Complément d’enquête sur les traces de l’Union soviétique, patrie et communisme…

(…)

« Le terme choisi par Staline était tout simplement « patriotisme soviétique », ce qui faisait référenc à la double loyauté des citoyens au systèe socialiste soviétique et à un Etat soviétique qui représentait et protégeait les diverses traditions et cultures nationales de l’URSS. L’Etat multinational soviétique était « prolétaire dans son conten, national dans sa forme » déclarait Staline: c’était unEtat fondé sur une base de classe qui défendait autantles cultures et traditios ationales que celes du prolétariat. l’organsation qui intégrait et organsait cette double identité et cette double loyauté était le parti comunistedirigé par Stalne.

Stalne incarnait parfaitement ces multiples identités et loyautés attendues du côté du citoyen soviétique. Géorgien qui mettait ostensiblement en avant ses traditios maternelles, il avait également épousé la culture, la langue et l’identité russes. Ses origines modestes de fils de coordonier lui donnaient une identité plébéienne. Comme des millions d’autres, il avait bénéficié de la Révolution bolchevique et de la mobilité sociale rendue possible par la construction socialiste de la Russie. Staline était un homme des régions frontières qui défendait l’idée d’un Etat soviétique fort, centralisé, en mesure de défendre tous les peuples de l’URSS. Bref Staline était un géorgien, un ouvrier, un communiste et un patriote soviétique.

Un des premiers signes de ce changement de ligne au sein du parti communiste , et chez Staline même fut ce discours si souvent cité de Staline en février 1931 sur l’urgence de la nécessité d’industrialiser et de moderniser le pays, discours qui illustre son maniement habile et son mlange ds thèmes patriotiques et de classe.

(…)

Avec Lénine, Staline avait été l’architecte de la politique des nationalités. Avant 1917, Staline avait rédigé la principale analyse théorique de la question nationale et après la Révolution, ilavait été nommé commissaire du peuple aux Nationalités.En tant que révolutionnaire internationalistes, Lénine et Staline croyaient en l’unité des travaillers par delà les frontières nationales et s’opposaient par principe au séparatisme nationaliste. Cependant, ils reconnaissaint tous deux l’attraction exercée par e sentiment national dns la lutte politique contre le tsarisme et dans la constructiond’un Etat socialiste. L’idéolgie bolchevique était prête à accepter l’idée d’encourager le natinalisme culturel et lnguistique parmi les groupesethniques et nationaux de l’URSS tut en luttant dans le même temps pour l’unité pltique,sur unebsede classe,de tous les peuples soviétiques. La première constution de l’uRSS,adoptée en 1922,était extrêmement centralistemais aussi théoriquement fédéraliste et ostentibleent fondée sur une unionvolontire de républiques nationale.  » (1)

histoireetsociete

Ce qui frappe au Tatarstan au titre de l’empreinte laissée par l’Union Soviétique est d’abord une réussite indéniable, la manière dont a été traitée et presque résolue la question des nationalités, presque parce qu’avec le gouffre des inégalités qui se creuse, il y a des chances que ce tissu de paix et d’amitié entre les peuples se fissure. Pour le moment, parce que le Tatarstan est relativement prospère et parce que chacun est engagé dans une course au bien-être ou à la survie, qui lui laisse peu de temps,  les mentalités demeurent celles d’une mixité tolérante. Pourtant  déjà les nouveaux venus des anciennes républiques d’Asie centrale sont suspects de toutes les radicalités et on note que les Tatars forment une »mafia » qui s’arroge les meilleurs postes partout. L’essentiel demeure néanmoins les mariages mixtes, le refus des clivages religieux, le tout attribué consciement à l’héritage soviétique.  Qu’est-ce donc que cet art d’accommoder…

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Avec l’échec de Le Pen, rien ne change pour l’antiracisme et l’antifascisme de classe

COMBATTRE LE FASCISME,

ABATTRE LE CAPITALISME!

 

Ouf, elle n’est pas passée… c’est le sentiment autour de nous. Mais en 2002, le père n’était pas passé non plus et cela n’a pas freiné le développement du FN.

Le racisme est toujours là, s’est même renforcé autour de nous.

Il y a le racisme d’Etat, qu’il s’agisse de la recherche d’emploi, des discours islamophobes dans les médias ou des violences policières dans les quartiers. Le poison patriotique et nationaliste se répand dans tous les partis, la préférence nationale devient une banalité, le contrôle de l’immigration se renforce toujours plus, et ce sont tous les immigrés, avec ou sans papiers, tous les jeunes (et maintenant moins jeunes…) nés en France avec une couleur, un nom, une religion minoritaires ou minorisés qui trinquent.

Il y a aussi le poison du racisme individuel, issu de l’histoire coloniale de la France (et son actualité comme aux Antilles, à Mayotte, en Guyane ou en Kanaky) cette mentalité abjecte de petit-blanc qui ne supporte pas de voir des anciens colonisés revendiquer l’égalité des droits. Sentiment des Pieds Noirs, des racistes avérés, entretenu et développé par le FN et cie, sentiment confus de la concurrence entre travailleurs dans la crise capitaliste, il se heurte heureusement aux solidarités du combat social mené en commun, dans les entreprises ou dans les quartiers…

Ces deux formes de racisme se sont renforcées et s’appuient l’une sur l’autre, et les attentats ont attisé la flamme. C’est la confusion qui règne, très rares ont été celles et ceux qui ont dénoncé les interventions à l’étranger (Mali, Libye, Syrie, Afghanistan…) et ont qualifié les auteurs de fascistes. Le racisme d’Etat, les intellectuels à la botte ont préféré renforcer les contradictions en critiquant les musulmans ou ceux supposés l’être…

Le combat antiraciste se mène dans le combat commun, sur des positions antiracistes et de classe, au service des ouvriers et des prolétaires. Pour le combat commun contre la sous-traitance, la pénibilité dans les entreprises. Pour l’égalité des droits et la régularisation des sans-papiers, contre les violences policières dans les quartiers, contre les interventions à l’étranger, contre toutes les lois et mesures racistes, quelles qu’en soient les cibles. Toujours en dénonçant notre propre gouvernement, son Etat et le capitalisme qui en est le socle. Tout ne se réglera pas du jour au lendemain, mais c’est la seule voie pour construire une unité de combat, de classe, qui permettra de surmonter les appréhensions et les différences sur lesquelles s’appuient les racistes pour répandre leur venin.

Il se mène aussi dans nos rangs, parmi nos collègues et voisins, en remettant en cause les préjugés, en luttant sans concession contre les attitudes et les paroles chauvines et xénophobes, en exposant la manière dont l’impérialisme place la fraction immigrée de la classe ouvrière, les habitants des quartiers, dans une position subordonnée et discriminée. La lutte se mène aussi dans les rangs de notre classe et de nos organisations !

C’est pareil pour le combat antifasciste. Dans le sillage du FN se développent des groupuscules et organisations fascistes, racistes, homophobes et sexistes. Dans certaines villes, comme à Lyon ou Lille, ils ont pignon sur rue et prétendent annexer des quartiers entiers. Ils ont tué Clément Méric à Paris, Hervé Rybarczyk à Lille, ils font la chasse aux migrants à Calais, ils veulent imposer la terreur.

Avec la complaisance de la police et de la justice, c’est le moins qu’on puisse dire, et ce sont surtout les militants qui refusent de leur laisser le terrain qui sont attaqués.
Alors, on ne les laisse pas faire, on ne fait pas confiance à la justice et à la police (rappelons que pour celle-ci, on dit que 50% des flics votent FN !), et on s’organise, on manifeste pour interdire par nous-mêmes l’expression de ces noyaux fascisants !

 

Source:  http://ocml-vp.org/article1808.html

Althusser et Lénine

Ni la nature ni l’histoire ne connaissent de miracles ; mais chaque tournant brusque de l’histoire, et notamment chaque révolution, offre une telle richesse de contenu, met en jeu des combinaisons si inattendues et si originales de formes de lutte et de rapports entre les forces en présence que, pour un esprit vulgaire, bien des choses doivent paraître miraculeuses.
Lénine, Lettres de loin

Lénine a bien une place fondatrice dans la trajectoire intellectuelle d’Althusser. Si les lecteurs du philosophe marxiste ont longtemps considéré que Lénine n’était rien d’autre qu’un prête-nom, Warren Montag tente ici au contraire de montrer le caractère inaugural des interventions d’Althusser sur Lénine. Par une lecture serrée de « Contradiction et surdétermination », Montag récapitule la dignité philosophique qu’Althusser est allé chercher dans la pensée politique de Lénine. Ces éléments de philosophie contenus dans des textes non philosophiques allaient s’inscrire au cœur de la lecture althussérienne de Spinoza, Machiavel, Rousseau : la rencontre de flux et de courants hétérogènes, la contradiction considérée comme multiple et complexe, le renouveau de la pensée dialectique des rapports de forces.

Le Lénine d’Althusser est un patchwork, un accolage de différents extraits, aussi bien de textes philosophiques (Matérialisme et empiriocriticisme, Cahiers philosophiques) que de textes politiques et pratiques (tout d’abord ses réflexions sur les révolutions de février et d’octobre 1917). On lui a prêté peu d’attention. Dans le monde anglophone (mais c’est à peine mieux dans le monde francophone) les essais où Althusser prend explicitement Lénine pour objet (non seulement Lénine devant Hegel, mais aussi Lénine et la philosophie) n’ont jamais été étudiés sérieusement, et ne sont que rarement cités, sous forme de notes ou de références, dans les traitements académiques d’Althusser. C’est plus frappant encore pour son utilisation plus extensive de Lénine, de celui de 1917-1921, dans Contradiction et surdétermination : la reprise des descriptions, par Lénine, de la situation conflictuelle qui a rendu la Révolution non seulement possible mais nécessaire, est parfois citée, mais comme matériau brut de théories ou réflexions philosophiques, et non comme exemple de cette réflexion elle-même. On prend souvent le Lénine de Contradiction et surdétermination comme le prête-nom ou le « tenant-lieu » de Mao, dont Althusser a légitimé le texte Sur la contradiction en le présentant non seulement comme la continuation des réflexions de Lénine sur les contradictions historiques, mais aussi comme une tentative de systématisation, mise en forme théorique de ce que Lénine aurait laissé à l’état pratique. Pour beaucoup de lecteurs d’Althusser, Lénine – ou plutôt l’un des nombreux Lénine utilisé à des fins aussi diverses qu’opposées –, demeurait toujours le prête-nom d’autres théoriciens ou philosophes politiques, de Machiavel et Spinoza jusqu’à Mao, comme si Lénine, pour des raisons qui restent à expliciter, ne pouvait faire à lui seul l’objet des réflexions d’Althusser.
Les significations de la figure de Lénine se compliquent avec la fascination d’Althusser pour ce qu’il appelle la stratégie philosophique – notion elle-même très léniniste. Très tôt dans sa carrière, Althusser a perçu tout à la fois les insuffisances du marxisme officiel et la difficulté de le transformer, ce qui l’a convaincu de l’inutilité d’un assaut frontal ou d’une confrontation directe. Au lieu d’un effort de transformation, il fallait une stratégie d’infiltration. Ainsi, lorsqu’Althusser a compris la façon dont Spinoza imitait ses ennemis pour les approcher, s’introduire dans la place et retourner leurs armes contre eux, il a indubitablement cherché à théoriser sa propre pratique de la philosophie pour faire comme Spinoza. Ainsi le Lénine d’Althusser n’apparaît pas seulement comme œuvre ou événement politique, mais comme une institution et une place infiltrée puis occupée, ses armes (concepts et méthodes d’analyse), étant retournées contre ses occupants « légitimes ». Il s’agit donc d’une analyse léniniste de la façon dont le mode d’analyse léniniste lui-même peut être investi, et mis au service d’institutions dont le rapport à l’ordre existant est difficilement perçu comme antagoniste. C’est à dire, un Lénine par-delà Lénine, pour reprendre une des figures de Negri.
En fait, le travail d’Althusser est marqué par une insistance sur la nécessité stratégique de l’imitation, de la dissimulation et de l’imposture qui est, avec la force, une vertu cardinale de la guerre selon Hobbes. Les critiques ont bien perçu cela lorsqu’il a été accusé de promouvoir un Spinoza déguisé en Marx, et, presque au même moment, de faire passer, dans la philosophie, un Marx déguisé en Spinoza. Mêmes les commentateurs favorables à Althusser ont fini par adopter un type de lecture qui a pris la forme de « en parlant d’X, il parle en fait d’Y », ce qui supposait qu’Althusser ne pouvait ou ne voulait pas parler directement d’Y, parce qu’il comprenait ce dernier comme faisant l’objet d’une sorte de répression ou d’exclusion, apportant une vérité que le monde n’était pas préparé à recevoir. Dans ces conditions, lire Althusser signifiait le traduire : X veut dire Y, et les théories X1, X2, X3 veulent dire Y1, Y2, Y3…
Cette lecture très straussienne d’Althusser n’est pas totalement fausse. Il est vrai, à propos de Lénine, que la correspondance d’Althusser – notamment dans les années cruciales 1962-1963, de « Contradiction et surdétermination » à « Sur le matérialisme dialectique » – paraît défendre l’idée qu’il cherchait à utiliser stratégiquement Lénine pour avancer des concepts et des notions face à un public peu disposé à les accepter, à moins que ces concepts et notions se réfèrent à l’autorité d’un Lénine. Comme si les idées les plus nouvelles, voire les plus subversives d’Althusser, avaient le plus besoin de se rattacher à une figure fondamentale. Mais c’est là ce qu’Althusser voulait faire, ou déclarait vouloir faire, et non ce qu’il a fait réellement. Si parler de Lénine n’était censé être qu’un prétexte, précédant voire occultant les débats qu’il devait simplement introduire, je dois dire que, dans ce cas au moins, le prétexte n’a pas atteint la fin pour laquelle il avait été introduit, et qu’il est devenu aussi important que ce qu’il était censé dissimuler. Si, comme il l’avouait lui-même et comme d’autres l’ont souligné, ses textes illustrent souvent, sinon obsessionnellement, une logique du prête-nom (Lénine pour Mao, Marx pour Spinoza, ou l’inverse), à des moments cruciaux cette logique se brise et cède la place à l’usurpation, à la confusion entre l’imité et l’imitateur, entre l’original et la copie. Ainsi, pour suivre Althusser dans ses constantes ruses et détours stratégiques et tactiques, dans son art de l’imposture philosophique et du déguisement, il faut entrer dans le cercle où chaque lieu-tenant tient lieu d’un autre tenant lieu, constituant une chaîne de substitution sans origine ni fin. Retenons ce point avant de nous embarquer dans le cercle infernal d’Althusser.
À la fin de 1962, et donc dans l’intervalle qui sépare Contradiction et surdétermination de Sur le matérialisme dialectique publié en 1963, Althusser écrivait à Franca Madonia qu’il avait lu Lénine pour répondre aux critiques de Contradiction et surdétermination : « Je lis, (ou relis) des textes théoriques de Lénine, sur la philosophie. Dieu, que c’est faible. Je vérifie une nouvelle fois que Lénine, incomparable clinicien politique, incomparable théoricien-pratique (au sens de la réflexion sur des situations concrètes, de la réflexion sur des problèmes historiques concrets) est un faible théoricien dès qu’il s’élève au-delà d’un certain degré d’abstraction » (Franca 22-XII-62). La faiblesse de Lénine ici, c’est qu’il demeure un « théoricien pratique » écrit Althusser, et que, si « incomparables » que puissent être ses « analyses concrètes », il ne peut s’élever au-delà du niveau pratique, vers le degré d’abstraction nécessaire à la théorie. Quelques phrases plus loin, Althusser ajoute que, lorsque Lénine fait ou pense faire de la théorie, « il ne fait que définir et énoncer des concepts pratiques, c’est-à-dire des concepts avec lesquels on mènera le combat au corps à corps, des concepts tactiques de défense immédiate, de combat rapproché, de “close-combat” comme on dit… alors que la vraie théorie suppose autre chose que ces concepts tactiques, mais des perspectives proprement et théoriques, et “stratégiques.” ». Il ne s’agit pas ici de la « pratique théorique », mais de son opposé, une théorie pratique, c’est-à-dire une pratique déguisée en théorie, et qui s’est subordonné ce qui est proprement théorique, ce dont l’abstraction philosophique a besoin, à des buts immédiats, tactiques, objectifs. Que Lénine soit pratiquement engagé aurait été nécessaire, mais ceci a maintenant des effets profondément négatifs sur « la tradition officielle de la philosophie marxiste ». La difficulté alors, à la fin de l’année 1962, n’était pas d’expliquer cela, « mais [de le] faire accepter ». Vouloir le faire risquait de provoquer des réactions défensives d’un « système qui n’est pas seulement d’ordre théorique, mais en même temps institutionnel, ou un stimulus déterminant une conduite. »

