Catalogne – Espagne : jaune et rouge ou bien Rouge ou Jaune ???

TML présente une série de textes de différentes organisations de « gauche » portant sur la crise espagnole et le processus d’accession à l’indépendance de la Catalogne.

solydairinfo

Drapeau de l'Espagne

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2 COULEURS…

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Mais 1 seule est la bonne…!

Contrairement à une idée répandue

dans l' »extrême-gauche » française,

le mouvement ouvrier catalan n’est ni inféodé

ni à la remorque de la bourgeoisie nationaliste…

« Le refus du gouvernement central de négocier la possibilité d’un référendum et l’application disproportionnée et autoritaire de la loi a poussé de nombreux citoyens, qui étaient relativement indifférents, à réclamer maintenant ce référendum à cor et à cri. Indépendamment de leurs positons pour ou contre a l’indépendance. Les adhérents de la CGT sont le reflet de la société catalane. En ce sens, nous respectons l’opinion de chacun d’entre eux.

Mais nous ne soutenons pas le gouvernement catalan contre celui de Madrid. En tant qu’organisation syndicale, nos objectifs et préoccupations sont la défense des intérêts et des droits des travailleurs et des citoyens. »

Thomas Lanssens (Syndicaliste CGT)

Depuis plusieurs semaines, l’utilisation de la force par le gouvernement de…

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Hommage à Ernesto Che Guevara à l’occasion du 50e anniversaire de son assassinat

Nous savons que nous souffrons d’un décalage horaire en présentant ce riche document produit LML qui rend hommage au révolutionnaire et guérillero argentin Ernesto « Che » Guevara à l’occasion de son assassinat il y a 50 ans, ce 8 octobre 1967, mais nous pensons que nous ne faisons jamais erreur de rendre hommage à de grands révolutionnaires qui ont marqué leur époque, même s’il est présenté avec un peu de retard. 

 

 

Aujourd’hui, nous rendons un profond hommage à Ernesto Che Guevara, le combattant révolutionnaire indomptable et l’internationaliste prolétarien qui a inspiré et continue d’inspirer des millions de personnes dans le monde.

Originaire d’Argentine, ce médecin qui n’avait d’autre souhait que d’aider à mettre fin aux souffrances des peuples d’Amérique latine et du monde s’est joint sans hésiter au camarade Fidel et aux révolutionnaires cubains dans la Sierra Maestra dans la lutte pour libérer Cuba. Il s’est mérité le titre de Guerrier héroïque pour ses exploits, qui furent une contribution décisive à la défaite de la dictature cruelle de Batista en 1959 et au triomphe subséquent de la révolution. Le Che s’est par la suite consacré à l’établissement de la base économique qui allait garantir le bien-être du peuple et a joué un rôle central dans l’alphabétisation de tous les Cubains et à l’établissement de moyens de communication viables. Son nom est associé à la promotion du travail volontaire comme moyen de transformer la conscience des êtres humains afin que leur société assume toujours ses responsabilités sociales. Il a été un bel exemple de la personne humaine moderne, dont chaque action est guidée par les principes. Ses actions respiraient l’amour social et le souci pour l’être humain.

Leader exceptionnel, le Che mobilisait le peuple pour l’accomplissement des tâches nécessaires. Lorsque les États-Unis se sont engagés dans la subversion économique et ont lancé des attaques terroristes contre la révolution naissante, le Che n’a pas hésité et s’est joint aux rangs des combattants révolutionnaires pour mobiliser le peuple dans la riposte. Sa contribution à la lutte pour engager Cuba dans la voie socialiste et protéger la révolution a laissé une empreinte indélébile sur ce que Cuba représente aujourd’hui.

L’internationalisme du Che et l’internationalisme de Cuba ne font qu’un. Les deux reposent sur l’abnégation et sont exempts de l’arrogance et des sentiments étroits qui placent l’intérêt personnel en premier. Che Guevara était entièrement imprégné du désir d’engager les peuples du monde entier dans la lutte pour la liberté, portant haut levée la bannière de la lutte anti-impérialiste et anticoloniale en Asie, en Afrique, en Amérique latine et dans les Caraïbes.

Ernesto Che Guevara est mort héroïquement sur les champs de bataille de la Bolivie il y a cinquante ans et l’humanité pleure sa perte comme si c’était hier seulement qu’il avait rejoint les colonnes de martyrs communistes et révolutionnaires. Aujourd’hui, les peuples du Québec et du Canada, unis à l’héroïque peuple cubain et aux peuples révolutionnaires du monde, commémorent le cinquantième anniversaire de son assassinat par la méprisable CIA américaine en renouvelant leur engagement à défendre la Révolution cubaine dont Fidel, le Che, Raúl, Camilo, Vilma, Heida, Tania et leurs camarades ont été les architectes et tous les combattants guérilleros révolutionnaires cubains et les peuples qui ne font qu’un avec eux. Nous nous engageons une fois de plus à défendre le droit de toutes les nations à l’autodétermination dont fait intégralement partie, comme nous l’a enseigné le Che, le droit crucial de se défendre.

Venceremos ! Hasta la Victoria Siempre !

 

Source: http://cpcml.ca/francais/Lmlq2017/Q47040.HTM#1

1917-2017 Octobre est là !! …Et si le bolchévisme était encore une idée neuve ?

La Révolution d’Octobre s’est réclamée du Marxisme, dans un premier temps, puis du Marxisme-Léninisme, par la suite, assez logiquement, compte tenu à la fois du rôle décisif de Lénine et de son œuvre dans cette période historique, et évidemment, de sa disparition prématurée.

Pourtant, dans cette commémoration, il ne s’agit pas de dépoussiérer les vieux livres, mais au contraire, de chercher à comprendre de quelle façon et dans quelles conditions concrètes les théories ont été mises à l’épreuve de la pratique.

C’est un regard critique sur l’histoire, simplement nécessaire pour déterminer quels sont nos critères d’évaluation.

Ce sont ces critères d’évaluation qui donneront le sens et la portée politique de notre célébration militante éventuelle.

C’est Marx lui-même, dans l’exposé de sa méthode, qui nous invite à considérer qu’on ne peut pas essentiellement juger d’une époque par ce qu’en disent les protagonistes eux-même…

« De même qu’on ne juge pas un individu sur l’idée qu’il se fait de lui, de même on ne peut juger une telle époque de bouleversement sur sa conscience de soi ; il faut, au contraire, expliquer cette conscience par les contradictions de la vie matérielle, par le conflit qui existe entre les forces productives sociales et les rapports de production. »

Karl Marx Préface à la Contribution à la critique de l’économie politique, 1859.

tribune marxiste-léniniste

NDLR: Cet article étant naturellement appelé à rester à la Une au moins pour toute la durée d’Octobre et Novembre, d’autres articles d’actu et études plus récentes se trouveront donc publiées à la suite…!!

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1917-2017

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Octobre

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est là !!

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Et si le bolchévisme

était encore

une idée neuve ?

Célébrer Octobre, ce n’est pas célébrer n’importe quelle révolution…

C’est célébrer la première alternative au capitalisme enfin réalisée et construite durablement, sur une période et une étendue suffisamment vaste, à l’échelle d’un continent, et largement influente au delà, pour avoir marqué profondément l’histoire de l’humanité.

La question est donc de savoir si l’on veut se contenter de célébrer les « 10 jours qui ébranlèrent le monde », comme un événement folklorique sur lequel on peut broder n’importe quelle légende de circonstance, au gré des obsessions politiciennes intéressées des uns ou des autres, ou bien…

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Pour le jeune Marx j’en resterai donc aux « impressions ».

Une critique du tout dernier film sur la vie de Karl Marx.

histoireetsociete

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je corrige les épreuves du livre, je prépare une conférence pour vendredi à Bézier, je n’aurai pas le temps de revoir le « jeune Marx » et donc d’en faire une critique cinématographique, j’en reste donc aux impressions d’une première vision pour exprimer deux sentiments contradictoires.

Premièrement il s’agit de l’oeuvre maîtrisée d’un cinéaste, c’est-à-dire que dans le propos rien n’y est anecdotique, complaisant, comme chez Guediguian. Le propos est de trouver une écriture matérialiste pour analyse la rencontre entre une vision philosophique matérialiste en train de se construire, celle du jeune Marx dans sa rencontre avec Engels et sa passion juvénile pour son épouse Jenny. L’approfondissement de ce positionnement philosophique qui intègre Sinoza, Hegel et bien d’autres non matérialistes, passe par la dénonciation de  l’abstraction de la dialectique des jeunes hégéliens au profit de l’analyse concrète de la situation concrète de l’exploitation prolétarienne. Sur le plan philosophique c’est un positionnement plus…

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Le président américain promet «le fer et le feu» à l’ONU pendant que Trudeau se pose en grand espoir blanc du monde

Des questions importantes de guerre et de paix

 

Le débat général de la 72e session de l’Assemblée générale des Nations unies à New York a débuté cette semaine, le 19 septembre, et se poursuit jusqu’au 25 septembre. Les chefs d’État et de gouvernement ou leurs représentants s’adressent aux Nations unies pour énoncer les priorités qu’ils se fixent pour eux-mêmes, pour le monde et pour l’ONU.

À la toute première journée, le monde a eu droit à une manifestation de la crise profonde dans laquelle s’enlisent les États-Unis avec la prestation du président Donald Trump. Son discours hargneux dans lequel il promet d’utiliser le fer et le feu contre tous les non-croyants en la démocratie américaine montre à quel point les États-Unis désespèrent de ne pouvoir ordonner au monde de régler leur crise économique et multilatérale. Plus ils proclament qu’ils sont la nation indispensable, plus le reste du monde prend conscience de la nécessité de ne pas être marginalisé.

Bien que les États-Unis et l’échec de leur démocratie soient coupables de l’anarchie et de la violence dans le monde aujourd’hui, Trump a dit que la menace à laquelle le monde fait face est que « les pouvoirs autoritaires cherchent à faire effondrer les valeurs, les systèmes et les alliances qui ont empêché les conflits et ont promu la liberté depuis la Deuxième Guerre mondiale. »

Faisant fi de l’échec des institutions américaines à résoudre les contradictions au sein des cercles dirigeants ou quelque problème que ce soit dans le monde, Trump cite la Constitution des États-Unis comme un document intemporel et universel qui s’étend au monde entier. « Nous célébrons le 230e anniversaire de notre constitution bien-aimée, la plus ancienne constitution encore utilisée dans le monde d’aujourd’hui, a dit Donald Trump. Ce document intemporel a été le fondement de la paix, de la prospérité et de la liberté pour les Américains et pour d’innombrables millions de personnes dans le monde dont les pays ont trouvé l’inspiration dans son respect de la nature humaine, de la dignité humaine et de la règle de droit. »

« En Amérique, affirme-t-il, le peuple gouverne, le peuple est au pouvoir et le peuple est souverain. J’ai été élu non pas pour prendre le pouvoir, mais pour donner le pouvoir au peuple américain à qui il appartient. »

Donald Trump propose une conception irrationnelle de la souveraineté dans laquelle les États-Unis ont le droit souverain de décider de ce qui est dans leur meilleur intérêt et dans le meilleur intérêt du monde :

« Nous devons remplir nos devoirs souverains envers les personnes que nous représentons fidèlement. Nous devons protéger nos nations, leurs intérêts et leur avenir. Nous devons rejeter les menaces à la souveraineté depuis l’Ukraine jusqu’à la mer du sud de la Chine. Nous devons respecter la loi, respecter les frontières et respecter la culture, et l’engagement pacifique que cela permet. »

Puis il a directement menacé le peuple coréen : « Les États-Unis ont une grande force et une grande patience, mais si nous sommes forcés de nous défendre ou de défendre nos alliés, nous n’aurons d’autre choix que de détruire totalement la Corée du Nord. […] Les États-Unis sont prêts, disposés et capables, mais j’espère que cela ne sera pas nécessaire. C’est la raison d’être de l’ONU. C’est à cela que les Nations unies servent. Voyons ce que l’ONU va faire. »

Puis il a attaqué l’Iran et menacé d’annuler l’accord négocié en 2015 entre l’Iran, tous les membres du Conseil de sécurité, l’Allemagne et l’Union européenne qui limite le programme d’énergie nucléaire de l’Iran à des fins pacifiques en échange de l’abandon des sanctions. « Nous ne pouvons pas laisser un régime meurtrier continuer ces activités déstabilisantes tout en construisant des missiles dangereux et nous ne pouvons pas respecter un accord s’il contribue à la construction éventuelle d’un programme nucléaire. L’accord de l’Iran est l’une des transactions les pires et les plus unilatérales auxquelles les États-Unis aient jamais participé. Franchement, cet accord est embarrassant pour les États-Unis, et je ne pense pas que vous ayez entendu le dernier mot à ce sujet. Croyez-moi. »

Donald Trump a ensuite menacé de soumettre le monde entier à la guerre de terreur des États-Unis : « Désormais, ce sont nos intérêts de sécurité qui dicteront la longueur et la portée de l’opération militaire, et non pas les repères arbitraires et échéances fixés par des politiciens. J’ai également changé complètement les règles d’engagement dans notre lutte contre les talibans et d’autres groupes terroristes. »

« L’Amérique se tient avec toutes les personnes vivant dans un régime brutal. Notre respect de la souveraineté est également un appel à l’action. Toutes les personnes méritent un gouvernement qui s’occupe de leur sécurité, de leurs intérêts et de leur bien-être, y compris de leur prospérité. »

 

Pour sa part, le gouvernement du Canada s’est servi de son intervention à l’Assemblée générale de l’ONU pour présenter une image d’un premier ministre Justin Trudeau comme le grand espoir blanc qui promet de réussir là où ceux qui promettent le fer et le feu échouent.

