US Border Imperialism – Turning Walmarts into Child Prisons with Southwest Key

Trump still has a ways to go to catch up to Obama’s 11-million high-score, and the apparatus he will use to do that was built over the course of past administrations, both Democrat and Republican. Obama especially focused on perfecting them in order to appease conservatives, using the logic of reinforcing the ‘process’. This is the clear mentality of liberal capitalism, to build up the state to smoothly enact capitalist violence and exploitation with as little mess as possible. As we have stated in our election boycott campaign of US elections, it’s all the same shit, different asshole. If Merkley had any real intention to end this system, he would start with resigning tomorrow. We won’t hold our breath waiting for that to happen.

US imperialism is neatly summed up in the fact that Casa Padre was formerly a Walmart. Walmart is a massive imperialist enterprise to distribute low-cost goods manufactured in exploited third-world markets for primarily first-world consumers. As the economy contracts, internet shopping continues to grow, and waves of recessions make consumer spending unreliable, Walmart has shuttered stores that local markets couldn’t support. Converting one of their empty buildings to house people who have fled countries like Mexico, where Walmart has also participated in destroying local economies, is a logical next step for capitalism’s dystopian trajectory.

Red Guards Austin

Earlier this month, Jeff Merkley, a Democratic senator from Oregon, attempted to visit Casa Padre, a child immigrant detention center along the US-Mexico border in Brownsville, Texas.

In a now viral video, Merkley documents his attempts to enter the facility, claiming he tried calling a week earlier to set up a visit. As he stood in front of the facility, a former Walmart with blacked out windows, the staff called the local police on him and told him he had to leave. Since then, his video has been shared widely in national media and many people outraged by the idea that an elected official of the United States wasn’t able to see the conditions of a facility funded by US government dollars and created by US government policy. The outrage has steamrolled ever since.

While Merkley’s action was little more than liberal Democrat opportunism (a publicity stunt), we acknowledge the…

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Episode 4: The China Question

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Dans cet épisode de On Mass, j’argumente mon point de vue quant à savoir si la Chine est un pays socialiste ou un pays capitaliste-impérialiste aujourd’hui. Je commence par conceptualiser la façon dont nous devrions penser au socialisme, puis nous passons brièvement en revue la façon dont la Chine s’est développée après sa révolution en 1949 en mettant l’accent sur la tentative de la Révolution culturelle de corriger les problèmes de la plupart des pays socialistes. passage au socialisme au niveau de l’économie, de la culture, de l’idéologie et de la politique. Pour cet argument, je me suis concentré sur la question de savoir si la Chine est capitaliste et brièvement discuté de ses éléments impérialistes, mais je ne suis pas entré dans les détails en ce qui concerne l’impérialisme en tant que concept. Un concept que nous allons revoir dans un proche avenir.

In this episode of On Mass I expand my argument in regards to whether China is a socialist country or a capitalist-imperialist country in the present day. I begin by conceptualizing how we should think about socialism, and then move towards giving a brief account of how China developed after it’s revolution in 1949 with an emphasis on the Cultural Revolution’s attempt to correct problems that developed in most socialist countries as they pertained to the transition to socialism on the level of economics, culture, ideology, and politics. For this argument I focused on the question of whether China is capitalist and briefly discussed its imperialistic elements, but didn’t go into detail in regards to imperialism as a concept. A concept we’ll revisit in the near future.

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Sources:
Charles Bettelheim – Cultural Revolution and Industrial Organization in China: Changes in Management and the Division of Labor
www.marx2mao.com/Other/CRIOC74.html

Charles Bettelheim…

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Le G7 ne nous représente pas: Marche populaire et unitaire contre le G7

 

Le Marxiste-Léniniste

Numéro 23 – 9 juin 2018

Le G7 ne nous représente pas

Marche populaire et unitaire contre le G7

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Le G7 ne nous représente pas

Marche populaire et unitaire contre le G7

Dans la soirée du 7 juin, à la veille de l’ouverture du Sommet du G7 à La Malbaie, plusieurs centaines de personnes ont manifesté dans les rues de Québec pour déclarer fermement que le G7 ne nous représente pas. La manifestation était organisée par le Réseau de résistance anti-G7, le Regroupement d’éducation populaire en action communautaire des régions de Québec et Chaudière-Appalaches (RÉPAC), le Comité populaire Saint-Jean-Baptiste, Eau Secours et Ni Québec, ni Canada : projet anticolonial.

Les participants étaient principalement des membres d’organisations communautaires qui défendent les gens les plus vulnérables contre l’austérité antisociale, comme les gens recevant de l’aide sociale et les travailleurs pauvres ; qui défendent les immigrants et les réfugiés, demandent un statut légal pour tous et s’opposent aux déportations ; qui luttent pour le logement social, pour l’environnement et sont du côté des peuples autochtones dans l’affirmation de leurs droits. Le thème qui ressortait de toutes les interventions et de la marche était que le G7 ne nous représente pas, mais représente le capitalisme dans ce qu’il a de plus oppresseur, colonialiste et militariste, camouflé derrière des phrases qui sonnent bien à l’oreille. « Avec le G7, les militaristes parlent de paix, les misogynes parlent de l’égalité des femmes et les capitalistes de l’environnement », a dit un représentant du Réseau de résistance anti-G7.

La représentante du RÉPAC a dit que cette action réunissait des gens de tous les horizons, actifs sur différents fronts et qui se sont réunis pour livrer un message d’unité contre le G7. Elle a dit que les opposants au G7 refusent de s’enfermer dans l’espace que l’élite dirigeante et ses forces policières ont imposé comme la « zone de libre expression », un espace clôturé à La Malbaie. Elle a dit que les actions vont se tenir en pleine rue, au vu et au su de tous.

Une activiste innue a souhaité la bienvenue à tout le monde dans ce qu’elle a appelé les territoires innus, algonquins, cris, attikameks et autres connus sous le nom de Québec. Elle a dit que le G7 poursuit aujourd’hui l’entreprise colonialiste et génocidaire contre les peuples autochtones des premiers temps de la colonisation. Elle a dénoncé en particulier la « stratégie d’extinction des droits ancestraux et du titre autochtone » qui se poursuit aujourd’hui. Elle a dit que depuis le temps des missionnaires, en passant par les réserves indiennes jusqu’à la réconciliation aujourd’hui, ce sont les objectifs des colonisateurs qui sont poursuivis au détriment des droits ancestraux et de traité des peuples autochtones et de la Terre Mère, qui est mise en danger par ces objectifs. Elle a dénoncé les efforts des pays du G7 pour envahir encore plus de terres autochtones en achetant des chefs autochtones en leur faisant croire que la place des peuples autochtones est à la table des chefs d’État pendant que ceux-ci tentent d’éteindre leurs droits.

Un représentant du Réseau de résistance anti-G7 a traité brièvement des cinq thèmes proposés par le gouvernement Trudeau pour le Sommet du G7 et a mis en lumière les contradictions flagrantes entre les paroles ronflantes et ce qui se passe vraiment dans la réalité. En ce qui concerne la prétention du gouvernement que le G7 vise à « construire un monde plus pacifique et plus sûr », il a rappelé que les populations sont déplacées de force par millions de leurs foyers et de leurs pays à cause des guerres dans lesquelles les pays du G7 sont engagés et qu’elles sont privées de leurs droits quand elles essaient de se faire une vie dans les pays du G7 comme réfugiés et immigrants. Il a dénoncé les ventes d’armes que font les pays du G7 dans le monde pour sécuriser leurs investissements privés.

D’autres orateurs ont mis en lumière différents aspects qui démontrent que le G7 ne nous représente pas.

À la suite des présentations, les participants ont entrepris une marche dans les rues du centre-ville de Québec. Beaucoup de passants ont salué la manifestation de la main et des gens sur leurs balcons ont tapé sur des casseroles en souvenir de la lutte étudiante de 2012. Lorsque la manifestation est passée devant un édifice fédéral, des fonctionnaires fédéraux sont sortis de l’édifice avec les drapeaux et les pancartes de l’Alliance de la fonction publique du Canada pour saluer les manifestants. Pendant une heure et demie, les manifestants ont lancé des slogans contre le G7, le capitalisme et le colonialisme, contre le déploiement policier massif dans la ville et pour un statut pour tous et contre les déportations et contre d’autres attaques des pays du G7 contre les peuples.





La présence policière était des plus envahissante, des policiers armés lourdement et portant tout l’attirail antiémeute, souvent avec des chiens, ressemblant au Robocop des films américains. Ils suivaient les manifestants alors que d’autres étaient postés devant tous les édifices officiels. Selon les rapports des médias, trois arrestations ont été faites pendant la marche, pour des motifs aussi arbitraires que d’avoir « proféré des menaces ». Ce que les manifestants ont vu de leurs yeux, ce sont des jeunes qui se sont fait agripper par la police, se sont fait kidnapper de la manifestation et ont été embarqués de force dans des voitures de police. Les manifestants ont vigoureusement dénoncé les arrestations tout en s’assurant de bien rester groupés et de poursuivre la marche.



Source: http://cpcml.ca/francais/Lmlq2018/Q48023.HTM#1

Déclaration internationaliste à l’occasion du 1er Mai 2018!

Le 1er mai 2018 – le 200e anniversaire de la naissance de Karl Marx et le 170e anniversaire de la première édition du Manifeste du parti communiste, écrit par Marx et Engels – est une grande occasion de faire valoir leur actualité et leur puissance, comme des armes vivantes des communistes et des prolétaires d’hier, d’aujourd’hui et pour toujours.

«L’histoire de toute société jusqu’à nos jours est l’histoire de luttes de classes.»

«La société entière se scinde de plus en plus en deux vastes camps ennemis, en deux grandes classes qui s’affrontent directe¬ment: la bourgeoisie et le prolétariat.»

«Le pouvoir étatique moderne n’est qu’un comité chargé de gérer les affaires communes de la classe bourgeoise tout entière.»

Ce système produit des crises continues – écrit le Manifeste; ce sont des crises de surproduction qui traduisent le fait que «le système bourgeois est devenu trop étroit pour contenir les richesses qu’il crée».

Comment la bourgeoisie parvient-elle à surmonter les crises?

«D’un côté, en imposant la destruction massive de forces productives; de l’autre, en conquérant de nouveaux marchés et en exploitant plus à fond des anciens marchés.»

Mais cela ne fait que préparer de nouvelles et formidables crises.

La bourgeoisie n’a pas seulement fabriqué des armes qui produisent la mort, mais aussi les hommes qui peuvent utiliser ces armes pour mettre fin à son système.

Ces hommes sont «les ouvriers modernes, les prolétaires […] qui ne vivent qu’à la condition de trouver du travail et qui n’en trouvent que si leur travail accroît le capital».

«De toutes les classes qui, à l’heure actuelle, s’opposent à la bourgeoisie, seul le prolétariat est une classe vraiment révolutionnaire. Les autres classes périclitent et disparaissent avec la grande industrie; le prolétariat, au contraire, en est le produit le plus authentique.»

«Les prolétaires ne peuvent s’emparer des forces productives sociales qu’en abolissant le mode d’appropriation qui leur était particulier et, par suite, tout le mode d’appropriation en vigueur jusqu’à nos jours.»

L’histoire de la lutte de classe est «l’histoire de la guerre civile, plus ou moins larvée, qui travaille la société actuelle, jusqu’à l’heure où cette guerre éclate en révolution ouverte, et où le prolétariat fonde sa domination en renversant par la violence la bourgeoisie».

Le but des communistes est clair et précis: formation du prolétariat en classe, renversement de la domination bourgeoise, conquête du pouvoir politique par le prolétariat.

La tâche des communistes est dessinée en forme éternelle et essentielle dans le Manifeste, ils «combattent pour les intérêts et les buts immédiats de la classe ouvrière; mais dans le mouvement présent, ils défendent et représentent en même temps l’avenir du mouvement». Ils travaillent à «développer chez les ouvriers une conscience aussi claire que possible de l’antagonisme violent qui existe entre la bourgeoisie et le prolétariat, afin que, l’heure venue, les ouvriers […] sachent convertir les conditions politiques et sociales que la bourgeoisie doit nécessairement amener en venant au pouvoir, en autant d’armes contre la bourgeoisie.»

«Les communistes appuient en tous pays tout mouvement révolutionnaire contre l’ordre social et politique existant.»

«Les communistes – aujourd’hui plus que jamais, nous enseignent Marx et Engels – se refusent à masquer leurs opinions et leurs intentions. Ils proclament ouvertement que leurs buts ne peuvent être atteints que par le renversement violent de tout l’ordre social passé… les prolétaires n’ont rien à y perdre que leurs chaînes. Ils ont un monde à gagner.»

Le capitalisme, analysé par Marx, qui est devenu l’impérialisme comme l’a par la suite analysé Lénine, continue de traverser une crise économique profonde et de la décharger sur les prolétaires et les peuples du monde. Les capitalistes parlent de «reprise», mais la seule chose qui reprend est la course au profit, à la richesse et à l’armement. Pour les prolétaires et les masses populaires, nous avons le chômage, la précarité, l’exploitation et l’esclavage, la pauvreté, le vol de matières premières et de ressources énergétiques, la dévastation de l’environnement et des territoires.

Contre cette situation, les prolétaires et les masses populaires se rebellent dans les pays impérialistes comme dans les pays opprimés par l’impérialisme. Aux rébellions des prolétaires et des peuples opprimés, les bourgeoisies impérialistes et les classes dominantes qui leurs sont asservies dans les pays opprimés par l’impérialisme, opposent la répression et les massacres. Les États deviennent toujours plus réactionnaires et fascistes. Les prolétaires et les peuples résistent et développent leurs luttes et leurs guerres populaires pour affirmer que la révolution est la tendance principale.

Les bourgeoisies impérialistes et les États réactionnaires qui leur sont asservis intensifient les contentions inter-impérialistes, déclenchent des guerres commerciales et des guerres interposées, ravivent la tendance à une nouvelle guerre mondiale de partage. À la guerre impérialiste ne peut être opposée que la transformation de la guerre impérialiste en guerre civile révolutionnaire et le développement à l’échelle internationale des guerres populaires.

Sur la route de la révolution s’oppose au sein du mouvement ouvrier et populaire la voie du réformisme, la voie suivie par les révisionnistes et les sociaux-démocrates pour favoriser la réconciliation avec les gouvernements et les États impérialistes et faciliter la réalisation de leurs plans. Devant la crise du réformisme, de la social-démocratie et du révisionnisme, de nouvelles forces électorales populistes s’avancent dans l’intérêt de la bourgeoisie et des États impérialistes, utilisant la démagogie réactionnaire pour diviser les masses et les attacher au wagon de la classe dominante. Le populisme nourrit le fascisme et le néo nazisme.

Les communistes et les prolétaires avancés travaillent à ce que la rébellion des masses puisse se transformer en révolution gagnante – la démocratie nouvelle dans les pays opprimés par l’impérialisme en marche vers le socialisme et la révolution prolétarienne et socialiste dans les pays impérialistes en marche vers le communisme.