Je voudrais faire deux remarques au sujet d’une évaluation première de la relation de Lénine à la philosophie – une évaluation qui demeure néanmoins intéressante, sinon surprenante. Des critiques qui viseront moins explicitement Lénine réapparaîtront dans Sur le matérialisme dialectique, quelques mois plus tard. La première définition althussérienne de la philosophie cherche à protéger la philosophie (et sa relation privilégiée aux sciences), de la contamination par le politique – c’est-à-dire non seulement par les tentatives du PCF d’imposer une philosophie officielle à ses adhérents, mais aussi par le combat constitutif du politique lui-même. Il apparaît maintenant que cette première définition est une première « distance prise » d’avec les positions de Lénine. Pour libérer la philosophie des impératifs imposés par l’immédiateté des luttes – c’est-à-dire les perpétuels ajustements tactiques dans une guerre qui reporte la théorie, même la théorie marxiste, à une époque de paix qui n’arrivera jamais – Althusser doit l’amener à un niveau d’abstraction élevé bien au-delà du combat rapproché que Lénine n’avait pas hésité à engager sur le terrain de la philosophie elle-même, mais il est vrai que Lénine utilisait toutes les armes à sa disposition, dans une lutte dont on ne pouvait fixer à l’avance les limites. De la sorte, Althusser a éloigné la philosophie des exigences de la pratique politique en introduisant la distinction entre Théorie, « théorie », et théorie (minuscules). Althusser définit la théorie comme « une forme spécifique de la pratique », « théorie » (entre guillemets) comme « le système théorique déterminé d’une science réelle » c’est-à-dire les concepts par lesquels ce système reflète les résultats de sa propre pratique, et « Théorie » (majuscule) comme « la théorie générale, c’est-à-dire, la Théorie de la pratique en général, elle-même élaborée à partir de la Théorie des pratiques théoriques existantes (des sciences), qui transforment en « connaissances » (vérités scientifiques), les produits idéologiques des pratiques « empiriques » (l’activité concrète des hommes) existantes ». La volonté d’Althusser de conserver le terme « théorie », en le modifiant de façon seulement typographique et imprononçable, a pour effet (entre autres) d’unifier les différentes formes de théories dans une pyramide dont le sommet serait la Théorie, élevée par la majuscule et par sa généralité au-dessus des pratiques théoriques des sciences, qui sont elles-mêmes élevées par leurs pratiques au-dessus des produits idéologiques des pratiques empiriques ou des activités concrètes des hommes. La lettre à Madonia nous permet de comprendre à quel point la première définition qu’Althusser donne de la philosophie n’est pas simplement une déviation « théoriciste » (ou rationaliste) comme il le dira plus tard, mais que c’est une définition qui tend à dénier, non pas simplement son caractère politique, mais plus fondamentalement l’étendue de la participation de la philosophie aux luttes sociales et politiques.
2. Même si l’on sait qu’Althusser renoncera assez rapidement à la définition de la philosophie donnée dans Sur le dialectique matérialiste, définition qui ne devrait donc représenter qu’un premier moment de sa pensée, il faut quand même souligner qu’Althusser reprendra, seulement quelques années plus tard, exactement les mêmes propositions attribuées à Lénine, non comme exemples péjoratifs de la philosophie captive du politique, mais précisément comme la seule description exacte de ce que fait la philosophie, notamment lorsqu’elle renie sa dimension politique. Peut-on comprendre cette évolution d’Althusser comme une succession linéaire et cohérente de moments théoriques, sans rupture ni contradictions ? Ce serait faire d’Althusser l’exception à la règle selon laquelle il n’y a que des exceptions (« la grande loi de l’inégalité ne souffre aucune exception »), règle qui est la vie de la philosophie, évoluant par ses conflits internes et les contradictions qui l’animent, contradictions elles-mêmes imposées par la situation de la philosophie dans les luttes qui traversent toute vie sociale. « Lénine » doit donc être compris comme le nom de la contradiction propre à la réflexion d’Althusser sur la contradiction, la structure inhérente à sa déviation perpétuelle et à son éloignement de la contradiction elle-même. La lutte pour ou contre Lénine est une lutte occultée par l’effort manifeste d’Althusser de ne pas critiquer ouvertement Lénine dans ses textes publiés, effort manifeste parce qu’on ne sait jamais si son Lénine est Lénine et non un prête-nom ou le substitut d’une autre figure (individuelle ou collective), ni si son analyse est positive ou non. Cette obscurité est intérieure à Althusser et à son projet, l’effet plutôt que la cause de sa conflictualité : elle peut donc être dite constitutive.
Pour expérimenter ces hypothèses, nous devons les saisir, ou saisir les phénomènes dont il s’agit, à « l’état pratique », qui est ici la forme discursive qu’ils prennent dans les textes d’Althusser. Commençons par le Lénine de Contradiction et surdétermination, pour voir s’il est vraiment ce simple praticien (ou « clinicien », dans l’expression cinglante d’Althusser), qui diagnostique et traite les contradictions de la situation courante et de la conjoncture, son propre présent donc, sans le connaître par ses causes ni produire une théorie générale de la contradiction historique. Il faut rappeler ici que les critiques adressées en 1962 à Althusser – notamment contre sa conception pluraliste, « hyperempirique » du tout social qui rendait son unité impensable et jetait par-dessus bord le moteur de l’histoire : la contradiction entre forces et rapports de production – ces critiques portaient en fait, bien qu’aucune des parties prenantes ne l’avouaient, moins sur ce qu’Althusser lui-même avait écrit que sur les citations de Lénine, au premier chef celles des Lettres de loin. C’était comme si, au travers des critiques que les communistes adressaient à Althusser, la philosophie communiste officielle, censée avoir été fondée par Lénine, se défendait contre les paroles de Lénine lui-même :
« Si la révolution a triomphé si vite et – en apparence, pour qui se contente d’un coup d’œil superficiel – d’une manière si radicale, c’est uniquement parce que, en raison d’une situation historique d’une extrême originalité, des courants absolument différents, des intérêts de classe absolument hétérogènes, des tendances politiques et sociales absolument opposées se sont fondus avec une « cohésion » remarquable. »
Il n’est guère surprenant que Lénine lui-même se soit efforcé de souligner auprès de ses camarades et alliés potentiels l’inadéquation totale de cette idée, centrale pour la théorie et la pratique de la Seconde internationale, que l’apparente diversité de ce moment historique pouvait être comprise comme diverses manifestations de la même contradiction centrale, non encore mûrie jusqu’à la révolution. Pour Althusser, si Lénine a souligné l’absolue hétérogénéité et la différence des courants dont la conjonction a été explosive, c’était en raison du besoin d’extraire les forces révolutionnaires d’un héritage philosophique sédimenté en dogme, et pour construire une théorie pouvant guider l’action en rendant intelligible l’équilibre des forces et la concaténation des antagonismes dans laquelle les bolchéviques devaient intervenir avec une précision chirurgicale. Les citations de Lénine servaient néanmoins en même temps à rejeter la culture théorique des institutions communistes officielles de l’Europe occidentale de 1962, avec leur penchant à imiter la social-démocratie à laquelle Lénine s’était opposé à l’aube du XXe siècle. Althusser, en reprenant ces passages clefs, habituellement oubliés par les philosophes officiels, voulait surtout utiliser son Lénine contre la figure mythique de l’hagiographie communiste, citant texte contre texte, pour mettre en question non seulement l’erreur théorique découlant de l’idée d’une « contradiction historique simple », mais aussi ses effets pratiques. L’attaque de la forteresse théorico-politique n’était pas sans risque, Althusser s’est retrouvé dans un abyme nommé le « concept marxiste de la contradiction », un abyme devant lequel « le développement philosophique du marxisme » avait dû s’arrêter.
Il n’y a pas cependant, comme il le disait lui-même, de « coin vide en philosophie », et dans une note Althusser présentait le texte de Mao, Sur la contradiction, comme une théorie de la contradiction historique qui s’opposait en son essence à la conception hégélienne tel qu’il la décrivait. Dans le texte de Mao, la loi du développement égal ou inégal trouble les catégories de la dialectique hégélienne, tout d’abord l’idée d’une contradiction simple, dont les termes opposés sont identiques, dont les aspects de la totalité historique seraient le phénomène, et qui seraient donc le centre dont tout jaillirait. Mao commençait son entreprise de décentration en important l’inégalité au cœur de la contradiction, déclarant ses termes inégaux, avec un aspect principal et un aspect secondaire, et donc une relation inégale de l’un à l’autre. Sa matérialisation de la contradiction – qui restait nécessairement chez Hegel spirituelle – comme une contradiction entre forces, entre bourgeoisie et prolétariat, pouvait paraître grossière par certains côtés, mais la contradiction ne pouvait plus être comprise comme identité des opposés fusionnant en un troisième terme. L’équilibre ou l’égalité entre eux pouvait être un effet momentané de leur inégalité, ou, plus précisément, de leur antagonisme effectif lorsqu’ils se rencontraient sur le champ de bataille.
Une contradiction ainsi comprise ne pouvait se produire ou se reproduire dans le phénomène dont elle était l’essence. La contradiction centrale n’était pas seulement troublée ou perturbée, mais déplacée, laissant le centre vide, et permettant ainsi le remplacement continu d’une contradiction par une autre. Un se divisait en deux. À chaque moment il y avait une contradiction principale et un ensemble de contradictions secondaires. De plus les relations déterminées entre les différents côtés de la contradiction principale elle-même changeaient constamment : déterminés par l’interaction entre les contradictions contenues dans une situation particulière, les opposés en conflits dans chaque contradiction n’étaient pas nécessairement antagoniques, c’est-à-dire engagés dans un conflit irréversible. Parce que tout est contradictoire, toute contradiction n’est pas antagonique ou explosive. Tout comme pour Lénine, l’objectif immédiat de Mao était d’éloigner le parti du dogmatisme pour le conduire vers une théorie capable de guider son action. Les dogmatiques de 1935-1937 ont violemment rejeté la position défendue par Mao, qui soutenait que leur lutte ne pouvait progresser qu’en s’unissant, en un front patriotique et anti-impérialiste, avec le Kuomintang, parti de la « bourgeoisie nationale », qui avait mené une guerre implacable contre le parti communiste et l’armée rouge. La réponse de Mao consistait en cette théorie de la contradiction, qui la déstabilisait, mettait en mouvement une multiplicité de contradictions, chacune pouvant devenir, selon la conjoncture, la contradiction principale, les autres restant alors secondaires. De même, seule une analyse concrète de la situation concrète pouvait apprendre au parti de quelles contradictions se composaient les forces installées dans un conflit et quelles étaient, de façon temporaire ou non, les contradictions non antagoniques susceptibles d’être momentanément unifiées.
La note d’Althusser, tout en reconnaissant que la contradiction de Mao « apparaît sous un jour étranger à la perspective hégélienne », concluait en exposant comme un paradoxe ses deux faiblesses : elle demeurait à la fois « descriptive » et « abstraite ». En fait, l’exposé de Mao sur la contradiction pouvait très bien être compris comme le parfait exemple de ce qu’Althusser condamnait en Lénine : la construction d’un concept tactique, ou l’élaboration de concepts dont l’apparition et la fonction demeuraient fondamentalement pratiques. En l’occurrence amener la direction du Parti communiste chinois à s’unir avec le Kuomintang contre l’impérialisme japonais. Ces distinctions entre contradictions primaires et secondaires, antagoniques et non antagoniques, étaient-elles séparables des luttes que Mao avait décrites grâce à elles ? Pouvaient-elles atteindre le niveau de généralité propre à la théorie dont parlait Althusser dans sa lettre à Madonia ?
Tout en ne s’élevant pas au-dessus de la description, la théorie de Mao, « à certains égards », et « en partie », est « abstraite », présentant la question de la contradiction en des termes qui semblaient prétendre atteindre une théorie générale de la dialectique de l’histoire et non rester une particularité de la théorie marxiste de la contradiction. Althusser souligne l’incompatibilité apparente parmi des éléments de sa critique de Mao, mais n’a jamais fait l’effort de la résoudre ni de l’expliquer. Son bref résumé de De la contradiction est cependant très éloquent. Dans une courte note, il réduit la théorie de l’ensemble de relations à trois oppositions binaires : « contradiction principale et contradiction secondaire : aspect principal et aspect secondaire de la contradiction ; contradictions antagonistes et non-antagoniste », commandés tous deux par « la loi de l’inégalité de développement des contradictions ». La reprise de Mao par Althusser devient ainsi une théorie structuraliste, voire formelle, de la contradiction, dans laquelle l’histoire est invariablement présente à elle-même sous la forme invariante de chaque aspect de la contradiction. Un moment historique donné ne peut être compris que comme l’actualisation de cet ensemble de formes possibles : primaire ou secondaire (qu’il s’agisse de la contradiction ou de ses aspects), antagonique ou non antagonique. Toute l’histoire peut être lue grâce à la grille de ces oppositions qui rendrait seule cohérente et intelligible une conjoncture particulière. Cette grille peut s’appliquer indifféremment à toute époque, mode de production ou formation sociale, et offre donc un type de théorie qu’on peut apprendre par cœur et aisément appliquer, malgré les déclarations de Mao. Un tel système n’est pas une théorie de la contradiction comme identité spirituelle d’opposés dont l’essence pénètre le monde matériel, identité qui n’est jamais que la forme de réconciliation précédant l’époque où nous verrons tout clairement. Mais il est un système constitué par l’assignation de rôles ou positions déterminés par son inégalité et sa dissymétrie.
Personne n’a mieux compris ce qu’impliquait la lecture d’Althusser qu’Alain Badiou, une dizaine d’années plus tard. Dans sa très anti-althussérienne Théorie de la contradiction (1975), il rapporte l’un à l’autre les silences de la brève note dans laquelle Althusser décrit précisément la théorie de Mao, puis son rejet immédiat dans le résumé que fait Althusser de Sur la contradiction. Comme s’il s’adressait à la cantonade, répondant à une objection jamais formulée, Badiou prend bien garde de prévenir son lecteur que la théorie de Mao n’a pas à être lue comme une répartition logiquement prédéterminée des parties concurrentes, comme si lire Mao en France dans les années 1960 était traduire une théorie de la contradiction en un ordre synchronique des places et des rôles, quelque chose comme une syntaxe de l’histoire. Elle devrait être plutôt lue comme une théorie des forces : « la pensée de la contradiction ne consiste pas à redoubler le système des places par une estimation structurale (combinatoire) des forces. Le processus est essentiellement dissymétrique, d’une dissymétrie non schématisable, parce qu’elle est qualitative » (93). Ce qui dans la théorie de Mao ne sert pas à développer la théorie marxiste de la contradiction, et risque même de la ramener en arrière par sa ressemblance apparente avec le structuralisme ou les sciences sociales, est en fait utile pour repousser les attaques (provenant tout d’abord du camp marxiste) contre le « pluralisme » ou « l’hyper empirisme » de la notion althussérienne de contradiction surdéterminée.
Althusser se sert donc de la théorie de Mao sur la contradiction d’une double manière : elle fournit une alternative « officielle » à – sinon une critique de – la simplicité de la notion hégélienne de contradiction, et elle permet de complexifier cette simplicité, d’insister sur l’irréductible complexité et l’hétérogénéité de la contradiction, sans sombrer immédiatement dans ce qu’Althusser lui-même appellera plus tard le règne de l’aléatoire. La brève note de Contradiction et surdétermination sert en un sens à présenter Lénine, bien que précédant Mao chronologiquement, comme s’il était son successeur dans le temps de la théorie, et plus particulièrement de la théorie de la contradiction. Ici se divise en deux la forme de la contradiction hégélienne, ce qu’Althusser appelle, avec une certaine audace, sa simplicité, simplicité qui survit à sa transposition matérialiste, comme contradiction entre forces et rapports de production, devenant le moteur et le centre de l’histoire, de sorte que toutes les autres contradictions n’en soient que le phénomène et puissent se réduire à cette contradiction centrale. Mao prend ses distances avec Hegel en montrant que la simplicité d’une seule et belle contradiction, comprise comme identité des opposés, n’est elle-même que l’effet conjoint d’un ensemble d’oppositions dont les termes ne peuvent être compris comme identiques mais comme inégaux et dissemblables : principales et secondaires, contradiction et antagonismes, antagoniques et non-antagoniques…
Lorsqu’Althusser se retourne vers Lénine, le fondateur principal de la tradition officielle à laquelle il espère échapper subrepticement, pour « tenter de réfléchir un instant sur le concept marxiste de la contradiction », il le fait dit-il à ses « risques et périls ». Quel risque y a-t-il à se (re)tourner ainsi vers Lénine, figure des plus importantes dans l’appareil du parti, pour reprendre une expression d’Althusser en 1967, considéré comme n’étant pas philosophe, ignoré, sinon méprisé par les philosophes, y compris les philosophes marxistes toutes tendances confondues, à commencer par Althusser lui-même selon son propre témoignage ? La suite du texte montre que le péril ne consiste pas dans le fait de critiquer Lénine, en lui reprochant de ne pas avoir été le philosophe qu’il n’a pas été mais aurait dû être, mais dans le fait de réfléchir sur les propres réflexions de Lénine concernant la nature exacte des contradictions qui ont produit ou déterminé la Révolution de 1917. C’est ce qu’Althusser appelle une « aventure philosophique » : laisser de côté les « morceaux choisis », et suivre le texte de Lénine à la lettre près, sans prétendre savoir à l’avance où il pourra nous conduire, comme un explorateur s’avance dans un monde inconnu. Le risque qu’il y a à lire Lénine est précisément d’entrer dans un monde inconnu, un monde que nous ne connaissons pas comme inconnu, que nous prétendions avoir connu sans avoir pu savoir que nous ne le connaissions pas avant d’en venir finalement à faire l’expérience d’une sorte d’étrangeté [unheimlichkeit] philosophique. Si nous nous mettons à suivre Althusser comme il suit Lénine, nous nous demanderons qui est celui qu’Althusser, tout au long du chemin, vise silencieusement comme un chasseur suit une piste, et il faudra bien nous demander si quelque chose dans les réflexions de Lénine ressemble ou non à ce que nous avons plus ou moins compris comme étant la contradiction.
La discussion par Althusser de la théorie marxiste de la contradiction ne commence pas par un rapide rappel des abstractions théoriques requises pour l’analyse, mais justement dans le royaume de la pratique, à ce niveau que Lénine a tant de mal à dépasser. Il ne s’agit pas en fait du domaine de la pratique, mais plus précisément du domaine du combat. Se référant à Machiavel (L’art de la guerre) et aux deux traités de Vauban (Traité de l’attaque des places et Traité de la défense des places), Althusser souligne que Lénine, qui n’a pas eu d’autre choix que de maîtriser les arts de l’attaque et de la défense, de l’avance et du retrait, a appris que la stratégie commençait avec la capacité de découvrir « le point faible, le maillon faible ou le défaut » de chaque système de défense ou d’attaque. Parce que cette théorie a été manifestement bénéfique à Lénine pour déterminer la tactique permettant de mener à bien et défendre la révolution, Althusser souligne que la théorie du maillon faible permet aussi d’expliquer le fait, l’événement révolutionnaire. Certes, la Russie était le maillon faible des États impérialistes, politiquement attardée et peu préparée à la guerre dans laquelle elle s’était engagée en confiance. La guerre imposa d’énormes souffrances aux combattants ainsi qu’aux autres, mais il a été démontré qu’elle n’était pas l’origine de la faiblesse du maillon faible. Cette faiblesse résultait d’un trait spécifique : « l’accumulation et l’exaspération de toutes les contradictions historiques alors possibles en un seul état » (PM 94). Comme pour souligner l’importance de cette proposition, Althusser répète une page plus loin : « l’ accumulation et l’exaspération de toutes les contradictions historiques ». Il paraît impossible d’énumérer l’ensemble de ces contradictions, comme si leur nombre excédait l’espace de l’argumentation et recouvrait l’ensemble des conditions de possibilités de la révolution russe. En fait le nombre seul de ces contradictions est moins important que leur addition ou agrégation (Althusser emploie le verbe « accumuler » ou « cumuler »), qu’Althusser relie à l’exaspération de ces contradictions comme si l’intensité des forces opposées croissait lorsqu’elles sont ajoutées les unes aux autres.
Althusser paraît à certains moments proposer une théorie purement quantitative de la contradiction, de sorte que chaque contradiction soit équivalente et commensurable à n’importe quelle autre, qu’elle puisse être ajoutée ou soustraite, multipliée et divisée. Mais il cite Lénine pour réintroduire un élément d’incommensurabilité propre à toute situation révolutionnaire. Lénine souligne qu’aux contradictions accumulées – qui prennent plutôt ici l’allure d’une addition que d’une conjonction ou d’une rencontre mêlant des choses dissemblables – il faut ajouter « des événements, d’autres circonstances “exceptionnelles,” inintelligibles en dehors de cet “enchevêtrement” des contradictions intérieure et extérieure de la Russie » (95). Ici « enchevêtrement » reprend et qualifie plus précisément et spécifiquement le sens de l’accumulation pour décrire comment un grand nombre de contradictions s’ajoutent et fusionnent ensemble, sans pour autant perdre leur singularité, et produisent un effet par leur proximité. Mais pour que l’effet soit une révolution, ou une rupture comme le dira Althusser, avec le système existant, à la fois interne et externe à la Russie, il faut qu’en plus des contradictions entre forces opposées se rencontrent « des événements et des circonstances exceptionnelles », exactement ce que Lénine considérait comme si rare, au point d’être miraculeux.
Le Lénine d’Althusser est donc bien loin de Hegel, bien loin de la notion d’une contradiction historique et de son phénomène, comme il est loin d’assigner des places hiérarchisées aux contradictions d’un moment historique donné. Seul un concept emprunté à Freud, un concept pratique, adapté comme une sorte d’arme à une lutte contre la théorie mais aussi nécessaire à la lutte à l’intérieur de la théorie, permet à Althusser, non pas de compléter la description de Lénine la théorie qui lui manque, mais de lire dans cette description la théorie qu’il a déjà. La théorie freudienne de la surdétermination ne fait ni plus ni moins que rendre visible les termes et concepts de la théorie de la contradiction de Lénine, mieux comprise comme enchevêtrement de fils, nœud par lequel seulement la contradiction centrale du capital et du travail peut être mise en mouvement, « activée ». L’enchevêtrement permet à « une accumulation de “circonstances” et de “courants” telle que, qu’elle qu’en soit l’origine et le sens (et nombre d’entre eux sont nécessairement, par leur origine et par leur sens, paradoxalement étrangers, voire “absolument opposés” à la révolution),” de se fondre “en une unité de rupture” »(PM 98). C’est la lecture althussérienne de ce remarquable passage des Lettres de loin :
Si la révolution a triomphé si vite et – en apparence, pour qui se contente d’un coup d’œil superficiel – d’ une manière si radicale, c’est uniquement parce que, en raison d’une situation historique d’une extrême originalité, des courants absolument différents, des intérêts de classe absolument hétérogènes, des tendances politiques et sociales absolument opposées se sont fondus avec une “cohésion” remarquable.
Dire que la contradiction centrale du capitalisme doit être « activée » comme contradiction signifie qu’elle n’existe pas avant ou en dehors de la conjonction de « courants » et « tendances » absolument différents, incommensurables et hétérogènes, qui ne sont ni « éléments » stables ni forces, mais mouvements, tendances et flux dont l’unité ou la fusion constitue l’unité de rupture qui est, in actu, comme la combinaison spécifique inconnue à l’avance pouvant seule produire une fission historique. Le fait qu’Althusser reviendra ultérieurement à ces thèmes sous la bannière du matérialisme aléatoire ne nous contraint pas à faire de ses réflexions de 1962 une prolepse ou anticipation, comme si les derniers devaient être supérieurs aux premiers. En défendant Lénine, plutôt contre les critiques qu’il prononcera lui-même dans sa correspondance, contre Mury et les autres, contre précisément le fait que les analyses de Lénine ne soient rien d’autre qu’une liste ou un inventaire de différents facteurs sans qu’ils puissent s’inscrire dans une logique décrivant leur fonction, Althusser prononce une phrase dont il n’était pas prêt à préciser pleinement le sens en 1963 et qu’il évitera plus tard : Lénine est le théoricien de « la structure de la conjoncture ».
Une dizaine d’années plus tard, le nom de Lénine cédera la place à celui de Machiavel, ou d’autres philosophes de la conjoncture, mais non sans que les concepts pratiques de Lénine fonctionnent dans la philosophie elle-même. Lorsqu’il invoque Lénine contre les prétentions des philosophes à théoriser la théorie ou administrer les conflits, Althusser semble confiner les philosophes à la non-existence du « rien philosophique », pure immanence d’une ligne « qui n’est même pas une ligne, pas même une trace, mais le simple fait de se démarquer, donc le vide d’une distance prise ». La conjoncture pense elle-même sa conflictualité et sa dispersion, comme si la philosophie n’était que la ligne délimitant les conflits et leur enchevêtrement, la rationalité réfléchissant sur ces conflits ou produisant des effets de réflexion seulement dans la mesure où elle réfléchit sur le nœud de la conjoncture, surface plane dont elle est l’autre versant. Dans les premiers textes d’Althusser et au début de son aventure philosophique, c’est Lénine qui lui a montré la route, Lénine connu comme dogmatique, qui s’est paradoxalement abandonné lui-même à l’enchevêtrement de la conjoncture, dans laquelle en un certain sens Lénine a disparu. Qu’Althusser n’ait pu le suivre qu’une partie du chemin n’était certainement qu’un effet de la conjoncture dans laquelle la force de sa pensée variait selon le pouvoir d’agir.
Traduit de l’anglais par Luc Vincenti. Ce texte a d’abord été prononcé au colloque annuel du séminaire « Penser la transformation » à l’Université Montpellier 3, le lundi 27 mai 2013 : « Pour Althusser ».