La peur, voire la terreur que cherche à provoquer le président américain avec ses propos sur le fer et le feu ne doit pas détourner l’attention du fait que la version plus douce et plus gentille offerte par le grand espoir blanc sert les mêmes intérêts privés que les deux pays représentent.

Le premier ministre Justin Trudeau est resté silencieux au sujet de la menace de Trump de « détruire totalement » la République populaire démocratique de Corée et s’est joint à lui pour blâmer la RPDC en disant en conférence de presse : « Je partage les préoccupations de tous sur le comportement imprudent du régime nord-coréen et je continue de croire que la meilleure façon de calmer la situation est de travailler avec nos partenaires et alliés dans la région et dans le monde. » Ainsi, pour lui il est préférable de menacer la RPDC avec les alliés et partenaires plutôt que de laisser les États-Unis le faire seuls.

Pour montrer le sens de ses propos, il a aussi ouvert la porte à l’adhésion officielle du Canada au bouclier antimissile des États-Unis, qui fait partie de l’arsenal américain de frappe préventive contre d’autres pays. « Nous continuons d’examiner la situation, a-t-il dit. Notre position n’a pas changé sur le bouclier pour l’instant, mais nous continuons d’examiner les choses et de nous assurer que nous faisons tout ce que nous pouvons et devons faire pour protéger la sécurité des Canadiens. »

Lors d’un gala qui a eu lieu avant le débat général sur un porte-avion désaffecté, durant lequel il a reçu le prix Global Citizen Awards 2017 du Conseil atlantique de l’OTAN, Justin Trudeau a livré un discours que le Conseil décrit comme « un cri de ralliement pour sauver l’ordre mondial ». En fait, il a tenu des propos presque identiques à ceux tenus par Donald Trump le même jour.

« Les alliances qui ont soutenu la sécurité et la prospérité mondiales depuis 1945 sont mises à l’épreuve et l’urgence des défis que nous avons en commun — changements climatiques et sécheresse, inégalité du revenu, extrémisme violent, guerre civile et migrations massives qui en résultent — continuent de grandir », a-t-il ajouté avant de poursuivre :

« Partout dans le monde, l’ordre international établi depuis longtemps est mis à l’épreuve. Avec l’annexion illégale de la Crimée par la Russie et l’empiètement en Ukraine, nous avons été témoins de la première prise de territoire en Europe depuis la Deuxième Guerre mondiale.

« Ce n’est pas le temps de se désister. C’est le temps où les démocraties atlantiques doivent renouveler notre engagement envers des standards universels de droits et libertés, imposés par un ordre multilatéral basé sur des règles qui ont favorisé la paix et la stabilité et qui ont passé l’épreuve du temps. »

Cet ordre multilatéral basé sur des règles et imposé par l’ONU, l’OTAN, NORAD et l’Organisation mondiale du commerce comprend « le pouvoir doux et le pouvoir dur » et c’est pourquoi, dit-il, le Canada augmente de façon significative ses dépenses pour la défense.

Tout en faisant écho aux menaces de Trump contre le peuple coréen, Trudeau lance un appel hypocrite à « combattre les fléaux du racisme, du sexisme, de l’homophobie, de la transphobie, du fanatisme ethnique et religieux, du néofascisme, du néonazisme et de l’extrémisme violent de Daesh auxquels nous sommes confrontés en 2017 ».

« Nous ne devons pas hésiter. Il serait inadmissible de faire un seul pas en arrière dans la défense des standards de décence de la sororité et de la fraternité de la famille humaine sortie victorieuse des luttes les plus douloureuses du derniersiècle », a dit Trudeau.

L’ONU est devenue une instance désuète qui n’est plus capable de défendre la primauté du droit international adoptée durant l’après-Deuxième Guerre mondiale. La domination du monde par les pouvoirs policiers aux mains d’oligopoles et d’intérêts privés qui ne s’arrêteront devant rien pour s’enrichir signifie qu’il faut un nouvel équilibre du pouvoir capable de mettre les forces destructives en échec. Il est illusoire de croire que cet équilibre est possible dans le contexte du système impérialiste d’États. Il doit être créé par une humanité unie dans l’action à la défense de ses propres intérêts.

 

Le temps d’agir est maintenant !
Faisons du Canada une zone pour la paix !
Défendons les droits qui appartiennent à tous du fait d’être humains !
Une humanité, une lutte !

 

Source: http://cpcml.ca/francais/Lmlq2017/Q47038.HTM#1

En défense de Gonzalo, théoricien du maoïsme

En soutien du débat entourant les récents événements au Pérou, nous publions ici une opinion du Centre MLM en défense de Gonzalo contre les critiques ou attaques, c’est selon, de l’OCML VP sur la possible « capitulation » du PCP et la « trahison » de Gonzalo.

http://www.centremlm.be/IMG/pdf/communisme-005-gonzalo.pdf

 

«Nous, humains, sommes de simples fragments du temps et des battements du cœur, mais nos actes resteront inscrits génération après génération. Nous peuplerons la Terre avec la lumière et la joie. »

L’Histoire produit des dirigeants révolutionnaires, des gens qui rompent avec l’idéologie dominant leur époque, dénonçant l’injustice, étudiant les racines des problèmes, pavant la voie à une solution révolutionnaire.

Ils sont le produit synthétisé des luttes de classe, tout comme ils synthétisent les luttes de classe.

Ces dirigeants ne sont pas intéressants comme individus en tant que tels, même si bien sûr le respect leur est dû pour leur accomplissement et leur capacité humaine à porter une rupture que d’autres n’ont pas été capables de faire.

Ces dirigeants sont intéressants en tant qu’ils expriment la Pensée correcte à suivre pour être en mesure de changer la situation. C’est le principe de la Pensée Guide, que nous avons expliqué dans un document commun historique au printemps 2013.

En novembre 2016, nous avons également expliqué quelle était la base de la Pensée Lénine, qui est notamment portée par les documents suivants de Lénine : La guerre des partisans (1905), Les leçons de l’insurrection de Moscou (1906), Léon Tolstoï miroir de la révolution russe (1908), Le développement du capitalisme en Russie (seconde préface).

La Pensée Lénine est l’expression directe de la situation russe, de la compréhension de la société russe, de ses besoins historiques. En 1934 par exemple, alors que 29 volumes des œuvres de Lénine avaient été publiés, les écrivains suivants étaient cités par Lénine : Mikhaïl Saltykov-Chtchedrine 320 fois, Nikolaï Gogol 99 fois, Ivan Krylov 60 fois, Ivan Tourgueniev 46 fois, Nikolaï Nekrassov 26 fois, Alexandre Pouchkine 19 fois, Anton Tchekhov 18 fois, Alexander Ostrovsky 17 fois, Gleb Ouspensky 16 fois, Ivan Gontcharov 11 fois.

C’est une bonne expression de la liaison avec la culture russe et sa situation. La révolution d’octobre a été, en 1917, l’expression de la Pensée Lénine.

De la même manière, la révolution chinoise a été l’expression de la Pensée Mao Zedong. Et dans chaque pays, l’histoire produit des dirigeants révolutionnaires qui commencent un processus révolutionnaire.

Pour cette raison, nous voulons souligner l’importance de rejeter la double attaque contre Gonzalo qui s’est produite idéologiquement en France ces derniers jours.

En tant que dirigeant du Parti Communiste du Pérou, qui a lancé une Guerre Populaire, Gonzalo a compris le principe de la Pensée Guide. Cela lui a permis d’expliquer que le maoïsme était la troisième étape du marxisme, après le léninisme.

Il n’y a pas d’autre « maoïsme » qui ait été défini. Toutes les autres tentatives sont sans aucun sens, de faibles constructions. Historiquement, le concept de « marxisme-léninisme-maoïsme » vient directement de Gonzalo.

Il n’y a pour cette raison aucun sens historique en la traduction en français et la publication, comme cela a été fait ces derniers jours, d’un « cours élémentaire de marxisme-léninisme-maoïsme » fait par des gens ayant par la suite rejoint le Parti Communiste d’Inde (Maoïste).

Cela ne peut être qu’une tentative de nier le rôle de Gonzalo et la signification de ses enseignements. Le nom de Gonzalo n’apparaît même pas dans le document. Mais ce qui apparaît, c’est le concept de « pensée MLM », ce qui est, cela va de soi, une tentative de contourner la question de la Pensée Guide fondée sur un cadre national.

http://www.centremlm.be/IMG/pdf/communisme-005-gonzalo.pdf

 

Il est de toute façon bien connu qu’en Inde, comme aux Philippines, il y a une grande tradition de refus du maoïsme au nom de la « Pensée Mao Zedong ». Les principaux partis de ces deux pays participant pour cette raison pendant longtemps aux congrès internationaux organisés par le Parti du Travail de Belgique, révisionniste.

Cela montre très bien qu’un maoïsme n’acceptant pas la seule définition du maoïsme, celle de Gonzalo, n’est qu’une « pensée Mao Zedong ». Lorsque le Parti Communiste des Philippines salue la Corée du Nord, il montre que son maoïsme est incorrect.

Il est également erroné que l’Organisation Communiste Marxiste-Léniniste – Voie Prolétarienne ait produit un document contre Gonzalo, l’accusant de capitulation, alors qu’il est en prison depuis son arrestation en septembre 1992, il y a 25 ans.

Une telle accusation, publiée ces derniers jours, n’est fondée que sur ce que l’ennemi accepte de dire à son sujet, et c’est pour cette raison une rupture claire avec la tradition révolutionnaire où on ne critique pas un camarade arrêté, aux mains de la contre-révolution.

Il y a également une grande naïveté à expliquer que Gonzalo est un traître, alors qu’il est toujours à l’isolement total. Quand quelqu’un capitule, il est mis en avant par la réaction.

La production de fausses lettres de capitulation n’a rien de nouveau non plus : cela avait déjà été fait pour le grand dirigeant révolutionnaire Thomas Müntzer en Allemagne en 1525.

Comme dit, c’est un enseignement fondamental de la révolution comme quoi il n’est pas possible de faire confiance à la réaction.

Et, dans son accusation, l’Organisation Communiste Marxiste-Léniniste – Voie Prolétarienne affirme que le Parti Communiste du Pérou a dit que la Pensée Gonzalo serait une nouvelle étape du marxisme. Cela n’est bien entendu pas vrai et cela montre que l’Organisation Communiste Marxiste-Léniniste – Voie Prolétarienne ne connaît pas ou ne comprend pas le Parti Communiste du Pérou.

