Analyse des résultats des élections parlementaires du 19 juin 2022 en France

Comme nous l’avons prévu, la NUPES, ce virage à droite pour sauver d’une faillite complète les partis de la gauche caviar n’a servi à rien.

Si, à créer de toutes pièces, avec notre travail militant, des groupes parlementaires PS, EELV et possiblement communistes qui, tout de suite « ont choisi de faire leur chemin à part », bref, ils nous ont poignardé dans le dos permettant ainsi au RN de revendiquer la Commission de Finances.

Non seulement la participation à la campagne a été bien faible de leur part, avec des candidatures dissidentes et des déclarations contre Mélenchon, aujourd’hui, profitant du score moins bon que prévu de l’UP ils prétendent se poser en alternative à l’UP.

Toute la réaction, la droite, le macronisme, l’extrême droite et la gauche caviar tirent sur l’Union Populaire perçue comme la suite politique des Gilets Jaunes de la révolte du peuple français et immigré.

Bien organisés, ce qui n’est pas le cas de l’UP malgré l’arrivé de nombreuses militants et militantes, férus de politique politicienne, ces partis ne travaillent que pour eux. LE PC a montré la voie avec les déclarations de Roussel fraichement élu avec les voix de l’UP calcule « un gouvernement d’Union National » avec Macron, le PS se permette même de « voter cas par cas » les propositions de Macron lui tendant une planche de salut. La EELV rejette méprisant ce qui pourtant été dans la nature de la NUPES, un travail d’ensemble, une politique commune.

Mais encore, comme indiqué auparavant, la NUPES ne nous a rien apporté du côté des abstentionnistes qui sont le réservoir des voix le plus important et même a permis au RN de gagner maintes duels avec nous car les gens qui en ont par-dessus la tête des politiciens de la gauche caviar et de Macron, devant le choix NUPES/ RN ont voté RN.

Ainsi, d’un « triomphe électoral » du premier jour, on se trouve au deuxième jour avec les déclarations des « alliés » qui trahissent déjà et font sauter en l’air la stratégie d’une NUPES unie et ainsi, font la courte échelle au RN et à Macron.

IL faut absolument changer d’orientation et passer à gauche toute et se placer comme pole politique des luttes à venir.

Objectivement, tant une partie de l’électorat lepéniste, comme les abstentionnistes cherchent un discours mais surtout des actes de vraie rupture. Il est assez frappant d’entendre les nouveaux élus RN qui mêlent sans se rendre compte des revendications de gauche avec celles de l’extrême droite raciste. Cette contradiction va s’approfondir dès les premiers votes au Parlement qui impliquent un choix entre les politiques favorables au patronat ou aux travailleurs, la direction du RN se situant clairement du côté des capitalistes.

Notre discours ne peut pas être crédible si on nous voit alliés ou proches de ceux qui depuis 40 ont trahis les travailleurs. Des promesses venant des Verts, des Socialistes, des Communistes on en a soupé depuis tellement longtemps que personne n’y croit plus.

Et la rupture avec le capitalisme, au centre du discours et de la démarche de Mélenchon est aux antipodes de la ligne socialiste-libérale de « gauche », n’est pas du tout le programme Vert et contredit le slogan ridicule des « communistes » sur les « jours heureux » une trouvaille marketing pitoyable.

Comme j’ai déjà écrit auparavant, ces élections ne sont qu’un moment et les temps qui viennent seront des temps de luttes.

Il revient à l’UP de s’organiser pour de bon comme un parti avec des militants et des directions régionales et nationales élues démocratiquement (l’habitude de nommer les candidats ou les dirigeants par la direction nationale sans consultation et sans vote des militants locaux doit être banni pour toujours) et disciplinée, car les luttes qui viennent, soient elle de rue ou électorales, ainsi l’exigent.

Tout le reste est dilettantisme impuissant et matière pour se faire cocufier par des pourris tant de « gauche » comme de droite.

Le groupe parlementaire UP, peut sans problèmes constituer un pôle tourné vers les luttes qui se développent et se développeront du fait de l’inflation, de la récession, de la possible crise financière et de la possible guerre. C’est la base solide pour la construction d’une organisation solide, puissante et qui pèse réellement dans la vie politique nationale.

Le crétinisme parlementaire, on a vu c’est que c’est, des promesses, des trahisons, des magouilles éloignées à des kilomètres d’un peuple qui cherche comme un aveugle une sortie et qui ne fait plus confiance au Parlement.

Il ne s’agit pas de renoncer à la lutte parlementaire mais elle devra être au service des luttes des travailleurs la seule base solide, fiable, que les gens de gauche ont. Les « accords électoraux », les « alliances avec les pourris, ne donnent autre chose que déception, démoralisation et échecs. Les travailleurs méritent mieux et c’est dans leur rangs, par un discours et une action décidément à gauche qu’on peut le gagner.

En avant sur la ligne du soutien aux luttes des travailleurs pour le socialisme écologique et sociale !

Alonso Quijano

Ukraine – Manifestation de soutien à la RUSSIE le 25 juin 2022

Un article de Karine Bechet-Golovko

J’écris rarement des billets apportant un soutien direct à une organisation, donc celui-ci sera une exception. En effet, j’ai été contactée il y a quelques jours par l’association France Russie Convergences, pour diffuser l’information concernant l’organisation d’une manifestation en soutien à la Russie et au Donbass à Marseille ce 25 juin à 15h. Organiser, en ce moment, au milieu de cette hystérie galopante, une manifestation en soutien à la Russie … le fait est assez rare pour avoir attiré mon attention. Le courage est en général suffisamment rare, pour mériter d’être souligné.

En les contactant suite à leur adresse, j’ai appris qu’ils n’en étaient pas à leur premier fait d’armes, ce qui est une excellente nouvelle. En mars dernier déjà, alors que le conflit en Ukraine s’enflamme après 8 années de guerre hésitante, mais quotidienne, une première manifestation est organisée.

Ainsi, cette association France Russie Convergences a été fondée en février 2013 en sympathie à la Russie et pour dénoncer la désinformation, qui entoure le pays. Comme nous l’a déclaré leur porte-parole, Didier Vialla :

« Nous étions alors un petit groupe d’amis qui partagions les mêmes valeurs patriotiques et qui se reconnaissait dans la vision du Président Vladimir Poutine sur la société optimale pour ce nouveau siècle naissant (les valeurs familiales traditionnelles, le patriotisme, la fierté de son histoire et le refus du globalisme nihiliste). »

Rapidement, ils ont compris qu’organiser des rencontres n’étaient pas suffisant, il fallait être présent dans la communication de masse. Puis, en février, avec la décision prise par le Président Poutine de finalement intervenir pour protéger les populations du Donbass et de mettre fin au régime néo-nazi atlantiste, qui s’est emparé de l’Ukraine en 2014, le collectif a décidé de passer à un cran supérieur et de montrer publiquement leur soutien en organisation également des manifestations.

« Nous n’avons pas eu besoin de tergiverser longtemps pour comprendre que cette décision murement réfléchie (8 ans de guerre et de non-respect des accords de Minsk) était malheureusement la seule issue possible ; d’autant plus, qu’elle nous concerne tous au regard des énormes répercussions qu’elle engendre en termes de rééquilibrage des relations internationales mais aussi civilisationnelle. Il fallait donc, à notre tour, monter en puissance et organiser des actions plus visibles et susceptibles de faire réagir l’opinion publique : nous sommes alors véritablement entrés en dissidence en organisant des rassemblements de rue mais aussi des actions plus symboliques au gré de l’actualité. »

Ce fait est assez rare et courageux aujourd’hui, quand nous voyons la France envahie de drapeaux ukrainiens, comme si elle était occupée. Dénoncer les racines des problèmes est le seul moyen de faire bouger les consciences, particulièrement amorphes ces dernières années.

Il est effectivement fondamental d’assumer ses positions, surtout lorsqu’elles ne sont pas conformes à la ligne imposée dans une société. Si nous n’avons plus le courage de nos opinions, nous courrons vers une société totalitaire. N’importe quel totalitarisme repose sur la faiblesse des hommes.

Pourquoi ne pas aller à Marseille ce 25 juin et se retrouver à 15h au Square Monticelli ?

http://mai68.org/spip2/IMG/pdf/J-C–Manifacier-8-mars-2022J-Non-aux-guerres-de-lOTAN.pdf

Source: http://mai68.org/spip2/spip.php?article11932

Le président sri-lankais mobilise l’armée avec l’ordre de tirer à vue

Par K. Ratnayake

Le président sri-lankais Gotabhaya Rajapakse s’est adressé à la nation hier soir après avoir mobilisé l’armée dans tout le pays avec l’ordre d' »appliquer strictement la loi contre les émeutiers » et de tirer à vue.

Faisant référence à l’attaque de voyous contre des manifestants anti-gouvernementaux à Colombo lundi, Rajapakse a hypocritement condamné la « situation malheureuse » et a déclaré que la police avait reçu l’ordre d’ouvrir une enquête complète.

L’attaque a été orchestrée par le parti au pouvoir, le Sri Lanka Podujana Peramuna, comme prétexte pour imposer des mesures d’état policier. Après une allocution du Premier ministre Mahinda Rajapakse, des centaines d’hommes de main du SLPP, armés de gourdins et de bâtons, se sont déchaînés contre les manifestants antigouvernementaux devant sa résidence officielle, puis contre les manifestants qui occupaient le Galle Face Green, dans le centre de Colombo, depuis environ un mois.

Les vastes manifestations nationales exigeant la démission du président Rajapakse et de son gouvernement ont été alimentées par un désastre social créé par d’énormes augmentations de prix, des pénuries aiguës de nourriture essentielle, de médicaments, de carburant et de longues coupures de courant quotidiennes.

Dans son discours national, Rajapakse a mis l’accent sur les violents affrontements qui ont éclaté devant les maisons des ministres et des parlementaires du SLPP dans tout le pays après l’attaque des manifestants de Galle Face Green. Des maisons ont été incendiées et plusieurs personnes sont mortes dans ces affrontements.

Ces affrontements ont fait directement le jeu de Rajapakse et de l’appareil d’État. Le président a déclaré que les soldats des trois branches des forces armées et la police « ont reçu l’ordre d’appliquer strictement la loi contre les émeutiers. »

M. Rajapakse avait déjà déclaré l’état d’urgence vendredi dernier, après qu’une grève générale massive d’une journée et des fermetures d’entreprises eurent paralysé l’économie du pays et fait frémir de peur la classe dirigeante. L’état d’urgence confère au président des pouvoirs étendus lui permettant de déployer des forces armées avec des pouvoirs, d’arrêter des personnes sans mandat, d’interdire les grèves, les manifestations et les réunions, d’imposer des couvre-feux et la censure des médias, et de proscrire les partis politiques.

Le déploiement de l’armée sur toute l’île hier rappelle la guerre communautaire réactionnaire de 26 ans contre les Tigres de libération de l’Eelam tamoul séparatiste. À Colombo, des véhicules blindés et des soldats à moto patrouillent dans les rues. Des soldats lourdement armés tiennent des postes de contrôle équipés de barricades pour arrêter et fouiller les véhicules et les personnes.