Les communistes, sur la base des idées de Marx, Lénine et Mao appliquées à la réalité concrète de chaque pays, construisent et développent de nouveaux partis communistes révolutionnaires authentiques, des fronts unis dirigés par le prolétariat de toutes les masses exploitées et opprimées, les forces de combat et les armées révolutionnaires et populaires. Seulement là où les masses ont ces instruments, leurs luttes héroïques et généreuses peuvent gagner. À l’échelle mondiale, les guerres populaires menées par les partis marxistes-léninistes-maoïstes constituent l’indication stratégique décisive et essentielle.

La guerre populaire en Inde, qui touche directement l’un des principaux bastions de l’impérialisme et de la réaction dans le monde, est un puissant point de référence, avec les guerres populaires aux Philippines, au Pérou et en Turquie. Elles montrent en pratique aujourd’hui la façon de renverser le système d’exploitation et d’oppression de l’impérialisme et toutes les forces réactionnaires qui lui sont inféodées, pour la construction d’un nouveau pouvoir et une nouvelle société.

Les communistes doivent s’unir et renforcer leur unité, libérant ainsi les rangs du mouvement communiste international des tendances révisionnistes et de la capitulation, sans en même temps tomber dans la stérilité du révolutionnarisme petit-bourgeois, du dogmatisme. La construction des partis communistes est possible seulement dans le feu de la lutte des classes en relation étroite avec les masses, en fonction de la vraie lutte révolutionnaire pour le pouvoir.

À l’occasion du 200e anniversaire de la naissance de Marx, nous déclarons avec force: le marxisme-léninisme-maoïsme est le marxisme de notre époque! Il est la base essentielle à l’unité des communistes à travers le monde.

«Prolétaires de tous les pays, unissez-vous!» Le grand mot d’ordre indiqué par Marx est le drapeau rouge de l’internationalisme prolétarien, l’arme pour la construction d’une nouvelle Internationale communiste.

L’avenir du communisme est entre nos mains.

1er Mai 2018
Source: http://www.pcr-rcp.ca/fr/4658

Discours de Raoul Castro à la clôture de la session constitutive de la 9e législature de l’Assemblée nationale du pouvoir populaire

Le Marxiste-Léniniste

Numéro 16 – 28 avril 2018

Supplément
Cuba

Le Parti communiste appuiera et soutiendra résolument le
nouveau président


Raúl réaffirme le rôle dirigeant du Parti et de sa direction dans le développement du pays.

LML reproduit le discours prononcé par le général d’armée Raúl Castro Ruz, premier secrétaire du Comité central du Parti communiste de Cuba à la clôture de la session constitutive de la 9e législature de l’Assemblée nationale du pouvoir populaire, au Centre international de conférences de La Havane, le 19 avril 2018. Voir aussi LML no 15, 21 avril 2018  pour un rapport de la session législative.

* * *

Camarades,

Avant toute chose, je tiens à vous remercier de m’avoir confié la tâche de prononcer le discours de conclusion de cette émouvante session constitutive de la 9e Législature de l’Assemblée nationale du Pouvoir populaire, qui a lieu précisément aujourd’hui, à l’occasion du 57e anniversaire de la victoire remportée à Playa Giron, sous la conduite du commandant en chef Fidel Castro Ruz, sur l’invasion mercenaire organisée, financée et débarquée par le gouvernement des États-Unis.

Cet événement historique est d’autant plus important que c’était la première fois que les combattants de l’Armée rebelle, les policiers et les miliciens combattaient pour défendre les drapeaux du socialisme, proclamé par Fidel le 16 avril 1961 à l’issue des obsèques des victimes des bombardements des bases aériennes.

Comme chacun sait, lors de la dernière session ordinaire de la 8e Législature, l’Assemblée nationale a adopté la prorogation du mandat des députés du Parlement cubain et des délégués des assemblées provinciales, en raison des graves dommages occasionnés par l’ouragan Irma, dont l’impact direct sur la quasi-totalité du territoire national a déterminé la nécessité de réajuster le calendrier du processus électoral, que nous concluons aujourd’hui et qui a bénéficié d’une participation citoyenne massive, dans une nouvelle démonstration de soutien à la Révolution et à notre démocratie socialiste.

Il convient de reconnaître le travail accompli par les commissions électorales et de candidature à tous les niveaux, ainsi que par l’ensemble des institutions qui ont contribué au bon déroulement des élections.

Le 6e Congrès du Parti, qui s’est déroulé en avril 2011, a adopté une proposition visant à limiter la durée des fonctions des principaux responsables politiques et de l’État à un maximum de deux mandats consécutifs de cinq ans. Le 7e Congrès s’est prononcé dans le même sens il y a deux ans, et bien que cette limitation n’ait pas encore été introduite dans la Constitution, une question qui, nous l’espérons, sera établie dans le cadre de sa réforme, depuis que j’ai assumé mon deuxième mandat de président du Conseil d’État et du Conseil des ministres le 24 février 2013, j’ai annoncé que ce serait le dernier, ce que j’ai ratifié en décembre dernier lorsque, à cette même tribune, j’ai déclaré qu’à partir d’aujourd’hui, Cuba aurait un nouveau président.

Il n’était pas nécessaire d’attendre une réforme constitutionnelle pour tenir parole et agir en conséquence, le plus important étant de donner l’exemple.

L’Assemblée nationale du Pouvoir populaire a élu le camarade Miguel Diaz-Canel Bermudez à la présidence du Conseil d’État et du Conseil des ministres. Dans le même temps, le camarade Salvador Valdés Mesa a également été élu premier vice-président du Conseil d’État, et l’Assemblée nationale a ensuite approuvé sa nomination au poste de premier vice-président du Conseil des ministres.

Le camarade Diaz-Canel présente un parcours professionnel de près de 35 ans. Après avoir obtenu un diplôme en ingénierie électronique à l’Université centrale de Las Villas, il a exercé dans cette profession. Il a effectué son service militaire dans les unités de fusées antiaériennes des Forces armées révolutionnaires (FAR), avant d’exercer les fonctions de professeur à la Faculté de génie électrique de cette même université, où il a été proposé comme cadre professionnel de l’Union des jeunes communistes, passant progressivement à des postes de direction de cette organisation, jusqu’à sa promotion au travail professionnel au sein du Parti.


Raúl rappelle la carrière politique de Diaz-Canel, le nouveau président du Conseil de l’État et des ministres (troisième à partir de la droite)

En juillet 1994, au cours de la troisième ou quatrième année de la Période spéciale, lorsque la phase la plus aiguë de la Période spéciale était à son apogée, il a été élu premier secrétaire du Comité provincial de Villa Clara pendant neuf ans, puis il a assumé cette même responsabilité dans la province d’Holguín pendant six autres années, dans les deux cas avec des résultats satisfaisants.

Et ce ne fut pas un hasard, après les neuf années passées à Villa Clara, un temps assez long, parce qu’il y était né et qu’il connaissait son ancienne province, y compris, en l’occurrence, Cienfuegos et Sancti Spiritus. Il faut dire que nous avions prévu de l’envoyer à Holguin, l’une des provinces à forte population et superficie, dans le cadre de sa préparation, comme nous avons essayé de le faire avec près d’une douzaine de jeunes, dont la plupart sont arrivés au Bureau politique, mais dont nous n’avons pas réussi à matérialiser la préparation, et ce fut le seul survivant — je dirais en exagérant un peu — de ce groupe (applaudissements), dont je ne critique pas les insuffisances, mais en parlant avec le camarade Machado, je lui disais que c’est à nous de nous critiquer pour ne pas avoir mieux organisé la préparation et la maturation de ces autres camarades afin qu’ils puissent occuper de hautes responsabilités au sein du Parti et du gouvernement.

Si en 15 ans il n’a travaillé que dans deux provinces comme principal dirigeant du Parti, sans compter les années où il avait dirigé la jeunesse, dans sa propre province, j’ai aussi fait remarquer au camarade Machado qu’en 15 ans il aurait pu passer, à raison d’environ trois ans, par cinq provinces du pays, au moins, afin de les connaître plus profondément. Je ne critique pas Machado, je le critique déjà trop (qpplaudissements). Et à présent que je suis son supérieur direct, gare à lui ! (Rires). Mais je veux dire par là que nous devons accorder encore plus d’attention à la préparation des cadres, de sorte que lorsqu’ils occuperont d’autres postes plus élevés, ils auront acquis une plus grande maîtrise. Mais son élection aujourd’hui n’est pas le fruit du hasard, elle a été prévue, au sein d’un groupe, et le meilleur, selon notre modeste opinion et celle du Parti, a été le camarade Diaz-Canel (applaudissements), et nous n’avons aucun doute qu’au vu de ses qualités, de son expérience et de son dévouement au travail qu’il a accompli, il aura un succès absolu dans la mission qui lui a été confiée par notre organe suprême du pouvoir de l’État (applaudissements).

Il est membre du Comité central du Parti depuis 1991 et il a été promu au Bureau politique il y a 15 ans. Il s’est acquitté d’une mission internationaliste en République du Nicaragua et il est diplômé du Collège de la Défense nationale.

En 2009, il a été nommé ministre de l’Enseignement supérieur et, en 2012, vice-président du Conseil des ministres responsable de l’éducation, de la science, du sport et de la culture.

Il y a cinq ans, il a été élu premier vice-président du Conseil d’État et du Conseil des ministres – et depuis lors, un groupe de camarades du Bureau politique, nous étions absolument certains d’avoir touché dans le mille, et que c’était la solution, qui se concrétise aujourd’hui à cette réunion très importante -, ces dernières responsabilités, que j’ai mentionnées et, surtout, celle de premier vice-président du Conseil d’État et du Conseil des ministres, qu’il a alterné avec la prise en charge de la sphère idéologique du Comité central du Parti.

Ce n’est pas non plus une coïncidence, une question aussi importante que celle-ci devait forcément passer entre les mains de celui qui est aujourd’hui président du Conseil d’État et du Conseil des ministres, et lorsque je ne serai plus là – ce à quoi je ferai référence plus tard, le fait que je reste au poste de premier secrétaire jusqu’en 2021 – il pourra assumer ce statut de président du Conseil d’État et du Conseil des ministres et de premier secrétaire du Parti communiste (applaudissements). Et c’est ainsi que cela a été planifié, et est consigné dans la prochaine proposition de l’Assemblée, qui sera également examinée avec le Conseil des ministres, lors de la session de juillet, où sera également proposée la Commission des députés, qui sera chargée de rédiger et de présenter à cette assemblée le projet de nouvelle constitution, qui devra ensuite être discuté avec la population et soumis à un référendum.

Je signale que dans la prochaine Constitution, dans laquelle il n’y a pas de changement de notre objectif stratégique, dans le travail du Parti, cet aspect sera maintenu et notre peuple l’appuiera sans aucun doute, comme il l’a fait il y a des dizaines d’années, en 1976, avec un énorme nombre de voix, 98 %. Et à cette occasion, ces deux fonctions comme je l’ai dit, qui sont fondamentales, pourront à nouveau être cumulées. Le premier secrétaire du Parti et le président du Conseil d’État et du Conseil des ministres puisse concentrer entre ses mains tout le pouvoir et l’influence pour exercer, même s’il existe, c’est possible, un premier ministre en charge du gouvernement. Ceci dit je démontre que nous avons beaucoup discuté de la formulation qui sera présentée par l’intermédiaire de cette commission dont je vous ai parlé et qui vous sera proposée au mois de juillet.

Il doit accomplir ses deux mandats, ce que nous allons établir dans la Constitution, chacun d’une durée de cinq ans. Le Congrès du Parti maintiendra ses dates. J’ai été élu au 7e Congrès du Parti jusqu’en 2021. J’ai 87 ans, je les aurai le 3 juin – je ne dis pas cela pour recevoir un cadeau, je sais qu’il est difficile de trouver un cadeau ici, aussi modeste soit-il (applaudissements).

Trouver un cadeau ici, aussi modeste soit-il, est plus difficile que de trouver du pétrole (rires), autrement dit, ne m’envoyez rien.

Lorsqu’il aura accompli ses deux mandats, s’il travaille bien, et si ceci est approuvé par le Comité central de notre Parti et par l’organe suprême du pouvoir de l’État, qui est cette assemblée dont nous faisons partie, il doit être maintenu. Tout comme nous le faisons aujourd’hui, il doit faire la même chose avec son remplaçant. Au terme de ses 10 années en tant que président du Conseil d’État et du Conseil des ministres, les trois années qu’il lui reste, jusqu’au Congrès, il reste au poste de premier secrétaire pour faciliter une transition sûre sans avoir à préparer le terrain à son successeur, jusqu’à ce qu’il prenne sa retraite pour s’occuper de ses petits-enfants – il en a peut-être déjà…-, es-tu déjà grand-père ? Bon, eh bien, des arrière-petits-enfants, comme moi, qui en ai trois, et il y en a un quatrième en route (rires).

C’est la façon dont nous voyons les choses.

Bien entendu, il appartiendra aux organes supérieurs du Parti et de l’État de décider, ils prendront la décision finale pour ces questions dont je vous ai parlé.

Nous vivons dans un lieu et à une époque où nous ne pouvons pas commettre d’erreurs. Je suis de ceux qui lisent et étudient, quand le temps me le permet, tout ce qui me tombe entre les mains sur des événements historiques très funestes qui se sont produits dans l’histoire récente, au niveau international, dans certains pays, et nous ne pouvons pas commettre d’erreurs, non seulement en raison de la situation géographique où nous sommes, ni pour aucune autre raison. Il y a des erreurs que nous ne pouvons pas commettre, comme celles qui ont ruiné des processus extrêmement importants pour l’humanité et dont les conséquences ont été payées par de nombreux pays. Les conséquences du déséquilibre international qui s’est créé, qui ont été payé par de nombreux pays, y compris le nôtre, et que nous continuons à payer. Vous me comprenez bien ? (On lui répond : « Oui ! »).

Le camarade Díaz-Canel n’est pas un candidat improvisé ; au fil des années, il a fait preuve de maturité, de capacité de travail, de solidité idéologique, de sensibilité politique, d’engagement et de loyauté envers la Révolution.

Son accession à la plus haute responsabilité de l’État et du gouvernement de la nation n’est ni le fruit du hasard ni de la précipitation. Dans sa promotion progressive à des postes supérieurs, contrairement à d’autres cas de jeunes dirigeants, comme je l’ai signalé auparavant, nous n’avons pas commis l’erreur d’accélérer le processus, mais nous avons plutôt assuré de manière intentionnelle et en le prévoyant son passage à travers différentes responsabilités du Parti et du gouvernement, de sorte qu’il acquière un niveau de préparation intégrale qui, ajouté à ses qualités personnelles, lui permettront d’assumer avec succès la direction de notre État et de notre gouvernement et, par la suite, la plus haute responsabilité au sein du Parti.

Pour sa part, le camarade Valdés Mesa accumule un long parcours au service de la Révolution, dont le triomphe l’a surpris alors qu’il était ouvrier agricole dans une ferme située dans la région d’Amancio Rodriguez, appartenant à l’époque à la province de Camagüey. En 1961, il a rejoint les Milices nationales révolutionnaires, participé à la campagne d’alphabétisation et il a été membre de l’Association des jeunes rebelles, dont il est devenu le secrétaire général dans la région. À la création de l’Union des jeunes communistes, il a été élu secrétaire général et a assisté au 1er Congrès de cette organisation en tant que délégué.


