Avec l’échec de Le Pen, rien ne change pour l’antiracisme et l’antifascisme de classe

COMBATTRE LE FASCISME,

ABATTRE LE CAPITALISME!

 

Ouf, elle n’est pas passée… c’est le sentiment autour de nous. Mais en 2002, le père n’était pas passé non plus et cela n’a pas freiné le développement du FN.

Le racisme est toujours là, s’est même renforcé autour de nous.

Il y a le racisme d’Etat, qu’il s’agisse de la recherche d’emploi, des discours islamophobes dans les médias ou des violences policières dans les quartiers. Le poison patriotique et nationaliste se répand dans tous les partis, la préférence nationale devient une banalité, le contrôle de l’immigration se renforce toujours plus, et ce sont tous les immigrés, avec ou sans papiers, tous les jeunes (et maintenant moins jeunes…) nés en France avec une couleur, un nom, une religion minoritaires ou minorisés qui trinquent.

Il y a aussi le poison du racisme individuel, issu de l’histoire coloniale de la France (et son actualité comme aux Antilles, à Mayotte, en Guyane ou en Kanaky) cette mentalité abjecte de petit-blanc qui ne supporte pas de voir des anciens colonisés revendiquer l’égalité des droits. Sentiment des Pieds Noirs, des racistes avérés, entretenu et développé par le FN et cie, sentiment confus de la concurrence entre travailleurs dans la crise capitaliste, il se heurte heureusement aux solidarités du combat social mené en commun, dans les entreprises ou dans les quartiers…

Ces deux formes de racisme se sont renforcées et s’appuient l’une sur l’autre, et les attentats ont attisé la flamme. C’est la confusion qui règne, très rares ont été celles et ceux qui ont dénoncé les interventions à l’étranger (Mali, Libye, Syrie, Afghanistan…) et ont qualifié les auteurs de fascistes. Le racisme d’Etat, les intellectuels à la botte ont préféré renforcer les contradictions en critiquant les musulmans ou ceux supposés l’être…

Le combat antiraciste se mène dans le combat commun, sur des positions antiracistes et de classe, au service des ouvriers et des prolétaires. Pour le combat commun contre la sous-traitance, la pénibilité dans les entreprises. Pour l’égalité des droits et la régularisation des sans-papiers, contre les violences policières dans les quartiers, contre les interventions à l’étranger, contre toutes les lois et mesures racistes, quelles qu’en soient les cibles. Toujours en dénonçant notre propre gouvernement, son Etat et le capitalisme qui en est le socle. Tout ne se réglera pas du jour au lendemain, mais c’est la seule voie pour construire une unité de combat, de classe, qui permettra de surmonter les appréhensions et les différences sur lesquelles s’appuient les racistes pour répandre leur venin.

Il se mène aussi dans nos rangs, parmi nos collègues et voisins, en remettant en cause les préjugés, en luttant sans concession contre les attitudes et les paroles chauvines et xénophobes, en exposant la manière dont l’impérialisme place la fraction immigrée de la classe ouvrière, les habitants des quartiers, dans une position subordonnée et discriminée. La lutte se mène aussi dans les rangs de notre classe et de nos organisations !

C’est pareil pour le combat antifasciste. Dans le sillage du FN se développent des groupuscules et organisations fascistes, racistes, homophobes et sexistes. Dans certaines villes, comme à Lyon ou Lille, ils ont pignon sur rue et prétendent annexer des quartiers entiers. Ils ont tué Clément Méric à Paris, Hervé Rybarczyk à Lille, ils font la chasse aux migrants à Calais, ils veulent imposer la terreur.

Avec la complaisance de la police et de la justice, c’est le moins qu’on puisse dire, et ce sont surtout les militants qui refusent de leur laisser le terrain qui sont attaqués.
Alors, on ne les laisse pas faire, on ne fait pas confiance à la justice et à la police (rappelons que pour celle-ci, on dit que 50% des flics votent FN !), et on s’organise, on manifeste pour interdire par nous-mêmes l’expression de ces noyaux fascisants !

 

Source:  http://ocml-vp.org/article1808.html

La Révolution d’Octobre est une percée vers une ère nouvelle

Le 13 mai à Moscou s’est tenue l’assemblée plénière du Comité central de l’organisation panrusse « scientifiques russes d’orientation socialiste » (RUSO, selon l’acronyme russe), consacré au 100e anniversaire de la Grande Révolution socialiste d’Octobre.

https://kprf.ru/ruso/165286.html

Service de presse du Comité central du Parti communiste. AlekseyBragin.
14/05/2017