Dans toutes les régions du pays, des militaires ont installé des points de contrôle à l’entrée de toutes les grandes villes et à des endroits stratégiques le long des autoroutes.

La division des médias de la présidence a annoncé que le couvre-feu imposé lundi 24 heures sur 24 sera levé à 7 heures aujourd’hui, mais seulement pour sept heures et restera en place jusqu’à vendredi matin.

À la suite de l’attaque des manifestants antigouvernementaux par des voyous lundi, des milliers de personnes ont afflué à Galle Face Green, bravant le couvre-feu et les forces de sécurité pour manifester leur solidarité. Hier soir, cependant, la police a déclaré que les manifestants regroupés ne respectaient pas le couvre-feu, ce qui indique que l’on se prépare à les déloger par la force.

Une répression des médias sociaux est également prévue. Hier, la police a déclaré avoir identifié 59 plates-formes de médias sociaux contre lesquelles des enquêtes ont été ouvertes en vertu de la loi répressive sur les crimes informatiques et d’autres lois pénales.

L’important déploiement militaire et le recours à des mesures d’État policier constituent un avertissement clair que Rajapakse se prépare systématiquement à une épreuve de force avec la classe ouvrière qui a déjà démontré sa détermination à défendre ses droits sociaux et démocratiques.

Des millions de travailleurs ont participé aux grèves générales du 28 avril et du 6 mai, choquant l’ensemble de l’establishment politique, y compris les syndicats qui pensaient que les protestations seraient limitées.

Tous les partis politiques capitalistes, qu’ils soient du gouvernement ou de l’opposition, se sont engagés à conclure un accord avec le Fonds monétaire international (FMI) pour un renflouement d’urgence et à mettre en œuvre les mesures d’urgence draconiennes qui l’accompagneront. Ils soutiennent tous l’exigence de « stabilité » du FMI – en d’autres termes, la suppression de l’opposition de la classe ouvrière.

Douze groupes de pression du monde des affaires, dont la Ceylon Chamber of Commerce, la Federation of Chambers of Commerce and Industry of Sri Lanka et le Joint Apparel Association Forum, ont écrit au président cette semaine pour lui demander de nommer un premier ministre et un cabinet acceptable pour tous les principaux partis politiques parlementaires.

Les groupes de grandes entreprises ont déclaré que ces mesures « doivent être prises avec effet immédiat afin de prendre des mesures urgentes pour rétablir l’ordre public et l’activité économique dans le pays et de ne pas « compromettre » les négociations avec le FMI. »

Malgré le déploiement de l’armée, le président Rajapakse reste en position de faiblesse. Le Premier ministre Mahinda Rajapakse a démissionné lundi, ainsi que son cabinet, après qu’il soit apparu clairement que les travailleurs étaient indignés par l’attaque des voyous pro-gouvernementaux et que des sections de la classe ouvrière avaient cessé le travail. Le président, usant de ses pouvoirs exécutifs étendus, détient actuellement tous les postes du cabinet.

Dans son discours national, M. Rajapakse a déclaré qu’il nommerait dans la semaine un nouveau premier ministre et un nouveau cabinet qui « obtiendrait la majorité au Parlement et la confiance du peuple ». Des mesures seraient alors prises pour revenir au 19e amendement constitutionnel afin de « renforcer le pouvoir du Parlement ». Actuellement, le président peut limoger des ministres ou l’ensemble du gouvernement à sa propre discrétion.

Cependant, aucun parti ne dispose actuellement d’une majorité parlementaire et tous sont profondément discrédités. Le parti d’opposition Samagi Jana Balawegaya (SJB), qui compte 65 membres sur les 225 que compte le Parlement, a proposé hier de former un gouvernement mais a déclaré que le président devait se retirer.

De même, le National People’s Power (NPP), dirigé par le Janatha Vimukthi Peramuna (JVP), a proposé d’être autorisé à nommer un gouvernement provisoire, mais exige également la démission de Rajapakse. Le NPP ne compte que trois députés, mais il a exhorté les autres partis à le soutenir. Il a également déclaré qu’il soutiendrait un régime intérimaire de l’extérieur.

Alors que le président Rajapakse a insisté à plusieurs reprises sur le fait qu’il ne démissionnerait pas, il est clair que des discussions frénétiques ont lieu en coulisses pour mettre en place une forme de gouvernement intérimaire et gagner du temps pour la mise en œuvre du programme du FMI.

En réponse à l’attaque contre les manifestants anti-gouvernementaux lundi et à l’indignation d’une plus grande partie des travailleurs, les syndicats ont appelé à une grève générale illimitée lundi soir.

Toutefois, étant donné qu’un couvre-feu de 24 heures était en vigueur, de nombreux travailleurs étaient de facto « en grève », c’est-à-dire qu’ils n’étaient pas autorisés à se rendre au travail. Des sections clés de travailleurs – dans les plantations et les zones franches – sont allées travailler, avec l’autorisation de la police et des syndicats.

Maintenant que Rajapakse a assoupli le couvre-feu, le Comité de coordination des syndicats (TUCC) a annulé hier sa « grève générale », déclarant aux médias qu’il était nécessaire de « normaliser les services publics » pour éviter que le pays ne tombe dans « l’anarchie ». Ils ont déclaré qu’ils allaient « contribuer à la lutte du peuple sous une nouvelle forme ».

Depuis le début, ces syndicats ont agi non pas pour lutter pour les droits démocratiques et sociaux de la classe ouvrière, mais pour confiner, détourner et supprimer la vague de fond de l’opposition de la classe ouvrière au gouvernement et pour soutenir le pouvoir bourgeois. Leurs revendications sont pratiquement identiques à celles des partis d’opposition – la démission du gouvernement et la formation d’un nouveau gouvernement capitaliste intérimaire.

La classe ouvrière ne doit faire confiance à aucun des partis de l’establishment, qui ont tous mis en œuvre le programme pro-marché du FMI et du capital financier international, ni à leurs laquais syndicaux qui ont saboté et trahi toutes les luttes des travailleurs au cours des deux dernières années.

Il est d’urgente nécessité pour la classe ouvrière de prendre les choses en main. Ils ont commencé à former des comités d’action indépendants des syndicats et de tous les partis capitalistes et à exhorter les travailleurs à établir rapidement un réseau de comités d’action dans toute l’île pour lutter pour leurs droits démocratiques et sociaux.

Il a été appelle également aux travailleurs de former des comités de défense et des gardes de défense, en conjonction avec les comités d’action, pour protéger la classe ouvrière et les masses rurales des attaques des voyous pro-gouvernementaux.

Il a été élaboré une série de politiques pour répondre aux besoins sociaux urgents des travailleurs, y compris la répudiation de toute dette extérieure, le rejet de l’austérité du FMI et le contrôle par la classe ouvrière des moyens de production et de distribution, y compris la nationalisation des banques, des grandes entreprises et des plantations.

Il n’y a pas de solution au désastre social auquel la classe ouvrière est confrontée en dehors de la lutte pour un programme socialiste. Un réseau de comités d’action des travailleurs peut rallier les pauvres des villes et des campagnes à ses côtés et jeter les bases d’un gouvernement ouvrier et paysan pour refaire la société sur une base socialiste.

Sri Lanka : la contre-révolution provoque une « insurrection sociale »!

Ben Curry, le 12 mai 2022

Le lundi 9 mai, des événements dramatiques ont secoué le Sri Lanka. Après des mois de troubles économiques et des semaines de mobilisations massives dans les rues, le Premier ministre Mahinda Rajapaksa a fait un pari désespéré pour rétablir l’ordre et sauver sa propre peau politique. Mais sa répression brutale s’est retournée contre lui de façon spectaculaire.

À la tombée de la nuit, Mahinda se cachait dans une base navale, tandis que des dizaines de résidences de députés étaient en flammes. À la fin de la journée, huit personnes étaient mortes, dont un député et deux policiers, et les hôpitaux étaient submergés de blessés.

Il s’agit d’un moment important « avant et après » pour la lutte. Les couches les plus modérées ont été laissées en état de choc par les incidents du 9 mai. Pendant ce temps, certains des « leaders » autoproclamés se préparent à vendre un compromis.

Les couches les plus avancées de la jeunesse ne doivent pas laisser passer les leçons de ces journées dramatiques sans les avoir apprises.

Le dernier coup de dé de Mahinda

L’énorme mouvement élémentaire des masses au Sri Lanka dure maintenant depuis plus de six semaines. Au fur et à mesure de son déroulement, les frères Rajapaksa – le président Gotabaya Rajapaksa et le premier ministre Mahinda Rajapaksa – ont clairement vu qu’ils n’allaient pas tous deux s’en sortir avec leur peau politique intacte. Chacun a cherché à se préserver aux dépens de l’autre.

Ainsi, vendredi, lorsque Gota a exigé la démission de Mahinda, ce dernier n’était certainement pas prêt à se retirer tranquillement. Mahinda a calculé qu’après plus d’un mois dans les rues, le mouvement s’était essoufflé. Il a décidé que c’était le moment de frapper, de lâcher ses voyous, et qu’une fois le mouvement éliminé de la rue, il n’aurait plus besoin de démissionner du tout ! Voilà un aperçu précieux de la psychologie de ces gangsters.

Le lundi 9 mai, il met son plan à exécution. Mais comme Marx l’a expliqué un jour : « La révolution a parfois besoin du fouet de la contre-révolution pour la faire avancer. »

La contre-offensive de Mahinda s’est retournée contre lui de manière spectaculaire.

La violence de la contre-révolution

Grâce à ses puissantes relations issues de son passage à la présidence entre 2005 et 2015, Mahinda était bien placé pour organiser une répression officieuse. Le lundi 9 mai, en utilisant ces liens avec l’État et ses nombreux hommes de main loyaux, il a préparé une épreuve de force avec le mouvement.

Dans la matinée, des bandes des voyous ont été transportées par bus à un rassemblement pro-gouvernemental organisé par lui-même et son fils et prince de la famille Rajapaksa, Namal, à la résidence officielle du Premier ministre à Temple Trees à Colombo. Les participants payants ont été abreuvés d’alcool, puis transformés en foule.

Puis, aux chants de « nous avons besoin de Mahinda », ils ont été envoyés de Temple Trees vers les campements anti-gouvernementaux permanents situés à quelques centaines de mètres de là : d’abord à « Maina Go Gama » en face de Temple Trees lui-même, puis à quelques centaines de mètres de là à « Gota Go Gama » à Galle Face Green.

Il s’agissait d’un assaut vicieux et bien coordonné. Des centaines d’hommes de main ont été amenés par bus entiers. La plupart d’entre eux étaient des laquais du régime, bien qu’un certain nombre de prisonniers aient été amenés des prisons pour faire l’émeute pendant la journée. Entre-temps, la police avait reçu l’ordre de ne pas faire obstacle à cette foule pro-gouvernementale, mais de s’écarter et de la laisser faire des ravages.

Le résultat a été une orgie de violence brutale. Des vidéos ont rapidement circulé sur les médias sociaux montrant des manifestants antigouvernementaux frappés à coups de planches et de bâtons. Une autre montrait des voyous pro-gouvernementaux arrachant le hijab d’une femme musulmane et la frappant au sol. Les tentes de l’occupation ont été piétinées et incendiées, des scènes similaires ayant été observées à « Gota Go Gama » à Kandy, une ville du centre de l’île.