Publié sur le site de Période est une revue en ligne de théorie marxiste.

 

Source:  https://www.cahiersdusocialisme.org/16683-2/

Paul Mattick et la validation de la loi de Marx – une critique de « La Longue Dépression »

En raison de la pertinence scientifique pour le professeur marxiste Michael Roberts et ses travaux sur le Loi de La baisse tendancielle du taux de profit, cet article a été tout simplement traduit par un logiciel de traduction.

Le week-end dernier, lors d’une session du Forum de gauche à New York, j’ai présenté les thèses de base dans mon livre The Long Depression. Mes arguments ont ensuite été soumis à une analyse critique par mes collègues invités, Paul Mattick Jnr et Jose Tapia. Toute la session a été enregistrée par vidéo et apparaîtra sur You Tube – Left Forum dans quelques semaines.

Maintenant, nous sommes tous d’accord pour dire que la loi de Marx sur la tendance du taux de profit à tomber est le fondement et la cause principale des crises sous le capitalisme. Cette opinion reste une minorité parmi les économistes marxistes, et encore moins d’autres économies hétérodoxes. Mais même si nous sommes d’accord sur cela, il reste beaucoup à débattre de la façon d’expliquer et de valider la loi de Marx. Dans cette publication, je répondrai à la profonde critique de mon livre que Paul Mattick a présenté le week-end. Dans la prochaine publication, je vais regarder la critique de Jose Tapia.

Paul Mattick est un professeur émérite de philosophie à l’Université Adelphi de New York et fils de cet éminent collaborateur de l’analyse économique marxienne, Paul Mattick snr, qui a expliqué si bien la théorie de la crise de Marx en période d’après-guerre et exposé où l’économie dominante, en particulier Théorie et politique keynésienne. Paul Mattick jnr a continué le travail de son père avec autant de succès. Son livre, Business as Usual, est, à mon avis, la meilleure analyse du crash financier mondial et de la Great Recession facilement accessible aux non économistes – lecture essentielle.

La critique de Paul de mon livre se résume à la manière de valider la loi de la rentabilité de Marx en tant que théorie des crises. Comme il l’a dit dans son article de commentaire (Roberts Panel), il est d’accord pour dire que l’économie mondiale est dans ce qui pourrait être décrit comme une longue dépression et j’ai raison que les politiques keynésiennes et monétaires du courant dominant n’ont pas réussi à sortir le capitalisme de cet état déprimé .

Cependant, il considère ma tentative de validation de la théorie des crises de Marx en essayant de mesurer le taux de profit de manière marxiste comme impossible et inutile. « Ce n’est pas possible, fondamentalement parce que la valeur n’est représentée que par les prix, qui se déplacent indépendamment des valeurs ». Le taux de profit marxien ne peut être mesuré qu’en termes de valeur (temps de travail moyen) et pourtant toutes les statistiques officielles sont en prix; Et pire, dans les prix du marché d’une monnaie en général. De telles mesures de prix peuvent et varieront bien en fonction des valeurs modifiées de Marx (prix de la production), encore moins valeur. En tant que tel, toutes mes mesures de rentabilité « marxiennes » (et d’autres personnes) sont une perte de temps.

En outre, la plupart des mesures de rentabilité faites par moi et d’autres chercheurs sont des taux de profit nationaux et habituellement juste pour les États-Unis. De telles mesures, dit Paul, ne nous racontent rien sur le mouvement de la rentabilité dans le capitalisme mondial. Et la loi de Marx est basée sur une économie mondiale. Mais un taux mondial de profit avec un bon calcul de la plus-value totale au niveau mondial est impossible à mesurer.

En fait, Paul soutient que nous n’avons pas besoin de « tester » la loi de Marx et sa théorie des crises avec de telles mesures statistiques. Nous pouvons valider la théorie de Marx par le fait même que les économies capitalistes entrent dans des retombées récurrentes; Qu’il y a des périodes de prospérité et de croissance qui donnent lieu à des périodes de dépression, comme maintenant. L’accumulation capitaliste ne peut pas permettre une expansion harmonieuse et soutenue de la production et, plus particulièrement, l’accumulation de capitaux; Et il ne peut pas fournir plein emploi, etc. Paul dit: « Ce sont toutes les caractéristiques reconnaissables sans un appareil statistique significatif; Dans le travail de Marx, les données historiques pour la plupart fonctionnent pour illustrer, non pour tester, des idées théoriques. « Il n’est pas nécessaire d’entrer dans tous les détails de la mesure des taux de profit; C’est un exercice de futilité.

Eh bien, je ne suis pas d’accord. L’utilisation d’événements ou de tendances générales pour «illustrer» la validité d’une loi peut aider. Mais ce n’est pas assez. Les retombées dans le capitalisme s’expliquent par d’autres théories comme le «manque de demande» keynésien, ou de la «sousconsommation» par des bas salaires et des inégalités croissantes, etc. (post-keynésien); Ou par l’échec des secteurs de consommation à croître en fonction des secteurs des biens d’équipement (théorie de la disproportion); Ou par une dette excessive (Minsky) ou «trop de profits» qui ne peuvent être absorbés (Revue mensuelle). Les «caractéristiques» des crises capitalistes peuvent également être utilisées pour «illustrer» ces théories alternatives. En effet, ce sont les explications les plus dominantes dans le mouvement ouvrier et les mêmes événements illustratifs sont utilisés pour les valider.

Pour justifier la loi de la rentabilité de Marx, je crois que nous devons approfondir nos connaissances scientifiques. Cela implique de mesurer la rentabilité et de la relier à l’investissement commercial et à la croissance et aux chutes. Ensuite, nous pouvons même faire des prédictions ou des prévisions de crises futures. Et seulement alors, d’autres théories peuvent être rejetées en utilisant un ensemble de preuves empiriques qui soutiennent la loi de Marx.

Une telle approche peut être ambitieuse, mais ce n’est pas impossible. Tout d’abord, la loi de Marx peut être fondée sur les valeurs du travail, mais elle est exprimée dans les prix. Les capitalistes commencent par le capital monétaire et finissent avec plus de capitaux monétaires dans le mode de production capitaliste à but lucratif. L’argent est le lien entre la valeur et le prix. Oui, les prix du marché peuvent et varieront nécessairement selon les prix de la production et les valeurs des produits. Mais ils sont encore attachés comme une ancre ou un yo-yo à l’évaluation au fil du temps, même si la valeur change sans cesse en raison des changements dans la productivité du travail. La valeur totale est toujours égale aux prix totaux.

Plusieurs chercheurs ont montré empiriquement la relation étroite entre les prix du marché et la valeur de la production. Et les prix monétaires peuvent être vérifiés empiriquement par rapport à la valeur du temps de travail. Par exemple, Cockshott et Cottrell ont brisé l’économie dans un grand nombre de secteurs pour montrer que la valeur monétaire de la production brute de ces secteurs est en corrélation étroite avec le travail simultanément dépensé pour produire cette production brute: Anwar Shaikh a fait quelque chose de similaire. Il a comparé les prix du marché, les valeurs de main-d’œuvre et les prix de production standard calculés à partir des tableaux d’entrées-sorties américains et ont constaté qu’en moyenne, les valeurs du travail s’écarent des prix du marché de seulement 9,2 pour cent et que les prix de la production (calculés selon les taux de profit observés) S’écarter des prix du marché de seulement 8,2 pour cent.

Et G Carchedi dans un article récent a montré que la validité de la loi de la valeur de Marx peut être testée à l’aide des données officielles des États-Unis, qui sont des prix dévalorisés en monnaie étrangère des valeurs d’utilisation. Il a constaté que l’argent et les taux de profit de valeur se sont déplacés dans la même direction (tendennement à la baisse) et se sont suivis très étroitement. Carchedi et moi avons utilisé cela dans un document commun pour montrer comment le taux de profit dans les secteurs qui créent de la valeur et de la plus-value dans l’économie américaine n’est pas si loin de la rentabilité globale de l’ensemble de l’économie.

Cela m’amène à une autre critique de mon approche par Paul. Il dit que le taux de profit marxien est l’excédent total produit par le travail productif dans une économie et le travail improductif doit être mesuré dans le cadre de la plus-value totale. Mais, dit Paul, de nombreuses mesures du taux de profit des chercheurs ne tiennent pas compte des intérêts, des loyers et des bénéfices financiers qui font également partie de la plus-value totale. En termes marxistes, le taux de profit devrait être une mesure de la plus-value totale par rapport au capital avancé, et non au profit, tel que défini dans les statistiques capitalistes.

Paul a raison. En effet, c’est pourquoi j’utilise ce que j’appelle une mesure de «toute l’économie». Cela définit la plus-value (pour une économie nationale) en tant que revenu national brut annuel (moins la dépréciation annuelle des moyens de production) moins le coût des salaires et des avantages. Ensuite, pour obtenir le taux de profit, cette plus-value est divisée par le capital total avancé pour les moyens de production (immobilisations) et le capital circulant (matières premières ou stocks) dans les secteurs productifs et le capital variable (travail) dans les secteurs productifs . Cela englobe ensuite la critique de Paul de certaines mesures qui excluent les loyers, les intérêts et les bénéfices financiers. À mon avis, toutes ces pièces mobiles peuvent être mesurées pour offrir un taux de profit significatif à l’aide de statistiques officielles. Nous pouvons mesurer le capital «productif» et nous pouvons intégrer toutes les formes de plus-value. Et plusieurs chercheurs l’ont fait pour différents pays. Si vous lisez ce blog régulièrement, vous savez qui ils sont.

Ce qui appuie ces tentatives de faire l’impossible (de l’avis de Paul) sont les résultats. Cependant, le taux de profit est mesuré, la tendance générale est la même. Prenez la période d’après-guerre, en utilisant des statistiques officielles pour les États-Unis, vous pouvez mesurer le taux de profit de l’économie entière pour le secteur des entreprises uniquement pour le secteur des sociétés non financières ou même pour une définition plus précise «Secteur» et la tendance générale est la même. Il y a eu un taux de profit élevé après 1945, qui dure jusqu’au milieu des années 1960. Ensuite, il y a une crise de rentabilité qui dure jusqu’au début des années 1980. Ensuite, il y a une reprise «néo-libérale» de la rentabilité qui se termine à la fin des années 1990 ou d’ici 2001. Après cela, le taux de profit ne revient pas au niveau des années 1990 et certainement pas à cela dans les années 1960. Je pense que ces mesures sont robustes (parce qu’elles sont similaires) et fournissent ainsi des validations puissantes de la loi de rentabilité de Marx. Ils ne doivent donc pas être renvoyés, car ils contribuent à réfuter les théories alternatives des crises.

Oui, ces mesures ne sont que nationales et ne montrent pas le «taux de profit mondial», ce qui serait nécessaire pour soutenir pleinement la loi de Marx. Comme le dit Paul: « Une augmentation de la rentabilité du capital américain ne nous dit rien déterminé sur le taux de profit marxien ». Mais des tentatives sont faites pour mesurer un tel «taux mondial» par divers érudits, y compris moi. Ils sont en moyenne les taux nationaux, pas une solution idéale théoriquement, mais néanmoins, ils donnent des résultats similaires aux mesures américaines comme décrit ci-dessus.

Paul dit que vous ne pouvez pas avoir un lien direct entre la rentabilité et l’investissement dans une économie capitaliste, car les retours d’investissement sur le marché boursier sont vraiment des réflexions de capitaux fictifs et non le taux de profit sur le capital productif. Comme Paul cite un analyste des valeurs mobilières: «le prix de la sécurité n’a pas de relation directe avec la plus-value actuellement exploitée par la main-d’œuvre productive».

De toute évidence, les rendements du marché boursier peuvent varier considérablement du rendement du capital productif. Dans The Long Depression, et dans mon précédent livre, The Great Recession, je fais également ce point. Les dividendes et les gains en capital découlant des achats sur le marché boursier ne sont pas la mesure marxiste du bénéfice car ils sont faussés par le caractère fictif du capital financier. La plupart des bénéfices accumulés dans le secteur financier sont fictifs, en particulier les gains provenant des achats d’obligations d’État. L’emprunt du gouvernement et l’impression de l’argent fournissent un flux continu de bénéfices fictifs.

Mais cela peut être pris en compte et plusieurs chercheurs l’ont fait. Nous pouvons approfondir les données et commencer à montrer le lien de causalité clair entre le mouvement dans la rentabilité du capital dans les secteurs productifs, l’investissement dans le capital productif et la croissance économique – en effet, le mouvement dans la masse du profit dans une économie est un très Un bon guide sur la probabilité d’une modification de l’investissement des entreprises et d’un ralentissement de la production capitaliste (The juros d’investissement GM Roberts HMNY avril 2017). L’autre interlocuteur du Forum de gauche, Jose Tapia, a montré exactement cela pour l’économie américaine (le_investissement_call_the_tune_may_2012__forthcoming_rpe_), ainsi qu’un document récent et complet de G Carchedi sur la loi et les crises de Marx.

Je pense donc que nous pouvons aller plus loin que simplement utiliser des preuves anecdotiques pour «illustrer» la loi de Marx sur les crises. Nous pouvons fournir des preuves solides basées sur des données empiriques robustes pour soutenir la loi de la rentabilité de Marx et sa relation avec les crises récurrentes sous le capitalisme. Oui, la tâche consistant à définir nos catégories et à masser les données afin de mesurer les choses avec précision est formidable. Mais personne ne prétend que la science est facile (et on se trompe souvent), mais je suis d’avis que ce n’est pas impossible.

De plus, il est nécessaire. Sinon, les théories alternatives à la théorie de Marx continueront à revendiquer la validité et à dominer. Et ce sont de mauvaises nouvelles parce que ces théories alternatives fournissent des politiques qui visent à «gérer» ou à «corriger» le capitalisme plutôt que de le remplacer. Et ces politiques ne fonctionnent pas et ne fonctionneront pas dans l’intérêt de la majorité (la classe ouvrière) et perpétueront les iniquités et les horreurs du capitalisme.

Paul est également sceptique de ma proposition selon laquelle il existe des cycles ou des régularités discernables dans l’accumulation capitaliste, bien qu’il reconnaisse qu’il y ait ou non «peu importe d’un point de vue marxiste». Dans le prochain post, je traiterai La critique de mon point de vue sur les cycles dans le capitalisme tel que présenté par Jose Tapia, l’autre intervenant dans le panneau du Forum de gauche sur mon livre.

 

Source:   https://thenextrecession.wordpress.com/2017/06/05/paul-mattick-and-validating-marxs-law-a-critique-of-the-long-depression/

 

La Révolution d’Octobre est une percée vers une ère nouvelle

Le 13 mai à Moscou s’est tenue l’assemblée plénière du Comité central de l’organisation panrusse « scientifiques russes d’orientation socialiste » (RUSO, selon l’acronyme russe), consacré au 100e anniversaire de la Grande Révolution socialiste d’Octobre.

https://kprf.ru/ruso/165286.html

Service de presse du Comité central du Parti communiste. AlekseyBragin.
14/05/2017