Et comment pourrait-il en être autrement, quand l’Organisation Communiste Marxiste-Léniniste – Voie Prolétarienne croit que tous les pays du monde sont capitalistes (et non pas capitalistes ou bien semi-féodaux semi-coloniaux), que Staline était un contre-révolutionnaire, rejetant le caractère universel de la Guerre Populaire ?

Il est également étrange de voir l’Organisation Communiste Marxiste-Léniniste – Voie Prolétarienne dénoncer la « capitulation » de Gonzalo, quand elle a elle-même soutenu Prachanda, le dirigeant révisionniste du Népal, jusqu’à la fin de la capitulation.

C’est un bon exemple, parce que les révolutionnaires authentiques avaient prévu les erreurs de Prachanda à un stade très précoce. Il n’existe pas quelque chose comme un dirigeant révolutionnaire authentique qui, subitement, capitule.

C’est pourquoi on ne peut pas croire l’État allemand quand il dit qu’Ulrike Meinhof s’est suicidée dans sa cellule, ou bien quand le social-impérialisme soviétique a dit que le grand dirigeant grec Nikos Zachariadis s’est suicidé en exil. Ce sont des mensonges.

De la même manière, c’est une question de confiance dans le mouvement de l’Histoire que de ne pas croire en la capitulation de Gonzalo. Son arrestation, comme il l’a dit, est un « détour » pour la révolution péruvienne.

Un tel détour peut prendre du temps, exactement comme la révolution dans les pays impérialistes connaît une retraite stratégique depuis la vague des années 1960-1970, alors que de toutes manières l’Asie, l’Afrique et l’Amérique devenaient les « zones de tempête de la révolution mondiale ».

Ce qui compte, dans une telle situation, est que les révolutionnaires s’unissent dans des partis d’avant-garde dans chaque pays, défendant les traditions révolutionnaires et combattant le révisionnisme et les interprétations subjectivistes venant de l’extérieur du courant révolutionnaire historique.

Ceci, afin d’être prêt pour la nouvelle grande vague de la révolution mondiale.

Centre Marxiste-Léniniste-Maoïste [Belgique]
Parti Communiste de France(mlm)
14 septembre 2017

 

Source: http://centremlm.be/En-defense-de-Gonzalo-theoricien-du-maoisme

L’OCML Voie Prolétarienne soutient le Parti Communiste du Pérou

Le texte qui suit est une analyse produite par l’OCML VP en 1990 sur la question de la GPP au Pérou menée par Gonzalez et le Parti communiste du Pérou (PCP). Nous le publions aujourd’hui parce qu’à la lumière de l’expérience  péruvienne, et l’impasse dans lequel se trouve la révolution prolétarienne au Pérou, l’OCML VP ait modifié quelques-unes de ses perceptions par rapport au modèle péruvien de la GPP. Vous trouverez d’ailleurs le texte de l’analyse de la situation actuelle dans le post suivant. 

 

L’OCML Voie Prolétarienne soutient le Parti Communiste du Pérou

Déclaration du Comité Directeur de l’OCML Voie Prolétarienne, Mai 1990

[NdlR : cette déclaration venait en conclusion d’une brochure intitulée « Dix ans de Guerre Populaire au Pérou », Cahier N°8 de La Cause du Communisme]
In english

En Septembre 1984 paraissait dans notre journal le premier article sur le PCP, « Sentier Lumineux », disions-nous. C’était le début d’une information régulière sur la guérilla au Pérou, et sur la politique du PCP.

Cette information a été marquée à des échéances politiques par de nouveaux positionnements. Nous refusions à la fois le soutien aveugle et idéaliste, qui a tant fait de mal au mouvement révolutionnaire, comme l’absence d’engagement au nom de critiques réelles. Ce soutien de Voie Prolétarienne a été et sera toujours un soutien politique fondé sur des accords principaux avec des orientations politiques en action dans la lutte des classes. Il s’est concrétisé essentiellement à deux moments : mi-85 par la publication dans notre revue théorique d’une analyse détaillée des positions du PCP, concluant sur un soutien critique. En Janvier 86, suite à un meeting public à Paris en soutien à la Guerre Populaire, un article du Comité Directeur critiquait de manière sévère son déroulement, ainsi que l’absence de réponse aux questions importantes que nous avions soulevées.

Aujourd’hui, la Guerre Populaire a dix ans. Nous avons à présent beaucoup plus d’informations, d’ailleurs liées au développement du processus lui-même. Et cet anniversaire est l’occasion de refaire le point politique sur nos accords avec le PCP.

Une fois de plus, faut-il le préciser, il ne s’agit pas d’une position définitive, et nous aurons l’occasion d’y revenir…

Les articles parus dernièrement dans « Partisan » (Avril, et Mai 90), et reproduits dans cette brochure ont situé l’état politique et social actuel du Pérou. La décomposition avance à grands pas et se développe une situation révolutionnaire : la bourgeoisie ne peut plus diriger comme avant (le résultat du premier tour des élections le prouve au pian institutionnel) et les masses ne veulent plus vivre comme avant, en témoigne le développement de la guérilla du PCP, de même d’ailleurs que l’existence des guévaristes du MRTA. Les impérialistes sont inquiets, et leur implication de plus en plus importante. Que ce soit l’intervention US à propos de la drogue, ou celle de la social-démocratie européenne avec les ONG.

Les politiciens bourgeois sont totalement déconsidérés, y compris les opposants réformistes, dont on pourrait croire que c’est pour eux que Lénine a inventé la formule « crétinisme parlementaire » : alors que la crise s’aggrave, les réformistes de la Gauche Unie s’accrochent à l’état bourgeois vacillant.

Seul le Parti Communiste du Pérou propose un avenir différent. En dix ans la guérilla a gagné en force et en étendue, alors même que les tentatives guévaristes avaient tourné court au bout de quelques mois. Par sa lutte, le PCP démarque les camps et ceux qui les occupent. Au Pérou, mais aussi en France : le camp des exploiteurs et celui des exploités.

En France même, la presse bourgeoise parle de plus en plus du « Sentier Lumineux ». Du reportage à sensation publié dans Paris Match, au livre pourri de Labrousse et Hertogue, la délimitation face à ce Parti est de plus en plus importante. On commence même à trouver quelques journalistes qui s’y intéressent et dont le discours est un peu différent.

Très vraisemblablement, plus la guérilla va se développer, plus ce débat va prendre de l’importance et la polémique se durcir. Tous les militants qui se réclament du communisme doivent se préparer à répondre à cette offensive, déjà bien engagée. C’est le sens de ce document, signé du Comité Directeur de Voie Prolétarienne, et rédigé après débat dans l’organisation [1].

CE QUI FONDE NOTRE ACCORD

La première raison de notre soutien est la référence communiste du PCP. En ces périodes où l’on affirme la mort du communisme, l’abandon de tout espoir de libération pour la classe ouvrière et les masses exploitées, il est réconfortant de voir qu’à l’autre bout de la planète des militants ont repris le flambeau de la révolution pour le faire vivre concrètement par la lutte armée et la prise du Pouvoir.

Mais le contenu de notre soutien au PCP ne se réduit pas à reconnaitre que celui-ci appartient au camp des exploités, des révolutionnaires.

1) La reconnaissance du maoïsme comme développement du marxisme.

Le PCP considère le maoïsme comme un saut qualitatif dans le développement du marxisme. VP aussi. Même si son discours ne s’est pas entièrement dégagé du formalisme, le PCP nous parait mettre en œuvre celui-ci de façon créatrice dans la réalité sociale péruvienne. Nous en trouvons la marque dans ses textes d’orientation où il en exprime la nécessité :
« [Lénine] nous a enseigné que [la Révolution] s’exprimait dans des conditions spécifiques, qui, bien que ne niant pas les principes et les lois, étaient de nouvelles situations que le marxisme ne pouvait ignorer sous peine d’exposer la révolution à l’échec. Et que malgré les cris des intellectuels gonflés de libéralisme et faussement marxistes, pédants et livresques face au nouveau, la seule chose juste et correcte était d’appliquer le marxisme à la réalité concrète et de résoudre les situations nouvelles et les problèmes que toute révolution affronte et résout nécessairement ».

Mais on en trouve aussi la preuve dans la capacité du parti à enrichir ses positions politiques dans le cours de la lutte des classes (voir les documents de cette brochure) et à tirer parti de la réalité sociale péruvienne pour développer avec succès la guerre populaire.

Mais lorsque le PCP se réclame du maoïsme, ce n’est pas seulement pour son sens tactique. C’est qu’il en partage les orientations de fond. Nous en noterons trois qui nous semblent décisives pour se délimiter de toutes les orientations réformistes conduisant la révolution à l’impasse :

La critique du développement socialiste en URSS, et le premier bilan qu’en a fait Mao Tsé Toung et la Révolution Chinoise.
Le PCP rejette la théorie des « Forces Productives » comme révisionnistes et comme l’un des facteurs de dégénérescence de l’URSS. Il reconnaît à Mao Tsé-Toung le mérite d’avoir « appliqué la dialectique pour analyser la relation base/superstructure, et poursuivant la lutte du marxisme-léninisme contre la thèse révisionniste des « forces productives », il a conclu que la superstructure, la conscience peut modifier la base et avec le pouvoir peut développer les forces productives. (…) Ce qui conduit à une véritable direction de l’économie politique et non pas à une simple politique économique (…) ».

Autrement dit, pour le PCP, c’est la politique qui commande à l’économie et non l’inverse, et l’on rejette toutes les conceptions où la politique s’aligne sur « les nécessités » économiques apparemment immuables… et bourgeoises ! Le texte poursuit :
« Mais le principal est que le Président Mao Tsé-Toung a développé l’économie politique du socialisme. Sa critique de la construction du socialisme en URSS est de la plus haute importance ; de même que sa thèse sur comment développer le socialisme en Chine ». (…)
« Pourtant, malgré son importance fondamentale-, on traite peu de ce développement de l’économie politique marxiste ». (…)

Nous considérons ces éléments d’orientation comme des délimitations essentielles entre le marxisme et les diverses variantes de réformisme et de révisionnisme. En cela l’orientation du PCP est juste. Bien que formulée en termes généraux, elle débouche sur une appréciation correcte des pseudos pays socialistes de l’Est (y compris l’URSS et la Chine aujourd’hui) que le PCP considère comme capitalistes.

La deuxième concerne la défense de la Révolution Culturelle en Chine. Comme conséquence de sa vision du socialisme, le PCP, comme nous, considère la révolution culturelle comme une rupture politique et pratique avec les conceptions jusqu’alors dominantes dans le mouvement communiste sur la nature de la transition.
« La Grande Révolution Culturelle Prolétarienne est le développement du marxisme-léninisme essentiel du Président Mao Tsé Toung d’un point de vue historique. C’est la solution du grand problème non résolu de la continuation de la révolution sous la dictature du prolétariat » (…).
« La restauration du capitalisme en Chine, après le coup contre révolutionnaire de 1976, n’est pas la négation de la GRCP, mais pleinement partie de la lutte entre restauration et contre restauration et, au contraire, nous montre l’importance fondamentale qu’a la GRCP dans la marche inexorable de l’humanité au communisme ». (…)

La Révolution Culturelle est une référence importante pour notre organisation, et à notre avis c’est la seule manière de voir l’avenir du socialisme ; la seule manière de tenter d’empêcher la restauration du capitalisme, suivant un processus qu’on a pu voir dans les pays de l’Est. Le bilan politique de la Révolution Culturelle et finalement de son échec reste à faire, pour les communistes péruviens comme pour nous-mêmes. Comme la Commune de Paris ou la Révolution Bolchevique, elle est un jalon essentiel de l’histoire du prolétariat mondial, dont nous devons tirer tous les enseignements pour notre combat, dans les succès comme dans les échecs.

