre professionnel au travail syndical, en gravissant progressivement les échelons, jusqu’à exercer, entre autres, les responsabilités de deuxième secrétaire de la Centrale des travailleurs de Cuba (CTC) et de secrétaire général du Syndicat national des travailleurs agricoles et forestiers.

En 1995, il a été nommé ministre du Travail et de la Sécurité sociale, jusqu’à ce qu’il soit promu quatre ans plus tard premier secrétaire du Comité provincial du Parti à Camagüey.

Lors du 19e Congrès de la CTC, tenu en 2006, il a été élu secrétaire général, fonction qu’il a exercée jusqu’en 2013, année où il a été élu vice-président du Conseil d’État.

Sans cesser de travailler, il a obtenu son diplôme d’ingénieur agronome en 1983 à l’Institut supérieur des Sciences agricoles de Ciego de Avila.

Il est membre du Comité central du Parti depuis 1991 et de son Bureau politique depuis 10 ans.

De même, je pense qu’il est juste de mettre en évidence l’attitude désintéressée du camarade José Ramon Machado Ventura qui, de sa propre initiative – et je le répète parce qu’il avait déjà agi de la sorte, précisément pour que Diaz-Canel puisse occuper le poste qu’il occupait en tant que premier vice-président du Conseil d’État – a offert son poste de vice-président du Conseil d’État et du Conseil des ministres pour céder la place à la nouvelle génération.


Raúl a parlé de l’exemple révolutionnaire de Ventura, deuxième secrétaire du Comité central du Parti.

Machado, auquel je suis lié par plus de 60 ans de lutte révolutionnaire depuis la Sierra Maestra et le 2e Front oriental Frank País, dont il fut l’un des fondateurs, est un exemple de modestie, d’honnêteté et de dévouement sans bornes au travail, bien qu’il soit un peu grincheux, comme beaucoup d’entre vous le savent. Dorénavant, il concentrera ses efforts sur le travail du Parti en tant que deuxième secrétaire du Comité central.

Une mention à part pour Mercedes Lopez Acea, membre du Bureau politique, qui a été libérée de son poste de vice-présidente du Conseil d’État hier après-midi. Après un peu plus de huit ans d’un travail louable et extrêmement difficile en tant que première secrétaire du Parti dans cette capitale compliquée, une tâche d’autant plus complexe qu’il s’agit précisément de la capitale du pays, elle assumera bientôt de nouvelles responsabilités au sein du Comité central du Parti (applaudissements).

La composition du Conseil d’État élu aujourd’hui par l’Assemblée nationale reflète un taux de renouvellement de 42 %. La représentation des femmes augmente également à 48,4 %. On fait des progrès, Teresa, n’est-ce pas ? Mais nous devons maintenant continuer, comme vous le dites vous-mêmes, vers des postes de décisions, et pas seulement en termes de nombre (applaudissements).

Bon, le nombre de femmes augmente à 48,4 %, et celui des Noirs et des métis atteint 45,2 %. Et nous ne devons pas reculer d’un pouce sur l’une ou l’autre question, car il a fallu de nombreuses années depuis le triomphe de la Révolution, à commencer par Fidel, qui a introduit ces idées d’égalité des femmes, et ce, contre la volonté de nombreux vieux guérilleros de la Sierra Maestra – il n’y avait pas abondance d’armes, c’était même tout le contraire – constitua un peloton baptisé Mariana Grajales (applaudissements), et il y a même une députée dans cette salle, Teté Puebla Viltres, qui fut l’un des officiers de ce peloton.

Tout cela a exigé beaucoup de travail, cela n’a pas été facile, et il nous reste encore la bataille de la proportionnalité, non seulement en termes de chiffres, comme je l’ai dit, mais aussi en termes de qualité, dans les lieux de prises de décision. Désormais les femmes et les Noirs, surtout, se sont préparés dans le pays, ceci en est une preuve, regardons le dossier de chacun d’entre eux ; mais cela n’a pas été chose facile, c’est pourquoi j’insiste : pas un pas en arrière ! Et maintenant il nous en manque aux postes de décision, non pas parce qu’ils sont ceci ou cela, mais pour leur qualité, pour leur préparation. J’ai moi-même commis des erreurs dans certaines désignations dans le souci d’atteindre cet objectif, sans que la personne désignée ne réunisse toutes les conditions, et bien entendu, j’ai dû rectifier par la suite. Mais j’attire votre attention parce qu’il s’agit d’une question que nous ne pouvons pas laisser à la libre spontanéité. Qu’en pensent les journalistes ? N’est-ce pas vrai ? (Applaudissements)

L’âge moyen du Conseil d’État a reculé à 54 ans et 77,4 % de ses membres sont nés après le triomphe de la Révolution. Les années ont passé et nous ne nous en rendons pas compte, mais elles ont passé.

Trois femmes ont été élues vice-présidentes du Conseil d’État, dont deux Noires, non seulement parce qu’elles sont noires, mais en raison de leurs vertus et de leurs qualités, ce qui démontre une fois de plus le respect des accords émanant des congrès du Parti et de sa 1re Conférence nationale en 2012 relative aux cadres.

Ceci est également attesté par le fait que plus de la moitié des députés à l’Assemblée nationale, 53,22 %, sont des femmes et que la représentation des Noirs et des métis a atteint 40,49 %, et cela doit continuer.

Vous pouvez voir qu’il y a déjà quelques camarades noirs, encore très peu nombreux, comme présentateurs, tant à la télévision qu’à la radio, ne voyez-vous pas que certains commencent déjà à apparaître ? Cela n’a pas été facile, j’ai moi-même donné des instructions concrètes aux responsables de ces organismes de radio et de télévision, et j’ai dit : « Faites-le sans nuire à personne, mais tâchez de régler progressivement le problème ». Ils ont fait quelques petits pas, mais pas assez à mon goût. Ils doivent continuer sur cette voie, pas si lentement, mais continuer à avancer prudemment pour que personne ne puisse prétendre qu’il s’est senti lésé parce qu’on a placé un métis ou un Noir à tel ou tel poste. Heureusement que l’on voit désormais un grand Noir présenter le bulletin hydrologique, qui se tient les mains ainsi. Je ne sais pas pourquoi ils ne lui donnent pas un pointeur pour marquer ici et là (applaudissements), parce qu’il ne sait pas quoi faire de ses mains et il les tient comme ceci (il mime le présentateur). Il y a une carte qui montre la situation et il pourrait s’aider d’un pointeur. Et aussi une commentatrice sportive. Heureusement qu’on peut la voir de temps en temps au journal télévisé, et personne n’a été remplacé. Autrement dit, je vous montre avec cela qu’il faut penser les choses, pas simplement les dire et s’en remettre à la grâce de Dieu, s’ils l’ont fait, tant mieux, sinon, tant pis. Il faut insister, en cherchant de nouvelles méthodes, en évitant de commettre des erreurs pour qu’on ne vienne pas nous critiquer dans des objectifs aussi nobles, et il faut penser une fois et repenser à une autre solution lorsque nous ne parvenons pas à résoudre les problèmes. C’est vrai ou pas ? (On lui répond : « Oui ! »). C’est pourquoi je m’étends et je m’écarte de mon texte, soigneusement préparé pour une occasion aussi importante que celle-ci, pour vous rapporter ces expériences, qui sont très utiles, et que j’observe et analyse depuis des années.

Et ce détail dont je vous ai parlé au sujet des femmes et de la question raciale, c’est qu’il y a longtemps que nous… Il n’est pas honteux de replonger dans les souvenirs, comme je l’ai parfois souligné dans des discussions privées, je veux dire dans des réunions non officielles. Je suis né à la campagne, à Biran, qui appartient maintenant à Cueto, bien que je sois de Mayari, et que maintenant je suis de Cueto, dans la province d’Holguin, mais j’ai été élevé à Santiago, une ville à laquelle me lient beaucoup de souvenirs, bien entendu. Et je me souviens, lorsque j’étais étudiant — et avant le triomphe de la Révolution, au cas où nous l’ayons oublié – trois endroits seulement : La Havane – je ne parle pas de l’ancienne province de La Havane, rappelez-vous la taille qu’elle avait avant la division politico-administrative actuelle, je parle de la ville de La Havane -, Santiago de Cuba et Guantanamo – je parle de la ville – où il n’y avait pas de télévision avant, où la radio existait déjà, aussi loin que je m’en souvienne, mais pas la télévision, et dans les petits villages, dans les différents hameaux, parfois dans la principale ville des communes, il y avait toujours le petit parc central, appelons-le ainsi, c’était la première chose que les planificateurs espagnols concevaient. Les personnes les plus âgées réunies ici ne se souviennent-elles pas des dimanches, dans certains de ces endroits, lorsque la fanfare municipale, là où il en existait, animait la soirée ? Et on voyait alors les couples d’amoureux, ou en passe de l’être, ou des amis de Blancs se promenant dans le parc, alors que les Noirs et les métis déambulaient de l’autre côté de la clôture. C’était comme ça ou pas ? Je sais qu’il y a beaucoup de jeunes ici. Saviez-vous cela ? Cela a duré jusqu’au premier discours de Fidel, en janvier ou février 1959, si je ne me trompe.


Raúl Castro parle lors du rassemblement de clôture du 7e Congrès du Parti communiste de Cuba, le 19 avril 2016.

Mais les racines étaient encore ancrées, un pays qui doit être honoré par la composition ethnique de son peuple, né dans la lutte, dans la chaleur, dans le creuset de nos guerres d’indépendance, où dans celle de 1868, dont nous commémorerons les 150 ans en octobre, vous savez qui étaient les principaux dirigeants, c’étaient des propriétaires terriens, y compris des esclavagistes, qui commencèrent par donner la liberté à leurs esclaves, et lorsque cette guerre, avec l’accord du fameux Pacte du Zanjon, qui fut rejeté, heureusement, par Antonio Maceo et ses officiers lors de la Protestation de Baragua, la glorieuse Protestation de Baragua, lorsqu’on en arriva à ce pacte, déjà, une grande majorité des chefs étaient noirs, et au début de la guerre nécessaire de Marti, en 1895, ce sont eux qui l’ont dirigée essentiellement.

Vint ensuite ce que nous savons à travers l’histoire, la participation étasunienne dans les derniers jours de la guerre, alors que l’Espagne était déjà totalement vaincue, avec des dizaines de milliers de soldats espagnols, y compris hospitalisés, des dizaines de milliers ! Certains d’entre eux à la suite de blessures de guerre, la plupart souffrant de maladies tropicales, auxquelles les soldats espagnols, y compris mon père, n’étaient pas très habitués, si bien qu’il a été évacué – il a passé la guerre à la « Trocha » (ligne militaire fortifiée) de Jucaro à Moron – un endroit où il est entré dès la fin de la guerre, c’est-à-dire, par Cienfuegos, et il est revenu l’année suivante. Je suis content qu’il soit venu, qu’il soit revenu, car s’il ne vient pas, c’est un autre qui le fait, parce qu’il est tombé amoureux de Cuba. Et comme je l’ai confié un jour à un politicien espagnol, en ajoutant ceci, que cela me réjouissait, parce qu’autrement j’aurais peut-être été un petit Galicien ou un vieux Galicien et membre de tel parti. Mais lorsque les Américains débarquèrent à l’est de Santiago de Cuba, sans rencontrer d’obstacle, la ville étant protégée par l’Armée de libération, la flotte nord-américaine plus moderne, comme dans un tir sur cible, coula la flotte espagnole, qui avait été concentrée à Santiago de Cuba, dans la baie. Les Espagnols démontèrent l’artillerie pour défendre la ville, mais l’ordre vint de Madrid de remonter l’artillerie et d’engager le combat contre la flotte étasunienne, sans savoir ce qu’on leur ordonnait de faire depuis Madrid : faire face à une flotte plus moderne et sortir l’un derrière l’autre, en raison des caractéristiques de la baie de Santiago, qui est une baie en forme de sac, comme la plupart des baies cubaines, à l’exception de celles de Playa Giron et Matanzas, au nord. Et l’amiral Cervera, le chef de la flotte espagnole de l’Atlantique, ordonna à tous ses officiers de se mettre en grande tenue, et certains d’entre eux lui signalèrent : « Mais, mon Amiral, nous allons nous battre ! » Et l’amiral de répondre : « C’est précisément pour cette raison, car ce sera la dernière bataille.  » Et il en fut ainsi, un tir sur cible, l’un après l’autre…

Deux combats terrestres d’une certaine importance eurent lieu : l’un à El Viso, où le général espagnol du nom de Vara del Rey, chargé de défendre cette localité, mourut au combat, et l’autre lors de la prise de la Colline de San Juan, que la ville a pratiquement engloutie. Et c’est ici qu’eut lieu ce que j’appelle le péché originel : les troupes victorieuses des deux armées s’apprêtent à entrer dans Santiago de Cuba, mais le général étasunien qui dirigeait ses troupes interdit aux Cubains de prendre part à la marche sur la ville. C’est Calixto Garcia qui était là-bas, ou non loin de là.

On le leur interdit sous prétexte d’éviter des représailles, alors qu’en réalité, l’Armée de libération, ce qui l’intéressait lorsqu’elle capturait des prisonniers, c’était le fusil, et certains d’entre eux se joignaient même à nos troupes libératrices.

Et une faute encore plus grave, que l’on peut qualifier de péché originel pour ce qui allait advenir plus tard, c’est que lorsqu’ils arrivèrent au siège du gouvernement à l’intérieur de la ville, ils amenèrent le drapeau espagnol et le remplacèrent par le drapeau américain, sans hisser le drapeau cubain. C’était un présage de ce qui allait se passer dans ce pays jusqu’à l’arrivée de Fidel.

Les discussions eurent lieu à Paris, au Château de Versailles, à la périphérie de cette capitale française, bien sûr, entre Espagnols et Américains, « les Cubains n’ont rien à discuter ici ».

C’est alors que l’on parvint à cette égalité, dans ce beau creuset qu’était notre Armée de libération à ce moment-là.

Désormais à l’époque de la discrimination, si vous vous rendiez dans une sucrerie, ou même dans un modeste moulin, vous tombiez sur le club des fonctionnaires américains et des cols blancs cubains, on peut dire, qui travaillaient dans un bureau ou avaient une certaine responsabilité. C’étaient eux qui allaient à ce club et les autres, aux baraquements !

Leur influence, l’amendement Platt, dura dans ce pays jusqu’à la Révolution de 1933, mais d’autres accords qui furent conclus nous remirent sous le joug jusqu’au 1er janvier 1959. Ce si beau creuset de notre nationalité, c’est à présent que nous réussissons à le reconstruire, ce ne fut pas dans les premiers moments, comprenez-vous ce que je veux dire et de quoi je parle ? (On lui répond que oui.) C’était comme ça ou pas ? Je demande aux plus âgés. Je vais devoir me tourner par là, du côté où se trouvent encore certains vieux (rires). Guillermo Garcia, il n’y avait rien de tel à El Platano, la pauvreté les avait rendus tous égaux.

Pardonnez-moi de m’être éloigné du texte, mais, sans vouloir me vanter, je pense que je l’enrichis (applaudissements), la presse peut publier tout ce qu’elle voudra, le texte écrit, mais vous pouvez parler de ce dont je parle ici parce que, bien entendu, je suis à l’antenne.

Ceci dit, je me suis arrêté sur ce point, car lors de la rédaction de ce texte, naturellement nous n’y avons pas pensé, j’y ai pensé plus tard en réfléchissant, lorsque j’ai vu les résultats et la composition de cette nouvelle assemblée.