La séance est présidée par le Président du CA RUSOIvan Nikitchuk. Sont présents égalementle vice-président du Comité central du KPRF, DmitriNovikov et le secrétaire du Comité central du KPRF Mikhaïl Kostrikov. Le Plénum RUSO a réuni plus de 100 personnes, y compris des invités étrangers en provenance du Venezuela, du Vietnam et d’Argentine.
Au début de la réunion, les membres de RUSO ont reçu des médailles commémoratives du Comité central du Parti communiste, « 100 ans de la Grande Révolution socialiste d’Octobre. » .
DmitriNovikov: « RUSO – est l’un des plus importants centres de recherche du Parti  »
La séance a été ouverte par le vice-président du Comité central du KPRF, DmitriNovikov. Il a transmis les salutations au Plénum du chef des forces patriotiques du peuple de Russie, Président du Comité central du Parti communiste, Guénnady Ziouganov.
« Toute force politique a besoin de capacités intellectuelles, de centres de recherche et d’analyse. Le Parti communiste n’est pas seulement une force politique. C’est un parti qui vise à transformer le système socio-politique et socio-économique actuel. Notre parti a une vision de l’avenir. Cet avenir c’est le socialisme », – dit Novikov.
« Une telle approche exige une étude scientifique des processus qui se déroulent dans la société: économiques, social, politiques, spirituels et culturels. Comme a dit Staline : « Sans théorie, nous somme morts. » Lorsqu’il ne s’agit pas d’un parti populiste, opportuniste, mais d’un parti avec une idéologie solide, on ne peut pas négliger l’importance des travaux théoriques et de recherche », – a déclaré DmitryGeorgievich.
« Maintenant, nous préparons activement le XVIIe Congrès du Parti communiste. Le Comité central du Parti communiste est le principal centre de recherche et d’analyse de notre Parti dans la période considérée. Un grand travail a été accompli. Le plénum du Comité central a étudié un certain nombre de questions importantes », – a déclaré Novikov.
« Ainsi, en octobre 2013 a été examinée la question nationale et les tâchesdu partie pour renforcer l’amitié entre les peuples. Un Plénum important a été celui d’octobre 2014, qui a examiné l’état de la classe ouvrière en Russie et les tâches du Parti pour travailler en milieu ouvrier. Le Parti communiste a donné sa définition du prolétariat russe moderne, nous avons souligné que la dictature du prolétariat est la dictature de la majorité, dirigée contre la dictature bourgeoise de la minorité ».
« En mars 2015, nous avons abordé la question de« L’héritage révolutionnaire de la Grande Révolution d’Octobre et les tâches du Parti communiste ». Quelques mois plus tard un plénum a examiné le problème de la politique de jeunesse du Parti. « Sur les tâches du Parti pour combattre l’antisoviétisme et la russophobie » – a été le thème de la dernière réunion plénière. Nous avons montré le contenu social et de classe de la russophobie et ses relations avec l’anti-soviétisme. Toutes ces sessions plénières ont joué un rôle majeur dans la lutte concernant d’importantes questions scientifiques, politiques, économiques et sociales du point de vue de l’analyse marxiste-léniniste ».
« Le Comité central du XV Congrès a donné dans son rapport politique une analyse des problèmes socio-économiques dans le monde d’aujourd’hui, il a introduit la caractéristique de la mondialisation, qui avait déjà été abordée dans les travaux de Ziouganov. Le parti considère le globalisme comme une forme moderne de l’impérialisme ».
« Tous ces thèmes examinés au Comité central du Parti communiste ont également fait l’objet d’une étude des scientifiques d’orientation socialiste. RUSO est l’un des plus importants centres d’analyse et de recherche, proche du Parti. Cette organisation ne comprend pas seulement des membres du Parti communiste. RUSO a parcouru un long chemin avec le parti et a contribué à l’étude d’un certain nombre de questions importantes », – a déclaré le vice-président du Comité central, faisant l’éloge de cette organisation.
« Il est important qu’entre le Comité central du Parti communiste et le Conseil de RUSOexiste une relation stable, et cette interaction est assurée par Ivan IgnatevichNikitchuk avec sûreté, intelligence et constance, » – a déclaré DmitryGeorgievich.
« A l’occasion du 100e anniversaire de la Grande Révolution socialiste d’Octobre nous organisons des conférences scientifiques, des tables rondes, il y a un grand travail éditorial. En novembre 2017 nos travaux seront clôturés solennellement au cours d’événements internationaux. La dix-neuvième Réunion internationale des Partis des travailleurs se tiendra début novembre à Saint-Pétersbourg. Ensuite, les participants viendront à Moscou pour y poursuivre le travail et tenir une table ronde consacrée au 100e anniversaire de la Grande Révolution socialiste d’Octobre. Nous avons déjà eu une réunion du groupe de travail sur les préparatifs de la réunion internationale », – a déclaré Novikov.
Dans la suite de son intervention il a également parlé du travail du Centre d’études politiques du Comité central du Parti communiste, de la chaîne de télévision « ligne rouge » et du journal « Pravda ».
« Nous nous heurtons à des forces politiques qui mènent leur propagande. Des moyens considérables sont engagés afin de fausser l’histoire de la Grande Révolution socialiste d’Octobre en Russie, de fausser l’histoire de l’édification soviétique », – a-t-il dit amèrement.
« Nous souhaitons sincèrement un plein succès aux activités de RUSO. C’est un centre intellectuel très important du parti, qui est amené à jouer un rôle particulier dans la promotion des réalisations du socialisme, défendre la vérité sur l’histoire soviétique, dans la lutte contre la falsification de notre passé. Nous avons beaucoup à faire. Et nous devons poursuivre dans cette voie avec honneur », – a dit en conclusion le vice-président du Comité central du Parti communiste.
IvanNikitchuk: « La Révolutiond’Octobreest une percée vers une ère nouvelle »
Puis le Président du CC deRUSONikitchuka présenté son exposé: « La Révolution d’Octobre est une percée vers une ère nouvelle»
– Camarades!
Le XX siècle a été marqué par plusieurs événements d’importance historique. C’est la victoire sur le fascisme dans la Seconde Guerre mondiale, la maîtrise de l’énergie atomique, et la percée humaine dans l’espace. Mais le plus remarquable est l’accomplissement de la Grande Révolution socialiste d’Octobre.
Nous, les scientifiques, fidèles aux principes des grandes idées du socialisme et du communisme, nous inclinons aujourd’hui avec respect et admiration devant l’héroïsme de nos ancêtres qui ont réalisé il y a cent ans une percée historique dans la lutte des travailleurs pour leur libération de l’oppression et de l’humiliation millénaires.
La victoire de la Grande Révolution socialiste d’Octobre est, en effet, un exploit sans précédent du prolétariat héroïque de la Russie pour briser la chaîne séculaire de l’exploitation de l’homme par l’homme. C’est à la fois l’hymne du parti bolchevique – le parti de Lénine et de Staline – qui a réussi à guider le vaisseau de la révolution versles grands espaces de la transformation socialiste. C’est aussi la symphonie majestueuse des bâtisseurs du socialisme en URSS, qui ont sauvé le monde du fascisme et créé dans une période historiquement courteune superpuissance, la première à s’élancer dans le cosmos. Enfin, c’est un clairon qui durant toutes les années du pouvoir soviétique a appelé les peuples opprimés à la lutte pour leur libération.
Le prolétariat de Russie, dirigé par le Parti bolchevique a pu non seulement renverser le pouvoir des capitalistes et des propriétaires, mais aussi conserver le pouvoir dans une lutte difficile contre l’intervention de l’encerclement capitaliste, qui avait déchaîné la guerre civile dans le pays.
Dans le creuset de la révolution est né un nouveau type d’état – l’état de la dictature du prolétariat et le pouvoir soviétique – lepouvoir des travailleurs et de la paysannerie laborieuse.
Les libéraux et antisoviétiques d’aujourd’hui présentent souvent la Russie tsariste comme un quasi paradis sur terre, que les bolcheviks ont détruit en prenant le pouvoir. Qu’en était-il de ce paradis?
Dans la production mondiale de 1913, la part de la Russie était d’environ 2%, tandis que la part des pays avancés (Etats-Unis, Allemagne, Angleterre, France) était de 20 à 7%. Pour le montant du produit national brut par habitant la Russie était inférieure aux Etats-Unis de 9,5 fois, la Grande-Bretagne – 4,5, l’Allemagne – 3,5.
La productivité du travail dans l’industrie en Russie était inférieure à celle des États-Unis de 9 fois; Angleterre – 5 fois; Allemagne – 4 fois.
Tout aussi décevant était l’état de l’agriculture. Au XIXe siècle, la Russie a connu 40 disettes. En 1911-1912, la famine a balayé 60 provinces. 30 millions de personnes étaient entre la vie et la mort. Selon diverses estimations, en 1901-1912, la famine a tué près de 8 millions de gens.
Plus de 52% des fermes d’élevage cultivaient la terre avec des araires. En 1913, il n’y avait que 152 tracteurs en Russie (aux Etats-Unis, Allemagne, France, Belgique, Pays-Bas, Danemark les tracteurs se comptaient par dizaines de milliers). 80% du travail agricole était fait à la main.
Dans la lutte contre les maladies l’homme russe était livré à lui-même. Pour 10.000 habitants en Russie il y avait 1,6 médecins, 1,7auxiliaires de santé, 1,7 obstétricien et sage-femme. A la campagne, 1 médecin pour 26.000 ha.
En 1913, un but chez les patients russes souffrant de maladies infectieuses chroniques, il y avait près de 22 millions. Les gens (13% de la population).
Sur 1.000 nouveau-nés, 263 mourraient en Russie avant l’âge de 1 an. En Suède, 70, au Royaume-Uni, 108 et aux États-Unis et en France – 112-115.
Plus de 70% de la population était analphabète. En 1913, le nombre d’étudiants dans tous les types d’écoles (y compris religieuse et militaire) était seulement d’environ 10 millions. Man. Pour 1000 habitants il y avait 1,7 enseignants, aux États-Unis – 3 fois plus.
Aux États-Unis il y avait plusieurs dizaines d’universités de niveau universitaire, en Angleterre, 18 universités, en Allemagne, 22, en France, 14, en Russie – 8.
La corruption frappait même les plus hautes sphères du pouvoir. Le Grand-Duc AlexeiAlexandrovicha pillé les fonds alloués pour la construction de cuirassés de type « Borodino », suite à quoila Russie en 1904 au lieu de 10 cuirassés de ce type en avait seulement 5.Sur les destroyers russes, croiseurs et cuirassés il y avait des turbines allemandes, des gyrocompas et télémètres suédois et anglais. Le petit nombre d’avions et de véhicules militaires étaient presque exclusivement de production étrangère.
Voici l’héritage reçu parles bolcheviks enoctobre 1917. Mais la situation a été rendue encore plus compliquée après une guerre civile dévastatrice.
Le Grand Octobre a sauvé la Russie de la ruine et malgré la dévastation et les victimes de la guerre civile, a donné une forte impulsion à son développement.
Déjà en mars 1921, le dixième Congrès du RCP (b) décidé la transition vers la NEP. Avant cela, en 1920, le gouvernement de RSFSR sous la direction de Lénine a élaboré un plan prometteur pour l’électrification du pays (GOERLO). Le résultat n’a pas tardé à venir. Le chiffre de la production industrielle brute en 1925 a atteint 75%du niveau de 1913, et en 1926 il l’a dépassé de 8%. Les produits de l’industrie de l’ingénierie en 1925 ont dépassé le niveau d’avant-guerre de 13%. Le pétrole et le charbon ont retrouvé à peu près leur niveau d’avant-guerre. Les industries légère et alimentaire ont été restaurées pour l’essentiel. En 1925, l’agriculture a été remise en état.
En 1926, l’Union soviétique est entrée dans une période de lutte pour l’industrialisation et la collectivisation de l’agriculture.
Le premier plan de développement économique quinquennal (1928-1933)avait pour principal objectifs de transformation l’URSS d’un pays agraire et arriéré à un pays industriel, créant ainsi une économie capable de rénover tous les secteurs de l’économie, renforcer la capacité de défense de l’URSS, élever le niveau de vie matériel et culturel du peuple soviétique.
Les objectifs du premier plan quinquennal ont été respectés. Sont apparus les premiers géants de l’industrie,combinats de fer et acier à Magnitogorsk et Kouznetsk, les usines de tracteurs à Kharkov et Tcheliabinsk, les usines d’automobiles à Moscou et Nijni-Novgorod.
Le Deuxième plan de développement quinquennal (1933-1937) a été réalisé en 4 ans et 3 mois. En 1937, l’industrie a atteint 2,2 fois le niveau de 1932, l’industrie lourde 3,4 fois. Les produits d’ingénierie ont augmenté de près de 1,5 fois.
Le troisième plan quinquennal (1937 -1941) prévoyait la poursuite du développement du fer et de l’acier, des industries du charbon et du pétrole, en particulier la mise en place dans la zone située entre la Volga et l’Oural d’une nouvelle base oléifère,le Deuxième Bakou. L’objectif était de rattraper et dépasser le niveau de la production par habitant des pays capitalistes développés.
La mise en œuvre du plan quinquennal allait bon train. Elle a été interrompue par la guerre, déclenchée par l’Allemagne nazie.
Au début de la guerre, l’Union soviétique possédait une puissante industrie, une agriculture socialiste développée et une main-d’œuvre qualifiée. Le 1er janvier 1941 le nombre de spécialistes de l’économie nationale a atteint 2,4 millions de personnes, dont 909 000 avaient une éducation supérieure et 1,5 million de personnes une éducation secondairespécialisée. Dans la dernière année d’avant-guerre, le nombre de diplômés en génie était de 295.000, aux États-Unis 170.000.
L’Etat soviétique au cours des années des plans quinquennaux d’avant-guerre a fait des progrès considérables dans le développement de l’industrie. En 1940, la production d’électricité par rapport à 1913 avait augmenté de 25 fois. La production de charbon multipliée par rapport à 1913 par plus de 6. La production brute de l’industrie chimique, y compris les mines et les produits chimiques, a augmenté de 25 fois.
La production brute de la construction mécanique, en 1940, a dépassé le niveau de 1913 de 30 fois. De nombreuses branches de l’ingénierie ont été créées à partir de zéro dans l’ère soviétique: les tracteurs, l’automobile, l’industrie de l’aviation et d’autres.
En 1940, l’URSS possédait d’une agriculturedéveloppée. Dans le pays, il y avait 237.000kolkhozes et 4.000 sovkhozes, sept mille MTS. L’agriculture disposait de 531.000 tracteurs, 182.000 moissonneuses-batteuses, 228.000 camions et autres véhicules.
Les années de guerre ont démontré une fois de plus les avantages de l’économie soviétique, qui lui ont permis de tenir, de se regrouper, de fournirau front tout le nécessaire dans les conditions les plus difficiles.
Pendant la guerre, le pays a perdu environ 27 millions de citoyens et subi d’énormes pertes matérielles, qui se montent à une somme astronomique – environ 3 billions de roubles soviétiques. Ont été entièrement ou partiellement détruites 1.710 villes et agglomérations urbaines, plus de 70 000 villages, environ 32 000 entreprises industrielles, 65.000 km de voies ferrées, 75 millions personnes se sont retrouvées sans toit. Les envahisseurs ont détruit 98.000 fermes collectives et 1.876 fermes d’État, ils ont emporté et égorgé plusieurs millions de bovins.
Au cours des cinq premières années après la guerre ont été restaurées ou reconstruites plus de 6.000 entreprises industrielles. Au cours de ces années, les fondations ont été posées de l’énergie nucléaire et de l’électronique. En 1948, près de Tcheliabinsk a eu lieu le lancement du premier réacteur nucléaire et mise en service une usine de séparation du plutonium radiochimique. Cela nous a permis de commencer à tester des armes nucléaires. Le 29 août 1949 sur le site d’essais nucléaires de Semipalatinsk a été testée la première bombe atomique soviétique RDS-1, mettant un terme au monopole américain sur les armes nucléaires.
Dans les années d’après-guerre, le pays s’est développé rapidement avec une augmentation d’environ 10% annuel. Un symbole du progrès technologique URSS a étéla conquête du cosmos. En octobre 1957 a été lancé le premier satellite artificiel. Et en avril 1961, est entré dans l’espace le premier homme dans le monde, le soviétique, le communiste Youri Gagarine.
Au milieu des années 80, l’Union soviétique était devenue une grande puissance qui de nombreux points occupaitla première place au monde. L’autorité de l’URSS sur la scène internationale était incontestée. De nouvelles branches de la science et de la technologie apparurent, liées à l’espace, au développement de l’énergie nucléaire.
L’enseignement secondaire et supérieurétaient complètement gratuits. Au début des années 80 l’Union soviétique avait 856 établissements supérieurs (dont 65 universités), avec un effectif de près de 5 millions d’étudiants. Pour le nombre d’étudiants par 10.000ha l’Union soviétique devançait significativement des pays tels que le Royaume-Uni, la République fédérale Allemande, la France, le Japon et d’autres. Il y avait environ sept mille établissements d’enseignement professionnel, avec un effectif de 3,5 millions d’étudiants. Près de 200000 écoles secondaires, avec un effectif de 55 millions d’élèves.
Au début des années 80, la science en URSS est devenue l’un des secteurs les plus développés de l’économie. Les organisations scientifiques occupaient 1 million de chercheurs.
Après la victoire dans la Seconde Guerre mondiale la position de l’Union soviétique s’est considérablement renforcée. De nombreux pays d’Europe de l’Est, d’Asie et d’Amérique ont opté pour la voie socialiste du développement. Une organisation pour l’intégration économique de ces pays (CAEM) s’est constituée, ainsi qu’une alliance militaire – le Pacte de Varsovie, pour résister au bloc agressif de l’OTAN. Des troupes soviétiques étaient stationnées sur le territoire des démocraties populaires en Europe, ainsi qu’au Vietnam et à Cuba, garantissant à la population de ces pays une construction socialiste pacifique. Au début des années 80 du XX siècle, le socialisme était en position de vaincre dans unecompétition pacifique le capitalisme. Cependant, cela ne s’est pasproduit.
À un moment donné ce grand pays s’est retrouvé aux mains de bandits et d’escrocs. Le coup d’Etat contrerévolutionnaire, bien sûr, se préparaitdepuis de longues années. Le point dedépartse situe presque immédiatement après la mort de Staline.
Les causes ce qui s’est passé peuvent être divisées en internes et externes.
Le renforcement de l’Union soviétique a porté à sa limite extrême la lutte tant ouverte que cachée du capital contre le travail. Le capitalisme avait peur de la montée en puissance de l’Union soviétique, la croissance de son prestige international. Le camp capitaliste, déchiré lui-même par des contradictions internes, en prévision de la prochaine crise qui pourrait être la dernière, avait besoin de « sang frais » – de nouveaux marchés pour leurs produits, de nouvelles sources de matières premières, de main-d’œuvre bon marché. Et une telle source pouvait devenir et est effectivement devenue l’URSS et les pays socialistes. Les principaux pays capitalistes, en particulier les États-Unis, n’ont pas lésiné sur la dépense de plusieurs milliards de dollars pour la propagande antisoviétique, la formation dans les pays soviétiques d’une « cinquième colonne » de traîtres et renégats. L’un des points clés de cette propagande était la thèse de l’absence en URSS de « vraie démocratie. » C’est cette démagogie de la démocratie qui a été le principal pilon compresseur utilisé contre le socialisme soviétique. Il y a eu aussi l’introduction des relations de marché dans la production, lorsque le profit est devenu la mesure du succès. Cela a créé une âpreté au gain, et a changé la psychologie des travailleurs. Nous avons eu ensuite la devise hypocrite de Gorbatchev: « Plus de démocratie – plus de socialisme ». Sous cette couverture démagogique la classe ouvrière n’a pas vu venirle harnais de l’exploitation qui devait à nouveau l’asservir. Elle n’a pas remarqué qu’elle devenait une nouvelle fois le vendeur de sa force de travail. Le soutien social de Gorbatchev,c’était l’économie del’ombre (criminelle) et le mouvement prétendument coopératif. Désorienté par le bruit médiatique, l’homme de la rue s’est laissé rouler dans la farine par les « valeurs universelles » de la perestroïka de Gorbatchev, tandis que des escrocs stipendiés et des « extralucides » invitaient le public à placer devantla télévision et la radio des récipients avec de l’eau pour la charger de leur énergie vivifiante, capable de soigner toutes sortes de maux. Résultat, les maladiessont restées, mais le pays s’est dissout.
Mais le fait que le travailleur soviétique, devenu un petit bourgeois, ait avalé avec plaisir ce brouet toxique est de notre responsabilité, tout d’abord, à nous, les communistes, le Parti communiste dans son ensemble. Les raisons en sont le renoncement aux normes léninistes de la vie du parti, la promotion à l’intérieur du parti de démagogues et d’ignorants, d’intrigants et de traîtres, le manque d’attention au développement de la doctrine marxiste-léniniste, la fuite en avant, l’abolition de la dictature du prolétariat, l’introduction dans l’économie socialiste d’éléments de gestion incompatibles, le formalisme dans l’éducation de l’homme nouveau – constructeur du futur socialiste.
Le formalisme dans l’éducation de l’homme nouveau a été, peut-être, l’un des principaux facteurs de la défaite du socialisme. Le Parti a sous-estimé la présence dans l’état d’esprit de propriétés et aspirations qui sont étrangères à l’homme de l’avenir socialiste et communiste, formées dans la longue histoire de l’humanité. Ce désir de vivre dans le luxe, la richesse, au détriment des autres, de vivre en profiteur, de voler, d’arracher, etc. Ces propriétés ont largement déterminé le comportement des gens sous le système esclavagiste, le féodalisme et le capitalisme. Ces propriétés sont dans bien des cas, la cause de nombreuses conquêtes militaires. Ce sont ces qualités viles de l’homme sur lesquelles se sont appuyés ceux en 1991 et les années suivantes ont écrasé l’Union soviétique. Nous nous souvenons tous de fausses promesses de devenir le propriétaire de deux « Volga » pour un voucher, ou le slogan publicitaire de Golubkov « Nous restons assis ne rien faire et l’argent goutte à goutte» -, etc. Il suffisait d’ouvrir la boîte de Pandore, et les gens ont massivement oublié les idéaux de la justice, la fraternité, l’amitié, l’altruisme, et les serments, trahissant en même temps non seulement le gouvernement soviétique, le parti, mais aussi leurs pères et grands-pères qui ont sacrifié leur vie pour défendre le pouvoirdes Soviets, et ils se sont précipités dans le tourbillon du marché dans l’espoir de s’enrichir. Mais sous ce beau papier d’emballage, pour la grande majorité,ce furent la ruine et la pauvreté.
La prise en compte insuffisante de l’influence de ces mauvais traits de la nature humaine, alliée au populisme primitif, sont visibles également dans la tentation de brûler les étapes, quand on a commencé à faire la promesse que « la génération actuelle de peuple soviétique vivra sous le communisme. » La promesse Khrouchtchévienne de construire le communisme en 20 ans a compromis l’idée socialiste. De plus, ellea, bien qu’indirectement, fait pencher très dangereusementle peuple en faveur de la « société de consommation » à l’occidentale.
Après la mort de Staline, il y a eu une épuration des cadres idéologiques. En conséquence, c’est l’intelligence du parti et du peuple soviétiquequi ont souffert, ses buts ont été dénaturés. A cette époque, ont été adoptées non seulement des décisions idéologiquement peu judicieuses, mais simplement hostiles au Parti et à tout le peuple soviétique.
Une de ces décisions est l’abolition de la dictature du prolétariat. Ce problème est l’un des plus importants et fondamentaux du marxisme. Dans le programme du parti adopté au XXII Congrès, l’état de la dictature du prolétariat s’est transformé en Etat du peuple tout entier, un organe exprimant les intérêts et la volonté de tout le peuple. Cette thèse est dans son essence profondément non scientifique et contraire au marxisme-léninisme. Dans son célèbre ouvrage « L’économie et la politique à l’époque de la dictature du prolétariat » (octobre 1919), Lénine souligne en particulier: « Le socialisme signifie l’abolition des classes. La dictature du prolétariat a fait pour cette destruction tout ce qu’elle pouvait. Mais on ne peut pas détruire les classes immédiatement. Les classes restent et resteront à l’époque de la dictature du prolétariat. La dictature ne sera plus nécessaire lorsque les classes disparaitront. Elles ne disparaitront pas sans la dictature du prolétariat ». La société soviétique restait une société de classe, et soulèver la question de l’abolition de la dictature du prolétariat était une grosse erreur, ce qui a également contribué à l’effondrement de l’URSS.
Une autre décision qui a porté un coup irréparable à la conscience sociale du peuple soviétique, ce fut la soi-disant démystification du « culte de la personnalité », qui n’a pas été dictée par les circonstances objectives des activités de Staline, mais basée sur l’animosité personnelle de Khrouchtchev envers Staline. Soit dit en passant, les positions du rapport secret de Khrouchtchev, adoptées par le XXe Congrès du PCUS « pour information », sont toujours en vigueur. Nous pensons que le Comité central du Parti communiste devrait discuter de cette question et prendre sa décision lors du prochain congrès du parti et dans un communiqué désavouer la position du rapport Khrouchtchev. Il est nécessaire de mettre un point final à cette question, formuler exactement l’attitude du parti face aux insinuations sur les activités de Staline.
Toutes ces erreurs ont finalement conduit au coup d’Etat contre-révolutionnaire avec chars pointés sur le pouvoir soviétique, un tournant tragique dans l’histoire de notre Etat et la nation, la communauté socialiste, qui a influencé tout le cours de l’histoire mondiale. Les échos de cet événement se poursuivent aujourd’hui, en prenant parfois la forme d’affrontements ethniques sanglants et de tragédies humaines. L’une d’elles sont les massacres du Donbass.
Depuis plus d’un quart de siècle, le pays se débat dans le marais du capitalisme sauvage. Le peuple a été pillé et jeté dans la misère par les prédicateurs de la « démocratie ». Au lieu de la démocratie, on a l’arbitraire bureaucratique généralisé, la violation cynique de la constitution, la prise illégale du pouvoir par la manipulation des résultats des campagnes électorales, toutes sortes de restrictions et le « filtre » à travers lequelsont nommés des candidats commodes pour la fonction publique à différents niveaux. Toutes les sphères de la société ont subi d’énormes dégâts. Ont été détruit des secteurs entiers de l’économie, la campagne est dévastée. Les citoyens ont été privés des principales réalisations du socialisme – le droit au travail, aux loisirs, au logement, à l’éducation et aux soins de santégratuits. Le marché intérieur a été inondé de marchandises étrangères. Le pays a, en effet, cessé de produire quoi que ce soit d’autre que l’énergie et d’autres matières premières, devenant un appendice de l’économie de l’Ouest. Le pays est plongé dans une crise permanente, dont on ne voit pas la fin. Les autorités n’ont pas de plans ou de stratégies, ou bienleurs plans et stratégies, consciemment ou inconsciemment, conduisent à la destruction du pays.
L’éducation, la santé et la science ont été victimes d’une réforme sauvage. La part de la Russie dans l’économie mondiale en 2014 était d’environ 5%, en 2016 de 3,3%, en 2020, elle sera de 2,6%, près des indicateurs de la Russie tsariste en 1913. En 2016, en termes de PIB, la Russie est classée 6e dans le monde, mais le PIB par habitant est 44ème.
Le pays est livré à une vente aux enchères, qui se poursuit encore aujourd’hui. Le nombre total de sociétés entièrement détenues par l’État ne représente aujourd’hui que 9%. Le gouvernement, le 2 février de cette année, a examiné, et maintenant envisage sérieusement la privatisation de VTB, des chemins de fer russes, de la poste russe et d’autres avoirs majeurs. Il est prévu de transférer dans des mains privées, y compris étrangères, environ 500 sociétés anonymes, 300 FSUE. La privatisation guette plus d’un millier d’autres objets de propriété de l’Etat. Toute cette machine sera vendue en trois ans pour une somme ridicule, le budget chaque année recevra 56 milliards deroubles.
Aujourd’hui, l’économie appartient à la Russieseulement pour moitié. Au début de 2015, dans le secteur de l’extraction des minéraux, la part des capitaux étrangers était égale à 56%, dans l’industrie manufacturière, 40%, dans la production d’électricité – 30%, dans le secteur du commerce de gros et de détail – 90%. De plus, au cours des 3 dernières années la part de capitaux étrangers a augmenté d’un tiers. Un jour, nous pouvons nous réveiller dans un pays qui ne nous appartient pas.
/…/
En ce qui concerne la forme de la restauration du pouvoir soviétique, elle peut être relativement paisible, si la bourgeoisie russe pour son auto-préservation renonce à la violence contre les masses laborieuses, quand elles voudront se débarrasser de son omnipotence. Mais le meilleur exemple de libération nous est montré par l’héroïque prolétariat russe, qui sous la direction des bolcheviks aobtenu la victoire dans la Grande Révolution socialiste d’Octobre. Et cet exemple devrait nous inspirer à de nouvelles victoires.
Je vous remercie pour votre attention!