Le général des armées a aussi souligné le travail du premier vice-président Salvador Valdés Mesa (à l’avant, au centre) en tant que dirigeant syndical.

Plus tard, il a participé à la construction du Parti uni de la Révolution socialiste de Cuba dans plusieurs régions de Camagüey, occupant des postes de direction au niveau municipal et au Comité provincial du Parti, d’où il est passé en tant que cadre professionnel au travail syndical, en gravissant progressivement les échelons, jusqu’à exercer, entre autres, les responsabilités de deuxième secrétaire de la Centrale des travailleurs de Cuba (CTC) et de secrétaire général du Syndicat national des travailleurs agricoles et forestiers.

En 1995, il a été nommé ministre du Travail et de la Sécurité sociale, jusqu’à ce qu’il soit promu quatre ans plus tard premier secrétaire du Comité provincial du Parti à Camagüey.

Lors du 19e Congrès de la CTC, tenu en 2006, il a été élu secrétaire général, fonction qu’il a exercée jusqu’en 2013, année où il a été élu vice-président du Conseil d’État.

Sans cesser de travailler, il a obtenu son diplôme d’ingénieur agronome en 1983 à l’Institut supérieur des Sciences agricoles de Ciego de Avila.

Il est membre du Comité central du Parti depuis 1991 et de son Bureau politique depuis 10 ans.

De même, je pense qu’il est juste de mettre en évidence l’attitude désintéressée du camarade José Ramon Machado Ventura qui, de sa propre initiative – et je le répète parce qu’il avait déjà agi de la sorte, précisément pour que Diaz-Canel puisse occuper le poste qu’il occupait en tant que premier vice-président du Conseil d’État – a offert son poste de vice-président du Conseil d’État et du Conseil des ministres pour céder la place à la nouvelle génération.


Raúl a parlé de l’exemple révolutionnaire de Ventura, deuxième secrétaire du Comité central du Parti.

Machado, auquel je suis lié par plus de 60 ans de lutte révolutionnaire depuis la Sierra Maestra et le 2e Front oriental Frank País, dont il fut l’un des fondateurs, est un exemple de modestie, d’honnêteté et de dévouement sans bornes au travail, bien qu’il soit un peu grincheux, comme beaucoup d’entre vous le savent. Dorénavant, il concentrera ses efforts sur le travail du Parti en tant que deuxième secrétaire du Comité central.

Une mention à part pour Mercedes Lopez Acea, membre du Bureau politique, qui a été libérée de son poste de vice-présidente du Conseil d’État hier après-midi. Après un peu plus de huit ans d’un travail louable et extrêmement difficile en tant que première secrétaire du Parti dans cette capitale compliquée, une tâche d’autant plus complexe qu’il s’agit précisément de la capitale du pays, elle assumera bientôt de nouvelles responsabilités au sein du Comité central du Parti (applaudissements).

La composition du Conseil d’État élu aujourd’hui par l’Assemblée nationale reflète un taux de renouvellement de 42 %. La représentation des femmes augmente également à 48,4 %. On fait des progrès, Teresa, n’est-ce pas ? Mais nous devons maintenant continuer, comme vous le dites vous-mêmes, vers des postes de décisions, et pas seulement en termes de nombre (applaudissements).

Bon, le nombre de femmes augmente à 48,4 %, et celui des Noirs et des métis atteint 45,2 %. Et nous ne devons pas reculer d’un pouce sur l’une ou l’autre question, car il a fallu de nombreuses années depuis le triomphe de la Révolution, à commencer par Fidel, qui a introduit ces idées d’égalité des femmes, et ce, contre la volonté de nombreux vieux guérilleros de la Sierra Maestra – il n’y avait pas abondance d’armes, c’était même tout le contraire – constitua un peloton baptisé Mariana Grajales (applaudissements), et il y a même une députée dans cette salle, Teté Puebla Viltres, qui fut l’un des officiers de ce peloton.

Tout cela a exigé beaucoup de travail, cela n’a pas été facile, et il nous reste encore la bataille de la proportionnalité, non seulement en termes de chiffres, comme je l’ai dit, mais aussi en termes de qualité, dans les lieux de prises de décision. Désormais les femmes et les Noirs, surtout, se sont préparés dans le pays, ceci en est une preuve, regardons le dossier de chacun d’entre eux ; mais cela n’a pas été chose facile, c’est pourquoi j’insiste : pas un pas en arrière ! Et maintenant il nous en manque aux postes de décision, non pas parce qu’ils sont ceci ou cela, mais pour leur qualité, pour leur préparation. J’ai moi-même commis des erreurs dans certaines désignations dans le souci d’atteindre cet objectif, sans que la personne désignée ne réunisse toutes les conditions, et bien entendu, j’ai dû rectifier par la suite. Mais j’attire votre attention parce qu’il s’agit d’une question que nous ne pouvons pas laisser à la libre spontanéité. Qu’en pensent les journalistes ? N’est-ce pas vrai ? (Applaudissements)

L’âge moyen du Conseil d’État a reculé à 54 ans et 77,4 % de ses membres sont nés après le triomphe de la Révolution. Les années ont passé et nous ne nous en rendons pas compte, mais elles ont passé.

Trois femmes ont été élues vice-présidentes du Conseil d’État, dont deux Noires, non seulement parce qu’elles sont noires, mais en raison de leurs vertus et de leurs qualités, ce qui démontre une fois de plus le respect des accords émanant des congrès du Parti et de sa 1re Conférence nationale en 2012 relative aux cadres.

Ceci est également attesté par le fait que plus de la moitié des députés à l’Assemblée nationale, 53,22 %, sont des femmes et que la représentation des Noirs et des métis a atteint 40,49 %, et cela doit continuer.

Vous pouvez voir qu’il y a déjà quelques camarades noirs, encore très peu nombreux, comme présentateurs, tant à la télévision qu’à la radio, ne voyez-vous pas que certains commencent déjà à apparaître ? Cela n’a pas été facile, j’ai moi-même donné des instructions concrètes aux responsables de ces organismes de radio et de télévision, et j’ai dit : « Faites-le sans nuire à personne, mais tâchez de régler progressivement le problème ». Ils ont fait quelques petits pas, mais pas assez à mon goût. Ils doivent continuer sur cette voie, pas si lentement, mais continuer à avancer prudemment pour que personne ne puisse prétendre qu’il s’est senti lésé parce qu’on a placé un métis ou un Noir à tel ou tel poste. Heureusement que l’on voit désormais un grand Noir présenter le bulletin hydrologique, qui se tient les mains ainsi. Je ne sais pas pourquoi ils ne lui donnent pas un pointeur pour marquer ici et là (applaudissements), parce qu’il ne sait pas quoi faire de ses mains et il les tient comme ceci (il mime le présentateur). Il y a une carte qui montre la situation et il pourrait s’aider d’un pointeur. Et aussi une commentatrice sportive. Heureusement qu’on peut la voir de temps en temps au journal télévisé, et personne n’a été remplacé. Autrement dit, je vous montre avec cela qu’il faut penser les choses, pas simplement les dire et s’en remettre à la grâce de Dieu, s’ils l’ont fait, tant mieux, sinon, tant pis. Il faut insister, en cherchant de nouvelles méthodes, en évitant de commettre des erreurs pour qu’on ne vienne pas nous critiquer dans des objectifs aussi nobles, et il faut penser une fois et repenser à une autre solution lorsque nous ne parvenons pas à résoudre les problèmes. C’est vrai ou pas ? (On lui répond : « Oui ! »). C’est pourquoi je m’étends et je m’écarte de mon texte, soigneusement préparé pour une occasion aussi importante que celle-ci, pour vous rapporter ces expériences, qui sont très utiles, et que j’observe et analyse depuis des années.

Et ce détail dont je vous ai parlé au sujet des femmes et de la question raciale, c’est qu’il y a longtemps que nous… Il n’est pas honteux de replonger dans les souvenirs, comme je l’ai parfois souligné dans des discussions privées, je veux dire dans des réunions non officielles. Je suis né à la campagne, à Biran, qui appartient maintenant à Cueto, bien que je sois de Mayari, et que maintenant je suis de Cueto, dans la province d’Holguin, mais j’ai été élevé à Santiago, une ville à laquelle me lient beaucoup de souvenirs, bien entendu. Et je me souviens, lorsque j’étais étudiant — et avant le triomphe de la Révolution, au cas où nous l’ayons oublié – trois endroits seulement : La Havane – je ne parle pas de l’ancienne province de La Havane, rappelez-vous la taille qu’elle avait avant la division politico-administrative actuelle, je parle de la ville de La Havane -, Santiago de Cuba et Guantanamo – je parle de la ville – où il n’y avait pas de télévision avant, où la radio existait déjà, aussi loin que je m’en souvienne, mais pas la télévision, et dans les petits villages, dans les différents hameaux, parfois dans la principale ville des communes, il y avait toujours le petit parc central, appelons-le ainsi, c’était la première chose que les planificateurs espagnols concevaient. Les personnes les plus âgées réunies ici ne se souviennent-elles pas des dimanches, dans certains de ces endroits, lorsque la fanfare municipale, là où il en existait, animait la soirée ? Et on voyait alors les couples d’amoureux, ou en passe de l’être, ou des amis de Blancs se promenant dans le parc, alors que les Noirs et les métis déambulaient de l’autre côté de la clôture. C’était comme ça ou pas ? Je sais qu’il y a beaucoup de jeunes ici. Saviez-vous cela ? Cela a duré jusqu’au premier discours de Fidel, en janvier ou février 1959, si je ne me trompe.


Raúl Castro parle lors du rassemblement de clôture du 7e Congrès du Parti communiste de Cuba, le 19 avril 2016.

Mais les racines étaient encore ancrées, un pays qui doit être honoré par la composition ethnique de son peuple, né dans la lutte, dans la chaleur, dans le creuset de nos guerres d’indépendance, où dans celle de 1868, dont nous commémorerons les 150 ans en octobre, vous savez qui étaient les principaux dirigeants, c’étaient des propriétaires terriens, y compris des esclavagistes, qui commencèrent par donner la liberté à leurs esclaves, et lorsque cette guerre, avec l’accord du fameux Pacte du Zanjon, qui fut rejeté, heureusement, par Antonio Maceo et ses officiers lors de la Protestation de Baragua, la glorieuse Protestation de Baragua, lorsqu’on en arriva à ce pacte, déjà, une grande majorité des chefs étaient noirs, et au début de la guerre nécessaire de Marti, en 1895, ce sont eux qui l’ont dirigée essentiellement.

Vint ensuite ce que nous savons à travers l’histoire, la participation étasunienne dans les derniers jours de la guerre, alors que l’Espagne était déjà totalement vaincue, avec des dizaines de milliers de soldats espagnols, y compris hospitalisés, des dizaines de milliers ! Certains d’entre eux à la suite de blessures de guerre, la plupart souffrant de maladies tropicales, auxquelles les soldats espagnols, y compris mon père, n’étaient pas très habitués, si bien qu’il a été évacué – il a passé la guerre à la « Trocha » (ligne militaire fortifiée) de Jucaro à Moron – un endroit où il est entré dès la fin de la guerre, c’est-à-dire, par Cienfuegos, et il est revenu l’année suivante. Je suis content qu’il soit venu, qu’il soit revenu, car s’il ne vient pas, c’est un autre qui le fait, parce qu’il est tombé amoureux de Cuba. Et comme je l’ai confié un jour à un politicien espagnol, en ajoutant ceci, que cela me réjouissait, parce qu’autrement j’aurais peut-être été un petit Galicien ou un vieux Galicien et membre de tel parti. Mais lorsque les Américains débarquèrent à l’est de Santiago de Cuba, sans rencontrer d’obstacle, la ville étant protégée par l’Armée de libération, la flotte nord-américaine plus moderne, comme dans un tir sur cible, coula la flotte espagnole, qui avait été concentrée à Santiago de Cuba, dans la baie. Les Espagnols démontèrent l’artillerie pour défendre la ville, mais l’ordre vint de Madrid de remonter l’artillerie et d’engager le combat contre la flotte étasunienne, sans savoir ce qu’on leur ordonnait de faire depuis Madrid : faire face à une flotte plus moderne et sortir l’un derrière l’autre, en raison des caractéristiques de la baie de Santiago, qui est une baie en forme de sac, comme la plupart des baies cubaines, à l’exception de celles de Playa Giron et Matanzas, au nord. Et l’amiral Cervera, le chef de la flotte espagnole de l’Atlantique, ordonna à tous ses officiers de se mettre en grande tenue, et certains d’entre eux lui signalèrent : « Mais, mon Amiral, nous allons nous battre ! » Et l’amiral de répondre : « C’est précisément pour cette raison, car ce sera la dernière bataille.  » Et il en fut ainsi, un tir sur cible, l’un après l’autre…

Deux combats terrestres d’une certaine importance eurent lieu : l’un à El Viso, où le général espagnol du nom de Vara del Rey, chargé de défendre cette localité, mourut au combat, et l’autre lors de la prise de la Colline de San Juan, que la ville a pratiquement engloutie. Et c’est ici qu’eut lieu ce que j’appelle le péché originel : les troupes victorieuses des deux armées s’apprêtent à entrer dans Santiago de Cuba, mais le général étasunien qui dirigeait ses troupes interdit aux Cubains de prendre part à la marche sur la ville. C’est Calixto Garcia qui était là-bas, ou non loin de là.

On le leur interdit sous prétexte d’éviter des représailles, alors qu’en réalité, l’Armée de libération, ce qui l’intéressait lorsqu’elle capturait des prisonniers, c’était le fusil, et certains d’entre eux se joignaient même à nos troupes libératrices.

Et une faute encore plus grave, que l’on peut qualifier de péché originel pour ce qui allait advenir plus tard, c’est que lorsqu’ils arrivèrent au siège du gouvernement à l’intérieur de la ville, ils amenèrent le drapeau espagnol et le remplacèrent par le drapeau américain, sans hisser le drapeau cubain. C’était un présage de ce qui allait se passer dans ce pays jusqu’à l’arrivée de Fidel.

Les discussions eurent lieu à Paris, au Château de Versailles, à la périphérie de cette capitale française, bien sûr, entre Espagnols et Américains, « les Cubains n’ont rien à discuter ici ».

C’est alors que l’on parvint à cette égalité, dans ce beau creuset qu’était notre Armée de libération à ce moment-là.

Désormais à l’époque de la discrimination, si vous vous rendiez dans une sucrerie, ou même dans un modeste moulin, vous tombiez sur le club des fonctionnaires américains et des cols blancs cubains, on peut dire, qui travaillaient dans un bureau ou avaient une certaine responsabilité. C’étaient eux qui allaient à ce club et les autres, aux baraquements !

Leur influence, l’amendement Platt, dura dans ce pays jusqu’à la Révolution de 1933, mais d’autres accords qui furent conclus nous remirent sous le joug jusqu’au 1er janvier 1959. Ce si beau creuset de notre nationalité, c’est à présent que nous réussissons à le reconstruire, ce ne fut pas dans les premiers moments, comprenez-vous ce que je veux dire et de quoi je parle ? (On lui répond que oui.) C’était comme ça ou pas ? Je demande aux plus âgés. Je vais devoir me tourner par là, du côté où se trouvent encore certains vieux (rires). Guillermo Garcia, il n’y avait rien de tel à El Platano, la pauvreté les avait rendus tous égaux.