La séance est présidée par le Président du CA RUSOIvan Nikitchuk. Sont présents égalementle vice-président du Comité central du KPRF, DmitriNovikov et le secrétaire du Comité central du KPRF Mikhaïl Kostrikov. Le Plénum RUSO a réuni plus de 100 personnes, y compris des invités étrangers en provenance du Venezuela, du Vietnam et d’Argentine.
Au début de la réunion, les membres de RUSO ont reçu des médailles commémoratives du Comité central du Parti communiste, « 100 ans de la Grande Révolution socialiste d’Octobre. » .
DmitriNovikov: « RUSO – est l’un des plus importants centres de recherche du Parti  »
La séance a été ouverte par le vice-président du Comité central du KPRF, DmitriNovikov. Il a transmis les salutations au Plénum du chef des forces patriotiques du peuple de Russie, Président du Comité central du Parti communiste, Guénnady Ziouganov.
« Toute force politique a besoin de capacités intellectuelles, de centres de recherche et d’analyse. Le Parti communiste n’est pas seulement une force politique. C’est un parti qui vise à transformer le système socio-politique et socio-économique actuel. Notre parti a une vision de l’avenir. Cet avenir c’est le socialisme », – dit Novikov.
« Une telle approche exige une étude scientifique des processus qui se déroulent dans la société: économiques, social, politiques, spirituels et culturels. Comme a dit Staline : « Sans théorie, nous somme morts. » Lorsqu’il ne s’agit pas d’un parti populiste, opportuniste, mais d’un parti avec une idéologie solide, on ne peut pas négliger l’importance des travaux théoriques et de recherche », – a déclaré DmitryGeorgievich.
« Maintenant, nous préparons activement le XVIIe Congrès du Parti communiste. Le Comité central du Parti communiste est le principal centre de recherche et d’analyse de notre Parti dans la période considérée. Un grand travail a été accompli. Le plénum du Comité central a étudié un certain nombre de questions importantes », – a déclaré Novikov.
« Ainsi, en octobre 2013 a été examinée la question nationale et les tâchesdu partie pour renforcer l’amitié entre les peuples. Un Plénum important a été celui d’octobre 2014, qui a examiné l’état de la classe ouvrière en Russie et les tâches du Parti pour travailler en milieu ouvrier. Le Parti communiste a donné sa définition du prolétariat russe moderne, nous avons souligné que la dictature du prolétariat est la dictature de la majorité, dirigée contre la dictature bourgeoise de la minorité ».
« En mars 2015, nous avons abordé la question de« L’héritage révolutionnaire de la Grande Révolution d’Octobre et les tâches du Parti communiste ». Quelques mois plus tard un plénum a examiné le problème de la politique de jeunesse du Parti. « Sur les tâches du Parti pour combattre l’antisoviétisme et la russophobie » – a été le thème de la dernière réunion plénière. Nous avons montré le contenu social et de classe de la russophobie et ses relations avec l’anti-soviétisme. Toutes ces sessions plénières ont joué un rôle majeur dans la lutte concernant d’importantes questions scientifiques, politiques, économiques et sociales du point de vue de l’analyse marxiste-léniniste ».
« Le Comité central du XV Congrès a donné dans son rapport politique une analyse des problèmes socio-économiques dans le monde d’aujourd’hui, il a introduit la caractéristique de la mondialisation, qui avait déjà été abordée dans les travaux de Ziouganov. Le parti considère le globalisme comme une forme moderne de l’impérialisme ».
« Tous ces thèmes examinés au Comité central du Parti communiste ont également fait l’objet d’une étude des scientifiques d’orientation socialiste. RUSO est l’un des plus importants centres d’analyse et de recherche, proche du Parti. Cette organisation ne comprend pas seulement des membres du Parti communiste. RUSO a parcouru un long chemin avec le parti et a contribué à l’étude d’un certain nombre de questions importantes », – a déclaré le vice-président du Comité central, faisant l’éloge de cette organisation.
« Il est important qu’entre le Comité central du Parti communiste et le Conseil de RUSOexiste une relation stable, et cette interaction est assurée par Ivan IgnatevichNikitchuk avec sûreté, intelligence et constance, » – a déclaré DmitryGeorgievich.
« A l’occasion du 100e anniversaire de la Grande Révolution socialiste d’Octobre nous organisons des conférences scientifiques, des tables rondes, il y a un grand travail éditorial. En novembre 2017 nos travaux seront clôturés solennellement au cours d’événements internationaux. La dix-neuvième Réunion internationale des Partis des travailleurs se tiendra début novembre à Saint-Pétersbourg. Ensuite, les participants viendront à Moscou pour y poursuivre le travail et tenir une table ronde consacrée au 100e anniversaire de la Grande Révolution socialiste d’Octobre. Nous avons déjà eu une réunion du groupe de travail sur les préparatifs de la réunion internationale », – a déclaré Novikov.
Dans la suite de son intervention il a également parlé du travail du Centre d’études politiques du Comité central du Parti communiste, de la chaîne de télévision « ligne rouge » et du journal « Pravda ».
« Nous nous heurtons à des forces politiques qui mènent leur propagande. Des moyens considérables sont engagés afin de fausser l’histoire de la Grande Révolution socialiste d’Octobre en Russie, de fausser l’histoire de l’édification soviétique », – a-t-il dit amèrement.
« Nous souhaitons sincèrement un plein succès aux activités de RUSO. C’est un centre intellectuel très important du parti, qui est amené à jouer un rôle particulier dans la promotion des réalisations du socialisme, défendre la vérité sur l’histoire soviétique, dans la lutte contre la falsification de notre passé. Nous avons beaucoup à faire. Et nous devons poursuivre dans cette voie avec honneur », – a dit en conclusion le vice-président du Comité central du Parti communiste.
IvanNikitchuk: « La Révolutiond’Octobreest une percée vers une ère nouvelle »
Puis le Président du CC deRUSONikitchuka présenté son exposé: « La Révolution d’Octobre est une percée vers une ère nouvelle»
– Camarades!
Le XX siècle a été marqué par plusieurs événements d’importance historique. C’est la victoire sur le fascisme dans la Seconde Guerre mondiale, la maîtrise de l’énergie atomique, et la percée humaine dans l’espace. Mais le plus remarquable est l’accomplissement de la Grande Révolution socialiste d’Octobre.
Nous, les scientifiques, fidèles aux principes des grandes idées du socialisme et du communisme, nous inclinons aujourd’hui avec respect et admiration devant l’héroïsme de nos ancêtres qui ont réalisé il y a cent ans une percée historique dans la lutte des travailleurs pour leur libération de l’oppression et de l’humiliation millénaires.
La victoire de la Grande Révolution socialiste d’Octobre est, en effet, un exploit sans précédent du prolétariat héroïque de la Russie pour briser la chaîne séculaire de l’exploitation de l’homme par l’homme. C’est à la fois l’hymne du parti bolchevique – le parti de Lénine et de Staline – qui a réussi à guider le vaisseau de la révolution versles grands espaces de la transformation socialiste. C’est aussi la symphonie majestueuse des bâtisseurs du socialisme en URSS, qui ont sauvé le monde du fascisme et créé dans une période historiquement courteune superpuissance, la première à s’élancer dans le cosmos. Enfin, c’est un clairon qui durant toutes les années du pouvoir soviétique a appelé les peuples opprimés à la lutte pour leur libération.
Le prolétariat de Russie, dirigé par le Parti bolchevique a pu non seulement renverser le pouvoir des capitalistes et des propriétaires, mais aussi conserver le pouvoir dans une lutte difficile contre l’intervention de l’encerclement capitaliste, qui avait déchaîné la guerre civile dans le pays.
Dans le creuset de la révolution est né un nouveau type d’état – l’état de la dictature du prolétariat et le pouvoir soviétique – lepouvoir des travailleurs et de la paysannerie laborieuse.
Les libéraux et antisoviétiques d’aujourd’hui présentent souvent la Russie tsariste comme un quasi paradis sur terre, que les bolcheviks ont détruit en prenant le pouvoir. Qu’en était-il de ce paradis?
Dans la production mondiale de 1913, la part de la Russie était d’environ 2%, tandis que la part des pays avancés (Etats-Unis, Allemagne, Angleterre, France) était de 20 à 7%. Pour le montant du produit national brut par habitant la Russie était inférieure aux Etats-Unis de 9,5 fois, la Grande-Bretagne – 4,5, l’Allemagne – 3,5.
La productivité du travail dans l’industrie en Russie était inférieure à celle des États-Unis de 9 fois; Angleterre – 5 fois; Allemagne – 4 fois.
Tout aussi décevant était l’état de l’agriculture. Au XIXe siècle, la Russie a connu 40 disettes. En 1911-1912, la famine a balayé 60 provinces. 30 millions de personnes étaient entre la vie et la mort. Selon diverses estimations, en 1901-1912, la famine a tué près de 8 millions de gens.
Plus de 52% des fermes d’élevage cultivaient la terre avec des araires. En 1913, il n’y avait que 152 tracteurs en Russie (aux Etats-Unis, Allemagne, France, Belgique, Pays-Bas, Danemark les tracteurs se comptaient par dizaines de milliers). 80% du travail agricole était fait à la main.
Dans la lutte contre les maladies l’homme russe était livré à lui-même. Pour 10.000 habitants en Russie il y avait 1,6 médecins, 1,7auxiliaires de santé, 1,7 obstétricien et sage-femme. A la campagne, 1 médecin pour 26.000 ha.
En 1913, un but chez les patients russes souffrant de maladies infectieuses chroniques, il y avait près de 22 millions. Les gens (13% de la population).
Sur 1.000 nouveau-nés, 263 mourraient en Russie avant l’âge de 1 an. En Suède, 70, au Royaume-Uni, 108 et aux États-Unis et en France – 112-115.
Plus de 70% de la population était analphabète. En 1913, le nombre d’étudiants dans tous les types d’écoles (y compris religieuse et militaire) était seulement d’environ 10 millions. Man. Pour 1000 habitants il y avait 1,7 enseignants, aux États-Unis – 3 fois plus.
Aux États-Unis il y avait plusieurs dizaines d’universités de niveau universitaire, en Angleterre, 18 universités, en Allemagne, 22, en France, 14, en Russie – 8.
La corruption frappait même les plus hautes sphères du pouvoir. Le Grand-Duc AlexeiAlexandrovicha pillé les fonds alloués pour la construction de cuirassés de type « Borodino », suite à quoila Russie en 1904 au lieu de 10 cuirassés de ce type en avait seulement 5.Sur les destroyers russes, croiseurs et cuirassés il y avait des turbines allemandes, des gyrocompas et télémètres suédois et anglais. Le petit nombre d’avions et de véhicules militaires étaient presque exclusivement de production étrangère.
Voici l’héritage reçu parles bolcheviks enoctobre 1917. Mais la situation a été rendue encore plus compliquée après une guerre civile dévastatrice.
Le Grand Octobre a sauvé la Russie de la ruine et malgré la dévastation et les victimes de la guerre civile, a donné une forte impulsion à son développement.
Déjà en mars 1921, le dixième Congrès du RCP (b) décidé la transition vers la NEP. Avant cela, en 1920, le gouvernement de RSFSR sous la direction de Lénine a élaboré un plan prometteur pour l’électrification du pays (GOERLO). Le résultat n’a pas tardé à venir. Le chiffre de la production industrielle brute en 1925 a atteint 75%du niveau de 1913, et en 1926 il l’a dépassé de 8%. Les produits de l’industrie de l’ingénierie en 1925 ont dépassé le niveau d’avant-guerre de 13%. Le pétrole et le charbon ont retrouvé à peu près leur niveau d’avant-guerre. Les industries légère et alimentaire ont été restaurées pour l’essentiel. En 1925, l’agriculture a été remise en état.
En 1926, l’Union soviétique est entrée dans une période de lutte pour l’industrialisation et la collectivisation de l’agriculture.
Le premier plan de développement économique quinquennal (1928-1933)avait pour principal objectifs de transformation l’URSS d’un pays agraire et arriéré à un pays industriel, créant ainsi une économie capable de rénover tous les secteurs de l’économie, renforcer la capacité de défense de l’URSS, élever le niveau de vie matériel et culturel du peuple soviétique.
Les objectifs du premier plan quinquennal ont été respectés. Sont apparus les premiers géants de l’industrie,combinats de fer et acier à Magnitogorsk et Kouznetsk, les usines de tracteurs à Kharkov et Tcheliabinsk, les usines d’automobiles à Moscou et Nijni-Novgorod.
Le Deuxième plan de développement quinquennal (1933-1937) a été réalisé en 4 ans et 3 mois. En 1937, l’industrie a atteint 2,2 fois le niveau de 1932, l’industrie lourde 3,4 fois. Les produits d’ingénierie ont augmenté de près de 1,5 fois.
Le troisième plan quinquennal (1937 -1941) prévoyait la poursuite du développement du fer et de l’acier, des industries du charbon et du pétrole, en particulier la mise en place dans la zone située entre la Volga et l’Oural d’une nouvelle base oléifère,le Deuxième Bakou. L’objectif était de rattraper et dépasser le niveau de la production par habitant des pays capitalistes développés.
La mise en œuvre du plan quinquennal allait bon train. Elle a été interrompue par la guerre, déclenchée par l’Allemagne nazie.
Au début de la guerre, l’Union soviétique possédait une puissante industrie, une agriculture socialiste développée et une main-d’œuvre qualifiée. Le 1er janvier 1941 le nombre de spécialistes de l’économie nationale a atteint 2,4 millions de personnes, dont 909 000 avaient une éducation supérieure et 1,5 million de personnes une éducation secondairespécialisée. Dans la dernière année d’avant-guerre, le nombre de diplômés en génie était de 295.000, aux États-Unis 170.000.
L’Etat soviétique au cours des années des plans quinquennaux d’avant-guerre a fait des progrès considérables dans le développement de l’industrie. En 1940, la production d’électricité par rapport à 1913 avait augmenté de 25 fois. La production de charbon multipliée par rapport à 1913 par plus de 6. La production brute de l’industrie chimique, y compris les mines et les produits chimiques, a augmenté de 25 fois.
La production brute de la construction mécanique, en 1940, a dépassé le niveau de 1913 de 30 fois. De nombreuses branches de l’ingénierie ont été créées à partir de zéro dans l’ère soviétique: les tracteurs, l’automobile, l’industrie de l’aviation et d’autres.
En 1940, l’URSS possédait d’une agriculturedéveloppée. Dans le pays, il y avait 237.000kolkhozes et 4.000 sovkhozes, sept mille MTS. L’agriculture disposait de 531.000 tracteurs, 182.000 moissonneuses-batteuses, 228.000 camions et autres véhicules.
Les années de guerre ont démontré une fois de plus les avantages de l’économie soviétique, qui lui ont permis de tenir, de se regrouper, de fournirau front tout le nécessaire dans les conditions les plus difficiles.
Pendant la guerre, le pays a perdu environ 27 millions de citoyens et subi d’énormes pertes matérielles, qui se montent à une somme astronomique – environ 3 billions de roubles soviétiques. Ont été entièrement ou partiellement détruites 1.710 villes et agglomérations urbaines, plus de 70 000 villages, environ 32 000 entreprises industrielles, 65.000 km de voies ferrées, 75 millions personnes se sont retrouvées sans toit. Les envahisseurs ont détruit 98.000 fermes collectives et 1.876 fermes d’État, ils ont emporté et égorgé plusieurs millions de bovins.
Au cours des cinq premières années après la guerre ont été restaurées ou reconstruites plus de 6.000 entreprises industrielles. Au cours de ces années, les fondations ont été posées de l’énergie nucléaire et de l’électronique. En 1948, près de Tcheliabinsk a eu lieu le lancement du premier réacteur nucléaire et mise en service une usine de séparation du plutonium radiochimique. Cela nous a permis de commencer à tester des armes nucléaires. Le 29 août 1949 sur le site d’essais nucléaires de Semipalatinsk a été testée la première bombe atomique soviétique RDS-1, mettant un terme au monopole américain sur les armes nucléaires.
Dans les années d’après-guerre, le pays s’est développé rapidement avec une augmentation d’environ 10% annuel. Un symbole du progrès technologique URSS a étéla conquête du cosmos. En octobre 1957 a été lancé le premier satellite artificiel. Et en avril 1961, est entré dans l’espace le premier homme dans le monde, le soviétique, le communiste Youri Gagarine.
Au milieu des années 80, l’Union soviétique était devenue une grande puissance qui de nombreux points occupaitla première place au monde. L’autorité de l’URSS sur la scène internationale était incontestée. De nouvelles branches de la science et de la technologie apparurent, liées à l’espace, au développement de l’énergie nucléaire.
L’enseignement secondaire et supérieurétaient complètement gratuits. Au début des années 80 l’Union soviétique avait 856 établissements supérieurs (dont 65 universités), avec un effectif de près de 5 millions d’étudiants. Pour le nombre d’étudiants par 10.000ha l’Union soviétique devançait significativement des pays tels que le Royaume-Uni, la République fédérale Allemande, la France, le Japon et d’autres. Il y avait environ sept mille établissements d’enseignement professionnel, avec un effectif de 3,5 millions d’étudiants. Près de 200000 écoles secondaires, avec un effectif de 55 millions d’élèves.
Au début des années 80, la science en URSS est devenue l’un des secteurs les plus développés de l’économie. Les organisations scientifiques occupaient 1 million de chercheurs.
Après la victoire dans la Seconde Guerre mondiale la position de l’Union soviétique s’est considérablement renforcée. De nombreux pays d’Europe de l’Est, d’Asie et d’Amérique ont opté pour la voie socialiste du développement. Une organisation pour l’intégration économique de ces pays (CAEM) s’est constituée, ainsi qu’une alliance militaire – le Pacte de Varsovie, pour résister au bloc agressif de l’OTAN. Des troupes soviétiques étaient stationnées sur le territoire des démocraties populaires en Europe, ainsi qu’au Vietnam et à Cuba, garantissant à la population de ces pays une construction socialiste pacifique. Au début des années 80 du XX siècle, le socialisme était en position de vaincre dans unecompétition pacifique le capitalisme. Cependant, cela ne s’est pasproduit.
À un moment donné ce grand pays s’est retrouvé aux mains de bandits et d’escrocs. Le coup d’Etat contrerévolutionnaire, bien sûr, se préparaitdepuis de longues années. Le point dedépartse situe presque immédiatement après la mort de Staline.
Les causes ce qui s’est passé peuvent être divisées en internes et externes.
Le renforcement de l’Union soviétique a porté à sa limite extrême la lutte tant ouverte que cachée du capital contre le travail. Le capitalisme avait peur de la montée en puissance de l’Union soviétique, la croissance de son prestige international. Le camp capitaliste, déchiré lui-même par des contradictions internes, en prévision de la prochaine crise qui pourrait être la dernière, avait besoin de « sang frais » – de nouveaux marchés pour leurs produits, de nouvelles sources de matières premières, de main-d’œuvre bon marché. Et une telle source pouvait devenir et est effectivement devenue l’URSS et les pays socialistes. Les principaux pays capitalistes, en particulier les États-Unis, n’ont pas lésiné sur la dépense de plusieurs milliards de dollars pour la propagande antisoviétique, la formation dans les pays soviétiques d’une « cinquième colonne » de traîtres et renégats. L’un des points clés de cette propagande était la thèse de l’absence en URSS de « vraie démocratie. » C’est cette démagogie de la démocratie qui a été le principal pilon compresseur utilisé contre le socialisme soviétique. Il y a eu aussi l’introduction des relations de marché dans la production, lorsque le profit est devenu la mesure du succès. Cela a créé une âpreté au gain, et a changé la psychologie des travailleurs. Nous avons eu ensuite la devise hypocrite de Gorbatchev: « Plus de démocratie – plus de socialisme ». Sous cette couverture démagogique la classe ouvrière n’a pas vu venirle harnais de l’exploitation qui devait à nouveau l’asservir. Elle n’a pas remarqué qu’elle devenait une nouvelle fois le vendeur de sa force de travail. Le soutien social de Gorbatchev,c’était l’économie del’ombre (criminelle) et le mouvement prétendument coopératif. Désorienté par le bruit médiatique, l’homme de la rue s’est laissé rouler dans la farine par les « valeurs universelles » de la perestroïka de Gorbatchev, tandis que des escrocs stipendiés et des « extralucides » invitaient le public à placer devantla télévision et la radio des récipients avec de l’eau pour la charger de leur énergie vivifiante, capable de soigner toutes sortes de maux. Résultat, les maladiessont restées, mais le pays s’est dissout.
Mais le fait que le travailleur soviétique, devenu un petit bourgeois, ait avalé avec plaisir ce brouet toxique est de notre responsabilité, tout d’abord, à nous, les communistes, le Parti communiste dans son ensemble. Les raisons en sont le renoncement aux normes léninistes de la vie du parti, la promotion à l’intérieur du parti de démagogues et d’ignorants, d’intrigants et de traîtres, le manque d’attention au développement de la doctrine marxiste-léniniste, la fuite en avant, l’abolition de la dictature du prolétariat, l’introduction dans l’économie socialiste d’éléments de gestion incompatibles, le formalisme dans l’éducation de l’homme nouveau – constructeur du futur socialiste.
Le formalisme dans l’éducation de l’homme nouveau a été, peut-être, l’un des principaux facteurs de la défaite du socialisme. Le Parti a sous-estimé la présence dans l’état d’esprit de propriétés et aspirations qui sont étrangères à l’homme de l’avenir socialiste et communiste, formées dans la longue histoire de l’humanité. Ce désir de vivre dans le luxe, la richesse, au détriment des autres, de vivre en profiteur, de voler, d’arracher, etc. Ces propriétés ont largement déterminé le comportement des gens sous le système esclavagiste, le féodalisme et le capitalisme. Ces propriétés sont dans bien des cas, la cause de nombreuses conquêtes militaires. Ce sont ces qualités viles de l’homme sur lesquelles se sont appuyés ceux en 1991 et les années suivantes ont écrasé l’Union soviétique. Nous nous souvenons tous de fausses promesses de devenir le propriétaire de deux « Volga » pour un voucher, ou le slogan publicitaire de Golubkov « Nous restons assis ne rien faire et l’argent goutte à goutte» -, etc. Il suffisait d’ouvrir la boîte de Pandore, et les gens ont massivement oublié les idéaux de la justice, la fraternité, l’amitié, l’altruisme, et les serments, trahissant en même temps non seulement le gouvernement soviétique, le parti, mais aussi leurs pères et grands-pères qui ont sacrifié leur vie pour défendre le pouvoirdes Soviets, et ils se sont précipités dans le tourbillon du marché dans l’espoir de s’enrichir. Mais sous ce beau papier d’emballage, pour la grande majorité,ce furent la ruine et la pauvreté.
La prise en compte insuffisante de l’influence de ces mauvais traits de la nature humaine, alliée au populisme primitif, sont visibles également dans la tentation de brûler les étapes, quand on a commencé à faire la promesse que « la génération actuelle de peuple soviétique vivra sous le communisme. » La promesse Khrouchtchévienne de construire le communisme en 20 ans a compromis l’idée socialiste. De plus, ellea, bien qu’indirectement, fait pencher très dangereusementle peuple en faveur de la « société de consommation » à l’occidentale.
Après la mort de Staline, il y a eu une épuration des cadres idéologiques. En conséquence, c’est l’intelligence du parti et du peuple soviétiquequi ont souffert, ses buts ont été dénaturés. A cette époque, ont été adoptées non seulement des décisions idéologiquement peu judicieuses, mais simplement hostiles au Parti et à tout le peuple soviétique.
Une de ces décisions est l’abolition de la dictature du prolétariat. Ce problème est l’un des plus importants et fondamentaux du marxisme. Dans le programme du parti adopté au XXII Congrès, l’état de la dictature du prolétariat s’est transformé en Etat du peuple tout entier, un organe exprimant les intérêts et la volonté de tout le peuple. Cette thèse est dans son essence profondément non scientifique et contraire au marxisme-léninisme. Dans son célèbre ouvrage « L’économie et la politique à l’époque de la dictature du prolétariat » (octobre 1919), Lénine souligne en particulier: « Le socialisme signifie l’abolition des classes. La dictature du prolétariat a fait pour cette destruction tout ce qu’elle pouvait. Mais on ne peut pas détruire les classes immédiatement. Les classes restent et resteront à l’époque de la dictature du prolétariat. La dictature ne sera plus nécessaire lorsque les classes disparaitront. Elles ne disparaitront pas sans la dictature du prolétariat ». La société soviétique restait une société de classe, et soulèver la question de l’abolition de la dictature du prolétariat était une grosse erreur, ce qui a également contribué à l’effondrement de l’URSS.
Une autre décision qui a porté un coup irréparable à la conscience sociale du peuple soviétique, ce fut la soi-disant démystification du « culte de la personnalité », qui n’a pas été dictée par les circonstances objectives des activités de Staline, mais basée sur l’animosité personnelle de Khrouchtchev envers Staline. Soit dit en passant, les positions du rapport secret de Khrouchtchev, adoptées par le XXe Congrès du PCUS « pour information », sont toujours en vigueur. Nous pensons que le Comité central du Parti communiste devrait discuter de cette question et prendre sa décision lors du prochain congrès du parti et dans un communiqué désavouer la position du rapport Khrouchtchev. Il est nécessaire de mettre un point final à cette question, formuler exactement l’attitude du parti face aux insinuations sur les activités de Staline.
Toutes ces erreurs ont finalement conduit au coup d’Etat contre-révolutionnaire avec chars pointés sur le pouvoir soviétique, un tournant tragique dans l’histoire de notre Etat et la nation, la communauté socialiste, qui a influencé tout le cours de l’histoire mondiale. Les échos de cet événement se poursuivent aujourd’hui, en prenant parfois la forme d’affrontements ethniques sanglants et de tragédies humaines. L’une d’elles sont les massacres du Donbass.
Depuis plus d’un quart de siècle, le pays se débat dans le marais du capitalisme sauvage. Le peuple a été pillé et jeté dans la misère par les prédicateurs de la « démocratie ». Au lieu de la démocratie, on a l’arbitraire bureaucratique généralisé, la violation cynique de la constitution, la prise illégale du pouvoir par la manipulation des résultats des campagnes électorales, toutes sortes de restrictions et le « filtre » à travers lequelsont nommés des candidats commodes pour la fonction publique à différents niveaux. Toutes les sphères de la société ont subi d’énormes dégâts. Ont été détruit des secteurs entiers de l’économie, la campagne est dévastée. Les citoyens ont été privés des principales réalisations du socialisme – le droit au travail, aux loisirs, au logement, à l’éducation et aux soins de santégratuits. Le marché intérieur a été inondé de marchandises étrangères. Le pays a, en effet, cessé de produire quoi que ce soit d’autre que l’énergie et d’autres matières premières, devenant un appendice de l’économie de l’Ouest. Le pays est plongé dans une crise permanente, dont on ne voit pas la fin. Les autorités n’ont pas de plans ou de stratégies, ou bienleurs plans et stratégies, consciemment ou inconsciemment, conduisent à la destruction du pays.
L’éducation, la santé et la science ont été victimes d’une réforme sauvage. La part de la Russie dans l’économie mondiale en 2014 était d’environ 5%, en 2016 de 3,3%, en 2020, elle sera de 2,6%, près des indicateurs de la Russie tsariste en 1913. En 2016, en termes de PIB, la Russie est classée 6e dans le monde, mais le PIB par habitant est 44ème.
Le pays est livré à une vente aux enchères, qui se poursuit encore aujourd’hui. Le nombre total de sociétés entièrement détenues par l’État ne représente aujourd’hui que 9%. Le gouvernement, le 2 février de cette année, a examiné, et maintenant envisage sérieusement la privatisation de VTB, des chemins de fer russes, de la poste russe et d’autres avoirs majeurs. Il est prévu de transférer dans des mains privées, y compris étrangères, environ 500 sociétés anonymes, 300 FSUE. La privatisation guette plus d’un millier d’autres objets de propriété de l’Etat. Toute cette machine sera vendue en trois ans pour une somme ridicule, le budget chaque année recevra 56 milliards deroubles.
Aujourd’hui, l’économie appartient à la Russieseulement pour moitié. Au début de 2015, dans le secteur de l’extraction des minéraux, la part des capitaux étrangers était égale à 56%, dans l’industrie manufacturière, 40%, dans la production d’électricité – 30%, dans le secteur du commerce de gros et de détail – 90%. De plus, au cours des 3 dernières années la part de capitaux étrangers a augmenté d’un tiers. Un jour, nous pouvons nous réveiller dans un pays qui ne nous appartient pas.
/…/
En ce qui concerne la forme de la restauration du pouvoir soviétique, elle peut être relativement paisible, si la bourgeoisie russe pour son auto-préservation renonce à la violence contre les masses laborieuses, quand elles voudront se débarrasser de son omnipotence. Mais le meilleur exemple de libération nous est montré par l’héroïque prolétariat russe, qui sous la direction des bolcheviks aobtenu la victoire dans la Grande Révolution socialiste d’Octobre. Et cet exemple devrait nous inspirer à de nouvelles victoires.
Je vous remercie pour votre attention!