Revenant à notre sujet, je soulignerai aussi que les membres, dont deux femmes, de la présidence de l’Assemblée nationale du Pouvoir populaire, dirigée par notre cher camarade Esteban Lazo Hernandez, ont été ratifiés.

De même, sur proposition du président Diaz-Canel, le Parlement cubain a approuvé, conformément aux dispositions de l’article 75 de la Constitution, le report de la présentation du Conseil des ministres, dans le but de disposer d’un temps raisonnable pour évaluer les mouvements des cadres à effectuer, et c’est une décision très sage, afin de ne pas procéder à la hâte et de pouvoir parler avec les ministres, individuellement, afin qu’ils puissent préparer les arguments et ensuite prendre la décision appropriée, avant de la soumettre à l’Assemblée de juillet, comme nous l’avons dit.

En ce qui me concerne, je continuerai à exercer les fonctions de premier secrétaire du Comité central du Parti pour mon deuxième et dernier mandat, qui expire en 2021, lors de la tenue de son 8e Congrès et à la fin du processus de transfert progressif et ordonné des principales responsabilités aux nouvelles générations. Dès lors, si ma santé me le permet, je serai un soldat de plus, aux côtés du peuple, à défendre cette Révolution (applaudissements).

Pour éviter le moindre doute, je tiens à souligner que le Parti communiste de Cuba, à commencer par le premier secrétaire de son Comité central, appuiera et soutiendra résolument le nouveau président du Conseil d’État et du Conseil des ministres dans l’exercice de ses pouvoirs constitutionnels, contribuant ainsi à sauvegarder notre arme la plus précieuse : l’unité de tous les révolutionnaires et du peuple.

Il ne peut en être autrement. Ceux d’entre nous qui ont eu le privilège de lutter contre la tyrannie sous le commandement de Fidel depuis la Moncada, le Granma, l’Armée rebelle, la lutte clandestine et jusqu’à nos jours, aux côtés du peuple héroïque de Cuba, nous ressentons une profonde satisfaction pour l’oeuvre consolidée de la Révolution, l’oeuvre la plus belle que nous ayons réalisée. Nous sommes comblés d’un bonheur légitime et d’une confiance sereine de voir de nos propres yeux le transfert aux nouvelles générations de la mission de poursuivre la construction du socialisme et de garantir ainsi l’indépendance et la souveraineté nationale.

Déjà le 4 avril 1962, à la clôture du 1er Congrès de l’Association des jeunes rebelles, le camarade Fidel signalait : « Croire dans les jeunes, c’est voir en eux, au-delà de l’enthousiasme, la capacité ; au-delà de l’énergie, le sens des responsabilités ; au-delà de la jeunesse, la pureté, l’héroïsme, le caractère, la volonté, l’amour de la patrie. La foi dans la patrie ! L’amour de la Révolution, la foi dans la Révolution, la confiance en soi ! La conviction profonde que la jeunesse peut, que la jeunesse est capable. La conviction profonde que, sur les épaules de la jeunesse, on peut déposer de grandes tâches. »

Voyez quelle conception large de la jeunesse et de sa capacité d’agir.

Il en a été ainsi, et il en sera ainsi, et ce n’est pas pour le plaisir que l’un des paris permanents des ennemis de la Révolution est d’infiltrer, confondre, diviser et éloigner notre jeunesse combative des idéaux, de l’Histoire, de la culture et de l’oeuvre révolutionnaire, de semer l’individualisme, la cupidité, la marchandisation des sentiments et d’inciter les nouvelles générations au pessimisme, au renoncement à l’éthique et aux valeurs humanistes, à la solidarité et au sens du devoir.

Ces plans sont voués à l’échec, parce que tout au long de l’Histoire, dans le présent comme dans l’avenir, la jeunesse cubaine a été protagoniste dans la défense de sa Révolution socialiste. La preuve en est que 87,8 % des députés de cette assemblée sont nés après le 1er janvier 1959.

Les jeunes Cubains ont montré à quel point Fidel avait raison lorsqu’il leur a parlé en 1962. Aujourd’hui, nous ratifions cette confiance, persuadés qu’ils seront les gardiens zélés des préceptes contenus dans la brillante définition du Commandant en chef du Concept de Révolution.

Il incombe au Parti, à l’État et au gouvernement de mettre en oeuvre et de faire appliquer la politique de promotion, en toute intentionnalité et progressivement, des jeunes, des femmes, des Noirs et des métis aux postes de décision, afin de garantir, suffisamment à l’avance, la création d’une réserve de dirigeants de la nation pour l’avenir, sans répéter les erreurs coûteuses que nous avons commises dans ce domaine stratégique.

Lors du 5e Plénum du Comité central, tenu les 23 et 24 mars derniers, nous avons analysé l’état d’avancement de la mise à jour du Modèle économique et social cubain, processus qui a débuté en 2011, conformément aux accords du 6e Congrès du Parti. Auparavant, le Bureau politique s’était déjà penché sur cette question à deux reprises.

Malgré ce qui a été réalisé, ce qui est loin d’être négligeable, nous pensions qu’à ce stade – lorsque nous avons approuvé ou adopté les premières décisions au 6e Congrès du Parti et lors de réunions ultérieures de ce genre -, que nous aurions accompli plus de progrès et que même si tous les problèmes n’étaient pas résolus, pour le moins tout aurait été bien organisé, bien planifié et en cours d’exécution à différents stades.

Nous aurions déjà la nouvelle Constitution, qui a été retardée, pour les mêmes raisons, parce que ces principaux problèmes n’ont pas été résolus ; mais, certes, il n’a pas été possible d’assurer la participation des organismes, organisations et entités pour que, depuis la base, ils puissent guider, former et contrôler la bonne mise en oeuvre des politiques adoptées.

En voyant les premières difficultés auxquelles nous étions confrontés, j’ai affirmé ici même, dans les conclusions d’une session du parlement, je crois, que « sans hâte, mais sans pause », car la hâte nous a également conduits à commettre de graves erreurs.

Nous ne nous sommes jamais fait l’illusion que le chemin serait court et facile. Nous savions que nous entamions un processus d’une énorme complexité, en raison de sa portée, qui englobait tous les éléments de la société, ce qui exigeait de surmonter l’obstacle colossal d’une mentalité ancrée dans des décennies de paternalisme et d’égalitarisme, laquelle a laissé des séquelles importantes dans le fonctionnement de l’économie nationale.

À cela s’est ajouté le désir d’aller plus vite que la capacité de bien faire les choses, ce qui a laissé la place à l’improvisation et aux ingénuités, en raison d’une intégralité insuffisante, d’une évaluation incomplète des coûts et des bénéfices et d’une vision restreinte des risques associés à la mise en oeuvre de diverses mesures qui, en outre, ont manqué de l’encadrement, du contrôle et du suivi nécessaires, ce qui a entraîné des retards et une passivité dans la correction opportune des dérives constatées.

Je pense que nous avons tiré d’importantes leçons des erreurs commises au cours de la période écoulée, et l’expérience que nous avons acquise nous permettra d’avancer à pas plus sûrs et plus fermes, les pieds et les oreilles fermement collés sur terre et d’éviter ainsi tout recul gênant.

Nous n’avons pas renoncé à poursuivre l’expansion du travail à son compte – j’y ai fait allusion dans diverses interventions au sein de ce parlement – qui constitue une alternative de travail dans le cadre de la législation actuelle et qui, loin d’être un processus de privatisation néolibérale de la propriété sociale, permettra à l’État de se départir de la gestion d’activités non stratégiques pour le développement du pays. L’expérience des coopératives non agricoles sera également poursuivie.

Dans les deux sens, des résultats non négligeables ont été obtenus, mais il est vrai aussi que des erreurs dans leur prise en charge, leur contrôle et leur suivi ont été constatées, ce qui a favorisé l’émergence de nombreuses manifestations d’indiscipline et de fraude fiscale dans un pays où, de plus, on ne payait pratiquement aucun impôt avant l’application de ces mesures, des illégalités et des violations des normes, visant un enrichissement personnel accéléré, un phénomène qui n’a pas été traité opportunément et qui a conduit à la nécessité de modifier plusieurs dispositions en la matière.

Dans le même temps, la prémisse inéluctable qu’aucun citoyen ne serait laissé à l’abandon et que le processus de changement du Modèle économique et social cubain ne pouvait en aucun cas signifier l’application de thérapies de choc contre les plus démunis, lesquels, en général, sont ceux qui soutiennent le plus fermement la Révolution socialiste, contrairement à la pratique dans de nombreux pays, a conditionné dans une large mesure le rythme des transformations sur des questions majeures, comme c’est le cas de la solution de la dualité monétaire et du taux de change, qui continue de nous causer bien des soucis et fait surgir de nouveaux problèmes.

On pourrait également citer à titre d’exemples les réformes des salaires et des pensions, ainsi que l’élimination des gratuités indues et des subventions généralisées à des produits et des services, plutôt qu’aux personnes n’ayant pas d’autre soutien.

Nous avons également manqué d’une politique adéquate et systématique de communication sociale au sujet des changements introduits, afin de parvenir jusqu’au dernier citoyen de manière opportune avec des informations et des explications claires et compréhensibles, parce que ces questions sont assez difficiles à comprendre sur certains de leurs aspects, sur des thèmes si complexes, si bien qu’il nous faut éviter les malentendus et les lacunes en matière d’information.

À cela s’ajoutent les circonstances difficiles dans lesquelles l’économie nationale a dû évoluer pendant toutes ces années, qui ont été marquées par un durcissement du blocus économique des États-Unis et la traque incessante des transactions financières du pays, limitant notre accès aux sources de crédit pour le développement, ainsi que les investissements étrangers dont nous avons tant besoin.

Je ne dois pas non plus ignorer les dégâts importants causés par les périodes de sécheresse persistantes, comme celle des trois dernières années et les ouragans de plus en plus destructeurs et fréquents qui ont frappé l’ensemble du territoire national.

D’autre part, les résultats obtenus dans la patiente et laborieuse démarche de restructuration de la dette extérieure envers nos principaux créanciers sont indéniables, ce qui décharge les générations présentes et surtout les générations futures d’un formidable fardeau d’obligations qui pesait sur l’avenir de la nation comme une épée de Damoclès, mais qui n’est pas la seule.

L’actuel vice-président du Conseil des ministres et ministre de l’Économie, le camarade Cabrisas, a joué un rôle particulièrement significatif dans cette démarche (applaudissements), non seulement dans cette activité, la principale, mais aussi dans d’autres types de travaux similaires liés à l’endettement.

Cependant, nous devons être prudents, parce que nous ne savons que demander et très peu rationaliser, et c’est moi qui autorise l’utilisation des réserves – et je sais très bien de quoi je parle – et des prêts de la réserve, et il fut un temps où à cause de violations, par ignorance, par exemple, les réserves mobilisatrices du pays ont été épuisées. Nous les avons désormais toutes reconstituées. Je veux parler du carburant, qui a été utilisé sans autorisation comme conséquence d’erreurs de concept parce qu’on n’a pas été voir dans les documents originaux quelles étaient les dispositions en vigueur.

Souvent, lorsque quelqu’un demande une réserve d’un produit quelconque, on tente de me donner des arguments très simples : « Il faut tant de tonnes de carburant pour tel jour. » « Motif ? » Et on m’a avancé une raison qui n’était évidemment pas correcte – elle n’était pas réelle, même si elle pouvait avoir une certaine justification – : « Si on ne les donne pas… ». La réponse : « On ne peut pas donner une telle quantité, parce que des besoins quotidiens surgissent partout ». « Alors, les hôpitaux vont en souffrir. » Et là, j’ai donné une réponse plus énergique, en des termes que je ne répéterai pas ici, mais avec un avertissement sévère : « N’essayez pas de m’embobiner avec de telles absurdités. » Le fait que les hôpitaux se retrouvent affectés nous obligerait à prendre…

Pourtant, nous avons prêté la moitié de ce carburant qu’ils doivent restituer dans les délais que nous leur avons fixés.

Je ne citerai que cet exemple, ce sont des réalités dont le Conseil de ministres est particulièrement conscient.

Grâce à un effort persistant et soutenu, nous sommes parvenus à négocier toutes ces dettes, nous avons obtenu certaines réductions dans des délais plus confortables, pour pouvoir remplir l’engagement et surtout conserver le prestige du gouvernement en matière de crédit. Cette grande tâche à peine achevée, étape par étape, parfois imperceptible, nous empruntons à nouveau, avec pour conséquence que de nouveau nous sommes endettés – pas autant qu’avant – et les difficultés que cela nous crée dans la planification. Concernant la planification, nous devons mieux planifier et savoir disposer de ce que nous avons et ensuite voir comment résoudre le reste, mais ne pas inventer en cours de route : car « pain pour aujourd’hui, faim de demain ». Ce n’est pas notre chemin, c’est du réalisme. On a parlé d’épée de Damoclès. Cette révolution a toujours vécu avec une épée de Damoclès suspendue sur nos têtes, pour des raisons différentes.

Je me souviens de la Période spéciale, lorsque Diaz-Canel, je vous l’ai dit, était à son apogée, quand il a assumé la direction du Parti à Santa Clara.

À cette époque, il fallait mettre un masque à oxygène, un tuba que les pêcheurs sous-marins utilisent, parfois on devait le mettre parce que l’eau arrivait au-dessus de la moustache et parfois au-dessus du nez, et parfois on a dû se cacher les yeux et prendre nos tubas, mais résister, et c’est la raison pour laquelle nous pouvons parler ici aujourd’hui (applaudissements), et briser le pessimisme qui s’installe habituellement chez ceux qui manquent de volonté face aux problèmes.

Ce n’est pas la première fois. Pendant la Période spéciale, déjà en 1993, 1994, alors qu’elle avait pratiquement commencé en 1990, et c’est alors que ce slogan est apparu, qui a été prononcé, je crois, le 26 juillet, à l’Île de la Jeunesse : « Oui, c’est possible ! ». Mais pour pouvoir le faire, il faut analyser en toute objectivité chaque problème, chaque pas franchi, pour ne pas nous faire d’illusions, pour ne pas nous abuser nous-mêmes.

À présent, avec la situation actuelle de notre voisin, qui s’est souvenu de nouveau de la doctrine Monroe. Vous avez vu ce que Bruno a répondu l’autre jour au vice-président des États-Unis, qui n’a pas supporté et a quitté la salle. J’en parlerai plus tard.

Nous ne pouvons pas nous permettre de retomber dans une spirale d’endettement et, pour éviter une telle situation, nous devons respecter le principe de ne pas contracter d’engagements que nous ne sommes pas en mesure d’honorer à temps dans les délais convenus.

Les tensions actuelles dans nos finances extérieures sont un signal d’alarme à cet égard, un sujet que j’ai développé ; il n’y a pas d’autre alternative que de bien planifier et sur une base sûre, d’économiser et de supprimer toutes les dépenses non essentielles, qui sont encore nombreuses, de veiller à ce que les revenus attendus soient obtenus, de manière à respecter les obligations convenues et, en même temps, garantir les ressources nécessaires pour investir dans le développement des secteurs prioritaires de l’économie nationale.

Nous ne sommes pas dans une situation extrême et dramatique, comme celle à laquelle le peuple cubain a su résister et qu’il a surmontée, sous la direction du Parti et de Fidel, au début des années 1990, une étape connue sous le nom de Période spéciale. Le scénario est très différent maintenant, nous avons une base solide pour que ces circonstances ne se répètent pas. Notre économie s’est quelque peu diversifiée et est en croissance, mais il est du devoir des révolutionnaires de se préparer avec audace et intelligence à la pire de ces variantes, non pas à la plus confortable, avec un optimisme permanent et une confiance totale dans la victoire. Il s’impose, aujourd’hui et toujours, de garder à l’esprit la conduite inébranlable de défendre l’unité, de résister et de résister ! Il n’y a pas d’autre solution.