Pardonnez-moi de m’être éloigné du texte, mais, sans vouloir me vanter, je pense que je l’enrichis (applaudissements), la presse peut publier tout ce qu’elle voudra, le texte écrit, mais vous pouvez parler de ce dont je parle ici parce que, bien entendu, je suis à l’antenne.

Ceci dit, je me suis arrêté sur ce point, car lors de la rédaction de ce texte, naturellement nous n’y avons pas pensé, j’y ai pensé plus tard en réfléchissant, lorsque j’ai vu les résultats et la composition de cette nouvelle assemblée.

Revenant à notre sujet, je soulignerai aussi que les membres, dont deux femmes, de la présidence de l’Assemblée nationale du Pouvoir populaire, dirigée par notre cher camarade Esteban Lazo Hernandez, ont été ratifiés.

De même, sur proposition du président Diaz-Canel, le Parlement cubain a approuvé, conformément aux dispositions de l’article 75 de la Constitution, le report de la présentation du Conseil des ministres, dans le but de disposer d’un temps raisonnable pour évaluer les mouvements des cadres à effectuer, et c’est une décision très sage, afin de ne pas procéder à la hâte et de pouvoir parler avec les ministres, individuellement, afin qu’ils puissent préparer les arguments et ensuite prendre la décision appropriée, avant de la soumettre à l’Assemblée de juillet, comme nous l’avons dit.

En ce qui me concerne, je continuerai à exercer les fonctions de premier secrétaire du Comité central du Parti pour mon deuxième et dernier mandat, qui expire en 2021, lors de la tenue de son 8e Congrès et à la fin du processus de transfert progressif et ordonné des principales responsabilités aux nouvelles générations. Dès lors, si ma santé me le permet, je serai un soldat de plus, aux côtés du peuple, à défendre cette Révolution (applaudissements).

Pour éviter le moindre doute, je tiens à souligner que le Parti communiste de Cuba, à commencer par le premier secrétaire de son Comité central, appuiera et soutiendra résolument le nouveau président du Conseil d’État et du Conseil des ministres dans l’exercice de ses pouvoirs constitutionnels, contribuant ainsi à sauvegarder notre arme la plus précieuse : l’unité de tous les révolutionnaires et du peuple.

Il ne peut en être autrement. Ceux d’entre nous qui ont eu le privilège de lutter contre la tyrannie sous le commandement de Fidel depuis la Moncada, le Granma, l’Armée rebelle, la lutte clandestine et jusqu’à nos jours, aux côtés du peuple héroïque de Cuba, nous ressentons une profonde satisfaction pour l’oeuvre consolidée de la Révolution, l’oeuvre la plus belle que nous ayons réalisée. Nous sommes comblés d’un bonheur légitime et d’une confiance sereine de voir de nos propres yeux le transfert aux nouvelles générations de la mission de poursuivre la construction du socialisme et de garantir ainsi l’indépendance et la souveraineté nationale.

Déjà le 4 avril 1962, à la clôture du 1er Congrès de l’Association des jeunes rebelles, le camarade Fidel signalait : « Croire dans les jeunes, c’est voir en eux, au-delà de l’enthousiasme, la capacité ; au-delà de l’énergie, le sens des responsabilités ; au-delà de la jeunesse, la pureté, l’héroïsme, le caractère, la volonté, l’amour de la patrie. La foi dans la patrie ! L’amour de la Révolution, la foi dans la Révolution, la confiance en soi ! La conviction profonde que la jeunesse peut, que la jeunesse est capable. La conviction profonde que, sur les épaules de la jeunesse, on peut déposer de grandes tâches. »

Voyez quelle conception large de la jeunesse et de sa capacité d’agir.

Il en a été ainsi, et il en sera ainsi, et ce n’est pas pour le plaisir que l’un des paris permanents des ennemis de la Révolution est d’infiltrer, confondre, diviser et éloigner notre jeunesse combative des idéaux, de l’Histoire, de la culture et de l’oeuvre révolutionnaire, de semer l’individualisme, la cupidité, la marchandisation des sentiments et d’inciter les nouvelles générations au pessimisme, au renoncement à l’éthique et aux valeurs humanistes, à la solidarité et au sens du devoir.

Ces plans sont voués à l’échec, parce que tout au long de l’Histoire, dans le présent comme dans l’avenir, la jeunesse cubaine a été protagoniste dans la défense de sa Révolution socialiste. La preuve en est que 87,8 % des députés de cette assemblée sont nés après le 1er janvier 1959.

Les jeunes Cubains ont montré à quel point Fidel avait raison lorsqu’il leur a parlé en 1962. Aujourd’hui, nous ratifions cette confiance, persuadés qu’ils seront les gardiens zélés des préceptes contenus dans la brillante définition du Commandant en chef du Concept de Révolution.

Il incombe au Parti, à l’État et au gouvernement de mettre en oeuvre et de faire appliquer la politique de promotion, en toute intentionnalité et progressivement, des jeunes, des femmes, des Noirs et des métis aux postes de décision, afin de garantir, suffisamment à l’avance, la création d’une réserve de dirigeants de la nation pour l’avenir, sans répéter les erreurs coûteuses que nous avons commises dans ce domaine stratégique.

Lors du 5e Plénum du Comité central, tenu les 23 et 24 mars derniers, nous avons analysé l’état d’avancement de la mise à jour du Modèle économique et social cubain, processus qui a débuté en 2011, conformément aux accords du 6e Congrès du Parti. Auparavant, le Bureau politique s’était déjà penché sur cette question à deux reprises.

Malgré ce qui a été réalisé, ce qui est loin d’être négligeable, nous pensions qu’à ce stade – lorsque nous avons approuvé ou adopté les premières décisions au 6e Congrès du Parti et lors de réunions ultérieures de ce genre -, que nous aurions accompli plus de progrès et que même si tous les problèmes n’étaient pas résolus, pour le moins tout aurait été bien organisé, bien planifié et en cours d’exécution à différents stades.

Nous aurions déjà la nouvelle Constitution, qui a été retardée, pour les mêmes raisons, parce que ces principaux problèmes n’ont pas été résolus ; mais, certes, il n’a pas été possible d’assurer la participation des organismes, organisations et entités pour que, depuis la base, ils puissent guider, former et contrôler la bonne mise en oeuvre des politiques adoptées.

En voyant les premières difficultés auxquelles nous étions confrontés, j’ai affirmé ici même, dans les conclusions d’une session du parlement, je crois, que « sans hâte, mais sans pause », car la hâte nous a également conduits à commettre de graves erreurs.

Nous ne nous sommes jamais fait l’illusion que le chemin serait court et facile. Nous savions que nous entamions un processus d’une énorme complexité, en raison de sa portée, qui englobait tous les éléments de la société, ce qui exigeait de surmonter l’obstacle colossal d’une mentalité ancrée dans des décennies de paternalisme et d’égalitarisme, laquelle a laissé des séquelles importantes dans le fonctionnement de l’économie nationale.

À cela s’est ajouté le désir d’aller plus vite que la capacité de bien faire les choses, ce qui a laissé la place à l’improvisation et aux ingénuités, en raison d’une intégralité insuffisante, d’une évaluation incomplète des coûts et des bénéfices et d’une vision restreinte des risques associés à la mise en oeuvre de diverses mesures qui, en outre, ont manqué de l’encadrement, du contrôle et du suivi nécessaires, ce qui a entraîné des retards et une passivité dans la correction opportune des dérives constatées.

Je pense que nous avons tiré d’importantes leçons des erreurs commises au cours de la période écoulée, et l’expérience que nous avons acquise nous permettra d’avancer à pas plus sûrs et plus fermes, les pieds et les oreilles fermement collés sur terre et d’éviter ainsi tout recul gênant.

Nous n’avons pas renoncé à poursuivre l’expansion du travail à son compte – j’y ai fait allusion dans diverses interventions au sein de ce parlement – qui constitue une alternative de travail dans le cadre de la législation actuelle et qui, loin d’être un processus de privatisation néolibérale de la propriété sociale, permettra à l’État de se départir de la gestion d’activités non stratégiques pour le développement du pays. L’expérience des coopératives non agricoles sera également poursuivie.

Dans les deux sens, des résultats non négligeables ont été obtenus, mais il est vrai aussi que des erreurs dans leur prise en charge, leur contrôle et leur suivi ont été constatées, ce qui a favorisé l’émergence de nombreuses manifestations d’indiscipline et de fraude fiscale dans un pays où, de plus, on ne payait pratiquement aucun impôt avant l’application de ces mesures, des illégalités et des violations des normes, visant un enrichissement personnel accéléré, un phénomène qui n’a pas été traité opportunément et qui a conduit à la nécessité de modifier plusieurs dispositions en la matière.

Dans le même temps, la prémisse inéluctable qu’aucun citoyen ne serait laissé à l’abandon et que le processus de changement du Modèle économique et social cubain ne pouvait en aucun cas signifier l’application de thérapies de choc contre les plus démunis, lesquels, en général, sont ceux qui soutiennent le plus fermement la Révolution socialiste, contrairement à la pratique dans de nombreux pays, a conditionné dans une large mesure le rythme des transformations sur des questions majeures, comme c’est le cas de la solution de la dualité monétaire et du taux de change, qui continue de nous causer bien des soucis et fait surgir de nouveaux problèmes.

On pourrait également citer à titre d’exemples les réformes des salaires et des pensions, ainsi que l’élimination des gratuités indues et des subventions généralisées à des produits et des services, plutôt qu’aux personnes n’ayant pas d’autre soutien.

Nous avons également manqué d’une politique adéquate et systématique de communication sociale au sujet des changements introduits, afin de parvenir jusqu’au dernier citoyen de manière opportune avec des informations et des explications claires et compréhensibles, parce que ces questions sont assez difficiles à comprendre sur certains de leurs aspects, sur des thèmes si complexes, si bien qu’il nous faut éviter les malentendus et les lacunes en matière d’information.

À cela s’ajoutent les circonstances difficiles dans lesquelles l’économie nationale a dû évoluer pendant toutes ces années, qui ont été marquées par un durcissement du blocus économique des États-Unis et la traque incessante des transactions financières du pays, limitant notre accès aux sources de crédit pour le développement, ainsi que les investissements étrangers dont nous avons tant besoin.

Je ne dois pas non plus ignorer les dégâts importants causés par les périodes de sécheresse persistantes, comme celle des trois dernières années et les ouragans de plus en plus destructeurs et fréquents qui ont frappé l’ensemble du territoire national.

D’autre part, les résultats obtenus dans la patiente et laborieuse démarche de restructuration de la dette extérieure envers nos principaux créanciers sont indéniables, ce qui décharge les générations présentes et surtout les générations futures d’un formidable fardeau d’obligations qui pesait sur l’avenir de la nation comme une épée de Damoclès, mais qui n’est pas la seule.

L’actuel vice-président du Conseil des ministres et ministre de l’Économie, le camarade Cabrisas, a joué un rôle particulièrement significatif dans cette démarche (applaudissements), non seulement dans cette activité, la principale, mais aussi dans d’autres types de travaux similaires liés à l’endettement.

Cependant, nous devons être prudents, parce que nous ne savons que demander et très peu rationaliser, et c’est moi qui autorise l’utilisation des réserves – et je sais très bien de quoi je parle – et des prêts de la réserve, et il fut un temps où à cause de violations, par ignorance, par exemple, les réserves mobilisatrices du pays ont été épuisées. Nous les avons désormais toutes reconstituées. Je veux parler du carburant, qui a été utilisé sans autorisation comme conséquence d’erreurs de concept parce qu’on n’a pas été voir dans les documents originaux quelles étaient les dispositions en vigueur.

Souvent, lorsque quelqu’un demande une réserve d’un produit quelconque, on tente de me donner des arguments très simples : « Il faut tant de tonnes de carburant pour tel jour. » « Motif ? » Et on m’a avancé une raison qui n’était évidemment pas correcte – elle n’était pas réelle, même si elle pouvait avoir une certaine justification – : « Si on ne les donne pas… ». La réponse : « On ne peut pas donner une telle quantité, parce que des besoins quotidiens surgissent partout ». « Alors, les hôpitaux vont en souffrir. » Et là, j’ai donné une réponse plus énergique, en des termes que je ne répéterai pas ici, mais avec un avertissement sévère : « N’essayez pas de m’embobiner avec de telles absurdités. » Le fait que les hôpitaux se retrouvent affectés nous obligerait à prendre…

Pourtant, nous avons prêté la moitié de ce carburant qu’ils doivent restituer dans les délais que nous leur avons fixés.

Je ne citerai que cet exemple, ce sont des réalités dont le Conseil de ministres est particulièrement conscient.

Grâce à un effort persistant et soutenu, nous sommes parvenus à négocier toutes ces dettes, nous avons obtenu certaines réductions dans des délais plus confortables, pour pouvoir remplir l’engagement et surtout conserver le prestige du gouvernement en matière de crédit. Cette grande tâche à peine achevée, étape par étape, parfois imperceptible, nous empruntons à nouveau, avec pour conséquence que de nouveau nous sommes endettés – pas autant qu’avant – et les difficultés que cela nous crée dans la planification. Concernant la planification, nous devons mieux planifier et savoir disposer de ce que nous avons et ensuite voir comment résoudre le reste, mais ne pas inventer en cours de route : car « pain pour aujourd’hui, faim de demain ». Ce n’est pas notre chemin, c’est du réalisme. On a parlé d’épée de Damoclès. Cette révolution a toujours vécu avec une épée de Damoclès suspendue sur nos têtes, pour des raisons différentes.

Je me souviens de la Période spéciale, lorsque Diaz-Canel, je vous l’ai dit, était à son apogée, quand il a assumé la direction du Parti à Santa Clara.

À cette époque, il fallait mettre un masque à oxygène, un tuba que les pêcheurs sous-marins utilisent, parfois on devait le mettre parce que l’eau arrivait au-dessus de la moustache et parfois au-dessus du nez, et parfois on a dû se cacher les yeux et prendre nos tubas, mais résister, et c’est la raison pour laquelle nous pouvons parler ici aujourd’hui (applaudissements), et briser le pessimisme qui s’installe habituellement chez ceux qui manquent de volonté face aux problèmes.

Ce n’est pas la première fois. Pendant la Période spéciale, déjà en 1993, 1994, alors qu’elle avait pratiquement commencé en 1990, et c’est alors que ce slogan est apparu, qui a été prononcé, je crois, le 26 juillet, à l’Île de la Jeunesse : « Oui, c’est possible ! ». Mais pour pouvoir le faire, il faut analyser en toute objectivité chaque problème, chaque pas franchi, pour ne pas nous faire d’illusions, pour ne pas nous abuser nous-mêmes.

À présent, avec la situation actuelle de notre voisin, qui s’est souvenu de nouveau de la doctrine Monroe. Vous avez vu ce que Bruno a répondu l’autre jour au vice-président des États-Unis, qui n’a pas supporté et a quitté la salle. J’en parlerai plus tard.

Nous ne pouvons pas nous permettre de retomber dans une spirale d’endettement et, pour éviter une telle situation, nous devons respecter le principe de ne pas contracter d’engagements que nous ne sommes pas en mesure d’honorer à temps dans les délais convenus.