Enfin, la conception des étapes de la Révolution et des liens entre elles. Le PCP reprend la conception marxiste et léniniste de la révolution ininterrompue et par étapes. C’est à dire que si les étapes sont indispensables, compte tenu de l’état de développement des forces productives, en particulier dans les pays dominés, chaque étape prépare la suivante dans le même mouvement général de la marche au communisme.

« Le Parti Communiste du Pérou a comme but final le communisme ; pour cette raison, étant donné que la société péruvienne actuelle est opprimée et exploitée par l’impérialisme, par le capitalisme bureaucratique et la semi-féodalité, la révolution passe d’abord par une première étape démocratique, puis par une deuxième socialiste, pour ultérieurement développer des révolutions culturelles successives. Pour le moment, avec la guerre populaire, le Parti développe la révolution démocratique avec le but immédiat de l’achever par la conquête du Pouvoir dans tout le pays ; » (…).
« Finalement, il faut faire ressortir que la Démocratie Nouvelle, bien qu’elle accomplisse principalement les tâches démocratiques comme révolution démocratique, avance aussi en complément quelques tâches socialistes ; de cette manière on résout au fond la question des deux étapes, démocratique et socialiste, qui correspond à des pays comme le nôtre, en garantissant, une fois la démocratie achevée, la poursuite de la révolution comme révolution socialiste sans aucun intermède, de manière ininterrompue ». (…)

Pourquoi insistons-nous sur cette conception de la révolution ? C’est que c’est en cela que se démarque la révolution démocratique dirigée par la bourgeoisie (qui cherche à consolider son pouvoir, à arrêter la révolution) et la révolution démocratique dirigée par le prolétariat qui au contraire l’inscrit dans une perspective historique, et donc mène la lutte politique et idéologique permanente contre les tendances bourgeoises à la conciliation, au renforcement du pouvoir des élites contre celui des masses, à mettre au premier plan les règles économiques contre la mobilisation politique, à renforcer l’individua­lisme contre le collectivisme etc.

Sitôt le pouvoir pris s’amorce l’étape suivante, socialiste, alors même que les tâches démocratiques et anti-impérialistes sont encore inachevées, justement pour renforcer le rôle et la place du prolétariat dans la société : ce qui signifie socialisation et début de transformation des rapports de production.

Voilà, selon nous, trois éléments essentiels justifiant un soutien au PCP. En ces époques où le capitalisme d’Etat s’effondre à l’Est, un tel un programme permet de voir l’avenir avec optimisme.

2) Nous soutenons une Révolution démocratique

Dans l’étude sur les positions du PCP que nous avions faite en 1985, nous nous interrogions sur l’étape de la Révolution au Pérou. Notant l’importance de l’urbanisation d’une part, du développement industriel d’autre part, nous concluions un peu rapidement sur un pays « semi-capitaliste et semi-colonial ».

Le PCP parle de pays « semi-féodal et semi-colonial », en soulignant l’importance politique et économique du capitalisme bureaucratique qui se développe sur cette base.
« Le capitalisme bureaucratique est le capitalisme créé par l’impérialisme dans les pays attardés, lié à une féodalité qui est dépassée, et soumis à l’impérialisme qui est la phase ultime du capitalisme. Il ne sert pas aux larges masses mais aux impérialistes, à la grande bourgeoisie et aux propriétaires terriens. Déjà Mariategui avait établi par exemple que la création des banques par les bourgeois créait un capital inféodé à l’impérialisme et lié à la féodalité ; le président Gonzalo a établi magistralement que le capitalisme qui se développe au Pérou est un capitalisme bureaucratique entravé par les fers subsistants de la semi-féodalité, et d’un autre côté soumis à l’impérialisme qui ne lui permet pas de développer l’économie nationale, c ’est à dire, un capitalisme bureaucratique qui opprime et exploite Je prolétariat, le paysan et la petite bourgeoisie, et qui restreint la bourgeoisie moyenne ». (Bases de discussion, documents préparatoires au Congrès du PCP – Décembre 1987)

Au-delà d’une analyse précise du capitalisme bureaucratique et de la société péruvienne, dont nous n’avons peut-être pas tous les éléments, ce sont les conclusions politiques auxquelles aboutit le PCP qui nous paraissent importantes : il rejette la notion de « capitalisme dépendant », avancé par les réformistes, qui sous-entend qu’il suffirait de rompre la dépendance (en changeant les dirigeants par exemple) pour accomplir la révolution démocratique. Ainsi le PCP a été le seul à dénoncer le projet de nationalisations des banques en 1988 en soulignant que c’était une mesure formelle ne changeant rien aux rapports sociaux (un peu comme nous avions dénoncé les nationalisations en 1981 en France). Au contraire, tous les partis réformistes, y compris le MRTA guévariste, ont approuvé le projet du gouvernement Garcia.

Cette position permet de définir l’attitude à adopter à l’égard des diverses fractions bourgeoises. Alors que les réformistes de tous poils sont neutralisés par les discours pseudo-nationalistes des dirigeants de l’Etat, le PCP limite l’alliance à la bourgeoisie nationale opprimée par l’impérialisme ; tout en reconnaissant par ailleurs qu’actuellement cette alliance n’est pas concrétisée compte tenu d’une part de la fragilité et de l’instabilité de cette bourgeoisie, d’autre part du niveau actuel de développement de la révolution (elle serait par exemple considérablement accélérée s’il devait y avoir une intervention militaire US). Alliance instable et fragile comme on l’a dit, et qui cessera lorsque la prise du pouvoir mettra progressivement en avant les tâches socialistes.

L’orientation du PCP nous semble rompre avec les interprétations opportunistes de la révolution démocratique et c’est pourquoi nous le soutenons.

Pour conclure sur cette question, deux éléments supplémentaires : la nécessité du Pouvoir d’Etat d’une part, et d’autre part la construction du Nouveau Pouvoir de la Révolution Démocratique, dans le feu même de la destruction de l’ordre ancien.
« Qu’est-ce qui est fondamental dans le maoïsme ? Le fondamental du maoïsme est le Pouvoir. Le pouvoir pour le prolétariat, le Pouvoir par la dictature du prolétariat, le Pouvoir basé sur une force armée dirigée par le Parti Communiste. Plus explicitement : 1) le Pouvoir sous la direction du prolétariat, dans la révolution démocratique ; 2) le Pouvoir par la dictature du prolétariat, dans les révolutions socialistes et culturelles ; 3) le Pouvoir basé sur une force armée dirigée par le Parti Communiste, conquis et défendu par la guerre populaire ». (…)
« La conquête du Pouvoir dans le pays, aujourd’hui concrétisé dans les Comités Populaires, Bases d’Appui et République Populaire de Démocratie Nouvelle en formation dans la perspective d’établir la République Populaire du Pérou, sert à instaurer la dictature du prolétariat dans notre pays, parce que sans elle on ne peut marcher au communisme ». (…)

Nous partageons ces conceptions qui délimitent à la fois de tous les réformistes qui veulent aménager l’ordre existant sans remettre en cause le pouvoir bourgeois, mais aussi de tous les révisionnistes qui parlent de prise du pouvoir, voire de lutte armée, mais en renvoyant à plus tard la construction de la nouvelle société, aboutissant en fait à la remettre dans les mains d’une petite bourgeoisie, voire d’une bourgeoisie, suivant le processus qu’on a vu à l’œuvre au Nicaragua.

3) Nous soutenons un Parti prolétarien

Nous nous interrogions il y a cinq ans sur la faiblesse du travail ouvrier du PCP. Le fait est qu’après avoir reconnu cette faiblesse (par exemple dans l’interview du Président Gonzalo, en Juillet 1988), l’évolution est considérable depuis deux ans, et le travail politique est organisé et systématisé dans les concentrations ouvrières. « Partisan » a rendu compte de cette implantation (N°41, 44, 50, 51), nous y revenons dans cette brochure par ailleurs.

Le travail de politisation reste à approfondir, car la délimitation avec les réformistes se fait souvent sur les méthodes de lutte (pacifique ou violente, légale ou illégale, auto-organisation ou délégation) ou sur le soutien à la guerre populaire. Nous ne nions évidemment pas l’importance de ces démarcations très importante. Mais l’éducation de la classe ouvrière ne doit pas en rester là, précisément pour lui donner les moyens de jouer son rôle de direction, dans la révolution démocratique comme par la suite. La polémique politique, au fond, est très importante et permet cette éducation. Que ce soit sur l’économisme et le nationalisme, la hiérarchie des salaires, la nature des besoins et de la production (quelle lutte aujourd’hui dans les usines d’armement, comme la SIMA ou INDUMIL…) il y a des tâches de polémique et d’éducation de la classe ouvrière.

Certes le travail ouvrier organisé du PCP est récent, et encore peu systématisé. On voit poindre peut-être les prémices de ce travail dans la polémique contre les réformistes sur l’indexation des salaires. En tous les cas, nous soulignons l’importance de cette question, car c’est à notre avis un des éléments de l’avenir de la révolution qui se joue là. Nous aurons l’occasion d’y revenir.

Mais la présence physique de la classe ouvrière n’est qu’une petite partie des choses. Le sens de notre soutien va à un Parti qui, nous semble-t-il, suit une évolution tout à fait positive. Evolution sans doute issue de la conception même du Parti :
Tout d’abord un Parti étroitement lié aux masses, comme un poisson dans l’eau :
« Quant au Parti, le Président Mao part de la nécessité du Parti Communiste, d’un parti de type nouveau, un parti du prolétariat, aujourd’hui nous dirions un parti marxiste-léniniste-maoïste, un parti dont l’objectif est de conquérir le pouvoir et de le défendre, et pour cela qui est lié étroitement à la guerre populaire, que ce soit pour la débuter, la développer ou la livrer pour se défendre ; un parti soutenu par les masses, soit par la guerre populaire, elle-même qui est guerre de masses, soit par le front unique qui étant un front de classes se base sur les masses majoritaires. »
Un Parti où l’idéologie est au premier plan, pour guider la voie, et en transformation permanente pour s’adapter aux conditions de la lutte les des classes, dans la polémique et la lutte de ligne :
« Le Parti se développe et change selon les étapes de la révolution et les périodes qu’elle parcourt ; le moteur de son développement est la contradiction concrétisée en son sein par la lutte entre deux lignes, entre la ligne prolétarienne et la ligne bourgeoise ou non prolétarienne en général, fondamentalement et principalement une lutte contre le révisionnisme. Cela conduit à l’importance décisive de l’idéologie dans la vie partidaire et au développement de campagnes de rectifications qui servent à une meilleure adéquation de tout le système d’organisations du parti et des militants aux lignes politique et idéologique justes et correctes ».

Un Parti du prolétariat, pour le communisme :
« En fonction de la prédominance de la ligne prolétarienne et du maintien de la direction du parti dans ses mains de fer. Le Parti sert à l’établissement du Pouvoir du Prolétariat, déjà comme classe dirigeante de la Démocratie Nouvelle et principalement à l’instauration de la dictature du prolétariat, son renforcement et développement pour atteindre le but final, le communisme, au travers des révolutions culturelles ; pour cela le Parti doit en arriver à diriger tout dans tous les domaines » (…)

Nous avons noté l’évolution de son orientation politique depuis dix ans, et son enrichissement réel. Cela révèle un travail théorique important, en lien avec l’activité politique et pratique, un Parti vivant et non figé. Le Premier Congrès s’est tenu en 1988 dans la clandestinité et a stimulé un débat important, dans et en dehors du Parti. A ce que nous pouvons savoir, la formation des militants et sympathisants est effectivement au premier plan, et se poursuit à grande échelle dans tout le pays, sous forme d’écoles populaires (qui existent d’ailleurs depuis bien avant le début de la lutte armée), et la lutte idéologique est permanente.

La critique et l’autocritique ne sont pas de vains mots, et nous avons pu le vérifier auprès de sympathisants plus ou moins proches de la guerre populaire. Nous n’avons jamais caché les critiques ou interrogations que nous soulevait l’orientation du PCP, et jamais cela n’a provoqué la rupture de la discussion, pourtant parfois ardue. C’est pour nous un pas en avant par rapport à la pratique désastreuse du mouvement marxiste-léniniste de mettre en avant le consensus et de masquer les contradictions.