Le peuple se défend

La violence contre-révolutionnaire a rapidement mis le feu aux poudres de l’indignation et de la colère.

À mesure que la nouvelle se répand, des masses en colère se dirigent vers le green en provenance des barrages routiers voisins, qui ont été mis en place pour protester contre le manque de gaz de cuisine. Les travailleurs ont quitté en grand nombre leur lieu de travail pour venir à la défense du mouvement. Les syndicats et les associations d’étudiants ont également appelé leurs membres à se rendre sur les lieux des attaques.

Les masses se sont défendues avec acharnement. Galle Face Green a été rapidement reconquis.

De Temple Trees, les hommes de main pro-gouvernementaux se sont enfuis dans les eaux peu profondes au bord du lac Beira. Ce n’est qu’à la nuit tombée que la police les a repêchés (à contrecœur) dans les eaux sales.

Bientôt, les bus qui avaient été utilisés pour amener les prisonniers et les hommes de main du SLPP sur les lieux de la manifestation ont été brûlés et détruits. Dans un cas, un bus a été jeté dans un lac, tandis qu’un autre a été détruit à l’aide d’une pelleteuse JCB !

En dehors de Colombo, l’éruption de la colère était encore plus féroce. La fureur des masses était dirigée vers les ministres et les députés de ce gouvernement de voleurs. Un couvre-feu a été décrété dans toute l’île, mais les masses sont restées imperturbables. De son côté, la police n’a pas fait grand-chose pour empêcher les masses anti-gouvernementales de lancer leur contre-attaque.

Il est clair que dans la matinée, les policiers de base ont reçu l’ordre de rester à l’écart pendant que les voyous détruisaient « Gota Go Gama ». Il ne fait aucun doute que beaucoup d’entre eux ont suivi les ordres à contrecœur, et se sont maintenant réjouis de la contre-attaque des masses. En effet, dans un endroit au moins, des officiers de police se sont même joints à la manifestation.

Le parti au pouvoir, le SLPP, a semé le vent et récolté la tempête. Ses bureaux ont été complètement mis en pièces. Tous les symboles du parti au pouvoir ont été détruits. Une statue du patriarche Rajapaksa a été renversée. La jeep d’un ministre a été jetée dans un lac. Dans un autre cas, la collection de Lamborghinis d’un député a été incendiée.

Partout, les résidences des députés du parti au pouvoir et des ministres du gouvernement étaient assiégées par d’importantes manifestations antigouvernementales. Le soir, au moins vingt à vingt-trois de ces résidences étaient des ruines fumantes, réduites en cendres par les masses – y compris la maison ancestrale de la famille Rajapaksa elle-même.

Au milieu de la confusion, certaines craintes ont naturellement circulé que des agents provocateurs aient allumé les incendies. Est-ce probable ? La façon dont les événements se sont déroulés laisse penser que non. Tout d’abord, il est douteux qu’un coup au nez d’une telle ampleur ait été auto-infligé par le régime.

Deuxièmement, si des provocateurs étaient à l’œuvre à une échelle sérieuse, il est probable que ce serait dans un but précis, par exemple pour fournir le prétexte à un coup d’État.

Mais, comme le suggèrent les cas de relative passivité de la police, la classe dirigeante ne peut pas compter sur les corps armés de l’État – du moins, pas pour le moment. Mardi, l’officier de police principal qui avait collaboré à l’émeute de Mahinda un jour plus tôt s’est retrouvé encerclé et battu par une foule anti-gouvernementale en colère. Une fois encore, ses officiers n’ont pas réussi à intervenir pour protéger leur propre commandant !

Un coup d’État ou toute autre intervention de l’armée en ce moment serait une manœuvre très risquée ! Elle pourrait se terminer de manière désastreuse pour le régime, en faisant sortir les masses en très grand nombre et en provoquant l’effondrement de l’armée sur des lignes de classe.

Mahinda dehors

Lorsque l’ampleur de la colère des masses est devenue évidente, Mahinda Rajapaksa n’a pas seulement été contraint de présenter sa démission, il a été forcé de fuir pour sauver sa vie !

Suivant son exemple, les ministres du gouvernement ont commencé à démissionner. Mais les masses n’allaient pas les laisser s’échapper si facilement. Des barrages routiers ont été établis sur les autoroutes et à l’extérieur de l’aéroport pour empêcher les députés de tenter de fuir le pays. Même les voitures de police ont été arrêtées et contrôlées par le peuple ! 

Lorsque la voiture d’un député du parti au pouvoir a été bloquée sur une autoroute entre Colombo et Kandy, il a ouvert le feu sur les manifestants, faisant un mort et des blessés. Après avoir tenté de s’enfuir dans un bâtiment voisin, il s’est suicidé en retournant l’arme contre lui.

Lorsqu’on a appris que Mahinda Rajapaksa se terrait dans la base navale hautement fortifiée de Trinco, des foules importantes ont encerclé toutes ses entrées. Beaucoup ont même pris des bateaux pour faire le tour de la base afin de s’assurer qu’aucun yacht privé transportant l’ancien Premier ministre ne pourrait s’échapper de l’île ! Ce mouvement a pris des allures insurrectionnelles à couper le souffle dans tout le pays. Et reflétant la pure pression de la base, 2 000 syndicats ont appelé à une grève générale totale.

Mais l’appel à la grève générale a été de courte durée. La colère explosive du mouvement n’a pas tardé à ébranler les éléments les plus modérés et ceux de la classe moyenne, qui se sont retirés, effrayés, parmi lesquels les dirigeants syndicaux.

L’autodéfense

Les événements dramatiques de lundi marquent un tournant fondamental dans la situation.

Depuis le premier jour, le mouvement a insisté sur sa stricte adhésion à la non-violence. L’immense majorité de la population espérait sincèrement que les Rajapaksas pourraient être évincés pacifiquement. Après les événements de lundi, un très grand nombre de travailleurs, de paysans et de jeunes ont clairement vu que ce n’était plus tenable.

Cependant, à la nuit tombée lundi, certaines couches de la classe moyenne du mouvement, notamment sur les médias sociaux, ont commencé à succomber à la nervosité. Terrifiées par la colère que la contre-révolution avait provoquée, elles ont supplié les masses de revenir aux méthodes pacifiques du mouvement.

La réponse des masses a empêché cela. Comme cela a toujours été le cas dans l’histoire, c’est la contre-révolution qui a une fois de plus initié la violence. Ce que nous avons vu de la part des masses, c’est de l’autodéfense. Et l’autodéfense n’est pas seulement justifiée – elle est absolument nécessaire. Ce qui lui manque, c’est une organisation et un programme clair. C’est ce qui a donné à l’éruption de lundi un caractère convulsif.

Non, nous ne pouvons pas condamner la « violence » des masses. Face à la violence contre-révolutionnaire, l’autodéfense est absolument nécessaire. Et la dérouillée que le régime a reçue l’obligera à agir plus prudemment à l’avenir.

Direction et programme

Ce qu’il faut, c’est une organisation claire : des comités de lutte et d’autodéfense sur les lieux de travail et dans les communautés, reliés au niveau du district et du pays. Mais plus que cela, et comme condition préalable, le mouvement a besoin d’une direction et d’un programme clairs ! C’est précisément ce qui lui fait défaut.

Jusqu’à présent, le mouvement a, à juste titre, évité les partis politiques – les rejetant tous avec dégoût et colère. Mais la nature a horreur du vide. Finalement, un leadership doit émerger. Et en effet, une sorte de leadership a émergé.

L’échec des dirigeants syndicaux à se mobiliser a signifié leur abdication de la direction du mouvement. À leur place, des couches de la classe moyenne ont pris une position prédominante dans les occupations et dans le mouvement en général.

Mais ces « leaders » autoproclamés de la classe moyenne ont activement cherché à empêcher la discussion de tout programme politique ou économique pour le mouvement. Ils ont effectivement cherché à maintenir le mouvement dans sa forme la plus précoce et la plus « spontanée », empêchant les masses de clarifier les questions essentielles. Cela a provoqué une confusion de masse sur des questions d’importance fondamentale.

La direction empêchant l’émergence d’un programme démocratiquement décidé par le mouvement, des groupes accidentels se sont inévitablement manifestés avec leurs propres idées.

Jouissant d’un grand prestige en raison du rôle puissant que les avocats ont joué dans le mouvement, l’Association du Barreau du Sri Lanka (BASL) s’est avancée avec un programme qui, selon elle, peut offrir une issue à la crise. Mais ce « programme » est une véritable capitulation devant la classe dirigeante.

Leur proposition appelle à la formation d’un gouvernement intérimaire d’unité nationale regroupant tous les partis, Gotabaya Rajapaksa restant au pouvoir pendant quatre à six mois ! Ce gouvernement (nous dit-on) ramènera le pays à un système de premier ministre, après quoi le pays ira aux urnes pour élire un nouveau gouvernement.

Et les masses doivent-elles rester dans les rues pendant six mois pour s’assurer que ce gouvernement intérimaire honore ses promesses ? Poser la question, c’est montrer l’absurdité de cette proposition.

Pire que cela, BASL explique qu’un tel gouvernement devrait également être chargé de demander l’aide du FMI et d’autres créanciers impérialistes. La confusion sur la signification d’un renflouement par le FMI est actuellement répandue dans le mouvement, principalement en raison de l’absence d’une direction socialiste claire, capable d’expliquer le caractère réel de l’impérialisme.

Le programme de la BASL appelle même à une plus grande implication des chambres de commerce dans le processus parlementaire ! C’est-à-dire des représentants directs de la même classe capitaliste qui a amené une situation aussi catastrophique au Sri Lanka en premier lieu !

Pour une organisation jouissant d’un certain prestige dans le mouvement, présenter un tel programme est une manne du ciel pour la classe dirigeante.

Quelle sera la prochaine étape ?

Après les incidents du 9 mai, les éléments les plus modérés sont restés en état de choc. Ils ont continué à nourrir l’espoir utopique que le mouvement puisse réussir de manière entièrement pacifique par des voies purement légales.

Entre-temps, selon les dernières informations, Gota a tenté de mettre en œuvre les propositions de la BASL, en nommant Ranil Wickremesinghe – le seul député de l’UNP de droite – au poste de Premier ministre.

Mais il n’est pas du tout certain que ces mesures réussiront à désamorcer le mouvement.

Tout d’abord, l’objectif principal du mouvement n’est pas encore atteint : Gota reste au pouvoir ! Deuxièmement, il n’est pas certain que les partis au Parlement puissent eux-mêmes parvenir à un accord ! Selon les dernières informations, le SJB et le JVP ont déclaré qu’ils ne participeraient pas à un tel gouvernement. Il ne s’agira pas d’un pas vers l' »unité nationale », mais d’un gouvernement de crise permanent.

Et enfin, l’opposition est tout aussi détestée que le parti au pouvoir. Il est peu probable que les masses soient apaisées par un tel remaniement au sommet, même si l’opposition peut être impliquée. Lundi, il convient de noter que le leader du SJB, Sajith Premadasa, a été chassé sous un barrage de coups de pied et d’insultes lorsqu’il a tenté de visiter « Gota Go Gama ».