Comme il en a été informé ces jours derniers, lors de la 5e Réunion plénière du Comité central du Parti, une explication a été donnée sur les études qui ont été réalisées sur la nécessité de réformer la Constitution, en accord avec les transformations qui se sont opérées dans l’ordre politique, économique et social.

Pour mener à bien ce processus, cette assemblée devra approuver, lors de sa prochaine session ordinaire, une commission composée de députés qui seront chargés de préparer et de présenter le projet qui sera discuté par le parlement, puis de le soumettre à la consultation populaire et enfin, conformément aux dispositions de la Constitution, d’approuver le texte final dans le cadre d’un référendum.

L’occasion est propice pour souligner, une fois de plus, que nous n’avons pas l’intention de modifier le caractère irrévocable du socialisme dans notre système politique et social, ni le rôle dirigeant du Parti communiste de Cuba, en tant qu’avant-garde organisée et force dirigeante supérieure de la société et de l’État, comme le prévoit l’article 5 de la Constitution actuelle, et dont nous défendrons le maintien de ce même article dans la prochaine constitution.

En passant aux questions de politique extérieure, je ne peux manquer de faire référence au 8e Sommet des Amériques, qui s’est tenu récemment au Pérou, et qui a été marqué, plusieurs mois auparavant, par l’attitude néocoloniale et hégémonique renouvelée du gouvernement des États-Unis, dont l’engagement en faveur de la doctrine Monroe a été ostensiblement ratifié. L’expression la plus notoire en a été l’exclusion arbitraire et injuste du Venezuela de cet événement.

On savait que le gouvernement des États-Unis avait l’intention d’organiser un spectacle de propagande contre la Révolution cubaine, en se servant des vestiges de la contre-révolution mercenaire.

Cuba s’est rendue à Lima de plein droit, la tête haute. Elle a démontré une volonté d’engager le dialogue et le débat dans n’importe quel contexte, dans des conditions d’égalité et de respect. Dans le même temps, elle a confirmé la détermination des Cubains à défendre leurs principes, leurs valeurs et leur espace légitime.

La délégation cubaine, celles de la Bolivie et d’autres pays ont empêché un front uni contre la révolution bolivarienne et ont réitéré la revendication en faveur d’un nouveau système de relations entre les deux Amériques.

Les discours prononcés par notre ministre des Relations extérieures, le camarade Bruno Rodríguez Parrilla, au nom du gouvernement cubain, avec un langage franc, des idées claires et de la fermeté, ont constitué une réponse retentissante aux insultes et aux mensonges dont le vice-président étasunien a émaillé son discours archaïque et d’ingérence.

Les membres de la société civile de notre pays ont livré une bataille contre l’exclusion néocoloniale prônée par l’OÉA et ont défendu avec brio leur reconnaissance en tant que véritables représentants du peuple cubain. Ils ont élevé leurs voix pour Cuba et pour les peuples de Notre Amérique. La provocation a été déjouée.


Le ministre des Affaires étrangères de Cuba, Bruno Rodriguez Parrilla parle au 8e Sommet des Amériques à Lima, au Pérou, en avril 2018.

Je profite de cette occasion, au nom de ce peuple héroïque, pour réitérer mes félicitations à tous les membres de la représentation cubaine qui ont participé à cet événement.

Nous, les pays de Notre Amérique, ne pourrons pas faire face aux nouveaux défis sans avancer vers l’unité dans la diversité pour exercer nos droits, y compris le droit d’adopter le système politique, économique, social et culturel choisi par leur peuple, comme indiqué dans la Proclamation de l’Amérique et des Caraïbes comme Zone de paix, adoptée dans notre capitale, comme vous le savez.

Nous soulignons également notre engagement envers l’Alliance bolivarienne pour les peuples de Notre Amérique.

Nous sommes la région du monde qui présente la plus grande inégalité dans la répartition de la richesse, l’écart entre riches et pauvres est énorme et ne cesse de se creuser, la pauvreté augmente malgré les efforts de la dernière décennie, lorsque les gouvernements progressistes et populaires ont accumulé des résultats favorables en matière de justice sociale.

Aujourd’hui, on prétend nous diviser et détruire la Communauté des États d’Amérique latine et des Caraïbes ; on dépoussière l’instrument de la politique nord-américaine qu’a toujours été l’OÉA discréditée, et des groupes de pays sont créés qui, sous prétexte de protéger la démocratie, contribuent à la perpétuation de la domination impériale.

L’agression contre la République bolivarienne du Venezuela est actuellement l’élément central des efforts de l’impérialisme pour renverser les gouvernements populaires sur le continent, effacer les conquêtes sociales et liquider les modèles progressistes et alternatifs au capitalisme néolibéral que l’on tente d’imposer.

Nous réaffirmons notre pleine solidarité avec le Venezuela, son gouvernement légitime et l’union civique et militaire dirigée par le président Nicolas Maduro Moros, qui préserve l’héritage du président Hugo Chavez Frias.

Nous réaffirmons notre soutien aux autres peuples et gouvernements qui font face aux pressions de l’impérialisme visant à anéantir les revendications satisfaites, comme c’est le cas de la Bolivie et du Nicaragua.

Après le coup d’État parlementaire contre la présidente Dilma Rousseff au Brésil, l’emprisonnement arbitraire et injuste du camarade Lula, dont nous exigeons aujourd’hui la liberté, est un fait accompli. Lula est victime d’un emprisonnement politique pour l’empêcher de participer aux prochaines élections présidentielles. Or, selon les sondages effectués par différentes institutions au Brésil, s’il y avait des élections aujourd’hui, personne ne pourrait battre Lula. Voilà pourquoi il est en prison, voilà pourquoi la calomnie de l’accusation portée contre lui, voilà pourquoi ils l’ont jeté en prison.

Nous réaffirmons notre appui au droit à l’autodétermination et à l’indépendance du peuple de Porto Rico.

Les nations des Caraïbes, en particulier Haïti, pourront toujours compter sur la solidarité et la coopération de Cuba, comme elles l’ont fait jusqu’à aujourd’hui.

Le 17 décembre 2014, nous avions annoncé, simultanément avec le président étasunien de l’époque, Barack Obama, le rétablissement des relations diplomatiques avec les États-Unis.

Nous avions commencé à régler, dans le plus strict respect et l’égalité souveraine, les problèmes bilatéraux et même à coopérer dans divers domaines d’intérêt mutuel, et il a été démontré qu’en dépit des profondes différences entre nos gouvernements, la coexistence civilisée était possible et bénéfique.

L’objectif stratégique de détruire la Révolution n’avait pas cessé, mais le climat politique entre les deux pays connut une avancée incontestable qui fut bénéfique pour les deux peuples.

Toutefois, depuis l’arrivée au pouvoir de l’actuel président, les relations entre Cuba et les États-Unis ont accusé un recul délibéré, et les déclarations de ce gouvernement se caractérisent par leur ton menaçant.

Ceci s’est manifesté avec un accent particulier dans le mémorandum présidentiel insultant de juin 2017, élaboré et diffusé en collusion avec les pires éléments de l’extrême droite antircubaine du sud de la Floride, qui tirent un profit lucratif de la tension entre nos pays.

Le blocus économique s’est intensifié, la traque financière a été renforcée et l’occupation d’une partie du territoire de la province de Guantanamo, par une base militaire et un centre international de détention et de torture, se poursuit.

Les programmes de subversion politique reçoivent des millions de dollars du gouvernement étasunien. Le recrutement et le financement de mercenaires et de stations de radio et de télévision illégales persistent.

Sous un prétexte grossier, la plupart des fonctionnaires diplomatiques de notre ambassade à Washington ont été arbitrairement expulsés et le personnel diplomatique étasunien à La Havane, y compris le personnel consulaire, a été réduit, ce qui s’est répercuté sur les engagements migratoires bilatéraux et a causé des préjudices à des milliers de Cubains qui ont besoin de ces services.

Le sentiment majoritaire parmi les citoyens étasuniens et parmi les émigrants cubains est opposé à la poursuite du blocus et favorable à la poursuite de l’amélioration des relations bilatérales.

Paradoxalement, les individus et les groupes qui semblent aujourd’hui avoir la plus grande influence sur le président étasunien sont partisans d’un comportement agressif et hostile à l’encontre de Cuba.

Nous combattrons toutes les tentatives de manipuler la question des droits de l’Homme et de calomnier notre pays. Nous n’avons pas à recevoir de leçons de qui que ce soit, et encore moins du gouvernement des États-Unis.

Nous avons lutté pendant près de 150 ans pour l’indépendance nationale et défendu la Révolution au prix de beaucoup de sang et en courant les plus grands risques.

Nous réaffirmons aujourd’hui la conviction que toute stratégie visant à détruire la Révolution par la voie de l’affrontement ou de la séduction se heurtera au rejet le plus ferme du peuple cubain et sera vouée à l’échec.

Nous vivons dans un ordre international injuste et excluant, dans lequel les États-Unis tentent de préserver à tout prix leur domination absolue face à la tendance du monde à s’orienter vers un système multipolaire.

À cette fin, ils provoquent de nouvelles guerres, y compris des guerres non conventionnelles, accroissent le danger d’une conflagration nucléaire, exacerbent le recours à la force, aux menaces et à l’application indiscriminée de sanctions unilatérales contre ceux qui refusent de se plier à leurs desseins, imposent une course aux armements, la militarisation de l’espace et du cyberespace, et représentent une menace croissante pour la paix et la sécurité internationales.

L’expansion de l’OTAN en direction des frontières avec la Russie crée de sérieux dangers, qui sont aggravés par l’imposition de sanctions arbitraires, que nous rejetons.

Les États-Unis persistent dans leurs menaces et leurs mesures punitives, dans leurs violations des règles du commerce international contre la Chine, mais aussi contre l’Union européenne, avec laquelle nous avons récemment signé un accord de dialogue et de coopération, contre ses alliés. Les conséquences seront néfastes pour tous, en particulier pour les nations du Sud.

L’impérialisme étasunien crée des conflits qui génèrent des vagues de réfugiés, mène des politiques répressives, racistes et discriminatoires à l’encontre des migrants, construit des murs, militarise les frontières, rend les modes de production et de consommation encore plus gaspilleurs et insoutenables et entrave la coopération dans la lutte contre les changements climatiques.

Il se sert de ses sociétés transnationales et de ses plateformes technologiques hégémoniques pour imposer une seule pensée, manipuler le comportement humain, envahir nos cultures, effacer la mémoire historique et l’identité nationale, et contrôler et corrompre les systèmes politiques et électoraux.

Le 13 avril, en violation des principes du Droit international et de la Charte des Nations unies, les États-Unis et certains de leurs alliés de l’OTAN ont lancé une attaque militaire contre la Syrie, sans aucune preuve de l’utilisation d’armes chimiques de la part du gouvernement de ce pays.

Malheureusement, de telles actions unilatérales sont devenues une pratique inacceptable, déjà testée dans plusieurs pays de la région du Moyen-Orient et maintenant à plusieurs reprises en Syrie, et méritent la condamnation de la communauté internationale. Nous exprimons notre solidarité avec le peuple et le gouvernement syriens.

Nous ne devons pas oublier qu’en mars 2003, il y a seulement 15 ans, le président W. Bush lança l’invasion de l’Irak sous prétexte de l’existence d’armes de destruction massive, dont la fausseté fut révélée quelques années plus tard.

Cuba soutient les efforts en faveur de la paix, convaincue que seuls le dialogue, la négociation et la coopération internationale permettront de trouver des solutions aux graves problèmes du monde.

Nous sommes reconnaissants de la solidarité de tous les pays, quasiment sans exception, dans notre lutte contre le blocus économique, commercial et financier.

Les relations bilatérales avec la Fédération de Russie se sont considérablement développées dans tous les domaines, sur la base de l’intérêt mutuel.

Nous ne serons jamais ingrats et nous n’oublierons jamais le soutien que nous avons reçu des peuples de l’ancienne Union soviétique, en particulier du peuple russe, dans les années les plus difficiles après le triomphe de notre processus révolutionnaire.

De même, les liens avec la République populaire de Chine progressent dans les domaines économique, commercial, politique et de la coopération, ce qui représente une contribution importante au développement de notre nation.

Il y a quelques semaines, nous avons reçu la visite du camarade Nguyen Phu Trong, secrétaire général du Parti communiste du Vietnam, qui constitue un autre exemple du développement réussi des liens qui nous unissent, et nous a permis d’identifier de nouvelles potentialités.

Les relations historiques avec les pays d’Afrique, l’Union africaine et l’Asie se poursuivent sur une voie ascendante.

Nous continuerons à défendre les revendications légitimes des pays du Sud, leur droit au développement et la démocratisation des relations internationales. Toutes les causes justes, en particulier celles des peuples palestinien et sahraoui, et les luttes pour la justice sociale pourront compter sur le soutien de notre peuple.

Le panorama international complexe décrit ci-dessus confirme la pleine validité des propos du commandant en chef de la Révolution cubaine dans son rapport central au 1er Congrès du Parti en 1975 : « Tant que l’impérialisme existera, le Parti, l’État et le peuple accorderont la plus grande attention aux services de la défense. La garde révolutionnaire ne sera jamais négligée. L’histoire nous a appris avec trop d’éloquence que ceux qui oublient ce principe ne survivent pas à l’erreur ».

Camarades,

Dans à peine 11 jours, nos écoliers, étudiants, ouvriers, paysans, artistes et intellectuels, membres des glorieuses Forces armées révolutionnaires et du ministère de l’Intérieur, tout le peuple marchera uni dans nos rues et sur nos places pour commémorer la Journée internationale des travailleurs. Une fois de plus, nous démontrerons au monde le soutien majoritaire des Cubains à leur Révolution, au Parti et au socialisme, et bien que je me sois engagé à aller dans une autre province de l’intérieur du pays, compte tenu des caractéristiques de ce moment, j’ai l’intention d’accompagner l’actuel président du Conseil d’État et les ministres au défilé du 1er mai à La Havane (applaudissements) ; avant de visiter l’autre province et d’autres encore, parce que je suis censé avoir moins de travail à présent.

Hasta la victoria siempre !

Exclamations de : « Vive Raul ! »

(Ovation).

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Marches commémoratives en hommage aux femmes disparues et assassinées

Un article du Marxiste-Léniniste, tiré du Journal du Parti communiste du Canada (marxiste-léniniste)

« Leur esprit vit en nous»


Marche commémorative des femmes à Vancouver le 14 avril 2015

D’importantes marches commémoratives des femmes auront lieu partout au Canada le 14 février. La première marche commémorative des femmes du 14 février a eu lieu en 1992 en réponse à l’assassinat d’une femme salish du littoral à Vancouver. Une marche annuelle a lieu à Vancouver depuis et des marches se tiennent maintenant dans plusieurs villes. Les marches commémoratives en hommage aux femmes disparues et assassinées du 14 février sont une occasion de se rassembler pour pleurer les victimes et affirmer son engagement à la cause de la justice.