 

Source: http://wp.me/p1EACY-eox

Журавли et autres chansons du Régiment Immortel, à Lyon-Vénissieux, ce 8 Mai 2017

Ce 8 Mai 2017, le Régiment Immortel a fait sa première apparition en région Rhône-Alpes, à Lyon-Vénissieux. Quelques unes des chansons reprises en chœur par les participants.

Ян Абрамович Френкел est le compositeur de la musique de Журавли, dont les paroles sont dues au poète du Daghestan, Расул Гамзатов.Tout d’abord, plusieurs interprétations par Yan Frenkel lui-même, dont une avec des chœurs, dédiée à l’auteur du poème.

tribune marxiste-léniniste

Ce 8 Mai 2017, le Régiment Immortel a fait sa première apparition en région Rhône-Alpes, à Lyon-Vénissieux. Quelques unes des chansons reprises en chœur par les participants.

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Журавли

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Paroles : Rassoul Gamzatov

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Musique : Yan Abramovich Frenkel

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Мне кажется порою, что солдаты

Il me semble parfois que les soldats

С кровавых не пришедшие полей,

Ne revenant pas des champs ensanglantés,

Не в землю нашу полегли когда-то,

Ne sont jamais tombés sur notre terre,

А превратились в белых журавлей.

Mais se sont mués en de blancs échassiers.

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Они до сей поры с времен тех дальних

Jusqu’à nous depuis ces temps lointains

Летят и подают нам голоса.

Ils volent et nous encouragent de leurs voix.

Не потому ль так часто и печально

N’est-ce point pourquoi si souvent et sombrement

Мы замолкаем глядя в небеса?

Nous faisons…

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Des banquiers anglo-saxons ont organisé la Seconde Guerre mondiale

À la veille du 72e Anniversaire de la victoire des forces Alliés et du Front uni contre le fascisme et la guerre sous la direction de l’armée rouge de Staline et des soviétiques sur les forces fascistes et nazies du IIIe Reich, il nous fait plaisir de re-publier un texte qui est peut-être passée inaperçu lors de sa première sortie il y a deux ans et dont nous venons tout juste de retrouver le lien hypertexte sur le site web
par Valentin Katasonov
À l’occasion du 70e anniversaire de la Victoire contre le nazisme, nous publions une étude de Valentin Katasonov sur le financement du NSDAP et le réarmement du Troisième Reich. L’auteur s’appuie sur des documents publiés en 2012 qui confirment l’organisation de la Seconde Guerre mondiale par des banquiers états-uniens et britanniques, couverts par le président Franklin Roosevelt et le Premier ministre Neville Chamberlain, dans l’espoir de détruire l’URSS. Cette étude soulève de nouvelles questions qui seront abordées dans un prochain article.
Réseau Voltaire International | Moscou (Russie) | 11 mai 2015

Hjalmar Schacht (à gauche), le ministre des Finances de Hitler, avec son bon ami Montagu Norman, gouverneur de la Banque d’Angleterre de 1920 à 1944. Selon les documents révélés par la Banque d’Angleterre en 2012, l’or tchécoslovaque avait été déposé à Londres dans un sous-compte au nom de la Banque des règlements internationaux (BRI). Lorsque les nazis entrèrent à Prague, en mars 1939, ils envoyèrent immédiatement des soldats à la Banque nationale. Les administrateurs tchèques reçurent ordre, sous peine de mort, d’envoyer deux demandes de transfert. La première ordonnait à la BRI de transférer 23,1 tonnes d’or de son sous-compte tchécoslovaque de la Banque d’Angleterre, au sous-compte de la Reichsbank, également tenu à Threadneedle Street. Le deuxième ordre chargeait la Banque d’Angleterre de transférer près de 27 tonnes de l’or détenu en nom propre par la Banque nationale de Tchécoslovaquie au sous-compte de la BRI à la Banque d’Angleterre.
La guerre n’a pas été déclenchée par un Führer enragé qui se trouvait à diriger l’Allemagne à cette époque. La Seconde Guerre mondiale est l’œuvre d’une oligarchie mondiale, ou plus précisément des ploutocrates anglo-américains.

Utilisant des instruments tels que la Réserve fédérale US et la Banque d’Angleterre, ils ont commencé à se préparer pour le prochain conflit d’ampleur mondiale immédiatement après la Première Guerre mondiale. Leur cible était l’URSS.

Les plans Dawes et Young, la création de la Banque des règlements internationaux (BRI), la suspension du paiement des réparations par l’Allemagne prévues par le Traité de Versailles et l’acquiescement des anciens alliés de la Russie à cette décision, les investissements étrangers massifs dans l’économie du Troisième Reich, la militarisation de l’économie allemande et les violations du Traité de Versailles sont autant de jalons sur le chemin conduisant à la guerre.
Derrière ce complot se tenaient des personnages-clefs : les Rockefeller, les Morgan, Lord Montagu Norman (gouverneur de la Banque d’Angleterre) et Hjalmar Schacht (président de la Reichsbank et ministre de l’Économie du gouvernement de Hitler). Le programme stratégique des Rockefeller et des Morgan était de subjuguer l’Europe économiquement, de saturer l’Allemagne d’investissements et de crédits étrangers, et de l’amener à délivrer un coup mortel à la Russie soviétique, afin que celle-ci revienne au capitalisme en tant que colonie.
Montagu Norman (1871-1950) a joué un rôle important d’intermédiaire dans le dialogue entre les milieux financiers américains et les chefs d’entreprise allemands. Hjalmar Schacht a organisé la reconstitution du secteur défense de l’économie allemande. L’opération menée par les ploutocrates était dissimulée par des politiciens tels que Franklin Roosevelt, Neville Chamberlain et Winston Churchill. En Allemagne, ces projets étaient exécutés par Hitler et Hjalmar Schacht. Selon certains historiens, Hjalmar Schacht a joué un rôle plus important que Hitler. Seulement, il restait dans l’ombre.
À l’issue de la Première guerre mondiale, le Plan Dawes visait à compromettre la Triple Entente et à collecter les réparations de guerre auprès de l’Allemagne. Le Plan Dawes (proposé par le Comité Dawes, présidé par Charles G. Dawes) désignait une tentative faite en 1924 de résoudre le problème des réparations, qui avait miné la politique internationale après la Première guerre mondiale et le Traité de Versailles (la France, réticente, a perçu plus de 50 % du montant des réparations). Entre 1924 et 1929, l’Allemagne a reçu 2,5 milliards de dollars des États-Unis et 1,5 milliards de la Grande-Bretagne dans le cadre du Plan Dawes. Il s’agit de sommes considérables, qui correspondent à 1 trillion (mille milliards) de dollars d’aujourd’hui. Hjalmar Schacht a joué un rôle actif dans la mise en œuvre du Plan Dawes. En 1929, il a résumé les résultats en déclarant qu’en 5 ans, l’Allemagne avait reçu davantage de prêts étrangers que les États-Unis au cours des 40 années ayant précédé la Première guerre mondiale. En conséquence, en 1929, l’Allemagne était devenue la deuxième puissance industrielle mondiale, devant la Grande-Bretagne.
Dans les années 1930, l’Allemagne a continué de bénéficier d’investissements et de prêts. Rédigé en 1929 et adopté officiellement en 1930, le Plan Dawes désignait un programme visant à régler les dettes de guerre allemandes à l’issue de la Première guerre mondiale. Il a été présenté par le comité présidé (1929-30) par l’industriel américain Owen D. Young, fondateur et ex-premier président de Radio Corporation of America (RCA). À l’époque, Young siégeait également au conseil d’administration de la Fondation Rockefeller, et il avait en outre été l’un des représentants impliqués dans un dispositif de réaménagement des réparations de guerre, le Plan Dawes de 1924. Selon le plan, la Banque des Règlements Internationaux (BRI) a été créée en 1930 pour permettre à l’Allemagne de payer les réparations aux vainqueurs. En réalité, l’argent a pris une toute autre direction, à savoir qu’il est parti des États-Unis et de la Grande-Bretagne pour arriver en Allemagne. Le capital de la majorité des sociétés allemandes ayant une importance stratégique était, intégralement ou partiellement, américain. Une partie était détenue par des investisseurs britanniques. Les secteurs du raffinage du pétrole et de la liquéfaction du charbon de l’économie allemande étaient dans les mains de Standard Oil (les Rockefeller). Le géant de l’industrie chimique Farbenindustrie AG est passé sous le contrôle du groupe Morgan. Quarante pourcent du réseau téléphonique et 30 % des actions de Focke Wulf étaient sous le contrôle de la société américaine ITT. La radio et les géants de l’industrie électrique AEG, Siemens et Osram sont passés sous le contrôle d’American General Electric. ITT et General Electric faisaient partie de l’empire de Morgan. Cent pourcent des actions Volkswagen appartenaient à l’Américain Ford. Au moment où Hitler a accédé au pouvoir, le capital financier US contrôlait quasiment tous les secteurs d’importance stratégique de l’industrie allemande : raffinage du pétrole, production de carburant de synthèse, chimie, construction automobile, aviation, ingénierie électrique, radio, ainsi qu’une grande partie de l’industrie de la construction mécanique (278 sociétés au total). Les grandes banques allemandes, telles que la Deutsche Bank, la Dresdner Bank, la Donat Bank et quelques autres, étaient sous contrôle US.
Le 30 janvier 1933, Hitler devenait chancelier d’Allemagne. Auparavant, sa candidature avait été étudiée à la loupe par les banquiers américains. Hjalmar Schacht s’est rendu aux ÉtatsUnis à l’automne 1930 pour parler de cette nomination avec des collègues américains. La désignation de Hitler a finalement été approuvée lors d’une réunion secrète de financiers aux États-Unis. Schacht a passé toute l’année 1932 à convaincre les banquiers allemands que Hitler était le meilleur candidat au poste. Il a atteint son objectif. À la mi-novembre 1932, 17 des plus grands banquiers et industriels allemands ont adressé une lettre au Président Hindenburg, dans laquelle ils exigeaient qu’il nomme Hitler chancelier. La dernière réunion de travail des financiers allemands avant l’élection s’est tenue le 4 janvier 1933 à Cologne, au domicile du banquier Kurt von Schröder. Ensuite, le parti national-socialiste est arrivé au pouvoir. Les relations financières et économiques de l’Allemagne avec les Anglo-saxons se sont alors resserrées d’un cran.
Hitler a immédiatement annoncé qu’il refusait de payer les réparations de guerre. Il a mis en doute la capacité de l’Angleterre et de la France à rembourser leurs propres dettes de la Première guerre mondiale aux États-Unis. Washington n’a émis aucune objection à l’annonce de Hitler. En mai 1933, Hjalmar Schacht s’est rendu une nouvelle fois aux ÉtatsUnis. Il y a rencontré le président Franklin Roosevelt et les grands banquiers en vue de demander une ligne de crédit de 1 milliard de dollars. En juin de la même année, Hjalmar Schacht s’est rendu à Londres pour s’entretenir avec Montagu Norman. Tout est passé comme une lettre à la poste. Les Britanniques ont consenti un prêt de 2 milliards de dollars. Ils n’ont soulevé aucune objection quant à la décision de l’Allemagne de suspendre le remboursement de sa dette.
Selon certains historiens, les Américains et les Britanniques étaient accommodants parce que, dès 1932, l’Union soviétique avait réalisé le plan quinquennal de développement économique en vue d’atteindre de nouveaux sommets en tant que puissance industrielle. Quelques milliers d’entreprises avaient vu le jour, en particulier dans l’industrie lourde. La dépendance de l’URSS à l’importation de produits industriels avait ainsi considérablement diminué. Les chances d’étrangler l’Union soviétique économiquement s’en trouvaient
quasiment réduites à zéro. Il a alors été décidé de recourir à la guerre et de lancer la militarisation accélérée de l’Allemagne.
Pour celle-ci, l’obtention de crédits américains ne posait aucun problème. Hitler est arrivé au pouvoir dans son pays à peu près en même temps que Franklin Roosevelt aux États-Unis. Les banquiers qui ont soutenu Hitler en 1931 sont précisément ceux qui ont soutenu l’élection de Roosevelt. Une fois en poste, le nouveau président ne pouvait guère faire moins qu’accorder de généreux crédits à l’Allemagne. D’ailleurs, beaucoup ont remarqué la grande similitude entre le New Deal de Roosevelt et la politique économique du Troisième Reich. Rien d’étonnant. Ce sont en effet les mêmes qui assuraient le sauvetage des deux gouvernements tout en les conseillant. Ils représentaient principalement les milieux financiers US.
Le New Deal de Roosevelt n’a pas tardé à capoter. En 1937, les États-Unis étaient embourbés dans la crise économique. En 1939, l’économie US tournait à 33 % de sa capacité industrielle (19 % aux pires moments de la crise de 1929-1933).
Rexford G. Tugwell, un économiste du premier Brain Trust, équipe d’universitaires de l’Université de Columbia mise en place par Franklin Roosevelt et ayant contribué aux recommandations politiques qui ont conduit au New Deal de Roosevelt, écrivait qu’en 1939 le gouvernement avait échoué. La situation est restée figée jusqu’à l’invasion de la Pologne par Hitler. Seuls les puissants vents de la guerre pouvaient dissiper la brume. Quoi que Roosevelt puisse tenter, ses initiatives étaient condamnées à l’échec. [1] Seule une guerre mondiale pouvait sauver le capitalisme US. En 1939, les ploutocrates ont mis en œuvre tous les moyens à leur disposition pour faire pression sur Hitler et l’inciter à lancer une guerre à grande échelle à l’Est.
La Banque des règlements internationaux (BRI) a joué un rôle important pendant la Seconde Guerre mondiale. Tête de pont des intérêts états-uniens en Europe, elle assurait la liaison entre les entreprises anglo-américaines et allemandes. C’était en quelque sorte une zone offshore abritant le capital cosmopolite contre les initiatives politiques, les guerres, les sanctions, etc.
Cette banque a été créée sous la forme d’une entité commerciale publique. Son immunité face aux interférences gouvernementales et, par exemple, à l’imposition, était garantie par l’accord international signé à La Haye en 1930. Les banquiers de la Réserve fédérale de New York, proches des Morgan, de Montagu Norman, gouverneur de la Banque d’Angleterre, ainsi que des financiers allemands tels que Hjalmar Schacht (président de la Reichsbank et ministre de l’économie du gouvernement de Hitler), Walther Funk (qui a remplacé Hjalmar Schacht au poste de président de la Reichsbank) et Emil Puhl, tous ont joué un rôle important dans la fondation de la Banque. Parmi les fondateurs figuraient les banques centrales de Grande-Bretagne, de France, d’Italie, d’Allemagne, de Belgique et quelques banques privées.
La Banque fédérale de New York a fait de son mieux, mais n’a pas fait partie des établissements fondateurs de la BRI. Les États-Unis étaient représentés par la banque privée First National Bank of New York, J.P. Morgan and Company, la First National Bank of Chicago, qui faisaient toutes partie de l’empire Morgan. Le Japon était également représenté par des banques privées. En 1931-1932, 19 banques centrales européennes rejoignaient la Banque des règlements internationaux. Gates W. McGarrah, banquier du clan des Rockefeller, était le premier président du conseil d’administration de la BRI. Il a été remplacé par Leon Fraser,
 qui représentait le clan des Morgan. Pendant la guerre, la banque était présidée par un citoyen américain, Thomas H. McKittrick.
Beaucoup d’encre a coulé au sujet des activités de la BRI au service des intérêts du Troisième Reich. La Banque était impliquée dans des transactions avec différents pays, y compris ceux avec lesquels l’Allemagne était en guerre.
Depuis Pearl Harbor, la Banque des règlements internationaux jouait le rôle de correspondant de la Federal Reserve Bank de New York. Elle était sous contrôle nazi pendant la guerre, même si c’est l’Américain Thomas Huntington McKittrick qui la présidait. Les soldats mouraient sur les champs de bataille pendant que la direction de la BRI se réunissait à Bâle avec les banquiers d’Allemagne, du Japon, d’Italie, de Belgique, de Grande-Bretagne et des États-Unis.
Dans ce havre de paix que constituait la zone offshore suisse, les représentants des belligérants travaillaient tranquillement dans un climat de compréhension mutuelle.
C’est en Suisse que l’Allemagne a mis en lieu sûr l’or saisi aux quatre coins de l’Europe. En mars 1938, lorsque Hitler s’est emparé de Vienne, une partie de l’or autrichien a été transférée dans les coffres-forts de la BRI. La même chose a été faite avec l’or de la Banque nationale tchèque (48 millions de dollars). Lorsque la guerre a éclaté, l’or entrait à pleines portes à la Banque des règlements internationaux. L’Allemagne le récupérait dans les camps de concentration et par le pillage des pays occupés (y compris de tout ce qui appartenait à des civils : bijoux, dents en or, étuis à cigarettes, ustensiles divers, etc.). C’est ce que l’on a appelé l’or nazi. Il était fondu en lingots afin d’être entreposé à la Banque des règlements internationaux, en Suisse ou hors d’Europe.
Dans son livre Trading With The Enemy : An Expose of The Nazi-American Money Plot 19331949, Charles Higham écrit que, pendant la guerre, les nazis ont transféré 378 millions de dollars sur les comptes de la Banque des règlements internationaux.
Quelques mots au sujet de l’or tchèque. Certaines informations ont fait surface après l’ouverture des archives de la Banque d’Angleterre en 2012 [2]. En mars 1939, l’Allemagne s’emparait de Prague. Les Nazis ont exigé 48 millions de dollars des réserves d’or nationales. Il leur a été répondu que cette somme avait déjà été transférée à la Banque des règlements internationaux. Par la suite, on a su que cet or avait été transféré de Bâle dans les coffresforts de la Banque d’Angleterre. Sur l’ordre de Berlin, l’or a été transféré sur le compte de la Reichsbank à la BRI. Ensuite, la Banque d’Angleterre a été impliquée dans les transactions effectuées sur les ordres donnés par la Reichsbank à la Banque des règlements internationaux. Ces ordres étaient retransmis à Londres. Il y a donc eu collusion entre la Reichsbank allemande, la Banque des règlements internationaux et la Banque d’Angleterre. En 1939, un scandale a éclaté en Grande-Bretagne lorsqu’on a su que la Banque d’Angleterre exécutait les transactions portant sur l’or tchèque sur les ordres de Berlin et de Bâle, et non du gouvernement tchèque. Par exemple, en juin 1939, trois mois avant le début de la guerre entre la Grande-Bretagne et l’Allemagne, la Banque d’Angleterre a aidé les Allemands à transférer sur leur compte l’équivalent en or de 440 000 livres sterling, et à acheminer une partie de l’or à New York (l’Allemagne s’assurait ainsi de la neutralité des États-Unis en cas d’intervention allemande en Pologne).
Ces transactions illégales sur l’or tchèque ont été effectuées avec l’accord tacite du gouvernement de Grande-Bretagne, qui savait parfaitement ce qui était en train de se passer. Le Premier ministre Neville Chamberlain, le Chancelier de l’Échiquier sir John Simon et les autres responsables de haut rang ont tout fait pour dissimuler la vérité, y compris en mentant éhontément (en affirmant que l’or avait été restitué à son propriétaire légitime ou qu’il n’avait jamais été transféré à la Reichsbank). Les documents de la Banque d’Angleterre rendus publics dernièrement révèlent les faits et montrent que les responsables gouvernementaux ont menti, afin de se couvrir eux-mêmes et de couvrir les activités de la Banque d’Angleterre et de la Banque des règlements internationaux. La coordination de ces activités criminelles conjointes était un jeu d’enfant lorsqu’on sait que Montagu Norman, directeur de la Banque d’Angleterre, présidait également le conseil d’administration de la Banque des règlements internationaux. Il n’a d’ailleurs jamais caché ses sympathies pour les fascistes.
La Conférence de Bretton Woods, officiellement Conférence monétaire et financières des Nations unies, a réuni les 730 délégués des 44 pays alliés au Mount Washington Hotel, à Bretton Woods (New Hampshire), aux États-Unis, en vue de réguler la vie monétaire et financière internationale à l’issue de la Seconde Guerre mondiale. Cette conférence s’est tenue du 1er au 22 juillet 1944. La Banque des règlements internationaux se retrouvait soudain sous le feu des projecteurs. On rapportait qu’elle avait collaboré avec l’Allemagne fasciste. Sans entrer dans les détails, je me limiterai à dire qu’après bien des aléas (certains délégués états-uniens s’étant opposés à la motion), les délégués sont tombés d’accord pour fermer la BRI. Cette décision de la conférence internationale n’a jamais été appliquée. Toutes les informations susceptibles de jeter le discrédit sur les activités de la BRI pendant la guerre ont été classées. Aujourd’hui, cela contribue à falsifier l’histoire de la Seconde Guerre mondiale.
Pour finir, quelques mots sur Hjalmar Schacht (1877-1970), ancien président de la Reichsbank et ministre de l’Économie du gouvernement fasciste de l’Allemagne. Il a joué un rôle de premier plan dans le contrôle de la machine économique du Troisième Reich en agissant comme ambassadeur extraordinaire et plénipotentiaire du capital anglo-américain en Allemagne. En 1945, Schacht a été jugé à Nuremberg et acquitté le 1er octobre 1946. Il échappait aux accusations de meurtre. Tout comme Hitler. Pour des raisons qui demeurent inexpliquées, il ne figurait pas sur la liste des principaux criminels de guerre de 1945. Mieux, Schacht a repris sa vie professionnelle comme si de rien n’était et fondé la société Schacht GmbH à Düsseldorf. Ce détail peut sembler insignifiant, mais il confirme une fois de plus que les ploutocrates anglo-américains et leurs représentants plénipotentiaires en Allemagne avaient préparé et, dans une certaine mesure, influencé l’issue de la Seconde Guerre mondiale. Les ploutocrates veulent réécrire l’histoire de la guerre et changer ses résultats.
Valentin Katasonov
Traduction : Gilles Chertier
Source : Strategic Culture Foundation (Russie)
[1] P. Tugwell, The Democratic Roosevelt, A Biography of Franklin D. Roosevelt, New York, 1957, p 477.
Valentin Katasonov est professeur au Département de Moscou de l’Institut d’Etat de Finance internationale, docteur en sciences économiques, membre correspondant de l’Académie des sciences économiques et commerciales. Il fut consultant des Nations Unies (1991-93), membre du Conseil consultatif auprès du Président de la Banque européenne pour la reconstruction et le développement (BERD) (1993-96), chef du Département des relations monétaires internationales du ministère des Affaires étrangères de la Russie (200111)

