Avec l’échec de Le Pen, rien ne change pour l’antiracisme et l’antifascisme de classe

COMBATTRE LE FASCISME,

ABATTRE LE CAPITALISME!

 

Ouf, elle n’est pas passée… c’est le sentiment autour de nous. Mais en 2002, le père n’était pas passé non plus et cela n’a pas freiné le développement du FN.

Le racisme est toujours là, s’est même renforcé autour de nous.

Il y a le racisme d’Etat, qu’il s’agisse de la recherche d’emploi, des discours islamophobes dans les médias ou des violences policières dans les quartiers. Le poison patriotique et nationaliste se répand dans tous les partis, la préférence nationale devient une banalité, le contrôle de l’immigration se renforce toujours plus, et ce sont tous les immigrés, avec ou sans papiers, tous les jeunes (et maintenant moins jeunes…) nés en France avec une couleur, un nom, une religion minoritaires ou minorisés qui trinquent.

Il y a aussi le poison du racisme individuel, issu de l’histoire coloniale de la France (et son actualité comme aux Antilles, à Mayotte, en Guyane ou en Kanaky) cette mentalité abjecte de petit-blanc qui ne supporte pas de voir des anciens colonisés revendiquer l’égalité des droits. Sentiment des Pieds Noirs, des racistes avérés, entretenu et développé par le FN et cie, sentiment confus de la concurrence entre travailleurs dans la crise capitaliste, il se heurte heureusement aux solidarités du combat social mené en commun, dans les entreprises ou dans les quartiers…

Ces deux formes de racisme se sont renforcées et s’appuient l’une sur l’autre, et les attentats ont attisé la flamme. C’est la confusion qui règne, très rares ont été celles et ceux qui ont dénoncé les interventions à l’étranger (Mali, Libye, Syrie, Afghanistan…) et ont qualifié les auteurs de fascistes. Le racisme d’Etat, les intellectuels à la botte ont préféré renforcer les contradictions en critiquant les musulmans ou ceux supposés l’être…

Le combat antiraciste se mène dans le combat commun, sur des positions antiracistes et de classe, au service des ouvriers et des prolétaires. Pour le combat commun contre la sous-traitance, la pénibilité dans les entreprises. Pour l’égalité des droits et la régularisation des sans-papiers, contre les violences policières dans les quartiers, contre les interventions à l’étranger, contre toutes les lois et mesures racistes, quelles qu’en soient les cibles. Toujours en dénonçant notre propre gouvernement, son Etat et le capitalisme qui en est le socle. Tout ne se réglera pas du jour au lendemain, mais c’est la seule voie pour construire une unité de combat, de classe, qui permettra de surmonter les appréhensions et les différences sur lesquelles s’appuient les racistes pour répandre leur venin.

Il se mène aussi dans nos rangs, parmi nos collègues et voisins, en remettant en cause les préjugés, en luttant sans concession contre les attitudes et les paroles chauvines et xénophobes, en exposant la manière dont l’impérialisme place la fraction immigrée de la classe ouvrière, les habitants des quartiers, dans une position subordonnée et discriminée. La lutte se mène aussi dans les rangs de notre classe et de nos organisations !

C’est pareil pour le combat antifasciste. Dans le sillage du FN se développent des groupuscules et organisations fascistes, racistes, homophobes et sexistes. Dans certaines villes, comme à Lyon ou Lille, ils ont pignon sur rue et prétendent annexer des quartiers entiers. Ils ont tué Clément Méric à Paris, Hervé Rybarczyk à Lille, ils font la chasse aux migrants à Calais, ils veulent imposer la terreur.

Avec la complaisance de la police et de la justice, c’est le moins qu’on puisse dire, et ce sont surtout les militants qui refusent de leur laisser le terrain qui sont attaqués.
Alors, on ne les laisse pas faire, on ne fait pas confiance à la justice et à la police (rappelons que pour celle-ci, on dit que 50% des flics votent FN !), et on s’organise, on manifeste pour interdire par nous-mêmes l’expression de ces noyaux fascisants !

 

Source:  http://ocml-vp.org/article1808.html

La Révolution d’Octobre est une percée vers une ère nouvelle

Le 13 mai à Moscou s’est tenue l’assemblée plénière du Comité central de l’organisation panrusse « scientifiques russes d’orientation socialiste » (RUSO, selon l’acronyme russe), consacré au 100e anniversaire de la Grande Révolution socialiste d’Octobre.

https://kprf.ru/ruso/165286.html

Service de presse du Comité central du Parti communiste. AlekseyBragin.
14/05/2017

La séance est présidée par le Président du CA RUSOIvan Nikitchuk. Sont présents égalementle vice-président du Comité central du KPRF, DmitriNovikov et le secrétaire du Comité central du KPRF Mikhaïl Kostrikov. Le Plénum RUSO a réuni plus de 100 personnes, y compris des invités étrangers en provenance du Venezuela, du Vietnam et d’Argentine.
Au début de la réunion, les membres de RUSO ont reçu des médailles commémoratives du Comité central du Parti communiste, « 100 ans de la Grande Révolution socialiste d’Octobre. » .
DmitriNovikov: « RUSO – est l’un des plus importants centres de recherche du Parti  »
La séance a été ouverte par le vice-président du Comité central du KPRF, DmitriNovikov. Il a transmis les salutations au Plénum du chef des forces patriotiques du peuple de Russie, Président du Comité central du Parti communiste, Guénnady Ziouganov.
« Toute force politique a besoin de capacités intellectuelles, de centres de recherche et d’analyse. Le Parti communiste n’est pas seulement une force politique. C’est un parti qui vise à transformer le système socio-politique et socio-économique actuel. Notre parti a une vision de l’avenir. Cet avenir c’est le socialisme », – dit Novikov.
« Une telle approche exige une étude scientifique des processus qui se déroulent dans la société: économiques, social, politiques, spirituels et culturels. Comme a dit Staline : « Sans théorie, nous somme morts. » Lorsqu’il ne s’agit pas d’un parti populiste, opportuniste, mais d’un parti avec une idéologie solide, on ne peut pas négliger l’importance des travaux théoriques et de recherche », – a déclaré DmitryGeorgievich.
« Maintenant, nous préparons activement le XVIIe Congrès du Parti communiste. Le Comité central du Parti communiste est le principal centre de recherche et d’analyse de notre Parti dans la période considérée. Un grand travail a été accompli. Le plénum du Comité central a étudié un certain nombre de questions importantes », – a déclaré Novikov.
« Ainsi, en octobre 2013 a été examinée la question nationale et les tâchesdu partie pour renforcer l’amitié entre les peuples. Un Plénum important a été celui d’octobre 2014, qui a examiné l’état de la classe ouvrière en Russie et les tâches du Parti pour travailler en milieu ouvrier. Le Parti communiste a donné sa définition du prolétariat russe moderne, nous avons souligné que la dictature du prolétariat est la dictature de la majorité, dirigée contre la dictature bourgeoise de la minorité ».
« En mars 2015, nous avons abordé la question de« L’héritage révolutionnaire de la Grande Révolution d’Octobre et les tâches du Parti communiste ». Quelques mois plus tard un plénum a examiné le problème de la politique de jeunesse du Parti. « Sur les tâches du Parti pour combattre l’antisoviétisme et la russophobie » – a été le thème de la dernière réunion plénière. Nous avons montré le contenu social et de classe de la russophobie et ses relations avec l’anti-soviétisme. Toutes ces sessions plénières ont joué un rôle majeur dans la lutte concernant d’importantes questions scientifiques, politiques, économiques et sociales du point de vue de l’analyse marxiste-léniniste ».
« Le Comité central du XV Congrès a donné dans son rapport politique une analyse des problèmes socio-économiques dans le monde d’aujourd’hui, il a introduit la caractéristique de la mondialisation, qui avait déjà été abordée dans les travaux de Ziouganov. Le parti considère le globalisme comme une forme moderne de l’impérialisme ».
« Tous ces thèmes examinés au Comité central du Parti communiste ont également fait l’objet d’une étude des scientifiques d’orientation socialiste. RUSO est l’un des plus importants centres d’analyse et de recherche, proche du Parti. Cette organisation ne comprend pas seulement des membres du Parti communiste. RUSO a parcouru un long chemin avec le parti et a contribué à l’étude d’un certain nombre de questions importantes », – a déclaré le vice-président du Comité central, faisant l’éloge de cette organisation.
« Il est important qu’entre le Comité central du Parti communiste et le Conseil de RUSOexiste une relation stable, et cette interaction est assurée par Ivan IgnatevichNikitchuk avec sûreté, intelligence et constance, » – a déclaré DmitryGeorgievich.
« A l’occasion du 100e anniversaire de la Grande Révolution socialiste d’Octobre nous organisons des conférences scientifiques, des tables rondes, il y a un grand travail éditorial. En novembre 2017 nos travaux seront clôturés solennellement au cours d’événements internationaux. La dix-neuvième Réunion internationale des Partis des travailleurs se tiendra début novembre à Saint-Pétersbourg. Ensuite, les participants viendront à Moscou pour y poursuivre le travail et tenir une table ronde consacrée au 100e anniversaire de la Grande Révolution socialiste d’Octobre. Nous avons déjà eu une réunion du groupe de travail sur les préparatifs de la réunion internationale », – a déclaré Novikov.
Dans la suite de son intervention il a également parlé du travail du Centre d’études politiques du Comité central du Parti communiste, de la chaîne de télévision « ligne rouge » et du journal « Pravda ».
« Nous nous heurtons à des forces politiques qui mènent leur propagande. Des moyens considérables sont engagés afin de fausser l’histoire de la Grande Révolution socialiste d’Octobre en Russie, de fausser l’histoire de l’édification soviétique », – a-t-il dit amèrement.
« Nous souhaitons sincèrement un plein succès aux activités de RUSO. C’est un centre intellectuel très important du parti, qui est amené à jouer un rôle particulier dans la promotion des réalisations du socialisme, défendre la vérité sur l’histoire soviétique, dans la lutte contre la falsification de notre passé. Nous avons beaucoup à faire. Et nous devons poursuivre dans cette voie avec honneur », – a dit en conclusion le vice-président du Comité central du Parti communiste.
IvanNikitchuk: « La Révolutiond’Octobreest une percée vers une ère nouvelle »
Puis le Président du CC deRUSONikitchuka présenté son exposé: « La Révolution d’Octobre est une percée vers une ère nouvelle»
– Camarades!
Le XX siècle a été marqué par plusieurs événements d’importance historique. C’est la victoire sur le fascisme dans la Seconde Guerre mondiale, la maîtrise de l’énergie atomique, et la percée humaine dans l’espace. Mais le plus remarquable est l’accomplissement de la Grande Révolution socialiste d’Octobre.
Nous, les scientifiques, fidèles aux principes des grandes idées du socialisme et du communisme, nous inclinons aujourd’hui avec respect et admiration devant l’héroïsme de nos ancêtres qui ont réalisé il y a cent ans une percée historique dans la lutte des travailleurs pour leur libération de l’oppression et de l’humiliation millénaires.
La victoire de la Grande Révolution socialiste d’Octobre est, en effet, un exploit sans précédent du prolétariat héroïque de la Russie pour briser la chaîne séculaire de l’exploitation de l’homme par l’homme. C’est à la fois l’hymne du parti bolchevique – le parti de Lénine et de Staline – qui a réussi à guider le vaisseau de la révolution versles grands espaces de la transformation socialiste. C’est aussi la symphonie majestueuse des bâtisseurs du socialisme en URSS, qui ont sauvé le monde du fascisme et créé dans une période historiquement courteune superpuissance, la première à s’élancer dans le cosmos. Enfin, c’est un clairon qui durant toutes les années du pouvoir soviétique a appelé les peuples opprimés à la lutte pour leur libération.
Le prolétariat de Russie, dirigé par le Parti bolchevique a pu non seulement renverser le pouvoir des capitalistes et des propriétaires, mais aussi conserver le pouvoir dans une lutte difficile contre l’intervention de l’encerclement capitaliste, qui avait déchaîné la guerre civile dans le pays.
Dans le creuset de la révolution est né un nouveau type d’état – l’état de la dictature du prolétariat et le pouvoir soviétique – lepouvoir des travailleurs et de la paysannerie laborieuse.
Les libéraux et antisoviétiques d’aujourd’hui présentent souvent la Russie tsariste comme un quasi paradis sur terre, que les bolcheviks ont détruit en prenant le pouvoir. Qu’en était-il de ce paradis?
Dans la production mondiale de 1913, la part de la Russie était d’environ 2%, tandis que la part des pays avancés (Etats-Unis, Allemagne, Angleterre, France) était de 20 à 7%. Pour le montant du produit national brut par habitant la Russie était inférieure aux Etats-Unis de 9,5 fois, la Grande-Bretagne – 4,5, l’Allemagne – 3,5.
La productivité du travail dans l’industrie en Russie était inférieure à celle des États-Unis de 9 fois; Angleterre – 5 fois; Allemagne – 4 fois.
Tout aussi décevant était l’état de l’agriculture. Au XIXe siècle, la Russie a connu 40 disettes. En 1911-1912, la famine a balayé 60 provinces. 30 millions de personnes étaient entre la vie et la mort. Selon diverses estimations, en 1901-1912, la famine a tué près de 8 millions de gens.
Plus de 52% des fermes d’élevage cultivaient la terre avec des araires. En 1913, il n’y avait que 152 tracteurs en Russie (aux Etats-Unis, Allemagne, France, Belgique, Pays-Bas, Danemark les tracteurs se comptaient par dizaines de milliers). 80% du travail agricole était fait à la main.
Dans la lutte contre les maladies l’homme russe était livré à lui-même. Pour 10.000 habitants en Russie il y avait 1,6 médecins, 1,7auxiliaires de santé, 1,7 obstétricien et sage-femme. A la campagne, 1 médecin pour 26.000 ha.
En 1913, un but chez les patients russes souffrant de maladies infectieuses chroniques, il y avait près de 22 millions. Les gens (13% de la population).
Sur 1.000 nouveau-nés, 263 mourraient en Russie avant l’âge de 1 an. En Suède, 70, au Royaume-Uni, 108 et aux États-Unis et en France – 112-115.
Plus de 70% de la population était analphabète. En 1913, le nombre d’étudiants dans tous les types d’écoles (y compris religieuse et militaire) était seulement d’environ 10 millions. Man. Pour 1000 habitants il y avait 1,7 enseignants, aux États-Unis – 3 fois plus.
Aux États-Unis il y avait plusieurs dizaines d’universités de niveau universitaire, en Angleterre, 18 universités, en Allemagne, 22, en France, 14, en Russie – 8.
La corruption frappait même les plus hautes sphères du pouvoir. Le Grand-Duc AlexeiAlexandrovicha pillé les fonds alloués pour la construction de cuirassés de type « Borodino », suite à quoila Russie en 1904 au lieu de 10 cuirassés de ce type en avait seulement 5.Sur les destroyers russes, croiseurs et cuirassés il y avait des turbines allemandes, des gyrocompas et télémètres suédois et anglais. Le petit nombre d’avions et de véhicules militaires étaient presque exclusivement de production étrangère.
Voici l’héritage reçu parles bolcheviks enoctobre 1917. Mais la situation a été rendue encore plus compliquée après une guerre civile dévastatrice.
Le Grand Octobre a sauvé la Russie de la ruine et malgré la dévastation et les victimes de la guerre civile, a donné une forte impulsion à son développement.
Déjà en mars 1921, le dixième Congrès du RCP (b) décidé la transition vers la NEP. Avant cela, en 1920, le gouvernement de RSFSR sous la direction de Lénine a élaboré un plan prometteur pour l’électrification du pays (GOERLO). Le résultat n’a pas tardé à venir. Le chiffre de la production industrielle brute en 1925 a atteint 75%du niveau de 1913, et en 1926 il l’a dépassé de 8%. Les produits de l’industrie de l’ingénierie en 1925 ont dépassé le niveau d’avant-guerre de 13%. Le pétrole et le charbon ont retrouvé à peu près leur niveau d’avant-guerre. Les industries légère et alimentaire ont été restaurées pour l’essentiel. En 1925, l’agriculture a été remise en état.
En 1926, l’Union soviétique est entrée dans une période de lutte pour l’industrialisation et la collectivisation de l’agriculture.
Le premier plan de développement économique quinquennal (1928-1933)avait pour principal objectifs de transformation l’URSS d’un pays agraire et arriéré à un pays industriel, créant ainsi une économie capable de rénover tous les secteurs de l’économie, renforcer la capacité de défense de l’URSS, élever le niveau de vie matériel et culturel du peuple soviétique.
Les objectifs du premier plan quinquennal ont été respectés. Sont apparus les premiers géants de l’industrie,combinats de fer et acier à Magnitogorsk et Kouznetsk, les usines de tracteurs à Kharkov et Tcheliabinsk, les usines d’automobiles à Moscou et Nijni-Novgorod.
Le Deuxième plan de développement quinquennal (1933-1937) a été réalisé en 4 ans et 3 mois. En 1937, l’industrie a atteint 2,2 fois le niveau de 1932, l’industrie lourde 3,4 fois. Les produits d’ingénierie ont augmenté de près de 1,5 fois.
Le troisième plan quinquennal (1937 -1941) prévoyait la poursuite du développement du fer et de l’acier, des industries du charbon et du pétrole, en particulier la mise en place dans la zone située entre la Volga et l’Oural d’une nouvelle base oléifère,le Deuxième Bakou. L’objectif était de rattraper et dépasser le niveau de la production par habitant des pays capitalistes développés.
La mise en œuvre du plan quinquennal allait bon train. Elle a été interrompue par la guerre, déclenchée par l’Allemagne nazie.
Au début de la guerre, l’Union soviétique possédait une puissante industrie, une agriculture socialiste développée et une main-d’œuvre qualifiée. Le 1er janvier 1941 le nombre de spécialistes de l’économie nationale a atteint 2,4 millions de personnes, dont 909 000 avaient une éducation supérieure et 1,5 million de personnes une éducation secondairespécialisée. Dans la dernière année d’avant-guerre, le nombre de diplômés en génie était de 295.000, aux États-Unis 170.000.
L’Etat soviétique au cours des années des plans quinquennaux d’avant-guerre a fait des progrès considérables dans le développement de l’industrie. En 1940, la production d’électricité par rapport à 1913 avait augmenté de 25 fois. La production de charbon multipliée par rapport à 1913 par plus de 6. La production brute de l’industrie chimique, y compris les mines et les produits chimiques, a augmenté de 25 fois.
La production brute de la construction mécanique, en 1940, a dépassé le niveau de 1913 de 30 fois. De nombreuses branches de l’ingénierie ont été créées à partir de zéro dans l’ère soviétique: les tracteurs, l’automobile, l’industrie de l’aviation et d’autres.
En 1940, l’URSS possédait d’une agriculturedéveloppée. Dans le pays, il y avait 237.000kolkhozes et 4.000 sovkhozes, sept mille MTS. L’agriculture disposait de 531.000 tracteurs, 182.000 moissonneuses-batteuses, 228.000 camions et autres véhicules.
Les années de guerre ont démontré une fois de plus les avantages de l’économie soviétique, qui lui ont permis de tenir, de se regrouper, de fournirau front tout le nécessaire dans les conditions les plus difficiles.
Pendant la guerre, le pays a perdu environ 27 millions de citoyens et subi d’énormes pertes matérielles, qui se montent à une somme astronomique – environ 3 billions de roubles soviétiques. Ont été entièrement ou partiellement détruites 1.710 villes et agglomérations urbaines, plus de 70 000 villages, environ 32 000 entreprises industrielles, 65.000 km de voies ferrées, 75 millions personnes se sont retrouvées sans toit. Les envahisseurs ont détruit 98.000 fermes collectives et 1.876 fermes d’État, ils ont emporté et égorgé plusieurs millions de bovins.
Au cours des cinq premières années après la guerre ont été restaurées ou reconstruites plus de 6.000 entreprises industrielles. Au cours de ces années, les fondations ont été posées de l’énergie nucléaire et de l’électronique. En 1948, près de Tcheliabinsk a eu lieu le lancement du premier réacteur nucléaire et mise en service une usine de séparation du plutonium radiochimique. Cela nous a permis de commencer à tester des armes nucléaires. Le 29 août 1949 sur le site d’essais nucléaires de Semipalatinsk a été testée la première bombe atomique soviétique RDS-1, mettant un terme au monopole américain sur les armes nucléaires.
Dans les années d’après-guerre, le pays s’est développé rapidement avec une augmentation d’environ 10% annuel. Un symbole du progrès technologique URSS a étéla conquête du cosmos. En octobre 1957 a été lancé le premier satellite artificiel. Et en avril 1961, est entré dans l’espace le premier homme dans le monde, le soviétique, le communiste Youri Gagarine.
Au milieu des années 80, l’Union soviétique était devenue une grande puissance qui de nombreux points occupaitla première place au monde. L’autorité de l’URSS sur la scène internationale était incontestée. De nouvelles branches de la science et de la technologie apparurent, liées à l’espace, au développement de l’énergie nucléaire.
L’enseignement secondaire et supérieurétaient complètement gratuits. Au début des années 80 l’Union soviétique avait 856 établissements supérieurs (dont 65 universités), avec un effectif de près de 5 millions d’étudiants. Pour le nombre d’étudiants par 10.000ha l’Union soviétique devançait significativement des pays tels que le Royaume-Uni, la République fédérale Allemande, la France, le Japon et d’autres. Il y avait environ sept mille établissements d’enseignement professionnel, avec un effectif de 3,5 millions d’étudiants. Près de 200000 écoles secondaires, avec un effectif de 55 millions d’élèves.
Au début des années 80, la science en URSS est devenue l’un des secteurs les plus développés de l’économie. Les organisations scientifiques occupaient 1 million de chercheurs.
Après la victoire dans la Seconde Guerre mondiale la position de l’Union soviétique s’est considérablement renforcée. De nombreux pays d’Europe de l’Est, d’Asie et d’Amérique ont opté pour la voie socialiste du développement. Une organisation pour l’intégration économique de ces pays (CAEM) s’est constituée, ainsi qu’une alliance militaire – le Pacte de Varsovie, pour résister au bloc agressif de l’OTAN. Des troupes soviétiques étaient stationnées sur le territoire des démocraties populaires en Europe, ainsi qu’au Vietnam et à Cuba, garantissant à la population de ces pays une construction socialiste pacifique. Au début des années 80 du XX siècle, le socialisme était en position de vaincre dans unecompétition pacifique le capitalisme. Cependant, cela ne s’est pasproduit.
À un moment donné ce grand pays s’est retrouvé aux mains de bandits et d’escrocs. Le coup d’Etat contrerévolutionnaire, bien sûr, se préparaitdepuis de longues années. Le point dedépartse situe presque immédiatement après la mort de Staline.
Les causes ce qui s’est passé peuvent être divisées en internes et externes.
Le renforcement de l’Union soviétique a porté à sa limite extrême la lutte tant ouverte que cachée du capital contre le travail. Le capitalisme avait peur de la montée en puissance de l’Union soviétique, la croissance de son prestige international. Le camp capitaliste, déchiré lui-même par des contradictions internes, en prévision de la prochaine crise qui pourrait être la dernière, avait besoin de « sang frais » – de nouveaux marchés pour leurs produits, de nouvelles sources de matières premières, de main-d’œuvre bon marché. Et une telle source pouvait devenir et est effectivement devenue l’URSS et les pays socialistes. Les principaux pays capitalistes, en particulier les États-Unis, n’ont pas lésiné sur la dépense de plusieurs milliards de dollars pour la propagande antisoviétique, la formation dans les pays soviétiques d’une « cinquième colonne » de traîtres et renégats. L’un des points clés de cette propagande était la thèse de l’absence en URSS de « vraie démocratie. » C’est cette démagogie de la démocratie qui a été le principal pilon compresseur utilisé contre le socialisme soviétique. Il y a eu aussi l’introduction des relations de marché dans la production, lorsque le profit est devenu la mesure du succès. Cela a créé une âpreté au gain, et a changé la psychologie des travailleurs. Nous avons eu ensuite la devise hypocrite de Gorbatchev: « Plus de démocratie – plus de socialisme ». Sous cette couverture démagogique la classe ouvrière n’a pas vu venirle harnais de l’exploitation qui devait à nouveau l’asservir. Elle n’a pas remarqué qu’elle devenait une nouvelle fois le vendeur de sa force de travail. Le soutien social de Gorbatchev,c’était l’économie del’ombre (criminelle) et le mouvement prétendument coopératif. Désorienté par le bruit médiatique, l’homme de la rue s’est laissé rouler dans la farine par les « valeurs universelles » de la perestroïka de Gorbatchev, tandis que des escrocs stipendiés et des « extralucides » invitaient le public à placer devantla télévision et la radio des récipients avec de l’eau pour la charger de leur énergie vivifiante, capable de soigner toutes sortes de maux. Résultat, les maladiessont restées, mais le pays s’est dissout.
Mais le fait que le travailleur soviétique, devenu un petit bourgeois, ait avalé avec plaisir ce brouet toxique est de notre responsabilité, tout d’abord, à nous, les communistes, le Parti communiste dans son ensemble. Les raisons en sont le renoncement aux normes léninistes de la vie du parti, la promotion à l’intérieur du parti de démagogues et d’ignorants, d’intrigants et de traîtres, le manque d’attention au développement de la doctrine marxiste-léniniste, la fuite en avant, l’abolition de la dictature du prolétariat, l’introduction dans l’économie socialiste d’éléments de gestion incompatibles, le formalisme dans l’éducation de l’homme nouveau – constructeur du futur socialiste.
Le formalisme dans l’éducation de l’homme nouveau a été, peut-être, l’un des principaux facteurs de la défaite du socialisme. Le Parti a sous-estimé la présence dans l’état d’esprit de propriétés et aspirations qui sont étrangères à l’homme de l’avenir socialiste et communiste, formées dans la longue histoire de l’humanité. Ce désir de vivre dans le luxe, la richesse, au détriment des autres, de vivre en profiteur, de voler, d’arracher, etc. Ces propriétés ont largement déterminé le comportement des gens sous le système esclavagiste, le féodalisme et le capitalisme. Ces propriétés sont dans bien des cas, la cause de nombreuses conquêtes militaires. Ce sont ces qualités viles de l’homme sur lesquelles se sont appuyés ceux en 1991 et les années suivantes ont écrasé l’Union soviétique. Nous nous souvenons tous de fausses promesses de devenir le propriétaire de deux « Volga » pour un voucher, ou le slogan publicitaire de Golubkov « Nous restons assis ne rien faire et l’argent goutte à goutte» -, etc. Il suffisait d’ouvrir la boîte de Pandore, et les gens ont massivement oublié les idéaux de la justice, la fraternité, l’amitié, l’altruisme, et les serments, trahissant en même temps non seulement le gouvernement soviétique, le parti, mais aussi leurs pères et grands-pères qui ont sacrifié leur vie pour défendre le pouvoirdes Soviets, et ils se sont précipités dans le tourbillon du marché dans l’espoir de s’enrichir. Mais sous ce beau papier d’emballage, pour la grande majorité,ce furent la ruine et la pauvreté.
La prise en compte insuffisante de l’influence de ces mauvais traits de la nature humaine, alliée au populisme primitif, sont visibles également dans la tentation de brûler les étapes, quand on a commencé à faire la promesse que « la génération actuelle de peuple soviétique vivra sous le communisme. » La promesse Khrouchtchévienne de construire le communisme en 20 ans a compromis l’idée socialiste. De plus, ellea, bien qu’indirectement, fait pencher très dangereusementle peuple en faveur de la « société de consommation » à l’occidentale.
Après la mort de Staline, il y a eu une épuration des cadres idéologiques. En conséquence, c’est l’intelligence du parti et du peuple soviétiquequi ont souffert, ses buts ont été dénaturés. A cette époque, ont été adoptées non seulement des décisions idéologiquement peu judicieuses, mais simplement hostiles au Parti et à tout le peuple soviétique.
Une de ces décisions est l’abolition de la dictature du prolétariat. Ce problème est l’un des plus importants et fondamentaux du marxisme. Dans le programme du parti adopté au XXII Congrès, l’état de la dictature du prolétariat s’est transformé en Etat du peuple tout entier, un organe exprimant les intérêts et la volonté de tout le peuple. Cette thèse est dans son essence profondément non scientifique et contraire au marxisme-léninisme. Dans son célèbre ouvrage « L’économie et la politique à l’époque de la dictature du prolétariat » (octobre 1919), Lénine souligne en particulier: « Le socialisme signifie l’abolition des classes. La dictature du prolétariat a fait pour cette destruction tout ce qu’elle pouvait. Mais on ne peut pas détruire les classes immédiatement. Les classes restent et resteront à l’époque de la dictature du prolétariat. La dictature ne sera plus nécessaire lorsque les classes disparaitront. Elles ne disparaitront pas sans la dictature du prolétariat ». La société soviétique restait une société de classe, et soulèver la question de l’abolition de la dictature du prolétariat était une grosse erreur, ce qui a également contribué à l’effondrement de l’URSS.
Une autre décision qui a porté un coup irréparable à la conscience sociale du peuple soviétique, ce fut la soi-disant démystification du « culte de la personnalité », qui n’a pas été dictée par les circonstances objectives des activités de Staline, mais basée sur l’animosité personnelle de Khrouchtchev envers Staline. Soit dit en passant, les positions du rapport secret de Khrouchtchev, adoptées par le XXe Congrès du PCUS « pour information », sont toujours en vigueur. Nous pensons que le Comité central du Parti communiste devrait discuter de cette question et prendre sa décision lors du prochain congrès du parti et dans un communiqué désavouer la position du rapport Khrouchtchev. Il est nécessaire de mettre un point final à cette question, formuler exactement l’attitude du parti face aux insinuations sur les activités de Staline.
Toutes ces erreurs ont finalement conduit au coup d’Etat contre-révolutionnaire avec chars pointés sur le pouvoir soviétique, un tournant tragique dans l’histoire de notre Etat et la nation, la communauté socialiste, qui a influencé tout le cours de l’histoire mondiale. Les échos de cet événement se poursuivent aujourd’hui, en prenant parfois la forme d’affrontements ethniques sanglants et de tragédies humaines. L’une d’elles sont les massacres du Donbass.
Depuis plus d’un quart de siècle, le pays se débat dans le marais du capitalisme sauvage. Le peuple a été pillé et jeté dans la misère par les prédicateurs de la « démocratie ». Au lieu de la démocratie, on a l’arbitraire bureaucratique généralisé, la violation cynique de la constitution, la prise illégale du pouvoir par la manipulation des résultats des campagnes électorales, toutes sortes de restrictions et le « filtre » à travers lequelsont nommés des candidats commodes pour la fonction publique à différents niveaux. Toutes les sphères de la société ont subi d’énormes dégâts. Ont été détruit des secteurs entiers de l’économie, la campagne est dévastée. Les citoyens ont été privés des principales réalisations du socialisme – le droit au travail, aux loisirs, au logement, à l’éducation et aux soins de santégratuits. Le marché intérieur a été inondé de marchandises étrangères. Le pays a, en effet, cessé de produire quoi que ce soit d’autre que l’énergie et d’autres matières premières, devenant un appendice de l’économie de l’Ouest. Le pays est plongé dans une crise permanente, dont on ne voit pas la fin. Les autorités n’ont pas de plans ou de stratégies, ou bienleurs plans et stratégies, consciemment ou inconsciemment, conduisent à la destruction du pays.
L’éducation, la santé et la science ont été victimes d’une réforme sauvage. La part de la Russie dans l’économie mondiale en 2014 était d’environ 5%, en 2016 de 3,3%, en 2020, elle sera de 2,6%, près des indicateurs de la Russie tsariste en 1913. En 2016, en termes de PIB, la Russie est classée 6e dans le monde, mais le PIB par habitant est 44ème.
Le pays est livré à une vente aux enchères, qui se poursuit encore aujourd’hui. Le nombre total de sociétés entièrement détenues par l’État ne représente aujourd’hui que 9%. Le gouvernement, le 2 février de cette année, a examiné, et maintenant envisage sérieusement la privatisation de VTB, des chemins de fer russes, de la poste russe et d’autres avoirs majeurs. Il est prévu de transférer dans des mains privées, y compris étrangères, environ 500 sociétés anonymes, 300 FSUE. La privatisation guette plus d’un millier d’autres objets de propriété de l’Etat. Toute cette machine sera vendue en trois ans pour une somme ridicule, le budget chaque année recevra 56 milliards deroubles.
Aujourd’hui, l’économie appartient à la Russieseulement pour moitié. Au début de 2015, dans le secteur de l’extraction des minéraux, la part des capitaux étrangers était égale à 56%, dans l’industrie manufacturière, 40%, dans la production d’électricité – 30%, dans le secteur du commerce de gros et de détail – 90%. De plus, au cours des 3 dernières années la part de capitaux étrangers a augmenté d’un tiers. Un jour, nous pouvons nous réveiller dans un pays qui ne nous appartient pas.
/…/
En ce qui concerne la forme de la restauration du pouvoir soviétique, elle peut être relativement paisible, si la bourgeoisie russe pour son auto-préservation renonce à la violence contre les masses laborieuses, quand elles voudront se débarrasser de son omnipotence. Mais le meilleur exemple de libération nous est montré par l’héroïque prolétariat russe, qui sous la direction des bolcheviks aobtenu la victoire dans la Grande Révolution socialiste d’Octobre. Et cet exemple devrait nous inspirer à de nouvelles victoires.
Je vous remercie pour votre attention!