 

Source: http://wp.me/p1EACY-eox

Des banquiers anglo-saxons ont organisé la Seconde Guerre mondiale

À la veille du 72e Anniversaire de la victoire des forces Alliés et du Front uni contre le fascisme et la guerre sous la direction de l’armée rouge de Staline et des soviétiques sur les forces fascistes et nazies du IIIe Reich, il nous fait plaisir de re-publier un texte qui est peut-être passée inaperçu lors de sa première sortie il y a deux ans et dont nous venons tout juste de retrouver le lien hypertexte sur le site web
par Valentin Katasonov
À l’occasion du 70e anniversaire de la Victoire contre le nazisme, nous publions une étude de Valentin Katasonov sur le financement du NSDAP et le réarmement du Troisième Reich. L’auteur s’appuie sur des documents publiés en 2012 qui confirment l’organisation de la Seconde Guerre mondiale par des banquiers états-uniens et britanniques, couverts par le président Franklin Roosevelt et le Premier ministre Neville Chamberlain, dans l’espoir de détruire l’URSS. Cette étude soulève de nouvelles questions qui seront abordées dans un prochain article.
Réseau Voltaire International | Moscou (Russie) | 11 mai 2015

Hjalmar Schacht (à gauche), le ministre des Finances de Hitler, avec son bon ami Montagu Norman, gouverneur de la Banque d’Angleterre de 1920 à 1944. Selon les documents révélés par la Banque d’Angleterre en 2012, l’or tchécoslovaque avait été déposé à Londres dans un sous-compte au nom de la Banque des règlements internationaux (BRI). Lorsque les nazis entrèrent à Prague, en mars 1939, ils envoyèrent immédiatement des soldats à la Banque nationale. Les administrateurs tchèques reçurent ordre, sous peine de mort, d’envoyer deux demandes de transfert. La première ordonnait à la BRI de transférer 23,1 tonnes d’or de son sous-compte tchécoslovaque de la Banque d’Angleterre, au sous-compte de la Reichsbank, également tenu à Threadneedle Street. Le deuxième ordre chargeait la Banque d’Angleterre de transférer près de 27 tonnes de l’or détenu en nom propre par la Banque nationale de Tchécoslovaquie au sous-compte de la BRI à la Banque d’Angleterre.
La guerre n’a pas été déclenchée par un Führer enragé qui se trouvait à diriger l’Allemagne à cette époque. La Seconde Guerre mondiale est l’œuvre d’une oligarchie mondiale, ou plus précisément des ploutocrates anglo-américains.

Utilisant des instruments tels que la Réserve fédérale US et la Banque d’Angleterre, ils ont commencé à se préparer pour le prochain conflit d’ampleur mondiale immédiatement après la Première Guerre mondiale. Leur cible était l’URSS.

Les plans Dawes et Young, la création de la Banque des règlements internationaux (BRI), la suspension du paiement des réparations par l’Allemagne prévues par le Traité de Versailles et l’acquiescement des anciens alliés de la Russie à cette décision, les investissements étrangers massifs dans l’économie du Troisième Reich, la militarisation de l’économie allemande et les violations du Traité de Versailles sont autant de jalons sur le chemin conduisant à la guerre.
Derrière ce complot se tenaient des personnages-clefs : les Rockefeller, les Morgan, Lord Montagu Norman (gouverneur de la Banque d’Angleterre) et Hjalmar Schacht (président de la Reichsbank et ministre de l’Économie du gouvernement de Hitler). Le programme stratégique des Rockefeller et des Morgan était de subjuguer l’Europe économiquement, de saturer l’Allemagne d’investissements et de crédits étrangers, et de l’amener à délivrer un coup mortel à la Russie soviétique, afin que celle-ci revienne au capitalisme en tant que colonie.
Montagu Norman (1871-1950) a joué un rôle important d’intermédiaire dans le dialogue entre les milieux financiers américains et les chefs d’entreprise allemands. Hjalmar Schacht a organisé la reconstitution du secteur défense de l’économie allemande. L’opération menée par les ploutocrates était dissimulée par des politiciens tels que Franklin Roosevelt, Neville Chamberlain et Winston Churchill. En Allemagne, ces projets étaient exécutés par Hitler et Hjalmar Schacht. Selon certains historiens, Hjalmar Schacht a joué un rôle plus important que Hitler. Seulement, il restait dans l’ombre.
À l’issue de la Première guerre mondiale, le Plan Dawes visait à compromettre la Triple Entente et à collecter les réparations de guerre auprès de l’Allemagne. Le Plan Dawes (proposé par le Comité Dawes, présidé par Charles G. Dawes) désignait une tentative faite en 1924 de résoudre le problème des réparations, qui avait miné la politique internationale après la Première guerre mondiale et le Traité de Versailles (la France, réticente, a perçu plus de 50 % du montant des réparations). Entre 1924 et 1929, l’Allemagne a reçu 2,5 milliards de dollars des États-Unis et 1,5 milliards de la Grande-Bretagne dans le cadre du Plan Dawes. Il s’agit de sommes considérables, qui correspondent à 1 trillion (mille milliards) de dollars d’aujourd’hui. Hjalmar Schacht a joué un rôle actif dans la mise en œuvre du Plan Dawes. En 1929, il a résumé les résultats en déclarant qu’en 5 ans, l’Allemagne avait reçu davantage de prêts étrangers que les États-Unis au cours des 40 années ayant précédé la Première guerre mondiale. En conséquence, en 1929, l’Allemagne était devenue la deuxième puissance industrielle mondiale, devant la Grande-Bretagne.
Dans les années 1930, l’Allemagne a continué de bénéficier d’investissements et de prêts. Rédigé en 1929 et adopté officiellement en 1930, le Plan Dawes désignait un programme visant à régler les dettes de guerre allemandes à l’issue de la Première guerre mondiale. Il a été présenté par le comité présidé (1929-30) par l’industriel américain Owen D. Young, fondateur et ex-premier président de Radio Corporation of America (RCA). À l’époque, Young siégeait également au conseil d’administration de la Fondation Rockefeller, et il avait en outre été l’un des représentants impliqués dans un dispositif de réaménagement des réparations de guerre, le Plan Dawes de 1924. Selon le plan, la Banque des Règlements Internationaux (BRI) a été créée en 1930 pour permettre à l’Allemagne de payer les réparations aux vainqueurs. En réalité, l’argent a pris une toute autre direction, à savoir qu’il est parti des États-Unis et de la Grande-Bretagne pour arriver en Allemagne. Le capital de la majorité des sociétés allemandes ayant une importance stratégique était, intégralement ou partiellement, américain. Une partie était détenue par des investisseurs britanniques. Les secteurs du raffinage du pétrole et de la liquéfaction du charbon de l’économie allemande étaient dans les mains de Standard Oil (les Rockefeller). Le géant de l’industrie chimique Farbenindustrie AG est passé sous le contrôle du groupe Morgan. Quarante pourcent du réseau téléphonique et 30 % des actions de Focke Wulf étaient sous le contrôle de la société américaine ITT. La radio et les géants de l’industrie électrique AEG, Siemens et Osram sont passés sous le contrôle d’American General Electric. ITT et General Electric faisaient partie de l’empire de Morgan. Cent pourcent des actions Volkswagen appartenaient à l’Américain Ford. Au moment où Hitler a accédé au pouvoir, le capital financier US contrôlait quasiment tous les secteurs d’importance stratégique de l’industrie allemande : raffinage du pétrole, production de carburant de synthèse, chimie, construction automobile, aviation, ingénierie électrique, radio, ainsi qu’une grande partie de l’industrie de la construction mécanique (278 sociétés au total). Les grandes banques allemandes, telles que la Deutsche Bank, la Dresdner Bank, la Donat Bank et quelques autres, étaient sous contrôle US.
Le 30 janvier 1933, Hitler devenait chancelier d’Allemagne. Auparavant, sa candidature avait été étudiée à la loupe par les banquiers américains. Hjalmar Schacht s’est rendu aux ÉtatsUnis à l’automne 1930 pour parler de cette nomination avec des collègues américains. La désignation de Hitler a finalement été approuvée lors d’une réunion secrète de financiers aux États-Unis. Schacht a passé toute l’année 1932 à convaincre les banquiers allemands que Hitler était le meilleur candidat au poste. Il a atteint son objectif. À la mi-novembre 1932, 17 des plus grands banquiers et industriels allemands ont adressé une lettre au Président Hindenburg, dans laquelle ils exigeaient qu’il nomme Hitler chancelier. La dernière réunion de travail des financiers allemands avant l’élection s’est tenue le 4 janvier 1933 à Cologne, au domicile du banquier Kurt von Schröder. Ensuite, le parti national-socialiste est arrivé au pouvoir. Les relations financières et économiques de l’Allemagne avec les Anglo-saxons se sont alors resserrées d’un cran.
Hitler a immédiatement annoncé qu’il refusait de payer les réparations de guerre. Il a mis en doute la capacité de l’Angleterre et de la France à rembourser leurs propres dettes de la Première guerre mondiale aux États-Unis. Washington n’a émis aucune objection à l’annonce de Hitler. En mai 1933, Hjalmar Schacht s’est rendu une nouvelle fois aux ÉtatsUnis. Il y a rencontré le président Franklin Roosevelt et les grands banquiers en vue de demander une ligne de crédit de 1 milliard de dollars. En juin de la même année, Hjalmar Schacht s’est rendu à Londres pour s’entretenir avec Montagu Norman. Tout est passé comme une lettre à la poste. Les Britanniques ont consenti un prêt de 2 milliards de dollars. Ils n’ont soulevé aucune objection quant à la décision de l’Allemagne de suspendre le remboursement de sa dette.
Selon certains historiens, les Américains et les Britanniques étaient accommodants parce que, dès 1932, l’Union soviétique avait réalisé le plan quinquennal de développement économique en vue d’atteindre de nouveaux sommets en tant que puissance industrielle. Quelques milliers d’entreprises avaient vu le jour, en particulier dans l’industrie lourde. La dépendance de l’URSS à l’importation de produits industriels avait ainsi considérablement diminué. Les chances d’étrangler l’Union soviétique économiquement s’en trouvaient
quasiment réduites à zéro. Il a alors été décidé de recourir à la guerre et de lancer la militarisation accélérée de l’Allemagne.
Pour celle-ci, l’obtention de crédits américains ne posait aucun problème. Hitler est arrivé au pouvoir dans son pays à peu près en même temps que Franklin Roosevelt aux États-Unis. Les banquiers qui ont soutenu Hitler en 1931 sont précisément ceux qui ont soutenu l’élection de Roosevelt. Une fois en poste, le nouveau président ne pouvait guère faire moins qu’accorder de généreux crédits à l’Allemagne. D’ailleurs, beaucoup ont remarqué la grande similitude entre le New Deal de Roosevelt et la politique économique du Troisième Reich. Rien d’étonnant. Ce sont en effet les mêmes qui assuraient le sauvetage des deux gouvernements tout en les conseillant. Ils représentaient principalement les milieux financiers US.
Le New Deal de Roosevelt n’a pas tardé à capoter. En 1937, les États-Unis étaient embourbés dans la crise économique. En 1939, l’économie US tournait à 33 % de sa capacité industrielle (19 % aux pires moments de la crise de 1929-1933).
Rexford G. Tugwell, un économiste du premier Brain Trust, équipe d’universitaires de l’Université de Columbia mise en place par Franklin Roosevelt et ayant contribué aux recommandations politiques qui ont conduit au New Deal de Roosevelt, écrivait qu’en 1939 le gouvernement avait échoué. La situation est restée figée jusqu’à l’invasion de la Pologne par Hitler. Seuls les puissants vents de la guerre pouvaient dissiper la brume. Quoi que Roosevelt puisse tenter, ses initiatives étaient condamnées à l’échec. [1] Seule une guerre mondiale pouvait sauver le capitalisme US. En 1939, les ploutocrates ont mis en œuvre tous les moyens à leur disposition pour faire pression sur Hitler et l’inciter à lancer une guerre à grande échelle à l’Est.
La Banque des règlements internationaux (BRI) a joué un rôle important pendant la Seconde Guerre mondiale. Tête de pont des intérêts états-uniens en Europe, elle assurait la liaison entre les entreprises anglo-américaines et allemandes. C’était en quelque sorte une zone offshore abritant le capital cosmopolite contre les initiatives politiques, les guerres, les sanctions, etc.
Cette banque a été créée sous la forme d’une entité commerciale publique. Son immunité face aux interférences gouvernementales et, par exemple, à l’imposition, était garantie par l’accord international signé à La Haye en 1930. Les banquiers de la Réserve fédérale de New York, proches des Morgan, de Montagu Norman, gouverneur de la Banque d’Angleterre, ainsi que des financiers allemands tels que Hjalmar Schacht (président de la Reichsbank et ministre de l’économie du gouvernement de Hitler), Walther Funk (qui a remplacé Hjalmar Schacht au poste de président de la Reichsbank) et Emil Puhl, tous ont joué un rôle important dans la fondation de la Banque. Parmi les fondateurs figuraient les banques centrales de Grande-Bretagne, de France, d’Italie, d’Allemagne, de Belgique et quelques banques privées.
La Banque fédérale de New York a fait de son mieux, mais n’a pas fait partie des établissements fondateurs de la BRI. Les États-Unis étaient représentés par la banque privée First National Bank of New York, J.P. Morgan and Company, la First National Bank of Chicago, qui faisaient toutes partie de l’empire Morgan. Le Japon était également représenté par des banques privées. En 1931-1932, 19 banques centrales européennes rejoignaient la Banque des règlements internationaux. Gates W. McGarrah, banquier du clan des Rockefeller, était le premier président du conseil d’administration de la BRI. Il a été remplacé par Leon Fraser,
 qui représentait le clan des Morgan. Pendant la guerre, la banque était présidée par un citoyen américain, Thomas H. McKittrick.
Beaucoup d’encre a coulé au sujet des activités de la BRI au service des intérêts du Troisième Reich. La Banque était impliquée dans des transactions avec différents pays, y compris ceux avec lesquels l’Allemagne était en guerre.
Depuis Pearl Harbor, la Banque des règlements internationaux jouait le rôle de correspondant de la Federal Reserve Bank de New York. Elle était sous contrôle nazi pendant la guerre, même si c’est l’Américain Thomas Huntington McKittrick qui la présidait. Les soldats mouraient sur les champs de bataille pendant que la direction de la BRI se réunissait à Bâle avec les banquiers d’Allemagne, du Japon, d’Italie, de Belgique, de Grande-Bretagne et des États-Unis.
Dans ce havre de paix que constituait la zone offshore suisse, les représentants des belligérants travaillaient tranquillement dans un climat de compréhension mutuelle.
C’est en Suisse que l’Allemagne a mis en lieu sûr l’or saisi aux quatre coins de l’Europe. En mars 1938, lorsque Hitler s’est emparé de Vienne, une partie de l’or autrichien a été transférée dans les coffres-forts de la BRI. La même chose a été faite avec l’or de la Banque nationale tchèque (48 millions de dollars). Lorsque la guerre a éclaté, l’or entrait à pleines portes à la Banque des règlements internationaux. L’Allemagne le récupérait dans les camps de concentration et par le pillage des pays occupés (y compris de tout ce qui appartenait à des civils : bijoux, dents en or, étuis à cigarettes, ustensiles divers, etc.). C’est ce que l’on a appelé l’or nazi. Il était fondu en lingots afin d’être entreposé à la Banque des règlements internationaux, en Suisse ou hors d’Europe.
Dans son livre Trading With The Enemy : An Expose of The Nazi-American Money Plot 19331949, Charles Higham écrit que, pendant la guerre, les nazis ont transféré 378 millions de dollars sur les comptes de la Banque des règlements internationaux.
Quelques mots au sujet de l’or tchèque. Certaines informations ont fait surface après l’ouverture des archives de la Banque d’Angleterre en 2012 [2]. En mars 1939, l’Allemagne s’emparait de Prague. Les Nazis ont exigé 48 millions de dollars des réserves d’or nationales. Il leur a été répondu que cette somme avait déjà été transférée à la Banque des règlements internationaux. Par la suite, on a su que cet or avait été transféré de Bâle dans les coffresforts de la Banque d’Angleterre. Sur l’ordre de Berlin, l’or a été transféré sur le compte de la Reichsbank à la BRI. Ensuite, la Banque d’Angleterre a été impliquée dans les transactions effectuées sur les ordres donnés par la Reichsbank à la Banque des règlements internationaux. Ces ordres étaient retransmis à Londres. Il y a donc eu collusion entre la Reichsbank allemande, la Banque des règlements internationaux et la Banque d’Angleterre. En 1939, un scandale a éclaté en Grande-Bretagne lorsqu’on a su que la Banque d’Angleterre exécutait les transactions portant sur l’or tchèque sur les ordres de Berlin et de Bâle, et non du gouvernement tchèque. Par exemple, en juin 1939, trois mois avant le début de la guerre entre la Grande-Bretagne et l’Allemagne, la Banque d’Angleterre a aidé les Allemands à transférer sur leur compte l’équivalent en or de 440 000 livres sterling, et à acheminer une partie de l’or à New York (l’Allemagne s’assurait ainsi de la neutralité des États-Unis en cas d’intervention allemande en Pologne).
Ces transactions illégales sur l’or tchèque ont été effectuées avec l’accord tacite du gouvernement de Grande-Bretagne, qui savait parfaitement ce qui était en train de se passer. Le Premier ministre Neville Chamberlain, le Chancelier de l’Échiquier sir John Simon et les autres responsables de haut rang ont tout fait pour dissimuler la vérité, y compris en mentant éhontément (en affirmant que l’or avait été restitué à son propriétaire légitime ou qu’il n’avait jamais été transféré à la Reichsbank). Les documents de la Banque d’Angleterre rendus publics dernièrement révèlent les faits et montrent que les responsables gouvernementaux ont menti, afin de se couvrir eux-mêmes et de couvrir les activités de la Banque d’Angleterre et de la Banque des règlements internationaux. La coordination de ces activités criminelles conjointes était un jeu d’enfant lorsqu’on sait que Montagu Norman, directeur de la Banque d’Angleterre, présidait également le conseil d’administration de la Banque des règlements internationaux. Il n’a d’ailleurs jamais caché ses sympathies pour les fascistes.
La Conférence de Bretton Woods, officiellement Conférence monétaire et financières des Nations unies, a réuni les 730 délégués des 44 pays alliés au Mount Washington Hotel, à Bretton Woods (New Hampshire), aux États-Unis, en vue de réguler la vie monétaire et financière internationale à l’issue de la Seconde Guerre mondiale. Cette conférence s’est tenue du 1er au 22 juillet 1944. La Banque des règlements internationaux se retrouvait soudain sous le feu des projecteurs. On rapportait qu’elle avait collaboré avec l’Allemagne fasciste. Sans entrer dans les détails, je me limiterai à dire qu’après bien des aléas (certains délégués états-uniens s’étant opposés à la motion), les délégués sont tombés d’accord pour fermer la BRI. Cette décision de la conférence internationale n’a jamais été appliquée. Toutes les informations susceptibles de jeter le discrédit sur les activités de la BRI pendant la guerre ont été classées. Aujourd’hui, cela contribue à falsifier l’histoire de la Seconde Guerre mondiale.
Pour finir, quelques mots sur Hjalmar Schacht (1877-1970), ancien président de la Reichsbank et ministre de l’Économie du gouvernement fasciste de l’Allemagne. Il a joué un rôle de premier plan dans le contrôle de la machine économique du Troisième Reich en agissant comme ambassadeur extraordinaire et plénipotentiaire du capital anglo-américain en Allemagne. En 1945, Schacht a été jugé à Nuremberg et acquitté le 1er octobre 1946. Il échappait aux accusations de meurtre. Tout comme Hitler. Pour des raisons qui demeurent inexpliquées, il ne figurait pas sur la liste des principaux criminels de guerre de 1945. Mieux, Schacht a repris sa vie professionnelle comme si de rien n’était et fondé la société Schacht GmbH à Düsseldorf. Ce détail peut sembler insignifiant, mais il confirme une fois de plus que les ploutocrates anglo-américains et leurs représentants plénipotentiaires en Allemagne avaient préparé et, dans une certaine mesure, influencé l’issue de la Seconde Guerre mondiale. Les ploutocrates veulent réécrire l’histoire de la guerre et changer ses résultats.
Valentin Katasonov
Traduction : Gilles Chertier
Source : Strategic Culture Foundation (Russie)
[1] P. Tugwell, The Democratic Roosevelt, A Biography of Franklin D. Roosevelt, New York, 1957, p 477.
Valentin Katasonov est professeur au Département de Moscou de l’Institut d’Etat de Finance internationale, docteur en sciences économiques, membre correspondant de l’Académie des sciences économiques et commerciales. Il fut consultant des Nations Unies (1991-93), membre du Conseil consultatif auprès du Président de la Banque européenne pour la reconstruction et le développement (BERD) (1993-96), chef du Département des relations monétaires internationales du ministère des Affaires étrangères de la Russie (200111)