4) Nous soutenons la lutte armée du PCP

La lutte armée n’est jamais rejetée, en principe, par tous ceux qui se prétendent révolutionnaires. Reste que lorsqu’elle est posée, en pratique, on ne peut plus se gargariser de mots. La délimitation doit alors se faire concrètement.
Depuis le début, nous avons soutenu la lutte armée, et nous reconnaissons au PCP le rôle historique d’en être l’initiateur au Pérou. Car nous partageons la conception que le PCP en a :
« L’armée révolutionnaire est de type nouveau, il s’agit d’une armée pour l’accomplissement des tâches politiques que le Parti établit en fonction des intérêts du prolétariat et du peuple ; caractère qui se concrétise dans trois tâches : combattre, produire pour ne pas être une charge parasitaire et mobiliser les masses. C’est une armée qui se base sur la construction politique à partir de l’idéologie du prolétariat, du marxisme-léninisme-maoïsme (aujourd’hui) et la ligne politique tant générale que militaire que le parti établi. C’est une armée qui se base sur les hommes et non les armes ; c’est une armée surgie des masses et toujours liée à elles qu’elle sert de tout son cœur, lui permettant de se mouvoir en leur sein comme un poisson dans l’eau. Sans armée populaire, le peuple n’arrivera à rien, dit le Président Mao, en même temps qu’il nous enseigne la nécessité de la direction absolue du Parti sur l’armée et pose son grand principe : le Parti commande au fusil, et jamais nous ne permettrons le contraire ». (…)

C’est un point essentiel, absolument fondamental, qui exige une dure lutte politique et idéologique pour garder le cap pour ne pas se couper des masses. Car au cours de la lutte armée, la tendance militariste est toujours présente, au reflet des conditions objectives de la lutte, sans doute renforcée par les traditions de lutte en Amérique Latine.

Voilà résumé l’essentiel des raisons de notre soutien. Un accord principal avec l’orientation du PCP, correspondant tant à la marche au communisme qu’à la situation actuelle au Pérou. C’est cette analyse qui explique le sens des articles de notre journal, ainsi que l’importance que nous donnons au Dixième Anniversaire de la Guerre Populaire.

Mais accord et soutien ne veulent pas dire suivisme et idéalisme. Nous avons un certain nombre de réserves et critiques, secondaires certes, mais qu’il est nécessaire d’éclaircir maintenant.

 

NOS RÉSERVES ET CRITIQUES

1) Réformisme et conscience révolutionnaire

En 1985 nous notions que la critique des réformistes était relativement superficielle. Considérés comme des agents du social-impérialisme, la critique allait rarement plus loin que le niveau du « crétinisme parlementaire ».
« En ce qui concerne la dénommée Gauche Unie (…) que] rôle joue-t-elle dans la lutte des classes du pays ? Premièrement c’est la suite des vieilles positions électoralistes, la seule différence étant que maintenant elles sont plus débridées et plus liées au révisionnisme soviétique, ainsi qu’au révisionnisme chinois, au parlementarisme bourgeois endurci, aux positions nationalistes ou de révolutionnaires inconséquents qui prétendent ranger le peuple dans le crétinisme parlementaire, tous incapables de comprendre la nécessité de la violence révolutionnaire et encore moins les formes dans lesquelles elle se concrétise depuis six ardentes années ; ces révisionnistes s ’enfoncent chaque jour davantage dans la défense du vieil ordre, son parlement pourri, ses farces électorales, sa constitution et ses lois et ils vivent en tremblant d’une peur révérencielle face aux Forces Armées et au coup d’Etat, et sont à genoux devant l’Apra, et spécialement devant Garcia Pérez, qu’ils considèrent comme leur palissade protectrice et démocratique ». (Développer la Guerre Populaire pour servir la Révolution Mondiale – Août 86).

Pour ce qui est des appareils réformistes, des partis eux-mêmes, la critique est sans doute juste. Reste que cela n’explique pas leur influence de masse, ainsi qu’à l’Apra d’ailleurs. A aucun moment n’apparait les raisons de leur influence et de leur implantation dans les masses populaires, dont ils dirigent certains secteurs. Comment expliquer qu’à Puno, ou Cajamarca, ils soient capables (temporairement peut-être) d’entraîner une fraction des masses paysannes dans les Rondas Campesinas, contre la guerre populaire ? Comment expliquer la domination réformiste sur la majorité des syndicats ? Quelles sont les racines matérielles de cette domination et par conséquence comment les combattre correctement ?

Le PCP n’aborde jamais dans ses documents la notion du réformisme spontané des masses, correspondant à leur situation objective de classe dominée à partir de laquelle ils cherchent à améliorer leur situation matérielle. Réformisme spontané sur lequel les partis réformistes s’appuient pour développer leur influence. Le PCP voit unilatéralement le caractère révolutionnaire des masses, lié à l’exploitation féroce évidente qu’elles subissent. Mais les choses sont contradictoires, comme l’a montré Mao Tsé-Toung, et l’on ne peut développer correctement une politique révolutionnaire si l’on ne prend pas en compte tous les aspects.

L’enjeu est d’abord la polémique menée par le PCP vis à vis des réformistes qui se situe essentiellement sur le terrain idéologique, et très peu sur le terrain des enjeux politiques (en dehors bien entendu de la guerre populaire !), Elle reste formaliste, dans la mesure où elle ne saisit pas la cause du réformisme spontané répandu dans les masses. Et cela peut conduire à traiter incorrectement les contradictions au sein du peuple. Si l’on considère que les positions erronées sont avant tout idéologiques, sans voir leur base matérielle, tout opposant peut rapidement être traité en ennemi, alors que ses positions peuvent simplement refléter les contradictions concrètes de la situation actuelle.

En lien avec cet aspect, revenons sur le lien entre politique et militaire. La position du PCP est juste et s’applique (à notre connaissance) correctement pour tout ce qui touche à la Terre et au travail en milieu paysan. Un axe politique « La terre à qui la travaille » qui guide une action militaire et la construction du Nouveau Pouvoir, les armes à la main.

Pour ce qui est du travail sur la Côte, et plus spécifiquement à Lima, la situation semble différente. Il y a un net décalage entre le niveau du travail politique (beaucoup plus difficile, il faut le reconnaître) et les actions armées, sabotage économique ou éliminations sélectives. Les explications politique et la propagande apparaissent insuffisantes, relativement à l’ampleur des actions armées, et de larges secteurs du peuple ne comprennent pas la politique du PCP (même si par ailleurs il jouit d’une sympathie certaine). Un journal comme « El Diario », aujourd’hui clandestin, joue ce rôle d’explication et c’est une excellente chose. Mais ce décalage est réel et il est important que le PCP prenne les mesures nécessaires pour le combler.

L’ensemble de nos interrogations sur la conscience révolutionnaire et le réformisme peut peut-être s’expliquer par le développement même de la lutte armée. Elle a débuté dans les campagnes profondes, où le réformisme est peu (voire pas du tout) implanté et où la révolte paysanne ne demandait qu’à éclater après des siècles d’oppression et de massacres. L’orientation alors embryonnaire du PCP sur la question n’était pas une entrave au travail politique.

Aujourd’hui que la guérilla se développe, et que l’influence du PCP s’étend dans les villes, dans la classe ouvrière, cette lacune devient importante. Nous avons confiance dans la capacité du PCP à approfondir ce point et à dégager une tactique appropriée. Mais nous en soulignons l’importance, qui faute d’un traitement correct, entraînerait la révolution à l’échec, en étant incapable de comprendre d’où viennent les positions bourgeoises et comment les combattre.

2) Notre deuxième remarque concernera la faiblesse de la réflexion sur le socialisme.

Nous sommes certes d’accord pour considérer qu’il s’agit d’une deuxième étape de la révolution. Il n’empêche que le PCP lui-même souligne la rapidité du passage d’une étape à l’autre. Si ce passage est rapide, il faut déjà commencer à préparer les conditions subjectives de cette étape. Et nous n’arrivons par exemple pas à savoir quelles sont ces fameuses « quelques tâches socialistes » que la révolution démocratique doit accomplir. Nous sommes complètement d’accord avec la déclaration de principe mais il nous en manque l’illustration. Et comme cette réflexion est absente des documents actuellement disponibles, nous en sommes réduits à cette formule, ainsi qu’aux déclarations sur la théorie des forces productives. Dans le même ordre d’idée, par-delà des références à la révolution culturelle, il nous parait indispensable de tirer les enseignements politiques de son échec. Cela est nécessaire au progrès de la révolution mondiale, et de la révolution péruvienne en particulier. Pourtant nous n’avons pas encore connaissance des leçons tirées par le PCP de cette révolution.

Nous ne pouvons parler de positions erronées, dans la mesure où rien de ce qui est dit ne nous parait faux. Reste que cette faiblesse de la réflexion, si elle n’est pas encore vitale (compte tenu de l’étape démocratique de la révolution), peut le devenir après la prise du pouvoir.

3) Concernant le président Gonzalo, et l’importance donnée à ce dirigeant dans le travail du PCP.

Commençons par donner les positions du PCP :
« Dans son processus de développement, par la lutte du prolétariat comme classe dirigeante, et surtout, du Parti Communiste qui arbore ses intérêts de classe sans jamais y renoncer, toute révolution produit un groupe de chefs et principalement un qui la représente et la dirige, un chef d’autorité et d’ascendance reconnue ; dans notre réalité cela s’est concrétisée par nécessité et hasard historique, dans le Président Gonzalo, chef du Parti et de la révolution.
Mais, en outre, et c’est Je fondement de toute direction, les révolutions produisent une pensée qui les guide, résultat de l’application de la vérité universelle de l’idéologie du prolétariat international aux conditions concrètes de chaque révolution ; pensée guide indispensable pour atteindre la victoire et conquérir le Pouvoir et, plus encore pour continuer la révolution et maintenir toujours le cap vers le seul but grandiose, le communisme ; pensée guide qui, arrivée à un saut qualitatif d’importance décisive pour le processus révolutionnaire qu’elle dirige, s’identifie avec le nom de celui qui la concrétise, théoriquement et pratiquement. Dans notre situation ce phénomène s’est spécifié d’abord comme pensée guide, ensuite comme pensée guide du Président Gonzalo et plus tard, comme pensée Gonzalo ; parce que c’est le Président qui en appliquant de manière créatrice le marxisme-léninisme-maoïsme aux conditions concrètes de la réalité péruvienne, l’a élaboré, dotant ainsi le Parti et la révolution d’une arme indispensable qui est la garantie du triomphe ». (…)

Dans une société de classe, il est inévitable que le mûrissement de la conscience soit inégal. C’est d’ailleurs pour cela que seule une minorité du prolétariat s’organise en parti d’avant-garde, et que même au sein du Parti se dégagent des dirigeants qui expriment le plus clairement les grandes tendances de la société et précisent les buts et orientations du Parti. En ce sens nous concevons que le Président Gonzalo a pu jouer un rôle essentiel dans l’élaboration de la ligne politique du Parti.

Pour les mêmes raisons, il est inévitable que les masses dans le mouvement même de leur lutte cristallisent leurs aspirations dans la personne d’un chef, d’un leader. Mais cette adhésion n’est qu’une expression de leur aliénation.

Le rôle du Parti n’est pas alors de développer avec insistance cette personnalisation ; mais au contraire de montrer que ce sont les masses qui font l’histoire, par leur mouvement et révoltes spontanées, et surtout par l’élévation de leur conscience et de leur capacité de direction.

Les dirigeants communistes doivent pleinement jouer leur rôle de dirigeant, mais dans ce sens : pour réduire la contradiction entre dirigeants et dirigés. Pour une prise en charge croissante du pouvoir par les masses elles-mêmes, dans la lutte politique entre l’ancien et le nouveau pour leur disparition future.