Les tensions actuelles dans nos finances extérieures sont un signal d’alarme à cet égard, un sujet que j’ai développé ; il n’y a pas d’autre alternative que de bien planifier et sur une base sûre, d’économiser et de supprimer toutes les dépenses non essentielles, qui sont encore nombreuses, de veiller à ce que les revenus attendus soient obtenus, de manière à respecter les obligations convenues et, en même temps, garantir les ressources nécessaires pour investir dans le développement des secteurs prioritaires de l’économie nationale.

Nous ne sommes pas dans une situation extrême et dramatique, comme celle à laquelle le peuple cubain a su résister et qu’il a surmontée, sous la direction du Parti et de Fidel, au début des années 1990, une étape connue sous le nom de Période spéciale. Le scénario est très différent maintenant, nous avons une base solide pour que ces circonstances ne se répètent pas. Notre économie s’est quelque peu diversifiée et est en croissance, mais il est du devoir des révolutionnaires de se préparer avec audace et intelligence à la pire de ces variantes, non pas à la plus confortable, avec un optimisme permanent et une confiance totale dans la victoire. Il s’impose, aujourd’hui et toujours, de garder à l’esprit la conduite inébranlable de défendre l’unité, de résister et de résister ! Il n’y a pas d’autre solution.

Comme il en a été informé ces jours derniers, lors de la 5e Réunion plénière du Comité central du Parti, une explication a été donnée sur les études qui ont été réalisées sur la nécessité de réformer la Constitution, en accord avec les transformations qui se sont opérées dans l’ordre politique, économique et social.

Pour mener à bien ce processus, cette assemblée devra approuver, lors de sa prochaine session ordinaire, une commission composée de députés qui seront chargés de préparer et de présenter le projet qui sera discuté par le parlement, puis de le soumettre à la consultation populaire et enfin, conformément aux dispositions de la Constitution, d’approuver le texte final dans le cadre d’un référendum.

L’occasion est propice pour souligner, une fois de plus, que nous n’avons pas l’intention de modifier le caractère irrévocable du socialisme dans notre système politique et social, ni le rôle dirigeant du Parti communiste de Cuba, en tant qu’avant-garde organisée et force dirigeante supérieure de la société et de l’État, comme le prévoit l’article 5 de la Constitution actuelle, et dont nous défendrons le maintien de ce même article dans la prochaine constitution.

En passant aux questions de politique extérieure, je ne peux manquer de faire référence au 8e Sommet des Amériques, qui s’est tenu récemment au Pérou, et qui a été marqué, plusieurs mois auparavant, par l’attitude néocoloniale et hégémonique renouvelée du gouvernement des États-Unis, dont l’engagement en faveur de la doctrine Monroe a été ostensiblement ratifié. L’expression la plus notoire en a été l’exclusion arbitraire et injuste du Venezuela de cet événement.

On savait que le gouvernement des États-Unis avait l’intention d’organiser un spectacle de propagande contre la Révolution cubaine, en se servant des vestiges de la contre-révolution mercenaire.

Cuba s’est rendue à Lima de plein droit, la tête haute. Elle a démontré une volonté d’engager le dialogue et le débat dans n’importe quel contexte, dans des conditions d’égalité et de respect. Dans le même temps, elle a confirmé la détermination des Cubains à défendre leurs principes, leurs valeurs et leur espace légitime.

La délégation cubaine, celles de la Bolivie et d’autres pays ont empêché un front uni contre la révolution bolivarienne et ont réitéré la revendication en faveur d’un nouveau système de relations entre les deux Amériques.

Les discours prononcés par notre ministre des Relations extérieures, le camarade Bruno Rodríguez Parrilla, au nom du gouvernement cubain, avec un langage franc, des idées claires et de la fermeté, ont constitué une réponse retentissante aux insultes et aux mensonges dont le vice-président étasunien a émaillé son discours archaïque et d’ingérence.

Les membres de la société civile de notre pays ont livré une bataille contre l’exclusion néocoloniale prônée par l’OÉA et ont défendu avec brio leur reconnaissance en tant que véritables représentants du peuple cubain. Ils ont élevé leurs voix pour Cuba et pour les peuples de Notre Amérique. La provocation a été déjouée.


Le ministre des Affaires étrangères de Cuba, Bruno Rodriguez Parrilla parle au 8e Sommet des Amériques à Lima, au Pérou, en avril 2018.

Je profite de cette occasion, au nom de ce peuple héroïque, pour réitérer mes félicitations à tous les membres de la représentation cubaine qui ont participé à cet événement.

Nous, les pays de Notre Amérique, ne pourrons pas faire face aux nouveaux défis sans avancer vers l’unité dans la diversité pour exercer nos droits, y compris le droit d’adopter le système politique, économique, social et culturel choisi par leur peuple, comme indiqué dans la Proclamation de l’Amérique et des Caraïbes comme Zone de paix, adoptée dans notre capitale, comme vous le savez.

Nous soulignons également notre engagement envers l’Alliance bolivarienne pour les peuples de Notre Amérique.

Nous sommes la région du monde qui présente la plus grande inégalité dans la répartition de la richesse, l’écart entre riches et pauvres est énorme et ne cesse de se creuser, la pauvreté augmente malgré les efforts de la dernière décennie, lorsque les gouvernements progressistes et populaires ont accumulé des résultats favorables en matière de justice sociale.

Aujourd’hui, on prétend nous diviser et détruire la Communauté des États d’Amérique latine et des Caraïbes ; on dépoussière l’instrument de la politique nord-américaine qu’a toujours été l’OÉA discréditée, et des groupes de pays sont créés qui, sous prétexte de protéger la démocratie, contribuent à la perpétuation de la domination impériale.

L’agression contre la République bolivarienne du Venezuela est actuellement l’élément central des efforts de l’impérialisme pour renverser les gouvernements populaires sur le continent, effacer les conquêtes sociales et liquider les modèles progressistes et alternatifs au capitalisme néolibéral que l’on tente d’imposer.

Nous réaffirmons notre pleine solidarité avec le Venezuela, son gouvernement légitime et l’union civique et militaire dirigée par le président Nicolas Maduro Moros, qui préserve l’héritage du président Hugo Chavez Frias.

Nous réaffirmons notre soutien aux autres peuples et gouvernements qui font face aux pressions de l’impérialisme visant à anéantir les revendications satisfaites, comme c’est le cas de la Bolivie et du Nicaragua.

Après le coup d’État parlementaire contre la présidente Dilma Rousseff au Brésil, l’emprisonnement arbitraire et injuste du camarade Lula, dont nous exigeons aujourd’hui la liberté, est un fait accompli. Lula est victime d’un emprisonnement politique pour l’empêcher de participer aux prochaines élections présidentielles. Or, selon les sondages effectués par différentes institutions au Brésil, s’il y avait des élections aujourd’hui, personne ne pourrait battre Lula. Voilà pourquoi il est en prison, voilà pourquoi la calomnie de l’accusation portée contre lui, voilà pourquoi ils l’ont jeté en prison.

Nous réaffirmons notre appui au droit à l’autodétermination et à l’indépendance du peuple de Porto Rico.

Les nations des Caraïbes, en particulier Haïti, pourront toujours compter sur la solidarité et la coopération de Cuba, comme elles l’ont fait jusqu’à aujourd’hui.

Le 17 décembre 2014, nous avions annoncé, simultanément avec le président étasunien de l’époque, Barack Obama, le rétablissement des relations diplomatiques avec les États-Unis.

Nous avions commencé à régler, dans le plus strict respect et l’égalité souveraine, les problèmes bilatéraux et même à coopérer dans divers domaines d’intérêt mutuel, et il a été démontré qu’en dépit des profondes différences entre nos gouvernements, la coexistence civilisée était possible et bénéfique.

L’objectif stratégique de détruire la Révolution n’avait pas cessé, mais le climat politique entre les deux pays connut une avancée incontestable qui fut bénéfique pour les deux peuples.

Toutefois, depuis l’arrivée au pouvoir de l’actuel président, les relations entre Cuba et les États-Unis ont accusé un recul délibéré, et les déclarations de ce gouvernement se caractérisent par leur ton menaçant.

Ceci s’est manifesté avec un accent particulier dans le mémorandum présidentiel insultant de juin 2017, élaboré et diffusé en collusion avec les pires éléments de l’extrême droite antircubaine du sud de la Floride, qui tirent un profit lucratif de la tension entre nos pays.

Le blocus économique s’est intensifié, la traque financière a été renforcée et l’occupation d’une partie du territoire de la province de Guantanamo, par une base militaire et un centre international de détention et de torture, se poursuit.

Les programmes de subversion politique reçoivent des millions de dollars du gouvernement étasunien. Le recrutement et le financement de mercenaires et de stations de radio et de télévision illégales persistent.

Sous un prétexte grossier, la plupart des fonctionnaires diplomatiques de notre ambassade à Washington ont été arbitrairement expulsés et le personnel diplomatique étasunien à La Havane, y compris le personnel consulaire, a été réduit, ce qui s’est répercuté sur les engagements migratoires bilatéraux et a causé des préjudices à des milliers de Cubains qui ont besoin de ces services.

Le sentiment majoritaire parmi les citoyens étasuniens et parmi les émigrants cubains est opposé à la poursuite du blocus et favorable à la poursuite de l’amélioration des relations bilatérales.

Paradoxalement, les individus et les groupes qui semblent aujourd’hui avoir la plus grande influence sur le président étasunien sont partisans d’un comportement agressif et hostile à l’encontre de Cuba.

Nous combattrons toutes les tentatives de manipuler la question des droits de l’Homme et de calomnier notre pays. Nous n’avons pas à recevoir de leçons de qui que ce soit, et encore moins du gouvernement des États-Unis.

Nous avons lutté pendant près de 150 ans pour l’indépendance nationale et défendu la Révolution au prix de beaucoup de sang et en courant les plus grands risques.

Nous réaffirmons aujourd’hui la conviction que toute stratégie visant à détruire la Révolution par la voie de l’affrontement ou de la séduction se heurtera au rejet le plus ferme du peuple cubain et sera vouée à l’échec.

Nous vivons dans un ordre international injuste et excluant, dans lequel les États-Unis tentent de préserver à tout prix leur domination absolue face à la tendance du monde à s’orienter vers un système multipolaire.

À cette fin, ils provoquent de nouvelles guerres, y compris des guerres non conventionnelles, accroissent le danger d’une conflagration nucléaire, exacerbent le recours à la force, aux menaces et à l’application indiscriminée de sanctions unilatérales contre ceux qui refusent de se plier à leurs desseins, imposent une course aux armements, la militarisation de l’espace et du cyberespace, et représentent une menace croissante pour la paix et la sécurité internationales.

L’expansion de l’OTAN en direction des frontières avec la Russie crée de sérieux dangers, qui sont aggravés par l’imposition de sanctions arbitraires, que nous rejetons.

Les États-Unis persistent dans leurs menaces et leurs mesures punitives, dans leurs violations des règles du commerce international contre la Chine, mais aussi contre l’Union européenne, avec laquelle nous avons récemment signé un accord de dialogue et de coopération, contre ses alliés. Les conséquences seront néfastes pour tous, en particulier pour les nations du Sud.

L’impérialisme étasunien crée des conflits qui génèrent des vagues de réfugiés, mène des politiques répressives, racistes et discriminatoires à l’encontre des migrants, construit des murs, militarise les frontières, rend les modes de production et de consommation encore plus gaspilleurs et insoutenables et entrave la coopération dans la lutte contre les changements climatiques.

Il se sert de ses sociétés transnationales et de ses plateformes technologiques hégémoniques pour imposer une seule pensée, manipuler le comportement humain, envahir nos cultures, effacer la mémoire historique et l’identité nationale, et contrôler et corrompre les systèmes politiques et électoraux.

Le 13 avril, en violation des principes du Droit international et de la Charte des Nations unies, les États-Unis et certains de leurs alliés de l’OTAN ont lancé une attaque militaire contre la Syrie, sans aucune preuve de l’utilisation d’armes chimiques de la part du gouvernement de ce pays.

Malheureusement, de telles actions unilatérales sont devenues une pratique inacceptable, déjà testée dans plusieurs pays de la région du Moyen-Orient et maintenant à plusieurs reprises en Syrie, et méritent la condamnation de la communauté internationale. Nous exprimons notre solidarité avec le peuple et le gouvernement syriens.

Nous ne devons pas oublier qu’en mars 2003, il y a seulement 15 ans, le président W. Bush lança l’invasion de l’Irak sous prétexte de l’existence d’armes de destruction massive, dont la fausseté fut révélée quelques années plus tard.

Cuba soutient les efforts en faveur de la paix, convaincue que seuls le dialogue, la négociation et la coopération internationale permettront de trouver des solutions aux graves problèmes du monde.

Nous sommes reconnaissants de la solidarité de tous les pays, quasiment sans exception, dans notre lutte contre le blocus économique, commercial et financier.

Les relations bilatérales avec la Fédération de Russie se sont considérablement développées dans tous les domaines, sur la base de l’intérêt mutuel.

Nous ne serons jamais ingrats et nous n’oublierons jamais le soutien que nous avons reçu des peuples de l’ancienne Union soviétique, en particulier du peuple russe, dans les années les plus difficiles après le triomphe de notre processus révolutionnaire.

De même, les liens avec la République populaire de Chine progressent dans les domaines économique, commercial, politique et de la coopération, ce qui représente une contribution importante au développement de notre nation.

Il y a quelques semaines, nous avons reçu la visite du camarade Nguyen Phu Trong, secrétaire général du Parti communiste du Vietnam, qui constitue un autre exemple du développement réussi des liens qui nous unissent, et nous a permis d’identifier de nouvelles potentialités.

Les relations historiques avec les pays d’Afrique, l’Union africaine et l’Asie se poursuivent sur une voie ascendante.

Nous continuerons à défendre les revendications légitimes des pays du Sud, leur droit au développement et la démocratisation des relations internationales. Toutes les causes justes, en particulier celles des peuples palestinien et sahraoui, et les luttes pour la justice sociale pourront compter sur le soutien de notre peuple.

Le panorama international complexe décrit ci-dessus confirme la pleine validité des propos du commandant en chef de la Révolution cubaine dans son rapport central au 1er Congrès du Parti en 1975 : « Tant que l’impérialisme existera, le Parti, l’État et le peuple accorderont la plus grande attention aux services de la défense. La garde révolutionnaire ne sera jamais négligée. L’histoire nous a appris avec trop d’éloquence que ceux qui oublient ce principe ne survivent pas à l’erreur ».

Camarades,

Dans à peine 11 jours, nos écoliers, étudiants, ouvriers, paysans, artistes et intellectuels, membres des glorieuses Forces armées révolutionnaires et du ministère de l’Intérieur, tout le peuple marchera uni dans nos rues et sur nos places pour commémorer la Journée internationale des travailleurs. Une fois de plus, nous démontrerons au monde le soutien majoritaire des Cubains à leur Révolution, au Parti et au socialisme, et bien que je me sois engagé à aller dans une autre province de l’intérieur du pays, compte tenu des caractéristiques de ce moment, j’ai l’intention d’accompagner l’actuel président du Conseil d’État et les ministres au défilé du 1er mai à La Havane (applaudissements) ; avant de visiter l’autre province et d’autres encore, parce que je suis censé avoir moins de travail à présent.