 

Source: http://wp.me/p1EACY-eox

Des banquiers anglo-saxons ont organisé la Seconde Guerre mondiale

À la veille du 72e Anniversaire de la victoire des forces Alliés et du Front uni contre le fascisme et la guerre sous la direction de l’armée rouge de Staline et des soviétiques sur les forces fascistes et nazies du IIIe Reich, il nous fait plaisir de re-publier un texte qui est peut-être passée inaperçu lors de sa première sortie il y a deux ans et dont nous venons tout juste de retrouver le lien hypertexte sur le site web
par Valentin Katasonov
À l’occasion du 70e anniversaire de la Victoire contre le nazisme, nous publions une étude de Valentin Katasonov sur le financement du NSDAP et le réarmement du Troisième Reich. L’auteur s’appuie sur des documents publiés en 2012 qui confirment l’organisation de la Seconde Guerre mondiale par des banquiers états-uniens et britanniques, couverts par le président Franklin Roosevelt et le Premier ministre Neville Chamberlain, dans l’espoir de détruire l’URSS. Cette étude soulève de nouvelles questions qui seront abordées dans un prochain article.
Réseau Voltaire International | Moscou (Russie) | 11 mai 2015

Hjalmar Schacht (à gauche), le ministre des Finances de Hitler, avec son bon ami Montagu Norman, gouverneur de la Banque d’Angleterre de 1920 à 1944. Selon les documents révélés par la Banque d’Angleterre en 2012, l’or tchécoslovaque avait été déposé à Londres dans un sous-compte au nom de la Banque des règlements internationaux (BRI). Lorsque les nazis entrèrent à Prague, en mars 1939, ils envoyèrent immédiatement des soldats à la Banque nationale. Les administrateurs tchèques reçurent ordre, sous peine de mort, d’envoyer deux demandes de transfert. La première ordonnait à la BRI de transférer 23,1 tonnes d’or de son sous-compte tchécoslovaque de la Banque d’Angleterre, au sous-compte de la Reichsbank, également tenu à Threadneedle Street. Le deuxième ordre chargeait la Banque d’Angleterre de transférer près de 27 tonnes de l’or détenu en nom propre par la Banque nationale de Tchécoslovaquie au sous-compte de la BRI à la Banque d’Angleterre.
La guerre n’a pas été déclenchée par un Führer enragé qui se trouvait à diriger l’Allemagne à cette époque. La Seconde Guerre mondiale est l’œuvre d’une oligarchie mondiale, ou plus précisément des ploutocrates anglo-américains.

Utilisant des instruments tels que la Réserve fédérale US et la Banque d’Angleterre, ils ont commencé à se préparer pour le prochain conflit d’ampleur mondiale immédiatement après la Première Guerre mondiale. Leur cible était l’URSS.