Face à « L’Aurora », la gauche et les libéraux Par Adam Isaac Shamir

Nouvel article sur les 7 du quebec

Face à « L’Aurora », la gauche et les libéraux

Par Adam Isaac Shamir

Pour les Russes, « Aurora » n’est pas la déesse de l’aube, c’est avant tout le vaisseau de guerre Aurora, le croiseur légendaire dont les salves sur le Palais d’Hiver avaient été le coup de tonnerre scandant l’entrée en scène de la révolution russe de novembre 1917. J’ai récemment participé à un colloque commémorant le centième anniversaire de la révolution russe dans le miroir de la gauche mondiale, à St-Pétersbourg, la cité de la révolution, à laquelle étaient conviés les représentants des partis socialistes européens. Nous avions, face à notre salle de conférences, le croiseur Aurora, et cela nous aidait à nous concentrer sur les seules choses importantes, la victoire et la défaite.

La gauche avait gagné il y a un siècle, et la gauche a perdu il y a un quart de siècle. Quand le système soviétique est tombé il y avait une espérance largement partagée que la gauche refleurisse, parce que le mouvement de la jeunesse éternelle s’était débarrassé de la vieille Russie poussiéreuse et ringarde. C’était l’idée des eurocommunistes. Or, à la surprise générale, la gauche est entrée en agonie, pour mourir après 1991. Les partis eurocommunistes se sont évanouis. Nous ne le savions pas, ou nous ne voulions pas le savoir, mais apparemment, la gauche mondiale était indissociable de la révolution russe.

Il y a cent ans, Lénine et Staline avaient réglé tous leurs problèmes et tranchant le nœud gordien de la cupidité. Ils avaient modernisé leur pays, donné de l’espoir au peuple, offert un choix aux travailleurs. Ils n’avaient pas fait de la Russie un paradis, même si la Russie soviétique des années 1960 était aussi développée et prospère que les pays constituant le noyau de l’Europe occidentale.

Paradoxalement, les travailleurs occidentaux avaient été les plus grands bénéficiaires de la révolution russe. La classe possédante occidentale avait été fort effrayée par les communistes russes, et cela les avait amenés à devenir plus attentionnés. Elle partageait ses profits avec ses ouvriers. Vous avez eu la belle vie parce que les canons de l’Aurora tenaient en joue votre Un pour cent, dans chaque pays. En 1991, les communistes ont été vaincus, parce que leurs dirigeants ont trahi.

Et depuis lors, les propriétaires de l’Occident victorieux ont entrepris une Reconquista à l’échelle mondiale. Ils ont repris aux travailleurs chacune de leurs conquêtes, et créé ce nouveau monde d’immense richesse pour une poignée de gens, et de misère croissante pour tous les autres.

Mais ce qui a été perdu, nous pouvons le regagner. Les capitalistes n’ont pas cédé au désespoir en 1917.Aucune raison de désespérer pour les communistes en 2017. Il semble qu’il n’y ait pas d’autre voie, pas de raccourci possible : le monde a besoin de nouveaux Lénine et Staline. La cupidité doit être terrassée à nouveau, les médias et les usines doivent être arrachés à leurs propriétaires. Il ne faut pas seulement légiférer sur le minimum vital, mais aussi sur les revenus maximum.

Le populisme est devenu un gros mot, mais je vais vous dire : il en faudrait encore bien plus, du populisme. Le travail dans la dignité pour les travailleurs, c’est ce slogan populiste qui a donné à Trump son ticket pour la Maison blanche. Il faudrait donner aux gens tout ce qu’ils veulent. Lénine avait promis de donner la terre aux paysans, les usines aux ouvriers, la paix aux nations, et son gouvernement avait fait tout ce qu’il avait pu en ce sens. Maintenant les gens veulent être sûrs du lendemain, ils veulent que leurs enfants fassent des études, ils veulent les soins médicaux de leur choix et abordables, de bons logements ; ils veulent la liberté et la sécurité. Ils veulent regagner tout ce qui a été perdu après 1991. Et pour y arriver il va falloir plaquer un certain nombre de banquiers dos au mur, à l’aube, c’est tout. On ne veut plus de gentil beau gosse à la tête du pays, voilà le premier commandement pour le retour de la gauche.

La gauche doit rompre avec les libéraux.

C’est le bon moment pour divorcer. A moins qu’il soit déjà trop tard ? Ciel, mais pourquoi donc ? La gauche et les libéraux ont l’air de vivre des jours heureux ensemble. Au départ, c’était un mariage d’intérêt commun, mais c’est devenu un mariage d’amour. Jusqu’ici, en tout cas ; seulement l’espérance de vie de la gauche est devenue très courte, comme celle de l’amant d’une pieuvre. Ces créatures (Octopus cyanea, pour être précis) étranglent et mangent leurs partenaires dès qu’ils ont fini leur affaire. La gauche a fait son boulot, et elle est mûre pour être déglutie. Et qui va s’apercevoir que la gauche a disparu ?

Il m’arrive d’avoir honte d’appartenir à la gauche. Demandez aux gens dans la rue, pour quoi est-ce que la gauche se bat, et ils vous diront : ce sont des bons petits gars qui défendent de bonnes causes. Les toilettes transgenre, le mariage gay, la parité, les réfugiés syriens, le changement climatique, les accès pour handicapés, les primes pour les chômeurs, parfois. Ils sont contre la discrimination des immigrants, les insultes, ils sont pour la correction en politique, et les droits des minorités. La gauche déteste Poutine et Trump, et adore Israël, à part son premier ministre actuel.

Ou pire encore. Je l’ai relu trois fois, ça m’a fait un choc, à l’estomac, et je ne pouvais pas en croire mes yeux : vous avez entendu parler de Paul Gottfried, l’honorable contributeur du site unz.com ? Il a qualifié l’ex patron de l’AntiDefamation League, Abe Foxman le rougeaud, d’ « un homme de gauche ». C’est une véritable insulte. Un juif nationaliste comme M. Foxman ne peut pas être de gauche. Staline l’aurait envoyé au fin fond de la Sibérie, où le dur labeur et le climat encore plus dur l’auraient guéri à jamais de son indignation et de sa constipation permanentes. La gauche n’est nullement « contre la majorité blanche et chrétienne », comme le prétend Gottfried. Les gens de gauche, les vrais, sont pour la majorité, pour la classe ouvrière.

Il n’y a pas de désaccord entre les agendas des gens de gauche et des libéraux, direz-vous. Et maintenant, surprise: : jusqu’en 1990, la gauche et les libéraux étaient des ennemis acharnés. La gauche était pour les ouvriers ; son icône, Staline, était la terreur des libéraux ; il conseillait aux communistes allemands de faire alliance avec l’extrême droite allemande et non avec les libéraux ; son marxisme n’était pas une abomination culturelle, mais un vrai problème pour les gens riches. Mais après 1990, la gauche a rejoint les libéraux victorieux, pour des raisons pratiques. Comme cela se produit dans les mariages de raison, leurs rapports ont viré à l’amour vrai, et il se peut qu’ils soient devenus un couple indissociable.

En politique, le rasoir d’Ockam est impitoyable. La gauche a perdu son identité, et sa raison d’être. Aussi elle disparaît, dévorée par les libéraux. D’habitude, le chemin vers l’oubli passe par une coalition pour gouverner. Chaque fois que la gauche a rejoint le gouvernement des libéraux (qu’ils l’appellent unité nationale, front populaire, ou front contre la bête immonde), la gauche a fondu, digérée par la chaude étreinte des libéraux.

Je suis vraiment malheureux de voir que Counterpunch, une publication que j’aimais et pour laquelle j’ai écrit pendant des années et des années, a succombé à cette maladie. Ils peuvent toujours se qualifier eux-mêmes de voix de la gauche américaine, mais ils publient John Feffer. Cette bête nauséeuse, Feffer, est un « gauchiste » partisan de la libre circulation pour les migrants, de la guerre contre la Russie et contre Trump, et il a lancé un appel : « Tous ceux qui se situent à gauche d’Anne Coulter devraient être de notre bord. Plus que jamais, c’est le moment d’être unis ». Oh que non, moi je veux rester aux côtés d’Anne Coulter qui a écrit presque le même jour où Feffer pondait ses ordures : laissons la Russie devenir notre nation sœur. Et la dernière chose que je souhaite, c’est l’unité avec Feffer.

C’est l’unité pour tous de Feffer qui nous a amenés où nous en sommes : la gauche mourante, et les libéraux qui vont hériter du pactole. Et la droite antilibérale n’est pas une alternative viable, hélas. Les élections récentes en Hollande, le 15 mars dernier, en ont donné la preuve.

Je ne sais pas si vous avez suivi ces élections, l’évènement le plus intéressant et le plus important qui se soit produit aux Pays Bas depuis la glorieuse révolution. Il était impossible de prédire comment les Hollandais allaient voter. L’effet Trump arrive, disaient les gens sombrement, et ils envisageaient que les Hollandais voteraient pour leur Trump à eux, qui s’appelle Geert Wilders.

Le pari était assez raisonnable. Les Pays Bas ont été gouvernés par une coalition morose de droite et gauche. Aucune différence si vous préférez la gauche ou la droite, puisque de toutes façons, la gauche et la droite gouvernent ensemble. C’est l’establishment qui gouverne, et la démocratie lui fournit un écran de fumée bien pratique.

Avec un pareil gouvernement, on s’attendait à ce que le peuple vote pour un outsider. Mais pour qui? Les Pays Bas, comme le reste de l’Europe occidentale et l’Amérique du nord, ont un vaste électorat insatisfait, en tant que victimes du néolibéralisme, qui les qualifie de « déplorables ». Ils souffrent de se voir déplacés par des vagues d’immigrants, chassés de leurs emplois et logements, ils atterrissent quelque part comme intérimaires dans des macdo, et ne rêvent plus d’un emploi stable dans une aciérie.

Les “déplorables” pouvaient voter pour la gauche ancienne manière, parce qu’ils sont devenus chômeurs ou précaires, et ont été dépouillés par les riches et puissants ; mais la gauche d’aujourd’hui ne se souciait pas d’eux. La gauche vivait bien son alliance avec l’élite libérale, avec les financiers juifs et juifistes, et leurs médias ; la tolérance (ce qui veut dire la priorité aux immigrants), le marxisme culturel (qui n’a même pas une vague parenté avec le marxisme de classe au couteau entre les dents), l’élitisme, c’était le plus important.

La parti de droite au pouvoir (le VVD du Premier ministre Mark Rutte) est un parti de l’establishment fortuné. Ils mènent des politiques néolibérales, ils importent des immigrants, ils s’accrochent à l’OTAN, ils sont antirusses. Ils sont comme les Républicains d’avant Trump, pas très affriolants pour les gens dépossédés.

Le parti de la liberté de Geert Wilders était chez lui parmi les déplorables. Wilders c’est un gay qui déteste l’islam et les immigrants, il adore Israël parce qu’il considère que c’est un bastion européen dans la marée islamique. Il est tout à fait antirusse, mais aussi anti-establishment. Vraiment…?

Les partis au pouvoir aimaient le parti de Wilders et ils s’en servaient pour faire peur aux électeurs, pour les ramener au bercail. Si vous ne votez pas pour nous, Wilders le nazi-fasciste va gagner, en pousser la Hollande droit vers l’enfer.

C’est une manœuvre habituelle en Europe. En Suède aussi, la droite mainstream et les partis de gauche se sont unis dans un gouvernement en convoquant les effroyables démocrates de la Suède. En France, « tout sauf Le Pen » est le slogan du gang de Macron.

Même en Ukraine, l’ancien président Yanoukovitch avait nourri, financé et promu le Parti de la liberté (fasciste), en espérant que tous les autres le soutiendraient comme la seule alternative. Mais le plan a échoué, comme chacun des plans élaborés par Viktor Yanoukovitch.