Hasta la victoria siempre !

Exclamations de : « Vive Raul ! »

(Ovation).

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quelques grands classiques: Guerre et paix – Mao

La guerre, ce monstre qui fait s’entretuer les hommes, finira par être éliminée par le développement de la société humaine, et le sera même dans un avenir qui n’est pas lointain. Mais pour supprimer la guerre, il n’y a qu’un seul moyen: opposer la guerre à la guerre, opposer la guerre révolutionnaire à la guerre contre-révolutionnaire, opposer la guerre nationale révolutionnaire à la guerre nationale contre-révolutionnaire, opposer la guerre révolutionnaire de classe à la guerre contre-révolutionnaire de classe. . . Lorsque la société humaine en arrivera à la suppression des classes, à la suppression de l’Etat, il n’y aura plus de guerres — ni contre-tévolutionnaires, ni révolutionnaires, ni injustes, ni justes. Ce sera l’ère de la paix perpétuelle pour l’humanité.  »

– Mao Zedong

histoireetsociete

« La guerre, ce monstre qui fait s’entretuer les hommes, finira par être éliminée par le développement de la société humaine, et le sera même dans un avenir qui n’est pas lointain. Mais pour supprimer la guerre, il n’y a qu’un seul moyen: opposer la guerre à la guerre, opposer la guerre révolutionnaire à la guerre contre-révolutionnaire, opposer la guerre nationale révolutionnaire à la guerre nationale contre-révolutionnaire, opposer la guerre révolutionnaire de classe à la guerre contre-révolutionnaire de classe. . . Lorsque la société humaine en arrivera à la suppression des classes, à la suppression de l’Etat, il n’y aura plus de guerres — ni contre-tévolutionnaires, ni révolutionnaires, ni injustes, ni justes. Ce sera l’ère de la paix perpétuelle pour l’humanité.  »

L’image contient peut-être : 1 personne, assis et table
 en attendant j’aimerais trouver une solution de masse moins onéreuse… A propos j’ai adhéré comme promis au mouvement de la paix..(danielle Bleitrach)

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Marches commémoratives en hommage aux femmes disparues et assassinées

Un article du Marxiste-Léniniste, tiré du Journal du Parti communiste du Canada (marxiste-léniniste)

« Leur esprit vit en nous»


Marche commémorative des femmes à Vancouver le 14 avril 2015

D’importantes marches commémoratives des femmes auront lieu partout au Canada le 14 février. La première marche commémorative des femmes du 14 février a eu lieu en 1992 en réponse à l’assassinat d’une femme salish du littoral à Vancouver. Une marche annuelle a lieu à Vancouver depuis et des marches se tiennent maintenant dans plusieurs villes. Les marches commémoratives en hommage aux femmes disparues et assassinées du 14 février sont une occasion de se rassembler pour pleurer les victimes et affirmer son engagement à la cause de la justice.

Il y a trois fois plus de caIl y a trois fois plus de cas de violence contre les femmes parmi les autochtones que parmi les non-autochtones. L’Association des femmes autochtones du Canada (AFAC) et Walk 4 Justice ont établi qu’il y a plus de 4 000 femmes et filles autochtones disparues et assassinées au Canada. Pour sa part, la GRC rapporte 1 181 cas de femmes autochtones disparues ou assassinées au Canada entre 1980 et 2012. Dans de nombreux cas les familles rapportent un refus de la police d’enquêter le cas de femmes disparues ou tuées et l’insuccès des enquêtes de la police. L’ex-ministre de la Condition féminine, Patty Hadju, a reconnu le problème de la sous-déclaration des cas d’homicides par la police et que des morts suspectes ne sont pas enquêtées. L’énormité du phénomène se voit dans l’écart entre le nombre de cas rapportés par la GRC et les informations recueillies par l’AFAC et Walk 4 Justice. Il arrive même souvent que des policiers soient impliqués dans les violences racistes contre les femmes et filles autochtones, et ce, en toute impunité.



Des robes rouges vides sont venues symboliser les femmes et les filles autochtones
assassinées ou disparues et la demande de réparation des peuples. en haut: les robes bordent les marches aux édifices du Parlement à Ottawa; en bas: à côté de l’autoroute des larmes dans le nord de la Colombie-Britannique.

Un rapport de l’Administratrice en chef de la santé publique du Canada, la Dre Theresa Tam, établit que la moitié des femmes au Canada ont subi au moins une fois dans leur vie une agression physique ou à caractère sexuel depuis l’âge de 16 ans. Selon l’Enquête sociale sur la victimisation de Statistique Canada, il y a eu 553 000 cas d’agression sexuelle déclarée par des victimes en 2014. Dans la vaste majorité des cas, il s’agit de femmes.

Tous les six jours, une femme meurt au Canada des suites de violence conjugale. Chaque année, le Réseau canadien des maisons d’hébergement pour femmes donne le portrait d’une journée dans la vie des femmes et enfants en besoin d’hébergement. Dans la journée-portrait de 2017, il rapportait que 44 % des maisons d’hébergement n’avaient plus de place. Ce jour-là, 356 femmes et 250 enfants ont demandé de l’aide des services d’hébergement de 105 maisons et abris. La majorité, soit 273 femmes et 182 enfants, ou 75 %, se sont fait dire qu’il n’y avait plus de place.

Dans sa Stratégie nationale sur le logement annoncée en 2017, le gouvernement libéral de Justin Trudeau reconnaissait l’existence de cette crise, mais il n’a pas pour autant rétabli le Programme d’amélioration des maisons d’hébergement aboli par le gouvernement Harper ni pris les mesures nécessaires pour assurer la disponibilité des places en hébergement. Le Fonds national de co-investissement annoncé avec cette stratégie va seulement « aider à réduire les listes d’attente et le nombre de femmes qui pourraient autrement retourner dans des relations violentes ou se retrouver à la rue ». On ne précise pas comment cela va se faire. Par contre, le gouvernement annonce combien d’argent il va consacrer à l’achat de nouvelles serrures pour mettre sur les portes des maisons d’hébergement.

De récentes données confirment que les agences et institutions gouvernementales elles-mêmes sont des milieux de travail non sécuritaires pour les femmes. Les accusations d’inconduite sexuelle abondent au parlement, dans les ministères et les échelons supérieurs des partis politiques qui siègent au parlement. Il y a plusieurs cas de recours collectifs de femmes contre la GRC et les Forces armées canadiennes après des années de promesse de lutte contre le harcèlement et les agressions. En 2017, le gouvernement a accepté de régler hors cour un recours collectif au nom d’officières de la GRC ayant subi le harcèlement et la discrimination sexuels. À ce jour, 2400 femmes s’y sont inscrites. L’ampleur de ces recours collectifs donne une idée du climat intrinsèquement sexiste qui encourage la violence et d’autres injustices contre les femmes dans ces institutions.

Le ministère de la Justice tente présentement de faire annuler un recours collectif contre les Forces armées canadiennes en soutenant que le gouvernement n’a pas la responsabilité d’assurer un milieu de travail libre de harcèlement ou de créer des politiques de lutte au harcèlement sexuel et à l’agression sexuelle. Lorsque l’affaire a été éventée, la ministre de la Justice et le ministre de la Défense ont choisi de ne pas commenter. Justin Trudeau a exprimé son indignation, mais des commentateurs ont observé que c’était un autre exemple de la stratégie de relations publiques consistant à « récupérer le problème » pour détourner le blâme.

Les femmes sont aux premiers rangs de ceux et celles qui luttent pour leurs droits dans le contexte de la défense des droits de tous et toutes. Joignons-nous aux marches du 14 février !


L’exposition « Walking with our Sisters », en l’honneur des femmes et filles autochtones disparues et assassinées a été créée par l’artiste métis Christi Belcourt. Elle comprend plus de 1 800 paires d’empeignes de mocassins décorés ou perlés à la main donnés par les membres de la famille des femmes et des filles autochtones disparues et assassinées.  Elle comprend également plus de 100 empeignes représentant les enfants qui ne sont jamais rentrés des pensionnats. L’exposition a été présentée dans des villes du Canada depuis sa création en 2013. La photo provient d’une exposition à Thunder Bay.

Source: http://cpcml.ca/francais/Lmlq2018/Q48005.HTM#1

75e anniversaire de la victoire de la bataille de Stalingrad

Gloire à ceux dont l’héroïsme a défendu Stalingrad et changé le cours de la Deuxième Guerre mondiale

À l’occasion du 75e anniversaire de la victoire de la bataille de Stalingrad le 2 février 1943, le Parti communiste du Canada (marxiste-léniniste) adresse ses félicitations les plus chaleureuses à tous les descendants de ceux qui ont combattu et vaincu les envahisseurs nazis qui ont attaqué Stalingrad le 23 août 1942. La bataille s’est terminée par l’encerclement et la capitulation d’une armée allemande de 300 000 soldats. Cela a porté un coup mortel à la Wehrmacht nazie. La victoire de la bataille de Stalingrad, suivie d’une victoire décisive à Koursk, a été le début d’une puissante contre-offensive qui a repoussé les hitlériens progressivement jusqu’à leur point de départ, jusqu’à l’effondrement final du Troisième Reich à Berlin en 1945. La bataille a changé le cours de la Deuxième Guerre mondiale en faveur des peuples soviétiques et des peuples d’Europe et du monde.

Dans son discours du 6 novembre 1943 à la célébration du 26e anniversaire de la Grande Révolution d’Octobre, Joseph Staline a évalué la bataille de Stalingrad comme suit :

La bataille de Stalingrad a abouti à l’encerclement d’une armée allemande de 300 000 hommes, à sa débâcle et à la capture d’un tiers environ des troupes enveloppées. Pour se faire une idée de l’étendue de la bataille, sans précédent dans l’histoire, qui s’est déroulée sur les champs de Stalingrad, il faut savoir qu’à l’issue de cette mêlée on a recueilli et enterré 147 200 soldats et officiers allemands tués et 46 700 soldats et officiers soviétiques tués. Stalingrad a marqué le déclin de l’armée fasciste allemande. On sait qu’après la bataille de Stalingrad, les Allemands n’ont pu se relever. […]

Tous les peuples de l’Union soviétique se sont unanimement levés pour la défense de leur Patrie ; ils regardent à juste titre la guerre pour le salut de la Patrie comme la cause commune de tous les travailleurs, sans distinction de nationalité ni de confession. Les politiciens hitlériens eux-mêmes voient maintenant qu’ils se sont montrés désespérément absurdes à vouloir spéculer sur la division et les conflits entre les peuples de l’Union soviétique. L’amitié des peuples de notre pays a résisté à toutes les difficultés et à toutes les épreuves de la guerre ; elle s’est retrempée encore plus dans la lutte commune de tous les citoyens soviétiques contre les envahisseurs fascistes. Là est l’origine de la force de l’Union soviétique. (Vifs applaudissements prolongés)

Aussi bien dans le cours de la guerre qu’aux années de construction pacifique, le Parti de Lénine, le Parti bolchevik, est apparu comme une force qui guide et dirige le peuple soviétique. Aucun parti n’a bénéficié ni ne bénéficie, auprès des masses populaires, d’un aussi grand prestige que notre Parti bolchevik. Et cela se conçoit. Sous la direction du Parti bolchevik, les ouvriers, les paysans et les intellectuels de notre pays ont conquis la liberté et édifié la société socialiste. Aux jours de la guerre pour le salut de la Patrie, le Parti nous est apparu comme l’inspirateur et l’organisateur de la lutte du peuple contre les envahisseurs fascistes. Le travail organisateur du Parti a réuni en un tout et dirigé vers un but commun tous les efforts des citoyens soviétiques, en subordonnant toutes nos forces et tous nos moyens à la mise en déroute de l’ennemi.

Au cours de la guerre le Parti a resserré encore davantage ses liens avec le peuple, il s’est associé encore plus étroitement aux grandes masses de travailleurs. Là est l’origine de la force de notre État. (Vifs applaudissements prolongés)

Tableau de la bataille de Stalingrad (G. Marchenko)

Cette victoire révèle plusieurs contrastes, des profondeurs de la brutalité et de la barbarie des nazis, de leur arrogance et vanité, aux sommets de la bravoure, de l’héroïsme et de l’innovation des Soviétiques. Mais elle a sans doute par-dessus tout montré que l’affirmation du droit d’être de Stalingrad face à l’agression nazie exigeait l’organisation d’un type nouveau, qui avait été créée en Union soviétique sous la forme du parti communiste de type nouveau et du pouvoir soviétique. La bataille a révélé la qualité nouvelle de l’organisation et de la résistance produite par le pouvoir des Soviets dans lequel le peuple et sa direction ne font qu’un pour faire triompher la justesse de leur cause. Leur but, leur détermination et l’expression de leur volonté se sont exprimés dans leurs actions, lorsqu’ils se sont dressés pour défendre leur ville, leur patrie soviétique et leur État ouvrier soviétique.

Aujourd’hui aussi, l’établissement d’un but et de l’organisation capables de réaliser ce but est crucial pour qu’on puisse renverser la situation en faveur des peuples. Pour écarter les dangers auxquels elle fait face, l’humanité exige aujourd’hui de nouvelles formes d’organisation, des gouvernements antiguerre dans lesquels c’est le peuple qui prend les décisions en son propre nom. Plus jamais les peuples ne vont-ils remettre leur pouvoir décisionnel à d’autres qui sont alors autorisés à agir en leur nom mais ne le font pas. Au contraire, les soi-disant représentants souverains des peuples représentent la personne fictive de l’État qui gouverne le peuple au profit d’intérêts privés et non des intérêts que les peuples établissent eux-mêmes.

La forme du pouvoir et la forme de la direction doivent correspondre à ce que requièrent les conditions historiques qui sont apparues ces trente dernières années depuis la chute de l’Union soviétique.

Les formes du passé, celles de la période d’essor de la révolution, convenaient aux conditions qui appelaient à l’endiguement du fascisme nazi coûte que coûte pour l’humanité. Il s’agissait d’une période dans laquelle les peuples avaient de leur côté la grande Union soviétique comme fer de lance de la lutte pour la victoire et pour inspirer les peuples du monde à agir de même.

Aujourd’hui cependant, la révolution connaît une période de repli. Ce sont les forces impérialistes et réactionnaires qui ont l’initiative et non les peuples du monde. Ces forces contre-révolutionnaires ont formé des cartels et des coalitions internationaux qui regroupent de puissants intérêts privés, lesquels collaborent et rivalisent pour le contrôle des ressources et des sphères d’influence du monde et pour le pouvoir d’être les seuls décideurs, sur une base supranationale. Ce qu’elles ne peuvent contrôler, elles cherchent à le détruire, comme on le voit dans les invasions de pays souverains et dans les crimes innommables qui sont commis contre l’humanité et qui surpassent en étendue et en brutalité les crimes hitlériens. Elles font tout cela en prétendant agir pour la cause de la liberté, de la démocratie et de la paix, cette cause pour laquelle les peuples du monde ont combattu pendant la Deuxième Guerre mondiale et consenti le sacrifice suprême.