Il est clair que la BASL, malgré son autorité, ne parle pas au nom de l’ensemble du mouvement, et qu’elle aura beaucoup de mal à vendre un tel compromis. Parmi les avocats les plus radicaux, des voix dissidentes ont commencé à s’élever contre cette tentative de capitulation. La Young Lawyers Association, par exemple, a exigé que la BASL inclue au moins la démission de Gota dans ses revendications et qu’elle rejette le plan de sauvetage du FMI.

Mais que le mouvement continue d’avancer ou qu’il s’étiole temporairement en raison de la confusion semée par certains leaders effrayés de la classe moyenne, il est clair qu’un tournant a été atteint. Le premier test sérieux du mouvement a révélé ses faiblesses : son manque de programme et d’organisation, et l’insuffisance de ses « leaders » autoproclamés.

Et si un nouveau gouvernement ouvre la voie à un renflouement par le FMI, les masses recevront une autre leçon amère sur la nature réelle de la médecine des impérialistes.

Il est temps pour les éléments les plus conscients de leur classe et les plus révolutionnaires du mouvement d’apprendre la leçon et de se préparer à la prochaine épreuve majeure. Cette leçon est principalement la suivante : la tâche la plus urgente est la formation d’un parti révolutionnaire avec un programme socialiste clair. Dans la situation actuelle, un tel parti se développerait rapidement à mesure que ses pronostics seraient confirmés par les événements et que les masses apprendraient par elles-mêmes l’impossibilité de résoudre leurs problèmes sur une base capitaliste. 

A son tour, un parti révolutionnaire couperait la confusion qui existe actuellement dans le mouvement et ouvrirait la voie à la lutte pour le pouvoir de la classe ouvrière sri-lankaise.

Ukraine – Appel international de divers partis communistes pour la Russie

LETTRE OUVERTE POUR MAYDAY

Le 1er mai, la journée internationale de solidarité des travailleurs du monde, les groupes et individus suivants proclament notre opposition unie à la plus grande menace pour la classe ouvrière mondiale : la guerre impérialiste. Nous déclarons notre refus de nous accommoder de la poussée de guerre de l’impérialisme mondial contre la Russie. Nous arborons aujourd’hui sur nos bannières :

• A bas la guerre impérialiste par procuration de l’OTAN en Ukraine !

• pour le droit de la Russie à se défendre contre l’empiétement impérialiste !

Ceux de gauche qui cherchent à imiter la propagande de la classe dirigeante en réduisant ce conflit mondial à une lutte nationale pour « l’autodétermination » ukrainienne ignorent ce qui suit :

Bien que la Russie soit un État capitaliste depuis 1991, elle n’est pas une puissance impérialiste à part entière. L’impérialisme est plus que lorsqu’un État emploie la force militaire contre un autre. L’impérialisme est une étape du capitalisme représentée par la domination du capital financier. La Russie ne fait pas partie du « club impérialiste », mais d’une économie capitaliste relativement arriérée et dépendante.

L’opération militaire de la Russie en Ukraine est un effort désespéré pour l’empêcher d’être utilisée comme fer de lance dans les plans de longue date de l’impérialisme occidental visant à transformer la Russie en une semi-colonie pour piller ses vastes ressources internes. L’intégration de l’Ukraine dans la machine de guerre de l’OTAN était bien avancée avant que la Russie ne lance son opération militaire défensive. La Russie était confrontée à la perspective que toute sa frontière occidentale devienne partie intégrante de l’alliance de l’OTAN et qu’elle devienne un terrain d’essai pour le déploiement d’armements avancés, notamment des armes nucléaires, des systèmes de défense antimissile et des troupes visant directement la Russie.

Le coup d’État de Maïdan de 2014, mené par des troupes de choc fascistes sur le terrain et guidé par l’impérialisme américain, a installé un gouvernement fantoche efficace à Kiev. Depuis le coup d’État, ce gouvernement n’a pas seulement été un outil direct de l’impérialisme américain, mais a violemment réprimé tous les gauchistes, les Russes de souche et les autres minorités. La répression a provoqué une guerre civile sanglante en Ukraine lorsque les habitants du Donbass ont établi les républiques populaires de Donetsk et de Louhansk pour se défendre du régime violemment russophobe de Kiev et de ses chiens d’attaque fascistes.

C’est pourquoi nous rejetons la politique de « défaitisme révolutionnaire » prônée par de nombreuses tendances marxistes centristes. Il ne suffit pas de s’opposer à l’intervention de l’OTAN en Ukraine. L’opposition à l’impérialisme signifie étendre son soutien à ceux qui sont directement dans sa ligne de mire. Cela signifie offrir un soutien à la fois aux Républiques populaires de Donetsk et de Lougansk et à l’État russe. La Russie a le droit de défendre sa souveraineté par la force militaire contre la guerre par procuration de l’impérialisme.

Nous sommes également attachés à la véritable indépendance de l’Ukraine. Cependant, cela ne peut être réalisé sous l’égide d’une alliance de guerre impérialiste qui utilise l’Ukraine comme pion.

Nous nous opposons à la guerre par procuration en Ukraine parce qu’elle fait partie de la poussée de l’impérialisme vers la Troisième Guerre mondiale. Les efforts pour subordonner la Russie par des sanctions, la guerre et un changement de régime font partie des efforts toujours plus imprudents de l’impérialisme américain pour maintenir son hégémonie mondiale et inverser sa politique économique. face à la fois à ses rivaux impérialistes en Europe et à la montée de la Chine. Les rivalités sont alimentées par la crise économique capitaliste actuelle aggravée par la pandémie de Covid19. Une victoire de l’OTAN en Ukraine ne conduirait pas à la paix mais ne ferait que faire avancer les plans de guerre de l’impérialisme contre la Chine.

Une guerre entre l’OTAN et ses alliés contre la Russie ou la Chine risque d’anéantir des milliards de vies dans une guerre nucléaire et de déclencher des horreurs qui éclipseraient les pires enfers du XXe siècle.

Le 1er mai, nous nous engageons à nouveau non seulement à résister à l’impérialisme, mais à construire un mouvement indépendant de la classe ouvrière au niveau international pour renverser le capitalisme par la révolution socialiste mondiale. La signature et le partage de cette déclaration le 1er mai visent à commencer à reconstruire des liens concrets entre les forces marxistes véritablement anti-impérialistes dans le cadre de ce processus.

La lutte contre l’impérialisme doit devenir une lutte contre le système capitaliste et toutes les classes dirigeantes capitalistes ! La guerre ne prendra vraiment fin que lorsqu’il n’y aura plus d’États-nations ou de classes !

Les travailleurs du monde s’unissent !

Macron 2.0 : la pilule est finalement bien passée !…



Vincent Gouysse, le 24/04/2022, pour http://www.marxisme.fr

Macron à 58 % avec une abstention à 28 %…

Même si le « vote barrage républicain » des neuneus gauchisants victimes de la politique/spectacle et des manipulations du lobby politico-mass-médiatique s’érode, cette caste de nuisibles conserve encore manifestement une force de frappe morale et idéologique suffisamment importante pour que ses mystifications demeurent encore dominantes… Le néo-fasciste Macron ne devra modérer ses pulsions sociopathes que jusqu’aux législatives pour tenter d’arracher une majorité parlementaire et éviter d’avoir à gouverner via le 49/3. Ensuite, il pourra se lâcher, et ce sera « open bar »… Chose essentielle à noter, les départements dont la population était à la pointe de la lutte contre le fascisme vaccinal (Antilles) ont sans surprise fait massivement barrage à la réélection de Psychopathe Ier. Marine Le Pen frôle ainsi 61 % des votes exprimés en Martinique et en Guyane, et même près de 70 % en Guadeloupe.


Comme nous le pressentions hélas au lendemain du 1er tour, la majorité du peuple de France reste encore sous la coupe des relais politico-médiatiques de l’ordre esclavagiste bourgeois étroitement inféodé au Capital financier atlantiste. Les Lumières ont sans aucun doute cédé la place aux ténèbres. Nous remarquerons donc, à l’instar de Karl Marx il y a plus d’un siècle et demi, que décidemment
« En France, l’absence de base théorique et de bon sens politique se fait généralement sentir ».


Reste donc maintenant aux résistants qui se sont levés contre le néo-fascisme « normal » à poursuivre le combat dans des conditions qui promettent, sous bien des aspects, d’être fort peu idylliques… Notre camarade Gérard Luçon résume la situation actuelle et à venir par l’expression suivante : « le suicide d’un peuple ». Et d’ajouter que « d’ici cet été, nous allons avoir pénuries alimentaires, restrictions en tous genres, faillites, Ausweis et vaccin obligatoires ». Au plus tard d’ici l’automne 2022, les peuples lobotomisés d’Occident verront le retour de la plandémie Covid au 1er plan (et éventuellement du fascisme vaccinal) pour accompagner la poursuite dans un cadre optimal du Grand Reset, le toute agrémenté d’une sauce moralisatrice carbocentriste : la « sobriété heureuse » (du peuple), afin de mieux faire passer la pilule de son grand déclassement… Sans oublier les multiples conséquences (locales comme mondiales) des événements actuels en Ukraine, qui promettent des perturbations économiques majeures (sanctions-énergie-inflation) qui pourraient aller jusqu’à une pénurie alimentaire mondiale et en particulier l’entrée de nombreux pays dépourvus d’autonomie alimentaire dans une ère de turbulences et d’instabilité économique, sociale et politique majeure… Les analystes de Bank of America annoncent déjà « que la très forte hausse des prix des denrées alimentaires va se prolonger aux Etats-Unis » avec une inflation de 9 % sur les produits alimentaires d’ici à la fin 2022. L’économie et les monnaies de singe de l’Occident sont désormais sur le point de « s’effondrer », selon les économistes bourgeois les plus lucides, qui ne se verraient eux-mêmes pas en mesure de redresser la barre tant la situation leur semble insoutenable, ce qui est effectivement la cas dans le cadre historique borné offert par le mode de production bourgeois…


A l’autre pôle de la planète, la conscience du grand chambardement global en cours est désormais très claire et pousse chacun à dévoiler son jeu : le ministre russe des Affaires étrangères déclare ainsi publiquement que le but fondamental de « l’intervention russe en Ukraine vise à mettre fin à l’hégémonie américaine ». A Pékin, ce but stratégique est lui aussi évident, et la cible est désormais très clairement pointée par la presse officielle qui mène une campagne médiatique énergique. Celle-ci culmine désormais avec la volonté de « démasquer la superpuissance » américaine en arrachant les masques qui cachent ses sept sombres visages…

Source: http://www.marxisme.fr/download/en_bref/Macron_2_la_pilule_est_finalement_bien_passee.pdf

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https://www.globaltimes.cn/page/202204/1260042.shtml

Entre Harry Potter et Game of Thrones… Quand les icônes du folklore cinématographique anglo-saxon se retournent contre leur créateur ! A la une du Global Times, la vision chinoise officielle bien sombre (quoique indéniablement réaliste) du bloc colonial atlantiste : signe du crépuscule de sa domination mondiale et de la phase finale d’émergence du Nouvel ordre mondial sous leadership sino-russe… Une peinture de la face sombre de l’Occident condensée en vidéo. (VOST en anglais)

L’intervention militaire russe en Ukraine vue depuis la Chine !