Il y a trois fois plus de caIl y a trois fois plus de cas de violence contre les femmes parmi les autochtones que parmi les non-autochtones. L’Association des femmes autochtones du Canada (AFAC) et Walk 4 Justice ont établi qu’il y a plus de 4 000 femmes et filles autochtones disparues et assassinées au Canada. Pour sa part, la GRC rapporte 1 181 cas de femmes autochtones disparues ou assassinées au Canada entre 1980 et 2012. Dans de nombreux cas les familles rapportent un refus de la police d’enquêter le cas de femmes disparues ou tuées et l’insuccès des enquêtes de la police. L’ex-ministre de la Condition féminine, Patty Hadju, a reconnu le problème de la sous-déclaration des cas d’homicides par la police et que des morts suspectes ne sont pas enquêtées. L’énormité du phénomène se voit dans l’écart entre le nombre de cas rapportés par la GRC et les informations recueillies par l’AFAC et Walk 4 Justice. Il arrive même souvent que des policiers soient impliqués dans les violences racistes contre les femmes et filles autochtones, et ce, en toute impunité.



Des robes rouges vides sont venues symboliser les femmes et les filles autochtones
assassinées ou disparues et la demande de réparation des peuples. en haut: les robes bordent les marches aux édifices du Parlement à Ottawa; en bas: à côté de l’autoroute des larmes dans le nord de la Colombie-Britannique.

Un rapport de l’Administratrice en chef de la santé publique du Canada, la Dre Theresa Tam, établit que la moitié des femmes au Canada ont subi au moins une fois dans leur vie une agression physique ou à caractère sexuel depuis l’âge de 16 ans. Selon l’Enquête sociale sur la victimisation de Statistique Canada, il y a eu 553 000 cas d’agression sexuelle déclarée par des victimes en 2014. Dans la vaste majorité des cas, il s’agit de femmes.

Tous les six jours, une femme meurt au Canada des suites de violence conjugale. Chaque année, le Réseau canadien des maisons d’hébergement pour femmes donne le portrait d’une journée dans la vie des femmes et enfants en besoin d’hébergement. Dans la journée-portrait de 2017, il rapportait que 44 % des maisons d’hébergement n’avaient plus de place. Ce jour-là, 356 femmes et 250 enfants ont demandé de l’aide des services d’hébergement de 105 maisons et abris. La majorité, soit 273 femmes et 182 enfants, ou 75 %, se sont fait dire qu’il n’y avait plus de place.

Dans sa Stratégie nationale sur le logement annoncée en 2017, le gouvernement libéral de Justin Trudeau reconnaissait l’existence de cette crise, mais il n’a pas pour autant rétabli le Programme d’amélioration des maisons d’hébergement aboli par le gouvernement Harper ni pris les mesures nécessaires pour assurer la disponibilité des places en hébergement. Le Fonds national de co-investissement annoncé avec cette stratégie va seulement « aider à réduire les listes d’attente et le nombre de femmes qui pourraient autrement retourner dans des relations violentes ou se retrouver à la rue ». On ne précise pas comment cela va se faire. Par contre, le gouvernement annonce combien d’argent il va consacrer à l’achat de nouvelles serrures pour mettre sur les portes des maisons d’hébergement.

De récentes données confirment que les agences et institutions gouvernementales elles-mêmes sont des milieux de travail non sécuritaires pour les femmes. Les accusations d’inconduite sexuelle abondent au parlement, dans les ministères et les échelons supérieurs des partis politiques qui siègent au parlement. Il y a plusieurs cas de recours collectifs de femmes contre la GRC et les Forces armées canadiennes après des années de promesse de lutte contre le harcèlement et les agressions. En 2017, le gouvernement a accepté de régler hors cour un recours collectif au nom d’officières de la GRC ayant subi le harcèlement et la discrimination sexuels. À ce jour, 2400 femmes s’y sont inscrites. L’ampleur de ces recours collectifs donne une idée du climat intrinsèquement sexiste qui encourage la violence et d’autres injustices contre les femmes dans ces institutions.

Le ministère de la Justice tente présentement de faire annuler un recours collectif contre les Forces armées canadiennes en soutenant que le gouvernement n’a pas la responsabilité d’assurer un milieu de travail libre de harcèlement ou de créer des politiques de lutte au harcèlement sexuel et à l’agression sexuelle. Lorsque l’affaire a été éventée, la ministre de la Justice et le ministre de la Défense ont choisi de ne pas commenter. Justin Trudeau a exprimé son indignation, mais des commentateurs ont observé que c’était un autre exemple de la stratégie de relations publiques consistant à « récupérer le problème » pour détourner le blâme.

Les femmes sont aux premiers rangs de ceux et celles qui luttent pour leurs droits dans le contexte de la défense des droits de tous et toutes. Joignons-nous aux marches du 14 février !


L’exposition « Walking with our Sisters », en l’honneur des femmes et filles autochtones disparues et assassinées a été créée par l’artiste métis Christi Belcourt. Elle comprend plus de 1 800 paires d’empeignes de mocassins décorés ou perlés à la main donnés par les membres de la famille des femmes et des filles autochtones disparues et assassinées.  Elle comprend également plus de 100 empeignes représentant les enfants qui ne sont jamais rentrés des pensionnats. L’exposition a été présentée dans des villes du Canada depuis sa création en 2013. La photo provient d’une exposition à Thunder Bay.

Source: http://cpcml.ca/francais/Lmlq2018/Q48005.HTM#1

75e anniversaire de la victoire de la bataille de Stalingrad

Gloire à ceux dont l’héroïsme a défendu Stalingrad et changé le cours de la Deuxième Guerre mondiale

À l’occasion du 75e anniversaire de la victoire de la bataille de Stalingrad le 2 février 1943, le Parti communiste du Canada (marxiste-léniniste) adresse ses félicitations les plus chaleureuses à tous les descendants de ceux qui ont combattu et vaincu les envahisseurs nazis qui ont attaqué Stalingrad le 23 août 1942. La bataille s’est terminée par l’encerclement et la capitulation d’une armée allemande de 300 000 soldats. Cela a porté un coup mortel à la Wehrmacht nazie. La victoire de la bataille de Stalingrad, suivie d’une victoire décisive à Koursk, a été le début d’une puissante contre-offensive qui a repoussé les hitlériens progressivement jusqu’à leur point de départ, jusqu’à l’effondrement final du Troisième Reich à Berlin en 1945. La bataille a changé le cours de la Deuxième Guerre mondiale en faveur des peuples soviétiques et des peuples d’Europe et du monde.

Dans son discours du 6 novembre 1943 à la célébration du 26e anniversaire de la Grande Révolution d’Octobre, Joseph Staline a évalué la bataille de Stalingrad comme suit :

La bataille de Stalingrad a abouti à l’encerclement d’une armée allemande de 300 000 hommes, à sa débâcle et à la capture d’un tiers environ des troupes enveloppées. Pour se faire une idée de l’étendue de la bataille, sans précédent dans l’histoire, qui s’est déroulée sur les champs de Stalingrad, il faut savoir qu’à l’issue de cette mêlée on a recueilli et enterré 147 200 soldats et officiers allemands tués et 46 700 soldats et officiers soviétiques tués. Stalingrad a marqué le déclin de l’armée fasciste allemande. On sait qu’après la bataille de Stalingrad, les Allemands n’ont pu se relever. […]

Tous les peuples de l’Union soviétique se sont unanimement levés pour la défense de leur Patrie ; ils regardent à juste titre la guerre pour le salut de la Patrie comme la cause commune de tous les travailleurs, sans distinction de nationalité ni de confession. Les politiciens hitlériens eux-mêmes voient maintenant qu’ils se sont montrés désespérément absurdes à vouloir spéculer sur la division et les conflits entre les peuples de l’Union soviétique. L’amitié des peuples de notre pays a résisté à toutes les difficultés et à toutes les épreuves de la guerre ; elle s’est retrempée encore plus dans la lutte commune de tous les citoyens soviétiques contre les envahisseurs fascistes. Là est l’origine de la force de l’Union soviétique. (Vifs applaudissements prolongés)

Aussi bien dans le cours de la guerre qu’aux années de construction pacifique, le Parti de Lénine, le Parti bolchevik, est apparu comme une force qui guide et dirige le peuple soviétique. Aucun parti n’a bénéficié ni ne bénéficie, auprès des masses populaires, d’un aussi grand prestige que notre Parti bolchevik. Et cela se conçoit. Sous la direction du Parti bolchevik, les ouvriers, les paysans et les intellectuels de notre pays ont conquis la liberté et édifié la société socialiste. Aux jours de la guerre pour le salut de la Patrie, le Parti nous est apparu comme l’inspirateur et l’organisateur de la lutte du peuple contre les envahisseurs fascistes. Le travail organisateur du Parti a réuni en un tout et dirigé vers un but commun tous les efforts des citoyens soviétiques, en subordonnant toutes nos forces et tous nos moyens à la mise en déroute de l’ennemi.

Au cours de la guerre le Parti a resserré encore davantage ses liens avec le peuple, il s’est associé encore plus étroitement aux grandes masses de travailleurs. Là est l’origine de la force de notre État. (Vifs applaudissements prolongés)

Tableau de la bataille de Stalingrad (G. Marchenko)

Cette victoire révèle plusieurs contrastes, des profondeurs de la brutalité et de la barbarie des nazis, de leur arrogance et vanité, aux sommets de la bravoure, de l’héroïsme et de l’innovation des Soviétiques. Mais elle a sans doute par-dessus tout montré que l’affirmation du droit d’être de Stalingrad face à l’agression nazie exigeait l’organisation d’un type nouveau, qui avait été créée en Union soviétique sous la forme du parti communiste de type nouveau et du pouvoir soviétique. La bataille a révélé la qualité nouvelle de l’organisation et de la résistance produite par le pouvoir des Soviets dans lequel le peuple et sa direction ne font qu’un pour faire triompher la justesse de leur cause. Leur but, leur détermination et l’expression de leur volonté se sont exprimés dans leurs actions, lorsqu’ils se sont dressés pour défendre leur ville, leur patrie soviétique et leur État ouvrier soviétique.

Aujourd’hui aussi, l’établissement d’un but et de l’organisation capables de réaliser ce but est crucial pour qu’on puisse renverser la situation en faveur des peuples. Pour écarter les dangers auxquels elle fait face, l’humanité exige aujourd’hui de nouvelles formes d’organisation, des gouvernements antiguerre dans lesquels c’est le peuple qui prend les décisions en son propre nom. Plus jamais les peuples ne vont-ils remettre leur pouvoir décisionnel à d’autres qui sont alors autorisés à agir en leur nom mais ne le font pas. Au contraire, les soi-disant représentants souverains des peuples représentent la personne fictive de l’État qui gouverne le peuple au profit d’intérêts privés et non des intérêts que les peuples établissent eux-mêmes.

La forme du pouvoir et la forme de la direction doivent correspondre à ce que requièrent les conditions historiques qui sont apparues ces trente dernières années depuis la chute de l’Union soviétique.

Les formes du passé, celles de la période d’essor de la révolution, convenaient aux conditions qui appelaient à l’endiguement du fascisme nazi coûte que coûte pour l’humanité. Il s’agissait d’une période dans laquelle les peuples avaient de leur côté la grande Union soviétique comme fer de lance de la lutte pour la victoire et pour inspirer les peuples du monde à agir de même.

Aujourd’hui cependant, la révolution connaît une période de repli. Ce sont les forces impérialistes et réactionnaires qui ont l’initiative et non les peuples du monde. Ces forces contre-révolutionnaires ont formé des cartels et des coalitions internationaux qui regroupent de puissants intérêts privés, lesquels collaborent et rivalisent pour le contrôle des ressources et des sphères d’influence du monde et pour le pouvoir d’être les seuls décideurs, sur une base supranationale. Ce qu’elles ne peuvent contrôler, elles cherchent à le détruire, comme on le voit dans les invasions de pays souverains et dans les crimes innommables qui sont commis contre l’humanité et qui surpassent en étendue et en brutalité les crimes hitlériens. Elles font tout cela en prétendant agir pour la cause de la liberté, de la démocratie et de la paix, cette cause pour laquelle les peuples du monde ont combattu pendant la Deuxième Guerre mondiale et consenti le sacrifice suprême.

Aujourd’hui, alors que nous célébrons les victoires du passé, il est nécessaire de discuter de la signification de la victoire de la bataille de Stalingrad afin de rendre les peuples capables de renverser la vague de la contre-révolution qui frappe les peuples du monde en ce moment. Les peuples doivent saisir l’initiative et renverser la situation en leur faveur. Il faut renforcer l’opposition des peuples du monde à la contre-révolution néolibérale et aux guerres, aux agressions et aux crimes qui l’accompagnent afin qu’une force puissante émerge des actes de résistance qui est capable de mettre fin au pouvoir barbare des dirigeants d’aujourd’hui.

Ce numéro du LML rend hommage à l’héroïsme des défenseurs de Stalingrad et à leur dirigeants à l’occasion de la glorieuse victoire à Stalingrad. Cliquer ici pour voir la liste des événements qui ont lieu à cette occasion.

Source: http://cpcml.ca/francais/Lmlq2018/Q48003.HTM#1

POUR LE CENTENAIRE DE LA REVOLUTION SOCIALISTE D’OCTOBRE 1917

Il y a quelques mois, un rassemblement a été organisé en banlieue lyonnaise par des groupes oppositionnels à la ligne de la direction du Parti « communiste » français. Un camarade est intervenu dans le débat sur le bilan de la révolution d’Octobre 1917, pour y apporter un point de vue maoïste. Si notre organisation était présente, c’est parce que nous connaissons la sincérité des jeunes militant-e-s qui cherchent à impulser la lutte à l’intérieur du P « c »F pour rendre ce parti révolutionnaire à nouveau. Certain-e-s d’entre nous y ont cru par le passé, et ont mené leurs premiers combats au sein du P « c »F, avant de se dire qu’il était idéaliste de vouloir ressusciter ce qui était mort et qu’il valait mieux consacrer leur énergie à construire le nouveau parti communiste dont la classe ouvrière a besoin. Nous avions autre chose à faire de nos vingt ans que de servir de force d’appoint à une fraction opportuniste contre une autre, sous prétexte du moindre mal. Nous ne voulons pas que l’énergie des camarades qui se fixent aujourd’hui les mêmes objectifs que nous nous fixions il y a quinze ans, soient détournés de leur but révolutionnaire et conduit dans les ornières de l’opportunisme.

De plus en plus de militant-e-s qui se réclament du marxisme-léninisme s’inspirent des textes du professeur de philosophie italien Domenico Losurdo. La théorie de Losurdo est simple et tordue en même temps : il est entendu que les communistes du monde entier, et spécialement celles et ceux des métropoles impérialistes, doivent se solidariser sans conditions avec les luttes de libération des peuples (c’est-à-dire accepter la lutte « par tous les moyens nécessaires » comme disait Malcom X, prendre parti pour la violence révolutionnaire des opprimé-e-s même si des soldats français doivent mourir en face, ne pas prétendre leur dicter notre propre agenda). Or, pour Losurdo cette solidarité sans conditions doit concerner non seulement la lutte révolutionnaire mais aussi les compromis et les retours en arrière, dictés eux aussi par les cruelles nécessités du réel. Losurdo parle à des militant-e-s qui veulent défendre les révolutions russes et chinoises. Il les flatte dans le sens du poil en leur disant : si vous voulez défendre Lénine et Staline vous devez défendre aussi Brejnev et Andropov (il ne va pas jusqu’à défendre Khrouchtchev, mais le considère comme un ami du socialisme qui se trompe, et non comme un ennemi  qui se cache), si vous voulez défendre Mao, vous devez aussi défendre Deng Xiaoping, Jiang Zemin, Hu Jintao et Xi Jinping (un auteur de la même tendance néo-révisionniste, le belge Ludo Martens allait même jusqu’à dire : si vous voulez défendre la révolution burkinabé de Thomas Sankara, vous devez défendre son assassin Blaise Compaoré). Cette théorie n’est pas matérialiste : Brejnev, Deng Xiaoping et Compaoré ne représentent pas le retour au réel après les « utopies » et/ou les « erreurs » de Lénine-Staline, Mao ou Sankara. Ils représentent la contre-révolution, la restauration du capitalisme par une nouvelle bourgeoisie (et dans le cas de Compaoré, une bourgeoisie compradore au service de l’impérialisme français). Ils sont socialistes en parole, mais capitalistes en réalité. Si nous voulons avancer dans le bilan des expériences socialistes, nous devons saisir cette réalité.