Les plans Dawes et Young, la création de la Banque des règlements internationaux (BRI), la suspension du paiement des réparations par l’Allemagne prévues par le Traité de Versailles et l’acquiescement des anciens alliés de la Russie à cette décision, les investissements étrangers massifs dans l’économie du Troisième Reich, la militarisation de l’économie allemande et les violations du Traité de Versailles sont autant de jalons sur le chemin conduisant à la guerre.
Derrière ce complot se tenaient des personnages-clefs : les Rockefeller, les Morgan, Lord Montagu Norman (gouverneur de la Banque d’Angleterre) et Hjalmar Schacht (président de la Reichsbank et ministre de l’Économie du gouvernement de Hitler). Le programme stratégique des Rockefeller et des Morgan était de subjuguer l’Europe économiquement, de saturer l’Allemagne d’investissements et de crédits étrangers, et de l’amener à délivrer un coup mortel à la Russie soviétique, afin que celle-ci revienne au capitalisme en tant que colonie.
Montagu Norman (1871-1950) a joué un rôle important d’intermédiaire dans le dialogue entre les milieux financiers américains et les chefs d’entreprise allemands. Hjalmar Schacht a organisé la reconstitution du secteur défense de l’économie allemande. L’opération menée par les ploutocrates était dissimulée par des politiciens tels que Franklin Roosevelt, Neville Chamberlain et Winston Churchill. En Allemagne, ces projets étaient exécutés par Hitler et Hjalmar Schacht. Selon certains historiens, Hjalmar Schacht a joué un rôle plus important que Hitler. Seulement, il restait dans l’ombre.
À l’issue de la Première guerre mondiale, le Plan Dawes visait à compromettre la Triple Entente et à collecter les réparations de guerre auprès de l’Allemagne. Le Plan Dawes (proposé par le Comité Dawes, présidé par Charles G. Dawes) désignait une tentative faite en 1924 de résoudre le problème des réparations, qui avait miné la politique internationale après la Première guerre mondiale et le Traité de Versailles (la France, réticente, a perçu plus de 50 % du montant des réparations). Entre 1924 et 1929, l’Allemagne a reçu 2,5 milliards de dollars des États-Unis et 1,5 milliards de la Grande-Bretagne dans le cadre du Plan Dawes. Il s’agit de sommes considérables, qui correspondent à 1 trillion (mille milliards) de dollars d’aujourd’hui. Hjalmar Schacht a joué un rôle actif dans la mise en œuvre du Plan Dawes. En 1929, il a résumé les résultats en déclarant qu’en 5 ans, l’Allemagne avait reçu davantage de prêts étrangers que les États-Unis au cours des 40 années ayant précédé la Première guerre mondiale. En conséquence, en 1929, l’Allemagne était devenue la deuxième puissance industrielle mondiale, devant la Grande-Bretagne.
Dans les années 1930, l’Allemagne a continué de bénéficier d’investissements et de prêts. Rédigé en 1929 et adopté officiellement en 1930, le Plan Dawes désignait un programme visant à régler les dettes de guerre allemandes à l’issue de la Première guerre mondiale. Il a été présenté par le comité présidé (1929-30) par l’industriel américain Owen D. Young, fondateur et ex-premier président de Radio Corporation of America (RCA). À l’époque, Young siégeait également au conseil d’administration de la Fondation Rockefeller, et il avait en outre été l’un des représentants impliqués dans un dispositif de réaménagement des réparations de guerre, le Plan Dawes de 1924. Selon le plan, la Banque des Règlements Internationaux (BRI) a été créée en 1930 pour permettre à l’Allemagne de payer les réparations aux vainqueurs. En réalité, l’argent a pris une toute autre direction, à savoir qu’il est parti des États-Unis et de la Grande-Bretagne pour arriver en Allemagne. Le capital de la majorité des sociétés allemandes ayant une importance stratégique était, intégralement ou partiellement, américain. Une partie était détenue par des investisseurs britanniques. Les secteurs du raffinage du pétrole et de la liquéfaction du charbon de l’économie allemande étaient dans les mains de Standard Oil (les Rockefeller). Le géant de l’industrie chimique Farbenindustrie AG est passé sous le contrôle du groupe Morgan. Quarante pourcent du réseau téléphonique et 30 % des actions de Focke Wulf étaient sous le contrôle de la société américaine ITT. La radio et les géants de l’industrie électrique AEG, Siemens et Osram sont passés sous le contrôle d’American General Electric. ITT et General Electric faisaient partie de l’empire de Morgan. Cent pourcent des actions Volkswagen appartenaient à l’Américain Ford. Au moment où Hitler a accédé au pouvoir, le capital financier US contrôlait quasiment tous les secteurs d’importance stratégique de l’industrie allemande : raffinage du pétrole, production de carburant de synthèse, chimie, construction automobile, aviation, ingénierie électrique, radio, ainsi qu’une grande partie de l’industrie de la construction mécanique (278 sociétés au total). Les grandes banques allemandes, telles que la Deutsche Bank, la Dresdner Bank, la Donat Bank et quelques autres, étaient sous contrôle US.
Le 30 janvier 1933, Hitler devenait chancelier d’Allemagne. Auparavant, sa candidature avait été étudiée à la loupe par les banquiers américains. Hjalmar Schacht s’est rendu aux ÉtatsUnis à l’automne 1930 pour parler de cette nomination avec des collègues américains. La désignation de Hitler a finalement été approuvée lors d’une réunion secrète de financiers aux États-Unis. Schacht a passé toute l’année 1932 à convaincre les banquiers allemands que Hitler était le meilleur candidat au poste. Il a atteint son objectif. À la mi-novembre 1932, 17 des plus grands banquiers et industriels allemands ont adressé une lettre au Président Hindenburg, dans laquelle ils exigeaient qu’il nomme Hitler chancelier. La dernière réunion de travail des financiers allemands avant l’élection s’est tenue le 4 janvier 1933 à Cologne, au domicile du banquier Kurt von Schröder. Ensuite, le parti national-socialiste est arrivé au pouvoir. Les relations financières et économiques de l’Allemagne avec les Anglo-saxons se sont alors resserrées d’un cran.
Hitler a immédiatement annoncé qu’il refusait de payer les réparations de guerre. Il a mis en doute la capacité de l’Angleterre et de la France à rembourser leurs propres dettes de la Première guerre mondiale aux États-Unis. Washington n’a émis aucune objection à l’annonce de Hitler. En mai 1933, Hjalmar Schacht s’est rendu une nouvelle fois aux ÉtatsUnis. Il y a rencontré le président Franklin Roosevelt et les grands banquiers en vue de demander une ligne de crédit de 1 milliard de dollars. En juin de la même année, Hjalmar Schacht s’est rendu à Londres pour s’entretenir avec Montagu Norman. Tout est passé comme une lettre à la poste. Les Britanniques ont consenti un prêt de 2 milliards de dollars. Ils n’ont soulevé aucune objection quant à la décision de l’Allemagne de suspendre le remboursement de sa dette.
Selon certains historiens, les Américains et les Britanniques étaient accommodants parce que, dès 1932, l’Union soviétique avait réalisé le plan quinquennal de développement économique en vue d’atteindre de nouveaux sommets en tant que puissance industrielle. Quelques milliers d’entreprises avaient vu le jour, en particulier dans l’industrie lourde. La dépendance de l’URSS à l’importation de produits industriels avait ainsi considérablement diminué. Les chances d’étrangler l’Union soviétique économiquement s’en trouvaient
quasiment réduites à zéro. Il a alors été décidé de recourir à la guerre et de lancer la militarisation accélérée de l’Allemagne.
Pour celle-ci, l’obtention de crédits américains ne posait aucun problème. Hitler est arrivé au pouvoir dans son pays à peu près en même temps que Franklin Roosevelt aux États-Unis. Les banquiers qui ont soutenu Hitler en 1931 sont précisément ceux qui ont soutenu l’élection de Roosevelt. Une fois en poste, le nouveau président ne pouvait guère faire moins qu’accorder de généreux crédits à l’Allemagne. D’ailleurs, beaucoup ont remarqué la grande similitude entre le New Deal de Roosevelt et la politique économique du Troisième Reich. Rien d’étonnant. Ce sont en effet les mêmes qui assuraient le sauvetage des deux gouvernements tout en les conseillant. Ils représentaient principalement les milieux financiers US.
Le New Deal de Roosevelt n’a pas tardé à capoter. En 1937, les États-Unis étaient embourbés dans la crise économique. En 1939, l’économie US tournait à 33 % de sa capacité industrielle (19 % aux pires moments de la crise de 1929-1933).
Rexford G. Tugwell, un économiste du premier Brain Trust, équipe d’universitaires de l’Université de Columbia mise en place par Franklin Roosevelt et ayant contribué aux recommandations politiques qui ont conduit au New Deal de Roosevelt, écrivait qu’en 1939 le gouvernement avait échoué. La situation est restée figée jusqu’à l’invasion de la Pologne par Hitler. Seuls les puissants vents de la guerre pouvaient dissiper la brume. Quoi que Roosevelt puisse tenter, ses initiatives étaient condamnées à l’échec. [1] Seule une guerre mondiale pouvait sauver le capitalisme US. En 1939, les ploutocrates ont mis en œuvre tous les moyens à leur disposition pour faire pression sur Hitler et l’inciter à lancer une guerre à grande échelle à l’Est.
La Banque des règlements internationaux (BRI) a joué un rôle important pendant la Seconde Guerre mondiale. Tête de pont des intérêts états-uniens en Europe, elle assurait la liaison entre les entreprises anglo-américaines et allemandes. C’était en quelque sorte une zone offshore abritant le capital cosmopolite contre les initiatives politiques, les guerres, les sanctions, etc.
Cette banque a été créée sous la forme d’une entité commerciale publique. Son immunité face aux interférences gouvernementales et, par exemple, à l’imposition, était garantie par l’accord international signé à La Haye en 1930. Les banquiers de la Réserve fédérale de New York, proches des Morgan, de Montagu Norman, gouverneur de la Banque d’Angleterre, ainsi que des financiers allemands tels que Hjalmar Schacht (président de la Reichsbank et ministre de l’économie du gouvernement de Hitler), Walther Funk (qui a remplacé Hjalmar Schacht au poste de président de la Reichsbank) et Emil Puhl, tous ont joué un rôle important dans la fondation de la Banque. Parmi les fondateurs figuraient les banques centrales de Grande-Bretagne, de France, d’Italie, d’Allemagne, de Belgique et quelques banques privées.
La Banque fédérale de New York a fait de son mieux, mais n’a pas fait partie des établissements fondateurs de la BRI. Les États-Unis étaient représentés par la banque privée First National Bank of New York, J.P. Morgan and Company, la First National Bank of Chicago, qui faisaient toutes partie de l’empire Morgan. Le Japon était également représenté par des banques privées. En 1931-1932, 19 banques centrales européennes rejoignaient la Banque des règlements internationaux. Gates W. McGarrah, banquier du clan des Rockefeller, était le premier président du conseil d’administration de la BRI. Il a été remplacé par Leon Fraser,
 qui représentait le clan des Morgan. Pendant la guerre, la banque était présidée par un citoyen américain, Thomas H. McKittrick.
Beaucoup d’encre a coulé au sujet des activités de la BRI au service des intérêts du Troisième Reich. La Banque était impliquée dans des transactions avec différents pays, y compris ceux avec lesquels l’Allemagne était en guerre.
Depuis Pearl Harbor, la Banque des règlements internationaux jouait le rôle de correspondant de la Federal Reserve Bank de New York. Elle était sous contrôle nazi pendant la guerre, même si c’est l’Américain Thomas Huntington McKittrick qui la présidait. Les soldats mouraient sur les champs de bataille pendant que la direction de la BRI se réunissait à Bâle avec les banquiers d’Allemagne, du Japon, d’Italie, de Belgique, de Grande-Bretagne et des États-Unis.
Dans ce havre de paix que constituait la zone offshore suisse, les représentants des belligérants travaillaient tranquillement dans un climat de compréhension mutuelle.
C’est en Suisse que l’Allemagne a mis en lieu sûr l’or saisi aux quatre coins de l’Europe. En mars 1938, lorsque Hitler s’est emparé de Vienne, une partie de l’or autrichien a été transférée dans les coffres-forts de la BRI. La même chose a été faite avec l’or de la Banque nationale tchèque (48 millions de dollars). Lorsque la guerre a éclaté, l’or entrait à pleines portes à la Banque des règlements internationaux. L’Allemagne le récupérait dans les camps de concentration et par le pillage des pays occupés (y compris de tout ce qui appartenait à des civils : bijoux, dents en or, étuis à cigarettes, ustensiles divers, etc.). C’est ce que l’on a appelé l’or nazi. Il était fondu en lingots afin d’être entreposé à la Banque des règlements internationaux, en Suisse ou hors d’Europe.
Dans son livre Trading With The Enemy : An Expose of The Nazi-American Money Plot 19331949, Charles Higham écrit que, pendant la guerre, les nazis ont transféré 378 millions de dollars sur les comptes de la Banque des règlements internationaux.
Quelques mots au sujet de l’or tchèque. Certaines informations ont fait surface après l’ouverture des archives de la Banque d’Angleterre en 2012 [2]. En mars 1939, l’Allemagne s’emparait de Prague. Les Nazis ont exigé 48 millions de dollars des réserves d’or nationales. Il leur a été répondu que cette somme avait déjà été transférée à la Banque des règlements internationaux. Par la suite, on a su que cet or avait été transféré de Bâle dans les coffresforts de la Banque d’Angleterre. Sur l’ordre de Berlin, l’or a été transféré sur le compte de la Reichsbank à la BRI. Ensuite, la Banque d’Angleterre a été impliquée dans les transactions effectuées sur les ordres donnés par la Reichsbank à la Banque des règlements internationaux. Ces ordres étaient retransmis à Londres. Il y a donc eu collusion entre la Reichsbank allemande, la Banque des règlements internationaux et la Banque d’Angleterre. En 1939, un scandale a éclaté en Grande-Bretagne lorsqu’on a su que la Banque d’Angleterre exécutait les transactions portant sur l’or tchèque sur les ordres de Berlin et de Bâle, et non du gouvernement tchèque. Par exemple, en juin 1939, trois mois avant le début de la guerre entre la Grande-Bretagne et l’Allemagne, la Banque d’Angleterre a aidé les Allemands à transférer sur leur compte l’équivalent en or de 440 000 livres sterling, et à acheminer une partie de l’or à New York (l’Allemagne s’assurait ainsi de la neutralité des États-Unis en cas d’intervention allemande en Pologne).
Ces transactions illégales sur l’or tchèque ont été effectuées avec l’accord tacite du gouvernement de Grande-Bretagne, qui savait parfaitement ce qui était en train de se passer. Le Premier ministre Neville Chamberlain, le Chancelier de l’Échiquier sir John Simon et les autres responsables de haut rang ont tout fait pour dissimuler la vérité, y compris en mentant éhontément (en affirmant que l’or avait été restitué à son propriétaire légitime ou qu’il n’avait jamais été transféré à la Reichsbank). Les documents de la Banque d’Angleterre rendus publics dernièrement révèlent les faits et montrent que les responsables gouvernementaux ont menti, afin de se couvrir eux-mêmes et de couvrir les activités de la Banque d’Angleterre et de la Banque des règlements internationaux. La coordination de ces activités criminelles conjointes était un jeu d’enfant lorsqu’on sait que Montagu Norman, directeur de la Banque d’Angleterre, présidait également le conseil d’administration de la Banque des règlements internationaux. Il n’a d’ailleurs jamais caché ses sympathies pour les fascistes.
La Conférence de Bretton Woods, officiellement Conférence monétaire et financières des Nations unies, a réuni les 730 délégués des 44 pays alliés au Mount Washington Hotel, à Bretton Woods (New Hampshire), aux États-Unis, en vue de réguler la vie monétaire et financière internationale à l’issue de la Seconde Guerre mondiale. Cette conférence s’est tenue du 1er au 22 juillet 1944. La Banque des règlements internationaux se retrouvait soudain sous le feu des projecteurs. On rapportait qu’elle avait collaboré avec l’Allemagne fasciste. Sans entrer dans les détails, je me limiterai à dire qu’après bien des aléas (certains délégués états-uniens s’étant opposés à la motion), les délégués sont tombés d’accord pour fermer la BRI. Cette décision de la conférence internationale n’a jamais été appliquée. Toutes les informations susceptibles de jeter le discrédit sur les activités de la BRI pendant la guerre ont été classées. Aujourd’hui, cela contribue à falsifier l’histoire de la Seconde Guerre mondiale.
Pour finir, quelques mots sur Hjalmar Schacht (1877-1970), ancien président de la Reichsbank et ministre de l’Économie du gouvernement fasciste de l’Allemagne. Il a joué un rôle de premier plan dans le contrôle de la machine économique du Troisième Reich en agissant comme ambassadeur extraordinaire et plénipotentiaire du capital anglo-américain en Allemagne. En 1945, Schacht a été jugé à Nuremberg et acquitté le 1er octobre 1946. Il échappait aux accusations de meurtre. Tout comme Hitler. Pour des raisons qui demeurent inexpliquées, il ne figurait pas sur la liste des principaux criminels de guerre de 1945. Mieux, Schacht a repris sa vie professionnelle comme si de rien n’était et fondé la société Schacht GmbH à Düsseldorf. Ce détail peut sembler insignifiant, mais il confirme une fois de plus que les ploutocrates anglo-américains et leurs représentants plénipotentiaires en Allemagne avaient préparé et, dans une certaine mesure, influencé l’issue de la Seconde Guerre mondiale. Les ploutocrates veulent réécrire l’histoire de la guerre et changer ses résultats.
Valentin Katasonov
Traduction : Gilles Chertier
Source : Strategic Culture Foundation (Russie)
[1] P. Tugwell, The Democratic Roosevelt, A Biography of Franklin D. Roosevelt, New York, 1957, p 477.
Valentin Katasonov est professeur au Département de Moscou de l’Institut d’Etat de Finance internationale, docteur en sciences économiques, membre correspondant de l’Académie des sciences économiques et commerciales. Il fut consultant des Nations Unies (1991-93), membre du Conseil consultatif auprès du Président de la Banque européenne pour la reconstruction et le développement (BERD) (1993-96), chef du Département des relations monétaires internationales du ministère des Affaires étrangères de la Russie (200111)

DÉCLARATION INTERNATIONALISTE À L’OCCASION DU 1ER MAI 2017

Un 1er Mai rouge, révolutionnaire et internationaliste!

«Le drapeau de la révolution d’Octobre est invincible»
– Mao Zedong

Cette année marque le centenaire de la révolution d’Octobre. Les impérialistes, les réactionnaires, les réformistes et les opportunistes de toutes sortes s’affairent à effacer, assombrir, dénigrer et souiller cet événement, comme ils l’ont fait l’an dernier à l’occasion du 50e anniversaire de la Grande Révolution culturelle prolétarienne. Ils agissent ainsi parce qu’ils savent que le puissant message que ces événements communiquent aux prolétaires et aux masses populaires est de plus en plus actuel. Pour nous débarrasser de l’impérialisme, du capitalisme, des guerres, de l’exploitation du prolétariat et de l’oppression des peuples, nous devons faire la révolution prolétarienne! La classe ouvrière doit arracher le pouvoir politique des mains des classes dominantes, établir son pouvoir, son État – la dictature du prolétariat – et construire le socialisme; elle doit développer et poursuivre la révolution dans chaque pays et dans le monde entier pour se débarrasser des chaînes de l’impérialisme et marcher vers le communisme mondial.
Le système impérialiste apparaît tel que Lénine l’avait analysé et décrit dans son important ouvrage, L’impérialisme, stade suprême du capitalisme: savoir un système pourri et décadent. Sous toutes les latitudes, l’impérialisme et ses gouvernements continuent à faire face à une crise économique, financière, politique et sociale profonde et en font porter le fardeau sur les épaules des prolétaires et des masses à l’intérieur de leurs frontières, et sur celles des peuples et des nations opprimées à l’échelle internationale. L’impérialisme, ce sont les guerres économiques, les guerres d’agression et le pillage pour la redivision du monde. L’impérialisme, c’est la réaction et le fascisme. L’impérialisme est le stade suprême du capitalisme et nous rappelle chaque jour la nécessité de le renverser. C’est pourquoi le message de Lénine et de la révolution d’Octobre est plus vivant que jamais!
Aux États-Unis, qui constituent la puissance impérialiste la plus forte, la victoire de Donald Trump reflète la crise de l’impérialisme yankee et ses tentatives de s’en sortir par la guerre économique, la domination militaire, le contrôle des régions stratégiques sur le plan géopolitique et la redéfinition des alliances sur les divers théâtres de guerre. La victoire de Trump démontre la barbarie de la supposée «démocratie états-unienne», avec un milliardaire fasciste au pouvoir qui mène la guerre contre les masses paupérisées à l’intérieur et les peuples opprimés à l’étranger. La victoire de Trump alimente dans l’ensemble des pays impérialistes la réaction, l’État policier, la militarisation, l’état d’urgence permanent et la guerre interne contre les prolétaires, les droits des femmes, le peuple afro-américain, les immigrantes et immigrants qui font face aux murs et aux expulsions, les musulmanes et les arabes, et les idées progressistes dans les écoles, les universités, les médias, l’art et la culture.
Cette nouvelle phase agressive de l’impérialisme US aiguise les contradictions inter-impérialistes, notamment avec la superpuissance atomique qu’est l’impérialisme russe, la nouvelle puissance social-impérialiste que constitue la Chine, et les pays membres de l’Europe impérialiste sous hégémonie allemande. La compétition mondiale pour la division des marchés entre les pays impérialistes et la lutte pour le contrôle des ressources énergétiques sont à l’origine et alimentent les guerres d’agression et les guerres réactionnaires qui sèment la mort, les massacres et la destruction partout dans le monde.
Ce sont les guerres d’agression impérialistes dans chaque recoin de la planète qui donnent naissance aux grandes vagues migratoires! C’est la barbarie des guerres impérialistes et leur effet boomerang à l’intérieur même des citadelles impérialistes qui font couler le sang dans leurs rues!
Dans les pays impérialistes, les États et les gouvernements des maîtres du monde poursuivent une guerre interne contre les prolétaires et les masses populaires, que la crise, l’oppression et la répression poussent à lutter et à se révolter de plus en plus.
Dans les pays opprimés par l’impérialisme, les prolétaires et les peuples intensifient leurs luttes de libération nationale; il faut appuyer en particulier la lutte des peuples palestinien et arabe contre l’État sioniste et l’impérialisme, et les guerres populaires. De l’Inde aux Philippines en passant par la Turquie et le Pérou, la guerre populaire dirigée par les partis marxistes-léninistes-maoïstes montre la voie pour se libérer de l’impérialisme et des régimes réactionnaires et construire des États de démocratie nouvelle en marche vers le socialisme. La guerre populaire en Inde, qui célèbre aujourd’hui le 50e anniversaire du «soulèvement de Naxalbari» qui lui a ouvert la voie, résiste aux massacres, à l’opération «Green Hunt», à la répression contre les maoïstes, les Adivasis, les étudiantes, étudiants et les intellectuelLEs démocratiques et révolutionnaires, les ouvriers, les paysannes, les femmes en lutte et les minorités nationales; elle démontre que rien ne peut arrêter la guerre et la lutte populaires pour la libération, tout comme rien ne peut empêcher le soutien international qu’elle génère.
La révolution d’Octobre et le grand Lénine ont montré qu’on ne peut lutter et gagner contre l’impérialisme et ses États sans lutter contre le révisionnisme et l’opportunisme.
Les conditions objectives sont favorables à la révolution, qui constitue la tendance principale à l’échelle du globe. Les sociaux-démocrates, les ex-partis «communistes» devenus révisionnistes et réformistes ont perdu tout crédit aux yeux des masses et démontré qu’ils ne sont plus d’aucune utilité pour défendre les conditions de vie et de travail des masses ou s’opposer à l’impérialisme, aux guerres, au fascisme et à l’État policier. En même temps qu’on assiste à la crise de ces courants, on voit monter les tendances populistes réactionnaires et les mouvements fondamentalistes réactionnaires qui divisent les masses et les attachent au chariot de telle ou telle puissance impérialiste et en fin de compte, aux fractions les plus réactionnaires de l’impérialisme, de la bourgeoisie et des régimes qui les servent. Les prolétaires et les masses populaires doivent rejeter avec fermeté les illusions de la voie parlementaire et pacifique, qui vise à les désarmer, et adopter avec hardiesse la voie révolutionnaire.
La guerre populaire est la forme de lutte révolutionnaire la plus avancée; c’est pourquoi nous devons l’appuyer dans tous les pays où elle a déjà été déclenchée et la préparer dans tous les autres en fonction des conditions concrètes de chaque pays. Il faut construire des partis communistes authentiques qui seront l’avant-garde de la classe ouvrière et constitueront le noyau dirigeant des masses populaires. Les partis communistes basés sur la science révolutionnaire du marxisme-léninisme-maoïsme se construisent dans le feu de la lutte de classes, en lien étroit avec les masses, en vue du déclenchement et du développement de la guerre populaire, ancrés dans la réalité. Les partis communistes doivent construire le front uni des masses exploitées et de toutes les sections opprimées par l’impérialisme; ils doivent adopter les tactiques appropriées en fonction de la forme que prend la domination politique et militaire dans leur pays.
Dans les pays impérialistes, les partis communistes doivent intégrer dans leurs rangs les nouveaux prolétaires issus de l’immigration, en jouant un rôle d’avant-garde dans leur lutte contre la surexploitation, l’esclavage et le racisme. Ils doivent rassembler et organiser la révolte de la jeunesse et la lutte des femmes afin d’en faire une puissante force pour la révolution. Les partis communistes doivent lutter contre leur propre impérialisme et le considérer comme l’ennemi principal du prolétariat et des peuples opprimés, en se tenant fermement du côté des masses des nations opprimées. Aujourd’hui en particulier, nous devons lutter contre l’occupation impérialiste de l’Afghanistan, l’agression impérialiste en Syrie et les menaces nucléaires contre la Corée du Nord. La guerre impérialiste et la dictature réactionnaire de la bourgeoisie soulèvent la nécessité pour les partis communistes de s’équiper pour être capables de leur opposer la guerre populaire et de construire leur force combattante comme noyau de l’armée rouge.
En plus des politiques de génocide, les guerres populaires font également face aux pièges des négociations de paix qui, loin de leur permettre de grossir leurs forces et de se consolider en vue de l’offensive stratégique, n’ont d’autre objectif que de les dérouter, les étouffer et les diviser, afin de les amener à se rendre.
L’internationalisme, c’est l’unité entre le prolétariat et les peuples opprimés du monde entier contre l’ennemi commun.
L’internationalisme «consiste à travailler avec abnégation au développement du mouvement révolutionnaire et de la lutte révolutionnaire dans son propre pays, à soutenir (par la propagande, la sympathie, une aide matérielle) cette même lutte, cette même ligne, et elle seule, dans tous les pays sans exception». – Lénine
L’internationalisme, c’est la construction d’une nouvelle organisation internationale, qui, en abordant les problèmes actuels auxquels les communistes sont confrontés, sera capable de générer une ligne générale pour le mouvement communiste international et une nouvelle Internationale communiste.
Vive le 100e anniversaire de la grande révolution d’Octobre!
Mort à l’impérialisme! En avant vers la guerre populaire prolongée partout dans le monde!
Vive les luttes des prolétaires et des peuples opprimés!
Vive l’internationalisme prolétarien!
Pour un avenir rouge et socialiste, marchons vers le communisme!
Liste des signataires:
Collectif maoïste iranien
Comité pour la construction du Parti communiste maoïste, Galice, État espagnol
Democracy and Class Struggle, État britannique
Klassenstandpunkt («Point de vue de classe»), équipe éditoriale, Allemagne
La voix ouvrière – Malaisie
Ligue révolutionnaire maoïste – Sri Lanka
Mouvement communiste de Serbie
Mouvement communiste maoïste, Tunisie
Noyau communiste du Népal
Organisation de travail communiste – Tunisie
Parti communiste (maoïste) d’Afghanistan
Parti communiste de l’Inde (maoïste)*
Parti communiste du Brésil (Fraction rouge) – PCB (FR)
Parti communiste du Népal (maoïste révolutionnaire)
Parti communiste maoïste – France
Parti communiste maoïste – Italie
Parti communiste maoïste du Manipur
Parti communiste révolutionnaire (District du Québec)
Parti des khadéhines – Tunisie
Revolutionary Praxis – Grande-Bretagne
Union communiste ouvrière (MLM) – Colombie

 

Source: http://www.pcr-rcp.ca/fr/4475

Déclaration du PCR à l’occasion du 1er mai 2017/RCP May Day 2017 Statement

(English follows)

À l’occasion de la Journée Internationale des travailleurs et travailleuses du 1er Mai,  nous rebloguons simplement la déclaration du PCR-RCP

 

Déclaration du PCR à l’occasion du 1er mai 2017
par pcrrcp

Ce 1er mai 2017 marque le centième anniversaire de la révolution bolchevique en Russie. Après avoir passé des décennies à se faire dire que le capitalisme était la fin de l’histoire, voici que le communisme est de nouveau à l’ordre du jour, enfin! Près de trois décennies après la chute du Bloc de l’Est, période où les capitalistes nous ont soumis à toutes les formes de brutalité tout en claironnant que la révolution socialiste était une erreur colossale, l’étiquette attachée au communisme ne colle plus autant. Face à cela, les capitalistes réagissent en augmentant d’un cran leur campagne idéologique contre le communisme. Les capitalistes ne manquent plus une occasion pour rappeler à la classe ouvrière qu’il n’y a pas d’espoir, comme quand ils construisent un monument aux «victimes» du communisme ou quand ils réprimandent les «milléniaux» de s’intéresser à cette idée. La révolution communiste continue d’effrayer ceux qui ont pour préoccupation de défendre le capitalisme.

Depuis le début des années 90, le cri de ralliement à la révolution communiste pouvait tout de même se faire entendre depuis les coins les plus marginalisés du monde, à travers des insurrections de masse et des guerres populaires, et dorénavant elle commence à se faire entendre au cœur des pays impérialistes. De multiples guerres impérialistes, et un accroissement exponentiel de l’oppression et de l’exploitation mondialement n’ont pas réussi à faire taire la résistance ni la volonté pour une révolution communiste. Bien que ce soit devenu une habitude pour nos classes dirigeantes de se moquer de leurs victimes comme étant «naïves» de simplement oser se battre pour une vie meilleure, ça a aussi toujours été une habitude pour les victimes de lutter pour exister et pour envisager un monde meilleur; un monde décrié comme étant impossible par ceux qui sont prêts à annihiler presque tout ce qui vit juste pour que le flux de production capitaliste et de profits puisse perdurer.

Sur le champ de bataille mondial, la contradiction entre l’impérialisme et les masses opprimées devient plus apparente alors que les nations les plus puissantes défendent leurs intérêts en bombardant et en envahissant de plus en plus de régions. L’impérialisme se fait plus parasite et prédateur à mesure qu’il s’enfonce dans une guerre d’attrition: depuis l’invasion de l’Afghanistan il y a quinze ans, la guerre contre le terrorisme s’est révélée être une guerre sans fin. L’impérialisme est un système qui est déchiré par des contradictions internes, celle entre les capitalistes qui se font concurrence, et le monde unilatéral conçu par les États-Unis comme un «nouvel ordre mondial» est en train de s’écrouler. Les contradictions entre les États-Unis et la Russie, entre le Royaume-Uni et l’Union européenne, même entre les États-Unis et le Canada à certains endroits, amènent la possibilité d’une troisième guerre mondiale, mais aussi une résistance impérialiste accrue.