Face à « L’Aurora », la gauche et les libéraux Par Adam Isaac Shamir

Nouvel article sur les 7 du quebec

Face à « L’Aurora », la gauche et les libéraux

Par Adam Isaac Shamir

Pour les Russes, « Aurora » n’est pas la déesse de l’aube, c’est avant tout le vaisseau de guerre Aurora, le croiseur légendaire dont les salves sur le Palais d’Hiver avaient été le coup de tonnerre scandant l’entrée en scène de la révolution russe de novembre 1917. J’ai récemment participé à un colloque commémorant le centième anniversaire de la révolution russe dans le miroir de la gauche mondiale, à St-Pétersbourg, la cité de la révolution, à laquelle étaient conviés les représentants des partis socialistes européens. Nous avions, face à notre salle de conférences, le croiseur Aurora, et cela nous aidait à nous concentrer sur les seules choses importantes, la victoire et la défaite.

La gauche avait gagné il y a un siècle, et la gauche a perdu il y a un quart de siècle. Quand le système soviétique est tombé il y avait une espérance largement partagée que la gauche refleurisse, parce que le mouvement de la jeunesse éternelle s’était débarrassé de la vieille Russie poussiéreuse et ringarde. C’était l’idée des eurocommunistes. Or, à la surprise générale, la gauche est entrée en agonie, pour mourir après 1991. Les partis eurocommunistes se sont évanouis. Nous ne le savions pas, ou nous ne voulions pas le savoir, mais apparemment, la gauche mondiale était indissociable de la révolution russe.

Il y a cent ans, Lénine et Staline avaient réglé tous leurs problèmes et tranchant le nœud gordien de la cupidité. Ils avaient modernisé leur pays, donné de l’espoir au peuple, offert un choix aux travailleurs. Ils n’avaient pas fait de la Russie un paradis, même si la Russie soviétique des années 1960 était aussi développée et prospère que les pays constituant le noyau de l’Europe occidentale.

Paradoxalement, les travailleurs occidentaux avaient été les plus grands bénéficiaires de la révolution russe. La classe possédante occidentale avait été fort effrayée par les communistes russes, et cela les avait amenés à devenir plus attentionnés. Elle partageait ses profits avec ses ouvriers. Vous avez eu la belle vie parce que les canons de l’Aurora tenaient en joue votre Un pour cent, dans chaque pays. En 1991, les communistes ont été vaincus, parce que leurs dirigeants ont trahi.

Et depuis lors, les propriétaires de l’Occident victorieux ont entrepris une Reconquista à l’échelle mondiale. Ils ont repris aux travailleurs chacune de leurs conquêtes, et créé ce nouveau monde d’immense richesse pour une poignée de gens, et de misère croissante pour tous les autres.

Mais ce qui a été perdu, nous pouvons le regagner. Les capitalistes n’ont pas cédé au désespoir en 1917.Aucune raison de désespérer pour les communistes en 2017. Il semble qu’il n’y ait pas d’autre voie, pas de raccourci possible : le monde a besoin de nouveaux Lénine et Staline. La cupidité doit être terrassée à nouveau, les médias et les usines doivent être arrachés à leurs propriétaires. Il ne faut pas seulement légiférer sur le minimum vital, mais aussi sur les revenus maximum.

Le populisme est devenu un gros mot, mais je vais vous dire : il en faudrait encore bien plus, du populisme. Le travail dans la dignité pour les travailleurs, c’est ce slogan populiste qui a donné à Trump son ticket pour la Maison blanche. Il faudrait donner aux gens tout ce qu’ils veulent. Lénine avait promis de donner la terre aux paysans, les usines aux ouvriers, la paix aux nations, et son gouvernement avait fait tout ce qu’il avait pu en ce sens. Maintenant les gens veulent être sûrs du lendemain, ils veulent que leurs enfants fassent des études, ils veulent les soins médicaux de leur choix et abordables, de bons logements ; ils veulent la liberté et la sécurité. Ils veulent regagner tout ce qui a été perdu après 1991. Et pour y arriver il va falloir plaquer un certain nombre de banquiers dos au mur, à l’aube, c’est tout. On ne veut plus de gentil beau gosse à la tête du pays, voilà le premier commandement pour le retour de la gauche.

La gauche doit rompre avec les libéraux.

C’est le bon moment pour divorcer. A moins qu’il soit déjà trop tard ? Ciel, mais pourquoi donc ? La gauche et les libéraux ont l’air de vivre des jours heureux ensemble. Au départ, c’était un mariage d’intérêt commun, mais c’est devenu un mariage d’amour. Jusqu’ici, en tout cas ; seulement l’espérance de vie de la gauche est devenue très courte, comme celle de l’amant d’une pieuvre. Ces créatures (Octopus cyanea, pour être précis) étranglent et mangent leurs partenaires dès qu’ils ont fini leur affaire. La gauche a fait son boulot, et elle est mûre pour être déglutie. Et qui va s’apercevoir que la gauche a disparu ?

Il m’arrive d’avoir honte d’appartenir à la gauche. Demandez aux gens dans la rue, pour quoi est-ce que la gauche se bat, et ils vous diront : ce sont des bons petits gars qui défendent de bonnes causes. Les toilettes transgenre, le mariage gay, la parité, les réfugiés syriens, le changement climatique, les accès pour handicapés, les primes pour les chômeurs, parfois. Ils sont contre la discrimination des immigrants, les insultes, ils sont pour la correction en politique, et les droits des minorités. La gauche déteste Poutine et Trump, et adore Israël, à part son premier ministre actuel.

Ou pire encore. Je l’ai relu trois fois, ça m’a fait un choc, à l’estomac, et je ne pouvais pas en croire mes yeux : vous avez entendu parler de Paul Gottfried, l’honorable contributeur du site unz.com ? Il a qualifié l’ex patron de l’AntiDefamation League, Abe Foxman le rougeaud, d’ « un homme de gauche ». C’est une véritable insulte. Un juif nationaliste comme M. Foxman ne peut pas être de gauche. Staline l’aurait envoyé au fin fond de la Sibérie, où le dur labeur et le climat encore plus dur l’auraient guéri à jamais de son indignation et de sa constipation permanentes. La gauche n’est nullement « contre la majorité blanche et chrétienne », comme le prétend Gottfried. Les gens de gauche, les vrais, sont pour la majorité, pour la classe ouvrière.

Il n’y a pas de désaccord entre les agendas des gens de gauche et des libéraux, direz-vous. Et maintenant, surprise: : jusqu’en 1990, la gauche et les libéraux étaient des ennemis acharnés. La gauche était pour les ouvriers ; son icône, Staline, était la terreur des libéraux ; il conseillait aux communistes allemands de faire alliance avec l’extrême droite allemande et non avec les libéraux ; son marxisme n’était pas une abomination culturelle, mais un vrai problème pour les gens riches. Mais après 1990, la gauche a rejoint les libéraux victorieux, pour des raisons pratiques. Comme cela se produit dans les mariages de raison, leurs rapports ont viré à l’amour vrai, et il se peut qu’ils soient devenus un couple indissociable.

En politique, le rasoir d’Ockam est impitoyable. La gauche a perdu son identité, et sa raison d’être. Aussi elle disparaît, dévorée par les libéraux. D’habitude, le chemin vers l’oubli passe par une coalition pour gouverner. Chaque fois que la gauche a rejoint le gouvernement des libéraux (qu’ils l’appellent unité nationale, front populaire, ou front contre la bête immonde), la gauche a fondu, digérée par la chaude étreinte des libéraux.

Je suis vraiment malheureux de voir que Counterpunch, une publication que j’aimais et pour laquelle j’ai écrit pendant des années et des années, a succombé à cette maladie. Ils peuvent toujours se qualifier eux-mêmes de voix de la gauche américaine, mais ils publient John Feffer. Cette bête nauséeuse, Feffer, est un « gauchiste » partisan de la libre circulation pour les migrants, de la guerre contre la Russie et contre Trump, et il a lancé un appel : « Tous ceux qui se situent à gauche d’Anne Coulter devraient être de notre bord. Plus que jamais, c’est le moment d’être unis ». Oh que non, moi je veux rester aux côtés d’Anne Coulter qui a écrit presque le même jour où Feffer pondait ses ordures : laissons la Russie devenir notre nation sœur. Et la dernière chose que je souhaite, c’est l’unité avec Feffer.

C’est l’unité pour tous de Feffer qui nous a amenés où nous en sommes : la gauche mourante, et les libéraux qui vont hériter du pactole. Et la droite antilibérale n’est pas une alternative viable, hélas. Les élections récentes en Hollande, le 15 mars dernier, en ont donné la preuve.

Je ne sais pas si vous avez suivi ces élections, l’évènement le plus intéressant et le plus important qui se soit produit aux Pays Bas depuis la glorieuse révolution. Il était impossible de prédire comment les Hollandais allaient voter. L’effet Trump arrive, disaient les gens sombrement, et ils envisageaient que les Hollandais voteraient pour leur Trump à eux, qui s’appelle Geert Wilders.

Le pari était assez raisonnable. Les Pays Bas ont été gouvernés par une coalition morose de droite et gauche. Aucune différence si vous préférez la gauche ou la droite, puisque de toutes façons, la gauche et la droite gouvernent ensemble. C’est l’establishment qui gouverne, et la démocratie lui fournit un écran de fumée bien pratique.

Avec un pareil gouvernement, on s’attendait à ce que le peuple vote pour un outsider. Mais pour qui? Les Pays Bas, comme le reste de l’Europe occidentale et l’Amérique du nord, ont un vaste électorat insatisfait, en tant que victimes du néolibéralisme, qui les qualifie de « déplorables ». Ils souffrent de se voir déplacés par des vagues d’immigrants, chassés de leurs emplois et logements, ils atterrissent quelque part comme intérimaires dans des macdo, et ne rêvent plus d’un emploi stable dans une aciérie.

Les “déplorables” pouvaient voter pour la gauche ancienne manière, parce qu’ils sont devenus chômeurs ou précaires, et ont été dépouillés par les riches et puissants ; mais la gauche d’aujourd’hui ne se souciait pas d’eux. La gauche vivait bien son alliance avec l’élite libérale, avec les financiers juifs et juifistes, et leurs médias ; la tolérance (ce qui veut dire la priorité aux immigrants), le marxisme culturel (qui n’a même pas une vague parenté avec le marxisme de classe au couteau entre les dents), l’élitisme, c’était le plus important.

La parti de droite au pouvoir (le VVD du Premier ministre Mark Rutte) est un parti de l’establishment fortuné. Ils mènent des politiques néolibérales, ils importent des immigrants, ils s’accrochent à l’OTAN, ils sont antirusses. Ils sont comme les Républicains d’avant Trump, pas très affriolants pour les gens dépossédés.

Le parti de la liberté de Geert Wilders était chez lui parmi les déplorables. Wilders c’est un gay qui déteste l’islam et les immigrants, il adore Israël parce qu’il considère que c’est un bastion européen dans la marée islamique. Il est tout à fait antirusse, mais aussi anti-establishment. Vraiment…?

Les partis au pouvoir aimaient le parti de Wilders et ils s’en servaient pour faire peur aux électeurs, pour les ramener au bercail. Si vous ne votez pas pour nous, Wilders le nazi-fasciste va gagner, en pousser la Hollande droit vers l’enfer.

C’est une manœuvre habituelle en Europe. En Suède aussi, la droite mainstream et les partis de gauche se sont unis dans un gouvernement en convoquant les effroyables démocrates de la Suède. En France, « tout sauf Le Pen » est le slogan du gang de Macron.

Même en Ukraine, l’ancien président Yanoukovitch avait nourri, financé et promu le Parti de la liberté (fasciste), en espérant que tous les autres le soutiendraient comme la seule alternative. Mais le plan a échoué, comme chacun des plans élaborés par Viktor Yanoukovitch.

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Le parti de Wilders est pratiquement un parti qui n’a qu’un seul objectif : il est contre les immigrants musulmans. Cette année, à cause de l’afflux de Syriens, le PVV avait une chance de devenir un parti mainstream. On s’attendait à ce qu’il gagne avec 30% des votes dans des élections fragmentées au plus haut point. Les dépossédés étaient suffisamment désespérés pour voter pour le diable en personne à condition qu’il ne soit pas membre de la coalition gouvernementale. Et la résistance à l’immigration de masse après l’appel de Merkel (« Venez tous, nous vous en prions ») devenait percutante.