Personnifier de manière exagérée la ligne politique dans un individu revient à dépolitiser les masses. Au Pérou, plus de la moitié des mots d’ordre du PCP portent sur le président Gonzalo. A l’étranger les documents du PCP sont réunis en livre sous le titre « La pensée Gonzalo », ce qui masque le fait qu’il s’agit de textes collectifs du Parti, quel qu’en soit le rédacteur. Nous ne pouvons pas être d’accords avec cette conception de la politique et de la place des hommes dans l’histoire.

4) Concernant le nationalisme et l’internationalisme.

Nous avions déjà noté il y a cinq ans des formulations préoccupantes dans les documents du PCP, sur la défense du sol de la Patrie. On retrouve ce type de formules dans les « Bases de discussion », sur « l’héroïque résistance des masses contre l’envahisseur en défense du peuple et de l’intégrité territoriale » lors de la guerre contre le Chili en 1879, guerre par ailleurs dont il est clairement affirmé qu’elle a mis en jeu impérialistes et propriétaires terriens, n’ayant donc rien de progressiste.

La résistance héroïque des masses en défense de ses intérêts, de la révolution, ou de la guerre populaire, est absolument juste, y compris face à des envahisseurs étrangers (Chili, Equateur). Mais on ne doit absolument pas faire la confusion avec la défense du sol de la Patrie, dont on se demande ce qu’elle a encore de progressiste dans la période actuelle, surtout dans le contexte de l’Amérique Andine.

Le cas de l’éventualité de l’invasion yankee est un cas particulier dans la mesure où son intervention directe permettrait, tactiquement, l’élargissement temporaire des alliances de la Révolution Démocratique, dans le cadre de la contradiction nation-impérialisme. Mais là encore, il nous semble que l’accent principal de la politique à suivre à ce moment serait l’anti-impérialisme, et non le patriotisme.

Le nationalisme et le patriotisme ont fait un mal considérable au mouvement communiste international, entraînant la révolution dans des impasses. Loin de nous l’idée d’affirmer que le PCP est nationaliste, la préoccupation internationaliste s’est même renforcée depuis cinq ans, dans tous les documents.

Cette position ambiguë est peut-être un reste de théorie des Trois Mondes, théorie bourgeoise développée par la Chine dans les années 75. Comment interpréter autrement cette affirmation :
« D’un autre côté, à partir de l’importance historique des nations opprimées et plus encore de leurs perspectives, ainsi que les relations économiques et politiques qu’elles sont en train de développer du fait du processus de décomposition de l’impérialisme, le Président a établi sa thèse de « trois mondes se délimitent ». Toutes choses qui mènent à la nécessité de développer la stratégie et la tactique de la révolution mondiale. Malheureusement nous ne connaissons que peu ou très peu des écrits et positions du Président Mao sur ces questions fondamentales ; pourtant, le peu qui est connu montre les perspectives grandioses qu’il guettait et les grands traits que nous devons suivre pour comprendre et servir la révolution prolétarienne mondiale ». (…)

C’est un peu rapide, et escamote que la Théorie des Trois Mondes a été exposée à l’ONU le 10 Avril 1974, par Teng Siao Ping alors réhabilité, et seulement sept mois après le X° Congrès du PCC ayant consacré la victoire des « Quatre », qui ne se sont jamais démarqués de cette théorie. Tout cela bien entendu du vivant de Mao Tsé-Toung. Il est évidemment difficile de connaître les positions personnelles de Mao Tsé-Toung sur la question. Reste que la théorie des Trois Mondes, développée par le Parti Communiste Chinois existe et que ses conséquences politiques sont bien connues : alliance avec les bourgeoisies des pays dominés, voire même des pays du « second monde », comme la France impérialiste. Le soutien au Shah d’Iran, à Pinochet au Chili, la réception de Nixon à Pékin en pleine agression yankee au Vietnam en sont des illustrations.

Les hésitations sur la Patrie sont sans doute liées aux hésitations sur la théorie des trois mondes. Le PCP ne défend nullement la théorie des trois mondes dans toute son analyse, tant interne qu’internationale. Mais il y a le problème des positions de la Chine du vivant de Mao Tsé-Toung, que le PCP hésite peut-être à affronter. Les communistes n’ont jamais eu peur de la vérité. Et reconnaître que Mao Tsé-Toung a été un grand dirigeant du prolétariat international n’empêche pas de regarder l’expérience chinoise d’un œil critique, ne serait-ce d’ailleurs que pour comprendre son échec.

La Théorie des Trois Mondes doit absolument être complètement rejetée, pour ce qu’elle est : une théorie contre-révolutionnaire mettant la révolution mondiale à la remorque de la bourgeoisie.

5) Enfin, pour conclure l’essentiel de nos remarques et critiques, nous voudrions revenir sur la situation en Europe.

A deux reprises a été développée une analyse erronée :
« La nécessité de voir les contradictions sert à analyser la situation mondiale et à définir sa stratégie et tactique, et en son sein les zones stratégiques et conflictuelles. (… )
Et l’Europe, où se développent des actions armées anti-impérialistes persistantes, rendant nécessaire d’étudier l’idéologie et la politique qui en sont à la base, la classe qu’ils servent, leur lien avec l’idéologie du prolétariat et leur rôle dans la révolution prolétarienne mondiale, ainsi que leur position face au révisionnisme contemporain ; mouvements qui expriment l’existence d’une situation révolutionnaire en développement inégal dans le Vieux Continent » (Bases de discussion – Décembre 1987)
« Concernant les actions armées en Europe, nous voyons des luttes armées prolongées. Elles sont l’expression d’une réalité objective. En conséquence, le fond n’est pas de les condamner, mais de les comprendre, les étudier, les analyser et de voir comment elles expriment aussi l’existence d’une situation révolutionnaire dans la vieille Europe. En plus, que ce sont des gens qui prennent les armes en sachant que c’est le seul moyen de conquérir le Pouvoir. C’est un coup très dur au révisionnisme ; qu’en Europe même, considérée comme un de ses remparts, le révisionnisme commence à être abandonné, quel que soit le degré atteint et les problèmes pendants. C’est sans conteste une avancée importante ». (…) Interview du Président Gonzalo – Juillet 1988

Nous sommes en désaccord avec cette analyse. Certes, ces actions armées sont l’expression d’une réalité objective, et il ne s’agit nullement de hurler au terrorisme. Mais il n’existe pas une situation révolutionnaire en Europe, même en développement. Il y a une crise économique, sociale et politique, certes, mais qui n’a pas débouché sur une situation révolutionnaire. Sinon, toute situation serait révolutionnaire, puisque par définition le capitalisme est instable et poursuit un cycle infernal de crise/restructurations/expansion. S’il y a crise de l’appareil politique bourgeois, il n’y a pas crise de la bourgeoisie, dont la domination n’est pas contestée. Ces actions armées reflètent au contraire le désarroi de la petite-bourgeoisie incapable d’accepter la dure situation d’un mouvement ouvrier en recul politique et idéologique, sinon social. Et donc incapable de prendre en main le lent travail de politisation et d’organisation nécessaire aujourd’hui à la classe ouvrière.

Ces actions ne sont pas des durs coups au révisionnisme (affirmer cela montre encore les limites dans l’analyse du réformisme, c’est privilégier le fusil sur la politique). Certes, elles ont rompu avec le légalisme ambiant, et c’est une bonne chose. Mais ces organisations armées n’ont pas rompu avec le révisionnisme. L’URSS reste un pays socialiste pour la plupart d’entre elles, du PCE(r) aux Brigades Rouges, en passant par Action Directe et la RAF. Elles auraient voulu entraîner le mouvement ouvrier vers une forme de révisionnisme armé sans issue.

Il n’est pas possible de développer ici une analyse de ces courants militaristes en Europe. Mais prétendre qu’ils relèvent de l’existence d’une situation révolutionnaire montrent à notre avis une méconnaissance importante de la situation réelle en Europe, et sans doute une surestimation des facteurs révolutionnaires dans l’analyse de la situation mondiale. Surestimation qui peut conduire à une erreur d’appréciation sur le soutien actuel et futur que le PCP peut trouver, particulièrement dans les pays impérialistes.

CONCLUSION

Nous avons abordé dans ce document les points les plus importants, selon nous, de l’orientation du PCP à l’heure actuelle. Ils justifient un soutien politique les aspects positifs l’emportant largement sur les réserves et critiques que nous sommes amenés à relever.

Comment apprécier l’évolution depuis cinq ans ? Pour reprendre une formule qui a fait fortune, « globalement positive ». Evolution politique et pratique, essentiellement dans le développement du travail ouvrier, la mise en place du Nouveau Pouvoir à la campagne et la vérification d’un Parti vivant et dynamique, sachant s’adapter à l’évolution, enrichir son orientation, suivant une ligne politique correcte.

Nous poursuivrons notre travail de soutien et d’information, nous poursuivrons notre polémique pour l’unité des communistes dans le monde. Et quand nécessaire, nous reviendrons sur l’orientation du PCP, pour à nouveau faire le point de ce soutien. Pour l’instant, face aux attaques de la bourgeoisie internationale, et sur la base de cette analyse, nous invitons tous les camarades, communistes, révolutionnaires et progressistes à soutenir la Guerre Populaire du Parti Communiste du Pérou.

Le Comité directeur de Voie Prolétarienne, Mai 1990

[1] Ce document est illustré de citations extraites [sauf avis contraire] des seuls textes issus du Congrès du PCP de 1988 disponibles, intitulés « Documents Fondamentaux » et qui traitent essentiellement du maoïsme, et du programme du PCP. Pour ce qui est des positions plus politiques, l’analyse de l’Apra, des réformistes, de l’Etat de la Guerre Populaire, du résultat des élections de 85, de la répression, nous renvoyons au document « Développer la Guerre Populaire pour servir la révolution mondiale » d’Août 1986.

 

Source: http://ocml-vp.org/article1827.html

12 SEPTEMBRE: UNE ALTERNATIVE NÉCESSAIRE CONTRE LE CHÔMAGE ET LA PRÉCARITÉ !!!

8 points du débat de fond :
___1_Refonte complète des institutions politiques et de l’état, en donnant tout le pouvoir aux travailleurs, qui doivent être représentés par eux-mêmes et avoir le droit de révoquer leurs élus. Donner à la démocratie prolétarienne la direction de l’économie.
Électivité et révocabilité du personnel de l’appareil d’état (police, armée, justice, responsables administratifs).
Élus politiques, cadres et officiers, dont le salaire est ramené au salaire des ouvriers et ouvriers qualifiés, selon grade et responsabilités. (Fourchette de 1 à 3)
__2_Créer un nouvel équilibre économique où les forces productives sont employées pour répondre aux besoins sociaux réels, et non à l’accumulation du capital. Cela seulement rendra possible le partage du travail entre tous, éliminant ainsi le chômage et la précarité.
L’avenir du mouvement social n’existe donc concrètement qu’autour des revendications pour un tel partage véritablement socialiste prolétarien du travail, impliquant la socialisation des moyens de production et des services essentiels.
__3_Recensement des besoins sociaux urgents actuellement non satisfaits, notamment en matière de logement et de santé.
__4_Recensement des forces productives disponibles et nécessaires à développer pour satisfaire ces besoins réels.
__5_Redéfinition d’un budget en équilibre, en base valeur-travail, entre ces forces productives et ces besoins.
__6_Redéfinition, dans cet équilibre, de la durée moyenne hebdomadaire de travail, nécessaire pour atteindre cet objectif.
__7_Réajustement, dans le cadre de cet équilibre, du SMIC à un niveau permettant d’accéder au moins à la satisfaction pour tous des besoins sociaux essentiels, notamment en matière de logement, éducation, culture, sport, etc…
__8_Prise en compte, dans cet équilibre, de l’effort collectif nécessaire aux objectifs de sécurité, de développement social et de solidarité.

tribune marxiste-léniniste

 

 

12 SEPTEMBRE:

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FACE A LA PRÉCARITÉ ET AU CHÔMAGE,

UNE SEULE ALTERNATIVE:

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LE PARTAGE DU TRAVAIL

EN FONCTION DES BESOINS SOCIAUX

DES TRAVAILLEURS

ET DE LEURS FAMILLES !!!

Pour une alternative

anticapitaliste

prolétarienne !!!