Aujourd’hui, alors que nous célébrons les victoires du passé, il est nécessaire de discuter de la signification de la victoire de la bataille de Stalingrad afin de rendre les peuples capables de renverser la vague de la contre-révolution qui frappe les peuples du monde en ce moment. Les peuples doivent saisir l’initiative et renverser la situation en leur faveur. Il faut renforcer l’opposition des peuples du monde à la contre-révolution néolibérale et aux guerres, aux agressions et aux crimes qui l’accompagnent afin qu’une force puissante émerge des actes de résistance qui est capable de mettre fin au pouvoir barbare des dirigeants d’aujourd’hui.

Ce numéro du LML rend hommage à l’héroïsme des défenseurs de Stalingrad et à leur dirigeants à l’occasion de la glorieuse victoire à Stalingrad. Cliquer ici pour voir la liste des événements qui ont lieu à cette occasion.

Source: http://cpcml.ca/francais/Lmlq2018/Q48003.HTM#1

CPM : 1. Le mouvement spontané des masses et l’autonomie prolétaire − 1970

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La fin des luttes contractuelles, la crise du mouvement étudiant, le déchaînement de la répression ont provoqué le relâchement, la confusion, la fuite en avant ou le retrait. C’est la conséquence du refus de regarder en face la réalité, d’échapper à la fois à la stérilité d’un activisme de plus en plus contradictoire avec les objectifs qu’on se propose, et à la sclérose idéologique qui persiste à chercher (dans le passé ou dans des situations très différentes des nôtres) des schémas d’action que nous devons dériver de la réalité qui se trouve sous notre nez.

La discussion qui s’est développée au sein du Collectif politique métropolitain, qui est résumée ici dans ses lignes essentielles, avait comme thème central le problème de l’organisation dans la métropole.

Il semble clair maintenant que les diatribes théoriques et les initiatives pratiques sont mesurées dans les formes d’organisation et de lutte organisée qu’elles sont en mesure de produire. D’un autre côté, le soi-disant « problème de l’organisation » devient un jeu de formulation s’il ne repose pas sur l’évaluation du présent, de ses développements probables, des forces en jeu, des tâches auxquelles nous devons faire face.

Ce document représente le bilan d’une expérience politique concrète et la projection d’un travail futur. Nous avons jugé opportun de l’imprimer et de le diffuser en tant que contribution à un débat plus général désormais imposé aux forces de la gauche extraparlementaire italienne et européenne, et en tant que définition de notre position politique.

  1. Le mouvement spontané des masses et l’autonomie prolétaire
    Les données historiques concrètes à partir desquelles il faut partir sont les mouvements spontanés des masses qui se sont développés depuis 1968 en Europe, au cœur même de la capitale capitaliste entourée de l’immense « périphérie » de l’Afrique, de l’Asie et de l’Amérique latine.

Produit par le développement des forces productives matérielles, le mouvement exprime, sous une forme encore embryonnaire et partielle (spontanée, précisément), une contradiction antagoniste avec le système général d’exploitation économique, politique et culturelle.

Les données historiques concrètes à partir desquelles il faut partir, c’est le mouvement spontané des masses qui s’est développé depuis 1968 en Europe, au cœur même de la métropole du capitalisme tardif entourée de l’immense « périphérie » africaine, asiatique et latino-américaine.

Produit par le développement des forces productives matérielles, le mouvement exprime, sous une forme encore embryonnaire et partielle (spontanée, précisément), une contradiction antagoniste avec le système général d’exploitation économique, politique et culturelle.

Sa base sociale se compose principalement de la nouvelle main-d’œuvre : la classe ouvrière « jeune », les techniciens, les étudiants : le prolétariat européen moderne.

Les points culminants de son développement : les luttes étudiantes de 1968, le Mai français, les luttes ouvrières « sauvages » de Pirelli, Renault, Hoesch, FIAT, les luttes de techniciens, des chercheurs, des opérateurs culturels, etc.

Ses premières formes d’organisation : comités de base, groupes d’étude, comités d’action, mouvements étudiants, etc.

Coincées entre l’organisation capitaliste du travail et les organisations traditionnelles du mouvement ouvrier, entre les mythes de la société du bien-être et les idéologies rigides des appareils bureaucratiques, le mouvement connaît des moments explosifs où tout semble possible et des moments de reflux, où il semble disparaître.

C’est dans ce cadre général que s’insère notre lutte. De l’analyse de cette réalité historique, de la compréhension de ses raisons les plus profondes, on peut former une trace qui guide l’action future. C’est de l’insertion organique, interne, dans le mouvement que dérive la possibilité d’une initiative politique réelle.

Mouvement de masse et autonomie prolétaire
Les luttes de masse de 1968 et 1969 constituent un phénomène historique complexe qui, en tant que tel, ne se présente pas enveloppé d’une « pureté idéologique » qui plaît tant aux révolutionnaires de la bibliothèque.

Exprimant le niveau actuel de contradiction dans la zone capitaliste européenne, le mouvement de masse présente des caractéristiques contradictoires qui ne peuvent pas être enfermées dans une formule préfabriquée.

D’autre part, malgré l’absence de paramètres d’interprétation purs et parfaits, nous ne pouvons pas renoncer à discriminer, au sein de ces luttes, ce qui appartient au passé et ce qui tend vers le futur, ce qui est vivant de ce qui est mort.

En un mot : nous ne pouvons pas renoncer à distinguer les éléments faibles, velléitaires, facilement récupérables, des éléments qui tendent à se développer en direction de la lutte révolutionnaire.

Nous voyons dans l’autonomie prolétarienne le contenu unificateur des luttes des étudiants, des ouvriers et des techniciens qui ont permis le saut qualitatif de 1968-1969.

L’autonomie n’est pas un fantôme ou une formule vide à laquelle les nostalgiques des combats passés s’accrochent face à la contre-offensive du système aujourd’hui.

L’autonomie est le mouvement de libération du prolétariat de l’hégémonie générale de la bourgeoisie et coïncide avec le processus révolutionnaire.

En ce sens, l’autonomie n’est certainement pas une nouveauté, une invention de la dernière heure, mais une catégorie politique du marxisme révolutionnaire, à la lumière de laquelle on peut évaluer la consistance et la direction d’un mouvement de masse.

Autonomie par rapport à : les institutions politiques bourgeoises (Etat, partis, syndicats, instituts juridiques, etc.), les institutions économiques (tout l’appareil productif-distributif capitaliste), les institutions culturelles (l’idéologie dominante dans toutes ses articulations), les institutions normatives (les coutumes, la « morale » bourgeoise).

Autonomie pour : la réduction du système mondial d’exploitation et la construction d’une organisation sociale alternative.

Ce processus, bien sûr, n’apparaît pas sans ambiguïté, en même temps et avec la même intensité, mais est un processus qui se développe dans un temps historique déterminé et qui, sur un plan stratégique, peut connaître de sérieuses défaites tactiques.

Des manifestations d’autonomie furent, par exemple, les luttes de la social-démocratie allemande dans la seconde moitié du siècle dernier, l’action bolchevique dans la Russie révolutionnaire, la formation de partis communistes en Europe après la Première Guerre mondiale, la longue marche de la révolution chinoise, etc.

Et pour se rapprocher de nous, l’autonomie prolétarienne a pu s’exprimer, bien qu’épisodiquement, à différents moments de l’après-guerre : pour ne citer que la réaction populaire à l’attaque contree Togliatti et les manifestations de révolte contre le gouvernement Tambroni.

Il n’est même pas nouveau que le principal obstacle au développement de l’autonomie soit constitué par les organisations « traditionnelles » du mouvement ouvrier et par toutes les tendances opportunistes.

La lutte de Marx contre le « socialisme bourgeois », des bolcheviks contre les menchéviks, la révolution culturelle chinoise elle-même en sont les exemples historiques les plus flagrants.

Cependant, une fois explicitée ces éléments de continuité historique, il est nécessaire de se mesurer avec le présent, puis selon cela de définir son propre comportement politique.

Il est donc nécessaire de traiter des luttes de masse de 1968 et 1969 et comment s’est manifestée alors l’autonomie prolétarienne, dans cette période.

Les luttes de masse 1968-1969
Bien que de manière diverses dans ses modes et contradictoires dans ses contenus, les luttesd de masse qui se sont développés en Europe ces deux dernières années doivent être considérées comme un phénomène global, expression d’une réalité substantiellement homogène.

Le mouvement a commencé avec les luttes des étudiants, des luttes qui avaient une double fonction :

  • elles ont réactivé au niveau de masse le mouvement autonome du prolétariat, démontrant pratiquement que le système d’exploitation économico-politique tout entier n’est plus en mesure de contenir et canaliser institutionnellement les contradictions produites par celui-ci.

Ce phénomène fait partie d’une rupture plus générale de l’équilibre mondial économico-politique, caractérisé par les luttes révolutionnaires du Tiers-Monde et le démasquage du révisionnisme ;

  • elles ont démontré comment la physionomie du prolétariat a profondément changé au cours des dernières décennies.

Le mouvement étudiant n’a pas eu la fonction d’un « détonateur », d’un facilitateur, d’un précurseur et d’un allié de la classe ouvrière, mais il s’est révélé être un élément dynamique dans le processus de formation du prolétariat moderne dans le régime capitaliste tardif.

Les révisionnistes et leurs épigones ont tenté d’isoler le mouvement des étudiants dans l’aire de la contestation (et donc comme phénomène superstructurel) et de souligner le caractère d’« allié » de la classe ouvrière (représentée naturellement par les partis « historiques » et les syndicats), ce qui démontre seulement comment la lutte théorique contre les manipulations idéologiques constitue un front de lutte pour le mouvement autonome.

Cette partie du mouvement étudiant – et surtout les incrustations bureaucratiques et dirigistes qui se sont formées en son sein – continuent à se concevoir comme « classe moyenne », ce qui signifie seulement que la conscience de classe peut et doit se développer à travers une lutte acharnée entre le droite et la gauche du mouvement.

Les contenus généralisables (non spécifique ou épisodique) du mouvement étudiant : refus des aspects purement revendicatifs des luttes, redécouverte des méthodes illégales et violentes de lutte, dépassement des organisations traditionnelles, se sont étendus aux luttes ouvrières par le travail subjectif organisé organisé de groupes d’étudiants et d’ouvriers.

Il est inutile de rappeler les grandes luttes ouvrières qui eurent lieu dans toute la zone européenne au cours des années 1968 et 1969. Il s’agit plutôt de comprendre en quoi elles avaient quelque chose de nouveau, en quoi elles sortaient du conflit institutionnalisé et avaient tendance à être en antagonisme avec le système.

Le point de départ est la dénonciation des conditions de l’usine, généralement attaqué en termes de rejet.

La classe ouvrière se rend compte que l’exploitation de la journée de travail à l’usine n’est qu’un moment de l’exploitation plus générale à laquelle les travailleurs sont soumis.

Conscience qui se traduit pratiquement en ces termes :

  • la nécessité de lier les aspects économiques et politiques de la lutte, en affirmant la priorité des seconds sur les premiers.

C’est le résultat d’une tendance objective du capitalisme tardif, dans lequel les aspects économiques et politiques sont non seulement interdépendants (constatation qui est à la base de la méthode marxiste) mais tendent à s’identifier.

Les choix du capital sont immédiatement économico-politiques à tous les niveaux, depuis ceux de la programmation nationale et internationale, jusqu’à ceux des unités de production individuelles.

La classe ouvrière italienne, du reste, a pleinement exploité cette expérience au cours des vingt dernières années, en réalisant que toute « victoire » économique s’est transformée en défaite politique, ce qui a permis au capital de récupérer ce qui avait été « accordé » et d’intensifier l’exploitation.

Au nom de la « reconstruction nationale » de mémoire togliattienne, la classe ouvrière avait renoncé à son pouvoir à l’usine, conquise pendant la résistance, devant ainsi subir la répression de ses avant-gardes.

Après cela, un syndicat affaibli et un parti évincé ont dû accepter les dures conditions du patronat. La tentative de briser cette mécanique est à la base des luttes autonomes au cours de ces deux dernières années ;

  • capacité à l’autogestion de la lutte. Les organismes de base n’émergent pas en concurrence avec les syndicats mais en tant qu’expression organisationnelle de nouveaux contenus, rejetant le rôle de médiation assumé par les organisations traditionnelles et se posant à la fois comme instrument et expression de la lutte.

Leur travail a contribué au formidable développement dans la classe ouvrière de l’exigence de l’autonomie, de démocratie directe, d’une lutte continue et globale qui attaque l’exploitation continue.

Comprendre, comme nous l’avons compris, que les comités de base et les groupes d’étude sont insuffisants pour aborder la dimension actuelle de la lutte et qu’un saut de qualité est nécessaire, ne signifie pas… faire deux pas en arrière, niant le contenu même des luttes autonomes.

C’est afin de développer ces contenus qu’apparaît comme nécessaire le saut politico-organisationnel.

Remarque. Face à la « récupération » syndicale et à la crise des organismes de base, certains « révolutionnaires » qui se disent marxistes-léninistes (sans ironie !) se sont empressés de se prosterner devant les syndicats et le PCI, reconnus comme étant actuellement les uniques organisations.

Naturellement, en attendant que tombe du ciel le vrai parti marxiste-léniniste, lequel va lui-même vaincre les révisionnistes et faire la révolution. Peut servir sur ce point une citation de Lénine :

« En réalité, la rapidité particulière et le caractère particulièrement odieux du développement de l’opportunisme ne sont nullement une garantie de sa victoire durable, de même que le prompt développement d’une tumeur maligne dans un organisme sain ne peut qu’accélérer la maturation et l’élimination de l’abcès et la guérison de l’organisme.

Les gens les plus dangereux à cet égard sont ceux qui ne veulent pas comprendre que, si elle n’est pas indissolublement liée à la lutte contre l’opportunisme, la lutte contre l’impérialisme est une phrase creuse et mensongère. » [L’impérialisme, stade suprême du capitalisme]

Les luttes des techniciens constituent, d’un certain point de vue, le phénomène le plus récent dans cette phase de luttes.

Ils ont contribué à rendre les caractéristiques de la métropole politiquement évidentes, qui tendent à « se modeler » sur le schéma de fonctionnement et de pouvoir des entreprises de haute technologie.

Plus précisément, ces luttes ont montré que l’automatisation des fonctions, c’est-à-dire le morcellement et la canonisation dans des schémas « scientifiques et rationnels », a déterminé la fin de la distinction entre travail manuel et intellectuel, et leur remplacement par une seule chaîne dans lequel il est impossible de distinguer les tâches manuelles des tâches intellectuelles.

En ce sens, il faut comprendre l’affirmation qui se produit souvent pendant les luttes des techniciens : le technicien travaillant dans une structure d’entreprise moderne n’est rien de plus qu’un ouvrier placé dans une entreprise de haute technologie.

Mais justement dans les luttes des techniciens se manifestent l’impuissance et la platitude du mouvement ouvrier « traditionnel ». En fait, à part la mode d’un moment et la sur-appréciation verbale des « luttes des techniciens », et l’abus du terme « prolétarisation », presque personne, ni les syndicats ni les partis, ni, sauf exception, le mouvement étudiant, n’a été en mesure d’établir une relation politiquement fondée avec les noyaux actifs (groupes d’étude, etc.) qui expriment le plus haut niveau de conscience et d’engagement de cette partie fondamentale du prolétariat moderne.