La vraie gauche communiste est généralement contre l’immigration : les communistes cubains sont un bon exemple de cela. Il y a beaucoup de Latinos qui aimeraient s’installer à Cuba, l’un des pays les plus prospères et agréables de l’hémisphère occidental, mais Cuba ne prend pas d’immigrants, en règle générale. L’immigration n’est pas bonne pour les locaux, et les communistes sont avant tout en faveur des autochtones.

La gauche libérale hollandaise était en faveur de l’immigration massive du tiers monde. Ils pensaient que les immigrants voteraient pour eux, et ils n’avaient guère d’empathie pour les travailleurs autochtones, contrairement à la droite de jadis. Ils appartiennent à une classe confortablement installée dans l’aisance, d’universitaires et de fonctionnaires, et les immigrants ne les dérangent pas, parce que les immigrants pauvres avec leurs coutumes étranges ne peuvent pas louer d’appartements dans les zones protégées où résident les gens de gauche, et ne peuvent pas les chasser de leurs emplois non plus.

Les immigrants causent des désagréments aux gens d’en bas, tandis que les riches et prospères tirent des bénéfices de l’immigration. Ils peuvent trouver des femmes de ménage plus économiques. Si les riches et puissants n’en voulaient pas, il n’y aurait pas d’immigrants pour traverser la mer. Je déteste l’immigration de masse, mais je le reconnais : ce ne sont pas les immigrants qu’il faut accuser, mais ceux qui les importent, au gouvernement et dans le monde des affaires.

En Israël, c’est pareil : les Africains s’installent à Tel Aviv sud, où habitaient les juifs pauvres. Les juifs pauvres se sont plaints et se font traiter de racistes, tandis que les juifs fortunés des quartiers nord de Tel Aviv, ceux-là mêmes qui ont fait venir les Africains, peuvent condamner le racisme des juifs pauvres à distance, en toute sécurité.

L’immigration (comme le terrorisme ou les armes à feu) c’est un concept qui sert à nous égarer. Ce ne sont pas les armes à feu qui tuent. Les immigrants ne viendront que si les gens au pouvoir les font venir, dans leur intérêt à eux. Ce sont des outils entre les mains des néo-libéraux. Les gens qui en veulent aux immigrants ne voient pas très loin, et sont très faciles à rouler dans la farine. C’est exactement ce qui s’est passé avec les « déplorables » de Hollande. Le parti de droite VVD a confisqué son électorat à Geert Wilders aussi prestement que Tim le voyou s’empare du gâteau que Minnie tient dans sa petite main.

A ce moment-là, les Turcs des Pays Bas (les Turcs qui ont gardé leur nationalité turque, une grosse communauté de 400 000 personnes) devaient voter pour des changements dans la constitution turque. Un ministre turc a pris l’avion pour dire à ses concitoyens de voter dans un sens donné, et les mobiliser en ce sens. Dans des circonstances habituelles, personne n’y aurait fait attention. Tous les jours il y a une communauté de migrants qui discute de ses histoires de migrants. Les Kurdes demandent leur Etat kurde, les Marocains discutent du Sahara occidental ; et les Syriens pour l’islam s’en prennent aux Syriens pour Assad. Il y aurait donc eu un débat de plus, pour savoir si Erdogan devait être autorisé à déclarer l’état d’urgence ou pas.

Mais le parti de droite (VVD) devait montrer aux « déplorables » qu’ils étaient aussi méchants pour les Turcs et les musulmans que Gert Wilders, ou pires (meilleurs, vus de l’autre côté), dans la mesure où ils ont le pouvoir, tandis que Wilders ne l’a pas. Ils ont refusé que le jet turc atterrisse, et renvoyé un autre ministre turc hors de la Hollande. Les Turcs ont manifesté, et la police hollandaise a chargé contre la manif turque avec des bergers allemands féroces.

Les électeurs potentiels de Wilders étaient en extase.

Ils n’en avaient que faire, d’Erdogan, mais ils étaient contents que des ministres musulmans aient reçu un coup de pied au derrière et que l’on ait lâché les chiens contre les Turcs. L’extrême droite appelle à chasser les musulmans, nous, on le fait : il était là, le message subliminal du VVD. Et ça a marché ! Contre toute attente, le VVD a gagné, le parti d’extrême droite de Geert Wilders a gagné quelques points, mais le parti travailliste (le PvdA) a perdu les élections, laminé. Ce parti s’est désintégré. Une partie de son électorat est parti vers un parti de gauche plus radical, mais la majorité les a juste lâchés, dégoûtés.

L’establishment hollandais s’était débrouillé pour tromper la révolution trumpiste. Wilders s’est retrouvé dans un désert politique, les travaillistes se sont effondrés, les forces de centre droit vont rester au pouvoir. Les électeurs voulaient clairement un changement ; ils refusaient le néolibéralisme et la globalisation, mais ils l’auront de toute façon, et vlan, comme récompense pour avoir été vilains avec les Turcs.

Les élections hollandaises.

La conclusion correcte des élections hollandaises, c’est que la gauche devrait aller plus franchement à gauche, et fausser compagnie à la droite libérale, si elle veut toujours être une force indépendante.

Les élections françaises ont commencé là où ont fini les élections hollandaises : avec la désintégration du parti socialiste. Rien à regretter : ce parti était devenu le jumeau de la droite libérale et poursuivait le même genre de politique. Les socialistes avaient rendu furieux les travailleurs avec leurs lois anti-travail rédigées par Macron, et ils avaient rendu furieux les catholiques en forçant le passage de leurs lois pour le mariage gay. Le candidat socialiste faisait 6% à l’issue du premier tour.

C’est Mélenchon qui a sauvé la cause de la gauche. Non seulement il s’est bien tiré du premier tour, mais il a même refusé de soutenir Macron au deuxième. Il aurait mieux valu qu’il soutienne ouvertement Marine le Pen, mais c’était probablement trop dur pour un gauchiste français.

Dans l’état actuel des choses, un Français de gauche n’a pas d’autre choix que de voter Le Pen. Le Pen, ce n’est pas Geert Wilders, elle n’est pas aveuglée par une question unique. Elle a un soutien communiste solide. Ce n’est pas la candidate idéale pour la gauche, mais quand on est mendiant, on n’a pas le choix.

Si c’est elle qui gagne, la révolution mise en route par l’élection de Trump va se poursuivre. Si elle échoue, nous allons reculer jusqu’à la case départ. Trump aura remporté sa victoire surprise pour rien. Les gens au pouvoir ont appris la leçon.

Peut-être que désormais la division droite-gauche n’a plus de raison d’être ; ce qui compte c’est l’attitude à avoir face au mondialisme et au néolibéralisme. Peut-être, je dis bien, en théorie, et je suis d’accord à ce niveau. Nous pourrions dire que peut-être Bannon aurait mieux fait que Trotski. Mais nous constatons que la droite antimondialiste ne tient pas sa promesse. Bannon a été chassé, et Trump n’est pas sûr d’être décidé à renvoyer Janet Yellen de la Réserve fédérale faire ses valises. C’est précisément le moment où la gauche est attendue au tournant pour attaquer le bastion des banquiers et de leurs pairs.

Les antimondialistes de droite ne vont pas disparaître, de toute façon ; la gauche rajeunie des fils de Lénine devrait les considérer comme des alliés possibles. Cependant, les révolutions triomphent quand elles sont conduites par des hommes d’une carrure hors du commun, et ce genre de personnages peut surgir des deux côtés du spectre politique.

Israel Shamir peut être joint sur adam@israelshamir.net

Traduction: Maria Poumier

Source:
http://www.les7duquebec.com/actualites-des-7/face-a-laurora-la-gauche-et-les-liberaux/

LE DÉSESPOIR DE LA GAUCHE FRANÇAISE TRAHIE PAR SES AMIS

 
LE DÉSESPOIR DE LA GAUCHE FRANÇAISE TRAHIE PAR SES AMIS
30 avril 2017
Par Coordination Communiste Nord-Pas-de-Calais. Le 25.04.2017.

Sur http://cercles.communistes.free.fr/cc5962/publi.php?idArticle=2017_04_27_macronmlp

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(Parmi la panoplie des recommandations de « gauche » adressée à l’électorat français en vu du deuxième tour de la mascarade électorale bourgeoise nous avons retenu le tract de la Coordination Communiste Nord-Pas-de-Calais. Une véritable caricature des contorsions subliminales que s’inflige la go-gauche réformiste qui ne comprend toujours pas pourquoi la classe prolétarienne rejette toute la go-gauche du PCF, à LO en passant par NPA et toutes les autres sectes gauchistes. Depuis quand Mélenchon est-il LE CANDIDAT DU PEUPLE ? Ridicule de vouloir expulsé Le Pen la fasciste par les urnes – elle que le Grand capital français propose par les urnes. Ou alors choisissez le fasciste Macron – le banquier – c’est aussi bon pour les patrons (les deux sont leurs préférés-à vous de choisir). Enfin, comment préparer les luttes sociales contre Macron après l’avoir plébiscité par les urnes du grand capital ? Après avoir lu une telle littérature alambiquée vous comprenez que la classe ouvrière qui souffre et qui lutte ait rejeté toute la go-gauche et se trouve aujourd’hui désemparée. Les réformistes-communistes (et autres sectes) s’accrochent désespérément à leurs emplois dans les ONG stipendiés, les syndicats et dans les organisations de la politique capitaliste, appellent à préparer leur prochaine défaite électorale-parlementaire collaborationniste pour les « législatives »… Exactement ce que demande le Grand capital à ses thuriféraires sectaires. CONTESTER MAIS VOTER. D’instinct la classe prolétarienne comprend que ce sont ces mascarades électorales bourgeoises qu’il faut boycotter, de la commune jusqu’au présidentielle en passant par les législatives. FAISONS BARRAGE AU CAPITAL. ON NE COLLABORE PAS AU POUVOIR POLITIQUE BOURGEOIS. Robert Bibeau http://www.les7duquebec.com)


L’oligarchie a écarté Mélenchon le candidat du peuple !

Évitons le coup de massue fasciste
en expulsant Le Pen par les urnes !

et préparons-nous aux luttes sociales
contre Macron dès le lendemain du 7 mai !

Le piège mis en place depuis des mois par Hollande s’est refermé, réussissant à imposer son poulain centriste libéral – Macron – pour donner un nouvel élan à une social-démocratie libérale eurocrate. Propulsé par les médias, Macron était d’abord une carte possible parmi d’autres pour les capitalistes et les tenants du système, mais quand Fillon est apparu complètement carbonisé par le scandale de l’emploi fictif de son épouse, Macron était devenu LE candidat, avec en face la fasciste Le Pen dans le rôle de l’épouvantail utile.

Confrontées à la crise de son système d’alternance « droite-gauche », les classes dirigeantes savent que parfois, « il faut que tout change pour que rien ne change ». Macron et son mouvement « En Marche ! » en est le prototype.

A gauche, Hamon et le PS ont joué leur rôle visant d’abord à briser la dynamique populaire autour de la candidature de Jean-Luc Mélenchon puis, face à l’impossibilité de briser cet élan, à l’amoindrir en bloquant des voix de gauche qui ont manqué à Mélenchon pour atteindre le second tour.

Le très beau score de Jean-Luc Mélenchon

Malgré toutes ces embûches, le score de Jean-Luc Mélenchon est inédit pour un candidat exprimant la résistance sociale et politique au libéralisme eurocrate. 19,6% ! Plus de 7 millions de voix ! C’est-à-dire plus de 3 millions de voix supplémentaires par rapport à 2012 ! A moins de 2 points de la qualification pour le 2ème tour ! Dans nombre de villes populaires, le score est même bien supérieur et Mélenchon est en tête, ainsi que dans 67 circonscriptions législatives du pays, ce qui ouvre des possibilités inédites lors des élections des députés à venir pour faire entrer les voix de la Résistance au Parlement (pour peu qu’il y ait l’unité entre tous les partisans de Mélenchon, c’est-à-dire notamment entre FdG/PCF et FI). Notre camp antilibéral, antifasciste et antiguerre a manifestement nettement percé dans les couches populaires, ce qui constitue une avancée précieuse pour la politisation de nos luttes. Jean-Luc Mélenchon est objectivement le candidat du peuple dans ce scrutin, et inscrit enfin un espoir des exploités qu’il faut maintenant consolider.

Bien sûr, il y a la déception de beaucoup de se retrouver face à un duel Macron-Le Pen dans lequel nous sommes et serons perdants-perdants, comme nous l’avons dit dans un tract diffusé avant le premier tour.

Mais il faut distinguer la victoire de Macron, qui est en fait la continuité de l’ordre capitaliste existant, sous une de ses formes « démocratique », et la victoire de Le Pen, qui signifierait une seconde défaite en nous précipitant vers le fascisme, c’est-à-dire l’ordre capitaliste sous sa forme ouvertement et légalement anti-démocratique (quand bien même ce fascisme se présenterait, dans un premier temps, sous un visage « respectable » et procéderait par étape en implantant durablement ses pions dans l’appareil d’Etat).

Macron / Le Pen : même danger ?

Macron, c’est le ministre de Hollande qui a ouvert la porte à la loi El Khomri, qui a cassé un grand nombre de règles protectrices de professions règlementées pour plus de libéralisme, c’est le pacte de responsabilité et le CICE pour enrichir encore plus les patrons et les actionnaires sans exiger aucune contre-partie en termes d’emplois. Les années Macron appelleront des luttes pour la protection de nos conquis, de ce qui n’a pas encore été détruits : sécurité sociale, retraites, services publics, … Macron, c’est clairement l’enfant du social-libéralisme au service de l’oligarchie qui se repaît des diktats que nous impose l’Union Européenne ! C’est l’ancrage dans l’OTAN et la poursuite d’une politique impérialiste essaimant la guerre pour les intérêts des vautours aux 4 coins du monde !

Mais Le Pen, c’est un saut qualitatif dans la répression, dans l’oppression et l’exploitation du peuple : c’est la soumission brutale des travailleurs et du peuple au capital, mais aussi l’ethnisation de la nation. C’est la casse brutale de nos conquis, la sécurité sociale, les retraites, les services publics bradés aux patrons et autres actionnaires, avec la terreur systématisée comme outil de gouvernance. Ce sont le racisme et l’islamophobie décomplexés, qui va accélérer la scission et donc l’affaiblissement de la classe ouvrière multicolore, multiculturelle et multireligieuse. C’est en même temps la chasse à l’arabe, aux noirs, aux roms, aux juifs, aux musulmans, aux communistes, aux démocrates, aux anti-racistes, et la menace sur l’existence des syndicats et autres organisations progressistes et démocratiques. Le FN au pouvoir, ça pourrait demain transformer la provocation de l’hôpital Necker (qui fit disparaître des écrans une manif de 1 million de travailleurs contre la loi El Khomri le 14 juin 2016) en une sorte « d’incendie du Reichstag » pouvant mener à la dissolution de la CGT, vous savez ce syndicat « terroriste » qui « bloque le pays » …

La stratégie de Le Pen pour accéder au pouvoir : respectabilité de façade et désarmement idéologique de ses adversaires

Aucun travailleur ne doit se laisser duper par les sirènes du FN et baisser la garde. Macron est le candidat des médias et de l’oligarchie, mais Le Pen est le choix camouflé de l’oligarchie pour duper ceux « qui n’aiment pas les médias et l’oligarchie ».

D’un côté Le Pen se présente dans les vêtements d’une bourgeoise ayant rejeté les outrances du père. De l’autre, tous les jours sous ce système capitaliste des travailleurs sont brisés, écrasés par la politique des Fillon-Hollande-Macron qui vantent l’esprit « républicain » et la « démocratie » (la leur, celle des puissants), la répression antisyndicale est réelle. C’est la base matérielle du désarmement idéologique face au danger Le Pen.

La bourgeoisie a réussi son pari quand Marine Le Pen a comme seul « adversaire » un Macron ! Car elle espère que ce duel entre l’ex-banquier de Rothschild et le fascisme démoralisera et désarmera encore plus la lutte de classe des travailleurs et les forces alternatives de la gauche anti-libérale, anti-fasciste et anti-guerre. De fait, l’abstentionnisme de gauche, sur lequel compte le FN, est le seul moyen pour Le Pen de dégonfler le score de son adversaire et espérer ainsi accéder à la victoire.

Il est faux de voir du « fascisme » partout dans le moindre acte de répression de l’Etat bourgeois, cela ne conduit qu’à banaliser le danger fasciste réel.

Le fascisme constitue, dans des conditions déterminées, un besoin réel de sauvetage, de préservation, de pérennisation du capitalisme. En général, les partis fascistes se développent dans une lutte contre les partis « traditionnels » (de droite et de « gauche ») du capital, même si à un certain stade de leur développement, les éléments bourgeois de ces partis (de droite comme de « gauche ») rejoignent le parti fasciste. C’est lorsque le mécanisme de duperie sociale, de contrôle social du mouvement ouvrier devient inefficace, c’est lorsque l’autorité des partis bourgeois « traditionnels » s’effondre, que le capital met en selle le fascisme. La fonction sociale et politique du réformisme s’épuisant, le besoin se fait sentir pour le capital de détruire le mouvement ouvrier organisé par la force. C’est cela le vrai projet politique du FN, c’est cela que précipiterait son arrivée au pouvoir.