« NOUS NE SOMMES RIEN ? SOYONS TOUT ! »

Eugène POTTIER – « L’Internationale »

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POUR DÉBATTRE D’UNE ALTERNATIVE POLITIQUE

ET ÉCONOMIQUE A LA CRISE!

Toutes les richesses créées, en biens et services socialement utiles, sont le fruit du travail, devenu précaire et de plus en plus mal payé, des forces vives productives qui sont la force essentielle de la société.

Leur fonction naturelle est de répondre aux besoins sociaux des travailleurs et de leurs familles.

Avec la crise, le fait qu’elles soient détournées au profit de l’accumulation du capital apparait de plus en plus flagrant.

Les besoins sociaux les plus élémentaires d’une part croissante de la population ne sont plus satisfaits…

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LYON 12 SEPTEMBRE 2017 : UNITÉ ET RÉSISTANCE POPULAIRE !!!

La première étant la nécessité d’une véritable organisation de résistance populaire de masse, ce qui suppose d’en définir les objectifs politiques stratégiques, et c’est incontestablement là qu’il y a un décalage énorme entre la capacité de résistance « spontanée » du mouvement de masse contre l’obscurantisme social « en marche » et la nécessité de construire une alternative politique et sociale anticapitaliste.
Luniterre.

tribune marxiste-léniniste

LYON 12 SEPTEMBRE

L’ « incident » de la Rue Pierre Robin

UNITÉ ET RÉSISTANCE POPULAIRE!!!

http://s-www.leprogres.fr/images/6bf06a13-a057-4595-b51a-95efb6351eb5/LPR_v1_02/photo-philippe-juste-1505210918.jpg

Manifestation contre la loi travail : des incidents à Lyon

Contrairement à ce qu’affirment les médias au service du système, la mobilisation, au départ de la manifestation, était l’une des plus grandes de ces derniers mois, même y incluant les plus grandes manifs de la lutte contre la Loi El Khomri.

Pour un premier engagement de lutte sociale et de lutte de classe sous l’ère de Macron-Président, on peut d’ores et déjà constater que ce nouveau président, tant par son action antisociale que par ses propos ouvertement méprisants, reflets très nets de son mépris de classe, de l’aveu même de certains journalistes « mainstream » un tant soit peu « objectifs », cette action, donc, n’est pas sans susciter une résistance réelle d’une grande partie du corps social populaire.

De plus, ayant réussi à monopoliser pratiquement le champ de la « représentativité » parlementaire du système, il ne peut se défausser derrière…

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A propos de la Guerre Populaire au Pérou, la trahison de la direction du PCP et la capitulation de Gonzalo

Un autre article que nous partageons avec OCML VP en raison de la justesse de l’analyse

 

Il y a vingt-cinq ans (le 12 septembre 1992) était arrêté Abimaël Guzman (le « président Gonzalo »), principal dirigeant du Parti Communiste du Pérou qui conduisait depuis plus de dix ans la Guerre Populaire dans ce pays.
Pour ce qui est de l’histoire de la Guerre Populaire, nous renvoyons aux documents publiés dans les années 80 : plusieurs articles dans notre journal « Partisan », un article paru dans la revue « La Cause du Communisme » N°9, fin 1985, « Sentier Lumineux, quelle perspective pour la Révolution au Pérou ? », et surtout la brochure réalisée par Voie Prolétarienne en mai 1990, « 10 ans de Guerre Populaire au Pérou », qui comporte en outre la position de l’OCML VP à l’égard du PCP, en forme de soutien critique (« L’OCML VP soutient le Parti Communiste du Pérou », résolution du Comité Directeur de VP, disponible en ligne). Cette résolution politique apportait un soutien principal au PCP (la référence au maoïsme et à la Révolution Culturelle, l’étape démocratique de la révolution, l’importance du Parti prolétarien et le soutien à la lutte armée), tout en critiquant des points secondaires importants (la conception du réformisme, la faiblesse de la réflexion sur le socialisme, l’importance donnée à Gonzalo – voir plus loin, l’internationalisme et une analyse erronée de la situation en Europe). Une dernière brochure, « Questions sur le Sentier Lumineux » publiée fin 1992 répondait aux torrents de boue déversés sur la Guerre Populaire juste après l’arrestation de Guzman.
A l’époque, nous étions bien seuls et à contre-courant dans ce soutien…

Les années 1993 et 1994 furent des années confuses (voir plus loin) et celles du déclin de la Guerre Populaire, jusqu’au début des années 2000. Et l’OCML VP n’a pas pris le temps de faire le point et de repréciser alors ses positions. C’est l’objectif de ce document aujourd’hui.

Il comporte trois parties :
– La chronologie politique entre 1992 et aujourd’hui. Tous les faits et documents que nous rapportons sont en notre possession (certains vérifiables sur Internet, les liens sont disponibles sur la version en ligne), nous ne travestissons pas l’histoire.
– La dénonciation de la trahison de la direction du PCP derrière la démarche des « Accords de Paix »
– L’attitude spécifique à avoir à l’égard d’Abimaël Guzman

1) Chronologie politique

  • 12 septembre 1992 : Arrestation d’Abimaël Guzman et d’une grande partie du Comité Central du PCP dans une maison de Lima, suite à une investigation de plus de deux ans sous l’égide du SIN (Service d’Investigation National) aidé par la CIA. Une large part des archives du PCP est saisie au même endroit.
  • 24 septembre 1992 : présentation à la télévision d’Abimaël Guzman, dans une cage, en costume rayé de prisonnier. Extrêmement combatif et en rage, il tient devant les caméras un discours de combat, appelant à la poursuite de la Guerre Populaire. Un discours respectable qui impressionne jusqu’à la presse bourgeoise, un discours communiste, applaudi dans le monde entier. [1]
  • Durant toute l’année qui suivra il n’y aura aucune nouvelle, à tel point qu’au PCP comme au niveau mondial, on craint pour la vie du Président Gonzalo, avec une exécution sommaire en prison, comme lors du massacre des prisonniers politiques de Lurigancho, El Fronton et Callao le 19 juin 1986.
  • Énorme coup de théâtre en octobre 1993. Fujimori rend public à la tribune des Nations Unies deux lettres attribuées à Abimaël Guzman et adressées à lui-même, appelant à une négociation politique pour arriver à des Accords de Paix. La première lettre, brève, date du 2 juin 1993, la deuxième plus complète du 15 septembre 1993. Une troisième, datée du 6 octobre ne sera pas rendue publique. [2]
    Il ne s’agit pas là d’une reddition pure et simple, mais d’une demande de négociation au prétexte de l’analyse d’un changement majeur dans la période politique (on ne rentrera pas dans l’analyse, ça n’a aucun intérêt), et qui débouche sur un appel à la réconciliation nationale. C’est beaucoup plus subtil, d’autant que cette demande n’aura bien entendu aucune suite. Quand on sait que peu de temps auparavant (1991 « ¡Que el equilibrio estratégico remezca más el país » – Que l’équilibre stratégique secoue encore plus le pays ! [3]), le CC du PCP avait décrété qu’on était arrivé à l’étape de « l’équilibre stratégique » face au régime et que la question de la prise du pouvoir était désormais en jeu, on est en droit de chercher l’erreur.
  • Ces lettres attribuées à Abimaël Guzman sont suivies très vite d’un document d’une centaine de pages signé « Président Gonzalo » et diffusé par le PCP sous le titre « Asumir y combatir por la Nueva gran Decision y Definicion » (Assumer et Combattre pour la nouvelle grande décision et définition) qui développe sur le supposé changement qualitatif de période politique qui justifierait cette démarche. Ce texte est daté d’octobre 1993. Un résumé est disponible en ligne. [4]
  • De son côté le CC du PCP suivra en novembre 1993 par un texte « Sobre la nueva gran estrategia politica » (Sur la nouvelle grande stratégie politique) qui renvoie au texte précédent, mais sans référence explicite à Gonzalo : il s’agit de « Lutter pour un accord de Paix et renforcer les bases, préparer le 2ème Congrès ». [5]
  • Le 3 décembre, Guzman apparait à la télévision avec autour de lui la totalité des membres du CC emprisonnés pour renouveler sa demande d’accords de paix auprès de Fujimori [6], en lisant un texte signé par tous. Pour celles et ceux qui comprennent l’espagnol, c’est édifiant – bien entendu c’est orchestré par le SIN et la CIA, mais les prisonniers se prêtent à la manipulation.
  • L’année 1994 sera celle de la fracture et du recul considérable du PCP sous le coup de ces annonces. Nous y reviendrons plus loin, mais une des critiques que nous portions dès 1990 au PCP était le culte du chef porté à l’extrême, qui aboutissait à la dépolitisation de fait des masses, voire des dirigeants, dans une confiance aveugle au grand dirigeant supposé infaillible (théorisée derrière la formule de la « pensée Gonzalo », étape supérieure du marxisme). L’annonce de cette démarche des Accords de Paix va entraîner la capitulation de nombreux combattants, la confusion, le désarroi et le découragement parmi les autres et dans les masses… Car dans cette optique, si le chef suprême ordonne d’arrêter la Guerre Populaire, il faut alors le suivre même si on n’en comprend pas toutes les motivations.
  • En février 1994 a lieu une session du CC du PCP, reconstitué dans la clandestinité sous la direction de Oscar Ramirez, le camarade « Feliciano », qui rejette la démarche des Accords de Paix, conteste la direction du Parti par des militants en prison (c’est bien le moins), sans pour autant critiquer ouvertement Gonzalo.
  • 17 Mai 1994, arrestation de Felipe Tenoro Barbaran, le camarade « Albino », membre du nouveau CC. Les arrestations se poursuivent sur la base des documents retrouvés dans la planque de Guzman à Lima, dont une vidéo où se trouvent nombre de membres du CC autour de Guzman.
  • 22 mars 1995 arrestation de Margie Clavo Peralta, la camarade « Nancy », membre du CC de longue date, farouchement opposée aux Accords de Paix et pour la poursuite de la lutte armée. Elle considérait les « lettres de paix » comme un montage et une mystification du SIN et de la CIA américaine, ce en quoi elle avait raison. En effet, il est aujourd’hui établi que ces fameuses lettres ont bien été élaborées sous contrôle du SIN dirigé par Vladimiro Montesinos, avec l’aide de la CIA, dans une stratégie politique très subtile qui s’appuyait précisément sur la principale faiblesse du PCP, le culte du chef exacerbé. Le problème, c’est que Guzman s’est rallié à cette stratégie…
  • 17 septembre 1995, la camarade « Nancy » apparaît dans le programme de télévision « Contrapunto » (« Memoria de una guerra » Luis Arce Borja, 2009, p207) pour faire une autocritique [7]. Après quelques mois de détention, et une rencontre avec Abimaël Guzman en prison, rencontre organisée par le SIN, elle appelle à « abandonner la lutte armée » et à accepter « la soumission » à la démarche des Accords de Paix de Guzman, en traitant les autres dirigeants de scissionnistes, d’opportunistes et d’anarchistes.
  • 20 avril 1998, arrestation de Pedro Quinteros Ayllón, le camarade « Luis », bras droit de « Feliciano » depuis l’arrestation de « Nancy » et un des piliers historiques du PCP. Il décède en prison le 16 octobre 2008, sans avoir rien renié de la lutte armée, en ayant clairement rejeté la ligne capitulationniste des Accords de Paix. C’est à notre connaissance un des très rares dirigeants du PCP resté communiste jusqu’à sa mort. [8]
  • 14 juillet 1999, Oscar Ramirez, le camarade « Feliciano », est arrêté. C’était un des plus proches collaborateurs de Gonzalo depuis l’origine, responsable des actions militaires du PCP, rompu à la clandestinité, pilier du Comité Central. Quelques mois après son arrestation, il est « retourné » par les services spéciaux, dénonce la lutte armée, devient collaborateur de la police et de l’armée et insulte publiquement Guzman, en le traitant de psychopathe. [9]
  • En 2009 est publié un livre « De puño y letra » de quelques 400 pages, une autobiographie rédigée par Abimaël Guzman lui-même [10]. En fait, il s’agit d’une compilation de documents pour sa défense politique, validée par son avocat Alfredo Crespo, vieux militant légal du PCP qui assure sa défense depuis son arrestation. Ce livre contient en particulier les divers courriers envoyés par Guzman au gouvernement Fujimori (les fameuses « lettres de paix ») ainsi qu’à son successeur le président du gouvernement de transition Valentín Paniagua, pour solliciter le début de conversations de Paix. Alfredo Crespo n’a jamais été désavoué par Guzman qu’il est le seul à voir régulièrement, et a toujours défendu publiquement la démarche des « Accords de Paix », comme par exemple lors de la présentation de ce livre.
  • Publiée début 2010, une déclaration attribuée au CC du PCP clandestin [11] dénonce « la ligne opportuniste et révisionniste d’Abimaël Guzman », en critiquant une ligne opportuniste de gauche dans le PCP depuis le milieu des années 80 qui a débouché sur la notion « d’équilibre stratégique » en 1991. Nous ne sommes pas capables de porter sur un avis ni sur l’authenticité, ni sur l’origine de ce texte, ni sur la réalité de ses auteurs, et c’est bien dommage…
  • 8 février 2012, arrestation [12] sous forme de mise en scène grotesque de Florindo Flores, le camarade « Artemio », qui, tout en défendant la démarche des « Accords de Paix », poursuivait une action militaire sporadique dans les zones amazoniennes du Haut Huallaga. Dans une interview [13] donnée peu de temps avant, le 18 décembre 2011, il reconnaissait l’échec de la Guerre Populaire, la justesse des positions de Guzman, et en appelait à une trêve pour organiser le désarmement de la guérilla. Manifestement l’arrestation a été « arrangée » avec le gouvernement.
  • 5 septembre 2012 mort de Victor Castro Ramirez, le camarade « William » tué par la police dans le VRAEM (Vallée des Fleuves Apurimac, Ene et Montayo), sud-est du Pérou.
  • 11 août 2013, mort d’Alejandro Borda, le camarade « Alipio » et Martin Quispe Palomino, le camarade « Gabriel », tués par la police dans le VRAEM.
    Décembre 2014, parution d’un livre d’Abimaël Guzman et de sa compagne Elena Yparraguirre, « Memorias desde Némesis », dont la rédaction est datée d’octobre 1996 à la prison de Callao [14]. Ce livre (près de 400 pages) retrace l’histoire du PCP avant le déclenchement de la lutte armée. La question qui se pose est de comprendre comment un tel livre a-t-il pu sortir de la prison si Guzman n’avait rien renié de la Guerre Populaire, s’il ne partageait pas la « démarche des Accords de Paix », s’il n’y avait pas une sorte de pacte avec le gouvernement… Les tenants d’un complot contre Gonzalo fidèle à la guerre populaire et maintenu au secret n’ont plus grand-chose sur quoi s’appuyer.
    28 février 2017, Guzman réapparait en public à l’occasion d’un nouveau procès… Plus de poing levé ni de slogans, mais la demande d’un examen médical compte tenu de son état de santé. [15]