Ces derniers temps, ceux qui lisent la presse chinoise assistent à un véritable festival d’humour sarcastique. Comme la plupart des esclaves salariés occidentaux, persuadés de leur « exceptionnalité » innée et éternelle, n’estiment naturellement n’avoir rien à apprendre de l’étranger (une « immunité » naturelle conférée par le racisme atlantiste multiséculaire « normal », aujourd’hui massivement anti-russe et anti-chinois), le lobby politico- médiatique atlantiste n’a pas encore jugé utile de censurer ouvertement les médias chinois, mais au rythme actuel des choses cela pourrait néanmoins advenir rapidement…

Vincent Gouysse, le 18/04/2022, pour http://www.marxisme.fr

Au cours des derniers jours, on a vu l’un des principaux organes médiatiques officiels du Parti Communiste Chinois publier une série d’articles illustrés. Cette saga en sept volets intitulée « Commentaire illustré sur l’hégémonie à l’américaine» se compose des épisodes suivants: (1) Les initiateurs de la crise ukrainienne ; (2) Le « marionnettiste » qui tire les fils dans les « coulisses » des turbulences mondiales ; (3) Un « vampire » qui amasse sans vergogne de l’argent partout dans le monde ; (4) Les « conspirateurs de la guerre froide » du 21e siècle ; (5) Un « fabricant de poisons » qui répand la peste, la haine et la guerre ; (6) Des « pseudo-gardiens » des droits de l’homme qui n’ont aucune considération pour la vie ; (7) Un « Voldemort » qui détruit l’ordre international. Voilà pour les thèmes abordés…

Pour le Quotidien du peuple, le conflit actuel révèle « les véritables intentions des États-Unis, c’est-à-dire freiner le développement d’autres pays et de consolider la position dominante de Washington dans le schéma international » : « Ce que les États-Unis font pour maintenir leur hégémonie sème la discorde et les conflits dans le monde ». Voici de larges extraits de cette série d’articles :

« Sous la direction des États-Unis, l’OTAN a persisté à pousser sa soi-disant ligne de défense de « sécurité collective » jusqu’à la frontière russo-ukrainienne, ce qui a finalement conduit à la crise ukrainienne. (…) Après le déclenchement de la crise ukrainienne, les États-Unis ont crié « arrêtez la guerre », mais leur action réelle a été de verser de l’huile sur le feu par tous les moyens. Le 10 mars, les États-Unis ont approuvé 13,6 milliards de dollars d’« assistance à l’Ukraine ». Début mars, le New York Times a rapporté que les États-Unis et l’OTAN avaient livré plus de 17 000 armes antichars à l’Ukraine en six jours. (…) Les États-Unis allument l’incendie en premier, puis attisent le vent, et c’est le peuple ukrainien qui en paie le prix. Le HCR a déclaré le 31 mars que 4 millions de personnes avaient fui l’Ukraine et qu’environ 6,5 millions étaient devenus des sans-abri. Les États-Unis crient halte à la guerre tout en tenant en même temps un couteau à la main. Ce comportement de pompier pyromane montre toute la nature hypocrite des Etats-Unis ».

« Depuis le déclenchement du conflit entre la Russie et l’Ukraine, les États-Unis n’ont cessé de verser de l’huile sur le feu et de livrer successivement des armes à l’Ukraine. (…) Selon un récent rapport publié par l’Institut international de recherche sur la paix de Stockholm en Suède, les États-Unis et leur complexe militaro-industriel, en tant que « plus grand exportateur d’armes au monde », « réalisent plus de profits » dans le conflit russo-ukrainien. Le cours des actions des géants américains de l’armement confirme également cette affirmation : du 24 février au 28 mars, le cours de l’action Lockheed Martin a augmenté de plus de 13 %, Northrop Grumman de plus de 13,4 % et General Dynamics de plus de 10 %. Les États-Unis ne cessent de créer des tensions de peur que le conflit ne s’arrête. Ils veulent simplement gagner de l’argent avec la guerre pour remplir leurs propres poches et maintenir leur position hégémonique le plus longtemps possible ».

« Récemment, l’affaire des laboratoires biologiques américains en Ukraine a suscité une attention générale. En fait, les activités militaires biologiques des États-Unis en Ukraine ne sont que la pointe de l’iceberg. Au nom de la « coopération pour réduire les risques de biosécurité » et du « renforcement de la santé publique mondiale », le département américain de la Défense contrôle 336 laboratoires biologiques dans 30 pays à travers le monde, répartis en Afrique, en Europe de l’Est, en Asie du Sud-Est et au Moyen-Orient. Il y a de fréquents accidents dans ces laboratoires et un grand nombre de dangers potentiels pour la sécurité. (…) La base biologique de Fort Detrick aux États-Unis est quant à elle qualifiée de « centre des expériences les plus sombres menées par le gouvernement américain » par les médias américains. La base a connu de nombreux accidents de sécurité et a été finalement fermée en juillet 2019. Face aux inquiétudes et aux doutes de la communauté internationale, les États-Unis ont toujours éludé les choses importantes et tenté de s’en sortir de manière superficielle avec des mensonges légers. Que font les laboratoires biologiques que les États-Unis ont dans le monde entier ? Washington doit apporter une clarification complète avec une attitude responsable et donner une réponse au monde ».

« Depuis leur fondation, les États-Unis n’ont jamais cessé de s’immiscer dans les affaires intérieures d’autres pays et de renverser le pouvoir politique d’autres pays, et ont toujours plongé le monde dans les troubles avec leur comportement hégémonistes. Ce « Voldemort », qui sape la paix et la stabilité mondiales, a eu recours à des moyens tels que l’ingérence dans les élections, l’incitation à l’agitation, la subversion du pouvoir politique et même la guerre dans le monde entier pour pratiquer l’interventionnisme et l’intimidation. L’histoire des États-Unis est entièrement une histoire de guerre, ce qui est un fait reconnu par la communauté internationale. Depuis leur fondation en 1776, les États-Unis ont été en état de guerre environ 93% du temps ; au cours des 10 dernières années, les États-Unis ont envahi plus de 20 pays ou provoqué des changements de régime dans les pays concernés, et sont intervenus à plusieurs reprises et ont manipulé la « révolution de couleur » de certains pays. En regardant un peu partout, que ce soit en Amérique latine, au Moyen-Orient, en Europe de l’Est et d’autres endroits, la situation politique est turbulente, les troubles civils se poursuivent, le terrorisme devient de plus en plus intense ou la situation régionale continue d’être tendue. Le « chef- d’œuvre » des États-Unis créant des troubles peut être vu partout dans le monde d’aujourd’hui ».

Le 17 avril, le Global Times reprenait également cette thématique à travers un article intitulé « « Le Voldemort » de l’ordre mondial : L’Amérique est le « Seigneur des Ténèbres » cherchant à détruire l’ordre international » ! Un message des plus explicites aux fans d’Harry Potter, chinois comme occidentaux… Les semaines précédentes, les mass-médias chinois s’en étaient déjà donnés à cœur joie, comme l’illustrent les caricatures d’un autre organe médiatique officiel majeur, mais indéniablement, la critique chinoise va crescendo au fil du temps !…

Aussi est-il évident que si la Russie ne bénéficie aujourd’hui d’aucun appui militaire chinois en Ukraine, il n’en va pas de même sur le plan idéologique. L’appui moral de la Chine est incontestable… inconditionnel et massif !

De toute évidence, si la résistance désespérée opposée par les détachements de chocs ukronazis et l’armée régulière ukrainienne (dont les principales infrastructures et dont la plus grande partie du matériel lourd ont déjà été décimés) est supérieure à ce qu’attendait Moscou, les révélations permises par l’opération militaire ainsi que la campagne occidentale de désinformation à la sauce Goebbels ont indéniablement renforcé la cohésion du front intérieur de la Russie, celui de son opinion publique, au grand désespoir des médias atlantistes forcés de reconnaître implicitement le total échec de leur « psy-op » en Russie :

« C’est une étude aux résultats qui peuvent sembler étonnants du point de vue des Occidentaux. Plusieurs semaines après le début de la guerre déclenchée par la Russie en Ukraine, 83 % des Russes approuvent les actions de Vladimir Poutine en mars, un chiffre en augmentation de 12 % par rapport au mois de février, selon une étude du Levada Center, un institut de recherche et d’analyse de l’opinion publique russe indépendant, et considéré par l’Etat comme « agent étranger » ».

La situation n’est pas plus reluisante pour la propagande atlantiste en Chine. Selon une enquête d’opinion réalisée du 30 mars au 7 avril auprès des internautes chinois, ce sont pas moins de « 89,2 % des internautes chinois » qui jugent que « les États-Unis sont un pays hégémonique et tyrannique sur la question ukrainienne », et seuls 5,6 % ont jugé les États-Unis « justes et équitables », tandis que 5,2 % déclaraient ne pas avoir d’opinion sur la question…

L’hypocrisie et la partialité infinies de la presse atlantiste mainstream apparaissent aujourd’hui dans toute leur nudité aux yeux de ceux qui ne sont pas victimes de la « cancel culture » occidentale systémique. Quoique l’on pense de sa décision d’intervention, Vladimir Poutine est de toute évidence loin d’être le fou dément, irrationnel et isolé (en Russie comme à l’international) dépeint il y a quelques semaines par la presstituée atlantiste… Si la Guerre du cœur et des esprits semble déjà perdue à l’extérieur des frontières du monde atlantiste, une autre guerre semble au moins toute aussi mal engagée pour l’Occident.

La guerre économique des sanctions ne tourne également pas à l’avantage de l’Occident déjà forcé de reconnaître à demi-mots que la Russie a d’ores et déjà remporté « une première victoire dans la bataille du rouble ». Un autre média atlantiste va même plus loin et concède que « le rouble se porte comme un charme, malgré la guerre en Ukraine » « grâce à un excédent commercial sans précédent » : « Les exportations sont solides, et avec des prix des hydrocarbures (pétrole, gaz) élevés ». En bref, les sanctions occidentales ont complètement manqué leur cible désignée, mais promettent fort heureusement d’atteindre pleinement leur cible secondaire (les peuples occidentaux en voie de paupérisation absolue accélérée), qu’on dépeindra comme un « dommage collatéral » pour tenter de les consoler…

La situation économique se dégrade en effet rapidement en Occident. La Banque de France a d’ores et déjà abaissé ses prévisions de croissance pour 2022. Et la situation économique n’était déjà guère brillante en 2021 : selon les dernières statistiques de l’INSEE, la France a enregistré un déficit commercial record de 9 milliards d’euros sur le seul mois de novembre 2021, et cela n’est « ni un accident ni une exception », mais une tendance structurelle lourde résultant « de l’érosion rapide de la compétitivité du pays » induite notamment par « la désindustrialisation accélérée que nous connaissons, et qui alimente le sentiment partagé par de nombreux Français d’un déclassement économiques de notre pays ».