Quelles conditions veut-on pour lutter demain ?

Ceux qui pensent qu’il sera « plus facile » de lutter demain avec le FN au pouvoir, sous prétexte que l’adversaire sera plus facilement cernable, et que cela « réveillera » les masses, se font de lourdes illusions : peut-être qu’eux seront déterminés ? Mais ils seront seuls, coupés des masses et isolés. Ce scénario catastrophe ne peut être que la conséquence d’une défaite du mouvement ouvrier syndical et politique organisé. C’est donc l’amplification de l’actuel recul de la conscience de classe, la division, le désarroi et la peur qui s’installeront et seront décuplés par rapport à ce qui existent déjà dans de larges secteurs de la masse de la classe ouvrière encore insuffisamment mobilisée. C’est là un pari dangereux qui traduit là encore une sous-estimation et une méconnaissance de ce qu’est le fascisme.

Les syndicalistes sont certes aujourd’hui réprimés et condamnés en nombre, mais on n’assiste pas à une répression de masse légalisée qui conduirait en prison les principaux dirigeants et disloqueraient les organisations des travailleurs. Aujourd’hui une condamnation à de la prison comme dans le procès des Goodyear (peine avec sursis, grâce à la mobilisation) reste l’exception, demain ça pourrait être la règle.

De plus la consolidation nécessaire de notre camp antilibéral, antifasciste et antiguerre ces prochaines années est cruciale, et cette consolidation passe par le développement des luttes, qui déterminent le reste, et la confirmation des prises de conscience actuelles, pas le confusionnisme idéologique, qui est l’art des fascistes, qui veut nous réduire au silence par tous les moyens. La présence structurelle (et donc durable) du FN dans le pouvoir d’Etat ne peut être à prendre à la légère.

Le fascisme, un « risque immédiat » ?

D’aucuns affirment que Marine Le Pen n’a aucune chance de gagner. Cette année peut-être en effet ; encore qu’à force de compter sur les autres et se dire qu’il y aura bien assez de gens qui vont se mobiliser pour l’écarter…. on joue avec le feu et on rend de plus en plus possible sa victoire.

Mais il ne suffit pas d’écarter Le Pen, il faut qu’elle ait le plus petit score possible. Marine Le Pen à 25%, ce n’est pas pareil qu’à 45% en terme de dynamique politique : à 45%, ça sera une pression d’extrême-droite encore plus forte sur toute la société, c’est encore plus de MLP invitée sur les plateaux télé pour déverser sa haine, c’est encore plus de banalisation, de « respectabilité » pour ce parti et une sortie de la clandestinité qui reste encore réelle pour ce parti : combien de permanences FN dans les villes aujourd’hui ? Combien demain ? Le FN à 45%, ce seront des milliers de jeunes recrues, des cadres, c’est la haine décomplexée, la montée en flèche des actes racistes, bref c’est la fascisation accélérée de la société, etc… C’est aussi cela le « risque immédiat » fasciste, pas seulement la possibilité d’arrivée de Le Pen au pouvoir (la bourgeoisie ayant encore d’autres cartes à jouer).

Marine Le Pen sous les 25%, cela freine cette montée du fascisme, à condition que nous soyons en capacité de traduire le bon score de Jean-Luc Mélenchon en luttes sociales et politiques massives pour changer l’actuel rapport des forces entre capital et travail dans le pays !

Rien n’est inexorable ! Pas même l’arrivée au pouvoir de Marine Le Pen en 2022 si Macron arrive au pouvoir en 2017. Rien n’est inéluctable, pour peu que les travailleurs se mobilisent. Les 5 ans de Hollande ont illustré qu’un gouvernement de « gauche » n’empêchait pas une formidable mobilisation sociale (la lutte contre le Loi El Khomri) et pouvait se conclure par un Jean-Luc Mélenchon à 20%.

Tirons les bons enseignements de 2002 !

Souvenons-nous de 2002 : du fait du puissant vote anti-Le Pen, celui-ci n’a que 17% au second tour. Cela a freiné temporairement l’ascension du FN, puisque ce n’est que 15 ans plus tard qu’on le retrouve dans cette situation. Bien sûr, ces 15 ans n’ont pas été suffisamment mis à profit pour construire l’alternative populaire antilibéral, antifasciste, antiguerre et anticapitaliste qui permettra d’en finir avec ce « ventre immonde » capitaliste qui féconde le fascisme. Et nous restons au pied du mur. Mais gagner ce temps encore aujourd’hui est précieux, car nous avons besoin de temps pour construire le front de résistance populaire antilibéral, antifasciste et antiguerre et reconstruire le parti communiste révolutionnaire dont nous avons besoin pour mener jusqu’au bout la transformation de la société.

Il n’y a pas, il n’y aura pas de « front républicain » avec Macron. Cette expression est depuis plus de 20 ans une arme idéologique des tenants du système PS / LR et des médias qui les soutiennent, expression reprise par le FN qui a en besoin.

Il s’agit simplement de préserver l’existant, de préserver un terrain de lutte. Pas de renoncer à nos luttes : il n’y pas d’extinction de la lutte des classes au nom de la République » !

Macron élu, préparons le 3ème tour social !

Macron ne sera pas élu pour son programme, et il aura face à lui des opposants déterminés. D’autant plus que les forces de la résistance sociale, notamment celles galvanisées par la campagne et les scores de Jean-Luc Mélenchon sont sur le pied de guerre, prêtes à réagir dès le 7 mai au soir.

Par la grève et les mobilisations de rue, nous construirons le rapport de force pour la satisfaction des principales revendications des travailleurs, des quartiers populaires, de la ruralité et les revendications posées dans la campagne de l’Avenir en commun !

Pour combattre et faire reculer sur le long terme le fascisme, il faut construire le front de résistance populaire autour d’un programme d’actions en capacité de mobiliser le peuple travailleur :

Sortie de l’Euro et de l’Union Européenne : on ne peut résoudre les aspirations du peuple sans indépendance nationale et souveraineté populaire, le plan B doit devenir notre plan A !

Stop aux guerres impérialistes, sortie de l’OTAN : Les impérialistes états-uniens et européens doivent stopper leurs menées guerrières à l’Est de l’Europe, au Proche et au Moyen Orient, comme en Afrique et en Asie ! Leur stratégie maquillée en « choc des civilisations » doit cesser car les peuples n’ont plus à subir les coûts humains et matériels exorbitants de leurs guerres de rapine ! Cela permettra d’en finir avec le terrorisme qui frappe sur notre sol ici, comme conséquence des guerres et du terrorisme là-bas.

Unité aux législatives !

Il faudra aussi un prolongement législatif, dans l’optique de constituer un fort groupe de députés France Insoumise / Front de Gauche. Cela nécessite l’unité : dans chaque circonscription, il ne doit y avoir qu’une seule candidature du camp qui a soutenu JLM.

Opposer des candidats de la France Insoumise à des candidats du Front de Gauche/PCF dans les mêmes circonscriptions serait en effet totalement illisible pour le peuple autant que durablement et extrêmement préjudiciable pour les idées convergentes que nous défendons.

Fait le 25/04/2017

Coordination Communiste Nord-Pas-de-Calais
pour la reconstruction d’un parti communiste révolutionnaire
http://www.rassemblementcommuniste.fr

 

Source : http://www.les7duquebec.com/7-dailleurs-invites/le-desespoir-de-la-gauche-francaise-trahie-par-ses-amis/

«Finance Capital Today»: le plus récent livre de François Chesnais

Sur les liens entre le capitalisme financier international, la crise, le paupérisme et la guerre

par Louis Gill

Bien connu pour son précieux apport des quarante dernières années à l’analyse du capitalisme contemporain et de ses crises économiques et financières, l’économiste François Chesnais vient de publier dans la collection « Historical Materialism Book Series » des Éditions Brill (Leiden et Boston) un livre intitulé Finance Capital Today. Corporations and Banks in the Lasting Global Slump. Ce livre est une remarquable synthèse de l’abondante réflexion qui a porté sur le sujet et, en particulier, de la sienne propre. Rappelons à cet égard quelques-unes de ses contributions, sous la forme : 1) de monographies (La mondialisation du capital, Syros, 1994 et 1997, Les dettes illégitimes, Raisons d’agir, 2011); 2) de direction ou de codirection d’ouvrages collectifs (La mondialisation financière, Syros, 1996, Les pièges de la finance mondiale, avec Dominique Plihon, La Découverte-Syros, 2000); 3) de conférences et de communications lors de séminaires et de colloques; 4) d’articles publiés dans des revues, parmi lesquelles La Vérité, Actuel Marx, Contretemps, La Brèche, et Carré Rouge, dont il a été l’un des fondateurs en 1995 et le principal animateur jusqu’à sa disparition en 2013.

Ce livre, écrit Chesnais, se penche sur deux dimensions, distinctes mais inter-reliées, de l’économie mondiale contemporaine. La première consiste dans les formes et les conséquences de l’interpénétration de grandes banques et de sociétés industrielles, commerciales et de services, ayant atteint un niveau très élevé de concentration et d’internationalisation, qui constitue la forme contemporaine de ce que le marxiste autrichien Rudolf Hilferding désignait comme le « capital de finance » dans son ouvrage de 1910 intitulé Das Finanzkapital. La deuxième consiste dans ce qu’il définit comme « la finance en tant que finance » (en anglais finance qua finance), pour représenter le processus associé à la croissance spectaculaire, au cours des quarante dernières années, des actifs (actions, obligations et dérivés) détenus par les sociétés financières (banques et fonds), mais aussi par les départements financiers des sociétés industrielles et commerciales transnationales. Ce capital, Chesnais le désigne comme le « capital financier », pour le distinguer du « capital de finance » au sens d’Hilferding. Son analyse procède des catégories de « capital porteur d’intérêt » et de « capital fictif », énoncées par Karl Marx dans la Ve Section du Livre III du Capital. Chesnais est d’ailleurs largement responsable d’avoir mis en lumière cette dimension fondamentale de l’analyse de Marx, dans un article de 1979 intitulé « Capital financier et groupes financiers : recherche sur l’origine des concepts et leur utilisation actuelle en France », publié en 1981 dans un livre collectif sous la direction de Charles-Albert Michalet[1]. Il s’est par la suite inlassablement appuyé sur ces éléments clés de l’analyse de Marx dans ses nombreux écrits.

 

D’entrée de jeu, Chesnais désigne le questionnement suscité par le divorce qui s’est de plus en plus creusé, depuis les années 1980, entre une explosion des marchés financiers qui n’a été freinée que temporairement par le déclenchement de la crise en 2007-2008, et le piètre état de l’économie réelle sous-jacente, ainsi que la hausse du taux d’exploitation de la force de travail, dans un contexte où le rapport de forces entre le capital et le travail a sans cesse évolué en faveur du capital. Un des objectifs de ce livre, écrit-il, est de rendre compte de ce divorce dans le contexte économique et politique de la crise économique et financière mondiale qui se poursuit. Cette crise, précise-t-il, est une crise de suraccumulation et de surproduction sur fond de taux de profit en baisse. En gestation depuis la deuxième moitié des années 1980, elle avait été reportée par une création massive de crédit et par la pleine incorporation de la Chine à l’économie mondiale. Certains l’ont caractérisée comme une « crise de financiarisation » ou une crise du « capitalisme financiarisé ». Cela prête à confusion, dit Chesnais, qui la définit comme une crise du capitalisme tout court à un moment donné de l’histoire, dont l’achèvement de la mondialisation (la globalisation) et la financiarisation sont des traits majeurs. Comme les États-Unis, en tant qu’État et en tant que lieu d’accumulation du capital, ont occupé une place centrale dans cette globalisation, il n’est pas étonnant que ce soit aux États-Unis que « le génie de la finance soit sorti de la bouteille ». D’autant plus que c’est aux États-Unis, plus que nulle part ailleurs que le système du crédit a été étiré, au moins depuis 1998, à son extrême limite. Mais la crise qui se poursuit, précise Chenais, était, dès son éclatement en août 2007, une crise mondiale, et non une simple « Grande Récession » nord-américaine. Et, aujourd’hui, aucune économie individuelle ne peut propulser seule l’économie mondiale hors de la crise, comme les États-Unis l’ont fait dans les années 1940 dans le contexte de la Deuxième Guerre mondiale et de ses suites.

 

Chesnais en conclut que, si on définit une fin de crise comme le moment où une accumulation générale et soutenue de capital productif ressurgit dans l’ensemble du système mondial, alors il faut en conclure, près de dix ans après août 2007, qu’il n’y a pas de fin de crise en vue. Toutes les organisations internationales (FMI, BRI, OMC, CNUCED, etc.), chacune dans son champ de spécialisation, en font le constat, remarque-t-il. Le maintien à flot des principaux pays industrialisés repose sur leur dépendance ininterrompue à une injection de liquidités par les banques centrales, avec l’instabilité financière qui s’ensuit. La situation est aggravée par le fait que la Chine a cessé d’être le moteur économique qu’elle était. Chesnais rejette la caractérisation de « stagnation séculaire » avec laquelle des économistes keynésiens ont renoué pour décrire la situation d’impasse dans laquelle se trouve l’économie mondiale. Il invite plutôt à prendre conscience de ce que la société humaine est désormais inéluctablement confrontée aux conséquences des « limites historiques » du capitalisme. Cela, dit-il, a cessé d’être un simple concept intuitif pour devenir une réalité qui peut d’ores et déjà être chiffrée, notamment, en termes de dépossession et d’appauvrissement, et d’inégalités de richesse qui sont revenues à leur niveau des années 1920. La plus grave dimension de cette impasse historique du capitalisme, souligne-t-il, est la crise climatique et environnementale, qui met en cause la survie même de l’humanité. Il consacre à cette question fondamentale la conclusion du livre.

 

Le livre compte une introduction, dix chapitres et une conclusion. Il comprend une imposante bibliographie de 850 titres. Le lectorat non-anglophone, habitué à lire les écrits de Chesnais surtout en français, mais aussi en espagnol et en portugais, souhaitera vivement, j’en suis sûr, que des traductions, au moins dans ces langues, en soient réalisées dans les meilleurs délais.

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Pour dévoiler davantage le contenu du livre et en motiver la lecture, voici quelques notes complémentaires qui puisent librement dans le texte, avec les renvois appropriés.

 

La crise en cours, lit-on au chapitre 1, intitulé Le cadre historique de la crise et ses traits originaux, a mis un terme à la plus longue phase d’accumulation de l’histoire du capitalisme : plus de 60 ans si on en situe le point de départ à la fin de la Deuxième Guerre mondiale, 40 ans si on le situe à la fin de la première récession de l’après-guerre, en 1976. Au cours de cette période, le rythme de l’accumulation dans les pays capitalistes avancés, mesuré par le taux de croissance de leur PIB, a continuellement ralenti, mais il ne s’est effondré qu’en 2009. (p. 25)

 

« Le succès avec lequel le capitalisme a repoussé ses barrières immanentes pendant plusieurs décennies, l’ampleur de la création de dettes depuis 2001, ainsi que les politiques mises en œuvre pour contenir la crise en 2008-2009 et après, aident à comprendre l’accumulation massive de capital fictif engagé dans d’innombrables opérations spéculatives se nourrissant de la valeur et de la plus-value créées, simultanément à une suraccumulation globale de capacités productives et à une surproduction dans un vaste éventail d’industries » (p. 36). Ces énormes montants qui sont l’objet d’incessantes transactions, poursuit Chesnais, « sont aux mains de puissants conglomérats financiers qui possèdent la capacité de dicter leurs politiques aux gouvernements à travers un ensemble de canaux politiques et financiers ».

 

L’utilisation par Chesnais de la dénomination « capital de finance » empruntée de Hilferding, pour qui ce capital est un capital-argent mis à la disposition des industriels par les banquiers, ne doit pas suggérer que les grandes entreprises industrielles d’aujourd’hui seraient sous le contrôle des banques. Elles sont au contraire, écrit-il, elles-mêmes intensément engagées dans les opérations des marchés financiers, y compris les plus spéculatives. « Les traits parasitaires du capital porteur d’intérêt, dont Marx a eu l’intuition et sur lesquels Lénine a par la suite mis l’emphase, pénètrent de la même manière les opérations de toutes les composantes du capital : capital-argent, capital commercial et capital industriel » (p. 8); de sorte que les grandes banques et les entreprises industrielles représentent en somme « des différenciations au sein du capital de finance » (p. 93).