Au sein des nations impérialistes, la contradiction entre les capitalistes et la classe ouvrière s’intensifie, et fait beaucoup plus de bruit qu’il y a une décennie seulement. Les mesures d’austérité, le refus anti-scientifique de s’attaquer au changement climatique, la guerre sans pitié menée contre plusieurs communautés opprimées, l’assaut répété contre l’organisation et les conditions de vie de la guerre ouvrière, et même le spectre du fascisme, font sauter le mythe d’une utopie capitaliste. La longue crise qui a commencé en 2008 n’est toujours pas terminée pour la grande majorité des gens, même si les profits des capitaliste sont revenus; ce sont les plus opprimé.es et exploité.es qui ont dû payer les pots cassés de la mauvaise gestion capitaliste. Tout cela contribue à ce que la classe ouvrière redécouvre sa mission historique qui est de renverser le capitalisme. Le conflit entre les classes revient au goût du jour.

Pour emprunter une vieille maxime, «le grand chaos qui règne sous les cieux» signifie que la situation est excellente. Toutes ces ouvertures, et tous ces rejets de la vision capitaliste de la réalité, sont autant de feux de broussailles que la classe dirigeante doit éteindre. Malheureusement, même si les circonstances objectives sont effectivement «excellentes», les circonstances subjectives traînent la patte. Le mouvementisme continue d’être la norme. Le révisionnisme et la social-démocratie continuent de dominer la gauche politique. Les faux espoirs dans le social-réformisme et le cirque électoral sont encore là malgré toutes les défaites consécutives. Les politiques identitaires ont réussi à diviser les mouvements et à transformer les luttes anti-capitalistes en tremplins pour le carriérisme d’ONG et l’opportunisme. De même, ces vieux chauvinismes que sont le racisme et le sexisme continuent d’infecter la compréhension de la classe ouvrière au sein de la vieille garde socialiste. Des chauvinismes comme la trans-phobie et le cis-sexisme s’infiltrent dans le mouvement élargi. Dans des sociétés de colonisation de peuplement comme le Canada, le besoin d’auto-détermination autochtone continue d’être le déterminant de toute lutte anti-système. Plus inquiétant encore, le fascisme refait surface en tant qu’obstacle sérieux parce que la gauche élargie n’a pas su créer un mouvement capable d’empêcher son retour.

Maintenant plus que jamais, le cuisant échec de la gauche établie devrait être évident. Contre le mouvementisme, le révisionnisme et les tendances réformistes, nous persistons à dire que le retour contemporain à un parti communiste révolutionnaire est nécessaire. Face à la destruction environnementale, aux mesures d’austérité, à l’émergence de la soi-disant droite alternative, face aux guerres impérialistes et à un mouvement ouvrier désarmé, il n’y aucun sens à aller de l’avant avec un mouvementisme non-redevable et indiscipliné, ou avec une sorte de «communisme» révisionniste qui s’apparente à des sociétés de reconstitution historique. Les menaces lourdes que sont le fascisme et la catastrophe environnementale, si nous sommes pour les prendre au sérieux, nous forcent à remettre la maison en ordre.

Nous avons passé une décennie déjà à s’organiser avec ce cadre révolutionnaire. Nous soutenons encore ce besoin: construire un parti pour mener la guerre au capitalisme, organiser le noyau du prolétariat pour la révolution, et prendre ces tâches au sérieux. Depuis notre fondation en 2007 nous nous sommes étendus à travers le Canada, et ce en mettant nos idées politiques à l’avant-plan de toutes nos initiatives. Nous encourageons les autres à se joindre à nous pour travailler ensemble vers la révolution. Le renversement du capitalisme, de l’impérialisme et du colonialisme ne sera pas une chose facile, mais c’est tout aussi possible que nécessaire.

Il y a 100 ans, la classe ouvrière de Russie renversait ses maîtres et commençait à construire le socialisme, un processus qui a allumé tout le 20e siècle au complet. Cent ans plus tard, malgré les détours et les embûches, les réussites et les défaites, nous poursuivons notre chemin avec ce bagage, en promettant de refaire le coup pour le 21e siècle.

En solidarité:

PCR-RCP

Source; https://pcrrcp.wordpress.com/2017/04/30/declaration-du-pcr-a-loccasion-du-1er-mai-2017/

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RCP May Day 2017 Statement
par pcrrcp

May Day 2017 marks the 100 year anniversary of the Bolshevik Revolution in Russia. Finally, after decades of being told that capitalism is the end of history, communism is again on the agenda. Nearly three decades since the collapse of the Eastern Bloc, a time during which the capitalists triumphantly pursued every form of brutality and told us that socialist revolution was a colossal mistake, communism is losing its stigma. Capitalists have reacted by increasing their ideological campaign against communism. They go out of their way to remind the working class that there is no hope, by constructing monuments to the « victims » of communism and chiding « millennials » for daring to speak this word anew. Communist revolution remains the great fear for those invested in defending capitalism.

Since the early 1990s the rallying cry for communist revolution could be heard from the global margins, through massive insurrections and people’s wars, and now it is beginning to be heard even at the heart of the imperialist countries. Multiple imperialist wars, an exponential increase in worldwide oppression and exploitation has not silenced resistance or the demand for communist revolution. While it is the habit for the ruling classes to call their victims « naïve » for daring to struggle for a better reality, it is also the habit of these victims to struggle to exist and demand a world deemed impossible by those who would seek to annihilate the majority of life just so capitalist production and profit can persist.

On the global battlefield the contradiction between imperialism and the oppressed masses is becoming more apparent as the most powerful nations seek to secure their interests by bombing and invading more and more regions. Imperialism becomes more parasitic and predatory as it sinks into patterns of attrition: since the invasion of Afghanistan fifteen years ago, the War on Terror has truly shown itself to be a war without end. Imperialism as a system is also reaching its own internal contradiction, the contradiction between competing imperialists, as the unilateral world conceived by the US as a « new world order » crumbles. The contradictions between the US and Russia, between the UK and the EU, between even the US and Canada in certain regions, both produce the possibility of a third world war, but also for increased anti-imperialist resistance.

Within the imperialist nations the contradiction between the capitalists and the working class is increasing, no longer as muted as it was even a decade ago. Austerity measures, anti-scientific refusals to deal with climate change, a pitiless war upon multiple oppressed communities, the continued attack on working-class organization and living standards, and even the specter of fascism undermines the myth of capitalist utopia. The long crisis that began in 2008 is still not over for the vast majority, even if profits for capitalists have “recovered”; the most exploited and oppressed have been made to pay for the sins of capitalist mismanagement. All of this increases the possibility of the working-class rediscovering its destiny to overthrow capitalism. Class conflict is increasingly the order of the day.

To borrow an old phrase, the ‘great storm under heaven’ means that the situation is excellent. So many openings, so many rejections of the capitalist vision of reality, innumerable brush-fires that the ruling class attempts to snuff out. Unfortunately, although the objective circumstances are indeed « excellent » the subjective circumstances are still lagging behind. Movementism is still the norm. Revisionism and social-democracy continue to dominate the political left. False hope in social reformism and the electoral circus remains despite failure after failure. Identity politics have succeeded in splintering movements and transforming anti-capitalist struggles into sites for opportunism and NGO careerism. Conversely, old chauvinisms such as racism and sexism continue to infect understandings of the working-class within the socialist old guard. Chauvinisms such as transphobia and cissexism infiltrate the broad movement. In settler-colonial contexts such as Canada the necessity of Indigenous self-determination continues to determine every anti-systemic struggle. Most alarmingly, fascism has reemerged as a serious obstacle because the broad left has failed to create a movement capable of stamping out its return.

Now, more than ever, the failure of the establishment left should be clear. Against the movementist, revisionist, and reformist tendencies we continue to maintain that a contemporary return to the revolutionary communist party is necessary. It is in fact egregious in the face of environmental destruction, austerity measures, the rise of the so-called « alt-right », imperialist wars, and a disarmed worker’s movement to persist with unaccountable and undisciplined movementism or the kind of revisionist « communism » that appeals to historical recreation societies. The very real dangers of fascism and environmental catastrophe, if we take them seriously, demand that we get our house in order.

We have spent a decade organizing according to this revolutionary ethos. We continue to uphold the necessity of: building a party to wage war upon capitalist reality, organizing the hard-core of the working class for revolution, and taking these tasks seriously. Since our foundation in 2007 we have spread across Canada, and have put these politics in command in all of our efforts. We encourage others to join us in building towards revolution. The overthrow of capitalism, imperialism, and colonialism will not be easy, but it is both possible and necessary.

100 years ago, the working class in Russia overthrew their masters and began to build socialism, a process which set the entire 20th century on fire. 100 years later, despite twists and turns, successes and failures, we carry that legacy forward, and promise to do the same to the 21st century.

In solidarity:

PCR-RCP

 

Source : https://pcrrcp.wordpress.com/2017/04/30/rcp-may-day-2017-statement/

«Finance Capital Today»: le plus récent livre de François Chesnais

Sur les liens entre le capitalisme financier international, la crise, le paupérisme et la guerre

par Louis Gill

Bien connu pour son précieux apport des quarante dernières années à l’analyse du capitalisme contemporain et de ses crises économiques et financières, l’économiste François Chesnais vient de publier dans la collection « Historical Materialism Book Series » des Éditions Brill (Leiden et Boston) un livre intitulé Finance Capital Today. Corporations and Banks in the Lasting Global Slump. Ce livre est une remarquable synthèse de l’abondante réflexion qui a porté sur le sujet et, en particulier, de la sienne propre. Rappelons à cet égard quelques-unes de ses contributions, sous la forme : 1) de monographies (La mondialisation du capital, Syros, 1994 et 1997, Les dettes illégitimes, Raisons d’agir, 2011); 2) de direction ou de codirection d’ouvrages collectifs (La mondialisation financière, Syros, 1996, Les pièges de la finance mondiale, avec Dominique Plihon, La Découverte-Syros, 2000); 3) de conférences et de communications lors de séminaires et de colloques; 4) d’articles publiés dans des revues, parmi lesquelles La Vérité, Actuel Marx, Contretemps, La Brèche, et Carré Rouge, dont il a été l’un des fondateurs en 1995 et le principal animateur jusqu’à sa disparition en 2013.

Ce livre, écrit Chesnais, se penche sur deux dimensions, distinctes mais inter-reliées, de l’économie mondiale contemporaine. La première consiste dans les formes et les conséquences de l’interpénétration de grandes banques et de sociétés industrielles, commerciales et de services, ayant atteint un niveau très élevé de concentration et d’internationalisation, qui constitue la forme contemporaine de ce que le marxiste autrichien Rudolf Hilferding désignait comme le « capital de finance » dans son ouvrage de 1910 intitulé Das Finanzkapital. La deuxième consiste dans ce qu’il définit comme « la finance en tant que finance » (en anglais finance qua finance), pour représenter le processus associé à la croissance spectaculaire, au cours des quarante dernières années, des actifs (actions, obligations et dérivés) détenus par les sociétés financières (banques et fonds), mais aussi par les départements financiers des sociétés industrielles et commerciales transnationales. Ce capital, Chesnais le désigne comme le « capital financier », pour le distinguer du « capital de finance » au sens d’Hilferding. Son analyse procède des catégories de « capital porteur d’intérêt » et de « capital fictif », énoncées par Karl Marx dans la Ve Section du Livre III du Capital. Chesnais est d’ailleurs largement responsable d’avoir mis en lumière cette dimension fondamentale de l’analyse de Marx, dans un article de 1979 intitulé « Capital financier et groupes financiers : recherche sur l’origine des concepts et leur utilisation actuelle en France », publié en 1981 dans un livre collectif sous la direction de Charles-Albert Michalet[1]. Il s’est par la suite inlassablement appuyé sur ces éléments clés de l’analyse de Marx dans ses nombreux écrits.

 

D’entrée de jeu, Chesnais désigne le questionnement suscité par le divorce qui s’est de plus en plus creusé, depuis les années 1980, entre une explosion des marchés financiers qui n’a été freinée que temporairement par le déclenchement de la crise en 2007-2008, et le piètre état de l’économie réelle sous-jacente, ainsi que la hausse du taux d’exploitation de la force de travail, dans un contexte où le rapport de forces entre le capital et le travail a sans cesse évolué en faveur du capital. Un des objectifs de ce livre, écrit-il, est de rendre compte de ce divorce dans le contexte économique et politique de la crise économique et financière mondiale qui se poursuit. Cette crise, précise-t-il, est une crise de suraccumulation et de surproduction sur fond de taux de profit en baisse. En gestation depuis la deuxième moitié des années 1980, elle avait été reportée par une création massive de crédit et par la pleine incorporation de la Chine à l’économie mondiale. Certains l’ont caractérisée comme une « crise de financiarisation » ou une crise du « capitalisme financiarisé ». Cela prête à confusion, dit Chesnais, qui la définit comme une crise du capitalisme tout court à un moment donné de l’histoire, dont l’achèvement de la mondialisation (la globalisation) et la financiarisation sont des traits majeurs. Comme les États-Unis, en tant qu’État et en tant que lieu d’accumulation du capital, ont occupé une place centrale dans cette globalisation, il n’est pas étonnant que ce soit aux États-Unis que « le génie de la finance soit sorti de la bouteille ». D’autant plus que c’est aux États-Unis, plus que nulle part ailleurs que le système du crédit a été étiré, au moins depuis 1998, à son extrême limite. Mais la crise qui se poursuit, précise Chenais, était, dès son éclatement en août 2007, une crise mondiale, et non une simple « Grande Récession » nord-américaine. Et, aujourd’hui, aucune économie individuelle ne peut propulser seule l’économie mondiale hors de la crise, comme les États-Unis l’ont fait dans les années 1940 dans le contexte de la Deuxième Guerre mondiale et de ses suites.

 

Chesnais en conclut que, si on définit une fin de crise comme le moment où une accumulation générale et soutenue de capital productif ressurgit dans l’ensemble du système mondial, alors il faut en conclure, près de dix ans après août 2007, qu’il n’y a pas de fin de crise en vue. Toutes les organisations internationales (FMI, BRI, OMC, CNUCED, etc.), chacune dans son champ de spécialisation, en font le constat, remarque-t-il. Le maintien à flot des principaux pays industrialisés repose sur leur dépendance ininterrompue à une injection de liquidités par les banques centrales, avec l’instabilité financière qui s’ensuit. La situation est aggravée par le fait que la Chine a cessé d’être le moteur économique qu’elle était. Chesnais rejette la caractérisation de « stagnation séculaire » avec laquelle des économistes keynésiens ont renoué pour décrire la situation d’impasse dans laquelle se trouve l’économie mondiale. Il invite plutôt à prendre conscience de ce que la société humaine est désormais inéluctablement confrontée aux conséquences des « limites historiques » du capitalisme. Cela, dit-il, a cessé d’être un simple concept intuitif pour devenir une réalité qui peut d’ores et déjà être chiffrée, notamment, en termes de dépossession et d’appauvrissement, et d’inégalités de richesse qui sont revenues à leur niveau des années 1920. La plus grave dimension de cette impasse historique du capitalisme, souligne-t-il, est la crise climatique et environnementale, qui met en cause la survie même de l’humanité. Il consacre à cette question fondamentale la conclusion du livre.

 

Le livre compte une introduction, dix chapitres et une conclusion. Il comprend une imposante bibliographie de 850 titres. Le lectorat non-anglophone, habitué à lire les écrits de Chesnais surtout en français, mais aussi en espagnol et en portugais, souhaitera vivement, j’en suis sûr, que des traductions, au moins dans ces langues, en soient réalisées dans les meilleurs délais.

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Pour dévoiler davantage le contenu du livre et en motiver la lecture, voici quelques notes complémentaires qui puisent librement dans le texte, avec les renvois appropriés.

 

La crise en cours, lit-on au chapitre 1, intitulé Le cadre historique de la crise et ses traits originaux, a mis un terme à la plus longue phase d’accumulation de l’histoire du capitalisme : plus de 60 ans si on en situe le point de départ à la fin de la Deuxième Guerre mondiale, 40 ans si on le situe à la fin de la première récession de l’après-guerre, en 1976. Au cours de cette période, le rythme de l’accumulation dans les pays capitalistes avancés, mesuré par le taux de croissance de leur PIB, a continuellement ralenti, mais il ne s’est effondré qu’en 2009. (p. 25)

 

« Le succès avec lequel le capitalisme a repoussé ses barrières immanentes pendant plusieurs décennies, l’ampleur de la création de dettes depuis 2001, ainsi que les politiques mises en œuvre pour contenir la crise en 2008-2009 et après, aident à comprendre l’accumulation massive de capital fictif engagé dans d’innombrables opérations spéculatives se nourrissant de la valeur et de la plus-value créées, simultanément à une suraccumulation globale de capacités productives et à une surproduction dans un vaste éventail d’industries » (p. 36). Ces énormes montants qui sont l’objet d’incessantes transactions, poursuit Chesnais, « sont aux mains de puissants conglomérats financiers qui possèdent la capacité de dicter leurs politiques aux gouvernements à travers un ensemble de canaux politiques et financiers ».

 

L’utilisation par Chesnais de la dénomination « capital de finance » empruntée de Hilferding, pour qui ce capital est un capital-argent mis à la disposition des industriels par les banquiers, ne doit pas suggérer que les grandes entreprises industrielles d’aujourd’hui seraient sous le contrôle des banques. Elles sont au contraire, écrit-il, elles-mêmes intensément engagées dans les opérations des marchés financiers, y compris les plus spéculatives. « Les traits parasitaires du capital porteur d’intérêt, dont Marx a eu l’intuition et sur lesquels Lénine a par la suite mis l’emphase, pénètrent de la même manière les opérations de toutes les composantes du capital : capital-argent, capital commercial et capital industriel » (p. 8); de sorte que les grandes banques et les entreprises industrielles représentent en somme « des différenciations au sein du capital de finance » (p. 93).

 

Chesnais illustre cette symbiose et la similitude des opérations des banquiers, des industriels et des marchands dans une section intitulée « Les banques comme marchands et les sociétés transnationales comme capitalistes financiers », dont les deux sous-sections s’intitulent « Les opérations des conglomérats financiers dans le commerce des marchandises et dans la production » et « Les opérations financières des sociétés transnationales ». Il mentionne notamment le cas du grand conglomérat financier états-unien Citigroup, qui a reçu en 2003 de la Réserve fédérale (Banque centrale) des États-Unis l’autorisation d’intervenir sur les marchés du pétrole, du gaz naturel, des produits agricoles et d’autres produits non financiers, etc. (p. 109-110).

 

Les entreprises industrielles sont l’un des principaux fondements de la puissance du capital de finance », écrit Chesnais (p. 45). Elles ont été « à l’avant-poste de sa restauration de l’après-guerre. Jusqu’au début des années 1990, elles étaient les agents les plus actifs de l’internationalisation du capital » (idem). Elles ont aussi contribué à la relance de la City de Londres comme centre des opérations financières internationales. « Lorsque le capital n’est pas réinvesti dans la production, faute d’un taux de profit suffisant, ou que la demande finale est insuffisante pour justifier de nouveaux investissements, une partie des profits est conservée et éventuellement investie dans l’accumulation financière » (p. 45 et 245) […] « Simultanément, l’accroissement de l’endettement gouvernemental a augmenté le volume des titres de dette offerts sur les marchés, alors que les politiques d’austérité et de mesures favorables aux employeurs ont posé des barrières plus élevées à la réalisation  des valeurs produites et à la complétion du cycle d’accumulation ».

 

« S’en est suivie une pléthore de capital sous la forme de capital fictif, centralisée dans les fonds communs de placement et les fonds spéculatifs (hedge funds), qui a alimenté une instabilité financière globale, elle-même aggravée par la politique monétaire de rachat de titres gouvernementaux par des Banques centrales procédant aussi à l’achat de titres privés à risque, une politique dite « d’assouplissement quantitatif » qui est devenue l’instrument majeur de la politique économique » (p. 245).

 

Avant d’aborder les rapports entre sociétés financières et non financières dans le contexte actuel, Chesnais consacre une brève section de son chapitre 4 (The Organisational Embodiements of Finance Capital…) à l’évolution historique de ces rapports dans quatre pays d’importance centrale, l’Allemagne, les États-Unis, la Grande-Bretagne et la France. Il met en lumière les caractéristiques fort différentes des quatre pays (p. 94-102).

  • En Allemagne, on note une forte domination des banques sur l’industrie et la formation de cartels au tournant du 20e siècle, avec la persistance de ces étroites relations après la Deuxième-Guerre mondiale, jusqu’à ce qu’elles commencent à s’éroder avec la transformation des grandes banques en conglomérats financiers dans les années 2000; à souligner par ailleurs la très faible capitalisation des entreprises allemandes en pourcentage du PIB : 30 % en moyenne de 1990 à 2005, comparativement à 113 % aux États-Unis et 132 % en Grande-Bretagne.

 

  • Aux États-Unis, où la concentration bancaire s’est développée parallèlement à celle de l’industrie, une forme spécifique de contrôle direct des banques sur la grande industrie a pris la forme, au début du 20e siècle, de « money trusts », qui étaient des banques d’investissement de la première mouture exerçant une vaste concentration de contrôle, au cœur desquelles se trouvaient notamment JP Morgan et la famille Rockefeller, propriétaire de la Standard Oil. La très rapide croissance de la Bourse à partir de la fin de la Deuxième Guerre mondiale a entraîné la disparition de détenteurs d’actions dominants et posé la question de la séparation entre la propriété et le contrôle des entreprises.

 

  • En Grande-Bretagne, on note au contraire à la même époque une absence marquée de liens entre banque et industrie. En tant que centre du système monétaire mondial fondé sur l’or, les banques de la City ont plutôt fait d’importants profits grâce au marché monétaire et aux opérations de change (p. 98). « La City peut être caractérisée comme ayant aidé à construire le premier système d’appropriation mondiale de plus-value sous forme de profits et d’intérêts provenant de l’étranger » (p. 99). Ainsi, « l’’avantage comparé’ de la Grande-Bretagne devait se trouver, non pas dans l’industrie, mais dans le commerce et la finance et dans le rôle sans cesse croissant de la City dans le système financier globalisé ».

 

  • Au centre de la spécificité française, écrit Chesnais, se trouvent l’appui de l’État à l’industrie et les grands emprunts étrangers. « Le seul exploit de la Bourse des valeurs a été le financement de la Compagnie du Canal de Suez » (p. 100). Débordant d’argent en raison d’une faible demande de l’industrie, les banques se sont tournées vers le prêt international, en premier lieu à la Russie qui, à partir de 1880, est devenue la première destination du prêt et de l’investissement direct français, puis vers l’Argentine et le Mexique, ainsi que vers les colonies françaises d’Afrique et de l’Asie du sud-est (Indochine). « Un faible investissement industriel et une faible demande de financement provenant des banques ou de la Bourse sont des traits persistants du capitalisme français, où prédominaient les entreprises d’État et les entreprises familiales bénéficiant d’un accès privilégié au financement public » (p. 101).