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Le parti de Wilders est pratiquement un parti qui n’a qu’un seul objectif : il est contre les immigrants musulmans. Cette année, à cause de l’afflux de Syriens, le PVV avait une chance de devenir un parti mainstream. On s’attendait à ce qu’il gagne avec 30% des votes dans des élections fragmentées au plus haut point. Les dépossédés étaient suffisamment désespérés pour voter pour le diable en personne à condition qu’il ne soit pas membre de la coalition gouvernementale. Et la résistance à l’immigration de masse après l’appel de Merkel (« Venez tous, nous vous en prions ») devenait percutante.

La vraie gauche communiste est généralement contre l’immigration : les communistes cubains sont un bon exemple de cela. Il y a beaucoup de Latinos qui aimeraient s’installer à Cuba, l’un des pays les plus prospères et agréables de l’hémisphère occidental, mais Cuba ne prend pas d’immigrants, en règle générale. L’immigration n’est pas bonne pour les locaux, et les communistes sont avant tout en faveur des autochtones.

La gauche libérale hollandaise était en faveur de l’immigration massive du tiers monde. Ils pensaient que les immigrants voteraient pour eux, et ils n’avaient guère d’empathie pour les travailleurs autochtones, contrairement à la droite de jadis. Ils appartiennent à une classe confortablement installée dans l’aisance, d’universitaires et de fonctionnaires, et les immigrants ne les dérangent pas, parce que les immigrants pauvres avec leurs coutumes étranges ne peuvent pas louer d’appartements dans les zones protégées où résident les gens de gauche, et ne peuvent pas les chasser de leurs emplois non plus.

Les immigrants causent des désagréments aux gens d’en bas, tandis que les riches et prospères tirent des bénéfices de l’immigration. Ils peuvent trouver des femmes de ménage plus économiques. Si les riches et puissants n’en voulaient pas, il n’y aurait pas d’immigrants pour traverser la mer. Je déteste l’immigration de masse, mais je le reconnais : ce ne sont pas les immigrants qu’il faut accuser, mais ceux qui les importent, au gouvernement et dans le monde des affaires.

En Israël, c’est pareil : les Africains s’installent à Tel Aviv sud, où habitaient les juifs pauvres. Les juifs pauvres se sont plaints et se font traiter de racistes, tandis que les juifs fortunés des quartiers nord de Tel Aviv, ceux-là mêmes qui ont fait venir les Africains, peuvent condamner le racisme des juifs pauvres à distance, en toute sécurité.

L’immigration (comme le terrorisme ou les armes à feu) c’est un concept qui sert à nous égarer. Ce ne sont pas les armes à feu qui tuent. Les immigrants ne viendront que si les gens au pouvoir les font venir, dans leur intérêt à eux. Ce sont des outils entre les mains des néo-libéraux. Les gens qui en veulent aux immigrants ne voient pas très loin, et sont très faciles à rouler dans la farine. C’est exactement ce qui s’est passé avec les « déplorables » de Hollande. Le parti de droite VVD a confisqué son électorat à Geert Wilders aussi prestement que Tim le voyou s’empare du gâteau que Minnie tient dans sa petite main.

A ce moment-là, les Turcs des Pays Bas (les Turcs qui ont gardé leur nationalité turque, une grosse communauté de 400 000 personnes) devaient voter pour des changements dans la constitution turque. Un ministre turc a pris l’avion pour dire à ses concitoyens de voter dans un sens donné, et les mobiliser en ce sens. Dans des circonstances habituelles, personne n’y aurait fait attention. Tous les jours il y a une communauté de migrants qui discute de ses histoires de migrants. Les Kurdes demandent leur Etat kurde, les Marocains discutent du Sahara occidental ; et les Syriens pour l’islam s’en prennent aux Syriens pour Assad. Il y aurait donc eu un débat de plus, pour savoir si Erdogan devait être autorisé à déclarer l’état d’urgence ou pas.

Mais le parti de droite (VVD) devait montrer aux « déplorables » qu’ils étaient aussi méchants pour les Turcs et les musulmans que Gert Wilders, ou pires (meilleurs, vus de l’autre côté), dans la mesure où ils ont le pouvoir, tandis que Wilders ne l’a pas. Ils ont refusé que le jet turc atterrisse, et renvoyé un autre ministre turc hors de la Hollande. Les Turcs ont manifesté, et la police hollandaise a chargé contre la manif turque avec des bergers allemands féroces.

Les électeurs potentiels de Wilders étaient en extase.

Ils n’en avaient que faire, d’Erdogan, mais ils étaient contents que des ministres musulmans aient reçu un coup de pied au derrière et que l’on ait lâché les chiens contre les Turcs. L’extrême droite appelle à chasser les musulmans, nous, on le fait : il était là, le message subliminal du VVD. Et ça a marché ! Contre toute attente, le VVD a gagné, le parti d’extrême droite de Geert Wilders a gagné quelques points, mais le parti travailliste (le PvdA) a perdu les élections, laminé. Ce parti s’est désintégré. Une partie de son électorat est parti vers un parti de gauche plus radical, mais la majorité les a juste lâchés, dégoûtés.

L’establishment hollandais s’était débrouillé pour tromper la révolution trumpiste. Wilders s’est retrouvé dans un désert politique, les travaillistes se sont effondrés, les forces de centre droit vont rester au pouvoir. Les électeurs voulaient clairement un changement ; ils refusaient le néolibéralisme et la globalisation, mais ils l’auront de toute façon, et vlan, comme récompense pour avoir été vilains avec les Turcs.

Les élections hollandaises.

La conclusion correcte des élections hollandaises, c’est que la gauche devrait aller plus franchement à gauche, et fausser compagnie à la droite libérale, si elle veut toujours être une force indépendante.

Les élections françaises ont commencé là où ont fini les élections hollandaises : avec la désintégration du parti socialiste. Rien à regretter : ce parti était devenu le jumeau de la droite libérale et poursuivait le même genre de politique. Les socialistes avaient rendu furieux les travailleurs avec leurs lois anti-travail rédigées par Macron, et ils avaient rendu furieux les catholiques en forçant le passage de leurs lois pour le mariage gay. Le candidat socialiste faisait 6% à l’issue du premier tour.

C’est Mélenchon qui a sauvé la cause de la gauche. Non seulement il s’est bien tiré du premier tour, mais il a même refusé de soutenir Macron au deuxième. Il aurait mieux valu qu’il soutienne ouvertement Marine le Pen, mais c’était probablement trop dur pour un gauchiste français.

Dans l’état actuel des choses, un Français de gauche n’a pas d’autre choix que de voter Le Pen. Le Pen, ce n’est pas Geert Wilders, elle n’est pas aveuglée par une question unique. Elle a un soutien communiste solide. Ce n’est pas la candidate idéale pour la gauche, mais quand on est mendiant, on n’a pas le choix.

Si c’est elle qui gagne, la révolution mise en route par l’élection de Trump va se poursuivre. Si elle échoue, nous allons reculer jusqu’à la case départ. Trump aura remporté sa victoire surprise pour rien. Les gens au pouvoir ont appris la leçon.

Peut-être que désormais la division droite-gauche n’a plus de raison d’être ; ce qui compte c’est l’attitude à avoir face au mondialisme et au néolibéralisme. Peut-être, je dis bien, en théorie, et je suis d’accord à ce niveau. Nous pourrions dire que peut-être Bannon aurait mieux fait que Trotski. Mais nous constatons que la droite antimondialiste ne tient pas sa promesse. Bannon a été chassé, et Trump n’est pas sûr d’être décidé à renvoyer Janet Yellen de la Réserve fédérale faire ses valises. C’est précisément le moment où la gauche est attendue au tournant pour attaquer le bastion des banquiers et de leurs pairs.

Les antimondialistes de droite ne vont pas disparaître, de toute façon ; la gauche rajeunie des fils de Lénine devrait les considérer comme des alliés possibles. Cependant, les révolutions triomphent quand elles sont conduites par des hommes d’une carrure hors du commun, et ce genre de personnages peut surgir des deux côtés du spectre politique.

Israel Shamir peut être joint sur adam@israelshamir.net

Traduction: Maria Poumier

Source:
http://www.les7duquebec.com/actualites-des-7/face-a-laurora-la-gauche-et-les-liberaux/

Expulsion of the Montreal and Valleyfield Cells of the Revolutionary Communist Party/Expulsion des cellules de Montréal et de Valleyfield du Parti communiste révolutionnaire

(English follows)

Note : Dans le document qui suit, l’on fait référence aux branches montréalaises d’organisations de masses aux côtés de la cellule montréalaise du PCR. Jusqu’à présent, comme la clique des vieilles idées rejette la ligne de masse et le rôle indépendant des organisations de masses, il devrait être entendu que ce sont plus ou moins les mêmes personnes dans le MER-Montréal, le MRO-Montréal, le FFPR-Montréal, le Front rouge des jeunes, la cellule de Montréal et le leadership du District du Québec. Ainsi, bien qu’il serait insensé, par exemple, d’agglomérer les actions du MER-Ottawa alors que l’on critique le PCR à Ottawa, à Montréal lesdites « organisations de masses » (petits mouvements) et la cellule sont beaucoup plus directement liées qu’ailleurs.

C’est d’une immense tristesse que le Comité Central du Parti communiste révolutionnaire (PCR-RCP) annonce l’expulsion des cellules de Montréal et de Valleyfield du Parti. Alors que nous reconnaissons que ceci est une mesure très sévère, elle l’a été forcée de notre main. Le leadership de Montréal a saisi le contrôle du site internet du Parti et est activement en train de prévenir les communications entre le Comité Central et les cellules de Montréal et Valleyfield. Ainsi nous sommes incapables de discerner quelle est l’étendue des membres qui soutiennent les gestes de la clique des vieilles idées. Par conséquent, dans la mesure où ces deux cellules ne reconnaissent apparemment pas la légitimité de la direction du Parti, nous ne sommes laissés qu’avec aucun autre choix que d’expulser les cellules dans leur ensemble. Nous reconnaissons que ce ne sont pas tous les membres de ces cellules qui soutiennent le comportement obstructionniste de la clique des vieilles idées ; comme nous le délimiterons ci-dessous, nous invitons tous les membres de ces cellules qui reconnaissent le leadership légitime du Parti d’entrer en contact avec nous pour une réadmission dans les rangs du Parti.

Nous désirons rendre explicite que ces expulsions ne sont pas le résultat de la lutte de ligne en cours dans le Parti (sur la question de la ligne de masse avec des questions subsidiaires, dont le féminisme prolétarien et le rôle des syndicats). Ces expulsions sont le résultat d’infractions organisationnelles et procédurales – des infractions qui porteront gravement atteinte au Parti si laissées intraitées. Les raisons pour les expulsions vont comme suit :

–Défaut d’initier une campagne de rectification mandatée

Le 5 mars, le Comité Central a mandaté la cellule de Montréal de se conformer à une campagne de rectification ayant pour but de rectifier le travail de la cellule. Une copie de cette résolution du CC a été inclue ci-joint en annexe. Peu de temps après que cela n’ait été décidé, le leadership de Montréal a déclaré le CC illégitime et a rompu les communications. Dans ce contexte, il a été impossible de lancer cette cruciale campagne de rectification.

-Usage de la violence afin de résoudre des désaccords politiques

Récemment, un schéma d’utilisation de la violence s’est développé envers autrui parmi la gauche comme moyen de résoudre les désaccords politiques. Le premier incident a eu lieu le 4 mars à la Maison Norman Bethune, où quatre sympathisants du PCR-RCP ont attaqué trois autres sympathisants du PCR-RCP sur la base de la lutte de ligne en cours. Le 5 mars, un membre du Comité central a été menacé de ne pas se rendre à la Maison Norman Bethune par l’un des dirigeants montréalais. Plus récemment, il y a eu l’incident au Café Aquin, où deux membres du PCR-RCP (qui avaient déjà été expulsés!) ont agressé un barista parce qu’on leur avait dit de ne pas faire d’affichage. Dans chacun de ces cas, les assaillants n’ont absolument pas affiché quelque regret que ce soit quant à leurs actions. Nous trouvons que c’est une conduite totalement répréhensible, et non une manière maoïste de résoudre les contradictions entre au sein du Peuple.

-Schéma de désintérêt à lutter politiquement

De pair avec l’usage de la violence pour traiter de désaccords politiques, nous observons un désintérêt de la clique des vieilles idées à s’engager dans toute lutte politique. Notons ici le soudain départ du MER-Montréal du MER-RSM sans lutter au préalable avec le reste de l’organisation, la manifestation soudaine du déplaisir des dirigeants précédents avec le travail du Parti dans les dernières années sans rendre explicites leurs critiques en temps opportun, et un schéma répété au dernier Congrès où des membres de la clique des vieilles idées votaient continuellement contre toute possibilité de débat interne ou de discussion sur les questions litigieuses. La clique des vieilles idées a également préféré l’intrigue à la lutte politique quand la question des politiques trans sont survenues dans le FFPR.

–Interférence dans une investigation à propos d’allégations d’abus sexuels

Nous avons récemment reçu des informations selon lesquelles quelqu’un de la clique des vieilles idées aurait agressé sexuellement un ancien membre du Parti. Avant tout, nous désirons rendre abondamment clair que ces accusations n’ont pas été faites par la survivante, mais plutôt par une tierce personne et pas à la demande de la survivante. Le Comité Central avait entamé une investigation dès que cette question nous avait été soulevée. Récemment, un membre de la clique des vieilles idées a déclaré avoir reçu une lettre de la survivante niant ces accusations. Cependant, la clique des vieilles idées a refusé de transmettre la lettre au Comité Central, rendant ainsi l’investigation considérablement plus difficile. En conséquence, l’enquête est toujours en cours.

–Transphobie

La clique des vieilles idées défend la transphobie sous le couvert du féminisme prolétarien. Plus précisément ici, nous faisons référence à un certain nombre d’éléments. Un document intitulé « Sur le FFP et l’Oppression des femmes » avait été soumis par des membres du FFPR-Montréal et subséquemment rejeté par le Congrès. Ce document rejette l’idée qu’il existerait les « cisgenres » et réfèrent aux femmes trans comme simplement des hommes, qui sous le malaise du patriarcat, ont décidé de s’assujettir à l’oppression de genre. Mise à part de ce document, une supporter trans du Parti à Montréal a été mise du côté dans le FFPR et ultimement de la cellule elle-même dû à son identité et son apparence. Une camarade du FFPR qui a questionné la décision fut également ostracisée. Nous avons également relevé un schéma de constante mauvaise utilisation des pronoms appropriés par les membres de la clique des vieilles idées.

–Vol

Lorsque la clique des vieilles idées a déclaré que le Comité Central comme étant supposément illégitime, elle ne s’est pas seulement saisie du site internet du Parti, mais aussi de la majorité de ses ressources. Ils étaient capables de faire ainsi étant donné que plusieurs de la clique des vieilles idées constituaient le « leadership historique du groupe » – ceux qui menaient autrefois le Parti, mais qui ne siègent présentement pas sur le Comité Central. Le Comité Central ne s’attendait pas à ce qu’il y aurait des problèmes de cette magnitude et ne voyait aucun problème à ce que les ressources soient tenues aux mêmes endroits que dans le passé. En conséquence, la clique des vieilles idées s’est défilée avec la majorité des économies du Parti – un montant substantiel après 10 ans – ainsi que ses ressources physiques (incluant plus de 1000 copies-papier de la dernière parution de notre journal théorique) tout en laissant le Comité Central avec la responsabilité de rembourser les dépenses faites en notre nom.

-Rejet du centralisme démocratique

Depuis un bon moment, nous avons de sérieux problèmes avec la centralisation de l’information, ainsi que la décentralisation des décisions, entre le Comité central et la cellule de Montréal. D’une part, ceci était en conséquence du refus de la clique des vieilles idées de reconnaître l’autorité du Comité central. Au contraire, cette clique a pris la décision de constituer un « deuxième centre » qui se chargeait de prendre de décision pour le Québec sans impliquer le Comité central. Des problèmes sont donc survenus lorsque la cellule de Montréal et le District du Québec (effectivement les mêmes personnes) ont voté pour « non-intégré » un membre transféré d’une autre ville, malgré le fait que la constitution du parti dit très clairement que seul le Comité central a l’autorité d’expulser des membres. Ceci est devenu encore plus problématique lorsque la clique des vieilles idées, qui ne représentait plus la majorité du parti avec uniquement 15% de l’effectif, a déclaré le comité central comme non légitime et a annulé sa décision d’expulser les 4 membres responsables de l’assaut du 4 mars 2017. Depuis, cette clique a voyagé partout au Québec en tentant de faire signer au membre un document qui déclare la clique des vieilles idées comme la direction légitime du parti. Même ici, dans leur comportement factionnel flagrant, ils refusent de suivre les procédures du centralisme démocratique de l’organisation, contournant la direction locale pour discuter avec des « camarades à qui on fait confiance » dans le but d’avoir un support de la région. La clique des vieilles idées nous a démontré qu’ils rejettent le centralisme démocratique du PCR-RCP pour favoriser leur propre vision orgueilleuse et subjective.

Bien que plusieurs des problèmes discutés ci-haut ne sont pas nouveaux, le comité central espérait les résoudre par un processus de rectification. Cela étant dit, avec les actions récentes nous croyons maintenant que ces problèmes soient assez importants pour justifier l’expulsion totale de la clique de vieilles idées, et par conséquent, les cellules de Montréal et Valleyfield.

Comme nous avons mentionné plus tôt, nous sommes certains que ces actions et positions ne reflètent pas la totalité des camarades à Montréal et Valleyfield. Malheureusement, en conséquence du fait que la clique des vieilles idées nous a rendu la communication avec eux impossible, nous n’avons pas le choix d’expulser les cellules de façon entière. Au camarade dans ses cellules nous voulons rendre de quoi très clair; peu importe votre opinion dans la lutte de ligne présentement, si vous reconnaissez la direction officielle du parti, contactez le comité central à : pcr.rcp.canada@gmail.com et vous serez réintégré.

Le comité central du PCR-RCP aimerait aussi prendre cette opportunité pour s’excuser aux masses montréalaises pour les erreurs sérieuses que nous avons commises dans le passé. Nous nous excusons auprès des travailleurs du Cafée Aquin pour l’assaut physique qui s’est déroulé dans leur lieu de travail sous le nom de notre parti. Nous nous excusons pour les camarades queer et trans pour la transphobie commise de la part de la cellule montréalaise, le MER, et le FFPR. Nous nous excusons pour le sectarisme de l’ancienne cellule de Montréal, en particulier à l’IWW. Et nous nous excusons aussi aux masses en général, celles et ceux impliqués dans les initiatives de la cellule de Montréal pour les manières bureaucratiques de leur direction ainsi que pour leur non-respect des organisations de masses automne. Finalement nous aimerons aussi nous excuser à tout le monde affecté par ces comportements antagonistes et sans principes pour notre inhabilité d’arrêter ces tendances destructives de la part de la clique des vieilles idées ainsi que pour le mal qu’ils ont commis à la gauche et aux masses montréalaises.

Dans le but de consolider l’expulsion de ces deux cellules problématique, le Comité central du PCR-RCP demande aux gens et aux organisations de considérer les demandes suivantes : tant que ces individus s’organisent sous le titre du « Parti communiste révolutionnaire », nous demandons qu’ils ne soient pas inclus dans des coalition ou autre initiative de gauche. Tant que les comportements problématiques perdurent, c’est l’opinion du Comité centrale que la clique des vieilles idées devrait être complètement isolée au niveau politique.

Nous voulons aussi prendre cette opportunité pour annoncer le lancement d’un nouveau comité d’organisation à Montréal. En termes clairs, le PCR(CO)-Montréal est la seule représentation légitime du PCR-RCP à Montréal. Illes ont commencé du travail de masses avec le lancement de ROAR, une organisation révolutionaire queer. Nous applaudissons leur ténacité et leur engagement à la politique révolutionnaire dans ce qui est sans doute une situation volatile et difficile. Nous invitons tous les autres individus et organisations à Montréal qui sont intéressés par le PCR-RCP de contacter le PRC(CO)-Montréal.

En conclusion, il est décevant que nous devions expulser les cellules de Montréal et Valleyfield. Nous reconnaissons que plusieurs membres de la clique des vieilles idées étaient instrumentales dans l’établissement d’une politique MLM en Amérique du Nord et dans la construction du PCR-RCP. Ceci est sans doute un pas vers l’arrière pour notre organisation, même si ce n’est que temporaire. Nous espérions qu’avec le temps nous pourrions regagner la confiance des masses montréalaises. Et qu’avec nos méthodes correctes de travail nous pourrons rebâtir le PCR à Montréal.