 

Chesnais illustre cette symbiose et la similitude des opérations des banquiers, des industriels et des marchands dans une section intitulée « Les banques comme marchands et les sociétés transnationales comme capitalistes financiers », dont les deux sous-sections s’intitulent « Les opérations des conglomérats financiers dans le commerce des marchandises et dans la production » et « Les opérations financières des sociétés transnationales ». Il mentionne notamment le cas du grand conglomérat financier états-unien Citigroup, qui a reçu en 2003 de la Réserve fédérale (Banque centrale) des États-Unis l’autorisation d’intervenir sur les marchés du pétrole, du gaz naturel, des produits agricoles et d’autres produits non financiers, etc. (p. 109-110).

 

Les entreprises industrielles sont l’un des principaux fondements de la puissance du capital de finance », écrit Chesnais (p. 45). Elles ont été « à l’avant-poste de sa restauration de l’après-guerre. Jusqu’au début des années 1990, elles étaient les agents les plus actifs de l’internationalisation du capital » (idem). Elles ont aussi contribué à la relance de la City de Londres comme centre des opérations financières internationales. « Lorsque le capital n’est pas réinvesti dans la production, faute d’un taux de profit suffisant, ou que la demande finale est insuffisante pour justifier de nouveaux investissements, une partie des profits est conservée et éventuellement investie dans l’accumulation financière » (p. 45 et 245) […] « Simultanément, l’accroissement de l’endettement gouvernemental a augmenté le volume des titres de dette offerts sur les marchés, alors que les politiques d’austérité et de mesures favorables aux employeurs ont posé des barrières plus élevées à la réalisation  des valeurs produites et à la complétion du cycle d’accumulation ».

 

« S’en est suivie une pléthore de capital sous la forme de capital fictif, centralisée dans les fonds communs de placement et les fonds spéculatifs (hedge funds), qui a alimenté une instabilité financière globale, elle-même aggravée par la politique monétaire de rachat de titres gouvernementaux par des Banques centrales procédant aussi à l’achat de titres privés à risque, une politique dite « d’assouplissement quantitatif » qui est devenue l’instrument majeur de la politique économique » (p. 245).

 

Avant d’aborder les rapports entre sociétés financières et non financières dans le contexte actuel, Chesnais consacre une brève section de son chapitre 4 (The Organisational Embodiements of Finance Capital…) à l’évolution historique de ces rapports dans quatre pays d’importance centrale, l’Allemagne, les États-Unis, la Grande-Bretagne et la France. Il met en lumière les caractéristiques fort différentes des quatre pays (p. 94-102).

  • En Allemagne, on note une forte domination des banques sur l’industrie et la formation de cartels au tournant du 20e siècle, avec la persistance de ces étroites relations après la Deuxième-Guerre mondiale, jusqu’à ce qu’elles commencent à s’éroder avec la transformation des grandes banques en conglomérats financiers dans les années 2000; à souligner par ailleurs la très faible capitalisation des entreprises allemandes en pourcentage du PIB : 30 % en moyenne de 1990 à 2005, comparativement à 113 % aux États-Unis et 132 % en Grande-Bretagne.

 

  • Aux États-Unis, où la concentration bancaire s’est développée parallèlement à celle de l’industrie, une forme spécifique de contrôle direct des banques sur la grande industrie a pris la forme, au début du 20e siècle, de « money trusts », qui étaient des banques d’investissement de la première mouture exerçant une vaste concentration de contrôle, au cœur desquelles se trouvaient notamment JP Morgan et la famille Rockefeller, propriétaire de la Standard Oil. La très rapide croissance de la Bourse à partir de la fin de la Deuxième Guerre mondiale a entraîné la disparition de détenteurs d’actions dominants et posé la question de la séparation entre la propriété et le contrôle des entreprises.

 

  • En Grande-Bretagne, on note au contraire à la même époque une absence marquée de liens entre banque et industrie. En tant que centre du système monétaire mondial fondé sur l’or, les banques de la City ont plutôt fait d’importants profits grâce au marché monétaire et aux opérations de change (p. 98). « La City peut être caractérisée comme ayant aidé à construire le premier système d’appropriation mondiale de plus-value sous forme de profits et d’intérêts provenant de l’étranger » (p. 99). Ainsi, « l’’avantage comparé’ de la Grande-Bretagne devait se trouver, non pas dans l’industrie, mais dans le commerce et la finance et dans le rôle sans cesse croissant de la City dans le système financier globalisé ».

 

  • Au centre de la spécificité française, écrit Chesnais, se trouvent l’appui de l’État à l’industrie et les grands emprunts étrangers. « Le seul exploit de la Bourse des valeurs a été le financement de la Compagnie du Canal de Suez » (p. 100). Débordant d’argent en raison d’une faible demande de l’industrie, les banques se sont tournées vers le prêt international, en premier lieu à la Russie qui, à partir de 1880, est devenue la première destination du prêt et de l’investissement direct français, puis vers l’Argentine et le Mexique, ainsi que vers les colonies françaises d’Afrique et de l’Asie du sud-est (Indochine). « Un faible investissement industriel et une faible demande de financement provenant des banques ou de la Bourse sont des traits persistants du capitalisme français, où prédominaient les entreprises d’État et les entreprises familiales bénéficiant d’un accès privilégié au financement public » (p. 101).

Dans l’Introduction du livre, Chesnais précise : 1) que son analyse se situe dans le cadre de « l’achèvement du marché mondial », dont Marx, dans son Esquisse d’une critique de l’économie politique (Grundrisse) de 1857-1858, écrit qu’il est contenu dans le concept même du capital;  2) qu’il faut, à l’instar de Léon Trotsky, considérer le monde, non comme une somme de composantes nationales, mais comme une « totalité hiérarchiquement différenciée » au sein de laquelle s’articulent les réalités nationales (p. 10). Prendre l’économie mondiale comme le point de départ de l’analyse implique que l’on tienne compte de l’ensemble des intervenants avec la spécificité de chacun, comme cela vient d’être rappelé dans le bref coup d’œil sur l’histoire des relations entre banque et industrie en Allemagne, aux États-Unis, en Grande-Bretagne et en France. Chesnais souligne notamment que la place de la City de Londres dans le processus de l’accumulation financière et de la globalisation a été incorrectement minimisée par rapport à celle qui a été reconnue à Wall Street (p. 11).

 

De même, pendant les deux premières années de la crise financière, certains ont soutenu que les banques européennes en difficulté étaient les victimes d’une situation dont les États-Unis portaient l’essentiel de la responsabilité. Cela est devenu indéfendable, écrit Chesnais, lorsque l’Union européenne s’est engouffrée entre 2010 et 2013 dans une crise incorrectement désignée comme une crise de « dettes souveraines », et qu’il est devenu clair que les difficultés rencontrées tiraient largement leur source dans les incongruités de ses traités fondateurs. Et le problème ne saurait se limiter à l’absence d’un « gouvernement fédéral » de l’Union; il se situe d’abord dans la priorité conférée par ces traités à la « concurrence sans entraves » qui est le fondement de toute sa construction (p. 236).

 

Tant d’autres sujets de ce livre, qui mériteraient qu’on les commente, ne peuvent être que mentionnés dans le cadre restreint de cette recension, parmi lesquels les innovations financières délétères qui ont précipité l’économie dans le marasme, la titrisation des actifs et le passage du modèle traditionnel de l’activité bancaire, modèle d’« octroi-détention de crédits » (originate-to-hold model), à un nouveau modèle qualifié de modèle d’« octroi-cession de crédits » (originate-to-distribute model), la formidable croissance du « système bancaire de l’ombre » (shadow banking system) et des fonds spéculatifs (hedge funds), le déplacement du risque du système bancaire traditionnel vers les fonds spéculatifs et le système de l’ombre, les nouvelles modalités de contagion et de dispersion du risque, l’ampleur et les conséquences de la prolifération des taux d’intérêt négatifs; notons en particulier à ce sujet que, « entre décembre 2014 et fin mai 2015, en moyenne 2000 milliards de dollars de titres de dette souveraine ont été transigés à des taux d’intérêt négatifs » ! (p. 247), etc.

 

En somme, un livre à lire absolument.


[1] Par excès de modestie ou par inadvertance, Chesnais attribue plutôt au marxiste britannique David Harvey, dans son ouvrage de 1982 intitulé Limits to Capital, la paternité de l’utilisation de la catégorie de capital fictif (voir p. 18). Je signale que je l’ai aussi utilisée dans le tome 2 de mon livre L’économie capitaliste : une analyse marxiste, publié en 1979. Il faut mentionner qu’elle l’avait été depuis le début des années 1970 par la section française du courant trotskyste international auquel nous appartenions alors lui et moi, dans sa revue théorique La Vérité.

Source:  http://iris-recherche.qc.ca/blogue/finance-capital-today-le-plus-recent-livre-de-francois-chesnais

LE CAPITALISME NE VA PAS S’EFFONDRER SOUS LE POIDS DE SES CONTRADICTIONS

Michel Husson, Agence Chine nouvelle (Xinhua), 1er mars 2017

Pour Michel Husson, économiste français travaillant à l’Institut de recherches économiques et sociales, auteur du livre Le capitalisme en 10 leçons, la crise du capitalisme est globale, systémique, imbriquant contradictions sociales et contradictions écologiques de manière inédite. Dans une interview accordée récemment à Xinhua, il a indiqué que « le capitalisme ne va pas s’effondrer sous le poids de ses contradictions », et que la véritable réponse aux besoins sociaux et aux contraintes environnementales réside dans le dépassement du capitalisme vers un « écosocialisme » que seules des luttes sociales d’envergure sont susceptibles de mettre en place.

Selon Michel Husson, la crise est inquiétante et elle inquiète aussi ceux qui ont la responsabilité de guider le système, comme Christine Lagarde, la directrice générale du FMI. De son propre point de vue, le capitalisme n’est pas vraiment sorti de la crise financière. Ni la croissance, ni l’accumulation du capital, ni le profit n’ont vraiment repris. Le commerce international est en train de s’étouffer et beaucoup d’économistes envisagent la perspective d’une stagnation séculaire.

En Europe, et particulièrement au sein de la zone euro, la crise prend une dimension particulière, celle d’une divergence croissante entre les pays du « Nord », autour de l’Allemagne et ceux du « Sud », à savoir le Portugal, l’Italie, l’Espagne et surtout, évidemment le Grèce. Le Brexit – la sortie du Royaume-Uni de l’Union européenne – contribue à un climat de perte de confiance dans les vertus de la monnaie unique. La question des dettes publiques risque aussi de réapparaître si les taux d’intérêt recommencent à augmenter, a ajouté l’économiste français.

Pour comprendre la crise, il faut la mettre en perspective historique et analyser l’évolution du taux de profit. C’est en effet la rentabilité du capital qui mesure la bonne santé du capitalisme. Celle-ci dépend à son tour de deux facteurs : le salaire et la productivité. Dans le capitalisme d’après-guerre, les gains de productivité permettaient à la fois d’augmenter les salaires et de garantir un taux de profit élevé. Mais à partir du milieu des années 1970, les gains de productivité ont commencé à ralentir tendanciellement, et c’est la cause profonde de la crise, a-t-il poursuivi.

M. Husson a ajouté que malgré cet épuisement des gains de productivité réduits, le capitalisme néo-libéral qui s’est mis en place au cours des années 1980 a réussi à rétablir le taux de profit. Il a pu réaliser cette prouesse en faisant baisser de manière tendancielle la part des salaires dans le revenu national. Mais il a dû aussi faire appel à des dispositifs artificiels qui ne pouvaient se prolonger indéfiniment : creusement des inégalités, surendettement, financiarisation, mondialisation déséquilibrée, etc. La crise actuelle peut donc être interprétée comme la crise des solutions apportées à la crise précédente. « Il n’existe pas de situation absolument sans issue », disait Lénine en 1920, au IIème congrès de l’Internationale Communiste. Le capitalisme ne va pas s’effondrer sous le poids de ses contradictions. Mais il est possible de démontrer que sa pérennité dépend de sa capacité à imposer une régression sociale permanente. Le capitalisme a perdu toute légitimité sociale : il ne promet plus rien et réclame toujours davantage de sacrifices sur l’autel de la compétitivité et de la rentabilité, a noté l’expert.

Pour Michel Husson, le plus grave sans doute réside dans l’incapacité de ce système à répondre efficacement au défi climatique. La transition écologique et énergétique implique nécessairement une moindre rentabilité économique et l’intervention publique. Dans la mesure où le capitalisme cherche le maximum de rentabilité privée à court terme, il ne peut donc se transformer en « capitalisme vert » que dans une proportion insuffisante par rapport aux enjeux. Pour toutes ces raisons, la véritable réponse aux besoins sociaux et aux contraintes environnementales réside dans le dépassement du capitalisme vers un « écosocialisme » que seules des luttes sociales d’envergure sont susceptibles de mettre en place, a conclu l’économiste français.

Source : Agence de presse Xinhu

source: http://www.pressegauche.org/spip.php?article29963

FREXIT et CNR, un premier pas vers la libération !

Nous partageons le post de Reconstruction communiste chez nos cousins de France en soutien à la lutte qu’il mène contre le capitalisme et la montée du fascisme. 

Le peuple Français en 2005 a majoritairement voté NON à l’UE.

Depuis cette date tout confirme que notre peuple avait raison.

Va-t-on, comme nos élus qui ont bafoué ce choix, voter pour un(e) candidat(e) qui en réalité ne sortira pas de l’UE, de l’euro et de l’OTAN ?

Ou au contraire, va-t-on respecter ce choix, et choisir logiquement le seul candidat qui depuis plus de 10 ans n’a pas changé et sortira réellement de l’UE, de l’euro et de l’OTAN ?

C’est un choix très simple. Comme dans les années 39-40, comme en 44-45, le peuple Français doit se lever et résister !

Il doit se regrouper et faire entendre sa voix haut et fort : NON à l’UE, NON à l’euro, NON à l’OTAN !

En France, aujourd’hui, la tactique électorale nous invite à voter FREXIT plutôt que Mélenchon le social-démocrate. C’est à dire pour François Asselineau qui est le seul a vraiment proposer de sortir de l’UE, de l’euro et de l’OTAN.

Comme l’a dit un internaute : « Mélenchon avec son verbiage habituel enfume nos esprits : son programme consiste, si l’on y regarde de très près, à utiliser toutes les contorsions langagières et stylistiques possibles et imaginables pour esquiver la question centrale de la sortie de l’UE.

L’objectif de tant d’ambiguïté est clair : amener les Français à rester dans l’UE en croyant qu’ils vont voter pour quelqu’un qui veut en sortir !

Ce programme « alter-européiste » refuse de remettre en cause le principe même d’une construction politique continentale, qui n’est au fond qu’un apartheid planétaire qui ne dit pas son nom. »

Sortir de l’UE, de l’euro et de l’OTAN sera un premier pas. Appliquer le programme du CNR comme le propose Asselineau sera un second point d’appui.

Certes, cela ne réglera pas tout, mais les Marxistes-Léninistes seront dans une meilleure situation démocratique pour faire avancer leurs idées et les luttes pour la révolution socialiste.

Avec Mélenchon, cet opportuniste dangereux, on va droit dans le mur avec une très grande déconvenue et un absolu dégout à la clef, et en prime le fascisme en sortie.

Asselineau est un gaulliste de type CNR, il n’est pas du tout d’extrême droite contrairement à ce que les gauchistes et les socio-démocrates essayent de nous faire croire. Il est à l’heure actuel le meilleur choix pour le prolétariat.

La tactique du pire n’a jamais été la meilleure sauf à vouloir un nouveau massacre des communards !

Mélenchon, Macron, Hamon, Le Pen, etc. c’est le pire !

On peut aussi se demander pourquoi le PRCF qui souhaite le CNR soutient Mélenchon…

Cependant gageons qu’un certain nombre de ses militants préférerons l’appel du 18 juin à celui du Trotskiste-Lambertiste que Mélenchon n’a jamais cessé d’être !

Les communistes ne peuvent donc absolument pas soutenir Mélenchon.

Tout communiste sait que pour gagner le prolétariat doit enterrer politiquement la social-démocratie, alors faisons-le !

Pas une voix pour la gauche ni la droite. Pas une voix pour Mélenchon !

Toutes nos voix pour Asselineau !

Quant à ceux qui ne souhaitent pas voter, au moins votez nul ce sera comptabilisé !

FREXIT !

L’UE, L’euro et l’OTAN, premiers verrous à faire sauter !

VOTONS ASSELINEAU !

– FREXIT et CNR, un premier pas vers la libération !

 

Source: http://reconstructioncommuniste.eklablog.fr/frexit-et-cnr-un-premier-pas-vers-la-liberation-a128826040

Le choix du « meilleur » serviteur!!!