Dans l’Introduction du livre, Chesnais précise : 1) que son analyse se situe dans le cadre de « l’achèvement du marché mondial », dont Marx, dans son Esquisse d’une critique de l’économie politique (Grundrisse) de 1857-1858, écrit qu’il est contenu dans le concept même du capital;  2) qu’il faut, à l’instar de Léon Trotsky, considérer le monde, non comme une somme de composantes nationales, mais comme une « totalité hiérarchiquement différenciée » au sein de laquelle s’articulent les réalités nationales (p. 10). Prendre l’économie mondiale comme le point de départ de l’analyse implique que l’on tienne compte de l’ensemble des intervenants avec la spécificité de chacun, comme cela vient d’être rappelé dans le bref coup d’œil sur l’histoire des relations entre banque et industrie en Allemagne, aux États-Unis, en Grande-Bretagne et en France. Chesnais souligne notamment que la place de la City de Londres dans le processus de l’accumulation financière et de la globalisation a été incorrectement minimisée par rapport à celle qui a été reconnue à Wall Street (p. 11).

 

De même, pendant les deux premières années de la crise financière, certains ont soutenu que les banques européennes en difficulté étaient les victimes d’une situation dont les États-Unis portaient l’essentiel de la responsabilité. Cela est devenu indéfendable, écrit Chesnais, lorsque l’Union européenne s’est engouffrée entre 2010 et 2013 dans une crise incorrectement désignée comme une crise de « dettes souveraines », et qu’il est devenu clair que les difficultés rencontrées tiraient largement leur source dans les incongruités de ses traités fondateurs. Et le problème ne saurait se limiter à l’absence d’un « gouvernement fédéral » de l’Union; il se situe d’abord dans la priorité conférée par ces traités à la « concurrence sans entraves » qui est le fondement de toute sa construction (p. 236).

 

Tant d’autres sujets de ce livre, qui mériteraient qu’on les commente, ne peuvent être que mentionnés dans le cadre restreint de cette recension, parmi lesquels les innovations financières délétères qui ont précipité l’économie dans le marasme, la titrisation des actifs et le passage du modèle traditionnel de l’activité bancaire, modèle d’« octroi-détention de crédits » (originate-to-hold model), à un nouveau modèle qualifié de modèle d’« octroi-cession de crédits » (originate-to-distribute model), la formidable croissance du « système bancaire de l’ombre » (shadow banking system) et des fonds spéculatifs (hedge funds), le déplacement du risque du système bancaire traditionnel vers les fonds spéculatifs et le système de l’ombre, les nouvelles modalités de contagion et de dispersion du risque, l’ampleur et les conséquences de la prolifération des taux d’intérêt négatifs; notons en particulier à ce sujet que, « entre décembre 2014 et fin mai 2015, en moyenne 2000 milliards de dollars de titres de dette souveraine ont été transigés à des taux d’intérêt négatifs » ! (p. 247), etc.

 

En somme, un livre à lire absolument.


[1] Par excès de modestie ou par inadvertance, Chesnais attribue plutôt au marxiste britannique David Harvey, dans son ouvrage de 1982 intitulé Limits to Capital, la paternité de l’utilisation de la catégorie de capital fictif (voir p. 18). Je signale que je l’ai aussi utilisée dans le tome 2 de mon livre L’économie capitaliste : une analyse marxiste, publié en 1979. Il faut mentionner qu’elle l’avait été depuis le début des années 1970 par la section française du courant trotskyste international auquel nous appartenions alors lui et moi, dans sa revue théorique La Vérité.

Source:  http://iris-recherche.qc.ca/blogue/finance-capital-today-le-plus-recent-livre-de-francois-chesnais

Le choix du « meilleur » serviteur!!!

democratie-2

 

Avril 2017, les français sont appelés à élire un président. Cette nouvelle élection revêt, cette année, un caractère exceptionnel. Depuis des dizaines d’années, tout ronronnait. Gauche – droite –  l’alternance était bien réglée. A tour de rôle la bourgeoisie choisissait son employé. Giscard, Mitterrand, Chirac, Sarkosy, Hollande.

Nous disons bien « la bourgeoisie choisissait ». En effet depuis 1789, et l’instauration chaotique de la forme républicaine de l’Etat, seuls les possédants (soit de la terre, soit des usines, soit de la banque) ont décidé qui devait représenter leurs intérêts à la tête de cette machine à réprimer et tromper qu’est l’Etat.

Au début cela était évident pour tous. Le suffrage n’était pas universel (la bourgeoisie est prudente et n’accorde des « droits » qu’en fonction de circonstances précises) et le résultat des élections apparaissait pour ce qu’il était : une mascarade de démocratie. Puis vint le « suffrage universel » (1944).

La bourgeoisie (Bouygues, Bolloré, Dassault, Pinault …) maitrisant tous les médias de masses : journaux, télévision, radios… n’avait plus de problème pour « fabriquer l’opinion ». Et sa grande force fut de convaincre idéologiquement la grande masse de la population que : voter était l’essence même de la démocratie. Cette mortelle illusion reçut le concours et l’approbation des partis de « gauche ». Socialistes et communistes participèrent au « jeu », y gagnant, pour un temps, quelques postes et fonctions.

Aujourd’hui encore on entend ces mots « des gens sont morts pour le droit de vote », mais que l’on cherche dans l’histoire QUI est mort pour jeter un bulletin dans une urne … Des gens sont morts pour la liberté, contre l’esclavagisme, pour le droit de grève, pour des conquêtes et des idéaux bien précis. Pas pour que leurs maîtres leur donnent de temps à autre le « droit » de choisir des employés au service des banques ou des industriels.

Mais revenons à 2017. La bourgeoisie française (impérialiste : c’est à dire qui ne se limite à exploiter des gens sur le sol national) a mis du temps à choisir son représentant. Il y avait beaucoup de prétendants, mais ne devient pas « employé en chef » (Président) qui veut. Il faut que la bourgeoisie, ces gens qu’on ne voit que très peu et que les anglo-saxons appellent le « deep state » (l’Etat profond), DESIGNE son candidat.

 

La bourgeoisie ne doit pas agir à l’aveuglette et en tout cas elle doit fixer son choix – EN

FONCTION DU CONTEXTE – sur celui et ou celle qui semble le (la) plus apte à serrer la vis en évitant la révolte.

 

La particularité des élections 2017.

Depuis les années Pompidou, (qui correspondent à la période ou Nixon, Président des U$A a désindexé le cours du dollar papier par rapport à celui de l’or physique) jamais la crise du capitalisme n’avait atteint cette ampleur. Ce qu’on appelle mondialisation  – qui n’est que le verbiage petit-bourgeois qui permet d’éviter de nommer l’impérialisme tel qu’il fut analysé et défini par Lénine – a fait exploser les états-nations, et modifié considérablement la répartition du capital dans le monde entier. Les usines délocalisées de l’Europe vers l’Asie, ce qui signifia, plus concrètement, des millions de chômeurs ici et des millions de nouveaux prolétaires pauvres arrachés à la paysannerie, là-bas ; cette « mondialisation » donc impose de nouvelles règles du jeu entre les prolétaires producteurs et la classe bourgeoise.

Détruire des emplois ici (créer des chômeurs) et fabriquer des pauvres là-bas pose un problème. Sur le court terme la bourgeoisie fait du bénéfice, mais aussi et surtout à moyen et long terme : qui va acheter et avec quel argent cette masse de produits destinés à être … vendus ?    (voir K. Marx : Baisse tendancielle du taux de profit).

Depuis plusieurs années nous en sommes à ce point. Jusqu’à présent la bourgeoisie avait laissé une certaine latitude à ses employés de premier rang (Présidents). Il faut dire qu’ils firent parfaitement leur « travail ». Sarkosy puis Hollande, avec la complicité des syndicats et des partis de « gauche » ont réussi en quelques années à faire passer un ensemble de lois qui ont détruit ce qui avait fondé les rapports entre classes dans la période dite des « trente glorieuses ». Retraites, sécurité sociale, salaires, droit du travail (Lois sur l’ANI, El Khomri), lois liberticides sur la liberté d’expression, état d’urgence …..

Mais, rien n’y fait, la crise ne fait que s’aggraver. Alors que faire ? La politique de la classe bourgeoise doit désormais être prise en mains  (comme en 1969-1974 avec Pompidou) par un employé DIRECT du capital. La bourgeoisie a besoin d’un homme fidèle, sorti de son sérail et qu’elle a introduit grâce à Hollande dans l’appareil de l’Etat (ministre de finances) : Macron.

Comme Pompidou il sort de chez Rothschild, mais qu’importe pour Hollande. Hollande n’est pas là pour réfléchir mais pour obéir ! Et puis c’est oublier qu’Henri Emmanuelli, aujourd’hui à la gauche du PS, a lui aussi passé neuf ans à la Compagnie financière Edmond de Rothschild. « J’étais directeur adjoint, salarié, lui associé gérant. La paye n’est pas la même », se défend le député des

Landes.

Le soir même de sa nomination, Manuel Valls avait tenté de couper court aux polémiques : « Il y a des années qu’on crève de débats idéologiques et d’étiquettes surannées. » En écho, Jean-Christophe Cambadélis, rue de Solférino, insiste : « Comme tous les symboles, celui de la banque Rothschild doit être dépassé. ».  Donc : qui se ressemble  s’assemble et Rothschild et un symbole !

La bourgeoisie a désormais besoin d’un contrôle direct sur l’Etat. Elle a trouvé son employé rêvé. Mais beaucoup d’autres se poussent au portillon. Fillon, Mélenchon, Hamon et pleins d’autres, verts rouges, bleus ….. Alors il va falloir dégager le terrain.

Les chéris d’hier ne font plus rêver dans les chaumières et la bourgeoisie le sait. Sarkosy, Juppé, et la clique sont discrédités, et ils puent la corruption et le mensonge. Fillon avance, naïf et sûr de lui et, vlan !, la presse révèle un politicien comme les autres  (qui a donné les informations ?). Malgré tout Fillon s’accroche encore (à heure où nous écrivons !). Cet homme qui fut le larbin de Sarkosy croit vraiment qu’il est autre chose qu’un pion, mais ce n’est qu’un employé  il est viré par ses maîtres. Pas d’hommes providentiels pour la bourgeoisie REELLE !

Hamon et les socialistes pensent ils eux aussi que les licenciés d’Alsthom ou de Caterpillar, les matraqués de Notre Dame des Landes ou du barrage Sivens les ont oublié ? Au demeurant nous savons bien que les sections socialistes basculent actuellement majoritairement chez Macron. Car, la cause est perdue, alors si on eut encore avoir des postes aux législatives, autant aller du coté où le vent de l’opportunisme souffle.

Mélenchon, ce vieux routier de la politique. Trotskyste en 1970, sénateur en 1986, membre de plusieurs cabinets ministériels. Sans lui et les voix raclées aux « indécis », Hollande ne serait pas passé en 2012 tellement le dégout du PS était déjà grand. Mais Mélenchon joue le tribun d’extrême gauche, le rempart contre l’extrême droite. Mélenchon séduit les anciens « soixante huit tards », devenus petits bourgeois et qui sont dans l’émotion. Aucun danger pour la bourgeoisie ! Au deuxième tour : faire barrage à l’extrême droite (avec l’option : sans consigne de vote). On se rappelle le coup fantastique de 2002 ou toute la « gauche » a voté pour ……  Chirac ! (Merci Jospin, celui-là même qui avait pour ministre de l’enseignement … Mélenchon.).

Et puis il y a le cortège des idiots utiles qui, quelques soient leurs « programmes » laissent planer l’idée que « voter c’est peser », que participer à cette farce c’est ça la « démocratiiiie) !

Et Lepen ? Tout a été fait depuis des années pour recycler les idées de l’extrême droite. Peu à peu le FN a gravi les échelons. L’électorat est populaire nous dit-on. Oui dans beaucoup de secteur c’est la vérité (Nord). Mais comment cela se peut-il ? Comment nait l’extrême droite ? Nous le savons parfaitement. Il faut d’abord liquider tout idéal révolutionnaire dans la tête des gens (et en Allemagne des années 20-30 ce fut même l’assassinat pur et simple des dirigeants syndicaux et politiques par le socialistes !) – Dès lors que le parti dit communiste a choisi la voie électorale (années 50), dès lors qu’il abandonna les quartiers et ses habitants peu à peu isolés et marginalisés, dès lors que les ouvriers furent écrasés par la destruction des outils de production (mines, aciéries, industrie lourde  –  Dans le Nord, espérance de vie 58 ans, revenu moyen 800 euros/mois !) et bien le terrain fut près pour le travail (efficace) de l’extrême droite et des religieux.

Dans d’autres zones, c’est sur d’autres couches déclassées de la petite bourgeoisie que le FN fait son beurre (anciens pieds noirs, commerçants ou artisans conduits à la faillite).

Et tout cela ça fait beaucoup de monde, électoralement parlant.

 

Qui la Bourgeoisie va-t-elle choisir au final ? Macron semble bénéficier de tous les atouts. La presse lui est tout entière acquise. Tous les bobos, tous ceux qu’ont fait saliver au seul nom de Lepen seront présents au deuxième tour pour le soutenir (comme en 2002).

Mais tout cela fait-il vraiment un choix ? Macron ou Lepen ? la crise doit être gérée au mieux !

Dans ce suffrage universel il y a toujours une courte incertitude. Qui que ce soit qui accède au poste  envié de premier larbin de France (Président) il (ou elle) devra se soumettre aux diktats de la bourgeoisie.

Si c’est Macron ce sera tout de suite, si c’est Lepen au bout de quelques mois, tout rentrera dans l’ordre (capitaliste).

L’intérêt du Capital est actuellement en grand danger et les amateurs ou les politicards classiques ont fait leur temps. Les capitalistes ne vont pas faire dans la dentelle. Macron ou Lepen seront des exécutants.

Qu’on ne nous demande pas de choisir qui va nous tondre !

 Capitalisme

OCF  –  4 Mars 2017

INTER-IMPERIALISME : OMBRES ET LUMIERES SUR LA SAGA DU MASSACRE D’ALEP PAR LES PERROQUETS FRANCAIS

Une opinion que nous partageons ici dans le but de susciter un débat parmi les communistes révolutionnaire qui s’en sentent capable.

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On a eu une idée de l’objectivité et de la servilité du quai d’Orsay via l’émission de la 5 qu’il a évidemment patronnée sur l’Arabie Saoudite avant hier : grandes généralités sur les femmes sans permis de conduire (il y a pire….), l’absence des « droits de l’homme », ce vieux cliché de coucou diplomatique, ronds de jambe puant sur un si considérable « client commercial » et exhibitions de gentillets contestataires de cour, mais rien sur le grand retournement impérialiste en cours avec l’axe Poutine-Assad-Erdogan et l’axe Iran-Chine. L’Occident aurait perdu son « honneur ». Quel honneur ? Quelle horreur oui !

Après l’enfant syrien mort sur une plage, voici l’image d’une petite fille marchant au milieu de cadavres. Pur montage. Il ne s’agit pourtant pas d’une image prise à Alep ces derniers jours, témoigne hypocritement un journal gauchiste à grand tirage (Le Monde), mais d’une image tirée du tournage d’un clip de la chanteuse libanaise Hiba Tawaji en 2014. Des articles d’alors sur la chanson Al Rabih Al Arabi contiennent l’image en question. La « petite fille qui court » apparaît en outre dans le clip en question. Preuve que la désinformation n’est pas l’exclusivité d’un camp ou de l’autre, commence par dire le décodeur de service. Rapportant « objectivement » dans sa rubrique « décodeurs » (un décodeur peut en cacher un autre) l’immonde prend soin évidemment avec cette rubrique de larbins « décodeurs « , de bien rappeler leur camp, celui des infaux du camp américano-saoudien et Goldman&Sachs, et la plupart de ceux qui restent rétifs au bourrage de crâne occidentalo-impérialiste voient la réponse de l’élite des perroquets bourgeois français ainsi s’étaler: si une info ne plaît pas aux « progressistes » ils utilisent des mots disqualifiants: « conspirationnisme », « poutinophilie », « théorie du complot ». Pensez : si vous réfléchissez à la soupe idéologique dont on vous abreuve, vous êtes forcément un idiot conspirationniste ! C’est la réaction normale de l’oligarchie affolée que les prolétaires refusent de choisir un des camps impérialistes! Hier vous étiez anti-patriote, puis fasciste brun ou rouge, puis hitléro-trotskiste, puis islamophiliste ou islamophobe…

LES LECONS DE MORALE DU MONDE
Protester contre « les massacres », tout le monde sait le faire, des gauchistes au président de la République, à croire que cette litanie pourrait servir d’explication et d’excuse à l’hypocrisie universelle, tout Le Monde des associés gauchistes bourgeois en tête bien sûr. Les gauchistes traditionnels LO et NPA, s’ils affichent une position plutôt classiquement internationaliste contre la guerre des brigands impérialistes, ne font que se fondre dans la masse des pleurnicheries sur les « massacres » (LO prédit de futurs Alep en Europe, et le NPA veut « faire vivre la solidarité internationale des opprimés » en promettant l’ouverture totale des frontières françaises aux migrants de la terre entière), désireux mais seulement dans le virtuel être une Croix rouge bis pour les « immigrés de guerre »- aux côtés de leurs potes du trust allemand Greenpeace et autres « lanceurs d’alerte » – mais ils sont incapables d’une réelle analyse politique géo-stratégique, sans parler du milieu de la Gauche communiste maximaliste quasi inexistant et incapable de prendre position rapidement à chaque étape de la guerre impérialiste1.
Les sergents recruteurs du Monde, plumitifs et primitifs gauchistes parvenus expliquent comment faire : « Comment aider les Syriens en étant en France ? Manifester, faire un don d’argent ou devenir bénévole sont des moyens de soutenir une population et un pays en plein désastre ». Le Monde d’avant le crétin Plenel n’aurait jamais osé appeler ses lecteurs des beaux quartiers à ce genre de « prise de position » bénévole, mondialiste quoique au service de l’impérialisme occidental. Le Monde c’est désormais le journal militant à bobos, consternant pour les gogos qui le lisent. Montrant l’exemple des « réseaux sociaux qui se mobilisent », nouvelle forme de collaboration rapprochée avec les perroquets de l’impérialisme franco-occidental, et se doivent de manifester « silencieusement » en pleine « mobilisation citoyenne ». Nouvelle « croix rose », Le Monde militant, sincère partisan occidental, fait appel aux dons pour les armées « humanitaires ». De plus les plumitifs du Monde s’engagent à héberger un syrien et sa famille dans leurs résidences secondaires, ce qui est un bon exemple pour tous les sans-abris français. Le journal gauchiste bourgeois se déchaîne pour rallier la population derrière le général Hollande, titrant dans la foulée le même jour : « indignation à gauche, indifférence à droite ». Le Monde avait recruté du « beau monde » :

« Alep crève, mobilisons-nous ! » ont crié en une du journal gauchiste du Quai d’Orsay, il y a deux jours à peine, fifils Glucksmann (de l’ex-ancien philosophe démocrato-mao-décédo) et monsieur 1% écolo Yannick Jadot ; nouveaux Déroulède à la masse nos deux nigauds ont pointé du doigt responsables et complices : « Poutine et Al-Assad sont des « terroristes » et ceux qui les soutiennent en France sont leurs complices » ! Quoique ne dédouanant ni les crimes des Assad et Poutine, ni la fraction bourgeoise avec Fillon qui s’apprête pour le retournement d’alliance impérialiste, nous restons consternés par l’accusation de « crimes de guerre » pour un seul camp des saigneurs de guerre !