2) La démarche des Accords de Paix, c’est une trahison de la Guerre Populaire, du combat des masses populaires, du communisme, c’est la liquidation du PCP

Dès les années 1993 et 1994, l’OCML VP a mené la polémique contre cette démarche liquidatrice, qui a finalement emporté, année après année, le PCP, qu’il faut désormais une nouvelle fois reconstituer.
Que l’on se comprenne bien : l’action politique a des hauts et des bas, des avancées et des reculs. On comprend que l’arrestation de plus de la moitié du Comité Central impose un recul stratégique pour permettre une reconstitution sans être sous le feu de l’ennemi. On peut même comprendre que dans un tel contexte, un parti communiste suspende la lutte armée, en période de fragilité.
Seuls les doctrinaires et les jusqu’auboutistes romantiques pourraient critiquer ces choix, dans un contexte politique extrêmement difficile.

Ce qui est inacceptable, c’est la conciliation avec l’ennemi. L’appel à trouver un accord avec le régime que l’on a combattu les armes à la main pendant une décennie.
Oui, un recul est envisageable. Il se fait alors de manière unilatérale, suivant un plan politique, idéologique et militaire adapté à la période, en fonction des objectifs que le Parti se fixe pour l’avenir, son avenir et celui de la lutte des classes, sur le chemin de la révolution et du communisme. Mais inventer un changement de contexte politique pour négocier avec l’ennemi ce n’est rien d’autre qu’une trahison, et de ce point de vue, la manipulation élaborée par le SIN et la CIA a été particulièrement réussie, malheureusement.
La direction du PCP a trahi collectivement. La plupart de ses dirigeant(e)s, l’un(e) après l’autre, ont capitulé, se sont alignés sur la démarche des « Accords de Paix », avec des variantes individuelles.

Aujourd’hui, où en est-on ?

  • Un petit parti légal, le MOVADEF (Mouvement pour l’Amnistie et les Droits Fondamentaux [16]), fervent admirateur de Guzman et défenseur des Accords de Paix, qui ne cesse de supplier le gouvernement de bien vouloir discuter avec lui dans l’optique d’une réconciliation nationale (évidemment sans aucun succès). Un parti opportuniste, qui se présente comme la nouvelle vitrine d’un PCP légal, qui cherche à participer aux élections et à s’insérer à tout prix dans la démocratie bourgeoise. Ce Mouvement est pour l’Amnistie, y compris vis-à-vis des paramilitaires responsables des massacres durant les années de la Guerre Populaire, y compris à l’égard de Fujimori [17] ! Un de ses dirigeants est Alfredo Crespo, l’avocat de Guzman.
  • Quelques foyers de guérilla dans la zone VRAEM (Vallée des Fleuves Apurimac, Ene et Montayo) sous la direction de Víctor Quispe Palomino, le camarade « José » et de son frère Jorge, le camarade « Raul », qui n’ont plus grand chose à voir de fait avec le PCP. Ils n’ont plus aucune référence ou projet politique et idéologique au-delà d’un discours proclamatoire, aucune ambition politique nationale, et ne sont plus qu’un groupe armé local dans une démarche similaire à celle des FARC colombiennes.
    S’il semble que ces groupes glissent de plus en plus vers le narcotrafic dans une région dominée par la culture de la coca, il est possible qu’il reste des noyaux politisés actifs dans les mouvements sociaux de la région (la vallée El Tambo par exemple, voir ci-dessous).
  • Et enfin, le plus intéressant, des apparitions politiques complètement clandestines (mots d’ordre sur les murs) lors des grands conflits sociaux qui se développent au Pérou (par exemple contre le projet minier Tia Maria dans la vallée El Tambo, ou contre la multinationale laitière péruvienne Laive). Où l’on peut supposer qu’il y a encore des militants, sans doute éparpillés ou en petits collectifs. Par ailleurs, il existe toujours des positions classistes au sein des organisations syndicales, ce qui suppose l’existence de militants qui n’ont rien renié. A savoir si tous ces militants isolés auront les capacités politiques, idéologiques et organisationnelles pour se réunir et reconstituer le PCP sur une base de classe – c’est la question.

3) Concernant Abimaël Guzman

  • La lecture de la chronologie ci-dessus est sans appel. Même s’il n’y a pas LA preuve formelle et définitive, il est absolument invraisemblable d’imaginer que Guzman soit opposé à la démarche des accords de paix. Il en est partie prenante, il a capitulé.
  • Le chaînon manquant, c’est de savoir quel est son argumentaire et sa position personnelle exacte. S’agit-il effectivement de celui du texte de 1993 « Asumir y resistir pour la nueva gran Decision y Definicion » ? S’agit-il d’un calcul tordu d’un dirigeant menacé de mort et qui voulait sauver sa peau ? S’agit-il d’une manœuvre réussie des services d’intelligence qui ont réussi à le manipuler en s’appuyant sur son ego démesuré ? Quoiqu’il en soit, cela est de peu d’importance au final.

  • Le fond de l’affaire est le culte du chef que nous dénoncions déjà dans la résolution de l’OCML VP en 1990 (et qui se trouve en fin de la brochure « 10 ans de Guerre Populaire au Pérou »).Cette résolution est disponible en ligne sur notre site :

« (…) Dans une société de classe, il est inévitable que le mûrissement de la conscience soit inégal. C’est d’ailleurs pour cela que seule une minorité du prolétariat s’organise en un parti d’avant-garde, et que même au sein du Parti se dégagent des dirigeants qui expriment le plus clairement les grandes tendances de la société et précisent les buts et orientations du Parti. En ce sens nous concevons que le Président Gonzalo a pu jouer un rôle essentiel dans l’élaboration de la ligne politique du Parti.

Pour les mêmes raisons, il est inévitable que les masses dans le mouvement même de leur lutte cristallisent leurs aspirations dans la personne d’un chef, d’un leader. Mais cette adhésion n’est qu’une marque de leur aliénation.

Le rôle du Parti n’est pas alors de développer avec insistance cette personnalisation ; mais au contraire de montrer que ce sont les masses qui font l’histoire, par leur mouvement et révoltes spontanées, et surtout par l’élévation de leur conscience et de leur capacité de direction.

Les dirigeants communistes doivent pleinement jouer leur rôle de dirigeant, mais dans ce sens : pour réduire la contradiction entre dirigeants et dirigés. Pour une prise en charge croissante du pouvoir par les masses elles-mêmes, dans la lutte politique entre l’ancien et le nouveau. Pour leur disparition future.

Personnifier de manière exagérée la ligne politique dans un individu revient à dépolitiser les masses. Au Pérou, plus de la moitié des mots d’ordre du PCP portent sur le président Gonzalo. A l’étranger les documents du PCP sont réunis en livre sous le titre « la pensée Gonzalo », ce qui masque le fait qu’il s’agit de textes collectifs du Parti, quel qu’en soit le rédacteur. Nous ne pouvons pas être d’accord avec cette conception de la politique et de la place des hommes dans l’histoire ».

Le bilan est là, vingt-cinq ans plus tard. A construire le PCP autour de la « pensée Gonzalo », à personnaliser l’orientation autour d’un dirigeant « génial », on dépolitise le Parti et les masses, on fragilise le Parti et on mène la révolution à l’échec. C’est une conception idéaliste et bourgeoise de l’histoire autour des « grands hommes » qui explique l’effondrement du PCP après l’arrestation de Guzman. Et c’est bien sûr une remise en cause du centralisme démocratique, par le biais de la soumission au chef – pour information il existait au PCP un « Comité Permanent Historique », composé de Guzman et de sa compagne, hors de tout processus de contrôle démocratique…

  • Guzman (qui a 83 ans) est en prison depuis 25 ans, c’est un prisonnier politique, il n’y a pas l’ombre d’un doute. Et donc à ce titre, nous le défendons et exigeons sa libération immédiate, l’arrêt de l’acharnement contre lui (un nouveau procès a démarré récemment), au même titre qu’Oçalan en Turquie ou que tous les prisonniers politiques du monde.

Mais Guzman n’est plus communiste. Après avoir contribué à la reconstitution du PCP, au déclenchement et aux succès de la Guerre Populaire, il a dérivé pour contribuer lourdement à l’échec d’une révolution pourtant bien partie. C’est la responsabilité collective du PCP, mais en plus, sa responsabilité individuelle est considérable.

A tous ceux qui aujourd’hui veulent réhabiliter Guzman, nous disons : l’Histoire est passée et a tranché. Prenez le temps de consulter, de lire, de comprendre et de vous faire un point de vue.
C’est ce que nous avons fait depuis les premières années de la Guerre Populaire dans les années 80, toujours avec le recul critique nécessaire. C’est le matérialisme historique qui guide notre compréhension du monde, pas le romantisme idéaliste !

« Il n’est pas de sauveur suprême, ni dieu, ni césar, ni tribun ! Producteurs sauvons-nous nous-mêmes, décrétons le salut commun ! »

Comité Central de l’OCML Voie Prolétarienne, 12 septembre 2017

 

Source: http://ocml-vp.org/article1826.html