La référence à la catégorie décrépite des « classes moyennes » et le concept même de prolétarisation qui présume de manière statistiquement déterminée la physionomie du prolétariat (confondus avec la catégorie sociologique des ouvriers) empêchent également la détection théorique du problème.

Mais c’est sur le plan pratique que se cache l’idiotie.

L’impossibilité d’accepter l’originalité particulière des comités de base, et donc de réellement comprendre les racines socio-économiques du mouvement spontané des masses, pourrait apparemment être dépassée dans les rapports avec les noyaux ouvriers, tirant parti de l’inertie de la tradition.

Mais cela était impossible pour les groupes d’étude et les comités techniques : la nouveauté du phénomène, ses caractéristiques expérimentales, ses caractéristiques politiques fondamentales (crise de confiance dans le mécanisme de la délégation, unité immédiate des objectifs politiques et économiques, opposition générale au système) a empêché la récupération parasitaire ou l’instrumentalisation.

Et, d’un autre côté, tout travail politique qui, en Europe, empêche le mouvement des techniciens, se place automatiquement à la périphérie politique de la métropole.

Inversement, affronter de manière correcte le dépassement de la phase spontanée de l’autonomie prolétarienne et de ses composantes : ouvriers, étudiants, techniciens, signifie se placer au niveau réel des problèmes de l’initiative révolutionnaire métropolitaine.

La gauche italienne et les luttes de 1968-1969
Ceux qui veulent se lier aux luttes ou considérer leur expression doivent aujourd’hui être capables de saisir dans son ensemble ce qu’implique la manifestation de l’autonomie, du niveau le plus apparent aux significations les plus profondes et aux conséquences à long terme.

Cependant, les groupes de la gauche italienne issus des luttes récentes n’exploitent que des aspects partiels, limitant ainsi gravement l’efficacité de leur action.

Une première approche, élémentaire mais immédiate, d’être présent dans les luttes, réside dans le fait de courir après les explosions de lutte partout où elles apparaissent (universités, [la ville de] Battipaglia, Fiat, Pirelli, secteurs techniques, secteur bancaire, etc.), avec un seul but : produire une « radicalisation » de la lutte à travers l’exaltation des formes dans lesquelles elle se manifeste ; les contenus de la lutte sont laissés en arrière-plan.

Cette pratique politique est basée sur la thèse spontanéiste que la lutte de classe n’est possible qu’en créant des luttes de masse, quels que soient les objectifs, à condition que de telles luttes soient menées sur un mode violent.

Une fois le mouvement généralisé, il sera possible de lui donner une dimension politique révolutionnaire et organisée. Dans une telle démarche, on fait précéder la lutte à l’action politique, la fracture entre elles se maintient, réitérant la vieille distinction entre lutte économiques et lutte politique.

Une seconde approche, plus politique et judicieuse, voit les formes de la lutte comme conditions de la lutte des classes, mais elle indique comme condition non moins importante les objectifs de la lutte, en particulier pour parvenir à l’unification et à la généralisation de l’affrontement.

Les objectifs doivent être non intégrables, contenir tous les antagonismes de classe possibles, et donc être en soi capables de mettre en crise l’équilibre économico-politique du système (par exemple 120 000 lires de salaire égal pour tous). Par les objectifs se généralisent la lutte : à la classe ouvrière revient la tâche de radicaliser et d’atteindre le plus haut niveau de confrontation.

Dans la lutte des classes, on distingue trois éléments : les objectifs, les formes de lutte, l’organisation. Il appartient à la classe ouvrière de radicaliser la lutte sur des objectifs unificateurs, mais l’organisation est le résultat des luttes.

Les organisations de base ne sont qu’un instrument fonctionnel et transitoire des luttes, mais la dimension politique est constituée à un premier stade par les objectifs et dans un second, plus important encore, par l’organisation générale.

La lutte vient donc à être considérée comme avancée ou arriérée dans la mesure où elle exprime des objectifs unificateurs et des formes radicales. L’organisation apparaît ensuite comme un besoin de « conserver » les résultats obtenus au cours de la lutte, au niveau de conscience et de combativité qui se sont produits. On parvient ainsi au renforcement du front ouvrier proportionné au renforcement du front patronal.

L’hypothèse est donc celle d’une longue « guerre de position », au cours de laquelle la classe ouvrière s’affermit dans la mesure où elle s’organise. Pour les deux positions analysées (à la première appartient, en ligne de maximisation, Lotta continua et les assemblées ouvriers-étudiants ; à la seconde Potere Operaio), l’autonomie est la condition préalable à la lutte elle-même.

L’indépendance est comprise comme « indépendance » du syndicat et du parti, et comme on sait que les syndicats et le parti n’ont pas été vaincus par les mouvements d’indépendance, les guerres d’indépendance se projettent (par l’organisation générale des luttes, la capacité de « conserver » l’autonomie dans toutes ses manifestations, même après le reflux des luttes).

Le développement de l’autonomie est donc compris comme un développement organisationnel pour contrer les organisations traditionnelles.

Nous considérons comme restrictive et superficielle cette conception de l’autonomie, qui en tant que tel ne devient qu’un instrument et une condition pour développer les luttes, sans en constituer aussi leur dimension politique d’opposition radicale et révolutionnaire au système.

Au moment où se clôt un cycle de luttes – et ne s’en rouvre pas un autre qui, à notre avis, des caractéristiques très différentes – il a semblé utile de faire un examen critique des luttes. Pour résumer, nous pouvons distinguer, au sein du mouvement ouvrier, deux attitudes fondamentales face aux luttes autonomes de masse de 1968-1969 :

  • ceux qui ne saisissent pas l’aspect de rupture et tentent de récupérer et d’exploiter le potentiel d’une sorte de « restauration politique ».

La forme de cette restauration est variée : de celle révisionniste qui tend à transformer une défaite politique en une victoire organisationnelle (même au prix d’une renonciation définitive à une position de classe en tant que tel), à ​celle des groupes idéologiques minoritaires qui se sont empressés de proposer leurs vieux schémas, sans saisir que le mouvement autonome constitue en soi la critique pratique la plus radicale de masse de toutes les positions axées sur l’idéologie remâchée et sur la re-proposition de lignes perdantes du mouvement ouvrier.

Ces positions, bien que fortement concurrentes entre elles, s’accordent sur un point : la sous-estimation et le rejet du fruit politique le plus mûr des luttes : l’autonomie prolétarienne ;

  • ceux qui, en dépit d’être d’origines et de tendance différentes, ont compris que l’autonomie prolétarienne est le point nodal à partir duquel commencer le futur travail politique.

Il serait trop facile de se rappeler des erreurs, des adversités, des sectarismes, de la naïveté et même des méfaits qui endommagent, retardent et souvent dévient les groupes qui se rapportent à l’autonomie.

Cependant, dans ce contexte auquel nous nous rapportons, nous croyons que c’est la seule position fructueuse, la seule capable de développer la lutte révolutionnaire dans la métropole européenne.

Parce que c’est la question traitée. Pas tant pour gagner d’un coup et tout conquérir (les slogans faciles des apprentis manipulateurs), mais pour grandir dans une lutte de longue durée, en utilisant les obstacles puissants que le mouvement rencontre sur le chemin du mouvement de masse eux-mêmes, pour accomplir le saut du mouvement spontané de masse au mouvement révolutionnaire organisé.

 

Source: http://centremlm.be/CPM-1-Le-mouvement-spontane-des-masses-et-l-autonomie-proletaire-−-1970

Sur la bataille anti-révisionniste aux États-Unis

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Il est frappant de voir que l’histoire de la bataille anti-révisionniste aux États-Unis est strictement parallèle à celle en Allemagne. Comme dans ce dernier pays, on a une organisation étudiante socialiste qui regroupe la contestation, avec par ailleurs le même acronyme : SDS, pour « Students for a Democratic Society », Etudiants pour une société démocratique. Le SDS sert alors de détonateur.

L’origine du SDS est la Intercollegiate Socialist Society, né à l’initiative d’Upton Sinclair en 1905, comme branche étudiante non officielle du Parti Socialiste d’Amérique.

 

Cette première structure devint en 1921 la League for Industrial Democracy, la Ligue pour la Démocratie Industrielle, avant de se radicaliser et de s’unifier avec les étudiants communistes dans un front dénommé American Student Union, le Syndicat étudiant américain.

L’effondrement idéologique du mouvement communiste américain fit se réactiver la League for Industrial Democracy, dont émana en 1946 la Student League for Industrial Democracy, la Ligue étudiante pour la démocratie industrielle.

La Ligue ne disposait alors que d’environ 500-700 membres et consistait en des étudiants socialistes, en opposition donc très nette aux communistes. La Ligue devint d’ailleurs le SDS en 1960 sous l’impulsion de Aryeh Neier qui, bien que sa famille juive avait fui l’Allemagne nazie, soutiendra en 1977 le droit de défiler en uniforme nazi avec la croix gammée, au nom des libertés d’opinion ; il sera également directeur de l’association ACLU pour les libertés civiles et de la fondation ultra-libérale Georges Soros.

Le premier manifeste du SDS fut le Port Huron Statement, en 1962, qui se posait logiquement comme aile gauche du Parti Démocrate, appelant à la lutte contre le racisme, une démocratie plus participative, le désarmement, l’arrêt de l’anti-communisme forcené, une ouverture plus large des universités, un programme contre la pauvreté, la cogestion, etc.

 

Ce manifeste, écrit par Tom Hayden, apparaissait comme quelque chose de nouveau pour deux raisons : la première, c’est qu’un nombre important de thèmes était abordé de front, ensuite parce qu’il s’agissait d’une ligne ni socialiste ni communiste. Cela fut, pour cette raison, considérée comme l’acte fondateur de la « New left », la nouvelle gauche.

La League for Industrial Democracy, pour cette raison, s’opposa au SDS, qui de son côté supprima l’interdiction faite aux communistes de la rejoindre ou de participer à ses rassemblements. Le SDS végéta alors jusqu’à la rencontre avec deux mouvements : le mouvement civique des afro-américains, ainsi que l’opposition à la guerre du Vietnam dont il prit la tête avec notamment la marche de 100 000 personnes contre le Pentagone en 1967.

Trois vagues culturelles et idéologiques jouèrent également un rôle : le féminisme, l’affirmation de la Chine populaire avec Mao Zedong, la critique de la vie quotidienne.

 

Le SDS, connaissant alors un large recrutement, s’effondra à son congrès de 1969 à Chicago. La majorité des délégués – 900 sur 1400 – était liée au Progressive Labor Party, le Parti progressiste du travail, fondé par d’anciens du Parti Communiste des États-Unis et qui menaient un travail de front dans le SDS par une alliance étudiante – ouvrière.

Le PLP était proche de la Chine populaire, mais la rejeta finalement notamment en raison de la valorisation par celle-ci du Black Panther Party.

Les délégués opposés au PLP organisèrent alors une scission, en tant que fraction nommée Revolutionary Youth Movement (RYM), Mouvement de la Jeunesse révolutionnaire.

Le SDS du PLP tomba dans l’insignifiance et le SDS-RYM cessa rapidement son existence, se divisant en deux tendances :

  • le RYM dit RYM I, regroupant les dirigeants historiques du SDS et appelant à la lutte armée ;
  • le RYM dit RYM II, donnant naissance à de multiples organisations rassemblées historiquement sous le terme de « nouveau mouvement communiste ».

 

Parallèlement se développait le mouvement noir, avec des structures comme le Black Panther Party, le Revolutionary Action Movement (Mouvement d’Action Révolutionnaire), la League of Revolutionary Black Workers (Ligure des ouvriers noirs révolutionnaires), etc.

RYM I avait été fondé initialement par les dirigeants du SDS sous le nom de « Weatherman », titre d’une brochure diffusée dans le SDS en 1969, en allusion à la chanson de Bob Dylan Subterranean Homesick Blues, où il est expliqué qu’il n’est pas besoin d’être météorologue pour connaître le sens du vent.

Un congrès de 300 membres à Flint à la fin de l’année 1969 décida le passage à la guerre de guérilla, avec comme référence Lénine et Mao Zedong, mais également Fidel Castro et Hô Chi Minh, Che Guevara et Malcolm X.

Connus ensuite sous le nom de « Weathermen », « Weatherpeople », Weather Underground Organization, RYM I avait décidé d’ouvrir une nouvelle ligne de front anti-impérialiste au cœur des États-Unis, par un parti clandestin menant la lutte armée.

 

Lié à la contre-culture, le Weather Undeground multiplia les actions, allant d’une bombe placée au pentagone le jour de l’anniversaire de Hô Chi Minh à la libération de Timothy Leary, inventeur du LSD, en échange d’argent donné par une mafia hippie dénommée The Brotherhood of Eternal Love (La Confrérie de l’Amour Éternel).

RYM II rejetait catégoriquement cette approche et donna naissance à une multitude groupes cherchant à former un parti en se revendiquant du marxisme-léninisme. Les plus connus furent la Revolutionary Union (Union Révolutionnaire) qui devint le Parti Communiste révolutionnaire des États-Unis (RCP-USA), le Parti Communiste (Marxiste-Léniniste), les Revolutionary Workers Headquarters (Quartiers généraux ouvriers révolutionnaires).

Tant les prolongements de RYM I que de RYM II échouèrent cependant à prolonger leur dynamique.

Sous l’influence notamment du Clayton Van Lyndegraf, cadre communiste des années 1940, le Weather Undeground se dirigea plus nettement vers l’idéologie communiste et son manifeste de 1974, intitulé Prairie Fire : The Politics of Revolutionary Anti-Imperialism (Feu de prairie : La politique de l’anti-impérialisme révolutionnaire), eut un grand retentissement dans l’extrême-gauche américaine.

 

Ce volontarisme anti-impérialiste aboutit cependant à une scission entre les partisans d’une continuité armée et ceux affirmant la nécessité d’un mouvement de masse. Ce dernier choix fut fait par le Prairie Fire Organizing Committee (Comité d’organisation feu de prairie) qui fit le choix du travail légal, ce qui se concrétisa par la reddition des militants, qui abandonnèrent par la suite leur orientation.

Le May 19th Communist Organization (Organisation Communiste du 19 mai) fit lui le choix de la continuité de la lutte armée, fusionnant avec la Black Liberation Army issu des restes du Black Panther Party. Sa mouvance mena des actions armées tout au long de la première moitié des années 1980, avant d’être liquidée par la répression.

Dans le prolongement de RYM II, le RCP-USA devint la principale organisation, étant par ailleurs déjà issu de la majorité de RYM II. Il resta hégémonique par la suite, grâce à son aura international issue de son rejet de la Chine d’après Mao Zedong et de son rôle clef dans la formation du Mouvement Révolutionnaire Internationaliste, une structure internationale.

Les restes des autres structures finirent par s’unifier dans Freedom Road Socialist Organization, qui connut une scission. Les deux Freedom Road Socialist Organization assumèrent rapidement une ligne post-maoïste, ce que le RCP-USA finit lui-même par faire.

 

Source: http://centremlm.be/Sur-la-bataille-anti-revisionniste-aux-Etats-Unis-1879