Une figurine de télévision en jupe pleura à chaudes larmes face aux « crimes de guerre » contre lesquels personne ne fait rien. Nos nouveaux philosophes au service de l’Arabie Saoudite et de Goldman & Sachs, eurent des trémolos dans le texte – on les croirait carrément embusqués sous les gravats de la rue Al Atrouche : « Après les bombardements massifs et indiscriminés de l’aviation de Vladimir Poutine et Bachar Al-Assad, les milices du régime finissent le « travail » à l’arme blanche, rue par rue, maison par maison. Et la communauté internationale regarde, hébétée, inutile, incapable d’imposer un cessez-le-feu ou d’organiser l’évacuation des civils pris au piège. Alep crève. Comme Srebrenica et Grozny ont crevé avant elle. De la même manière, selon la méthode dite « tchétchène » que le maître du Kremlin assume, revendique et impose. La seule nouveauté dans cette tragédie, c’est la possibilité de suivre le calvaire des habitants jour après jour, heure après heure, sur Twitter et Facebook. « Ceci est mon dernier message, nous allons mourir. Que fait le monde ? » : les posts des activistes depuis lundi 12 décembre, en arabe ou en anglais, disent tous la même détresse, comme autant de bouteilles jetées dans une mer d’indifférence planétaire. Ils rendent notre inaction plus coupable encore ». Quel fatras patriotique et militariste de petits cons !
Au même moment, le la avait été donné par le New York Times: « Comment le monde a fermé les yeux sur l’horreur syrienne ».
Rien n’est expliqué ni éclairé sur les bandes armées qui sont nommées « rebelles au régime de Bachar El Assad ». Des anges blancs ? Non, des tueurs comme les sous-fifres de daech, bandes peuplées de conseillers militaires américains, russes, français, turcs, iraniens, etc. Une population prise en otage ? Oui mais par les diverses bandes armées, qui au service des Etats-Unis, qui au service de l’Iran, de la Russie, de la Turquie. Tout ce beau monde prend en otages des centaines de milliers de civils, s’en sert de bouclier et on nous hurle aux oreilles que « Poutine massacre » ! Bizarre non ?
Les incantations des petits jouisseurs du boulevard Saint Germain au service des intérêts de l’impérialisme américain et de ses petits perroquets de la bourgeoisie française ne sont d’aucune utilité pour les victimes civiles frontales ou colatéralles d’une guerre à proprement parler inter-impérialiste, ni surtout pour hausser la compréhension sur les enjeux derrière l’aspect « spectaculaire » du massacre ; dans le rempart de mensonge du déroulement des guerres, l’image des massacres n’est pas moins trompeuse, sous ses airs objectifs et partiaux, que les infaux ou les discours de morale des puissants et de leurs journaputes.
UNE AUTRE GUERRE DANS LA GUERRE
Guerre inter-impérialiste donc pour contrôler la région : la bourgeoisie américaine veut s’emparer de l’or noir de Mossoul. Jusque là les ambitions restaient relativement masquées, mais il est clair que les attentats en Turquie ont été téléguidés par la CIA, comme il est de plus en plus clair que la bourgeoisie US veut créer un Etat kurde et continuer à contrôler l’Ukraine pour freiner les ambitions russes ; Erdogan a été prévenu du coup d’Etat par Poutine, ce qui lui a permis de fuir et de sauver sa peau. Retournement d’alliance pour les impérialismes secondaires de fait dans une révision drastique des vieux accords Sykes-Picot2 ; on se souvient que la Turquie qui parrainait la « rébellion syrienne » avait accusé les milices chiites (soutenues par l’Iran) d’avoir saboté le couvre-feu, mais plénipotentiaires turs et iraniens sont invités à venir fêter Noël fin décembre à Moscou… : « Les négociations avec les Turcs « se sont avérées bien plus efficaces que les flâneries sans but auxquelles nous avons eu droit pendant des mois avec les Américains », a tenu à expliqué Sergueï Lavrov, le subtil ministre russe des affaires extérieures.
Pendant que guerre « syrienne » et négociations secrètes se poursuivent et donnent lieu à d’hystériques dénonciations de la part de chaque camp, le martyre et les exodes de civils pourront continuer, et il faudra masquer la nationalité des divers « conseillers militaires ». Et ci-après je ne peux que reprendre plusieurs réflexions de commentateurs anonymes.
Quant aux objecteurs qui veulent contrer l’hystérie à sens unique du camp américano-saoudien ils seront taxés de « complotistes », voire de négationnistes selon une « spécialiste » invitée par l’Immonde : « Symbole d’une débâcle sur un plan éthique – l’Europe et les Etats-Unis ayant, par leur désengagement, accordé de facto un blanc-seing au régime Assad et à ses alliés. Triomphe aussi sur le plan de la propagande et de la confusion. Au moment où les civils d’Alep-Est, massacrés à grande échelle par les pouvoirs de Damas et Moscou, tentent de fuir les bombardements aveugles, une narration d’inversion des réalités semble à certains égards l’emporter » (cf. La chute d’Alep serait la victoire de la propagande complotiste).
Ce qui est frappant pour la Syrie, c’est l’expression en continu de pseudo spécialistes le plus souvent inconnus . Dans leurs «analyses», les soi-disant experts tentent laborieusement d’asservir les faits, citant de façon sélective le déroulé des événements masqués, avec conclusions qu’on leur a dictées d’avance.
Des journalistes, chefs ou sous-chefs de « service politique », et des « universitaires » bien informés sont aussi incompétents à comprendre le déroulement de la guerre en cours. La lutte impérialiste c’est souvent « à qui perd gagne ». En n’intervenant pas massivement depuis une paire d’années pour écraser le « régime criminel » d’Assad (clan alaouite), l’impérialisme US semble laisser gagner Poutine et l’Iran, quand en réalité, derrière la focalisation aléatoire sur daech, il cherche à favoriser l’apparition d’un Etat kurde afin de mieux faire face à la Russie et à l’Iran, quitte à laisser tomber l’ancien allié turc (la CIA est derrière le PKK) ; et tous les arguments anti-génocidaires sont du pipeau. Le prochain remplacement d’Obama le faux gentil par le méchant Trump devrait réorienter l’impérialisme américain vers une collusion avec le russe – pas si paradoxale puisque le PDG d’Exxon Mobil nommé ministre travaille depuis longtemps avec les russes en mer du nord – face à d’autres géants – Inde et Chine – qui risquent d’être les prochains blocs impérialistes à affronter au cours de ce XXI ème siècle qui s’annonce si belliqueux.
Les diplomates français et leurs trouffions ne sont que des rigolos en face de ce grand retournement dont ils ne sont que les petits soldats et JP Filiu le bedeau.

CRITIQUE DE L’ANALYSE COMMUNISTE DES CLASSES SOCIALES

Un camarade d’un site web concurrent entreprend une démarche que nous estimons intéressante pour le mouvement communiste en général. Bien que nous ne partageons pas entièrement la critique qui est faite de l’analyse communiste qui est présentée, nous invitons l’ensemble des camarades qui le souhaitent à prendre position dans un sens ou dans l’autre sur les prétentions des uns et des autres.

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Dans les années soixante-dix et quatre-vingt du vingtième siècle, la gauche petite-bourgeoise s’est répandue à travers le monde, en Occident particulièrement. À l’appel du Grand Timonier (sic), nombre de partis marxistes-léninistes « feux follets » sont apparus, telles des étoiles filantes au firmament troublé du monde capitaliste bouleversé, puis se sont étiolés tels des éphémères au déclin de leur destin. Tout ceci serait triste et pathétique si ces organisations bourgeoises n’avaient laissé des artéfacts de leur passage que d’aucuns se complaisent à exhumer pour les remettre sur le marché de l’agitation sociale populiste. Le collectif du webmagazine Les7duquebec.com a reçu un tel fossile imprimé et nous avons pris la peine de l’étudier afin de comprendre les motifs de l’anecdotique existence de ces sectes marxistes-léninistes. Le lecteur trouvera ci-dessous le chapitre trois du Programme et des statuts du Parti Communiste Ouvrier (Marxiste-Léniniste) du Canada tel que publié en 1979. Nous avons émaillé le texte de nos critiques et de nos commentaires (en lettres italiques, mises entre parenthèse, et signées de notre adresse web. Les caractères gras sont de nous). Le lecteur attentif comprendra pourquoi ces organisations petites-bourgeoises n’ont jamais constitué une alternative pour le prolétariat révolutionnaire canadien, ni international.  http://www.les7duquebec.com


Source : 20161122- Parti Communiste Ouvrier du Canada. Programme et statuts – Chapitre 3-classes.docx   diffusé par Reconstruction communiste Canada – Courriel : pueblo@sympatico.ca – Tél. : (514) 737-7817.   Ce texte est diffusé par les Cercles d’études marxistes-léninistes.


 

Chapitre 3 – Les classes sociales dans la société canadienne

Programme et statuts – Parti Communiste Ouvrier (marxiste-léniniste)

Montréal (Qc) Canada, septembre 1979


Afin de bâtir un puissant mouvement révolutionnaire qui mettra fin au capitalisme, la classe ouvrière doit déterminer qui sont ses amis et qui sont ses ennemis dans la lutte pour le socialisme.  Une analyse de classe dans ses grandes lignes est un outil important pour répondre à cette question cruciale. S’il comprend bien les rapports de classe au Canada, le prolétariat pourra concrètement choisir comme cible ses principaux ennemis et gagner tous les alliés possibles à sa cause.  Ainsi, en regroupant tous ceux qui ont un intérêt à combattre la bourgeoisie, la classe ouvrière pourra concentrer la plus grande force possible, la grande majorité du peuple, contre la petite clique de profiteurs qui domine notre pays.  La bourgeoisie, et les révisionnistes et opportunistes, ne cessent de déformer la réalité des classes au Canada afin de saper le mouvement révolutionnaire et l’entrainer dans un cul-de-sac.  La bourgeoisie voudrait nous faire croire qu’il n’y a, dans notre pays, qu’une poignée de dépourvus et que ceux-ci sont responsables de leur propre sort.  Elle prétend par exemple que la majorité des gens se situeraient dans une soi-disant classe moyenne, indépendamment de leurs rapports aux moyens de production, une « classe » qui n’aurait pas intérêt à combattre le système capitaliste, bien sûr.

Plusieurs sociologues bourgeois, révisionnistes ou opportunistes, propagent de multiples thèses sur les soi-disant classes modernes.  D’après certains d’entre eux, la classe ouvrière serait de moins en moins nombreuse et n’aurait donc pas la force de mener la révolution. D’autres veulent nous faire croire que les professionnels, les techniciens, les ingénieurs, les intellectuels et autres groupes petits-bourgeois font partie de la classe ouvrière.  L’objectif de ces déformations antimarxistes est de liquider le rôle dirigeant de la classe ouvrière, la seule classe révolutionnaire conséquente, et ainsi de la détourner de sa mission historique qui est de renverser le capitalisme.

(La mission stratégique de la classe prolétarienne n’est pas de renverser le capitalisme. C’est de construire le mode de production communiste (non pas le mode de production socialiste –, mais le mode de production communiste) pouvant éventuellement requérir le renversement tactique du mode de production capitaliste si celui-ci ne s’effondre pas de lui-même. La construction d’un puissant mouvement révolutionnaire prolétarien sera un phénomène spontané émergent de l’énorme frustration de la classe prolétarienne révoltée suite à d’immenses souffrances, conséquente à l’évidente faillite du mode de production capitaliste à assurer la reproduction de l’espèce humaine. L’agitation futile de la petite bourgeoisie communiste du Canada (leur pays, écrivent-ils) ne peut en aucun cas générer un puissant mouvement révolutionnaire prolétarien comme l’histoire de toutes les sectes sociales démocrates, socialistes, communistes, anarchistes, trotskistes, marxistes-léninistes, maoïstes, écosocialistes, altermondialistes, etc. l’a démontré depuis plus d’un siècle. Ndlr. http://www.les7duquebec.com)

Le parti de la classe ouvrière doit armer celle-ci d’une analyse juste des classes de son pays, s’il veut la guider à la victoire. V.I. Lénine nous donne la définition de base des classes : «On appelle classes de vastes groupes d’hommes qui se distinguent par la place qu’ils occupent dans un système historiquement défini de production sociale, par leur rapport (la

plupart du temps fixé et consacré par les lois) vis-à-vis des moyens de production, par leur rôle dans l’organisation sociale du travail, donc, par les modes d’obtention et d’importance de la part des richesses sociales dont ils disposent.» (Œuvres, Tome 29)  

 

 

(Lénine falsifie ici la définition matérialiste dialectique des classes sociales. La part des richesses sociales dont disposent une classe sociale ou un individu d’une classe sociale n’est pas un facteur d’adhésion à cette classe, mais la résultante de cette appartenance. De cette falsification naitra le concept de « classe moyenne » classe imaginaire qui serait moyennement riche – à revenus moyens – moyennement exploité et moyennement aliéné (sic) diront les sociologues américains, oubliant qu’en phase de croissance impérialiste le mode de production laisse tomber davantage de miettes de la table des riches. L’on sait depuis l’intensification de la crise systémique du capitalisme que le « revenu moyen » peut fondre comme neige au soleil de l’inflation capitaliste entrainant la paupérisation de cette classe « moyenne », mais pas nécessairement sa prolétarisation – nombre de petits bourgeois plongeant dans les basfonds du lumpenprolétariat criminel et du gangstérisme. Enfin, contrairement à ce que prétend Lénine, il est faux de suggérer que le prolétariat ait un « rôle dans l’organisation sociale du travail ». Le prolétariat ne possède que sa force de travail à vendre et il ne possède aucun pouvoir pour orienter « l’organisation du travail » qui lui échappe totalement. Pour nous révolutionnaire prolétarien, la classe prolétarienne ne contrôle aucune organisation sociale (même pas les syndicats bourgeois), et ne possède que sa force de travail qu’elle ne peut que vendre socialement (aliéner) pour assurer sa reproduction élargie. Appartient à la classe prolétarienne le travailleur qui par sa force de travail produit du surtravail exproprié, source de plus-value. Le prolétariat n’est pas « moyennement » exploité ou aliéné (sic)  Ndlr  http://www.les7duquebec.com)   

 

Il y a deux classes fondamentales dans la société canadienne, la bourgeoisie et le prolétariat.  La bourgeoisie détient le pouvoir d’État et elle constitue notre ennemi principal.  Le prolétariat est la force principale et dirigeante dans la lutte révolutionnaire.

(Il est vrai que la bourgeoisie détient le pouvoir d’État et contrôle l’appareil de gouvernance sociale et politique, mais ceci est une conséquence de cela. Une conséquence du fait que la classe capitaliste détient la propriété des moyens de production, d’échanges et de communication – y compris de la force de travail qu’elle s’approprie contre salaire – voilà l’assise économique et sociale du contrôle politique du pouvoir étatique bourgeois. Cette juste présentation des rapports matérialistes dialectiques entre pouvoirs économiques fondement du pouvoir politique subordonné entraine que la classe prolétarienne ne doit pas d’abord s’attaquer au pouvoir étatique bourgeois, mais à son pouvoir économique. Par la grève, la classe prolétarienne doit tactiquement détruire le pouvoir et la richesse des riches et ensuite tactiquement leur confisquer le pouvoir politique, militaire, diplomatique, juridique, etc. afin d’accomplir sa mission stratégique, construire le mode de production communiste sur les reliquats du capitalisme.  Ndlr. http://www.les7duquebec.com )

Entre les deux se trouve la petite bourgeoisie.  C’est une classe complexe et variée.  Sa couche inférieure ainsi que des éléments de ses couches moyennes et supérieures peuvent être gagnés à la lutte pour le socialisme.

(Nous ferons ici un commentaire général qui concerne l’ensemble de ce programme électoral petit-bourgeois. Le matérialisme dialectique du prolétariat révolutionnaire ne repose pas sur le prêchiprêcha d’une secte éclectique qui se serait donné pour mission de « convaincre » et « d’évangéliser » les païens non croyants des bienfaits de la révolution prolétarienne (vous aurez noté que nous n’écrivons pas la « révolution socialiste ni la révolution communiste »), car la révolution sera prolétarienne du nom de la classe qui l’accomplira et le mode de production qui s’ensuivra sera communiste du nom du système social qui le chapeautera. Les révolutionnaires prolétariens ne peuvent « gagner » ni la classe ouvrière ni certains éléments de la petite bourgeoisie parasitaire à la révolution. Cette révolte et ce soulèvement de classe seront spontanés comme résultante de l’immense misère qui leur sera imposée – patientez, vous n’avez encore rien vu des souffrances de notre classe camarades – ce n’est qu’au moment de ces soulèvements populaires spontanés que se posera la question de la direction et de l’orientation de la révolution. Pas avant. Il sera alors crucial que la classe prolétarienne se soit totalement affranchie des influences néfastes des idées petites-bourgeoises, idéalistes, réactionnaires, nationalistes et réformistes de tout acabit, et de toutes les organisations de la gauche sectaire, dogmatique et opportuniste qui assombrissent le paysage révolutionnaire prolétarien. Fort heureusement, le Parti Communiste Ouvrier s’est désintégré ce qui en fait un de moins à contrer. C’est la raison pour laquelle notre slogan pour toute la période prérévolutionnaire est le suivant : Camarade, garde-nous de cette pseudo « avant-garde » de gauche, nos ennemis de classe on s’en charge. Ndlr. http://www.les7duquebec.com)

La bourgeoisie

La bourgeoisie canadienne est la classe dominante de notre pays.  C’est notre ennemi principal dans la lutte pour le socialisme.  La bourgeoisie est la classe des capitalistes qui possède et contrôle les moyens de production et vit des profits, de la plus-value qu’elle extorque à la classe ouvrière.  La bourgeoisie canadienne est une bourgeoisie impérialiste. En plus des propriétaires d’industries, de mines, etc., la bourgeoisie comprend : les capitalistes qui possèdent et contrôlent les systèmes de transport, les banques, les compagnies d’assurances et autres institutions financières, les biens immobiliers commerciaux, les grandes fermes capitalistes; les gérants à la tête des grandes compagnies et les plus hauts politiciens bourgeois, fonctionnaires de l’État et les officiers supérieurs des forces armées. Cette petite poignée d’exploiteurs ne forme que 2 ou 3% de la population de notre pays, mais c’est elle qui contrôle toutes ses richesses.

(Une bourgeoisie n’est pas impérialiste. Dans son évolution normale, tout mode de production en arrive à une phase d’évolution où il cherche à s’étendre à toutes les sociétés connues et accessibles. À détruire et à absorber les anciens moyens de production et les rapports de production antérieures. Le mode de production capitaliste en est rendu dans son évolution normale à cette phase impérialiste où il tente de soumettre toutes les espaces et les sociétés restantes – encore sous mode de production semi-féodale comme au Népal, en Afghanistan, en Papouasie, en Amazonie, et dans certaines régions reculées d’Afrique (la conversion de la Chine et de l’Inde étant avancées) – à son mode d’exploitation et de production de la plus-value. Les idéalistes du PCO pensaient qu’une classe sociale détermine un mode de production alors que le matérialisme dialectique prolétarien nous enseigne que c’est le mode de production qui détermine les rapports de production et les classes sociales antagonistes qui l’habitent. Ainsi, il faut plutôt écrire que le Canada est régit par le mode de production capitaliste à sa phase impérialiste d’évolution économique ce qui signifie que la classe capitaliste canadienne est entièrement intégrée à l’écheveau complexe des interrelations financières multilatérales, de cooptation et d’imbrication du capital international. Voilà les caractéristiques des rapports de production impérialistes assujettis aux forces productives capitalistes. Depuis Lénine, Boukharine et les bolchéviques, la gauche bourgeoise définie l’impérialisme comme une politique agressive et volontariste – d’expansionnisme économique – et guerriers de grands États bourgeois agressifs ayant résolus de dominer le monde, alors que la réalité est plutôt que l’impérialisme est d’abord un état d’évolution économique contraignant une politique expansionniste comme solution désespérée à la baisse tendancielle et inexorable du taux de profit, d’où l’impossibilité de valoriser (reproduire) le capital et dégénérescence du système conomique. En d’autres termes l’impérialisme est la matérialisation de la démarche d’obsolescence du mode de production capitaliste moribond qui ne parvient plus à remplir sa mission historique d’assurer la reproduction de l’espèce humaine ce pour quoi il faut l’éradiquer pour construire un nouveau mode de production planifié, cohérent et efficient (2). Ndlr. http://www.les7duquebec.com )

Le programme du PCO poursuit : la bourgeoisie ne forme qu’une seule classe, mais elle peut être divisée endeux fractions principales, la bourgeoisie monopoliste et la bourgeoisie non monopoliste ou moyenne bourgeoisie. La bourgeoisie monopoliste, qui s’est développée en même temps que le capitalisme monopoliste, est le noyau dominant et dirigeant de la bourgeoisie.  C’est la petite poignée de capitalistes financiers contrôlant les grandes banques, les institutions financières et les compagnies monopolistes qui domine la vie économique du Canada. Paul Desmarais de Power Corporation, Jean De Grandpré de Bell Canada, Peter Gordon, président de Stelco, Alfred Powis de Noranda, Conrad Black d’Argus, les Bronfman, les Weston, ces hommes sont tous des représentants typiques de la bourgeoisie monopoliste.  En tout, la bourgeoisie monopoliste constitue moins d’un quart de 1% de la population au Canada.  La moyenne bourgeoisie est formée des plus petits capitalistes.  On les retrouve souvent dans les secteurs le plus arriérés de la production et ils sont fréquemment associés à des intérêts régionaux.  Ils sont concentrés dans la petite industrie manufacturière, le commerce au détail de même que la petite spéculation financière. Très souvent, elle essaie d’arracher encore plus aux travailleurs afin de concurrencer les gros monopoles.  Ces dernières années, les travailleurs canadiens ont mené d’âpres luttes pour défendre leur droit à la syndicalisation contre ces capitalistes, comme à Fleck en Ontario ou à Commonwealth Plywood au Québec.

Pour chaque capitaliste monopoliste, il y a des dizaines de plus petits capitalistes.  Chaque année, particulièrement en temps de crise, plusieurs petits capitalistes sont ruinés à cause de la concurrence, tandis que les monopoles continuent leur poussée pour concentrer et centraliser le capital. II y a plusieurs contradictions au sein de la bourgeoisie canadienne : il y a des contradictions entre les fractions monopoliste et non monopoliste et entre les différents groupes monopolistes eux-mêmes.  Certains capitalistes canadiens, comme les principaux gestionnaires des monopoles américains au Canada, servent d’agents de l’impérialisme américain et d’autres sont étroitement liés aux intérêts américains. D’autre part, certains éléments de la bourgeoisie canadienne adoptent une position plus indépendante vis-à-vis l’impérialisme américain tandis qu’un nombre a adopté une position fortement nationaliste. La contradiction la plus aigüe au sein de la bourgeoisie aujourd’hui se situe entre la bourgeoisie monopoliste et la bourgeoisie nationaliste québécoise.  Mais malgré leurs différends, les capitalistes sont unis dans leur soif de profits, leur volonté d’exploiter la classe ouvrière, leur peur et leur haine de la révolution socialiste.

(Toujours le même dogmatisme infantile, puéril, caractéristique des organisations monistes de types communistes et gauchistes, présentant la classe capitaliste comme une bande de brigands, des mécréants, bêtement « assoiffés de sang et d’argent », des méchants poursuivant le mal pour le plaisir d’être malveillants – réunie dans leur haine du « socialisme », pourtant devenu tellement insignifiant depuis l’effondrement du camp socialiste (ce camp socialiste qui ne fut jamais un camp prolétarien révolutionnaire en voie d’édification du mode de production communiste, sinon via la construction du social-capitalisme d’État). Le matérialisme dialectique prolétarien nous enseigne que la classe capitaliste accomplit sa mission historique en cherchant à valoriser son capital. Les lois de l’économie-politique capitaliste sont inexorables et le capitaliste qui n’accomplit pas cette mission impérative et laisse son capital improductif – en jachère bancaire – disparait ou est absorbé par ses concurrents. Il n’y a jamais d’unité à long terme entre les capitalistes, tous soumis aux lois du marché et de la concurrence qui ne fait que s’exacerber sous la phase impérialiste du capitalisme des monopoles. Le matérialisme dialectique prolétarien nous enseigne que ce n’est pas la félonie des capitalistes qui entrainera leur perte, mais le fait que le mode de production capitaliste empêtrée dans ses contradictions insolubles ne trouvera pour seul remède que d’accroitre l’oppression et l’exploitation de la classe prolétarienne au-delà de ce qu’elle pourra endurer, la forçant à disparaitre ou à se révolter pour survivre en tant que classe sociale, puis à ériger un nouveau mode de production social – communiste – pour assurer la reproduction élargie de l’humanité. Alors curés, abbés, mollahs, imams et rabbins communistes et gauchistes repente-vous, la révolution prolétarienne viendra à son heure quand le grand cirque économique capitaliste aura fait son dernier tour de piste rocambolesque et s’effondrera alors le prolétariat saura-t-il s’affranchir de vos jérémiadesélectoralistes et réformistes ? Ndlr. http://www.les7duquebec.com )

Le prolétariat

La classe ouvrière est la classe révolutionnaire la plus conséquente au sein de la société canadienne.  C’est la force principale et dirigeante dans la lutte pour le socialisme. La classe ouvrière est la classe la plus nombreuse au Canada et constitue les deux tiers de la population du pays.  C’est du labeur de ces millions de travailleurs que les capitalistes se sont engraissés. Les ouvriers ne possèdent aucun des moyens de production et ils sont forcés de vendre leur force de travail aux capitalistes pour survivre.  Les ouvriers reçoivent un salaire qui correspond en gros à la valeur de la force de travail.  Leur travail en surplus accroit ou aide à accroitre le capital.  La classe ouvrière n’a aucun rôle de direction dans la division du travail et elle est sujette à la discipline rigide de la production capitaliste (passons sur cette description approximative. Ndlr).