Au 1er trimestre 2022, les faillites d’entreprise en France affichent une croissance de 34,6 % en glissement annuel. Les analystes lucides estiment surtout que bien que le pire (un durcissement de la Guerre du gaz) ait ponctuellement été mis en suspens pour des raisons de cirque électoral présidentiel en France, il n’en constitue pas moins une menace majeure de dislocation et d’effondrement des économies occidentales. Et le gaz russe pourrait être le premier domino : « En cas de rupture d’approvisionnement de la Russie, « les prix partiraient dans tous les sens, la liquidité s’effondrerait, prévient Jean-François Cirelli. On serait dans une situation de dislocation ». En d’autres termes, « l’Europe risque un Lehman Brothers de l’énergie »…

Et il faut bien comprendre que les bouleversements actuels de l’approvisionnement énergétique européen (pénuries et renchérissement) ne sont pas ponctuels, mais promettent au contraire d’être durables et d’impacter très négativement l’économie et les lambeaux de l’industrie de bazar occidentale : « Anticipant une baisse des livraisons d’énergies russes vers l’Ouest, le président russe Vladimir Poutine avait déclaré le 14 avril vouloir réorienter les exportations dans ce secteur de l’Europe vers l’Asie ».

Cette dernière, du moins son centre de gravité, se porte en effet à merveille. Au 1er trimestre 2022, la Chine a vu les IDE affluant sur son sol croître de 25,6 % en glissement annuel à 379,87 milliards de yuans. Dans le même temps, son commerce extérieur a enregistré une croissance de 10,7 % à 9 420 milliards de yuans (soit 1 480 milliards de dollars). Surtout, l’excédent commercial a poursuivi sa croissance, les exportations bondissant de 13,4 % à 5 230 milliards de yuans, tandis que les importations progressaient de 7,5 % à 4 190 milliards de yuans… A 1 040 milliards de yuans, il représente 19,9 % du volume des exportations ! Les autorités chinoises sont donc optimistes pour l’année en cours et comptent si besoin prendre « des mesures pour stimuler la consommation » afin de « stabiliser les fondamentaux économiques », en particulier si le besoin s’en faisait sentir au gré de l’évolution de la conjoncture internationale…

Les expérimentations des Dr « Empire of the Lies » et « Euro-Reich » sur le zombie européen… Le Dr Mengele n’a qu’à bien se tenir ! Un message limpide envoyé le 24 mars par la diplomatie russe à destination des roquets atlantistes européens… Et un autre message encore moins flatteur sur la perception de l’Europe par la Russie : De toute évidence, si le conflit actuel est quant au fond l’expression de rivalités inter-impérialistes et vise indéniablement à un repartage (des plus radical !) des sphères d’influence à l’échelle internationale, il déborde du cadre strictement matériel et revêt de plus en plus la forme d’un conflit de civilisations, un conflit opposant la société de consommation atlantiste post-industrielle vivant comme un vampire de la sueur et du sang des peuples des pays dépendants maintenus sous son joug quasi-exclusif par une politique coloniale fasciste, à la promesse d’un nouvel ordre mondial sous leadership sino-russe débarrassé de ce joug protectionniste agressif…

Un conflit qui ne semble pas tourner à l’avantage du bloc atlantiste, que ce soit sur le plan militaire, économique ou moral ! Au gré de la phase terminale de sa crise de déclassement, de nombreux mythes atlantistes sont déjà tombés, qu’il s’agisse de la « démocratie » et des « droits de l’Homme »… Même les héros de l’Occident n’ont pas été épargnés : Terminator a été irrémédiablement infecté par Skynet, et Harry Potter s’est transformé en Voldemort… Surtout, alors que la Russie est loin d’avoir jeté toutes ses forces dans cette bataille, la Chine (dont la puissance industrielle littéralement écrasante n’a pas été mobilisée sur le théâtre militaire) observe attentivement l’évolution de la situation et pourrait déjà avoir envoyé un coup de semonce (économique) implicite à l’Occident via le confinement musclé de Shanghai sous le prétexte Omicron, une mise sous cloche radicale qui promet de nouvelles perturbations majeures de la chaîne industrielle mondiale et en particulier de l’approvisionnement commercial de l’Occident en biens de consommation et en biens intermédiaires bon marché… L’empire atlantiste, d’ailleurs bien mal en point, n’est certainement pas le seul à être en position de mener une « guerre hybride » !..

Il y a deux semaines, le tacticien en chef des contre-mesures économiques russes et de la naissance du futur système monétaire mondial post-occidental, Sergey Glazyev, donnait une interview particulièrement éclairante sur l’enjeu fondamental des bouleversements mondiaux en cours. Au-delà des poncifs rebattus sur l’échec du socialisme en URSS propre à tous les économistes bourgeois, il livrait une analyse fine des événements actuels à replacer dans le cadre de l’effondrement des sociétés occidentales et de l’avènement d’une nouvelle étape de développement du capitalisme bâtie sur les ruines du colonialisme occidental et de sa politique agressive de « containment » : le souverainisme et l’Etat providence de nouveau à l’ordre du jour. Un « printemps » des nations longtemps soumises au joug de l’occupation coloniale atlantiste.

Les russes et les chinois sont sans conteste très habiles et promettent de rallier les élites bourgeoises-compradore du monde entier avec leurs échanges en roubles/yuans/monnaies locales/matières premières… La promesse d’un retour à l’économie réelle, une fois la parenthèse de la bulle spéculative de la « société de consommation » occidentale fermée ! La fin de la domination colonialiste mondiale va adosser les économies occidentales à leur création réelle de valeur (c’est-à-dire à bien peu de choses), au lieu de la valeur extorquée à l’international (cette source étant sur le point de se tarir)… Des pans entiers de ce qui subsiste de « l’industrie de bazar » occidentale vont s’effondrer (aéronautique civile, automobile par exemple), sans oublier la majeure partie de leur « secteur tertiaire ». Le tournant fasciste de l’Occident n’est pas un hasard… Ecoutons-donc Glazyev pour lequel « des événements comme celui-ci se produisent une fois par siècle ». De son point de vue petit-bourgeois (trimondiste et anti-colonialiste), parce qu’il vise le « bien-commun » de pays représentant la majeure partie de la population mondiale, « le nouvel ordre économique mondial est idéologiquement socialiste ».

« Comme l’Empire britannique l’a fait autrefois, ils cherchent à maintenir leur hégémonie dans le monde. Les événements qui se déroulent aujourd’hui sont une manifestation de la façon dont l’élite financière et oligarchique du pouvoir des États-Unis tente de maintenir sa domination mondiale. On peut dire que depuis 15 ans, elle mène une guerre hybride mondiale, cherchant à chaotiser les pays qui échappent à son contrôle et à freiner le développement de la RPC. (…) Aujourd’hui, la concurrence économique a déjà fait que les États-Unis ont perdu leur leadership. (…) Si nous regardons le taux de croissance depuis 1995, l’économie chinoise a été multipliée par 10, tandis que l’économie américaine n’a augmenté que de 15 %. Ainsi, il est déjà évident pour tout le monde que le rythme du développement économique mondial se déplace actuellement vers l’Asie. (…) Déjà en 2020, la Chine a atteint une croissance économique de 2 %, alors qu’aux États-Unis, il y a eu une baisse de 10 % du PIB (les analystes ont noté la plus forte baisse depuis la Seconde Guerre mondiale – ndlr). Aujourd’hui, les Chinois ont retrouvé des taux de croissance d’environ 7 % par an, et il ne fait aucun doute que la Chine continuera à se développer avec confiance, en développant la production d’un nouveau mode technologique. (…) Les tentatives de Trump de limiter le développement de la Chine par des méthodes de guerre commerciale ont échoué. Dans le même temps, ils ont fait un boomerang sur les États-Unis eux-mêmes. Ensuite, les Américains ont ouvert un front de guerre biologique, lançant le coronavirus en Chine, espérant que les dirigeants chinois ne feraient pas face à cette épidémie et que le chaos surviendrait en Chine. Cependant, l’épidémie a montré une faible efficacité des soins de santé US et a créé le chaos aux États-Unis même. Le système de gestion chinois a également montré ici une bien plus grande efficacité. En Chine, le taux de mortalité est nettement inférieur et ils ont fait face à la pandémie beaucoup plus rapidement ».

Encore plus récemment, Sergey Glazyev a insisté sur le rapprochement stratégique croissant de la Chine et de la Russie. Mais Sergey Glazyev apparaît aujourd’hui surtout comme l’architecte du futur système monétaire mondial post-occidental qui sera adossé à un panier de monnaies nationales et de ressources naturelles liées à l’or, un système qui permettra de « libérer » « le Sud global de la dette occidentale et de l’austérité imposée par le FMI », c’est-à-dire de détacher définitivement les pays dépendants de la sphère coloniale atlantiste. Pour l’Occident, cette période de transition (désormais imminente) aura des conséquences proprement cataclysmiques, car renfermant en elle la promesse de l’effondrement de l’ensemble de son système de prédation monétaire sur lequel est adossé la redistribution mondiale de la plus-value fondant le modèle « démocratique » de la société de consommation postindustrielle occidentale :

« La transition vers le nouvel ordre économique mondial sera probablement accompagnée d’un refus systématique d’honorer les obligations en dollars, en euros, en livres et en yens. À cet égard, ce ne sera pas différent de l’exemple donné par les pays émetteurs de ces monnaies qui ont jugé bon de voler les réserves de change de l’Irak, de l’Iran, du Venezuela, de l’Afghanistan et de la Russie à hauteur de milliers de milliards de dollars. Puisque les États-Unis, la Grande-Bretagne, l’Union européenne et le Japon ont refusé d’honorer leurs obligations et ont confisqué les richesses des autres nations détenues dans leurs devises, pourquoi les autres pays devraient-ils être obligés de les rembourser et d’honorer leurs prêts ? En tout état de cause, la participation au nouveau système économique ne sera pas limitée par les obligations de l’ancien système. Les pays du Sud peuvent être des participants à part entière du nouveau système, quelles que soient leurs dettes accumulées en dollars, en euros, en livres et en yens. Même s’ils devaient manquer à leurs obligations dans ces monnaies, cela n’aurait aucune incidence sur leur cote de crédit dans le nouveau système financier ».