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Avril 2017, les français sont appelés à élire un président. Cette nouvelle élection revêt, cette année, un caractère exceptionnel. Depuis des dizaines d’années, tout ronronnait. Gauche – droite –  l’alternance était bien réglée. A tour de rôle la bourgeoisie choisissait son employé. Giscard, Mitterrand, Chirac, Sarkosy, Hollande.

Nous disons bien « la bourgeoisie choisissait ». En effet depuis 1789, et l’instauration chaotique de la forme républicaine de l’Etat, seuls les possédants (soit de la terre, soit des usines, soit de la banque) ont décidé qui devait représenter leurs intérêts à la tête de cette machine à réprimer et tromper qu’est l’Etat.

Au début cela était évident pour tous. Le suffrage n’était pas universel (la bourgeoisie est prudente et n’accorde des « droits » qu’en fonction de circonstances précises) et le résultat des élections apparaissait pour ce qu’il était : une mascarade de démocratie. Puis vint le « suffrage universel » (1944).

La bourgeoisie (Bouygues, Bolloré, Dassault, Pinault …) maitrisant tous les médias de masses : journaux, télévision, radios… n’avait plus de problème pour « fabriquer l’opinion ». Et sa grande force fut de convaincre idéologiquement la grande masse de la population que : voter était l’essence même de la démocratie. Cette mortelle illusion reçut le concours et l’approbation des partis de « gauche ». Socialistes et communistes participèrent au « jeu », y gagnant, pour un temps, quelques postes et fonctions.

Aujourd’hui encore on entend ces mots « des gens sont morts pour le droit de vote », mais que l’on cherche dans l’histoire QUI est mort pour jeter un bulletin dans une urne … Des gens sont morts pour la liberté, contre l’esclavagisme, pour le droit de grève, pour des conquêtes et des idéaux bien précis. Pas pour que leurs maîtres leur donnent de temps à autre le « droit » de choisir des employés au service des banques ou des industriels.

Mais revenons à 2017. La bourgeoisie française (impérialiste : c’est à dire qui ne se limite à exploiter des gens sur le sol national) a mis du temps à choisir son représentant. Il y avait beaucoup de prétendants, mais ne devient pas « employé en chef » (Président) qui veut. Il faut que la bourgeoisie, ces gens qu’on ne voit que très peu et que les anglo-saxons appellent le « deep state » (l’Etat profond), DESIGNE son candidat.

 

La bourgeoisie ne doit pas agir à l’aveuglette et en tout cas elle doit fixer son choix – EN

FONCTION DU CONTEXTE – sur celui et ou celle qui semble le (la) plus apte à serrer la vis en évitant la révolte.

 

La particularité des élections 2017.

Depuis les années Pompidou, (qui correspondent à la période ou Nixon, Président des U$A a désindexé le cours du dollar papier par rapport à celui de l’or physique) jamais la crise du capitalisme n’avait atteint cette ampleur. Ce qu’on appelle mondialisation  – qui n’est que le verbiage petit-bourgeois qui permet d’éviter de nommer l’impérialisme tel qu’il fut analysé et défini par Lénine – a fait exploser les états-nations, et modifié considérablement la répartition du capital dans le monde entier. Les usines délocalisées de l’Europe vers l’Asie, ce qui signifia, plus concrètement, des millions de chômeurs ici et des millions de nouveaux prolétaires pauvres arrachés à la paysannerie, là-bas ; cette « mondialisation » donc impose de nouvelles règles du jeu entre les prolétaires producteurs et la classe bourgeoise.

Détruire des emplois ici (créer des chômeurs) et fabriquer des pauvres là-bas pose un problème. Sur le court terme la bourgeoisie fait du bénéfice, mais aussi et surtout à moyen et long terme : qui va acheter et avec quel argent cette masse de produits destinés à être … vendus ?    (voir K. Marx : Baisse tendancielle du taux de profit).

Depuis plusieurs années nous en sommes à ce point. Jusqu’à présent la bourgeoisie avait laissé une certaine latitude à ses employés de premier rang (Présidents). Il faut dire qu’ils firent parfaitement leur « travail ». Sarkosy puis Hollande, avec la complicité des syndicats et des partis de « gauche » ont réussi en quelques années à faire passer un ensemble de lois qui ont détruit ce qui avait fondé les rapports entre classes dans la période dite des « trente glorieuses ». Retraites, sécurité sociale, salaires, droit du travail (Lois sur l’ANI, El Khomri), lois liberticides sur la liberté d’expression, état d’urgence …..

Mais, rien n’y fait, la crise ne fait que s’aggraver. Alors que faire ? La politique de la classe bourgeoise doit désormais être prise en mains  (comme en 1969-1974 avec Pompidou) par un employé DIRECT du capital. La bourgeoisie a besoin d’un homme fidèle, sorti de son sérail et qu’elle a introduit grâce à Hollande dans l’appareil de l’Etat (ministre de finances) : Macron.

Comme Pompidou il sort de chez Rothschild, mais qu’importe pour Hollande. Hollande n’est pas là pour réfléchir mais pour obéir ! Et puis c’est oublier qu’Henri Emmanuelli, aujourd’hui à la gauche du PS, a lui aussi passé neuf ans à la Compagnie financière Edmond de Rothschild. « J’étais directeur adjoint, salarié, lui associé gérant. La paye n’est pas la même », se défend le député des

Landes.

Le soir même de sa nomination, Manuel Valls avait tenté de couper court aux polémiques : « Il y a des années qu’on crève de débats idéologiques et d’étiquettes surannées. » En écho, Jean-Christophe Cambadélis, rue de Solférino, insiste : « Comme tous les symboles, celui de la banque Rothschild doit être dépassé. ».  Donc : qui se ressemble  s’assemble et Rothschild et un symbole !

La bourgeoisie a désormais besoin d’un contrôle direct sur l’Etat. Elle a trouvé son employé rêvé. Mais beaucoup d’autres se poussent au portillon. Fillon, Mélenchon, Hamon et pleins d’autres, verts rouges, bleus ….. Alors il va falloir dégager le terrain.

Les chéris d’hier ne font plus rêver dans les chaumières et la bourgeoisie le sait. Sarkosy, Juppé, et la clique sont discrédités, et ils puent la corruption et le mensonge. Fillon avance, naïf et sûr de lui et, vlan !, la presse révèle un politicien comme les autres  (qui a donné les informations ?). Malgré tout Fillon s’accroche encore (à heure où nous écrivons !). Cet homme qui fut le larbin de Sarkosy croit vraiment qu’il est autre chose qu’un pion, mais ce n’est qu’un employé  il est viré par ses maîtres. Pas d’hommes providentiels pour la bourgeoisie REELLE !

Hamon et les socialistes pensent ils eux aussi que les licenciés d’Alsthom ou de Caterpillar, les matraqués de Notre Dame des Landes ou du barrage Sivens les ont oublié ? Au demeurant nous savons bien que les sections socialistes basculent actuellement majoritairement chez Macron. Car, la cause est perdue, alors si on eut encore avoir des postes aux législatives, autant aller du coté où le vent de l’opportunisme souffle.

Mélenchon, ce vieux routier de la politique. Trotskyste en 1970, sénateur en 1986, membre de plusieurs cabinets ministériels. Sans lui et les voix raclées aux « indécis », Hollande ne serait pas passé en 2012 tellement le dégout du PS était déjà grand. Mais Mélenchon joue le tribun d’extrême gauche, le rempart contre l’extrême droite. Mélenchon séduit les anciens « soixante huit tards », devenus petits bourgeois et qui sont dans l’émotion. Aucun danger pour la bourgeoisie ! Au deuxième tour : faire barrage à l’extrême droite (avec l’option : sans consigne de vote). On se rappelle le coup fantastique de 2002 ou toute la « gauche » a voté pour ……  Chirac ! (Merci Jospin, celui-là même qui avait pour ministre de l’enseignement … Mélenchon.).

Et puis il y a le cortège des idiots utiles qui, quelques soient leurs « programmes » laissent planer l’idée que « voter c’est peser », que participer à cette farce c’est ça la « démocratiiiie) !

Et Lepen ? Tout a été fait depuis des années pour recycler les idées de l’extrême droite. Peu à peu le FN a gravi les échelons. L’électorat est populaire nous dit-on. Oui dans beaucoup de secteur c’est la vérité (Nord). Mais comment cela se peut-il ? Comment nait l’extrême droite ? Nous le savons parfaitement. Il faut d’abord liquider tout idéal révolutionnaire dans la tête des gens (et en Allemagne des années 20-30 ce fut même l’assassinat pur et simple des dirigeants syndicaux et politiques par le socialistes !) – Dès lors que le parti dit communiste a choisi la voie électorale (années 50), dès lors qu’il abandonna les quartiers et ses habitants peu à peu isolés et marginalisés, dès lors que les ouvriers furent écrasés par la destruction des outils de production (mines, aciéries, industrie lourde  –  Dans le Nord, espérance de vie 58 ans, revenu moyen 800 euros/mois !) et bien le terrain fut près pour le travail (efficace) de l’extrême droite et des religieux.

Dans d’autres zones, c’est sur d’autres couches déclassées de la petite bourgeoisie que le FN fait son beurre (anciens pieds noirs, commerçants ou artisans conduits à la faillite).

Et tout cela ça fait beaucoup de monde, électoralement parlant.

 

Qui la Bourgeoisie va-t-elle choisir au final ? Macron semble bénéficier de tous les atouts. La presse lui est tout entière acquise. Tous les bobos, tous ceux qu’ont fait saliver au seul nom de Lepen seront présents au deuxième tour pour le soutenir (comme en 2002).

Mais tout cela fait-il vraiment un choix ? Macron ou Lepen ? la crise doit être gérée au mieux !

Dans ce suffrage universel il y a toujours une courte incertitude. Qui que ce soit qui accède au poste  envié de premier larbin de France (Président) il (ou elle) devra se soumettre aux diktats de la bourgeoisie.

Si c’est Macron ce sera tout de suite, si c’est Lepen au bout de quelques mois, tout rentrera dans l’ordre (capitaliste).

L’intérêt du Capital est actuellement en grand danger et les amateurs ou les politicards classiques ont fait leur temps. Les capitalistes ne vont pas faire dans la dentelle. Macron ou Lepen seront des exécutants.

Qu’on ne nous demande pas de choisir qui va nous tondre !

 Capitalisme

OCF  –  4 Mars 2017

Les Guerres de Staline, une préface de Annie Lacroix-Riz

« …nous sommes en 2017, c’est-à-dire l’anniversaire de la Révolution bolchevique. S’il n’est pas question de limiter cette révolution au seul Staline, il serait temps de réfléchir aux conditions de la déstalinisation en France. Comme il faudrait analyser cette révolution d’octobre dans la diversité de sa postérité pour la célébrer et y associer un maximum de gens, des communistes et des non-communistes. » (note de Danielle Bleitrach)

stalins-warLe travail d’Annie-Lacroix-Riz est irremplaçable, elle aura représenté non seulement l’honneur des communistes, mais celui des historiens français qui sont loin d’accomplir le travail sur archives de leurs collègues anglo-saxons. Il y a ceux qui comme Geoffroy Roberts rétablissent les faits occultés par la propagande, mais même la lecture de certains ouvrages superficiels et à charge peuvent être précieux. En lisant Staline, la cour du tsar rouge de Simone Sebag Montefiore, je me disais que si on rétablissait le contexte politique et si l’on enlevait les adjectifs négatifs dont il truffe son exposé, son livre serait une admirable critique du portrait de Staline tel qu’on nous le caricature. Simplement en restant sur l’exposé du contenu des lettres et des compte-rendu des séances du politburo. Les éditions Delga jouent aussi un rôle important et le drame vécu par tous ces gens est l’absence de relais, c’est peu de le dire de la presse communiste et du parti communiste. Pourtant, nous sommes en 2017, c’est-à-dire l’anniversaire de la Révolution bolchevique. S’il n’est pas question de limiter cette révolution au seul Staline, il serait temps de réfléchir aux conditions de la déstalinisation en France. Comme il faudrait analyser cette révolution d’octobre dans la diversité de sa postérité pour la célébrer et y associer un maximum de gens, des communistes et des non-communistes (note de Danielle Bleitrach)

On ne saurait assez souligner l’importance du dernier ouvrage, sur « les guerres de Staline », de Geoffrey Roberts (1), dont les travaux, depuis 1989, et un livre sur le pacte germano-soviétique (The Unholy Alliance : Stalin’s Pact With Hitler, I. B. Tauris, Londres) balaient la caricature de Joseph Staline dressée par la « soviétologie » française depuis l’ère Courtois-Furet. Mais Roberts, non traduit, est inconnu en France.

L’historien britannique décrit les années 1939-1953 en croisant systématiquement les archives soviétiques avec les témoignages politiques et militaires a posteriori. Les deux premières parties (avant-guerre et guerre) sont les plus passionnantes et documentées. La première (trois chapitres), consacrée à la période séparant le pacte de non-agression du 23 août 1939 de l’assaut allemand du 22 juin 1941, inclut la « guerre d’hiver » contre la Finlande (décembre 1939 – mars 1940), florilège de la propagande antisoviétique d’alors et d’aujourd’hui, et les exécutions de Katyn. La « grande guerre patriotique » (six chapitres) dresse Staline en grand chef politique et militaire, entre résistance et difficultés terribles du début, leçons tirées des revers et extraordinaires victoires qui abattirent la Wehrmacht. Les étapes de cette guerre d’extermination allemande et d’héroïsme soviétique sont décrites avec un talent et une passion qui convertiraient aux vertus de l’histoire militaire les lecteurs les plus rebelles.

Roberts a d’ailleurs largement puisé aux énormes ressources anglophones d’une historiographie militaire renouvelée depuis plus de dix ans. S’y distinguent : 1. sur la guerre et sa conduite, un livre de David M. Glantz et Jonathan M. House (2), qui a ouvert la voie à de nombreux travaux récents, mais souvent plus conformes à la russophobie ambiante, dont Michael Jabara Carley vient de rendre excellemment compte (3) ; 2. sur le sort quotidien du soldat de l’Armée rouge, héros d’une guerre d’extermination allemande que les Soviétiques transformèrent en odyssée populaire, l’édition, par Antony Beevor et Luba Vinogradova, récemment traduite en français, des « carnets de guerre » du journaliste et écrivain Vassili Grossman (4).

L’« Occident » désormais dirigé par les Etats-Unis mua, la guerre à peine finie, les héros soviétiques en ennemis jurés de la guerre froide (trois chapitres). Roberts postule l’erreur de perception américaine des intentions soviétiques – pacifiques mais mal interprétées par Washington –, et inversement, Moscou se prenant à nouveau, à tort ou à raison, pour une forteresse assiégée. Son approche psychologique l’éloigne des « révisionnistes » américains. D’après eux, le colosse militaire soviétique, si indispensable jusqu’au début de 1945 pour vaincre le Reich, mais mis à terre par cette guerre impitoyable, ne put pas grand-chose contre la capacité des Etats-Unis à le réduire à l’impuissance et à transformer en nouveau « cordon sanitaire » sa zone d’influence si chèrement acquise. Mais Roberts partage avec les historiens « radicaux » l’analyse de la double obsession de Staline : assurer pour quelques décennies la sécurité à l’URSS ravagée et maintenir contre vents et marée les efforts, nés avec Lénine, de coexistence pacifique avec le « camp impérialiste ».

Alexander Werth, dans son grand ouvrage de 1964 (La Russie en guerre, Stock, Paris), mettait en garde contre la réécriture khrouchtchévienne de l’histoire soviétique, dominante depuis deux décennies en France. Il requérait l’examen serein du rôle de celui que des centaines de millions de personnes, en URSS et en dehors, célébraient depuis Stalingrad comme l’artisan essentiel de la victoire contre le Reich hitlérien et contre le fascisme. Le livre de Roberts marque à cet égard une étape majeure.

Annie Lacroix-Riz

Professeur d’histoire contemporaine, université Paris-VII, auteure des essais Le Vatican, l’Europe et le Reich 1914-1944 et Le Choix de la défaite : les élites françaises dans les années 1930,Armand Colin, Paris, 1996 et 2006.

(1) Stalin’s Wars : From World War to Cold War, 1939-1953, Yale University Press, New Haven et Londres, 2006, 496 pages, 35 dollars.

(2) When Titans Clashed : How the Red Army Stopped Hitler, University Press of Kansas, Lawrence (Kansas), 1995, 418 pages, 13 euros.

(3) « Years of war in the East, 1939-1945 : A review article », Europe-Asia Studies, vol. 59, n° 2, mars 2007, Londres – New York, p. 331-352.

(4) Carnets de guerre. De Moscou à Berlin, 1941-1945, Calmann-Lévy, Paris, 2007, 390 pages, 22 euros.

 

Source: https://histoireetsociete.wordpress.com/2017/02/05/du-nouveau-sur-un-certain-staline/