Avec le développement du capitalisme et de l’impérialisme, la classe ouvrière n’a pas cessé de grandir et elle est devenue plus complexe.  Aujourd’hui, le prolétariat comprend différents groupes de travailleurs.  II y a lesouvriers industriels dans les mines, les usines, les chemins de fer et ainsi de suite (par exemple un mineur d’Inco à Sudbury ou un ouvrier d’une ligne d’assemblage de GM à Oshawa); il y a les travailleurs de commerce comprenant les employés des entreprises financières et commerciales (un vendeur d’Eaton, un commis de la Banque de Montréal), les travailleurs des services dans les services de l’État et du secteur privé (comme une aide-malade dans un hôpital) et finalement les travailleurs agricoles sur les fermes (un travailleur agricole des Prairies).

(L’exposé ci-haut présente le capitalisme et l’impérialisme comme deux modes de production différents signifiant ainsi l’adhésion de ce parti à la thèse bolchévique de l’impérialisme; à contrario de Lénine, il admet que la classe ouvrière n’a aucun rôle de décision dans la division sociale du travail, ce que nous avions souligné précédemment ; et il confond classe ouvrière et classe prolétarienne. Ainsi, les ouvriers agricoles – producteurs de plus-value – font intégralement partie de la classe ouvrière, fer de lance révolutionnaire de la classe prolétarienne dans son ensemble. Ndlr.http://www.les7duquebec.com)

Des divers types de travailleurs, c’est le prolétariat industriel qui est le plus déterminé et résolu dans la lutte révolutionnaire. Les travailleurs industriels produisent les richesses de la société.  Ce sont eux qui vivent le plus directement l’exploitation capitaliste. C’est leur travail qui fait tourner la roue de l’industrie moderne. Concentrés dans les secteurs de pointe de la grande industrie, ils sont les travailleurs les plus disciplinés, les plus expérimentés et les mieux organisés (sic). Ils se sont toujours tenus à la tête de l’armée de la classe ouvrière dans la lutte contre les capitalistes, par exemple, durant les luttes pour la syndicalisation des années 30 ou pendant les luttes contre le gel des salaires au milieu des années 70. Il y a environ deux millions et quart d’ouvriers industriels au Canada, d’après les statistiques de 1971*.  Familles incluses, le prolétariat industriel englobe près de 30% de la population**. Dans les rangs de la classe ouvrière, nous devons inclure également la vaste majorité des chômeurs, des assistés sociaux, de même que ceux qui ne peuvent pas travailler à cause d’accidents ou de maladies.  Ils forment une énorme armée de réserve d’où les capitalistes peuvent tirer une force de travail en période d’expansion économique.  Les patrons se servent aussi de cette réserve pour faire baisser les salaires et les conditions de vie de tout le prolétariat en temps de crise. Le prolétariat canadien est un prolétariat multinational de travailleurs de plusieurs nationalités de même que de travailleurs immigrants. Pourtant, malgré les nombreuses différences qui peuvent exister entre les travailleurs – entre les diverses catégories de travailleurs, entre ceux qui travaillent et ceux qui sont sans emploi, entre hommes et femmes, et entre travailleurs des différentes nationalités – tous ont le même intérêt fondamental à renverser le système capitaliste. En forgeant l’unité la plus grande possible dans ses rangs, le prolétariat peut réussir à se libérer.  À la longue, la petite minorité d’exploiteurs ne pourra faire face à la puissance organisée de la classe ouvrière dirigée par son parti communiste.

Mais pour faire la révolution, le prolétariat doit gagner à sa cause d’autres forces.

La petite bourgeoisie

Entre la bourgeoisie et le prolétariat, on retrouve une classe importante et variée, la petite bourgeoisie.  Quelques-uns de ses membres possèdent de petits moyens de production, d’autres sont des professionnels : ils remplissent des emplois qui exigent une instruction plus élevée ou participent à l’administration ou à la direction de la production capitaliste. Les petits-bourgeois ne vivent pas principalement en exploitant le travail des autres, mais ils ne font pas non plus partie de la classe ouvrière. La petite bourgeoisie est une classe extrêmement diversifiée.  C’est une classe instable, constamment en changement.  Plusieurs petits-bourgeois sont en train de se prolétariser, alors qu’ils sont forcés de grossir les rangs de la classe ouvrière.  Un petit nombre réussit à s’élever jusqu’à la bourgeoisie.  La mentalité de petit propriétaire et un esprit corporatiste étroit caractérisent la petite bourgeoisie.

Prise comme un tout, cette classe – contrairement au prolétariat – n’est pas une force révolutionnaire conséquente. Un fermier indépendant, un artisan ou petit commerçant, un scientifique, un enseignant ou un médecin, un contremaitre ou administrateur d’un échelon inférieur, tous font partie de la petite bourgeoisie. Au total, cette classe englobe près du tiers de la population du Canada. Selon la façon dont ils gagnent leur vie, ils sont soit des petits propriétaires, des professionnels ou des employés petits-bourgeois. Ce qui est le plus important pour la classe ouvrière, c’est de pouvoir, en tenant compte des différentes conditions de vie et de travail de la petite bourgeoisie, diviser cette classe en plusieurs couches qui joueront chacune un rôle différent dans la lutte pour le socialisme.

La couche inférieure de la petite bourgeoisie est formée de ceux qui vivent et travaillent dans des conditions proches de celles du prolétariat.  Les petits fermiers, les pêcheurs, les commerçants de même que les petits employés font partie de cette couche. Cette section de la petite bourgeoisie souffre sous le système capitaliste.  Les petits propriétaires sont écrasés sans pitié par les monopoles.  Chaque année, des centaines de petits fermiers, pêcheurs ou petits commerçants sont ruinés, tandis que d’autres sont forcés de prendre un deuxième emploi pour survivre.  Par exemple, entre I951 et 1971, sur une période de vingt ans seulement, le nombre de fermes au Canada est passé de 623 000 à 366 000, soit une chute de plus de 40%.  Souvent, leniveau de vie des petits propriétaires est plus bas que celui du prolétariat. Les employés petits-bourgeois font face à une vie de plus en plus dure.  Ils sont touchés par l’inflation, les bas salaires, la détérioration des conditions de vie et de travail et les autres effets de la crise au même titre que la classe ouvrière.

La couche inférieure de la petite bourgeoisie n’a pas intérêt à maintenir le système capitaliste.  Elle peut devenir une ferme alliée du prolétariat dans la lutte pour le socialisme.

La couche moyenne de la petite bourgeoisie jouit de bien meilleures conditions de vie et de travail.  Ceux qui en font partie possèdent habituellement plus de propriétés, sont plus instruits ou encore, jouent un rôle de direction de la production capitaliste.  Cette couche varie des fermiers à l’aise aux cadres inférieurs du gouvernement et des compagnies. Malgré son niveau de vie plus élevé, une bonne partie de la couche moyenne peut être ralliée à la cause du socialisme.  D’autres éléments peuvent être neutralisés. La couche supérieure possède une partie beaucoup plus considérable de la richesse et tire des privilèges certains du système capitaliste.  Plusieurs professionnels, comme les médecins, les avocats, les fermiers riches tout comme les cadres moyens du gouvernement ou des compagnies font partie de cette couche.

Cette couche supérieure possède les liens les plus étroits avec la bourgeoisie.  Elle a le plus de chances d’accéder à la bourgeoisie.  Plusieurs personnes de la petite bourgeoisie supérieure sont de fidèles défenseurs des capitalistes.  Certains de la couche supérieure peuvent être gagnés au socialisme, d’autres peuvent être neutralisés, tandis que certains vont s’opposer directement à la révolution socialiste. Avec le développement du capitalisme, le système a un besoin croissant de personnes impliquées dans le travail intellectuel.  L’intelligentsia est composée de personnes qui accomplissent un travail intellectuel.  On y retrouve des gens e différentes classes.  Les enseignants, les scientifiques, les écrivains, et autres font tous partie de l’intelligentsia.  Certains intellectuels, comme les auteurs à succès, font partie de la bourgeoisie.  Mais la grande majorité appartient aux diverses couches de la petite bourgeoisie. Les intellectuels peuvent servir soit le prolétariat, soit la bourgeoisie.  Ils peuvent défendre ou bien le progrès ou bien la réaction.  Tandis que certains vont devenir les fervents défenseurs de la bourgeoisie, plusieurs pourront être gagnés à la cause du prolétariat.

(Quel charabia indigeste, quelle comptabilité de « preachers » de sectes religieuses présentant une étude de marché des éventuelles clientèles à se partager sur le marché du militantisme petit-bourgeois. Tout est décrit et imaginé en fonction de « gagner-évangéliser » tel ou tel segment de la petite bourgeoisie (près du tiers de la population canadienne révèle ce plan d’affaires). D’où vient cette virtuosité des organisations petites-bourgeoises communistes et gauchistes à décortiquer le magma des segments de petits-bourgeois – leur « clientèle » privilégiée – afin de laisser croire que telle ou telle composante pourrait, disent-ils « être gagnés à la cause du prolétariat et du socialisme » ? Ces divagations petites bourgeoises proviennent de l’époque des révolutions socialistes de 1917 à 1980 environ, de l’époque des luttes de pseudo « libération nationale » pour le droit à l’autodétermination des peuples (notez que de socialisme et de prolétaires le Programme et ses statuts sont passés à la libération nationale par le « peuple », un amalgame de classes comprenant petite, moyenne et grande bourgeoisie patriotique). Étant donné que toute et chacune des révolutions sociales victorieuses qui se sont produites depuis 1917 souffrait énormément d’une insuffisance criante de prolétaires, tout un chacun de ces révolutions sociales se sont transformées en révolution démocratique bourgeoise s’appuyant fortement sur la paysannerie très nombreuse et sur la bourgeoisie commerçante, sur la petite bourgeoisie émergente et ultimement, là où les conditions le permettaient, sur un petit prolétariat vagissant (Russie, Chine, Vietnam, Cuba, Burkina Faso, Éthiopie, Angola, Mozambique, Corée (?), etc.) Faut-il redire que sans un prolétariat massif, nombreux, expérimenté, fortement développé, paupérisé, à la conscience de classe hautement développée, il n’y a aucune révolution prolétarienne imaginable ? Constatant ce fait indubitable, les différents chefs socialistes et communistes ont développé une problématique alambiquée de « recrutement » des différents segments de la petite bourgeoisie à la « cause » révolutionnaire bourgeoise. Quant à nous révolutionnaire prolétarien nous pensons effectivement que : « La mentalité de petit propriétaire et un esprit corporatiste étroit caractérisent la petite bourgeoisie. Prise comme un tout, cette classe – contrairement au prolétariat – n’est pas une force révolutionnaire conséquente. » Pire, à l’étape actuelle, préparatoire à l’insurrection populaire qui précèdera la phase franchement révolutionnaire prolétarienne, la petite bourgeoisie est le pire ennemi du prolétariat dont il faut totalement éradiquer l’influence réformiste néfaste, parmi la classe ouvrière d’abord, puis parmi l’ensemble du prolétariat ensuite. La petite bourgeoisie est réformiste par nature, par essence, ceci lui vient de sa situation sociale en tant que classe sociale parasitaire – non productrice de plus-value. Seules la paupérisation et la prolétarisation de la petite bourgeoisie – présentement en cours dans le monde occidental industrialisé – assureront sa rémission et son intégration en tant que force prolétarienne révolutionnaire à part entière. Cette intégration ne sera pas le résultat du prêchiprêcha des petits bourgeois des sectes communistes, mais celui d’un processus économicosocial inéluctable trouvant sa source dans la crise économique systémique du capitalisme. Aucun compromis avec la petite bourgeoisie, aucune alliance avec la bourgeoisie qui en aucun cas ne peuvent devenir des amis du mode de production communiste. NDLRhttp://www.les7duquebec.com (3).    

Les autres couches

À part les trois classes, la bourgeoisie, le prolétariat et la bourgeoisie, il y a, dans la société canadienne, un certain nombre d’autres couches importantes qui se situent à la frontière des principales classes. Entre le prolétariat et la petite bourgeoisie, il y a le semi-prolétariat.  Au Canada, cette couche est infime.  Elle est composée de ceux qui sont moitié ouvrier, moitié petit producteur, généralement en voie de prolétarisation ou entrainés dans la classe ouvrière.  Les petits fermiers et les petits pêcheurs qui sont forcés de travailler en tant qu’ouvriers pendant une partie de l’année font partie de cette couche.

Avec le développement de l’impérialisme, la bourgeoisie a réussi à corrompre un tout petit groupe dans la classe ouvrière : l’aristocratie ouvrière.  Ses membres deviennent les commis ouvriers de la bourgeoisie, sabotant les luttes des travailleurs et le mouvement syndical de l’intérieur dans le but de préserver le système capitaliste. L’aristocratie ouvrière est la mince couche supérieure des ouvriers qui a été achetée par les surprofits de l’impérialisme.  Elle sert d’agent à la bourgeoisie à l’intérieur du mouvement ouvrier. L’aristocratie ouvrière est composée des dirigeants syndicaux comme Dennis McDermot du CTC ou Laberge de la FTQ, qui ont vendu le prolétariat aux patrons et qui trahissent les buts du mouvement syndical, et aussi d’un très petit nombre de travailleurs hautement privilégiés. L’aristocratie ouvrière est la base et le principal appui social de l’opportunisme et du révisionnisme au sein du mouvement ouvrier.  Elle est l’ennemie de la classe ouvrière et son influence sur les travailleurs doit être détruite.

(Quelques mots à propos de cette soi-disant « aristocratie ouvrière », termes malheureux utilisés par Marx et repris à l’envie depuis par toute la petite bourgeoisie de gauche. Pour nous, révolutionnaire prolétarien, « l’aristocratie ouvrière » n’existe pas en tant que segment de classe du prolétariat. Il y a effectivement des éléments de la classe prolétarienne qui sont temporairement stipendiés par la bourgeoisie qui leur assure des sinécures, des emplois planqués, bien payés, hors du circuit de la production, la pléthorique bureaucratie syndicale bourgeoise en étant l’archétype. Mais alors ces éléments prolétariens, coupés de leur relation à la production de plus-value, perdent son statut de prolétaire et migrent vers un statut social de petit-bourgeois parasitaire. En ce qui concerne une certaine couche d’ouvriers socialement (et temporairement) mieux payés, ils continuent de faire partie de la classe ouvrière en tant que producteurs de surtravail et de plus-value. L’évolution du mode de production capitaliste en déclin se chargera bien de leur faire perdre les quelques avantages temporairement arrachés au capital comme l’ont appris des centaines de milliers d’ouvriers de l’automobile et du rail aux États-Unis. Ndlr.http://www.les7duquebec.com).

Le lumpenprolétariat est la couche inférieure de la société, le déchet de toutes les autres classes, qui vit en dehors du processus normal de production et d’échange.  Le lumpen vit du crime et de la corruption.  La petite pègre, les trafiquants de drogues, les prostituées et autres font partie de cette couche.  La grande pègre ne fait pas partie du lumpenprolétariat, mais de la bourgeoisie elle-même.  Il arrive que le lumpenprolétariat se lance dans quelques révoltes spontanées contre l’ordre établi.  Mais dans l’ensemble, il est une force réactionnaire susceptible d’être utilisée contre la classe ouvrière.  Les patrons utilisent souvent les éléments du lumpenprolétariat comme briseurs de grève par exemple.  Sa vie de crime et de corruption fait du lumpenprolétariat une force dangereuse sur laquelle le prolétariat ne peut se fier d’aucune façon dans sa lutte pour renverser le capitalisme.

Cette analyse scientifique des classes dans la société canadienne nous montre que les ennemis de la classe ouvrière sont en réalité une infime minorité isolée et que la classe ouvrière et le parti peuvent rallier sous leur bannière la vaste majorité de la population à la cause de la révolution socialiste.  L’analyse des classes en présence au Canada prouve que la classe ouvrière est la force principale et dirigeante dans la lutte révolutionnaire.  La couche inférieure de la petite bourgeoisie et le semi-prolétariat souffrent sous ce système d’exploitation.  Avec le prolétariat, ces couches forment le peuple travailleur canadien qui a intérêt à renverser le capitalisme.  Ces couches populaires des villes et des campagnes sont des alliés très précieux du prolétariat dans la lutte pour le socialisme. S’efforcer de gagner l’ensemble de ces couches populaires à la cause de la révolution est une tâche essentielle de la classe ouvrière.

(Les « couches populaires » ça n’existe pas en sociologie marxiste, pas plus que les « classes populaires », mais passons, une approximation supplémentaire dans ce programme et ces statuts indignent de l’appellation communiste et motif pour lequel nous évitons désormais cette appellation qui a été souillée par un siècle d’opportunisme et de réformisme gauchiste. Cette étude petite-bourgeoise non scientifique sur les classes sociales est totalement erronée et démontre que la classe ouvrière doit d’abord se dégager de l’emprise néfaste de la petite bourgeoisie réformiste, c’est-à-dire se libérer de l’influence de la go-gauche organisée dans une multitude de sectes dogmatiques portant le nom de Parti, Ligue, Alliance, Association, Comité, Cellule, Groupe d’avant-garde qui sont toutes devenues des entraves à l’avancement révolutionnaire de notre classe. La désintégration de ces groupuscules maoïstes à la fin des années quatre-vingt est la meilleure nouvelle que le mouvement ouvrier a connu. Il est dommage que les partis communistes issus de la IIIe Internationale n’aient pas connu le même sort. À la lecture de ce Programme et statuts il est aisé de comprendre pourquoi tous ces militants ont mal tourné ou sont restés de parfaits ignares dans le domaine de la révolution prolétarienne. Ndlr. http://www.les7duquebec.com )


*Ces chiffres proviennent d’une analyse de la population active d’après le recensement de 1971.

**Puisque la famille est l’unité économique de base de la société capitaliste, les membres d’une famille qui ne travaillent pas appartiennent généralement à la même classe que le soutien de famille.  C’est pourquoi les enfants et les ménagères font partie de la même classe que leur père ou leur mari puisqu’ils ont fondamentalement le même rapport aux moyens de production.

(1)    Nous publierons prochainement : L’impérialisme phase ultime d’un mode de production. http://www.les7duquebec.com

(2)

(3)  Pour une description du segment de classe petit-bourgeois nous vous référons à ce texte :   http://www.les7duquebec.com/7-au-front/fute-le-proletariat-americain-comment-instrumentaliser-une-potiche/

Source: http://www.les7duquebec.com/7-au-front/critique-de-lanalyse-communiste-des-classes-sociales/

Le programme militaire de la révolution prolétarienne

Vers la fondation d'un nouveau PC de type bolchevique

par V.I Lénine

En Hollande, en Scandinavie, en Suisse, parmi les social-démocrates révolutionnaires qui combattent le mensonge social-chauvin de la «défense de la patrie» dans la guerre impérialiste actuelle, des voix se font entendre qui proposent de substituer à l’ancien point du programme minimum social-démocrate : «milice» ou «armement du peuple», un point nouveau intitulé : «désarmement». La Jugend-Internationale a institué un débat sur cette question et publié dans son No 3 un éditorial en faveur du désarmement. Dans les thèses récentes de R. Grimm, nous trouvons malheureusement aussi une concession à l’idée de «désarmement». Les revues Neues Leben et Vorbote ont ouvert une discussion.

Examinons de plus près la position des défenseurs du désarmement.

I

L’argument essentiel revient à dire que la revendication du désarmement est l’expression la plus nette, la plus résolue, la plus conséquente de la lutte contre tout militarisme et contre toute guerre.

Mais c’est dans cet argument essentiel que réside aussi l’erreur essentielle des partisans du désarmement. Des socialistes ne peuvent se déclarer adversaires de n’importe quelle guerre sans cesser d’être des socialistes.

En premier lieu, les socialistes n’ont jamais été et ne peuvent jamais être les adversaires des guerres révolutionnaires. La bourgeoisie des «grandes» puissances impérialistes est devenue archiréactionnaire ; et la guerre que mène aujourd’hui cette bourgeoisie, nous la considérons comme une guerre réactionnaire, esclavagiste et criminelle. Mais que dire d’une guerre dirigée contre cette bourgeoisie ? Par exemple, d’une guerre des peuples opprimés par cette bourgeoisie et se trouvant sous sa dépendance, ou d’une guerre des peuples coloniaux pour leur émancipation ? Dans les thèses du groupe «Internationale», au § 5, nous lisons. «En cette époque d’impérialisme déchaîné, aucune guerre nationale n’est plus possible.» C’est évidemment faux.

L’histoire du XXe siècle, de ce siècle d’«impérialisme déchaîné», est pleine de guerres coloniales. Mais ce que nous, Européens, oppresseurs impérialistes de la plupart des peuples du monde, appelons, avec l’odieux chauvinisme européen qui nous est propre, des «guerres coloniales», ce sont souvent les guerres nationales ou les soulèvements nationaux de ces peuples opprimés. Une des propriétés essentielles de l’impérialisme, c’est justement qu’il accélère le développement du capitalisme dans les pays les plus arriérés, en élargissant et intensifiant du même coup la lutte contre l’oppression nationale. C’est un fait. Et il s’ensuit inévitablement que l’impérialisme doit, dans bien des cas, donner naissance à des guerres nationales. Junius, qui défend dans sa brochure les «thèses» mentionnées, dit qu’à l’époque de l’impérialisme toute guerre nationale contre l’une des grandes puissances impérialistes provoque l’intervention d’une autre grande puissance rivale de la première et également impérialiste, et que toute guerre nationale se transforme par conséquent en guerre impérialiste. Mais cet argument est faux lui aussi. Il peut en être ainsi, mais ce n’est pas toujours le cas. Nombreuses sont les guerres coloniales qui, entre 1900 et 1914, ont suivi un autre cours. Et il serait tout simplement ridicule d’affirmer qu’après la guerre actuelle, par exemple, si elle aboutit à l’épuisement extrême des pays belligérants, «il ne pourra» être question d’«aucune» guerre nationale progressive, révolutionnaire, menée, disons, par la Chine alliée à l’Inde, à la Perse, au Siam, etc., contre les grandes puissances.