De toute évidence, l’intervention militaire russe en Ukraine va agir comme un catalyseur et un ferment majeurs de la destruction de la sphère d’influence coloniale atlantiste. Elle promet un bouleversement radical des « règles du jeu » (dans la continuité de la conférence de Bandung d’avril 1955, mais conjuguée à la stratégie d’émergence tri- mondiste sophistiquée de la Chine) qui ne pouvait naître que de la coopération sans faille de deux acteurs majeurs combinant des industries de tout premier ordre, de gigantesques ressources énergétiques et stratégiques, ainsi qu’une puissance militaire dissuasive… C’est pourquoi l’épilogue du théâtre militaro-médiatique ukrainien représente un enjeu proprement existentiel au regard des élites d’Occident ! Pour Sergey Glazyev, le « partenariat stratégique russo-chinois » repose notamment sur des « intérêts communs », ainsi que la nécessité de faire front commun face aux « menaces communes émanant de Washington » dans la « guerre hybride mondiale visant à défendre » la « position hégémonique dans le monde » de « l’élite dirigeante américaine » :

« La guerre tarifaire américaine contre la Chine et la guerre des sanctions financières contre la Russie ont validé ces préoccupations et démontré le danger clair et présent auquel nos deux pays sont confrontés. Des intérêts communs de survie et de résistance unissent la Chine et la Russie, et nos deux pays sont largement symbiotiques sur le plan économique. Ils se complètent et accroissent leurs avantages concurrentiels respectifs. Ces intérêts communs persisteront sur le long terme. Le gouvernement et le peuple chinois se souviennent très bien du rôle de l’Union soviétique dans la libération de leur pays de l’occupation japonaise et dans l’industrialisation de la Chine après la guerre. Nos deux pays ont une base historique solide pour un partenariat stratégique et nous sommes destinés à coopérer étroitement dans nos intérêts communs. J’espère que le partenariat stratégique entre la Russie et la RPC, qui est renforcé par le couplage de l’Initiative Ceinture et Route et de l’Union économique eurasiatique, deviendra le fondement du projet du président Vladimir Poutine de grand partenariat eurasiatique et le noyau du nouvel ordre économique mondial ».

Il n’y a là rien d’étonnant en ce qui concerne ce rapprochement stratégique que nous avions décrit dès 2007, et qui permet de ressusciter une vieille (mais brève) amitié sino-russe (soviétique), liquidée par la tentative de la néo- bourgeoisie nomenclaturiste khrouchtchévienne d’inclure la RPC dans une asservissante « division socialiste internationale du travail » dominée par le social-impérialisme soviétique naissant. Quant à la « base historique solide » de ce partenariat stratégique sino-russe, elle est effectivement parfaitement fondée. En 2007, nous avions ainsi souligné que l’aide matérielle désintéressée fournie par l’URSS de Staline à la RPC de Mao au cours de ses premières années d’existence avait constitué un atout majeur de la politique d’industrialisation et de rattrapage technologique de l’impérialisme chinois au cours des décennies suivantes :

« S’il est vrai que les investissements essentiels ont été réalisés par les chinois eux-mêmes, il est non moins vrai que l’aide soviétique, tout en représentant un pourcentage infime des investissements industriels chinois des années 1952- 1957, n’en avait pas moins une très grande valeur qualitative : l’édification des bases d’une industrie lourde de production des moyens de production permettait en effet de démultiplier le dynamisme et d’accroître l’autonomie de l’industrie chinoise toute entière dans des proportions gigantesques. La bourgeoisie impérialiste chinoise le reconnaît elle-même quand elle définit [dans un document officiel datant de 2006] la période allant jusqu’en 1957 comme ayant été marquée par la mise en place de « l’ossature de l’industrie chinoise » basée sur la construction de « 694 ouvrages de grandes ou moyennes dimensions, centrés sur les 156 projets de construction bénéficiant de l’aide de l’Union Soviétique ». En conséquence, la Chine avait produit près de 17 millions de tonnes d’acier durant la période 1953-1957, soit plus du double de la production cumulée des années de la période 1900-1948 ! Ce niveau de production était loin d’être ridicule puisque la jeune URSS n’avait produit que 4 millions de tonnes d’acier en 1927 — son niveau de 1913 ! »

De même, en 2015, nous avions souligné la contribution majeure de l’URSS de Staline à la fin de l’occupation coloniale japonaise en Asie. En effet, les fascistes japonais furent chassés de Mandchourie (qui fût ensuite rétrocédée à la Chine) par l’écrasante offensive de l’Armée Rouge lancée en août 1945… En quelques semaines, l’Armée Rouge libéra 1,5 million de km2 avec près de 300 000 soldats japonais tués à la clef… A titre de comparaison, ce sont 500 000 soldats japonais qui furent tués face aux troupes américaines tout au long de la période 1941-1945… Et au final, les deux bombes atomiques US servirent à envoyer un premier « message » (précurseur de la Guerre Froide) à « l’allié » soviétique et à occulter le rôle déterminant de l’URSS dans la libération de vastes territoires occupés par les fascistes en Asie… La conclusion donnée par Sergey Glazyev sonne indéniablement comme une revanche sur l’impérialisme américain, pour la Chine comme pour la Russie. De même que la présence des troupes de choc tchétchènes en première ligne des combats urbains les plus périlleux contre Azov à Marioupol, des troupes d’élite fières d’occuper une place de choix dans la destruction du colonialisme atlantiste dont les méthodes de déstabilisation américaines (salafisation) coûtèrent si cher au peuple de Tchétchénie dans les années 1994-2009… De nouveau un retour de boomerang majeur pour le Grand Oncle sénile d’Amérique et ses larbins d’Europe qui avaient rêvé de parvenir à achever le dépeçage de la Russie… et dont la Russie et ses alliés ne cachent plus être en retour bien déterminés à liquider la sphère d’influence coloniale !

Que la confrontation militaire occidentalo-russe reste dans les frontières ukrainiennes actuelles ou s’étende à d’autres parties du Monde, l’inéluctable victoire militaire à venir des forces armées russes et des patriotes antifascistes et anticolonialistes du Donbass marquera un jalon majeur de la phase finale d’effondrement de la sphère coloniale atlantiste. On entend déjà résonner la future « Marche de la Victoire » des combattants du Donbass qui résistent victorieusement depuis maintenant huit années à la « juridiction nazie » de Kiev, une chanson que bien des peuples d’un Monde si longtemps opprimé par le colonialisme Occidental pourraient prochainement reprendre à leur compte ! Seuls les merdias atlantistes faisant délibérément les autruches afin d’intoxiquer leurs esclaves indigènes en cours de déclassement feignent aujourd’hui de ne rien voir de l’imminente bérézina contemporaine multiforme qui attend le monde Occidental… Mais qu’importe, le déni systémique de la réalité contemporaine de la chute du « Roi nu » par ses valets ne pourra pas le sauver de la chute elle-même, mais promet seulement de la rendre plus douloureuse !

Source: http://www.marxisme.fr/download/en_bref/intervention_militaire_russe_en_ukraine_vue_depuis_la_chine.pdf

Farces électorales présidentielles en France : la mauvaise blague de trop !…

Par Vincent Gouysse sur http://www.marxisme.fr/

Je rappelle d’abord ma position de principe sur la signification du cirque électoral sous la démocratie bourgeoise en bas de la page suivante : http://www.marxisme.fr/


En ce qui concerne le dilemme de cette année, assez particulière puisque la situation politique diffère sensiblement de celles des décennies précédentes : exit la façade décrépie de la démocratie bourgeoise et bonjour à celle, littéralement pourrie, du néo-fascisme ! Le référentiel a changé et la tactique des communistes doit donc également s’adapter… Voici ma position, sur la base de ce que j’écrivais hier à une camarade :


Cela fait 20 ans que j’ai pas voté. Je sais que ce n’est pas en votant qu’on passera au communisme ni même qu’on « améliorera » le capitalisme… Chaque année, c’était la farce du démocratisme bourgeois. Mais depuis 2020, le théâtre de guignols n’est absolument plus drôle…
Cette année j’ai fait une exception. Ce n’a pas été un vote d’adhésion, mais un vote barrage contre tous les candidats qui ont démontré être aux ordres exclusifs de notre Capital financier, lequel a indéniablement opté pour les méthodes néo-fascistes de gouvernement (fascisme vaccinal, censure des médias russes). Donc un vote barrage à Macron et à ses clones (Pécresse, Hidalgo, Jadot, Zemmour).
A contrecœur, j’ai voté Mélenchon au 1er tour (le mieux placé pour disqualifier Macron et ses clones), et je voterai pour le candidat le mieux placé incarnant à priori le démocratisme et le souverainisme bourgeois au second tour (en l’occurrence Le Pen…).
Aucun candidat ne veut sortir du capitalisme, c’est un fait. Mais certains n’hésiteront pas un instant à se faire les représentants du néofascisme atlantiste, qu’il soit sanitaire, anti-russe, carbocentriste, etc…


Il ne s’agît pas de semer de quelconques illusions sur la possibilité « d’améliorer » la situation économique/politique en France, mais de tenter de s’opposer à la poursuite d’un tournant éminemment réactionnaire.


C’est véritablement aller contre mes convictions politiques que de voter pour cette crapule social-démocrate de Mélenchon, et bientôt pour sa sœur ennemie du FN, mais si la marionnette intégralement dévouées à notre Capital financier passe (Macron étant qualifié), nous aurons une chape de plomb liberticide en plus de l’inéluctable déclassement économique. Les couches populaires n’en sortiront que plus divisées et affaiblies, et nous, « complotistes », finirons ouvertement criminalisés… Et notre lutte n’en sera que plus difficile…


Avec un social-démocrate souverainiste élu (même étiqueté « extrême-droite »), le Capital financier serait ouvertement amené à s’opposer à ses propres institutions pour poursuivre son « Grand Reset », ou le candidat qui lui cèderait (Le Pen) devrait avaler son chapeau, avec une crise de légitimité populaire à la clef. Dans les deux cas, cela aiderait à marginaliser l’influence de la caste mondialiste et à montrer les limites du démocratisme bourgeois lui-même… voir à aller plus loin dans l’évolution la plus favorable (remise en cause du capitalisme lui-même)…


Sur la situation politique ce soir :


La fraude est évidemment possible (en macronie, tout est possible), mais un autre scénario l’est tout autant : le Syndrome de Stockholm…
« Sur le plan psychologique, le syndrome de Stockholm est observé comme une des multiples réactions émotionnelles susceptibles de se manifester chez un individu sans défense, totalement fragilisé, exposé pendant une durée importante à la domination d’un agresseur ».
Deux années de plandémie et les récentes gesticulations de Micron autour de l’Ukraine en ont fragilisé beaucoup… On verra maintenant en ce qui concerne les 72 % de votants n’ayant pas choisi Macron au 1er tour, et chez les abstentionnistes, si le bilan calamiteux de l’apprenti-dictateur suffira à nous épargner « l’union sacrée » anti-FN qui aboutirait à une réélection automatique du poulain atlantiste…. La position de la Merluche est de nouveau pathétique : c’est un appel implicite à reconduire la macronie… De ce fait, cela confirme que Mélenchon n’a rien compris du processus de fascisation en cours (Covid-19/Ukraine), s’il ne le couvre pas consciemment… (cf. http://www.marxisme.fr/download/en_bref/melenchon_here_du_peuple.pdf)


« Le chien a besoin d’un maître, pas le loup », disent avec raison les abstentionnistes…


Le problème est qu’une grosse fraction du peuple est moutonnier, et se trouve donc bien en-dessous de la conscience du chien… Je ne parle même pas du loup… Le choix est le suivant : un candidat étroitement soumis au lobby du capital financier atlantiste (qui a prouvé avoir opté pour le fascisme), ou un candidat petit-bourgeois souverainiste qui aurait pu poser un problème à l’exécution docile du Grand Reset… (cf. Le marxisme en bref) Cette fois, la question du vote barrage au candidat déclaré du fascisme se pose, afin de suspendre la destruction des libertés bourgeoises… Les moutons deviendront-ils des loups sous un deuxième mandat Macron qui promet d’être éminemment plus destructif que le premier, j’en doute, mais sait-on jamais…


En attendant, les larbins du Capital financier atlantiste vont pointer « l’irréalisme » du programme économique souverainiste du FN (d’ailleurs proche de celui du parti de Mélenchon) afin d’en faire un épouvantail électoral (« c’est la ruine économique garantie »), et ainsi aider à faire passer la pilule Macron 2.0…

Mais le troupeau de France n’en aura pas moins la ruine économique (que vise la stratégie du Grand Reset), en plus de la destruction de ce qui reste des libertés bourgeoises formelles, afin d’encadrer le grand déclassement en cours et à venir dans le sens qui soit le plus favorable possible à la ploutocratie du Capital financier atlantiste…


En somme, les masses populaires lobotomisées/stockholmisées, effrayées par le spectre de la ruine économique, pourraient bien accepter le déshonneur (la soumission) en espérant échapper à la ruine économique… Et bien elles auront le déshonneur ET la ruine économique ! A moins qu’elles ne se réveillent radicalement et cessent de déléguer la gestion de la « démocratie » à l’ennemi de classe !