Une critique plus poussée des écrits de Losurdo est à faire. Dans ses derniers écrits, cet infatigable professeur d’inconséquence s’intéresse aux luttes antisexistes et antiracistes, pour en proposer une version aussi inconséquente que sa vision de la construction du socialisme. Nous devons au contraire aider tous les camarades qui veulent défendre l’héritage de Lénine-Staline à ne pas s’arrêter au milieu du chemin, mais à faire la critique du révisionnisme qui a sapé les bases du socialisme en URSS.

Intervention pour le débat de la « Fête Populaire » à l’occasion du centenaire de la révolution d’Octobre

La grande révolution socialiste d’octobre a eu le mérite d’avoir constitué la première expérience de dictature du prolétariat et de transition vers le communisme après les 73 jours de la commune de Paris. Cette expérience a eu lieu dans des conditions extraordinairement difficiles et avec des erreurs inévitables dans un contexte d’encerclement capitaliste. Les démocraties populaires nées de la lutte antifasciste, n’auraient pas été possibles sans les enseignements d’octobre et la victoire soviétique de 1945. Les camarades chinoi-se-s se sont inspiré-e-s des leçons de la Révolution d’octobre, de ses victoires comme de son échec final, pour essayer d’aller plus loin, mais là aussi le capitalisme a été restauré après le coup d’Etat de 1976.

Le camarade Lénine nous enseigne que la transition au communisme est une période où s’affrontent le vieux mode de production capitaliste et le mode de production socialiste à naître.

1991 est la dernière étape de destruction de l’URSS. Mais ce coup d’état de l’intérieur avait été initié déjà depuis Khroutchev et sa politique de renoncement à la lutte révolutionnaire. Ce coup d’Etat avait une base matérielle constituée non seulement d’éléments des anciennes couches bourgeoises, mais aussi de couches bourgeoises nouvelles produites par l’organisation de la production (c’est un élément intéressant du livre de Robert Linhart, Lénine, les paysans, Taylor). Les classes sociales se développent sur une base matérielle préexistante, elles ne peuvent naître spontanément, comme des souris qui sortent du chapeau d’un magicien.

L’introduction d’éléments de marché privé dans les kolkhozes comme dans les usines a renforcé la base des éléments bourgeois des différentes républiques, qui ont fini par se marcher sur les pieds et par se sauter à la gorge dès avant la chute du mur de Berlin. Les bourgeoisies des différentes républiques ont pu mobiliser les masses pour leurs intérêts, en ravivant un chauvinisme et un racisme qui n’avaient jamais totalement disparu, comme en témoignent les pogroms d’Arménien-ne-s à Soumgaït (1988) et Bakou (1990), organisés par la bourgeoisie azérie.

Être fidèle à Lénine et aux combattant-e-s d’Octobre, c’est lutter contre le dogmatisme et le culte des icônes pour faire le bilan matérialiste qui nous permettra d’avancer vers de nouvelles victoires. Et pour commencer étudier la base sociale du révisionnisme, et étudier la lutte contre le révisionnisme en Chine et en Albanie (qui n’a pas empêché la restauration du capitalisme dans ces pays).

Les enseignements de la révolution d’Octobre doivent devenir accessibles aux masses et servir à préparer les luttes d’aujourd’hui contre le Capital, comme la lutte contre la loi Travail en ce moment même. Cela fait depuis 2010 que la classe ouvrière se mobilise à chaque attaque, à chaque projet de loi, renforçant l’oppression de la bourgeoisie par l’exploitation. L’élan est déjà là, mais il manque la stratégie de combat, élaborée à la lumière d’une théorie révolutionnaire. Il faut s’intéresser à la Révolution d’Octobre pour réfléchir au présent que l’on veut construire et arracher maintenant, et non pas seulement pour rendre hommage et glorifier le passé.

Vive la révolution socialiste d’Octobre, passons des luttes sociales à la révolution !

 

Source: http://futur-rouge.overblog.com/2017/11/pour-le-centenaire-de-la-revolution-socialiste-d-octobre-1917.html

Être communiste au Québec après la révolution russe de 1917

Dans le cadre des commémorations du centenaire de la Grande Révolution Bolchevique d’Octobre 1917, le journal centenaire (1910) Le Devoir publie un texte sur le vécu québécois de la célèbre révolution russe.

 

 

Nous sommes en 1917. À Moscou, le tsar est tombé. Lénine et les siens, des internationalistes, risquent-ils d’organiser une révolution mondiale ? Les chancelleries du monde, affolées de ce changement de cap qui pourrait les toucher, décident de se mêler de cette guerre civile dans l’espoir de contribuer à rétablir l’ordre ancien. Des contingents des États-Unis, de France, du Royaume-Uni, de Serbie, de Finlande, de Roumanie, de Turquie, de Grèce, du Japon et du Canada se portent à la défense des Russes blancs, les fidèles du tsar.

Parmi les Canadiens partis batailler en Russie, on trouve Antoine Rivard, futur ministre et solliciteur général du gouvernement anticommuniste de Maurice Duplessis. Il débarque à Vladivostok avec le 259e Bataillon canadien, arme à la main. L’échec de cet engagement militaire l’a fait oublier, affirme l’historien Benjamin Isitt.

Lorsqu’au printemps 1917, le révolutionnaire Léon Trotski tente, depuis New York, de regagner la Russie en passant par le Canada, il y est arrêté et emprisonné.

En raison de la répression institutionnelle dont est l’objet un tel mouvement, plusieurs informations manquent. Si bien que les historiens éprouvent du mal à retrouver, au Québec et au Canada, les traces de l’adhésion au communisme après la Révolution de 1917.

Il existe déjà au Québec, avant la guerre de 1914, plusieurs groupes socialistes. Ils ne sont pas étrangers au rayonnement des enseignements de Marx au sujet de l’exploitation ouvrière. En 1871, les moins de 16 ans forment 40 % de la main-d’oeuvre au Québec. Ce n’est qu’en 1907 que le gouvernement du Québec interdit le travail aux moins de 14 ans. En 1941 encore, près de la moitié des jeunes du Canada qui ne fréquentent pas l’école viennent du Québec.

Devant des conditions de travail pitoyables, les ouvriers s’organisent comme ils peuvent. Ce n’est qu’en 1921 qu’un Parti communiste canadien voit le jour. Son succès demeure faible. À la différence des États-Unis ou du reste du Canada, la pénétration du mouvement communiste au Québec après apparaît plus lente. L’Église, notamment, fait paravent. Aussi le mouvement communiste attire-t-il à lui beaucoup d’immigrants épris de solidarité envers des travailleurs issus d’un même horizon de misère.

Il faut attendre 1926 pour qu’un premier militant communiste au Québec se porte candidat aux élections. Ce sera Michael Buhay, dans la circonscription de Cartier, au coeur de Montréal, là même où, en 1943, à la faveur d’une élection partielle, Fred Rose sera le premier communiste élu à Ottawa. Rose, un électricien, sera à nouveau élu lors de l’élection générale de 1945, avant qu’on lui fasse un procès pour espionnage dont les contours restent à ce jour nébuleux.

Au nombre des jeunes militants politiques à l’époque sympathiques à Fred Rose, on trouve Jacques Parizeau (ancien premier ministre indépendantiste du Québec qui a présidé au référendum sur la souveraineté en 1995). Dans Fred Rose, un Canadien errant, un film signé en 2002 par Francine Pelletier, Parizeau dit : « J’ai travaillé pour ceux qui travaillaient pour ceux qui travaillaient pour Fred Rose. » Jacques Parizeau explique qu’une figure aussi improbable que lui, un bourgeois de naissance, n’était pas la bienvenue chez les communistes.

Au début des années 1920, le mouvement communiste au Québec mise beaucoup sur l’éducation populaire. Il parle des réalités de l’exploitation aux ouvriers. À Montréal, on trouve le Labor College, une sorte de club ouvrier comme on en trouve en Europe et où se réunit un Comité d’aide à l’URSS, ce nouveau pays dont le nom ne renvoie pas exactement à un territoire, mais à une nouvelle conception du monde.

Au Labor College, deux femmes jouent un rôle majeur : Annie Buller et Bella Gauld. Ces deux militantes d’institutions de charité ont abandonné l’univers libéral dans lequel elles baignaient pour adhérer à un idéal communiste, plus susceptible selon elles de changer vraiment la société. Et les voilà qui offrent des cours d’économie, d’histoire et de culture générale, dans une perspective de luttes des classes.

Quelle place jouent les femmes dans la constitution initiale de ce mouvement au Québec ? En Abitibi, en 1933, Jeanne Corbin, une militante communiste, soutient la grève de bûcherons. Dans leurs cabanes de bois, véritables repères des poux et de la misère, les autorités qui procèdent à des arrestations trouvent des portraits de Karl Marx. Jeanne Corbin sera condamnée à trois mois de prison. L’historienne Andrée Lévesque lui a consacré un livre. Il en faudrait sans doute un aussi pour mieux comprendre le parcours de Léa Roback : en 1937, cette communiste structure une grève de milliers de femmes pour améliorer leurs conditions. Elles travaillent jusqu’à 80 heures par semaine dans les usines de couture de Montréal pour des salaires qui ne dépassent pas 12,50 $.

Le plus célèbre des militants communistes au Québec reste Norman Bethune. Inventeur d’instruments de chirurgie encore utilisés aujourd’hui, ce médecin exerce son action pour les plus démunis. Il va notamment plaider auprès du gouvernement du Québec pour la mise en place d’un système de soins de santé pour tous.

Dans l’Espagne déchirée par la guerre civile, Bethune organise une unité mobile de transfusion sanguine. L’Espagne de Franco qu’il combat fait corps avec le régime d’Hitler. Quand en juin 1937 Bethune tient à Montréal une assemblée publique ouvertement favorable aux communistes espagnols, quelque 9000 personnes répondent à son appel et l’applaudissent.

En avril 1937, l’écrivain André Malraux fera lui aussi une brève visite à Montréal pour plaider en faveur de ses camarades espagnols. Malraux souligne à cette occasion l’importance de Bethune. Le poing fermé, il salue la foule. De son souvenir à Montréal, l’écrivain conserve celui d’un vieil ouvrier canadien-français qui, s’avançant vers lui à la fin de la soirée, lui donna sa montre en or, pour ainsi dire sa seule richesse, afin d’aider les camarades espagnols.

En 1937 toujours, Duplessis fait adopter sa loi dite du cadenas. Elle permet d’interdire toute activité de gauche jugée subversive. Mais durant la Seconde Guerre mondiale, le ton à l’égard des communistes va s’adoucir : le Canada est alors l’allié de l’URSS. À Montréal, les usines fabriquent même des tanks destinés à ce Staline dont les crimes ne sont pas encore largement dénoncés.

Quel espace tient alors le communisme dans les consciences ? La question reste complexe. En entrevue devant la caméra de Francine Pelletier, l’ex-premier ministre Jacques Parizeau résumait : « J’aurais volontiers rejoint le Parti communiste. Si vous aviez une conscience sociale, vous vouliez être du côté des communistes. »

 

Source : http://www.ledevoir.com/societe/actualites-en-societe/511190/communisme-etre-communiste-au-quebec-apres-la-revolution-de-1917?utm_campaign=Autopost&utm_medium=Social&utm_source=Facebook

Défendre la vie du président Gonzalo, c’est défendre le maoïsme !

Article du Parti Communiste Maoïste (PCM) en réponse à l' »attaque » de l’OCML-VP contre le président Gonzalo et le Parti Communiste du Pérou (PCP) !

Le jour du 25e anniversaire de l’arrestation du président Gonzalo du Parti Communiste du Pérou, dirigeant la Guerre Populaire Prolongée au Pérou, l’OCML-VP a décidé de publier un long communiqué présentant le président Gonzalo comme un liquidateur. Cet article est intitulé «  A propos de la Guerre Populaire au Pérou, la trahison de la direction du PCP et la capitulation du Président Gonzalo », le nom annonce la couleur.

L’essence de ce communiqué est la suivante :

– Après son arrestation, le président Gonzalo aurait capitulé et collaboré avec l’ennemi plus ou moins directement pour mettre fin à la Guerre Populaire et arriver à des accords de paix.

– Le président Gonzalo est en pleine collaboration avec la Ligne Opportuniste de Droite (LOD) représentée par le MOVADEF

– La Guerre Populaire au Pérou aurait échoué à cause d’un « culte de la personnalité » autour du président Gonzalo

Nous allons voir en quoi ce communiqué, loin d’être une critique du Parti Communiste du Pérou et de son expérience, s’affiche au contraire comme une attaque complète sur toute la ligne contre le maoïsme. Ce communiqué est le résultat d’une ligne idéologique et politique fondamentalement erronée reposant sur une large déformation du maoïsme, le résultat en est que l’OCML-VP en vient à prendre position pour les lignes opportunistes de droite et de « gauche » au Pérou, une position internationale qui bien sûr se reflète dans leur pratique localement.

Critique ou attaque ?

La Guerre Populaire Prolongée (GPP) a été déclenchée au Pérou en 1980 par le Parti Communiste du Pérou dirigé par le président Gonzalo. Au moment où celle-ci a été initiée le mouvement communiste international était affaibli et en recul : en 1976 a eu lieu le coup d’État et la contre-révolution en Chine mettant fin au dernier bastion socialiste, dans les années 1980 la Guerre Populaire en Inde était affaiblie par la répression et la division géographique et organisationnelle du mouvement, aux Philippines la Guerre Populaire essuyait successivement des échecs suite à des erreurs stratégiques importantes qui seront rectifiées dans les années 90 avec la Seconde Campagne de Rectification qui réaffirme le maoïsme et la stratégie de la GPP. Ainsi le déclenchement de la Guerre Populaire au Pérou fut une initiative d’une importance majeure pour le mouvement communiste international et il fut pour cette raison immédiatement la cible de l’impérialisme qui chercha à l’écraser par tous les moyens à sa disposition.

Malgré la répression brutale et les massacres, y compris au sein des prisons comme en juin 1986, la Guerre Populaire se développa rapidement allant jusqu’à toucher la grande majorité du territoire et y compris la capitale Lima. Elle atteindra le plus haut développement qu’ait connu les Guerres Populaires après la contre-révolution de 1976 en Chine. Même après la capture du président Gonzalo en septembre 1992 et alors que celui-ci se retrouvait entre les mains de l’ennemi, la Guerre Populaire perdura tout au long des années 1990 avant de diminuer en intensité.

Lors de cette Guerre Populaire des conquêtes importantes ont été réalisées par le mouvement communiste international contre l’impérialisme. Des conquêtes qui ont notamment une importance essentielle dans la compréhension du maoïsme que nous avons aujourd’hui. Ce sont contre ces conquêtes que l’OCML-VP a rédigé son attaque contre le mouvement communiste du Pérou.