Nier toute possibilité de guerre nationale à l’époque de l’impérialisme est théoriquement faux ; historiquement, c’est une erreur manifeste ; pratiquement, c’est du chauvinisme d’Européen : nous qui appartenons à des nations opprimant des centaines de millions d’hommes en Europe, en Afrique, en Asie, etc., nous devons déclarer aux peuples opprimés que leur guerre contre «nos» nations est «impossible» !

En second lieu, les guerres civiles sont aussi des guerres. Quiconque reconnaît la lutte des classes ne peut pas ne pas admettre les guerres civiles qui, dans toute société divisée en classes, sont la continuation, l’extension, l’aggravation naturelles, et dans certaines conditions, inévitables, de la lutte des classes. Toutes les grandes révolutions le confirment.

Ne pas admettre les guerres civiles ou les oublier, ce serait tomber dans un opportunisme extrême et renier la révolution socialiste.

En troisième lieu, la victoire du socialisme dans un seul pays n’exclut nullement, d’emblée, toutes les guerres en général. Au contraire, elle les suppose. Le développement du capitalisme se fait d’une façon extrêmement inégale dans les différents pays. Il ne saurait d’ailleurs en être autrement sous le régime de la production marchande. D’où cette conclusion inéluctable. le socialisme ne peut triompher simultanément dans tous les pays. Il triomphera d’abord dans un seul ou dans plusieurs pays, tandis que les autres resteront pendant un certain temps des pays bourgeois ou pré-bourgeois. Cela donnera nécessairement lieu à des frictions, et incitera en outre directement la bourgeoisie des autres pays à écraser le prolétariat victorieux de l’Etat socialiste. Dès lors, la guerre de notre part serait légitime et juste. Ce serait une guerre pour le socialisme, pour l’émancipation des autres peuples du joug de la bourgeoisie. Engels avait parfaitement raison lorsque, dans sa lettre à Kautsky en date du 12 septembre 1882, il reconnaissait nettement la possibilité de «guerres défensives» du socialisme déjà vainqueur. Il pensait précisément à la défense du prolétariat victorieux contre la bourgeoisie des autres pays.

C’est seulement après que nous aurons renversé, définitivement vaincu et exproprié la bourgeoisie dans le monde entier, et non pas simplement dans un seul pays, que les guerres deviendront impossibles. Et, du point de vue scientifique, il serait absolument erroné et absolument antirévolutionnaire d’éluder ou d’estomper ce qui est précisément le plus important : l’écrasement de la résistance de la bourgeoisie, — ce qui est le plus difficile et qui exige la lutte la plus intense lors du passage au socialisme. Les prêtres «sociaux» et les opportunistes sont toujours disposés à rêver du socialisme pacifique de l’avenir ; mais ce qui les distingue des social-démocrates révolutionnaires, c’est justement qu’ils ne veulent pas songer et réfléchir à la lutte de classe acharnée et aux guerres de classe qui sont nécessaires pour réaliser ce magnifique avenir.

Nous ne devons pas nous laisser abuser par des mots. Ainsi, la notion de «défense de la patrie» est odieuse à beaucoup, parce que les opportunistes avérés et les kautskistes s’en servent pour camoufler et estomper le mensonge de la bourgeoisie dans la présente guerre de rapine. C’est un fait. Mais il ne s’ensuit pas que nous devons désapprendre à méditer sur la signification des mots d’ordre politiques. Admettre la «défense de la patrie» dans la guerre actuelle, c’est considérer celle-ci comme «juste», comme conforme aux intérêts du prolétariat — un point c’est tout, absolument tout, car aucune guerre n’exclut l’invasion. Il serait tout simplement absurde de rejeter la «défense de la patrie» en ce qui concerne les peuples opprimés, dans leur guerre contre les grandes puissances impérialistes, ou le prolétariat vainqueur dans sa guerre contre quelque Galliffet d’un Etat bourgeois.

Sur le plan théorique, on commettrait une grave erreur en oubliant que toute guerre n’est que la continuation de la politique par d’autres moyens ; la guerre impérialiste actuelle est la continuation de la politique impérialiste de deux groupes de grandes puissances, et cette politique est engendrée et alimentée par l’ensemble des rapports existant à l’époque de l’impérialisme. Mais cette même époque doit aussi, nécessairement, engendrer et alimenter la politique de lutte contre l’oppression nationale et la politique de lutte du prolétariat contre la bourgeoisie ; par conséquent, elle doit rendre possibles et inévitables, premièrement, les insurrections et les guerres nationales révolutionnaires ; deuxièmement, les guerres et les soulèvements du prolétariat contre la bourgeoisie ; troisièmement, une fusion de ces deux formes de guerres révolutionnaires, etc.

II

A cela vient s’ajouter la considération d’ordre général que voici :

Une classe opprimée qui ne s’efforcerait pas d’apprendre à manier les armes, de posséder des armes, ne mériterait que d’être traitée en esclave. Car enfin nous ne pouvons pas oublier, à moins de devenir des pacifistes bourgeois ou des opportunistes, que nous vivons dans une société de classes, dont on ne peut sortir autrement que par la lutte de classes. Dans toute société de classes, qu’elle soit fondée sur l’esclavage, sur le servage ou, comme aujourd’hui, sur le salariat, la classe des oppresseurs est armée. De nos jours, non seulement l’armée permanente, mais aussi la milice — même dans les républiques bourgeoises les plus démocratiques, comme la Suisse — constituent l’armement de la bourgeoisie contre le prolétariat. C’est une vérité tellement élémentaire qu’il n’est guère besoin de s’y arrêter spécialement. Il n’est que de rappeler l’usage qui est fait de la troupe contre les grévistes, dans tous les pays capitalistes.

L’armement de la bourgeoisie contre le prolétariat est l’un des faits les plus importants, les plus fondamentaux, les plus essentiels de la société capitaliste moderne. Et l’on vient, cela étant, proposer aux social-démocrates révolutionnaires de «revendiquer» le «désarmement» ! Ce serait là renier intégralement le point de vue de la lutte de classe et renoncer à toute idée de révolution. Notre mot d’ordre doit être : l’armement du prolétariat pour qu’il puisse vaincre, exproprier et désarmer la bourgeoisie. C’est la seule tactique possible pour une classe révolutionnaire, une tactique qui résulte de toute l’évolution objective du militarisme capitaliste et qui est prescrite par cette évolution. C’est seulement après que le prolétariat aura désarmé la bourgeoisie qu’il pourra, sans trahir sa mission historique universelle, jeter à la ferraille toutes les armes en général, et il ne manquera pas de le faire, mais alors seulement, et en aucune façon avant.

Si la guerre actuelle provoque chez les socialistes chrétiens réactionnaires et les petits bourgeois pleurnichards uniquement de l’épouvante et de l’horreur, de la répulsion pour tout emploi des armes, pour le sang, la mort, etc., nous avons le devoir de dire : la société capitaliste a toujours été et demeure en permanence une horreur sans fin. Et si maintenant la guerre actuelle, la plus réactionnaire de toutes les guerres, prépare à cette société une fin pleine d’horreur, nous n’avons aucune raison de tomber dans le désespoir. Or, objectivement parlant, c’est très exactement se laisser aller au désespoir que de «revendiquer» le désarmement — ou, plus précisément, rêver de désarmement — à une époque où, au vu et au su de tout le monde, la bourgeoisie elle-même prépare la seule guerre véritablement légitime et révolutionnaire, à savoir la guerre civile contre la bourgeoisie impérialiste.

A qui dira que c’est une théorie détachée de la vie, nous rappellerons deux grands faits historiques de portée mondiale : d’une part, le rôle des trusts et du travail des femmes dans les fabriques ; d’autre part, la Commune de Paris de 1871 et l’insurrection de décembre 1905 en Russie.

C’est l’affaire de la bourgeoisie de développer les trusts, de rabattre vers les fabriques les enfants et les femmes, de les y martyriser, de les pervertir, de les vouer au pire dénuement. Nous ne «revendiquons» pas ce genre de développement, nous ne le «soutenons» pas, nous luttons contre lui. Mais comment luttons-nous ? Nous savons que les trusts et le travail des femmes dans les fabriques marquent un progrès. Nous ne voulons pas revenir en arrière, à l’artisanat, au capitalisme prémonopoliste, au travail des femmes à domicile. En avant, à travers les trusts, etc., et au-delà, vers le socialisme !

Ce raisonnement est applicable, en opérant les changements nécessaires, à la militarisation actuelle du peuple. Actuellement, la bourgeoisie impérialiste militarise, non seulement l’ensemble du peuple, mais même la jeunesse. Demain, elle entreprendra peut-être de militariser les femmes. Nous devons dire à ce propos : tant mieux ! Qu’on se hâte ! Plus vite cela se fera, et plus sera proche l’insurrection armée contre le capitalisme. Comment les social-démocrates pourraient-ils se laisser effrayer par la militarisation de la jeunesse, etc., s’ils n’oubliaient pas l’exemple de la Commune de Paris ? Il ne s’agit pas ici d’une «théorie détachée de la vie», d’un rêve, mais d’un fait. Et ce serait la pire des choses, en vérité, si les social-démocrates, en dépit de tous les faits économiques et politiques, en venaient à douter que l’époque impérialiste et les guerres impérialistes doivent nécessairement amener le retour de pareils faits.

Un observateur bourgeois de la Commune écrivait, en mai 1871, dans un journal anglais : «Si la nation française ne se composait que de femmes, quelle terrible nation ce serait !» Des femmes et des enfants à partir de 13 ans combattirent, pendant la Commune, aux côtés des hommes. Il ne saurait en être autrement dans les combats à venir pour le renversement de la bourgeoisie. Les femmes des prolétaires ne regarderont pas passivement la bourgeoisie bien armée tirer sur les ouvriers mal pourvus ou complètement dépourvus d’armes. Elles prendront le fusil, comme en 1871, et des nations terrorisées d’aujourd’hui — ou plus exactement : du mouvement ouvrier d’aujourd’hui, davantage désorganisé par les opportunistes que par les gouvernements —surgira sans aucun doute, tôt ou tard, mais infailliblement, une alliance internationale de «terribles nations» du prolétariat révolutionnaire.

La militarisation envahit actuellement toute la vie sociale. L’impérialisme est une lutte acharnée des grandes puissances pour le partage et le repartage du monde : il doit donc étendre inévitablement la militarisation à tous les pays, y compris les pays neutres et les petites nations. Comment réagiront les femmes des prolétaires ? Se borneront-elles à maudire toutes les guerres et tout ce qui est militaire, à réclamer le désarmement ? Jamais les femmes d’une classe opprimée vraiment révolutionnaire ne s’accommoderont d’un rôle aussi honteux. Elles diront à leurs fils : «Bientôt tu seras grand. On te donnera un fusil. Prends-le et apprends comme il faut le métier des armes. C’est une science indispensable aux prolétaires, non pour tirer sur tes frères, les ouvriers des autres pays, comme c’est le cas dans la guerre actuelle et comme te le conseillent les traîtres au socialisme, mais pour lutter contre la bourgeoisie de ton propre pays, pour mettre fin à l’exploitation, à la misère et aux guerres autrement que par de pieux souhaits, mais en triomphant de la bourgeoisie et en la désarmant.»

Si l’on se refuse à faire cette propagande, et précisément cette propagande-là, en liaison avec la guerre actuelle, mieux vaut s’abstenir complètement de grandes phrases sur la social-démocratie révolutionnaire internationale, sur la révolution socialiste, sur la guerre contre la guerre.

III

Les partisans du désarmement se prononcent contre le point du programme relatif à l’«armement du peuple» en affirmant, entre autres raisons, que cette revendication accroîtrait le risque de concessions à l’opportunisme. Nous venons d’examiner l’aspect le plus important de la question : le rapport entre le désarmement, d’une part, et la lutte de classe et la révolution sociale, d’autre part. Voyons maintenant le rapport entre la revendication du désarmement et l’opportunisme. L’une des principales raisons qui militent contre cette revendication, c’est qu’avec les illusions qu’elle engendre, elle affaiblit et débilite fatalement notre lutte contre l’opportunisme.

Cette lutte est, sans aucun doute, la principale question à l’ordre du jour de l’Internationale. Une lutte contre l’impérialisme qui ne serait pas indissolublement liée à la lutte contre l’opportunisme serait une phrase creuse ou un leurre. L’une des principales lacunes de Zimmerwald et de Kienthal, l’une des causes fondamentales du fiasco possible de ces embryons d’une IIIe Internationale tient justement au fait que la question de la lutte contre l’opportunisme n’y a même pas été posée ouvertement ; encore moins l’a-t-on résolue dans le sens de la nécessité d’une rupture avec les opportunistes. L’opportunisme a triomphé — pour un temps — au sein du mouvement ouvrier européen. Dans tous les grands pays, il se manifeste sous deux nuances principales : premièrement, le social-impérialisme avoué, cynique et par conséquent moins dangereux, de MM. Plékhanov, Scheidemann, Legien, Albert Thomas, Sembat, Vandervelde, Hyndman, Henderson, etc. Deuxièmement, le social-impérialisme camouflé, kautskiste : Kautsky-Haase et le «Groupe social-démocrate du Travail» en Allemagne ; Longuet, Pressemane, Mayéras et autres en France ; Ramsay MacDonald et autres leaders du «Parti travailliste indépendant» en Angleterre ; Tchkhéidzé et autres en Russie ; Treves et autres réformistes dits de gauche en Italie.

L’opportunisme avoué est ouvertement et nettement contre la révolution et contre les mouvements et explosions révolutionnaires qui commencent à se produire ; il est directement allié aux gouvernements, si variées que soient les formes de cette alliance, depuis l’entrée dans les cabinets ministériels jusqu’à la participation aux comités des industries de guerre (en Russie). Les opportunistes camouflés, les kautskistes, sont beaucoup plus nuisibles et dangereux pour le mouvement ouvrier, parce qu’ils se retranchent, pour défendre leur alliance avec les opportunistes de la première nuance, derrière des arguments spécieux faits de phrases sonores pseudo- «marxistes» et de mots d’ordre pacifistes. La lutte contre ces deux formes de l’opportunisme dominant doit être menée sur tous les terrains de la politique prolétarienne : Parlement, syndicats, grèves, domaine militaire, etc. La caractéristique essentielle de ces deux formes de l’opportunisme dominant est que la question concrète du lien entre la guerre actuelle et la révolution, ainsi que les autres questions concrètes de la révolution, sont passées sous silence, escamotées ou traitées avec la préoccupation de ne pas enfreindre les interdictions policières. Et cela, bien qu’avant la guerre on ait souligné maintes fois, de façon non officielle et officiellement dans le Manifeste de Bâle, le lien existant, très précisément, entre cette guerre qui ne faisait alors que s’annoncer et la révolution prolétarienne. Mais la lacune essentielle de la revendication du désarmement, c’est qu’elle élude toutes les questions concrètes de la révolution. A moins que les partisans du désarmement n’envisagent un genre tout nouveau de révolution : la révolution sans armes ?

Poursuivons. Nous ne sommes pas le moins du monde des adversaires de la lutte pour des réformes. Nous n’entendons pas ignorer la triste éventualité qui menace le genre humain — en mettant les choses au pire — de connaître une seconde guerre impérialiste si la révolution ne surgit pas de la guerre actuelle, malgré les nombreuses explosions dues à l’effervescence et au mécontentement des masses et en dépit de nos efforts. Nous sommes partisans d’un programme de réformes qui soit dirigé aussi contre les opportunistes. Ceux-ci seraient trop heureux de nous voir leur abandonner à eux seuls la lutte pour les réformes, et si nous allions, fuyant la triste réalité, nous réfugier au-delà des nuages, sur les cimes d’un vague «désarmement». Le «désarmement», c’est précisément la fuite devant la déplorable réalité, et nullement un moyen de la combattre.

Dans un tel programme, voici à peu près ce que nous dirions : «Le mot d’ordre et l’acceptation de la défense de la patrie dans la guerre impérialiste de 1914-1916 n’est qu’une corruption du mouvement ouvrier par un mensonge bourgeois.» Cette réponse concrète à des questions concrètes serait, au point de vue théorique, plus juste, beaucoup plus utile pour le prolétariat et plus intolérable pour les opportunistes que la revendication du désarmement et la répudiation de «toute» défense de la patrie. Et nous pourrions ajouter : «La bourgeoisie de toutes les grandes puissances impérialistes : Angleterre, France, Allemagne, Autriche, Russie, Italie, japon, Etats-Unis, est devenue tellement réactionnaire, elle est tellement animée du désir de dominer le monde que toute guerre de la part de la bourgeoisie de ces pays ne peut être que réactionnaire. Le prolétariat ne doit pas seulement être opposé à toute guerre de ce genre, il doit encore souhaiter la défaite de «son» gouvernement dans ces guerres et la mettre à profit pour déclencher une insurrection révolutionnaire si l’insurrection en vue d’empêcher la guerre n’a pas réussi.»

A propos de la milice, nous devrions dire : nous ne sommes pas pour la milice bourgeoise, mais seulement pour une milice prolétarienne. Par conséquent, «pas un sou et pas un homme», non seulement pour l’armée permanente, mais aussi pour la milice bourgeoise, même dans des pays tels que les Etats-Unis ou la Suisse, la Norvège, etc. D’autant plus que nous voyons, dans les républiques les plus libres (par exemple, en Suisse), la milice se prussianiser de plus en plus, surtout en 1907 et 1911, et se prostituer en vue de la mobilisation de la troupe contre les grévistes. Nous pouvons réclamer l’élection des officiers par le peuple, l’abolition de toute justice militaire, l’égalité en droits pour les ouvriers étrangers et ceux du pays (c’est un point particulièrement important pour des Etats impérialistes comme la Suisse, qui exploitent d’une façon de plus en plus éhontée un nombre sans cesse croissant d’ouvriers étrangers, sans leur accorder aucun droit) ; ensuite. le droit pour, disons, chaque centaine d’habitants d’un pays donné de former des associations libres en vue d’étudier l’art militaire, en élisant librement leurs instructeurs qui seraient rétribués aux frais de l’Etat, etc. C’est seulement dans ces conditions que le prolétariat pourrait étudier l’art militaire vraiment pour son propre compte, et non au profit de ceux qui le tiennent en esclavage ; et cette étude répond incontestablement aux intérêts du prolétariat. La révolution russe a prouvé que tout succès, même partiel, du mouvement révolutionnaire, par exemple la conquête d’une ville, d’un faubourg industriel, d’une partie de l’armée, obligera inévitablement le prolétariat victorieux à appliquer précisément un programme de ce genre.

Enfin, il va de soi que ce n’est pas en se bornant à rédiger des programmes qu’on peut lutter contre l’opportunisme, mais uniquement en veillant sans cesse à les faire réellement appliquer. La plus grave erreur, l’erreur fatale de la IIe Internationale qui a fait faillite, c’est que ses actes ne correspondaient pas à ses paroles, qu’on y inculquait l’habitude de l’hypocrisie et des grandes phrases révolutionnaires débitées sans scrupules (voyez l’attitude actuelle de Kautsky et Cie à l’égard du Manifeste de Bâle). L’idée de désarmement, en tant qu’idée sociale, — c’est-à-dire engendrée par des conditions sociales déterminées et susceptibles d’agir sur un certain milieu social, et non de demeurer une lubie personnelle, — est évidemment née dans des conditions d’existence particulières, exceptionnellement «tranquilles», propres à divers petits Etats restés assez longtemps à l’écart de la sanglante voie mondiale des guerres et qui espèrent éterniser cette situation. Pour s’en convaincre, il n’est que d’analyser, par exemple, l’argumentation des partisans norvégiens du désarmement : «Nous sommes une petite nation ; notre armée est insignifiante ; nous ne pouvons rien contre les grandes puissances» (et, de ce fait, nous sommes également incapables de résister à une intégration par la force dans une alliance impérialiste avec tel ou tel groupe de grandes puissances)… «nous voulons rester tranquilles dans notre petit coin de terre et poursuivre une politique de clocher en exigeant le désarmement, l’arbitrage obligatoire, la neutralité permanente, etc» (aussi «permanente» sans doute que la neutralité belge ?).

La tendance mesquine des petits Etats à se tenir à l’écart, le désir petit-bourgeois de rester le plus loin possible des grandes batailles de l’histoire mondiale, d’utiliser une situation de monopole, qui les laisse à peu près seuls figés dans une routinière passivité, voilà la situation sociale objective qui peut assurer à l’idée de désarmement un certain succès et une certaine diffusion dans divers petits Etats. Bien entendu, c’est une tendance réactionnaire et qui repose entièrement sur des illusions, car l’impérialisme entraîne d’une façon ou d’une autre les petits Etats dans le tourbillon de l’économie et de la politique mondiales.

La situation de la Suisse, par exemple, dans le monde impérialiste, impose objectivement deux lignes au mouvement ouvrier de ce pays : les opportunistes, alliés à la bourgeoisie, cherchent à faire de la Suisse une fédération républicaine démocratique monopolisant les bénéfices du tourisme bourgeois des nations impérialistes ; ils s’efforcent d’utiliser cette situation de monopole bien «tranquille» aussi avantageusement et paisiblement que possible.

Les véritables social-démocrates de Suisse s’efforcent d’utiliser la liberté relative et la situation «internationale» de ce pays pour aider à la victoire de l’alliance étroite formée par les éléments révolutionnaires des partis ouvriers européens. La Suisse, grâce à Dieu, ne parle pas «sa propre» langue, mais trois langues mondiales, qui sont justement celles des pays belligérants limitrophes.

Si les 20 000 membres du parti suisse versaient 2 centimes par semaine à titre d’«impôt extraordinaire de guerre», nous aurions 20 000 francs par an, plus qu’il ne faut pour pouvoir, malgré les interdictions des états-majors généraux, diffuser périodiquement en trois langues parmi les ouvriers et les soldats des pays belligérants toutes sortes de publications disant la vérité sur l’effervescence qui commence à se manifester parmi les ouvriers, sur leur fraternisation dans les tranchées, sur leur espoir d’utiliser révolutionnairement leurs armes contre la bourgeoisie impérialiste de leurs «propres» pays, etc.

Tout cela n’est pas nouveau. C’est justement ce que font les meilleurs journaux, tels que La Sentinelle, Volksrecht, Berner Tagwacht, mais malheureusement dans une mesure insuffisante. C’est seulement si cette activité se développe que l’excellente résolution du Congrès d’Aarau pourra devenir quelque chose de plus que simplement une excellente résolution.

La question qui nous intéresse pour l’heure est de savoir si la revendication du désarmement répond à la tendance révolutionnaire qui existe parmi les social-démocrates suisses. Evidemment non. Objectivement, le «désarmement» est un programme typiquement, spécifiquement national de petits Etats ; ce n’est pas du tout le programme international de la social-démocratie révolutionnaire internationale.

Source: https://www.marxists.org/francais/lenin/works/1916/09/pmrp.htm


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