– Le Comité central du PCR-RCP

Source:  https://pcrrcp.wordpress.com/2017/05/02/expulsion-des-cellules-de-montreal-et-de-valleyfield-du-parti-communiste-revolutionnaire/

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Expulsion of the Montreal and Valleyfield Cells of the Revolutionary Communist Party

Note: In the following document, reference is made to Montreal branches of mass organizations alongside the RCP cell in Montreal. Insofar as the old-ideas clique rejects the mass line and the role of independent mass organizations, it should be understood that it is more-or-less the same people in the MER Montreal, MRO Montreal, FFPR Montreal, Red Youth Front, the Montreal RCP cell, and the Quebec District leadership. Thus, while it would not make sense to, for instance, criticize the actions of the RSM in Ottawa when criticizing the RCP in Ottawa, in Montreal the “mass organizations” (small movements) and cell are much more directly linked than elsewhere.

It is with great sadness that the Central Committee of the Revolutionary Communist Party (PCR-RCP) announces the expulsion of the Montreal and Valleyfield cells of the PCR-RCP. While we recognize that this is a heavy-handed measure, our hand has been forced. The leadership of the Montreal cell has seized control of the Party’s website and is actively preventing communications between the Central Committee and the cells in Montreal and Valleyfield. Thus we are unable to discern to what extent the members of these cells agree support the actions of the old-ideas clique. As a result, insofar as these two cells ostensibly do not recognize the legitimacy of the Party leadership, we are left with no other choice than to expel the cells as a whole. We recognize that not all members of these cells support the obstructionist behaviour of the old-ideas clique; as we will outline below, we therefore invite any members of these cells who recognize the legitimate leadership of the Party to get in contact with us for re-admission into the Party.

We want to make clear that these expulsions are not a result of the ongoing line struggle (over the question of the mass line with subsidiary questions including proletarian feminism and the role of unions) in the Party. These expulsions are a result of organizational and procedural infractions: infractions which, if not addressed, undermine the entire party. The reason for the expulsions is as follows:

–Failure to Initiate a Mandated Rectification Campaign

On March 5, the Central Committee mandated that the Montreal cell comply with a rectification campaign, intended to rectify the cell’s work. A copy of the Central Committee resolution has been included below as an addendum. Shortly after this was passed, the Montreal leadership declared the Central Committee illegitimate and has broken off communications. In this context, it has been impossible to launch the badly needed rectification campaign.

–Use of Violence to Solve Political Disagreements

There has been a recent pattern of using violence towards others on the left as a means of solving political disagreements. The first incident occurred on March 4 at Maison Norman Bethune, where four supporters of the PCR-RCP attacked 3 other supporters of the PCR-RCP over the ongoing line struggle. On March 5, a member of the Central Committee was threateningly told to not go to the Maison Norman Bethune by one of the Montreal leadership. And more recently, there was the incident at Café Aquin, where two supporters of the PCR-RCP (who had already been expelled!) assaulted a barista because they were told not to poster. In each of these cases, the assailants have been totally unapologetic about their actions. We find this to be totally reprehensible conduct, and not a Maoist way of solving contradictions among the people.

-Pattern of Unwillingness to Struggle Politically

In line with the use of violence to solve political disagreements, there is an unwillingness on the part of the old-ideas clique to engage in any political struggle. We point here to the sudden departure of the MER Montreal from the MER-RSM without first struggling with the rest of the organization, sudden accounts of past leaders having been unhappy with the work of the Party for years despite not voicing criticisms at the time, and a repeated pattern at the last Congress whereby members of the old-ideas clique continually voted against having any sort of internal debate or discussion on contentious issues. The old-ideas clique also preferred intrigue to political struggle when the question of trans politics arose in the FFPR.

–Interference with an Investigation into Sexual Assault Allegations

We recently received information that someone from the old-ideas clique allegedly sexually assaulted a former member of the Party. We want to make absolutely clear that these allegations were not made by the survivor, but rather by a third person, and not at the request of the survivor. The Central Committee has been investigating this issue since we first learned of it. Recently, some members of the old-ideas clique alleged to have received a letter from the survivor denying the allegations. However, the old-ideas clique has refused to turn over this letter to the Central Committee, making the investigation considerably more difficult. As a result, the investigation is still ongoing.

–Transphobia

The old-ideas clique upholds transphobia under the guise of proletarian feminism. Specifically here we point to a number of events. A document titled “On the PFF and the Oppression of Women” was submitted to the last Congress by members of the Montreal FFPR and subsequently rejected by the Congress. This document rejects the idea that there is such a thing as “cis-sex”, and refers to trans women as simply men who, under the malaise of patriarchy, have decided to subject themselves to gender-based oppression. Aside from this document, a trans supporter of the Party in Montreal was pushed out of the FFPR and then ultimately the cell itself due to their gender identity and appearance. A member of the FFPR who questioned that decision was also ostracized. There was also a pattern of consistent misgendering of trans comrades by members of the old-ideas clique.

–Theft

When the old-ideas clique declared the Central Committee to be illegitimate, they not only seized control of the Party website but also the majority of the Party’s resources. They were able to do so because many of the old-ideas clique constitute members of the “historical leadership group”; those that formally led the Party, but who are currently not on the Central Committee. The current Central Committee did not expect that there would be issues of this magnitude, and so saw no issue with the Party’s resources being held in the same locations they had been previously. As a result, the old-ideas clique has absconded with the majority of the party’s savings –a substantial amount after 10 years – and physical resources (including 1000 printed copies of the latest edition of our theoretical journal) while also leaving the Central Committee with the responsibility to repay previously incurred expenses.

-Rejection of Democratic Centralism

For some time now there have been issues with centralization of information to, and decentralization of decisions from the Central Committee to the Montreal cell. In part, this was due to the tacit rejection, on the part of the old-ideas clique, of the authority of the Central Committee. Instead, the old-ideas clique constituted a “second centre” which in essence made decisions for Quebec without involving the Central Committee. Issues arose previous to the recent events when the Montreal cell and the Quebec District (effectively the same people) both voted to “not-integrate” a transferred member, despite our Constitution being very clear that only the Central Committee has the authority to expel anyone. This issue came to a head when the old-ideas clique was no longer the majority of the Party’s leadership; the old-ideas clique unilaterally, representing only 15% of the Party’s membership at most, declared the Central Committee to be illegitimate and overturned the decision to expel the four supporters involved in the March 4 assault. Since declaring the Central Committee to be illegitimate, the old-ideas clique have travelled around Quebec attempting to get the Quebec branches to sign a document declaring the members of the old-ideas clique the legitimate leadership of the Party. Even in this blatant factional behaviour they refuse to abide by the democratic centralism of the Party, bypassing local leadership and instead going to “trusted” comrades for the endorsement. The old-ideas clique, insofar as they do not abide by the authority of the legitimate democratically elected Central Committee, has shown that they reject the democratic centralism of the PCR-RCP and instead give pride-of-place to their own subjective opinions.

While many of these issues are not new, the Central Committee had hoped that they could be solved through rectification. However, due to recent events we feel they are now serious enough to warrant the expulsion of the old-ideas clique, and by extension, the Montreal and Valleyfield cells.

As mentioned earlier, we are sure that these actions and positions are not reflective of all comrades in the Montreal and Valleyfield cells of the Party. However, because the old-ideas clique has made it impossible for us to contact members of these cells, we have been forced to expel the entire cells. To the comrades in these cells we want to make it clear: regardless of your position in the line struggle, if you recognize the current leadership as legitimate, please contact the Central Committee at: pcr.rcp.canada@gmail.com and you will be reinstated.

The Central Committee of the PCR-RCP would also like to take this time to apologize to the masses of Montreal for the very serious mistakes we have committed in the past. We apologize to the workers of Café Aquin for the recent assaults committed under the name of the Party. We apologize to queer and trans comrades for the transphobia of the Montreal cell and the FFPR. We apologize for the sectarianism of the former Montreal cell, specifically to the IWW. And we also apologize to the masses more broadly and those involved with the initiatives of the Montreal cell for the bureaucratic manner in which the cell oversaw its work, and the lack of importance it gave to independent mass initiatives. Further, we want to apologize to everyone affected by this unprincipled and antagonistic behaviour for our inability to reign in these destructive tendencies on the part of the old-ideas clique and prevent them from doing harm to others on the left and the masses more broadly.

Insofar as the Montreal and Valleyfield cells of the RCP have been expelled, the Central Committee requests that other people and organizations consider these facts. Until these individuals stop using the “Revolutionary Communist Party” name, we ask that they not be included in coalitions or other joint initiatives. Until many of these problems are rectified, it is the opinion of the Central Committee that the old-ideas clique should be politically isolated.

We would also like to take this opportunity to announce the launch of a new Organizing Committee in Montreal. In no uncertain terms, the Montreal RCP (OC) is the only legitimate representative of the RCP in Montreal. In turn they have begun mass work in earnest, with the launch of ROAR: a mass organization of queer revolutionaries. We applaud their tenacity and commitment to revolutionary politics in what is surely a volatile and difficult situation. We invite all other individuals and organizations in Montreal who are interested in working with the RCP to contact the RCP (OC) in Montreal.

In closing, it is unfortunate that we have been forced to expel the Montreal and Valleyfield cells. We recognize that many of the old-ideas clique were instrumental in bringing MLM to North America, and in the construction of the PCR-RCP. This is undoubtedly a step backwards for our organization, if only a short-term one. We hope that in time we can regain the trust of the masses of Montreal, and we know that with correct methods our work will recover in the Montreal region.

-The Central Committee of the PCR-RCP

 

Source: https://pcrrcp.wordpress.com/2017/05/02/expulsion-of-the-montreal-and-valleyfield-cells-of-the-revolutionary-communist-party/

DÉCLARATION INTERNATIONALISTE À L’OCCASION DU 1ER MAI 2017

Un 1er Mai rouge, révolutionnaire et internationaliste!

«Le drapeau de la révolution d’Octobre est invincible»
– Mao Zedong

Cette année marque le centenaire de la révolution d’Octobre. Les impérialistes, les réactionnaires, les réformistes et les opportunistes de toutes sortes s’affairent à effacer, assombrir, dénigrer et souiller cet événement, comme ils l’ont fait l’an dernier à l’occasion du 50e anniversaire de la Grande Révolution culturelle prolétarienne. Ils agissent ainsi parce qu’ils savent que le puissant message que ces événements communiquent aux prolétaires et aux masses populaires est de plus en plus actuel. Pour nous débarrasser de l’impérialisme, du capitalisme, des guerres, de l’exploitation du prolétariat et de l’oppression des peuples, nous devons faire la révolution prolétarienne! La classe ouvrière doit arracher le pouvoir politique des mains des classes dominantes, établir son pouvoir, son État – la dictature du prolétariat – et construire le socialisme; elle doit développer et poursuivre la révolution dans chaque pays et dans le monde entier pour se débarrasser des chaînes de l’impérialisme et marcher vers le communisme mondial.
Le système impérialiste apparaît tel que Lénine l’avait analysé et décrit dans son important ouvrage, L’impérialisme, stade suprême du capitalisme: savoir un système pourri et décadent. Sous toutes les latitudes, l’impérialisme et ses gouvernements continuent à faire face à une crise économique, financière, politique et sociale profonde et en font porter le fardeau sur les épaules des prolétaires et des masses à l’intérieur de leurs frontières, et sur celles des peuples et des nations opprimées à l’échelle internationale. L’impérialisme, ce sont les guerres économiques, les guerres d’agression et le pillage pour la redivision du monde. L’impérialisme, c’est la réaction et le fascisme. L’impérialisme est le stade suprême du capitalisme et nous rappelle chaque jour la nécessité de le renverser. C’est pourquoi le message de Lénine et de la révolution d’Octobre est plus vivant que jamais!
Aux États-Unis, qui constituent la puissance impérialiste la plus forte, la victoire de Donald Trump reflète la crise de l’impérialisme yankee et ses tentatives de s’en sortir par la guerre économique, la domination militaire, le contrôle des régions stratégiques sur le plan géopolitique et la redéfinition des alliances sur les divers théâtres de guerre. La victoire de Trump démontre la barbarie de la supposée «démocratie états-unienne», avec un milliardaire fasciste au pouvoir qui mène la guerre contre les masses paupérisées à l’intérieur et les peuples opprimés à l’étranger. La victoire de Trump alimente dans l’ensemble des pays impérialistes la réaction, l’État policier, la militarisation, l’état d’urgence permanent et la guerre interne contre les prolétaires, les droits des femmes, le peuple afro-américain, les immigrantes et immigrants qui font face aux murs et aux expulsions, les musulmanes et les arabes, et les idées progressistes dans les écoles, les universités, les médias, l’art et la culture.
Cette nouvelle phase agressive de l’impérialisme US aiguise les contradictions inter-impérialistes, notamment avec la superpuissance atomique qu’est l’impérialisme russe, la nouvelle puissance social-impérialiste que constitue la Chine, et les pays membres de l’Europe impérialiste sous hégémonie allemande. La compétition mondiale pour la division des marchés entre les pays impérialistes et la lutte pour le contrôle des ressources énergétiques sont à l’origine et alimentent les guerres d’agression et les guerres réactionnaires qui sèment la mort, les massacres et la destruction partout dans le monde.
Ce sont les guerres d’agression impérialistes dans chaque recoin de la planète qui donnent naissance aux grandes vagues migratoires! C’est la barbarie des guerres impérialistes et leur effet boomerang à l’intérieur même des citadelles impérialistes qui font couler le sang dans leurs rues!
Dans les pays impérialistes, les États et les gouvernements des maîtres du monde poursuivent une guerre interne contre les prolétaires et les masses populaires, que la crise, l’oppression et la répression poussent à lutter et à se révolter de plus en plus.
Dans les pays opprimés par l’impérialisme, les prolétaires et les peuples intensifient leurs luttes de libération nationale; il faut appuyer en particulier la lutte des peuples palestinien et arabe contre l’État sioniste et l’impérialisme, et les guerres populaires. De l’Inde aux Philippines en passant par la Turquie et le Pérou, la guerre populaire dirigée par les partis marxistes-léninistes-maoïstes montre la voie pour se libérer de l’impérialisme et des régimes réactionnaires et construire des États de démocratie nouvelle en marche vers le socialisme. La guerre populaire en Inde, qui célèbre aujourd’hui le 50e anniversaire du «soulèvement de Naxalbari» qui lui a ouvert la voie, résiste aux massacres, à l’opération «Green Hunt», à la répression contre les maoïstes, les Adivasis, les étudiantes, étudiants et les intellectuelLEs démocratiques et révolutionnaires, les ouvriers, les paysannes, les femmes en lutte et les minorités nationales; elle démontre que rien ne peut arrêter la guerre et la lutte populaires pour la libération, tout comme rien ne peut empêcher le soutien international qu’elle génère.
La révolution d’Octobre et le grand Lénine ont montré qu’on ne peut lutter et gagner contre l’impérialisme et ses États sans lutter contre le révisionnisme et l’opportunisme.
Les conditions objectives sont favorables à la révolution, qui constitue la tendance principale à l’échelle du globe. Les sociaux-démocrates, les ex-partis «communistes» devenus révisionnistes et réformistes ont perdu tout crédit aux yeux des masses et démontré qu’ils ne sont plus d’aucune utilité pour défendre les conditions de vie et de travail des masses ou s’opposer à l’impérialisme, aux guerres, au fascisme et à l’État policier. En même temps qu’on assiste à la crise de ces courants, on voit monter les tendances populistes réactionnaires et les mouvements fondamentalistes réactionnaires qui divisent les masses et les attachent au chariot de telle ou telle puissance impérialiste et en fin de compte, aux fractions les plus réactionnaires de l’impérialisme, de la bourgeoisie et des régimes qui les servent. Les prolétaires et les masses populaires doivent rejeter avec fermeté les illusions de la voie parlementaire et pacifique, qui vise à les désarmer, et adopter avec hardiesse la voie révolutionnaire.
La guerre populaire est la forme de lutte révolutionnaire la plus avancée; c’est pourquoi nous devons l’appuyer dans tous les pays où elle a déjà été déclenchée et la préparer dans tous les autres en fonction des conditions concrètes de chaque pays. Il faut construire des partis communistes authentiques qui seront l’avant-garde de la classe ouvrière et constitueront le noyau dirigeant des masses populaires. Les partis communistes basés sur la science révolutionnaire du marxisme-léninisme-maoïsme se construisent dans le feu de la lutte de classes, en lien étroit avec les masses, en vue du déclenchement et du développement de la guerre populaire, ancrés dans la réalité. Les partis communistes doivent construire le front uni des masses exploitées et de toutes les sections opprimées par l’impérialisme; ils doivent adopter les tactiques appropriées en fonction de la forme que prend la domination politique et militaire dans leur pays.
Dans les pays impérialistes, les partis communistes doivent intégrer dans leurs rangs les nouveaux prolétaires issus de l’immigration, en jouant un rôle d’avant-garde dans leur lutte contre la surexploitation, l’esclavage et le racisme. Ils doivent rassembler et organiser la révolte de la jeunesse et la lutte des femmes afin d’en faire une puissante force pour la révolution. Les partis communistes doivent lutter contre leur propre impérialisme et le considérer comme l’ennemi principal du prolétariat et des peuples opprimés, en se tenant fermement du côté des masses des nations opprimées. Aujourd’hui en particulier, nous devons lutter contre l’occupation impérialiste de l’Afghanistan, l’agression impérialiste en Syrie et les menaces nucléaires contre la Corée du Nord. La guerre impérialiste et la dictature réactionnaire de la bourgeoisie soulèvent la nécessité pour les partis communistes de s’équiper pour être capables de leur opposer la guerre populaire et de construire leur force combattante comme noyau de l’armée rouge.
En plus des politiques de génocide, les guerres populaires font également face aux pièges des négociations de paix qui, loin de leur permettre de grossir leurs forces et de se consolider en vue de l’offensive stratégique, n’ont d’autre objectif que de les dérouter, les étouffer et les diviser, afin de les amener à se rendre.
L’internationalisme, c’est l’unité entre le prolétariat et les peuples opprimés du monde entier contre l’ennemi commun.
L’internationalisme «consiste à travailler avec abnégation au développement du mouvement révolutionnaire et de la lutte révolutionnaire dans son propre pays, à soutenir (par la propagande, la sympathie, une aide matérielle) cette même lutte, cette même ligne, et elle seule, dans tous les pays sans exception». – Lénine
L’internationalisme, c’est la construction d’une nouvelle organisation internationale, qui, en abordant les problèmes actuels auxquels les communistes sont confrontés, sera capable de générer une ligne générale pour le mouvement communiste international et une nouvelle Internationale communiste.
Vive le 100e anniversaire de la grande révolution d’Octobre!
Mort à l’impérialisme! En avant vers la guerre populaire prolongée partout dans le monde!
Vive les luttes des prolétaires et des peuples opprimés!
Vive l’internationalisme prolétarien!
Pour un avenir rouge et socialiste, marchons vers le communisme!
Liste des signataires:
Collectif maoïste iranien
Comité pour la construction du Parti communiste maoïste, Galice, État espagnol
Democracy and Class Struggle, État britannique
Klassenstandpunkt («Point de vue de classe»), équipe éditoriale, Allemagne
La voix ouvrière – Malaisie
Ligue révolutionnaire maoïste – Sri Lanka
Mouvement communiste de Serbie
Mouvement communiste maoïste, Tunisie
Noyau communiste du Népal
Organisation de travail communiste – Tunisie
Parti communiste (maoïste) d’Afghanistan
Parti communiste de l’Inde (maoïste)*
Parti communiste du Brésil (Fraction rouge) – PCB (FR)
Parti communiste du Népal (maoïste révolutionnaire)
Parti communiste maoïste – France
Parti communiste maoïste – Italie
Parti communiste maoïste du Manipur
Parti communiste révolutionnaire (District du Québec)
Parti des khadéhines – Tunisie
Revolutionary Praxis – Grande-Bretagne
Union communiste ouvrière (MLM) – Colombie

 

Source: http://www.pcr-rcp.ca/fr/4475