Pourquoi parlons-nous d’attaque et non de critique concernant ce communiqué ? Au sein du mouvement communiste la critique est non seulement permise mais même encouragée, le processus de critique-autocritique est indispensable pour rectifier nos erreurs et avancer. Ce qui distingue la critique de l’attaque est son caractère non constructif mais destructeur. Dans le cas de l’OCML-VP il ne s’agit pas d’une critique idéologique et politique du mouvement communiste du Pérou sur des erreurs que celui-ci aurait commis mais il s’agit de reprendre sans encombre les mensonges et les calomnies diffusés par l’ennemi et les liquidateurs pour attaquer unilatéralement le Parti Communiste du Pérou et son dirigeant, le président Gonzalo.

L’attaque de l’OCML-VP se base sur le fait que le président Gonzalo aurait trahi la Guerre Populaire en agissant comme un liquidateur après son arrestation par l’ennemi. Selon l’OCML-VP, il aurait été un liquidateur plus ou moins conscient mais dans tous les cas se prêtant au jeu que les impérialistes veulent lui faire jouer. Sur quoi se base cette allégation aussi grave, une allégation qui a toujours été rejetée par le mouvement maoïste et dont les seuls soutiens sont le gouvernement et les opportunistes de droite et de « gauche » ?

Cette théorie de Gonzalo comme liquidateur est la thèse présentée par l’État péruvien, une thèse élaborée de toute pièce par le SIN (les services secret péruviens) avec la complicité de la CIA. Voilà d’où proviennent toutes les sources de l’OCML-VP qui l’admet elle-même dans son article. Admettant elle même que les lettres des accords de paix ainsi que les « interviews » vidéos seraient fausses, comment l’OCML-VP peut-elle tout de même affirmer que le président Gonzalo aurait trahi ? Elle fait cela en prétendant que celui-ci se serait prêté au jeu, en acceptant d’être filmé par exemple ou en ne levant pas le poing lors de son dernier procès !

Ainsi l’OCML-VP détiendrait une vérité que tout le mouvement maoïste n’a pas, car elle aurait remarqué que Gonzalo n’a pas levé le poing lors de son dernier procès.

Il est évident que cela ne fait aucun sens. Le président Gonzalo est maintenu dans l’isolement le plus total depuis 25 ans, l’État péruvien essaye de le faire mourir d’une mort lente car son élimination directe n’aurait fait qu’intensifier la Guerre Populaire. Le président Gonzalo n’a jamais pu réaliser aucun entretien devant la presse internationale hormis lors de son discours de la cage du 24 septembre 1992 où il appelle à poursuivre la Guerre Populaire en affirmant que son arrestation ne constitue qu’un détour sur la route. Le président Gonzalo n’a aucun contact avec le monde extérieur.

Et justement qu’est-ce que le MOVADEF dont l’OCML-VP reprend les calomnies ? Le « Mouvement pour l’Amnistie Générale et la Réconciliation Nationale » (MOVADEF) est une organisation mise en place par la ligne opportuniste de droite (LOD). La LOD est composée d’anciens membres du PCP qui ont rejeté la Guerre Populaire Prolongée et ont appelé à déposer les armes, ce sont les liquidateurs de la Guerre Populaire. Cette LOD s’est constituée en MOVADEF grâce au travail et à l’appui du SIN. Le MOVADEF est aujourd’hui l’organisme qui a à sa tête le seul avocat en lien avec le président Gonzalo. Le MOVADEF est directement un outil monté et mis en place par les impérialistes dans leur programme de contre-insurrection.

Un an après l’arrestation du président Gonzalo en 1992. En 1993, le président du Pérou, Alberto Fujimori (aujourd’hui emprisonné pour crime contre l’humanité, responsable d’une politique génocidaire contre le mouvement révolutionnaire et notamment de la stérilisation forcée de milliers de femmes indigènes accusées de pro-créer des communistes!) présente des fausses lettres de paix attribuées à Gonzalo et peu de temps après des vidéos truquées (cela était évident pour tous les communistes et cela sera révélé plus tard par les services secrets). L’ensemble du mouvement maoïste international a mené une intense campagne pour la libération du président Gonzalo après son arrestation. Toutes les demandes de visites du président Gonzalo par des personnalités progressistes ont été rejetées.

Les seules à croire que le Président Gonzalo aurait appelé à signer des accords de paix sont des anciens dirigeants du PCP devenus des liquidateurs, les opportunistes de droite, ainsi qu’une ligne militariste, opportuniste de « gauche », qui ont exigé que Gonzalo soit relâché pour être jugé par leur soin. Ainsi l’OCML-VP reprend sans encombre à son compte des calomnies émanent directement des impérialistes et de leurs laquais locaux qui ne sont soutenus que par les opportunistes de droite et de « gauche ». Une fois de plus l’OCML-VP navigue à vue entre l’opportunisme de droite et de « gauche ».

Aucun révolutionnaire conséquent n’accorde du crédit et de l’importance à des propos d’un dirigeant révolutionnaire emprisonné, aux mains de l’ennemi et qui ne peut s’exprimer directement à son Parti. Admettre les calomnies de l’ennemi et les reprendre à son compte, c’est se faire la courroie de transmission des impérialistes dans le mouvement maoïste.

Si l’OCML-VP se couvre de honte en reprenant de telles allégations, c’est car elle sous-estime et ne comprend à aucun moment les tactiques et techniques de contre-insurrection menées par l’ennemi. L’OCML-VP a toujours envisagé la révolution dans un avenir lointain et ne s’y est par conséquent jamais préparée sérieusement, elle n’étudie pas à fond les questions de la clandestinité et de la répression en cas de Guerre Populaire. L’histoire montre pourtant à quel point l’ennemi investie massivement et se perfectionne dans la guerre psychologique et dans la contre-insurrection. Cela s’est particulièrement vue lorsque l’impérialisme français a mené une lutte acharnée contre le mouvement national algérien, c’est à ce moment là que de nombreux outils de contre-insurrection vont être développés et ensuite exportés en Amérique du Sud par des militaires français directement employés par les dictatures militaires d’Amérique du Sud. Parmi ces méthodes, l’une d’entre elle consiste à faire croire à la trahison de dirigeants pour que ceux-ci soient éliminé par le mouvement lui-même ainsi que pour démobiliser les masses.

La Guerre Populaire au Pérou représentait dans les années 80 et 90 le seul mouvement communiste à aller contre-courant dans une période de restauration totale du capitalisme et d’offensive généralisée de la bourgeoisie sur le communisme présenté comme appartenant désormais au passé. Le Parti Communiste du Pérou constituait donc une cible d’une importance toute particulière pour l’impérialisme, en particulier l’impérialisme yankee. Pour s’en apercevoir il suffit de faire quelques recherches sur le nombre impressionnant d’études réalisées par l’armée américaine et ses écoles, des organisations stratégiques américaines et les services secrets le concernant pour établir des stratégies de contre-insurrection. Beaucoup de ses études en arrivaient à la conclusion que la victoire de la Guerre Populaire au Pérou serait presque inévitable. Il a donc fallu des moyens immenses à l’État péruvien et ses services secrets grâce à la collaboration des Etats-Unis pour mettre fin brutalement à cette Guerre Populaire, d’une part par les massacres et d’autre part par une intensive guerre psychologique.

En définitif, l’OCML-VP oublie une des leçons essentielles de la lutte révolutionnaire : l’ennemi est fort tactiquement mais faible stratégiquement. Fort tactiquement car il dispose de moyens militaires immenses, d’une expertise et d’un savoir-faire brutal et perfectionné en matière de contre-insurrection et de guerre de basse intensité ; faible stratégiquement car l’ennemi n’a pas le soutien du peuple, il représente une minorité, une oppression, il est dans le camps de l’injustice et il sera donc nécessairement renversé. L’OCML-VP sous-estime et oublie entièrement la force tactique de l’ennemi et se prend à son jeu.

Aujourd’hui, nous réaffirmons, comme cela a toujours été affirmé par le mouvement maoïste international, que les dernières consignes du Président Gonzalo valables concernant la Guerre Populaire au Pérou sont celles données dans le discours de la cage, le 24 septembre 1992. Dans ce discours magistral (voir discours en intégrale sous-titré en anglais), celui-ci affirme la nécessité de continuer et d’intensifier la Guerre Populaire, il affirme que son arrestation ne constitue pas un point d’arrêt mais juste un détour sur la route.

Öcalan, Gonzalo : même combat ?

Dans son communiqué, l’OCML-VP s’aventure à comparer le président Gonzalo à Öcalan, le pilier du PKK emprisonné depuis maintenant plus de 18 ans.

Il part du postulat que tous deux seraient des capitulards et qu’on devrait donc les défendre de manière similaire.

Tout d’abord, il existe des différences fondamentales entre le président Gonzalo et Öcalan. Le président Gonzalo est un des dirigeants marxistes les plus important, la Guerre Populaire qu’il a dirigé avec le PCP au Pérou avait une valeur profondément internationale et a notamment servi d’exemple pour le déclenchement de la Guerre Populaire au Népal en 1996. D’un autre côté, Öcalan est le dirigeant du mouvement national kurde qui s’oppose à l’État réactionnaire turc, un Etat sous domination de l’impérialisme américain ; d’un point de vue de classe, Öcalan est le représentant de la bourgeoisie nationale kurde. Ce sont donc deux ennemis de valeur très différentes pour l’impérialisme.

De même et par conséquent, contrairement à l’isolement total que subit le président Gonzalo, Öcalan lui dispose de moyens de publication et communication reconnus par le mouvement national kurde.

L’OCML-VP affirme qu’un prisonnier politique même s’il devient un liquidateur et se met au service de l’ennemi, doit être défendu et que nous devons exiger sa libération. Cette position montre en tout point leur opportunisme et est à l’exact opposé de la pratique du mouvement révolutionnaire. S’il est parfaitement avéré qu’un camarade arrêté, une fois aux mains de l’ennemi se met à collaborer, à donner des informations à l’ennemi, s’il devient un liquidateur et donc un traître, le mouvement révolutionnaire n’a plus aucun devoir de le défendre. Cet individu, quelqu’ait pu être son passé dans le mouvement, tombe dans l’oubli et la seule chose que le mouvement attend de lui est sa libération pour lui infliger sa sentence pour trahison. Si nous défendons les prisonniers qui collaborent avec l’ennemi et qui liquident notre mouvement, nous encourageons alors tous les camarades arrêtés à en faire de même, cela est inacceptable.

La position révolutionnaire consiste à ne pas croire les propos d’un camarade enfermé et dans les mains de l’ennemi car il n’est pas possible d’en vérifier l’authenticité ni de savoir ce qui est subit par le camarade. Si un camarade est avéré être un traître au mouvement, celui-ci doit être jugé en conséquence par le Parti.

La position de l’OCML-VP sur les prisonniers politiques en général se retrouvent donc être complètement erronée et à l’opposé de l’expérience du mouvement communiste international.

Sur le « culte de la personnalité »

L’OCML-VP affirme qu’une des raisons principales de l’échec de la Guerre Populaire au Pérou serait la pratique d’un « culte du chef » par le PCP. L’OCML-VP aurait déjà remarqué ce problème dans un de ses documents de 1990.

Les accusations de « culte de la personnalité » contre le mouvement communiste ne sont pas nouvelles. Elles ont été utilisées aussi bien contre Lénine, Staline ou Mao. L’exemple le plus flagrant est celle faite contre Staline par Khrouchtchev lors du XXe Congrès du PCUS : cette attaque contre le soit-disant « culte de la personnalité » autour de Staline n’était qu’un prétexte pour liquider le socialisme en URSS et entamer la restauration du capitalisme.

Regardons ce que dit le président Gonzalo concernant l’accusation de « culte de la personnalité » dans L’Interview pour El Diario réalisée en 1988 :

« Khrouchtchev souleva le problème du culte de la personnalité pour combattre le camarade Staline, mais nous savons tous que ce ne fut qu’un prétexte en fait, pour combattre la dictature du prolétariat. Aujourd’hui, même Gorbatchev brandit à nouveau le culte de la personnalité comme le firent aussi les révisionnistes chinois Liou Chao-chi [Liu Shaoqi] et Teng Siao-ping [Deng Xiaoping]. Par conséquent, c’est une thèse révisionniste qui vise en essence la dictature du prolétariat et les grands dirigeants et chefs du processus révolutionnaire général dans le but de les décapiter. Dans notre cas, que viserait-elle concrètement ? Décapiter la guerre populaire. Nous n’avons pas encore de dictature du prolétariat mais un Nouveau Pouvoir qui se développe selon des normes de démocratie nouvelle ou de dictature conjointe d’ouvriers, de paysans et de progressistes. En ce qui nous concerne, cette thèse a donc pour but principal de décapiter la direction. Et la réaction et ses laquais savent très bien pourquoi ils le font : parce que ce n’est pas facile d’engendrer des chefs et un grand dirigeant. Et une guerre populaire telle qu’elle se développe dans le pays, a besoin de chefs et d’un grand dirigeant, de quelqu’un qui la représente, la dirige et d’un groupe capable de la commander inflexiblement. En résumé le culte de la personnalité est une sinistre thèse révisionniste qui n’a rien à voir avec notre conception sur les chefs, laquelle s’en tient au léninisme. »

A la lumière des propos du président Gonzalo, on comprend parfaitement le but derrière l’accusation de « culte de la personnalité » à l’encontre du président Gonzalo faite par l’OCML-VP.

L’OCML-VP affirme que la pensée gonzalo fut un des principales facteurs de l’échec de la Guerre Populaire au Pérou car celle-ci contribuerait à « dépolitiser les masses » et laisserait penser que ce sont les grands hommes qui font l’histoire. Tout d’abord voyons ce que dit le président Gonzalo lui même sur la pensée gonzalo :

« El Diario: Puisque nous parlons d’idéologie, pourquoi la Pensée Gonzalo?

Président Gonzalo : Le marxisme nous a toujours enseigné que le problème réside dans l’application de la vérité universelle. Le Président Mao Tsétoung insistait énormément sur ce point ; si le marxisme-léninisme-maoïsme ne s’applique pas à une réalité concrète, on ne peut pas diriger une révolution, on ne peut pas transformer le vieil ordre, ni le détruire, ni en créer un nouveau. C’est l’application du marxisme-léninisme-maoïsme à la révolution péruvienne qui a engendré la pensée gonzalo, dans la lutte de classes de notre peuple, principalement du prolétariat, les luttes incessantes de la paysannerie et dans le contexte bouleversant de la révolution mondiale. C’est au milieu de tout ce fracas, en appliquant le plus fidèlement possible la vérité universelle aux conditions concrètes de notre pays, que s’est matérialisée la pensée gonzalo. Auparavant on l’appelait la pensée guide ; et si aujourd’hui le Parti a sanctionné lors du Congrès la pensée gonzalo, c’est parce qu’il s’est produit un bond dans cette pensée guide, précisément au cours du développement de la Guerre Populaire. En synthèse la pensée gonzalo n’est que l’application du marxisme-léninisme-maoïsme à notre réalité concrète ; ceci nous amène à voir qu’elle est spécifiquement capitale pour notre Parti, pour la guerre populaire et pour la révolution dans notre pays, j’insiste, spécifiquement capitale. Mais pour nous, si nous considérons l’idéologie au plan universel, le principal est le maoïsme, je le répète une fois de plus. »

Ainsi la pensée gonzalo loin d’être un quelconque « culte du chef » ou de dépolitiser les masses, s’est formé au contraire du fait de la lutte des masses et dans la lutte des masses, elle s’est formée dans le feu de la Guerre Populaire.