MOUSELAND – LE PAYS DES SOURIS

Source: http://www.marxisme.fr/download/en_bref/Farces_electorales_presidentielles_en_France_la_mauvaise_blague_de_trop.pdf par Vincent Gouysse, le 10/04/2022

1er mai 2022 : Lutte contre le danger de guerre mondiale ! Pour l’unité ouvrière internationale !


Un texte du MLPD d’Allemagne traduit par un de nos camarades

Chères et chers collègues !

Ce 1er mai est placé sous le signe de la lutte contre le danger imminent d’une IIIe Guerre mondiale. Il s’agit de s’opposer au transfert de la charge de la crise et de la guerre sur les travailleurs et les familles. Le mot d’ordre du moment est : résistance active contre toute agression et guerre impérialiste ! Toutes les troupes russes hors d’Ukraine ! OTAN/USA/UE – Ne touchez pas à l’Ukraine !

« Il faut mettre fin à la guerre en Ukraine », c’est un point sur lequel il y a une grande unanimité. Beaucoup sont bouleversés et réfléchissent face à l’agression russe et au risque aigu d’une guerre mondiale nucléaire. Il y a une grande solidarité avec les gens en Ukraine, qui en subissent le plus les conséquences, et qui protestent contre la guerre en Russie.

Comment continuer dans un monde où sévissent non seulement des crises économiques et financières mondiales, des crises structurelles profondes, une crise environnementale mondiale, une crise de la politique bourgeoise des réfugiés et la pandémie de Corona, mais aussi des guerres impérialistes accrues ?

En 2020, les dépenses militaires mondiales s’élevaient à environ 1,96 billion de dollars américains. Le gouvernement fédéral de la coalition Social-démocrate-Verts-Libéraux veut soi-disant organiser la « transformation ». Il décide de consacrer 100 milliards d’euros à l’armement. Cela jette de l’huile sur le feu de cette guerre, mais aide le moins du monde les habitants de l’Ukraine.

Non à la Bundeswehr (l’armée allemande) et à la militarisation comme perspective pour la jeunesse ! Nos questions urgentes sont autres : la situation sociale des travailleurs, le système de santé ou l’éducation des enfants.

C’est là qu’il faudra à l’avenir « économiser » encore plus. La guerre aggrave l’inflation avec des records de prix de l’essence et de l’énergie. Les augmentations de salaire des dernières négociations collectives sont déjà plus qu’épuisées. Nous avons besoin d’un rattrapage salarial ! Les plus âgés se souviennent certainement encore des luttes d’entreprise réussies pour l’allocation de renchérissement dans les années 1970 et 1980. Pour la prochaine négociation collective, il est recommandé d’augmenter sensiblement les revendications.

Nous ne paierons pas pour cette crise et pour les guerres impérialistes !

Les monopoles allemands et leur gouvernement tentent d’exploiter cette situation pour leur politique impérialiste. Tous doivent se rassembler derrière le gouvernement dans le cadre d’une « politique moderne de paix civile ».

Pour la politique étrangère et militaire ouvertement impérialiste du gouvernement fédéral, nous devrions renoncer à nos droits sociaux, baisser le chauffage ou laisser notre voiture à la maison ?

Après avoir critiqué publiquement ces mesures, le gouvernement verse maintenant des larmes de crocodile sur l’augmentation des prix de l’énergie. C’est pourtant ce qui est voulu, comme le montre la tarification du CO2 au détriment des masses. Et le ministre des Finances Lindner a déjà annoncé qu’il allait passer au crible « chaque euro » du budget fédéral – gageons que l’homme du FDP pensera surtout à des coupes aux dépens des masses.

De nombreuses personnes réfléchissent à la manière de surmonter ce système capitaliste qui n’existe plus que par crises. Le MLPD l’a toujours dit : l’impérialisme signifie en fin de compte la guerre. Celui qui veut une paix durable doit poser la question du pouvoir dans cette société de classe capitaliste ! Vivre sur un pied d’égalité, sans exploitation et en harmonie avec la nature.

Libre épanouissement des êtres humains, car ce n’est plus le profit pour les monopoles qui dicte la société. Ce socialisme authentique est la perspective du MLPD. L’anticommunisme empêche tout débat démocratique sur un avenir digne d’être vécu et sur le véritable socialisme.

Pour cela, renforcez les syndicats en tant qu’organisations de lutte pour le maintien et l’amélioration des conditions de travail et de vie, les auto-organisations des mouvements écologistes, féministes et internationalistes, organisez-vous!

Dehors pour le 1er mai : en avant pour l’offensive ouvrière !

Résistance active contre les préparatifs impérialistes d’une IIIe Guerre mondiale. Guerre mondiale !

Contre le transfert de la charge de la guerre et de la crise sur les masses !

Lutte pour une augmentation immédiate des salaires, au moins à hauteur de l’inflation !

Lutte contre le militarisme – L’armée et la police ne sont pas une issue pour la jeunesse !

Lutte pour chaque emploi et place d’apprentissage au détriment des profits !

Semaine de 30 heures avec compensation salariale intégrale !

Pour un droit de grève légal complet et universel !

Pour la libération des femmes et l’avenir de la jeunesse !

Vive la solidarité internationale !

Sauvons l’environnement de l’économie de profit capitaliste !

Stop à la tarification du CO2 au détriment des masses ! La protection de l’environnement au détriment des profits des monopoles !

Pour le vrai socialisme !

Pour la paix, l’amitié entre les peuples, le vrai socialisme

La Russie est-elle un pays impérialiste ou pas: analyse d’un militant de gauche russe

La Russie est-elle un État impérialiste ? Lettre d’un socialiste russe

J’ai lu votre lettre au camarade russe, et elle ne contredit pas ma position.

Il existe un milieu de gauche en Russie qui reconnaît correctement le rôle provocateur des États-Unis et de l’Europe dans le conflit actuel, mais qui parle d’un acte d’invasion impérialiste russe.

Je pose immédiatement la question : qu’entendent-ils par acte impérialiste ? Après tout, si l’on y réfléchit bien, un acte impérialiste est une action menée par une puissance capitaliste afin d’étendre sa puissance économique, financière et militaire, en cherchant à ré-diviser le monde dans de nouvelles conditions d’existence.

Premièrement, la bourgeoisie russe n’a aucune base matérielle pour l’expansion de son « empire ». (Le capital financier de la Russie est incroyablement faible par rapport au capital financier occidental. En fait, l’influence du capital financier russe ne se manifeste pleinement qu’en Russie même, et partiellement dans un certain nombre de pays « alliés » – Biélorussie, Syrie et autres).

Deuxièmement, il manque aussi dans le caractère psychologique de l’État bourgeois russe (qui, bien sûr, résulte des conditions matérielles) – il ne cherche pas à vaincre ses impérialistes rivaux, à leur enlever leurs marchés, à affaiblir leur influence sur la scène mondiale. Non, il cherche à conclure un accord avec l’impérialisme afin que la bourgeoisie russe, habituée à sa seule position de parasite privilégié dans un pays riche en matières premières, ne soit pas touchée.

Nous pouvons voir que l’invasion de Poutine n’est pas fondée sur un quelconque motif d’expansion de ses marchés (elle a plutôt conduit à leur réduction à l’échelle mondiale), ni sur un désir de ré-diviser le monde. Poutine veut garder le monde tel qu’il était ces trente dernières années, lorsque la Russie était « indépendante » de ses partenaires occidentaux. Au cours des trente dernières années, cette position a été constamment violée par l’expansion de l’OTAN vers l’est, ce que la bourgeoisie russe craint, sans surprise.

Et si l’on pense au fait que la bourgeoisie russe cherche à étendre son influence sur la scène mondiale de cette manière (c’est-à-dire par la guerre), c’est également faux. Poutine n’a pas besoin d’expansion pour le « monde russe », car les conditions matérielles pour cela sont totalement inadaptées et ne lui permettront pas de le faire. Sa tâche principale n’est pas de s’étendre, mais de protéger une position qui permettra à la bourgeoisie russe de ne pas craindre une intervention militaire de l’OTAN. Poutine est incapable de détruire l’OTAN (sauf en cas de guerre nucléaire), il va donc compter avec l’OTAN, mais en protégeant ses intérêts dans les zones frontalières de la Russie, comme il l’a fait en 2008, 2014 et cette année.

Si le régime de Poutine était impérialiste, nous ne verrions pas des bourgeois russes hésitants cherchant un accord avec l’impérialisme, mais de véritables prédateurs qui s’empareraient de l’Ukraine et de la population ukrainienne en esclavage avant même que l’OTAN ne le fasse.

En outre, la bourgeoisie russe aurait récupéré le Belarus, le nord du Kazakhstan et de nombreux autres territoires « russes ». Mais nous ne voyons pas cela parce qu’il n’y a pas de véritable base impérialiste pour cela, c’est-à-dire qu’il n’y a pas de capital financier fort capable d’étendre ses intérêts dans des pays plus faibles afin de les soumettre au centre et de les exploiter pour en extraire une plus-value accrue. De cette façon, la Russie deviendrait effectivement impérialiste, comme l’était autrefois la Russie pré-soviétique.

Bien sûr, l’absence d’une base réelle d’expansion n’exclut pas une couche de la bourgeoisie russe qui y aspire, mais cette couche est absolument minoritaire. En tout cas, pour la réalisation de cet objectif, la Russie devrait établir une dictature nationale fasciste.

En principe, l’isolement actuel de la Russie pourrait donner plus d’influence à cette strate pro-impérialiste, mais tant qu’il y aura un régime Poutine engagé dans des manœuvres, des balancements fébriles et improvisés d’un côté à l’autre, nous ne verrons aucune politique impérialiste de la part de la Russie. J’espère que vous êtes d’accord avec ma position sur ce point.

Une autre remarque s’impose : l’instauration du fascisme nécessiterait une formidable militarisation, jusqu’ici sans précédent en Russie, pour donner une base réelle à sa politique expansionniste. Mais c’est le devoir de tout marxiste révolutionnaire de prévenir de telles conséquences par la révolution socialiste. Il n’y a pas d’autre moyen d’éviter des conséquences négatives en la matière, et cela n’existerait guère dans une société de classe où la classe révolutionnaire est le prolétariat