Affirmer que les masses auraient été dépolitisées à cause de la pensée gonzalo constitue une négation totale du haut niveau idéologique et politique des masses péruviennes durant la Guerre Populaire au Pérou, un niveau idéologique rarement atteint qui se manifestait dans tous les domaines. Le reportage traduit par la Cause du Peuple « People’s of the shining path » permet en partie d’en rendre compte. Le PCP a toujours placé au cœur de sa formation, la formation idéologique, c’est ce qu’il y avait de plus central et de plus essentiel pour les militantes et militants du PCP et les masses du Pérou.

Affirmer que la constitution d’une pensée guide s’accompagnerait d’une dépolitisation des masses est simplement anti-historique et va à l’encontre même de l’histoire du maoïsme. C’est pendant la Grande Révolution Culturelle Prolétarienne en Chine que s’est affirmée plus que jamais la pensée mao tsetoung, l’OCML-VP affirmerait donc que pendant cette période les masses populaires en Chine se sont dépolitisées ? Cela n’a évidemment aucun sens, la période de la Révolution Culturelle est le moment où les masses se sont le plus politisées !

Si l’OCML-VP s’en prend avec tant de vigueur au président Gonzalo, au PCP et à la pensée gonzalo, c’est car elle en rejette fondamentalement tous les apports.

Les apports du Parti Communiste du Pérou et du Président Gonzalo

Ainsi l’OCML-VP ne s’est jamais revendiqué du marxisme-léninisme-maoïsme. Elle préfère proposer une version éclectique du « maoïsme » qu’elle nomme « marxisme-léninisme et maoïsme ». A première vue cela pourrait sembler proche : ne serait-ce qu’une différence de forme ? Un vulgaire débat sur les mots plutôt que sur le fond ?

Loin de là, malgré la proximité des appellations, le fait est que l’OCML-VP rejette des conceptions essentielles du maoïsme, ces conceptions ont notamment été affirmées par le Parti Communiste du Pérou à travers une intensive lutte de lignes sur le plan international. Ce sont des enjeux idéologiques qui ont bien sûr des implications pratiques.

Tout d’abord le PCP a affirmé que le maoïsme forme le troisième jalon du marxisme, qu’il est la troisième, nouvelle et supérieure étape du marxisme. Il s’agissait d’une démarcation nécessaire avec ceux qui ne voyaient dans la pensée Mao Zedong que quelques apports en plus par rapport au marxisme-léninisme et que cela était principalement valide pour les pays semi-coloniaux semi-féodaux mais pas les pays impérialistes. En affirmant que le maoïsme est une nouvelle étape cela signifie qu’il a développé le marxisme dans ses trois composantes essentielles : le matérialisme dialectique et historique, l’économie politique marxiste et le socialisme scientifique. Dans ces trois domaines un bond qualitatif a été effectué.

Mais l’OCML-VP ne peut reconnaître l’ensemble de ces apports du maoïsme au marxisme et c’est pour ça que jusqu’aujourd’hui elle refuse de s’identifier comme marxiste-léniniste-maoïste.

Un des apports essentiels du maoïsme que rejette l’OCML-VP est la Guerre Populaire Prolongée. Le PCP a affirmé que la Guerre Populaire est une composante essentielle et universelle – c’est-à-dire applicable partout – du maoïsme.

« La guerre populaire est la théorie militaire du prolétariat international dans laquelle, pour la première fois, se résume de façon systématisée et complète l’expérience théorique et pratique des luttes, des actions militaires et des guerres que le prolétariat a livré, la longue expérience de la lutte armée populaire et spécialement des guerres paysannes de la Chine. C’est avec le Président Mao que la classe sera dotée de sa propre théorie militaire; pourtant il règne à ce sujet une grande confusion et beaucoup d’incompréhension. Cette incompréhension commence par la vision que l’on a de la guerre populaire en Chine; en général on la considère comme étant réduite et, dédaigneusement comme une simple guerre de guérillas. Cela révèle déjà l’incompréhension de fait, qu’avec le Président Mao, la guerre de guérillas acquiert un caractère stratégique. De plus, on ne comprend pas le développement de la guerre de guérillas et comment, à partir de sa fluidité essentielle, elle développe sa mobilité, devient guerre de mouvement, de positions, développant de vastes plans d’offensive stratégique, conquérant des villes petites, moyennes et grandes avec des millions d’habitants, combinant l’attaque du dehors avec l’insurrection à l’intérieur. En conclusion, les quatre étapes de la révolution chinoise et principalement à partir de la guerre agraire à la guerre de libération populaire, en tenant compte qu’entre les deux il y eut la guerre anti-japonaise, nous montrent les diverses facettes et la complexité de la guerre révolutionnaire qui se livra durant vingt années au sein d’une population gigantesque et d’une immense mobilisation et participation des masses. Dans cette guerre on trouve des exemples de tout genre et, le principal, c’est que ses principes, ses lois, ses stratégies, ses normes etc. ont été étudiés à fond et magistralement établis. C’est donc dans ce creuset fabuleux et sur la base de ce que le marxisme-léninisme avait établi, que le Président Mao élabora la théorie militaire du prolétariat, la guerre populaire.

[…]

L’une des questions clé et décisive est celle de la compréhension de la validité universelle de la guerre populaire et de son application conséquente, en tenant compte des différents types de révolution et des conditions spécifiques de chacune d’entre elles. A propos de cette question clé il est intéressant de constater qu’une insurrection comme celle de Pétrograd, la résistance anti-fasciste et les guérillas européennes de la IIème Guerre mondiale ne se sont pas répétées, ni les luttes armées qui se livrent en Europe actuellement. Il faut aussi considérer que la Révolution d’Octobre ne fut pas seulement une insurrection, mais une guerre révolutionnaire qui dura plusieurs années. Par conséquent, dans les pays impérialistes la révolution ne peut se concevoir que comme guerre révolutionnaire et celle-ci, actuellement, est simplement une guerre populaire. »

  • Sur le marxisme-léninisme-maoïsme, Parti Communiste du Pérou, 1988

Pour plus de détail sur les apports du PCP dans l’affirmation du maoïsme nous vous renvoyons à la déclaration internationale faite pour le 30e anniversaire de la Journée de l’Héroïsme récemment traduite en français.

On comprend donc que ce n’est pas pour rien que l’OCML-VP reprend les calomnies des réactionnaires contre le président Gonzalo et le PCP à son compte. Derrière cette attaque contre le président Gonzalo et le PCP, il s’agit en fait bien d’une attaque même contre le maoïsme et tout ce que le PCP a pu faire pour synthétiser, défendre et appliquer le maoïsme. Il s’agit d’un rejet affirmé du marxisme-léninisme-maoïsme, de la Guerre Populaire Prolongée, fait non au moyen de la lutte idéologique mais de la manière la plus lâche en reprenant les larges mensonges diffusés par l’ennemi. Il s’agit évidemment d’une pratique profondément opposée à l’essence même du marxisme et qui devrait révolter tout révolutionnaire.

A celles et ceux qui avaient encore quelques doutes sur la nature de l’OCML-VP, la lecture de leur communiqué devrait balayer ces doutes définitivement !

Défendre, appliquer et développer le maoïsme !

Combattre le révisionnisme et l’opportunisme !

Défendons la vie du Président Gonzalo !

Source: http://www.pcmaoiste.org/communique/defendre-la-vie-du-president-gonzalo-cest-defendre-le-maoisme/

Sur la situation en Catalogne

 

Que se passe-t-il en Catalogne ? Cette nation présente sur plusieurs territoires de culture catalane (Valence, Baléares, Andorre,…), située principalement dans l’Etat espagnol, et en partie dans l’Etat français, a une situation politique qui évolue rapidement : une crise politique sans précédent s’est déclarée. Le gouvernement de la Generalitat (l’organisation politique détenant les pouvoirs exécutifs et législatifs régionaux de cette « communauté autonome », intégré il y a plusieurs siècles dans l’Etat espagnol) a promis depuis 2015 d’avancer vers la voie de l’indépendance. Pour cela, la Generalitat a convoqué un référendum pour le 1er octobre 2017.

Le gouvernement espagnol conservateur de Mariano Rajoy (dirigeant du Partido Popular, représentant la droite issue du franquisme) semble prêt à utiliser tous les moyens à sa disposition pour empêcher la tenue du référendum, que la Cour constitutionnelle a jugé illégal. Il faut rappeler que la police a quand même mené des perquisitions au siège du gouvernement régional catalan et a saisi les 19 et 20 septembre près de 10 millions de bulletins de vote, que 14 hauts responsables du gouvernement régional ont été arrêtés et le 21 septembre, que la justice a cité à comparaître plus de 700 maires catalans, que des entreprises privées ayant contribué à la propagande indépendantiste ont été perquisitionnées, que la Cour constitutionnelle a annoncé infliger des amendes de 6000 à 12 000€ tous les jours à 24 organisateurs du référendum jusqu’à ce qu’ils se plient aux résolutions de la « Justice ». 60 sites faisant la promotion du référendum ont été fermés, la campagne électorale est illégale et donc le collage d’affiches pour l’indépendance se fait dans l’illégalité, et Madrid a mis sous tutelle les finances de la région pour empêcher les financement illégaux.

La constitution considère en effet que l’Espagne est une et indivisible : malgré l’existence de différentes nations en son sein (Catalogne, Pays Basque, mais également Asturies, Galice, Andalousie…), l’héritage de l’empire et du franquisme reste profondément marqué dans l’organisation de l’Etat. La bourgeoisie continue de célébrer le « jour de l’hispanité », et le principal parti de droite, le PP, est l’héritier directe de la bureaucratie franquiste. Mais dans les faits, la bourgeoisie espagnole est une classe écartelée entre son caractère impérialiste et la réalité d’une centralisation incomplète. Si le pays s’est construit sur l’or provenu de la colonisation de l’Amérique latine, il a connu un important retard industriel par la suite. De plus l’Espagne n’a pas achevé son processus de centralisation comme l’a fait la France, qui a écrasé ses minorités nationales bien plus efficacement avec la diffusion d’une idéologie républicaine jacobine. Seuls quelques régions du nord de l’Espagne ont véritablement connu la révolution industrielle au XIXème siècle comme le Pays Basque (Euskal Herria), la Catalogne (Catalunya), ou encore la Galice.

Ces contradictions ont engendré une grande misère dans les campagnes, des inégalités économiques criantes, des revendications nationales centrifuges, et une instabilité politique profonde. La bourgeoisie dans sa majorité est très liée à l’église catholique, elle méprise ouvertement le peuple et ne cherche pas de vernis progressiste. Face à cela, le mouvement ouvrier s’est développé principalement sur une base anarcho-syndicaliste et anarchiste. Les contradictions de la société espagnole ont notamment été à l’origine du soulèvement réactionnaire puis de la guerre civile de 1936-1939, qui ont aussi vu l’intervention des puissances fascistes, du Mexique et de l’URSS. Basques et Catalans se sont mobilisés aux côtés de la troisième république, espérant obtenir l’indépendance nationale, ou au moins un statut et des libertés publiques.

La défaite de la République a fait taire temporairement les aspirations nationales. Le mouvement anarcho-syndicaliste et anarchiste a été balayé, les communistes ont été plongés dans la clandestinité, et la bourgeoisie a durement écrasé le prolétariat. La transition démocratique entamée après la mort de Franco en 1975 n’a fait que repeindre la façade du vieil état autoritaire et nationaliste : malgré la forme parlementaire de l’état, l’Espagne a un ensemble de lois parmi les plus répressives d’Europe. La torture des militantes et militants révolutionnaires et indépendantistes est courante, et il n’est toujours pas possible de critiquer ouvertement la monarchie.

Mais revenons à la situation actuelle. Qui mène le mouvement indépendantiste en Catalogne ? La direction du mouvement est clairement dans les mains de la bourgeoisie catalane. En termes de classes, une partie du prolétariat, de la bourgeoisie, et la majorité de la petite-bourgeoisie sont de culture catalane. Au contraire « les très riches et les très pauvres sont espagnols » : la grande bourgeoisie, tout comme les prolétaires les plus précaires venus tenter leur chance à Barcelone et dans les zones industrielles, sont plus proches de la culture espagnole.

La dernière Diada, la fête nationale transformée en manifestation pour l’indépendance, a réuni un million de personnes. Depuis une décennie, le développement économique rapide de la Catalogne pousse la petite et la moyenne bourgeoisie catalane à appuyer ouvertement le mouvement indépendantiste. Pour simplifier, disons cela ainsi : pour les bourgeois, il est plus avantageux de garder l’intégralité des impôts au niveau de la Catalogne que de les reverser à Madrid. La Catalogne représente tout de même 20% du PIB de l’Espagne, 30% de ses exportations et 50% de l’activité à forte valeur ajoutée ! Il y a une idée réactionnaire comme quoi « les Catalans » n’ont pas à se sacrifier pour le reste de la population en Espagne. Le mouvement catalan est-il cependant à rejeter dans son ensemble ? Non. Il s’agit d’une lutte nationale portant une caractéristique progressiste (l’indépendance vis-à-vis d’un Etat impérialiste). Mais cette lutte n’est pas révolutionnaire. L’oppression nationale vise le peuple, mais aussi la nation tout entière.

Pour les révolutionnaires de l’Etat français, la situation doit être suivie de prêt. Elle est potentiellement explosive en Espagne, et pourrait avoir des conséquences très importantes au niveau européen, entraînant un effet domino au Pays Basque et ailleurs, par exemple en Ecosse et en Irlande du Nord. Il est clair que Madrid n’envisageait pas que la situation s’envenime à ce point. Pour les conservateurs, il s’agissait d’un simple marchandage économique avec la bourgeoisie catalane, qui faisait son spectacle pour peser dans la balance et mobiliser sa base électorale.

Mais les bourgeois espagnols, qu’ils soient conservateurs ou socialistes, ont négligé un facteur : poussée par sa base, déçue des reculs subis par la Generalitat face aux conservateurs, la bourgeoisie catalane est allée plus loin que prévu. Elle peut encore renoncer au projet indépendantiste et s’en tirer à bon compte, en faisant ce que les politiciens bourgeois savent faire le mieux, c’est à dire en jouant la comédie. Ils peuvent prétexter que les menaces (un général espagnol avait laissé entendre qu’il défendrait l’ordre constitutionnel « par tous les moyens ») et la répression les empêchent de tenir le référendum, notamment la saisie des bulletins et des convocations, la fermeture des sites internet, les procès et la mise sous tutelle des finances de la Generalitat.
Mais Madrid joue un jeu très dangereux. La désobéissance civile est massive en Catalogne, il y a eu de grandes manifestations d’étudiants ces derniers jours, de nombreuses écoles sont occupées et des syndicats ont déposé un préavis de grève générale à compter du 1er octobre au cas où le référendum serait empêché. Si les forces de police locales, les Mossos, obéissent encore à Madrid, l’administration désobéit ouvertement. Les perquisitions de bâtiments publics ont choqué l’opinion. Et les procès des dirigeants catalans peut pousser les masses à tenter le tout pour le tout. Nous voici donc face à une situation de quitte ou double : ou bien le gouvernement écrase temporairement le mouvement indépendantiste, ou bien il le radicalise, et perd ses moyens face à la pression populaire.

Quoi qu’il en soit, les prochaines semaines seront déterminantes. Notre Parti se positionne donc ainsi :

Nous reconnaissons la définition d’une nation comme une communauté humaine, stable, historiquement constituée, née sur la base d’une communauté de langue, de territoire, de vie économique et formation psychique qui se traduit dans une communauté de culture.

L’Etat espagnol a usé et use de la force contre la nation catalane pour l’empêcher de faire sécession. Nous soutenons le droit à l’autodétermination de la nation catalane. Si la nation catalane juge bon de faire sécession et donc de créer un Etat indépendant, c’est qu’elle se se sent opprimée par l’Etat espagnol. Nous devons soutenir son droit à l’autodétermination.

Le Camarade Lénine nous enseigne que « le principe de la nationalité est historiquement inéluctable dans la société bourgeoise, et compte tenu de cette société, le marxiste reconnaît pleinement la légitimité historique des mouvements nationaux. Mais pour que cette reconnaissance ne tourne pas à l’apologie du nationalisme, elle doit se borner très strictement à ce qu’il y a de progressiste dans ces mouvements, afin que cette reconnaissance ne conduise pas à obscurcir la conscience prolétarienne par l’idéologie bourgeoise. » (Notes critiques sur la question nationale, 1913)

Le nationalisme bourgeois de toute nation opprimée possède un contenu démocratique qui est dirigé contre l’oppression, c’est celui-là que nous soutenons. En revanche nous ne soutenons pas le contenu qui vise à renforcer le nationalisme et les privilèges de la bourgeoisie nationale et qui casse la conscience de classe du prolétariat en effaçant les distinctions de classes entre bourgeois, petits-bourgeois et prolétaires.

« Sous prétexte que ses demandes sont « pratiques », la bourgeoisie des nations opprimées va appeler le prolétariat à soutenir ses aspirations sans condition… Le prolétariat est opposé à une telle pratique. Tout en reconnaissant l’égalité des droits à un Etat national, il valorise surtout et avant tout l’alliance des prolétaires de tous les pays, et évalue toute demande nationale, toute séparation nationale, sous l’angle de la lutte de classe des travailleurs. Pour les travailleurs, la chose importante est de distinguer les principes des deux tendances. Dans la mesure où la bourgeoisie de la nation opprimée combat l’oppresseur, nous sommes toujours, dans tous les cas, et plus fortement que quiconque en sa faveur, car nous sommes les ennemis les plus constants et les plus fervents de l’oppression. Mais dans la mesure où la bourgeoisie de la nation opprimée est favorable à son propre nationalisme bourgeois nous somme contre. » (Lénine, cité par Ibrahim Kaypakkaya dans La Question Nationale en Turquie, 1971)

Nous soutenons donc le droit à l’autodétermination de la nation catalane. Et nous soutenons l’unité du prolétariat catalan et espagnol contre les intérêts de la bourgeoisie et des propriétaires.

 

Source: http://www.pcmaoiste.org/communique/sur-la-situation-en-catalogne/

Hommage à Ernesto Che Guevara à l’occasion du 50e anniversaire de son assassinat

Nous savons que nous souffrons d’un décalage horaire en présentant ce riche document produit LML qui rend hommage au révolutionnaire et guérillero argentin Ernesto « Che » Guevara à l’occasion de son assassinat il y a 50 ans, ce 8 octobre 1967, mais nous pensons que nous ne faisons jamais erreur de rendre hommage à de grands révolutionnaires qui ont marqué leur époque, même s’il est présenté avec un peu de retard. 

 

 

Aujourd’hui, nous rendons un profond hommage à Ernesto Che Guevara, le combattant révolutionnaire indomptable et l’internationaliste prolétarien qui a inspiré et continue d’inspirer des millions de personnes dans le monde.

Originaire d’Argentine, ce médecin qui n’avait d’autre souhait que d’aider à mettre fin aux souffrances des peuples d’Amérique latine et du monde s’est joint sans hésiter au camarade Fidel et aux révolutionnaires cubains dans la Sierra Maestra dans la lutte pour libérer Cuba. Il s’est mérité le titre de Guerrier héroïque pour ses exploits, qui furent une contribution décisive à la défaite de la dictature cruelle de Batista en 1959 et au triomphe subséquent de la révolution. Le Che s’est par la suite consacré à l’établissement de la base économique qui allait garantir le bien-être du peuple et a joué un rôle central dans l’alphabétisation de tous les Cubains et à l’établissement de moyens de communication viables. Son nom est associé à la promotion du travail volontaire comme moyen de transformer la conscience des êtres humains afin que leur société assume toujours ses responsabilités sociales. Il a été un bel exemple de la personne humaine moderne, dont chaque action est guidée par les principes. Ses actions respiraient l’amour social et le souci pour l’être humain.

Leader exceptionnel, le Che mobilisait le peuple pour l’accomplissement des tâches nécessaires. Lorsque les États-Unis se sont engagés dans la subversion économique et ont lancé des attaques terroristes contre la révolution naissante, le Che n’a pas hésité et s’est joint aux rangs des combattants révolutionnaires pour mobiliser le peuple dans la riposte. Sa contribution à la lutte pour engager Cuba dans la voie socialiste et protéger la révolution a laissé une empreinte indélébile sur ce que Cuba représente aujourd’hui.

L’internationalisme du Che et l’internationalisme de Cuba ne font qu’un. Les deux reposent sur l’abnégation et sont exempts de l’arrogance et des sentiments étroits qui placent l’intérêt personnel en premier. Che Guevara était entièrement imprégné du désir d’engager les peuples du monde entier dans la lutte pour la liberté, portant haut levée la bannière de la lutte anti-impérialiste et anticoloniale en Asie, en Afrique, en Amérique latine et dans les Caraïbes.

Ernesto Che Guevara est mort héroïquement sur les champs de bataille de la Bolivie il y a cinquante ans et l’humanité pleure sa perte comme si c’était hier seulement qu’il avait rejoint les colonnes de martyrs communistes et révolutionnaires. Aujourd’hui, les peuples du Québec et du Canada, unis à l’héroïque peuple cubain et aux peuples révolutionnaires du monde, commémorent le cinquantième anniversaire de son assassinat par la méprisable CIA américaine en renouvelant leur engagement à défendre la Révolution cubaine dont Fidel, le Che, Raúl, Camilo, Vilma, Heida, Tania et leurs camarades ont été les architectes et tous les combattants guérilleros révolutionnaires cubains et les peuples qui ne font qu’un avec eux. Nous nous engageons une fois de plus à défendre le droit de toutes les nations à l’autodétermination dont fait intégralement partie, comme nous l’a enseigné le Che, le droit crucial de se défendre.

Venceremos ! Hasta la Victoria Siempre !

 

Source: http://cpcml.ca/francais/Lmlq2017/Q47040.HTM#1

Le président américain promet «le fer et le feu» à l’ONU pendant que Trudeau se pose en grand espoir blanc du monde

Des questions importantes de guerre et de paix

 

Le débat général de la 72e session de l’Assemblée générale des Nations unies à New York a débuté cette semaine, le 19 septembre, et se poursuit jusqu’au 25 septembre. Les chefs d’État et de gouvernement ou leurs représentants s’adressent aux Nations unies pour énoncer les priorités qu’ils se fixent pour eux-mêmes, pour le monde et pour l’ONU.

À la toute première journée, le monde a eu droit à une manifestation de la crise profonde dans laquelle s’enlisent les États-Unis avec la prestation du président Donald Trump. Son discours hargneux dans lequel il promet d’utiliser le fer et le feu contre tous les non-croyants en la démocratie américaine montre à quel point les États-Unis désespèrent de ne pouvoir ordonner au monde de régler leur crise économique et multilatérale. Plus ils proclament qu’ils sont la nation indispensable, plus le reste du monde prend conscience de la nécessité de ne pas être marginalisé.

Bien que les États-Unis et l’échec de leur démocratie soient coupables de l’anarchie et de la violence dans le monde aujourd’hui, Trump a dit que la menace à laquelle le monde fait face est que « les pouvoirs autoritaires cherchent à faire effondrer les valeurs, les systèmes et les alliances qui ont empêché les conflits et ont promu la liberté depuis la Deuxième Guerre mondiale. »

Faisant fi de l’échec des institutions américaines à résoudre les contradictions au sein des cercles dirigeants ou quelque problème que ce soit dans le monde, Trump cite la Constitution des États-Unis comme un document intemporel et universel qui s’étend au monde entier. « Nous célébrons le 230e anniversaire de notre constitution bien-aimée, la plus ancienne constitution encore utilisée dans le monde d’aujourd’hui, a dit Donald Trump. Ce document intemporel a été le fondement de la paix, de la prospérité et de la liberté pour les Américains et pour d’innombrables millions de personnes dans le monde dont les pays ont trouvé l’inspiration dans son respect de la nature humaine, de la dignité humaine et de la règle de droit. »

« En Amérique, affirme-t-il, le peuple gouverne, le peuple est au pouvoir et le peuple est souverain. J’ai été élu non pas pour prendre le pouvoir, mais pour donner le pouvoir au peuple américain à qui il appartient. »

Donald Trump propose une conception irrationnelle de la souveraineté dans laquelle les États-Unis ont le droit souverain de décider de ce qui est dans leur meilleur intérêt et dans le meilleur intérêt du monde :

« Nous devons remplir nos devoirs souverains envers les personnes que nous représentons fidèlement. Nous devons protéger nos nations, leurs intérêts et leur avenir. Nous devons rejeter les menaces à la souveraineté depuis l’Ukraine jusqu’à la mer du sud de la Chine. Nous devons respecter la loi, respecter les frontières et respecter la culture, et l’engagement pacifique que cela permet. »

Puis il a directement menacé le peuple coréen : « Les États-Unis ont une grande force et une grande patience, mais si nous sommes forcés de nous défendre ou de défendre nos alliés, nous n’aurons d’autre choix que de détruire totalement la Corée du Nord. […] Les États-Unis sont prêts, disposés et capables, mais j’espère que cela ne sera pas nécessaire. C’est la raison d’être de l’ONU. C’est à cela que les Nations unies servent. Voyons ce que l’ONU va faire. »

Puis il a attaqué l’Iran et menacé d’annuler l’accord négocié en 2015 entre l’Iran, tous les membres du Conseil de sécurité, l’Allemagne et l’Union européenne qui limite le programme d’énergie nucléaire de l’Iran à des fins pacifiques en échange de l’abandon des sanctions. « Nous ne pouvons pas laisser un régime meurtrier continuer ces activités déstabilisantes tout en construisant des missiles dangereux et nous ne pouvons pas respecter un accord s’il contribue à la construction éventuelle d’un programme nucléaire. L’accord de l’Iran est l’une des transactions les pires et les plus unilatérales auxquelles les États-Unis aient jamais participé. Franchement, cet accord est embarrassant pour les États-Unis, et je ne pense pas que vous ayez entendu le dernier mot à ce sujet. Croyez-moi. »

Donald Trump a ensuite menacé de soumettre le monde entier à la guerre de terreur des États-Unis : « Désormais, ce sont nos intérêts de sécurité qui dicteront la longueur et la portée de l’opération militaire, et non pas les repères arbitraires et échéances fixés par des politiciens. J’ai également changé complètement les règles d’engagement dans notre lutte contre les talibans et d’autres groupes terroristes. »

« L’Amérique se tient avec toutes les personnes vivant dans un régime brutal. Notre respect de la souveraineté est également un appel à l’action. Toutes les personnes méritent un gouvernement qui s’occupe de leur sécurité, de leurs intérêts et de leur bien-être, y compris de leur prospérité. »

 

Pour sa part, le gouvernement du Canada s’est servi de son intervention à l’Assemblée générale de l’ONU pour présenter une image d’un premier ministre Justin Trudeau comme le grand espoir blanc qui promet de réussir là où ceux qui promettent le fer et le feu échouent.

La peur, voire la terreur que cherche à provoquer le président américain avec ses propos sur le fer et le feu ne doit pas détourner l’attention du fait que la version plus douce et plus gentille offerte par le grand espoir blanc sert les mêmes intérêts privés que les deux pays représentent.

Le premier ministre Justin Trudeau est resté silencieux au sujet de la menace de Trump de « détruire totalement » la République populaire démocratique de Corée et s’est joint à lui pour blâmer la RPDC en disant en conférence de presse : « Je partage les préoccupations de tous sur le comportement imprudent du régime nord-coréen et je continue de croire que la meilleure façon de calmer la situation est de travailler avec nos partenaires et alliés dans la région et dans le monde. » Ainsi, pour lui il est préférable de menacer la RPDC avec les alliés et partenaires plutôt que de laisser les États-Unis le faire seuls.

Pour montrer le sens de ses propos, il a aussi ouvert la porte à l’adhésion officielle du Canada au bouclier antimissile des États-Unis, qui fait partie de l’arsenal américain de frappe préventive contre d’autres pays. « Nous continuons d’examiner la situation, a-t-il dit. Notre position n’a pas changé sur le bouclier pour l’instant, mais nous continuons d’examiner les choses et de nous assurer que nous faisons tout ce que nous pouvons et devons faire pour protéger la sécurité des Canadiens. »

Lors d’un gala qui a eu lieu avant le débat général sur un porte-avion désaffecté, durant lequel il a reçu le prix Global Citizen Awards 2017 du Conseil atlantique de l’OTAN, Justin Trudeau a livré un discours que le Conseil décrit comme « un cri de ralliement pour sauver l’ordre mondial ». En fait, il a tenu des propos presque identiques à ceux tenus par Donald Trump le même jour.

« Les alliances qui ont soutenu la sécurité et la prospérité mondiales depuis 1945 sont mises à l’épreuve et l’urgence des défis que nous avons en commun — changements climatiques et sécheresse, inégalité du revenu, extrémisme violent, guerre civile et migrations massives qui en résultent — continuent de grandir », a-t-il ajouté avant de poursuivre :

« Partout dans le monde, l’ordre international établi depuis longtemps est mis à l’épreuve. Avec l’annexion illégale de la Crimée par la Russie et l’empiètement en Ukraine, nous avons été témoins de la première prise de territoire en Europe depuis la Deuxième Guerre mondiale.

« Ce n’est pas le temps de se désister. C’est le temps où les démocraties atlantiques doivent renouveler notre engagement envers des standards universels de droits et libertés, imposés par un ordre multilatéral basé sur des règles qui ont favorisé la paix et la stabilité et qui ont passé l’épreuve du temps. »

Cet ordre multilatéral basé sur des règles et imposé par l’ONU, l’OTAN, NORAD et l’Organisation mondiale du commerce comprend « le pouvoir doux et le pouvoir dur » et c’est pourquoi, dit-il, le Canada augmente de façon significative ses dépenses pour la défense.

Tout en faisant écho aux menaces de Trump contre le peuple coréen, Trudeau lance un appel hypocrite à « combattre les fléaux du racisme, du sexisme, de l’homophobie, de la transphobie, du fanatisme ethnique et religieux, du néofascisme, du néonazisme et de l’extrémisme violent de Daesh auxquels nous sommes confrontés en 2017 ».

« Nous ne devons pas hésiter. Il serait inadmissible de faire un seul pas en arrière dans la défense des standards de décence de la sororité et de la fraternité de la famille humaine sortie victorieuse des luttes les plus douloureuses du derniersiècle », a dit Trudeau.

L’ONU est devenue une instance désuète qui n’est plus capable de défendre la primauté du droit international adoptée durant l’après-Deuxième Guerre mondiale. La domination du monde par les pouvoirs policiers aux mains d’oligopoles et d’intérêts privés qui ne s’arrêteront devant rien pour s’enrichir signifie qu’il faut un nouvel équilibre du pouvoir capable de mettre les forces destructives en échec. Il est illusoire de croire que cet équilibre est possible dans le contexte du système impérialiste d’États. Il doit être créé par une humanité unie dans l’action à la défense de ses propres intérêts.

 

Le temps d’agir est maintenant !
Faisons du Canada une zone pour la paix !
Défendons les droits qui appartiennent à tous du fait d’être humains !
Une humanité, une lutte !

 

Source: http://cpcml.ca/francais/Lmlq2017/Q47038.HTM#1